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/. /7s. ^>r^.^3/- U^. c&^i^.^.
BULLETI
IDES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
TOME 1.
LISTE
DE MM. LES COLLABORATEURS
DE LA ir. SECTION
DU BULLETIN UNIVERSEL DES SCIENCES
ET Dli L'lKDUSTRlE (i).
HiSTOIRE NATURELLE GENERALE.
Geologieet MiNERALociE. — Collaborateurs : MM. Andre (L. A.),
Berthier(R.) , Beudant, de Bonnard ( B. d. ), Boue ( A. B.),
Brochant de VilliersiBiv/i, B"°. Coquebertde Montbret (CM.),
B"". Cuvier , Dufresnoy , de Ferussac (F. ) , V". Hericail de
Thury, Heron dc Villefosse, Lucas, Menard de la Groie (M.
G. \C. Prevost(C. P.). Redacleur principal : W. TifA.K-eos%^
(G. Del.)
BOTANIQUE, PhYSIOLOGIE ET PALyEONTOGRAPHIE VECETALES.
— Collaborateurs : MM. Dupetit-Thouars, Duvau ( D.-u. ) ,
Gay, Guillemin ( J.-A. Gn. , ou Gn.), A. de Jussieii(A. de
Juss.), Kunth, Lamouroux , Richard, A. de Saint-Hilaire
(Aug. de St-Hil.). R^dacteur principal : M. Ad. Broncni-ari
(Ad. B.).
ZooLOGiE, Anatomie et PhYSIOLOGIE generalos ct speciales des
anlinauXjPALXONTOGRAPHiE animale. — Collab. : MM. Audinet-
Serville ( Aud. S. ), Audouin (V. Aud.), Bory-de-Saint-Vincent
(B. deSt.-V.), Bosc, B"". Cuvier, Fred. Cuvier, Defrance ,
C'^.Dejean (D*.), Dcsliaycs,DesmouUn (D. M.), Ducios, Dumcril,
Ferussac, Gaymard ( P. Gai.) , Geoffroy-Saint-Hllaire ( Geof.
St.-Hil.), Guerin, C"^ . deLacopede, Lamouroux, Latreille ,
Lepelletier de Saint- Fargeau ( L. S. F. 1, Payraudeau , Quoy
f Q. Y.) , de Roissy, Straus (S. s.), Vatencierines. Redactetir
principal : M. Desmarets (Desm...st).
(i) Cc Rccucil , compose de imit sections , aux((uelli;s on, pen I
s'abonner scpar<fnicnt , fait suite au Hid/cCiii [ifcne'ral ct unwersel dc<.
annoncts el des noui'clles scicnli/irjues , qui forme la premiere annc.- '
de ce journal. Le prix de cettc premiere annc'e est de 3o fr. pour i >.
numeros de lo fcuilles d'impression clia^xin.
PARIS.' IMPRIMEIUE DE FAIN, RUE RACINE, n". /| , PLACE DE
l'odeon.
BULLETIN
~srs3''7r?:r'''^''i
PES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
DEUXIEME SECTION
DU
BULLETIN UNIVERSEL DES SCIENCES
ET DE L'INDUSTRIE,
PUBLIE
SOUS LA DIRECTION DE M. LE B°». DE FERUSSAC,
OFFICIER SUPERIEUR AD CORPS ROYAL d'eTAT-MAJOR,
CHEVALIER DE SAINT-LOCIS ET DE LA LEGION-d'hONNEDR ,
MEMRRE DE PLDSIEURS SOCIETES SAVANTES NATIONALES ET ETRANGERES.
TOME PREMIER.
A PARIS,
/\u BDREAU DU Bdlletin , Tuc dc 1' Abbayc , n". 3;
Chez MM. Treuttel et Wurtz, rue de Bourbon, n". i 7 ; et
m6me maison de commerce : a Strasbourg, rue des Serruriers ;
a Londres, 3o, Soho-Square ;
Chez MM. DuFOUR et u'Ocagne, quai Voltaire, n°. i3;etm^me
maison dc commerce, a Amsterdam;
Et chez M. Levrault, rue des Fosses-M.-le- Prince ,n". 3i.
1824.
BULLETIN UNIVERSEL
SCIENCES ET DE L'INDUSTRIE,
EXPOSE DU NOUVEAU PLAN DU BULLETIN ,
DIVISE EN HUIT SECTIONS Qu'oN VEUT SE PROCURER
SEPAR^MENT.
_Le but de ce Recueil est de presenter aux malliemati-
ciens , aux physiciens , aux cliimistes , aux geologues ,
aux naturalistes , aux medecins , aux agriculteurs , aux
manufacturiers , aux ingenieurs, aux historiens , aux phi-
lologues , aux niililaires , a tous les savaus en un mot , Fa-
nalyse sul^stanlielle de tous les ouvrages , le depouille-
meut complet de tous les memoires academiques , de
tous les recuells periodiques qui se publient dans le
monde civilise •, de foi^mer un Repertoire methodique de
tous les faits qui concernent les parties dont ils s'occu-
pent, et un tableau mensuel des efforts successifs de Tes-
prit liumain cliez tous les peuples.
On a cru pouvoir ainsi etahlir nntre tous les hommes
qui cullivent les sciences ou les arts utiles une correspon-
dance active et reguliere , leur creer un moyen prompt
et peu dispendieux de faire connaitre leurs travaux , ou-
vrira leurs decouvertes, quelles quesoient leurs ojjinions,
uu enregistrement irrecusable 5 on a voulu repandre par-
tout et rapidement la connaissance des faits , des precedes ,
des machines qui interessent les savans et le plus grand
nombre des professions sociales , et contribuer par-la aux
progres des sciences , en facilitant en mcaie temp-s leurs
nombreuses et importantcs applications. Tcls out ele les
( ^ )
niolifs qui ont portelM.de Ferussac a crecr et a publier
dppuis un anle Bulletin general el wm-ersel des annonces
etdesnoiivelhs scientifiques , qui dcja promet par ses suc-
ces d'oflrir les archives les plus completes el les plus in-
structives pour Thistoire dc Fcsprit humain.
Ce recueil a ete recu par les plus celebres societes et
paries savans les plus illustrcs, commc unc entreprise
qui doit satisfairc a une necessite du siecle ; car, s'il est vrai
que , dans les recherclies , Tignorance des faits est le plus
grand obstacle aux decom>e?tes , lorsqu'on est arrive a une
epoque oii les sciences sont cultivecs d'une maniere re-
marquable, depuis la Nouvelle-Hollande jusqu'aux rives
de rOliio un moyen commun de relations liabituclles
est devcnu un veritable besoin, et le plan du Bulletin
olTre seul , dans son execution, la possibilite d'elablir ces
relations. On doit done justement s'etonner qu'cn Europe
m^me nous ayons atleint I'epoque actuelle sans qu'un
semblablc lien de ccrrespondance ait ete essaye ; et Ton
sera plus surpris encore lorsqu'on saura plus generale-
raent qu'il n'arrive a Paris presqu'aucun recueil pcriodi-
que, on pent dire meme presqu'aucun ouvrage de la
Suede , du Danemarck et de la Russie , patries des Linne ,
des Fabricius , des Pallas , de ces contrees ou les sciences
sont cultivees avec eclat par les OErsled, les Berzelius,
les Krusenstern ^ lorsque Ton apprendra que pres des
trois c[uarls des recueils qui se publient dans le reste de
I'Europe et en Amcriquc y sont egalement inconnus ;
que la litterature du Nord est presque ignoree, et celle
de rAllemagnc tres-peu cultivee en Angklerre , etc.
Toutcs les personnes qui ont quelques notions surl'e-
tat actuel de la culture des sciences et des arts utiles dans
les diverses conlrccs du globe ; celles qui counaissent I'i-
solement on les savans, les agronomes , les manufaclu-
riers sonlcnlrc' cux-, toutes celles enfni qui pen vent appre-
cier Tutillte d'un lien qui les puissc rapprocher, ctles fassc
mutucllement profiler des succesqu'ils obtieuiicnt , com-
■ (3)
prendront la vaste et genereuse pensee qui a porttr
M. de Ferussac a creer et a dii'iger une enticprise si la-
borieuse , et dont I'execution pent influer dc tant de
manieres sur les progres dcs sciences et la prospeinte
des diverses branches d'industrie cliez toutes les nations.
Cetle sorte de telegrapliie universelle , que M. de Fe-
russac veut employer, doit produire en effet des i^esultats
certains. Elle obligcra a lire, par le seul fait qu'cllc si-
gnalera , an moment meme de leur naissance, les produc-
tions diverses publiees dans tous les pays et dont a son
defaut il etait permis d'ignorer I'existence •, elle evitera
par-la des travaux inuliles ou incomplets : le temps, les
depenses perdues en essais , en tatonnemens pour arriver
k desrcsultats deja trouves par d'autres, seront employes
a faire faire aux sciences, aux arts utiles , de nouveaux
pas , de nouveaux progres. Elle stimulera les savans , les
bommes occupes d'industrie, par le tableau periodique
des efforts de leurs contemporains ; tableau pressant , qui
cbaque mois viendra exciter le zele ou Famour-propre
des nations et des individus.
La librairie doit retirer aussi les plus grands avan-
tages de cette entreprise : elle n'avait aucun moyen pour
faire annoncer rapidemcnt etpartout, les ouvrages qu'elle
public, aucun lien pour les interets communs de ses
menibres , point de correspondance habituelle. La crea-
tion du Bulletin lui assure toutes ces facilites , et Ton doit
esperer que les libraires de tous les pays , s'empresseront
de soutenir et de faire prosperer un recueilausucces du-
quel tous ont un egal interet ; car, en repandant plus ge-
neralement la connaissance des ecrits publies, etla portant
precisemcnlaceux qu'elle interesse, onmultiplie necessai-
rementlesbesoins, et par consequent les chances dedebit.
La premiere annee du Bulletin n'a pu etre consideree
que comme un cssai qui devait procurer les moyens d'a-
meliorer son execution , et donner, par une plus juste
appreciation des productions diverses qui sc publicnt dans
( 4 ;
toules lesVontrees, la veritable limitcde son ctcndue. Mais
lo plan general clc ce recucil a oLtcnudes sufl'ragcssi uni-
versels ct si prononces , qu'on pent le considerer comme
ayant recu la sanotion dc Topinion du monde savant.
Aussi ce plan scra-t-il Cdelemeiit suivi, et son execution
continuera d'ollrir, nous osons Ic promettre , la progres-
sion d'amelioration qu'on a apprecice d'un numero a I'au-
ire, pendant Tannee iSi3.
Lc ton qui regne dans le Bulletin n'a pas ete moins rc-
marque 5 il est lei cpi'on devait Tallendre du createur el
du directeiu' do cette entreprise , des savans qui y coope-
rent el a une epoque ou Ton sail que la civilisation n esl
pas toule dans riustruction, etqu'un ^crivain ne peul etre
eslime qu'autant qu'll conserve le respect le plus absolu
pour loules les convenances sociales. Ce Rccueil esl etran-
<^era la policique,alapolemique, eta tout esprit dc coterie:
les fails , de quelque part qu'ils viennenl , y seronl ac-
cucillls avec emprcssemenl et rapportes avec exactitude.
Destine a servir d'amiales scienlifiques a tons lespeuples,
de correspondance generale entre les savans et la librairie
de lous les pays , ce recueil appartient ainsi a riiumanile
toule entiere. La France n'y jouira que du beau privilege
de rassembler, daus une langue commuue a tous les liom-
mes eclaires, les resultats des travaux du monde cntier,
et de repaudre autour d'cllc les faisceaux d\in(! luniiere
bienfaioantc qui , loin d'etre redoulee , est appelee par
toulcs les nations el par lous les souverains.
Mais si le jHan el Fexecution du Bulletin sonl, en quel-
que sorte , consacres par une premiere annee d'expc-
rience, M. de Ferussac a acquis la prcuvc que pour at-
teindre sou but , celui d'indiquer toutes les sources el de
lenir ses aunales a jour, il dcvenait indispensable de por-
ter a irentc-six leuilles d'impression , par mois, I'e-
tendue de son recueil. 11 lui a ete aussi demoulre que la
specialite de gouts et d'occupations de plusieurs classes de
la socicte , necessitait une division qui permit a ces di-
(5)
verses classes de s'abouner aux seules parlies qu'elles cul-
tivent, lie portanl pas a toutes les aiitres uii egal interel.
Cette division etait d'ailleurs imperieusemeiit comman-
dee , en triplant Ic Bulletin , doirt le prix total dcvenait
alors trop eleve pour etre accessible a toutes les fortunes.
Les changemens , que nous annoncons , consisteront
a modifier le litre de ce recuell, a Taugmenler d'une sec-
tion pour les Sciences historiques, afin de completer le ta-
bleau des sciences de faits , et a donner la facilite de s'a-
bonner isolement a une ou plusieurs des sections deja
existantes dans le Bulletin , mais augmentees d'etendue et
groupees entre ellescomme on va le voir ci-apres.
Dans le nombre des savans collaborateurs dont le zele
etla genereuse cooperation ont pu seuls assurer les succes
et meme I'execution du Bulletin, quelques-uns ont
bien voulu se charger de la direction plus speciale
de diverses sections , ou de celles de leurs parties qui
demandaient des connaissances plus particulieres. Cette
cooperation plug active, cette centralisation de soins et
d'attention, seront un puissant element d'amelioration
pour ces diverses parties , et pourront seules permettre
d'ofFrir le tableau complet des travaux qui les concernent.
M. de Ferussac ne se diesimulant point les difficul-
tes nombreuses qu'il a a vaincre, les obstacles que la rou-
tine, Tapatlii'^ et I'eloignement opposent a la creation des
relations habituellcs qu'il veut etablir entre les savans
et I'industrie des diverses contrees civilisces, croit de-
voir placer son entreprise sous la protection speciale des
diverses societes savantes de tousles pays, et sous celle
des hommes d'etat et des savans qui se sont illustres
par les services qu'ils ont rendus aux sciences. Les
effo4?ts d'un seul homme seraient en eflet impuissans
pour obtenir ce grand resultat, lorsqu'il faut agir, a de
grandcs distances, sur des nations diftercntes ; car on
doit uon-seulcment repaudrc dans chaque pays rannonce
de rexistcnce du Bulletin , favoriser son adoption
(6)
dans Ics otablissenicns publics, dans les alelicrs , et cliex
Ics savans^ mais il faut encore stimulcr le zele des auteurs
et des editeurs , pour que ceux-ci portent la connaissance
de leurs travaux au foyer de cette eutreprise , d'ou cette
connaissance se propagera dans les autres contrees. Get
ecliangc de communicalions doit ctre general ^ nulle na-
tion ne pcut restcr en arriere, et ceux-la plus particu-
lierement sur qui le raonde savant porte ses regards , sont
naturellement appeles a faire entrer leur patrie dans la
balance de ces communications.
On verra pap la liste des collaborateurs aux diverses
sections du Bulletin le haut interet qua inspire ce rc-
cueil aux savans les plus celebres dont la France s'ho-
nore. Jamais peut-etre , et dans aucun pays , une reunion
aussi considerable des noms les plus connus dans les
sciences, Tindustrie et Fart militaire, ne s'elait formee
pour travailler dans un mcme esprit , a une entreprisc de
celte nature. C'est ce meme interet qui a porte M. le
M'* de Laplace, M. le B™ de Humboldt et M. le B°" Cuvier,
a faire esperer a M. de Ferussac quils enricbiront le
Bulletin des faits nouveaux qu'ils voudrout faire connaitre.
Unis d'intention et de zele a rassociation que M. de Ferus-
sac a bien voulu former avec nous pour une entrcprise aussi
honorable qu'ulile , ]MM. Firmin Didot , Levrault , Mequlgnon-
Marvis, M"". Huzard, ftBI. Rcy el Gravler, Arlhus-Bertrand, Bos-
sange pcre , Anselin et Pochard , en se chargeant de concou-
rir a la distribution des diverses sectlous, et en reunissant tons
leurs moyens a ceux que peuvent nous fournir nos maisons de
Paris, Londres , Amsterdam et Strasbourg , nous font esperer de
pouvoir donncr toute rimpnlsion desirable au EuUetiu , et de
vaincre enlin tousles obstacles qui s'opposent a des relations plus
directes et plus suivics entre Ics savans , I'industrie et la hbrairie
des diverses contrees de I'Europe, do I'Ameriquc et des Indes.
DuFOCR et d'Ocagnk, et TRturxEL et Wi rtz, co-cditcun.
Paris , ce i5 doccmbie iS^j.
TABLEAU
DES SECTIONS DU BULLETIN.
PREMIERE SECTION.
MATHEMATIQUES, ASTRONOMIE , PHYSIQUE ET CHIMIE.
M;VTHl'i3I\TIQUES ELE3IF,NT\IRES ET TRANSCEND A.HTES ; MeTROLOGIE.
CoUaboj ateiirs : MM. Ampere, Berthevin, Billy, Brisson, Coriolis,
Ch. Dupin, B"n Fourier, Hachette, Lacroix , Navier, Poinsot,
Poisson, de Prony, Roche, Terquem.
Redacteurs princijiaux : MM. Ucflers et Benoit.
AsTRONOMIE ET SES APPLICATIONS A l'aRT NAUTIQUE. CoUaborat.
MM. Francoeiir, de Freycinet , Mathieu, Nicollet, Roche, de Rossel.
Physique ET Meteorologie. — CoUab. MM. Ampere, Becquerel, Du-
long, Dumas, Fourier, Fresnel , Lehot, Poisson, Pouillet, Roche.
Redacteur principal : M. Babinet.
CuisiiE. — Collab. MM. Becquerel , Cagniard de Latour, O-'^ Chaptal^
Chevreul , Darcet , Despretz, Dulong, Duiiias, Gauthier de Clau-
Lry , Guillemin, Lassaigne, Laugier, Payen, Thenard.
Redacteur principal : M. Bulos.
Cette section se compose, comme onlevoit , des sciences fondamen-
tales , c'est-a-dire des connaissances qui sont aujourd'hui les bases
de^ toutes les autres sciences proprement dites, et dont lesnombreuses
applications forment les elcmens de tous les arts utiles. Les savans
qui s'en occupent d'une maniere speciale, pourront au moyen de
cetle seule section se tenir au courant de tous les faits qui les interes-
sent. Les homraes voues aux diverses branches de Tindustrie , et qui
sont jaloux de connaitre les progres des sciences dont ils cultivent les
applications, auront, en joignant cette section a celle des arts indus-
triels , rensemble des faits qu'ils recherchent.
II n'existe aucun recueil destine a faire connaitre les divers tra-
vaux sur les sciences mathematiques qui chaque jour se publient iso-
lement ou dans des journaux periodiques plus ou moins etrangers a
ces sciences. Ces travaux seront signales et analyses dans cette sec-
tion. Les mcthodes de demonstration oud'analysey seront indiquees,
et lorsqu'elles seront nouvelles on les exposera d'une maniere som-
maire. li en sera de nx^ine a I'egard de i'astronoraie qui, comrae les
mathematiques, offre tres-pcuderecueils speciaux. Les observations,
les faits qui les ccncernent, publics dans des dissertations fugitives
ou dissemines dans quelques ouvr.iges periodiques chez les diverses
nations de I'Europe, en Anierique ou dans les Indes , ne parviennent
pas ou parviennent fort tard a la connaissance des savans des autres
(8)
pays. II n'cn est point de meme pour Ja physique et la chimie qui
sont g^neralementbeaucouppluscultivees. L'iiiimensequantitede faits
successivement publics sur ces sciences , est un autre genre d'obstacle
qui s'oppose a re que ces faits soicnt universellement et proraptement
connus, parce qu'ils sont repaudus dans un trop grand nombre d'ou-
vrages ou de recuoils periodiques ecrits en toute sorte de langues. On
presentera le d^poulllenient de tous ces faits dans cette section, et
les indications qu'on y donnera seront suffisantespour faire connaitre
ces faits et les ecrits qui les aurout signales.
On s'abonne aussi pour cette section , chezMM. Firmin Didotp^re
et Cls , rue Jacob , n". 24-
DEUXIEME SECTION.
SCIENCES NATURELLES ET GliOLOGIE.
HiSTOIRE KATURELLE GENERALE.
Geologief.tMineralogie. — CoUahorateurs : MM. Andre, Bertliier,
Beudant, de Bonnard , Poue, Brochant de Villiers, B"° Coquebert
de Montbret, B"" Cuvier, de Ferussac, Vte Herlcart de Thury ,
Heron de Villefosse, Lacas, Menard de la Groie, C. Prevost.
Redacteur principal : M. Delafosse.
BoTATflQUE , PhYSIOLOGIE ET PaL.EONTOGRAPHIE VEGETALES. Col-
lahorateurs: MM. Dupetit-Thouars, Duveau, Gay, Guillemin, A. de
Jussieu , Kuntli , Lamouroux , Richard , A. de Saint-Hilaire.
Redacteur principal : M. Ad. Brongniart.
ZooLOGiE, Anatomte ct Physiologie g^ncralcs et speciales des anl-
maux, Pal^ontographie asvimale. — CoUab.W^l. Bory-de-Saint-
Vincent, Bosc , G. Cuvier, Fred. Cuvier, Defi-ance, Bon Dejean,
Deshayes , Desmoulins , Duclos , Dumeril , Ferussac , Gaymard ,
Geoffroy-Saint-IIilaire, Guerin, C* de Lacepede ^ Lamouroux,
Latreille, Payraudeau, Quoy, de Roissy, Strauss, Valenciennes.
Redacteurs principaux : Animaux vertebres , M. Desmarest ;
Animaux invertehres , MM. Audouin et de Ferussac.
Les sciences naturelles et la geologic sont aujourd'hui si gcnerale-
ment cultivees, Ic champ de leurs travauxest si immense, I'observa-
tion des faits qu'clles embrassent est si fort a la porti'e de tout le
monde, et ces sciences ont tant d'attraits que les ecrits qui les con-
cement se sont multiplies a I'infini dans tous les pays, et que les
faits journellement annonccs qui les interessent , sont trop nombreux
et trop dissrmines pour que les naturalistes et les geologues puissent
ne pas en ignorer le plus grand nombre. II serait desormais impos-
sible d'ecrire d'unc maniere complete et satisfaisante sur luie partie
quelconque de ces sciences, si un Rtipcrtoiie analrtiqu<^ ne veuait si-
gnaler aux savans les t-ravaux entrepris , les faits nouveaux qui se
piiblient dans tons les jiays et dans toutes les langues sur I'objetdont
(9)
ils s'occupent : tel est le but de cette section. Les observations geo-
logiques y seront mentionnees de maniere a fixer Ics fails ; les ca-
racteres des nouveaux genres y seront textuellement rapportes , oil
bien Ton signalera les especes connues qui les coniposent ; enfin ,
on s'efforcera de concilier la brievete necessaire des indications avec
les developpemens indispensables a leur utilite.
On s'abonne aussi pour cette section, chez M. Levrault , rue des
Fosses-M.-le-Prince, n". 3r.
TROISIEME SECTION.
SCIENCES MEDICALES.
Anatomie et Physiologie humaineset comparees. — CoUabnrateurs :
MM. Andral fils, E. M. Bailly , Beclard , Breschet , J. Cloquet , B"-
Ciivier, Desmoulins, Dumas, Dumeril , Edwards aine, H. Edvards ,
Flourens , Geoffroy-Saint-Hilaire , Gerdy , Magendie, Pinel fils,
Spurzbeim , Vavasseur.
Medecine. — CollahorateuTS : MM. Andral , Cayol , Desgenettes ,
Dumeril, A. Dupan , Edwards aine, Friedlsender , de Kergaradec ,
Laennec, de Lens, Magendie , Martini , Mciat , Orfila , Pinel fils ,
Ratier, E. de Salle, Spurzheim, Thillaye, Villerme.
Chitiurgie. — CoUaborateurs : MM. Bc'clard , Boiigon , Bouvier,
Breschet, J. Cloquet, Deneux , Dubois fils, Gasc , Gerdy, Hollard,
I^aurent, Lisfranc, Marjolin, Mainganlt, Percy, Sanson.
Matiere medicale et Pharmacie. — CoUaborateurs : MM. Cadet de
Gassicourt , Desmarest , Guibourt , Guillemin , Julia-Fontenelle ,
Lassaigne, de Lens, Merat, Orfila, Robinet, Robiquet.
Art veterinaire. — CoUaborateurs : MM. Bouley jeune , Diipuy ,
Glrard pere , GirarJ fils, Huzardpere, Huzard fils.
Re dacteur principal : M. le D"". Deferment.
Cette importante section offrira le tableau periodique des travaux
relatife a I'anatomie liumaine et comparee et a la pliysiologie ; celui
des observations patbologiques recueillies dans tons les pays; la
description des procedds , des operations, des instrumens nouveaux
mentionnes dans tous les recueils publies chez les diverses nations ;
I'indication de tous les medicamens introduits dans la pratique; en im
mot, I'analyse de toutes les productions , de tous les faits qui se
rapportent aux sciences medicales.
Elle deviendra ainsi un depot complet des renseignemens qui
interessent a un si haut degre I'art de guerir, Portant rapidement a
la connaissance des medecins et des cbirurglens les nouveaux proce-
des curatifs , la description des nouvelles manifrres d'operer, que I'ex-
perience ou le hasard font journellement decouvrir, et dont I'igno-
rance peut dtre si fiuieste a fant d'individus, cette section sera,
( 'o )
par la force ui^ me des choses , indispensable a tous ceux qui culli-
Tejit ou professent les sciences medicales. EUe rendra , nous osons
I'esperer, des services signalts a I'liumauile , par le seul fait qu'elle of-
friia, pour un prix niodique, a tous les praticiens, les resultats de
1 'exj)erience de tous leurs confreres , et ce d'autant plus necessairement
que la considej alion des interets si graves remis entre leurs mains par
la societe ne leur permettra pas de negliger un semblable nioyen
d'instruction, qui ne ])eut s'obtenir, en Tabsence du Bulletin, qu'en
s'abonnaut a rimuiense quantite de recueils qui se piiblicnt dans le
nionde sur les sciences dont il s'agit.
On s'abouue aussi pour cette section, a Paris, chez M. Mcquignon-
Marvis, rue Cliristine, n". i.
QUATRIEME SECTION.
AGRICULTURE, ECONOMIE RURALE, DOMESTIQUE ET
FORESTIERE; HORTICULTURE, PECHE , CHASSE.
CoUaborateurs : MM.Bosc, Bouley jeune, Cavoleau, Challan, C-' Cliap-
tal, Dupetit-Tbouars, Dupont, Dupuy, Girard p^re , Girard fils ,
Hacbette , Hericart de Tliury, Huzard pere ,Huzard fils, Lache-
vardiere , C"' de Lasterie , Micbaud , Sylvestre , Tessier , Ville-
uiorin, Vincent Saint-Lanrent , Yvart.
Redacteur principal : M.
Cette section est destinee a repandre chez les agrononies , les fer-
miers, les simples agriculteurs ; cbez les proprietaires qui font valoir
leurs doniaines; chez les bonnes menageres qui mettent au nombre de
leurs devoirs celui de soignerl'economie domestique de leurs maisons,
les connaissances pratiques qui peuvent leur etre utiles. On y fera
connaitre tous les faits contenus dans les recueils periodiques ou dans
les ouvrages publics journellement aux Elats-Unis, en Angleterre ,
en AUemagne et en Suisse , c'est-a-dire dans les pays ou I'agriculture,
reconomie rurale et domestique , out le plus contribue a la prospe-
rite publique, oil ces connaissances sont le plus bonorees, et ou elles
font jonrnellcnient de nouveaux progrf-s. Cette section fournira ainsi
a ceux qui protegent, dirigent ou cultivent cos brandies importantes
de I'economie publitpie, le tableau periodique des observations ou
des faits dont I'application journalicre peut leur etre si avantageuse
et en nn'me temps si jirofitnble aux pays qu'ils babitent.
Elle fera connaitre les nouveaux precedes de culture, les nouveaux
instruincns aratoires, tout ce qui regarde I'education, la conduite des
nniinaux domestiques , des tronpeaux , des basses- cours ; I'cxploitation
des formes, I'entretien des prairies , des for^ts , les coiislructions ru-
rales , les irrigations, la culturedes potagers, des jardiiis ; les soinsdes
pepiui^res, des vergers; enfin lout ce qui louche a reconomie domes-
( " )
tique des diverses positions sociales. Les pr^ceptes , les precedes j
seront rapportes de maniire a ponvoir 6tre facilement compris et
executes par toutes les classes de lecteurs. On suivra, acetegard,
I'exemple des journaux americains et anglais, des feuilles provin-
ciales allemandes, etc., qui ont tant contribuc a ameliorer I'existence
des liabitans de la campagne. Tout ce qui inleresse la culture des
fleurs , la p(5che , la cliasse, aniusemens ou exercices ordinaires des
personnes qui habitent leurs terres , sera Tobjet d'aulant de divisions
ou Ton prc'sentei-a egalement tout ce que I'experience fait journelle-
ment decouvrir a leur sujet.
Ons'abonne aussi pour cette section ,cliez madame Huzard, rue de
I'Eperon , n". 7.
CINQUIEME SECTION.
TECHNOLOGIE.
Akts chimiqdes. Dans cette classe seront comprises toutes les ap-
plications des sciences cliimiques a I'industrie ; la metallurgie, elc.
— CoUaborateiirs : MM. Bertliier , de Bonnard , Breant, Bulos , le
C^'Chaptal, Cbevalier, Darcet ,Decrolzilles, Ch. Derosne ,Deyeux,
Gauthier de Claubry , Heron de Villefosse , Julia-Fontenelle , Labar-
raque, Lachevardiere, Millien, Payen, Pajot Decliarmes, Puymaurin
fils, Riffaut, Board, Robinet, Tbenard , Welter.
Arts mecaniques. Celle-ci offrira toutes les applications dues a la me-
canique, les descriptions de toutes les nouvelles machines, appa-
reils, etc. — CoUaborateurs : MM. Benoit , Cagniard de Latour,
Christian , Deflers , Duleau , Dupin, Francoeur, Fresnel, Hachette,
Hanus , Mallet , Molard, Molard jeune, Navier, de Prony.
Constructions. Ici on placera tout ce qui regarde les constructions
publiques ou particulieres, telles que routes, canaux, ponts , usi-
nes, constructions navales, etc. — CoUaborateurs : MM. Benoit, Bris-
son , Cagniard de Latour, Coriolis , Duleau , Dupin, Fresnel, He-
ricart deTliury , Mallet , Navier, de Prony.
Ar>TS EcoNoiMiQUES. Tout cc qui regarde I'emploi et I'usage sera place
dans la section ou se trouve I'economie domestique ; mais la fabri-
cation de tous les produits qui deniandent le secoursde professions
distinctes sera place dans cette classe. — Collr.borateurs : MM. Bulos,
Darcet, C'" Chaptal , Cadet de Yaux, Deyeux , Molard , Molard
jeune, Millien , Payen.
Redacteurs principaux : MM. Bulos et Benoit.
Tant que les ateliers sont sans rapports, sans communications entre
eux, les branches d'iudustrie qu'ils exploitent restent sfationnaires,
ou ne font que des progres insensibles. Le temps, la depense , les td-
tonnemens qu'ils exigent, tout concourt a bannir les essais. Chaque
fabricant est reduit a ses proiires forces et reteuu dans le m(}me cercle
d'ideesjles apercus de ses confreres, les tcntatives qu'ils ont faites,
( '^ )
I'experience qu'ils ont acquise , sont ^galement pertlns pom- liii. II up
simplifie rien , il ne perfectionne rien. Cet isolement , qui a long-lemps
pese sur les manufactures francaises, u'cxiste plus aujourd'lnii ; nos
etablissemens sont presque tons diriges par des liommes qui appr^^-
cient la science et recherchent ses lumieres. Malheureusemcnt les oc-
cupations dont ils sont charges , le prix , la nmltipHcite des recueils
lie leur perinettent pas de se livrer a uu goiit qui poiirrait avoir des
r^sultats si utiles. C'est pour parer a cet inconvenient et pour contri-
Luer aux progri-s de Tindustrie que Ton consacrera une section spe-
ciale du Bulletin a recueillir les ameliorations , les perfectionnemens ,
les precedes nouveanx , les divers genres de machines et de construc-
tions que chaque jour voit eclore , les details mctallurgiques dont les
journaux allemands sont specialement remplis, les methodes adoptees
par les ateliers que le besoin a crees en Italic depuis qu'elle ne s'ap-
provisionne plus dans nos marches. Cette section rassemblera les resul-
tatsconsignes dans cette foide de recueils qui se puhlient en Angleterre
et aux Etats-Unis , pour former un resume succinct et suffisant de
toutesles ameliorations operees dans le mois, et un tableau analytique
du inouvement que I'industrie a recu dans cet intervalle. L'impor-
tance de ce tableau est evidente; il n'est pas un manufacturier , pas
un chef d'atelier , pas un artiste , pas un constructeur qui ne sente de
quel interet il pent ^tre pour lui de connaitre tout ce qui se public
ou se decouvre chaque jour dans I'art dont il s'occupe. Les precedes ,
les machines , seront decrits d'une maniere complete et precise ; on a
surtout pour but de se mettre a la portee du simple ouvrier, et de
faire en sorte que chaque raaitre, chaque chef d'atelier puisse les
faireexecutersans autre sccours,etprofiter des ameliorations qui auront
et6 signalees. On veutcrcerentreles fabricans,les constructeurs de tous
genres une correspondancehabituelle et reguliere qui les mette en rap-
port. Des planches lilhographiees representeront les nouveaux instru-
mens , les nouvelles machines, une figure faisant ton jours plus facile-
ment connaitre ces sortes de choses que la plus longue description.
On s'abonne aussi pour cette section, chez MM. Rey et Gravier ,
quai des Augustins , n". 55.
SIXIEME SECTION.
GEOGRAPHIE, STATISTIQUE , ECONOMIE PUCLIQUE
ET VOYAGES.
Gkographie pwysique et politique. — CoUcborateurs : ]Mi\T. Coque-
bert de Montbret, Denaix, Dureau de Lanialle, Eyries, de Forussac,
1j. de Freycinet, Jolivot, Klaproth, de Il()ssel,Koux,Sueur-Merlin.
Geogramiie akcirnne et coMPAHEi',. MM. Barbie du Boccage ,
Champollion-Figeac , Dureau de Lamallc , Jomard , Klaproth, C"
de Laborde, Langles, Lctroune , Abel Rcmusat, Walkenacr.
( '3)
TopoeR\i'HiE,GEODi;siEj Plans, Cartes de toute natui-p. MM. Barbie
dii Boccage , Benoit, Brue, Denaix , de Ferussac, Louis de Frey-
cinet, Jomard , Lapie , Sueur-Merlin , Walkenaer.
Statistique, Akithmetique , Politique, Economie publique ,
ET commerce, mm. Bertheviii , Chdteauueuf , Coqiiebcrt de Mont-
bret, E. Edwards, B"" Fourier , C"^ de Laborde, Sueur-Merlin, Syl-
vestre , Villot , Warden.
Voyages. MM. Coquebert de Montbret , Dezos de la Roquette , Ey-
ries , de Ferussac, L. de Freycinet, Langles , de Rossel,Roux,
Walkenaer , Warden.
Ri'dacteur principal : M. Aubert de Vitry.
L'une des sciences les plus importantes au bonheur du genre hu-
main est sans contredit celle qui indique les moyens de creer , de
conserver et d'accroitre la prosperite de chacune des families qui le
composent. Tel est le but de I'economie publique , a laquelle se lient
naturellement, comme depots de fails et comma sources de rensei-
gnemens destines a servir de base aux calculs dont elle s'occupe et
aux resultats quelle presente, la geographic , la statistique et les
voyages. La jre. fait counaitre la situation physique et politique
des pays dont I'economie publique signale la situation economique;
la 21;., la statistique, recueille jjour les soumettre a I'examen de I'sco-
uomiste, le tableau exact des produits et des ressources de chaque
pays en tons genres , comme materiaux de cet examen. Les fails ras-
sembles par les voyageuis servent a former les elemens de la geogra-
phic et de la statistique. L'indication analytique de tous les ouvrages
qui peuvent concourir aux progres de ces etudes diverses , le tableau
periodique de tous les fails successivement decouverts qui s'y rap-
portent , n'ont done pas moins d'inleret et d'utilite pour rhomme
d'etat et I'administrateur que pour le geographe, le statisticien, I'eco-
nomiste, oupour le professeur charge de renseignement de ces sciences.
L« connaissance des fails geographiques et statistlques inieresse
d'ailleurs presque loutes les classes de la societe ; c'est en les recueil-
lant dans les nombreux ouvrages oil ils sonl dissemines, qu'on par-
viendra a rassembler les materiaux d'une bonne et fidele description
du globe, a connaitre les elemens de la richesse, de la force et de la
puissance des nations , renseignemens indispensables dans les rela-
tions commerciales et politiques des peuples entre eux.
Jusqu'a present il n'existe aucun recueil qui fasse connaitre par
une analyse bien faile, le merite des cartes qui se publient dans tous
les pays; le commerce etendu de ces productions n'avait mcme aucun
moyen d'en faire signaler rexistence. II tronvera dans le Bulletin un
moyen certain de les faire annoncer et de les faire apprecier au public.
On s'abonne aussi pour cette section, chez ]\L Arthus Bertraud, rue
Hautefeuille , n. 37.
( i4)
SEPTIEME SECTION.
HISTOIRE, ANTIQUITES ET PHILOLOGIE.
Phii.ologie comparative ( f'ergleichende Sprachhttnde ou Linguistih des
Alleiiiands), et Etmnoi.ogie ( r'olherkunde , des Allemands). Collab.
MM. Agoub, Barbie duBoccage, Berr,deChezy,Cirbied,Coquel)ert
de Montbret , Fresnel , Hase, A. Jaiibert , Klaproth , Langles ,
Letronne, Abel Remusat , Saint-Martin.
HisTOiRE, Mythologie. Collah. MJI. Btrtheviii , Depping, Bureau de
Lanialle, Joniard , Klaprotb , Langles , Letronne , Aime Martin,
Metral , Abel Remusat, Saint-Martin.
Archeologie , NuMisMATiQUE. Collab. MM. Barbie du Boccage,
Bureau de Lamalle, Jomard, 0'= de Laborde, Langles, Letronne,
Mionnet, Mongez , Reinaud, Saint-Martin.
Rcdactcurs principaux : MM. Cliainpollion-Figeac et Cliampol-
Jion jeune.
Cette section complete le tableau general de la marcbe et du de-
ycloppenient progressif des sciences de fails , que le Bidletin a pour
hut d'offrir dans un cadre tres-substantiel. Elle renfermera une ana-
lyse rapide de tons les ouvrages essentiellement relatifs a la science
de Vhistoire et a ses principales branches. M. de Ferussac a ciu rendre
un nouveau service aux sciences en lui consacrant une place dans
son recueil. II y a ete sollicite par des savans de tons les pays, et les
nouveuux collaborateurs qui out bien vouhi se charger de cette section
son I un garant irrecusable del'interdt qu'elle offrira. Elle comprendra:
I". La Philologie comparative , que les Allemands nomnient aussi
Linguistique, et qu'ils appliquent a Y Ethnologic. La linguistique a
pour hut de reconiiaitre et de comparer les principes fondamentaux
des langues en elles-memes , leurs origines , leurs progres , leurs va-
riations et leur decadence. L'ethnologie ajiplique les donnees de la
philologie comparative a la distinction et a la classiGcation des peu-
ples en grandcs families , d'apres les rapports reels et les differences
qui existent entre les langues parlees, soit anciennes , soit modernes.
Cette etude, intimement liee a celle des sciences metaphysiques,
prend aujourd'hui et surtout a Paris un essor tout nouveau. Elle tend
a former la base, non-sculement de la geographic et de I'histoire,
mais encore de la plupart des connaissances humaines.
2°. UlJisCoire et la Mjthologie. U Histoire proprenient dite,ou le recit
et I'etude critique des grands evcnemens qui out tour a tour niodifie
I'etat social des nations. La jVyt/iologie qui donne I'lilstoire des croyan-
ces et des fables religicuses des auciens peuples.
( i5 )
S". Enfin V Jrcheologie et la Numisinadque , considerant les produits
des artsdes peuples de I'antiquite, sous les rapports purement histo-
rlques, decrivent el coinparenl les monuraens de tout genre, et par
leurs lemoignages etendent, conCnnent ou rectifierit les traditions de
I'histoire ecrite sur I'ctat politique , civil et reiigieux des anciennes
societes hun)aines.
On s'abonne aussi pour cette section , chez M. Bossange pere, rue
de Richelieu , n". 60.
HUITIEME SECTION.
ART MILITAIRE.
Legislation , Organisation et Administration. Dispositions, re-
glemens en vigueur dans tous les etats ; forces militaires de terre et
de mer des divers gouvernemens; en uninot, tout cequi tend a faire
connaitre les basesde leur constitution et de leur sjsteme militaire.
Art militaire, Strategie. L'analyse de tous les traites generaux
qui paraitront sur I'art de la guerre.
Tactique des differentes armes. L'analyse de tous les ouvrages
qui traiteront de la tactique de I'infanterie, de la cavalerie et de
I'artillerie, consideree comme accessoire des deux premieres.
Artillerie. Personnel et materiel , fabrication des armes a feu ,
poudre et artifices, des armes blanches; service de campagne,
dans les places et aux sieges ; constructions des pouts , pontons , etc.
Genie. Fortifications de campagne et permanentes ; mines; attaque
et defense des places.
Marine. L'on ne placera ici que ce qui concerne la tactique navale,
HiSToiRE. Analyse de tous les ecrits historiques sur les guerres an-
ciennes et modernes ; fragmens inedits des dernieres campagnes.
Melangf-S. Applications des autres sciences a I'art de la guerre;
plans, cartes militaires; nccrologle , hiographie.
CoUaborateurs : MM. [es Lieiicenatis-geiieraiix C-" Malhieii-Dumas , C'«
de la Roche-Aymon '; Cie Vedel; les Marechaux de camp,
les ColonehMdivion, (\eT[io\oze;\es Chefs de bataillon
Augoya , F^russac, Lallemant, Poumet ; les Capitaines A'' Ax\o\s ,
_ ; les inlendaiis mili-
taires Le Noble, Odier. — Marine. MM. Jolivot, Parizot.
Rcdacteur principal : M. Koch, chef de bataillon, professcur d'art
militaire a I'ecole d'application du corps royal d'etat-major.
L'art militaire , qui jusqu'ici avail etc tres-brievement traite dans
le Bulletin , recevra de plus grands developpemens. Get art terrible
qui foride les empires , recule leurs homes ou les detruit , est au-
jourd'hiii I'objet des in\pstigations des militaires de loute I'Europe,
( 'M
ct fournit la niaticre d'line infinite d'obscivations qui ajoutent aux
principes poses par les grands niaitres. L'Alleniagne possede un assez
grand nombre de journaux militaires, oil les officiers qui ont fait les
dernieres canipagues vienneut deposer a I'envi le resultat de leurs ob-
servations, le fruit de leurs meditations, ou le recit de ces fameuses
batailles ou ils ont ete acteurs. Ce besoin pressant de se communi-
quer ses idees, de les discuter, siiuplifie de jour en jour la tbeorie de
la guerre , en epure les principes , la degage de ses anomalies, met
les pratiques de I'art a la portoe de chacun , et I'nistoire, qui re-
cueille les fails des contcmporains, les transmet par-la a la posteritc
depoiiilles de tout esprit de parti et de nationalite.
Sous ces divers rapports ,rextension que Ton se propose de donner
a la section d'art militaire doit etre tavorablenient accueillie , sur-
tout en France, ou , avec tons les elemens necessaires pour rediger un
Lon journal militaire, il n'en existe aucun. Dans le moment oil
notre armee triompliante rentre dans ses foyers, oil nos jeunes ofU-
ciers sentiront davantage la necessite de consulter les ecrits qui sepu-
blieut journelltnient sur un art auquel leurs succes les attacbeut de
plus en plus ; dans I'instant oil des faifs brillans offrirout aux mili-
taires exerces de nouvelles lecons a retracer et de uouveaux mate-
riaux a I'histoire, cette section doit presenter a cliacun d'eux unplus
grand degre d'iuter^t.
EUe donnera le tableau coniplet des faits relatifs a I'art de la
guerre , I'analyse de tons les ecrits qui se publient sur cet art dans
tons les pays ; elle signalera toutes les anplications nouvelles des di-
verses sciences que I'esprit de recherches fait journellement admettre
pour le perfectionnement des fabrications de poudre, d'arines, et les
constructions militaires de toute nature. Cette section pojtera dans
les corps des connaissances utiles; elle offrira nn aliment aux loisirs
des jeunes officiers , et aux chefs qui dirigent Tarinee de terre et de
mer et qui s'occiipent de son bien-etre le tableau de toutes les ame-
liorations adoptees cbez nos voisins, soit dans I'administration des
troujjcs , dans leur discipline ou leur instruction, soit enfin dans I'art
d'attaquer ou de se defcndre.
On s'abonneaussi pour cette section, a Paris, cbez MM. Anseliii et
Pochard, rue Dauphine, u'\ y ; et a Strasbourg , chez M. Levrauh.
Nota. Les travaux des Societes savantes , les annonces divcrses , la
biogi aphie , la necrologie , lesvoyagcs speciaux, etc., seroiil disscmii)cs
dans les divcrses sections , de manicre a reunir aux scclions ou sous-
divisions I'ensemble des fails ([ui en dependent. Cliaqiic section sera
terniinee par uue coupure, qui, sons le litre do Mklanges, indiqucra
les ouvrages encyclope'dicjucs et bibliograplii([ues ; les nouvelles r u
annonces (pii interessent toutes les sciences el lous les savans, etc.
IMPRIMERIE DE FAIN, PLACE DE L'ODEON.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
GEOLOGIK.
1. Dissertation sur le deluge tjniversel, ou introduction
a la geognosie de notre planete, par F. Chabrier. In-8". de
i3a pag. Montpellier; i823;imprim. de X. Julien.
M. Chabrier, que la nature de ses occupations oblige a voya-
ger beaucoup , et surtout dans le nord de rAllemagne , frappe
a la vue de ces blocs de granit, souvent enormes, et rcpandus
avec profusion de chaque cote de I'Elbe dans le Hanovre , les
pays de Bremen et de Hambourg,le Mecklembourg, la Pome-
ranie, etc., c'est-a-dire dans des pays eloigiies des montagnes gra-
nitiques, et peu satisfait des explications fournies sur ce phenonie-
nepar leshabitans de ces contrees , et par les ouvrages des geolo-
gues, en a cherclie une solution qui put en nieme temps rcndre rai-
sondece desordreapparentqu'offrela surface du globe, dudeluge
universe], etc.; c'est le resultat de ses longues meditations, sur ces
inatieres epineuses , qail offre an public : et son ouvi'age a cer-
tainement le merite , tres-remarquable, de presenter un systeme
de plus parmi les innombrables hypotheses qui ont ete imagi-
nees jusqu'a ce jour en geologic. Nous remarquerons en passant
que tous les systemes geologiques inventes jusqu'a present, ont
ete le resultat, comnie chez M. Chabrier, de I'envie d'ex-
pliquer un phcnomene particulicr, qui avait frappe plus vive-
ment certains observateurs, et dans la dependance duquel ils
groupaient I'explication de tous les autres phenoinenes geolo-
giques. C'est dans ces derniers temps seulement qu'on s'est ef-
force d'observer les faits , et qu'on a cherche a en tirer des in-
ductions generales, seule marche raisonnable et sure. Les au-
teurs de ces systemes ont d'ailieurs admis, comme un phenom —
ne certain, des hypotheses hasardees ; ainsi quelques-uns ont
B. To. Mi I. I
2 Geologic.
adoptd, comme etant incontestable , le deplacemcnt du lit des
mers; de la, cctte quantite de thejties ou la niL-caniqiie celeste
a ctd torturee de tant de manieres ; il cut d'abord fallu prouver
ce deplacement, etc. M. Chabrier, convaincu que les blocs de
granit dont nous venons de parler, ne pouvaient venir ni du
Hiirtz ni de la Suede, en fail des aerolithes. Ayant ensuite re-
connu, apres un examen scrupuleux des montagnes, que celles-
ci ne sont qu'un amas de decombies , il commenca a douter que
le granit lepandu sur la surface du globe, se soil forme et cristal-
lise dans une iner primitive que personne iia vue, dit-il. Aussi,
d'aprcs la certitude qu'il a acquise du contraire, il nie formelle-
ment ce fait, et il n'hesite pas a avancer que le granit est venu
tel qu'il est de ratraosphere , avec les autres materiaux auxquels
il est parfois adosse, et dont il est tout aussi souvent entoure.
Cette terrible pluie de montagnes due aux debris d'un corps
planetairevlolemment heurte parunecomete, ou causee par I'ex-
plosion du volcan central de cette planete, anrait a la fols verse
sur le I'.oyau de la notre, dont M. Chabiler ne s'occupe pas, les
Alpcs, les Pyrenees, les Andes, etc., et toutes ces couches an-
tipodes de roches primitives. Ces materiaux einbrases tombant
sur les forets tou'ffues de la lerre, les rediiisirent en cliarboii
fossile.
Ce corps planetaire fut sans doute celui auquel appartenaient,
comme etant ses satellites , les quatre petites lunes Ceres , Pal-
las, Vesta et Junon, qui lemoignent en lettres de feu, I'an-
cienne existence de cette planete infortunee. Mais, selon M. Cha-
brier, cette epouvantable pluie de montagnes fut accompagnee
de toules les eaux de cclte planete , lesquelles tombant en cata-
ractes, submergerent la terre et firent perir tous ses liabitans;
mais la pluie d'eau preceda celle de montagnes ( en vertu de la
difference des pesanteurs, sans doute), et cellc-ci arriva fort
a propos pour refoulcr en partie les eaux, et former nos
continens et nos montagnes actuelles, sans quoi Noe n'eut
trouve nulle part a mettre pied a terre. II faut d'ailleurs voir
dans I'ouvrage m^nie, la serle des preuves et des ralsonneinens
de son auteur, lesquels feront passer chez les lecteurs I'intime
conviction que parait avoir M. Chabrier, que son sysfeme est
le plus probable, et qu'il presente meme tous les caracteres de
la nnllte par I'explication simple et facile de tous les fails. Ainsi ,
par exemple, les arbres, lespoissons fossiles, le squelelte limnain
Geologic. 5
petrifie de la Guadeloupe, sont des restes de la v^g^tation et
de 1 ammahsation de la raalheureuse planete dont nous foulons
les debris. Mais une idee certaineraent nouvelle et qui merite la
plus serieuse reflexion, c'est qu'il se pourrait, selon M. Cha-
brier, que des creatures humaines de celte planete, quoique
bien maltraitee , aient survecu a cette chute : et c'est ainsi
qu'll explique la difference des races, caracterisee par Blumen-
bach, Cuvier, etc.; ainsi vraisemblablementles Negres, les Ame-
ricains ou les Malais, sont des descendans de ces habitans d'ua
autre raonde qui, pour punir nos premiers parens, aurait lui-
merne ete aneanti. -p
2. ObSEKVATIONS SUR la TEMPERAT0BE MOYENNE DU GLOBE ; par
le Dr. Brewster. ( Trans, of the Roy. Soc. of EcUnb. p. i
p. 20I. ) '
L'auteur, apres avoir rappele que M. Mayer de Gcettingue est
le premier qui ait essaye de representer par une formule^la va-
riation de la temperature, fait observer que les resultats obte-
nus par ce savant, ont ete demontres ^tre inexacts par les obser-
vations de M. de Humboldt , surtout dans son raemoire sur les
l.gnes isothermales.M. leD''. Brewster donne la formulesuivante:
T=8i'>^Cos. lat.;
Pour exprimer en degres de Fahrenheit la temperature en
fonction de la latitude dans I'ancien conlinent , il fait voirpar di-
vers tableaux I'accord des resultats de cette formulc avec les ob-
servations de M. de Humboldt et du capit.-.ine Scoresby , dont
elles no different que de-i de degre , tcrme moyen.
Quant aux temperatures du nouveau monde ," l'auteur fait voir
que la variation de temperature suit une loi differente qu'il re-
presente par la formule
T = 8i I Cos. lat. X i,i3.
II estime d'aprescette formule la temperature dupole nord qui ,
d'apres les vents du nord qui soufflent des cotes du Groenland
et de la Slberic , doit etre rabai-see de 4° a o° dc Fahrenheit ;
il fait observer que les observations faites par le capiialne Parry
dans le detroit de Lancastre confirment ses formules d'une raa-
niere rcmarquablc.
II fait voir ensuite que I'intensite extraordinaire du froid, ob-
J^ Geologie.
serTce par les 74* de latitude dans ce detroit , eomparie k «elle
des 780 de latitude dans les mers du Spitzberg , forcent a con-
clure que le pole du globe n'est pasle point leplus froid de I'he-
misphere boreal ; et qu'il y a deux points du plus grand froid
on Poles isothermals quiparaissent situes presdu 8o'". de lat.nord,
par les gS*'. et loo*^. dcgres de longitude ouest ; le pole trans-at-
lantique etant situe environ a 5" au nord de la baie de Graham-
Moore et le pole asiatique au nord de la baie de Taimura pres
le cap nordest.
Cette distribution de la temperature necessite, selon lui, une
nouvelle loi sur la progression des climats; d'apres I'analogie
qu'il a remarquee entre les lignes isothermales du globe et les
coitrbes isocJiroinatiques , il represente la temperature moyenne
par la formule
Temp. moy. = 8 2° 8 sin. D ou
Temp, moy, = 8 6° 3 sin. D — 3i> | ;
D representant la distance du lieu au pole isothermal le plus
proche; la premiere relative a la supposition que le plus grand
froid soit a o" de Fahrenheit et la seconde en le supposant a 3" ^.
II applique sa formule aux resultats obtenus par M. de Hum-
boldt, et aux observations du capitaine Scoresby et du capitaine
Parry, et il trouve constaniment des differences tres - peu con-
siderables entre les resultats observes et ccux qu'il a ralcules.
II fait remartjuer ensuite I'analogie qui exisle entre les cen-
tres isothermal!! et les centres magnetiques du globe , et cherche
a expliquer d'apres la revolution des deux foyers magnetiques
de la terre , les revolutions les plus remarquables arrivces sur la
surface du globe relativemenl a sa temperature. Ro.
3. SoR T,Es TRKMBLEMENs DE TERRE. [Aorsbcroettelser 0111 vetensh.
yrrt///.«<»g'. Stockholm. 1822, p. i5i.
Le r^dacteur de I'article geologic , dans ces Comptes rendus,
('met I'opinion que certains tremblemens de terre , independans
des eruptions volcaniques, pourraient resulter de la solidifica-
tion graduellede la crout u globe, a partir de la surface, a me-
sure que sa chaleur interieure se dissipe. Le changemenl de vo-
lume qui doit avoir lieu par Taction de cotte cause, tend , dit-il ,
aproduire des fissures peu larges, inais d'une longueur prodi-
Geologic. 5
gieuse. II troure , d'apres les experiences connues , sur Ics corps
qui eprouventuneretraite en se refroidissant, quelesprincipales
fissures doiveiit avoir lieu sur le globe dans la direction dcs me-
ridiens ; et en effet c'est a peu pres dans ce sens que s'etendent
les tremblemens de terre considerables. II cite les plus reinarqua-
blesde ceux dont il a ele fait mention, dcpuis celui du 29 decem-
bre 1820 a Zante, jusqu'a une faible secousse qu'on eprouva k
Mayence le aS decembrc 1821. C. M.
4. Tremblement de terre RESSENTI A Belley. Dans la nuit du
12 au i3 de ce mois,a troisheures du matin , une secousse da
tremblement de terre s'est fait sentir a Belley ; elle a dure quel-
ques secondes, et a ete assez forte pour donner I'alarme a toule
la ville, dont la majeure partie des liabitans a veille jusqu'au
jour. On pretend qu'une premiere secousse s'ctait fait sentir a
une heure de la meme nuil. Les effets les plus connus de ccs se-
cousses ont ete des tintemens de cloches, vibrations de cristaux
rapproches , craquemens et deplacemens de meubles. La com-
motion parait avoir suivi la direction de Test a I'ouest; elle a ete
ressentie dans plusieurs communes environnantes.Celte commo-
tion a ete precedce parlout d'une detonation semblable a celle
de plusieurs pieces d'artillerie de gros calibre.
Une particularite remarquable, racontee dans la matinee m6-
rae du samedi i3 , par le sieur Terrier, de Benonces, est que ,
parti de cette derniere commune de tres-grand matin , et se
trouvant vers les trois heures sur la sommite de la montagne, il
avail apercu le ciel en feu, sans qti'aucun meteore lumineux lui
eiit apparu, et que cette vive lumiere s'etait terminee par une
forte detonation, de la meme nature que celle qui a ete enten-
due a Belley immediatement avant la secousse ressentie a trois
\ie\xrts Anmn\.\D.[Constitutionnel, 21 decembrc 1823.)
5. Sur l'abaissement presume du niveau oe la mer Baltique.
[ ^orsbercettelser om vetensh. framsteg. Stockhoim , 1822,
p. i47-)
L'incertitude qui semble regner encore relativement a co phe-
nomene sera entierement dissipee d'icia peu d'annees, au raoyen
des soins que quelques savans de Suede et de Russie ont pris ,
dans ces derniers temps , pour verifier les lignes tracees sur dif-
ferens points des cotes de cette mer, et pour etablir de nouvcaux
indieateurs ou thalassometres dans les situations let> plut ronve-^
6 Geologic.
nables. I.e colonel Bruncrona s'est charge de ce soin, en ce qui
concerne_, les cotes de Suede, dans le cours de I'annee 1821, et
le ministre de la marine de S. M. I'einpereur de Russie a diija
transmis quelques observations faitcs pour le raeme objet sur les
cotes de Finlande, et il a ordonne de les continuer. C. M.
6. Ex 1804, une maison a et^ construite a remboucliure de
la Delaware, pres du cap Mai, a la distance de 334 pieds de la
mer. En 1820, d'apres les empietemens de la mer, la distance
n'etait plus que de 108 pieds. L'avancement des eaux varie tons
les ans; mais il est progrossif. La meme observation peut s'appli-
quer aux cotes du Rresil, quoiqu'on n'y ait fait auciiiies mesnres,
et dans une proportion encore pins rapide qu'aux Etats-Unis.
■7. SCR .UN CRAKIT SECONDAIRE. {^Edillb. pJlHos. J O II ffi ., aw'A
1823, p. 4o3.)
M. Marzari a observe aux environs de Recaro , en Italic , les
dispositions suivantes, de bas en haul : i". scliiste micace; 2°. do-
lerlte; 3". gres rouge avec houille et niarne blturaineuse; 4"- cal-
caire alpin. Puis, dans la vallce de Lavis (Aviso) , une autre dis-
position, toujours dcbas en liaut : 10. gramvacke; 2°. porpliyre ;
3°. gres rouge; 4°. calcaire alpin; 5". calcaire du Jura; 6\ gra-
nlt avec pyroxene-augite, sans peridot; olivine. M. Breislack,dans
un nicmoire dernierement public, pretend que le granit secon-
daire, superpose au calcaire alpin, appartient a la meme forma-
tion que 1:^ beau granit egyptien , et conticnt de grandes masses
de quartz blanc avec des cristaux de tourmaline. L. Andrk.
8. Sur les veixes pe granit, par M. P. Motle. [Jnn. of
philos., aoat 1823 , p. 90 )
M. Moylc y donne quelques details sur les fdons granito'ides
qui se trouvent dans les schistes intcrmediaires du promontoire
deFrewavashead, dans la paroisse de Breage, en Cornouaillcs,
et il fait surtout remarquer les parties que M. Sedgwicli n'a pas
comprises dans sa description de cctlc contree. A. B.
q, De Apenninorum constitutione ceocnostica commenta-
Tio. Memoire sur la constitution geognostique des Apen-
nin-,, par M. Hausmann. Gcettingue, 1823. In-4°. pag.
Ce memoire, qui a ete lu par I'auteur dans I'assemblee solen-
uelle de la Societe royale de Gcettingue , du iG novembre 1822 ,
est divise en deux parties. La premiere a rapport a la gcographi*
Geologic. J
physique, et traite successivement , lo, de la direction et de la
ramification de la cliaine des Apennins; u,,. de son extension;
3°. de ses relations avee la mer; 4°. de sa hauteur; 5°. de ses sec-
tions transversales; 6". de ses vallees; 7". de son aspect exterieur.
La seconds partie traite de la structure iiiterieure dcs Apennins.
L'anteur examine successivement, 8°. cette structure interieure
en general, uniformement calcaire dans toute la partie raoyenne de
la chaine, variee sculement pres des Alpes et dans la Calabre ; 9". et
lo". les terrains primordiaux, indiques dans les Apennins, qui,
presque tons, paraissent a M. Hausinann devoir etre rapportes
a la classe intermediaire; ii". les terrains intermediaires en gene-
ral , qui se prest^ntent, dans la Ligurie,aux environs de Florence,
de Lucqiies et de Modene, dans les Abbruzes et en Calabre;
1 2°. la grauwacke, a laquelle IM. Hausmann rapporte le macigno
et la pietra serena des Florentins; i'^". les schistcs argileux ;
ili°.le Aeeselsc/tie/er; i5°. le steaschiste; 16". I9 saxum forna-
cum; 170. le gneiss de transition; 18". le calcaire compacfe ;
19°. la breche calcaire; 20°. le marbre salin ou calcaire grenu ;
21°. le gahbro ( euphotide et serpentine des mineralogistes fran-
cais), que M. Hausmann regarde conime contemporains aux au-
tres terrains intermediaires; 22°. tous les terrains de cette classe
lui paraissent appartenir a une meme formation, et ne presenter,
dans leur stratification, aucune relation constante avec la direc-
tion de la chaine. Le § 23 traite du calcaire dit des Jpennins ,
qui constitue seul la chaine entiere depuis Florence jusqu'aux
Abbruzes, et depuis les Abbruzes jusqu'en Calabre. Ce calcaire,
rcmarquable par son uniformite, est difficile a classer geognos-
tiquement. L'auteur regarde comme probable qu'il appartient a
la formation jurassique. Dans le § 2/,, M. Hausmann emet I'idee
qu'on peut regarder la mcr Adriatique comme une grande vallee
longitudinale creusee dans le calcaire des Apennins. Le § 25 con-
ceriie les terrains tertiaircs qui constituent les collincs subapeu-
nmes, et que l'auteur distingue en marnes, argiles schisteuses ou
|.lasliques, graviers, sables et conglomerats. Les formations ter-
tiaues, moins generalcs,gypses, tufs calcaires et tufs volcaniques,
font I'objet du § 26. Enfin , dans le § 27, l'auteur mentionne seu-
lement (en renvoyant pour !es details a un travail particuller) les
formations volcaniques qui manquent entierement dans la par-
tie centrale des Apennins, et qui se trouvent toutes, une seiile
montagne exceptee, sur le versant'snd-ouest de la cliaine. B. D.
S Geologic.
10. OEuTRES DK RiPEL KT DK Pristanowski. (Phil./ourrt. ; juillet
182S ; p. 209.)
Ces auteurs vont faire paraitre , savoir : M. Ripel , un ou-
vrage accompagne de coupes et de cartes sur la structure g6-
nerale des Alpes; et M. Pristanovvsky, un autre sur la Toscane.
Ce dernier, dans un petit traite qui a paru dernierement , de-
montre que les Apennins contiennent, dans leurs formatious
recentes, des lits de soufre, qui sont plus abondans vers le midi ,
et auxquels il croit pouvoir attribuer la formation des volcans
d'llalie. L. Anure.
11. Sur les Alpes apdeennes et les marbrieres de Carrare.
{Mag. der Pharm, de Hanle ; mai iSi?; p. 121.)
M. Emmanuel Rapetti a public, I'an passe, un ouvrage sur les
Alpes apueennes et les carrieres de marbre de Carrare. Les
Alpes dont il s'occupe comprennent la partle des Apennins qui
borde a I'ouest I'Etrurie. Sa description est geologlque, topo-
graphique, chimique et historique. Ce groupe de montagnes a
troisvallees principales; sa longueur, de I'ouest a Test, est de
3o milles, sa largeur 12, et sa plus grande hauteur i,5oo pieds.
LacimeduMonte-Sacropartage I'espace occupe par les couches
de calcaire grenu; plus Ton s'en eloigne, plus Ton apercoit
d'autres rocbes, telles que des schistes micaces, talqueux et argi-
leux, des calcaires, des grauwackes et enfin des houilles.
Le marbre de Carrare neserait, suivant I'auteur , subordonne
a aucune formation. La contree presente des depots locaux de
fer oxide rouge , de fer spathique , de soufre et de quartz hyalin.
L'auteur cherche a appliquer a I'origine de ce melange de diffe-
rens mineraux et de differentes roches, les decouvertes recentes
magnetiques. Ily a ete conduit surtout paries druses de quartz
hyalin, distribuees dans le calcaire de Carrare, dans trois endroits
de la vallee del Pianello , au pied du Monte-Sacro , et par une
liqueur legerement sapide qui remplit quelqucs-unes de ces
cavites. A. B.
12. Note sur legisemeut du gypsedans les Alpes, par M. Jac-
quemont. {Bull, de la Soc.phil.; juillet iSaS ; p. io5.)
L'auteur a reconnu d'abord , avec M. Brochant, que le gypse
occupait le fondduval Canaria, dont les deux pentes offrent des
couches de mica-schistes inclineesau nord ouest ; mais ensuite il .1
au»si observe, a I'entree du vallon , des couches de calcaire gre"
Geologie. (j
nn , allernant avec iles couches de gypse , et se prolongeant plus
loin sur les pentes de la vallee du Tesin entre des couches de
mica-schiste.
Cette association se voit sur une longueur de 200 metres , et
la couche calcaire a deux metres d'epaisseur. L'auteur en con-
clut que le gypse estsubordonne au mica-schiste, comme le cal-
caire, et qu'il n'y forme que des amas lenticulaires, ce qui ex-
pliquerait sa position dans le fond de plusieurs cavites schisteuses.
Enfin on a meme observe une couche de gypse a mica dore
intercalee dans le mica-schiste dans le haut Vaiais, entre Vis-
pach et Glitz, en face de Gamsen. A. B.
l3.SuR LES COUCHES DE SEL DU GRAND- DUCHE DE BaDE. {Mag. clcr
Pharni.de Hanle; mars iSaS; p. 23 1.)
M. Selb a public dernierement une brochure sur la geologie
des environs de Diirrheim , intitulee : Geognodsche Ferhaltnisse
der Gegend um Diirrheim. Nous en rendrons compte plus tard ,
et nous nous contentons d'annoncer seulement ici, d'apres I'ar-
ticle du journal cite, que la source salee , decouverte le 8 mars
1822, par le sondage, a ete analysee par le docteur Kohlreuter,
et que les couches de sel sont couvertes par des alternats de
calcaire compacte ou fetide, d'argile et de gypse. Le detail des
couches iraversees par la sonde se trouve dans le meraoire cite,
et il est fort important; car c'est sur ces observations que s'ap-
puient egalement les deux manieres fort differentes de classer
ces depots. Les uns y voient des preuves evidentes que le gile
du sel est dans le zechstein, tandis que d'autres ne voient cette
substance que dans les assises superieures du gres bigarre,
qui sont liecs au muschelkalk , ou second calcaire secondaire, par
des alternances. A. B.
ll\. Sur LES FossiLEs de Osterweddigen, pres de Mague-
bourg; par le Prof. Germ^r. {Neues jonrn. fiir Chemie und
Physik^fAT lesD". Schweigger etMeineche. Vol. 7, p. 176,
etla frad.de ce mem. dans le Philos. Mag. nov. 1823, p. 367.)
M. Germar docril un depot de sable coquiliier tertiaire qui
se trouve a Osterw^eddingen, a i | mille au sud-ouest de Mag-
debourg. Celte couche de sable repose sur le gres bigarre, et .
est recouverte d'une marne argileuse , qui forme a I'ordinaire
dans lepays, le toit des depots de lignite. Les coquilles de
«e sable se rapportent au moins a 22 genres, et cclles qui sem-
lo Gc'ologie.
blent le canicteriser, sont des bulles, des nafices, des fascio-
laires, des huitres, des venus et des venericardes. M, Germar n'a
pas pu reconnaitre ces fossiles parmi ceux des environs de Paris ,
et il penclie a croiro qu'on devrait plutot ranger ce depot avec la
seconde formation marine tertiaire qu'avec la premiere. A. B.
i5. ExTRAiT d'un coupd'oeil oeologiqde comparatif entre lk
S.-O. ET LE N. DE LA France, ET LK S. DE l'Allemagne ; par
A. BouE. i^Journ. pkilos.tfEdin, ]m\\e\. iSaS, p. 128.)
N'ayant qu'annonce ce memoire, nous en signalerons ici les
fails principaux : L'auteury donne d'abord nnapercu des forma-
tions des Pyrenees, dans lequel ii s'efforce surtout de montrer
la position veritable des granits de celte chaine, et les effets
singuliers que leur elevation a produits dans les roches schis-
teuses. II decrit ensulte les calcaires jurassiques, le sable ferrugl-
neux et vert, et la craie qui borde au nord le bassin tertiaire
du pied des Pyrenees. Ce dernier bassin est compose suivant lui
deniollasse, de calcaire grossier, de calcaire d'eau douce, de
marnes a gypse et a huilres, et cnfin de sables repondant aux
sables marins superieurs de Paris. Apres cela il fait ressortir les
caracleres qui distinguent ce bassin de celul de Paris, et passe a
Test de la France ou il retrouve la craie ,le sable vert et ferrugi-
neux, le calcaire jurassique avec le calcaire agryphites, le qua-
dersandstein , le muschelkalk et le gres bigarre salifere. Le gres
grossier des Vosges est pour lui le nouveau gres rouge , ou le
todtliegende des Allemands. Apres avoir dit quelques mots des
depots tertiaires, jurassiques et basaltiquesde la vallee du Rhln,
il passe a la foret Noire el surtout auWiirtcniberg, oil il s'efibrce
de montrer que le muschelkalk recouvre le gres bigarre salifere
nuquel il est lie par des allernances frequentes, tandis que le gres
bigarre repose lui-raeme sur le todtliegende sans I'lntermediaire
du zeclistciii.
La chaine jurassique d'AUemagne sedivise suivant lui en lias,
en calcaire magncsien , en calcaire compacte et oollthique, en
calcaire lithographique a poissons et en marnes ferrugineuses.
II donne une idee des depots de calcaire d'eau douce renfermes
dans ces monlagnes secondaires , il dit quelques mots du Boh-
rnerualdgebirge, et terniine son mcmoire par ua coup d'ojil
sur le revcrs nord de^ Alpcs allemandes. II croil pouvoir y dis-
tiugiier le lechstein ou premier calcaire secondaire qui est une
Geologie. 1 1
dolomie, le gres bigarr^ ct salifere, le muschelkalk, le gres fer-
rugineiix et vert, et une craie grossicre.
Le bassin tertiaire de la Baviere a paru offrir an m^rne geo-
logiie des mollasses et des nagelflulis avec des depots de lignite
a coquilles d'eau douce, des calcaires grossiers et des lufs cal-
caires. Enfiiiil compare ce bassin a celui de rAutriclie, et y cite
des OS de Maslodonte dans un terrain de craie. F.
16. Note sur la presence de fossiles d'eau douce, re-
connue par M. Desnoyers, au milieu de la formation du
calcaire grossier des environs de Paris ; par M. Constant Pre-
vosT. (Ball, de la Soc. pkilorn. juillet iSa'S, p. 104.)
M. Desnoyers a decouvert que la couche tertiaire qui ren-
ferine les lignites et les fossiles d'eau douce en partie silicifies
deBagneux, ep» situee entre les assises superlenres du calcaire
grossier, et en particulier sous le banc calcaire a impression de
Phyllites. M. Prevost en deduit que le melange de coquilles ma-
rines ct lacustres de Bagneux , appartient aussi a cet etage du
terrain tertiaire et iion pas a I'argile plastique comme on I'a-
vait cru. A. E.
17. Die erloschenen Vulkane in sunFRANRREicH.Les volcans
eteints du sud de la France; par S. Steininger , prof, de pliys.
au gymnase de Treves , etc. In-8., 2/,o p., av. une carte et des
coupes de terrains , lithogr. Mayence; 1823 ; Kuklerberg.
En decrivant nos coutrees volcanisees, I'auteur de cet ou-
vrage a du profiler frequemment des travaux des savans francais
sur les pas desquels il a marche. Mais ce volume offre un genre
d'interet particulier, lorsqu'on se rappelle que I'auteur , avant
de visiter la France, avait fait une etude approfondie des volcans
t'teinis des bords du Rliin et de I'Eiffel, sur Icsquels il a public
un ouvrage in-8. en 1820 : cc fut meme ce qui i'cngagea a par-
courir ceux de nos departemens oil des pbenomenes analogues
s'offrent sur une eclielle beaucoup plus grande. II a etc seconde
dans ce dcsir par I'administration prnssienne. La comparaison
qu'il a faite des anclens volcans du N.-O. de I'Allemagne, avec
ceux de I'Auvergne, du Velai et du Vivarais, est surtout ce que
Ii?s lecteurs francais chercheront dans les observations de M. Stei-
ninger. La carte jointe a cet ouvrage est une simple copie de la
partie du n". Sa de la carte de Cassini oii se trouvent les envi-
rons de Clermont. On doit regrettcr que I'auleur n'ait pu consul-
12 Geologic.
ter rexcellenle carte d'Auvergne de M. Desinaiels, que M. son
fils a publiee recemment. C. M.
1 8. Ile volcaniqtib de Milo, par sir Francis Darwin. (Jnn.dr
Phil.^ Oct. 1823 , p. 274. )
Cette ile, toute couverte de decombres, que les tremblemons de
terre et les Barbaresques devastent frequemnient, ne possede
plusqu'une fuible population. Elle conserve de belles ruines, pre-
sente de temps a autre des vases plus ou moins conserves, et des
debris sur I'un desquels se lit encore le nom de Diagoras. Ce phi-
losophe vivait 4oo ans avant Jesus Christ. Mais il n'est pas proba-
ble que I'eruption qui detruisit cette ile, ne datait que de cette epo-
que ; elle doit etre anterieure , autrement on ne concevrait pns
le silence de I'histoire sur cette catastrophe. Milo est couverte
de montagnes calcaires, dont la plus haute compte 800 pieds au-
dessus du niveau de la mer. B. S.
19. Description of the islawd of St.-Micuel , etc. Descrip-
tion de Tile St.-Michel, comprenant un essai sur sa structure
geologique, et des remarques sur les autres lies Acores; par J.
W. Webster, M. D. i vol. in-8., av. 2 cartes geographiques,
3 vues et Tine table d'observations barometriques et thermo-
metriques. Boston; 1821.
L'auteur commence par des details historiques et statistiques
sur I'ile St.-Michel ; des observations sur les moeurs et les usages
des habilans , celles sur le climat, I'agriculture et les arbres frui-
tiers sontfort interessantes. (Voyez sous ces rapports le to. 3 du
Bulletin, n^. 5o8.) Apres cela il consacre 10 chapitres a la geo-
logic de I'ile St.-Michel; il decrit les laves et les agglomcrals vol
caniques de Ponta-Delgada. En allant de-la a Rosto-de-Cao, il a
rencontre des blocs de trachyte. Le promontoire de Rosto-de-
Cao prcsente dans le bas une lave fort poreuse , surmontee de
tuf volcanique renfermant desfilons basaltiques. Pres de la il y a,
one grande crevasse entouree de differentes varietes de lave ba-
saltique. Dans le voisinage s'eleve le Pico-do-Fogo , qui est un
cone de scories et de ponce , d'oii sont sortis plusieurs courans
de lave, et, a cqte de lui, une autre montagne offre a sa cimc
Tin cratere.
Pres de Ponta-Delgada , il y a de grandes cavernes dans de.v
laves plus ou moins scoriacees, et leur interieur ressemble a du
plomb fondu jete brusquemcnt dans I'eau froidc. La partic N.-E
Geologie. 1 5
de I'tle Sl.-Michel est assez elevee et est composee de masses de
laves formant des escarpemens sur le bord de la mer. Quelques
morceaux lui ont offert du quartz fritte et fondu. Pres du Pico-
das-Camarinhas ont eu lieu les eruptions sous-marines de juillet et
aout 1810, sur lesquelles M. Webster donne des details curicux.
L'exlremite N.-O. se termine par un cratere d'au moins i5 milles
de tour ; il est entoure de ponce et de blocs de trachyte et d'ob-
sidienne passant en ponce. Les ponces renferment du bois bitu-
mineux. Des tufs volcaiiiques abondent entre Ponta-da-Bretan-
ha et Capellas. Pres de Ribeira-Grande, il y a des sources chau-
des qui degagent de I'hydrogene sulfure.
La montagne Agoa-de-Pao traverse I'ile , et presente, dans
ses ravins, des roclies composees de feldspatb et d'amphibole et
de fcr magrietique, qu'on pourrait facilement prendre pour des
roches primitives. La mine est couverte de ponces a travers les-
quelles percent des rocliers d'un tracliyte gris. Dans la partie
N.-E. de I'ile St.-Michel , I'auteur fait remarquer I'ile Villa-Fran-
ca , quia la forme d'un cratere, est composee de tuf, et a ete
jointe autre fois a I'ile St.-Michel. Au N.-E. de Villa-Franca,il a
observe des ponces , des obsidiennes et des laves basaltiques. A
Test s'eleve la montagne ponceuse de Guaiteira , qui a 2997 pi.
d'elevation.Le lacd'Alogoa-das-Furnas est dans une plaine mon-
tueuse entouree de precipices de 1000 pi. , et sur ses bords sont
des sources chaudes qui deposent des produits siliceux , et dont
les vapeursacides decoiorent les depots ignes; elles deposent aussi
du soufre , et donnent lieu a la formation d'alunites. La source
la plus considerable fox'me un grand bassin dontl'eau, conduite
dans les maisons,sert a des bains. II y a aussi des sources froides
ferrugineuses , et imprcgnces d'acide carbonique et d'hydrogene
sulfure. Les precipices, autour de ce vaste bassin, sont formes
de ponces et de roches Irachytiques. L'auteur croit devoir attri-
buer a du basalte, renfermant des pyrites, les qualites des sour-
ces. 11 donne ensuite I'analyse et les proprietes medicales des
eaux de Furnas , et termine son interessant travail par quelques
mots sur chacune des autres iles A cores. L'ile de Pico parait etre
la plus interessant e ; pile presente un pic qui s'eleve a environ
9000 pi., et qui a la fnrme d'un rone trfinqui' et a cratere ou-
vert d'un cote. A. B.
20. Geological AND minf.ivat.ocioai, noticp., etc. Notice geolo-
1 4 Geologie.
gique et mineralogique d'une portion de la partieN.-E. de I'fi-
lat de New-York ; par A. E. Jessup. ( Journ. of the Acad. nat.
sc. of Philadel., vol. ii, n°. G, p. iS5.)
On n'a jusqu'a present reconnu que la formation d'un calcaire
coquillicr sur les rives occidentaies , orientales et seplentrionales
du lac Cliainj)lain. L'auteur la rapporte a une forma lion secon-
daire. Ce calcaire, d'un bleu grisatre, renferme des terubratules,
des encrinites, des orthoceratites et des madreporites. II parait
reposer directeuient sur le terrain primitif. Selon lui, ce qui le
porte a le croire, est I'analogie entre les mineraux que 1,'on trouve
dans les couches inferieures , et que Ton a rencontres a Vermont,
qui est un terrain primitif reconnu.
A Essen, les coliincs se retirent.n environ 6 milies de la rive
occidentale des bords du lac. A 3 milies de la , ])res la tour do
Tvitlsborough, se trouve une portion de montagnes qui s'est de-
tacliee, et qui contient pres de sa base un lit de grenat resinile de
6 a lo pi. d'epnisseur.
A 3 milies au sud des chutes superieures du lac Georges, est
un escarpement , d'environ 1200 pi. de hauteur, dont la base
plonge dans le lac et qui porte le nom de Rogers-Rock. On y a
trouve les mineraux suivans renfermes dans du trapp, dans
lasienite on dans le carbonate de cliaux, savoir : le grenat resi-
nite, le grenat couimun , le spath en tables, deux varietes de py-
roxene augitc, I'une en grains, I'aul re cristallisee, le pyroxene
monolilhe, le sp'iene et Ic grenat en masse. L. Andre.
21. IJNE coucise de gypsc, d'une etendue considerable,
vient d'etre decouverte dans le voisinage de la bale de San-
dusky , dans r£tat de rOliio. Jusqu'a present on ne connait pas
encore les details de cette decouverte. {JVest. quart. Reporter.)
17.. Decouverte d'une caverne en Amerique, {^ISiciv. Month.
Mag. , 11°. 26, hist. p. 68.)
Get article offre, d'ajiresr.'/wf/vc. Journal, la description assez
detaillce d'une caverne considerable decouverte pres du village de
V.alertown. Elle offre d'iinmenses sailcs et galeries ornees de
belles stalactites,
aj. Geologik DU Bresil. [ Phi/0.9. Jour. iuW. iSaS, p. 200.)
D'apresle dernier ouvrage d'Escliwege, d'ou cet article j)a-
rait lire, le Bresil offre des roches jyriinitives , secondaircs et
Geologic. J 5
d'alluvion. Les premieres roches sont divisties en deux classes : la
premiere comprend le granit, le trapp , le gneis, le micaschislc
et le calcalrc ; et la seconde, le schiste argileux, le quartz grenu,
le micaschite quartzeux, le schiste chloriteux, le talcscl.iste, la
pierre ollaire et le schiste quartzeux a fer micace. Dans la pre-
miere classe il n'y a qu'un grand depot de fer oxidule. Les roches
quarlzeuses renfermcnt un lit contenant de I'or, et compose de
quartz et de schorl.
Les topazes et m^meles berils sont en nids et ea veines dans les
schistps talqueux et sont enveloppes dans une lithomarge. Du
plomb chromate se trouve dans la pierre ollaire; ainsi que des
bancs tres-epais de fer oligiste.
Les roches de transition sont le schiste argileux, le schiste si-
liceux , la grau-wacke et le calcaire compact e.
Le gres nomme quadersandstein, souvent ferrugineux , est
fort abondant, et ses nids de ler hydrate renfernient de la wa-
vellite.
II y a aussi des roches de la formation arenacee salifere et plus
rarement du calcaire jurassique. Les roches d'alluvion sont de
deux especes: les unes occupent les pentes et les cretes des mon-
tagnes, et les autres le fond des vallees.
La premiere alluvion est appelee tapanhoacangnei estconipo-
cee de fragmens de fer oligiste et oxidule lies ensemble par du
fer hydrate ochreux; elle renfcrme de Tor et de la wavellite et
I'autre cspece d'alluvion comprend des aglomerats quartzeux a
ciment ferrugineux, a or et a diamans, ou bien des sables, des
argileset du gravier nommes, crt^a^/Z/o ; c'est la que se trouvent le
plus d'or et de diamans. A.. B.
24. Notice accompagnant des echantillons venus du voisi-
NAGE DE Garo, VILLAGE DE RoBAGiRi ( Bengalc ); tiree d'une
leltre du D. Scott Esq. a H. R. Colebrooke Esq. ( Trans, of
the Geolog. Soc. 1822 , par!, i , p. 167. )
Dans quelques endrolls de ia montagne au noi-d de Roba^iri,
il y a des cretes de gneiss. Cclte montagne a plus de /,ooo picds
de haut; a Robagiri un calcaire i\ nummulites et a ossemens de
poissons git enire des argiles dont les superieures contiennent
les memes fossiles ainsi que des huitres et des peignes.
iJe I'antre cote de la riviere il y a des escarperaens d'argiie
schistcuse en rouches horizonlalc?, et a leur pied I'argile bitunii-
ifS Qeolo^ie.
neuse contient du lignite. Le gres , I'argilc , etc. : des collinri
plas basses sont eu lits horizontaux. A. B.
ti5. Notice concernant les roches des iles de Penang et de
Singapore sur le dtitroit de Malacca; article tire d'une lettre
de M. W. Jack a H. F. Colebuook.e Esq. ( Trans, of the Geo-
log. Soc. 182a , part, i, p. i65.)
L'ile Penang est coraposee d'lin grauit pur ou sienitique. A
Singapore, les roches sont secondaires , le gres rouge y domine
etallerne avec des argiles schisteuses et des poudingues. Une ar-
"ile d';dluvion forme le lit de la riviere. II y des minerais de fer ;
ces roches paraissent dominer le long de ce cote de la presqu'ile
malaise et dans les iles qui sont a son extremite meridionale. Le
centre du pays est probablement primitif. Les alluvions recelant
de retain s'observent surtout a Salengore et Pera; ce minerai y est
parlits alternant avec des argiles. A Sumatra, les chaines primitives
et volcaniques se rencontrent : la premiere vient du N.-O., des
Himalaya, et la seconde s'etend de la a travers Java el la chaine
des iles qui sont a son extremite orientale. A. B
a6. Volcan des iles arides. ( Barren Islands. ) [Phil. Journ.
Juil. i82t3, p. 2o5. )
Ce volcan visite dans le courant de mars est constainment
couvert d'un nuage de i'umee blanchaire; entoure d'une masse
de montagnes, dont il occupe le centre, il a 3oo yards a sa base,
3o au sommet,et environ un millede hauteur. La chaleur qu'il de-
gage est telle, que non-seulement ratmosphere en est suffocante,
mais que la temperature de la mer est voisine de I'cbnllition a une
tres-grande distancedurivage. Lecapitaine Webster parvnit a une
hauteur d'oii il avait la vue pleine du volcan , inais il ne put s'e-
lever jusqu'au cratere. Les amas de cendres dont la montagne est
couverte, cedaienl au mouvement du pied , et menacaient de I'en-
gloutir. ^- S.
27. SuR i.Es sources chaudes ue l'ilk de Ceylan. ( Jnn. de
chirn. et de phy. p. 269. )
Les sources de Cannea, pres de Trinqueraale , visitees le ly
oclobre 1817 a 7 heurcs du matin, donnent successivement an
thermometre : la I'-t., 38,3; la 2^., 38,6 ; la 3«., 4«,6;la4>.,
41,0. tiles etaient parfaitement limpidcs, ne laissaient voir sur
le sol bas etquartzeux dont ellcs jaillisscnt, aucune espece d'in-
Geologie. i n
crustatlon. La tempera lure de ratmospliere, qui ^talt d'abord a
24 degres centigrades, s'cleva en 3 heures de temps a 27,6 et
celle des deux dernieres sources, la 3\a 3q,5; Ia4t\a38,9. L'auteur
pense que ces sources sont alimentces par un cours unique et que
les differences thermometriques qu'elles presentent sont dues a la
Vitesse inegale avec laquelle elles ecoulent leurs eaux. Celles-ci
n'ont ni mauvais gout rti odeur; elles ne contlennent qu'une tres-
petite quantite de muriate de soude, de gaz acide carbonique et
d'azote; leur densite est la meme que celle de I'eau dislillee.
L'existence del'azote, qui se degage d'une source thermale d'eau
presque pure , merite de fixer I'atlention des geologues.
28. Eruption du Galoengoeng dans l'ile de Java. ( P/iilos.
Mag. aout 1823 , p. 16.)
Le gouvernement a recu una relation detaill^e de I'eruption
du Galoengojng, au mois d'octobre dernier.(V. Bull. n°. 6.) Dans ce
terrible evenement , I'un des plus grands raalheurs qui de me-
moire d'homme soit arrive a I'i'.e de Java, il a peri 4,011 per-
sonnes et 114 campoiigs ont ete renverses , 2,9)53 plantations ont
ete entierement detruites, et 5,391, considerablement endoni-
magees; le nombre des cafiers detruits s'eleve a 775,795, et le
nombre de ceux qui ont souffert plus ou moins a 3,871,742. Ba-
tavla, le 22 mars 1823.
29. Eruption volcanique dans l'ile de Java. ( Edimb. phil.
Journ. octobre i8'23, p. 410. )
Vers le commencement de novembre i823, une eruption ter-
rible eut lieu dans les chaines qui courent au Sud de Sumadang.
La raontagne s'ouvrit, vomit des torrens de flammes et de fumee.
Des masses enormes furcnt projetees a des distances considera-
bles. Quelques-unes avaient plus de 20 pieds de diametre; tout
fut devaste a 2olieuesa laronde. Les rivieres, interceptees dans
leur cours, verserent leurs eaux sur les campagnes; ce qui avait
echappe a la pluie de cailloux enfiammes fut emporte par les
torrens; 6000 hommes ont perdu la vie, Les detonations du
volcan s'entendaient a Samarang qui est a plusde i5o milles de
distance.
3o. La Societe de inincralogie d'lena , dans sa seance du 5
octobre dernier, a adniis au nombre de ses membres etraiigers ,
MM. le professeur Vitalls, secretaire perpetuel de I'Academie
B. ToMK L
1 8 Geologic.
roy.ilc (le Rouon; DeUirur , secixlaire d'j la Sociele tie inedccine
du dcpiirloincnt de I'Kure tt pliaruiacieii a Evicux; et Ic docteuv
Fan-Den-Zamlc, miAccm a Anveis. ( Re^: Encjclop. octobre
i82'i,page \-i<j. )
3l.FATr.AllS UES SEANCES DE LA SoCIETE GEOLOGIQUE DE LoN-
j.ni.,;. Sciince du 7 «cii-. iSaB. — On fait lecture d'une lettie
du 10 mai , de M. Cumberland, membrc honoraire de la Soc.
geol. , sur un f'ossilc de la craie , atcompagne du dessin. On lit
une autre lellre du merae, du 14 juiilet, sur une nouvelle espcce
A'Encriiius irouvee dans le calcaire des montagnes [mountain
limestoni- ) , pres de Bristol. — Une notice contenant V analyse
de i'aluininite de Ste.-Hclene , par M. le D^. Wilrikson de
Bath, conjinuniquee par M. le colonel Wilks, memb. de la Soc.
"t'ol. M. le colonel "Wilks observe qu'il y a une difference
remarquabie cnlre les parlies conslituantes de I'aluminite de
Sre.-Hclene ct I'alumine soussulfatee de Pseviliaven ct de Halle,
citee par fli. Pliillips, page in. — On lit un memoire sur la
^'(■ologie de quelques parties de Vile de Madere , Porto- Santo
et Baxo; par M. T. E. Bowuich. II paraitrait resulter, d'apres
ses rcclierelies, que les endroits de cette ile , examines par lui ,
tonsislcnt princij)alement en une couche horizonlale de calcaire
et de gres areiiace, contenant des fossiles, entrecoupee et quel-
(juefois couverte par le basalte. ( Foy. t. [^ du Bulletin pour i S^S ,
no. j2. ) — Seance du 21 woe. — Extrait d'une lettre du rev.
Landsdown Guilding, mcu:b. de la Soc. geol., au sujet d'un
fossilc irouve dans le lias bleu, au canal de Berkeley, pres de
Glowcester. Le fossile accoiupagnait cet extrait. — Lecture d'un
Memoire sur le lias de la cote, dans le voisinagede Lyme- Regis,
Dorset; par M. J. De la Beche, F. R. S. F. L. S., et niemb. de
la Soc. geol. — L'auteur a-vait donne anterictuement, dans le
I'-r. vol., I''', part., 2'-. serie, des Transactions de la Soc. geol.,
un apercu general sur les caracteres geologiques de la cote, pres
de Lynie-Regis. I.e memoire actuel n'est qu'un supplement de
cet apercu gineral auquel il faut recourir. M. de la Beche entre
dans une description detaillee , expliquee par une coupe des di-
verses couches qui composent la formaUon du lias. — Cette
formation se compose d'environ no pieds delias, formant plu'<
de 72 lils calcaires, alternant avec aulant de Ills de marne , ct
surmonlee d'cnviion 5oo pieds dc niarne liusc. A co memoire
Geologic. , n
esl jointe un- description des diverses coquilles fossiies ct des
autrcs corps organiques qui se trouvent dans le lias; il est d'ail-
Jeurs accompagne de pliisieurs dessins.
32. Notice sur le fossile a odeur be truffes; par M. Jules
Desnoyers. ( Memoires de la Societe d'histoire nnturelle de
Paris, to. i^r. p. j^g. )
Depuis long-tcnipsl'on connait en Ilalie sous le nom de ma-
dreporiteasbestifornie, tartufoli et tartuffite xyloide, un fossile
singulier qui exhale line odeur de tnifl'es par la percussion. L'au-
teur commence par passer en revue les descriptions ou il a etc
question de ce fossile et d'autres qui lui ressemblent pour I'o-
deur , corame le lignite de Wieiiezka. Eiisuite il rapporte qu'il a
decouvert ce fossile a Ecouche, a Frenay-le-Buffard ( Orne), a
Curcy et a Croisilles, pres d'Aunay (Calvados), et il decrit ses
caracteres physiques et chimiques.
La tartuffite presente des tiges rondes ou polyedres convcrties
en chaux carbonatee aciculaire, et seiiible se rapprocher des
monocotyledones. Son odeur n'est probablenient que le resultat
d'une nouvelle combinaison des principes volatils devegetaux, et
elleest due ala presence d'un bitume susceptible d'etre fixe dans
I'eau, et quelquefois en proportion de quatre pour cent. En
France, la position de ce fossile est, d'apres I'auleur, dans des
bancs calcaires, sabieux ou arglleux parmi les oolites nioyennes
jurassiques; mais dans le Vicentin on le tronve au milieu du tut
volcanique tertiaire. Ce memoire est termine par le detail des
roches des carrieres de Croisilles , qui renferment ce fossile. On
voit de bas en haut une glaise ferrugineuse a silex pyromaque; un
calcaire blanc ressemblant mineralogiquement a la craie grossiere
ou tufau; un agregat coquillier dans une pate de calcaire ter-
reux parseme de fer oolitique;un calcaire blanc incoherent a
silex; plusieurs bancs de calcaire jaunatre terreux a points verls,
une argile coloree ; un calcaire argileux a monies de coquilles et
a fragmens de tartuffite; quelquefois une argile bleue et jaune
repondant a I'oxfordclay; un calcaire jaunc a fer oolitique, a
coquillageset a tartuffite; un banc rouge peu coquillier et ten-
dre; un agglomerat de grains de qu.irtz hyalin et de particules
calcaires, et enfin une alluvion de galets de quartz et degres. A. B.
20 Histoire Jiaturelle generate.
HISTOIRE NATUKELLE GEN^RALE.
33. OEuvRES COMPLETES DE BuFFON , avcc Ics Descriptions ana-
tomiques de Daubanton, son continuateur. Nouv. edit. , dlri-
gee par M. Lamouroux, Prof, d'iiistoire naturelle (Prospec-
tus). A Paris , Verdiere et Ladrange. Pour le texte et le norabre
des planches, on suivra I'edil. de I'impr. roy. , 1789 , in-4. , en
mettant toutefois les supplemens a la suite des niorceaux
auxquels ils appartiennent. L'edltion nouvelle aura /jO vol.
in-8. , et 36 lisr. de fig. A partir du i5 janv. 182', , il paraitra
tous les mois un vol. et un caliier on liv. de 20 pi. — Cliaque vol.
' coutera , pap. fin des Vosges, 5 fr. 5o c. — Saline, 6 fr. —
Fig. col., 8 fr. Quelques esempl. sur grand papier velin se
vendront, chaque vol. 20 fr. , chaque liv. de fig. doubles,
J 5 fr. Impr. de F. Didot,dessinspar M. Meunier, pi. lithogr.
34 BuFFON LE OPERE NUOVAMENTE ORDINATE, BtC. LeS OEuVrCS
de Bulfon mises dans un ordre nouveau et enricliies de sa vie
et d'un precis historique sur les progres de I'histoire naturelle
depuis 1760 jusqu'a ce jour ; par le Cointe de Lacepede; jolie
edit. • A enise. i"^- traduction italienne. In-8. , orne de nou-
velles gravures tres-soignees.
Get ouvrage sera complet en 3o vol. d'environ 3o feuilles d'im-
pression chaque. Le prix est fix^ a 18 cent, par chaque feuille ,
ao cent, chaque gravure, et 25 cent, pour la reliure et couver-
ture- les frais de port sont a la charge des souscripteurs. Le vol.
24 vient de paraitre.
35. Handbuch der naturgeschichte. Manuel d'hlstoire natu-
relle ; par le D^. G.-H. Schubert ; 5". part. , Cosniologie ; gr.
in-8. Prix : 2 th. Nuremberg ; Schrag.
Les quatre premieres parties coraprennent :
La 1^"., la mineralogie de .Schubert. Prix : i th. 21 gr.
La 2«.,la geognosicet I'art du mineur. Prix: 7. th. 12 gr.
La 3"., la zoologie de C.oldfujs en 2 sections. Prix : 5 th. 2 i gr.
La 4". la botaniriue dc Nees d'Esenbeck, en 2 sections. Prix :
5 th. 21 gr.
Ces quatre parties prises ensemble content 10 th.
36 "NATURCiESCHicHTE FiJR ScHULEN uud dcu hiiusUchcn Unt-
crricht. Histoire naturelle pour les ecoles et rinstrnction par-
liculiere; par .T.-A,-C. Lohr, aver 83 fig.; a'', edit., corr. ct
Mineralogie. 1 1
consid^rablement augm. In-8. de 347 P- P'"''* '• ^^ &*"• Leipzig ;
1820; Gerhard Fleischer.
Cet ouvrage parait aussi sous le litre de Der erste Lehnneister,
le Premier Precepteur.
MINERALOGIE.
37. Charakteristik. df.r Ff.lsarten. Traile des roches ; par
M. HE Leonhard, conseiller intime, etc. i^". part . ivol.iii-8.
de 23o p. Heidelberg; i823. {_F. le to. 4 du Bulletin, n. 356.)
Cet ouvrage efan t principalement destine a servir de guide
pour des cours publics , nous croyons devoir ajouter a I'annonce
qui en a ete faite I'expose de la classification adoptee par M. de
Leonbard. Dans ses observations generales servant d'introduc-
tion, M. de Leonhard examine brievement tons les points de
vue sous lesquels on pent etudier les roches, discute ensuite leur
classification, el expose les motifs qui lui font preferer un mode
de- classification mineralogique. La classification adoptee par
I'auteur est la suivante. i'''". Division: roches heterocenes: a,
roches grenues ; b, roches schistoides ; c, porphjres. 2''. Division :
ROCHES HOJioGENEs: i*^'. ordrc : roches appartenant a des especes
mineralogiques; a , roches grenues ; b, roches schistoides ; c ,
roches coinpactes : 2''. ordre : roches qui ne sont homogenes
qu'en apparence ; a, roches compdctes ; b, roches schistoides ;
f, porphyres ; d, roches vitreuses ; e , roches scoriacees, 3*. Divi-
sion : ROCHES FRACJIENTAIRES. 4*'. DivisloU : ROCHES PULV^RULlir-
TEs. Appendice, charbons.
A la suite de cetle introduction, le volume public renfeime
la i""'. division des roches : elle comprcnd les especes suivantes :
a, ROCHES GREjVTjFs : 1°. granite; 2^. syenite; 3^. dioritc ( dia-
base) 4"- dolerite; 5". gabbro (euphotide et serpentine); 6''. eklo-
gite; 7". hornfels; 8". pyromerides. b, Roches schistoides : 9*.
gneiss; lof*. micaschiste; 11". itakolumite (gres flexible du Bre-
sil); 120, Eisenglimmer schiejer (^schiste de ferniicace); iS".
Turmalin schiefer (schiste de Tourmaline); 14". dioroschiefer
(diabase schistoide ) ; i5'. roche de topaze. c, Porphyres : 16".
porphyre feldspathique : cetle roche comprend les deux especes
l)orphyre et eurile-porphyroide de M. Brongniart.
L'histoire de chacune de ces especes de roches est traitee aver
beaucoup de detail , et, en suivant d'une muniere cxncle I'ordre
22 Mineralogie.
iniliquo par I'aiiteur dans son introduction, c'esl-a-dire d'abord
sous le point de vue mini-ralogiquc , en falsant connailre la com-
position, la structure, les proprietes diverses, les passages, et
enfin le mode de decomposition de la roche; puis sous le point
de vue geognostique, relalivenieiit a sa stratification , son mode
de separation , sa fissuialion , sa disposition en fdons ou en bases
subordonnees, scs rapports de gisement, son anclennete relative
etson mode probable de formation ; enfin sous le point de vue
tie \a forme et de r<ispect des montagnes formees par la roche,
et de la maniere doul elle est plus ou nioins re/jundue a la sur-
face du globe. Bd.
38. Grundiuss i)er MiNERALOGiK. Systcmc de mineralogie; par
^'rikdricb Mohs. i^e. part. av. 5 grav. In-8.de 604 p. Dresde;
1822 ; a la libraire d'Arnold.
Ce sysleme de mineralogie comprend d'abord les principes
generaux d'histoire naturelle , qui forment I'introduclion; puis
la tcrmixiologie , la systematique, la nomenclature de la minera-
logie, et la caracteristique deja connue des raineraux : ce qui com-
pose la premiere partie.
L'auteur s'attache, dans son introduction , a rectifier les idees
generales que Ton a donnees sur I'histoire naturelle, et a en fixer
les vrais principes; il divise surtout les composes de la nature
en corps organises et en corps non organises , et il comprend
ces derniers sous la denomination generale de mineraux, regar-
dant comme inutile la distinction que les mineralogistes ont faite
de ces derniers en mineraux proprement dits, en atmosplieriles
et en fossiles; pretendant qu'ii y a moins de difference dans les
proprietes exterieures de ces divers produits , tels que les terres ,
les metaux et les gaz, qu'il n'en existe cntre les aniniaux et les
planles.
L'auteur reclifie la denomination incorrccte d'histoire naturelle
qui ne doit etre que la description des produits de la nature, et
doit ne considerer que leurs proprietes, (pi'il appelle d'/iistoi/e
/talurclle (Natur-liistorische). On ne doit pas, selon lui , avoir
recours aux caracteres chimiques cpii n'appartiennent pas a
I'histoire naturelle.
Afin d'appuyer son systeme sur des principes en quclque sorte
uiathematiques , l'auteur le divise en 5 parties, qui sont : la teiv
Mineralogie. aS
minologie , la systdinalique , h\ noineiK-lature , la cjiacleristiiiue
<H la pliysiograplii'j.
r,:i leimiiiologie, d'apres le sens de raiiti'ur, coiisislc dans
I'explication des proprietes d'liistoire natuiclle fjui scivont a re-
connaitre J a distiiiguer et a decrire les produils de l.i naluie ;
elle est a la minei-alogie ce que les definitions sonl a ia geonietrle ;
dans cette parlie les principes de la cristallographic surtoiU sont
developpes avec beaucoup de clarte, et d'une manieie loul-a-
fait geometrique.
La partie que I'auteur appeile systeinatique est celle qui de -
lennine I'idee de I'cspece dans I'liisloire naturelle; el!e fixe Ic
principe de la elassiricalion,et f'onde les idees du genre, de I'or-
(he, de la classe et du regne dans les deux systemes naturel et
artificicl, dont elle fait voir et explique la difference. La syste-
niatique contient la pliilosopliie de la scienc(!, qui consiste dans
le deveioppcinentd'idees, tirees iuimediateuienl de I'experieuce.
L'auteur distingue surtout dans eelte partie, d'une maniere in-
genieuse, ce que Ton doit entendre par espece et par individu
en minei-alogie, et 11 fait voir comment les individus mineraux ,
qui ont des proprietes d'histoire naturelle differentes, peuvent
se ressembler dans leurs autres proprietes. Qnant a la uoincii-
clature, l'auteur pretend que la nomenclature scientiflque dans
I'histoire naturelle doit eire systemalique taut dans la zoologie
et la bolanique que dans la mineralogie ; ii fail reuiarquer judi-
cieusement que la mineralogie n'a pas eu jusqu a ce jour une
pareille nomenclature; les denominations qu'il iiitroduit en con-
sequence, basees sur les formes cristallines,sont tres-ingeniouses
mais seulement un peu lougues et peu claires a resj)ril.
La partie que l'auteur appellc ca^ctcristique est celle (-ui de-
signe les caracteres qui servent a distinguer les objets classes
d'apres la systemalique; c'est la section propre de I'liistoire na-
turelle expositive. La caracterislique, dit-il , suppose les idees
d'histoire naturelle , el leur application a rouservalion ; elle
considere les proprietes on I'ensemble des proprietes nalurelles
d'apres lesqueiles les diverses especes d'un genre, les divers genres
d'un ordre, les divers ordres d'une classed les diverses classes
d'uiuegne se distinguent. Lesproprietess'appellenl lescaraclcre.s,
cl I'ensemble des proprietes nalurelles, comprises dans un carac-
tere, s'appelle caracteristique ; la caraeteristique suppose la
connaissance du systeme avcc lequcl elle est inlimcmint liec, «!,
24 Mineralogie.
voila pourquoi selon I'auteur, il ii'y a eu jusqu'ici ancnncarac-
tere en miiieralogie, vu qu'il n'existait aucun systeme auquel
on put s'en rapporter avcc avantage.
L'autcur base son syslomc, en general, sur ce qu'il appelle les
proprietes d'bistoire naturelle des corps, c'est-a-dire cellcs dont
joult le corps dans son etat naturel permanent ou variable j en
un mot, il se propose de trailer la niineralogie d'une manicre
analogue a celle dont sont deja traitees la zoologie et la botani-
que. Apros avoir expose dans la premiere partie de son ouvrage
les quatre premieres divisions de son systeme, la terminologie ,
la systematique, la nomenclature et la caracteristique, il se pro-
pose de trailer dans la seconde partie , qui n'est pas encore pu-
blee la physiograpliie , c'est-a-dire la description des produits
de la nature, consistant dans I'indicalion de toutes leurs pro-
prietes naturelles; c'est la section propre de I'liistoire naturelle
descriptive. Descriptio est totitis plantce character naturalis ^ qui
dcscribit ornnes ejusdem partes externas. Ro.
■39. IlANUWORTERBUCHDERBERG-HiJTTEN-UNDSALZVeEBKSRUNDE.
Diclionnaire abregc de raineralogie , de raetallurgie et des
salines; par Ch. HaRtmann. 2 vol. in-8. Prix, 2 rxd. 12 gr.
Ilmenau ; Voigt.
Ce Dictionnaire , redige par le Iraduclenr du grand ouvrage
de M. de Yillefosic sur la mineralogie, est indispensable a tons
ceux qui etudient la science des mines. II est arrange par ordre
alphabetique, et les termes francais sontajoutes aux termes al-
leniands. {Joiirn.gcn. de la lilt, etr., 5>. cali.; mai i823; p. i3o.)
/jo. Cnstallisation. M. G||-ney, professeur a I'institution de
Surrev, annonce nne theorie nouvelle, simple et intelligible de
la cristaliisation ; celte theorie rcjjose sur une autre qui est ge-
ner.dement adoptee aujourd'liui : c'est celle des proportions
deiinies; M. Garney cherche a deraontrer que, puisque les alo-
mes de matiere ne sont susceptibles de s'unir entre eux que
dans des proportions definies, les formes cristallines des divers
composes sont des resultats necessaires de leur composition.
Ainsi il fait voir (jue lorsquc les alomes ou molecules integrantes
d'un corps sont de forme splu'rique, les composes de ces ato-
mos, s'ils prennciit unc forme regulicre, doivent prendre cello
du cube; ce qui est conforme aux observations faites jusqu'a
Mineralogies 35
present sur ces sortes decomposes. [Gentl. Mag., le. part., dec.
i8a2; vol. i5, p. 627.)
41. Uncerns MiNERALREiCH, etc. Tableau topographique , et
orycto-geologique du regne mineral de Hongrle ; par J. Jo-
nas, conservateur du Museum Hongrois. In-8., a Pesth, chez
Hartleben, i8ao. {Isis I2^ st. 1822, p. i3i5.)
Get ouvrage doit etre oonsidere comme le premier cahier d'un
recucil phjsio-techno-graphique sur la nature inorganique de
I'empire d'Autriche; il doit commencer par la Hongrie qui, sous
le rapport minei-alogique et geologique, est sans contredit un
des pays les plusinteressans del'Europe; les descriptions parais-
sent exactes et les tableaux geoiogiques riches et complets; I'au-
teur a beaucoup voyage, et il parle partout des objets qu'il
decrit comme temoin oculaire ; I'ouvrage est par consequent
precieux pour les mineralogistes et les geologues, et merite d'etre
connu. II est divise de la maniere suivante.
i"^*". Partie. i'*. Section. Introduction a Vorjctognosie , dans
laquelle on traite de la blende, du realgar , du phosphure dc
cuivre, du spath azure, etc.
2«. Section. Sur quelques mincraux qu'on rencontre dans les
mines de Gallicie, et lels que le soiifre natif de Trashawize , la
galcne, la calamine, le bitume, I'ambre jaune, la mine de fer
argileuse, la marne ferrugineuse , I'aimant, etc.
3". Section. Description d'une continuation des montagnes de
porphyre de la Ilongrie ; on y trouve decrites 60 varietes de
mineraux de ces montagnes, avec une theorie sur leur formation.
/i^ Section. Description d'un voyage fait par I'auteur en 181T
a Nagybannyen et Knpnih , en passant par la Haute-Hongric.
%". Partie. Sur la situation geologique et topographique de
quelques fossiles en Hongrie, avec une description orjctogno-
sliqiie abregee de ces produits de la nature.
I'"'-. Section. Fossiles de la classe des mineraux terreslres. lis
se divisrnt en fossiles appartenant au genre siliceux, tels que
r olivine, le grenat, la pistucite , etc., la picrrc a fusil, la cal-
cedoine, I'opale, le jaspe , le feldspath; et en fossiles appar-
tenant au genre argileiix, tels que la terre dc porcelaine , I'ar-
gile, le sckiste argileux, I'alun, le hasalte ; fossiles appartenant
au genre du talc, tels (pic la serpentine, etc.; et divers fossiles
que Ton rencontre dans la picrrc calcaire dc Hodritsch, lels
26 Mineralogie.
(jue le talc folid, I' anagonite , I'opale commune, etc.; fossiles
appartenant an genre calcaire , tcls que la pierrc a rbaiix , In
pierre calcnire Jolice , la pierre cnlcaire Jilamenteuse, le tiif
ralcaire , le spath brim, la muriacite , I' anhydrite, etc.; fossiles
appartenaut au genre de la barjte, lets que le spath pesant, etc.
2"". Section. Fossiles de la classe des inineraux metalliques,
parmi Icsquels on distingue I'or natif, Vargent natif, le cuivre
natif, la pjrite de cuivre, la galeae, la blende et ses di verses
especes, etc. I^o-
42. Versuch einer Oryrtographie der gef. Graf. Tyrol.
Essai d'une oryctographie du Tyrol ; par M. ue Senger.
In-8. II et 95 pag. Inspruck, 1821.
Peu de pays offrent une aussi grande variete de substances du
regne mineral que le Tyrol. On y a deja trouve pres de la moi-
fie des especes du systeme de Werner , et sans doute il en resle
beaucoup encore a dccouvrir, a juger par ce qu'il en a ete de-
couvert depuis 20 ans; I'auteur s'est attache surtout a indiquer
.ivec soin les localites. II n'a pas voulu ecrire d'apres les autres,
de peur, dit-il, de propager des erreurs. II n'a fait d'exception
qu'en faveur de I'ecrit de Brocchi sur la vallee de Fassa. C. M.
.',3. MineralogischesTaschenbucu FiJR Deutschland. Manuel
raineralogique , a I'usage des personncs qui voyagent en Al-
lemagne;parMKiNECK-K et KtFERSTEiN.Petit in-S".; dcVIlI
et 432 pag. Halle; 1821. Neminerde et Schwetschke.
Get ouvrage doit etre pour les mlneralogistes , ce que Ici
nores sont pour les botanistes , et les guider vers les lieux oil
se trouvent les mineraux simples les plus dignes de leur atten-
tion. La Gaz. litter, de Leipzig en parle comme dun premier
essai qui n'est pas sans merile, raais die en indique les pnnci-
paux defauts. ^- ■"•
44. Von pen Meteorsteinen. Des meteorolithes et de leur
origine , MtMnoire du D^ Weber, Professeur de physique a
Dillingen. Gr. in-8". de 32 p. Prix, ('> gr. Landshul ; 1820;
Weber. {Leipz. Lit. Zeit., avril 1823, p. 677.)
Voici quelles sont les princlpales opinions prescnl(^es par
lauteur de ce memoirc.
1*. II pense que quelques acrolithes pourraient blcn provenu-
de la Iiirir , mais il nc fait p.is mantion de I'opinion cnnlraira
Mine'rri logic. 27
f^raise par le celebre aslronome Olbers. 2°. II pense que plusieurs
meteorolithes sont d'origine atmospherique ou terrestre , et
rend justice a ce sujet au celebre naturaliste allemand Chaldni.
3". II considere la dynamique comme la science de la toute-
puissance creatrice, et les meteorolithes comme des phenome-
nes de cette toute- puissance d'apres laquelle il pense qu'il n'y
a pas de force si prodigieuse que ne puisse mariifester Faction
electro-chiniique dans I'atmosphere ou dans les entraiiles de la
terre, ni de distance si gramle que les volcans lunaires ne puis-
sent y lancer des corps; c'est en cela que I'auteur parait fran-
chir les bornes de la physique et se jeter dans une metaphysi-
que qui n'est pas claire pour tout le monde. Ro.
45. On a decouvert dans le Missouri, district de "W^ashington,
une enorme montagne de fer, laquelle consiste presque entie-
rement en fer vierge. Le metal est d'une bonne qiialite , et la
quantite est assez grande pour fournir aux besoins du monde
entier, pendant un temps tres-long. Cette mine de for vierge
est la premiere qui soit connue, et non-seulement une pareille
mine n'avait point encore etc trouvee, mais le fer, reduit a I'elat
de metal, etait reste ignore dans la nature. [Journ. d'agr. du
royaume des Pays-has , oct. i8a3, p. 25 1.)
46. Description of hopeite, a new mineral, etc. ,ou Descrip-
tion d'un nouveau mint5ral , nomnie Hopeite, par David
Brewster; lue a la Societe royale d'Edimbourg , le 17 juin
1823. ( Extrait du tome X des Transactions de la Societe.')
Vers la fin de I'annce 1821 , M. Brewster selivrait a rcxamen
de la famille des zeolithes , lorsqu'il recut de M. Heuland une
pretendue variete de stilbite , venant de la mine de calamine
d'Altenberg, pres d'Aix-la-Cliapelle. M. Brooke, ayant soup-
conne que ce pouvait elre un silicate de zinc, M. Brewster s'as-
sura du contraire par quelqiies epreuves physiques; il aurait bien
voulu faire analyser ce mineral , mais la petite quantite qu'il put
en avoir etait insuffisante pour cet objet. II lui fallut alors avoir
recours a d'autres moyens d'observation , a I'aide desquels il
croit avoir etabli d'une maniere certaine I'existence d'une nou-
velle espece, dont voici les ])rinci[>aux caracleres. — Pesanteur
specif. 2,76. Durete au-dessous de 3,o de I'eclielle de Mohs.; le
mineral n'est ni phosphorescent , ni elcclriquc par la chaleur.
./Vitisi sa place est aupres de I'anhydrile dans I'oidre des Haloi-
a8 Minera logic .
lies du syst^me de Mohs. II a deux axes de double refraction ,
dont le principal est perpendicuUiire a I'axe du prisme , et aux
pans qui donnent le clivage le plus net : son action est repulsive,
comme celle du spatb calcalre. La forme fonilamentale des cris-
taux est, d'aprcs M. Haidinger , une double pyramide a quatre
triangles scalenes , ou un octaedre rhomboidal , dont les angles
diedres sont de 107" 2', iSg" 41', €t 86" 49'* I^e mineral offre
deux clivages perpendiculaii-es I'un a I'autre , et paralleles aux
deux plans diagonaux qui passent par I'axe; le premier s'obtient
aisement, et se distingue par son eclat nacre : le second est moins
distinct. II est entiercraent soluble sans effervescence , dans les
acides muriatique et nitrique. L'acide sulfurique agit sur lui
beaucoup plus lentement, mais ilfinit par le dissoudre. Leses-
sais au chalumeau ont etc faits par M. Nordenskiold. Seul dans le
matras , le mineral donne une grande quantite d'eau , sans au-
cune trace d'acide carbonique. II devient d'abord d'un blanc de
lait; puis il fond promptement en un globule qui communique a
la flamme une teinte verdatre. D'apres les differens caracteres
pyrognostiqucs qu'il a presentes, il parait etre une combinaison
de quelqu'acide puissant , tel que le phosplioriquc ou le borique
avec I'oxide de zinc , melangee d'une base terreuse et d'un peu
de cadmium. M. Brewster a donne a cctte nouvejle substance
le nom de hopeite , en I'bonneur du docteur Hope, vice-presi-
<lcnt de la societe royale d'Edimbourg. G. Delafosse.
47. Sur la presence de la cleavelandite dans la roche de
MoLNSTSoREL, Leicestershire, et dans d'autres parties del'An-
gleterrc et de I'licosse ; par M. Phillips. ( Annals ofphilos.
dec. 182'^ ,p. 448. )
On salt que la cleavclandite qui contient les niemcs tcrres
que le feldspath et a pen pres dans les memes proportions , en
differe en ce qu'aulieu de renfermer comme lui i3 a i5 pour
cent de potasse , elle contient environ 10 pour cent de soude,
et que d'ailleurs elle a un moindre degre dedurete. On sait aussi
que les cristaux de ces deux substances ont leurs angles differens.
C'est par la mesure de ces angles , au moyen du gonlometre a
reflexion, que M. Pliillii)s s'est assure que la roche dont il s'aglt
contenait la clcavelanilite , aussi-bien que le feldspath. II a fait
la mcmcobservation sur un granit de Westmorlanil, sur nn gianit
de (.'.oruouaillecl sur vn bcriu porphyrc de Glen Tilt. II est pro-
MiTieralogie. aq
bable qu'on trouvera egalement dans d'aufres pays cclfe sub-
stance en la chercliant dans des roches on les naluralistes I'ont
confondue jusqu'a present avec le feldspath. C. M.
/l8. SUR LE FELDSPATH , l'aLBITE, LE LABRADOR et l'anORTHITK ,
par M. GusTAVE Rose. ( Jnn. tie chirnie ct de physique ^ To.
2/i, sept. 1823.}
Un examen approfondi des mineraux que i'on a reunis jusqu'a
present sous le nom de feldspalh , a fait decouvrir a M. Rose
quatre especes distinguees autant par leurs formes cristalllnes
que par leur composition chimique , quoique ces formes aient
entre elles beaucoup d'analogie. La premiere est le feldspalh
proprement dit , qui comprend I'adulaire , le feldspath vitreux ,
celui de Norwege et de Baveno , Ja pierre des Amazones , etc.
C'est un trisilicate de potasse et d'alumine, dont le systeme
de cristallisation se rapporte au prisme oblique rhomboidal, ainsi
que Weiss I'a demonlre dans les memoires de I'academie de
Berlin ( annee 1816. ) Cette forme fondamentale , adoptee par
M. Rose, contraste singulierement avec le resultat de division
mecanique, que M. Hauy avait pris pour base de la determina-
tion relative aux formes secondaires du feldspath ; raais on y est
conduit naturcliement par les considerations tirees de la loi de
symetrie, en partant de ces formes elles- memes, et en les pre-
iiant telles qu'elles resultent des calculs du ceiebre cristallogra-
phe. — La seconde espcce etablie par M. Rose, est I'albite : elle
se compose de la varicte rayonnee et saccaroide de Finbo, du
Rieselspath de Hausmann, des cristaux du Dauphin(5 dits schorls
hlancs, de ceux de Salzbourg et du Tyrol, que Ton a pris pour
adulaire, etc. La difference chimique entre cette espece et la
precedente consisfe dans le remplacement de la potasse par la
soude; la composition alomistiquc est d'ailleurs la meme. La
forme primitive des cristaux est Tin parallelepipede irrcgulier ,
dont la base fiiit avec I'un des puns un angle de 93 d. \. Les deux
autres angles sont de 1 1 5 et de 1 1 8 degres a pen pres. Le feldspath
de Baveno est souvent garni de i)elits cristaux blancs , qui appar-
tiennent a I'albite. — La troisieme espece est le Labrador, que
Klaprofh avait deja scpare du feldspath. II est rare d'en trouvcr
des cristaux bien prononc<5s : leur forme est analogue a celle du
feldspath ; mais il est impossible d'en mesurer exaclement les
angles. On aper9oit facilement sans mesure que les clivages ne
5o Mivernlogi<?.
Innncntpas d'angles droits , tonnne ceux de ce fossile. Le labra-
(lor renferme uu Irisilicate de cliuux dans sa composition. — I.a
quatrieme espece est !a plus rare : elle se tronve en cristaux grou-
pes, de quelques lignes d'epaisscur, dans un carbonate de cliaux
des environs du Vesuve. Leur forme primitive est un paralliilipi-
pede irregulier, dontles angles diedres sont a pen pres de q^° ,
de 111° et de 1 17°^. Lesclivagesparalleles aux faces qui donnent
le premier angle sont presque d'une egale nettete. D'apres un
essai d'analyse , M. Rose considere ce mineral comme un triple
silicate d'alumine, de chaux et de magnesie; mais ii n'ose ga-
rantir sa formule mineralogique. II lui a donne provisoireraent
le nom d'anortkite , par opposition a celui d'ort/iosc , qui avait
etc propose pour Ic feldspath. G. del.
49. Description mineralogique et analyse cliiraique d'une sub-
stance analogue au quartz agathe cornaline, trouvee dans le
Heidberg , dans le duclie de Berg , par M. Bergmann , pharm.
ix Berlin. [Noggeratk, das Gebir-ge in Rheinland- JFcstpha-
len.Tom. I, p. 328.)
Ce fossile s'est trouve compose de : Silice, g3, 25; protoxide de
fer, o,25; alumine, 3,oo; oxide de manganese, o,5o; chaux , o,2.V;
perte 2,00. Total 99,25. J. Ineichen.
50. Description et analyse de la Zirconite du comte de
Buncombe dans la Caroline septentrionale , par Lardner Va-
HUXEM.(/oMr/?. of Acad. nat. sc. of. Philad. niai 1823, p. 59 )
Ce zircon a ete decouvert dans le comte de Buncombe, dans
la Caroline du nord , par le D"". F. D. Porter. M. Lardner Va-
nuxem , qui a visite celte localite, I'a reconnuc pour celle qui,
jusqu'a nos jours, a produit ce. mineral en plus grande abon-
dance. II se trouve dansun terreau meuble , supcrieura une for-
mation de gneiss et de scbiste raicace , constituant un monticule
dependant d'une coUine dite Valuda. II y est accompagne de
grenat , de fer oligiste, et de fer sulfure. M.Vanuxem n'a paspu
trouver ce mineral sur sa gangue , cependant il ne met pas en
doulc qu'il ne provienne de la formation ci-dessus, d'apres
Ics debris avec lesquels il se trouve.
Lcsvarietesde formes que ce zircon a presentees sont la varietc
prixince, tres-nctlc, quelques fois ayanl Ics aretes du prisme troii-
quees , d'uulres fois au contraire celles qui joignent le prisme a
la pyramide.
Mineralogie. 3 1
Les plus consitlcrablos onl 4 de pourc de liauteiir; leurs pro-
])rirtcs sout les meines que celies du zircon.
Le resultat de Tanaiyse a donn<j : zircon avec un atome de
fer , t»7,07 ; silice, 82,08 ; perte, o,8'5 ; total, 100. L. Andre.
5i. Description df. l'achnite, nouveau mineral de la Nor-
vege trouve et decrit par P. Strom. [Eclimb. philos. four//.
juillet 1823 , p. 55. )
Ce mineral a ete decouvert dans la commune d'Egers en Nor-
vege. II se presente sous la forme de prismes rhomboidaux tres-
allonges , a aretes tronquees; il a quatre clivages paralleles a ses
faces longitudinales. Sur ses autres faces, la cassure n'est pas re-
guliere ; il raye le verre ; sa pesanteur specifique est de 3,24. II
est d'un brun noir tirant sur le rougeatre ; la cassure est verda-
tre , et a peine translucide. II a pour gangue des nodules de
quartz, contenus dans des granits de transition suivant MM. Haus-
mann et de Buch.
Berzelius I'a trouve compose de : silice, 55,25} oxide de fer,
3 1,25 ; oxide de manganese, 1,08 ; chaux , 072 ; soude, 10,40;
total , 98,70.
II a etenomme ainsi du grec c-^-jyi , poi/ite , a cause de cristaux
tres-aigus. L. Andre.
52. Analyse du grenat vert trapezoIde de Sala, par B. G.
Bredberg ( Me//i. de V Acad, de Stochh. 1822 , p. 83. )
Analyse dequelquesmineraux, par Aug. Arfvedson, Ibid.iii.^']
Les substances qui font I'objet de ce memoire , sont le Kanel-
stein de Malsioe , le chrysoberyl du Bresil , la boracite du Lune-
bourg. C. M.
53. Sur le beryl de la Silesie prussienne, par M. Zipser,
prof, a Neusohl. ( Mi/ie/: Tasche/ibuch, i823 , 2". a. p. 384- )
Deux echantillons dece mineral ont ete trouves dans une mine
de feldspathdecouverte dansun puits creuse sur une petite hau-
teur pres du chateau de Langbielau a - de lieue de Reichenbach
dans la haute Silesie. L'auteur possede unde ces echantillons qui
presente les cai'actei'cs suivans : il est d'une couleur blanche ver-
datre qui tient le milieu entre le vert de mer et le vertd'Hongrie
lirant un peu sur le bleu ; divers morceaux presentent une cou-
leur jaune depaille ; ce mineral no se rencontre qu'a I'etat de cris-
t:il; il rristallise cn longs prismes a six pans a angles egaux; le-
5 2 Minera logie .
gerement tronques sur les areles lateralcs ; c'est I'emeraude pe-
ridodecaedre d'Hauy; quelquefois il cristallise comme I'emeraude
piiniilive d'Haiiy en prisines a cotes egaux avec dc larges pans
altcrnatifs, d'ou resulte Tapparence d'un prisme a trois pans ;
niais ce cas est Ires-rare. Les niorceaux qui se trouvent meles
avecle feldspatli ont une cassure nette, ecailleuse et aucun eclat
cxterieur; d'apres les autres caracleres dc ce mineral, I'aulcur est
d'avis que Ton dolt adopter, la reunion du beryl avep I'eme-
raude proposee par Haiiy, quolque Werner ait distingue ces
deux substances par plusieurs caracteres distinctlfs. Ro.
54. SoR LA Mesotype DU MONT Vesuve. {Joum. of Sc. , juillet
1823, p. 389.)
Le comte Paoli a reconnu rcxistence de la mesotype parmi les
produits du Vesuve ; il decrit la mesotype fibreuse et la meso-
type hyaline , et il ne doute pas qu'elles ne soicnt des produits
volcaniques reels formes dans la lave au moment ou elle se re-
froidit. Ro.
55. Description d'un HYDRATK NATiF DE macnesie decouvert,
parle D^. Hibbert, dans I'ile de Schetland; par D. Brewster.
( Trans, of royal.. Sac. 0/ Edimb. Vol. 9, p. 239. )
Le D''. Hibbert le decouvrit en 1817,3 Swinaness, dans I'ile
deUnst, une des iles Schetland, traversant la serpentine, en
veines d'un dcmi-pouce a 8 pouces d'epaisseur, accompagne de
chaux carbonatee magnesifere.
II se dissout dans les acides tres-aisement , et est compose,
d'apres le D^. Fyfe, de : magnesia, 69, 75 ; eau, 3o a5 — 100.
II estblanc, a structure lamellaire , et quelquefois fibreuse ,
raye le talc, happe fortement a la langue ; sa pesanteur speci-
iique est de 2,33G. De petits morceaux detaches de la masse ont
off'ert des prismes a 6 pans. II ne presente qu'un seul axe de
double refraction , ce qui le distingue du talc avec lequel on
pourrait le confondre, et qui en possede deux. L. Andre.
5fi. Notices sur la niicouvERTK de deux substances remar-
quables dans les terrains volcaniques et de trapp du Bas-
Rhin , par M. Noggerath. [Nogfierath, Das Gebirge in Rheiu-
land-fFestphalen , torn, j , p. 3G7. )
Ces deux fossiles sont : I'un, une varietc de I'opalitc, et I'autre
une variete du zircon. J- Jneichen.
Botanique. 55
57. Terre acidf. i)E Perse. (Phi/. Mag., n°. 3o3 , p. 75. )
Cette siiiguliere substance , qui a ete apportce en Angleterre
par le lieutenant-colonel Wriylit , se trouve en quantite consi-
derable a un village appele Doulakle, dans la Perse nieridionale ,
a 3 ou 4 journees de Buslilre. Les naturels en font usage dans la
preparation de leurs sorbets. M. Pepays , qui en a fait I'analyse ,
a reconnu qu'elle contient de I'acide sulfurique libre. B. S.
58. De la veritable pierre obsidienne. (^Edimb. philos. ,
Jour., avril 1823 , p. 269.)
Get article comprend la description de robsidienne retrouvee
sur les bords du golfe d'Ethiopie, en Janvier 1809 , par M. Salt ;
elle se trouve reunir les memes proprietes que I'obsidienne d'ls-
lande , et lui est parfaitement analogue. L. A>dre.
Sg. Lettre de M. Soret, D^. en phil. , a I'univers. d'lena , au
ptof. Pictet, sur un mineral presume nouveau. ( Bibl. uni\\ ,
sept. 1823 , p. 5i. )
Ce mineral a ete decouvert 11 y a environ deux ans, implanle
sur des cristaux de quartz gris , venant de la Tete-Nolre, dans
les vallees du Pii'mont.
M. Soret, sans en avoir faitune analyse exacte, lui a trouve a
peu pres les memes caracteres qu'au sphene ; ses cristaux sont
eclatans, iis varient de couleur du brun au jaune; ils sont trans-
parens , a cassure conclioide; leur durete est assez grande,
ils rayent le feldspath de Labrador. Par le clialumeau ils noircis-
sent sur le cliarbon; ils donnent avec le borax un vert jauiie,
analogue a celui que Ton obtient du titane slllco-calcaire , dit
victite.
I.a forme primitive qu'adopte M. Soret pour ces cristaux est
le prisme droit rhomboidal de g4 3o" et 85' 3o". Le rapport
des denx deml-diagonales de la base est a peu pres i3 : 12. Les
formes secoudaires sont nombreuses. L. Andre.
EOTANlQUi:.
00. Handbuch der BoTANiK. Manuel de botanique; par le D''.
C. Ci. Nees d'Esenbeck. 1 vol. in-8. , ensemble de i445 p.,
Nuremberg, 1820; L. Schrag.
L'auleur commence pur des considerations de jjliilosopliitj
B. ToMK L 3
54 BotaJiique.
sp(5culative, et prenant pour point de depart DIeu, qui, enliis-
toire naturelle comrae en religion, est la source de toute exis-
tence et de toute conservation , de toutes nos idees et de toutes
iios connaissances, il arrive, par des deductions successives , a
ridee du sysleme du monde.
II ctablit que tons les etres qui le coinposent, sont dans un
rapport quelconqueavec les poles, et explique par-la la presence
ou I'absence d'organisation dans ces elres, on leurs differens de-
gres de vitalite.
Nous ne suivrons point I'auteur dans I'exposition de sa doc-
trine : presentee sous la forme d'axiomes lies rigoureusement
les uns aux autres , elle demanderait une analyse ctendue , que
ne coinporle pas la nature du Bulletin.
M. Nees admet (t. i , p. kk-) '■'' gi'and« division en corps orga-
nises et en corps inorganiqucs , et subdivise (p. 12.) la ii"e.
elasse en 4 regnes vivaus : Les champignons, les plantes, les ani-
maux, les hcinmes.
La denomination usitee de regne vegetal comprend les vcge-
taux reproduits (les champignons), et les vegetaux reproduclifs
(les plantes).
Les champignons sont des etres organises, formes par la de-
composition des etres vivans, et peuvent etce regardes coninie
des atomes de plantes , que la nature fait sortir de la substance
expirante. (p. 2'3.)
La vesicule, leur premier element organique, sc change en
tube en s'allongeant.
Les vesicules et les tubes rcunis offrent, en se renfermant
mutuellcment et en sc reproduisant inlcrieurement , les deve-
loppemens successifs du premier regne elenientaire. (p. 24. )
L'auteur ne dit point si son premier regne comprend exclu-
sivement les vegetaux connus sous le nom de chanq)ignons. Je
suppose qu'il y joint les lichens et families voisines. Les con-
fcrves apparticnnent a son regne des plantes.
hcsp/antes {■x'j-'io) sont des etres organises, dont les cham-
pignons forment, pour ainsi dire, le premier ek-inent , et com-
poses de vesicules d'abord reunies, puis changces en tubes par
leur extensiion, qui, par leur developpement, forraent des sur-
faces circulaires; leur accroissemeuit «st en longu«ur, tandis que
celui des champignons est en largeur.
Botanique. 55
LcS autres caracteres (risl'mctifs des champignons et des
plantes, se ratlachent aui principes consacres (48-5i.)
Les plantes ( Sg-G i ) exisi.ent : dans I'espace , par leur forma-
tion et leur structure ; dans le temps, par leur developpement
et leur conservation ; ce qui etablit deux divisions et quatre sous-
divisions naturellcs pour la botanique pure :
I. La Phjtogrcphie, coniprenant i". la Morphogrnphie ;
a'^. X Analoniie vcgetale.
W.Yniistoire des plantes , c'est-a-dire i". \a Morphologie
ou la Metamorphose des plantes , et 2". la Physcologie.
La botanique (6i-5)a des rapports i^. avec la nature, (et
M, Nees comprend sous ce horn tout ce qui n'est pas I'homme),
2". avec riiomme ; d'ou resultent les sous-divisions suivantcs :
I. Rapports des plantes; A, avec la surface de la terre : i". Lois
de distribution des plantes , ou Geographie generale des plantes ^
2°. Geographic speciale des plantes , Topique ; B, avec le mou-
vemcnt de la terre sur son axe : 1°. relativement au jour et a la
nuit, Horologie , repos des plantes ; 2°. relativement aux sai-
sons , Bio I ogle.
II. ilapporls des plantes avec Thomme, Botanique appUquec.
A. etude des plantes: i". Principes de la science, Methodo-
logie, 2". Histoire de la Botanique ; B. sentimens que les plantes
font naitre dans riiomnie, Sthetique des plantes- C. la bota-
nique consideree dans les resultats que I'homme en obtient ■
Yagriculture dans la plus grande acception de ce mot c'est-a-
dire la culture des forets , I'agriculture proprement dite, l' hor-
ticulture , etc.
L'auleur ne parle point de la medecine, des arts , etc.
Cette classification est seulement typique , rigoureusement
complete, mais non methodique, c'est-a-dire appliciible dans
I'enseignement , phisieurs divisions rentrant les unes dans les
autres.
Nous nous sommes etendus de preference sur ces bases de
la science , afin de donner une idee de la maniere dont I'auteur
Ten visage. Mais nous croyons devoir repeter que notre expose
<lu moins dans la 1'^'". partie, est et devait etre extremenient in-
complet.
Dans les details des diftV-rentes parties de la botanique «,v/r
but exclusif de son ouvrage, M. Nees suit a peu pres la mnrclie
observee par la i)lus grande partie des auteurs. II d^crit rfiaquc
56 Botani(jiie.
orgaiie en pai'tlciilicr, depiiis !a raciiie jiisqti'a rembryon , et
cetle description est ordiiiairement divisee en trois parties ,
structure nnatomique,fon<tions ct metamnrpkose.
11 donne beaucoup de developpemens a la dernicre, en s'ap-
puyant sur les bases posees dcpuis long-temps par Gothe. II en
resultc peut-c'tre des rapprochemens forces, ou peu motives;
mais ce principe d'encliaineraent general, merite d'etre pris en
consideration , et suivi avec disccrneinent, et, avec Tappul de
robservallon , il ne pent que conlribuer a augmenter les con-
naissances positives, et la masse des faits en botanique.
'La fleur {\.o^i\. 2. pag. i) est la feuille qui termine I'accrois-
sement de la tige, et opere la generation par le developpement
de son noeud. Consideree comme un tout (58) , elle comprend
les organcs de la plante hors de terre , en position inverse : A.
les organes peripheriqnes terrainant la vie de la tige sous forme
de feuille , et commencant sa vie sous forme de fleur ; B. les or-
ganes centraux, ou a forme de tige (les parties de la fructification).
(61.) 11 y a 3 couches [lagen) dans la feuille : la stipule, la
feuille propre et la bractee. II y a de meme trois couches dans
la fleur; le calice , fleur exterieure ; la corolle , fleur niitoyennc;
l;i coronule, fleur interieure.
(63.) Le calice est la partle qui, dans sa face inferieure ou
exterieure , est analogue a la face inferieure de la feuille. II
manque rarement, quelquefois par metamorphose.
Nous regrettoiis que I'auteur ne communique point ses idees
a cet egard.
(64.) II regarde, avec plusieurs auteurs, comme calice, ce
qui porte les caracteres exlerieurs de Torgane communement
designe sous ce nora.
La corolle , accompagnee d'un calice , se distingue par sa po-
sition; et sans calice, par la nature de sa surface, sa couleur,
et par une contexture plus delicate qui annonce les progres de
la separation des ilemens.
(i iH.) l.a c.ofonuir est une image du calice dans I'interieur de
!u fleur, en position inverse, et elle mannue de pores, comme
rela arrive d'ordinaire a la face superieiirc! des feuilles : I'auteur
aurait du ajouter , des arljiex.
(I'iS.) II la regarde comme un developpement des deux fais-
ceaux vasculeux renfcrmes dans la corolle.
II rccoinmande, a I'occasion de la metamorphose de la flour
Boiaftiqae. By
(dans Ic sens le ])ius t'lerdn, b'lnric), tie tuivre cliacun des or-
ganes qui la coinposent dans tons ses developpemens , de signa-
ler leu?' combinaison a\cc ceux des autres organes; enfin de
preciser I'iiifluence de cliaque pai'tie sui' la forme Lien caracle-
risee de celles anxquelles eel orj^ane s'associe , de maniere a pou-
voir I'employer cnmnie caractere.
C'est ce qu'ont fait et font encore les gi-ands mailres; mais
dans les sciences d'observation il reste toujours a faire.
Le chap. i/,4, p. 175, presenle un genre d'interet tout diffe-
rent des autres. Les trois principaux groupes de la vegetation,
]e<i Jorets , les prairies , les tapis de mousse communiquent a
I'ame le pressentiment (de I'liiver , par leur fraiclieur et leur
obscurite), le desir (d'emolions vagucs variees a I'infini), la le-
signation (a la mort). Les differentes nuances, tallies et confor-
mations des plantes peuvent etre regardees comme des symbo-
Ics des divers seiilimens de I'liomme, el des accidcns, inconve-
niens et circonslances de la vie.
Cette maniere de considerer les plantes est exclusivement poe-
tique, el serait plus convenablement reservee pour la Sthctiqiie
des plantes.
II y aurnit de I'iiijustice a juger eel oiivrage cVapres nos cita-
tions souvent tronquees, et quelques-unes des idees de I'auteur
presentees isolement, et hors du cadre oil il a su lesreunir.
II serait egalement injuste de supposer que M. Nees considere
la botanique it priori , comme quelques-uns de ses compatrio-
tes traitent Thistoire naturelle en general. Son ouvrage presenle
une masse de fails plus considerable peul-eire qu'aucun autre
de ce genre, et c'est de ccs fails qu'il deduit les consequences
generales, tandis cjue d'autres suhordonnent I'experieace aux
theories.
Tout ce qui, dans les Iravaux des botanistos, a quu'qiie iin-
j)ortance, se trouve dans ce nianuel. MM. Link, Rudolplii, Tre-
viranus , Sprengel , Berhardi, Kieser, Moldenhauer , Jger,
.lussieu, Desfontaines, Richard, Mirbel, Decandolle, Desvaux ,
Du Petit- Thouars, enfin R. Brown, sonl ceux dont il a le plus
profile. II cite tres-frequeniment les figures de M. Mirbel, et
donne une analyse du memoire de M. Mcrimee sur les cou-
leurs, ainsi que le tableau qui I'accompagne. (Mirb. elenieiis.)
Le succes de cet ouvrage en Alleniagne , la consideraiiou
dont jouil M, Nees dansccpays par ses connaissaiices nombicusos
38 Botani(jue.
etTariees, le cas qu'il fait dc I'exjjerience , le desir qu'il expri-
ine(pref. XI ) de voir traitcr la bof.Ttiiqne comme Test la zoo-
logie depuis quelques annces, enfin les travaux positifs et les
observations de plusicurs aulres habiles botanistes allemands,
sonl coninie Taurore d'une ere nouvelle , qui niarquera dans ce
pays le triomphe des melhodes naturelles. D-U.
6i. CouRS DE Phytologie, oh de Botanique genf.rale, par le
chev. AuBERT Du Petit-Thouars. I''"', seance. — Introduction.
I vol. de I ifi pages.
II u'est personiie qui nc sache combicn sent imporlans les ser-
vices que M. du Petit-Thouars a rendus a la science des vege-
taux. Tous les botanistes connaissent sa belle histoire des plan-
tes d'Afrique, et ils en attendent la continuation avec impatience ;
tous ont suivi, avec autant de fruit que d'interet, les ingenieu-
scs experiences de I'auleur sur la physiologic vegetale. C'est a
cette derniere partie de la botanique qu'est consacre le livre que
nous annoncons aujourd'hui ; mais il n'est que le coninience-
ment d'un ouvrage immense oil I'auteur se propose d'embrasser
toutes les branches de la science. Apres avoir developpe son vaste
plan dans un discours prcliminaire fort etendu, et dans I'iiitro-
duction qui le suit, I'auteur entre en matiere, et considcre, dans
ce premier traite, Vexterieur des plantcs supposces en repos. II
examine successivement, i°. la feuille ; 2°. Ic bourgeon; 3°. les
enlre-nceuds; 4''. la reunion d'un certain nonibre de feuilles et
de Icurs bourgeons; 5°. le rameau; 6°. la branche; 7". le tronc ;
8°. les cotyledons; 9°. les racines; et il indi([ue, avec autant de
soiii que ue sagacite, les diverses modifications dont ccs orga-
nes sont susceptibles. Nous devonsregretter que les bornes etroi-
tcs de ce Bulletin ne nous permettent point de suivre I'auteur
]ias a pas, et nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer a
Pouvrage meme le lecteur dcsireux de s'inslriiire.
Aug. DE S.-Hii..
62. The first steps to botany. Les premiers pas dans Petude
de la botanique, ouExjdlcations elenientaires de cette science,
dont I'etude est consideree comme une branche d'education
gcnerale; par J.-I^. Drummond, M. D. In-ia, avec 100 grav.,
comprenant .ioo (ig. Prix, 9 sli. cart. Londres; Longman. .
63. CoMMENTATIO de FOUTIKUS VEOETATIONIS PLANTXRUltt. Auct.
Eug. Davids. 4°- I-ugd. Bat; 1822; Luchtmans.
Botanique. 5q
Cette dissertiition a remporte le prix sur la question : Quid
absolute necessariuin plnntis sit, ut vitam peragant. {^Journ.
de la litt. etr. , aout iSaS , p. 227.)
G4- Remarks on the phoenomena , etc. , ou Remarques sur les
plienouienes de la chute des feuilles et sur la physiologie de
la coloration de la corolle; par John Murray. [Jidimh. phi-
los. Journal, oct. 1828, p. 237.)
L'auteur attribue la chute des feuilles a la contraction et a
I'oblitcration des vaisseaux du petiole, qui sont la suite, selon
lui, de la perte de calorique qu'eprouve cette parlie des vegetaux
par I'irradiation, dont Taction est beaucoup plus marquee en
automne que dans les autres saisons. II fait observer, a I'appui
de cette opinion, que les feuilles superieures des arbres sont les
premieres qui tombent, et que les infcrieures ne se detachent que
lorsqu'elles ne sont plus abritees paries superieures.
M. Muiray pense que les diverses couleurs des corolles deter-
minent, par leurs variations d'irradiation des temperatures
moyennes differentes, suivanl la teinte de ces fleurs ; il annonce
avoir fait beaucoup d'experiences a ce sujet ; mais il en cite Irop
pen pour qu'on puisse en prendre une idee juste. Ad. B.
65. Memoire sur la structure des monocotyledones , par Th.
Lestiboudois , D. M. P.,Prof. de botanique a Lille. In-8".,
de 2 feuilles et demie. Paris, Bechet jeune.
L'auteur de ce raeinoire s'est deja fait avantageusement con-
naitre par une dissertation qu'il a publiee, en 1819, sur la fa-
inille des cyperacees, et dans laquelle il a trac^ non-seulement
les caracteres de tons les genres deja connus appartenant a cette
faniille , mais propose retablissement de plusieurs genres nou-
veaux. Le memoire que nous annoncons aujourd'hui a pour
objet la structure anatomique de la tige des monocotyledones.
On sait que la tige des vegetaux unilobes n'est pas organisee et
ne s'accroit pas de la raeme maniere que celle des dicotyledo-
nes. An lieu de presenter, comme ces derniers , une succession
reguliere de couches ligneuses disposecs circulairement et emboi-
tees les unes dans les autres autour d'un canal central destine a
contenir la moelle, la tige d'uu palmier, ou de tout autre niono-
cotyledone arborescent , n'offre qu'une masse de tissu cellulairc,
au miliou de laquelle sont (iparses des fibres ligneuses disposees
l^o Boiatiiqiie.
par faisceaux irrcguUers. C'est pnr la formation de nouvelles
couches, qui s'ajoutenl cliaque annee a la surface externe du
corps ligneux et a la face interne du corps cortical, que les dico-
tvledones s'accroissent en epaisseur. Dans les monocotyledones,
au contraire, raccroisscment se fait uniquement par le centre
de la ti"e. Dans les premiers, il existe deux systcmes differens,
Tun, central ou ligneux, qui s'accroit a Texterieur ; I'autre, ex-
terne ou cortical , qui s'accroit a rinterleur. II y a done dans ces
•vegetaux deux foyers d'accroissement , tandis que , dans les mo-
nocotvledones, il n'existe qu'un seul systeme et qu'uii seul
foyer d'accroissement; et, comme ce systeme unique s'accroit
par I'interieur, ainsi que I'ont prouve les belles observations de
M. Desfontaines, I'autenr du memoire pense qu'il est le meme
que le systeme cortical des monocotyledones. De la il tire la con-
clusion que la tige des palmiers, et dc tons les autres vegetaux
unilobes, est organisee comme I'ecorce des arbres bilobes. D'a-
pres cela, dit-il, on pourrait appelerles dicotyledones digenes ,
parce qu'ils ont deux surfaces d'accroissement, donner le nom
de monogenes aux monocotyledones, qui n'en ont qu'un, et ap-
^e\cr agcnes les plantes agames ou cryptogames. Richaro.
66. Notice sur la plus interne des enveloppes florales ues
GRAMiNEES, par M. Th. LESTiBOunois,Prof. de botauique a
Lille; iSaS. Paris; Bechet jeune.
On sait qii'a la base de I'o-vaire, dans un tres-grand nombre
de graminees , il existe deux petlts appendices gLMieralement en
forme d'ccaillcs, quelquefois sondes en un seul, et auxquels les
botanistes ont donne differens noms. Ainsi, Linnce el M. de
Jussieu les appellent simplement eca///ei; Schreber, nectairc ;
Richard etDcsvaux,^Z«7«e//f; Palisot de Beauvois , lodicule ;
M. Turpin, phycosteme , etc. M. Lestiboudois compare cet or-
ganc aux soies , anx polls, aux ecailles et a I'utricule qui se mon-
trent dans un grand nombre de cyperacees , et les considere
comme le a eritable perianthe de ces vegetaux. II s'appuie prin-
cipalemcnt, pour fonder cetle opinion , sur I'alternite des ecail-
les de la glumelle, au nombre de trois, avec les ctamines dans les
genres Arundinaria, Strniinatof^pcnnum et dans le Bninhusn gna~
dua; muis il faut avoner que ces ecailles, qui, le plus generale-
ment, sont au nombre de deux, alternent rarcment avec les,
etamines; qu'eiles sont rapprochees I'une contre I'autre d'un scu.
Botanique. ^i
rote de I'ovaire , ft qu'enfin elles manquent dans un grand nom-
hre de graminecs. Richard.
G7. Additions aux observations sur of. nouvelles Passiflores
HYBRiDEs, par Joseph Sabink. ( Trans. HorticuU.^ vol. V,
p. 70. )
Ces observations se rapportentades hybrides,entre \t%Pa.tsi-
flora ccerulea et Passiflorn racemosa, dont I'auteur avait deja
])arle dans le volume precedent du nieme recueil. II a observe,
depuis , que des hybrides, venues du tneme mode de fecondation,
avaient presented plusieurs caracteres fort differens , qui per-
mettent d'en distinguer diverses varietes. II a observe d'autres
hybrides du meme genre entre les Passijlora alata et racemosa /
il ne dit pas si ces plantes hybrides ' produisent des graines
fertiles. Ad. B.
68. F. S. ScHELVERS, ZWEYTE FoRTSETZUNG SEINER KrITIK.
DER LehrEder Geschlechtern dkr Pflanze. Second sup-
plement a la critique de la thoorie des sexes des plantes, par
Schelver, gr. in-8. Prix, 2 fl. Karlsruhe; iSa^; Braunn.
L'auteur donne, dans la premiere partie, une histoire de tout
ce qui a paru sur ce sujet, depuis la critique publiee en 1822;
et dans la seconde partie, la critique detaillee de la doctrine des
fecondations artificielles.
69. Observations sur l'analogie presumeede certains organcs
de I'embryon, dans diverses classes de vcgetaux vasculaires,
par John Yvi.Zs.{E(liinh.phil. Journ.; oct. iS'i'i; p. 270.)
Ce sujet, un des plus importans de rorganographie vegetaie,
n'est qu'indique dans cette notice de deux pages. L'auteur veut
seulement prouver que c'cL a tort qu'on compare ce que tous
les botanistes nomment cotyledon dans les plantes monocotyle-
dones, aux vrais cotylt5dons des dicotyledones; ce cotyledon
n'est, selon lui, qu'une partie de la gemmule, et les monocoty-
ledones seraient des acotyledones. Ad. B.
70. SvNODus botanica omnesfamilias, genera et speciesplantarum
illustrans ; par L. Trattinnick. Ouvrage latin qui parait
par souscription, par vol. in-8., de 24 feuilles : Vienne;
J. G. Heubner.
7I.HERBIER GENERAL DE i/aMATEIR, elC, par fcu MoRDAN
Uki.ai na> , fijntinue par M. Ldiselei'R-Desi.ongchamps; a^ec
4 2 Botanique.
fig., peinles d'apres nature, par M. Bessa. 73^ et 74'". livr., a
caliiers m-8., ensemble, d'une f. j, plus 12 pi. Paris; Audot.
72.CATA1.0GTJS PLANTARUM, qua^asservanturinrcgioliortosercnis-
mi Frawcisci Borbonii principis Juventutis in Boccadlfalco,
prope Panormum. Adduntur nonnullae adnotaliones ac des-
criptioneS novarum aliquot specierum. Naples; i82T;iii-8.
Ce catalogue dc plantcs a ete redige par M. Gussoni, bota-
niste fort distingue. II C0Tn])rend '3, 000 especes, que Ton cultive
a Boccadif'alco, pres dePalerme. L'anteur observe que ce climat,
oil le tlicrmometre de Reaumur se soutient ordinairement, I'lii-
■ver, enfre 8 et lodegres, au-dessus de zero, est tres-favorable
a I'education des plantes des pays chauds. La plupart de ces
planles sont exotiques; toutefois il y en a plusieurs qui appar-
liennent a la Sicile. On attend du meme auteur, une Flore Si'ci-
lienne [Flor-a sicula), dont 11 s'occupe. {^liev. Encycl.- no v.
1823; p. 369.)
73. NOVI PROVENTUS HORTORDM ACADEMICORTJM HaLENSIS ET
Berolikensis. Centuria specierum minus cognitarum, qure
vel per annum 1818 in horto Halensi et Berolincnsi florue-
runt, vel siccae missje fuerunt. Auct. C. Sprengel. In-8., i2gr.,
Halle; Gebauer. — Description de 109 especes de plantes.
[Journal general de la lilt, etrangcre y juillct i823; p. 194)
74- Lehmaj? J. G. C. IcoTVEs et descriptiones novarum et mi-
nus cognitarum stirpium. Fasc I, II, III. Prix, 7 rlli. 8 gr.
Dans toutes les librairies de I'Alleraagne et dc la Suisse.
75.SUR QUELQUKs plantes imparfaitement connues jusqu'ici,
Y)ar3.E.Wis.sTROT.yi.{Mem.(lerj4(:.roy.(.'eSloc/..; 1822; p. 382.)
Cememoirc, ecrit en latin, apour objetles especes suivantes:
Stcllaria radians, L. Geum capcnse , Thunb. Hypericum cet/iio-
picttm, Th. Mentha capensis , Th. Ononis stipulata ,Th. Ono-
nis glabra, Th. Psoralea tomentosa , Th. Psoralearacemosa
Th.Solidago e/rtto. Banks et Solander. Jster strictus, B. etS.
Enfin jester Tilcsii qui croit a Unalaschka. C M.
76. Gravure representaijt une foret vierge dv Bresil ; ])ar
W. Ic comte de Clarac : prix, 3o fr. aprcs la lettrc; Go fr.
avant la Icltre. Paris, Texler, rue Saint-Honore, n". 348.
Des naturalistes et des voyageurs ont essaye de faire connaitre
Irs foriHs viergos de I'AiDeriqiie mrridionale ; iiiais ni les des-
Botanique. 4^
crlptions compassees des botanistes, niles phrases Iiarmonieuses
des ecrivalns les plus eloquens ne sauraient retracer au lecteur
europeen des images dont il ne retrouve aucuu modele dans ses
souvenirs. Comment en effet peindre par des mots , ce luxe de
vegetation, cette variete de formes, ces merveilleux conlrastes
qui ravissent le voyageur le plus indifferent. Un pinceau habile
pouvait seul nous retracer quelques-unes de ces beautes ma-
jestueuses ; et c'est ce qu'a fait M. le comte de Clarac avec une
perfection a laquelle nous n'aurions pas cru qu'il fut possible
d'atteindre. Sans etre botaniste, il a saisi le caractere de chaque
vegetal, ct il a donne a toutes les especes qu'il a representees
le port et la grace qui leur sont propres.Les figuiers sauvages se
presentent avec leurs arcs-boutans , les mimoses avec leurs feuil-
ies fmement decoupees, les fougeres en arbres et les palmiers
avec leurs formes simples et elegantes ; la tige flexible des bigno-
nes, des hnuhinia, des cissus se balance entre les arbres, se courbe
en festons , se tord comme des cables et serre etroitement les
plantes voislnes ; les bambous s'elancent a une hauteur prodi-
gieuse et se recoui'bent en berceaux; les cecropiers etalent leurs
feuiiles digitees ; le balisier montre ses bourgeons roules en cor-
net , et les parasites revetent les troncs renverses d'une nouvelle
parure. En un mot, tout est beau dans ce dessin parce que lout
Y est de la verite la plus exacte , et il est a desirer qu'il soit bien-
tot suivi de quelques-uns de ceux qui remplissent les portefeuil-
les de I'auteur. Aug. nE S.-Hil.
77. NaTURHISTORISCHE MlSCELLEN ilBER DEX NORD-WESTHCHEN
Karpat. Melanges d'hist. nat. sur la parlie nord-ouest des
nionts Karpates, dans la Haute -Hongrie; jjar Ant. Rochel.
Pesth. 182 1 , avec une carte representant les differentes re-
gions botaniques de cette chaine et de plus quelques mon-
tagnes en particulier.
Les regions que I'auteur indiqne sont au nombre de six ,
savoir : de la plaine; des coUines ; des avant-corps de monla-
gnes ; des hautes montagnes , entre 3oo et 600 toiscs au-dessus
de la iner; alpine, entre 600 et 1000 toises ; et celle des liautes-
Alpes, au-dessus de 1000 toiscs. C. M.
78. Sur quelques arbres de L'yViut.RiQUE nu noro qui merilent
particulieremenl d'etre cultives en Suede; par Nii.s fioLLTW ,
44 Botcini(/ue.
pasteur de la coiarrmiiaiite suedoise a Pliiladelphle. ( :\Iein.
dc V Acad. roy. de Stockholm , 1822 , p. Sig. )
L'auleur, qui reside dcpuis plus de 5o ans dans I'/Vinerique
du nord, a joint a cette indication des considerations sur le cli-
mat de cette partie du globe. Le redacteur des Mernoires de
TAcademie cite en note les arbres et arbiisles d'Amerique qui
supportent les hivers les plus rigoureux dans quelques jardins
de Stockholm. U observe que le Robinia pseudo-acacia estsujet
a geler jusqu'a la racine , et que si Ton veut qu'il s'eleve on dolt
le couvrir en liiver; il en est de raeme du Robinia visco.ia et du
Castanea vesca. Ces faits peuvcnt servir a etablir une comparai-
son entre le climat de quelques parties du nord de I'Amerique
avec celles du nord de I'Europe. C. M.
79. Observations botaniques faites en L\.ponie et dans les
PROVINCES voisiNEs; par L. L. Loestadius. ( Mem. Acad. roy.
de Stochhohn , 1822 , p. 827. )
Les especes que I'auteur a trouvees en Laponie, et qui n'y
avaient pas etc observees , sent les suivantes : Utricularia minor;
Peas sudetica ; Poa serotina ; J uncus balticus ; Potentilla ar-
gentea; Carex miscrostachya. Les descriptions qui font partie
de ce memoire sont en latin. C. M.
80. Flore des departemens mkridionaux de la France , et
principalement de celui de Tarn-et -Garonne ; ou descrip-
tion des plantes qui croissent naturcllement dans ce departe-
ment, et de celles qu'on cultive communement dans les jar-
dins, disposees suivant le systhne sexuel de Linnce; avec line
notice precise de chaque cspece , et quelques observations
raodernes ajoutoes aux caracteres botaniques qui les distin-
guent; a laquelle on a joint I'epoque de leur floraison, la
nature du terrain ou elles naissent , leurs verlus les nioins
equivoques en medecine , et leur utili'.-i; dans les arts; par
M. Baron , ancien ingenieur des colonies, etc. ; in 8". ; Mon-
tauban; Crosilhes.
81. Catalogue des plantes qui croissent dans la princi-
PAUTE DE Pyrmont, ct particullerenicnt des plantes inedici-
nales. {Arch, des Apoth. rer.;i. (i; 182?.; p. j'>5; ajipcndicc.
Ibid. n". 1 1 ; p- 3 26.)
Cette cnuMu'ration, qui ne i>arail pas devoir etrr coiiipleic,
Botnmque. ^5
ne presriite auciin fait iciiiarquablc sons le point de \ue de la
geograpliie botanique gen^rale; elle pourrait cependant ^tre
utile pour fixer les liinites de quelques plantes, et fournira des
materiaux au naturaliste qui voudra s'occuper specialement de
la geographic botanique de I'Europe. Ad. B.
82 Flora londinensis. {Phil. Mag.; juin iSaS; p. 462.)
Curtis avait public 72 nos. de celte florc, dans laquelle il se
proposait de (aire entrer toutes les plantes de la Grande-Breta-
gne. La continuation de cette belle entreprise est confiee a
M. le Di". Hooker, qui a deja I'ait paraitre 28 nos. de la nou\'elle
serie. On y trouve plusieurs plantes fort rarcs, dont quelques-
unes n'avaient pas encore ete observees en Angleterie, telles que
\es Primula scotica, Luzula arcuata , et /uncus arcUcus.
II en parait un no. par semaine.
M. Hooker public en ineme temps une nouvelle edition de la
i''^. scrie, dont Curtis elait I'auteur, et qui etait epuisee. H y a
fait les rhangcniens et les additions, que les progres de la scien-
ce ont rendus necessaires, surtout pour ce qui concei'ne I'analyse
de la corolle et du fruit , et il indique I'ordre auquel chaque
plante est rapportee dans la methode naturelle par Jussieu,
Brown et de Candolle. D-U.
83. Flora italiana. — Flore italienne ou collection des plantes
les plus belles qui sont cultivees dans les jardins d'ltalie, par
le Prof. A. Savi. Avec fig. col., prix 3o f.; fig. en noir, i5 f.
A Pise , chez Capurro.
8/|. FORSOG TIL EN DANSK. jECONOMISK PLANTEL«RE. EsSai
d'une flore economique du Danemarck, par J. W. Horne-
MANN. 3''. edit, augmentce; itr. vol. Copenh. 1821 , 80.
Ce volume renferme les plantes phancrogames. II en con-
tient au dela de 180 especes de plus que la seconde edition. Le
duclie de Lauenbourg ayant ete acquis par le roi de Danemarck ,
dans ces derniers temps, les plantes de ce pays font partie de
Touvrage de M. Hornemann, qui n'en a pas exclu cependant
les plantes de Norvege ; il a ineme insere les plantes que le Pr.
Chr. Smith a decouvertes en Norvege il y a quelques annees ,
anssl bien que celles qui I'ont ete au Greenland par le lieutenant
'^'ormskiold. II a paru la meme anneea Copenhhgue , le XXIX''.
cahier (le la Flora <lani''rt: jilanrlis 1G81 a i7'iO. C. M.
46 Eotaniqne.
85. Flora. Peruana. (En espagnol et en latin.) In-8. Madrid; 182a,
86. Delectds flor*: et faun^ brasiliensis , jussu et auspiciis
Franciscl I'., Austrine imperatoris, investigatas; auctore J. C.
MiRAN, M. D. Eotanlces in universitate Pragensi professore.
Vindobonse, suinptibus auctoris. Typis A. Strauss. 1822.
Fasc. II. Cliaque cahier comprend 5 feuil.; le if^'. 8 feuil. de
texte et 5 lithographies col.; in-fol. cart. Prix, 44th.
On ne trouve en botanique, dans ce second cahier, que la
description et la figure des trois plantes suivantes :
Vellozia Candida ; — Esterhnzia splendida; — Oxahs rus-
ciformis. N'avant pu voir cet ouvrage, nous ne pouvons donner
plus de details a son egard. Ad. B.
87. Pla?.'tarum brasiliensium nECAS tertia. Praeside Prof.
Thbnbfrg; respond. C. O. Holm. Upsal, 1821. in-4. c. tab.
Dans cette these du genre des Ainoenitates de Linne , M. Thun-
* berg^ di'crit entre autres une nouvelleespece de Xyris qu'il nom-
nie ciliata ; iin nouvcau genre Billbergia voisin du BroineUa ,
dont ilnoinme I'espece unique B. speciosa ; une nouvelle ts-
pece ^ Aviccnnia [elliptica) ; trois nouvelles cspcces de Bigno-
nia, sa-voir : clliptica, binata, et j'aimifio/des ; une espece de
Baccharis (^tomentosd); deux especes de Sperinacoce [ellipticatl
strigosn). CM.
88. Observationes in cynanchum, praeside C. P. Thunberg;
respond. Fr. Ad. Alner.; in-/i. Upsaliae, 1821.
M. Thunberg decrit dans cet opuscule 8 especes de Cynan-
ihiiin qu'il a trouvees a ('eylan, et deux qu'il a rapportees de
Java. II est probable que quelques-unes ont ete decrites par
Roxburgh. (K. V. A. Aorsberaettelser 1822.) Nous avons cru de-
voir indiquer avec detail I'objet de ces deux theses, parce que
les opuscules de ce genre parviennent rarement hors du pays
raeme de I'universite ou ils ont etc publics. C. M.
89. PUGILLUS PLANTARUM JAVANICARUM; aUCt. C. F. BlUME. cINfES
AB EsF.NBECK.(A'oc. act. Acud. Leop.Carol. Nat. cur. XI. p. 1 29.)
L'auteiir donne la description , dans cememoire, de plusieurs
crviitogames recueillies sur les hautes niontagnes de I'ile de JaA'a.
Ces montagnes, qui ]>ortent le noui de SciUih et de Gcdee, ont
environ 1000 toises d'elevation; parmi les fougeres , on trouve
beaucoup d'analogie entre les especes de cette ile et cellos des
lies de I'Alrique australe; les mousses ct les hepatiqucs, a I'excep-
Botaniquc. 4?
tion d'un petit nombre d'especes qui se retroiivent dans presque
tous les pnys, sont propres a cette ile; quant aux licliens, on
observe dans cette contree les raeraes especes que dans Ics autres
parlies du globe; c'est un fait qiii a deja ete remarque dans
beaucoup de pays, de latitude meine tres-differente.
Le nombre des especes decrites ou sim])lement indiquccs dans
ce incmoire, est de 28, parmilesquellcs on trouve les especes nou-
velics suivantes :
LycopocUuin inyrtijolium ; tab. XII, fig. i.
PolypocUum mollicomurn ; tab. XII, (ig. a.
Polypodium cucullatum ; lab. XII, fig. 3.
Trichomanes bilabiatum ( Trichomancs pyxidiferurn Hedw.
CI. non Swarti); tab. XIII, fig. 2.
Hyincnophyllum hiunile ; tab. XIII, fig. Z.
Hymenophylluin crispuin • tab. XIV, fig. i.
Gyi/irioitomiii/i ja\'aniciun ; tab. XIV , fig. 2.
Dicranum Bluinii; {ah.lLY , fig. 1.
Dicranum concolor ; tab. XVI, fig. 1.
Trichostoniuin exasperatum ; tab. XV, fig. 2.
Jungermannia aligera ; tab. XVI , fig. 2.
Jungcrmania Blum'd; lab. XVI, fig. '\.
Outre ces especes, dont I'auteur a donne d'excellentes figures,
on Irouve encore des descriptions tres-detaillees, egalement ac-
compagnees de figures de quelques especes deja decrites par
d'aufres. auteurs , rnals iniparfaitemont ; telles sont les Dn<.'alUa
fcnuginea,\^'A\A\ Davallia pcdata, Smith; Hymenophylluin pec-
tinntum , Swartz; Hymenophylliun dichotoniiun, Cavan ; Hyme-
nophyllitin emargiiiatiun , Swartz. An. B.
90. SUR LA FOB,MATION DE LA MATIERE DE PkIESTLEY Ct SOn Uti-
llte pour la production des plantes cryptogames; par A.-F.
WiEGiviANN. ( Arch, des Jpoth. J'er. , 1822, n°. 3>, p. i55. )
L'auteur cite quelques nouvelles experiences sur diversessortes
d'intusioits; celles forraees par de I'eau de source et des portions
de vegetaux lui ont fourni le Monns lens , et ensuite le Conferva
bullosa. En melant a celles- ci des niatieres animales, il s'y est
developpe le Cypris detecta ^ et ensuite diverses mousses, teUes
que le Biyum argenteurn ou Ic Gymnostorinuin truncatum.
Ces diverses observations sont presentes d'une nianiere si peu
detaillee et si peu precise, qu'il est difficile de determiner com-
ment Tauleiir concoit le deveioppemcntde ces divers etres. An. II.
/|(S Boianhiue.
91. Observations sur lks genres u'algu..s et he moisisslrf.s
qui croissenl sur les aniiuaux morts et restes sous I'eau ; par
C.-G. Carus. (iVoc. act. Acad. Cws. Leop. Carol. Nat. cur. XI ,
p. 493.)
L'auteur expose la maniere de se developper et la structui-e
d'une cryptogame qui convrail des salamandres mortes et aban-
donnees dans de I'eau; il indique cgalenient les variations qui
proviennent de I'lmmidite plus ou nioins grande dans la([uel!e
les vegetaux ont cru ; il compare cette cspece avec celies decrltes
par Schrank. (^ Denkschrift. der K. Acad. Miizumchen , 18 13,
p. 14); et par Gruilhuisen , ( iVoc. acta Acad. Coes. IS at. cur.,
t.X,p. 445-)
II pense que ces vegetaux forment un groups inlermediaire
entre les raucors et les conferves; il leur donne le noin de /lydro-
nerna. Une planclie tres-bien executee represente les diverses
formes et la structure de cette plante.
A la suite de ce memoire se trouvent jointes des observations
de M. AViegraann sur tout ce groupe de vegetaux cryptogames
auxquels il donne le nom general d' H/dronematece ; il dislribue
ainsi les genres qu'il place dans cette famille.
A. Tremello'idea.
Nostoch, Lyngb. — Sjncollesia. (Synapliia Nees, Bolt, Schw.
Conferva mucoroides, Agardh.)
B. Oscillantia.
Bacillaria , MuUer. — Oscillatoria , Vaucher. — Diutoma,
Lyngb.
C. Confen'o'idea.
Saprolegmia , Wiegm, ( Conferva ferax , Gruith. L. C. ) —
Achlya, Wiegm. [Hydroneina , Carus; — et Vauchcria aquatica,
Lyngb.) — Pjthium ( Mucor spinosus, et Mucor imperceptibi-
lis, Schrank. L. C. )
On trouve a la suite de ce meme memoire un extrait, avec
plusieurs observations , du travail de M. Bory-de-.St. -Vincent
sur les Arlhrodiees; il ajoute a ces genres, conime produisant
egalement des zoocarpes ou globules doues du mouvcmenl , les
genres Ectospcrma, Vauch. , et /Wc/iena, Lyngb., qu'il separe
et dans lesquels il rapporte avoir observe des seminulcs animces
comrac dans les vi'ais zoocarpes. An. B.
Botanique. ^9
92. LicHENES EXSiccATi, collecti atqiic descripti, auctoribus
L. Reichenba-ch et C.Schubert. Fasc. I. i rxd. Drcsda; 1822-
Giirtner.
93. Description de quelques ivouveaux lichens; par Elias
Fries. Seconde pnrtie. {Mem. Acad. Stockholin, 1822, p. 25i.)
Ce memolre, qui fait suite a uii autre memoire contenu dans
le volume precedent, renferme la description d'unnouveau genre
voisin des Lecidea, ainsi caracterise :
Tkachylia. Apothecia a thallo discreta, orbiculata, scabrosa.
Sporidia in ambitu nidulantia , nuda.
Ce genre renferme le Lecidea arthonioides , Acli. ; le Lecidea
citrinella, var. B. Acli. , ou Trachjlia flavo-virescens , Fries- le
Lecidea lignaria , Ach. ; et una espece nouvelle que Fries de-
crit sous le nom de TrachjUa saxicola.
L'auteur donne ensuite la description de plusieurs especes
nouvelles ou pea connues de Lecidea de Suede , et il etablit
quelques d i'erences dans le caractere de ce genre, qu'il fixe
ainsi :
Lecidea. Apothecia a lliallo discreta, orbiculata, polita. Spo-
ridia in strato proprio sub disco nidulantia.
Enfin il donne le nom de Biatora a un nouveau genre aui
reunit les caracteres essentiels des Parmelia au port des Lecidea
et Bceoiiifces. II le caracterise ainsi :
Biatora. Apothecia sessilia, mox aperta; lamina ascigera dis-
cum excipuli proprii ( discoloris) tegens.
Ce genre renferme un assez grand nombre d'especes dont la
plupart sont decrites parmi les Lecidea d'Acharius ; telles sont
les Lecidea fuliginosa ^ L. anomala, L. carneola, L. viridesce/is,
L. quernea, L. decolorans , L. parioela, L. rivulosa , L.Jusco-
lutca, L. rupestris, L. pined, L. veinalis , L. luteola, L. icma-
dophila^L. aurantiaca , eic. Ad. B.
94. Synopsis des lichens des environs de Nevf-Yokk ; par
Abraham IIalsey ( Annals of the Lyceum of Natiir. Hist, of
New-Yorh, vol. i, p. i, 1823.)
' Ce memoire consiste dans un catalogue des lichens de I'etat
de New-York avec les localitcs et des phrases tres-courtes des-
tinees seulement a en faciliter la distinction. Ces especes sont
au nombre de 174. La plupart sont deja decrites par Acharins,
et un grand nombre sont communes a TAmerique ct i\ I'Europe;
B. Tome L u
5o lh>ti(ni(iitr.
qiiclqucs-iines soiit nouvcllcs et out cle decrifes soil par I'au-
teur, soil par M. de Sclnveinilz, dont le inerite dans celle partie
lie la botaiiique est bien coniui de tous les botanistcs. Ces es-
peces nouvelles sonf li s snivantes :
Spiloma roteum , — Lecidea versicolor^ — Lecidea coccinea, —
Verrucaria composita , — Pyrenula enteroleuca , Sprengel Mss;
— Lecanora Julva , — Lecunora juglandina, — Lecanora
irregularis, — Cetraria I'iridis.
Les ciiiacteres de ces especes, quoicjue un peu plus delailles
que ceux des autres, sent encore assez abreges. An. B.
<)5. SuR DEUX PLANTZS RIMARQUAELIS HE LA FAMILLE DES HEPA-
TiQUhs txouvees dans la Caroline du nord; par L.-D. Schwei-
NiTZ. (Jour/2. Acad. Sc. Nat. Philadelphie , vol. ii, n". 12,
p. 36i.)
M. Schweinitz, dans iin premier essai sur les hepathiques de
TAmcrique septeclrionale , avail indique deux planles sous les
noms de Sphcerocarpus terrestris , et de Targionia orbicularis ;
la premiere de ces deux planles est bien la meme cspece decrile
sous ce noni par Micheli et retrouvue depuis daus plusieurs par-
ties de I'Enrope. II est rcmarquable de I'avoir egalement deron-
verte aux Etats-Unis; Fanteur en donne une excellcnte descrip-
tion et une ires-bonne figure. La seconde n'appartient pas au
genre Targionia, commeM. Scliweinilz Tavait d'abord presume,
mais elle lornie un genre bien distinct intermediaire entre les
Targionia el les Anthoceros ; il est ainsi caractcrise :
CARPOBOLUs.Capsula oblongosphajioidea, compressa, desilienti,
apicerimanotata (an deliiscenli?), sporisminutisglobosis repleta,
inter se liberis; calyce inajusculo , bifido, erecio aut inclinato ,
capsula ejectik, inani, persistenti.
CMrpnbolus orbicularis. ¥ron<\e oblongo-orbiculari, in ambitu
varie lubato-plicata; plicis omnibus in centrum convergeiilibus,
inarginibuselevatis, crenatis; substantia Antlioceri. Plurcs frondcs
confluunt, unnquaiu autem sese invicem super incumbunt.
Ce genre , tres-bien decrit et (igur*'" par M. Scliweinitz (fig. 2),
sc rapproche plus par ces caracteres des Anthoceros que des
Targionia J il ne differe des premiers que par sa capsule qui est
poussee hors du calyce avant sa deliiscence, el ainsi d($tachee de
la fronde, et parl'absence de columelle dans celle capsule. Quoi-
que M. Schweinitz n'ait pas vu si elle etait dohiscente, le sillon
Botnniqne. 5;
qui est marque a sa surface parait bien in.iiquer qu'elle s'ouvre
en deux valves coinme celle des Anlhoceros; les sporules ne sont
p;is entremeles de filameiis en spirales.
M. Schvi^einilz a egalemcnt retrouve dans la Caroline le Tar-
gionia hypophylla. A.D. B.
96. Recensio generum Babbul* et Syntrichi^ ; Auctore
C.-F. ScHuLTZ, avec 3 pi. col. ( ZVoc. Act. Acad. Cxs. Leap.
Car. Nat. Cur., lo, XI, part, i , p. 191. )
L'auleur donne le nora de Barbula au genre que la plupart
des bolaiiistes modernes avaient designe sous le nom TortuLa ;
il adopte en cela I'opiiiion de Bridel. II decrit et figure 35 especes
de Barbula et 4 especes de Syntricha. Quelques-unes d'eatre
elles sont nouvelles, toutes sont decrites avec beaucoup de detail
et paralssent distinguees avec soin. Les especes nouvelles sont:
Barbula fastigiata , — B. microcarpa, — B. kornschuchiann ,
— B. func/dana, — B. vahliana, — B. dkhsoniana ( tortuia
cuneifolia Hook ).
Les quatre premieres habifent les raontagnes de I'AIlemagne ;
roriglue de la ciiiquieme est inconnue.
Les figures paraissent dessinees avec exactitude, et ce travail
seratres-utileen facilltant la determination des especes d'un des
genres les plus difficiles. ^g j5
97. Deutsche Graser , ou Gramines dessccliees de I'AIlemagne
a I'usage des botanistes et des economes ; par le D^ Auguste
Werhe. Lenjgo; 7^'. et 8''. fasc. 1822.
Get ouvrage est compose d'echantillons desseches de grami-
neesetde cyperacees, etestdestine a faciliter aux agriculteurs la
determination de ces plantes si utiles. Ad. B.
98. Allii species, quotquot in horto botanico Vratisla-
viENsi coluntur recensuit, rarioresobservationibusillustravit,
novas quasdam descripsit L. C. Treviranus. 4°. Vrastilaviae •
1822.
Monographie de 29 ispeces du genre Jlliuin. L'auleur ne de-
crit que celles qu'il a eu occasion d'observer. ( Journ. gen. de la
lift. etrang.,\m\\et 1823, p. 194.)
99. SuR i.Es etamines des convolvulus.
M. Rafinesque cfablit dans son travail sur les plantes de cette
lamille, que tons les vrals Conmlvutus ont les etamines ineijales.
52 Botanique.
Le redacteur du lapport de I'Acad. des sciences de Stockholm ,
en 1822 , sur la partie dc la botaiiique , dit que les deux cspeces
de Corii'olvuius qui se trouvent en Suede , le C. orvensis et
le C. sepiuin ont les etamines cgales; mais qu'elles sont ine-
gales dans les esptces etrangeres, telles que le C. purpureus ct le
C. tricolor. Cfll.
100. SuR LES GENRES CaI.YCANTHUS , MeRATIA, ET SUR LE PuNICA
ET LEUR PLACE DANS LA METHODE NATl RELLE ; par Fr. NeES
VON EsENBECK.. ( iVoc. act. Acad. Leap. Carol. Nat. Curios- ,
vol. XI , p. io5. )
II rc'sulterait des observations de M. Nees d'Escnbetk, que les
deux genres Calycanthus et Meratia [Chiiuonanthus Lindl.), d'a-
bord places par M. de Jussieu , a la fin des rosacees , rappro-
ches ensuitc par le meme auteur des nionimiees , devrait vei'.ir
dc nouvenu se ranger dans une section des rosacees a laquelle
M. Nees donne le noni de Calycocarpce , et qui renfermei'ait ces
deux genres, le genre Rose et les pomacees. Enfin II associe a
ces memes genres le Grenadier ( Punicn, L. ), rapporte jusqu'a
present aux myrtinees. Tout en reconnaissant qu'il existc plu-
sieurs differences essentlelles entre ce genre et les vrais niyrtes,
il parait cependant difficile d'admettre Ic rapprochement clabli
par M. Nees. Ce botaniste regarde le fruit du grenadier coiunie un
fruit compose de plusieurs ovaires reunis dans un meme calice ,
et qui se rapproche en cela de celui des roses; mais le nombre
de graines contenues dans chacun de sts ovaires etablit une
graude difft-rence entre ces deux genres.
La structure de la fleur du Calycanthus et celle de sa graine
paraissent aussi des obstacles a son association aux vrais rosacees.
Ueux planches accompagnent ce JMemoire et representent
I'analyse du genre IMeratia et du fruit du grenadier, et la ger-
mination de ces deux jilantes.
1 01. Sur l'Adraoanthe , par Sierer, ( Mag. rlerPhanii.y mars
182'i, p. SaS.)
M. Sieber assure que I'Dpinion generalement admise, d'apres
I'aulorite de Tournrfort, que la gomme adraganthe dccoule de
VJstragaiiis creticns, est fausse ; cetfc substance se recueille non
pas dans I'ile de Crete, mais dans I'Asie mineure, au niont Ida.
LVspcce qui la produit et qui parait diffcrcnte, tant de W4str.
Botanique. 53
credcus que de XAstr. guiwnifer, ciolt sur celte montagne a
400 ou 5oo toises d'elevation.
Toute la goraine adi-agantlie qui se vend en Crete , vlent elle-
meme de Sniyrne. Ad. Ab.
102. Memoire sur quelques genres nouveaux de la famille
DES Buttneriagees ; par M. Decandolle. ( Mem. du Mus.
d'hist. natiir. , 5^. annee. )
Depuis la publication du Genera plantarutn de M. de Jiissieu,
plusieurs families de la iS^. classe ont ete soiiniises a un nouvel
examen par divers botanistes. Guides par les indications de I'il-
lustre auteiir des families naturelles, ils ont rapproche celles
qui, malgre leur analogic , se trouvaient encore eloignees, el
les ont reunies, au moyen dc nouveaux groupes dont les rap-
ports etaieut effectivement intermediaires entre les unes et les
autres. C'est ainsi que Ventenat forma la famille des Sterculia-
cecs avec la i^^. section des Tiliacees du Genera plantarutn , et
quelqu€s genres des dernieres sections des Malvacees , famille
adoptee par M. de Jussieu, sous le nouveau nom d.'Herman-
niees. Les travaux de M. R. Brown, et surtout ceux plus recens
de M. C. Kunth ont acheve de determiner et les caracteres et
les limites de ces groupes. Entre les Malvacees et les Tiliacees
existe done la famille des Buttneriacees que M. Kunth a cora-
posee des Buttneriacees, proprement dites , des Sterculiacees de
Ventenat et des Lasiopetalees de Gay. Selon la remarque dc
M. R. Brown , I'estivation valvaire du calice et I'estivation spi-
I'ale ou imbriquee de la corolle, ctant commune a ces trois fa-
milies, on pourrait considerer leur ensemble comme une asso-
ciation generale formant une classe particuliere ou bien une
grande famille (de meme que celles des Composees, des Legumi-
neuses , etc. ), dont alors chacune de nos trois families ne serait
qu'une tribu. M. Decandolle, dans le Memoire que nousanaiysons
ici, rcmet a un autre moment cetle discussion de classification,
ayant sealementpour but de presenter la description dequelques
genres qui appartiennent a cette vaste association , et de faire re-
marquer quelques faits qui tendent a modifier les idees genera-
ment admises et la distribution de ces genres.
Dans la classe proposee par M. R. Brown, il conviendriit,
selon M. Decandolle, de faire entrer la famille des Elaeocarpees
qui a une estivation pareille a celle des Tiliacees. Le genre Hu-
gonia , en raison de son calice inibrique, n'apparticnt pas au
')4 Botanique.
j;roupe dont il vient d'etre question; M. DecandoJle \e croil
■iiteriiiediaire entre les Lintes et les IVJalvacees. Par uii sem-
bhible caractere , les genres Gordonia , Stetvartia et Main-
choilendron , s'en eloignent aussi ; peut - etre les reunira-t-on
aux Tenistromiacees , et le Veiitvnaiia et le Laplacea viendront
se placer pres d'cux. Le calice des Boinbacees troiiqui', ou re-
gulicrement lobe, ou dehiscent, niais qui n'a pas ses pieces eu
estivation valvaire, seinble devoir les detacher des Malvacees ;
et ce qui coufirnie M. Decandolle dans cette opinion, c'est I'or-
ganisation de la graine des genres Ochioma et Clieirosternutn
places parini les Bombacees, organisation bien differente de celle
des vraies Malvacees.
Passant a I'cxanien special de la famille des Buttneriacees,rau-
teur rappelle le beau travail de M. Runth , dont il adopte les di-
visions. Independamment des trois groupes quenousavonsmen-
tionnespiushaut , ot qui nesontque des tribus pour M. Kunth,
celni-ci en avait constitue une autre sous le nom de Dombeja-
cees. C'est dans cette tribu que vicnnent se ranger les quatre
genres qui font le sujet principal du Menioire de M. Decan-
dolle. Nous donnerons un extraitde leurs caracteres, en parlant
de chacuiie des sous-divisions que M.Decandplle propose d'eta-
blir dans les Dombeyacees. Nous ne suivons pas en cela I'ordre
du Memoire ou les descriptions fort etendues sont renvoyees a
la lin ; mais dans une analyse succincte , devant nous borner a
donner u-e idee precise de ces getires , nous pensons qu'il vaut
niieux presenter sous le meme coup d'oeil leurs affinites et la
structure propre.
M. Decandolle partage les Dombeyacees en trois sous-divisions,
savoir : les Relicterees , les Dombcjces , et les fValUcldce.s.
Le caractere de la i'''^. estd'avoir les cotyledons roules en spi-
rale aulour de la plumule ou de son prolongement. Elle se com-
pose des genres Hellclcres , Jyenia et Kleinhovia. Dans les
Dombcyees, M. Decandolle place les genres Pterospermum ,
Pentapetes , Astrapcca , Trocheda , Melhania, Dombeja , Js-
iOfiia , Ruiziti , et peut-etre Kjdia et Gluta. Leurs cotyledons
plus ou nioins chiffonn(5s , comme ceux des Malvacees, ne sont
pas conlournes en spirale.
l^e 'Vioclietia est nn genre cntieremenl nouveau , dedie au
lavant physiologistc M. Dutrochet , et compose dc deux arbris-
scaux originaires de I'ile de Bourbon. Son caractere difftreni lei
Botntiique. 55
<"st d'avoir un calice nu et des graines ailees. Voici le car.ictere
classiqiie :
Calix 5-partitus, patens, muliis. Petala 5. Stamina lo-aS,
filamentis basi in urceolum monadelphis , 5-7 stenlibiis. Ova-
rium I, subrotundum, lepidotum. Stylus ifiliformis. Capsula 5-
locidaris, 5-i'alvis. Semina parva, snbrotunda , aptera.
Deux especes de Troclietla sont decrites et flgurees dans le me-
moire de M. deCandolle. La premiere, sous le nom de T. uni-
Jlorri , t. 3 , est ainsi caracterisee :
T.foUis ovatis, subacutis^latiladine duplo longioribus; prdiin-
cuiis unijloris , nudis.
Nous avons vu cette espece , dont M. de Candolle a rrcu uu
echanlillon de M. Benj. Delessert. Elle a servi de type au genre ;
et, ce qui doit confirrner la validito de celui-ci, c'est que, d'un
autre eote, et a I'insu de M. de Candolle, M. Ach. Richard en
avail aussi constitue un genre particulier, qu'il dediait a M. Ne-
raud , voyageur qui avait rapporte cette plante de I'ile de Bour-
bon. La deuxieme espece, Trochetia triflora^ a pour caractcies :
T. foliis ovato-lanceulalis , acuminatis, latitudine quadruplb
longioribus ; pedunculis trifioris ; pedicelUs unijloris ex apice j/e-
dunculis ortis, umbellalis , adhasiin umhellie bibraclealis.
Le Pterospemium , qui appartieiit aussi a la sous-division des
Dombeyees,ne renferinait que a especes, P. ar.crifolium et P.
suberifolium. M. deCandolle, en y ajoutant les a nouvelles es-
peces que Roxburgh a nommees, sans description, dans le cata-
logue du jardin de Calcutta, donne ainsi une monographic abre-
gee du genre. II le divise en deux sections : I'une, qu'il nomme
Velaga, caracterisee par I'absence de I'involucre, contient 3 es-
peces , i". P. acerijolium , Willd., ou Pi'ntcipetes acerifolia , L., ou
enfin Velaga xylocarpa , Gasrtn.; a". P. suberifolium, Willd.
ou Pentapetes suberifolia , L. ; 3". P. Lancea;folium, Roxb.,
dont voici la phrase caracteristique :
P. foliis ovali-oblongis , acuminatis , integerrimis ; pedicelUs
petiolo multb longioribus.
La a^. section, nommee PlcroUvna , caracterisee par son in-
volucre a trois folioles tres-grandes, cordiformes et frangees, ne
renferme qu'une seule espece, Pterospermum semi-sagittatum
Roxb., ainsi caracterisee :
P. foliis oblon^is, acuminatis, integris, basi c<>rdato-fa^i/tii/is.
lobulis incEqualibus.
56 Botanique.
Cette belle espcce, criginaire, ;iinsique la pr^cedente, de I'lnde
oiientale, est figuree, pi. 9 , avec quelques details anatomlqiies.
Les Wallichiees, 3^. sous-division des Dombeyacees , foinient
Tin groupe entierement neuf. Quoique leurs fruits soient encore
inconnns, la structure de Ictirs fleurs offre des differences suffi-
santes pour les dislingiier des sous-divisions precedentes. Les
sepales sont munis a leur base interne de 2 taclies glanduleuses.
Les etamines sont monadelphes a la maniere des Malvacees , et
non des Buttneriacees, c'est-a-dire qu'elles sont nombreuses et
soudees ensemble par aiineaux en una longue colonne; mais elles
ont ceci de remarquable que les anneaux extcrieurs sont les plus
courts. Les 'WaHichiees ont en outre un involucre semblable a
celui Aw Ptcrospermiim serni-sagiltatiini , mentionne plus haut,
involucre que M. de Candolle regarde comme analogue par sa
nature au calice externe des Malvacees, ce qui le porte a conside-
rer celui-ci comme un involucre uniflore. Les 2 genres qui for-
raent la sous-tribu des Wallichiees, confirment, par leur port, la
liaison des Malvacees avec lesTiliacees. Le i ''•■., sous le nom d'£-
riolcena , a pour caractere :
Eriol^na. Involucrum ^phyllum ,foliolis tomentosis lacinia-
tis, %-interioribus maJoribus,i exterioribus minorihus accesso-
riis. Calrcis sepnlii 5 basi coalita, clongata acuminata, utnnque
tornejitosa,itnus basi biglandulosa. Petala 5 ungnirulata^calyce
hreviora. Stamina aS in columnam a basi ad aphcm antherije-
ram monadelpha. Ovarium subglobosum, jilurilocularc. Stylus
I cylindricus. Stigmata plurima parva in capite unit adgregata.
Une seule espece, £,. JP'allichii, De Cand., cultivee a Calcutta,
constitue ce genre. Elle est figuree pi. 5.
En fin le genre JFallichia, dedie au zele directeur du Jardin
botanique de Calcutta, est aInsL caracterise :
Walmchia. Im'olucrum unijiorum , Z-'^-phyllum , pannim a
Jlore distans,foliolis intcgcrrimis. Calyx /^-partitas, lobisoblon-
"o-linearibus, cxtits tomentosis, intiis basi biglandulosis. Petala
/, patenti-rc/lexa , ungnihus crassis velutinis. Stamina circiter 20
in tubum conicum longi- monadelpha,antheris a. medio ad aptccm
tubi. Ovarium Ovatum, %-loculare. Stylus i. Stigmata 8. Capsula ?
loculis i-spermis.
M. de Candolle donne le noni de JFallichia spectabilis is la
seule espece connue , et qui est criginaire du Napaul , oii elle a
,'le decouverle par M. AVallich. Kile est figuree, pi. 6, avec les
details dc son organisation florale. J. A. Guillemin.
Botanique. Sy
io3. Premier Mi^moire sur le Gynobase; par M. Auguste uk
St.-HilaIre. [Mem. du Museum, torn. X, p. 129.)
Ce Memoire est destine a faire partie de I'ouvrage que M. Aug.
de St-Hiliiix'e se propose de publicr sous le titre (iiHistoire ties
plantes les plus remarquables du Brcs'd et du Paraguay. L'au-
teur prouve tout a la fois par le raisonnement et par I'obser-
vation que le Gynobase n'est autre chose qu'un axe central
deprime ; il confirme la presence de cette modification d'organe
dans la famille des Ochnacees ; mais il demontre en meme temps
qu'elle n'existe pas dans les AV/2rtro«/^d?Vi', 011 on I'avait indiquee ,
etilfait voir que ccs plantes n'offrent qu'un Gynophore surmonte
de plusieurs ovaires munis cliacun d'lin style. Ces reclierclies le
conduisent a examiner ce qu'on a appele Podogyne, Torus , Ba-
slgyne , etc., et il prouve que ces diverses expressions, a peu
pres synonymes du mot gynophore , n'indiquent autre chose
qu'une dilatation du receptacle de la fleur. Les Scinaroubees ,
comine I'auteur le demontre , se nuancent tellement avec les Ru-
tacecs , qu'on ne pent voir en elles qu'une simple tribu de cette
famille. M. Aug. dc St.-Hilaire examine les divisions qu'on a
cherche a introduirc pax'mi les Rutacees, et il n'en trouve de
naturelles que celles de Rutacees proprement dites et de Cus-
pariees. II examine surtout avec attention les plantes de cette
derniere tribu, et il en fait connaitre les cax-actcres avec detail.
Laissant les Ochnactes , les Simaroubces et les Rutacees , il re-
trouve le Gynobase dans quelqucs plantes eparses de la famille
des Malpighiees , de celles des Malvacecs el Acs, Sapindacees ,
et il en conclut que si cette modilication d'organe a quelque im-
portance, c'est uniquement dans la famille des Ochnacees oii elle
est constante; mais qu'elle ne pent servir a former une des divi-
sions presumees de la i3'^. classe de Jussieu. Cette dissertation sera
suivie de la description d'uuetrentaine d'especes nouveiles de la
Flore du Bresil, ct de 11 planches oil I'auteur donnera leurs fi-
gures et I'analyse de Icurs fleurs.
104. Description des principaox genres nouveaux et des es-
pi-'ces nouveiles de la Flore du Bresil , cites dans le memoire
sur le Gynobase; par M. Auo. dE Si.-IIilaire. (//«//. 5of.
P/iilom., sei>t. i823,p. 129.)
Dans ce memoire important , M. dc St.-Hilaire a public plu-
sieurs especes des genres Siinabn, Aubl., Kuntli; — Evodia,
5cS Botaniijue.
Foist., Kuiith; — Pilocarpus, Vahl.; — Galipea , Aubl. , an-
quel il rt'unit le genre Bonplandia, W'lWd., on Cuspnna, Hurnb.
el les genres Conchocnr/)us , Mikau , el Obentonia, Vel. ; — Ti-
corea , Aubl.; — Gaiidic/inuxia , Runtli ; — Schinidclui , Kunlli.
11 a apporte plusieuis modifications aux caracteres donnes jiis-
qu'a ce jour a ces divers genres.
II a fait connaltre de plus 3 genres entierement nouvcaux sous
les noms d\4lmeida, de Spiranthera et de Lnmarea. Tous ces
genres appartiennent a la famillc des Rutacces, et sonl decrlts
de la nianicre la plus complete.
On trouve aussi dans ce mi'moire la description d'une nou-
velle espece de Gornphia, et d'une autre appartenant au genre
Xanthoxylinn. Ad. B.
ioS.Fkaxinkll^plantarum familianaturalis definita el secundum
genera disposita , etc.; auctoribus Nees ab Esenbeck, et C.
P. Martius. [Nova acta Jcad. Ca-s. Leopold. Car. ISat. Cu-
rios., vol. II^,p. 146 — 191.)
Ce memoire est un des premiers resultats du beau voyage que
MM. Spix et Martius ont fait dans le nord du Bresil, voyage dont
la rapidite ctonne I'imagination, lorsnieme que Ton saitcombicn
la munificence deS. M.leroide Baviere etlagenereuse protection
dugouvcrnementportugais,en avaient aplani les difficultcs. De re-
tour en Europe, M. Martius s'est associe dans ses travaux le respec-
table Nees von Esenbeck, et il ne pouvait assurcment choisir un
collaboraleur plus distingue. Dans I'ouvrage que nous annoncons
aujourd'lmi, ces savans exposent, sous le nom de Fraxinellce et
/)/o,?;/2«? la serie des genres que Jussieu,Desfontaines, deCandolle,
Piichard, etc. comprennenl sous la denomination de /?«frt«w;
et aux plantes dcja connues de cette famlile , ils ajoutent la des-
cription d'un nombre considerable d'especes que M. le prince de
de Aeuwied et BI. Martius ont recueiliies en Amerique. Peut-
etre regrettera-t-on que MM. Nees et Martius, n'aient pas cu
connaissance des ecrits que MM. de CandoIle,Kuntli et Auguste
deSaint-Hilaire ont publics recemment sur la famille des Ruta-
cresj mais on sent (ju'll est impossible qu'il n'arrive pas sonvent
que des naturalistes, vivant cloignes les nns desautres, s'exer-
cent a la fois sur le meme sujet ; les veritcs qu'ils proclament
ensemble, sans s'etre entendus, acquierent par-la plus de force;
et si les mtmes objcts rc^:oivcnt diffcrens noms, il n'en resulle
Botaiiique. 5f)
fju'un faible inconvenient, lorsque des descriptions parfalteiiunt
dciiiillees, comuie celles de MM. Nees et Maitius, permetteiit
(i'otablir sans peine utie synonymie exacte. Ainsi tout le raonde
leconnailra facilement qu'a I'exeeption des genres Pilora?pus
et Almeidea [Aritba, N. et M. non Aubl.), tous ceus que nos
auteurs indiquent sous le nom de Fraxinellce appartiennent a
cette tribu fort naturelle des Rutacees , queM. de Candolle a ap-
pelee Cuspariees. Comp:irant le travail de MM. Nees et Martius
avec celui de M. Rnnlli , on jugera sur-le-champ que le genre
Pohlana [Langsdorffin , Leand.) doit etre reuni aux Xantho-
xyluin. Leurs interessantes observations permettront aussi de
rapporter , sans hesiter un instant, leur Terpnanthus an Spiran-
thera , ■'^"g- de St.-Hil. ; leurs genres Mania , et Lasiostemum
et le Conchocarpus de Mikan a I'r.ncien genre Galipca d'Aubicl;
enfin leur Aritba a V Almeidea d'Aug. de St.-Hil., et non a VA-
ruha d';VubIet qui, comme on sait, a etc reconnu depuis lf)ng-
teinps par Jussieu et Richard pere , pour un double emploi tiu
Siinaba. Une premiere lecture des descriptions si claires de
MM. Nees el Martius suffira encore pour convaincre qae leur
Sciuris n'appartient point au Sciuris , Schreb. (^Raputia et Ga-
lipea, Aub.), mais au genre Ticorea , Aub. , de Cand. , Runth,
Rich.; ([ue leur Pilocarpus parviflor a est le Pilocarpus spicata,
Aug. de St.-Hil. ; que leur Sciuris uiultijlorn estle Ticorea jas-
ininijlora, Aug. de St-Hll. ; et leur Rauia racemosa,]e Gallpea
Fontanesiana du meme auteur. Au resle, si quelques especes
indiquees par ces messieurs comme nouvelles, etaient deja de-
crites, un nombre bien plus considerable se trouve tout-a-fait
inconnu aux botanistes. Ainsi nos savans auteurs enrichissent
la famille des Rutacces de deux Ticorea, sous le nom de Sciu-
ris hracteata et simplicifolia ; de trois Galipea , sous ceux de
Conchocarpus cuncifolius, Rauia resinosa tt Lasiostemum sjl-
i'cstre ; de trois Almeidea, sous les noms A'Aruba ccerulea, alba ,
acuminata. Enfin on doit aussi a MM. Nees et Martius deux genres
reellement nouveaux, le DIglotis et surtout V Echrjthrochiton ,
qui presente, dans la tribu des Cuspariees, des caracteres extre-
mcment remarquables. A. F. C. P.
106. .SuR leCardamine PARviFLORA I) fc LiNNE; par F. A. Wran-
GEL. ( Mem. Acad. R.de Stockh. 1822, p. 273.}
(Idle plante, dccotiverte enSiberlepar S. G. Gmelin en i7'io,
6o Botanique.
a cte trouvee vers le m^me temps en Suede, pres de Nykoping,
et depuis en plusieurs parties de I'Europe ; elle a ele confon-
due tantot avec le Cardamine impatiens , tantot avec le C. hir-
mta , quelquefois meme avec une varlete a feuilles etroites du C.
pratensis. L'auteur de ce meraoire a cru necessaire de donner une
nouvelle description du vrai C. parvi/lora de Linne , ct de bien
determiner ce qui le distingue de ses congeneres. II ajoute que
cette plante lui parait meriter d'etre cultivee dans les jardins
comme le cresson alenois [lepidium satcvitm), dont elle a le gouf.
Dans le memoire qui suit immediatement celui-la, M. "VN ahlen-
berg, dont on connnit les beaux travaux de geographic botani-
que, examine quelle a dii elre sur la plante dont il s'agit, I'in-
fluence des dilfcrens climats et des dlfferentes positions ou elle
a ete trouvee, et il contlut en disant que le C. parvijlara des
pays du Nord lui parait etre I'espece primitive , el que celle des
pays meridionaux pent elre regardee comme une variete resul-
tant des causes locales. t. M.
107. Remarques sua les Jusquiames cultivees dans les jar-
dins ( Hyosciamus niger ); par M. Rieken, pliarmacien a
Wittmund. {Arch, des Jpoth. >^er. n. 5, 1822, p. 57. )
L'auteur de cette note a observe que cette plante, lorsqu'ou
la cullive, ne fournit presque pas d'exlrait propre a etre em-
jjloye en medecine et que cet extrait lui-meme est doue de
propricfes beaucoup moins cnergiques que celui retire de la
plante sauvage. -'^"' ■"•
108. Sur la menthe poivree; par le profes. Nees. [Arch, des
Jpoth. vtr. 1822, n. 5, p. 11 3.)
M. Nees a observe que la menthe poivree perdait beaucoup de
son gout particulier, lorsqu'elle croissait long-temps dans le
meme lieu, et prenait cclui du Mentha viridis, quoique cette au-
tre espece ne criit pas dans les environs. An. B.
109. Flora medica. Flore medlcale ou analogue alphabetique
raisonne des plantes medicinales, cahiers 73*^^., 74"- e^ T^"-? ^^
i6p. in-8.,avec 4 grav. Prix , 1 lire le cahier.Milan; Destefanls.
110. ESSAI n'lJNE CLASSIFICATION GEOPONIQCE DES VIGNES, pour
servir a la description de toutes les varieles connues tant en
Italic qu'ailleurs. ( Bddiot. i7«/., juin i823, p. 344- )
L'auteur anonyme de cet essai y donne deux tableaux synop-
Botanique. 6i
tiques de sa classification et des caracteics sur lesquels ses des-
criptions sont fondees. On trouve a la page 365 un exemple de
sa maniere de decrire les vignes. II I'applique a la varicte qu'on
nomine en Toscane marzernina , et dans d'autres parties de
ritalie, berzami ^ barzmin, balsamina ct marzabino. V.. M.
III. Sur UN VOYAGE FAIT A Saint-Domingue de i8ig a 1821;
par un un botaniste autrichien. ( Archiv.fur Geschlchte ., etc.
Vienne iSa'S , n. 71. )
M. de Schreibers , directeur du cabinet d'hist. nat. de I'em-
pereur d'Autriclie, profita d'une expedition comraerciale I'aite
de Trieste sur un navire anglais, pour envoyer a Saint-Domin-
gue Charles Ritter, qui parait etre une des personnes attachees
aux jardins de la cour de Vienne. Le but de ce voyage etait de
recueillir pour les collections imperiales des plantes vivantes et
des objets d'histoire naturelle; mais la relation offre aussi des
details sur la cour de Christoplie, sur sa chute qui arrlva pen-
dant le sejour de ce voyageur, et en general sur les moeurs des lia-
bitans actuels de Saint-Domingue.
Ce voyageur repartitpour I'Europe le ic. mars 1821, rappor-
tant 140 plantes vivantes et autant d'especes de graines, 5o ani-
mauxvivans, dont 10 moururent en route, et 16 caisses d'objets
d'hist. nat. Le navire rentraa Trieste apies 84 jours de navigation.
Cet article se termine par I'enumeration des vegetaux et des ani-
maux. L'auteur indique, comme nouvelle, une espece d'E/jtkrina,
une d'Urena, une de Cliisia , une de Dif>sonia , une A^Icica , une
de Maranta , un Cnladium qu'il i\omme feueitratinii. Entre les
reptiles au nombre de 60, il cite comme nouveaux ceux que M. Fi-
tzinger a nommes Coluber porosus ; C. riifofuscus , C. menalo-
gramus , C. longicauda , Jgainu Schreibersii. C. M.
112. M. David Douglas, botaniste distlngut;, vient d'etre
envoye aux Etats-Unis et au Canada ; par la Societe de Londres
nommee London liorllciiltural society. Ce voyageur doit y faire
une collection de plantes rares et de fruits.
II 3. Notice sur l'etat actuel de la partie botanique de i.a
GRANDE EDITION du Voyage de MM. de Humboldt et 15on-
PLAND aux regions equinoxiales du Nouveau Continent, doiit
la collection entiere ou en parties dclachees sc trquve a la )i-
brairie de MM. Dufour et d'()cagac,a Paris, qu;u Voltaire, n. i 3.
Cj? Botanique.
Tcttc division se subJivise en qiiatre parties; savoir : i*^.
IMantes equinoxiales , recueiilies au Mexique, dans I'ile de
Cuba, dans les provinces de Caracas, Cuniana et de Barcc -
Ione,aux Andes de la ^ouvelle-Grenade, de Quito et du
Pcrou, de I'Orenoque et de la riviere des Amazones; ou-
vrage redigo par A. BoNPiAif u. 2 vol. in-fol. orncs de i43 ph
grav., papier gr. jesus velin , ouvrage complet. Prix, 5^0 fr.
Les plantes equinoxiales sont composecs de 7 livr. , a raison
de 32 fr. la livr.
2°. MoNOGRAPHiE DES MELASTOMEs et autrcs gcurcs du meme
nrdre , recueillis et diriges par A. Bonplaku, 2 vol. in-l'ol.,
complets, siir pnp. gr. jesus velin, ornes de 120 pi. inipr. en
couleurs. Prix, 864 fr. i vol. contient la partic des Melas-
loincs en 12 livr. et 60 pi. en couleurs. L'autre vol. contient
les Pihexia en 12 livr. et 60 pi. color. Le prix de ch;ique liv.
est de 3G fr. pour les pcrsonnes qui dpsirent se completer.
3°. Nova Cenera et Specifs Plantaeum, quas in peregrina-
lione ad plagam aequinoclialem orbis novi collegerunt, des-
cripserunt, partim adumbraverunt A. Bonpland et Alex, de
Htjmboldt, e si hetlis aulogniphis Amati Bonplandi in ordi-
nem digessit C. S. Kunth. II en a paru 5 vol. ( 23 liv.) in»-fol.,
papier- gr. jesus velin, avec l\ii pi. en noir, pour faire suite
aux plantes equinoxiales. Prix , 2240 fr. Les niemes 5 vol.
av. fjg. color., pour faire suite aux mdastomes. Pi'ix, 4020 fr.
Les 24^. et 25". liv. qui font partie du toni. VP". et dernier
sont publiees. Cliaque liv., fig. noires , 100 fr. et en couleurs
180 fr. L'exemplaire sur papier gr. colombier A'elin, fig. col.
avec le plus grand soin , les 25 liv. 444o. Les livraisons 2G,
27, 28 et dcrniere paraitront incessamment.
4°. MiMOSES etaulres plantes legumineuses du Nouveau Conti-
nent, redigees par C. S. Kunth, 1 toI. in-fol., fig. color. II
en a paru les liv. 1 a 11 , a 48 fr. la livr. Prix, 528 fr. Les
12^., i3". , i4''. et dcrniere liv. sous presse pour paraiire in-
cessamment. Les nieuies sur papier gr. colombier velin , fig
color, avec grand soin. G60 fr.
N. B. La partiebolanique in-fol. n'existe que sur paj). velin.
Prix total d'un cxemplaire de ce qui a paru jusqu'a ce jour :
Papier fin. 5oG3 fr. Papier velin. 8018.
y.oolngir. 6"»
1 14- La Societe d'agriculture ile Wurlomherg , dans le n°. de
son journal d'avril dernier, invite tons les botanistes du royaume
a lui transmettre un catalogue des plantes de leurs environs ,
avec une indication des sites oix elles croissent, de leurs noms
vnlgaires, et de I'epoque de leur floraison. La Societe est occu-
pee a composer un Herbarium ou Flore de Wurtemberg , et
elio possede deja i/joo especes. Ro.
ZOOLOGIE.
1 1 5. Annales i>es sciences naturelles; publiees par line So-
ciete de naturalistes. [Prospectus.) Un n". le i«^'. de chaque
mois , a dater de Janvier 1824 Chaque no. de 7 f. in-8. 4 n°^
formant i vol., terroine par une table, avec un atlas de 5o
pi. au moins par an. Prix par an, pour Paris, 36 fr.; pour
les depart., fr. de port, 40 fr. ; pour I'etranger, 44 fr. A
Paris, chez Bechet jeune.
Un recueil periodique pour les sciences naturelles, et la geo-
logic manquait en France ; et en general il en existe compara-
tivement peu en Europe. Nous avons, a la verite, les Meinoires
(la Museum d'histoire naturelle , mais son format qui en eleve
le prix , son caraclcre particulier qui doit etre de recueillir les
nicinoires des professeurs de cet etablissement, et surlout le peu
de regularite dans la publication des caliiers rendaient neces-
saire un recueil moins cher et qui parut chaque mois , afin de
rcuiiir les travaux liabituels des naturalistes francais. Ce que
nous disons des memoires du Museum, s'applique a ceux
tie la Societe d'histoire naturelle de Paris, qui auraient pu , a
ce qu'il nous senible , remplir le but des Annales que nous an-
noncons, s'iis enssent ete publics par cahlers mensuels.
Les auteurs des Annales ont pris pour modele et pour guide,
les Annales de chiinie et de physique , de MM. Gay Lussac et
Arago, tant pour le caractere et le format , que pour la distri-
bution des matieres. Des planches, format in-4., au nombrc
d'au moins 5o par an , composent un atlas scpare du texte.
Les Annales des sciences naturelles comprondront la Phy-
siolngie generale ^ Y Anatomic cotnparee des deux regnos, la
Zoologie, la Botanique, la Mincrnlogie et la CrnlogieT^
64 Zoologie.
Les caliiers mensuels seront distribues d'une maniei'e detcr-
miiiee. lis rcnfermeront 7 fcuilles , dont les 6 premieres seront
toujours consacrecs a des inemoires considerables, le plus sou-
vent nouveaux, et quelquefois traduils des recueiis acadeniiques
etrangers , si leur importance parait I'exiger.
La derniere feuille des Annales sera consacree a I'anaylse im-
partiale et raisonnee des productions scientifiques les i)lus im-
portanles de la France et de I'etranger.
La nouvelle theorie de la generation que MM. Prevost et
Dumas viennent de soumettre au jugement de I'Academie des
sciences, sera comprise dans les i«'*. vol. de la serie.
116. Zoological illustrations, etc.; par "W. Swainson ; n"^ 36
et 37. (Voy. les Bulletins de i823.)
Ces deux nouvelles livraisons ne le cedent point aux prece-
dentes; le n". 36 offre i". unc belle yariete, mais doulcuse , du
GalUnula rufcollir. de Latb., envoyee du Bresil par M. de Langs-
dorf. 20. Ampidlaria leucostoma, qui n'est autre que VJmp.
urcea des auteurs. 3o. Tinbinelhis spirillus , Murex., Gmelin ;
[PjT uta spirillus , Lam.) Coquiile intcressante comme etant I'a-
nalogue vivantde I'especefossile des environs de Bordeaux. 40. Le
Buceros coronatus , Mas. Calao couronne, Le Vaillant. 5o. Mus-
cipetn labrosn, cspece nouvelle qui vient des rives de la grande
riviere desPoissons en Afrique.— Le no. 37 contieiit 10. Tardus
vocijerans ^ le Reclameur de Le Vaillant, ( Ois. d'Jf. to. 3, pi.
104). 20 la Volntn Pusio, Sw. Tilloch's ph. Mag. vol. 61 , pag.
378. (Voy. le to, 3 du Bulletin de 1823, n-^. 61.) Belle et nou-
velle coquiile. 3". Cjpram spadicca,Syf. id. W. Sp. et C. sangui-
nolenta, Gmelin. Ce n". contient en outre les titles, une dcdi-
cace, une preface et des tables. F-
117. Naturalist's repository , etc. Le Piepcrloire du Nalura-
liste,par M. E. Donovan. (Voy. les Bullclins de 1S23, nos.
XVI, XVII, XVIII et XIX.)
Le no. 16 de ce recueil conlient i". T'oluia scapha, Lin.,
vulg.U'. Piedde biche; grande et belle coquiile bicn conuue. 20.
Paftilio phalaris ct arct/iusiis, Fabr. 3o. Pip/a Monacus,'LAn.,
petit oiseau du Bresil.
Le no. 17 offre 1°. deux varietcs dc I'Helixpen'ersa , Lin. Cet-
te coquiile est toujours rcchercliee. 2". PnpUin Lcshia , Fabr.
3". Swffnbiix laliisiiniis, Lin.; tres-bcl individu.
Zoologie. 65
Le n". 1 8 presente i"- la coquille pr(5cedente vue du cote de
la bouche. i°. Papilio Elorea , Pirithous et Poppea , Fabr. ;
cette derniere espece est fort belle.
Le no. 1 9 presente: Iq. Papilio TuUiolus , Fabr.; 2". uneplan-
clie interessante ou sont fignrees deux especes de Terebratules,
les T. cruenta et riibicunrla decrites sous ces noms dans le ma-
nuscrit de Solander. IVous avons observe, tome 3 du Bulletin,
nf^. 84, a propos de la T. snnguinca de M. Donovan, qu'elle
differait beaucoup de cclle donnee sous ce nom par M. Sower-
by. Nous allons retablir ici la veritable synonjmiie de la Tere-
bratula sanguinea que M. Donovan reproduit sous le nom de
cruenta. L'auteur du nom est Chemnitz qui, ayantle premier fait
connaitre au public cette coquille, doit avoir la priorite ( car un
Guvrage manuscrit ne pent prevaloir a ce sujet). [Conch, to. 8, tab.
•-8, fig. 70G) ; Crmelin, Syst. uat., 3347, 1'a nommee sanguinolenta,
Dillvvyn est exact dans la synouymie qu'il lui rapporte en reta-
blissant le nom de Chemnitz. (^Descript. Cat., p. 293) , et il pa-
rait que M. Donovan n'a pas reconnu que sa T. cruenta etait la
veritable T. sanguinea, car il a donne ce nom a une autre co-
qTiille ainsi que nous I'avons dit. II resulte de I'examen des di-
verses coquillesainsi nommees, qu'outre la veritable T. sanguinea,
on doit distinguer lo. la 71 sanguinea de Sowerby ; 1°. les T. san-
/,w/?e(7. Leach, Lamarck et Donovan, si ce sont blen les memes; 3°.
la T. copensis, Gmelln et Dillvvyn; !^°.lA T. rubicunda, Donovan,
rapprochee de la precedente et peut-etre la meme. Reste a
savoir actuellemcnt si la T. sanguinea de Solander Mss. rap-
portec par Dillvi'yn a sa T. cruenta , n'cst pas aussi la veritable
sanguinea , et si la cruenta de M. Solander est bien celle ainsi
nommee par M. Donovan. II ne me parait pas impossible qu'il
y ait encore equivoque a ce sujet, et que M. Solander n'ait pas
ele bien compris; quoi qu'il en soit , il est evident qu'il regne
une grande confusion dans toute cette synonymie.
3". Le n". que nous annoncons, contient en outre la desciip-
tion et les figures de deux Orang-Outangs, Simia Satjrus, Lin. F.
118. Account of an kxpedition from Pittsburg to the
KOCKY mountains. Expedition d« Pittsburgh aux montagnes
rocheuses, pendant les annees 1819 et 1820, commandee
par le Major Stephen H. Long. 2 vol. et un atlas.
Mammijeres. Les expeditions des Americains au (ravers du
B. Tome I. £»
r,G Zoolngle.
vaste continent tie I'Anieiujue Septentrionale, nous avaient d^ja
fitit connaitre quelques-uns des mammiferes qui peuplent cette
partie encore bien inconnue du Nouveau-Monde. On y avail
decouvert le Moufflon des montagnes ( Ovis montana), I'Anti-
lope a cornesbifurquees (,^«f//ocrtp/« Ord.), I'Ours terrible, etc.
Cellc que vient d'executer iVl. le major Long ajoutera de nom-
breuses connaissances aux premieres, graces a M. Say, natura-
liste fort instruit, qui en faisait partie. Toules lei observations
d'hisioire naturelle qui ont etc faites ,,ar ce dernier, forment
des notes tres-interessantes de la relation qui vient de nous etre
donnee de cette expedition. Ces notes ne contiennent pas seu-
lement les noms des mammiferes , et ce qui aurait pu etre re-
conn.i de leurs moeurs ; elles renferment en outre des descrip-
tion, pour la plupart trcs-complcles et qui ne pouvaient etre
faite's que par un homme familiarise avec les travaux les plus
modenies. Nous ne pouvons entrer dans les details quiseraient
necessaires pour faire connaitre ces animaux; nous en donne-
rons duraoins une notice succinate.
On y trouve quatre nouveUes especes de chauves-souns, que
M. Say nomme novcboracen.us , subulatus , pruiiwsus et ar-
cuatus; indication dune loutre du Missouri; trois especes du
genre cbien qui nous paraissent etre egalement nouveUes, le
Canh- nubilus, le C. latrans, el le C. veLox ; trois esi.eces d e-
cureuils qui n'ont jamais ete decrites, el qui sont designees par
les nomsde macrourus , quadriviltatus et grammurus ; des de-
tails sur le Mus bursariits dont M. Say fait un genre nouveau
sous le nom de Pseudostoma, et qui nous montrent que eel
animal apparlient a la division des rongeurs herbivores qui
ont des dents sans racine distincte de la coiironne. On y trouve
encore des observations sur les castors, qui sembleraient an-
noncer une espece nouvelle; el la description dun cerf qui a
quelques rapports avec le cerf de Yirginie, mais qui en est fori
different el que M. Say nomme macrotis. Parmi les especes
deia connues, mais sur lesquelles on desirait de plus am pies ren-
sei-nemens on trouve le Blaireau americain donl I'cxtstence
ava^it parudouteuse, el qui ne'peulplus I'etre aujourd'hui que
le Museum d'hisioire naturelle en possede un; la Gerboise du
Cinada de Barton, le Loir xanthognathe de M. le D--. Leach; la
Marmotte de la Louisiane, el le Rat de la Floride donl on devait
la connaissance a M. Ord, etc
Zoologie. G7
i?nr cette simple nomenclature, dans laquelle nous n'avons pas
flit entier les especes connues plus ancienuement comma pro-
presa I'Amerique Septentrionale, onpeutjuger non-seulement
tout ce que I'liistoire naturelle peut tirer de I'ouvrage d'oii
nous I'avons extraile, mais encore ce qu'elie peut esp^rer d'une
connaissance plus exacte des contrees parcourues par le major
Long, et du zele eclaire du savant naturaliste qui les a explorees
de concert avec lui. F. C.
IlfJ. SuR LE NOMBRE DES ESPECES d'aNIMA.UX CONNUES JUSQu'a
PRESENT EN SuEDE. {Aorsherattelscr eic, Stocfiholiu. 1822,
p. 184.)
II est a peu pres impossible, dit le redacteur, de determiner
des a present le nombre de ces especes. Oncompte deja 70 mam-
rniferes, 260 oiseaux , 22 amphibies , et environ i3o polssons;
ce (jui donne an total 482 especes d'animaux vertebres. II est
probable que des recherches ulterieures feront connaitre beau-
coup plus d'especes de poissons ; mais peut-etre des observa-
tions plus exactes feront au contraire reduire le nombre de
celles des amphibies. Quant aux vers et aux insectes, Linne ,
dans sa Fauna suecica, indique environ 200 des premiers et
1700 des seconds. La classe des vers a ele peu etudiee depuis
I'epoque ou parut cet ouvrage. et le nombre des especes ob-
servees en Suede s'est fort peu augmente; au contraire la classe
des insectes a recu un accroissement fort superieur a celui de
toutes lesautres; par exemple , I'ordre des coleopleres,'le seul
dont les naturalistes Suedois des derniers temps se soient occu-
pes specialement , au lieu de 5oo especes que Linne indiquait
en vSuede, en offre maintenant 1700, c'est-a-dire autant qu'il
y avait alors d'especes d'insectes en general connues dans ce
pays. La meme proportion doit exister relativement aux autres
ordres , et en effet , pour ne parler que des orthopteres et des
lepidopteres , ce qu'on en voit dans les cabinets de Suede en es-
peces nouvelles, et non encore determinecs, surpasse souvent
le nombre de celles qui ont ete decrites. On ne doit pas s'cton-
ner d'apres cela que les articles d'entomologic soient si nom-
breux dans les journaux consacres a la zoologie. C. M.
lao.Du GENRE PARADoxuRE, et de deux especes nouvelles qui s'y
rapportent; par M. F. Cuvier. [Mem. du Mux., 5e. annee,
I", cahier. )
(38 Zoologie.
M. F. Cuvier aborde son sujet en faisanl reinarquer que les
reunions generiques de quadrupedcs , fondees par Linne , don-
nent une preuve irrecusable de la sagacite de cet illustre natur;.-
llste el que si beaucoup de genres londes par lui ont etc subdi-
■vises depuis en plusieurs autrcs ; ceux-ci n'ont presque jamais
ete ecarles entre eux , el que reunis, au contraire, ils ont forme
dcs families correspondanles au genre linneen, d'oii ils derivaient.
Lc cenre Fivcrra est parliculierementcelui qu'il cite dans cette
occasion. Bien etabli par Linne, il n'a pas ete compris par Gme-
Un et Erxleben qui y ont inlroduit une foule de petites especes
de carnassiers trop peu connues pour etre rapportees a d'au-
tres genres.
Les f'iVerr^composantmaintenantunefamille, sontdivises de-
puis quelques annees en plusieurs genres, auxquels on a donne
les noms francais de Civette, de Mangouste et de Suricate. Dans
cesdernlers temps M. G. Cuvier a reconnu aussi le genre Genet-
te Enfin deux ont ete fondes tres-recemnient sur dcs especes
tout-a-fait inconnues jusqu'alors; ces genres sont ceux qu'on
appelle Ichde el Paradoxure.
Ce dernier, cree par M. Frederic Cuvier, est I'objet principal
dumemoire que nous analysons.Ilpresentelescaracleressuivans :
Paradoxure. Paradoxurus. Le systeme dentaire est tres-
analc^ue a celui des genres que nous avons norames, et princi-
palement a celui des civettes et des geneltes ; ses caracteres
eeneraux le rapproclient meme davantage de ces dernieres.
Le plus remarquable des caracteres des paradoxures consiste
dans la faculte que possede leur queue de s'enrouler de dossus
en dessous jusqua sa base , sans neanmoins etre prenante. lis
sont plantigrades, ce qui est une anomalie dans la famille ou ils
sont places ; leurs doigls sont au nombre de cinq par tout, reunis
a leur base par une membrane, et presque palmes ; leurs ongles
sont a demi retractiles; leurs pupilles se contractent longitudina-
lement comme cedes du chat ; ils n'ont point dc poche pres de
I'anus. Leur pelage a de I'analogie avec celui des genettes par la
distribution des couleurs, etc.
La premiere espece est le Pougounie ou Marie des palmiers
de rinde dontBuffon a fait representer un individu ( Supplem. ,
torn. 7 pl" 58) sous la denomination fautive de Genctte de
France. C'est le Paradoxurus Typus de M. F. Cuvier. Animal de
U grandeur de la mangouste , a pelage d'un jaune mele de noi-
Zoologie. 69
tklre , ayant la ligne dorsale, le bout de la queue, les pates,
deux lignes allongees de laches pres du dos, et beaucoup de pe-
tites taches orbiculaires, nolres sur cliaque flanc.
La secondeespece estle Paradoxure Benturong, Paradoxurus
olbifrons. Fred. Cuv., decrit aussi par M. Raffles sous le nora de
Binturong dans les Transact, linn., torn. i3. Son pelage est
forme de longues soles noires ft blanches, excepte sur la tete et
les membres ou elles sont courtes ; son front et son museau sont
presque blancs ; sa queue et ses pates noiratres; ses yeux sont
places dans une tache noire qui s'etend jusque vers I'oreille en
prenant naissance sur les cotes du museau. Du continent
de rinde.
Une troisieme est le Paradoxure dore , Paradoxurus aureus.
F. Cuv. Celle-ci, moins certaine que les deux premieres, a le
pelage d'un beau fauve dore , uniforme , compose de poils tres-
longs; sa patrie est inconnue.
Depuis la publication de ce memoire , M. Desraarest , dans sa
Mamraalogie, a propose d'ajouter a ce genre la Civette prehensi-
le du Bengale, qu'il a decrite sous le no. 3i5. Cet animal a dans
la distribution de ses taches et bandes noires beaucoup de res-
semblance avec le Pougounie; mais son poil est plus court et le
fond de son pelage est d'un jaune vei'datre assez pur. II est
du Bengale. Desm.
121. Considerations sur les caracteres generiques de cer-
TAiNEs FAMii.LES DE Mammiferes, appliquccs aux Marmottes
(^Arctomjs Mannotta et Jrctotnys Empetra) , et au Souslik
[Jrctoinys Citillus) , et formation du genre Spermophile ; par
M. F. CuviER. (^Mem du Mus. ,5°. annee, 4''- caliier. )
Uans son premier travail sur les dents des mammiferes, I'au-
teur de ce memoire avail elabli que les especes dont les molaires
differalent , devaient former des genres differens. Depuis , il avail
cherche a prouver cetle aulre proposition , qui semble d'a-
bord deliver de la premiere; que toules les especes pour-
vues des memes dents devaient entrer dans le meme genre :
mais des fails assez nombreux semblaient en restreindre la gene-
ralite. Aujourd'hui il reconnait que les systemes de dentition,
loin de se borner a servir a la dislinction des genres, tendent ,
dans plusieurs cas, a s'elever jusqu'a caracteriser des groupcs
d'un rang superieur, tels que des sous-ordres et des families. II
70 Znnlogic.
lite pour exemple la faiiiillc des Caiuassiers, qui rerifernie les
{,'enres Civette, Genette, Mangouste, PamdoxurC;, .Suricale et
Iciido; et encore I'ordre entier des Ruminans, ainsi que la fa-
mille des Rongeurs omnivores.
Dans les groupes composes d'apres les differences des dents ,
les subdivisions en genres naturelsou en sous-genres ne peuvent
etre basees que sur la consideration d'organes d'un ordre infe-
rieur a celui des molaires, tels que ceux du mouveinent, ceux
des sens, ecus de la generation, etc.
Faisant une application particuliere de ces principes aux raar-
mottes , M. Fr. Cuvier demontre la necessite de former un genre
nouveau du Souslik, qui a ete rapporte jusqu'ici a celui qui com-
prend ces animaux et qui en presente le systeme dentaire.
Ce genre, qu'il nomme Spermophile, est caracterise, lo. par
des molaires etroites au cote interne, mais du reste fort sembla-
bles a celles des marmottes , qui sont a peu pres circulaires sur
leur coupe transversale; 2°. par la presence d'un helix qui borde
enlierement I'oreille; 3". par la pupille, qui prend une forme
ovale en se retrecissant-, 4°' P^r '^ presence de tres-grandes
abajoues; 5". par les doigts des pieds etroits, allonges et libres;
6". par la denudation simple des doigts des pieds de derriere en
dessous, et des tubercules qui sont a leur base, tandis que le
talon est convert de poils.
L'examen de la tete osseuse , consideree comme receptacle des
sens speciaux, offre aussi des caracteres que M. F. Cuvier appre-
cie, et qui consistent principalement dans la courbure uniforme
et tres-sentie du profil du crane, depuis I'occiput jusqu'a I'ex-
tremiie des os propres du nez, dans la grandeur des fosses or-
bitalres, la petitesse des fosses temporales, etc.
Les Marmottes, au contraire, ont les orellles plates et pour-
vues d'apparcnce d'helix, seulement aux bords anterieur et pos-
terieur; leurs yeux ont la pupille ronde ; elles n'ont point d'aba-
joues; leurs doigts sont gros, courts , charnus, reunis a leur base
par une petite membrane; elles ont la plante des pieds de der-
riere trcs-large , denudee en entier; leur crane presente un apla-
tissement en dessus, avec les fosses temporales grandes et a peu
pres egales aux fosses orbltaires , etc.
Sous le rapport des raoeurs, les Spcrmophiles ont cela de par-
ticulier , qu'ils vivent isoles, qu'lls se nourrissent de graines,
dont ils font des provisions pour I'hiver, tandis que les Mar-
Zoologie. J I
moltes se rcunissent en troupes et mangent principalement, de
I'herbe.
M. Fr. Cuvier considere les Spermophiles comme tres-rappro-
clies dps Tamils , et comme servant en qvielque sorte d'interme-
diaire aux Marmotteset a ces Ecureuils de terre.
Nous soupconnons que les trois Marmottes decrites dans Ic
voyage de Franklin (Voyezle n". 6i4 du To. 3 An Bull.), 6oi-
vent etre rapportees a ce genre nouveau. Desm.
122. ExAMEN DES ESPECEs Du GENRE PoRc-Eric, ct formation des
genres on sous-genres Acanthion, Erethizon, Sinetkere et
Sphiggure; par M. Fr. Cuvier. [Mem. du Miis., S"*. annee,
6«. cahier. )
Ce mernoire pent etre considere comme un developpement
et une application des principes admis dans le precedent. II a
pour objet les Porcs-Epics de Linne , que les anciens reunis-
saient a tort aux Herissons, et dont on n'a encore separe qu'une
seule espece sous lenom generiquede Coendou.
M.Frederic Cuvier fait d'abordremarquer que, dans cegrou])e
de rongeurs epineuxappeles Pores-Epics, on observe des formes de
dents de deux sortes. Ceux de I'ancien continent out les molaires
a coupe arrondie, et leur table, selon le degre d'usure, offre des replis
eniailleux, ou des ellipses plus oumoins nombreuses. Les Pores-
Epics du nouveau continent ont plus de simplicile dans les cir-
convolutions de I'email; leur coupe est moins ronde que ceile des
molaires des especes de I'ancien continent, et toutes ces dents,
durant la plus grande partiede la vie de I'animal, presenientdeux
echancrures, une a leur face interne, I'autre a leur face exierne,
et deux ellipses d'email.
II compare ensuite les tetes osseuses de ces animaux, et fait
voir qn'elles presentent d'enormes differences.
Les trois premiers genres ont la queue non-prenante, medio-
cre ou fort courte.
Le genre Porc-Epic, proprement dit, Hystri.x, est bien carac-
terise par la tete dont toute la parlie anterieure est tres-bombee
en raison du grand developpement des parlies qui dependent de
I'organe del'odorat; paries os dunez tres-etendus , qui forment
avce ceuxdu front et les parictaux un arc de cercle;par les fosses
temporaleset orbitairesquisonttres-petites, les os del'oreille qui
sont dans un etat tres-reduit, les cornets du nez occupant un cs-
72 Zoologie.
pace au moins double de celui du cerveau , qui ne fait tout au
plus que le tiers de la longueur dela lete. Les parietaux sont de-
primes , et les crates occipitales et sagittales tres-saillantcs ;
les organes du mouveraent sont ceux d'un animal fouisseur; la
queue est fres-courte; les pieds sont plantigrades, ceux de de-
vaut tetradactyles , avec un rudiment de pouce, et ceux de der-
riere a cinq doigts complets.
Le Porc-£plc d'ltalie, Hystrix crista ta, est la seule especebien
connue de ce genre. M. F. Cuvier y joint le Pore-Epic du Sene-
gal , Hystrix senegalica , etun autre envoye de Cayenne, qui ne
differe de celui d'ltalie que par les couleurs.
Le genre Acanthion a le sommel dela teteeleve, maisbien moins
que le Pore-Epic; aussi I'organe de I'odorat est- il bien moins
developpe chez lui. La courbe du profil de son front appartient
a un cercle beaucoup plus grand; les os du nez , quoique longs,
le sont bien moins que dans les Pore-Epics; les cornets, assez
simples, sont places dans un espace etroit; les parietaux, sans de-
pression , occupent presque le tiers de la longueur de la tete, et
le cerveau ne tientque la moitie de son etendue; les cretes sont
tres-mediocrement developpees. II parait que les organes du
mouvement sont semblables a ceux du Pore-Epic.
lo. Le Pore-Epic de Saxa , Jcant/iionj'avanicum, est le type
de ce genre; 2°. M. F. Cuvier y joint TAcanthion de Daubenton,
Acanthion Danbentonii, d'origine inconnue, quoique probable-
nient d'Afrique, et differant de la premiere especeparson mu-
seau moins effile.
Le genre Erethizon , Ercthizon, a pour type I'Urson de I'A-
merique du nord. La tete de cet animal, vue de profd, au lieu
de presenter, dans sa partie superieure, un cercle comme celle
des precedens, offre une ligne presque droite, interrompue par
I'elevatiou des cretes orbitaires du frontal; les parties de I'organe
olfaclif se partagent avec le cerveau, a peupres cgalemcnt la lon-
gueur de la t^te , mais les nazeaux sont courts et paralielogram-
micjucs; les cornets sont simples, les frontaux plats, garnis
d'assez fortes cretes; la cretc saglllale est tres-saillante ; les
fosses orbitaires et temporales sont Ires-grandes , eomparati-
vement a cellos des Pores-Epics. Les doigts sontau nombre de
qualre aux pieds de devant , avec ua rudiment de pouce, et de
cinq aux pieds de derriere; la queue moyenneinent longue, sert
Zoolo^ie. 7 5
de support a Taniraal, lorsqu'il descend des arbres auxquels il
monte a Taide de ses ongles.
Ce genre renferme , i". I'Urson, Erethizon dorsatuin; ■x°. le
Coendou de Buffon, tome 12, pi. 54 , Erethizon Buffonii.
Les deux derniers genres sont pourvus d'une queue prenante.
lis n'ont que quatre doigts aux pieds de derriere.
Le genre Sinethere , Sinethere , compare aux aulres, se fait
surtout remarquer par la proeminence et le grand developpe-
ment de ses frontaux,quientrainentles os du nez et les forcent a
suivre leur conrbure , et a relever leur moitie posterieure. Ces
OS dunez ne font qu'un peu plus des deux cinquiemes de la cour-
bure de la tete, et sont a peu prcs aussi larges que longs; les
sinus fiontaux, tres-developpes, sont la cause de la saillle du
front; les cornets paraissent ne consister qu'en deux lames assez
minces; les parties qui dependent de I'oreille ont un grand de-
■veloppement; les fosses orbilaires et temporalesreunies sont tres-
grandes.
Ce genre avait ete fond^ par M. de Lacepede sous le nom de
Coendou, Coendu. M. Cuvier n'y place que le Coendou a longue
queue de Buffon, sous le nom de Sinethere prehensills.
Le genre Sphiggure , Sphiggurus , au lieu d'avoir les os du
front procminens, comme ceux du Sinethere , les a deprimes , ce
qui reduit I'espace que les organes olfactifs occupent sans dimi-
nuer la capacite du cerveau, qui est la meme. Dans ce genre,
ainsi que dans le precedent, le pouce des pieds de derriere, en-
tierement caciie sous la peau, ct depourvu d'ongle, sert de sup-
port a un fort tubercule mobile qui elargit la plante , et qui est
revetu d'une peau Ires-papilleuse. Ce tubercule est opposable
aux aulres doigts, et c'est par son moyenseul que les Sinetheres
et les Spbiggures peuvent se tenir en equliibre sur des surfaces
tres-elroites.
Le Coui d'Azara, Sphiggurus spinosus, est la ])reiniere espece
de sphiggure. Son corps a un pied de long et sa queue 10 pou-
ces. II est convert d'epines longues de 18 lignes a 2 pouces
au phis, d'un marron clair a leur pointe sur la tete, le cou et le
dos, et noires sur la croupe et la queue. On ne trouve entre ce&
epines que quelques poils longs , fins , niais Ires-rares; la queue
est nue en dessous dans les deux derniers pouces de sa longueur.
II est du Paraguay.
La seconde est nouvelle; c'est I'Orico du Bresil , Sphiggimn
r, /^ Zoologie.
.///o.vHJ , rapporte par M. Auguste Salnt-Hilaire. Cetaiuiiial n i.',
ponces, et sa queue est egale en longueur; il differe surtout du
]>recedent par ses polls tres-longs et tres-epais , d'un niarron tres-
rlair a leur extremite, qui se recou\rent exterieuremcnt , et sous
lesquels ses epines sont tout-a-fait cachees. Sa queue, de couleur
uiarron a la base, est noire an bout. Desm.
123. Recherches sur les rapports qui existent entre les
ANiMAUX DE LA FAMiLLE DES ECUREuiLs; c'est-a-dire , les Ta-
mias , les Macroxus , les Ecurcuils , les Sciuropteres et les
Pteromys ; par M. F. Cuvier. ( Mem. du Mus., 5<^. an nee,
S"^. cahier. )
M. Fr. Cuvier, apres avoir rapidement retrace les principes de
classification qu'il a developpes dans ses precedens memoires ,
s'occupc dans celui-ci d'en faire une nouvelle application au
gi oupe des mamraiferes qu'on a nonimes ecureuils.
II divlse les ecureuils en cinq genres, dontquatre avaient deja
etc formes ou indlques par divers auteurs, et il en propose ua
ciuquieme sous le noni de sciuroptere, pour placer les Ecureuils
volans du nord. II donne aussi le nora nouveau de Macroxus
au genre dont la formation avail ele proposeesous eelui de Guer-
linguet.
Passant en revue les caracteres deja reconnus a ces genres, il
les confirme par des caracteres nouveaux, et il montre les rap-
ports que ces derniers semblent etablir.
Parmi les Ecureuils a merabres libres, il admet trois genres.
Tamia. Tamia. Illig.La tele osseuse, vuc de profil dans ce genre,
jiresente une ligne courbc, uniforme a sa partie supeneure; et,
vup en dessus , elle montre toutes ses parties anterieures tres-
effilees; la boite cerebrale peu etendue ne s'avance pas a beau-
coup pres jusqu'a la moltle de la tete.
Cette conformation a les plus grands rapports avec celle des
Spermophiles, qui, ainsi que les Tamias, sont pouvus d'abajoues
et sont des animaux fouisseurs; aussl les uns et les autres fornient-
ils tres -bien le passage entre la famille des Marmottes et celle
des Ecureuils.
Par la forme de sn t^te , I'Kcureuil palmisle se rapprorlie sur-
lout du genre des Tamias, quoique cependant cette tete prcsente
].hisicurs differences, telles qu'une courbure uu peumoins grande
dans la partie nnterieure de la Hgne de profil, une saillic moin-
Zoalogie. 75
dre fles arcades zygomatiques, etc. II sera possible qu'il devienne
tm jour le tvpe d'un genre particulier, ce que semble indiquer
d'ailleurs la difference notable de ses moeurs comparees a celJes
des ecureuilsproprement dits. Dans I'lnde , suivant M. Lesche-
nault, ce petit animal ne se tient guere qu'aupres des habitations ;
il se plait snr les toits , les nmrailles, dans les trous desqiiels sa
f'emelle depose sespetits; il cause de nombreux degats dans les
vergers dont il detruit tons les fruits; il est d'un naturel si faroi-
lier qu'il vient jusque dans les appartemens rainasser le miettes
qui tombent des tables, etc.
GuERLiNGUET. MacTOxus. Yv. Cuv. Ce genre est bien caracte-
rise par une profonde depression des frontaux dans leur parfie
moyenne, d'oii il suit que la ligne de profd est tres-arquee pour
la portion du crane proprement dit, et presque droite pour ia
partie anterieure de la face , et qu'entre ces deux parties on re-
marque une sinuosite bien sentie. Les naseaux sont, comme ceux
des Ecureuils, bien moins allonges qiie ceux des Tamias. Le cer-
veau occupe pres des deux tiers de la longueur de la tete. Les
Guerlinguets sont encore caractcrises par leur queue ronde et
non distique, et par le manque d'abajoues.
M. F. Cuvier rapporte a ce genre I'ecureuil de I'lnde connu
sous les noms de Toupe, Toupaie ou Toupaya.
EcuREUiL.i'w'urM^. Linn.Ce genre, quicomprendunassez grand
nombre d'especes, est caracterise sur le profil de la tete osseuse,
par une ligne qui est a peu pres droite pour la partie de la face ,
et qui commence a prendre une legere courbure a la partie
moyenne des frontaux ; courbure qui s'accroit tout a coup pour
descendre a la region occipitale ; le cerveau occupe les deux
tiers de la longueur de la tete. On ne trouve plus ici la depres-
sion bien marquee du milieu des frontaux et la saillie posterieure
de ces os , qu'on observe dans les Guerlinguets. lis manquent
d'abajoues et ont la queue distique.
Les especes d'Amerique sont distinguees de celles de I'ancien
continent par des formes de t^te plus ramassees et plus trapues.
Les Ecureuils dont les membres sont lies par une extension de
la peau des flancs composent deux genres.
PTEROM-ys.P/erowj.v. G. Cuv. Ce genre, qui rcnferme les ecu-
reuils volans dumididel'Asie , a pourcaracteres : la partie poste-
rieuredes os nasaux un peu bombee ; les frontaux forlemcnt de-
' j)rimes dans leur milieu etse relevant ensuite k'gerenient; les parlies
jS Zoologie.
posterieures tie la tete ne commencant a se courber en bas d'une
maniere sensible qua partir du milieu des parietaux; les fron-
taux , ayant le rapport de leur largeur a leur longueur comme
deux sont a trois ; la capacite cerebrale petite, ne remplissant
guere que la moitie de la longueur de la tete , etc.
SciUROPTERE.^ScvMm/^^m/^. F.Cuv.Ce genre forme des ecureuils
volans du nord de I'Asie et de I'Amerique , est particulierement
rapproche de celui des ecureuils proprement dits, par les formes
des dents et de la tete. II s'eloigne surtout de celui des Pteromys
en ce que toute la partie antcrieure de la ligne de profd de la
tete est droite jusqu'au milieu des frontaux , ou elle prend une
direction courbe tres-ai-quee sans depression intermediaire ; en
ce que I'occiput est bien saillant, et que les frontaux sont allon-
ges , avant le rapport de leur largeur a leur longueur comme
un est a deux ; cnfm, en ce que la capacite du crane rempht les
trois cinquieraes de la longueur de la tete. Desm.
124. MeMOIRE SCRLAPATRIEnU CHAMEAU A UNE BOSSE, et SUr 1 t'pO-
que de son introduction en Afrique, avec des notes de M. St.-
Martin, membre de I'institut ; lu a TAcademie des inscriptions
et belles-lettres , le 28 juin 1823, par A. DESM0un^fs; in-40.
de 1 feuilles {. {Mem. du Mus. d'hist. natur. To. 10. )
M. Desmoulins a presente a I'institut, en fevrier 1822, un
memoire general sur la distribution geographlque des animaux
vertebres raoins les oiseaux. Ce memoire, dent il a ete fait un
court extrait a la page 38 1 duTo. i du Bulletin, donne I'expres-
sion fort generate des fails de statistique zoologique calcules par
I'auleur ; il est lermine par I'expression abregee de quelques
regies ou lois deduites des rapports des fails en question. Les
details ne pouvaient entrer dans ce travail. L'auteur les donne
successivemcnt dans I'liisloire des Manimiferes Am Diet. Classiq.
.lUist. Nat. Ces details ne comprennent pas seulement les faitb
physiques de zoologie proprement dile ; la question de la genea-
jogie des especes actuelles , de leur patrie primitive , de leurs
migrations y est discutee par toutes les traditions historiques
que l'auteur a pu reeueilllr chez les historiens , chez Us philo-
sophes, et meme chez les poetes de I'antiquite et du moyen age.
Comme I'examen de cet ordre de faits ou l'auteur n'avait
qu'un seul bon modele a suivre , M. Cuvier, lul a fait dccou-
v.ii plusieurs rCsultats enlicrement neufs , et comoje ces res.d-
Zoologie. 77
tats n'ont ^te consignes que dans le Dictionnaire precife, genre
d'ouvrage oul'on ne trouve ordinaix'ement quedes compilations,
nous aliens en donner ici I'extrait.
1°. Determination de ['existence , jusqu'an i5^. et 16^. sie-
cles , de la souche saui-age de nosbcenfs domcstiques.
M. Cuvier, t. 4 Dcs Ossemens fossillcs , 1'". edit. (Le 4'"- '''ol.
dela 2«.edit. n'elantpas encore public lors du travail de M.Des-
moulins ), consideiait avec Pallas le Thur des ecrivains polonais
coinme etant lememe que le Biiffle; et, comme d'apres les memes
ecrivains il reconnaissait I'existence , a celte cpoque, de deux
especes sauvages encore vlvantes , Tune le Bison et I'autre I'Urus
precite ( le Tliur) , il pensait quel'espece dont on Irouve les grands
cranes fosslles , etait I'une des deux. Mais , conime il rapportait le
Thur des Polonais, I'Urus des Allemands et des ecrivains latins
de celte epoque au Bulfle , les grands cranes fossiles auraient
done appartenu au Bison.
Or , d'apres la discussion d'un grand nombre de passages
d'ecrivains polonais surtout ( Collect, sciptorum rer. Polonicar,
Pistorio, in-f". ), du niedecin Mathias de Micliow, de Martin
Croraer evdque de Warniia , et du Croaie Herberstein, etc., M.
Desmoulins a demontre que : 1°. le Thur n'est p.is le Euffle , car
le Thur etalt beaucoup plus t;rand que les bceufs de Hongrie , et
le buifle en Europe ne devient pas aussi grand que le boeuf, et
ses cornes etaient dirigees en avan t au contraire de celies du buffle.
Ensuite tous ces auteurs, qui connaissaient bien le bulfle puis-
que tous avaient long-temps reside en Italic ou en Grece , disent
que le Thur ne differait du boeuf que par sa plus grande taille.
a,". Que le Thur est I'Urus des Germains et des ecii>ains latins
du moyen age ; que cette espece existait encore en Pologne au
iG"". Steele ou les auteurs preciies i'avaient tous vu ; et que le
Thur est le meme que I'espece aux grands cranes termines der-
riere les cornes par un plan vertical comme ehez nos baufs.
Dans le l^>-. volume de la nouvelle edition des Fossiles , M. Cu-
vier , par la discussion des memes passages que M. Desmoulins,
est aussi parvenu a la meme determination.
M. JJesiuoulins a aussi demontre que I'Aurochs n'etait pas
I'Urus, comme on I'a etabli a tort dans les nomenclatures et les
synonymies, mais bien le Bison ouWisen des Germains, le Zubrdes
Slaves Polonais. Ainsi, poureviter un contre-seiis, le nom de Box
Jer us dcyra\\ eire donnd a la grande espece fossile que M. C.u-
t8 Zoologir.
vier a si bien fait connaitre, et le nom de Bos bisons a I'AurocliSy
puisqiie le Bison americain porte le nom deBos americanus.
2". Determination de la souche unique ou multiple des chiens
dome.stiques.
Considerant, avec Pallas, que Ja soiichs auvaj^'e de tons nos
anciens herbivores existe encore , nonobstant leurs faibles moyens
de defense et de conservation, et leur multiplication moindre que
ceile des especes du genre Cliien , nonobstant enfin leur etroite
circonscription dans plusieurs iles, le Mouflon en Corse , I'OEga-
gre en Sardaigne et en Crete, etc. ; M. Desmoullns avait prouve
que I'espece du bceuf n'est pas une exception , puisqu'ellc existait
encore en Pologne , il y a moins de trois siecles ; que les chiens
domestiqnes redevenus sauvages, chiens marons, ne peuvent
etre detruits, et qu'une espece qui n'aurait pas encore eteasser-
vie, possede encore plus de moyens de sc maintenir indepen-
dante; qu'aucun teraoignage historique ne depose de rextermi-
nation dans aucun pays de quelque animal sauvage analogue an
chien ; que toutes les especes actuelles de ce genre sont menlion-
nees par les auteurs anciens dans les pays qu'ils connaissaient ;
qu'il existait des chiens dans les deux Amcriqnes avant I'arrivee
de Colomb ; que, d'apres Pierre Martyr et Oviedo ( dans Ramu-
sio), il existait soit dans les Antilles, soit sur la Terre-Ferme,
des chiens de toute nature et couleur de poll ; que les chiens do-
mestiqnes des Antilles n'y etaient pas indigenes et y avaient etc
importes de la Terre-Ferme; car an temps d'Oviedo, qui les avait
vus en tres-grand nombre sur Ic continent, ils n'existaient plus
a Saint - Domingue, oil dans une disette, pendant le second
voyage de Colomb , ils avaient ele delruits pour nourrir la po-
pulation ; que les Caraibes, a cette epoque, etant la puissance
prcponderante de Test du continent et de toutes les iles , ils
avaient du y introduirc leurs chiens, qui etaient si nombreux sur
le continent, d'apres Oviedo, qu'aujourd'hui dans les memes
contrees les indigenes dressent a la chasse le chien des bois de
Cayenne [Canii t/ious, Lin.); qu'il n'y a aucune preuve que
les Caraibes aicnt jamais eu rien de commun par leur origine ou
leurs relations avec Tancien continent; que leurs cliiens domes-
tiqucsprovenaientdoncd'une espece sauvage indigene dans leur
pays, et que cette cspecc est necessaircment oulcloupgrisdu Para-
guay, Guaracha du Bresil , ou le chien des bois de Cayenne que
Zonlogie. ^g
I'on apprivoise aiijoiird'liul, et que run croise aisement avec
tontesles especes de cliiens domestiques; que chez les Papous et
dans I'Ausfralasie , il existe une espece sauvage ( le chien Papon)
dont la ressemblance des cranes avec ceux de nos matins, n'est
pas decisive pour I'unite de I'espece , puisqne des resseniblances
aussi grandes sent fort nombreuses parmi beaucoup d'especes
rertainenient bien separees de mammlferes , ainsi que I'etabbt si
souveiit M. Cuvier dans scs os fossiles; admettant les preuves
deja exposeei par Guldcnstsedt (iVoi'. comm. Petrop. , t. 20),
sur la descendance des chiens domestiques , relatlvement au cha-
cal ; maisconsiderant (ju'il est impossible de deriver du cliacal, ni
cps chiens qui existaient avant la decouverte dans les deux Ame-
riques etaux Antilles , ni le chien Papou , les chiens eskimaux lai-
neux, etc. ; que Buffon a lui-meme (Supp. 7.) prouve la fe-
condite des alliances du chien domestique avec le loup, que par
consequent le sang du loup a du former beaucoup de nos grandes
races; que celui du renard y est aussi melange, comme le savait
deja Arislote; qu'ainsi, y compris le chacal , voila trois especes
sauvages en Europe et dans I'ouest de I'Asie, qui out contribue
a former des races de cliiens domestiques :
M. Desmoulins en conclut, que les varietes si nombreuses de
chiens domestiques doivent etre rapportees chacunedans sa con-
tree a diverses especes sauvages; que neanmoins les emigrations a
la suite de I'homme, dechacunedeces especes de chiens devenus
domestiques, auront amenedescroisemensd'une espece domesti-
que a I'autre, et des races qui en etaienl resultees, tantot avec une
autre, tan tot avec une ou plusleurs des especes sauvages. Or, Ton voit
que la combinaisondes 5 especes sauvages indiquees,avectoules
les races domestiques, pent facilement donner encore plus de
races dislincles que les cinquanle ou soixante aujourd'hui connues.
II n'est plus done possible, ni logique d'admettre une espece
primitive unique de chien, et actueliement aneanlie, d'ou seraient
sorlis, en se transformant par la seule influence des climats el
de la domeslicite , tous les cliiens domestiques connus.
3'. Patrie du chameau a une basse, et epoque de son introduc-
tion en Afriquc,
Dans le memoirc qu'il a lu a I'Acad. dts inscrip. ct bel.-let. dc
I'institnt, M. Desmoulins a demontre que, des la plus haute an-
tiquile , le chameau a une bos^e nc ce.ssa d'elre rmphive au ser-
8o Zoologie.
■vice domestique et mllitaire des peuples asiatiques ; que depuis
Hcrodote tous les ecrivains grecs et latins, dans leurs recits sur
I'Afrique a I'occasion des guerres on des voyages dont ils font
I'histoire, des descriptions geograpliiques ou pliysiques qu'ils
donnent de cette contree , des raretes et singularites nalurelles
qu'iis lui atti'ibiicnt , enfin des enumerations qu'ils font de ses
animaux, ne iiomnient pas une seule fols le chamcau, lors meme
que la mention de cet animal dcvenait une necessite dc leur su-
jet, s'il eut existe alors sur le continent; qu'au contraire tous en
parlent meme incidemment et a plus forte raison dans le cas de
la necessite du snjet , lorsqu'il s'agit , sous tous les rapports pre-
cites, dc I'Asie ou de I'Arabie; qu'aucun autre monument egyp-
tien que le ISIemnonium n'en presente de figure, et que dans ce
cas unique le chameau appartient , d'apres tous les indices du
sujet represente , a I'Asie orientale ; qua la veritc, depuis Pli-
ne jusqu'a Ammien IMarcellin , les tribus Arabes qui occu-
pent la bande de I'Egypte entre la chaine du Moqattam et la
raer Rouge possederent toujours des chameaux; mais que ces
Arabes furent toujours contenus a I'Est du Nil jusqu'a la deca-
dence de rcmplre; que les chameaux ne se montrerent pour la '
premiere fois a I'ouest du Nil qu'au temps de Justinicn , lors de
la revolte des Vandales et des Maures apres le depart de Belisaire
pour aller reconquerir I'ltalie ; que c'est dans I'intervalle des
deux sleclcs precedens que les chameaux se sont propages et
multiplies dans le Saiiara a mesure que les tribus arabes , ces-
sant d'etre coiitenues par les forces militaires de I'empire, s'y
debordaient ; que la rapidite de leur multiplication n'a rien d'e-
tonnant en la comparant a celle des chevaux et des boeufs deve-
nus sauvages dans les Llanos de I'Apure et les Pampas de Bue-
nos-Ayres pendant une periode plus courte ; que le chameau a
une bosse existait encore a I'elat sauvage en Arabic au temps
d'Artemidore, et qu'a cette meme epoque le cliamcau a deux
bosses (Dityles des (irecs), existait aussi en Arabic.
125.H1STOIRE NATURFLLE DE l'IsATIS , DU ChACAL DU CaUCASE
ET DU CousAC; par le D^. Tilesius , avec 3 pi. ( Noi'a acta
physio-medic. Acad. Nat. Cur. Bonnse 1828 ; torn. 1 1 , 2''. part,
pag. 375. )
M. Tilesius donne dans cet ouvrage I'histoire naturelle de I'l-
satis [Oinis In^npuUis , Linn.) , du Cliacal du Caucase et du Cor-
Zoohgie. §j
sac (Canis Corsac , Pall.). II entre dans de tres-grands details sur
les noms differens que portent ces animaux chez les tribus nom-
breuses qui hubitent la Siberia et les environs de la mer Cas-
pienne ; sur les contrees qu'ils habitent, leurs changemens de
pelage , la maniere dont on les chasse , le commerce de pellelerie
dont leurs differentes varietes sont robjet, et sur les mceurs
ainsi que le caractere qui sont propres a chacun d'eux. On con-
naissait dcja par ce qu'en avaient dit Pallas, Linne, Steller
et surtout Gmelin le jeune, I'existence de I'lsatis , sa hardiesse
son penchant a la rapine , sa ruse , et son organisation, Cepen-
dant M. Tilesius ajoute encore d'interessans details a ceux qui
nous avaient ete donnes par ses illustres predecesseurs ; et il dit
quelques mots du Raragan de Pallas pour le faire distinguer de
risatis. II est a regretter qu'il ne se soit pas etendu davantage
sur cet animal si peu connu qu'il n'a pu etre encore admis dans
les catalogues niethodiques.
Tout ce qu'il rapporte du Chacal du Caucase doit avoir aussi
beaucoup d'importance pour les naturalistes. II croit , ainsi que
I'iillas et Guldenstsedt , que cet animal est lu souche du Chien
domestique ; il serait intcressant de savoir jusqu'a quel point ce
Chacal ressemble a celui de I'lnde, qui , comme on sait est dif-
ferent de celui du Senegal. Tout ce que rapporte M. Tilesius
donne lieu de penser qu'il en differe aussi , et il est en effet bien
vraisemblable qu'on a reuni sous le nom de Canis aureus plu-
sieurs especes de Chiens.
Ce qu'il nous apprend du Corsac , d'apres lui et d'apres Habit-
zel , ajoute aussi beaucoup au peu qu'on en connaissait , quoique
plusieurs de ses assertions soient de nature a faire naitre des
doutes. L'on pent dire en un mot qua plusieurs egards, les trois
animaux dont il donne I'histoire sont a present aussi connus que
les plus comrauns de nos contrees.
II est toutefois facheux que ce savant observateur ne soit pas
entre dans plus de details sur les formes singulieres de la tete des
Isatis, et ne nous ait pas appris s'il existe quelque difference en-
tre le systeme de dentition de ces animaux et celui des autres
especes du genre auquel on le rapporte ot dont il semble s'ecar-
ter un peu. II aurait egalement pu nous apprendre si les Isntis et
les Corsacs avaient une pupille ronde semblable a celle des Chiens,
ou une pupille allongee comme celle des Renards; par-la, nous
saurions s'ils sont des animaux dlurnes ou nocturnes et auquel
B. TOMK 1. 0
8 2 Zoologie.
des deuK groupes que forment les especes du genre Canis, ils ap-
partiennent; car, pour son Chacal, les analogies qu'il montre
avec celui de I'lnde ct celui ilu Senegal, permettent de presu-
mer qu'll appartient au groupe des Chiens diurnes.
En termlnant son travail M. Tilesius nous apprend encore
I'existence en Russle du Renard comiuun ( Canis Fulpes) , du
Renard charbonnier [Canis Alopex, Linn.), et d'un Renard noir
qu'd croit etre le Canis Lycaon, Linn. , mais qui pourralt etre,
comme le pensait Pallas, una variete du Renard comniun, ou, ce
qui est encore plus vraisemblablc , une espece parliculiere.
Je ne dois pas negliger, en terminant cet article, de rappeler
avec I'editeur de ces memoires que c'est a M. de Denildoff qu'on
doit presque tout ce qui etait connu jusqu'a present sur le Cor-
sac , ct que la figure que donne Buffon sous le nom d'Isatis,
( Supp. , torn. 3, pi. 17 ) est celle d'un Corsac. En effet, M. de
Demidoff la lui avait envoyee sous ce nom par rintermediaire
de Collinson, et o'est par erreur qu'd crut y reconnaitre celle
d'un Isatis. F. C.
126. Figures de quadhupkdes carnassiers. Un habile gra-
■veur anglais, M. Thomas Landseer , a public 20 j)lanches d'ani-
maux feroces, d'apres Rubens, Riedinger et autres grands mai-
tres, acconipagnees d'un texle descriptif. Voici le tilre de cet
ouvrage : Twenty engravings of (ions , tigers , panthers and leo-
pards.he journal hollandais Letterbode de Harlem (sept. i8a3),
en annoncant cet ouvrage dont il n'indique pas le prix, cite
entre autres avec eloge la planche 3*^. representant des lions d'a-
pres Rubens; la 6<". representant un combat d'animaux d'apres le
dessin de M. Landseer lui-nieme; enfin la ic. , ou Ton voit un
tigre fcmelle, dessin^ d'apres nature. C. M.
127 Sur l'anatomie de i/ORNiTHORyNCHUs paradoxus; par le
D'. Knox.
II a ete adresse, depuis quelques mois , qualre memoires sur
la structure anatomique de VOruithorynr/ius paradoxus , au se-
cretaire de la Soriete fFerncriennc-, avec des dessins representant
I'cperon, la glande qui secrete le venin, la situation des visceres
de I'abdonien, les organes de la generation, etc., etc.
La Societc doit publier ces memoires dans le volume prochain
de ses Transactions. On a cru, en attendant cette publication,
qu'il serait agreable au public d'avoir un aper9U des dccou-
Zoologie. 83
vertes les plus importantes du D^ Knox. L'exemplaire de I'Orni-
tliorliynque qui a servi a ces descriptions avail etc envoye par
le goiiverneur general de la Nouvelle-Galles du sad, Sir Tho-
mas Brisbane, au Musee de I'universite d'Edinbourg, et M. le
professeur Jameson le donna a M. Knox pour le dissequer.
La plu])art des organes sont conserves, et le squelette de
ranimal se trouve dans ce musee. Le premier inemoire con-
cerne /es Organes sensoriaux et V anatomie de la glande
et de I'dperon. L'auteur fait observer que rOrnilliorliynque
a ete examine deja par plusieurs anatoniistes anglais, fran-
cais et allemands; que la plus grnnde partie de ce qui a ete
public sur les organes exterieurs, les dents, les muscles de la
deglutition , etait tres-exacte ; mais que d'autres parties de I'ani-
mal , par exemple les os, etaient traltees superficiellement, tandis
que le systeme nerveux avait ete entierement neglige; que d'au-
tres organes ou connexions d'organes, par exemple la glande
qui secrete le venin et I'eperon, n'avaient pas du tout etc com-
pris , et que les erreurs les plus grandes regnaient sur ces par-
ties. Le Dr. Knox attribue ces erreurs a I'etat de mutilation oil
se sont trouves proljablement les exemplaires soumis a la dis-
section. L'auteur a etudie et decrit les Organes des sens autant
'pi'il lui a ete possible de le faire sans detruire le squelette qu'il
lillait conserver. Les tegumens generaux sont I'orts et solides.
Les polls dont I'animal est couvert sont de deux especes, les uns
sont fins et soyeux, les autres forts, et ressemblent plus a des
soies qu'a des polls. Ces derniers se trouvent surtout sur la
queue de I'animal qu'on peut comparer a celle d'un caslor;
ils etablissent ainsi une sorte de rcssemblance entre les Ornitlio-
rhynques et les Ecliidnes. La force et le deveJoppement du pa-
niculc cliarnu ajoutent encore a cette analogic. Le bee , cette par-
ticulariteremarquable de rOrnithorhynque, est considere comme
un organe du toucher, au moyen duquel I'animal cherche sa
nourriturc. Le grand nombre de nerfs qui s'y rendent, prove-
nant de la cinquieme paire, est etonnant. L'auteur clierche a
elablir, ct avec vraisemblance, que ce n'est pas un organe du
gout. Les rcplis latcraux de la peau du bee n'augmenlent pas
autant qu'on le croyait I'etendue de la surface sensible.
Ce memoire conlicnt surtout beaucoup de details sur I'organe
de I'ouie. II parait que I'animal ne manque pas tout-a-fait d'o-
reille externc, comn)e quelques anatoniistes I'avaient dif; mais
84 Zoolnpe.
que I'expansion cartllagiiieuse du conduit niulitif externc, qui
forme uue veritable conque, se tiouve immedialement sous les
ti'gumens g(5ndr;iux , et est si larhemcnt unic a ceux-ci, qu'elle
est capable de produire des naouvemens considerables a I'aidc
de muscles qu'y envoie le panicnle charnu. La cavite du tyni-
pan est decrite tres-exactement : Tc'trier ressemblc parfaitemenf
a I'os analogue chez les oiseaux , inais le marteau a une certaine
analogic avec le meme os de certains mamraiferes.
L'enclume n'cxiste qu'a son etat rudimentaire , c'est-a-dire
qu'elle n'est pas complete, mais seulemcnt distincte. II resulte de
ces faits que I'analogie qu'on avail admise entre cet animal et les
oiseaux, ou les reptiles, n'est pas aussi grande qu'on le croyait.
iVous ferons voir tout a I'heure que les autres dc^tails anatomi-
ques contribuent aussi considerablement a annihiler ces passages
admis, et a ramencr rOrnithorhynque male aux caracteres des
mammiferes.
Rien n'est anssi singulier dans I'aiiatomie de TOrnithorhynque
paradoxal, que la structure de la glandc qui secrete levenin, etque
I'eperon; ces organes, qui n'etaient pas bien connns, out ete (!'tu-
dies avec soin par M. Knox. li a demontre qu'il etait facile de les
dissequer.
La glande a venin, qui est grande, est situee presqu'iramedia-
tement sous les tegumeiis et pres de I'articulation de la cuisse
avec le bassin; il en part un canal qui descend derriere la cuisse
et la jainbe, pourse terminer dausun petit sac, sitne dans la pro-
fondeur de I'excavation du pied. De ce sac part un autre canal mem-
braneux qui va presque dansl'eperon, et m^nie jusqu'a sa pointe
qui est ouverte, pour laisser passer le fluide venimeux seciete
par la glande, et le verser dans les plaics que I'Ornithorhynque
fait a d'autres animaux. Toute cette serie d'organis ressemble a
I'appareil venimeux et particulier aux dents de quelques ophi-
diens. La glande a venin a pres d'un pouce de long sur-i- pouce
de large. C'est une glandc conglomeree, c'est-a-dire qu'elle est
composeedc plusicurs petitesglandesquisontsilueesdans un tissu
d'une texture diflerente, sans doute dans dii tissu cellulaire.
Eile est situee en long par rapport au racliis; elle recouvre plu-
sicurs muscles rotateurs de la cuisse, \e paniculc charnu et une
petite quantite de tissu cellulaire lache, recouvrant I'os inno-
mine, et I'articulation coxale. Le meinoire est accompagne d'un
excellent dessin de RL Lizar.
Zoologie. 85
Le deuxieiiie meinoire renfcrine dcs observations sur les oi-
gancs digestif's et leurs ;ippendices , ainsi que sur les organes de
la respiration et sur la circulation. L'auteur Irouve la description
de ces parties donnee par d'autres anatomistes, surtout par
M. Cuvier , si exacte , qu'il regarde comma tres-difficile, et mt-
me corame impossible d'y ajouter quelque chose de nouveau. II
croit qu'on a perdu de vue jusqu'ici certains rudimens de dents
molaires, qui sont situes au devantde celles qu'on connait. I! croit
avoir decouvert une petite glande parotide, qui communique-
rait immediatement avec les sacs des joues; les glandes sous-
maxillaires sont tres-distinctes , et leur canal excreteur qui s'ou-
vre immediatement sous la langue, est facile a injecter avec du
mercure. Toutes ces glandes salivaires sont volumineuses.
L'anatomie des autres organes offre une analogic decidee avec
la structure des ma mm iferes. Le coeur pre>>ente peut-etre quielque
chose du caractere ornithologique; les valvules, qui sont sifiiees
a I'entrce de la veine cave dans I'oreillette droile , paraissenf etre
musculeuses dans leur plus grandeetendue, et la valvule auriculo-
ventriculairc droite est plutot musculeuse que simplement mem-
braneuse.
Le troisieme memoire est une description detaillee des orga-
nes de la generation. Apres la glande qui secrete le venin et
leper^n , ce sont les organes de la generation sur lesquels les
anatomistes ont emis les opinions les plus divergentes et souvent
les plus erfonees. M. Knox a demontre i'existence d'un canal ex-
creteur du sperme, separe de I'uretre proprement dit ; le sperme,
apres avoir ete verse dans i'uretre par les vaisseaux deferens,
est transmis de la, par une petite ouverture arrondie, dans
une cavite oil se terminent les canaux excreteurs des glandes de
Cowper, et de cette cavite commune part le veritable canal semi-^
nal, qui est sitiie dans I'epaisseur du coips du penis et sc termine
en avant par huit maminelons coniques , pourvus d'ouvertures.
La plupart decesfaits avaient eteindiqu(5sparsir Everhard Home,
dans les Philosophical Transactions, maisils avaientete negliges
par les anatomistes du continent. Nous voyons done qu'ime seule
dissection exacte renverse toutes les speculations, qui etaient
nees de I'admission des particulariles des organes de la genera-
tion; partlcularites qu'on regardaient comme suffisantes pour
placer rOrnithorhynque parnni des animaux d'liiie structttre cn-
licrement o])posec.
86 Zoo logic.
Le quatrleme memoiie, qui a pour objet les systeraes osseux,
musculaire et nerveux, contleiit des rechcrclies tlotuillecs sur le
caractere dcs os qui forment I'c'paule et le sternum , pour Icsquels
I'auteur n'a pas jju trouvcr les analogues chez les inaniuiiferes.
C'est en cela que la structure de rOrnitliorhyuque [)reseute le plus
d'anoinalies et se rapproche le plus de la structure des reptiles.
Le systerae nerveux est represente coinmc absolurneiit seniblable
a cclui des nianimiJeres, de maniei'e que les analogies d'apres
lesquelles on cherchalt a rapprocher rOrnltliorbynque des oi-
seaux, se niontrent absolument forcees et inexactes. L'auteur n'a
pas encore eu loccusion de dissequer un Ornithorhynque femelle.
Brkschkt.
J 1^8. Sur l'etat actuel dk nos connaissancks relativeinent a
rornilhologie du Groenland ; par le prof. Reinuardt. ( Tid-
shriftfor nat. vidensk. Copenhague ; iSaS ; N'\ 7, p. 52.)
L'auteur de cet article commence par enumerer les cin-
quante especes d'oiseaux indiquees par Otto Fabricius, dans sa
Fauna Groiinlandica, en ecartant les doubles emplois occasiones
par I'age et le sexe, et en ajoutant les noms adoptes posterieu-
rement. II decrit ensuite les especes decouvertcs dans le nieme
pays, depiiis la publication de cet ouvrage, au nonibre de dix en-
TJroii , et discute les especes indiquees par le (-ayrtr Sabine^ dans C^^
les Trans. Liim. II termiue cet article par des considerations re-
latives a la zoologie gcogiapliique. Les oiseaux de I'lslande out
en general beaucoup de rapport avec ceux du Groenland , niais
cette ile en a 87 especes, et le Groealand n'en a qu'euviron (io.
La plus grande difference qu'il y ait, sur ce point , cntre ccs deux
pays, vient de ce que I'lslande n'offre point de forjncs propre-
metit americaines , tandis que, dans le Groenland, la nature
parlicipe de TAmerique €t de I'Europe.
Un fait remarquable, c'est (jue, quelques oiseaux qui s'elevent
fort au nord en Europe et en Islande, nc se trouvent pas, ou
du moins n'ont pas encore ete trouves au Groenland. Tcis sont
les oiseaux du genre Podiceps, le Cjc/iii.i rnuxicus, le Tuidiis ilia-
cus, et beaucoup d'especes de Canards. I'anni les oiseaux du Groen-
land propres a la region arclique , c'est-a-dire , dont au plus un
petit nombre d'individus s'avancent au sud jusque vers le 5^" lat.
N. , I'anteur cite les especes suivantes : I'^i/co islnndicus , Slnx
NjTtea, Emberiza lapponica, Tctrao Logo pus, Larus rburncus.
Zoologie. 87
L. leucopterusy et en quelque sorte L. glaucus ; Alcaimpennis ,
Uria Briinnichii , Carlo cristatus. Anas spectabilis, A. mollissi-
ma , A. glacialis, A. histrionica. Outre une quarantaine d'oiseaux,
qui sont coinmuns a I'Euiope et a TAraerique , le Groenland en a
qu'on peut regarder comme appaitenant plus particnlierement
a I'Europe , tels que les Carbo connoranus , C. cristatus , Colym-
bus septentrionalis , Saxicola OEnante, Tringa maritima ; et
d'autres qui sont absolument americains , savoir : les Falco leuco-
cephalus, Strix Asio, une espece voisine du Sylvia Troglodytes ,
Lurus bicolor et Larus Sabini, peut-etre aussi I'Anas hyper-
borea. C^ ]\I_
129. Nouveau recueil de planches coloriees d'ois«aux, pour
servir de suite aux planches enluminees de Buffon , par MM.
Temminck. et Laugier. Prix de chaque liv., ou de 6 planches
imprimees en coulcur, i5 fr. Paris et Amsterdam, Dufour et
Ed. D'Ocagne.
Dans I'un des derniers cahiers du Bulletin pour iSaS, nous
avons fait connaitre la belle entreprisede MM. Temminck et Lau-
gier, et donne la table des quatre premieres livraisons qui commen-
cent ce recueil, lequel n'a eprouve aucunc interruption, et dont
ch.iquemois volt exactement paraitreune livraison, composee de
six planches et d'environ une vingtaine de pages de texte.
Les especes comprises dans les onze livraisons que nous allons
examiner, sont au nombre de 90 , savoir :
Dans la ¥«. livraison : PI. 25. Buse roussatre , Falco rutilans.
(Lichtenstein). Du Bresil. -- PI. 2G. Vautour indou, J'ultur
indicus. (Lath.) De I'lnde. — PI. 27. Chouette de I'Oural , adulte ;
Strix uralensis. (Pallas.) — PI. 28. Grimpart proraerops (i) ,
Dendrocolaptes procurms. (Temm.) Du Bresil. — Pi. 29. Phile-
don grivele, Meliphagn inaculata. (Temm.) Nouvelle-Hollande.
— Philedon reticulaire , Meliphaga reticulata. (Temm.) Nou-
velle-Hollande. — PI. 3o. Gobe-mouche a gorge bleue, male;
Muscicapa hyacinthina. ( Temm. ) De Timor. — Id. ib., fe-
melle , id. ib.
VI«. livraison. — PI. 3i, CatUarte vautourin, Cathartcs vul-
turinus. (Temm.) Nouvelle-Californie. — Pi. 32. Aigle a queue
(i) C'est le PioHCiiIe li bee recourbt: , dont MM. Qtioy vl Gaiitiard oiil
rapportti les deux indiviJiis (jui existent an Museum de Paris.
S8 Zoologie.
tSfag^e, A<7/ro /«coj^«j. (Cuvier.) Wouvelle-Hollande. — PI. 33.
A.\g\eboni:,FaUo pennatus. (Lath.) D'Europe. — PI. 'i/i. Cliouette
OCcipitjiJe, Strix occipitalis. (Temm.) Du Senegal. — PI. 35.
Caillenattee, male et femelle; Pen/ix textilis. (Temm.). Du Ben-
gale. — PI. 36. Tangaia a miroir, mile et femelle; Tanagra
speculifera. (Temm.) — Tangara vert-j.iunet, male; Tanagra vi-
ridis.iyieiW.) A.Ta.. merid.
Vile, livraison. — PI. 37. Caracara noir, adulte; Falco ater-
rimus. (Temm.) Du Bresil. — PI. 38. Faucon bidente, adulte;
Falco bidentatus. (Lath.) Bresil et Guiane. — PI. Sg. Chouette
Cabour6, Strix pumila. (Illiger.) Paraguay et Bresil. — PI. 40.
Coracine ignite, Coracina scuta ta (Temm.) Du Bresil. — PI. 41.
BecasseauTemmine,jeune; Tri/igaTemmiiicfiii.{he\i\{iT.)^\iTo\)t.
— Becasseau albane, enhiver; Tringa albescens. (Temm.) Ocea-
nique. — PI. 42. Tangara a plastron, Tanagra thoracina.
(Temm.) Perou et Bresil. — Tangara citrin, male; Tanagra ci-
trinella. (Temm.) Du Bresil.
yill«. livraison. — PI. 43. Autour a collier roux, male,
adulte; Falco torquatus. (Cuvier.) Nouvelle-Hollande. — PI. 44.
Buse ptilorliynque, adulte; Falco ptilo?hynchus. {Temni.') Tie
Java. — PI. 45. Faucon cressellicolore , femelle adulte, Falco
punctatus. (Cuv.) De I'ile de France. — PI. 46. Chouette Mauge,
Strix Maugei. (Temm.) Des Antilles. — PI. 47. Pluvitr a face
noire, male adulte; Charadrius nigrifrons. (Cuv.) Oceanique.
— Pluvier a face encadree , male adulte; Charadrius ruficapillus ,
(Temm.) Oceanique. — PI. 48. Tangara a bandeau , male ct
femelle; Tanagra vittata. (Temm.) Du Bresil.
IX*. livraison. — PI. 4g. Aigle oceanique, adulte; Falco Icu-
cogaster. (Lath.) De la Nouvelle-Hollande. — PI. 5o. Hibou
africain , adulte ; Strix nfricana. (Temm.) Du cap de Bonne-Es-
perancc. — PI. 5i. Averano Guira-punga, male adulte; Casnia-
rhjnchos variegata. (Temm.) Bresil. — PI. 52. Ganga unibande ,
male; Pterocles arenarius. (Temm.) Espagne et Russie.^ — PI. 53.
Ganga unibande , femelle; id. (Temm.) Td., ib. — PI. 54. Manakiu
rubis, mile et femelle; Pij^ra strigilata. (Neuwied.) Du Bresil.
— Manakin a t^te rouge , Pipra rubra - capilla. (Brisson.)
Guiane.
X". livraison. — PI. 55. Caracara Urubiiinga, jeuue; Falco
Urubitinga. (Lath.) Bresil et Guiane. — PI. 56. Buse a aiies lon-
^xmh, jeune; Falco pterocles. (Temm.) Amerique meridionale.
Zoologie. 89
— PJ. 57.Hiboiialiuppescourtes,A/7.ry/ir«/)AM/w5.(Sav.)Egypte.
— PI. 58. Pie Acaliee, adulte; Cb/T«*^{7e«f«i.(Illig.) Paraguay et
Bresil. — Pi. Sg. Pic verl-clore, male; Picas aurulentus. (Illig.)
Du Bresil. — Pic Mace, male; Picas Macei. (Cuv.) Du Ben-
gale. - — PI. 60. Tunix Meiffren , male ; Hennipodius Meiffrenii.
(Vieill.) D'Afrique. — Turnix combattant, male; Hemipodius
pugnax. (Viell.) Java.
XI^. livrais. — PI. Ci. Cymindis a bee en liamecon, adulte;
Falco hamatus. ( Illig. ) Bresil. — PI. 62. Ilibou a gros bee,
adulte; Strix macrorhynchus. (Temm.) Amerique sept. — PI. 63.
Bruant commandeur, male; Emberiza gubernatrix. (Temm.)
Buenos-Ayres. — PI. 64. Bruant commandeur, femelle ; idem.
( Temm. )Ibid, — PI. 65. Malure galactote ; Malurus galactotcs,
( Temm. ) Nouvelle-Hollande. — Malure longibandes ; Malurus
marginalis. (Reinwardt.) Java. — PI. 66. Oiseau-mouche Langs-
dorff, male; Trochilus Langsdorffi. (Vieill.) Du Bresil. — Oi-
seau-mouclie Chalybe ; Trochilus chaljbceus. (Vieill.) du Bresil.
— Oiseau-mouclie a queue singuliere, male; Trochilus cnicu-
rus. (Vieill. ) Bresil et Trinite.
Xlle, livi-aison. — PI. 67. Auiour a bee sinueux , jeune;
Falco pen syh'anicus. (Wilson.) Ameriq. sept. — PI. 68. Chouelte
brame , adulte; Strix brama. (Temm.) Inde , Pondichery. —
PI. 6().Calao a casque sillonne, adulte ; Buceros sulcatus. (Temm.)
Arcliipel des Indes. — PI. 70. Drongo azure, male; Edolius
puellus. (Reinwardt.) De Java. — PI. 71. Turdoide a epaulettes
rouges, Tardus phoenicurus. (Temm.) Afrique. — PI. 72. Grim-
par f'auvette, Dendrocolaptes sylviellus. (Temm.) Du Bresil. —
Sittine bibande, Xenops rutilus. (Lichteinst.) Du Bresil. — Tor-
chepot voile, Sitta velata. (Temm.) De Java.
XlIP. livraison. — PI. 73. Autour tyran, adulte; Falco Tj-
rannus. (Neuw.) Du Bresil. — PI. 74. Hibou Retupa, male;
Strix ceylonensis. (Lath.) Java , Ceylan. — PI. 75. Colin Sonnini,
male; Perdix Sonnini. (Temm.) De la Guiane. — PI. 76. Br^ve
thoracique, male; Sitta thoracica. (Temm.") Guiane. — PI. 77.
Pie-grieclie a casque, male et femelle ; Z(7/?«m^//o«^?/^//.v. (Lath.)
Kouvelle-Hollande. — PI. 78. Pardalote pointille, male et Icmclle;
Pard(dotus puiictatiis. (Vieill.) Nouveile-Hollande.
XIV*. livrais. — PI. 73. Autour a calotte noire , adulte ; Falco
atricaj)illus. (Cuv.) Amerique merid.— PI. 80. Hibou Asio, male,
adnllc ; Strix Asio el ncrvia. ( Lath. ) Ameriq. seplent. — PI. S 1
go Zoologie.
Perroquet Kakatoe rosalbin ; Psittacus Cos. (Kulil.) Nouv.-Holl.
— PI. 82. Caille a venire perle , male, Perdix striata. (Lath.)
Madagascar. — PI. 8'J. Hirondelle longipenne , Hinindo longi-
pennis. (Reinw.) Java. — Hirondelle orientale , Hirundo Java-
nica. (Lath.) Moluques et Java. — PI. 84- Souimanga along bee,
Nectarinia Inngirostra. (Reinv^^. ) Java. — Souimanga modeste,
Nectarinia inornata. ( Temm. ) INIoluques.
XV". livraison. — PI. 85. Blilan Riocour, adulte ; Falco Rio-
courii. ( Yieill. ) Senegal. — PI. 86. Autour a gros bee, jeune ;
Falco i/ingnirostris hor/iotintts. Bresil. — PI. 87. Autour multi-
raie, male, adulte; Falco striolatus. (Temm.) Guiane. — PI. 88.
Crinon barbu, male; Criniger barhatus. ( Temm.) Afrique. —
PI. 89. Barbu souci-col, male; Bucco arrnillaris. (Temm.) Java.
— Barbu gorge-bleue, male; Bucco gularis. (Reinw.) Java. —
PI. go. Pic trapu, male et femelle; Picas concretus. (Reinw.)
Java. Q.-Y.
l3o. HiSTOIRE NATDRELLE DES OISEAUX DE l'AlLEMAGNE (nOUV.
edit, en allcmand); par J. A.Naumann; publiee par livr., form,
gr. in-8, av. pi. col. Chez Fleischer, a Leipsig.
II a dtja paru , de cet ouvrage, trois parties contenant o3 pi.,
dont le prix total est de 55 rixthalers , et Ton promet que I'ou-
vrage sera prompteraent termine. Pour en faciliter I'acquisilion,
I'editeur propose de le diviser enlivraisons du prix de 2 a 4 rix-
thalers, que I'on pourra prendre successivement. ( Gazette, litter,
dlena, sept. i823.)
i3i. The British Warblers , containing six beautifully colou-
red figures of the most interesting birds of passage , belonging
to the genus Sylvia; by R. Sweet. Prix, 7 sh. 6 d. [^Bibl. du
Roy. des Pays-Bas , n"^. d'oct. iSiS. )
Cerecueil, de 6 pi. cxecutees avec luxe , est destine a reprcscnter
les oiseaux chanteurs de la Grande-Brctagne, qui sont tous de
passage , et qui appartiennent au genre Syhia de Linn.
i32. Description d'une nouvelle espece de Tortue et de trois
espcces nouvelles de Scinques, rapportces par MM. Quoy el
Gaimaru ; raemoire lu a la Soc. d'hist. nat. de Paris , le 7 nov.
1823, par M. Gaimard, memb. corresp. de cette Soc, etc.
Tortue noire. Testudo californiana, Qnoy ct Gaim. — Ca-
ra.Lt. esscn. Testudo loto corpore nigra; testa giibd. ; scuieUis
Zoologie. oi
dorsalibus priori posterloriqiie elcvatis ; loricce cunctis marginc
striatis; lateribus suhcarinatis. — Dimensions. Largeur de la
carajjace, i pi. 3 lignes; longueur, i pi.; circonference, i pi.
5 po.; longueur du plastron, 9 po. i ligne; largeur, 7 po. 3
lignes. — Fatrie. La Californie. Cette tortue fut donnoe vivanle
aux lies Sandwich a M. de Freycinet, par un capitaine americain.
Scinque jaune et noir. Scincus nigro-lutcas ; Quoy et Gaini.
— Caract. essent. Scincus corpore nigra , luteo iwicgato ; pedi-
bus a:qualibus ; digitibus illis hominis similibus ; cniidn tereti
apice obtusd. — Dimensions. Longueur du bout du museau a
I'anus, 9 po. ; longueur de la queue, 5 po. — Patrie. La Nou-
velle-Galles du sud,au dela des montagnesBleues.
Scinque a flancs noirs. Scincus vittatus , Quoy el Gaim Car.
essent. Scincus supra fuscas, subtiis albus ; vittd laterali nigra;
digito posteriori penultimo longiore ; caudd quadrangulatd ,
squammarum duabus seriebus distinctd. — Dimensions. Lon-
gueur du bout du museau a I'anus, 3 po. 2 lignes. — Patrie. La
Nouvellc-Galles du sud , rade de Sydney.
Scinque a queue coroprimee. Scincus Compressicauda, Quoy
et Gaim.— Caract. essent. Scincus caudd comprcssd, corpore hn-
giore; lined subalbd longitudinali, supra dorsum, duabus nio-fi-
cantibus comitatd. — Dimens. Longueur du bout du museau a
I'anus , 3 po. 2 lignes; longueur de la queue , 6 po. 9 lignes.
Patrie. La Nouvelle-Galles du sud , au-dela des niontagnes
Bleues.
Desm.
l33. SUR nES REPTILES OBSERVES A LA MENAGERIE nEVlENNE;par
M.FiTziNGER.(.^/rA.///r Gesc/iic/it, etc. Hcnne ,iS7.'i, n°. Sg.)
Get etablissement possedait dernicreraent un grand nombre
de reptiles exotiques vivans, parnii lesquels on cite celui que
I'auteur de I'article a nomme Caretta virgata ( Chelonia vir-
gata de Dumeril) , venant de Saint-Domingue; le Testudo /««/•-
iv««/./ de Schopf, venant d'Egypte; le Testudo madagascarien-
sis, Commerson; le Testudo Schweigeri de I'auteur, la plus
grande tortue de terre que I'on connaisse (apportee du Bresil);
le Crocodilus acutus , amene de Saint-Domingue; le Crocodilus
Sclerops Schn., du Bresil ; le Chamceleo AJricanus Laur. d'Egypte.
Mais ce qui est encore plus remarquable, ce sont un Boa Ja-
culus et unc Fipera cerastes vivans , venant d'Egypte , qui ont
sur le ecu unc longue criniere qu'ivec un pen d'altenlion on
()2 , Zoologie.
1 t'counail ;ubejnenl pour ^tie arlifitielle. L'auteur ditque ces sortct
tie monstres sont I'ouvrage de quelques cliarlatans (^gyplieiis qui
grefl'eut sur la tete de ces serpens , soil des dents de rats ou des
doigts d'oiseaux; soil des epines, soit des crins, etc. ; comme
ailleurson a implante des andouillersde chevreuils sur la tete des
lievres , et des ergots de coq a la place de la crete de ces oiseaux.
Onmontrait a Vienne, en mai 1823, trois Crocodiles vivans de
I'cspece a Lee de brochet nonimee Crocodilus Lucius, qui se
trouve dans le Mississipi. C. M.
i'34. SoR LE COBRA Coral ou Cobra coraksdesBrasiliehs, par
Je prince Maximilien de Neuwied. (^Noi\ Acta Acad. Cois.
Leop. Carol. Nat. Cur.; to. X. ir". part. p. 106, avec i pi. col.)
• M. le Prince de Neuwied a donne, dans ce memoire, un echan-
lillon des objels nouveaux et curieux rapportes de son voyage
au Bresil,et dont il publie aujourd'hui I'ensemble. Ce memoire
renferme la description de 4 especes de serpens qui, par la res-
semblance de couleur gencrale d'un beau rouge de corail , sont
appeles au Bresil Couleiivre Corail , Cobra coral ou Cobra coraes.
Ces 4 especes sont 10. Elaps corallinus , rapporte avec doufe ,
au Coluber fuhdus de Linne , et represenle dans une belle figure
pi. IV. 2°. Elaps Marcgravii , figure depuis dans Abbild. zur
Naturg. Brasiliens. 3« livr. (Voy. le torn. 4 du Bulletin, i82'3, n<>.
338.) 3". Coluber forinosus , et 40. Coluber venustissiriius , figu-
res tous deux dans I'ouvrage cite. (Voy. tom. 3 du Bulletin,
1823, n». 399.) F.
i35. Description d'un squale de tres-grande dimension ,
pris sur la cote de New-Jersey, aux ILtats-Unis, par M. C. A.
Lesueiir , avec i pi. {Journ. de I' Acad, des Sc. nat. de Phil. ;
nov. 1822 ; tom. 2 , n". 11.)
En 1821 , plusieurs poissons de cette espece furcnt pris sur les
cotes des Ktats-Unis , et montres sous le nom de Leviathan, et de
Serpent de mer etcnnant , pourvu de pieds , parce qu'on prenait
pour des membres , les appendices des organes de la generation
<jui existent dans les males.
L'annee suivante on a peclie un de ces requins dont la longueur
lotale du corps otuit dc 3?. pieds 10 ponces anglais, et la cir-
confcrence, dans I'endroit le plus gros, de i8 pieds. On reliia
de son foie seulement , qualie barils d'huile, renfermant cliacun
3 a galons.
Zoologip. c)3
On prepara re squale pour le conservcr , mais cette operation
mal faite le deforma visibleinent : sa longueur etait reduite a 2a
pieds , et sa circonference a 9 plcds 7 pouces.
M. Lesueur en a fait une description assez complete, et un
dessin ; mais il ne dit pas si ce dessin a etc pris sur Findividu
frais on sur le mannequin desseche.
II croit devoir en former une espece nouvelle sous le nom de
Squale Elephant, Squalus Elephas. Cette espece doit elre rap-
portee a la division des squales selaches de M. Cuvier.
M. Lesueur la caracterise ainsi : dents tres-petites , nombreu-
ses, courbees , bicanaliculees et bifides; celles du milieu des se-
ries comprimees, celles des extremites de ces memes series,
presque coniques et pointues ; events tres-petits ; ouvertures
branchiales tres-larges, I'anterieure seulement naissant de la par-
tie superieure du cou ; corps fusiforme , plus allonge vers la queue
que celui du Squalus peregrinus de M. de Blainville; couleur de
plonib , plus foncee sur le dos que sur le ventre ; seconde dorsale
a peupresaussigrande que I'anale, etplaceeplus en avant ; queue
longue avec une carene longitudinalesur chaque cote de sa base.
Par les proportions de son corps et de ses nageoires, ainsi que
par la position de celles-ci , ce squale a les plus grands rapports
avec le Squalus peregrinus decrit par M. de Blainville dans les
Annales du Museum, tom. 18, p. 88, pi. 6; et s'il y a quelques
differences entre eux , elles paraissent consister principalement
dans la forme des dents des series qui garnissent I'un et I'autre
cote des machoires. M. de Blainville dit que toutes les dents de
son squale, sans distinction , etaient coniques, recourbees en ar-
riere, et garnies de chaque cote d'une petite carene finement
dentelee. M. Lesueur trouve que les dents intermediaires de cha-
que cote des machoires, sont differentes de celles des extremi-
tes, ainsi que nous I'avons rapporte plus haut. Desm.
i36. K.ESUMK DES observations de M. le baron Cuvier sur
LES ESPECES DE Crocodiles fossiles. (Cette note terniine le
travail de M. Cuvier, lu dans la seance du decembre der-
nier a TAcadeaiie des sciences de I'Institut, sur les osseraens
fossiles des reptiles. )
On volt d'apres les observations precedentes que si les Croco-
diles encore existans sont plus nombreux qu'on ne I'avait cru ,
les ospcces fossiles de ce genre presentent aussi une assez. grande
c)4 Zoologie.
varietu ; nous pouvons en compter au moins six de parfaitement
distinctes, et qui ne different pas moins des crocodiles vivans
qn'cllcs different entrc elles; ce sont I'espece de Man/ieim , les
deux de HonJIeur et cclle de Caen, qui toutes les quatre ap-
parliennent au sous-genre dcs Gavials, et les especes de Mont-
mattre et A'Jrgentoii, dont le sous-genre parail eire piutot cclui
des crocodiles.
Si nous avions eu des parlies plus considerables dcs squclettcs
de ce £[enre qui se sont Irouvcs a Castelnaudary, a Miniet, a
Auteuil ; si nous avions pu voir et comparer les morceaux d'Al-
torf^ et ceux de Lombardie, il est assez probable que nous au-
rions ete dans le cas de determiner encore les cnracleres de quel-
que espece. Telles qu'elles sont, nos connaissances sur ce genre ne
laissent pas que d'avoir un grand interet , puisqu'elles nous
prouvent que les crocodiles ont subi la meme loi que les mam-
miferes, et que leurs especes n'ont point resiste aux catastrophes
qui ont bouleverse ia croiite exterieure du globe ; mais ce qu'elles
ont surtout de bien reniarquable , c'est celte verite dont nous
apercevons ici le premier indice, que les diveises classes d'a-
riraaux vertebres ne datent pas de la meme epo(juc, et qtieles rep-
tiles en particulier sont de beaucoup antcrieurs aux mammiferes.
Nous avohs fait remarquer, en effet, dans les parties prece-
dentcs de notre ouvrage, que les mammiferes des genres les
plus connus paraibsenl avoir peri seulcraent lors de la derniere
revolution de la terrc; que leurs debris en remplissent encore
les couches les plus superficielles; que plusicurs d'entre eux y
ont encore laisse de leurs parties molies; qu'il y en a meme que
Ton a trouvcs conserves en entier par la glace qui les a saisis
au moment meme de leur destruction, et dont ils n'ont jamais
etc debarrasses depuis. Si Ton remonte plus haul dans les ages,
ou, en d'autres termes, si I'ou veut penclrer plus profondemenl
dans les couches, on y decouvre des mammiferes moins connus ,
tels que les Palseotheriums , les Anoplothcriums et les Lophiodons.
Ils appartiennent a des couches pierrcuscs formecs dans I'cau
<louce , il est vrai; mais que recouvrenl d'autres couches egalc-
ment pierreuses et d'origine evidemment marine. Avec ccs etres
singuliers se trouvent aussi quelqucs especes des genres subsis-
tans; mais leur nombre est petit, et Ton voit qu'elles sont loin
d'avoir forme le caractere de la population animale de ces epo-
ques rec uleps.
Zoologie. ()5
Av.-int elles, dans le calcaire grossier ou a cerites, on ne trouve
plus que dcs mammiferes maiins, dauphins, plioques, laman-
tins et autres de cette nature; et au dela il n'y a plus do vestiges
de quadrupedes , ou du nioins il n'y en a plus qui soient hors de
doute quanta leur origine.
Je ne regai'de pas comme des exrcptions les Anthracotlieriums
et autres mammiferes des lignites, iion plus que ceux des
schistes d'OEningen, par la raison que je suis loin d'avoir arrete
mes idees sur la position de ces deux genres de couches , et que
j'ai tout lieu de croire que ces schistes et plusieuis des couches
de lignites ne sont pas d'une antiquite aussi grande qu'on le
croit communement. Dans tous les cas, les terrains que Ton re-
garde comme les plus anciens des tertiaires , seraient les pre-
miers qui auraient envcloppo des rcstes de mammiferes , et , en
supposant exact ce que Ton dit du petit nombre de lieux ou ils
offrent des debris de ce genre, ils feraient seulement adniettre
une revolution de plus, c'est-a-dire I'existence de terres habitees
par des mammiferes avant I'invasion de la mer dans laquelle
s'est forme le calcaire a cerites.
Quoi qu'il en soit,les Crocodiles ne donnent lieu a aucun
doule de cette nature. On les voit paraitre des les premiers ter-
rains secondaires. Les Monitors des schistes cuivreux les prece-
dent seuls dans le temps ; mais ils se montrent immcdiatement
apres, dans ce lias des Anglais , ce banc bleu des Normands ,
ou dans cette marne calcaire bleuatre et pyriteuse, qui a tant
d'analogie avec le schiste cuivreux. Depuis lors jusqu'a I'avant-
derniere epoque, il en subsiste toujours quelques especes, et en
assez grande abondance. A ceux des divers bancs de la forma-
tion du Jura succedent ceux de la craie. II y en a au-dessus de
la craie dans les lignites d'Auteuil et de Mimet , et dans les gres
du comte de Kent. Au-dessus du calcaire a cerites, il s'en troiive
dans la marne d'eau douce d'Argenton, et dans les gypses a
ossemens des environs de Paris. Enfin il y en aurait meme
dans les couches meubles et superficielles , oil sont enfouis tant
de cadavres d'el<''phans et d'autres grands quadrupedes, si du
moins le petit nombre de fragmens recueillis a Brentfort n'y
avaient point etc apportes d'ailleurs. On doit avouer neanmoins
qu'ils sont exlrcmement rares dans ces derniers depots; je n'eii
ai vu ni dans ces immenses collections d'os de toutes tailles, faites
dans le val d'Arno, ni dans celles d'Allemagne, ni daus aucun dc
g6 Zoologie.
rios depots de France, ce qui doit paraitre d'autant plus ex
traordinaii'e que les crocodiles vivent aujonrd'liui dans la Zone
Torride, avec les elephans, les hippopotames et tous les autres
genres qui ont fourni ces os. Cuvier.
137. M. Webb de Stamford a pris , pres de Eaton-Reck
(Long-Island), un poisson de /( pieds i pouce de longueur,
5 pieds 1 pouccs de largeur, i pied d'epaisscur et du poids de
a6o livres.Ce poisson a ete nomine par le docteur Mittchil, Cepha-
lus ou Hcad-fish.
i38. Genera of recent and fossils shells. Genres des coquilles
vivantes et fossiles; par J. D. C. Sowerby. N^^ XVII et
XYIII. ij^oj. les Bulletins de 1823.)
Le 1". de ces deux N''^ renferme la description et la figure
des genres et especes suivans : Anomia Ephippium ; Corbula
Nucleus etgallica, celle-ci fossile. M. Sowerby appelle, a pro-
pos de ce genre , I'attention des naturalistes sur le Hfja labiata
de Maton , coquille du Rio de la Plata et sur les especes fossiles
de la formation lacnslre de I'ile de Wight qui lui ressemblent.
II croit que malgre leurs rapports avec les Corbulcs il convien-
dra peut etre d'en faire un genre separe. — Ricinula horrida,
Lam.; Moms , digUata et var.; arachnoides — Trigo/iia mai-
garitacea. Lam. et costata, la i'". vivante, coquille tres-rare
et prccieuse, la 1". fossile. — Crcusia gregarea, N. Sp. Sow.
Le genre Creusia a ete etabli par le D"'. Leach dans le Sitppl. h
I'Encyclop. hritnnn. II fait partic des Cirrhipedes sessiles. M. So-
werby nous apprend que I'opercule des Creusia a 4 valves et que
le Lepas striata de Pennant [Cr. verrucca. Lam.) ne doit point
faire partie de ce genre qui est pourvu d'une base en forme de
calice ou de tube comme le suivant, et qui, comm<i lui, habile
dans les madrepores. — Pjrgoma ; les especes de ce genre
avaientservi a M. Leach a en etablir quatre, savoir: Pjrgoma,
Megatrema , Savigniurn et Adna. M. Sowerby ne croit pas
pouvoir les distinguer. Leur operculc est forme de deux par-
ties divisees chacune en deux valves. M. Sowerby en figure
deux especes, le P. crenatum {Savigniurn crenatum. Leach.), el
le P. anglicum {Adna anglica , Leach). Nous croyons que le
genre que nous avons etabli sous le noni de Boscie , se rapportc
aux Pyrgouies de M. Sowerby. , F.
IMPRI1V1ERIE DE FAm, PL/VCE DE L'ODEON.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
M %V» '%%««««««.«««<%•. W«/V%'/%'V'« «^^^ fc \ >« ^/^^/VV% X
GEOLOGIE.
iSg. 4e. Suite du Memoire de M. Conybeare sur la carte
geologique de I'Europe. ( Ann. of P/alos. , sept. iSaS. ) ( F.
le 3«. vol. du Bulletin de i8ii3, p. aSi.)
Lacraie. Cette formation s'etend sur un vaste espace, puis-
qu'elle va dcs Lords de la Tamise a ceux du Dniester, etnieme,
suivant IcD'. Clarke , jusqu'h ceux du Don. On pent du molns
supposer, par analogic , quelle existedans le centre de I'Europe,
quoiqu'eile sederobe a I'observateur dans plusieurs parties , etant
recouverte soil par des terrains de sediment plus recens (comme
aux environs de Paris), soit par des sables et autres terrains
quel'auteur nomme dilm'iens (comme dans les grandes bruyo-
res du nord de I'Alleniagne). On conuait suHisamment par les
cartes geologiques de France et d'Angleterre les limites du bassin
de craie dans ces deux pays. Sur les bords do la Baltique, cette
substance, sortant dedessous des terrains d'alluvion, se montre a
Tile de Moen, voisine de celle de Seelande en Danemari. et
dans le sud de la Scanie, ainsi que dans I'ile de Rugen qui tient
a la Ponierauie. Les mineralogistes allemands nous out fait con-
naitre I'existence de plusieurs lambeaus de craie chloritee verda-
tre, en Westphalle; et M. Conybeare a reconnu, tout pres du
rocher de gyjjse de Lunebourg , une carrlere qui avail echapjx;
jusqu'alors a I'attention des observateurs, et oii Ton trouve de
veritable craie, avec la plupart de ses fossiles accoutumes et ses
rognons de silex en bancs alternalifs. M. Boue cite aussi des cou-
ches appartenant a la partie inftirieure de cette formation entrc
Goslar, Halberstadt et Quedlinbourg, ainsi qu'a Prentzlow. L'Al-
lemagne meridionalc parait offrir aussi des inarnes cretacees et
de la craie chloritee , le long du pied drs Aipes; comme il y en a
B. Tome I. -^
q8 Geologic.
nussi, suivant M. Bone, en pliisieurs enchoits dii h.issin de la
Boheme, et mtme dans la vallce de TElhe, pivs de Drcsdc.
La craie se retrouve en Pologne, oil elle forme une suite de
collines paralleles aux Carpathes, et se piolonge par Leraberg
jusque dans la Riissie. M. Beudant en a marque sur sa carte, au
.N. du Dniester , jusqu'au N.-E. de Zaleszy/.y ; et , si I'on en croit
M. Strangways, celte localite serait la seule bien constatee en
Russia; ce que M. Engelhanlt appelledela craie, et qui serait en
Crimee, etant plutot un terrain Icrtiairo. II est a desircr que ces
points soicnt mieux constates, et qn'on nous f'asse connaitre Ics
limites precises du bassin de craie dans I'E, et le N.-E. de
TEurope.
Hors de ce grand bassin central, la craie se irouve encore,
lo. en Islande, ou elle forme la base des basaltes du N.-E. de
celte ilc, et contient les memes fossiles que ceux d'Angleterre;
?.". dans le S.-O. de la France ; 3 '. en Espagne , pres de Ccrvera ,
sur la route de Barcelone a Lerida, du moins si Ton peut comp-
ter sur les descriptions vagues qu'on en a; /,". en Italic, ou, sous
le nom de Sfii<^lia, la craie couvre rextremite des monfagnes du
Veronals. ^'- ^ '•
l/,0. ZUR INTEIXEKTCVXI-TN UWD SUBSTANTIELLEN MoRPHOLO-
GiE. Introduction a la Morphologic intellcctuclle et substan-
tielle, relativement a I'origine et a la formation de la tcrre ;
par W. nE Scniixz. !>■'•. livr., gr. in-8. Prix , i th. Leipzig;
i8ai; Brockhaus. {Leipz. Litt. Zeit., imv. iSaS, p. 3o5 -^
/>/., p. 'ill)
La morphologic est I'etude de la vie comme image ; elle doit
comprendre non-seulcment la vie dans la nature, mais encore ce
qui se passe dans I'esprit par rapport a la creation et a Toriginc
du "lobe. Celte espece de definition obscure du titre monire deja
asscz que c'est une dissertation de cctte ecole philosophique de
TAIlema^ne, qui se plait malheureusement a obscurcir les idees
au moyen d'un araaigamc singulier de phrases plus baroques les
uncs que les autres. Comme il ne reste rien a I'esprit apres avoir
luce verbiage, une analyse devient non-seulement inutile, mais
mcme impossible; d'ailleurs Ic recenseur dc la gazette n'y trouve
our des mots vides d'idces, ct n'cn lone que I'imprcssion et le
papier.
Geologic. 99
I 41, ESSAI sua LA CONSTITUTION GEOGNOSTIQUE TF.S PYRENEES ;
par J. DE Charpentier, directeur dcs mines du canton de
Vaud ; ouvrage coiironne par rinstitut royal de France ; av.
une planche et une carte geognosiique des Pyrenees, i vol.
in -8. de 65o p. Prix : i3 fr. Paris; Levrault.
L'auteur a divise son ouvrage en trois parties. II consacre la pre-
miere a decrire la structure physique exterieure des Pyrenees. II
y reunit un grand nombre d'observations sur la chaine en gene-
ral et ses dit'ferens rameaux, ses vallees, ses principals cimes ,
leurs "laciers, etc. II i'ait voir cpje la direction du faite de la
chaine, quoiquc partout la mcme, n'est pas une ligne continue,
mais quelle est formeededeux ligncs paralleles eritre elles, et se
joignant par une ligne coudee vers la source de la Garonne. Si, en.
partant de la Mediterranee , on suit la ligne de faite en allant
vers I'ouest-nord-oucst , et qu'on prolonge cette ligne jusqu'a
rOcean, apres avoir passe la Garonne, ce prolongement se trou-
vera assez constamment a une distance de 16,000 toises , aunord-
nord-est de la ligne de faite, de la partie de la chaine qui conti-
nue a I'ouest de la Garonne.
L'auteur ayant verifielui-meme tous cos documenssurla struc-
ture des Pyrenees, les taracteres de structure qu'il attribue aux
Pyrenees merlteront sans doute la confiance des geographes et
des naturalistes.
La seconde partie a pour objet de donner un apcrcu general
de la constitution minerale des Pyrenees ; et la troisieme ,
une description detnillee des divers terrains que l'auteur y a
observes.
Les terrains des Pyrenees se rapportcnt en general a ceux qui
ont etc observes ailleurs; ilssont disposes par bandes paralleles a
la direction de la chaine; la stratification y presente aussi , du
moins en general, la meme direction : ce qui confirme I'observa-
tion analogue faite dans d'autres montagnes. Mais un fait remar-
quable quepresentent les Pyrenees, est que la ligne des terrains
les plus anciens , ou des granites , n'est pas la ligne du faite , qui
en est rarement composee. Cette ligne, ou, coinme on I'a dit, cet
axe granitique, est assez gencralement sur la pente septentrionalc.
M. Ramond avait deja fait connaitre cette disposition , et M, de
Charpentier I'a constatee sur un plus grand nombre de points;
il I'a tres-bien representee par une planche qui est aussi
destinee a donner une idee des conjectures auxquelles II a ete
lOo Geologic .
conduit sur Ics degradations qui ont pu modifier la forme origi-
naire de la cbaine. EUe fait tres-bien concevoir I'exislence des
terrains de transition, etmcme secondaires, qui ont ete observes
en beaucoup de points sur le Ante meme des Pyrenees.
Nous ne pouvons pas suivre I'auteur dans les details qu'il
donne surchaque terrain. Ses descriptions sont faitesavee beau-
coup d'ordre et de clarte, et toutes renfernient des discussions
plus ou moins importantes qui ne peuvent qu'^tre tres-utiles aux
pro^resde la geologic. A la fin des terrains secondaires, Tauteur
a consacreun long article a cette roche amphibolique que M. Pa-
lassou a fait«connaitre sous le nom d'ophite : elle sepr^sente dans
les Pyrenees avec des caracteres de gisement tres-remarquables,
qui ont jete beaucoup d'incertitude sur la place qu'on doitluias-
signer dans la serie des terrains. M. de Charpentier parait n'a-
voir pas adopte a cet egard une opinion bien determinee; mais
le grand noinbrede faits qu'il a reunis, et les considerations qu'il
y a ajoutees , contribueront beaucoup a faire resoudre cette
question.
Les descriptions de I'auteur sont appuyees d'une carte geolo-
gique coloriee de toute la chaine des Pyrenees, sur une echelle
assez grande pour pouvo'r y suivre les differentes formations. On
y irouve principalement, et presque uniquement, les noms des
lieux qui sont cites dans I'ouvrage.
M. de Charpentier a reside quatre ans dans les Pyrtinees , et
presque tons les falls qu'il rapporte ont ete observes, on au moins
verifies par lui-meme. Nous pcnsons done que les geologucs lui
accorderont une grande confiance , et que les voyageurs qui visi-
teront apres lui les Pyrenees le prendront pour guide. Son ou-
vrage doit surtout interesser les Francais, puisqu'il leur off're la
description geologique detaillee d'une grande chaine quienglobe
le territoire de six departemens. Nous ne doutons pas que le tc-
moignage d'approbation que I'Academie royale des sciences lui
a accorde en lui docernantun prix, ne coiitribue encore a le faire
rechercher. "^^
142 LeTTRES sur L\ MINERALOGIF. OU DEl'ARTEMENT DE LA
Creuse , inserecs dans les A.nnuaircs de ce di'partemcnt
pour 1823 ct 1824.
Ces lettresjsignces du nom dc PJiilacide, sont ecrites par un
homme inslruil qui habitc le pays, le connait bien rt I'etudie
ciKore.
Geologie. , loi
La premiere lettre renferme une esqaisse geognostique du
departement , dont le sol est presqne entierement compose de for-
mations primordialcs, et dans lequel on ne connait d'autres ter-
rains secondaires que des gresbouillers occupant des espaces pea
etendus. L'auteur n'y a pas encore reconnu de formations inter-
mediaires, qui existent peut-etre dans les cantons limitrophes
du dcpartement de I'lndre. II indique successivement les forma-
tions primordialcs dcg^/wwzVc, qui constituela presque totalite des
terrains anciens du depart ement, de gneiss, deroches arnphibo-
liques et de poiphjre. L'auteur fait remarquer que ce dernier
terrain parait avoir rerapli le fond d'un bassin qui a refoule les
eaux de la Vouise et de la Tarde , de maniere a leur faire pren-
dre un conrs different de celui que semblait leur assiguer le re-
lief general de la contree. II fait connaitre ensuite les terrains
houillers qui reposent sur le granite dans six localites differen-
tes du dcpartement (un seul de ces bassins houillers se trouve
sur la limite des terrains de granite , d'ampliibole et de por-
phyre), et indique aupres de Gouzon un passage du porpliyre
au gres rouge blanchatre , et probablement de celui-ci au gres
houiller. Enfin , par appendice, l'auteur indique les formations
d'alluvion, qui sont en general pur^emcnt locales et peu eten-
dues ; il fait seulemcnt mention particuliere d'un depot argilo-
siliceux qui contienl une terre grasse propre a la fabrication des
poteries , et d'une breche ferrugineuse remarquable qui se trouve
pres de Cliatellus, en blocs isoles dans la terre vegetale.
La seconde lettre, inseree dans I'Annuaire de 1824, a pour
objet les richesses minerales du departement, et traite successi-
vement, 1". des mines dc plomb : une seule est connue et exploi-
tee a Morhat, le filon est tres-mince, mais tres-rcgulier ; 3". des
mines d'antimoine: on en connait des gites dans qiiatre localites,
dont deux ont etc faiblement exploites , un troisieme, celui de
Villerange , pres Lussat, va devenir Tobjet d'une concession et
d'ane exploitation; 3". des mines de houilles : on a reconnu des
terrains houillers dans les bassins de la Creuse, du Thorion, du
Cher, de la Veraux ; mais les seules mines exploitees sont celles
du bassin de la grande Creuse, situees entre Ahun et Aubusson;
ces mines, qui ne produisent annuellenient que 10 a 12 mille
quintaux metriques dc houille, sont susceptibles d'un grand de-
veloppement dans leur exploitation ; 4"- des indices de mines de
fer qui se niontrent dans quatre localites differentcs; 5". des
102 Geologie.
kaolins et des petunzes : ceux-ci sont assez communs; on n'a
encore rencontr^ que des kaolins impurs dans certaines roclies
granitiques (Ics beaux kaolins proviennent de terrains de gneiss et
d'amphibole); 6°. des argiles, qui abondent surtout dans la
vallee de la Creuse;7°. des^/w, dontplusieursparaisscntsusccp-
tiblcs d'etre dobites en ineules a aiguiser ; 8°. des minvraux de con-
struction , qui sont des granites et des porpliyres: plusieurspour-
raicnt etre exploitcs et debitcs en gros blocs; les cbainons gra-
nitiques les plus eleves fournissent les materiaux les plus tenaces.
L'auteur indique ensuite comme plusou moins iijpothetiques , les
indications qui ont ete donnees, sans renseignemens precis, sur
I'existence dans le departement de la Creuse de i;ites de cuivrc,
de pierre a chaux , de gypse , d'ardoise. II termine en appelant
I'attention des habitans du pays sur les recherclies de mines et
de carrieres , comme sur un objet de haut interet pour la contree.
Une troisieme lettre, ayant pour objet I'etat actuel de I'ln-
dustrie minerale du departement, et les moyens de donner a
cette Industrie plus d'activite , est annoncee pour I'Annuaire
de 1825. BD.
143. Description du pont naturel de L'AnnicuE; par L. A.
n'HoMBKEs-FiRMAS. {Jour. de Physique et de Chimie , etc.,
mars 1823, p. i33. Nouv. Ann. des Foy., aout, p. 208; et
Bibl. Univ. , juin. )
Le pont naturel d'Arc consiste en une arclie immense tra-
versant une montagne a pic. L'auteur propose d'y faire passer
la grande route de Barjac a Yilleneu\e-de-Berg. II expliquc
la formation de ce pont au moyen de la chute d'un immense
rocher calcaire , dont les fondcmens avaient ete mines par la
riviere. II ajoute que Ton -voit encore I'ancien lit de la riviere,
qui etait autrefois oblige de faire le tour d'une espece de pro-
montoire calcaire. Cette roche est d'ailleurs fort caverneuse dans
les environs , et a du ainsi se laisser facilement miner. De sembla-
hles trous se trouvent non loin dupont et auhameau de Saint-
Martin-d'Arc. La longueur de la voute est dc 78 pieds, la Lau-
teur sous le ceintre de io3 pieds, la largcur au niveau de I'eau a
1G9 pieds, et I'epaisseur du massif du jjont 98 pieds ■^. A. B.
144. NouvELLES OBSERVATIONS sur Ic terrain qui contient, en
Normandie (depart, de I'Orne ), le bois fossile a odeur de
truffes; par J. Desnoyers. {Ann. des Scienr. nat., lom. 1*^'.,
pag. 38.)
Geologic. io5
L'auteur annonce deux nouvelles localites du fossile en ques-
tion , savoir , Econche et Frenay-le-Buffard, dans Farrondisse-
nient d'Argentan. II commence par decrire le calcaire de Caen ,
qui prend souvent I'npparence du calcaire grossier de Paris ,
qui renferme des silex cornes dans une pate fine , et qui est
connu par ses debris de crocodiles et ses fossiles. Ce calcaire
forme souvent dans cette partie de la France, le sol des plaines ,
comme a Caen , a Falaise, etc. ; autour de cette dernicre ville
des proeminences nombreuses de gres pourpre (gres rouge an-
cien des Anglais ) et de scbiste intermediaire, percent les calcai-
les sccondaires borizontaux , et forment des especes d'iles decri-
tes jadis par M. Desmarest. Ces buttes enclavent des plaines qui
sont bordees d'oolites jurassiques superieures, et de calcaire a
polypiers ; tandis que les vallons de ces plaines offrent un calcaire
oolitique blanc ou une rt'uuion de bancs argileux , calcaires et
siliceux, appeles ordinairement calcaire d'Evrecy, et contenant
la tarluffite. Mais cette substance se trouve encore en abondance
pres de Falaise et Argentan , dans un depot de sables convertis
superieurement en rocbe calcaire. L'auteur detaille ce gisement
au moyen d'une coupe de la contree situee enlre la vallee de
rOrne, au moulin deSerans, etau point ouest d'Ecouche , et de
la cbaine ancienne de Neuvy. Sur les bords de I'Orne, des ro-
ches scliisteuses ou granitiques supportent des sables a turcbra-
tuics, beleumites , etc., qui sont reconverts par le calcaire d'E-
couche , qui est a bancs de silex et a cerillies. A Montgaroult ,
une preeminence de roclies scliisteuses anciennes separe le cal-
caire precedent de gres, et de gres calcariferes suivis d'une plaine
calcaire, ou se trouvent la tartuffite et beaucoup de polypiers
astroites. Apres cela , au vallon de Rouffigny s'eleve la chaine de
schiste , de mai-bre, ct de gres pourjno intermediaire j et ce
n'est qu'au-dela qu'on revolt le sable et le gres calcaire a tartuf-
fite qui repose quelquef'ois sur une argile a lignites. Enfin , l'au-
teur ajoute, 1°. que M. Menard a remarque une odeur voisinede
oelle de I'acide muriatl([ue dans certains bois fossiles de Roche-
fort, qui sont convertis en fer hydrate ct que nous avons vus
dans les sables du gres ferrugineux et vert; 2". que M. Boue a
trouve des bois calcaires odorans dans les environs d'Oxford, ou
leur gisement est dans Ic sable ferrugineux , ou peut-^tre dans
V 0.rford-cUej- , et que la friction developpe aussi une odeur de
Iruffes dans des retinites noirs de I'ile d'Anan. A. i?.
io4 Geologic.
145. FaITS pour SEBTIR A 1,'lIlSTOIRK KATUBF.LLE PES BLOCS SI-
TtfES DANS LE voisiNAGE DEs Alpes. Memoirc lu a la Societe
Helvctiqiie le 23 juin 1819 j par H. C. Escbeb. [Neue Alpina,
vol. Itr. , p. I.)
Ces blocs sont dans hi graiide \allee de la Suisse, ou dans les
parties infcrieures dcs vallees qui y aboiitlssent du cote du sud.
lis gisent sur des hauteurs aussi-bien que dans des vallons. lis
ont jr.squ'a 5o,ooo pieds cubes, el leur grandeur ne se regie
nullenient sur leur hiiuteur relative au-dcssus de la iner. lis sont
epars ou en amas; ils sont moins arrondis que les callloux des
rivieres; ils offrent des roches tres-diiferentes, variant d'une
vallee a I'autre , et appartenant aux montagnes des Alpes qui
sont situees vers les parties superieures de ces vallees. lis se trou-
vent surtout dans les endroits ou les vallees s'ehii gissent , et
quelquefois dans les vallcns Iransversaux aboutissant aux vallees
principales. lis sont distribues avec un certain ordre dans la
grande plaine suisse , ils s'y elevent jusqu'a 3,ooo pi. au-dessus
de la mer, et ils sont surtout abondans dans les points tournes
centre les Alpes, comme sur le revers sud-est du Jura.
11 yen a aussi dans les vallees decette dornierechaine qui sont
ouvertes du cote des Alpes. L'on peut deduire de ces fails les
conclusions suivantes: ccsblocsont ete ainenesparune revolution
plus recenle que le terrain terliaire de la plaine suisse ; lenr
distribution dans cliaque vallee est en quelque rapport avec cel-
le des cailloux roules des rivieres de ces vallees. lis aboudent
dans les endroits oii une crete de inontagne forme une espece
de digue dans la vallee, ce qui est analogue a ce qui arrive dans
les rivieres. Celte analogic se retrouve encore dans )e fail <(ue les
blocs gisent surtout dans des plaines situt'cs a la sortie de quel-
que vailee etroite, etc. 11 paraitrait done ])robable que le cliar-
riage de ces blocs est du a une eau courante: Ces especes de
debacles ont peut-etre eu lieu en ineme temps dans les differen-
tes vallees, puisque les differenscailloux deposes dans les bassins
ad'acens I'un a I'autre, se melent au point de contact de ces
bassins. Les ruptures violcntes qn'on observe a la sortie dcs val-
lees des Alpes seniblera lent bien indiquer I'existence nncienne de
parcils torrens , el la promptitude de ces debacles a du etre
grande , vu que les blocs sont peu arrondis. I.'auteur rejclle les
calculs que M. de IJuch a fails sur la vilesse avec laquclle les blocs
ont d6 destendre des Alpes, crreur quo M. de Buch a d'adlcurs
Geologic. io5
reconnue lui-meme plus tard. M. Escher propose ensuite dcs cal-
culs semblables qui le conduisent a croiie que Ics blocs auraicnt
pu arriver des Alpes sur le Jura , et traverser ainsi la -vallee du
Leman, s'ils avaient ete seulement mus par une -vitessc de lyS
pieds par chaque seconde. Son memoire se termine pnr une
comparaison des effets de la debacle de la vallee de Bagnes avec
ceux qu'on doil attribuer a la debacle qui a charrie les blocs. A. B.
146. Note sur le ores mollasse, faisant suite a la notice sur le
vegetal fossile trouve a Monrepos. ( Foy. ci-apres , n". a33.)
( Feuille du canton de Vaud , torn. VII , p. 325. )
Les roches arenacees tertiaires de la Suisse percent des amas
de gravier , et comprennent ie nagelflue. La preiniere de ces ro-
ches repose sur des couches d'un gres fin , qui alterne avec des
couches de marne et quelquefois avec des couches de houille de
mauvaise qualite. Ce gres renf'enne rareraent des ammonites.
L'inclinaison de ce systeme de couches est au sud ou au sud-est,
et il forme le long du pied septentrional des Alpes, une bande
de deux a trois lieues de largeur , qui repose sur le calcaire alpiu.
Le gres mollasse a un grain fin, et il est calcaire et micace, et
comprend des marnes et du gypse fibreux a Cremin, Combre-
mont, et pres d'Estavayer il y a des especes de breches co po-
sees de bivalves (Cytherca donax), etc.; ces bancs reposen sur
des gres alternant avec du calcaire brun , a coquiiles fluviatiles
(Planorbes), et du lignite.
II paraitrait done que la partie inferieure de la mollasse ren-
ferme des coquiiles fluviatiles, et les couches superieurcs des co-
quiiles marines. L'iiuteur croit devoir en deduire que le meme
terrain a ete reconvert successivement d eau douce et d'eau salee,
ce qui serait coiifirme par le gisement du Cliamoerops de Mon-
repos. La mollasse formant le restc de la plaine Suisse est plus
recente que le nagelflue. A. B.
1/47. Sua LES TERRAINS SCHISTEUX OV VaLAIS; par M. LaRI'V,
conseiller des mines. ( Mineral. Taschenh. de Leonkard.
1823 , p. 767. )
Ces terrains occupent plus de 3o lieues en longueur, sur une
largeur qui varie, etant la plus grande entre Sion et Herntanche
ct tres-potite entre Oberwald et Zumloch. lis paraissent reposer
sur le gneiss ct sont reconverts par un calcaire scliisloide qui , a
mesurequ'ils'elcveau-dcssus du schibte,dcvienl scmbliiblc aacal-
io6 Ge'ologie.
c;iire ties Hautes-Alpes qui separent le Valais du canton de Vaud.
M. Lardy n'ose affirmer que les schistes du Valais appartiennent
aux terrains de transition, bicn qu'ils aient les plus grands rap-
ports avecles roclies de la Tarentaise, dociites par M. Hrocliant,
parce qu'alors il faudrait rapportcr aussi a la menie formation
les gneiss et les micascliistes qui sont au pied de la Furca. C. M.
i/j8. KoTE SLR LES EAssiNs TERTiAiREs: i". dc la placc Saint-
Dominique, a G6nes; 2". de Sestri di Ponenle; par Laur. Pa-
RETo de Genes. ( Ann. des Sciences natur. , torn. I, p. 86. )
Les terrains tcrtiairesnese montrent que sur peu de points du
versant sud des Apennins , el n'y sont qu'en petits lambeaux,
comme le long dc la riviere du Ponent , oil ils fornient plusieurs
pelits bassins ouverts transversalement aux contreforts qui
aboutissent a la mer. On en voit dans Genes , a Sestri di Ponente,
a Arenzano, et pent etre a Savone et a Albenga. Celul de Genes
a un quart de lieue de long ; il repose sur le calcaire de transition
du caj) de la Cara, et il est compose inferieurement d'une arglle
marneuse micacee, bleue et coquilliere, semblable a celle de Castel-
Arcuato, et contenant plusieurs coquilles del'ai'giledu Parmesan.
Des fragmens de bois et des fruits de coniferes s'y rencontrent,
et des sables jaunes la recouvrent.
Le bassin de Sestri est dans le vallon de Borzoli, et est en-
caisse entre des montagnes serpentineuses et schisto-talqueuses,
roches auxquelles parait subordonne le calcaire siliceux de la
inontagne de Gazzo , qui est ii I'ouest. Ce depot dc couches
presque liorizontales est compose, 1". de'io a 4^' pieds d'une
argile bleue coquillere, melee de bancs de cailloux de serpentine et
de calcaire alpin ou de transition; des trous de pholades sc
voient dans ces derniers ; 2°. de 3 pieds de sable jaune co-
quiller et a cailloux; 3o. de 5 a G pieds d'argile bleue un peu
sableuse; f^". de /j a 5 alternances semblables formant une puis-
sance de 10 a 12 pieds; 5". enfin des sables su])crieurs jaunes a
debris de roclies serpentineuses el contenant des Peignes. L'ar-
glle bleue est dite contenir une grypliite.
Le bassin d'Arcnzano est un amas d'argile bleue a buitres.
La note se termlne par I'enumeration des coquilles fossiles de
ce terrain tertiaire, qui est le meine que celui de I'autre cote
des Apennins, quoique les cailloux renfernics dans le premier
paraissent avoir plus de rapport avec les montagnes voisines
qu'ils n'cn out dans le second.
Geologie. 107
M. Alex. Broiigniart ajoute,en note, qu'il a reconnu le meme
terrain tertiaire et les memes coquilles sur la petite colline de la
Costa , pres de San-Remo. Un sable calcareo-siliceux j:ainatrey
alterne avec de Targlle flgullne bleuatre, coiitient des cailloux ,
et git a 3oo pieds au-dessus de niveau de la mer. A. B.
149. Sur des couches de lignite. ( Craunrohle), qui se sont
enflammees spontanement et continuent abriiler depuis quatre
ans dans une mine du JFcsterwald. Par M. Stifft , conseiller
superieur des mines. ( Mineralog. Taschenbuch de Leonhard,
3*^. partie, 1823, p. 475. )
Les couches de lignite qu'on explolte dans le nord du duclie
de Nassau alternent avec des coi'clies de basalte etd'argile. L'au-
leur s'attacliepartlculierementarecliercher les causes del'inflam-
mation qui a eu lieu dans une mine de ce combustible nommee
Orange ( Oranien) sur le lerritoire du village de Stockbausen au
bailliage de Marienberg. II la croit spontanee , et ne pense pas
meme qu'il soit possible de mettre le feu par malveillance a une
matiere aussi imbibee d'eau. II indique les mesures qui ont ete
prises pour arreter les progres de cet incendie souterrain , et
dccrit les plicnomenes produits , dans cette circonstance , par la
combustion du lignite. C. M.
i5o. Sur des filons de easalte reconnus dans le mont Taunus
au pays de Nassau; par le meme. ( Ibid, p. 5oi. )
On avait pu croire jusqu'a present que la cliaine de hauteurs
connues sous le nom de mont Taunus ne renferraait point de
basalte parce qu'on ne les y voyait point formant des eminences
parliculieres ; mais on a reconnu depuis peu que cette roclie se
trouve en plusieurs endroits de la pente de ces montagnes ducolo
du N. O. en filons dans le scliiste ou la grauwacke, notamment aux
environs de Wisbnden, oil elle est exploitce pour le pave de cette
ville pour f'crrer Ics routes, comme la grauwacke Test aussi pour
les constructions. M. StilTt decrit dans ce memoire la maniere
d'etre du basalte dans cette localite; il a observe que les points oil
le basalte se montresont disposes eulignesparalloles dont la plus
lueridionale va de Zellers/>opf a. Sonncnbcrg , ct qu'il en est dc
meme des uombreuses sources d'eau inimirales que posscde Ic
duchc de Nassau. C M.
io8 GMogie.
151. PrKSF.WOK DU GRAMt AC.r.()MPAG?JK DF liASALTE SfR LF
SCHNF.EGRUBE , DANS LE RieSEN-GEEIRGK , L'Xtiail duiie IcttrC
de M. BvRKHART a M. ISooGtRATH. [Mineiol. Taschenb.; li*.
part., 1823 , p. 83i. }
II y a plusieurs cavitt'-s sur la cime grnnifique An Riesen-ge-
birge, qui renfernientde la neige cnetecomiDoau-dessusd'Ajjne-
tendorf ct dc ScliicibciMu. Cost dans le voisinage de ce dernier
endroit que ce trouvent lescavites appelcesgrosse-sclmeegrube et
kleine-scJineegrube. Celte derniere contient du basalie qui se
montrc sur son cote occidental. Le basalte et le granit s y pene-
trent mutuellement ; la premiere roclie tabulaire ou prisniatique
renferine des fragmcns de granit el quelqiiefois de la steatite et
des zeolithes. Le granit des envii'otis n'est riullement altcre. A. B.
152. Observations iie M. Pusch , professeur a Riefce sur ce
qui concerne la Pologne et la (lallicie dans la description geo-
gnostique que IM. deOEynshausen a donnee de la HauteSilesie
et des pays voisins. ( Mineral. Taschcnbuch de Leonhard. —
1823, !\'^. livraison , p. 75i. )
II s'agit principaleiuent dans ces observations du gres qui re-
couvre le terrain salifere de Wieliczka et qui alternc mcnie avec
le sel dans la Gallicie orientale aussi-bien qu'au dela de la I'ron-
tiere de Hongric. IVLde OEynliausena regarde cette roche coniuie
une grauwackc, el 31. Beudant conime une mollasse, taiidis f|ue
M. Pusch la rapportc a la raeine ^poqiie de formation quo le
gres bigarre qu'elle remplacc suivant lui. II niequ'oii alt vu uulle
part les masses de sol de AVieliczka et de Polchemia reposer sur
la grauviackc. Personne, dit-il , ne sail encore sur quel ter-
rain ces masses sent placees; au surplus il renvoie pour les preu-
ves detaillees de tette opinion a un Voyage geognostique dans
une parlie des monts Carpallies , etc., qu'il est occupc a lair^
iraprimer. Nous attendrons que cct ou\rage nous parvienne
pour eu rcndi-e complc. C. M.
i53. Description des cavitks souterraines, decouvertes a
Bilcze eta Czottow en Gailicie et dans les environs dela Podo-
lie. ( Arch, far Gesehichte, mat iSaS, p. 307. )
Des ancicnnes chroniques d'eglise out engage M. .lean
Climiclecki a examijier les cavilcs souterraines dc la Podolie ; il
a commence par le tlistrict de Bikze ou il y a beaucoup de rar-
riercs et d'amas de gypse et oil il en a decouvert par suite du son
Geologie. 109
creux de certaincs parties du sol. II s'est enfoncn dans une de
ccscavites qui lui a parii composee de galcries xiatTirelles tortueu-
ses et de salles spacieuses , dont quclques - unes ont ete agran-
dies par les hommes. II n'a pas pu parcourir tous ces labyrinthes
souterrains parce qu'il n'avait pour se guidcr qu'un fil de 3oo
toises de longueur, et il y a trouve plusieurs iistensiles et en parti-
culier une piece de monnaie en argent avec Finscription d'Adrien.
A. B.
l54. SUR LA FORMATION DES TERRAINS DE TRANSITION DE SuEDE ;
par le D'". Forchhammkr. (y//?««/. o/f /2//., juillet 1823, p. 16.)
Les monlagnes primitives quiseparentla Norwegede la Suede
s'elevent a 8000 pieds, et leurs tranches laterales nombreuses
donnent lieu a beaucoup de saillies et de plaines.Les forraations
interniediaires occupent surtout ces dernieres ; chaque grand
lac de Suede a ainsi son terrain de transition. Les roches inter-
niediaires s'y rapprochent par leurs fossiles, la regularitc et le
peu d'inclinaison de leurs couches, des depots secondaires, quoi-
qu'ils s'en cloignent par leurs roches porphyriques, granitiqueset
quartzeuscs.Lescretes desinontagnes primitives separentsouvent
des systemes de roches de transition sans liaison I'lin avec I'autre,
a cause de la superposition differente de leurs roches communes.
II y a cependant une exception pour les chaines de moiitagnes
partant d'un point. Les fossiles de ces terrains sont eu quelque
rapport avec les lacs.
Le gres est la roche la plus abondante, il est quelquefois im-
prcssionne ou du moins il semble I'ctre. Sur ce gres plus on inoins
grossier du mont Svuddu et d'unc partie de la rrete priiicipale
eu Dali'carlie , il y a une formation etendue de porphyre avec
des breches fcklspathiques et de la sienite. A Aasbye la sienite
est zirconienne. II y a des exemplesdeces roches dans une posi-
tion presquehorizontale oubien verticale, ellegraniteallerneavec
des lits minces de calcaire a Rattwick et sur le cote nord du lac
de Siljan. La montagne d'Osmundsberg est la plus riche en fossiles
( trilobites , madrepores , etc.); ils y sont dans un calcaire. Les
aulres roches de transition de la Suede sont le schiste argileux,
siliceUx, alumineux et novaculairc.
L'ile de Gotland est composoe de la masse calcaire la plus
epaisse de la Suede ; clle est compacte el < oquilliere au contact
I TO Geologic.
<le cos (liff I rentes assises. Le pliacite est particuller au calcaire
tie cette ilc.
L'ile d'OEIand est eoinposte do calcaire interniediaire a trilo-
bites, qui repose sur un gres tres-compacte et des scliistes bitu-
niineux a lits de calcaire letide. Dans la AVestro-Gotliie Ton voit
au-des3us d'un plateau de gres, des gres s'elevant a 3i8 pleds
au-dessus de la mer, des schistes alumineux de 78 pleds d'epais-
seur, des calcaircs de 202 pleds d'epaisseur, qui sont cristallins
dans le has , compactes a trilobites plus baut, et rouges et a
ortboccratites lout-a-falt superieurement ; des schistes argileux
de J 22 pieds d'epaisseur, une roclie brune jaspoide et une rochc
ressemblanl aungres, et enfm du grunsteln quelquefois prisma-
tique.
La plus grande masse de transition sc trouve a Falkjoping ;
une plaine de gres supporte trois plateaux de calcaire. Dans trois
montagnes I'on voit au-dessus les roches citecs dans le mont
RinnekuUe le trap s'elever a A70 pieds au-dcssus du calcaire
ou a 730 pieds au - dessus de la plaine. Dans la montagne de
Kenneberg,ilatteintune epalsseur de 128 pleds, etdans celle de
Ilalleberg 166 pieds. Le trilobite parodoxissimus est propre a
cette contree. Les anoines,les madrepores et coraux ne s'y trou-
vent qu'a 800 pieds au-dessus de la mer dans une espece de gres
schisteux place sous le trap.
L'Ostro-Gotble , le Nerike et I'Upland ne prcsentent que des
graviers et du sable. Dans la Scanle la formation interniediaire
est cachce le plus souvcnt sous des depots semblables. A Giadsen
il y a dans une roche de quartz, un filon plumbifere a chaux flua-
tee octaedre. Le griinstein forme tiuclquefols des filons de plu-
sieurs millcs de long dans Ic terrain de transition , de raanicre
fpi'apres la destruction des roches schisteuses le trap a I'air de
former des cretes cscarpccs de 20 a 3o toises de large. Leschiste
alumineux a etc deja exploite a Andrerum jusqu'a /,oo pieds de
profondeur. ^- ^-
l55. OBSERVATIONS SUR LES KOCHERS nil MONT SoRREI,, do la
Foret de Ciiarnwood, et du voisinage de Grooby dans le
Lciccstcrsliirc; par W. Phillips, et Samuel Luck Kent; avec
une planche. {A/ifi. of T'hilox., janv. 1824, p. i.)
Lrs auteurs coinmencent par la topographic de ce district
inonlueux, dont le i>lus baut point a 853 pieds au-dessus de b
Geologic. 1 1 1
mer. T.e mont Sorrel est granitiquo, I'ampliibole s'y assocle sou-
vent avec les autres elemens du granit; rcpidote y est fort re-
p.indu et le f'eldspath ordinaire y est souvent remplace par la
cleavelandife. Cette roclie renferme des portions irregnlieres
contemporaines, composees de quartz, de felspath, d'amplii-
bole et de chlorite, et aussi des filons d'une roclie semblable ou
d'une niatiere steatiteuse.
Les roches de Charnwood-fbrest sont schisleuses sans i-estes
organiques; elles varient beaucoup ; elles deviennent tanlot tal-
queuses et tantot d'une compacite voisine de celle du feldspath
compacte. Le quartz grenu y forme des bancs ou des filons. II y
a aussi des roclies porpliyriques. La direction du clivage de
ces schistes est toujours presque de O. N. O. a E. S. E., ou bien
du N. O. a S. E.; mais la decomposition divise les differentes
couches de ces roclies en feuillels inclines diversement, comma
par excmple au pied du mont Old-Johnhill , dont I'auteur donne
une figure. A la cime du mont Beacon la rneine cause a produit
des masses prismaliques dont I'auteur figure un exemple.
Cos roches schisteuses ont le plus grand rapport avec cclles
dupays de Gailes, mais leur direction dans cette dernierc con-
tree est du N. E. au S. O. Les roches de Grooby et des envi-
rons sont amphiboliques a epidotc; elles formcnt des cretes et
renf'erment des diabases sienitiques a feldspath rouge associe a
une substance verdatre, qui est peut-etre de la cleavelandite. Du
fer oxidule octaedre et des pelits filons de chaux carbonatee ma-
gnesifere s'y rencontrent. II y a aussi un filon de quartz et de
chlorite a Test de Grooby. A. B.
l5G. EsQUISSE DE LA GEOGNOSIE n'uNE PAR TIE DE LA COTE DU
Northumbekland; par W. C. Freveltan. [Trans, of the
tFcrnerian Socict., vol. 4, part. 2, p. '^53.)
L'auteur y detaille les curiositcs geologiques de la cote, cntre
Budle-Granery et Iselstone ditns le Northumberland, et decrit
les lies de Holy-Island et de Ferne-Iles. Les roches trapeennes
y sont associees de la maniere la plus bizarre avec les gres, les
argiles schisleux et les calcaires de I'age du calcaire a encrines
des Anglais. Le trap y parait en masse tantot dessus et tantot
dessous ces roches, ou les traverse sous la forme de filons, ou
bien meme empato des portions des roches ncptuniciines. r>e
trap altcre asscz souvent ces dcrnieres; le calcaire devicnt oris-
112 Geologie.
tallin ca et la. Une esquissc detaillee des principaux accidens
geologiques et de la succession des masses accorapagne ccl in-
tercssant memoire , dont I'analyse est impossible. Les iles de Sta-
ples-lies et de Fenie-Iles soiit composecs presque luiiquement
de trap. ^- ^•
157. Notice site des depots tharins, sur lesbords du lac Lo-
mond; par M. Adamson. {Tran\. 0/ the IFerner. Societ., v. 4,
part. 2, p. 334.)
Le lac Loraond, pres de Dumbarton en tcosse, nest separe
de la Clyde et de I'eau salee que par une etendue pen considera-
ble de pays occupe par des alluvions. L'auteur decrit sur les
bords de ce lac des depots coquiUiers marins. L'un d'eux se
trouve sous une masse de cnlcaire, et le Mrtilus edulis est em-
pate dans un tuf calcaire dont la surface presente des Planorbes
et des Helices. Get endroit est sur la cote E. du lac, a deux milles
N. O. du debouche de I'Endrick , et sur la cote nord de la
chaine des iles qui traversent le lac. II y a encore deux autres
localites semblables dans des bales ouvertes du cote du nord,
I'une dans I'ile d'lnch-Lonach vis-a-vis de Luss , et I'autre dans
I'angle S. E. du lac. Les coquilles marines commencent a y pa-
raitre environ au point intermediaire entre les plus hautes
et les plus basses eaux, c'est-a-dire entre la hauteur des eaux
en hiver et en etc, ce qui donne une difference de six pieds.
Une argilo brune y renferme soas du gravicr beaucoup de
coquiUages marins des c6tes Ecossaises, tell<^s que le Nerita glau-
cina, Cardlum edule , Venus striatula , Pectcn oh.wletus , Bala-
nus communis. Echinus esculent us, etc.; et ce depot est cepen-
dant a 22 pieds au-dessus du niveau de la mer. A. B.
i58. Geognosie du pays qui s'etend depuis la baie d'Hudson
jusqu'a la mer polaire. (i:o/eJ. Mog., nov. 1823, p. 553.)
Get article n'est qu'un extraLt de celui du Journal pliilosoplii-
quc d'Edimhourg pour i823, et de la partle geologique du
Voyage aux regions aretiques de I'Amerique septentrionale par
Ic capitaine Franklin. ^- ^•
iSg. Observations sur les alluvions du Mississipi , par
M. Bringier. ( Gentl. Magaz., nov. i823, p. 4^2, tire de
y American Philos. Journal. ]
Tqute la Louisianeest un pays fort recem.nent convert d'eau.
Geologic. 1 1 3
I.e Mississipi avec ses alluvions peut etre consid^re comme un
fleuve coulant sur la cirae d'une moutagne, ilont le plus liaut
point est a une elevation de 14 pieds , ct donl la base a im dia-
metre moyen de 3 milles et repose sur des marecages, tandis
que ces derniers ont plus de y pieds au-dessus des inarais des
bords de la mer, pendant un espace de 2i5 milles le long du
fleuve. II paraitrait que les matieres deposees dans les grandes
crues d'eau du Mississipi ne retournent pas dans son lit , d'oii
Ton pourrait se faire une idee de la quantite de bois et de sub-
stances ainsi deposees , si Ton savait I'epoque ou le fleuve a
commence ces chai'i-iagcs. (Jepcnd.\nt on peut !e soutjconner jiar
la quantite de niateriaux cliarrii'S dans la riviere d'Achafalaya,
pres de laqiielle plusicnrs centaines de milles ^orlt changes en
tas de bois, qui disparaisscnt tous les deux ou trois ans sous
des lits de sables et de i'enilles. De cettc maiiiere le lit de I'A-
cliafalaya est allernativrment recule a 4 on 5 milles a I'est, ou
2 ou 3 milles ii I'ouest , mais surtout a Test , ou cette riviere a
gagne plus de 10 milles depuis qu'elle est devenue un des de-
bouches du Mississipi. M. Bringier a calcid(5 que dans une mi-
nute , I'Achalafaya charriait a son embouchure 8000 pieds cubes
dc bois en troncs d'arbres; si Ton ajoute les feuilles , les bran-
ches et les malieres sedimentaires, on peut evaliier le depot
annuel du fleuve a 36 milles cubiqucs. Dans les iles du Mississipi,
il y a des anias de bois immenses ; le plus grand rst sur le bord
de Red-River, et a Go milles de long, et dans plusieurs tsndroits
i5 pieds de large. Cette accumulation de conlferes el de feuilles
donne sans doute lieu a la formation de bois bitumineux et de
varietes de houllle, et ainsi une partie du continent non-seule-
ment s'accroit, mais s'eleve encore sur une etendue de plusieurs
milles. Des courans s'engloutissent sous ces depots et reparais-
sent jilus loin. A. B.
162. Memoire sur i,f,s rapports qui existent entre certalnes
elevations de la surface de la terre et Taction des volcans ,
par M. J. Mac Culloch. (Jouni. dc Phys. , et de Chimie, etc. ,
fevrier 18x3 , p. Sy , et mars, p. 102. )
Deux theories ont ete proposees pour expliquer la hauteur a
laquelle se trouvent des depots marins. L'une n'y voit que le
fond de la mer qui a ete decouvert, tandis que I'autre sujjjjose
que ce fond a change de place. Deluc, j)Our expliquer <;e chan-
H. ToMf. T. 8
ii4 Geologic
gement , a eu recours a ties ccroulenicns , ct Hiitlon a des v\e^
vations au moyen d'tiiie force souteiraine. Ij'ick'C dc Deluc est
beaucoup moins probable que celle de Hnlton, proposee deja
par Antonio Lazzaro Moro. L'auteur commence par raconter
I'apparltion de plusieurs iles , soil dans rarchipel grec , soit
dans les Arores, puis il esl conduit a atlribuer I'apparition des
terrains tertiaires des Apennins a une elevation a peu pres de la
meme nature , et il clicrclie a etayer cette opinion des fails cites
par Brocchl et d'autres geologues. Apres avoir parle ainsi suc-
cessivement des tlepots de coquilles , de poissons et d'ossemens
de ritalie , il passe aux iles ou recifs de coraux , et il decrit la
manlere dont les polypes s'elevent du fond de la mer et par-
viennentenfin a former des iles. Les details interessans emprun-
tes surtout aux observateurs qui ontaccompagne Kotzebue, etc.,
sont suivis de quelqucs idees sur la formation par elevation des
iles volcaniques etcalcaires de I'occan Allantique et de la mer du
Sud. II applique cela a la formation des chaincs du continent,
et fait voir, par exemple, que le grand rccif de la Nouvelle-Hol-
lande est comparable a la cliaine du Jura , et il terniine en sup-
posant que les polypes produiscnt la matiere calcaire par la de-
composition des sels calcaires de I'Ocean. A. B.
i63. Nede Beytrage zur Geschichte der Pviieinischen Yul-
RANE. Nouveaux memoires pour servir a I'liistoire des volcans
eleints de I'Eifel et du Bas-Rliin; par Steininger. 2'. volum.,
avec 2 lithogr. Prix : 1 ih.Mayence ; 182 1 ; Kupferbcrg.
l^ous avons annonce dans le Bulletin de Janvier I'ouvrage de
M. Steininger sur les volcans dc I'Auvergnc, en cilant celul de
ce geologue sur les volcans du Rliin; cc dernier elanl peu connu
des geologues fraiicais et anglais, nous allons en donnerici unc
idee succincle.
M. .Steininger commence d'abord par decrire la chainc schis-
tcuse intcrmcdiairc entre Bonn et Liege, et y parle des depols
houillers d'Esciiweiler , d'Alx-la-Cliapclic, ct de Liege, et des
dies et des calcaires plus reccns. II donne quelqucs details
interessans sur quelques petrifications rares de I'Kifel , et sur
la formation d'eau douce , pres du Sicbengcbirgc , qui est plus
recente que les lignites.
II narlage ensuileles vclcansdu Rliin en aiicicns et recens; il de-
crit les ponces, et taclic dc inoutrer que ccs volcans out ele aetifb
Geologic. ii5
a une epoque intcrmediaire entre eelle de la creation actiielle et
celle qui I'a precedec immediateiiient. Une partie des vol-
cansdu Rhin otaient encore en activite avant que les cailloux de
basalte ne fussent deposes dans la plaine.L'eau s'etait deja abais-
see a son niveau actuel , quand la plupart des volcans de la
gauche du Rhin firent leurs eruptions. L'auteur place les anciens
volcans dans I'epoquc des lignites. Les basaltes recens contlen-
nent de I'augite et de I'olivine, tandis que les roches volcani-
ques anciennes sont distinguees par leur amphibole et leur
feldspath. La chaine du Slebengebirge y est demontree volcani-
que. Les volcans de I'Eifel sont plus recens, et bien caracterises
par les crateres, les mares, etc. ; mais ils indiquent partout peu
de force. En fin l'auteur donne quelques details sur les roches
calcaires anciennes de cette contree , sur les tufs calcaires , sur
Torigine ignee probable des traps du Palatinat du Rhin , et il
ajoute a son travail la representation de la carriere de basalte
de Kirchweller, et celle des volcans de Gerolstein et duMosemberg,
pres de la mare de Meerfeld. Les idees ignees de l'auteur s'y
trouvent fortemcnt appuyees. A. B.
164. Premiere eruption connue dd Vesuve. ( Wien. Zeit.
Juillet 1823, pag. 733.)
Cette eruption du Vcsuve sous Titus , en 79 de I'ere chre-
tienne, est trop connue pour s'y arreter; Herculanum fi^t en-
sevelie sous des cendres et des scories accompagnees de torrens
d'eau , et Pompeia sous une pluie de matieres volcaniques. L'au-
teur pense que les habitans out eu le temps de se sauver, et
qu'ils ont deterre leurs objets les plus precieux. On a commence
a deconvrir les resles d'Herculanuni en 1738, et ceux de Pom-
peia en 1748. II n'y a encore que le quart de cette derniere ville
deblaye, et, en juillet 1821 , cet ouvrage occnpait 80 a 90 per-
sonnes. A. B.
i65. Sur l'eruption du Vesuve du 22 octobre 1822 ; par
C. Schnktzer. ( JVicn. Zeit., mai 1823 , pag. 529. )
Du 18 an 21 octobre s'annonca l'eruption du Vesuve qui a
ete la plus forte depuis 1794. Le 22, le cratere elait entoure de
nuages noirs et d'eclairs; a deux heures apres midl, il s'en eleva
une colonne coinme celle decrite par Piine le jeune.
La plus forte explosion dura jusqu'a minuit; le 2 3, a 4
1 1 6 Geologie.
heuros (1ti iTuilin , il sortit uiic Ircs-grande flamnie, et la lave
se repandit de la circonf(5ipnce du cone a chaquc eruption. La
lave forma quatre (orrens, dont I'un s'ctendit vers Resina et le
long dii cliemin de rErmite; le second se dirigea sur le cote sud-
est du cratere sur une ancienne lave ; le troisieme sortit du pied
du cone ct pril la menie direction que le precedent; et le qua-
tiieme alia vers Torro-del-Greco sur le cote sud de la montagne.
Dps pluies de cendres obscurcirent Fair et ne cesserent un peu que
le 24. Le 25 , ces matieres furent portees jiisqu'a Poestum, a 56
milles de distance. Du 25 au 26 il pint beaucoup, et le cone
s'etait affaisse sur une hauteur de 5o toises. Le 27 il y eut une
pluie boueuse ; et enfin le 3 1 octobre le ciel etait redevenu
serein, quaiul , le 2 novembre, il ressortit encore de la furaee,
ce qui dura jusqu'au 4-
Pendant I'eruption , on n'a pas i)u s'en approclier plus pres
qua deux heures de distance ; il y eut ca ct la jusqu'a 8 pieds
de cendres et de lapilli. Cette eruption explique clairement la
destruction de Pompeia. Les toits des maisons ressortirent seuls
des cendres dans les hameaux de Somma et d'Ottajano. L'eau ,
dissolvant les parties calcaires , citnenta les sables volcaniques.
Qtiaire mille liabitans ont perdu leurs gites par suite de ce ter-
rible plienoniene. A. B.
ifiG. Eruption nu Vesuve du 22 octobre 1822. [Geist derZeit.,
juillet 1823, pag. 1 13. )
L'auteur y donne des details sur I'tTupfion et sur une tenta-
tive de s'approcher de la coulee de lave pres de Resina. A. B.
167. Tremblemens de terre et eruption d'un volcan en
IsLANPE. ( Phil. Mag., SQ^Xemh. 1823 , pag. 233.)
68. Eruption d'un volcan en Isi,ande.( Loud. Lit. Gaz., 20
septembre i823, pag. 606. )
l6n. LeTTRE d'IsI.ANDK au SUJET d'uNE GRANDE ERUPTION RE-
cENTE d'un volcan. ( Mo/it. M(ig:, nov. 1823, p. 3l2.)
T,e volcan qui est le sujel dc ces trois articles, est le cratere
Kotlugjan , situe dans le district deMyrdals-.I6kel , qui avail ete
tranquilledepuis 68 ans , ou depuis in55. Celte eruption causa
dc tels desastres, quo la population de I'lle diniinua de 9,744 per-
snniics. La temperature douce de I'hiver, suivie d'un printcmps
Geologie. iiy
assez fi'oid et sec, fut I'avant-coureur de I'^ruption, qui eut
lieu du 22 au 26 juin.
Le 22 , on entendit une detonation et du bruit dans I'interieur
du glacier de Myrdals-Jokel , et on apercut des eclaiis ; mais ie
26 , I'eruption coinmenca par une grande pluie de cendres et de
ponces , qui tomba au pied de la montagne. Cette derniere fut
enveloppee de fumee et d'eclairs ; on ressentit des tremblemens
de terre; la neige de la montagne se fondit , et en couvrit le
piedde matieres boueuses. Les cendrcs furent portees meme a 100
milles de la cote, et le vent les dirigea heureusement vers la iner.
Les seinailles ont souffert du printemps froid , de la chaleur de
juillet , et de la glace du Greenland , qui de la cote nord-ouest a
ete portee et est restee long-temps stationnaire sur la cole du
Norland. A. B.
170. Seance de la Societe geologique de Londres. 5 decemb.
1823.
On a lu une notice intitulee : Observations sur la geologic de
Siam et de Cocliinchine, de ceriaincs iles de I'Archipel indien,
et d'une partie du continent voisin; par M. Crawford, membre
de la Societe geologique.
1^ deceinbie i8'2'3. — TJn memoire contenant des observa-
tions geologiques, recueillies dans un voyage en Perse, de Bu-
shire, dans le golfe Persique , a Teheran ; par M. James Baillie
Fraser, membre de la Societe geologique.
L'autcur est d'opinion que la plus grande partie de Test et
I'ouest du golfe Persique appartient a la formation calcaire , ce
qui est prouve jusqu'a une assez grande distance dans I'interieur.
II a commence sa route de Bushire dans un terrain de cette for-
mation, et , entre cette place et Siiiraz , les niontagiies sont cora-
posees de calcaire et de gypse, et les couches sont souvent dans
un otat de bouleversement. Dans une etendue considerable, la
chaux carbonatee est entremelee de chaiix sulfatee; mais, dans
quclques parties, les roches sont entierement gypseuses, et fre-
qucniment accompagnees de sonde muriatec. Des rui.seaux et
des lacs sales se rencontrent en abondance; parmi ces derniers,
il y en a un tres-considerable a Sliiraz. Vers le nord , la route de
Sliiraz a Ispalian, sur une distance d'environ 25o milles, passe
par un paysclevc, de la nature de cclui dccril plus haut; mais
ie calcaire j)rcdomiiie. Entre le village de Gcndoo et la vil!e dc
1 1 8 Histoire naturelle gendrale.
Jesdikhaust, M. Fraser a trouve I'argile scliisteuse, et un con-
gloinerat a cailloux de quartz, griinstein et chaux carbonat6e,
cimente par le calcaire. Des veines de cette roche alternent avec
du gres a grains fins. Lcs montagnes , entre Ispahan et Teheran ,
sont d'une nature tout-a-fait differente des precedentes; on y a
observe du schiste argileux , et les plus elevees sont granitiques.
HISTOIRK NATURELLE GEN^RALE.
171. DlCTIONNAlRE DES SCIENCES NATURELLES , etc., tO. XXVIl'^.
LIO-MAC, accompagne du 25". cah.de pi. ( Voyez to. Illdu
Bulletin de iSaS, p. 243).
Parmi les nombreux articles contenus dans ce volume, nous
choisirons les suivans pour les analyser, tx)inme renfermant ge-
neralement des observations inedites, ou comme j)resentant des
principes nouveaux de classification.
Loif et Loutre, par RT. Frederic Cuvier. Dans le premier, ce na-
turaliste decrit une espece jusqu'alors inconnue, qu'il nomme
Loir du Senegal, Mjoxus Coupei.Cesl un animal voisin du loir
d'Europe par ses foimes generales, et surtout par ccUe de sa
queue; mais beaucoup plus petit , et d'un gris clair legerement
jaunatre en dessus , avec toutes les parties infericures blanchati-es.
II y a joint une note sur une espece a queue distique couime celle
du muscardin, d'un gris soiu'is, plus fonce en dessus qu'en dessous,
et qui liabite les environs du cap de Bonne-Esperance. '^Mjoxus
murinus. Desm. Mamm. suppl.) — Dans le second, il fait con-
naiti'e plusieurs quadrupedes nouveaux, du genre des loulres.
II caracterise d'abord la Toutre de Cayenne, Lutra brasiliensis
des auteurs, comme etant depourvue dn petit muffle, ou appa-
reit glanduleux , qui existe dans tous les autres animaux du meme
genre. Ensuite il signale les especes suivantes , comme ayant ete
coufondues avec la premiere: 1°. Loutre de Cayenne, Lutra
enmlris ; bai- clair en dessus, plus pale encore en dessous, avec
la gorge et les cotes de la face presque blancs, et la queue de la
couleur du coi-ps : 2°. Loutre he la Caroline, Lutra lataxiiui;
a poils longs , toiiffus, les laineux abondaiis; ayant la robe d'un
brun fonce noiratre en dessus, les joues , le menton et la gorge
d'un gris brunatrc pale: 3o. Loutre de la Trinite, Lutra in-
sulaiis i a poils ras, lisses, d'un brun chalain clair sur le corps ,
etd'un blane jaunatre sale sous la gorge et surle menton. II (lis-
Histoire natiireUe ^e'nerale. "-119
tingue de plus les deux premieres par les formes generales dc
leur tete osseuse; celle de Cuyenne ayant la courbe dii profil du
sommet de la tete legerement, mais rcguliercment arquec en dessus
de I'occiput au bout des naseaux , et celle de la Caroline presen-
tant une ligne tres-droite, oumeme un peu concave a la region
frontale. La Loutke Bakang , Lutra Baratig , de Java, a les poils
soyeux, longs el herisses; sa couleur est le brun de terre d'om-
bre sale etgrisatre,un peu plus pale seulement sur les tempes,
la gorge et le dessous du corps. La Loutre nirnaikr, Lutra
Naif, de Pondicliery; a poils peu longs, d'un chatain fonce, avee
le dessous du eou, de la gorge et du venire d'un blanc roussatre
clair, et les joucs marquees, au-dessous de chaque ceil, d'une
taclie brun-fauve roussatre. La Loutre nu Cap , Lutra inunguis;
a corps plus eleve que celui des autres loutres, a doigts gros,
courts , a peine palmcs , depourvus d'ongles ; a pelage doux , d'un
brun cliatain , plus fonce sur la croupe , la qtitue el les pates ,
qu'ailleurs ; d'un gris brunatrc sur la tete et les epaules . d'un
blanc assez pur sur les levres , le menton , le dessous du cou et la
poitrine.
Lombric , Loligo,Y>ar M. de Blainville. Le premier renfernie
de nombreux details anatomiques sur le ver de terre. Le second
comprend une monograpliie trcs-elcndue des calraars , c'est-a-
dire les descriptions delaillees de 29 especes de ce genre , dont 7
sonl nouvelles. Ces especes sont partagees en six divisions , dont
les irois premieres correspondent aux genres Sepiola , Leacli.;
Cranchia, Leach.; Onychia, Lesueur , ou Onichotheutis, Licht.
I<a <piatricme,selon M. Blainville, est celle des Calmarsjleches ;
la cinquieme celle des Calmars plumes, ou ordinaire s , et la
sixieme celle des Calmars seches. Des sept especes nouvelles, une ,
le Calmar a griffes de chat, Lol.felina, appartient a la troisieme
division; deux autres, le Calmar tres-grand et le Calmar de Bron-
gnlart, Loligo maxima et Btongniartii, se rapportent a la qua-
trieme; et les qualre derniercs, Calraars joli, du Bresil, de Pice, et
court, Loligo pulckra, Orasiliensis, Pleii, et bre^'is , se rangent
dans la cinquieme. Deux de ces 7 nouveaux calmars seulement
liabitent les cotes de France. Ce sont ceux que M. de Blainville
designe sous \e^ nnms Ac L. Brongniartii ct pnlchra ; \e jiremier
parait vivre dans la Mediterranec, et le second a cte trouve sur
les coles de I'Ocean, pres de remboucliure de la Loire.
Macigno, par M. Brongniarl. Ce noai toscan est adople par
1 20 Histoiie iKilurclle generate.
i'auteui |juur dcsij^ner ceilaines jihamiiiiles, couiposccs clc pclits
grains de quartz sableux, de mica , d'argile, de fer ochreux ,
reunis par un ciment calcaire plus ou nioins solide. Comparees
aux Psammites itropremeiit diies, et aux Arkoses, les roclies
qui portent le nora de Macigiio, en different princlpalement par
I'existence, clie/. elles , du ciment calcaire qui manque aux pre-
jnieres. — Apres avoir decrit les caracteres mineralogiques du
Macigno, M. Urongniart subdivise cette roche en quatre varli'tes,
auxquelles il donne les noms de, i". Macigno solide ; 2°. M. scliis-
loide; 3". M. Mollasse; A"- IM. compacte.
Luinieic , par M. Lacroix. II y est traite d'abord de la trans-
mission directc de la lumiere, de sa reflexion, de sa refraction ,
et de sa decomposition. Un paragrapbe estconsacre a Texposilion
de la theorie de la vision , et quelquesautresle sent : a lexpllcation
de la double refraction ; a I'elude de la polarisation de la lumiere,
acelledes anueaux coloresoudes couleurs produitespar reflexion
et refraction dans les corps minces; a cellc de riidlexion ou dif-
fraction, aiiisi fjua celle des couleurs accidentellcs et des ombres
coloriecs ; a la mesure de I'intensite de la lumiere; a sa liaison avec
le caloriqne ; a I'exaraen de ses proprieties cbimiqucs. Get impor-
tant article est termine par une recapitulation tres-succincte de
tous les phenomenes que presente la lumiere.
Les articles Liondent, Lonade, Lophiolepe, Lorentea , Loxo-
don et Lucilia, de M. Cassini, ont fourni a ce botaiiiste Toc-
casion d'apjdiquer le systeme de nomenclature et de description
qu'il a cree i)0ur la famille des jdanles synantlierees. Dans I'ar-
ticle Lopliiolepe, il a insere des observations qui luisont propres
huv \^i Ciruum nivense , et il y a joint les caracteres detadles
d'une espece nouvelle du meme genre , qu'il api)elle Cimhtin
d ioicu If I. Au mot Lorentea , il a place un supplement a i'article
qu'il a public (to. (j duDict. desSc. nal.) , souslenom de Clithonia.
Apres avoir donne I'extralt des principaux articles qui entrcnt
dans le volume que nous annoncons, nous nous borncrons a in-
diquer ceux qui, i)ar leur etcndue et la metliode avec laipielle ils
sont traites, meritent de fixer I'altentioi!.
Lithium, par M. Clicvreul. Marie, par M. Gillet Launiont
fils. Lucineel Lu/iu/ite, par M. Delrance. Li.s , Liseioii, Loticr,
Luzerne, Mdche, par M. LoiseleurDeslongcbamps. Loare^ Loran-
t/ic, J.riisiaiuhe, parM. Poiret. Lya'pcr(ion,Lycoi)odiaci-ex, Ly-
cupvde, par JM. LC-man. Macire, par M. de lihinv iUc. Lixc, Ly^ee ,
Hisloire naiwelle gmerale. 1 2 1
Lyinexylon, par M. Dumeril. Loriot, Macareux, par M. Dumont.
Macaque, parM. Desraarest. Lutjan , par M. H. Cloquet.
Le 25«. caliier de planches, public en mc^rne temps que le 27^.
volume, contient onze figures de plantes avec les details de leurs
fleurs ct de leurs fruits ; dix figures d'oiseaux de I'ordre des passe-
reaux ; celles de deux reptiles opliidiens,de 6 annelides de la lamille
des tubicoles , de trois coquillages des families des ostracees et
des conchacees , et de six polypiers foramines. Desm.
172. MtTHouE POUR coNSERVER LES ouRsiNs, Ics etoilcs de mer ,
les crustaces; par M. le colonel Mathieu. (Jour, de Phys., de
Chirn., etc. ; aout 1822; p. i55.)
II est quelquefois fort difficile de conserver long-temps cer-
tains animaux radiaires, sans qu'ils se deteriorent. Les oursins
sur-tout demandent d'assez longues preparations, apros lesquel-
les on a le deplaisir de lour voir perdre leurs bagneltes.
M. Mathieu qui a long-temps habite I'lle-de-France, d'oii il a
fait denombreux envois d'aniniaux de differentes classes au Mu-
seum , apres avoir loug-teuips chcrche a remedier a I'inconve-
nient dont nous venous de parler , a trouve que le meilleur
moyen etait I'emploi de I'eau de chaux etendue , qui tannc et
change la nature de la substance raucilagineuse; par ce procede
il conserve les oursins , les crabes et les asteries les plus delicates.
Pour preparer les oursins , on vide leur interieur , en poussant
en dedans les machoires, ou mieux en les tirant au dehors. Ou
met I'aninial dans I'eau de chaux pendant 12 heures , on le re-
tire pour le laire secher , puis ou le replonge de nouveau pen-
dant deux heures seuiement : apres quoi on le laisse bien secher
a I'ombre, en soutenant les baguettes avec du coton, afiu qu'el
les conservent leur position naturelle.
La marclie a suivre pour les asteries est la meme. M. Ma-
thieu a observe qu'il est des especes, que le contact de I'eau
douce fait contracter au point qu'elles tombenl par morceaux.
Pour les crustaces, on enleve le test, I'aninial etant vivant,
on le lave a I'eau douce, et on le fait secher a I'ombre. On vide
lo niieux qu'on pent le corps ct les pates, puis on plongc le lout
dans Teau de chanx pendant six heures; apres que ces parties
sont sichees a 1 ombre , on leur fait subir deux autres immersions
dans I'cau de chaux, ct quand ellcs n'out plus d'odcur on re-
met le lest. M. Mathieu dit que les couleurs perdent pcu de leur
eclat iialurel. Q- Y-
132 Histoirc naturelle generate.
173. Corn. Adr. Bercsma, rf.sponsio de incrustationibus in-
DiGENis. JL«^i. Batcn'.; i8a3; ia-/|., 14 p- 3 pi. color.
Cette dissertation a obtenu un prix au jugemcnt de la classe
dos sciences physiques et mathematiques de I'universite de Leyde.
Elle a pour objct des incrustations qui formcnt des especes de
rochers en miniature dans un petit etang nomine JVaal, prcs
du village de Rochanje de I'ile de Voorn , dependant de la pro-
vince de IloUande. C'est a tort que Pallas a dit que I'eau de cet
etang ^tait salee, dans son Elenrh. zoophyt., 011 il attribuc
ces concretions a VEschnra crustulenta.'LeYiiinkiXt Berkliey, qui
les a decrites et figurecs dans lesniemoires dela Societu de Har-
lem, torn. VIII, part. 2, les croyait au contraire formees par
un simple depot argileux; inais M. Bergsma a observe que lors-
qu'clles etaient mises dans I'acide acetique, la partie dure se dis-
solvalt, et qu'il restait une masse gclatineuse organique ; ila re-
connu que celte substance gelatineuse approchait de V Alijonella
stngnoium de M. de Lamark , espece de polypier d'eau douce ,
forme de lubes cylindriques, verticaux, membraneux, reunis en
faisceaux ; cette substance forme 22,70 centieraes de la masse
des concretions, le surplus est calcaire, a la reserve d'une tres-
forte proportion de sllice et de fer. L'auteur pense que le carbo-
nate de cliaux,tenu d'abord en dissolution par un exces d'aclde
carbonique, se depose sur les corps environnans, et notam-
ment sur I'alcyonella, a mesure quecetacide se dissipe dansl'air.
On remarque dans les cavites des ces incrustations , beaucoup
de petifs crustaces de I'espece nomme Gammarus Putcx , qui
probablemcnt se nourrissent des polypes d'eau douce et des con-
ferves. Burtinaclte dans son Oryctographie dcBruxeUcs, pag,65,
les incrustations du rulsseau de Saint-Bruno. M. Bergsma, qui
a eu occasion de les examiner , a reconnu qu'elles etaient pro-
(luitos conime celies deRokanje, au moyen d'un precipite chi-
luifjue, niais qu'il ne se trouve pas d'alcjoneila daiis ce ruis-
soau. C. M.
17/1. A SKLECTION OK THE CORRESPONDENCE OF LlNNyEUS and
other naturalists from the original manuscripts, par Sir James
Edward Smith , M. D. , president de la Societii liinm^enne; 2
vol. in-8. Londres; 1821.
175, IjC ciilebrc profcsscur lirocchi, mcmbrc dc Wnstitnt ita-
)icn d'Egyptc, a etc parfaitcmcnt aecueilli j)ar le vice-rol d'K-
Miner alogie. laS
gyptc , qui lui a fait cadeau d'un sabre et d'une pelisse. U voyage
actuellement en Syrie. [Coustitutionnel du 8 Janvier 182/,.)
MINERALOGIE.
176. Systkmatische UebeusichtderLiteraturfijr Mineralo-
GiE, etc. — Apercu systeinatique des ouvrages sur la minera-
logie et I'exploitation des mines, de i8oo a 1820. In-8. ,
3/(8. Prix, 2 1 gr. Freyberg, cliez Cratz et Gcrlach ; 1822.
M.le Cons des Mines Freiesleben a Freyberg, en composantun
ouvrage de cette nature, qui manqualt a la science, s'est acquis de
nouveaux litres a I'estime des hommes qui s'occupent de I'ex-
ploitation des mines; c'cst pourquoi il est a desirer que I'auteur
puisse , de temps a autre , communiquer ses idees et ses observa-
tions au public. [Leipz. Lit. Ze<>.,janv. 1823, p. 112.)
177. Sur le fkldspatb, l'albite , le Labrador et l'anor-
TniTE;par M. G.Vio&v..{Philos. Mag. , nov. i823, p. 894; et
Ann. of Philos., janv. 182/1 , p. 49-)
Get article est la traduction du memolre inhere dans le to. 24
des Annalea de cliunie et de physique , et dontnous avons re>du
compte dans le n". precedent du Bulletin. G. Del.
178. Observations sur le memoire precedent, avec la des-
cription d'un nouveau mineral ;par M. Levy. (Pkilos. Mag.,
janv. 1824, p. 61; et Ann. ofPhilos., id., p. Sy.)
M. Levy expose comment ses propres observations I'ont con-
duit a adopter pour la forme primitive du feldspath Ic prisma
oblique rliomboidal, indique pour la premiere fois par Weiss ;et
comment celte meme forme primitive resulte de I'ensemble de
formes secondaires decrites par Haiiy, malgre la difference du
type dont ce savant les a derivees. A I'egard des crislaux d'albile
(^o\i clcavelandite) , il a constarament trouve deux des clivages
inclines sous Tangle de iiy' 3o', au lieu de 117" 53' que donne
M. Rose. II joint a ses observations sur le memoire de ce savant,
une courte description d'un mineral rare et nouveau, provenant
du Vesuve, ct dont les eristaux sont incolores, translucides , et
ont peu d'eclat: ils sont assez durs pour rayer le crislal de roclie.
M. Children , qui les a examines, les regarde commc composes
principalement de silice et de raaguesie. Leur forme est cclle d'un
j)risme droit rliomboidal , modifie sur les aretes des bases et sur
124 Mine I w Ingie .
lesborHs longitudinnux aigus. Lespans dccoprisine fontentre eux
UD angle de 1 28 ' 54' , et le rapport du cote de la base a la hauteur
est a ])eu prescelui de 4 a 7. Cette substance est associee an plco-
naste et an pyroxene d'un vert d'olive. M. Levy lui a donne ie
nom de Forstcritc , en I'lionneur d'un savant niineralogistc an-
glais, M. Forstcr. G. Del.
179. SuR UN NOUVF.AU MINKRAL APPEI.E KiRGHISIT; par Ic
D"". Treutlkr. [Zeitschrift J'lir Natur- unci HcMii/icIc , to. i ,
2*^. cahier, p. 175.)
M. Ic D''. Treuller, prof, d'histoire naturelle a 1' Academic de
medecine et de chirurgie de Dresde, a observe deux macles for-
mees de cristaus d'un nieme fossile, qu'il regarde comme une
nouvelie espece. Ces macles, remarquables par leur parfaite regu-
larite , sont coniposees , Tune de deux eristaux simples, ayant la
forme d'un prisme a six pans , termine par des sommets a qnatre
faces; et I'autre , de six eristaux du meme genre. La premiere a
quelque analogic avec celle de chaux carbonatee qu'ou nomme
vulgairement xpat/i en eoeur ; I'autre presente I'apparence d'un
cristal tabidaire. La couleur du nouveau fossile est le vert d'olive
passant au blanc verdatre;son eclat est vitreux. II raye fortement
le quartz; et sa pesanleur speciflque est d'environ 3,7. M. Treut-
ler eslinie que cette espece doit elre placee dans le systeme de
"Werner, entre la clirysolithcet le clirysoberil. II lui a donne le nom
de Kir^hlsit , parcc qu'elle provient originairemcnt du pays des
Rirghis. G. Del.
180. SuK quelques MiNtRAL'x NON-DECRiTs; par H. J. A,
Brooke, esq. J. R. S. [Joitrn. 0/ Sec. and Lilt. ,'ya\y . 1824 ,
p. 274.)
Ces mineraux sont la childrenitc et la sommervillitc.
Le premier, la childrenite , vient du Devonshire, ou it s'est
rencontre en jictits eristaux d'une forme assez eom])liqnee, deri-
vantd'unprisnic droit rhomboidal. M.le D^ Wollaslonl'a troiive
t'fre un phosphate de I'er et d'alumine.
Le second a etc decouvert dans des dejections du Vesuve par
le Dr. S;inimerville. Sa forme primitive est un prisme cirre
droit : il affecte une forme secondaire assez analogue a telle de
I'idioi'rase.
II n'a pas etc analyse; el son aspect exterieur I'avail (ai! pren-
Mineralogie. io.S
drc pour dc riciiocrasc, nuquel il .ippartierit trcs-probablement.
L'anteiir donne rres-peu dc details .sur ces deux siibsrances. L. A.
i8i. Sur i.e pyroxkne lamkixaire. ( /o«r/?. of the Acad, of
Philnd.,\nm 18^3, p. 68.)
Ce mineral, decouverl par MM. Keating et Vanuxem a West-
Point, dans une formation syenitique , y est arcompagne de
quartz liyalin , de mica et de feldspath. Le pyroxene lamellaire
est analoptne, dans tous ses caracteres, an mineral decouvert a
Brandy wine (Delaware) , que J'on prit d'abonl pour de I'hyper-
stene, et que Ton reconniit ensnite appnrtonirau pyroxene. II se
trouve en petiles lames, rarement cristallise , mais cependant as-
sez neltement pour montrer la forme de ce mineral. La forme
qu'il affccte est un prisme octogonal dont les angles sont de 134"
a i36 ; sa composition est : silice , 5i ; chaux, 21; raagnesie ,
ii,5o; alumine, 3,5o; fer et manganese, i 1,53; eau, i ; perte ,
0,47. Total: 100. Louis Andre.
182. Peliom du 'BKv.sii..{Leonhard.Taschenbitch, 1823, 3'^
part., p. 7o3.)
M. Arker de Griitz annonce avoir decouvert ce mineral dans
un echantillon vcnu de Rio-Pardo, cap Bahia.
1 83. Sur l'Actynolithe vitree. (Si/li/n. Amer. joum., vol.vi,
p. 33i; et Ann, of Phil. , sept. 1823, p. 23 1.)
Ce mineral est d'un vert d'emeraude en masse, et d'un gris
verdatre en poudre; Ires-cassant; il raie le verre. Sa pesinteur
specifique est de 2,987. II est compose de : silice, 56,333; ma-
gnesie, 24; chaux , 10,666; fer, 4,3oo; alumine, 1,666; eau,
i,o33; perte, 2,002. Total: 100. 11 vient dcs Etats-Unis. L. A.'
,184. Sur le carbonate naturel de magnesie des Indes
orientales. ( A/aff. dcr Pharm. de Hdnle, janv. 1823 , p. 90.
Cet article est exlrait d'un memoire insure dans les Annnlx
of Philosophy, avril 1822, et qui conlient la description et i'a-
nalyse de ce carbonate par le D>-. Henry. On Fa trouve en masses
d'un blanc de neige , avec quolques petites taclies d'un jaune d'o-
cre. Jl est faiblement translucide sur les bords.Sa pcsanteur spe-
cifique est de 2,56 1 5. II renferme.sur 100 parties , 46 de magne-
sie; 5i d'acidecarbonique; o,5 d'eau; i,5 d'une matiere insoluble •
P<^''»<='^- G.Dei..
1 26 Minenilogie.
185. SUR t'HYnBATF. NATURFL PK MAGNESIE DKS lI.ES SnETLANt). ,
[Mag. tier Pharm.de Hfinlc, janv. 189,3, p. 91.)
En 1817 ,le D"". Hippert a trouve cc mineral dans iinc serpen-
tine a Swinaness, dans I'ile d'Uiist , Tune des Shetland. Sa struc-
ture est lamelieuse ; sa couleur blanchatre, avee une teinte de ver-
datre. Quelques echantillonspresentaient une structure cristalljnc
distincte, indiquant pour la forme du mineral un prisme hcxac-
dreregulier. Sa pesanteur specifique est 2,336. Son analyse chi-
mique a donne 69,75 parties de magnesie,et 3o,25 d'eau. G.Del.
186. Sua LK FER PHOSPHATE TERREUX d'OlDEIVBODRC. ( Arcll ,
des Apoth. ver., 1822, h.i, p. io3.)
Ce fer phosphate terrcux a ete trouve par M. Dugend dans les
tourbieres de I'OIdenbourg. II est moins pur et d'une couleur
plus grise que celui d'Eckartsberg et de Hillcntrup; mais il est
fort scmblable a celui de Leiberg. A. B.
187. Analyse du minerai pe fer bleu de New-Jersey ; par
Lardner Vanuxem. 'yfouni. of the Acad, of nat. Sc. of Phil. ,
mars 1821 , p. 82.)
rjans cc court mcmoire , M. Vanuxem se borne a donner I'a-
nalysc de ce mineral , qu'il a trouve compose commc il suit : pro-
toxide defer, 44,54 j acidc phosphorique, 25,85; eau, 28,26 ;
alumine, 0,40; pcrte, 0,95. Total: 100. L. A.
188. Analyse d'un mineral d'Andreasberg, nomrae fnhle.t
Rothgultigerz;Y>^r\eTi^. duMenil. [Miner. Taschenbuch, i823,
1'=. part., p. 377.)
Cette nouvelle cspcce deRotligiiltigerz se trouve Ic plus sou-
vent en masse, et tres-rarement en cristaux. Ccux-ci presentcnt
la forme de pyrajuides aigues, dont on pent a peine compter Ics
faces a cause de leur extreme pclitrsse. lis rcssemblent, au pre-
mier coup d'oeil, a la varicte capillaire de Grau-Spicsglanzerz.
Ce mineral a, dans sa cassure fraiche, ime couleur inleiinediairc
enlre le gris jaunatre (fahlgrau) et le gris de plomb : celle dc
la poussiere estle rouge cerise; ce qui le distingue du weissgiilti-
gcrz.Sa pesanteur specifique est de 5,2i4- II est Icndreet facile a
casser. M. du Menil le trouve com])ose , sur 100 parties en poids,
de 47,24 d'argent, 37,54 d'anlimoine, et 1 4,82 desoufrc. G.Del.
189. Analyses de quelques opales dks iles Fero^, par le D''.
Aug. nu I\IiiNiL. [Miner. Ta.uhcnl/uch; i823; i''''. part., p. 55.)
Mineralogie. 1 27^
M. <lu Mtnil a on roccasion d'exaniincr un tres-grand nom-
bre de variotes d'opaic, provcnant des iles Feroe; et dans cct
article, il expose !e resultat de ses observations sur les differen-
ces qui les distinguent, et les details de leurs analyses cliimi-
ques. Leur pesantcur specifique varie en g(5neral entre 2 et
4j3. Les principes composans les plus constans, sont la silicc et
I'eau; les principes variables et accidentels, sont la chaux , I'a-
lumine, la magnesie, I'oxide de fer, I'oxide de titane, et la
zircone. Ce dernier s'est eleve, dans une des analyses, jusqu'a
14 pour 100. G. DEL.
I go. Sur les formes cristallines des sels artificiels, par
H. J. Brooke. [An. qfPhjs. ;no\. 1823 ; p. 374')
Cet article est la continuation des recherclies sur le meme
sujet, que renfermaient les numeros preccdens des Annales. Les
substances examinees par M. Brooke, dont il est fait mention
ici , sont au nombre de 4 > savoir , I'acetate de plomb , I'oxalate
d'ammoniaque , le carbonate de magnesie, et le sulfate de cin-
chonine. La premiere a pour forme primitive , un prisme droit
obliquangle de 109° 3^'; la seconde, un prisme droit rhomboidal
de 104° 6'; la troisieme, un prisme rhomboidal oblique, dont 2
pans font entre eux un angle de 86° 3o', et a vecla base un angle d'cn-
viron I02°;la quatrieme, un prisme obliquangle irregulier, dont2
pans font entre eux Tangle de 83° 3o', et dont la base, perpen-
diculaire a I'un d'eux, s'incline sur I'autre de gS" 5o'. G. del,
191. Suite du Mcmoire precedent ; par le meme. {^Ann. of Phil, .,
dec, p. 457.)
Le sulfate de zinc a, suivant M. Brooke, pour forme primitive
un prisme droit rhomboidal de 91° 7". Ce prisme est ordinai-
rement modifie sur tons les bords et sur tons les angles a la fois.
— Le sulfate de nickel presente deux systemes differens de cris-
tallisation : le premier se rapporte a un prisme droit rhomboi-
dal, qui parait etre le meme que celui du sulfate de nickel; le
second a pour type un prisme droit a base carree. — Le sulfate
de nickel et de potasse a pour forme primitive un prisme obli-
que rlioraboidal , dont deux faces lalerales font entre elles un
angle de 109" 10', et avcc la base un angle dc 1020 i5'. — L^
sulfate double dc nickel et de zinc cristallise comme chacun des
sels simples dont il est compose. G. del.
1 28 Mineralogie.
192. ScR UNE NOIIVELI.E CRISTALLISATION DE SPATH FLUOR, par
le prof. p. Merian , a Bale , avec iine lithographic. ( Miner.
Taschcnb., iSaS; i''". part., p. 18S.)
La forme obbcrvee par M. Merian , est le cube dont les huit
angles solides sont remplaces chacua par six facettes disposees
deux a deux au-dessus des faces doniinantes. Cette forme a etc
decrite par Tlaiiy dans la seconde edition de son traite de mine-
ralogie , sous le nom de Enneahexaedre. G. del.
19'i. SUR UN GROUPE HE CRISTAUX MOBILES DE CARBONATE DE
CHAux, dans une cavito flulde de qu;irtz; par M. Brewster.
( Edinb, Phil, joitrn., oct. iSiS , p. 268. )
Le cristal de roche, d;ins lequel i'auteur a fait cette curieuse
observation, est de Quebec ; le fluide de la cavite elait transpa-
rent, et le groupe mobile de cristaux etait blancliatre. Long-
temps apres cette observation, un heur. tix hasiird a mis entre
et de la meme localite ; et alors il a pu determiner que ces groupes
Ics mains de I'lmleur plusieurs autres cristaux de la meme espece
spheriques mobiles etaient de la chaux carbonatee , et que cette
substance y elait quelquejfois aussi en petltes aiguilles entou-
recs de quartz. A. B.
194. M. Ziegler, de Winterthur, en Suisse, a trouve dans un
reservoir de ])lomb, dans lequel on faisait cristalliser depuis
nombre d'annees du sulfate de potasse, provenant de la decom-
position du nitrate de potasse par I'acide sulfiaic|ue, des cris-
taux en longs pri*mes rhomboiditux terniines, Ics uns par des
pyramides fort nllongees, et les autros par des somn)ets tres-
raccourcis. CVst la premiere fois que M. Ziegler a remarquc de
semblables cristaux dans sa fabrique , quoiqu'elle soil en aclivite
depuis 5o ans. Ces cristaux ont une tendance a se casscr dans le
sens pcrpendiculaire a leuraxe; Icur.s pans font entrc eux des
angles de Go d. , et 120 d. environ. Le type auqucl lis se rap-
portent par.iil done etre lo prlsme rhomboidal de 120 d., d'oii
derive le pri.sme liexaedre regulicr , ct par suite la double ])yra-
mide a six triangles isoccles. A.insi ces cristaux ne sont point in-
compatibles avec le solide bipyramid.il , qui est la forme la plus
commune du sulfate de potasse. MM. Levy et Brooke, en An-
glelerre, avaient dtja reconnu (jue la forme ])rimitive de ce sel
etail un prisine droit a quatre pans. ( Voyez Bulletin ,\\". i5.)
C. DEL.
Mineratogie. 1 29
195. BeYTRAGE ZUR KeNNTNISS KRYSTALUNISCHER HiJTTEN-
PRODUCTE. Essai pour servir a la connaissaiice des produits
cristallins des fourneaux ; par M. Fred. Koch, i vol. In- 12
de 88 p., et 2 pi. Gottlngue; i82'2.
Ce niemoire est presente par Tauteur cornme renfermaut seu-
leinent I'ensemble des fails qii'il a observes lul-mume dans les
usines du Hartz , surles produits cristallins des fourneaux, pour
servir de materiaux a la continuation du Specimen cristallogra-
phicc metallurgicce , publie en 1820, par M. Hausmann, dans
le tome iv des memolres de la Soclete royale des sciences de
Gottlngue. M. Koch classe les produits cristallins qu'il a recueil-
b's en quatre genres : les oxides metalliqijes , les terres, les
scoRiEs viTREusEs, ct les sELs.Lc premier genre comprend i".un
oxide noir de fer , semblable au I'er oxldule de la mineralogie,
qui presente Iesvarletes/«we//rt<>e, scoriacee clcompacte : lava-
rlete lamellaire est cristallisee ^ grenue, ou testacee ^ &\.\a iovs-
varlete cristallisee offre la forme primitive ( I'octaedre regu-
ller ) et trols formes secondaires ; 2". le zinc oxide, dont I'auteur
decrit neuf varietes de cristalllsations differentes. Le genre des
TERRES ne renferme que la silice pure , qui es>ijihreuse oupulve-
rulente. Dans le genre des scories vitreuses, M.Koch decrit
unlquement , mais avec beaucoup de details , une espece qu'il
nomme hiesehclunclz , et que nous pouvons nommer laiticr sili-
ceiix. Indlquee par I'autour, comuie le type d'unesortede laitier,
qui se prodult toiijours dans les fouineaux a fer, dans les memes
circonstanccs metallurglques, cette substance presente de iiom-
breuses varietes , parmi lesquelles la variete cristallisee offre un
octaedre rhomboidal aigu pour forme primitive, et i5 foriiies
secondaires tres-variees. L'analyse du kleselschmelz donne onze
parties de silice pour six de chaux, deux d'alumlne ef une de ma-
gnesle, ou, en regardant la magnesie comme accidentelle, six
parties de silice pour 3 de cliaux et nne d'alumlne. M. Koch cite
ensuite pliisieurs cristalllsalions de laitier, qui ne peuvent sc rap-
porter a I'espece precedente, et qui appartiennent sans doule a
une autre espece de scoric non encore determinee. Enfin, dans
le genre des sels, I'auteur indlque \\n muriate de soude et de
potasse, qui se forme, par sublimation , dans les fenles des pa-
rois des fourneaux. — L'ouvrage de M. Koch est accompagnc de
planches gravecs , qui rcpresentent geometrlquement toutes les
varietes de formes cristallincs qu'il decrit. Uiio iioiivellc carrlere
15. 'I'oME I. 9
1 5o Miiie'ra logie .
de recherches intercssantes est ouvci'te par M. ITansmann et par
lui, et cesrccherclics peuvcnt contribucr un joiir,(rune nianierc
efficace, auxprogresdela cristallographie et de la mctalliirgic.Bo.
196. Or EXPLOITli DANS LES MONTS OuRALS , EN RUSSIE. ( f^OJ. Ic
Bulletin de janv. , VI*. sect., n". 5i.)
MM. Soimonof , conseiller d'etat, et Fuclis, professeural'uni-
versite de Kasan , ont cte envoycs dans les monts Ourals pour
examiner les mines d'or qui ont ete dccouvertes dans ces mon-
tagnes depuis trois ans. Les plus riches sont situces du cote
oriental de la cliainc; elles s'etendent depuis ^e/X/io/w/v'ejusqu'a
la source de la riviere Oural ; mais la partie ou I'or est le plus
abondant parait s'etendre de Nynezayiiskoi a Kousiloinki , sur
une longueur d'environ 5oo verstes. L'or se trouve presque a la
surfiice du sol, dans une argile aurifere qui s'etend a la profon-
deur de quelques archines. C'est en lavant cettc terre qu'on en
exlrait l'or avec une grande facility ; on retire onlinairement 5
solotniks d'or de 100 pounds d'argile. M. deJakowleff, proprie-
taire des terrains les plus riches en or , a du envoycr en Russie,
en 1823 , 3o pounds d'or a la Monnaie de Petersbourg. On
estlme le produiit des autres exploitations a i3o pounds (?) Lien
que tous les iravaux ne fassent que commencer. Le D^. Fuchs
ecrit que l'or parait avoir ete contenu originairement dans des
roches de griinstein, de talc schistoide, d'ophite, et dcniineraide
fer gris, etc., qui, ense deconiposant, ont lai.sse l'or ; il pretend avoir
trouve aussi du platine (?), du corindon ou spatli adamantin ,
et plusieurs autres substances mine-rales rcgardccs comniepro-
pres aux deux Indes; il a decouvert egalemont niio i)i(.rrc ])rccieuse
qu'il a nomme ioii/io/iile, ct qui resseniblc au sa])hir. On croit
que M. Fuciis ne tardera pas a pubiier une relation de son voya-
ge. ( Letter bode de Harlem. 1 janv. 182/1. — Europ. Mag. , nov.
1823, p. A6o; el P/iil. Mag., noY. 1823, p. 3<j'|.)
107. Sur une substance auenaceo-calcaire trouvee prcs de
Delvin danslePcrtshire; par MaoCullocu. [Journ. des Hcic/i.
de I' Inst, roj:, n". 3 i , p. 79. )
La Tay estaccompagnee, dans la plainc de Slorniount, de Icr-
rassesde .sables et decailloux qui s'eleveut au-dessus d'elle jusqu'ii
la hauteur de 60 pieds. I^a plaine qui forme la surface dc ces al-
luvions a'offro aucune ro(;he en place, et Icur base est le gres
rouge. Eutrcles lils de gravicr el dc sable incohcrcns on en trouve
Mineralogie. 1 5 1
quelqiies-uns cimcnles par une infiltration caicnire, et ces parties
ont une forme coniqiie ou lenticulairc analogue a celle des sta-
lactites et stalagmites. On peut evaluer que loo parties de ces
matieres cimentees contiennent 60 pai'ties de sable. L'auteur
compare la formation de ces roclies a celle des cristaux de chaux
carbonatee des gres dc Fontalnebleau , et explique de la raeme
maniere les tubes de sable calcaire qui accompagnent les os fos-
siles de Morfolk. Dans les cristaux de Fontalnebleau , le melange
du sable et de la solution calcaire etait conserve toujours en etat
a derai-fluide , et de nouvelles particules calcaires succedaient
continuellement a celles qui y etaient deposees. Par cette operation
lente la chaux carbonatee a pu se cristalliser , tandis que dans les
sables calcaires agglulines de Delvin la precipitation du sel etait
acceleree par le cours et I'absorplion rapide du fluide impregne
de calcaire , ce qui a erapeclie toute cristallisation reguliere. A. B.
198. On the different modes of working coals, etc. Sur
les differentes nianieres d'exploiter les mines de cbarbon, et
d'y faire penetrer des courans d'air; par John Farey, inspec-
teur des mines. [P/iil. Mag. , n°. 248, fev. i823,p. gg.)
L'auteur de cette notice pretend que le systeme d'exploiter le
charbon par galeries de mines (way going ivork^ n'est pas d'une
invention si recente , et d'un usage si borne , qu'il ne soit prati-
que actuellement que dans une trentainede mines, comme on I'a
faussement avancc. II en a, dit-il, fait observer le premier les
avantages, dans son Rapport sur la Mineralogie et I'Agriculture
du Derbyshire, public en 181 5. li en donne la description, non
comme une invention recente, mais comme la methode d'apres
laquelle ont ete et ont continue a etre exploitees, de temps imme-
morial, plusieurs centaines de mines de charbon, dans les com-
tes de Derby, de Nottingham et de York , sous le nom de long
way oj working (exploitation par longues allees). II a etu a por-
tee de juger par lui-meme, depiiis 1807 , de I'epargne etonnante
de charbon, et de la grande surete pour les ouvriers, qui resulte
de cet excellent systeme , qu'il a recommande , en 1817, aux pro-
prietaires et directeurs des mines de charbon de la Tyne ct de la
fVear, en cilant le cas dc la mine de Shcrishall, en Ecosse,ou
le ])roduit par acre de filons de cliarbon avait etu double par I'in-
troductiou de cette methode; et il espere qu'elle finira par etre
generalement adoptee, moinlenant que Ion commence a revenir
X 53 Mine'ralogie.
dc la gmndo confiancc que I'on av;ik dans Irs lampcs de siircte.
II pensc que, dans ce systemo, Ic vonfilatcur de M. John Taylor
pourraitetre tres-ulile pour reuouvtler I'air. (V. Society of Arts,
aS*-'. vol., p. aig. )
199. SuR l'Erzberg, en Styrie; par Ed. de Feuchterslebew.
[Arch, fiir Geschickte , mai i8a3 , p. 335 ; id., juin , p. 36o;
zV/.,p.383.)
L'auteur commence par le rccit de la decouvcrte de la celebre
mine de ferde l'Erzberg, qu'il attribue aux peuplcs delaNorique,
et des desastres que les eaux causent dans ce pays. Les mines de
l'Erzberg ont exisle bien uvant I'an 7 1 a ; et l'auteur estime le pro-
duit annuel de ces mines a 3oo,ooo quintaux de fcr. 11 decrit en-
suite les ditferentes galeries et les puits de ces mines, le travail
des ouvriers et leur gain , les fouderies, les forges , et enfin la vie
des habitaus de l'Erzberg. A. B.
aoo. SuR LE bitume dans les piERREs; par G. Knox. (P/iilos.
Trans. iSaS , p. a , p. 517.)
M. G. Knox a fait des essais sur differenfes roclies pour de-
terminer par la distillalioii la (juantite des parties bitumineuses.
Un retenite verdatre de Tile d'Arran Ini a donnc 2 pour cent de
bitume ; un porlite de Tokay, a, 5;une ponce dTsland, rien; une
amygdaloide de I'ile de Disco, 3, i d'eau bitumineuse; ungriin-
slein basaltique de Nevry, i, 75 de bitume; une diabase de tran-
sition de Carlingford, i , 5 dc bitume; un bole de Disco, beau-
coup de bitume; un basalte de la chaussee des Geans, 6 dc
bitume ; un basalte de Disco , a, 3ia; une obsidienne de Pile de
I'Ascension , o, a; un griinstein de Clarkliill, a d'eau bitumi-
neuse; une Avacke de Disco, 11, 4^ d'eau bitumineuse; une
wacke ferrugineuse de Disco, 18, a5 d'eau scmblable ; la
meme rocliede Herotli, 4 <le bituir c ; une am])liibolc de Schnee-
berg, o, 75 d'eau bitumineuse; une tourmaline dc Rarvrulik en
Grocnland, o, 7 d'eau scmblable; une augite d'Arendal, o, 35
delamemeeau; une serpentine de Zoblitz, lo, 5 d'eau bilu-
mineiise; un scliisic argileux de Banger, 3 d'eau bitumineuse;
un fLldsp;ilh blanc de Killeney, o, 35 d'eau bitumineuse; un
feldspath rouge d'Aberueen, de I'cau scmblable; uncmenilile de
Paris, 3, 75 d'eau biluminieiise; une argile schisteuse adhesive
de Mi'nil-Monlant, 18, 5 d'eau et de bitume; un mica, i , 33
d'eanbituiiiiiieuse; unquarz f'cti(ie,de I'euu bitumineuse; un quartz
Botanique. i33
gras, o, 1 d'eau tres-fetide ; une cucullite de Galway, o, i88
d'eau ammonlacale ; un raarbre de Carrare, o, i5 d'eau sans
odeur ou alcaline; un micaschiste de Saxe n';i donne qu'un
peu d'eau bitumineuse tres-volatile ; un cristal de rpclie du Cap
et une adulaire du Greenland n'ont rien perdu par I'ignition. A.B.
BOTANIQUE.
20I. Flora oder Botanische ZEiTuwo.Ratisbonne, 1824 ; n". 1.
(Prix, 6 fl. pour 5 2 N"'. de t6 p. in-ia, avee quelques figures. )
On sail combien le gout de I'instruction est general dans toutes
les parties de TAUemagne. Les classes les plus elevees de la so-
ciete cherchentdans la culture des sciences un noble delassement,
ct leur exemple remplit la jeunesse d'une utile emulation. C'est
ainsi que sous la presidence de M. le Comtc de Bray , ministre
de S. M. le roi de Baviere pres la cour de France , la societe
botanique de Ratisbonne a pris une activilc nouvelle. Com-
posee d'hommes eclaires, cette societe public cliaque semaine
un n". d'un journal que son prix modique met a la portee des
fortunes les moins considerables et qui pouria devenir un
moyende communication entrelesbptanistes de tous les pays. Le
i^*^. n". de Janvier, que nous annoncons aujourd'hui, contient
d'abordle commencement d'une analyse Ires-detaillee du Voyage
de MM. Spix et Martins, considere principalement sous le rap-
port de la botanique. A cet article fort interessant , succede une
lettre de M. Weinman, jardinier de I'empcreur de Russie , ou il
traite differens sujets plusou moins curieux. II dit, entre autres ,
qu'il est parvenu pour la seconde fois a faire lever les semeuces
de V Agariciis lepidcits ; que V Agaricus speciosus ^ quoique voi-
sin AcV A. Vahlli, en estpourtant distinct; que le Merulius fVein-
manni, .Spreng., est le Cantharellus crispus , Fries; que Y Agaricus
cepcEstlpes , Sowerb.,est le memeque \A. cretaceus. Bull; que le
Clcome hrnsilicnsis est annuel ; que le Cnnna neglecta et le
C latifolin sont identlques, comme aussi le Canna Buchii el le
C. pcdunciilata; que Ton amuitiplie a tort les especes du genre
'Vrollins; qu'il s'cst forme a Saint-Petersbourg une societe bota-
nique donl M. Triniiis est le directeur ;queS. M. I'cmpercur de
Russie consacre 70,000 roubles au jartliu botaniijue de Peters -
bourg, etc. Dans une lettre du D'. Zis, qui vient a la suite de
1 54 Boianiqiie.
celle de M. Weinman, il annonce que M. Salznian est arrive a
Tanger apres avoir traverse- I'Espagne, et que ce voyageur don-
nera bientot des details sur ses recherches botaniques. Enfin le n"-
que nous annoncons se terniine par diverses anuonces qui peu-
vent interesser la science et qui sont dues au savant Hornschucli :
celle de la decouverte d'une mousse sans peristome ; celle de la
publication par Hooker d'un Primula scotica , long-teraps con-
fondue avec le P. Farinosn ; I'annonce de nos Plantes usuelles
des Brasiliens ; celle de la traduction anglaise d'un extrait du
Voyage botanique de Hoppe et Hornschuch sur les cotes de la
mer Adriatique, etc., etc. Atio. de S. IIil.
ao2. First steps to kotanv. Premiers pas dans I'etude de la
botanique, ou instruction populaire de cette science pour
rendre son etude une branchc d'educatlon; par J. L. Druji-
MOND , Esq. , Professeur d'anatomie et de physiologic a I'in-
stitution academique de Belfast. In-i2, avec loo planches
contenant 200 fig. Prix: 9 sh. br. Londres; 182^; Baldwin.
Le plan adopte dans le present ouvrage a etc d'unir a la partie
technique de la botanique beaucoup d'int'orm ations interessantes
ct agreables sur plusieurs parties du regne vegetal, dans I'es-
poir qu'un ouvrage compose de maniere a etre populaire, et en
memc temps scientifique , pourrait otre utile. J. M. M.
2o3. OSSERVAZIONI MICROSCOPICHE SOPRA VAKI E PI ANTE , CtC.
Observations micros copiques sur divcrscs plantes ; par le Pro-
fesseur Amici. Avec 5 grandcs pi. de fig. au trait , d'apres la
camera lucida perfcctionnre. [Actes de In Soc. ital. des Sci.
publics a Mode/ie ,t. 19, 1823.)
Get important travail, que nous ne connaissons encore que
par I'extrait qu'en donne la Bibliotheque universelle ( aout et
sept. i8a3 ), renferme un grand nombre d'observations nou-
vclles sur Torganisalion intime des vegetaux. L'auteur a repetc
sur le Caulinia fra Iritis, VVilld. [Nai'as flw.iatllis , L. ) et sur le
C/iara JlexUis , les observations qu'il avail deja failcs sur la
circulation des fluides dans les vaisscaux du C/iarn vulgaris ; il a
observe de meme dans I'interieur de chaquc cellule ou portion
de vaisscaux, un mouvement circulaloire de globules.
La structure du pollen et sa maniere d'agir surle stigmate onl
ete le sujet d'autres observations ; l'auteur n vu, dans le Portu~
Botfinique. \ 3 5
lacn oleracen, les grains de pollen fixc'-s sur les polls ilu stigmate,
se rompre, laisser sortir une sorte de filet qui se coUe contre le
poil du stigmate; le grain de pollen, ce tube et le poil du sligm.ite
etaient alors remplis d'une infinite de petits globules doues de
niouvemens tres-rapidcs , ces globules disparaissent au bout de
quelques lieures sans que I'autcur ait pu s'assurer s'ils elaient
passes dans le stigmate , ou s'ils etaient rentrcs dans le grain de
pollen.
De nouvelles observations sur la structure de I'epiderme et
sur celle des vaisseaux , sur les pores , leur mode d'absorption ,
enfin sur la circulation des liquides et des gaz dans les vaisseaux,
terminent cc travail. An. B.
204. Note sur ^'existence du canal mepullaire dans l'in-
TERIKUR DES RACiNEs; par M. AcliiUc Richard.
Dans la plupart des ouvragcs generaux de botanique et dc
physiologic vegetale , on dit que les racines sont depourvues de
canal meduUaire , et que I'absence de cctte parlie est meme un
fort bon caraclerc pour distinguer les vraies racines des tiges.
Cetle assertion , professee publiquement par les savans les plus
recommandablcs del'Europe, est inexacte. Nous avons observe
dans la racine d'un grand nombre de vegelaux dicolyledons ,
un canal medullaire tres-apparent , et qui se prolonge dans une
etendue tres-considerable. Le marronier d'Inde , ou hippocas-
tane , est celui ou cette observation est le plus facile a verifier.
Lorsque Ton fendhorizontalement un jeune Hippocastane d'une
ou deux annees, on voit le canal medullaire qui regne au centre
de la lige , se prolonger sans aucune interruption au milieu de
la racine. On pent le suivrc ainsi jusqu'a rextreiiiite du pivot
principal ; mais, quelque soin que nous ayons mis, nous n'avons
pu en constater I'existence dans les ramifications de la racine.
Cependant nous devons avouer que phisleiirs plantes nous ont
])aru conslamment depourvues de moelle et d'etui medullaire,
a quelque epoque de leur developpcment que nous ayons fait
nos recherches.
Nous ajouterons qu'en gemJral le canal nitidullaire est d'au-
tant plus visible dans les racines , que la plaivte est plus jeune.
C'est ainsi qu'on le voit facilement dans les vegetaux, peu de
temps apres leur germination.
Nous complons donncr suite a cette observation anatomiquc,
1 36 Botanique.
qui nous parait meriter quelque attention de la part des bota-
nistes qui s'occupent de la physiologic des vegetaux. ( Bull, dc
de la Soc. Philom. , oct. iSaS , p. i54. )
2o5. Memoire spr LA GERMINATION DES Orobanches; par
M. VatjCHEr , de Geneve. [Mem. du Mus. d'hist. mit., t. lo, p.)
Daris ce travail , Tauteur reconnait par de nombreuses ex-
periences que les graines d'Orobanche rameuse confiees a la
terre, y restent indolentes peiulaut plusieurs aniices , sans
qu'aucun moyen puisse determiner lour devcioppcment ; niais
que si les eaux de pluies les entrainent veis des racines de
chanvre, elles s'y attachent incontinent et y enfoncent des radl-
cules , puis grossissent , se debarrassent de leurs enveloppes ,
jettent de tous cotes un grand nombre d'autres radicules , et
poussent verticalenient des rejets qui deviennent de veritables
tiges chargees de leurs fleurs. Cette espece d'Orobanche , para-
site du chanvre , a aussi tte observee sur la lampourde glou-
teronne, la vesce , etc. — Deux autres Orobanches croisstnt etsc
developpent de la meme maniere , pres de Geneve, sur le genet
des teinturiers et sur le trefle ; la premiere est vivace , et la se-
conde vit seulement deux ou trois ans. — M. Vaucher crolt que
le meme mode de germination appartienl aux Hyobanches , aux
Phclippees , et aux autres plantes qui ont une organisation sem-
blable a celle des Orobanches; niais que les Monotropes et les
plantes de la meme famille , quoique parasites , ayant une orga-
nisation de graine differciite, doivent avoir une autre forme de
developpement qui est encore inconnuc. — L'auteur examine
ensuite les deux questions suivaiites ; i°. si, une fois develop-
pee.s, les Orobanches pcuvent vegeter sans le secours de la i)lante
qui a servi a favoriser leur germination ; i". si ces menies Oro-
banches sont moditiees dans leurs formes, par les plantes sur
lesquelles elles vivent, surtout lorsque celles-ci sont de genres
differens. II les trouve toutes les deux indeciscs,et fait connailre
la nccessite de se livrer a de nouvelles rccherches, avant d'en
oOmettre une .solution.
aoG. Carl von Linne VJlanzcn Systt-m, iin Auszuj^c. Abrcge du
Sjstema vegctabiliuin , dc Linne; par Ulasxus Mkurem, %''.
edit. Marbourg, 1824; 1 vol. in-8. de 139 p. (lulrod.), — G'ii.
Get ouvrage qui ne parait destine qu'aux etudians qui com-
nicncent I'etude de la hotaiiiijuc, on aux personncs qui, se li-
Botanique. iZj
vi'ant a I'ettide de la medecine ou de quelque autre science ,
ne s'occupent de botanique que d'une raaniere secondaire , pre-
sente , i". une inlroduction renferniant une explication, en latin
et en alleraand, des termes employes dans les descriptions de
plantes; i". un tableau des principaux genres et especes de plan-
tes rangees suivant le systeme de linne, avec des caracteres
distinctifs extremement courts, en latin et en allemand; et I'in-
dication de I'habitation et du niois de la floraison dans cette
derniere langue. Quant aux genres et aux especes qui sonl ren-
fermcs dans cet ouvrage, lis sont limites aux plantes europeen-
nes les plus frequentes, aux especes cultivees dans un grand
nombre de jardins, ou a celles que leur usage dans la medecine
ou les arts donne occasion de citer frequemnient ; leurs nottis
vulgaires et pharmaceutiqiies , sont ajoutes a la suite de leur
caractere.
Du reste , on ne trouve dans ce livre aucune citation qui
puisse renvoyer a des ouvrages plus complets ou a des figures;
les phrases caracleristiques, uniquement destinees a distinguer
les especes indiquees dans cet abrege , sont telles, que, si une
plante, autre que celles indiquees dans ce livre, tombail sous la
main d'un etudiant, il pourrait facilement la confondre avec une
de celles qui y sont decrites, sans avoir aucun moyen de veri-
fier la determination par des renvois a d'autres ouvrages.
Ad. B.
207. A SYSTEM OF PLANTS, by D^ HooKER. (Ext. du Prospcclus.)
M. Hooker va publier incessamment un ouvrage sous ce litre :
ce livre renfermera les caracteres distinctifs de toutes les es-
peces connues, cultivees ou sauvages, avec des remarques sur
leurs usages, et distribuees suivant les families naturelles, avec
une table d'apres le systeme de Linne ; il sera accompagmi d'uu
grand nombre de planches colorices, destinees a represeiiter une
espece de chaque famille avec I'analyse des fleurs ct des fruits,
dessines par I'auteur lui-nieme.
Toutes les plantes nientiounees dans les autrcs Specicx ]danta-
rum, ou dans les divers ecrits des holanistcs, y seront decrites, et
fn outre on y trouvera un grand nombre d'especcs nouvclles,
introduites recemment dans les jardins ou dans les horbiers.
Cet ouvrage sera ecriten anglais, cl I'auteur crolt rendre par
la un service a la science, en le meltant a la porlce de tout Ic
i38 Boianique.
niondc. Son livrc sera peut-ctre plus rdpandu dc cellc nianiere
en Anglctcrre; niais il aurait etc d'une utilito hieu plus gt'ntrale s'il
I'eut fait en latin, au nioins pour les phrases caracteristirpics.
Get ouvrage paraitra periodiquement , et la premiere partic est
sous presse. Ad. B.
208. Exotic ilora, etc. Flore exotiqne, contenant les figu-
res et les descriptions deplantes etrangeres , rares, nouvcUes,
ou remarquablcs, etc. ; par AV. S. Hooker , part. 5, 6. Edimb.
Oct. 1823 et janv. 1824. ( Fojcz le Bulletin de iSi'i. )
Ces deux nouveaux caluers, d'un recueil qui se continue tou-
jours avec une execution aussi parfaile que les premiers, rcnier-
luent les plantes suivantes :
64. Alstroemerin pulchella, Bot. Mag., t. 2353.
65. A Istroernciia tricolor; caule ereclo, gracili;foliis lineari-lan-
ccola'iis, lortis, glabris; urabelJa pauciflora (?); perianlliii laciniis
quatuor exterioribus, obovato-spathulatis, subconformibus brevio-
ribus; duabus interioribus, paulo longioribus lineari-spatliulatis;
omnibus serratis.
Cette jolie espece est orlginaire du Cliili; clle a etc dccrite
presqu'en meme temps sous le nora A'A. piikhra, dans le Bot.
Mag. , et sous celui d'A.JIos Martini dans le Bot. legist.
66. Pcperomia incana.
Piper incanum , Haw. Supjd. pl. sure. p. 2.
d'j.Pej/erouiia Pcresfdajolia. Kunth. in Humb. et Bonpl. nov.
gen et sp. i , p. 56.
68. Primula pusilla. Goldie, in Edimb. phil. Journ. ; 1822;
V. 6, p. 322.
Primula farinosa , Nuttal.
Cette jolic espece dccrite, par M. Goldie, dans un memoirc sur
quelques ])lantes rares ou nouvellcs du Canada , est ainsi carac-
terisee :
P. foliis obovato-spatliulatliis , repando-crenalis , subtus .sca-
poque farinosis; umbelia ]);iuciflora; corollw tubo calyce lon-
giore; laciniis obcordatis, dentatis, ore nuilo.
69. Orchis spectabiiis. Linn.
70. Pogonia ophioglossoides. R. Br.
Arelhusa ophioglossoides. Linn.
']\. Dcndrobiumjiinbrialum; caTilibus erectis, ferlilibus,aphyl
lis; foliis lanceolalis, striatis; racemis multidoris; labcllo indiviso,
BotaJiique. 1 5c)
oblique campanulato, fimbria to ; perianthii foliolis tribus exterio-
ritiis basl obtuse calcaratis.
Ccttc suj)erbe plante, originaire du Bengale, a etc envoyee dc
Calcutta , par M. Wallich.
72. Vanda ? trichorrhiza ; labello ecalcarato ; petalis lineari-
lanceolatis, subsequalibus ; foliis teretibus.
Cette espece, proveiiant egalement dujardinde Calcutta, a les
plus grands rapports avec le Vanda teretifoUa , Lindley. Mais
ces deux especes different beaucoup des especes que M. Brown
a rapportces priraitivement a ce genre, particulierement par leur
labelle depourvu d'eperon.
73. SchizantJtus pinnatus. Ruiz et Pavon. Fl. per. i , p. 1 3, t. 17.
74. Schizopetalon Walkeri. Sims, in Bot. Mag., t. 2379.
Ce nouveau genre de crncifere , figure pour la premiere fois
par Sims. , presente plusieurs caracteres tres-remaiquables , que
M. Hooker a parfaitement decrits et figures dansl'excellenteplan-
che analylique qui reprtsente cette espece. II caracterise ainsi ce
genre :
Siliqua linearis, stigm-ate subsessili ; cotjledones, singulo bipar-
tite ? spiraliter iorXi; pctala pinnatifida.
La structure de la graine, surtout, est tres-singuliere, et differc
de celle de toutes les cruciferes connues par ses cotyledons , pi'o-
fondement divises presque jusqu'a la base , en deux lobes lineai-
res. M. R. Brown , qui a decrit cette plante dans le Bot. Ixcgist.
n. io5 ( voy. I'art suiv. ), admet dans cette plante quatre coty-
ledons verticilles.
75. Calceolaria paralia. Cavan. Icon. 5 , p. 29 , t. 447 ?
76. TricJiomanes inemhranacea. Linn.
77. Toenitis graminijolia ; frondibus simplicibus furcatisvc ,
lineari-lanceolatis, integerrimis, glabris.
Grammitis graminoides. Svv. Syn. fd., p. 22. ? Hab. insula
Sti.-Vincentii.
78. Gramniitis serrulata. Sw. Syn. fil., p. 22.
79. Rata albijlora; f'oliis bipinnatis, pinnulis obcqrdatis; flo-
ribus tetrapetalis , petalis obovatis integerrimis ( albis ) ; gcrmine
pedicellato.
Cette espece remarquable par la couleur de ses fleurs, par son
ovaire pcdicelle et par la forme de .son disquc , est originaire du
Nepal.
80. OEnothcra speciosa. Nutt.
i4o Botanique.
8 1. Habenaria tridentata.
Orchis trideutata. Purs/i. fVilld.
82. Talinum ciliatum. Ruiz et Pavon.
Cette espece, jusqu'a present peu connue, est parfaileinent
decrite et figuree avec des details analytiques tres-interessans.
83. Loasa nitida. Lamk. Enc. III. 58i.
La figure quirepresente cette belle plante, est accoinpagnce de
details analytiques tres-curieux et parfaitcnient executes.
84. Lessertia annua. Dec. Astrag., p. 38. Ad. B.
209. Botanical register, n . CV,CVI, — CVII , nov., dec.
1823, et janv. 1824. ( Foy. le HuUctinde iSaS. )
Ces trois numeros renferment les especes suivantes :
748. Erinus lychnidea. Linn.
749. Tillandsia flexuosa. Swartz.
750. Erythrina speciosa. Hort. Kew., ed. 2 , vol. 4 » P- '^52.
75i. Dianella strumosa; foliis laete viridibus , omnino loevi-
bus ( latitudinc , ubi latioribus , subunciali ) ; panicula laxa ,
numerosijdecomposita; corolla; pendulo-cernuse, lacinlis rcflexis;
alternc saturatius 3-5-lineatis ; filamentis cum struma obosa sa-
turatiiis colorata antherifera apice articulatis; pedlcellis flore
paulo brevioribus.
Cette espece est remarquable par ses etamines dont le fda-
ment est renflc en une sorte d'apophyse charnue qui supporle
I'anthere. Elle est originaire de la Nouvelle-Galle du sud.
752* Schizopetalon IValkeri. Sims. Bot. Mag., 2379.
Ce genre de crucifere, d'abord decrit d'une manierc assez in-
complete dans le Botanical magazine , a offert a M. R. Brown ,
qui en donne une exccUente description dans le n". du Botani-
cal licgister que nous extrayons , un caractere tres-singulicr. vSui-
■viinl ce savant botanistc , I'embryon prescnte 4 cotyledons verti-
cilles, lineaires , replies en sjiiralc. 11 caraclerisc ainsi ce genre :
Calyx cXau&us; peta la piniKilifida.5'///(7Hrt torulosa, scminibus
uniseriatis. Colyledones qiiatuor ? scparatim contortuplicatae.
M. Hooker, qui a figure cette menie jilante dans V Exotic flora,
regarde les cotyledons comnie seulcment ires-profoniieraent
bipartis.
753. Ocyinuin jcbrijiiguni .
Cclle espece, originaire dc Sierra -Leone , est Ires-voisnie de
Botanique. i^i
VO. heptodon de P. de Beauvois, qui n'en est peut-itre qu'une
varicte.
754. CurcuUgo latifolia. Hort. Kcw. , ed. 2, vol. 2, p. -253.
755. Stapelia noiinalis. Jacq. Stap. t. l\\.
7.56. Stapelia hirsuta. Var. Atra^ Linn.
757. Gnidia denudata , foliis ovalo-oblongis quadrifariam
imbricatis, pilosis, trinervibus ; nervis denudatis; floribus termi-
nalibus , villosis; villis sparsis , patentibus.
Cette espece est tres-voisine du G. iinhricata.
"j^^. Allium Coivani; scapo nudo, semiterele ; foliis lanceolatis,
acuminatis, flaccidis, ciliatis, vaginantibus; umbella fastigiata;
petalis obtusis.
Hab. Peruvia.
759. Pleurothallis punctata ; foliis oblongis, utrinque obtusis,
scapo deflexo ramoso brevioribus; floribus sparsis, distantibus.
Cette espece parasite, remarquable par sa forme, est originaire
de Tile de la Trinite.
760. Ponthie'va petiolata • spica laxa erectaj foliis petiolatis,
ercctis , crispis , glabris ; floribus discoloribus.
Cette plante liabite Tile Saint-Vincent.
761. Polrgnla pnniculata. Linn.
762. Narcissus Sabiiii; spatlia uniflora ; scapo ancipite; nec-
tario coiumnari, erecto, plica to, eroso , petalis imbricatis, paten-
tibus breviore ; stylo coluninae ai(|uali, antlieris paulo loui^iore-
tubo petalis subsequali. J. Lindl.
Cette espece, cuhivee dans ies jardins d'Angleterre, mais dont
I'origine est inconnue , parait bien distincte de la plupart des
especes deja decrites. M. Lindley, a I'occasion de cette plante
decrit nnenouvelle espece du meme genre sous le nom de Nar-
cissus Macleaii.
N. spallia i-2-flora ; scapo coinpresso, sub;mcij>iti; petalis pa-
tentibus, imbricatis, tubo nectarioque cyliudrieo truncato inte-
gerrinio paulo longioribus.
Elle est originaire de Smyrne.
763. OEnotliera acaulis. Cav. icon. 4 , p. Co , t. Sgg.
7G4. Cassinia aurea. Brown. Trans. Liun. 12, p. 127.
765. Euphorbia cjathophora. Willd. Sp. 2, p. 8<)i.
7G6. Bromclia mvlanantha; ebraelcata; foliis ligulato-oblon" is,
ca'siis, spina nigra ciliatis, ciisj)idalo-obtn5is; spira obe.so-slrobi-
I/^2 Boiaiiique.
liformi, hexasticlia ? distantcr laxata , verticillis trifloris alternis ;
floribus rigidis, fundo laiia iinmersis; calyce trialato.
Celte belle plante est originaire de I'ilc de la Trinite.
7G7. Hedjchlum heteromallum ; foliis supra nudis , subti'is
pube loriga mollissima sericeis ; spica sparsa multipiici conica ;
fasclculis subtrifloris , subimbricato-distantibus , divergentibus ;
ungue llneari laminae 2-partit»e lobis dimidiato-ellipticis sub-
breviore ; filamcnto coroUam plurimum superante.
Celte plante est cultivee dans le jaidin de Calcutta, d'oiielle a
ete introduite en Angleterre.
7G8. Ipomcea tuhcrosa.
769. Galea grandijlora.
Les descriptions de ces deux especes ne seront publiees cpie
dans le numero suivant.
770. Curculigo recurvata. Dryand. in Hort. Kew. ed. 2 , t. 2,
p. 253. Ad. B.
210. CuRTl's BOTANICAL MAGASINE ; par JOHN SlMS. n"«. 442,
443, 444. ( Voyez le Bulletin de 1823. )
Ces trdis cahiers renferment les plantes suivantes :
2441. Melastoina granulosa Lanik. Cette espece appnrlient
au genre Pleroma de Don. , Trans. IFern. T. iv, p. 295.
2442. Oxylohium arhoresceus. Brown in Hort Kew., edit. 2;
vol. 3, p. 10.
2443. Cissus quinquefotia; foliis quinatis ; foliolis ntrinque
attenuatis, acuminatis, serralis, pedicellatis; rarais teretibus, no-
dosis, Ifevibus. Soland. Hah. Rio de Janeiro.
2444. Biscutella hispida. Dec. Ann. mus. 18, pag. 295, t. 7 ,
fig. I.
2445. Erodium Gussoni; Tenore fl. neap. p. 97 , t. 63.
2446. Ipomcea speciosa. Vers. Syn. i.p. i83.
2447. Protea grandijlora yar. iatifolia. Brown. Trans. I.lnn.
10, p. 85.
2448. Amethystea coerulea, hiim.
2449. Phlomis hcrba-icnti , Linn.
24 50. Ononis hispanica , Linn.
2451. Coreopsis lanceolata, Linn.
2452. Ociinum slamineum;io\\\s oblongo-ellipticis, serralis ,
canis, longc peliolalis; spicis •verticilialis, verticillis subscxfloris ;
slaminibus corolla bis longioribus. Hab. Cliina.
Botanique. i/p
Cette planteporte sur la planche le nom d'O. camim, et dans
ia description, celui d'O. stamineum.
2/|53. lonidium ipecacuanha , var. B., puhesrens.[ lonidium
calceolaria. Roem et Schult. 5. p. Sg/j.)
2454. Desmanlhus virgalus, Y^'AXA. Mimosa virgata, L'mn.
2455. Moinordica charantia , Linn.
24^6. Cjrilla racemijlora, Linn.
2467. Echinops strictus ; canle simplici, stricto, unifloro; foliis
eroso-pinnatifidis, spinuloso-dentatis, supra glabris, subtus to-
mentosis.
Cette piante, originaire de Russie ou de Siberia, provenait du
jardin de Gorenki.
2458. Nicandra phjsalodes , Pers.
245g. Ammobium alatum.
Ce nouveau genre de la famille des composes , etabli par
M. Brown, mais jusqu'a present inedit, est ainsi caracterise par
ce celebi-e botaniste :
Amuobivm. Receptnculum , paleis distinctum. Pappus : margo
dentatus. Anlherce basi blsets. /«Po/«cr«/rt imbricatum, colora-
tum, radians.
La seuleespece connue, figuree dans le Botanical Magazine,
croit dans les sables du bord de la mer , k la Nouvelle - Galle du
sud. C'est une piante a feuilles rndicaleslanceolees, a tiges droi-
tes et rameuses , a feuilles caulinaires petites, decurrentes , et pro-
duisant des membranes en forme d'ailes sur les tiges. Les fleurs
sont terminales et solitaires a rextremite des rameaux.
Ce genre parait voisin des Gnaphaliuni , Elichijsum, etc.
2460. P lecthranthus ternatus; cauXe sexangulato; foliis ternatis,
petiolatis,ovatis,crenatis,rugosis;radicibus tuberosis;spicis termi-
nalibus , verticillatis.
Cette piante croit a Madagascar, oil on la cultive sons le nom
de Orni/nc ; les tubercules de ses racines sont, a ce qu'on dit, un
excellent aliment.
Cette espccc est tres-voisine de \Ocymum tuberosum de Rox-
burgh. An. B.
an. Flora italiana, etc. Flore italienne , ou recueil des
plantes les plus belles que I'oa tultive dans les jardins
d'ltalie, rcdigee sous la direction du prof. Savi. A Pise,
1^4 Botamque.
chez Niccolo Capurro. [Nuov. giorn. de Lett., aout 1822,
p. -^32.)
II a doja paru r4 fascicules dc cc recueil. lis contiennent plu-
sieurs plantcs nouvelles , raieux detennint-es, rapportees a d'au-
tres genres, ou dont I'auteur a cru devoir changer les noms spe-
cifiques;par exemple, le Jasininiim heterophyUum ( triumphans,
rei'olutiiin , Link.); le Sonchus gibbosus ; Y Hibiscus roseus con-
fondu avec le palustris ; le Cratcvgus glaber ; le Leptosper-
mum emarginatum ( Melaleuca trinervia du commerce); le Ker-
ria japonica (^Corchorus japonicus) , nom propose par M. De-
candolle , etc.
Enfin on y trouve des observations intoressantes sur des fleurs
doubles, telles que les jacinthes, les anemones et les roses, ainsi
que des descriptions plus precises des Jatrop/m pandufwformis,
Bignonia grandiflora , Liliuin tigrinum , Sahna leucantha , et
le Neriurn ajleur jaune , qui n'est qu'une variete inodore de
Vodorum .
Le nom de M. Savi est une garantie de la bonte de ce recueil
et un presage de son succes. D. U-
212. Genera plantarum duo, auctorc. F. E. L. Fischer. 12 p.
in-/,.
Cette dissertation a pour objet deux genres de plantes tres-
differens, et forme ainsi deux memoires distincts ; Tun en latin
porte pour titre, A dumbratio generis Adenophor*.
Ce genre, separe des Campanules et deja indique par M. Fis-
cher dans des envois fails a d'autres jardins dc botaniqne, avait
etc dcsignc par Sfirengel sous le nota de Flokrrea; il est prin-
cipalement caracterise par un disqne glanduleux qui surniontc
I'ovairc, et forme une sorte de gaine autour du style; les filets
des etamines sont elargis a lour base et presquc monadelphcs.
Toutes les cspeces dc campanules qui appartiennent a ce genre
sont originairesdela Siberie ou dd'Asie Orientalc. Ce sont:
1. Adenophora verticillala [Campanula verticillata, Pallas.)
2. A. marsupiijlora ( Camp, coronata. ]}ot. reg.)
3. A. Gmelini {Camp. Gmeli/ii cl C. Rabelaisiana. 11. et Sch.
41 et 23 1.)
4. A. coronnpifolia. ( Camp, erysimoides. 11. et Sch. 40? )
5. A. denticulata. [Camp, tiicusjtidata. l''isch. in 11. et Sch.
23o. )
(3. A latifolia. {C'auip. Percskia-Jhlin. R. ct Sch. 8C.)
Botanique. i i5
7. A. Lamarkli. Fisch. (Gmel. Sib. Ill, p. 148, n. 18, tab. a6.)
8. A- stylosa, Fiscli. i^Cawp. styloid. Juss. Gmel., p. i52,
tab. 27.)
g. A. communis. [Camp, snafeolens. Willd. C. intermedia et
C. Fischeri. R. et Scli., n". 6a et 85.)
La seconde dissertation est en francais et porte pour litre :
GuLDENSTAEDTiA, nouveau genre de lafamilLe des Legumineusi-;.
Ce genre renferme deux plantes que leur port avait fait placer
a cote ou parmi Ics Astragales, quoiqu'elles en different generi-
quement; I'une est X Astragalus pauciflorus de Pallas; I'autre
existait sans nom dans quelques lierhiers: elle avait ete rapportee
de Siberic par Sievcrs, mais sans fleurs ni fruit; elle etalt cepen-
dant rcmarquable par ses feuilles simples. Ces deux plantes fer-
ment le nouveau genre Guide ntstcedtia, qui est ainsi caracterise:
Calyx ad basin bibracteatus, canipanulatus, quinquefldus, la-
ciniis 2 superioribus latioribus. Corolla papilionacea, pentape-
tala, vexillo Integro, alls fere loiigitudine vexilli, carina minut^.
Stamina diadelpha. Lcgumen subcylindricum polyspermum;
valvis oinnino secedentibus demuni spiralibus, medulla maturi-
tate evanida farctum. Semina reniformia , scrobiculata. Ad. B.
2i3. Experiences microscopiques et physku.ogtoues sur une
espece de Confer<.'e marine, production animalisee; et re-
flexions sur plusieurs autres especes de productions filamen-
teuses analogues , considerees jusqu'alors comrae vegetales ;
par Ben). Gaillon. In-8., 16 p. Piouen; i823.
L'objet principal de cette dissertation est I'examen microsco-
pique de la structure et du developpement de la conferve, nom-
mee par Dillwyn, Conferva comoides. L'auteur ayant observe
dans cet clre, regarde jusqu'ici comme vegetal, une organisa-
tion tres-differentc de celle des autres Conferves et Geranium,
en a suivl le developpement et la reproduction pendant plus
d'un an. Aulieu de tubes continus ou articules, composes d'uiie
succession de cavites et de diapliragmes, comme dans la pliipart
des aulres conferves, M. Gaillon a observe dans celle-ci des fila-
mens formes par une suite de globules entoures d'une raatiere
muqueuse ; il a vu ces globules se separer les uns des autres par
une legere laceration, produite par une pointe d'aiguille ; ces
globules sont ovoides, Iransparcns aux deux bouts, et marques
d'une tadie coloree en janne vers le centre. lis sont reunis en
B. Tome I. 10
1 46 Botnniqiie.
plus ou molns grand nombre dans I.1 membrane muqueuse qui
constitue les filamens , suivant la partie sur laquelle on les ob-
serve; lorsqu'ils en sont separes et libres , ils sont doues d'un
mouvement plus ou moins vif ; ils augmentent successivement de
volume non-senleraent dans cet etat de liberie, mais meme lors-
qu'ils sont encore engages dans la membrane du filament; a cet
etat I'auteur les rapporte aux animalcules de la famille des Ba-
cillariees , de M. Bory de Saint-Vincent , et, suivant leur etat,
plus ou moins developpe , ils prennent la forme des Navicules
ou des Bacillaires, et resscmblcntbeauconp aux Vibrio tn'puncta-
tiis et hipiinrtatus de MuUer. Ces globules aniines ne restent pas
touiours ninsi independans ; mais lis s'uni-sent en se mettant
bout a bout pour former de nouveaux filamens qui se couvrent
cgalement de mucosite.
Quanta la reproduction de cet etre singulier, M. Gaillon I'a
observee ainsi : a une certaine epoque les globules qui remplis-
sent les filamens du Conferva como'ides, apres avoir atteint tout
leur developperacnt, s'en separent naturellement, jouissent pen-
dant quelque^temps de mouvemens bien prononces; puis, deve-
nant stationnaires, soil en restant isoles, soit en s'nnissant quel-
ques-uns bout a bout, ils se dilalent , prennent une forme
ellipsoide; la matiere coiorante se leunit en deux globules dis-
tincts qui se desngregenl ensuite en une poussiere tres-tenue qui
s'echappe des globules et se repand au dehors; aubout de quel-
ques jours cette poussiere s^anime , les grains qui la forment aug-
mentent de volume, et finissent, en s'nnissant les nns aux autres,
par reformer un nouvel individu de Conf. como'ides.
Tels sont les phenomenes et le developpement que presen-
tent ces etres singuliers, moitie vcgetaux et moitie animaux, et
sur lesquels M. Bory de Saint-Vincent a deja public des obser-
vations tres-curieuses. M. Caillon leur donne le nom de IVema-
Zoones • il regarde comme des etats differens des memes etres
les Bacillariecs tX. les Arlhrodices de M. Bory, et quelques-nnes
des Chaodinees dumeme auteur. II cite egalement un assez grand
nombre de conferves qui se rapportent a cette famille.
M. Gaillon se propose de continuer ses recherclies sur ce
groupe d'etres , et ses observations , qui sont presentees avec
beaucoup de clarte et de precision, jetteront certainement beau-
coup <le jour snr leur organisation. II pcnsait, d'apres les obser-
vation* du prof. Amici sur le mouvement des globules contenus
Bolanique. 147
dans les vaisseaux ties Ckaras,qae cette plante devait se rapprocher
de cette faraille; mais le meme physicien ayant observe depuis
CCS memes globules dans plusieurs autres vegetaux evidemmeut
phanerogames, a montrc pai'-'a qu on ne devait pas leur donner
une grande importance sous le point de vue de la classification.
Ad. B.
214. Observations sur les genres C-vtinus ct Nepenthes , par
M.AD.BRONGNiA«T.(y/«rt. rf<'*6'c«V/?c. ««^., to. i,p. 2g,pl. 4et5.)
Tons les naturalibtes ont observe les formes singulieres des
Nepenthes ; tons ont admire ses feuiiles qui, apres s'etre pro-
long^es en un long filet, se dllatent pour former une urne ele-
gante. Cependant ce n'est que de nos jours qu'on a commence
a connaitre les parties les plus essentielles de ces plantes si sou-
vent citees et decrites tant de fois ; et I'organisation de leurs
semences presentait encore del'obscurite, avant que M. Adolphe
Brongniart en eiit detaille tous les plienomenes dans le raemoire
que nous analysons.
Linne avait reconnu que le fruit du Nepenthes est une capsule
a 4 loges et 4 valves : Ga'rtner alia plus loin; il montra que les
semences naissent sur la paroi meme des cloisons , et que celles-
ci sont par consequent de veritables placentas parietaux portes
paries valves, mais prolonges jusqu'au centre du fruit; il fit
■voir encore (jue I'embryoa est entoure d'un perisperme, et que
I'amande, revalue immediatement d'un tegument propre interieur
n'occupe qu'une tres-petite partie de I'axe d'un tegument exte-
rieur menibraneux. Cependant il echnppa au carpologiste alle-
mand une erreur que la petitesse des objets rend assurcment
bien excusable; il decrivit comme monocotyledone I'embryon
du Nepenthes, et dans la realite cet embryon presente deux
lobes distincts. Ce fut le celebre Louis Richard qui, dans son ana-
lyse du fruit, signala le premier ce caractere important; mais
quoiqu'il ait dit quelques mots sur la position de I'embryon
dans la graine , il etait permis de souliaiter qu'un nouvel exa-
men of frit quelques details de plus. Ceux que M. Brongniart
fournit aujourd'hui aux botanistes ne leur laisseront rien a
desirer.
II a souniis a I'exaraen les graines de deux Nepenthes , les
unes sessiles et les autres attachees au jilacenta par le movea
d'un cordon ombilicai; malgre la tenuite des piirties, il a suivi,
T^S Botanique.
dans rintcrienr du tegument ext^rne et menibraneux , ce fais-
crau de fibres que Ton a appele raphe , ct qui , cmanant du pla-
centa , porte la nourriture a la jenne senicnce ; il a vu ee faisceau
s'elever au-dessus de I'amande , se recourber et se rattacher a
elk" pour former la chalaze; dissequant la semence , il y a re-
trouve deux cotyledons et une radicule , et enfin il a reconnu
que celle-ci etait tournee vers rombilic.
A la verite M. Richard attribuait une autre direction a I'em-
bryon du Nepenthes ; mais il parait que le veritable but de cet
auteur, lorsqu'd observa la plantc dont il s'agit , italt de recon-
naitre si reellcmeiit elle etait monocotyledone , et ce but d a su
I'atteindre. M. Brongniart voidait remp!irles lacuncs qui restaient
encore ; il a dissseque avec une scrupuleuse attention les grames
de deux especes ; ii a deceit ce qu'il avait vu, il I'a retrace dans
ses dessins avec une precision extreme, et par consequent d est
impossible qu'il lui ail ecliappe quelque erreur.
M. Brongniart signale dans sa description et ses figures un
petit phenomene qu'il est bon de rappeler , jiarce qu'd est ,
a ce que nous croyons, unique dansl'histoire des fruits. Dans cello
des deux especes oii la graine estporteepar un cordon orabdical ,
on voit ce cordon se prolonger, Iranspercer obliquement le te-
gument exterieur membraneux et parailrede I'autre cote, comme
ferait une aiguille. II est a croire que ce prolongement du cordon
ombilical n'a pas toujours existe ; analogue, ainsi que lepense
M. Brongniart, au crochet de la semence des Acanlhees, d s'cst
developpe pendant la maturation de la semence, et il a du neces-
sairement s'ouvrir un passage a travers le tegument qu'd a
bientot rencontre.
M. Brongniart connait trop bien le veritable but de la bota-
nique pour s'otcuper d'une plaute, sans en itudier les rapports.
II adopte ceux que M. Brown a observes entre \c^ Nepenthes ci les
Aristolochiees, et en particulier le (ytinus, et il les confirme par
un examen attcntif de ce dernier genre dont malheureusemcnt
il n'a pu se procurer des graincs. M. Brown, et avec lui
M. Brongniart, montrcnt tres-bien qu'il cxiste des points de con-
tact entre V Aristolochia, \'Jsamm,\e Cytinus, le Nepenthes, etc.;
maisiifautconvenirpourtantquesicesgenress'eloignentmoinsles
uns des autres que de tons les vigetaux existans, il y a encore
entre eux tons une distance immense, et que chacund'eux pour-
Botanique. i/q
rail en quelque sorle etre considere comiiie le type d'uue
famille distiiicte.
Le memoire de M. Brongniart est termine par la description
fort detaillee des dcnx genres Cytinus et Nepenthes. II indique
comme nouvelle uue planle de ce dernier genre qu'il a trouvee
dans les herbiers, mais dont on ne connuit malheureuseraent pas
les fleurs. Enfiu il joint a son travail, des figures qui, comme nous
I'avons deja dit, sont dessinees avec un soin extreme, et qui, des le
premier coUp d'oeil, donnent rintelligence des observations pre-
sentees dans le memoire. Auguste de S.-Hilaire.
2if>. Amoenitates botanic^ BONNENSEs,fasc. I. De Cinnamomo
disputatio auct. C. G. et Th.-Fr.-L. Neks ab Esenbeck. Cum
tab. 7 lithog. 74 pag. in-4. Bonneae, 1823.
Une grande partie de cette dissertation est consacrce a uue
discussion historique sur les plantes qui ont porte le nom de
Cinnamoinon cliez les anciens , depuis les Grecs jusqu'a nos
jours ; I'auteur passe en revue I'etymologie de ce noni, sa signi-
fication chez les Grecs, et sa distinction du Cassia ; son emploi
par les auteurs arabes ; il arrive eusuite a son histoire chez les
botanistes raodernes, parrai lesquels Burmann tient le premier
rang, par rapport a cette plante. Enfin, la dissertation deThun-
berg et celle de Marslial , sur le meme sujet, completent a peu
pres la partie historique.
L'auteur, passant a la partig botanique, donne le caractere
generique du genre Laurus , dans lequel il reunit , comme de
simples sections, les genres Cijptocarga R. Br., Eiidiandra R. Br.,
Litscea Juss., Pcrsea Kunth, , Ocotea Aubl. Nous ne discuterons
pas ici jusqu'a quel point cette reunion est conveuable; cette dis-
cussion exigerait un examen approfondi de cette famille, exameu
qui u'est pas du ressort de ce journal.
Sous le point de vue des cspeces , l'auteur n'etudie que
celles qui fournissent la vraie cannelle ou des ecorces odorantes
confondues avec clle, ou enfin celles que lours cnracteres en
rapprochent le plus. Ce sont : i". Laurus cinuainomuin L., -2". Lau-
rus cassia L., 3". Laurus malabathrum L., 4". Laurus Burmanni
Nees,5". Litsrea zejlanicn 'Nce&.,G".Li:safa injrrha i:<ees.{Lit-
scea trinervia Juss. Pers. ) , 7". Laurus culilawarig. L.
Nous nous permettrons quelques observations sur ces di-
verscs plantes, les deux premieres nous paraissenl clairement
1 5o Botaniqtie.
distinguees , et sont bien figur^es; nials I'anteur leur attribue ,
ainsi qu'au Laurus Bitrmanni , i8 elainiiies disposees sur trois
rangs, dont 6 extericures fcrtiles, 6 intermcdiaires stcriles, et
G int^rieures dont 3 fertilcs et 3 steriles ; un exameii attcntif
montre cependant que dans ces plantes, comme dans la plupart
des laiiriers, il n'y a que la etamines disposees sur deux rangs,
I'externe composeede 6 etamines fcrtiles, et I'lnterne de6 etami-
nes dont 3 steriles opposees aux divisions internes du calice , et
3 fertiles portant sur l.ur filet deux glandes stipitees que M. Nees
parait avoir considerees comme autant d'etamines avortees. II est
cependant evident qu'elles ne ferment par un ranginlermediaire
aux antres etamines, mais qu'elles sont portees sur le filet meme
des etamines interieures fertiles a moitie , a peu pres,de I'espace
compris entre leur point d'insertion et I'anthere.
La description du Laurus mnlabathrum est entierement ex-
traite , comme I'auteur lui-ni^me le dit, de rouvrage de Rura-
phius ; aussi indique-t-il dans celte plante un c.'ilice a 5 divisions
et 5 elnmines; I'examen de celfe plante, d'apres les cchantillons
authentiques de Burmann, nous a prouve que sa structure etait la
meme que celle des especes precedentes. Les cchantillons du
Laurus Burmanni, qui existent ^galement dans la collection du ce-
lebre botaniste auquel M. Nees I'a dcdie, coincident Irijs-bien
avec la description et la figure de cet auteur, a I'exception ce-
pendant de ce que nous avons dlt des etamines, dont les glandes
stipitees, regardees par M. Nees comme autant d'etamines avor-
tees , sont figurees comme sagittees, tandis qu'elles sont presque
quadrilateres , et que les trois veritables etamines avortees sont
seules terminees par un corps charnu de forme saglttce.
Quant aux descriptions des deux especes de Litscca et du Z««-
rus culUawang, celle du Litsoea zeylanica seule est faite sur la na-
ture, d'apres un (5chantillon de I'herbier de Van Royen, qui
^tablit son idenlite avec le Laurus zeylanica, flosculis verticillatis,
folio trinervo. Herm. zcyl. 26. MM. Nees n'ont pas vu les deux
autres plantes; leurs descriptions ne peuvent par consequent
rien offrir de nouveau ; ils presumcnt seuleinent que le Laurus
culilawang de Java, rapporte par M. Reinwarl , differe du vrai
laurier de ce nom decrit par Llnnti et Roxburgii.
Six planches tres-bien lithographiees au simple trait, pour la
plupart d'entrc eiles , et ombrees el en couleur pour les Laurus
cinrtatnoifiiini et cassia , accoinpagnent cet ouvragc, et doivent
Boiiiiiique. t5i
faire esperer que Its autcuis contiuueront la publication des
Amoenitates Bonnenses. Ad. B.
ai6. Observations suR le genre Couma d'Aubiet; pnr M. Ach.
Richard. {Ann des Sc. nat., t. I^r., p. 52. )
M. Ach. Richard, possessciir d'une des plus riclies collections
de plantes de la Guiane , recueiilies par son pere , et souvont
accompagnees de notes precieuses dues a cet habile bofaniste,
sc propose de publier succcssivcment ses jiiopres observations
sur ces vegetaux , et de rediger et completer quelques-uns des
niateriaux laisses par son pere.
Les recherches qui font le sujet du memoire que nous analysons ,
sont dues a ses propres observations ; elles out pour objet le genre
Couma etabli par Aublet, mais dc-crlt si incompletement qu'il
n'a pas m^me etc indique paf M. deJussieu parmi les inccrt(s
sedis. La description tres - complete qu'en donne M. Richard
prouve que ce genre appartient a la fainille des apocynees, et
qu'il est tres-voisin des genres Carissa, Atnbelania, Pacouria
et Cerbera.
Ildiffere copendant evidemiuent de ce dernier, auquel Rudge
I'avait rapporte sous le nom de Ceibeta triphylla sans avoir re-
connu dans cette plante le Couma d'Aubiet.
La distinction des genres Carissa, Ambelania, Pacouria et
Couma est beaucoup moins bien etablie ; aussl M. Richard
compte-t-il rcvenir sur ce sujet, et examiner dans un nouveau
mtinoire tous les genres d'apocynees a fruit simple et charnu.
Ad. B.
217. Me.moires sur les genres Melantficrn, Chytodia et Blain-
\illea; par M. H. Cassini. {Journ/de Phys. , dc Chimie, etc.,
mai 1823 , p. 207.)
Des trois genres decrils par M. Cassini, deux elaient connuSj
quoique incompletement ; le dernier est tout-a-fait nouveau.
Le Mcla/it/it-ra , ou Mclananthera de queiques auteurs, avait
deja cte Tobjel d'ob^ervatlons importantes de M. Richard et
K. Brown. M. Cassini en donne une descrl|)tioi: plus complete; il
en distingue trois especes, et, cesespeces ayantetedejadistingiices
])ar Dillen, il reprend les noins donnes par cet auteur a la place
dc ceux adoptes par les auteurs plus modernes; il decrlt ccs
trois especes, dont la premiere seule a etu souinise a son exa-
1 52 Botanique.
men, sous Ics nonis de M. urtira-Jolia ( M. dcltoidea Rich.) —
M. Panduriformis <^M. hastaUe var. Rich.) — M. trilobata (iW.
hastatce var. Rich.)
Le second genre indique par Surian sous le noin de Chatia-
Icllc, fut rapporte par Richard de la Guiane el place dans I'lier-
LierdeM. de Jussieu sous le nom de Chylodia sarmentosa: il est
decrit par M. Cassini sous ce dernier nom; il etait resU; inedit
jusqu'a present, mais RI. Cassiiii presume que de nouvelles obser-
vations pourront engager a rcnnir dans un meme geni'e le Chy-
lodia et les genres Jf'ulfin de Neker et Gymnolomin de Kunth.
Le genre Blalnvillea a pour typcune plante cultivee au Jardin
des plantes de Paris, sous le faux nom de Bidens nivea , el a
laquelleM. Cassini donne le nom de Blainvillea rhomhoidea ; ce
genre se rapproche d'une part des Vcrbelsina , el de I'autre du
Lipotriche.
Les trois genres decrits par M. Cassini dans ce memoire ap-
partiennent a la section des Helianfhees-Prototypes. Ad. B.
218. Memoire sur i.es Dipsacees; par Th. Coulter. In-/).;
Geneve; Pasclioud ; 1823.
L'auteur de ce memoire parait avoir eu pour but principal d'e-
tudier I'organisation gcnerale des plantes de la famille des Dip-
sacees, plutot que d'en presenter une monographie complete.
II commence par passer snccessivement en revue les divers or-
ganes qui composent les plantes de cette famille , et il compare
leurs diverses modifications, tant dans les differens genres de cette
famille, qu'avec cellcs des families voisincs.
L'organe qui fixe plus parllcuUerement son attention est I'in-
vo'ucolle ou calice jiropre exterieur de ((uekjues auteurs; l'au-
teur elablit I'analogie qui existe entrc cette ])arlie et I'involu-
celle des ombcUiferes ; il regarde comme cgalement analogue le
tegument externe des akenes des composees, et particulierejnent
cclui qui environne les fruits des Echinops. II dlsciite, en decri-
vant cet organe et le calice propre des Dipsacees, plusienrs des
opinions de M. Cassini sur Torgaiiisalioii des flcurs des compo-
sees, et en general ses opinions ne sont pas d'accord avec celles
de ce dernier sr.vant.
L'examen des aulres organes n'offre rien de renjarquable.
L'auteur presente a la suilc dc ce travail un tableau des gen-
res ct des especes de cette famille; les genres qu'il y range sont ;
Botanique. i55
Marina, Dipsacus , Cephalaria, Knautia , Pterocephalns. Lag.
Scabiosa. Quelqiies especes nouvelles sont decrites dans cctte
partie du nic'moire de M. Coulter, qui ne donne cependant ce
travail que comme un prodrome qu'il se propose dc completer
par I'examen plus detaille de ioutes les especes de celte faiuille,
qu'iln'a pas encore eu occasion d'etudier. Ad. B.
ftig. ROSACEARUM MONOGRAPHIA. AuCt. LeOP. TrATTINICK.
2 vol. in-8. Vindobonae; iSiB.
Ces deux premiers volumes forment le commencement de
I'ouvrage annonce depuis long-temps par I'auteur, sous le titre
de Synodus botanica, omnes famllias , genera et species plan-
nan illustrans.
L'auteur, sentant I'impossibilite de remplirconvenablementun
plan aussi vaste , s'est borne avec raison a publier une suite de
raonographies dans un ordre metliodiquc; il commence par la
famille des rosacees, et le genre Rosa, Ic seul qu'il ait public, foit
a lui seul le sujet des deux volumes que nous annoncons. 11 est
vrai que l'auteur, voulant perraettre a chacun de distribuer les
especes a son gre, n'a iniprime sur chaque feuillet qu'une seule
espece ou meme une seule variete ; ces feuillets ne portent pas
de pagination a la maniere ordinaire, mais une serie de nume-
ros au bas des pages , de sorte qu'on peut les disposer dans tel
ordre qu'on veut.
Quant a la monograpliie des Roses qui fait le sujet des deux
volumes que nous annoncons, ellemerite un examen particulier.
On sait que le genre Rose, I'un des plus difficiles a otudier du
regne vegetal, a deja etc I'objet do nombreux travaux. Desvaux,
Leman, Tliory etRedoute, Liiidley, Andrews, etc., ont succes-
sivement cherche a faire connaitre les especes qu'il renferme,
tantpar leurs descriptions, que par d'excellcntes figures; sous ce
dernier point de vue, les ouvrages de Redoute et de Lindley
tiennent, sans aucun doute, le premier rang; mais pour la cri-
tique et la discussion des especes sauvages, les memoires de
MM. Desvaux et Leman sont remplis d'observations importan-
tes; M. Trallinick ne parait avoir connu le dernier de ces mo-
moires que paries citations de M. Liiulley ; mais, d'un autre cote,
il a reuni tout ce que les auteurs. allemands, tels que Waitz ,
Sprengel , Opiz, , clc, ont public sur ce genre; il est impossible
dc jugcr jus()u'a f{uel point la distinction des especes est faitc
1 54 Botanique.
avec exactitude et critique; les descriptioHS paraissent faites avec
precision et avec des details comparatifs suffisans pour facililer ia
determination ; mais il parait que M. Trattinick n'a pas vu a beau-
coup pres toutes les especes de ce genre, et il est a regretter qu'il
n'ait pas indique par les signes maintenant adoptes dans la ptw-
pnrt des ouvrafjes de botanique, les especes dent il a vu des
echantillons, et celles qu'ilne decrit que d'apres d'autres auteurs^
il aurait fixe par-la le degrj de confiance qu'on doit doiiner a
cbaque description, et par suite a la distinction ou a la reunion
de cerlaines especes.
Quanta la distribution des especes, il les a classecs envingt-
quatre sections ou tribus, auxquelles il a applique les noms de la
plupart des auteurs qui ont travaille sur ce genre; sa distribution
parait assez n.iturelle, mais par cette raison menie, ses sections
ne sont pas fondees sur des caracteres bien tranches , mais sur
un ensemble de caracteres qui rendra dllficile de s'en servir pom-
la determination.
On trouve decrites dans cet ouvrage plus de deux cents es-
peces, et cependant phisieurs nous paraissent avoir ete onuses,
parliculierement parmi les especes sauvages qui croissent en
France. Quant aux varietes, I'auteur les a limitees avec raison aux
principales seulement. -A^d- "•
■110. Note sur le genre Badhinia de Linne ; par Charles
KuNTH. (^Ann. des Scicnc. nat., t. i , p. 8'3.)
Cavanilles, le premier, separa des Bauhinia le genre Pauletia
dans lequel il rangea toutcs les especes a dix etamlnes fertiles ;
il laissa le nom de Bauhinia a celles qui n'ont qu'une seule
etamine fertile et neuf sleriles ; M. Kunth pense que le genre Paw-
letia de Cavanille presente deux modifications de formes assez
importantes pour etre divise en deux genres; I'un , auquel \\ re-
serve le nom de Pauletia, est caracterise par ses dix etamines fer-
tiles, par son calice a cinq divisions egales et son ovaire stqnle.
L'autre, auquel il conserve le nom de Bauhinia parce quM
renferme I'espece la plus anciennemenl connue,^a comme lei)re-
cedent dix etamines fertiles, mais son calice est bllabii5 et son
ovaire sessile.
Enfiii il donne le nom de Casparia en riionneur d'un des
frercs Bauliin aux especes qui fonnaient le genre Bauhinia df.
Cavanilles, c"esl-a-dire a celles qui n'ont qu'une seule etamine
fertile. ^^"- ^-
Botaitique. i55
221. M^MOIRE SUR UN NOUVEAU GENRE DE GuTTIFERES et SUr
I'arrangement methodique de cette famille ; par J. D. Choisy.
( Mem. de la Soc. d'hist. natur. de Paris , t. V, % p;irt. )
II existait dans les herbiers une plante originaire de la Guiane
et mentlonnee pour la premiere fois par feu M. Richard dans les
Actes de I'ancienne societe de Paris, sous le noin de Clusia lon-
gifolia. M. Choisy , frappe de I'Drganisation singuliere de ses
fleurs males , ainsi que de celle des fleurs femelles qui jusque la
n'avaient pas ete bien etudiees , y a reconnu des caracleres suf-
fisans pour constituer un genre particulier. II lui a donne le nora
de Micranthera , a cause de la petitesse de ses aniheres qui,
ainsi que dans un genre voisin , le Beauhavnaisia , avaient ete
regardees par Ruiz etPavon comuiede »iinple.i pores terminaux.
L'etablissement de ce genre nouveau exigeait I'examen de tous
ceux de la famille des Guttiferes qui sont en general fort mal
connus , et I'auteur a senti qne ce seiait rendre un service a la
science s'il offrait en meme temps un conspectus de ces genres ou
leurs caracteres fussent rectifies et fixes autant que le permettait
I'etat des materiaux sur lesquels il pourrait travailler. S'aidant
done des notes inscrees par M. de Jussieu dans les Annales du
Museum, il cntreprit cette classification dont nous allons donner
I'expose.
La famille des Guttiferes, composee de vcgetaux tous indigenes
des contrees les plus chaudes du globe, et aussi remarquables
par leur beaute que par la suavit^ de leurs fruits , peut se di-
viser en 4 sections fondees sur la nature des anfheres et sur celle
du fruil. L'autcur observe que le premier de ces caracteres,
quoique peu important en apparence, est neanmoins le seul qui
pTiisse faire distinguer les Guttiferes des Hypericinees. Celles-ci
ont leurs aniheres oscillantes, tandisqu'ellcs sont adnees dans les
Guttiferes ; mais elles y sont extrorses dans 3 genres , et introrses
dans tous les autres. La structure du fruit divise ces derniers en
3 sections assez natnrelles. M. Choisy donne le nom de Clusiees
[Chtsiea; ) a la premiere de ces sections, ct la caracterise ainsi :
Fruit niultiloculaire , a loges polyspermes; antlieres introrses. II
y rapporte 4 genres et ii especes toutes americaines.
Cette section est intermediaire entre les Guttiferes et les Hy-
]>ericinees ; en effet les genres Mahurca, Marila et Godoya, dont
le fruil est sec et capsidairc , ont bcaucoup d'affiniles avec les
1 56 Botanique.
genres Eucriphia ot Carpodcntos qui appartierineiil ;iux Hypti-
ricinces; mais leurs antheres aduees eiiipecbciilde les placer a cole
tic ceux-ci. Le type de cette section est le genre Clusia dontles
nombreuses especes sent reiTi;u((uabIes par leur existence para-
site et par lenr sues jininatrcs, et cnfin par les racines bypogees
qui pendent de Icurs troncs. I,e disqtie staminal qui entourc I'o-
vaire des fleuj-slemcHes, est aussi un organe tres-singulier ; on le
rctrouve dans les fleurs males mais supportant piusieurs faisceaux
d'elamiiies. L'auteur nc distingue pas des Clusialcs genres Qiia-
pnja d'Aublct et Havetin de M. Kunlh , tu la variabilitc du
nectaire et des ctamines dans Its plantes de cette section. Au
nioyen de cette fusion le nombre des especes de Clusia se trou-
ve porle 317; elles sont disuibutics en 2 sous-genres dont le
premier (Clusia) est caracterisi- par les tjtaminesen nombre indtj-
iini. On y remarque nne nouvcllc espece origlnaire de Rio-Ja-
neiro et que l'auteur nomme C. Gaiidichnudii, en I'lionncur du
voyagenr qui I'a rapporti-e el la Ini a cominuniquee. Le second
sous-genre ( Quapoya) ne rcnferme que 3 especes qui sont les -i
Quapoya d'Aubiet et le Havelia de M. Kunlh auquel M. Clioisy
substitue le nom de C. tetrandra deja donnti anltirieurement par
"Willdenow.
Dans la seeonde section des Guttiferes , a laquelle M. Cboisy
impose la denomination de Garciniees ( Garcinicce ), se rangcnt
les £^enresC'A/o/o//?j7 0«,Persoon; Ochrocarpos, duPetit-Tbouars;
Marmlva , Vandeli; i»iiVv««</ir/v7 , Clioisy , et Gaicinia, Linnti.
Elle ne differede la priictidenle que par les fruits a loges mono-
spprines. La pliipart de ses especes sont indigenes do I'Asie , et,
dans rensemble de ses caracleres , elle offre quelques rapports
avee les Auraiitiacees. A Texemple de M. de Jussieu , l'auteur
ne fait qu'un scul et meme genre du MariaU'a, du Tovomita
d'Aubiet et du Beauharnaisia de Ruiz ct Pavon. Dans le texle
latin, il assigne aunouveau genre Micranthera\ts, caracleres sui-
\ans : Calix :\-S('pa/us , coloratus. Corolla \o-pctala ; pctala
incequalia. Stamina numerosissima , libt'ia ; anlheicp. apicefila-
menli adnnUc, miniiiuv , biloctdarcs , loculis sejunclis poros a
mcntientibm. Ovarium minimum, filamcntis slerilibus cinc.tum ;
ilii^ma sessile, pcUatum,^lobiim. Dacca 6-locularis. \.cMicran-
thera Cliisioidcs, unique espece de ce genre, est un arbreelevt';
do II metres et large de 2 a 3decimetres , indigene de l.i Gtii..iie
ou il est nommi- par los babitans Pighotiaru paly. Nous avous
Botanique. i Sy
dcja fait connailrc la singulierc conformation dc ses antheies ;
nons ajoutcrons (ju'il est dioiqne par ravortement partiel des
etainines dans ses individus femelles , et par I'avortenicnt com-
plet des ovaires dans les males. Le memoire est acconipagne de
1 belles gravures sur cuivre cpii rejjresentent les deux sexes de la
plante.
Au genre Gnrcinia de Liiine , M. Clioisy reunit encore les
genres Cambogia, lj.;Ma7/gostone/,Gosevln.; Oxycnrpus, Lour.;
et Uvindonla, Dup.-Thouars. Cette reunion de genres donne 9
especes partag^es en 2 groupes, qui portent I'un le nom de
Mangostiiria, et I'autre celui de Brindonia. C'est dans le premier,
dont le caractere differentiej est d'avoir les etamines libres, que
se troivve le Garcinia Mangostana vulgairement appelo Man-
gnuatan et qui passe chez les Asiatiques pour le plus delicieux dc
tons les fruits. Les etamines snudeesa Icur base sont le seul carac-
tere qui distingue le second groupe, ou Ton observe quclques es-
peces ayant des ressemblances frappantes de port avec certaines
CurateUd. L'auteur exjjlique sa maniere d'envisager le perianthe
unique des Garciniees ; n'osant decider la qviestion dele considerer
coninie un calice ou comme inie coroUe et exposant les raisons a
I'appui de I'une ou I'autre opinion , il se contente d'appeler calice
les ])arties exterieuresj et de donner le nom de corolle aux phis
interieures , selon leur analogic avec ces organes dans la majeure
partie des dicotyledones, Cette explication eiait necessaire pour
rintelligence des caracteres genericpies oil les expressions de Ca-
lix 7.-sepalus, Calix l^-sepaLus sont fiequemment employees.
Les reraarques qui tcrmineut I'examen des Garciniees out pour
objet de rccliercher le nombre qui fait la base du systeme floral
des Guttiferes; mais, dans la crainte de s'egarer dans de vains
systemes, I'auteur ne veutpas se prononcer pour le nombre deux
ou pour Ic nombre cinq.
Le genre Calophylluin donne son nom a la troisieme section
des Guttiferes que I'auteur reconnait comme pea naturelle. Dans
les Calophyllees ( CalophyUca-), en effet, le fruit est tantot pul-
peux ct naturcllcment uniloculaire, tantot il est sec ot unilocu-
laire par avortemcnt. C'est a cette section qu'apparticnt YAhrico-
ticr des Antilles ou le Mammea Americana L. Outre ce genre,
les Calophylleos en renfcrment encore 4 autrcs, Siivoir : Xaulo-
rhjnius, lloxb.; Stalag/nit/s, Murray ; Mesita et Calophyllum, L.
Ces genres formont un total de I'i ospt'ces repandues dans les
1 58 Botanique.
diverses contrees intra-tropicalos. M. Clioisy en docrit 2 nbsolu-
ment. noiivelles , une sous le iioin de Mestia speciosa , originaire
de rinde, et I'aiitre sous celu'i de Calophyllum pnrvifolmm ,
trouve par M. Gaudicliaud, dans I'ile Rawak. Au reste, les cs-
peces de Calophyllum demandent a etre examinees de nouveau
sur le vivant.
Lcs Moronobees ( Moronobcce) forment la 4^. el dern. section,
caraclcrisee parses elamines reunies en un urceole plus on moins
multifide, et des antheresnombreuses appliquees surledos de cet
urceole. L'aufeur y place les genres Cannella, Murray, ou irin-
terania, L.; Moronobea , Aubl. , ou Sjmphonia. L. ; et Chijso-
pia , Dupetit-Thouars. Le premier .de ces genres avail ele rap-
porte autrefois aux Meliacees; mais son rapprochement avec les
Guttifcres semble plus naturel, malgre ses feuilles alternes et
I'existence d'un albumen charnu signale par Gartner. M. Clioisy
ajoute que cette section a, sous quelques points de vue, tels
que la forme des antheres du Moronobea, des rapports avec les
magnoliacees. II decrit une nouvelle esi)ece de Moronobea, sous
le nom de M. Speciosa , indigene de la Guiane ,et conservee dans
I'herbier dc M. Richard.
Les genres Macanea^ Singana , Macoubea, d'Aublet, et
Rheedia, de Linne, terminent le memoirede M. Clioisy. II exa-
mine eiisuite ceux que Ton avail autrefois confondus avec les
Gultiferes , et qui en sonl fort eloignes. D'apres I'expose rapide
que nons vcnons de f;tire, on voil que le memoire pr(;seiite,
outre un genre nouveau el plusieurs especes egalement nou-
velles, une statistique de la fainille des Gultiferes aussi par-
faile qu'elle pouvait rcsulter de I'examen du petit nonibre de
maleriaux que nous possedons en Europe. II fail honneur aux
connaissances et au bon esprit qui dirige les travaux d'un jeune
naturaliste, eleve d'un professeur celebre par son zcle ardent
pour la theorie des rapports naturels. J. A. Guillemin.
222. Fragment p'unk monogrvphie des vraies Butneriacees,
par M. J. Gay. [Mcin. Mus.; to. 10, p. .)
L'objet principal de ce memol;e est la nionographie du gen-
re Comnicrsonin , a laquelle rautcur a joint la description dc 1
plantcs placees jusqu'alors dans ce genre , mais qui apparlien-
nent au genre Buttneria. Ces deux especes sont, 1°. le Commer-
sonia dasyphylla , Andr. Bot. rej). tab. 6o3 , figure dans I'atlas
Botajiiqiie. i^g
du Diclionriairedes sciences nalurelles, sons le nom de Butt-
neria inodora ; i°. le Commersonia hermnnio'Jolia , Gay. in
Kunth, nov. gen. et spec. V, p. 3ii. Ces deux plantes sont de-
crites avec beaucoup de delail et d'exactitude sous les noms de
Buttneria dasjphyila et de Buttncria hcrmannicrjoUn , dans le
memoire que nous extrayons.
L'auteur , passant ensuile a I'examen du genre Commersonia ,
decrit , avec les details les plus coinplcts, ce genre et Ics 3 es-
peces qu'il renferme; ces especes sont, i". Commersonia echi-
NATA , Forst. II en distingue deux varietes: I'une, originaire des
lies des Amis et de la Societe, est la plante meme de Forster ;
elle se distingue parses feuilles pluslarges, couvertes de poils
blancs: I'aulre , des iles Moluques, a des feuilles plus allongees,
et couvertes de poils blancs. C'est le Commersonia cchinata et
platjphjUa d'Andrews. [Bot Repos., tab. Sig et 6o3.)
2°. Commersonia GAunicHAunii. Cette espece nouvelle, rap-
porte par M. Gaudichaud , de la baie des Chiens Marins, a la
Nouvellc-Ilollande, est caracterisee ainsi : C.foliis basi valde
inaqualibus^Jilamentis sterilibus exterioribus cum projcimoferti-
li basi connaiis.
3°. Commersonia FraserIj/o/Zw basi subina-quaJibus •,Jilamen-
tis sterilibus exterioribus cum proximo inlermedio (sterili) con-
naiis.
Cette espece, cultlvee au jardin botanique de Sidney, a la
Nouvelle-IIollande, et originaire du ineine pays, a etc cgale-
ment rajjportee par M. Gaudichaud. M. Gay en distingue i va-
rietes qu'il nomme , la premiere, Macrophjlla, la seconde
Microphyila. II doute si cette derniere ne ser.iit pas une espece
nouvelle.
Ce memoire, presque entierement en latin, renferme des
descriptions pleines de details importans , et est accompagne de
4 planches representant les deux Buttneria decrits dans ce me-
moire, et les deux especes nouvelles de Commersonia ; des details
analyliques tres-blen executes leur donnent un grand interet.
Ad. B.
2^3. De LiTToniBus AC insulis maris Liburnici dissrrtatio bo-
tanico-geographicn; auctore F. T. 8°. Hanovre; 1821 ; Bartliug.
224. SUR LES plantes RABES DE l'iLE DE GOTLANH. {^Act. UpSal. ,
vol. VIII , p. 203-267.)
1 60 Botanique.
Les planfes dont il s'agit dans re mcmoire, sont an nombre
dc i65, recucillios par 1\!. Rosen. Elles romplctcnt la flore de
Gotland, donnee par 31. Wahlcnberg, dans les mem. de I'A-
cad. royale de Stockholm , pour les annees t8o5 et i<So6. Quel-
ques-unes des moins connues, y sont decrites spcclalemcnt. Ce
travail est precede de (;onsiderations sur la constitution geolo-
giquc de cette ile. (K. V. A. Aorberaeltels; 1822; p. 36o.) C. M.
2^5. Flora suecica nova edenda. Prospectus d'une nonvelle
Flore suedoise. ( Isis. lo^-. livr. Lit. anz., n". xiv, iH^S. )
La Flore de Llnnc sera la base de celle-ci, qui contiendra seu-
lement les decouvertes faites depuis l.i jiubllcallon de la premiere;
ellcs sont assez nombreuses. Les noms linneens, tires des loca-
calites et pays seront maintenus. L'onvrage contiendra des ob-
servations sur la vegetation des plantes reraarquables ; niais on
n'y trouvera point iin certain nombre de plantes communes a
tous les pays, comme quelques algues et champignons. II for-
mera un volume in-8. de 40 feuilles d'impression. C'cst M. H.
Wahlenberg , auteur de la presente annonce , qui s'est charge de
cette nouvclle edition, pour venger la Flore de Suede du pre-
juge repandu en pays etranp,er , rclativement a sa pauvrete,
prejuge accrcditc en Suede meme. Du.
226. The ENGLISH Flora. La Flore anglaise; par sir J. E. Smith,
president de la Societe linneenne. In-8°. Londres; Longman.
Cet ouvrage est, en quelque sorte, une nouvelle edition dela
Flora britarmica et de VEnglish botany. De])uis la publication
des ouvragcs de I'auteur, In botanique a fait t.uit dc progres ,
el I'auteur, pendant trente ans, a trouve tant de corrections a
faire relativcmcnt aux caractercs et aux synonynies des [)Iantes
anglaises , que cet ouvrage peut passer poui' etre entieicment
original. Les genres sont reforines et les especes definies, d'aprcs
des observations nouvelles.
227. A natural arrangement of British plants. Ordre naturel
des plantes anglaises, d'apres leurs affinitees, d'apres Jussieu ,
De Candolle, Brown, renfermaut les ])lantes cuUivees pour leurs
usages, avec leurs caracteres, leurs differences, leurs syno-
nymies ; Vindication des lieux oii elles croissent, le temps dc
leur floraison, et un cssai sur leins usages, avec une intro-
duction a la botanique, eirexplitalion des termes techniques;
Botaniqiie. 1 6 f i
par Samuel-Fred Ili^:, Professeur de botanique, de matiere zf f
medicalc, etc. Deut gr. vol. in-8. , avec 21 pi. Prix, 24 1. 2 s. ; /
ou avec les pi. color., 24 1. 12 s. 6 d. {^Qiiarlcrly Rev. , dec.
1823.) Avec un catalogue a la fin.
228. Plantes de la " iiANCE , ou nalui'alisees et cuUivees en
France, decrites et peintes d'apres nature, par M. Jaume St.-
HiLAiRE. 2^ part., 49) 50) 5i, et ^i<^. livr. ; 4 caliiers gr.
in-8. ensemble d'une feuille i quarts. Plus, 40 pi. col. ; impr.
de Didot le jeune, a Paris. — Prix de chaque livr., 8 fr. A
Paris, chez I'auteur , rue de Furstemberg, 11°. 3.
229. Flore medicale des Antilles, ou Traite des plantes
usuelles des Colonies francaises, anglaisos , espagnoles et por-
tugaises, par M.-E. Descourtils. Tom. 11, 26 livr.
Cette nouvelle livraison renferme la suite des plantes stoma-
chiqucs astringentes. On y trouve la description et la figure des
especes suivantcs : Lappulier sinue , Triumfetta La])pula^ Linn.
— Lappulier lieterophylle , Triumfetta heterophjlia, Linn. — •
Talauma , de Jussieu. 3Ici^nona P/umieri, Swariz. {^Talauma
PUtniieri.Tic. syst. i, p. 4f>o.) — Sapotillier marmelade, Achras
niammosa , Linn. Ad. B.
230. Plantes du Japon, eu Hollande. ( Asiat. journ. , oct. 1 8^3 ,
p. 376.)
L'essai de naturaliser en Hollande des plantes du Japon peut
etonner quand on compare les latitudes de ccs deux pays; mais
celles par lesquclles on commence, appartenant aux parties sep-
teutrionales de ce dernier pays, qui sont tres-montagneuses et
trcs-froldes , 11 est possible qu'elles supportent le climat de la
Hollande. D. U.
23 1. Description d'une impression vegetale trouvee dans la
carriere dc Craigleith ; par Th. Allan. ( Trans, roy. Soc.
Edinb. , vol. IX , pag. 235 , tab. XIV. )
L'empreinte vegetale tres-bien figuree, quant a son ensemble,
dans le memoire de M. Allan , laisse quelque chose a desirer
pour les details. La forme rhomboidale des petites impressions
qui la couvrent parait la rapprocher de nos Sagenaria ou
Lepidodendron de M. Sternberg ; mais elle presente en outre
Irois grands tubercules arrondis , egalement converts d'impres-
sions plus petites, disposecs en series rayonnantes. Elle diffcre
V>. Tome L 1 i
1 62 Botanique.
])ar ces sortes d'iinpresslons de la plupart dts tiges fossiles dv!-ja
figurees. 11 en existe cependant une analo'gue figurce dans 1«
memoire de M. Steinhaucr sur ies v<''getaux fossiles ( Trans,
pliilos. , Philad., torn. I). Cette impression v^gc'tale a etc trouvce
dans un terrain lioiii]ler,a Craigleilh, pres d'Edinbourg. An. B.
a32. Descbiption d'un abbre fossile tronve dans une carricre
a Nitesliill, proprii'te du colonel Duklop, de Ilouseliiil; par
le rever. P. Bre-\yster. [Trans, toy. Soc. Edlnb., vol. IX,
p. ,o3,tab. IX.)
Cet arbre fossile a etc Irouve dans la carrlere de Nitesliill ,
qui fait partic de la formalion houillere, a nols niilles au sud-
esV de Paisley. II etait renferme dans nne psanimile ou gres houil-
ler superpose a deux couches epaisses d'un excellent cliarbon ;
I'arbre consistait en une tige de 5 pieds de long, termince infe-
rleurement par 4 racincs principales de denx pieds d'etendue;
son diametre a la partie moyenne etait d'environ i pi. 3 po.
Cet arbre etait couche presque borizonlalement, et etait recon-
vert d'une couclie mince de cliarbon qui incrustait toute sa sur-
face ; ma is cette couche ayant ete enlevee par Ies ouvriers ,
M. Brewster n'a pu I'examiner; la tige aLnsi depouillee de cette
croute paraissait sillonnee longitudinalement et rc-guliercment.
On n'apcrcevait dans sa section auciuie trace d'orgaiiisation.
Cette tige, d'anrcs ccs caracteres, paraitrait appartenir au genre
Syringodendron de M. Sternberg.
On a trouve dans Ics environs quelques portions d'une autre
tige du genre Si^Ularia. Yoy. hg- G- An. B.
a33. Notice sur un vegetal des contrees meridionales , trouve
dans I'etat fossile pres dc Lausanne, en sept. 1820; lue a la
Sociele Cantoiiale des sciences n;ilurelles, par M. Dan. Alex.
Chavannes, Ic 1*"^. noveuib. (Ft;«//. du canton de I'aud ,t. 7,
pag. 304.)
La plante fossile qui fait le sujet de cette notice est une fcuiilc
de palmier flabelliforine, assezsembiable a celles du Chamceroj}s
/wmilis; lauteur adrnet qu'elie apparticnt a cette espece , a la
varicle a petiole (le])onrvu d'epines. D'apres un dessin que nous
avons vu de ce fossile, il parait apjiartenir ii la meme espece que
Ies echantiUons triuves dans Ies niarnes du gypse d'Aix en Pro-
•vence ; mais elle nous parait differer , ainsi que cette derniere ,
du Chanioprnps hnmUis par plusieurs caracleres , lels qtie la
Zoologie. 1 65
grnndeur, le nombre des folioles, leur longueur, etc. Nous pre-
sunions que, comme la plupart des autres vegctaux fossiles, elle
appartient a une espece detrulte. Ce fossile a ete trouve dans la
mollasse des environs de Lausanne. Ad. B.
234- Notice sur M. L. Thomas, natif de Bex, au canton de
Vaud, inspect, des forets des deux (Jal;ibres ; lue le 5 novem.
i8'j3 dans la seance de la Socicte canton, des sciences nat. ;
par M. L. Reynier. {^Feuil. du canton de J'oud , n". lo,
1823 , p. 3ii. )
Louis Thomas, qui fait robjet de celte notice, etalt fils d'A-
braham Thomas, connu comme guide de Haller et par la de-
couverte de plusieurs plantes, et frei-e de M. Emnie Thomas,
comme lui commercant en objets d'histoire naturelle. Apres
plusieurs voyages dans les Alpcs , en France, en Suisse, et en
Italic, il obtint du gouvernement napolitain la place d'inspec-
teur des forets des deux Calabres , et particulierement de celles
attachces aux usines et manufactures d'armes de la Mongiana.
II rendlt en cette qualite de tres-grands services. Plus tard il fut
aussi charge de la direction de la celebre mine de sel gemme de
Lungro.
II est mort a Naples le 9 Janvier 1823, age de Sgans. II a de-
couvert plusieurs plantes interessantes, entre autres les Ramenta-
tus Thomas ii , et Sison Thomasii ; et M. Gay a donne le nom de
Thoniasis a un genre de lasiopetalees. D. U.
ZOOLOGIE.
235. Elementi di zoologia deir Abate Camillo Ranzani. EIc-
mens de zoologie; par I'abbe Ranzani, ])rof. de Mineralogie
et de Zoologie a Bologne. Tom. i; t. 2 divisq en 3 part.; t. 3,
dont les 3 premieres parties sent publiees. In-8., fig. Bologne.
Un travail de cette nature manquait totalement a I'llalie,
et c'est un veritable service que M. I'abbe Ranzani a rendu a sa
patrie, en Ten raettanf en possession. Avec son secours les etu-
des en zoologie pourrout y etre dorenavant plus regulieres, et
les progres de cette science plus rapides.
En general on voit, en parcourant cet ouvrage , que I'auteur
est parfaitement au courant des travaux, meme les plus recens,
des naturalistes francais, et que souvent il s'est plu a suivre
1 64 Zoologic.
los mcthodes de classification qu'on iloit an plus celcbie (Ipn-
tie eux.
Le premici" volume, f[ui coiitionl Y introduction <j;('nrrale it la
zoologic, est diviso en deux parties et en 24 chapitres. Uans l.i
])reniiere partic, I'auteur traite les siijets suivans : delinilions de
la nature et de riiistoire naturelle; des divisions en liistoire na-
lurelle; des caraclei-es ; de la nomenclature et de la synonymic;
des figures; de la division des eti*es de la nature en deux em-
pires ; de celle de I'empire organique en deux regnes ; de la serie
des etres, consideres en histoire naturelle. Dans la seconde il
s'occui)e d'abord de la distinction des fonctions animales, et en-
Muite dos particularites proprcs a chacune de ces fonctions, Dans
un cliapitre ])articulicr il depeint I'espece zoologiquc; dans un
autre il traite des variations auxquelles les esjieces sont siijettcs,
et des causes de ces changemens; enfin , dans les trois dcrnicrs,
il prend en consideration I'insllnct, la maniere de vivre des ani-
maux, et il donne le tableau des premieres divisions du regne
animal.
Le tome second a pour objet I'histoire des mammiferes. La
premiere partie, qui contient les generalites, se compose de huit
chapitres, dans lesquels I'auteur examine successivement la struc-
ture et les fonctions des organes des sens, du niouvement, de
la digestion, de la circulation , de la respiration et de la projKiga-
tion dans ces animanx. On y trouve aussi les deux premiers or-
dres (Bimaneset Quadrumanos) de la serie des genres et des
especes, qui sont disposes generalement selon la mcthode que
M. Cuvier a suivie dans son Regno animal. La seconde partie
contient les ordres des Carnassiers , des Rongeurs et des Edentes,
et la troisieme ceux des Pacliydcrmes, des Ruminans, et des
Cetaccs.
Le nombre des especcs mentionnees est asscz considerable,
et M. Ranzani s'est attache a choisir celles dont I'existence est
le mieux constatee. Leurs descriptions sont assez ctcndues pour
(lu'on puisse facileraent les reconnaitre et les distinguer enlre
dies. Leur synonymic bornee a quelques citations est toujours
telle des auteurs les plus accrc'clites, et surtout celle des ou-
V rages qiii rcnfermcnl de bonnes figures.
Le tome troisieme, dont nous ne connaissons encore que les
trois premieres parties, renferme le commencement de la serie
des oiseaux. Les geueralilcs sont trailces dans lo meme ordre el
Zoologie. 'i65
avec la meine methode f(ne celles des niamniifcres. Quant a la
classification, elle est particuliere a M. Ranzani, et nous croyons
utile de I'ex poser ici rapidement.
i". Oiseaux a sternum non carene. Ord. Ratiti. (Autruche,
casoar. )
a°. Oiseaux a sternum carene.
A a pieds grimpeurs. Ord. Rasipicanti. (Oiseaux grimpeurs.)
B a pieds non grimpeurs.
•f- places a I'equilibre du corps.
* avec le tarse non comprime, robuste, gros.
rt avec des ongles crochus; la mandibule superieure etaiit
recourbee et aigue. Ord. Rapaci. (Oiseaux de proie.)
h avec les ongles non crochus; la mandibule superieure
courbee en voute. Ord. Galline. ( Gallinaces. )
'** avec le tarse non comprime, mince.
a avec la jambe toute couverte de plumes; le tarse etaut
mediocre ou court. Ord. Passeri. (Passereaux.)
b avec le bas de la jambe nu et le tarse plus ou moins
long. Ord. Gralle. ( Echassiers. )
•\- places tres-en arriere, liors de reqiiilibre du corps, avec
le tarse comprime. Ord. jN'uotatoki. (Palmipedes.)
La disposition naturelle de ces ordres, selon M. Ranzani, est
la suivante : i. Ratini; 2. Gallinc ; 3. Rampicantl • 4- Passeri;
5. Rapaci ; 6. Gralle; 7. Nuotatori ; et c'est celle qu'il suit
pour la description des genres et des especes.
La premiere partie du tome trols comprend I'liislolre des Ra-
titi ot des Galline; la seconde , celle des Rampicanli, et la ti'oi-
sieme celle des Pusseri.
Nous regretlons que les liornes qui nous sont preserites, no
nous j)ermettent d'entrer dans aucun detail sur les families foi-
mees par M. Pianzani, pour la subdivision de ses ordres. Desji.
23G. Faune fuancaise , ou Hisloire naturelle generale el j)arli-
liere des animaux qui se trouveni en France, etc. ( Joy. le to.
Ill , pag. ■il\6 du Bulletin de iSaS.j IX. livr.
Cetle livraison , sans texte, comprend le.s figures dos animaux
suivans : Vesperlilion Pipistrelle entier ; — V'csj). Nodule cntier ;
— \'esp. Seroline jeune cntier ; — Vesp. Oreillard, la tele; —
^ C^p. eeliantre, la tele; — Fauvelte grise; — Fauv. sylvicole; —
Fauv. lusciniolc ; — Fauv. (laveole ; — la Carpe ; — ^ li Tanchc ;
1 66 Zoologie.
— le Barbeau ; — le Goujon ; — Coiilcuvre quadrirayi'e ; —
Coul. d'Esculape; • — Cimbex de Scbsfior ; — Cirab. orne ; —
Cimb.pale; — Cimb. s;mvage; — Cimb. soyeux ; — Hylolome
fasciec; — Hyl. ml-parlie; — Ilyl. biulee; — Hyl. bleualrc; —
Hyl. foiirchue; — Hyl. de rangelique. Desm.
a37. Recherches sur les ossemens fossiles, oil Ton retablit
les caracteres de plusieurs aniinaux dont Ics revolutions du
globe ont detruit les especcs ; par M. le baron G. Cuvier,
commandeur de la Legion-d'Honneur, etc. Nouv. edit., cn-
tierement refondue et considerablement augmenlee. To. 4 >
contenant les Ruminans et Carnasslers fossiles. In-4. de 64
f. ■ , plus les pi. Prix, 5o fr. , et 100 fr. pap. velin. Paris; G.
Dufour et Ed. d'Ocagne.
La publicationde cet important ouvrage, commencee en 1821,
se poursuit avec toute la rapidite que peut permettre I'execution
des planches nombreuses dont 11 est accompagne. En moins de
deux ans, les trois premiers volumes, contenant le discours prii-
liminalre, I'cssai sur la constitution geologique des environs de
Paris, et la description des Pachydermcs fossiles, ont ete livres
a I'empressement des savans de tous les pays.
Celui que nous annoncons renf'erme I'liistoire des animanx ru-
minans et carnasslers, dont les restes se rencontrent enfouis dans
les couclies de la terre. II se compose de 64 feuillcs d'impression
et de 38 planches, dont plusieurs doubles.
Dans les terrains meubles, M. Cuvier a trouve six especes de
cerfs , dont une au moins , le cerf a bois gigantesque , a enf iere-
incnt disparu de la surface du globe.
Los breches osseuses lui en ont offert quatre autrcs , sur les-
quellcstrols n'existentplus, dumoins dansnos climats, et nepour-
raient etre comparces qu'a des cerfs de pays fort cloignes.
Les couches pierreuses regulleres n'oiit fourni qu'une espcce
de ce genre, ceile d'Orleans , qui est entieremcnt inconnue au-
jourd'liui et qui offre merac des c.iracteres presque giincriqucs.
Le genre des Bceufs a donne deux especcs au moins qui exis-
laient a la meme epoque que les elcphans et les rhinoceros per-
dus. Tune a membres greles comme raurochs , I'autre a mcmbrcs
plus epais comme le boeuf ordinaire.
Les debris d'une espece d'Antilope on de mouton ont ele
trouves dans les breches osseuses de Nice.
Zoologie. 167
En metf.int ensemble les carnassiers des couches pierreuses ,
ceux des conches meubles et ceux des cavernes et des breches, le
nombre de leurs especes se montc a 18 ou 20 especes; savoir :
deux chiens des gyi^ses de Montraartre , un loup et un renard des
cavernes, un grand carnivore de Montmartre dont M. Cuvier
forme un genre particulier, une clvette et une genetic du meme
Jicu, trois ours des cavernes , un ours des couches meubles , un
glouton des cavernes, unehyene des cavernes, deux grands chats
ou felis des cavernes peut-cire diffcrens de ceux des breches
osseuses, un putois et une niarte des cavernes, un sarigue de
Montmartre, et une musaraigne des breches de Cagliari.
La determination exacte de tous les ossemens appartenant a
ces etres enfouis, leur description detaillee, et leur representation
par des figures bien faites , ont ete I'objet principal des travaux
de M. Cuvier ; mais ces resultats n'ont pu etre obtenus qu'a la
suite d'une comparaisonrigoureuse de ces restes fossiles, avec les
parties correspondantes dans les animaux vivans.
Cette comparaison a etc la source d'observations sans nombre
sur les caracteres ostcologlques de ces derniers, et sur la distinc-
tion de leurs especes ; aussi est-elle le sujet de plusieurs chapitres
tres-importans, dans iesquels M. Cuvier donne les monographies
des genres des Cerfs, des Boeufs et des Chats ou Felis.
La monographie des cerfs contient des discussions tres-lumi-
neuses sur la synonymie de plusieurs esj)eces de ces ruminans , et
la description de quelques-unes qui n'ctaient pas encore connues
des naluralistes, et auxquellesM. Cuvier donne les noms de Cer-
vus Hijjpela/j/ius, rHi[)pe!aplie d'Aristote, C. Aristotelis , C. eqiii-
nits , C. Duvnuceli, C. Peronii et C. ^Falllcliu , tous de I'lnde
ou de iles de I'archipel indien.
Celle des bceufs ne prescnte aucune espcce nouvelle ; mais elle
contient une rectification de synonymie assez iniporlante. M. Cu-
vier prouve, par I'examcn des passages dc plusieurs auteurs du
moyen age, que le bison des anciens, le bonasus < t I'aurochs (Zubr
des Polonais ) , sont un nieuie animal; et que I'urus des anciens
ou le thur est la souche originaire de notre boeuf domeslique.
Celle (les chats renferme une discussion sur la distinction des
especes americaines de moyenne taille et tachees , telles que I'o-
cclot , le chibigouazou et le chali que M. Cuvier considcie coinindi
differant cnlre eiles , et une autre sur les especes auxquelles la de-
1 68 Zoologie.
nomination de ccrval a etc appliquee. II dccrb une especc nou-
velle de Java et lui donne Ic nom de Fc/i\ DiarcU.
Deux chapilres entiers sent employes jiour la description des
cavcrnes ii ossemens, pour reiuniieration deslieux ou Ton a trou-
ve les breclics osseuses , et pour la distinction des especcs dont
ces deux giscracns ont presente des debris.
La partie qui est destinee a I'histoire des carnassiers fossilcs est
precedee de quatre articles precieux pour la zoologie , et qui ont
pour objet, 1°. la succession des dents dans les animaux de cet
ordre; i°. la description particuliere des dents dans les genres et
les sous-genres qu'ils coinposent ; 3°. I'osteologie comparee de
leur tete; et \". I'exainen de quelques caracteres tires du restc
de leur squelette.
En resume, les observations que rcnferme ce volume, sur les
anciennes conditions d'existence des animaux runiinans et car-
nassiers fossilcs des couclies meubles et des breclics qui y sont
decrits, tendent a etablir que, comme les pachydermes avec les
debris desquels'leurs vestiges se rencontrent frequemment, ces
animaux habltaient des cliraats froids ou temperes, et qu'ils ont
vecu dans les lieux memes oil ils ont <;te cnterres, sans que ces
lieux aient eprouve de grands changemens dans leur tempera-
ture. Desji.
^38. Des dexts des mammiferes, eonsiderees comme caracteres
zoologlques, par M. F. Cuvler. 6<=. livraison; i call. in-8. de
20 p. et i3 pi. Paris et Strasbourg; Levrault. ( Voyez le to.
Ill du^«/.,n<'.6i7.)
Ce G*^. caliier contient la description du systeme dentaire des
Rongeurs omnivores , c'est-a-dire de ceux dont les molaires sont
pourvues de racines, qui n'ont qu'un caecum rudimentaire, ou
sont tout-a-fait prives de cct Intestin, et qui se nourissent indlf-
fercmment de matieres vcgetales et de substances animales.
IVons reprenons la si'rie des divisions de cet ouvrage que nous
avions laissee dans notre dernier article au n". 53. Le n°. 5/( trai-
te des Marmottcs; le n". /p, des Spermopliiies , genre nouveau
I'orme de la Marmotle Souslik, et dont la creation est due a
M. F. Cuvier. (Voyez le cahier precedent, n°. 121 ); le n". 5G ,
des Tamias, des Ecurcuils, des Macroxus et des Sciuropteres ,
animaux qui ont cte depnis peu le sujet d'un meraoire
<]ont nous avons rendu compte. ( Voyez le calilcr preco-
Zoologie. 169
dent,Ti". 123); le n°. 57,des Pteromys, genre dans lequcll'au-
teur laissc le Polatouclie Taguan et quelques aulifcs especes d'e-
cureuils volans du niidi de I'Asie ; n". 58, des Loirs; n". Sg, des
RalsetdesMusi'ides, genre nouveau que M. F. Cuvierparait com-
poser d'une espeee dont il possede seulemeiit la tete osseuse;
n". 60, des Otomys, genre nouveau forme de deux especes rap-
portees des environs du cap de Bonne-Esperance, par feu M. De-
lalande; no. 61 , des Hamsters; n°. G2 , des Gerbilles, genre dans
lequel I'auteur ne laisse, d'apres la considei'ation du systeme
denlaire , que les Gerbilles des Indes, des Pyramides, une espe-
ce du Cap rapportee par M. Dclalande, et une autre du Senegal;
no. 63, des Hydroniys, genre qui ne comprend plus qu'une seu ■
le espece, rHydromys a ventre blanc de la Nouvelle-Hollande ,
le Coypou en etant separe pour former un genre nouveau, voisin
des Castors et des Campagnols, sous le nom de Myopotamc,que
Commerson lui avait d'abord donne; n". 64, des Orycteres;
n". 65, des Balhyergues; et n°. 66, des Spalax.
Le genre Otomys est le seul dont il soil fait mention ici pour
la premiere fois. II est caracterise par ses raolaires, qui sent an
nombre de 3 a cliaque machoire. Les superieurcs sont fonnees a
leur couronne de lames transversales un peu arqut5es, bordees
d'email , et dont le nombre est de 3 pour la premiere , de 2 pour
la seconde, et de 4 pour la troisieme. Les inferieures ont moins
de largeur, et leurs lames moins arquees sont au nombre de 4
pour la premiere , et de 2 pour chacune des 2 dernicres. Dksji.
239. IVOTICE SUR UNE NOriVELI.E ESPECE DE BOEUF, n0mTO«5e
Gaour par les Indiens, d'une taille gigantesque, et ayant les
apophyses epineuses des vertebres dorsales prolongees exte-
rieurement; par M. Geoffroy St.-Hilaire. [Mem. du Mus,
d'hist. nat., g^. vol. , \^^ . cnh., p. 71. )
Celte notice rcnferme I'extrait de la relation d'une excursion
faite par les Anglais dans les montagnes de Mine-pout, situees
a une centaine de Heues de la mer , entre la cote de Coroman-
del, et le fond de la baie du Bengale; montagftes au milieu des-
fju'clles existe a I'etat sauvage , une tres-grande espece de bceufs ,
dont les gens de Texpedition tuercnt quelques individus.
L'un de ceux-ci, ayant etc mesure, avait ( mesure anglaise ),
5 pieds 1 1 pouces 9 lignes de hauteur au garrot, 1 1 pieds 1 1 j)o.
^ lignes de longueur du bout du museau a rcxtremitc de la
1 70 Zoologie.
queue , et 7 pieds 7 pouccs 9 lignes de circonference pour le
corps. Dans un autre, examine par I'auteur de la relation , la
tete avail presque lous les caracteres de celle de iios taureaux
domestiques, mais I'os frontal paraissait plus saillant et plus
eleve ; les cornes , fortes et rudes , n'ctaient point rojetces en ar-
riere comme celles du baffle ; le haut du front ttait rcvttu d'un
poil blaiic crej)u ; le pelage ras, uni et liuileux, etait d'un brun
fonce presque noir; les yeux , plus petils que ceux dii taureau
domestique, avaient I'iris d'un bleu tendre. Les muscles et sur-
lout ceux des cuisscs et des jambcsetaicnt tres-forls et saillans.
Mais ce qui distingue ce Gaour de tons les aulres animaux,
c'est une serie d'epines repandues sur son dos, qui prend a la
derniere vertcbre du cou, et qui finit en s'abaissant vers la moi-
tie du corps. Ces pieces sont elevees d'au moins six ])ouces au-
dela do la veritable echine , et semblent un prolongement des
apophyses epineuses des verlebres dorsalcs.
Les Gaours vivent en trowpes de 10 a 20 individiis. Us pnis-
sent riierbe des prairies , oubroutent indiffcrenimcnt les feuilles
et les jeunes pousses des arbres; la femcUe porte 1-2 niois, et
met bas en aout, etc. Les bufflcs sauvages redoutent beaucoup
ces animaux , et ne frequentent jamais Icur demeure. Desm.
a4o. Sur tfs ticks montais'tis des \ertkbres dorsaies , pieces
restreintes dans les mainmifcres a unctat rudimeiitaire, et por-
tces chez les poissons au maximum de devcloppemrnt, pour
servir a I'intelllgence de la notice sur le G.iour; ])ar M. Geof-
froy-Saint-Hilaire. ( Mciii. du Mux. d'Hlst. Nat., (j'^. vol.,
i*^"-. cah., p. 76.)
Dans ce memoire, I'auteur examine si le fait fort singulier an
premier apercu, celui de rexistence d'une serie de jjieces sura-
joutees a I'epine dorsale du Gfiour [\oyvz le n". I'ig), off re
une anomalie qui repugncaux conditions ordinaires de I'organi-
siition. Le titre qu'il lui a donne indique assez clairement qu'il
se decide pour la negative sur cettc question.
En cffet, M. Geolfroy, rappelant ses Iravaux anierieurs sur la
composition des vertebros en general, mais seulement ici pour
ce qui concerne la structure du deml-anneau superieiir de ces
OS, expose qu'il a nomme pvrinux les osselels partiels de cetic
parfie qui coiffent en-dessus la moclle i'])ini»re , en-t'pinl I'osse-
let qui se trouve place au-dcssus des deux periaux rennis, ct
Zoologic. 171
f>ro-epi(ilune derniere piece qui est situee au-dela del'en-epiul.
Dans les poissons ces quatre osselets , arrives au maximum de
developpcment , sont bien distiricts; les deux derniers surtout
restent isoles et ajoutes bout a bout. Uen-epial sltue dans les
cliairs sert de support au pro-eplal qui, visible au dehors , seule-
mentenveloppe d'uneduplicaturede la peau tres-amincie, consti-
tue ce qu'on nomme en zoologie un rayon de la nageoiie dorsale.
Apres avoir concu I'idee que dans le Gaour ces deux derniers
OS (I'en-epial et le pro-epial), ont pour analogues les epines
surajoutees aux apoplivses montanles des vertebres, M. Geof-
froy a clierche a les retrouver, au moins a I'etat rudimcntaire,
dans lejeune age de notre bceuf domes! ique.
Ayant pour cela fait enlever unc vertebre dorsale a un veau
avant terme, il a trouve, dans I'examen qu'il en a fait, un perial
de chaque cote, el au-dessus de la jonction de ceux-ci, mais non
sonde , un osselet de forme allongee, separo de ces periaux par
un petit cartil.igc, et surmonte d'un second cartilage, mince et
styliforme. Dans un veau qui avait tele deux mois, I'osselet etait
tout-a-fait joint aux periaux par suite de I'ossification du carti-
lage intermediairc, et c'etait alors I'origine de ce qu'on nomme
I'apophyse montante ouepineuse ; M. Geoffroy, ayant egard a sa
separation primitive, I'a considere comme un element particulier,
et , a cause de sa connexion avecles periaux , I'a nomme en-epiul.
Quant au cartilage styliforme et terminal, a deux mois il n'est
pas encore ossifie, mais il s'ossifie plus tard en commencant
par sa jiointe. Par suite de cette consideration et de quelques
autres qu'il serait Irop long de rapporter ici, M. Geoffroy ne le
regarde pas comme une depcndance de I'osselet precedent ou
en-epial , mais il le voit comme un notivel element, comme
un osselet particulier qui est pour lui I'analogue du pro-epial
ou du rayon de la nageoire des poissons.
Dans les bceufs plus ages toutes ces pieces se soiidcnt et Icur
ensemble est rapojjhyse epincuse; mais, ainsi que les figures
jointes a ce menioire le montrent, la division du pro-epial est
tonjours apparentc et la structure de cet os j)arait differente de
celle de scs supports.
De cette comparaison des vertebres de poissons avec ccl'rs
des bceufs , il resulte que les memes elcihens entrent dans
la formation de leur partie superieure, et que leur diffe-
rence apparente reside seulement dans celle des proportions
172 Zoolngie.
des parlies qui les coinposcnt. Ces differences pcuvcnt aussi
exister, a un degre d'intensite plus ou raoins grand, dans les di-
Torses especes du genre Boeuf, et , dans ce cas, ce serait dans
I'espece du Gaour que Ton observerait Ic maximum de develop-
pement du pro-epial. Get os supportcrnit la peau en faisant sail-
lie, de la meme maniere que le rayon , son analogue, souleve et
supporte celle du poisson, qui par son aniincissenient devient
la membrane double de la dorsale.
Dans le rosultat de ces recherchcs, M. Geoffroy trouve une
nouvelle preuve de I'opinion qu'il a emise depuls long-temps ,
et qu'il a developpee avec tant de succus, que tous les animaux
sont organises sur un plan unifornic. Desm.
241. Considerations ET RAPPORTS NouvEAux d'osteoi.ogie com-
PAREE, concernant les animaux ruminans; par M. Geoffroy-
Saint-Hilaire. (_Mem. du Mus. d'histoire naturelle, S"-". an-
nee, 9*. caliier, t. 10, p. i65.)
Article premier. Sur des rayons non-equivoques de nageoirc
dorsale, produits chczlcs boeufs vulgaires durantla i)rcmi(jre pe-
riode de leur age fatal.
Get article est une utile addition a ce que ce savant professeur a
deja fait connaitre sur les rapports qui existent entre les tiges
montantes des vertebres dorsales des mammiferes ct celles de.^
poissons. ( Voyez rarticle precedent. ) II rappelle a ce sujet ce
Loeuf de I'lndenomme Grto«r, dontla taille est gigantesque, etqui
estsiremarquable par les os surajoutes a ses apophyses epineuses
dorsales, qui formciit les analogues des rayons des nageoires dans
les poissons. Cette disposition n'existe point dans nos especes
communes a I'etat adulle ; c'est en faisant des experiences sur les
eaux de Tarn nios, que ]M. Geoffroy, ayant jiu en meme temps obsex'-
ver des fcetus de bceuf a diverses epoques de lour accroissemeni,
a (itc a meme de voir qu'il est un instant dans le travail de I'os-
sification ou la nature olfre tous les matorianx, I'ordrc et la dis-
position des parties d'unc nageoire de poisson.
Un tres-jeunc foetusavait 21 vertebres; \i pour Ic dos, 7 pour
les lonibes, et 2 servant d'appui aux os des ilcs. Des 12 dorsales,
8 s'articiilaicnt a dc veritablcs cotes; et c'est sur ces huit seule-
nient qu'il y avait des (ipines, qui, a cct age, sont formees dc deux
osselets, dontl'uii, immcdiafemenl arlicui<; avec la vcrlcbre, rc~
Zoologie. ly'^
presenle ce qu'on appelle X apophyse tutrice dans les polssons; ct
I'autre, suppoi'te par ce premier, est I'analogue du rayon.
L'auteur entre cnsuite dans des details de description siir ccs
etonnantes parties, qu'il a eu soin de faire suivre de figures , et
que Ics bornes dans lesquellesnous sommes obliges de nous ren-
fermer ne nous pernicttent pas de rappor ter : nous renvoyons done
le lecteur au menioire memc.
Les resultatsde cette attention a saisir, a cliaque instant, les phe-
nomenes qui seproduisent dans I'Drganisation, sont d'apercevoir
dans les baufs des conditions inconnuesjusqu'ici dans les inainmi-
feres, et qu'on pouri'ait appeler ichthyologiqiies.'De raenie, comme
I'a fait remarquer depuis long-temps M. Geoffroy-Saint-Hilaire,
les poissons sonl des etres dont les organes arretes a un point de
developpement, realisent certaines conditions fcetales des classes
superieures; et, relativement au sujet qui nous occupe, il est tout
aussi naturel de rencontrer chez un mammijere , a un moment
dojtne de ses dcveloppewens orgnniques , des elemens verte-
hrinix avec un caractcie ichthyologique , que d'y observer, a cette
ineme cpoque , un cen<eau d'une structure tres-simplc , un cer-
veiiu de poisson y ainsique I'a dit M. Serres.
Enfin, a mesure que le systeme arterlel prend de I'accroisse-
nicnt , le developpement gradue de quelques-unes de ces parties
cesse d'avoir lieu, ell-es sont etouffees, atrophiees, ou bien sim-
plciiient soudees.Pour le Gaour, cettesoudure n'a point lieu dans
tons les points des apopliyses epineuses.
M. Geoifroy termine cet article par un apercu sur le boeuf a
bosse ou Zelia , qu'il considere comme une espece distincte. II
jiense qu'on n'a point fait assez d'attention a la masse charnue
qu'il porte sur le dos , et qui a quelques I'apports avec la iiageoirc
ndipcuse de certains poissons. Q. Y.
242. Observations sur une nouvelle espece de musaraigne
de Toscane, nommce So/e.v etruscus j par^e j)rof. SAvi.(i\7,'oi'.
Ciorn. de' Ictterati, no. i, janv. et fev. 1822, j). 60; av. i pi.)
M. Savi donne a cette musaraigne, la plus petite de toutes
relies qiii sont niaintenant connues, le nom de Sorex etruscus ,
etillui attribue la phrase caracteristique suivante : S. uiiniinus ,
torpore grisco-cincrasccntc subtiis albido, auriculis rotundntis
iiorrettis , caiuld inediocri tereti subtctragond.
L'exireme pclilesse de cet animal est son earacleie le plus
i'74 Zoologie.
frappant, et il n'estpasdonteux qu'il ne soItspccifiqac,car M. Savi
a examine plusieurs dizaines d'individus qui avaient tons la meme
tailie, et qui n'etaient point jeunes, puisque leurs os avaient
beaucoup de durctc, et que les sutures de ceux du crane
etalent compleleiuent effacees. Son poids est de 36 grains; son
corps, mesure depuis le bout du nez (qui est tres-pointu) jus-
qu'ii Torigiiie de la queue, a i pouce lo lignes, et sa queue n'a
que 1 1 lignes.
On trouve cette niusuraigne en etc sous les racines et dans le
tronc. des vieux arbres, dans les amas de feuilles seches ou de
paille, ainsi que dans les trous de digues. En hiver, elle se retire
dans les tas de fumiers qui renferment des larves d'insectes , et
ou la temperature n'est jamais au-dessous de i2" du thermo-
metre de Reaumur. Elle repand une odeur qui ressemble un
peu a celie du muse. Desm.
243. ReMARQUES ST3R QUELQUES ANIMACX AMliRICAINS DU GENRE
DES CHATS , et particulieremeat sur le Jaguar ; par le D^.
Traill. {Mem. de la Soc. JFern., X. 4, 2''. part., p. 468 ; et
Phil. Magaz., nov. iSaS, p. 372. )
Dans ce mcmoire , I'auteur continue ses recherches sur les
grands animaux amerlcains du genre des chats, dont il a pu-
blic la premiere partie dans le troisieme volume des meraoires dc
la Societe Wernerienne.
II s'attache d'abord a prouver, contre I'opinion de Buffon,
qu'il n'existe aucune difference frappanle entre les liabitudes na-
turelles de ces quadrupedes, et celles des especes de I'anclen con-
tinent , surtout en cc qui concerne le courage ; et il rappelle avec
raison que les traits de mocurs rapportes par notre illustre na-
turaliste au Jaguar, appartlcnnent a I'Occlot, animal beaucoup
plus petit ct plus faible.
Ensuiteil donne une description assez dctaillce d'un jaguar da
Paraguay, quia ote amene a Liverpool, et d'apres lequel il a fait
faire un beau dessin par M. Mosses.
11 y joint oelle du Felis Puma (le Couguar), auquel il attribue
la phrase caractcrislique suivante: Felis corpore dilute bad 10 ;
auribus iiigris ; caudd cla^ijonni apice nigricanti, qu'il croit ne-
cessaire pour distinguer cet animal de celui qu'il a deja decrit,
(Mem Soc. Wern. torn. 3) sous le nom de Felis unicolor.
Ce memoire renferme un fait assez reniarquable , quoique
Zoo logic. 1^5
«leja intliqu6 par Garcilasso ( liv. 8, chap. 18): c'est que les
Couguars , clans leur premier age, ont une livree analogue a
celle ties lioncpaux. tin jeune individu dont le corps avail deux
pieds de longueur, et la queue un pied nn pouce , etait marque
le long du dos de trois series longltudinales , ou chaines de laches
d'un brun noiratre , et sur les epaules et le cou de quelques
mouchetures de la meme couleur; quelques raies obscures se
voyaienl sur sa tete. Comine les adultes, il avaitla place ou s'in-
serent les moustaches, et le derriere des oreilles de couleur noire ;
les parties inferieures de son corps et la face interne de ses
menihres etaient d'un gris jaunatre sale, avec quelques marques
d'un brun terne. Dksm.
244- VaIVIETESDU LYNX, DANS LKNORDnEL'EuROPE.(M//Of. Mag.,
juilJet 1823 , p. 75. )
Les observations conienues dans cet article sur plusieurs va-
rietes de lynx, liabitant le nord de I'Europe, se trouvent dans le
Voyage de M. Capell Brook, au cap Nord, en traversant la Nor-
wege et le Finmark, ouvrage qui renferme plusieurs notices in-
teressantes sur la zoologie de ces contrees.
Ces observations, malheureusement troppeudetaillees, tendent
a t'claircir la synonymic et I'histoire naturelle dcs animaux du
genre des chats, a oreilles terminees par un pinceau de polls,
qu'on designe sous le nom general de Lvnx.
M. Capell Brook a reconiiu dans son voyage Irols varietes, si-
non trois especes , parnii ceux de ces animaux qui habitent la Pe-
ninsule scandinave.
La premiere, dont 11 a examine plusieurs peaux, a cinq pieds
(anglais) de longueur, non compris la queue qui n'excede pas un
pouce et demi; son pelage est gris avec une teinte jaunatre, et
agrcablcment marque de laches foncecs. Elle parait particuliere
a la Norwi'ge, el le prlx de sa peau , a Drontheim , est d'environ
cinq species dollars, ou d'une livre sterling.
La seconde, dont il a vu une depouille a Umea , en Suede,
avail cinq pieds onze pouces (mcs. anglaisc) de longueur, depuis
le bout du nez jusqu'a la ba.se de la queue, et celle-ci n'avait
que deus j)0uces. J^lle etait remarquable par sa ressemblance
avecla fourrure du leopard; malheureusement Tauteur ne donne
aucun detail sur la disposition des taches de cette peau, et il se
borne a dire qu'il aurail soupconn^ qu'clle provenait de cetle i*.
17^' Zoologip.
pece (le graiui cliiit d'Afrique , si die n'avait eu Ics oreillos touf-
lues et le poil long.
La troisieme vaiiele, ou espece, qu'il a vue vivante dans j)lii-
sleurs mciingeries de la Laponie siiedoise, n'est pas rare dans
ce pays. Sa longueur excede cinq pieds , mais elle ii'a tout au
plus que la hauteur du loup; son pelage est d'une couleur unl-
fornie bruno rougeatre. M. Capcll Brook presume, mais sans de-
duire ses motifs , que cet animal se retrouve dans TAmei-ique du
nord.
Les lynx, en general, portent en Norwcge le nom de Gotipe ,
et dans le nord de la Suede, celui de fP'arfelue. Besm.
a45. Description nu Saccomys axthophile ; luc a Ja Societe
])liilonialliique, par M. Fk. Cuvier, le 3 Janvier 1824.
M. F. Cuvier avait faitconnaitre dans son ouvrage, sur les dents
des mammileres , un systeme de dcnlition nouveau, a[)parte-
nant a une nouvelle espece de rongeur, a dents composees, carac-
terisee surtout par des abajoues exterieures; il donna au genre,
dont eel te espece presenlait le type, le nom de Saccomys, et a I'espcce
celui d'anlliophile. II public aujourd'Lui la description de ce Sacco-
mys antliopliile,qui, unpeu plus grand que la souris, aunelongue
queuq nue, cinq doigts a tous les pieds, et un pelage d'un
fauve a peu pres uniforme. C'est un animal de FAmcrique sej).
tenlrionale, ce qui n'a ete reconnu que parce que ses abajoues
etaicnt remj)lies des fleurs d'un Securidnca , Fin., genre cxclu-
sivement projire a cette partie du nouveau monde. M. F. Cuvier
fait en outre observer que ce genre nouveau n'est pas le seuhpii se
caraeterise par des abajoues exterieures, quoique aueun de ces
genres u'ait encore etc admis dansles catalogues nictliodiqucs des
mammiferes; en effet, les observations de M. Say nous appren-
iient que le Mus bursarius de Shaw, dont les pieds de devant , a
cinq doigts comme ceux de derriere, sont armes d'ongles analo-
gues a ceux des taupes, a ses abajoues exterieures et non ])oint
interieures conime on I'avait pense, et que ses dents maclielieres
sont sans racines; c'est-a-dire que cet animal est un rongeur
essentioUement frugivore. M. Say en fail Ic genre Psctulnxtoinn.
Enfin , si I'on ))eut s'en ra])])orter aux notes peu detaillees de
M. Rafinesque Scliniallz., il faudra encore admettre parmi les ron-
geurs a abajoues exterieures, les especes dii genre Diplostoma de
ce dernier auteur; genre qui se distingue des deux prec(5dens
l^arce cpi'i! u'aurait que quaire doigis a chaque pied.
Zooiogie. ijii
Par ces faits, la mnmmalogie se trouve eiuiclilc de genres et
d'especes nouvelles qui presentent un systerae d'organes qui n'a-
vaient point encore ete observes ( des abajoues exterieures),si ce
n'est peut-etre dans le paca, mais a un etat tres-rudimentaire;
car le repli de la peau qu'on observe sous I'arcade zygoraatique
de ce dernier ne parait lui etre d'aucun usage.
2/|6. PaRTICUI ARITE DANS l'oDONTOPHIE DU COCHON D'lNDE;par
M. Em. Rousseau.
Dans une letlre qu'il a adressee a TAcademie royale de mede-
cine, M. Rousseau dit avoir observe que , quatre a cinq
jours avant sa naissance, le cochon d'Inde perd sa premiere dent
molaire, qui est absorbee dans I'uterus de la mere, d'ou il sort
avec des dents deja assez fortes, d'ailleurs, pour qu'il puisse
ronger imniediatement. {Bull, de la Snc. phi/orn. , oct. i8i3
p. 157.)
a47-t^''SERVATioNs suR DES DENTS d'elephans fossiles dc TAmc-
rique du nord; par Richard Harlan, M. D. iJourn. of the
Jcad.qf nat. Sc, of Philadelp ,\nm, 1823, p. 65.)
Apres avoir rappelc que M. Cuvier regarde I'elephant fossile
comme beaucoup plus rapproche de I'espece qui vit en Asie
que de celle qui habite I'Afrique , mais que cependant cet anato-
miste pense qu'il exisle assez de caracteres pour faire de I'ele-
phant fossile une espece distincte , 1°. parce que les lames dont
se composent les dents , sont beaucoup plus minces et par
consequent plus nombreuses dans les dents fossiles; 2". parce
que les lignes d'email qui interceptent les coupes des lames
sont plus minces aussi et moins festonnees ; I'auteur examine
les nombreuses dents qui ont ete recueillies dans les Etats-
Unis, et qui lui ont presente de grandes varietcs dans la
disposition des lames dentaires. II conclul de cet examen qu'il
paraitrait probable que les dents fossiles d'elephant decouver-
tcs jusqu'a present dans les Etats - Unis , doivcnt etre rappor-
tees a deux especes distinctes , et en second lieu que la figure
occasionee par I'arrangement des lames de I'email dans les dents
fossiles, nepeut pas fournir des differences specifiques suffisantes
parce que cet arrangement varie accidentellement.
Le memoire est accompagne d'une planche sur laqnelle sont
cinq figures de dents. f; p
15. TOMK I.
Vi
in 8 Zoologie.
a/|8. NOUVEAU RECUF.il DE planches COLORIERS D'aiSEAUX, pOUr
servir de suite et de complement aux planches enluminees de
Buffon, p;ir MM. Temminck et Meiffren Laugier. {Voyez le
n". i?9 du derniei Bulletin. )
Nous continuons de faire connaitre les planches de cc bel ou-
vra'^e qui narait regulierement de mois en inois. I.es oise&ux con-
tenus dans la XV^'. livraison , sont :
Planche qi. Autour grele, male, adulte; Falco gracilis.
(Temm.) Da Bresil. — PI. 92. A. a poltrine rousse, adulte; F.
xanthothorax. (Temiri.) Guiane et Bresil. — PI. 98. A. a collier
roux, jeune; F. torquatus. Nouvelle-HoUande. — PI. 94. Tama-
tia a orellles nolres , male ; Capita melanotis. (Temm.) Du Bresil.
pj g5_ Heteroclite Pallas, male, adulte ; Syrraphtes Pallasii.
(Temm.) Russie asiatique. — PI. 9G. Gros-bec long-cone, male
et femelle; Fringilla sphecnra. (Temm.) De Java. — PI. 96. Id.,
variete male , id. ibid.
X\ n*"- livraison. — PI. 97- Faucon raoineau, male et femelle;
Falco ccerulescens. (Linn.) Bengale et .lava. — PI. 98. Chouette
spadicee , adulte ; Slrix spadicea. (Reinwardt.) De .Tava. —
PI- 99- Hibounoctule, femelle, adnlle ; Strix Noctula. (Reinw.)
^^^.^ PI. 100. Colorabe pliasanielle, male, adulte; Columba
amboinensis. (Linn.) Oceanic. .Tava. — PI. 101. Pipit Richard;
Jnthus. Richardi.{\\e\\\-) D'Europe. — PI. 102. Coucou eclatant,
male ; Cuculus lucidus. (Lath.) Oceanic et Molnques. — PI. 102.
C. chalcite, male; C. chalciles. (llli-jer.) Oceanic et Nouvelle-
HoUande.
XVlir. livraison. — PI. io3. Cymindis bee en croc, male,
adulte ; Falco uncinatus. (lllig.) Du Bresil. — PI. 104. Cymindis
id. femelle, adulte; id.ibid. —PI. io5. Autour melanopc, male,
adulte ;/^rt/co melanops. (Daudin.) De la Guiane. — PI. 106. Co-
lombe porphyre , male , adiilte ; Columba porphyrea. (Reinw.)
lies de la Sonde. — PI. 107. Engoulevcnt Nattsre", male; Capri,
mul^us Nattererii. (Temm.) Du Bresil. — PI. 108. Souiman
oreiHon violet, male; NccUninia phcenicotis. {Temm.) lies de 1..
Sonde. — Souimanga rouge et gris, male ct femelle; iV. rubra-
cana. (Temm.) De Java.
XlX"". livraison. — PI- 109. Autour longibaudc, male, adulte;
Falco virgalus. (Reinw.) De Java ct Sumatra. — PI. 110. Autour
coucoide, femelle, adulte; Falco ruculoidcs. (Temm.) Java et
Sumatra. PI- n >• Lloiirneau unicolore; Slurnus uniculor. De
Zoologie. ijg
la Sardfligne. — PI. 112. Dindon oeille , male ; Meleagris ocellata^
(Cuv.)Amerique,baie de Honduras. — Pl.i i3.Enicure couronne,
male; Eriicurus coronatus. (Temm.) De J.iva. — PI. 1 14. Embe-
rizoide oreillon, male; Einherizoides inelanotis. (Teinra.) Du
Bresil. — E. longibande, male; E. marginalis. (Temm.) Du
Bresil.
XXe. livraison. — PI. 11 5. Cymindis bee en croc, jeune fe-
melle; Falco uncinatus. Du Bresil. — PI. 1 16. Autour brachyp-
tere , jeune femelle; Falco hrachyplerus. (Temm.) Du Bresil. —
PI. 1 17. Aiglemalnls, Falco maUdensis. (Reinw.) lies de la Son-
de. — PI. 1 18. Pblbalure a bee jaune, male; Phihalura flaviros-
tris. (Vicill.) Bresil et Paraguay. — PI. 1 ly. Gobe-niouche veloce ,
male et femelle ; 31usclcapa himndinacea. (Reinw.) De Java.
— PI. 120. Colibri terne, male; Trochilus squallidus. (Natterer.)
Du Bresil. — C. a ventre roussalre, femelle; Troch. brasilien-
sis. ( Lath. ) Du Bresil. — C. tachete , male ; Troch. noevius.
(Dumont.) Du BresiL
Nota. C'est a dater de la vingt et unienie livraison que les au-
tenrs ont commence a fournir un texle a cliacune des livraisons ,
en y compreuant celles qui ont deja paru. lis s'litaient abstenus
de le f'aire jiisqu'ici, dans la crainte d'augmenter le prix de I'ou-
vragc, et surtout dans celle d'ecrire apres Buffon. lis s'y sont de-
termines parce que ics douanes etrangeres rejetaient une collec-
tion de gravures sans texte, qu'elles consideraient plutot comme
le produit des arls et de I'industrie en France, que comme un ou-
vrage scientifique destine aparcourir toute I'Europe. La premiere
page est une fort belle dedicace a M. le baron Cuvier. Q-Y.
l'\<)- SUK I.A FACUI.TE NATATOIRE DES OlSEAUS PALMIPEDES; CX-
trait du Fiodromus der Isliindischen Ornithologic ; parF. Fo-
BEK.(iV"o;/3<'/? ausdein Gchlete derNatur-iind Heilhundc; 1822;
n". 5o; ct Magazin der PJiannacic dc Hiinlc, ovril i823,p. 17.)
L'auteur dc I'ouvrage cite indique des caracteres nouveaux
]>onr une division naturclle des oiseaux nageurs de !a zone bo -
reale, fondee sur leur faculte natatoire , et en general sur les
rapports dans lesquels ils se trouvent a I'egard de I'eau.
II appelle la faculte natatoire simple , quand I'oiseau nc pent
que nagcr a la surface de I'eau , sans pouvoir s'y enfoncer ; et
co/iiposir, lorsqu'il jouit de I'avanlagr dc plongor. II distingue
J ^> Zoologie.
ensiiite colle-ci en action <ie ploitger proprrmcnt iUte , ot action
tic /t/o/ii^rr siipplirni'Titiiirf.
Le plonger, proprcnient dit, consiste ii ponvoir s'eiit'oncer
dans I'cau sans s'y jcter on volant, et y scjourner autant que la
respiration le permct; tels sont les Vria, les Co/rmbits , les
Mfrf^ux.
Le plongcr supplcnicntaire nc consiste an contrairc que dans
roction de s'enfoncei- dans I'eau en s'y precipitant par le vol ,
d'oii I'oiseau est bientot rcjetc par sa Icgcrete specifiquo.
Les palmipedes de cette troisienie division , que I'autcur pro-
pose do noniiuer Fomlt'tirs , les Sulu , les Stfrna , les Z(t/7/,v',<sont
tons de trcs-bons voiliers; les deux sexes convent egalement, et
nourrissent les pelits en leur dt^gorgeant la nonrriture. Les
Slerna, qui portent a leurs petits la nonrriture dans le bee, font
seuls exception a cette regie. D'nutre part, le Carbo et le Puf-
/inus, qui sont des plongeurs proprement dits, nourrissent lenrs
petits a la maniere des Fondeurs ; aussi t'ont-ils le passa<;je des
nns aux autres.
Les oiseaux de cette division, ne pouvant pas so piorinor
une quantifo suffisante de nonrriture , sont tons plus on nioins
parasites, et attaqnent quelqnefois les autres oiseaux.
lis se tiennent d'ordinaire dans lo voisinage des jilongeurs
proprement dits , pour parta{;er leur peche.
Chez tons, le male et la femelle sont entieremcnt semblables,
et ils se reunissent souvent en ^randes troupes : sous ce der-
nier rapport , on jieut en rapprocher encore le Puffirius.
Tous les palmipedes du nord sont nionoganies; mais on pent
distinguer parmi eux trois subdivisions :
i». Ceux on les deux sexes partagent e^alenient les soins de
la progeniture, qui nourrissent les jietils jusqu'a ee qu'ils aicnt
perdu leur duvet ,et cliez lesquels les jennes ne vont a I'eau qu'a-
pres avoir pousse leurs plumes; tels sont les L'ria , les Mormon
les Carbo , les Lestris.
Lin caractere remarquable de ces oiseaux , dont la plupart des
especes ne font jioint de nid , est que le male et la femelle se
deplument le ventre , de maniere a y presenter un ou plusieurs
endroits entieremcnt nus, formant des especes de cellules,
dans lesquelh's les a-ufs se lojjent pendant Tinetibalion. Les Siila
et les Carbo , qui lout des nids , sont les seiils che/. lesquels on
Zuulo^u'. i(Si
n'obscrvc pas ces cridioits nus; <;l on cii trouve par contie chee
les I.arus, qui foul dcs iiids.
I-c rioinlji'*; dc ces places iiiios , n'cst poijil en rajiport avcc
c;elui (les «Mjf's «jue ccs oiscaux pondciit. , iiiais il esl iiivarial>lc
scion les especes.
J-a plupart <le ces oiscaux font leur nid flans les io<;li«;rs es-
carp«58 (lu Lord dc la mcr, ou ils so rd-unissent en rfipuhliques de
plusicurs milliers.
a". Chez los Munofjarncs de la scconde subdivision, les raAles
el les (euielU.s couvenl cf^aleinerit les OMtfj, uiais ils ne portent
point de nounilure a Icnrs [iclits; el ccux-ci vont, aussit6t aprcs
l(-ir naissance, la clierclier eux-ni(!ines dans I'eau.
(.'cs oiscaux font sans exception leurs nids sur les bords dcs
eaux douces : se sonl les Coljinlms el les /'orlicc/jx.
!>". ClicK les Monof^aines dc la troisienie subdivision , les fe-
inelles eouvcnt scules, et les males se liennent sinijdenient dana
le voisinage du nid ; aucun d'eux ne nourrit les pelits, qui
vonl ('■galemcnt a I'eau aussilot aprcs leur naissance.
lis s'arraclicnt ca ct la dcs plumes pour en recouvrir les
OMil's; ainsl ils n'onl ]>oint de ccs places nucs que Ton observe
die/, ceux de la prenuere subdivision. Tel »ont les AIitj^us , les
Amis , les Anscr. Stkaus.
>Go. NoTicK SUR i,K Nin DU UKcyfjEMOucUK ( Sjh'ia cisticola
Tcnindt.) el observations sur les liabitudes nalurelles de cet
oiscau; par Ic I)'. 1'. Savi. (iVwot-. CJioni. tic' lellerati, n". ii,
sept, el Oct. i8a'5. )
(id oiscau, decrit pour la j)reniit;re fois par M. Tenrirnink
{^Mdii. tl'ornilh., i''. (idil.j, et figure dans Ic recueil des planches
coloriees de ce in(5me natujalisle, porte aux environs dc Pise ,
ou il a 6i6 observe par Ic 1)'. Savi, les noms vulgaircs dc liecca-
ino.schina et dc Tinti.
Aprcs ;ivoir dcerit tc Sylvain niuscivore, voisin du Pouillot,
el indi(jMe les dil'f'ercnces qui existent cntrc les sexes, M. Savi
doiirie le detail dc sos liabiludes nalurelles.
Au coniniencenienl ihi piintcinps, il ariivc dans la plaiiic <le
I'isc, el sc licnl dans les ebanips de ble, ou il etablit son pre-
mier nid. Plus lard, il se rend dans les lieux luarccageux et
louverls de grandcs herbcs, de scirpcs , de carex et de joncs.
Sou vol csl court, rapide ct irrcgulier; sa voix pcut cire rcndue
i82 Zoologie.
par le mot czin souvent repete , et dont le c et ]e 3 sont faible-
ment prononces. Sa nourriture cousiste en petits insectes, en
chenilles , en araignees, etc.; ses coiivees sont au nombre de 3,
la premiere vers la mi-avril, et la troisieme vers le milieu
d'aout; ses oeufs, au nombre de 4 a 6 , de ccnileur blanche quel-
quefois un peu cliangeante en rose ou en bleu tres-clair, n'ont
que 5 a 6 lignes de longueur, et sont deposes dans un nid dont
la construction remarquable est I'objet principal de ce memoire.
Ce nid est place au milieu d'une toulf'e epaisse d'herbcs liau-
tes, du genre Carex, environ a un pied de terre , et sa forme
est celle d'une bourse pendante dont la partie la plus large est
en bas, et dont I'ouverture est placee dans le haut; sa longueur
est de 5 pouces, et son diametre transversal de 1 ponces. Sa
paroi exterieure est formee par les feuilles des plantes au milieu
desquelles il est place, et ces feuilles sont artisteraent hees ou
cousues les unes aux autres par leurs bords, au moyen de pe-
tites ouvertures que I'oiseau y pratique, et dans lesquelles il
entrelace 2 ou 3 fois de petits cordons qu'il compose avec les
boursettes de sole ou les araignees portent leurs oeufs, ou avec
du duvet d'aigreltes de diverses asclepiadees, oude syngeneses :
les tiges de ces plantes montent droites , et servent a caclier le
nid. Cellcs qui croissent en dessous, sont rcpiic-es plusieurs fois
sur elles-raemes, entrelacecs, et lui forment un soutien ou une
base elastique. La paroi iuterieurc est composee de laine et
abonde davantage en graines aigrettees et en duvet vegetal ,
qu'en toiles d'araignees. Les deux parois se touchent immedia-
tement dans les parties laterales et superieures du nid, et sont
separees I'une de I'autre dans le bas par une couche formee de
fines feuilles seches de graminees , de fieurons de syngene-
ses , etc.
Tel est le nid du Bercamoschina fait en aout. Celui que cet
oiseau constrult auprintemps, est un peu different en raison du
lieu (les champs) ou il est place, et des materiaux que la sai.son
fournit pour sa construction : il est cache au milieu d'une touf-
fe de graminees dont les feuilles faibles, ct faciles a dechirer,
sont peu propres a etre liees par des points de couture; et les
araignees, etant alors rares, ou n'ayant pas encore fde leurs
boursettes de soic , I'oiseau est bien moins pourvu du fil qu'elles
lui procurent, et il est rcduit a employer prlncipalement du du-
vet vegetal. Ce nid est moins solide que celui qui est fail plus
Zoologie. 1 83
tard avec des feuillcs dc carex et des fils de loile d'araignecs,
ce qui oblige le Becquemonche a rendre plus epaisse la parol
interne, et a y introduire quelques corps solides, comme de
petits moixeaux de bois ou des brins de paille.
A I'occasion de cette construction admirable, M. Savi fait re-
anarquer que les ornithologistes n'ont pas jusqu'ici decrit avec
assez de soin les nids des oiseaux. et il propose pour eux une
classification basee sur la distinction des matieres qui entrent
dans leur composition.
Une figure tres-bien faite, representant le Beccamoschina, ac-
compagne ce memoire. Desm.
aSi. Notice stir le vol des liirondelles de clieminee.
Ayant fait un tres-grand nombre de remarques sur le temps
qu'einploient les liirondelles de cheniinee a parcourir un espace,
dans une rue , en y cherchant des mouches par un temps plu-
vieux, M. Defrance s'est assure qu'en cinq secondes elles par-
couraient un espace de 17 toises deux tiers, ce qui fait 212 toi-
ses par minute, et 12,720 toises ou plus de six lieues de poste
par heure. Ensorte que, comme il y a lieu de le croire, si pour
leurs voyages , leur vol peut se soutenir tel qu'il est quand elles
chercLent leur pature , elles peuvent parcourir plus de deux de-
gres par jour, et ecliapper, dansle temps de leur depart de nos
climats , a une temperature subite qui serait trop froide pour
elles. Defrance.
252. Memoire sur le Scolopax Brehmii ;par M. Kaup. {Isis ,
1823 , 10 livr., p. n47-)
Cette espece de becasse , distinguee pour la premiere fois par
M. Kaup, a Ic ventre ct lesbarbes externes de la premiere penne
de I'aile , blcincs;\a queue composee de 16 plumes: sa longueur
est de 12 pouces(pied deroi) ; sa largeur ( probablemenl son en-
vergure) de 18 pouces; son bee de 2 ponces 11 lignes ; sa queue
a pouces 8 lignes. Elle est intermcdiaire entre le Scolopax major
et le Scofopax Gallinago.
II parait qu'elle habite ordinairement les contrees les plus re-
culees dans le Nord , car jusqu'a present elle n'a ete obsetvce en
Allemagne que pendant I'liiver; on en a tue une pres de Got ■
lingue, et une autre pres de Heidelberg. Straus.
1 84 Zoologie,
253. MoNOGRAPHiE lES SERPENS DE RoME ct de scs en\iroiis ;
par le professeur Louis Mktaxa'. In-Zj. de 28 pages avpc une
pi. color.; Rome, \^■l^^.{ Bibl. Ital. ,no. ^5; nov. i8a3.)
La nionograpliie que nous annoncons parait avoir cte faite
avcc beaucoup de soin , nialgre Ics obstacles nombreux qui s'op-
posaient a son execution , et parmi lesquels doit ^Irc placee au
premier rang la difficuite de se procurer un nombre considera-
ble de serpens, et de les observer vlvai)s. Les descriptions qui
la conijjosent ont etc f.ntes sur des individus pris recemmcnt et
bicn portans, ce qui est cause que plusieurs d'cntre riles different
de ccllcs qu'ont donnees quelques erpe'.ologistes , reduits a exa-
miner des Individus depuls long-temps conserves dans la liqueur,
et souvent decolores ou deformes par suite de leur position ge-
nee dans les vases trop petits qui les renfermaient.
Dans son introduction, le professeur Metaxa', en rapportant
avec rapidite les opinions et les prejuges des anciens a I'egard
des serpens, fait preuve d'une erudition fort etendue.
Son opuscule se divise en deux parties et un appendice.
Dans la premiere partie il donne des generalites sur les serpens
des environs de Rome, et il traite dans huit articles diffcrens ,
1°. des lieux habites par ces reptiles et des epoques de I'annee
ou on les trouve plus communement; 2". de la mue, et de la ma-
niere dont elle s'opere chez eux; 3°. de leur mode de locomo-
tion et de leurs organes du mouvement; 4". de leur canal ali-
nientaire, et des organes secreteurs et conducleurs du venin qui
existe cliez quelques-uns ; 5o. de la nature de ce venin , de ses
effets , et des rcmedcs qn'on pent opposor a son action; 6°. de
la generation et de I'anatomie des organes qui servcnt a cette
fonclion; 7". de I'instinct ou des habitudes naMirelles des ser-
pens ; 8°. de la sensibilite de ces animaux pour la musique, I'e-
Itrtricite et la lumif re.
Dans la seconde partie se trouve renumeration , la synonymic
scienllfique et. locale , et la descri])tion des serpens romalns au
nombre de quatorzc, dont deux nouvcaux. — Les especes non
veninieuses sent, 1°. YJnguis fragitis , Linn.; 2". le Coluber
Natrix, Linn.; 3°. le Coluber Gabi/ius , spec. nov. (fig.)«Wo-
inine J!a\'o , taenia, media nigra , ad aiiuin usque decurrente ;
lincis biriis occipitnlibus antrorsum conjluentibus : trouve a Gabi
dans le mois de niai 1822; 4". le Coluber viperinus , Latr.; 5". le
Coluber atro - i-irens , Lair.; 6". le Coluber Lsculapii , ijliaw. ;
Zoologie. 1 85
7o. le Coluber Elaphis, Shaw. ; 8". le Coluber austriacus , Grael ;
9°. le Coluber Riccioli, spec. nov. (fig-) ? abdoinine flm<o bilinea-
to, lateribus rubro punctatis ,\equel a plusieurs caiacteres com-
ntuns avec le Coluber austriacus , et a ete trouve dans la campa-
gne de Rome. — Les especes venimeuses sont; 10°. la Fipera
Berus , Cuv. ; 11". la Vipera Redi , Laur. ; 12". Vipera Aspis ,
Cuv. ; 1 3''. la Vipera Chersea, Cuv.; et i4". la Vipera Prester.
Malgre ses recherclies , et celles de son ami M. Riccioli ,
M. Metaxa' n'a pii rencontrer pres de Rome la Vipera Ammody-
tes , Lin., que plusieurs auteurs assurent y exister ; et il s'est
abstenu de placer dans son catalogue le Coluber trilineatus, Lin. ,
recueilli par le meme M. Riccioli , sous les murs de Gallipoli ,
dans la terra d'Otrante , comme ayant etc trouve trop loin du
lieu de ses observations pour qu'on put supposer qu'il y exis-
tat. — Les anciens Romains distinguaient sur leur territoire
cinq serpens venimeux ; et parmi les especes non venimeuses
qu'ils connaissaient, la plus grande etait la couleuvre Elap>his qui
parait seule, selon M. Metaxa', pouvoir etre rapporlee au Boa
de Pline. La plus agile et la plus disposee a mordre, etait le Co-
luber atro-i'irens.
Enfin I'ajjpendice a pour objet I'indication des animaux para-
sites qui vivent aux depens des serpens dccrils dans cet opuscule.
L'auteur y fait connaitre qu'il a eu de frequentes occasions de
reconnaitre I'exactilude des observations de M. Rudolphi, sur les
vers qui vivent dans I'interieur du corps de ces reptiles, et de
plus il annonce qu'il a trouve plusieurs fois d<ans leurs intestins
Y Ascaris luriibricalis qui n'y avait pas encore ete rencontre.
Dans le Coluber viperinus il a trouve une espece nouvelle de
Filaire qu'il ne determine pas, mais dont il donne une figure, et
le Distoma tenuicolle, Rudolphi, qui a ete decouvert pour la
premiere fois par Teutler en 1788, dans le Phoca barbata.
Deux especes de mites, Acari, egalement figurees, se voient
frequcmment sur la peau de ces serpens, et se tienncnt dans les
interstices de leurs ecailles, oil elles deposent de petits oeufs lui-
sans comme des pedes, et qui eclosenthuit jours apres avoir ete
])ondus : de ces oeufs sortent des petits entierement senibiables a
leurs parens , a ccla pres qu'ils ont deux pates de moins , comme
cola s'obscrve d'ailleurs dans la plupart des animaux de la nit-me
famillc. Uiic de ces mites quilte assez facilement les serpens sur
Icsqucls elle vit , pour se fixer sur tous les corps qui lui sont pre-
1 86 Zoologie.
sentes. Plaree siir la peau dc riiommc ollc y cause des demangcai-
sons, et fait naitre des ampoules , raais ne s'y propage pas , et les
exhanthemes auxquels elle donne lieu , disparaissent d'eux-
inemesau bout de peu de temps, el sans necessiter remploi d'au-
cun remede.
M. Metaxa' ayant essaye de fixer la mite de la farine sur les
serpens, n'a pu y reussir; cet arachnide les quittant prompte-
ment pour se porter sur lours excrcmens. Les experiences
faites par le meme observateur , pour apprecier Tinfiuence
de la musique sur les serpens , out eu les resultals suivans : les
especes venimeuses, ou viperes, y etaient absolument inscnsi-
bles; les couleuvres, ou especes non venimeuses, aucontraire se
mettaient en mouveraent au premier son; la couleuvre Elaphis
de temps a autre se dirigeait lentement vers I'instrument et cher-
cliait a grimper le long des parois de la caisse oil elle etait pla-
cee; la couleuvre d'Esculape relevalt sa tete et la moitie ante-
rieure de son corps , et le Coluber atro-virens montrait beaucoup
d'agitation. Desm.
254. Premiere decade ichthyologique, ou De-.cription com-
plete de dix especes de poissons, nouvelles, ou imparfaitement
connues, habitant la mer qui baigne les cotes de Tile de
Cuba; par M. A. G. Desmarest. Broch. in-8. de 5o p., avec
pi. (Tiree a 5o exemp.)
L'auteur, convaincu de I'utilite des descriptions completes en
hisloire naturelle, a suivi, dans celles de dix especes de pois-
sons des cotes de I'ile de Cuba , le plan que s'etait trace Brousso-
net dans son Ichthyologic , ouvrage dont il n'a paru (en 1782)
qu'un seul fascicule, toujours cite, parce qu'il fournit des ca-
racteres pour toutes les metliodes declassification.
Ces dix poissons, pour la plupart, n'ont pas encore etc indi-
qucs par les auteurs, et c'est en vain que M. Desmarest a cher-
che a les reconnaitre dans les descriptions insignifiantes de
Catesby, ou dans les figures faites avec l«5gerete, qui le plus
souvent leur ont scrvi scules d'originaux. Scba, Sloane, Brow^ne
et Parra ne lui ont guere etc plus utiles; car les travaux de res
naluralistes ne sont plus, dans I'etat actuel de la science, suffi-
sans pour aider a dlslinguer les especes des genres un peu nom-
breux , et surlout celles des genres qui apparticnnent a I'ordre
des poissons acantliopterygiens.
Chaque description se compose dc toutes les notions que
Zoologie. 1 87
peuvent fournir , le corps dans son ensemble et dans scs dimen-
sions; les formes et les proportions relatives de la tete-, du
dos, de rabdomen, dts flancs et de la queue; la nature et les
proportions des ecailles de la peau; la direction de la ligae la-
terale ; la position de I'anus; les formes de la bouciie, des os
interniaxillaires et mandibulaires, des dents, de la langue et du
palals; celles des narines, des events et des yeux; celles des ouiies
et des diverses parties qui les composent, telles que I'opercule, le
subopercule, I'interopercule et la membrane brancliiostege; celles
des nageoires dorsale, anale, caudale, pectorales , et ventrales, etc.
Les couleurs sont decrites ou indiquees dans un paragraplie parti-
culier, et dans tout lecourant de ces descriptions les mesures ou
les distances relatives des parties sont indiquees soigneiisement.
Voici les noms et les principaux traits caracteristiques de ces
poissons :
1. Pastenague torpedine. Trygonobatus torpedinus. Diet.
CI. d'hist. nat. fig. 6*^. livr. Ayant de la ressemblance avec la Raie
de la Jamaique de Sloane, mais en diflerant sous le lapport des
tegumens et de la forme de la caudale. C'est une raie a forme de
torpille, dont la queue est courte, terminee par une nageoire
ovalaire dont la base est armee d'un aiguillon. EUe n'a pas de
dorsale; son corps, blanc sale en dessous , est d'un gris brun ta-
chete de noiratre en dessus. Cette raie, avec celle de Sloane et la
raie croisee de Lacepede, Ann. Mus., t. 4, pi. 55, doit former
un sous-genre particulier.
2. Priacanthe nE Lacepede. Priacanthus Cepedianus. Diet.
Class, d'hist. nat.,fig.; 5*^. liv.D. 10 epin. 14 mous.; A 3 ep., i5m;
C. 18; P. 18; V. 1 ep., 5 m. ;B. 6. Cotes du corps et ventre d'une
belle couleur d'argent uniforme; dos d'un gris brun argente.
Par ses formes il se rapproclie surtout de X Anthias macrophllial-
tnus de Blocli ; mais il en differc par les couleurs.
3. Lutjan museau-pointu. Lutjanus acutirostrls. Diet. Class.
d'hist. nat.; fig. 4*. liv. D 10 ep. , 1/, m. ; A 3 ej)., 8 m. ; C iS ; P
17 ; V 1 ep. , 5 m. ; B. 6. Remarquable par le prolongemcnl de
son museau , I'clcvation de sa nuque , et sa couleur gciu-ralement
brunatre.
4. Lutjan u'Aubriet. Lutjanus Aubrietii. Diet. CI. d'hist. nat.
fig.; 5«. liv. D 10 ep., 12 m.; A 3 tip., 8 m.; C i8 ; P 16; V i ep. 5
m. ; B. 5. Marque longitudinaleraent de huit lignes violeltes al-
ternant avec aulant de lignes jaunts sur cliaque cote du corps et
1 88 Znologie.
d'une tache noiiatre pros ilu dos,a la liauteur dn commenceineiit
de la partie molle dc la dorsale. U a queiques rapports avec le
Lutjan serran de la Mediterranee, Perca Cabrilld , Lin. ; mais il
en differe par le noinbre plus considerable des bandes violettes
et par la presence de l,i tache noire.
5. Ombrine de FouRNiER. U inbrlna FuriiierL Diet. CI. d'hist.
nat., fig., 4*^. livr. i'''^. D lo ep., %^ . D i ep., 28 m.; A 2 ep., 8 in.;
Ci8;Pi8;Vi ep., 6in. ; B 7. Point de barbillon, mais 4 pores
sous la machoire inferieure; couleur d'un gris argente teint de
brunatre, avec des reflets bleu d'acier sur la nuque.
6. AcANTHURE DE Brotjssonnet. Acanthurus Brouswnnetii.
Diet. CI. d'hist. nat., fig., 5^ livr. D 8 ep., 27 in.; A 2 ep., 25 m.;
C 22 ; P I ep., i5 m.; V i ep., 48 m.; B 3. Corps d'un gris brun
violatre ; nageoires dorsale et anale marquees de petites lignes
horizontales, alternatlvement bleues et noires. II rcssemble a I'A-
canthuie noiraud, mais en differe par les bandes bleues et noires
de ses nageoires verticales. M. Plee I'a envoye de la Martinique
au Museum, sous le nom de Chinirgien, qui au reste est la de-
nomination vulgaire de tons les poissons du meme genre.
7. DiABASis DE Parra. Diabnsis Parra. Diet. CI. d'hist. naf. ,
fig., 4e. livr. D 12 ep., 20 ra. ; A 3 ep., 8 m.; C 18; P i(i ; V i ep.,
5 m. M. Desmaresl forme un groupc particulier sous le nom do
Dialmiis des poissons a forme generale de Lutjans , a dents de
Pristipomes et dont les nageoires dorsale (dans la partie molle) ,
anale et caudale, sent en totalite couvertes d'ecaiUes. En suivant
a la rigueur la classification de M. Cuvier , ces poissons devraient
etre ranges dans la famille des Squammipennes ; mais rensemblc
de leurs caracteres ne permet guere de les eloigner des Pristipo-
mes et des Lnljans. Celui de Parra est brun , assez fonce sur le
dos et plus clair sur les flancs. 11 a quelque ressemblance avec
le Lutjan inuseau-pointu; mais sa tete est moins prolongee en
avant.
8. DiABASis RAYii DE JAUNE. Diaha.iis Jlavo-lineatus. Diet. CI.
d'hist. nat., fig. , 4«. livr. D 12 ep., i5 in.; A 3 ep., 8 m.; C 20 ;
P i6; V I ep., 6 m. B 6. 11a les ecailles granges et tres-regulie-
rement placees. De chaque cote du dossont trois lignes longitudi-
nales d'un jaune brun, et sur les flancs dix lignes obliques jaunes
suivant les rangees d'ecaiUes, et cnlre Icsquelles sont autant de
lignes blanches.
y. Cbevalikr ponctue. lUjuen puncUUus. [Gram in is les /inii< •
Zoologie. 189
tatus, Schn. Serrana , Parra.) Diet. CI. d'hist. nat., fig., 6e. livr.
10. HotACANTHE couRONNE. Holacanthus coronntus. Diet. CI.
d'liist, nat. 6*^. livr. Espece tres-voisine de Y Holacanthus ciliaris
par ses formes et le nombre de rayons des nageoires, niais en
differant par les couleurs, et notaniment en ce qu'au lieu d'avoir
un anneau noir a la base anterieure de !a dorsale, il a sur cette
meme place une tache noire bordee de blanc. Son corps est d'ua
brun clair, et chaque ccailie est marquee d'une petite tache jaune
oblongue; la base de la queue et la caudale sont jaunes; les ven-
trales et I'anale sont brunes et liserees de blanc. M. Desmarest
soupconneneanmoins que les dei'nieres parties pourraient avoir
ete alterees dans la liqueur. P. Gaim.
255. Description h'une nouvelle et gigantesque espece de
CEPHALOPTERE, dc Dumcril ; par S.-L. Mitchill. {^Annals of
the Lyceum of nat. history^ of New-Yorl- , vol. i , n°. i,
septeinb. 1823.)
Le 9 septembre 3823, despecheurs saisirent, pres de I'entree
de la baie de la Delaware, une enorme raie, qui se debaltit long-
teinps avec une force prodii>icuse , et qu'on ne put tirer a terre
qu'a I'uide de trois paires de boeufs, d'un cheval et de vingt-deux
homnies.
Ce poisson etait un chondropterygien a branchies fixes , du
genre Cephalopterus, de M. Dumeril, bien caracterise j)ar le pro-
longementanterieur des nageoires pectorales eii forme de cornes,
de chaque cote du muscau ; mais il n'avait point I'aiguillon qui
existe dans les especes de ce genre.
M. Mitchill, connu par des travauxichthylogiques tres-recom-
mandables, ayant vu et decrit ce poisson, I'a considere comme
forniant une espece nouvelle a laquelie il donne le nom de Ccr-
phdlopterus J'ainpirus, et qu'il caraclcrise ainsi : Corps plus large
que long ; houche presque tcrminale , sans dents; une nageoire
verticnle de chaque cote de la bouche, se dirigeant en avant ;
queue sans aiguillons.
Le poids de ce poisson est evalue a quatre tonneaux et demi
ou cinq tonneaux, c'est-a-dire, neuf a dix inilliers. Ses dimen-
sions , en mesures anglaises , sont les suivantes. — Longueur de-
puis le bord anlerieur de hi tcte jusqu'a I'origine de la queue ,
10 pieds 9 pou. ; long, de la queue, 4 pieds ; long, des deux na-
geoires qui eaillcnt en avant de la tctc , 2 pieds. — Longueur
I go Zoologie.
totale, depuis rextremite de ces nageoircs jiisqu'au boul de la
queue, 17 pieds 3 pou. — Envergure ou distance entre les ex-
tremites des deux nageoircs pectorales en suivant la saillie dn
dos, 18 pieds. — La memc mesurc, prise sous le \entre, 16
pieds. — Largeur de la bouclie, ?. pieds 9 pouces. — Largeur
des ouverlurcs brancliiides, 12 a 24 pouces. ■ — Largeur la plus
grande de la partie solide de la tete, 5 pieds. — Distance centre
les yeux, 4 pieds 2 pouces. — Distance entre les narines, 2 pieds
3 pouces et deml. — Distance entre I'oeil et I'event, 1 1 pouces.
— Distance entre I'oeil et la narine , 1 pied i ])ouce. — Distance
entre le coin de la bouche et I'oeil, i pieds i pouce -J-. — Lon -
gueur totale des nageoircs anterieures, en forme de cornes , et
qui sont le commencement des pectorales, 2 pieds 6 pouces ;
leur hauteur i pied; leur plus grande epaisseur, 2 pouces ^. —
Diametres de la cavite cerebrale, 12 pouces 7, de devant en ar-
riere, et 18 pouces d'un cote a I'autre.
La peau de ce cephaloptere, tres-epaisse et rude, etait partout
recouverte d'une mucosite abondante; sa couleur etait d'un brun
noir sur le dos, et d'un noir varie de blanc de lait sous le ven-
tre. La bouclie, presque terminale et non en dessous de la tete,
avait une levre supcrieure double tout-a-fait depourvue de
dents, et uncseule levre inferieure garnie de pctites pointes dures,
comparables aux aspcritcs d'une rape. II n'y avait point de lan-
gue. Ses nageoircs anterieures , en forme de cornes, etaient sup-
portees par 27 rayons cartiiagineux, articules et paralleles les
uns aux autres; leur bord anterieur etait frange. Les pectorales
contenaienl 77 rayons, dont les plus grands avaient vingl-sept
articulations. Les yeux etaient situes pres des angles avances do
la tete. Une seule nageoire dorsale, trinngulaire et mince, de
trente-six rayons, se trouvait placee pres de la base de la queue,
et a quelques pouces en arrierc on observait urie protuberance
dure qui tenait lieu d'une seconde dorsale. La queue cylndrique,
mince, couverte d'une peau rugueuse, u'avait ni nageoire cau-
dale, ni aiguillon.
M. Mittchill fait suivre sa description d'une comparaison des
ailes des oiseaux avec les nageoircs pectorales des raies, dans la-
quclle nous ne le suivrons pas.
II rnpporte quelques observations inexactes d'apres Icsquelles
il resulterait que le cephaloptere vampire serait vivipare, et
fju'il allaiterait scspetits. Desm.
Zoologie. igi
aSG. ESPECF, GIGANTESQUF. DF, POISSON Qu'oN SUPPOSE ETRK tJNE
RAiE. {^Philos. Magnz.,x\o\. 1823.)
Get article n'etant qu'un extrait de celui que nous donnons
ci-dessus (n°. 255) , d'apres le i^i". cahier des Annalcs du lycee
d'histoire naturelle de New-York, nous nous bornons a y ren-
voyer nos lecteurs. Desm.
257. M^MOIRE POUR SERVIR A l'aMATOMIE DU MlfXlNE GlU-
TiNosA en ce quiconcerne le systeme circulatoireet le systeme
nerveux de ce singulier animal , par A. Retzius, avecune pi.
( Mem. Acad, de Stoc/<holm , 1822, p. 233.)
Dans ce memoire I'auteur se borne a expliquer les figures
qui s'y Irouvent jointes. II se reserve probablenient de dedulre'
ulterieurement de ces observations les considerations gcnerales
propres a determiner la place que doit occuper dans rechelle des
etres cet animal, que les uns considerent avec Linne comuie un
ver intestinal, et que d'autres avec raison placent parmi les
poissons. C. M.
258. Classification naturelle des mollusques , d'apres leur
structure interne; par J. Ed. Gray. (^London Medic. Re-
posit. , mars 1821 , p. 229. )
Cette classification, perdue dans un journal de niedeciiie,
quoique deja ancienne , est si peu connue des naturalistes , que
nous croyons leur rcndre service en la leur indiquant. lis y Irou-
veront des idees nouvelles, des apercus a etudier; et, dans tous
les cas, elle est utile a I'histoire de la science. On y voit que
i\I. Gray est certainement uu des naturalistes qui a le plus etudie
les travaux recens, tels que ceux de MM. Say, Lamarck, Cu-
vler, de Ferussac, etc.
Voici le tableau du systeme de M. Gray :
Classe I. ANTLIO-BRACHIOPHORA (Ceplialopodes, Cuvler).
Ordre i. Anosteophora. Genre Octopoda.
2. SepI/EPHora. G. Septola, Sepia.
3. Nautilophora. G. Orthocera , Spiruia , Cristellaria ,
Spha^ritla , Rotnclea , Nautilus , Aminomta,
Classe II. GASTEROPODOPHORA (Gastcropodes, Cuv. )
Sous-classe I. Pneuraonobranchia.
Ordre i. Auelopneumona ( Pulmones,- Cuv. )
a. Tcutacules rotractiles. Torrcstrcs. G. Lirnox , ou Li-
iga Zoologie.
macide(V ; Onchidium , Plectrophorus , Testnccllft^
Vitrina, Helix, Achatina, Clauselia.
b. Tent, contract lies , cylindiiques. Amphlbies. G. Ju-
ricula, Carychuun, Phytta. ( Fol. denticulata.)
c. Tent, contract, comprimees. Aquatiques. G. Lunncea
Planotbis , Ancjlus.
Ordre a. Phaneropneumona. (Pcctinibranclies, Cuv.) G. Cy-
clostoma , Helirirm. ( Oljgfra , Say. )
Sous-classe II. Cryptobranchia.
Ordre 3. Ctenobranchia ( Pectinibranches, Cuv, )
a. Opercule cartilagineux vesiculeux. G. Janlhina.
h. Operc. spiral, articule avec la coluraelle.G. iVVriV//?o,
Nai'icellus {Septarius, Ferussac ).
c. Operc. spiral, libre. G. Nerita (Melania, Lam. )^
Turbo f Trochus, Falvata , Cerithium.
d. Operc. annulaire. Nucleus subcentral, regulier. G.
PaludLna{^\\\se: en Fh'ipam,Ainpullariae\.Bilhynia.)
e. Operc. annulaire. Nuclus aplculaire , irregulier. G.
Murex, Valuta y Slrombus, Conus.
f. Point d'opercule. Test subinterne. G. Cypre^a, Volva.
4. Trachelobranchia. (Partie des .Scutibranches,Cuv.)
G. Sigaret, Cry-ptostoma , Felutina , Capulus, Sto-
mata , Crepidula , Calyptrea , Milrula. ( Patella
Chinensis ).
5. Monopleurobranchia. (Partie des Tectibranches de
Cuvier. ) G. Umbrella, Pleurobranchia , Laminarin.
6. NoTOBRANCHiA. (Partie des Tectibranches, Cuv.) G.
Aplysia^ Bulla.
7. ScHisMATOBRANCHiA. ( Partic dcs Scutibranchcs de
Cuvier.) G. Haliotis.
8. Dior ANOBRANCHiA. ( Partie des Scutibranchcs , Cuv. )
G. Fissurclla, Scutus, Diodora ( P. Apertura Mont.),
Emarginula.
9. Cyclobranchia. (Partie des Cyclobranchcs, Cuv.)
G. Patella.
10. PoiYPLACOPHORA. (Partic dcs Cyclobranchcs, Cuv.) G.
Gymnoplax{C\n\.ovi); Crytoplax f Chitonellus, Lam.)
11. DiPi.EUROBRANCHtA.(Pleurobranches, Cuv. ) G. Phyl-
lidia.
ZoohgJe. K.gj
Sous-classe III. Gymnobranchia.
Oivl. 12. PvGOBRAXCuiA. (Paitie des Ntidibranclies, Cnv.) O.
Doris.
i3. PoLVBRANCHiA. ( Partle des Nudibranclics , Cuv. ) G.
Tritonia , Sryllea, EoUs, Tcrgipes , Tethys , Glaucus.
Classelll. GASTEROPTEROPHORA.. ( Gasteropodes, Cuv. )
G. Pterotrachea. ( Carinarla Ar^onauta. )
Classe IV. STOMATOPTEROPHORA. (Pteropodes, Cuv.)
Ordre i. Pterobranchia. G. Limacina , Cleoddra, Cjrmbula ,
Clio, Pneumodcrma ?
2. Dactyliobranchia. G. Hyalea.
Classe V. SACCOPHORA. ( Acepliales nus, Cuv. )
Ordre i. Holobranchia. (Thetliydes, Savigny.)
a. Simples. G. Bnletaria, Phallusia.
b. Composes, G. Distoma , Synoicum , Euccelinm.
2. ToNOBRANCHiA. ( Tlicthydes, Savigny.) G. Pjrosoma.
3. DiPHVLLOBRANGHiA. ( BiphoTes, Cuv. Thallidcs , Sav.)
G. Salpa.
Classe VI. CONCHOPHORA. ( Acephales testac^s, Cuv.)
Ordre i. Cladopoda. ( Conchiferes dimyaires crassipedes, Lam.)
G. Pholas J Teredo , Aspergillum.
2. Pachypoda. ( Id. Lam.) G. Mya, Corhula.
3. Leptopoda. (Dimyaires tenuipedes, Lam.) G. Madras
Nucula.
k. Phtllopoda. (Dimyaires lamellipedes, Lam.) G. Solen,
Psnmmohia , TelUna , Cyclas , Venus , Cardium ,
Tridacna, Chama , Pectuncidus , Trigonin, Unio.
4. PoGONOPonA. (Dimyaires lamellipedes , Lam.) G. Area,
Mytilus, A<,'icula.
6. MiCROPODA. ( Dimyairoo lamellipedes. Lam.) G. Pec- /^vt^?
ten, 0.'!trea, Anornia.
M. Gray propose encore un autre arrangement pour cette
classe, base sur la consideration du ligament et des impres-
sions rausculaires.
Classe VII. SPIROBRACHIOPHORA. (Brachiopodes, Cuv.) G.
Criopus, Crania, Terebrntula, Ligida.
On voit dans cette classification plusieurs denominations ge-
neriques nouvelies. Phythia pour la T'oluta dcnticulata de
Montagu qui repond a I' Auricula Myosotis deDrap.; Bithynia ,
esj)ecr's de Paludines ainsi nommecs par le D'. Leach; Kelutina
B. Tome I. ,3
1 94 Zoolog
le.
(sans doute pour la Bulla vclutina du Muller). Milrula poiif
la Patella chinensis, et Dlodora pour )a Patella apertura de
Montagu. Cette classificatiou est sulvie de I'indication de 16
especes terrestres ou fluvialiles qui n'avtiicnt point encore ete
observees en Angleterre; plusieurs de ces especes portent des
surnoms inconnus, tels que Holix zonites crystallina, etc. ; Tlelis
jacosta albella; Helix zenohia cornigata, nouvelle espece de
Bristol; Helix isthmia cylindrica, Drap.; llcYixchondras cinerea,
Drap. ; Clauselia iphigenia Rolpliii, N. Sp.; Clauselia marpessa
bidens hyalina. Nous ignorons la valeur de toutes ces denoiiii-
natioiis. Ce travail est lermine par la destription du nouveau
genre de Pectinibranches que I'auteur a nomme Ncr'ita sinccra;
I'espece nu'il a observee porle le nom d'Hepatica, elle ressem-
ble aux pctites paludincs saumatres de notre sous-gciue Litlo-
rine, d'apres les individus que nous devons a I'obligeance de
M. Gray.
Ce genre offre ce caraclere tres-remarquable que les deux
seuls tentacules sont oculiferes : M. Gray crolt cependant plu-
tot que les yeux sont portes sur des pedonculos, et que le ten-
tacule et le pedoncule sont soudes ensemble; ce qui alors rap-
procherait ce genre des Nerites. L'cspece etant fort petite, son
animal a besoin d'etre observe de nouveau poar fixer les na-
turalistes a son sujet. F.
iSg. Les genees de coquilles de Lamarck. (Journ- ofSc, Lit.
and Jrts:,^"'. XXVII a XXXI.)
L'lniportance de IVtude des coquilles pour les progres de la
"eolo^ie a engage le r«5dacteur du journal cile a procurer a ses
nombreux lecteurs un tableau complet des genres qui com posent la
raethode de M. de Lamarck. L'auteur de ce tableau , apres avoir
*^ *^"'^^' donnela division generale des animaux, etablie par ce savant ce-
lebre entre en maliere par les Annelides dout il decrit tons les
genres pourvus d'un lube arenacd ou calcaire. II passe ensuile
.lUx Cirxliipedes, puis aux Concbiferes, et enlin aux Mollusques ^
en suivant exactement la serie de leurs genres. Les caracleres des
(lasses des ordres, des families et des genres sont la traduction de
ceux etablis dans la 2'. edit, des Animaux sans vertrbres. I'our
thaque genre l'auteur cile I'espece type , dout il duane presque
toujours la figure; il indique le nombrc de celles qui sont dc-
tiiles dans I'ouvrage de M. de Lamarck, et s'il en existe ou noa
Zoologie. ig5
a I'etat fossile. — Tel est renscmbJe de ce travail utile, et qui sans
lioiite contrlbucra a faire connaili'c et ;uloj)ter en .\ngleterre, les
distributions moderrics ; la metliodelinueenne etant encore suivie
dans ce pays parun grand noinbre de naturalistes.
Les figures nous paraissent faites d'apres nature ; elies sont
bieii graviies, dessinees en general avec exactitude, niais quel-
que Ibis trop reduites.
Nous avons remarque dans ce travail queiques erreurs qui
ont echappc a I'auteur; par example, on cite pour type du
genre Unio , Y Unio sinuata de M. de Lain^ et la figure qu'on y
rapporte parait elre.V Unio alata de Smv qui en est tres-distincte.
Plusieurs genres de M. de Lamarck qui n'avaient point en-
core ete figures, le sont dans cet ouvrage, dont I'auteur ano-
ryme parait avoir eu a sa disposition de tres-beaux individus
ct des genres tares.
Quelquos notes etymologiqucs , explicalives ou des additions
accompagnent les descriptions generiques. Dans I'une de ces notes
I'auteur propose le mot SoU'noinye au lieu de solcniye employe
par M. de Lamarck. Dans une auire note il fait connaitre una
nouvelle coquille voisine de celle des Hyales et des Clcodores
ra[)porlee par I'expedition au Congo , et decouvcrte par M.
Crancli. Cette coquille est figuree dans le n". 3o du journal cife,
pi. 7, fig. loy. L'auleur propose d'en faire un nouvcau genre,
sous le nom de Balantium recurvum. F.
260. SUR LE CABINET DE COQUILLES DE CheMNITZ.
Plusieurs naturalistes ignorent sans doute le sort de la celebre
( ollection de Chemnitz , dont I'ouvrage public par ce savant a
di\ donrier une tres-grande opinion. Apres etrereste long-lemps
a Copenhague sans qu'ou ait pu s'en defaire ni en bloc , ni a
I'encan , elle fut atlietee ])our 8,000 fr. par un marcliand de cu-
riosites nomme Antonio Celti , qui la porta a Saint- Petersbourg,
et la vendit a I'Academie des sciences de cette ville. Nous croyons
devoir ainsi rassurer les naturalistes , dont plusieurs d'entre eux
ont cru que cette precieuse collection avait ete dilapidee. II est
d'autant plus heureux qu'elle se trouve ainsi conservee, que Ton
aura jiar la les moyens de reconnaitre une foule de coquilles
rares et uniques de cette rollection qu'on n'a pu determiner sur
les figures souvent pen correcles du Conckyiifn Cabinet.
Nous avons sous les yeux le catalogue de cette collection pu-
ig6 Zoologie.
blie a Copenhague, en i8o2,in-i2 de 88pag., a I'occasion fie
]a vente qui en fut annoncee pour le 7 fevrier i8o3 , sous le tilre
suivant : Enumeratio systematica Conchyliorum bent. J. H.
Chemnitzii quondam ecclesicB Zebaothi Havnics pastoris , phi-
rium societatum sodnlis , p. p. Ce catalogue a ete dresse par
M. H.-S. HoLTEN , precepteur des princes de Danemarck. II est
fait avec beaucoup de soin, classe mclhodiquement d'apres Lin-
ne ; il donne la synonymie , le nombrc d'individus , et, lorsque
les especes ne sont pas decriles, unc phrase lat'me et I' habitat.
II se compose de 1269 articles avec un appendix pour les Our-
sins. F.
261. HiSTOIRE NATURELLE CKNERALE ET PARTICUHERE DES MoL-
LUSQUES terrestres et fluviatiles , etc. ; par M. le baron de Fe-
RussAc. Livr. XIX et XX. ( ^o}'. le to. 2, n°. iSy du Bulletin
de 1823.)
La 19^. livr. de cet ouvrage renferme d'abord une Nom'elle
division des Pulmones sans opcrcule et un Supplement deft nit if a
Vhistoire naturelle des Limaces. CeiXenonyeWc division dc I'ordre
des Pulmones sans opercule est celle que M. de Ferussac a eta-
blie dans sou Prodrome; nous allous en donner ici une idee sora-
maire :
A. Une cuirasse ou un collier. Tentacules supcrieures oculiferes.
Terrestres.
1^^ . Sous-oi'dre, Geophiles.
i"^^. Sect. Corps conjoint avec le plan locomoteur, et nu ou
presque nu. I"^*^. Famille, les Limaces.
2**. Sect. Corps distinct du plan locomoteur, roule en splrale,
et renferme dans une coquiile. IP. Famille, les Limacons.
B. l^n collier. Diceres, yeux sessiles. Amphibies.
2*". Sous-ordre. Gehydrophiles. IIP. Fam. , les Auricules.
C. Sans cuirasse et sans collier. Fluviatiles.
3". Sous-ordre. Hygrophiles.
i'^*'. Sect. Corps tout couvert par unc coquiile non spiralc.
IV. Famille, les Scutaces.
a*^. Sect. Corps distinct du plan locomoteur, et renferme dans
une coquiile spirale. V*^. Famille, les Limneens.
Dans Ic supplement a la famille des Limaces, M. de Ferussac
donne une nouvelle synonymie genezale des noms vulgaires de
ces animaux. II retablit leurs caracteres de famille , donne de
Zoologie. 197
nouveaux apercus sur leur liistoirc, leur organisation, leurs fa-
culliis d'apres M. Leuchs , qui a observe avec beaucoup de solns
le L. agrestis. II offrc ensuite un nouveau tableau de la famille
dont il s'agit qui comprend onze genres, savoir : Oiichiditan ,
Bucli. ; Vaginulus ,, Fer.; Pldlomyciis , Raf. ; Eumelits , Rat'.; Fe-
ronicellus jUlainw; LijnaceUus , BlAiny.; Arion , Fer., Liinax ,
Icitv.; Paiinacelliis, C\\\.; Fleet jophorus , Fer.; et TcstaceUus,
Cuv. M. de Ferussac decrit le nouveau genre Vaginule , decou-
vert depuis la publication de son Histoire des LImaces, et fait
connaitre les especes qu'il y rapporte, alnsi que celles des deux
genres qui le suivent.
- Les planches de cettc llvraison , dont I'execution ne le cede
pas aux livraisons prtcedentes , sont les pl. 89 B, 49 A, 54 B ,
119, lai et une plartclie de fossiles du genre Cyrenc. Ces plan-
ches represenlent , 1", les animaux des Helix Melanostorna ,
hortcnsis , aihustoruin , contusa , splendida et Aloncnsis. 2". Les
Hclicodontes dcntieiis , Aureola, linguifera, Thyro'idus , denotata,
pUcata , Labyrinthus. 3". Les Cochlito/nes ^ Reginaet Vexillum ,
sur deux planches; la iT^. deces coquilles est une des plus belles
esjjeces d'liellces par sa taille et ses couleurs ; la 2*^. aussi fort re-
cherchee, offre plusieursvarietes rcmarquables. — Lapl.de fossiles
donne la figure des Cyrena tellinoides , obowita , citiieifonnis et
antiquua.
La XX*'. livr. contient la suite du supplement a la famille des
Limaces. M. de Ferussac y fait connaitre plusieurs especes nou-
velles dans les genres Arion, Liinax , Parinacellus ; I'anatomie
(par M.deBlaiuville) de I'espece dece dernier genre, decouverteau
Brcsil, par M. Taunay , et nommee Palliolurn par M. de Ferus-
sac.Les plariclies sont numerotees 77, 126, 127, 128, i3i, et la 6*^.
est consacree aux Nerifes fossiles des terrains d'eau douce. EUes
represenlent les Ilelicelles circumdata et ungulina ; les Cochli-
tomes usttilata , zehrina , immaculata , hicarinata et achalina ,
rangeespar M. de Lamarck dans son genre Achatine. Ces especes,
par leur grande taille et I'eclat de leur couleur, fixent surtout
I'attcntion. L'a'uf de I'Hclix bicarinata , qui est figure a cote de
cetle coquilie, est gros comme un oeuf de lourtcrelle. Les Xeriles
fossiles, dessinees avec une rare perfection et d'une maniere
comparative par la correspondance des positions, sont les lY.
Groyana , picta , concava , monodon , piriformis , sobrina, Grate^
lupiana et Globulus. Toutes ces coquilles , assez petites , sont la
pUipart iiouvelles et n'avaieut pas etc figurces encore. Dssu.
ii)8 Zoologie.
2G2. Catai.oovk nu cabinet d'Othon FAnRicirs , in-12 de 1 1/, p.
Copctilingiie; 182!^.
Par suiic dc la inort assez reccnte de ce celebre iiaiiiralisle ,
sa bibliollioqiic et son cabinet d'histoire naturolle devaient etre
vendus a l'cncan,aCopenliagiie, dans le milieu d'octobre dernier;
mais hcureusemcnt iin des princes de Daneninrck en a fait I'ac-
quisilion, et nous eprouvons luie veritable satisfaction a annon-
cer aux savans , que cette precieuse collection ne sera pas disse-
mince, ctqu'elle pourra encore, quoique peu considerable , etre
utile aux sciences, en y retrouvant les types des especes rares de
coquilles decrites par IMulier dans cette collection. D'apres Ic
catalogue methodiqne de ce cabinet, que nous avons sous les
yeux , et que nous devons a I'obligeance de M. H. Grove , gen-
tilhonime ordinaire de S. M. le rol de Daneniarck , et habile
amateur dc Concliyliologle , nous voyons que la bibliotheqne
de Ot. Fabricius, composee de ii5o articles, etait assez riche en
livres rares, du moins dans le midi , sur I'liistoire naturcllc. Le
catalogue des collections suit celui dc la bibliotlieque , et a cte
imprime sur le nianuscrit de Fabricius , donl les numeros cor-
respondaient a ceuxdes objets du cabinet ; voici I'ordrequ'il pre-
sente: A. Vermes testacea, comprenant les tests des moUusques
et les tuyaux desannelides, 1 107 especes. B. Cellidana ; sous cette
denomination sont ranges les polypiers, 82 esjjeces. C. Alollusca ,
qui comprennentles animaux rayonnes, Asteries, Oursins, 5G os-
jieces; puis viennent les poissons 41 especes; et les insectcs (tons
des crustact's) 55 especes.
Parmi les nonis gencriques el speclfiqucs employes dans co
catalogue, on rencontre plusieurs denominations nouvelles.
Void les observations que nous croyons devoir signaler a leur
sujet.
G. Unto, nous y trouvons les especes suivnntes qui nous sont
inconnues : oblongus, crnsxu.s ^est-ce celui de Klein?), Testudinariw: ^
tiimidun. — G. PUirenta, c'ef.t le G. Placunc de Lam. — G. Mytilns ■
nous neconnaissons pas lcA7ro^(7r/rM.v. — Cj . Birostrit(^Ovitln Lam.)
- — -G. Bulla. 'R. Hcliriria, inconnne ; B.i^lud'noxn, c'cst le Limn, glu-
finosus. — G. Bullhnis , c'est le G. P/iysn, Lam. ; T\. TcrcLellu/n, iii-
connu. — G.Catinus, nom emprunte a Klein ;ilcomprend \aBulla
veliitinade Muller, Helir Imvlf^ata deLinne. — G. Fici/s{Pyrula ?
Lam.)— G. A'/zr/ez/r, parait renfermer desColombe'les dc Lam. — G.
Cylinder ( OUva .'Lam.) — G. Doliiim. — C. Pliraria [CamcUa^
Zoolngir. uyj
ria? Lam. ) — G". Cassis, Nassa; cdui-ci paiail oonesponcii e
au G. Ehurnea, Lam. • — G. Arcularia , au G. Nasse et Buccin ,
Lam. — G. C>7/7^'n///?(Adanson). — G. Clava (Turbinellus ? Lam.)
— G. Galeodes (^Prrida? Lam.) — G. Pjrum [on Trltomiim ?
Lam.) G. Rapa {!). ~ Strombiis (?). — G. Turricula (?).-^
Burcinum, ne renferrae que <les Achatines , mais nous ignorons
la valeur des noms suivans, dans ce genre, sulcatum, mamilla ,
oitotium , guincense , politum. — G. Tuba , coniprcnd une section
de nos Codilogenes.. — G. Unicornu, parait repondre au G. Me-
lania.. — G. Subula ( ? ). — Tercbra , repond au G. Terebra de
Lam. ; G. Vertagus , au G. Cerithhan. — G. Turris [7). G. Tusus
( ?). G. Sipho. G. Simpuluin ( ?). — G*. Alata , Pugll , Digitata ,
Stminbus , Ptcrocera , etc., Lam. — G. raricaria [Purpura?
Lam. ) — . G. Canistrum , nom de Klein , repond au G. Pupa et
au G. Clausilia de Lam. J'ignorcce que c'est que !e C. Guineen-
se et Vertigoicles, 7 dentatum et unidens. G. Lunaria , repond au
G. Turbo. — G. Auricularia, au G. Limneus. Je trouve avec
elonnemcnt dans ce genre la .Tanthine ; dans le G. Eelix se voient
Ics H. Rosacea , Tranquebarica , Turbo , striata , radiata , His-
pana , striatula, qui ne sont point reconuues encore par les na-
turalistcs; uinbilicaris, c'est le T. Turcicus de Clienin.; serrata ,
octodcntata , Tuba'formis , ariininensis dpnt les noms sont nou-
veaux. — G. Planorbis , coromandelica , similis , inconnus. — G.
Saccus , parait repondre aux genres Anipullaire et Paludine; les
especes dissimilis , angularis , sphtericus nous sont incoimuts.
— G. Mamilla, repond au G. Natica. — Dans le G. Nerila, on
Temacque T:i.Jlavica,?s,atrata,cafiosa, inconnues. G. Labiata ,
repond au G. Cajyptree.— G. Caminata, repond au G. Fisu-
rella. . — G. Coronaria , au G. Arrosoir.
On voit, d'apres cet apereu , qu'on rendrait un service a la
science en faisant connaiire, par une bonne figure et une des-
cription exacte, les especes nouvelles ou peu connues de ce
cabinet et les caracteres des nouveaux genres indiqucs, s'ils se
trouvent dans les manuscrits de Ot. ra!)ricius. Du raoins il
ser.iit inleressant d'avoir la synonymic exacte des especes qu'il
y a groupees, afin d'en connaitre la valeur. F.
afi?. Mineral CoNCHOLOGY, ete. Concliologie mincralo de la
Gran.le-Bretagne, continuee par .1. D. C. SovfhRiiT , 11". i xxvi
( V'oyrz le Bulletin de iSal.)
2O0 Zooloisie.
o
Ce numcro contient d'abord la desciiplion de 4 pi. de Terc-
bralules doiU 3 font parfie de la livraison precedeiile ; toutes
sont dccriles comnie etaiit nouvelles. On trouve ensuite la des-
cription fct les fig. , i" . Mytilus edcntulits , lanceolatus ct suhlce-
vis N. SP. — Inoccramus , caracteres geiu-riqucs et observations
d'apres de beaux fragmens ou de nouvelles especes, et descrip-
tions et fignres des In. Cui'ieri et JBrongni<irti,Mi\ntcU. ; cordc-
Jortnls Sow. , singuliere et nouvellc espece des environs de Gra-
vesend ; mytUloides Mantel!. — Crenatula ventricoia N. SP. On
yoit par ces nouvelles observations que les genres Inoccramus
( Calillus Erong. ) Pcrna et Crenatula sont bien voisins. F.
264. LiSTE ALPHABETIQUE DES LIEUX OU Gilt CtC trOIlVeS leS CO-
quillages f'ossiles deerits dans le Mineral Conrholony , de
M. Sower by, vol. iv , avec les situations geographiques et
staligi-apliiques des endroits et des espeees de coquilles fos-
siles. [Philos. Mag. , mai 18^3, p. 333.)
M. Fareydonne, dans cet article, Ic travail destine au 4". vol.
du Mineral Conchologf, de I\I. Sowerby. On sait qu'il a egale-
ment accompagne les i<^'"'. vol. de cet ouvrage de tables sembla-
bles, dans losquelles il s'efforce d'assigner aux fossiles deerits ,
leur j)lace geogiiostique. ce qui augmente beaucoup I'mteret
du Mineral Conchology. A. B.
265. Observations sur la structure de la Belesinite. ( Trans,
de In Soc. roy. d'Edinb. , i823,. et p. 3y3 ; Philos. Mag. , mat
1823, p. 391.)
M. Allan observe que la structure des Belemnites est tout-
,a-fait differentc de celle des autres fossiles calcaires, et qu'elle
n'offre a I'oeil que des stries. L'organisation des aniinaux des Be-
lemnites doit avoir etc, selon ce savant, coiuposee d'line substance
niembraneuse tcndre, qui a })u facilenient se di'taclier de I'ani-
mal mort. En effet, les Bc'lemnites dc la craie sont souvent per-
ces par des Scrpules , el ont done etc enfouies, apres leur mort ,
dans les couches. II a trouve des silex coiiteriant des Belemnites,
et a essaye de delrnire Icurs parties calcaires par I'acide niuria-
tique. Cette experience lui a fait decouvrir , que des filets sili-
ocux, semblables ades ramifications d'arteres, etaienllies au cone
interieur de la belemnlte. L'autfur dcciit dix cchantillons «Io
Belemnites ainsi anatomises, les accompagne de figures, et semblp
Zoologie. 20 1
pencher a .ittribuer les arborescences siliceuses a I'organisation
primitive. A. B.
•2G6. Sua UM KOOVEAU MOLLCSQtlE DU GFNRE DlPHYLLIDIK , par
le D'. A. W. Otto. ( Nov. Acta. Acad. Cres. Leop. Car. Nat.
cur. t. X , part. 1 , pag. in , av. 3 , fig. )
Cette espece,a laquclle M. Otto donne le nom de chdineata,
habite la Mediternmee. II regne quelqu'incertitude snr sa dif-
ference avec I'espece qui a servi a rctablissenient du genre , par
M.'Cu\Ier, ce savant ne I'ayant ni dccrite ni figuree, et M. Otto
n'ayant pu I'observer dans le cabinet dc feu Brugmans de Leyde
oil M. Cuvier la cite. Mais il a entendu dire que celle de ce
cabinet venait de I'lnde , ce qui lui a fait penser que la sienne
«5tait nouvelle. M. Otto a observe son espece aux environs de Na-
ples ou elle parait rare ; il fait esperer qu'il en donnera I'anato-
mie. Elle est d'un beau vert fonce, jaune en dessous ainsi que
sa tete, et couverte en dessus de lignes longitudlnales egalement
jaunes. Sa forme est ellipsoide. F.
267. British Entomology, etc. Entomologie Britannique , ou
Explications et descriptions des genres d'insectes qui existent
dans la Grande-Bretagne et I'lrlande ; contenant des figures
coloriees des especes les plus rares et les plus belles etdesplantes
sur lesquelles on les trouve; par John Curtis. Par livraisons
mensuelles, les la n"^ formant un vol. Prix de cliaqnen". com-
pose de 5 pi. avec le texte explicatif, fig. noires, 3 sh. 6 d.
et 4 sh. 6 d. col. Londres; cliez I'auteur i3. Charles Street,
et Sherwood.
Le i'^'-. n°. paraitra le i^"^. Janvier 1824. Lebut de I'auteur est
de donner dans le cours de cet ouvrage , et pour faire connaitre
les genres des insectes indigenes de la Grande-Bretagne, des fi-
gures exactes des especes les plus rares, les plus brlles et les
plus singulieres. II reprcsentera les caracteres particuliers de
chacune de ces especes en expliquant Icurs distinctions par des
dissections exactes de toutes les parties imporlantes sur lesquel-
les sont fondees leurs differences. Les definitions seront lirees
des ouvrages de Latreille et des autres entomologistes distingucs
qui ont adopte et perfectionne son systeme. Uhabilat , et les
details sur les habitudes des especes seront traites avec una at-
tention scrupuleiise; et Ton prescntera des figures d'apres nature
des plantts sur lesquelles se Irouveut les insectes, avec leurs
202 Zoologie.
noms fin's des autoriles les plus respectables; de sorte que I'ou-
vrnge ofirira non-seulenient sous ce rapport un nouvcl interet
anx naturalistes qui desirent connaitre les plantes auxqiielles
Jes insectes s'attachent , mais il sera aussi agreable aux femmes
qiiiseplaisentaetudier eta dessinerdes sujets d'histoire naturelle.
Le teste relatlf a chaqne espece sera conlenu sur une feullle
S('paree, de sorte que les achetours pourront arranger les plan-
ches d'apres leurs propres idees. Les nos. paraifront le i^^. de
chaqne mois ; le vol. sera termine pardes tables pour les insectes
ft les plantes.
268. Orthoptera Sueci«, disposita et descripta a J. W.
Retterstedt. Lundse ; 1821; in-8., I'i'i pag.
Cetordre d'insectes renferme non-seulement lesSauterelles el
les Blattes, mais aussi les Forficules que Linne a ranges tantotparini
les Colcopleres , tantot parmi les Hcmipleres. Les nombreuses va-
rietes de V Ac7-idium suhulatuin et du Z>/y>)«rtcto;M/w, sont indiquees
par Tauteur, mais avec doute, comme des especos parficulieres,
dont le nombre se trouverait tire de dix-liuit. Get ordre est en
Suede le moins nombreux en especes , puisque cet ouvrage n'en
enumerc qu'une cinquantaine ; mais c'est le seul sur lequel il ait
etefait, depuis Linne , un travail complet, si Ton excepte celui
du baron Paykull sur les Coleopteres. On n'a sur tous les autres
ordres d'insectes que des reclierches parliclles. (K. V. A. Aors-
berettelser , 1822 , p. 261. ) C. M.
269. Entomologi* BrasimaNjE specimen. Dedit D"^. Fr.
Ki.uc; cum tab. (pn. 3. [ISov. acta. Acad. Ca^s. Leop. Carol.
Nat. cur., to. X, part. 2<'. , p. 279,)
L'auteur decrit plusirnrs iionvellcs especes de I'ordre des Co-
leopteres et de I'ordre des Hymenoplcres ; il donne en meme
temps les caracteres delaillt5s des genres auxquels elles appartien-
iient; il suffira, pour faire apprecier ce travail, d'offrir I'enu-
meration succincte de ces genres et de ces especes.
10. Genre Agra Fabr. ; il renferme 16 especes , rufc.scens ( Ca-
rahus Caycnncnsis. Oliv. ), infuscata , atcrrima , variolosa, cxca-
vnta , immersn , clialcoplrra , hrcyicollis , ff;niculnta , rufirornis ,
fcinorata, c.raratn, cnprcea, tridentata [Carah. tridcntatus, OViv.),
nifljirs. Fabr. La jfe. dc ces especes du Bresil etait connue; les
deux dernieres, aussi conniies, n'onl point <^te vucs par I'au-
Zoologie. 2o5
teixr; il donne par appendice une espece des Indes Orientalcs,
V /-L attclahoides ( Cicindcln attelabokles. Fabr.)
M. King forme ensuite 3 nouveaux genres aux depens du pre-
sederit, et donne la figure de quelques-unes de leurs parties ca-
racteristiques; voici ces 3 genres.
20. Genre Caloph.ena; il differe de I'^g^ra par les caracteres
suivans : Palpi filifoirnes ; Thorax ot'atus ; Tarsi articulo quarto
rotundato ; Vnguli arcitati, acuti. II comprend deux especes ,
rangeespar M. Lalreille, dans le genre precedent. Caloph. acu-
minata ( Carab. acuminatus. Oliv. ) et Caloph. hifascinta ( Carab.
hifasciatus. Oliv.; Odatantha fasciata. Weber. )
3". Genre Ophionea ; voici les caracteres differentiels avec le
G. Agra, dont il est tire. Caput postice attenuatum, basi angus-
tissimum ; Thorax cylindricus ; Tarsi articulo quarto elongato ;
Unguli arcuati, acuti. M. Rlug donne trois especes, Oph. pen-
sylvanica ( Agra Lat. ) , cyanocephala ( Odacantha Herbst. ) et
.\urinamensis {Agra Lat. ), qu'il n'a pas vu.
4"^. Genre Ctenostoma, dont voici les caracteres, Pedes cur-
sorii. Tarsi omnes articulis 5. Palpi 6. Anteniue sctacea;. Mandi-
bular apicc obtuscv. Palpi utrinqiie pilosi. Thorax globosus. L'au-
teur n'y rapporte qu'une espece sous le nom de Cten.forinicar-um,
c't'st le Collyrisformicaria de Fabr., il en donne la figure. M. Klug
passe ensuite aux Hymenopteres du genre Mutilla, il en decrit et
figure 27 especes, en sorte qu'on pent considerer son travail com-
meune sorte de monograpliie ; les figures sont tres-bonnes et les
descriptions comparatives nous ont paru tres-soignees : voici
les noms deces especes. Mutilla argyrea , argentata ., i-ufivejjtris ,
lineola , Fabr. ; bilineata , phalcrata , spinosa , Roeder ; perspi-
cillaris , lajxata , obliquata , fenestrata , cerbera , bifurca , vidua ,
Diadema, Fabr. ; parallela, quadripustulata , quadrinotata , incr-
mis , tristis , dioplithahna , obsoleta ( Mutilla americana , Linn.) ,
Quadrum , ocellaris , lusra, Cephalotcs , Swed. ; arinata. V. Auo.
270. COLEOPTERA CaPENSIA, AnTENNIS FUSIFORMIBUS , RECENSITA
a C. p. TUUNBEBG.
Tel est le titre d'un memoire du celcbre Prof. Tunberg,
insere dans le vine. vol. des Acta R. Soc. Scieiit. Vpsal.
Les especes deja connnes, qui appartlennent a cclle division des
Gok'opfcres, sont seulement citees nvec une con? le phrase; diffe-
rentes especes nouvelles sont decritcs en pcu de mots. (A'. F.
A, Aorsbcretteber 1822; p. 262.)
ao-'j Zaulogie.
On trouve dans le m6ne volume des memoires d'Upsal , la df*-
criplion et la figure de trois es])pces {VAlurniis regardees comnie
iiouvelles, etune dissertation du D''. Forssberg sur ie genre Gyri-
uus Aorxt il adraet 24 especes ,parrai lesquelies 4sont nouvelles.
Le meme auleur a donne uiie nionogr;ipliie du genre Chthra,
dont il a divise les nombreuses especes d'upres la couleur ; 9.4
ospeccs nouvelles sont decri'es avec detail , les aulres sont slm-
])lement indiquees (ii?V/. ) C. IM.
'271.ESSAIS FNTOMOLOciQUEs, n". 3 ; publu's par A.D. Hummel ,
en francais, avec une planche. Brochure iu-8. de 48 p. Saint-
Petersbourg; iSsS.
Get opuscule contient : I", des corrections et additions aux
Essais entomologiquesnos. 1 et"2 ; 11°. des observations sur la Tei-
giie des ineubles de Saint-Pctersbourg, que I'auteur croit etre
nne nouvelie espece , el qu'il nomme Tinea bissclUella ; HI", une
liste d'insectes pris a Saint-Petersbourg, en 1823 ; IV^. laniono-
grapliie du genre Pe/o/j/iild , ecrite en latin par le baron deMan-
jierheim. Ce genre, etabli par le baron Dejean, apparlient a la
f'amille des cnrabiques, et est iiiterinediaire entre lesgenres Nebria
Latreille , et Blcthisu Bonelli ; il a pour type le Carabiis borealis
Fabrieius. M. le baron de Mannerhciui en decrit cinq especes : 1".
P. borealis, type du genre, qui se trouve en Suede , et principa-
lementen Laponie; 2". P. Gebleri, de Siberie, qui n'est probable-
ment qu'une varicte dc la precedente ; 3°. P. marginata, du
Kamscliatka; 4°. P. Eschscholtzii, des iles Aleuticnnes , qui n'est
probableinent aussi qu'une variete de la borealis ; et 5°. P. elon-
gata, du Kamscliatka. V". Description en latin de trois nouvelles
especes, savoir : V\ Perypiius Fellmanni; 1°. Trcchus Ma rice , et
3". Rhjnchite.s Manncrhcimii. I,a planche donne la figure de ces
trois insectes et du Bcmbidion Foc/iii , qui a ele decrit dans les
Essais n°. 2. Dx.
272. Bernardim Antonio Gomez. Memoria sobre a virtuue
TiENiiuCA do RoMEiRo, cou observacocs Zoologicas e Zoono-
micas relativas a Taenia. Memoirc sur la vertu taenifuge (ie
I'ecorce de la racine de grenadier avec des observations zooIq-
giqucset zoonomiques relatives au Ta-nia ; par B. A. doMtz.
in-8. dc 40 p., avec 1 pi. Lisbonne; 18:^2.
On savait deja (pie de temps inuni'murial on se servait , dans
rinde , dc I'teorcc de la racine de grenadier {Pimica GrannUiniy
iLilnn.) centre le Ver solilaire; inais on n'avalt point encore (!«
details posilifs nl des observations piecises k ce sujet. Le D''. Go-
mez , que les sciences ont eu le niallieur de perdre il y a peu de
temps , et qui s'est rendu celebre par sa decouverte de la Clndio-
chine et ses Iravaux sur les ipt'icacuanlias , a consigne dans I'ou-
vrage que nous annoncons , les rtsultats de ses experiences au
Bresil et en Portugal , sur la verlu Isenifuge de la racine de gre-
nadier. Ce qui nous interesse snr-lout ici , c'est que ce medeciu
fait connaitre dans cet ouvrage cinq nouvelles esj)eces de faenias ,
dont il donne des figures assez soignees. ( Voyez ces figures dans
le Journ. conip. du Diet, des Sc. med. , cite plus bas. ) On salt que,
dans ces derniers temps, MM. Rudoiplii et Bremser ont separe du
genre Tceiua de Linne, plusieurs especes auxquelles ils ent
donne le nom de Bothriocephalas : ce dernier genre , assez peu
distinct, comprend dans le 6yrto/?^w de M. Rudolphi 3/j especes,
et le genre Taenia 146. Deux do ces vers seulement avalent ete re-
connus jusqu'ici dans le cor])S liumain , les T. lata et solium de
Linne; le premier place dans ks Bolhriocepliales et le deuxieme
ou le Cucurbilain dans le G. Tamia. C'est done une decouverte assez
interessante, que celle des cinq nouvelles especes de SL Gomez ,
d'autant plus qu'elles ofi'rcnt des differences assez remarquables
avec les vrais Tsenias de M. Rudolphi. Ainsi, a I'exceptiond'une
d'entr'elles , elles presentent les quatre sucoirs qui carac-
terisent ces vrais laenias ; mais il leur manque , selon M. Go-
mez , le sucoir central bien connu du Cucurbilain , et sous ce
rapport elles difereraient davantage des vi-ais laenias que la cin-
quiemc; celle-ci en effet n'en estdistincte que par I'absence de
cette couronne de crochets qui caracterise le sucoir central du
Cucurbitain , et qui lui a fait donner le nom de Tcenia armc. Elle
renire nalurellement dans la 1'"'^. section des Tsenias de M. Ru-
dolphi, et scmble, moins que les precedentes, devoir faire ur
genre distinct. Ce genre a cependant ete propose par M. Vircy
[Jnurn.de P harm. , mai 1823, p. 220), sous le nom de Penta-
stoma, et il a en outre Tinconvenient d'offrir un nom deja consa-
cre a d'autres vers intestinaux (Rudolphi, Sy/iops., p. i 24.)Mk Vi-
rey propose comme nom specifique I'epithete de coarctata. (f'o):
notice sur des Taenias differens de Tespece ordinaire, qui ont
ele observes en Portugal et au Bresil par le D"'. Gomes; par
M . F. V. Merat, D^-M.) (Jour/i. coinpl. du Diet, des Scicn. mcdie.;
sept. 182^; p. iy3, avec i pi.)
3o6 Zoologie,
Voici les caracteres abrcges dc ces cinq nonvellcs ospei es qui,
a rexceplion de celle noinniee par INI. Vircy, no portent point
encore de nom.
Tcenia A. Tete splierique, subtclragone au sommet , blanclie,
avcc 4 orifices noirs,sans crochets; coudelie, tres-long, compose
d'anncaux oblongs dont I'cnseinblc imite Ics dents d'une scie;
corps compose, dans sa partie supcricure, d'anneaux plus larges
que longs, et plus longs que larges dans I'inferirure , ayant uii
pore marginal.
Ta'/iia B. Tete presque splierique , brunatre autour du som-
met, avec une bande noire et /^ orifices noirs , sans crochets; cou
epals, long, sans anneaux apparens,et tres - sillonne Iransver--
versalement ; corps epais , compose d'anneaux , dans sa partie sii-
perieure plus larges que longs, d'une largeur egale et plus
longs que larges dans I'inferieure, ayant un pore marginal.
Tcenia C. ( Pentastoma coarctata. Virey. ) Tete sj^herique ,
subletragone au sommet, blanche, avec cinq orifices noirs dont
le cinquiemecentral,plusgrandetsaillanf, sans crochets; cou cpais,
long, sans anneaux apparens, et tres-sillonne transversaiement ;
corps avec des lineamens rudes sur le bord des anneaux supe-
rieurs ; ceux-ci et les inferieurs configures conime le precedent.
Tiviiia D. Tete oblongue , obovale , avec quatre orifices noirs,
brunatre dans les intervalles, sans crochets; cou tres-court, fili for-
me , presque ride; corps aminci a la partie superieurc, d'abord
sillonne , puis rude sur les bords , et dont les anneaux sont sera-
blables a ceux du tenia B.
Tfcnia E. Tete tres-courtc, noire, du diarnetre du cou , avec
quatre orifices noirs, sans crochets ; cou tres-epais, etroit et sillon-
ne; corps compose, a la parlie superieure, d'anneaux bicn plus
larges que longs , rudes sur les bords, un pen rnoins sur les infe-
rieurs qui sont plus longs que larges, avec des papilles mar-
ginales. F»
^■f^. Dr ANIMALIBUS QUIIiU.SDAM E CLASSK VERMIUM LiNNEANA ,
in circumnavigatione lerrsR, auspicanie comite N. Romanzoff,
duceOttonede Kotzebue, annis'i8i5 — 1818 pcracia obser-
vatis , Apklb. he Chamisso et Caroi.. Guii.. Eysf.nhar»t.
Fascic. a. reliquos Vermes conlinens. Avec 10 pi. col.(i\V)('.
ytcta Jcad. Ctvs. Leop, Carol. Nat. Cur. , to. X , ->>'. part. ,
p. 3/,3.)
Znologie. 207
Le I*"'. Fascicule, publie par M. de Chami:;so sful , a p.irii a
Berlin en 1819, in-4. de 24 ii.,avec une pi. double de ^1J,^ color.
Ce premier travail est tout entier relatif au genra Su/pa, Biphore
de Brug., dont il donne une description nouvelle et Ires-cir-
conslancice. II y decrit et il y figure dans le plus grand detail les
Salpa pinnata , Forsk.; affinis, N. Sp.; zonaria [Holothurium
zonarium , Pallas ) ; aspera , runcinata , dubia , vaginata ,
bicornis , ccPTulescen/s et ferrughiea , nouvelles especes. Ce tra-
vail a jete bcaiicoup de luraleres sur ces singuliers aniniaux.
Dans le second fascicule dont il s'agit ici on trouve une foule
d'especes nouvelles , dont la connaissance ne jette pas nioins de
jour sur I'enserable des animaux pelagiens; 10 ])1. de figures co-
loriees ont le grand merlte de representer des objets dessines
sur le vivant , et accompagnes des details necessaires. Grace a ce
travail remarquable, a ceux de MM. Pcron et Lesueur, a ceux
de MM. Quoy et Gaimard, nous pouvons enfin esperer de fixer
fjuelques jalons dans Tetude encore si nouvelle des Zoophytes.
Nous allons indiquer sommairement les genres et especes que
MM. de Cliainisso et Eysenliardt font connaitre.
MoLLusQUEs GASTEROPODES. Genre P^ero/mc/ica , Forsk. Ilsde-
crivent une nouvelle espece sous le nomde Pt. Cuvierii, et obser-
ventqu'ilsne luiont trouve aucun vestige de coquille, cequi dolt
distinguerce genre de la Carinaire. — Glaucus hexapterjgius. Cut.
— Eolidia annulicornis , N. Sp. figurce. lis en ont observe deux
autres dont lis donnent I'indication. — Onchydium Peronii, Cuv.
Annelides. ■ — Nereis heteropodn , N. Sp. , fig. — Penella dio~
dontis, Ocken. ( Lerncea diodomis , Lapcruuse.) Les auteurs
pensent que ce singulier animal dolt etre comprls dans les An-
nelides. M. de Blainville, qui place les Lernees parmi les Crusta-
ces, en a iah son Lerneoceia Bocconii. — Hirudo iittata ,{1^. —
Sternaspis clegans , N. Sp. , fig.
EcHiNODERMES. Holothuvia maculata, N. Sp. Grande et mngni-
fique espece, dont la fig. occupe toute une planche. File provtent
des lies Carolines, et est fort allongee. M. Quoy pense que c'est la
m(ime qu'il a observee aux iles Mariannes, lanTielle ^e cassail tres-
facllement en la soulevant, et dont chaque morcean fracture
rampait comme s'il cut cte done d'une vie indci)endanlc. LVs-
pece observee par M. Quoy etait remarqu;,blc anssi par la gran.le
quantite de petits crochets presque impcrcrptiblcs, dont son
corps etait couvert et qui adheraient aux mains long-temps
2o8 Zoologie.
apres la mort de ranimal , el memeapres aToIret6 dans I'alcoliol.
— Holothuria Radac^ensis , "N . 5>p. , fig. Cette grosse espece
toute noire habite aussi lesiles Mariannes. Selon M. Quoy, cette
espece et les H. bruiinea et tubidosa , sont I'occasion d'un pe-
tit commerce ct d'une navigation assez etendue dans les mers
de rinde et la Chine. On les fait dessecher et fumer pour les-
manger.
Meduses. mm. de Chamisso et Eysenliardt pensent que ces
animaux constituent une grande classe a part, dans laquelle on
ne peut reunir ni les Actirties, ni les Echinodermes. Ces savans
naturalistes assignent d'abordles caracleres classlques des Me-
duses qui se lient, disent-ils, aux Mollusques par les genres
Diphye, Salpa, Ascidia , etc., el aux Polypes par. les Lucer-
naires. La division adoptee pour les Meduses, est celle proposee
par M. le D"". Goldfuss, dans VIsis.
MM. de Chamisso et Eysenliardt passent ensuile a la description
descspecesqu'iis ont observees, el dontla plupart sont nouvellesi,
et figurees pour la premiere ibis. EUes sent au nombre de 22 a
a5 especes appartenant aux genres Rhizophysa , Rhizostoma ,
Gergonia, Cyanncea, Cassiopea , Aurelia, Eeroe, Callianira,
Jppendicularia. (Nouveau genre propose par les auteurs, pour
un petit animal singulier dont il est difficile de bien determiner
la forme. ) Vel ella (3 especes) ; Porpita , Dyphia (selon M. Quoy
I'espece indiquee dans ce travail est la raeme que celle decou-
verte par IM. Bory de Saint-Vincent.) Stephanomia.
Polypes. On rencontre ici un apercu sur le Tubipore musique
et son habitant; on trouvera sur ce singulier animal un travail
etendu de M. Lamouroux , dans la Zoologie du voyage de I'Uranie.
Enfin les auteurs decrivent et representcnt une espece de Caryo"
phyllia sous le nom de glabresceus. M. Quoy, qui a observe le
meme Polype , s'esl rencontre avec M. de Chamisso quant a ce qu'Il
represenle comme etant les animaux qui I'habitent. Selon M. de
Blainville, ce seraient des animaux parasites, fixes sur une Caryo-
phyllie morte. On trouvera les raisonnemens pour et contre
cette opinion exposes dans la Zoologie du voyage de I'Uranie ,
qui ne tardera pas a paraitre. F.
IMPRIMERIK DE FAIN, PEACE DE L'ODEON.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
GEOLOGIE.
274. Selenognostique du D*". Gruithuisen avec 3 pi. lithogr.
( Nova Acta Acad. Cces. Leop. Car. Nat. curios., vol. 10, part.
2 , p. 637 , et vol. 1 1 , part. 2 , p. 585. )
L'auteur commence par y soutenir que la lune est environnee
d'une atmosphere qu'elle a soutiree de I'ether d'apres la loi de
ratlraction , et que cet air contient de I'humidite , puisqu'on y a
vu des nuages. II compare ensuile ses observations a celles de
Schrotcr [Fragwens' selenotopographiqucs). 1°. Le petit circel-
lum /« est, d'ypres Schi'oter, une crete de montagnes courant
du N. au Sud ; et, d'apres l'auteur, un canal profond. 2°. I,e cir-
cellum .r, qui est suivant Schroler une montagne , serait d'apres
lui un bassin. 3". Dcs nuages couvrent le circeilum u deScliroter
et le moot Ajax de Hevelius. 4"^. II pretend que la crele cen-
trale de Mersennius est le plus souvent couverte de broulllards.
5". La cliaine du Mare humorum entre les circeilum J et k est
mal representee par Schroter. 6". Les deux circeilum .v et t sont
suivant lui , des chaines circulaires en partie decomposees.
7°. Schroter a figure pres de .r x de petils nuages ( cumulus 1.
L'auteur passe aux elres organises de la lune; il cite, en faveur de
cette opinion, tons les auteurs depuis Orphee jusqu'a Hevelius
Schroter, et jusqu'a un ecrivain populaire qui trouve possible
I'existence d'elres animes dans la lune , si ces etres peuvent se
nourrir de pierres et de scorics , se passer de boire et endurer
beaucoup de froid ct de chalcur. II combat ce dernier auteur ar-
ticle par article. D'apres les apparences observees dans la lune
dans ses differentes phases, ily suppose avec Schroter des plantes
vivaces , telles que le lichen rangijcriiius, etc., parce que le jour
et la nuit sont dans la lune comme I'ete et I'hiver pour la terre
L'existence des animaux, a I'exception de quelques "enres de
B. Tome I. , /
3 ro GeoJo^ie.
j-iiii iii.iiis, flc. , hii jt.irnit foit (ionteiise; in.'ii> il y n prnbahlc-
iiier.t .-ihoiidance il'iiisecles el <le poissons, el il iiiontre que les
lioniinos (le la lune doiveiit dilfez'er, s'ils exisleut, <le ccux iW.
noire pl;inete. II examine si on fait dans la lune du vin, de la
Liere ou du cidi'e. II s'ef'force de niontrer qu'on peut vivre avec
tres-peu d'air; il parle du feu que font les homraes de la lune,
de la temperature des differentes saisons de la lune. II traite des
eaux de la lune, ou il distingue uu grand nombre de mers; de la
structure intcrieure de la lune, et enfin de la geologle d',; ce
corps celeste. II compare les chaines de la lune a ccUes de la
terre; il decrit la distribution des differentes formations geognos-
tiques sur la surface de la lune; il y trouve surlout beaueoup de
chaines primitives, de montagnes de calcairc jurassique et de
calcaire ancien. Ces determinations se fondent sur la comparai-
son des formes des cliaines de la terre avec celles dc/s chaines de
la hme. On voit que ce traite complet de I'hlstoire naturelle de
la lune ne peut etre justement apjjrecie que par la lecture de
I'ensemble des falls. A. B.
275. GRU?iDLINIEN ZU EINER NEUEN ThEORIE. BaSCS dime
Nouvclle Theorie de la forme de la teri'e scion les rapports
astronomiques , geognostiques , geor^raphiques et physiques ;
])ar Ch. Fred. Kloden, avec 2 plan' hes. Berlin; i8.i4-
I/auteur y traite de la forme de la terre et deduit ses conclu-
sions d'observalion'. ])hysl(]ucs et geograplaques. La terre a ,
suivanl lui , la forme d'un oeuf , et il cherclie a le prouver mathe-
lualiquement ; mais le recenscur do VJsis, qui annonce cet ou-
vrage, ajoute qu'il n"a pas trouve de profondeur dans ces calculs.
L'auteur croil a un niouvement lies-lent de rotation de la
terre. L'ouvrage se divise en trois parlies, la premiere coniient
les bases theorlques, niathcinatiques et physiques; la seconde
les applications de ces bases a la terre et a la geognosie ; et la
troisieme une recapitulation sommaire. A. B.
276. Notice sur la constitution gkognostique du meparte-
MEKT de i.a Lozere , par M. L. Marrot. {^Aiin. des Mines ,
1823 , 3^. livraison , p. 459. )
Cftle notice est divisi'C en trois parties, dont la ])rcmiere
conticnt un apercu de la constitution geognostlque du departe-
inent de la Lozere; la seconde lend cuaipte des reiliLTches in-
frucluc-uscs dc houille qui out clo enlreprises dcpuis quclques
Geologie. •>. i t
annecs; et la froisieme decrit plusieurs gites de luliieruis qui
paraissent susceptibles d'exploit:ition, ou au moitis de recherchcs.
On voit , dans la ])rcmiere partie, que le sol de !a Loziire est
forme, i". de granite ; 2°. de gneiss et micaicliiste, en couches
adossees au granite; V. d'un terrain de gres que I'auteur rap-
porle aug'/Av bigarre , et qui s'appuie sur les teirains preciidens ;
4°. de calcaire secondaire de nature variee, qui parait devoir
ttre rapporte a l.i formation superieure du Jura; 5'^. de terrains
d'alluvion qui se ])respntent dans les vallees du Lot, du Tarn,
et d'autres rivieres ; 6°. enfin de terrains basaltiques situes aux
montac;nei d'Aubrac, et qui s'etendent dans le deparlement de
I'Aveyron.
Ln seconde parlie nous apprend que tous led indices de com-
bustible mineral, qu'on a signales a diverses epoques dans le depar-
tement de la Lnzere , n'ont servi a faire reconnaitre que quelques
fr.igmens de lignite , et deux petites couches de houille dans le
calcaire jurassique, exploitees a la mine des Rosiers.
La troisieme partie renferme au conti'aire Tindicalion d'ua
assez grand nombre de filons de plomb argentifere , de cuivre
pyriteux et d'antimoine. Les mines de plomb argentifere des en-
virons de Fillefoj-t , et la mine d'antimoine du Collet de Deze
sont en pleine exploitation. On connait aux Fourches , pres de
Mende, un amas considerable de kaolin. Bi).
277. Notices mineralogiques sur le dkpartement he la
CoRREZE , inserees dans les Annuairas de ce dcpartement , pour
1823 et 1824.
C;es notices, signees seulement de I'initiale G, sont I'ouvrage
de I'auteur des Lettres sur la mineralogie de la Creuse. ( Voy. le
Bull, de fevr. )
La premiere traite d'abord : A. du sol de la Corrcze, consi-
dere sous le rapport g^ognostique, et successlvement : i". des
roches graniti((ues, amphibollques , ([uarlzeuses et serpenlincu^
ses, qui paraissent constituer des terrnins prirnordiaux et qui
constituent plus des trois quarts du sol du dcpartement; a", des
pliyllades ou schistes argileux, deyo/7rt<7^/o« pent etre intenne-
dialiv, dans le nord de rarrondissement de Brives, en couches
verticales feuilletees forniant une bande etroite, parallele a- la
direction de ia chaine limousine; 3°. des terrains secondaire.r, et
d aburd des gres liouillers; ceux-ci coiistiluent un bassin conside- ,
2 1 2 Geologie.
rable dans I'arrondissenieDt de Brives, et sont appayes sur le<;
schistes argilcux. Deux autres bassins houillers peu etendus, et
les indices dun quatrieme, sepresentent dans la partie orientale
du departemtnt. Les couches de tous ces bassins sont en super-
position transgressive sur les terrains anciens. Dcs calcaircs se-
condaires et des gres niodernes occupent la partie sud-ouest de
I'arrondissement de Brives. l^°. Desformalionsd'ollin'ion, qui
sont purement locales dans Ve fond des vallees primordiales ,
mais qui, vers I'ouest , se rattachent a un terrain etendu dans le
deparfement voisin. — B. Des mines. L'auteur indique successi-
vement : des mines de plomb argentifere non exploitees dans \a
partie orientale du departement; la mine de plomb argentifere de
Chabrignac, arrondissement de Brives (en filons dans le schisle)
dont I'exploitation commence , et semble proniettre d'lieureux
Tesultats; d'autres indices de mineral de plomb et un filond'an-
timoine sulfure prcs de Tulle; dc nombreux indices de mineral d<;
cuivre dans les gres anciens de I'arrond. de Brives ; enfin des mi-
nerals defer carbonate ou hydrate en divcrses localitcs. II donne
ensuitequelques renseignemens sur la mine de houille en exploi-
tation a Lapleau, sur celles qui sont abandonnees pres d'Argental,
et sur la richesse en houille (non utilisee) de I'arrondissement de
Brives sur les ardoisieres de Donzenac, enfin sur les exploitations
de gres et de terres a poteries. — C. Un troisieme paragraphe a
pour objet les usines, et fait brievement mention des uslncs a
fer du departement et de la manufacture d'armes de Tulle.
La notice de 1824 , phis detaillee, et cependant moins suscep-
tible d'extrait , tralte des memes objets, considercs principak-
ment sous le point de vue Industriel. On y tiouve de plus I'an-
notation d'un gite de lignite pres d« Segonzac; on y remarqne
Tindication d'un moyen decouvert par M. Brard pour essaycr
tous les materlaux de construction , et reconnaitre ceux qui sont
gelivcs ou gelisses , c'est-a-dire sujets a se tighter par la gelee.
Cette notice rcnferme ties renseignemens sur les recherches dcs
mines dans les dilfercns terrains; elle rcnferme aussi des obser-
vations sur la legislation des mines en France. Bd.
278. MeMOIREGKOI.OGIQUF. SI R LTSTEURAINS nu BaS BotlLONNAIS,
et particulierement sur les calcaircs compactcs ou grenui quil
rcnferme; par F. Gaunier, ingrnleur des mines. In-4. Bou-
logne; i8a3.
Geologie. 21 5"
La Society d'agriculture , du commerce et des arts de Boulo-
t;ne-sur-Mer avait propose un prIx pour le mcmoire qui ferait
lemieux connaitre,sous le rapport mineralogique etgeologique,
]es couches calcaires cxp'.oitces comme iiiarhres , ou snscejitibles
d(> I'etre dans rarrondissement de Boulogne, et qui donnerait
en muine temps sur le mode d'exploitation de ces niarbres et sur
leur eniploi dans ies constructions et la decoialion des monu-
mens, fous Ies documens qui pourraicnt rendre I'exlraction en
grand plus facile, et I'emploi phis frequent dans Ies arts. —
M. Garnier parait avoir rempli Ies intentions de la Societe d'agri-
culture , du commerce et des arts , qui lui a decerne le prix pro-
pose , et a vote I'imprcssion de son memoire.
L'auteur reparlit en cinq classes Ies couches qui couiposent le
sol qui a fait le sujet de ses observations : i**. la craie dont Ies
collines elevees circonscrivenl le Bas-TJoidonnais par une chaine
qui s'etend en demi-cercle dcpuis Wissant sur Ies bords de la
mer entre Ies caps Grisnez et Blancncz, jusque vers Neufchatel ,
a deux lieues environ du pont d'Etaplos; 2°. un gres calcaire
passant du grisjaunatre au gris bleuatre, des argiles grises co-
quillcres, alternant avec des calcaires grisavecou sanscoquilles,
un agglomerat tres-dur de grains de sables , de calcaire gris et
de grains de chlorite; 3°. un calcaire gris jaunatre, souvent blanc
jaunatre , un calcaire oolitiqiie (ces deux calcaires sent analogues
a ceux qui comjiosent Ies couches su]jcrieures du Jura); 4". un
calcaire conipacle (marbres); 5°. ie terrain houiller.
Dans une seconde partie de son travail , M. Garnier passe en.
revue Ies exploitations principalcs, et d'apies la direction gene-
rale des couches du sud-est au nord-ouest, et leur inclinaison
vers le sud-ouest,il indique Ies lieux ou des recherches pour-
raient etre utilement entreprises; il faitsentir combien serait ne-
cessaire, pour augmenter I'iinportance que Ton cherche a donner
aux exploitations, et pour donner de I'avantage a I'emploi des
niarbres indigenes sur Irs marbres eirangers, I'existence d'un
canal projcte enire Marquise et Ambleteuse. BI. Garnier indique
des couches qui lui paraissent avoir une parfaite ressemblance-
avec le calcaire magnesifere des Anglais, et qui se trouvent inter-
posces entre Ies bancs calcaires, dirigces, comme nous I'avons
dit, du nord-ouest au sud-est; cette direction generale n'est .qc-
pendant p.is constante pour toutes Ies couches calcaires du Bas-
Boulonnais; il existe un systente de bancs qui ne paraissent pas
2l4 Cr'(,/"i^i(\
dilfeiur, sous le rapport niiiitT;il!)j;i(|ii<; , des aiiU-es cilcaiip';, pt
qui , sur une assez grande etendue, se dirigent du sud-ouest :iu
iiord-est, et sont inclinees vers le nord; ces dernicres couches
fonnent des cscarpemeiis coiisiru'rables, et elles sont exploilees
-SOUS le nom de canleres du liaul-banc.
Apres cette discussion , M. Gamier ne croit pas que roii pnisse
encore rapporter, d'une maniere positive, les terrains qui pro-
duisent les marbres du Boulonnais au zechstein des Alleinands,
quoiqu'il paraisse pencher pour eel le opinion avec M. d'Omalius
d'Halloy. Le memoire de M. Cxarnier est accompagne d'nne carte
coloriee etsulvi d'une notice sur la colonne votee en i8n.', par la
grande arinee ducamp de Boulogne, et construite avec lemarbre
du Jiays. — Cette notice est publiee par la Sociele d'agriculture ,
du commerce et des aris. C. P.
279. Obskrvations sur la formation AMpniBOLiQUE de la pa-
roisse de Saint-Clere , par le Rev. J. Roggers. [Trans. Geo/.
Soc. of Cornwallis , 1822. p. 218. 1
Le depot amjdiiboiique est surlout liniite au pays eleve de
Saint-f.lere-Down, el presente des roches grenues oh schisteuses
accompagnees de feldspath compacte (Hornstone) a Axinite et
Thallite. L'amphibolite schisteiise passe au schiste argileus. On
trouve cependantdes roches amphiboliquesdans qnclques antres
endroits, comme a Cradock-Mili , a For.-.noolh-Do\vn, a Trt>-
wo gy, etc.
La serpentine de Clikertor contient phis d'amphibole que
celle des autres points de ce pays. Cette roche y forme une lon-
gue cr^te d'un milie de long et d'un quart de milie de large.
BT. Gregor en a fait I'analyse , dont M. Roggers raj)porte les re-
sultats. Enfin le mi'moirc se terniine par qnclques autres localites
de roches ainphiboliques et par I'oljservatlon que ces roches se
trouvent prcs du granite, et souvent entre cette roche et le
schiste argileux. A. B.
280. Continuation ues observations d'iiistoire naiuhelle
pendant un voyage le long de la cote d'£cosse en 1821 ; par
Ic reverend J. Fleming. [Journ. Philos. d'Edimhourg. Jan v.
1824, p. 95.)
L'ile de Glasson-Scalpa est fort escarpce et consiste en gneiss
rcnfermant de I'amphibolilc , du niicaschiste , du granite of du
quartz bleu et blaiic. A Kbbbcriicss, c'est-a-dirc jironioriloisr de
Geologie. pj5
la picrre de snvon, il y a des conches verticales tU- serpentine,
<jui sont separeesdu gneiss sur la cote ouest par des couches chlo-
riteuscs (schiste cldoriteux ou schisle semblable a mica iioir et
■cristiiux iinparfails d';;mphibole). Dans nn endroit. il y a une
roche de feldspath Ires-compacte a grains d'ainplilbole, dont la
composition devient surtout evidente par la chaleur. Le pyroxene
uni au quartz et a la chaux carbonatee y forme un petit (iion.
La serpentine contient de ia pierre ollaire avec du I'er oxidnle et
de I'actinote, des petits filons de steatite, d'asbeste, de dolomite
et de fer oxidule. L anteur y prit VJka unpeiinis dont les plumes
du col passent en hiver du noir au bianc ; YAlca torda el le PnJ-
finus Anglorum y ctalcnt abondans.
Dans I'ile de Sky, I'auteur a examine la vallee Glen Coruisk en-
touree de sienite hyperstenique. La caverne de Macalister y est,
suivant lui, dans une fente du gres secondaire, occupe5e jadis par
du trap, car on voit encore des portions de gres enloun'es par
cede roche. Dans I'ile d'Egg il a visite la caverne des Macdonald,
au milieu de basaltes a zeolilhes et des dolerites, et deux filons
de retinite bitumineux. La crete de retinitc appelee Sculr of Egg
presente a sa base un porphyre intermcdiaire enlre le basalte el'^le
retinite, et il renferme des rogiions de calcedoine et de hornstein
conchoide. Lne source au pied sud-ouest de cette montagnea 47"
Fahr. L'iie de Sfaffa luia offert beaucoup d'Orobancherouge. Dans
File de Jona il a observe des schistes argileux et de la sienite a sj.Jiene.
De la I'auteur a ete a la chaussee des Geaus, ou il a remarque de
J'arrngonite massive ou fibreuse etoilee et un mineral rcssendjlant
A de la Thonisonife. II a passe ensuite au cap dit Mull of Can-
tyre ou le micaschlsfe domine ct court du sud-ouest au nord-cst
et incline a Test. La roche y contient des concretions de quartz. A
Test elle se lie et alterne m^me avec des couches nombreuses de
gres, d'agglomerats trappecns , de calcaire grenu , dargile schis-
teuse rouge et de gres rouge. Des grunsteins, des araygdaloides,
et un basalte qnelquefois prisme recouvrent ces roches sur la cote
nord de la baie. Le basalte renferme des petits filons d'hJmatite
rouge. Sur la cote sud de la baie de Campbeltcwn il y a - es ro-
ches schisteuses avec une couclie epaissede porphyre, et des cal-
caires grcnus y forment des lits minces dans le gres. Ces derniers
sont rougcalres ou bien nous, composes de- cristaux rhomboi-
daux in:parfails ct a concretions fort charbonncuscs. A. 15.
a 1 6 Geologie.
281. Notes sur les coquillf.s makiwes trouv^es sur la ligne
du canal d'Ardrossan ; par le Capit. Lasrey. (^Mem. de la Soe.
ff^erner. d' Edimbourg. i vol. in-4., partie 2, p. 568.)
li'auteur y cite dnns un lit de sable a ^o pieds au-dessus de la
Clyde et a /( milles de Glasgow, un grand nombre de coquilles ma-
rines qu'on y a decouvertes en crcusant le canal d'Ardrossan. Ce
sable est d'ailleurs le meme que celui des bords de la Clyde;
un bateau y a ete trouve a 12 pieds de profondeur en creusant
les fondemens d'une auberge a Glasgow, et de grands batimens
remonterent jadis la Clyde jusqu'a Rutherglen. Les coquilles tel-
les que le Turbo littoreus , jlrca ininuta, Patella lulgaris, Mjtilus
edulis, Buccinum undalum , etc., n'habitent encore la Clyde qu'au-
dessous de Dumbarton , ou I'eau est salee. A. B.
282. Sur les terrains problematiques du Tyrol, par M. Ma-
RASCHiNi. [Annalvs des Mines , 1823 ; 3*. livr. , p. 629.)
Cette note, extraite d'une leltre de M. I'abbe Maraschini a
M. Cordier, renferme I'indication succincte d'observations qui
viendraient confirraer les faits enonces par M. Marzari , sur la
superposition au calcaire jurassique, de roches granitoides qui
recouvrent ce calcaire tres-netterjient sur lemont de la Forcella ,
pres de Predazzo. Au contact de ces roches granitoides, dont
le systeme contient aussi des roches biisaltoides , surtout a sa
partie superieure , le calcaire jurassique magnesifere devient
granulaire, et les marnes se changent en marbres de differentes
couleurs, ainsi que I'autcur I'a observe pres des dolerites du
Vicentin.
M. Maraschini pense que la dolerite porphyro'ide de cette
localite ( laquelle contient quelquefois de I'amphibole au lieu
de pyroxene ) doit ^trc regardee couime la roche principale ;
quelle est le produit d'une grande coulee qui a rempli une
vallce dans le terrain de calcaire jurassique, et que la partie
inferieure du systeme, s'ctant refroidie plus lenfement, est de-
venue moins cellulaire et plus cristalline que la partie supe-
rieure, ce qui a produit des dolerites quartzeuses granitoides,
dont les vcritables granites ne sont que des modifications acci-
dentelles. Les parties supcrieures, au contraire, plus rapidement
refroidies, sont cellulaires, ct quelquefois amygdalaires, a noyaux
de chaux carbonat^e el de stilbite rouge. Bd.
Geologic. 2 1 7
283. Memoire sxjr les terrains zoolitiques des provinces ve-
nitiennes , posterieurs a la formation des terrains interme-
dlaires; par le Profess. T.-A. Catullo. ( Giorn. di Fisica ,
avril iSa'i, p. 98 , et juin iSaS , p. 175. )
Dans ce memoire, I'auteur taclie de donner une idee des ter-
rains de gres rouge et de calcaire alpin des provinces venitiennes
et de leur distribution dans cetle contree. 11 fait observer la dif-
ficulte qu'on a de dlslingner le gres rouge ancien de la grau-
■wacke, et cite cette formation secondaire sous le calcaire alpin
dans le pays de Feltre et le Tyrol, comme dans la vallee d'ou
sort le Miss, et entre Agordo et Feltre. Pres de Sagrow, dans
la -vallee de Monache, des petlts filons de baryte sulfalee tra-
■versent le gres rouge. M. Brochi dit y avoir trouve des Cames
pres de Campedei, et M. de Bucli des Mytulites dans les Alpes
de Seisser pres de Caslelrut. II indlque aussi le gres rouge avec
de la houille dans la vallee de Valli , et discute la place gcogno-
stique de certains agglomerats composes de fragmens de quartz
el de scluste du territoire de Feltre. Dans ces lieux, le gres
rouge sert quelquefois de gangue au mcrcure sulfure, et du fer
sulfure s'y trouve dissemine, par exemple, dans la vallee de Mo-
nache.
Le calcaire alpin commence au nord de Bclliine , et ne ren-
ferme pas de caverne; il git en stratification concordante sur
le schiste siliceux bituniineux, ou sur le gres rouge, par exem-
ple, sous le pont de la Mortis. Les calcaires oolitiques reposent
en stratification transgressive sur les flancs des montagnes de cal-
caire alpin. Suivant lui, ce dernier calcaire est le plus souvcnt
en stratification horizontale. Dans le Valle-Imperina , il en cite'
une variete a filons de cuivre pyriteux , qui est plus cristalline
et ne presente point de vestiges organises. Dans un endroit du
Bellunais ce calcaire est marneux, comme entre Muda et Zoldo ;
pres de Seghe del Cellt»la il y a des calcaires caverneux, ressem-
blant a la rauchvacke, qui forment des couches dans le calcaire
alpin.
II discute I'opinion de M. Maraschini el d'aulres sur la classi-
fication de (|uelques calcaires de rerlaincs localites ; par exem])le,
de celui de Civillina qu'il regarde comme du calcaire alpin. En-
fin, il termine son memoire par la citation des fossiles de cette for-
mation ; les Ammonites primordialis et antudatu.'s de Schlotheim
se trouvent dans le calcaire des monts de Vedana et de Pcron ;
2 1 8 Ge'ologie.
le Tcrehrntulites mriahilis , dans la ravine du Mas, dans le cai-
caire cellulaire de Pirago et celui du mont Seva , et le Terebra-
tulites lacunosus , dans la montagne de Carrera , pres du village
de Peron. A. B.
284. SUPPLKMETJT AU MEMOIRF. SUR I.F.S TERRAINS des pi'OvinCOS
venitienncs; par le prof. T. A Catullo. ( Gior/i. di Fisicd ,
Chimica , dccemb. iSaS , pag. [^[^l^. )
L'auteur y discute d'abord la place de la formation du nius-
clielkalk des Allemands, et il prefcre associer ce depot ct le lias
avecle calraire alpin plutot qu'avec le calcaire jurassiqiic. II parle
ensuite de la dif'ficulte de distinguer le grcs rouge srcondaire de
la grauwacke. II j)enche a croire que le gres rouge du Zoldiano
place sur le steaschiste el couvert parle calcaire alpin appartient
ail terrain intermcdiaire ou au gres rouge ancien anglais ; d'un
autre cote, il ne peut pas en separcr les agglomcrats coquillers
qui supportcnt Ics formations secondaires du Yiccntin, de I'Agor-
dino et du Cnrnia.
II montrc ensniie retcnduo que prend ca et la le gres rouge
en Italic. On le voit Ic long de la route qui va d'Agordo dans le
district de Zoldo ; il rcs-sort sous le calcaire. Dans la vallce de
Mae, parallele a celle de Duram , il s'eleve au-dessus des escar-
pemens de steaschiste. On le revolt a S.-Niccolo et a 3 niilles de
S.-Floriano. II s'etend peut-eire sous le calcaire des montagnes
de Crot, de Forada, Salera et Piaruol.
II existe pres de Zo])pe et au pied du mont Sovelle , ou il est
rouge, Ires-fin , et renferme des grands Peigues. 11 se cache soui
le calcaire nietallifere de Sovelle ct du mont Rit , el reparail
dans le Cadore et le Carnia.
A 4 ou 5 niilles de Fornesiglia , la montagne de S.-Croce pre-
sentea sa base du calcaire alpin surraonte de gres bigarre gypsi-
fere, de calcaire jurassique et de gres tertiaire, coquillcr, verda-
tre. Le calcaire alpin se prolonge de la a Cibiana , ou il repose
sur le gres intermcdiaire jaunatre a Calamites Stcrnb. ( C.pseu-
tlohambusia ).
L'auteur n'a remaique dans aticun cndroit du pays de Cadore
ni le musclielkalk ni le quadersandslein. A. I>.
-286. Rflations CKOCXOSTiQUF.s du district de Scliemnltz. ; par
CI. JTartim. ( Animlcs dc Gilhrrt , torn. LXXII, pag. 345.)
I.es niiiics de Sclicninilz j-niit dans drs jxniiliyres i\ base de
Geologic. 1 1 9
fi'ldspalli, (I'.-irgiloliihe, dc srriinstein ct do sienitc qui passoiit soil
au biisalle, soil nux rcliiiites , pcrliles et ponces. C'esI uii depot
iiitcrmeciiaire sm.blable a celui de la sieiiite de Meissen , et il
repose sur dcs scliistes primitiCs. On y rencontre unc coiuhe de
caicaire grenu, des petlts tilons d'epidote, des nids de launionite,
un mineral semblable a la pinlte, des jietits filons de kollyrite,
un lit de porphyre globulaire et des Spherulites.
On connait , a Schemnitz surtout 8 lUons principaux , cou-
rant heures 2 a 4 , et plongeant au S. - E. sous 5o ou 70". L'au-
teur les enumere; il cite ce qu'ils contiennent et vient ensuite a
parler des masses de micascbiste , de caicaire, de grauwacke et
de quartz, qui sont environnees par le porphyre sienitique entre
Tepla et Glasbutte , et cntre Gassa , Scliiittersberg et Eisenbath.
Elles ne peuvent appartenir qu'au porphyre ou a un de])6t de
grauwaeke plusrecenle. II y a unagglomeratporpbyriquc pres de
Diilleii , Gieshiibel , Ilia, etc., qui est pcut-elre un roihlipgcnde ; il
alt erne avec un gres, ct con lien t, presd'Ilia, desboispctrini/s.A.B.
286. Etat geognostique des mines des districts d'Oravicza,
DOGNACSKA , SzASZRA ET I*JeU-MoEDOVA , DANS LE BANNAT DE
Temeswar ; parM. MKRTnai. (^Mineralogisc/tex Taschenbuch;
3*-'. part. , 1823, pag. 527. )
L'auteur commence par la topograpbie du district d'Oravicza.
Les rocbes qui y dominent sont la sienite, la diabase alternant
avec deslils de grauwacke , le caicaire grenu, et le grenat com-
mun. Le micascbiste se trouve dans la partie supcrieure. La sie-
nite y forme dcs amas allonges qui ont une direction assez con-
forme a ce'le dcs couches des roches environiiantcs ; neaninoins
ces amas semblent s'elargir vers le bas et vers Maidan, Oravicza
et Csicklova. Les grauwackes schisteuses s'appuient confnse-
ment sur cette sienite. Le caicaire grenu n'cst qu'une roche sn-
bordonnee au caicaire ordinaire, et il forme le long de la sienite
une masse puissante, et dans les montagnes Kleindilfa et Vo-
dorna il se trouve entre le griinsteinscbiefer et la sienite.
Au contact de la roche caicaire et sienitique il y a des amas
de grenat qui ont plusieurs toises d'epaissrur. C'est la le gise-
inent des minerals de cuivre , de plomb , de zinc et de for , qui
sont accompagnes do qiinrlz, de chaux ccirbo/Kitcc ^ i\e grcin-
tnatite ct de taj'elspath. 11 y a plusrarenicnl un peu d'or natif, et
«juelqucrois dcs zeolites , du bole, de la steatite , de rapopbyllite.
220 Ge'ologie.
«lu cobaU gris et du inolybdene sulfure. L'auteur entre dans beau-
coup de details sur plusieurs varietesde ces minerals et mineraux,
et sur lours diverses associations. Les minerais de cuivre, qui sont
I'objet principal de I'exploitation , s'y trouvent sous la forme de
cuivre pyriteux , de cuivre gris, de cuivre oxidule, de cuivre
carbonate, de chrysocolle : leplomb y est sulfure, carbonate oa
phosphate, et le zinc s'y tronve en blende , en calamine et zinc
oxide. A Steuersdorf, a qurlqnes heures au iV. -E. d'Oravicza ,
ii y a , a looo pi. au-dessus de la mer, des roclies houilleres et
de gres rouge sur le calcaire de transition.
L'auteur decrit ensulte le district de Dognacska , sur lequel il
donne beaucoup de details topographiques et geologiqiics. Les
memes rochcs d'Oravicza s'y retrouvent ; des amas de c-dcaire
grenu et de grenat s'y rencontrent entre la sienitea amas de dia-
base et le micaschiste. Les minerals y sont plus varies ; il y a ,
par exemple, du fer spathique , de I'antimoine , du manganese
oxide , du zinc sulfure , du fer pyriteux magiietique , du fer oxi-
dule, du fer oligistp, etc. Apres des details sur les associations de
ces differens fossilcs , l'auteur dit que le calcaire infermediaire
d'Oravicza manque a Dognacska , et il passe au district de Szas-
zka. Les miner.iis et le grenat s'y trouvent encore de memc au
contact do la sienite et du calcaire , et il y a de beaux raineraux.
Ensuile l'auteur parle de Moldova, ou existent les memos depots,
et il cite des masses de quartz corne et a bandes singulieres dans
la sienite ainsi que des amas ou filotis basaltiqiies dans la meme
roche. Enfin , il acheve son memolre en disant que le micaschiste
du Bannat court du N. -O. au S. -E. , que la sienite, le calcaire
et le grenat courent du N. au S. , et qu'ils reposent en stratifi-
cation non concordanle sur le micaschiste. A. B.
287. QuEI.QUF.S NOTICES TOPOCRAPHIQUF.S ET CEOCNOSTIQLES
sur une partie jusqu'ici inconnue du district norwegien de
Sondonfielil; par Keilhau. [Isis, 12". part., p. i354.)
L'Aggershuus et une partie du Bergonhuus contiennent un
district montagneux, de i5o milles carres , inconnu en geogra-
phic. Ce pays est le plus sauvage eta les ])lus hautes montagnes
dela Norwege : c'est un plateau sur lequel s'clcvent des cones et
des pyramidcs ; les creles y courent do I'E. a I'O. ; la ch.iine prin-
cipale est sur les limites, entre Valders et Gulbrandsdal. Le
groiipe ccnirals'appelle Ilorumlglindc, Galdcbcrg-knauscct Mu-
Ce'ologie. 2 at
gnafield,etc. Sur les limites de ce groupe, le Mugnafield s'eleve
deja a 6,75o pieds, et le Skagastolens-Tinde a 7^000 pieds
parisiens.
II y a beaucoup de lacs , dont les trois plus reniarquables sont :
le lac de Bygdin , 3 a 4 millcs de long , et qui est a 3, 400 pieds
au-dessus de la mer; le lac de Gjendin, eleve de 3, 000 pieds,
et le lac de Tyen. L'auteur raconte son voyage a travers
ces liautes inontagnes, entre Valders et Sogn, et i! y dccrit les
pyraraides nombrcuses et les champs de neige. La liniite de la
neige perpetuelle y serait, d'apres lui, a 5, 200 pieds parisiens
au-dessus de la mer.
II donne ensulte quelques details geologiques. Le gneiss et le
scliiste argileux ferment le plateau : rarement on y voit du mica-
schiste. La grauwacke couvre le scliiste argileux dans la partie
sud du Valders et dans une partie du Hallingtlial. Dans la partie
nord-ouesl du Valders, dans le Gulbrandsdale et dans I'lrdre-
Sogn , le scliiste argileux supporte un cnorme depot de sienite,
qui git aussi sur la grauwacke sur le mont Gronseiidknippen.
Cette sienite forme des pyramides de 3, 000 pieds de haut sur le
scliiste argileux, qui s'eleve deja a 4,000 {)ieds. Le schiste argileux
devient quartzeux dans les assises superieures, et passe au schiste
quartzeux; quelquefois il renferrae en outre un peu de feld-
spath, comme aux glaciers d'Elo, dans la vallee de Koldethal.
Le gneiss ne parait guere sous la sienite. II y a du schiste alumi-
neux , intermediaire au Langeberg, dans le Sindre Ourdal , et ca
et la dans le Slidre. Dans les bales du Sogn, il y a beaucouj)
d'alluvions, qui indiquent un niveau jadis plus eleve de la mer
du Nord. A. B.
288. ExTRAiT DE r.'ouvRAGE DE M. W. ScHULZE , intitulc :
Description geographique et geognostique dcs iles de IVollin et
TJsedom. {^Mineral. Taschenb., i^". part., iSaS, p. 193. )
L'ile de WoUin est montueuse, a I'exceptlon dela partie orien-
tale. La partie la plus elevee forme les monts de Mokratz. Les
masses minerales de cette ile sont des sables litaniferes, des ar-
giles, desmarnes, de la craie quelquefois a silex, des argiles sa-
blonneuses et de la tourbe. II y a dcs blocs granitiqucs ou por-
phyrlques. Le sable tltanifcre contient du zircon et du spinelle,tl
repose sur des argiles qui lui offrent une surface bosjelec. L:i
marne et la craie se Irouvent sur la pente nnrd du mont Lebbi.-i.
2 22 Geohy^ic.
La touibesetrouve pres Warnow, Dauiii'iibcrg tl Fciniiowsfoldc,
et (111 lac VIezig jiisfju'au cabaiH-t lie l\Iib(lroy. Kile a quchjut lois
liG pieds d'cpaissctir. I.'a'.Ketir doniio line idc'-c de la lopot^rapliie
de I'ile d'Usedoin , qui est coniposi'e de plaiiics elcvt'cs, de col-
lines et de vallons, et qui ofi're les m»}mes roches quo I'ile de
Wollin. Pres de Gothen , I'argile coiitient des frapniens d'uri cal-
caire gris verdatre rempli de petrifications (oi-tlioccratites, ammo-
nites, terebratules et plusieurs bivalves); et iln'y a cependant
nulle part des traces de ce calcalrc. La craie se trouve au mont
Kalkbcry.Les blocs ne soiitpas Ires-coinmuns dans cetleile. La nier
jette sur les cotes, de I'ambre ct bcauconp de coquilles, telles que
dcs Pectoncles stries, des Moules et des TclKr.es de Liniiec. Les
coquillages dnrivagesont dcs coquiUages fliiviatiies , les mcius
que ceux du lit de la Havel et de TOder, et des lacs de la Pome-
rame, el qui se trouvcnt aussl sous les tourbieres. A. B.
289. Sun LK PIC DE TenjIriffe; par M. L. DE BucH.(il////<v<7/.
Taschenb., 4*^. part., iSaS , p. 8i3. )
L'aulcur donne des details sur les dcj)6tsponceux de Teneriffe.
Les ponces entourent, comme un manteau, la plus grande par-
tie du pic, et ellcs couvrent tous les courans basaltiques pres
Santa-Cruz, Vittoria et Santa-Ursula, tandis <|u'el]es n'existent
pas sur le\ courans d'Orolava ou ceux qui atteignent la mer.
Les ponces sont plus recentes que les basaltes, qui forment la
parlie orientale de I'ile, et plus ancicnnes que les courans de lave
du pic, ei ellcs ont peut-etre ete formees lors de I'eievation du
pic liors du cratere d'olevalion. Depiiis le mont Orotava on voit
bie'A le cercle de rochers qui environue les dunes tracliytiques du
pic ct de la Cbahorra : on passe des basaltes a argile aux tufs Iza-
chytiques friables , ct enfin on arrive au trachyte a amplilbole. II
V a au pic un cirque de rochers seinbluble a celui du mont d'Or. Les
traclivtessontquelfpiefoisvitrinesarexterieur dans les crateres du
pic et de la Chahorra : les ponces y sont disseminees tr«'s-regu-
lierenient; et, d'apres la grosseur des fragmens, il parallrait
qu'elles ont etc lancees des environs d'Estancia Ariba , a 9,3 1^
picds de hauteur, et que les crateres (pii les out voniis sont main-
tenant combles par des coulees d'obsidienne. L'existence de c< ;.
coulees est niise hers de doule par la narration de I'auteur , (]ui
deer it la surface de ces courans comme des amas de cordes tor-
dues. D;.)is les ]>arties infcrienres rob.sidipiinc passe a la n'tiiiitc.
o
Les ponces ne recouvront pas c-es coulees , et sonl done plus aii-
eiennes ; ce qu'on pouvait soupronner, puisque la ponce n'est
qu'une obsidienne boursouflee. Ces coulees il'obsidieiine Jiesont
pas sorties du cratere dii pic , mais des environs du cralere de la
Chaliorra; le point le plus has dont elles sont sorties est a 8,900
pieds audessus de la mer. Le cratere de laChahorra etail place,
])ar rapport au lieu d'ou sortait la ponce, de manicre a en eni-
pedier la chulc sur sou cole occidental ; ce cpii prouve que la
])()nce est partie d'un point bas du pic, ou peut-etre du point
ififerieur de sortie des obsidiennes. L'auleur terniine ce uie-
nioire par des idees sur I'origine de la ponce et de I'obsidicnne. II
avance d'abord que la ■vitrification desrociies n'indique pas une
grande clialenr, mais plutot peu de pression sur le voisinage de
la surface; tandis qu'une pression forte aide I'altractlon contre la
clialeur , et produit des roches lithoides. Les partits vitrifieessont
toujours a la surface degrandes masses de roches. II cite des ob-
sidiennes a cristaux d'augite a la Guanclia, et des grains d'oli-
vine dans celle d'Icod-los-Vinos. Cctte olivine entouree de la-
luelles de feldspath lui a rappele les cristaux d'aUgite raele de
cristaux de feldspath a druses d'epidote de Dramnien, en Nor-
■yvege. II trace le passage de I'obsidienne au basalte. Le trachyte
est pour lui la roclie iynee dont les aulres se formeut. Les ponces
veritables sont a trous allonges et a jiarties solides fibrcuscs , et
sont les produits d'emanations gazeuses. Pcut-eire dies sont eu
coulees a Lipari et pred d'Andt rnacli : il est possible qu'une fois
I'obsidienne y ait acconipagne la ponce. . A. B.
ago. Observations geolociqies contenncs dans la relation
DC L'lXI'EniTlON DE PITTSBURGH AlIX MONTACNF.S RoCHtUSES,
faite en 1819 et 1820, sous le coniniandement du major
Long. Extrait des notes du major Long, T. Say, etc., par
Edwin James, botaniste et geologiste de I'expedition. '^ vol.
in-8". , avec une carte et quolques vues. Londres : ;823.
La chaine des montagnes rodieuses est une contin>ialion des
Andes qui bordent un cote de la grande vallee du M'ssissijii,
tandis que la chaine bien diff'erente et bien nioins haute des Alle-
ghanys forme I'aulre cote. Les AUeghanys et la chaine des monts
Ozark, qui sc trouve dans la partie occidentale de la vallee du
Mississipi, ont la mi'mc (!i?i(lic;n , < 1 foiu.ciit av/r les Atuh's , n:i
2 24 Geologic.
angle de Ao", et offrent les memes roches. La chaine des nion-
tagnes noires, vers le iMissouri superieur, est peut-etre parallele
aux prccedentes ; mais les monlagnes rocheuses ont des carac-
teres tout particuliers. A leur pied se trouve un immense de-
sert, dont le diametre nioyen est de 5 a 600 milles anglais; c'est
une plaine couverte de sable granitique. II y a une plaine sem-
blable au pied du revers oppose de cesmontagnes. Pres de I'em-
bouchiire de la riviere Fiatte, il y a des calcaires horizontaux,
lies avec les roches des monts Ozark ; mais au-dela Ic desert ne
prcsente qu'un fond ondule sablonneux , semblable a celiii d'un
fleuve , et le sable y est tres-fin jusqu'a ce qu'on soit arrive a une
suite de collines a 400 milles a I'oucst des calcaires horizontaux ;
an-dela il est remplace par des cailloux et des blocs. Dans quel-
ques parties du dt5sert , il y a quelques lits de gres et de pou-
dingues, et le sol y est en general salin.
Sur le pied de la chaine regne une chaine de collines basses de
gres micace et de poudingues, qui est separee des veritables
roches de ecs monlagnes, par une autre zone de roches micacees»
tres-fortement inclinees, et presentant toutes sorles de formes
bizarres. Des restes de plantes et d'etres inarins se rencontrent
dans ces gres , dont la destruction a pu donner naissance au
sable du desert. Le gres le plus voisin du granite qui compose les
montagnes rocheuses est un gres rougeatre ou brunatre et fcrru-
gineux. II conticnt , dans sa parlie infcrieure, quelques masses
ellipsoides de Ilornstein , a restes organiques. Ce gres est recon-
vert d'une roche semblable argileuse , le plus souvent grise et
m^me schisteuse. Celte derniere renferme des argiles schisteuses
et de la houille. L'auteur parcourt cnsuite la distribution de ces
gres dans la valleeduMississipi, etmontre leur association avec le
gypse, le sel et les sources salees. Des roches trappeennes (Griins-
tein et amygdaloule) ont etc observees au pied des montagnes
roclieuses, surtout a la source de la riviere Canadeenne; elles y
sont en montagnes ou buttcs , au milieu des gres secondaires.
Leurs parlies porcuses ou scoriacees ont t^te prises pour de la
ponce. II y a des prtits filons et des lits de gypse dans le gres
argiicux, surtout sur le fleuve Canadeen , et le gel s'y trouve
en efflorescence et en masse. (IJords de I'Arkansa , de la riviere
rouge, etc.) II n'y a point de calcaire dans les montagnes ro-
cheuses ; le granite seul parait y domincr dans la partie visitce.
Les montagnes Ozark s'ctcndent, dn.S -0.au N.-E, du Rio-Co-
Geologic. 225
i-orado et du Texas jusqu'aii confluent du Missouil et du Missis-
sipi. Elles ont une Jargeur considerable , et s'eievent larement
plushaut que i5ooa 2000 pieds au-dessus de la mer. Elles sent
formees presque entiereinent de roches intermediaires et secon-
daires. Le calcalre compacte de transition y abonde et alterne
avec des gres micaces et des roclies quart zeuses. L,a roclie cal-
caire est souvent grisatre etremplie de petrifications , telles que
des Encrines; quelquefois elle prend la texture grenue , comme
pres des depots exploites de plomb quelle renferme , par
exemple, entre Franklin sur le Missouri, et le Council Bluffs. Des
masses de silex neopetre ou corne I'accompagnent ca et la. Outre
ces roches , il y a des gres argileux, micaces , talqueux ou clori-
teux , qui renferment quelquefois du plomb sulfure, et qui sont
la roclie dominante des Oznrk. Ce gres contient des lits de pou-
dingucs ; il est quelquefois fort compacte , et s'eleve a 2 ou 3ooo
pieds. Dans plusieurs endroits on observe une argile blanche
pure , comme pres de Bainbridge ; elle a ete prise pour de la
oraie par Schoolcraft. L'argilite , probablement une varlete de
scbiste argileux , abonde aiissi , suivant I'autcur , dans ces mon-
tagnes , comme pres des sources chaudes de Washita , oil des
filons de quartz se trouvent , et ou ses couches sont fort inclinees.
Le granite ne parait que fort rarement sousles roches preceden-
tes; on le voita5 milles S.-E. des sources chaudes; il renferme du
schorl, du fer magnetiqne, et quelquefois de la mesotype et de la
stilbite, qui y remplace meme ca et la une des parties constiluan-
tes ordinaires du giaiiite. L'auteur donne ensuite quelques details
sur le gres salifere qui exist e entre la riviere Rouge etlariviei-e Ca-
nadeenne , et dans plusieurs autres contrees presque inconnues.
II revient aux montagnes rocheuses , qui doivent eti'e fort ele-
•vees, puisqu'il estlrae la plaine a leur pied, a 8000 pieds au-
dessus de la mer. Enfin, il donne quelques details sur la pente
NO. des montagnes Alleghany. Le calcaire grenu y serait la roche
la plus reccntc , s'il n'etalt pas intimement lie avec le calcaire com-
pacte, mt'tallilere ou a Encrines. Ce calcaire n'est separe des mica-
schislfs du Canada inferieur que par des alternatives de calcaire
grenu et dc roches de quartz; le gres rouge ancien le separc
du calcaire compacte du bassin du lac Charaplain. Dans I'etat
de New-York , le long de I'Hudson , duScliiste argileux se trouve
onfre le calcaire grenu et compacte; le calcaire de transition
forme une hande etroitc dans Ics Alleghanys , et supporte Ics
15. Tome L 1 j
?!26 Geologic.
iiiitres dcj)6ts. II alferne avcc dcs scliistcs argileux , dcs gran-
wackes, des schistes siliceux , roches qui renferment des restes
de zoophytes. II y a de plus un gres rouge ancien qui forme la
Hinite des montagnes de transitiou , el qui renferme de I'anthra-
cite et des impressions vegetaies. Le long de I'Ohio , de Pittsburgh
au confluent du Greenriver, des gres horizontaux a lits de houille
supportent souvent du calcaire compacte. A. B.
291. EssM GEOLOGiQUE, ou Recherclies sur quelques phenomenes
geologiqucs, observes dans differenles parties de I'Amerique
et ailleurs; par H. Hayden. Baltimore ; 1820.
L'auleur y parle des alluvions , et en particulier du terrain
d'alluvion qui forme Ics Etats-Unis le long de I'Atiantique. II
s'efforce de montrer qu'il doit son origine a des courans se di-
rigeant du N.-E. auS.-O. ou du N. au S. II niontre que ce n'est
I'effet ni de la mer ni des fleuves. Les derniers fornient des allu-
vions beaucoup plus locales. II considere la disposition des callloux
et I'aspect des pays du nord. Les alluvions du lac Ontario indi-
quent aussi un courant se dirigeant du N.-E. au S.-O.
Les alluvions des fleuves americains, coulant vers le sud , for-
ment deux ou trois terrasses plus ou mollis loin des fleuves : la
])remiere est a 20 ou 25 pieds sur les basses eaux , et la seconde
a 3o ou 5o pieds plus liaut. A 40 ou 5o pieds de profondeur ,
les alluvions recelent des vegetaux enfouis associes avec des
osseraens d'oiseaux , de poissons et de quadrupedes. La mer ne
depose loin des cotes que du sable , et tres-loin de la vase.
L'auteur cherche des exemples de courans semblablcs dans
d'autres pays ; ii parle de la decomposition des rochers , et de la
formation des deltas , qu'il allribue plutot a des courans, a des
vents particuliers, et a des travaux humains. II consacre aussi
quelques pages a montrer I'invraisemblance de I'existence de
traces volcaniques a Test du ]VIissIssij)i. A. B.
292. Notes geolociques sur les couches situf.esentre Malwa
ET GuzERAT, avec une coupe; parle Capilaine J. Stewart.
{Trans, tie La Societe Litt. de Bombay, vol. 3 , p. 538.)
LacliainedeMalwa, sltuee entr.ele 22 etle aS" de latitudenord,
etle 73 ct 79" dc longitude E. do Greenw., s'eleve fort au-dessiis
de la province environnante de Kandaisluin. On y entre par un
defile apjiele Jaingliaut , {|ui couduit sur un plateau. Sur la cote
sud, la tliaine est bordee ile tollines de irajip, et elle s'eleve in-
Geologie. 537
sensiljlement de I'ouest. Les environs do Mhow, a 1,700 pieds
environ au-dessusde lamer, presenlentsiirtout des trnpps : et des
montagnes basses, arroiidies ou coniques semontrent au sud-est
et a I'est. Les alluvionsdes bas-fondssont argileux, melcsde tuf
calcaire, et au pied des monlagnes il y a des fraginens de qiiartz
et d'agate. A Dhar, I'auteur cite des blocs de quartz et d'anjygda-
loide , et des couclies horizontales qui composent les montiignes ;
le trapp continue jusqu'au fond de la Giiaut. A Parrali, il y a des
blocs de por[)liyre quartzifere , de niicascliiste el de scliiste si-
liceux, et du trapp en place dans unruisseau. A I'ouest pres Kau-
iiaiss, il y a desgres rouges qui continuent jusqu'a moilie chemiri
de Goorah, cu le quartz forme des rochers bizarres, et une sur-
face raboteuse. A Goorah, le quartz commence a disparaitre ; il
y a un fleuve considerable , a bords escarpes de micaschiste ; des
blocs de quartz, de gres et deschistesiliceux, couvrent ses bords.
Entre Goorah et Wurree, a une distance de 10 milles, le mica-
schiste domine et supporte des blocs de porphyre et de granite
rouge. A Wurree , un mille a Test de la riviere de Sookur , le gra-
nite est en place. A Rajpoor, a G milles de la, le porphyre se
montre dans le lit de la Sookur, et le granite gris ressort sur la
rive occidentalc. Le pays est presque plat, et ne s'eleve qu'au
sud et a I'ouest. II paraitrait qri'entre Wurree et Rajpoor le granite
alterne avec le porphyre ; la premiere roche va jusqu'au village
de Teajghur a 38 milles de distance de Rajpoor ; mais a quelques
milles a I'ouest il n'y a plus que des sables jusqu'a la mer.
Le district de Parkur , au nord de Great-Runn , sur les bords
du desert de Scind, presente le meme porphyre qu'a Rajpoor ,
quoique cet endroit soit a 3oo milles de distance; cette roche y
domine et s'eleve a 1,000 pieds dans les montagnes pittoresques
pres la ville de Nuggur-Parkur.
Une coupe ideale des terrains traverses par le Capit. Stewart ,
est annexee a ce memoire. A. B.
ig3. LoNDRES. — Seance dc la Socicte gcologiquc de Londrex,
1 jarn'/er i8'24- — -On lit un memoire sur la structure geologique
de Saint -Ligo, une des lies du Cap- Vert ; par M. le major
Colebrooke.
II parait, d'apres les observations de I'auteur et des ^chantil-
lons qui acconrpaguent son memoire, qu'a I'cndroit ou Ton de-
Larque pies de la ville de Porto-Prago, dans I'ile de Saint- lago,
2 23 Histoire nalurelle generale.
des rochers qui forment les bords de la mer sont formes de frag-
mens de rorhe trappeenne, engages dans une cliaux carbonatee
pure et dure. Les fr.igmens dc ccUe roclie sont, en general, pe-
tits, etaucun d'eux ii'est arrondi par le frottement. Les rochers
sur lesquels sont placees les batteries, et cii la ville de Prago
est situee, forment des couches regulieres. Au bas sont des cou-
ches d'un gres calcaire qui alternent avec d'autres contenantdes
echantillons d'unc liuitre tres-grande. Dans ces deux couches se
trouvent des caiiloux de rocbe trappeenne. Lacouchesuperieure
a 8 a 12 pieds d'epaisseur, etestaussi trappeenne. — i& jarwier.
On lit le commencement d'un mcmoire intitule : Esquisse de la
geoiogie de la parlie meridionale de la Russie ; par I'honorable
M. .1. H. Fox Strangways, membre de la Societe geologique.
HISTOIRE NATURELLE GENERALE.
2y4- DiCTIONNAIRE DES SCIENCES NATURELLES, par plusleurs
Prof, du Jardin des Plantes et des principales ecoles de Paris.
Tome XXVIIle. ( MAD-MAN A). In-8°. et le XXVr. cahier
de ao pi. Paris ; Levrault.
Ce volume renferme un assez grand norabre de grands arti-
cles, tels que les suivans :
Mais, par M. Loiseleur-Deslongchamps.
Magnolier , par M. Poiret.
Maladies des vegctaux, par M. Massey.
Magnrsite et Magnesie, j)ar M. Brongniart. Ce dernier ai'ti-
cle renferme particuliereracnt la description des especes minera-
les, auxquelles on a donne les noms dc magnesic bora tee ou bo-
racitc, magnesie silicatce ou condrodite, magnesie carbonatee a
laquelle I'autcur applique la nouvelle denomination univoque de
GiOBERTiTE, et magnesie hydralec, a laquelle il donne cello
de Brucite.
Magnesie sulfatee ct Magnclisnie des mitieraux , par M.Brard.
Magnctisme. Dans cet article, M. Lacroix, aprcs avoir defmi
le magnctisme, traitc successivcment de I'aimantation , de la de-
clinaison ct de I'inclinaison dc raiguille aimanlee , dc la mcsure
des forces magneliqiies el des jjlienomnees electro-maguetiques.
Magnesium, par M. Chevjeiil.
Aladrepares pt Maillol , par M. de Blainvillc.
Histoire jiatureUe generate. 229
Manahin , pai- M. Duniont.
Mahis et Malacostraccs , par M. Desm;irest. Cc dernier arti-
cle, ayant 288 pages, est le plus ctendu de tons ccux que com-
prend le 28<^. volume du Dictionnaire des sciences nr.lurelles.
L'auteur, charge dela description des crustaces en remplacement
de M. le Dr. Leach, qu'une lualadie cruelle a mis depuis long-
temps dans rimpossibiiite de remplir la tache dont-il s'etait
charge, a et^ oblige de reprendre en entier I'histoii'e des auimaux
de cette classe,afin de comblerles nombreuses iacunes qui cxis-
taient dans les volumes qui ont etc' publics depuis celui qui com-
prend le commcncenieni de la lettre G. II a pris le mot Mala-
costraccs, employe par les Grccs, pour remphicer ccluide crus-
taces en usage chez les naturalistes moderncs. Dans la premiere
jjartie de son travail, qui contienl les g(5neralitus , il examine
d'abord le rang que les crustaces paraissent devoir occuper dans
I'liclielle des etres. II traite ensuite de la forme generale et de la
structure de cesaniraaux ; puis il passe en revue leursdiverses fonc-
tions et en decrit les organes , en signalant tous les changemens
que ceux-ci presentent dans les diverses families ; enfin il s'oc-
cupe dans aulant de paragraphes separes, des habitudes des crus-
taces, de leurs usages et de leur classification. Cinq grands ta-
bleaux presentent par ordre chronologique loutes les mcthodes
d'arrangement de ces ctres qui ont ete propos^es dej)uls un
siecle.
La seconde partie est consacrce a la description des gem cs de
crustaces et a celle de leurs prlncipales especes. La nicthode adop-
tee par M. Desmarest est celle de M. Leach , modifiee autant qu'il
I'apufaire, par celle de M. Latreille. Iladmet deux sous-classes,
les malacostraccs et les entoraostraces; et dix ordres, les deca-
jiodes, les stomapodes, lesamphipodes, les lasmodipodos, les iso-
podcs dans la premiere, et les ptecilopeSj les phyllopcs, les lo-
])hyropes, les ostrapodes et les branchiopodes dans la seconde.
Cenl-qualre-ving-neuf genres sont paitages dans ces dix ordres,
et un nombre presque egal d'aulres genres moiiis connus sont in-
diques dans de nombreuses notes. M. Desmarest a eu en vue de
faire connaitre, au moins par quelques caracteres , tous ceux
qui ont etc adniis jusqu'a ce jour. A cette occasion il remarque
qu'au temps de Linne, res genies n'(5taient qu'au nombre de
trois, Cancer, Onisciis , ct Moiioculiis , et que maintenant cc
nombre est 80 fois plus considerable. Pendant quarante ans il est
25o IJistoire naiurelle ^e/ierale.
rcsle le irtine, et ce n'est qu'en 1775, que Fabricius le porta a
sept. Plus tard, en 1793, ce colebre entomologiste I'cleva a
douze, el en 1798, profitant des travaux de Daldorff, il le fit
iDonter a trente-deux. M. de Lamark comptait trente-six p;enres
de cTustaces en j8oi ; M. Latreille, soixante-quafre en 1806, et
apres un inlervalle deplusieursannees,le5 travaux de MM. Leach,
Rafinesque et autres, porlereut ce nombre au moins a deux cent
cinquante sans compter les doubles emplois.
Pour cviter lui-meme les doubles emplois, M. Desmarest a
renvoye avec exactitude, toutes les fois que I'occaslon s'en est
presentee, aux articles publics dans ce dictionnaire, par M. Lea cli,
savoir : Cnistaces, Entomostmccs, Cyiiiothandces et Galntandccs.
II a aussi conq)lete la bibliograj)liie crustaceoiogique donnee
par ce naturaliste dans le premier de ces articles.
Le caliier de planches qui accoinpagne ce volume renferme les
figures de onze plantes , quatre poissons,. qnatre reptiles et
-vingt coquilles. L'execntiou en parait toujours aussi soignee que
celie dcs cahiers prccedens. A. G. D.
agS. De la matiere consideree sous les rappouts de l'his-
ToiRE naturelle; par M. Bory hk St.-Vincent , corrcsp.
de I'Acad. des Sciences, et de plusicurs Soclctes savantes. In-8.
de 32 p. Paris; 182/,. [Ejctr. du Diet, class, dcs Sc. Not.)
Ce memoire, qui a ele lu a la Societe d'histoire iiaturelle et a
TAcaderaie des sciences, dolt etre considere conime le canevas
d'un grand ouvrage que M. Bory de St. -Vincent prepare depuls
plusieurs annecs. II n'a etc tire qu'au nombre de 3o exempl.
adresses aux savans que I'amitie lie avec Tautcur, et dcsquels il
a rccl.ime les observations et les conseils. Envisageant son snjel
sous un point de vue lout nouveau, I'auteur apprlle les objec-
tions qu'on pourrait liii faire pour rectifier ou fortifier sa theo-
rie. «On ne doit pas s'attcndre, dit-il, a nous voir traiter la ma-
tiere sous le point de vue metaphysique, ni, comme on I'envisa-
gea long-temps, dans un esprit de sysiciue qui n'est pas celuide
la veritable philosophic; nous rexaminerons en naturaliste, c'est-
a dire que laissant au physicien le soin de determiner ses pro-
prictes generales, nous nous attacherons a caracteriser quelqucs-
unes de ses modifications specifiques. Pour les aucicns la ma-
tiere eluit une, imrte cl la base moleculaire de toute chose,
Histoire iiaiurelle generale. 25 !
inodiiiee i)ar la forme. II ctait difficile de ne pas la concevoir
etenielle ; aussi nulie llieogonie ne dit positivement qu'elle ait
t'te liree du neant a I'epoque d'une creation que chacune de ces
tlieogonies racorite selon les traditions ou les idees qui regnaicnt
de son temps dans les diveis pays oil dies ont pris naisgance.
« La Genese etab'it qu'au commencement la terre etaif informe
et nue , et que I'esprit de Dieu ctait porte sur les eaux : or les
eaux de la terre nue et informe etaient composees de matiere, et
il est bien evident que ce iivre sacre n'enlend exprimer, par ce
qu'd rapporte de la creation, que le reveil du Seigneur, reveil
qui, introduisant de nouveaux elemens, tels que la luraiere, au
milieu de I'inerlie d'une matiere pi-eexistante, et qui, imprimant
le mouvement en donnant des lois organisatrices a ce que I'ab-
sence de ces lois et du mouvement avait tenu dans un etat de
mort, vint enfin feconder I'univers. »
L'auteur avertit que parmi les principes des corps sur lesquols
il interrogea la nature a I'aide du microscope, ce n'est pas des
fluides imponderables, de la lumiere, ni meme de I'eau qu'il a
cherche a saisir la composition moleciilaire. II declare que c'est
a I'aide d'un grossissement de mille fois, obtenu par I'usage des
lentilles avec lesquelles il s'est familiarise, que s'etant rapproclie
autant qu'il Test permis a notre faiblesse, des limites de I'incer-
lain et de la realite, ses observations ne partentque du point oil
les molecules de la matiere, encore voisines d'un grand etat de
simplicile, commencent < n s'agglomerant a produire les ])lieno-
menes de I'existencc.
M. Bory de St. -Vincent, qui clierclie a evlter soigneusement
lout esprit de systeme pour ne rapporter que des faits positifs,
trouve cinq etats primitifs de la matiere. II ne prend pas le mot
priniitif dans un sens absolu, ce qui prouve avec quelle pru-
dence il emet des opinions qui pourraient paraitre hasardees a
des personnes qui aimeiit micux ne pas croire a ce qui leur parait
hors des vues routinieres que de verifier ce qu'il estsiaise de voir.
Les cinq etals primitifs de la matiere tendaiit a s'organiser,
qui nous out etc jusqu'ici percepliblcs, considercs seulement
.sous le rapport de Icurs caractcres visiblcs , sont :
i". L'elat inuqiieu.r, etendu, conlinu, imparfaiteinent liquide ,
transparent, sans couleur, dans lequel se manifeste par le desse-
clienient, une cunfusioii de molecules amorplics, dont iine parti,;
232 Histoire naturelle generate.
des tiiiiites u'cst pas terminee, et qui tend a se teindrc legere-
ment en jaunatre.
a". L'etat vivciri(, <5videmnient contractile , globuleux , trans-
parent, sans couleur, done d'une grande velocite de mouve-
ment , se deformant par le dessechement, de maniere a presen-
ter, quand il est sec, le m^me aspect que l'etat muqueux.
'S°.'llc\.^lvegetatif, compressible, ovoiide, transparent, vert^
inerte, conservantsa couleur dans le dessechement oil sa forme
s'altere et s'etend souvent en une teinte homogcne quand les mo-
lecules en sont pressees les unes contre les autres.
4°. L'etat cristallisable, dur, inerte, translucide , laminaire,
anguleux qui, par le dessechement, adopte une multitude de
formes determinables, mais jamais la globulcuse.
6°. UclAt terreux, dur, inerte, opaque, grossierement ar-
rondi ou anguleux, et ne changeant ni de forme ni de couleur,
soit que I'eau en tienne les parcelles en suspension, soit que par
leur dessechement celles-ci se rapprochent en masses amorphes
ou irregulieres.
Apres avoir ainsi caracterise les cinq etats de la maliere,
I'auteur s'etend tour a tour sur chacun d'eux. II en presente
I'bistolre abregee, admet des generations spontanees mais avec
des conditions qui ne presentent rien de dangereux , et si quel-
ques-unes de ses assertions pouvaitnt alarmer certaines con-
sciences tiraorees , celles-ci pardonneraient bientot a M. Bory
de St. -Vincent en faveur de sa bonne foi et de ses conclusions.
« La chimie, dit-il en se resumant, avait deja entrevu par ses
propri^tes la premiere de nos modifications de la maticre; Buf-
fon avait devinii la seconde ; Priestley decouvert la troisieme;
Linne, Rome de Lisle et Haiiy indiquc ou saist les lois en vertu
dcsquellos se juxtapose la qnatricmc; I'antiquite avait suppose
la derniere. On en conclura probablemcnt que ricn n'est nou-
•veaii dans ce qui vient d'etre dlt; ce n'est pas du nouveau que
nous avons pretendu dire, mais simplement ce que nous avons
constat^, sans pretendre en tirer aucun argument pour attaqucr
ou fortifier certaines idees. Nous avons expose des fails dont
chacun pent, avec un peu d'exactilude, verifier I'exactitude:
nucun de ces fails ne lend a dclruiie le respect du a la puissance
qui doit presider a la creation, etc.
La parlie de ce travail qui traitc de la maliere vcrte a etc in-
seree en entier dans le 97". vol. du Diclionnaire des sciences
Mineralogie. ^55
naturelles. II contribuei'a pulssamment a eclalrcir un des points
obscurs de physiologic vegetale qui inerite la plus grande at-
tention. Nous sortirions du cadre dans Icquel nous devons nous
lenfermer , en nous etendant davantage sur le mcmoire de
M. le colonel Bory de St.-Vincent, et nous terminerons cet
extrait en engageant ce savant naturaliste a continuer scs re-
tlierclies et a les publier le plus tor possible, avec tout le dove-
loppement dont elles sont susceptibles dans le travail general
qu'il prepare, F.
MINERALOGIE.
296. A.N INTRODUCTION TO SOLID GEOMETRY, and to the study of
Crystallography, containing, etc.; ou Introduction a la geo-
metric des solides et a I'etude de la cristallographie, contenant
la recherche de qiielques-unes des proprietes des corps regu-
liers de I'ecole platonicienne, independantes de la sphere; par
N. J. Larkin, prof, de mathumatiques. In-8'^. dog fr. , avec 4
pl.Londres; 1820J Longman.
L'auteur de cet cuvrage , en faisant connaitre de nouvelles
proprietes relatives aux polyedres, a reuni un ensemble de consi-
derations geometriques que Ton peutregarder comme unepi'cpa-
ration utile a I'etude des formes cristallines. Ces formes, conside-
rees en elles-memes, et independamraent de leur existence dans
la nature, lui paraissent dignes de I'attention du geometre. II
pense que la cristallographie a ouvert un champ vaste aux spe-
culations de ceux que leur gout entraine vers la geometric des
solides, et dont les recherches s'etaient bornees jusque-la aux
prismes, aux pyramides et aux cinq polyedres reguliers de I'e-
cole platonicienne; encore ces recherches n'avaient-elles pour
but que les relations que ces solides peuvent avoir chacun avec
la sphere circonscrite, ou I'un avec I'autre , quand ils sont inscrits
dans la meme sphere. M. Larkin s'occupe de celles de leurs pro-
prietes qui sont independantes de la sphere, et il etend ses re-
cherches a toutes les formes possibles des crlstaux; il les classe
dans un ordre propre a demontrer I'existence de deux series de
solides, distinguces entre elles par leurs proprietes, et qu'il
nomme scric nnturelle et scrie artiftcielle. II decrit avec beau-
coup de soin les differens termes de chaque serie, ct trouve en-
tre cux des rapports remarquables par leur simplicile. Les do-
23 1 Mine'ralogie.
monstmtions synllietiquos (le ces ra])ports sont rejetees a I.i flu Je
rouvragc, pour ne point .irreter le plus grand nombre dos lec-
teurs. G. Del.
297. Stir les formes cristallines des sels .\rtificiels, par
H. J. Brooke. (^^Innals of r/iilosophy ,']nii\'ier 1824.)
Get article offrc la continuation du travail dc M. Brooke sur
les sels cliimiques. Les substances qu'il a observees sont au nom-
bre de qualre : le sulf.ite de potasse, le sulfate de soude , le ni-
trate de plomb et le nitrate de baryte. Le sulfate de potasse a
pour forme primitive uii prisme droit rliomboidal de 120 3o'.
Les incidences des faces d^^ la variete bi-pyramidale sur les pans
du prisme liexaedre qui derive de cette forme primitive ])ar le
reraplacement de ses aretes aigucs, sont les unes de \l^6" 11' ,
€t les autres de 146° 10'. • — Le sulfate de sonde a pour forme
primitive un prisme oblique rl'.omboidal, dont les pans font
entre eux Tangle de 80° 24' j ft avec la base un angle de 101°
20'. — Les deux autres sels ont pour forme fondamentale un
octaedre regulier. G. Del.
2y8. Memoire sur les mines d'etain ue Saxe, par M. Manes.
( Annales des Mines, 1823 , 3^. livraison , p. 4()9. )
Dans une courte introduction, I'auteur de ce memoire, apres
avoir donne une idee succincte de la constitution geognostique
de I'Erzgebirge, parle d'une maniere gencrale des divers gisemens
d'etain qui y sont connus. II indique, 1°. I'etain en amas disse-
mincs ct en couches, dans le granite d'Allenborg, dans le gneiss
tl'Aue, dans le greisen de Zinnwald , dans le scliiste de Breiten-
brun. 2". L'ctain en stocfuverck , ilans I'amas transversal dc
Gcyer et dans I'amas entrelace d' Altenberg. 3". L'etnin en fdons ,
dont ]\L Frcisleben a distingue au moins cinq forujations dilfe-
rentes dans les divei'ses parties de I'Erzgebirge. 4". L'etaln d'al-
lui'ion, qui se rencontre dans tontes les vallces des niontagncs
d'Eybenstock.
A la suite de I'introduclion se trouve une desciiiilion tres-
dfctaillee et fort instructive des mines d'etain d'Altenberg. Cette
description comprend d'abord I'indication de I'aspect physique
et de la structure geoiogique de la contree, puis I'liistoire du
siocfiwerck d'Altenberg considere en lui-mtnie, celie dc son
exploitation , et celle de la preparation mecanique des minerais ,
preparation operee par le cassagc, le grillage , le bocardage et !c
Minentlog ie. 2 5 5
lavage. Dans ce dernier article, I'auteur decrit avec bcaucoup de
soil! les operations des laveries aux taLles a secousse, el des lave-
rles aux tables a loiles ; il compare ensulte les resullats de ces
deux genres d'operalions, dans des tableaux qui font voir tout
I'avanlage du precede des tables a secousse.
Les autres parties de cet interessant travail seront inserees dans
les livraisons suivantes des Annales des Mines. Bd.
299. SUR UNE NOUVELLE SUBSTANCE MINERALE NOMMEE BuCKLAN-
DiTE , par M. Levy, {^Ann. of Philos. , fevrier 1824 , p- i34.)
M. Levy a doniie le nom de huchlandite^ en I'lionneur du ce-
lebre professeur d'Oxford, a une substance que ses caracteres
cristallographiques separent de toutes celles qui ont ete decrites
jusqii'a ])resenl. Elle a une grande analogic de forme et de ca-
racteres cxtc'rieurs avec le pyroxene; mais elle parait avoir plus
de durete. Ses cristaux rayent aiscnient le vcrrc ; ils sont bruns
et opaques, sans clivage apparent. Ils peuvent etre derives d'un
prisme rliombo'idal oblique, dont ils portent I'empreinte, en
suppos.mt ce prisme modifie par une seule facet te sur chacun
des quatre angles solides identiques, sur les deux angles termi-
iiaux et les aretes qui aboutisscnt a leurs sommets. M. Levy
prouve par le calcul que les formes de ces cristaux ne peuvent
(jlre (leduites de la forme primitive du pyroxene par auciine loi
simi)le de decroissement. II adopte rangie de 70'' 40' pour celui
de deux faces laterales de son prisme fondamental, <t io3° 56'
])Our I'inclinaison de la base sur ces memes faces. Les cristaux
qui ont ete I'objet de son travail etalent accompagnes de longs
j)rismes verts et opaques de scapolite, de hornblende iamellaiie,
et de carbonate de cliaux d'un rouge incarnat. lis proviennent
de la mine de Weskiel , pres d'Arendal en Norwege. G. Del.
300. De la CLEAVELAJfniTE HANS LES ROCHVS ANCIENNES, par
Phiiipps. ( Annals of Philos. , fcv. 1 824 , p. 1 1 8. )
(e mineral se trouve dans le granite por[)hyrique de Carn-
brae, de la mine de Huil-Gorland , ])res St.-Die, et j)res de
Lands-End dans le Cornouallles. II est toujours blanc et opaque
et le feldsi)ath translucide. Dans un granite de Dartmoor, dans
le Devonshire, la cleavelandite translucide ct rougeatre est melee
avec du fcldspalh rouge, de I'amphibole ct du quartz. Elle se
trouve aussi dans la sienife des monls Malvern, dans des por-
phyres en lilons du Cornouailles. 11 paraitiail que la siciiilc
^56 Mineralogie.
Iiyperstenique de I'ile de Sky n'est qu'iin compose d'hyperstene
et de cleavelandite. Elleexiste dans des granites des iles de Tiree,
de Foula et de Faira. A Tiree elle est quelquefois verdatre et
melee de feldspath laraellaire. Les granites protogeaos des envi-
rons du mont Blanc et de la cime de cette montagne en renfer-
ment aussi ; il y en a de grands cristaux dans un granite por-
phyrique de Porinennz , a •! milles de Servoz.
La rochede Vosa est formcede feldspath lamellaire,de cleave-
landite blanche et jaune, et de mica jaune; celle de la Filla et du
Brevent contient , outre ce mineral , du mica , de la chlorite , du
quartz et du feldspath, et celle des Trapeltes est entierement
composee de cleavelandite blanche en partie grenue, et de mica
blanc. Ce mineral existe dans uri granite du Schuylkill , a 5 milles
de Philadelphie dans les Etats-Unis. L'auteur a toujours deter-
mine la cleavelandite en en soumettant de petits fragmens au
goniometre a reflexion ; neanmoins il n'a pas reussi pour la
roche graniloidc schlsteuse et a chlorite de Taigullie du Tour.
Le plan de clivage du feldspath est plus brillant que celui de
la cleavelandite; c'est la le seul caractere distinctif de ces deux
mineraux. A. B.
3oi. Note sur le fee carbonate de LAS\LLK,et sur qu'Mques
produits deshouillereserabraseesdcs environs d'Aubin (Avey-
ron); par MM. Combes et Lorieux. [Jnnnles des Mines,
y. livr., 1823, p. 43i. )
On exploite, a la mine de Lasallc, une couche de houille tres-
puissante, et dont on ne connait pas meme I'epaisseur totale.
Une couche de rainerai de for carbonate argileux se prescnte
dans loute I'etendue des travaux, au milieu de repalsseiir de la
liouille. Ce mineral est en pctits grains agglutines par un cinient
bitumincux el scmblable a celui quon a rcconnu dans les mines
de houille d'Anzhi : il a donne k I'anaiyse 61,7 de carbonate
de fer, meles de 11, 4 de pyrite de fer, de i7,i5 d'eau et de
bitume, etc.
Un incendie a consume et consume encore les couclics de
houille voisines de la surface du sol , et Ton exploite a del ouvert
des schistcs impregnes de scls alumineux. Des fentes nombrcuses
qui Iraversent le sol exhalent des vapeurs d'acidc sulfurcux ,
de soufrc, et sc tapisscnt d'cfilorcscetices alumiiieuscs blan-
ches Ires-acides. On trouve aussi au nombre des produits de ccs
Mmeralogie. iZj
liouillLTCs cmbrasecs, lo. ties argiles scliistouses oudes psammitcs
iinprc'gnes de sels ; 2°. des morcoaux de fer en partie roduits
a I'efat metallique ; 3". de la liouille carbonisee ; 4"' enfln divers
emaux ou verres. Pres du village de Cransac , a quatre lleues
d'Aubin, sont des sources thermales, dont les eaux sont adrai-
nistrees comme purgatives. Bd.
302. EXAMEN DE QtTELQUES MINERAUX , par M. At'G. ArFVTED-
soN. ( Philos. Magaz. , nov. i823 , p. 355. )
Ce memoire a deja ete public dans les Transactions de I'Aca-
demie roy. de Stockholm pour 1822 , et dans le nouveau journal
de Scliweigger. Les mineraux examines par M. Arfwedson sont an
nombre de trois : Le premier est une variete d? kaneelstein
( essonite), trouvee dans un terrain calcaire, a Malsjo , pres de
Philippsladt en Wermeland , et qui se rapprocbe beaucoup par
ses caracteres exterieurs et pyrognostiques du kaneelstein de
Ceylan. II renferme 4i>87 de silice ; 20,57 d'alumine; 33,94 de
chaux ; 3,93 d'oxide de fer , et 0,39 d'oxide de manganese et de
magnesie ; total: 100,70. La formule qui exprime sa composi-
tion est : FS-J-8AS4-8CS. — Le second mineral est le chrysoberyl
du Bresil ; il est compose de 18,73 de silice, et 81, 43 d'alumine. Sa
formule est A4S. — Le troisieme est la boracifc de Lunebourg ;
elle contient, sur 100 parties, 69,7 d'acide borique, et 3o,3 de
magnesie. G. Del.
303. Analyses de mineraux divers. [Annals of Philos. y fe-
vrier 1824, p. i55. )
1. Cleavclandite de Finlande. M. F. Tengstrom a trouve
qu'elle ctait formee de silice, 67,99; alumine, 19,61; soude ,
11,12; chaux, 0,66; oxide de manganese, 0,47; oxide de fer,
0,23. — Total, ioo,o8.
2. Pyrite de cuivre d' Orijarva. M. Hartwall, d'Abo, a obtenu
le resultat suivant : soufre, 36,33; cuivre, 32,2o ; fer, 3o,o3 ;
silice, 0,93 ) oxide de manganese, et matiere terreuse, i,3o. —
Total , 100,79.
3. ScapolUe de Pargas. Suivant Ic memc thimisle, elk- con-
tient : silice , 4 9/1 2 ; alumine, 25,4 1 > cliaux, i5,59; so)idc, 6,o5 ;
oxide de fer , 1,40 ; magnesie , 0,68 ; oxide de manganese , 0,07 ;
perte, 1,^(5. — Total, 100,07. O. Del.
2 58 Minc'rnlogie.
3o4. NOUVKLLK LOCALITE I)E I.A ScOROniTE , par W. PniLIPS.
( Ann. of Philos., feb. iSaS, p. 97.)
Les cristanx qui ont donne lieu a celte note viennent d'line
mine des environs de S.iint-Austtct en Cornwall.
La plupart n'e.x cedent pas le volume d'une tele d'cpinfjle , mais
phisieurs sont si complets , qu'on doule s'lls sont disposes sur
une gangue ; quelques-uns cependant sont des fragmens de
quartz : pour leur forme , ils ressemblent parfaitement a ceux
de la scorodite decrite par I'auteur dans son introduclion ele-
mentaire de mineralogie. Cependant les plans d 1 et d 1' man-
quent dans celui de Cornwall. Ces cristaux sont d'un vert
bouteille fonce , conime les varietes prismatiques d'arseniate de
cuivre , mais ce n'est pas la vraie couleur de la substance elle-
meme qui, en petits fragmens, prescnte une couleur bleue
pale, comme I'arsenlate de cuivre martial. La couleur foncee
provient du melange mecanique d'une multitude de petites
ecailles de cette couleur visLbles a la surface et par transmission ;
M sur M 120° 1'
M sur // 119
M sur ^i . .
(/, sur Jj' . .
Jj sur c/," . .
c sur h . . .
"9
Wj
i4i
0
io3
45
112
36
i54
ao
Ces mesures faites avec le goniometre a rellexion ainsi que la
forme des cristaux tendent a prouver que c'est une varicle d'ar-
seniate de cuivre martial. Les plans du prisnie etant M JVI s'as-
socient quelquefois avec les plans /"et h, et ce prisme est com-
munement termine par une pyramide quadrangulaire forniee par
les plans d d' ; mais dans les cristaux comme dans la scorodite, les
plans M M' sont reduils a des petits triangles dus a la presence
de deux pyramides.
Au clialumeau ces cristaux donnent d'abondantes vapeurs
arsenicales : la forme extericure n'est pas altcrec, seulement elie
devient de couleur d'ocrc.
Examen chimique dc la scorodite , par fF. Phdips.
Quelques cristaux furent dissous dans I'acide nitrique, et la
solution decomposee par la potasse ; la liqueur saturee jku i'a-
cide acelique, on y versa du nitrate d'argent qui produsit \m
precii)ite rouge indirjuaul I'acido arsenique.
ilfinerrf logic. 25g
I.e prt'clpito forme par la potasse est tie roxlde de fer , qui
ne contient pas de culvre, ainsi que le prouve Taction de Tam-
mouiaque sur ce precipite et celle du cuivre sur la dissolution
niliique. La scorodite ne doune pas non plus de (races de cui-
vre, et parait coinposee seulcnient d'acide arsenique et d'oxide
de fer. G- de C.
3o5. Observations mineralociques faites en Boheme et
EN Saxe ; par E. Glocker. [Isis, n*^. cahier, p. 1212.)
L'auteur annonce un ccrit intitule : Ouvrage pour I'avanee-
ment de la connaissance des richesses mineralogiques de la Si-
lesie (Beytrage zur mlneraloglschen kenntniss Sclilesiens). 11
coininencera a en publier la premiere partie cette annee. 11 cile
ensuite quelques localites de mineraux silesiens , parmi lesqucls
il sufiit de faire remarqucr le beryl cristallise dans le gneiss grani-
toide de Grosskunzendorf , pres de ISeisse ; la staurotide dans le
micascliiste de Glatz, etc. II passe ensuite a la Boheme, ouildecrit
le schiste quarlzeux a lamelles de talc ou de mica , pres Rcichen-
berg. Uq gres gris-blanchatre compose de quartz et divise en
prismes se trouve a Johnsdorf pres ZIttau. Un gres tres-ferru-
gineux ou un mineral de fer oxide rouge ou hydrate, mele de
grains de sable, se trouve en masses globula ires a Oybin presdeZit-
tau. Les basaltes dps environs de Tiirnau et Liebenau renferment
du jaspe basaltique grisalre ou bleuatre ; cette subslance doit son
origine a des masses de gres fortement chauffees et en partie fon-
dues Le mont Hutberg pres Gabcl, le AVartenberg, Schwalz et
Daubitz sont d'autres localites de ce produit volcanique. Le pe-
ridot cristallise en prismes obliques a /( pans se trouverait, sui-
vant l'auteur, a Kozakow pres Turnau, oil on poiit cette pierre
precieuse, et on la vend comme venant de I'lnde. Un phono-
lite divise en globules ronds se trouve sur le Lausche pres Wal-
tersdorf, non loin de Zittau. C'est probablement une varlcte du
phoiioiite tachete, ou les globules peuvent quelqucfois se de-
tacher de la base, et ou la roclie presente raremeiit une di-
vision prismatiqiie. L'albin se trouve dans un basalte a augite
pres Giinlhersdorf, enlre Kauaitz el Teschau. A. B.
3o6. Recherches sur quei.ques mineradx tronves dans la Terre
Antarctique, nonvellempnf decouvertc (Nouvello-.Siietland du
^/o Botaniqiie.
Sud); par M. Th. Stf.waut Traill. (/ow/w. depliys., chi-
mie , etc. , juill. 1^22, p. 64. )
Une roche amysdaloide a terre vcite et a ainphibole ressem-
blant a quelqucs roclies zeolitiques de Farroe, et lorsqu'elle est
traversee de fUets siliceux , elle approche de la texture de la ro-
che problemalique a Ammonites da Portrush en Irlande, qui est
intercalee entre deux couches de terre verte commune.
L'apophylllte en beaux prismes rectangulairesaVec des angles
solides tronqnes ou remplaces par des plans iriangulaires. Ce mi-
neral est assoclt^ avec la chaux cnrbonatee en rhombes.
Le stilbite est accompagne d'apophylliteet de quartz. La calce-
doine estenpetites veines et druses dans lebasalte , et des pyrites
y sont dlsscminees. II y a aussi de la houille dans cette ile.
Tons ces echantillons raontrent une forte ressemblance entre
la constitution de cette terre antarctique et celle des terres arcti-
ques, et que la plus grande parlie de la Nouvelle Shetland du
sud appartient a la formation trappeenne sccondaire ou strati-
forme. L'exislence de plusieurs restes de celacees et dc veaiix
marins sur la cime des mont agues de cette ile est mise hors de
doutes par uu crane de mammlfere en la possession de I'auteut
de cette note. ^'
BOTANIQUE.
307. Flora oder botanische Zeitung, N°^ 2^5. T.atisbonne.
(i/, janv. — 7 fevr. 1824.)
Ces qualre numeros , dun journal dont le Bulletin a fait con-
nailrele plan dans le numero precedent, renferment plusieurs
notices interessantes : 1". la suite d'une relation abregee du
voyage des naturalistes bavarois Spix ct Martius au Bres.l, avec
des observations sur plusieurs especcs de plantes employees tn
medecinc, et recncillies pendant ce voyage.
Plusieurs de ces plantes n'etaient pas encore conmios des bo-
tanistes. M. Martius en joint une courte description.
' Ces plantes sont : iimnr/m opifcra, Mart., employe contreles
maladies du systemc lym|.liatique; Gomphrenn officinale ,M&v\...,
qui est regard.' comme tonlriucct febrifuge; Tradcscantia diurc-
tica. Mart., dont le nom iudifiue les proprieles; Crolon antisy-
philiticum, Mart., et CroUm fid.um , Mart., qui tons deux sont
employes dans les maladies syphililiques , probablemcnt comme
Botanique. 24 1
sudorifiqnes ; — ■ les Bignonia antisyphiliticn , Mart. , et Synilax
glaitca, 'Mart., sont employes dans le menie but.^ — ^Le Mikania oj-
ficinalis a remplace avec succes le quinquina et la oascarille. Sui-
vant ces memes voy;(geurs, le baume de Copahu se retire cgale-
ment des Copa'ifcra Langsdorfii , Lamk., et C. coriacea. Marl,
lis indiquent aussi les Phyilanthus Niruri et Ph. microp/ijllus ,
Mart. , comme un remede specifique contre le diabetes.
L'arbre qui fournit le the du Paraguay est, suivant M. Mar>-
tius,un Cassine auquel il donne le nom de Cassine Gongonlia^
d'apres le nom qu'il porte dans le pays. Les racines du Poly gala
Pohaya , Mart., comine celles du Polygala Senega, peuvent etre
employees comme purgatives et vomitives.
Ces voyageurs indiquent en outre les proprietcs de plusieurs
plantes deja connues des savans, mais dont les usages n'etaient
pas encore parvenus a la connaissance des Europeens.
2". Une dissertation assez etendue sur les Ornithogales a fleurs
jaunes , par M. Hornung, occupe en partie les deux numcros
suivans.
L'auteur reduit ces especes au nombre suivant : i. Orniihoga-
Ittm liiteum. L. ■ — • i. Ornitfiogalum minunum. L. — 3. Ornitho-
galum arvense. Pei's. • — a. O. Liotardii. Sternb. — S. O. boheini'
cum. Tausch. • — ■ y. O. saj:atile. Kock. . — ■ 4. Ornithogalum pra~
tense. Pers. — a.. O.pusillurn. Schmidt. — 5. Ornithogalum spa-
thaceuin. Hayne.
3°. Des observations sur les varictes de Veronica longifoUa.
L., qui croissent aux environs de Creslau , par M. Uechtritz.
L'auteur en distingue sept.
4". Le recit d'une excursion botanique au Monte Snn-Angelo,
pres Castcllamnre , par M. Hf.rbich.
On remarque parmi les plantcs qui croissent sur ces monta-
gnes plusieurs des especes nouvelles decrites par M. Tenorc dans
sa Flora napolitana.
5°. Quelques observations snr le genre Crocus^ par le docteur
HoppE , et particuliereraent sur une espece recue d'ltalic sous le
nom de Crocus /lanus.
G". Des discussions sur la synonymic des especes du genre ^/yj-
suin, par le D"^. Opitz. Auo. de St.-Hil.
3o8. Exposition MExnoniQUE du regne vegetal; par M. Caffin.
84 p. in-8". Prix, 4 fi- Paris; 1828 ; Gabon.
B.TomeL 16
t
a, J y. Botanique.
'ions Ir* joitrs de» tiaturalistes ecrivenl sur les fruits, ct u'ont
cepeiulant auciine idee de cette partie impott;inte du vegetal.
L'autour du livre que nous annoncons est a cet egard a I'abri de
tout reproche. Voulant fonder une methode nouvelle sur les
caracteres du fruit , il s'eat penetre des principes de Goertner, de
Ricliard, de Mirl)el, et Ton volt qii'il a etudie avec soin ceuxdes
merr.oires du Museum ou sent discutes quelques points de carpo-
logie. II n'ajoule rien, il est vrai, aux connaissances que Ton
possedait dojii sur cette partie de la science, mais il en expose
les principes avec clarte , et c'elait deja une lache assez difficile
a rcniplir.
Son ouvrage est divise en trois parties principales. Dans la
premiere il examine I'organisntion du fruit ; la 7.". presente ua
Tableaudu regne vegetal; et la 3^. la methode imaginee par I'auteur.
La i*^**. partie se subdivise en plusleurs paragraplies oil sont ex-
poses successivement la structure du pericarpe, celle des graines et
celle de I'ovaire. L'auleur dit au-^si quelques mots des parties
accessoires du fruit ; il laclie de montrer quels ra])ports ont enire
eux la graine , I'ovaire et le pericarpe, et enfin il cherehe a
^tablir les caracteres de la classification des fruits. Nous devons
avertir ici que ce n'est point an jeiine fruit mais au placenta que
I'auteur donne lenom d'ovaire ; parce que , dit-il , le mot de pla-
centa lui parait peu applicable dans cette circonsiance ; mais en
supposant meme que la terminologie generalemcnt recue fiH
defectneuse , ce ne serait pas encore une raison pour la changer ,
car on sent quesichacun sepermetlaitdes innovations dece genre,
on finirait par neplus s'entendre; et certainement ilne serait pas
difficile d'imagincr, pour designer le placenta des auteurs , un
mot preferable a ceiui d'ovaire.
L'auteur dans la partie de son ouvragc inlitulee Tableau du
re^nc ve^'-tnl , traite des diverses methodcs botani(jiies. II avait
deja prouve que tontcscellesimagineespnur classer lei fruits con-
sideres isolement sont entierement arlifieiellcs, et il demontre
avec le meme succes qu'on ne saurait classer les plantes d'une
manicre naturelle, en prenant pour base quelque partie de la
fleur que ce puisse elre. Quant a sa methode, il la fonde sur
trois differences importantes ({ii'on observe dans les fruits et qui
consistent en ce qa'ils offrent ou une seule logo monosperme,
ou des placenta axiles ou drs j)lacpnta parietaux. Cette division
basee sur lastiuctureuicmc del'ovaire est peut-eire la plus natu-
Jjotanique. 2^5
relic possible ; cependant 11 s'cn faut hien qn'elle n'offre aucane
exception et qu'elle ne donne lieu, comme le croil I'auteur , a
auciin chcvauchemtnt d'une classe a une autre Aitisi les genres
Heliaiithetnitm, Sauvagcsia, Hypericum, i-\c., preseatent lous a la
fois dcs placenta axiles et j)ari(^taux ; ct par consequent, pour
suivrerigoureusemenl la classification de I'auteur, il faudrait divi-
ser les groupes les plus natiirels. Si la methode proposoe ronipt
les affinites coiTin)e tant d'autres , ou s'il est egaleinenl necessaire
d'y adinettre des exceptions, nous n'en conclurons rien conire
les connaissances de I'auteur, car nous nous plaisons a recon-
naitre qu'il en possede de reelles; nous repeterons seulement que
la nature se soustrait a toutesnos classifications, ct qu'il neiieufpas
yavoir de methode verltabiement naturelle, piiisr|u'uncaractere
qui a la plus haute importance dans une fanidle est a peu pres
Sans valeur dans une autre.
Au reste pour faire connaitre les resultats auxquels I'auteur
a ete conilui! par sa methode, nous ne croyons pouvoir mieux
I'aire quedeciter qnelques fragmens de la serie qu'il propose.
Apres les Salicinees viennent les Flacourtianees , les Marcgravices
et les Gcntianees. Plus loin on trouve les Cucurbitacces et les
PassiJIores , entre les Gessneriees et les Opuntiacees. Ailleurs les
Cistces et les Hyj>cricees s('\^Avent les GroseilliersAes Cu/ioniacees
et Ton comple qualre families entre celles-ci ct les 6'rt,r///Y7i,'pVj ;
VOchna a sa place dans la nieuie familie que le Clusia ; les Salica-
rlees precedent les Oxalidees ; les Orangers sontfort eloignesdes
Meliacc'es^les HennannieesXe sontencoj'e da vantage des TUiacees
et Ton ne retrouve plus les iJ/rtAaceW qu'apres une longue suite
de plantes monopetales. Les Plperacces^e presentent immediate-
ment avant les Polfgoneet , les Sanguisorbees entre les Conifcrcs
et les Coriariees ; les Berberidees entre les Staticees et les Ana-
cardc'es,elc.,etc. C'sst aux bolanistes accoutumes a la recherche
des rapports a juger si de tels rap[)rocliemens sont preferables a
ceux indiques par I'illustreJussieu enverslequelon trouvcra pent-
^tre que I'auteur s'est montre un peu severe. Aug. de .St. Hil.
Soy. Botanical register, n°. io8, fevrlcr 1824.
Ce numero, qui termine le vol. 9, est entierement consacre a
de^ plantes de la familie des Cannees ou des Amotnces; plusieurs
descspeces qui y sout figurees sont nouvelles, et les descrijitions
sont en grande partie extraiies des maniiscrits de Roscoe.
24 \ Botanique.
771. Canna limbata. Corolla; limbi inlerioris labio superiore
Iripartito; lacinils emarginalis, crenatis; unguibus long is : labio
inferiorebifido, declinato. Rose. Mss.
772. Canna occidcntalls. Corollse limbi inteiioris labio supe-
riore bipartite, laciniis iiitegris ovatis inaequalibus; labio infe-
riore declinato (velrectiiis revoluto?) Rose Mss.
77?^. Canna lutea. Corollse limbi interioris labio superiore
bipartito, laciniis emarginalis; labio inferiore lineari bifido de-
clinato. Rose. Mss. — Rose, in Linn, trans. , VIII , 332.
774. Hedychium Gardnerianum. (Sheppard.) Spica numerosa
sparsa oblongiuscula lato patente , fasciculis plurifloris dis-
tantibus; bracteis flores arete involvcntibus tubo perbreviori-
bus; laciniis duabus interioribus cuneato-spatliulatis cacumine
ovato obtuso; Jabelli lamina obovata bifida lobis dimidiatis ob-
tusiusculis divergentibus , ungue brevi canaliculato; filamento
discolori, corollam superanle.
Cette soperbe plante, originaire du Nepal, et d'abord cultivee
a Calcutta , est mainlenant introduile dans les jardins d'An-
gleterre.
A la suite de la description de cette plante on trouve Tenu-
meration suivante des plantes de ce genre , connues jusqua ce
jour. \. Hedychium spicatum. Curt. Bol. mag., aSoo.^ — 1. H.
coronarium. Ibid., 708. — 3. U. heteromalluin. Bot. reg., 767.
— 4. H. fiavum. Bot. mag., 2378. — !). H. coccineum. Smith , in
Rees's Cyclop. — 6. //. angustifolium. Bot. reg., 157. — 7. H.gra-
eilc. Roxb. fl. ind. I., 12. — 8. H. villosum. Wallich. in flor. ind.
I., 12. — 9. H. speciosum. Ibid., i3. — 10. H. elatum. Bot. reg. ,
526. — II. H. gardnerianum.
775. Canna edulis. Limbi interioris labio summo triparlito
erecto, laciniis ovali-oblongis retusis late unguiculatis, media
plurimiim breviore ; labello lineari-oblongo recurvato retuso :
caule punicante.
Canna indica. Ruiz et Pavon, fl. Per. I, 1.
776. Crt««rt /rtr//fa. Coroll.-e limbo interiorc bilabialo , labio
superiote tripartito , laciniis linearibus iutegris, erectis, acuUs,
convcr'^entibus; labio inferiore integro declinato; foliis lanceo-
latis subaequilateris. Rose. Mss.
Canna indiea. Ilort. Kew. ed. t 1 , p. 1 1.
Suivant I'observation de Roscoe, le synonyme precedent est le
soul qu'on puisse appliquer avcc certitude k cette cspece, tant il
Botanunie. 2/^5
existe de confusion dans ce genre,- aussi nous avons pens^ qu'il
etait important de rapporter les cavacteres donnas par le savant
botaniste que nous venons de noinmer a cette espece, quoique ce
soit la premiere qu'on ait indiquee dans ce genre.
777. Alpinin tuhulntn. Follis alternis bifariis remotissimis ;
scapo vaginato laterali ; bracteis coramunibus divaricatis aridis ,
acuminatis persistenlibus ; corolla tubulosa ; labello incluso;
antliera scssili.
Cette espece, qui differe beaucoup des autres Alpinia, et quime-
riteralt peut-etre d'en etre separee , est originaire de la Guyane.
Ce 9*^. volume est termine par une table generale des especes
decrites dans cet ouvrage , et par un appendice contenant une
dissertation sur les especes du genre Jasminum , et parliculiere-
ment sur celles decrites par Roxburgh. Ad. B.
3io. CuRTis's BOTANICAL Magazine J par .ToHN Sims., M. D. ,
no. 4/, 5.
Ce numero renferme les plantes suivantes.
2461. Rhipsalis salicornoides. Ha-vvorlh. PI. succ., p. 83.
Cette plante reraarquable n'avait pas encore ete figuree ; on
regrette qu'aucuns details analytiques n'accompagnent la figure
que nous citons.
2462. Malpighia lucida. Swart/,.
24G3. Crinuin suhincrsum. W. H.
Cette belle espece, originaire des environs de Rio-.Taneiro , est
parfaltement intermediaire entre les Criiium scahrwn et eru-
hescens , qui liabitent le nieme pays; et, d'apres I'oplnion du bo-
taniste qui en donne une tres-bonne description dans le Botani-
cal Magazine , elle pourrait «^tre un liybride de cesdeuxplanles.
2464. Hahranthus gracilifollus. W. H.
Ce genre nouveau, qui ne parait qu'une subdivision des Ama-
ryllis, differe du genre Zephjranthes ,A\i meme auteur, par ses
etamines inegales, dont deux plus courtes , deux tres-longues ,
et les deux autres inegales et d'une longueur intermediaire. Cette
espece presente une spallie biflore cntiere ; chaque fleur est d'un
beau rose, reguliere, campanulee, a divisions toutes egales et
scmblables ; le style et les filaniens soiit inclines lateralement;
I'ovaire est infere comme dans toutes les Amaryllldees. Les feuilles
de cette plante sont longues, elroites et presque lineaires : elle
provienlde Maldonado, dans TAmerique meridionalc.
■2 ( f > Botcnique.
2465. Erica burcinijlora. Moribus subquatcrnis, bi.icteis a ca-
lyce reiiiolis, foliis qiialernis linearibus cilialis.
Otte iiouvelie espcce est origiiiaire , coiiiine presque toutcs
cellesdii meme geiirc, du Cap de Ronne-Esf)crancf.
24G6. Crinum Careyanum. Bulbo spliaerico, f'oliis lorali.s im -
dulatis, margine scabro, scapo compresso multilloro lorii^iori-
bus, apice acuto, genuine trigono sessili (loculis 5G spennis?),
limbo patente, laciniis albis, apice obtuso, croso, rcflexo extus
apicera versus rubescentibus tubo rigide curvalo longioribus,
slylo filamentis assurgenter curvatis longiore, lacliiiis bieviore;
stigmate vel trifido vel breviler irilobo. W. H.
Crinum 01 natum. Carey Mss. , et Bot. rcg. , 11°. 2121.
Cede belle plante est orlginaire de I'lle de France , d'ou elle a
ete rapportee par le D"". Carey. Ad. B.
3ii. Herbier general de l'Amateur , contenant, etc., par fen
flloRDANT Delauhay , continue depuis la 12". livruison , par
M. LoisELEun-DEsLONGCHAMPSjU'^. cn medeclne; avec figures
])eintes d'apres nature, par M. Bessa. 79e. et So*", llvr. deux
cahiers in-8"., en'^enible d'unc f. 7 et 12 pi.; prix : 18 fr.
Paris ; Audot.
OI2. De epidermis plantardm structura et evolutione.
In-8°., Pavia; i823 ; Bizzoni.
3l3. EXAMEN DES OBJECTIONS DE MM. ScHELYER ET HeNSCHEL
contrelasexualiledesplanfes/parMM. Hornemann et Schouw.
{TidsskriJ'tforNatunidriisf,aberne. To. III,n". 8, p. i o5. i823).
Lesauteurs, dont lejournal des sciences naturelles de Copenlia-
gue combat ici I'opinion, ont public: I'un en 1812 et i8i4, a Hei-
delberg, un ouvrageinfirule Kritik derLehre mn denCcschlcch-
tern derPJIanzen; Tantre un volume de XXVIII et 644 i)ag. a
Breslau, en 1820, sous le litre suivant : Von der Sexualitat dv.r
PJlanzen, avec un apj)cndice du meme Sclielver. Cet objet im-
portant avait deja occuj)e Treviranus, dans un traite sur les sexes
des plantes (die Ichre von GeschlevhledcrPflanzeri) et dansscs oeii-
vres melees i^vermischte Schriftcn), torn. 4- H s'y est inontre le de-
fenseur du systeme ctabli par Linne, notamment dans la these dc
iexu plantartnn (Amcenit. acad. vol. Xyconfirme par Ludwig, de
gen^ratlonc , Lips. 1773 , par Volla , dans le tome i des Meino-
riii di !\lantu^i. el snrtout par Koelreuler, .Sprcngel , etc. (^onrni*
Botanique. 2 17
de part et d'autre on s'appuic sur des experiences , le probleine
ne pourra etre resohi ([ue lorsqu'il se sera trouve des amis assez
T,oU''S (ie la science et de la verlle, pour recomincnccr toutcs les
experiences avec le plus grand soin et une cntiere imp.irtialite.
Quant a M. Henscliel , on re peut lui refuser le merile d'avoir
def'cndu son opinion avec bcaucoup d'iiabilele, et les deux savans
Danois , auteurs de cet article , ne balancent pas a regarder son
ouvrage comme I'un des plus iniportans qui ait ete public sur
la botanique dans ces derniers temps. C.-M.
3l4- PrODROMUS SYSTEMATIS NATUBALIS RKCNI VEGETABILIS,etC.,
auct. A. -P. De Candolle. Pars prima. 1 vol. in-8°. de 748 pag.
Paris; 1824; Treuttel et Wiirlz.
La vaste entreprise dont M. De Candolle avail commence I'exe-
cution en publiant 2 volumes d'un nouveau Pinax ou systerae
universel des vegetaux, demandait unlapsde temps tres- conside-
rable pour son adievement. En attendant, les botanistcs desiraient
avec ardeur la publication d'un ouvrage oil toutes les especes
fussenl rassemblees; car depnis I'ulile E rich iridium de M. Per-
soon , il n'en avait paru ancun de ce genre. A leurs solllcita-
tions, M. De Candolle s'est determined presenter le Proclromus
que nous annoncons, sorte de canevas de son grand ouvrage, et
dans lequel toutes lesplantes connues seront decrites d'apres les
lois de la melliode naturelle. Un si bean travail doit faire sensa-
tion parini les sectaleurs, de jour en jour plusnombreux, des rap-
ports naturels, tanta cause de sa grande utilile, que par le noiu
de son auteur qui,mieux qu'aucun autre savant, pouvait se char-
ger de trailer un sujet aussi difficile. Comme il s'agissait dernme-
ner tons les genres a la place que la nature leur a fixee, il fallait
avoir fait des reclierches profondessur I'ensembledes vegetaux,
posseder de vastes collections et unc bibliotlieque complete, en-
irelenir enfin des relations pour ainsi dire universelles , pour de-
venir I'historien de I'elat acluel de la botanique. M. De Candolle
ne s'est point laisse rebutcr par les obstacles ; il a senti que dans
un travail de cette espece ce n'elait pas la perfection ab.iolue qu'on
devait esporer d'alteindre, mais un certain degre qui i)e:mit de
faire connaitre snffisaunnent les especes connues ou dt'criles jus-
qn'a ce jour. Afin d'accclercr I'execution de cet ouvrage il s'est
•idjoint pour collaborateurs plusieurs auteurs de monograpliies ,
tfls que, M3I. Dunal , Choisy, Scringe, Ofth , et de Cingins, en
2/\ 8 Botaiiique.
sorte qu'Il convient dc distinguer ce qui est propre a chacun
d'eux,qnoi(iuerensemblea'itcte execute sous la directiondeM.De
Candolle , et que tous les travaux aient <?te coordonncsd'apres un
plan uniforme. Nous allonsdonnei'une idee generaledece plan, puis
nousessayeronsdefaire connailrece quiestnouveau pourla science.
l,e Prodroinus redige, comrae nous I'avons dlt plus liaut, d'a-
pres les principes de la inethodenaturelle, commence par les fa-
milies dont I'organvsationestlaplus diiveloppee; son auteur suit, a
peu de modifications pres, la raarche qu'il a tracee dans la seconde
edition de sa Theorie elementaire. Les caractcres des grands em-
Lranchemens des classes et sous-classes sont d'abord exposes avec
uneconcision quine nuit en rien a leur clarte. Ceux desordres ou
families ont comparativement plus d'etendue, parce que leurs
limites sont uioins fixes; des annotations a la suite en font connaitre
les liaisons. II en est de menie pour les genres, oil les noms des,
auteurs sont soigneusement indiques. Quant aux especes, une
phrase caracteristique , le plus possible comparative, suffit pour
les distinguer. Fidele aux principes qu'il a etablis dans sa theorie,
il n'adraet que le nora de I'auteur qui a le premier fait connaitre
la plante, raais il indique la synonymic quand elle lui parait im-
portante ; la citation d'une ou de plusieurs planches acheve de ne
laisser aucun doute sur I'espece , et lorsqu'elle offre des varietes,
remarquables,celles-ci sont mentionnees avec des noms adjectifs
ou merae des lettres de I'alphabet grec, et accompagnees de
leurs caracteres distinctifs.
Les plan tes Vasculaires ou Cotyledonees offrent pour i""©.
classe , les Dlcotylcdonees ou Exogenes , qui se divisent elles-
memes en plusieurs sous-classes , dont la i"^**. comprend les^
Thalami/lores. Cette sous-classe est traitee en entier dans le vo-
lume qui a paru. Elle renferme cinquante-quatre families, dont
nous allons passer en revue les plusremarquablcs. Nous sommes
encore trop raj)prochcs dc I'epoque ou les onze premieres ont
6te exposees avec tout le devcloppement convenable dans les
deux premiers volumes du Srstcina vegctabilium , pour avoir a
signaler des additions tres-importantes. Quelques especes ajou-
-tees surtout aux grands genres de Renonculacees , de Cruci-
feres; cos especes debrouillces avec soin ( comme par excmple
celles du genre Aconituin , par M. Seringe), I'etablisscment
d'un petit nombre de genres nouveaux dans la faniille des Cru-
ciferes, communiques par M. Andrzcjoski, la citation des e&-
Botcinique. 249
peces interessanles on ambin;ues figurees dans le second volume
des Icones selectee de M. Benjamin Delessert ; voila ce qui est
ajoutc aux belles monographies de ces families contenues dans le
Systema. Les Capparidecs divisees en 2 tiibus qui portent les
iioms de Cleoim-cv et Capparecs , renfcrnient plusieurs genres,
nouveaux formes aux depens de plus anci( ns. Parmi les Cleo-
mees on trouve les suivans : Cleomella , Peritoma et Gjnan-
dropsis , qui appartenaient au genre Cleome de Linne. Le nou-
veau genre Niebuihia est place dans les Capparees. La famille
des Flacourtianece etablie par feu Ricliard , quoique peu nom-
breuse en genres et en especes , est parlagee en 4 Iribus sous les
noms de Patrisiece, FlacotirticcE , Kiggellariece et Erjthros-
permece. Les Bixinees , fondees recemment par M. Kuntli , ont
ete traitees d'apres les indications de ce savant botanis'te. RL Du-
nal s'est charge de rediger les Cistiiiecs , et ce premier travail
fait desirer qu'il lui donne una suite dignc de ses Annonacees.
La famille des T'iolariees a ete confieeaux soins de M. de Gin-
gins , qui en avait precedemment expose les caracteres dans les
Memoires de la Societe d'liistoire naturelle de Geneve. Les tri-
bus nommees Fiolece , Jlsodincce et Sauvagece , partagent cette
famille. Viennentensuite les Droseracecs ,Ti. C, les Poljgalees de
Jussieu, les Treinaiulrees ei les Pittosporecs de R. Brown, et les
Franhcniacees d'Auguste St.-Hilaire. Adoptant I'ordre etablipar
cesauteurs, M. de Candolle a seulement ajoute un grand nombre
d'especes et mieux circonscrlt les genres. Les Caryophyllees , fa-
mille presque touteeuropeenne, ont ete elaborees par M. Seringe,
quin'y a pas etabli d'autres coupes que cellcs dounees par M. de
Candolle dans la Flore francaise, c'est-a-dire , les tiilenees et les
Alsinccs. Mais on doit lui savoir beaucoup de gre pour la dis-
tinction clairement exposee des especes si nonibreuses de la plu-
part des genres. Celui des Silc/ie , qui en contient 217, est I'ou-
vrage de M. Otth , de Berne.
M. de Candolle a divise artiflciellement les Malvacees en 2 grou-
pes ; le i*""". caracterise i^ar Ic calice double ou reint d'un involucre;
le second par le calice nu a sa base ; cetf e famille comprend les 3
premieres sections des Malvacees de M. de Jussieu, et a cet egard
les idees de I'auteur sont tres-concordantes avec cellcs de MM. R.
Brown ct Kunth , qui ont public des memoires sur les limites de
cette famille. L'auteur a substitue aux noms de Stcrculiacees et de
Hcimanniacees, proposes par MM. Ventenat et de Jussieu, celui
:25o Botatiique.
de Byttncriacvcs ^ adopte p.ir M]M. R. IJrown et Kuntli ; parce que
cps auteurs, et particulierement celui-ci , ont complete I'histoire
de ces plantes. Les tribus de cette famllle sorit : les Sterculiees ,
D C. , ou Slerculiacees , K"'. ; Bjttneriees , D C, ou Bjttneria-
cece vercB, K^i'.; Lasiopetalecc , Gay; Herman niece , DC, ou
Herman niacece, R'l'. ; Dvmbeyacecr , K'''., et JFallkhieae , D C.
Cette derniere tribu renferme plusieurs nouveaus genres dont
nous avons parle dans !e n°. i^"". de ce Bullelin.
La faniille des TdiaccJes a etc limitee aux genres dcsignes par
IM. Knnth dans les Nos'a Genera de M. de Humboldt. Les Elceo-
<'arj)ees de M. de Jussleu , ainsi que les Clilenacees de M. du Petit-
Thouars, ont ete traitees d'aprcj les indications de leiirs auteurs
*auf quelques additions de genres , places a la suite. Cinq tribus
partagent la famiile des Ternstr;emiacees ; ce sont les Ternstrce-
miecE , Frezicrece, Sauraujtce, Laplacece et Gordoniece. L'auteur
ayant public uii meraoire special sur cette famiile, parmi ceux de
la Socleie d'liistoire iiaturelle de Geneve, nous en rendrons un
conipte detuiile. Nous nc pouvons pas ici nous etendre sur les
, Camelllees, Olacinces et Aurantiacees, families norabreuses en
genres , dont la stracture n'est pas tonjoiirs bien connue.
I\l. Choiiy , auleur d'un Prodrome de IMonographie des Hype-
ricinees, en a donne I'extrait dans I'ouvrage de M. de Candolle.
Le meme botaniste a fraite egalement les Guttiferes d'apres la
dissertation qu'il vient de publier dans la seconde partie des Me-
moires de la Societe d'histoire naturelle de Paris , et dont nous
avons rendu com])fe dans le n". precedent ; enfin on lui doit
encore renumeralion des plantes de la petite famiile des Marc-
giaviacees. M. de Candolie adopte les Hij)pocrateacuPS et les
Erylliroxylees de M. Kuntli. Dans les Malpigliiacees il etablit
3 tribus. Les I\Ialj)ighiecs (^MalplghiecE) , dont le genre Mai'
pighia de Linne est le type; les liipiagecs ( Hiplaf^ccv), oil Ton
trouve le Gnudichaudia de M. Kuntli et le Camarea que M. de
S lint-Hilaire a public recemment dans le Bulletin de la Societe
pliilomatliique, et les Banistcriets renfermant plusieurs genres
iKiuveaux de M. Kunlh , ou niieux circonscrits par cet auleur
.dans ses Nova genera.
Les Acerinees et les Hippocastanees, etablies [)ar l'auteur dans
.<a Tlieorie elemenfaire, continucnt d'etre separees dans le Pro-
dromiis. M. de Candolle propose ensuite une nouvclle famiile sou*
ic nom de Rliizobolecs, et formee uniqucment du genre Carinrar
Bolaniqne. 2.5 1
tie Linne , ou Rhizobolus de Gsertner. Les Sapinrl.icees sont di-
visees en 3 groupes d'apres les indications de M. Kuntli, savoir :
les PauUiniees, les Sapindees , et les Dodonaeacees. Tiois tribns
constituent la famiile des Meliacees; ce sont les Meliees , les Tri-
cliiliees , et ks (Jedrelees de M. R. Brown.
Sous le nom d'Ampelidees, deja propose par M. Kiintli ,
M. de Candoile ducrit la famiile des Vignes de 31. de Jussieu. A.u
groupe des Sarnientacees ou Vigniferees, il ajoute une scconde
trilju dont les caracteres sont encore obscurs,et lui doiine le
nora de Leeacece , formee du genre Leea de Linne et du Laian-
thera de Beauvois.
Les Geranlacees , bornees anx seuls genres Rhyjichotheca ,
Monsonia, Geranium ^ Erodiuin et Pelargonium, sont reniar-
quables par le nombre considerable d'especes que ces genres , le
dernier surtout, renferment. M. de Candoile en a detache la fa-
faniille des Oxalidces, eta adopte les Tropa?olees de M. de Jus-
sieu et les Basalininees de M. Acbille Richard.
Les Zygopliyllees, detachees des Rutacees par M. R. Brown,
sont partagees en deux groupes naturels d'apres leurs feuilles
alternes ou opposees. Les nombreux genres de la famiile des Ru-
tacees sont distribuiis dans deux Iribiis, savoir : les Diosmees et
les Cuspariees , sur lesquelles M. de Candoile a public unc disser-
tation dans les Memoires du Museum. Dans cette famiile, ainsi
que dans les Oclinacecs et les iSImaroubees , se Irouvent decrites
une grande qiiantite d'es]ieces nouvelles rapportees du Bresil par
M. Auguste de Sainl-Hilaire. F.nlin, M, de Candoile a etabli la fa-
miile des Coriariees, composee nniqueinent du genre Coriaria ,
quejusqu'ici on n'avait pu placer.
Dans renumeralion rapideque nous venons de donncr , il ctait
impossible de signaler tons les avantages que presente I'ouvrage
de M. de Candoile. Nous n'avons pas nieme pu citer tons les gen-
res nouvellement ctablls, et a ])liis forte ralson les nouvelles es-
peces. Lciir nombre est considerablement augracnie; mais cette
augmentation resuUe uniquement d'objets entierement nouve.iuX,
car on observe que beaucoup de planles, donnees anparavant
comme especes di^lincles, ne sont ici que de simples varietes ;
c'cst ce dont les genres Jconitum, Silene et Pehirgonittm nous
offrent un exemple frappant. La place de plusieurs genres rejc-
tcs parmi les Jncertce scdis dans le Genera de M. de Jussieu, a
cie dcterminee, et pour la phipart dune mnniere certaine, par
M.de Candoile. J. A. Guii-lkmih.
252 Eotnfiiqne.
3 1 5. Stirpescrtptogam/e VocESO-RHENANi;, quas in Rheni su-
perioris inferioribusque necnoii Vogesorum pr:efccturis ,
coUegerunt J. B. Mougeot, Bruyerensis, M. D. et Nestler,
Argentinensis pharm. Bruyerii-Voges. Typis M. Vivot.
Cet ouyrage ol'frele resultat de I'une des entreprises lesplus utiles
en botanique, et qu'il fallait autant de patience que de connais-
sances pour executer. Fruit de penibles rccherclies , de longues
fatigues, d'licrborisations continuelles, il est plus que tout au-
tre traite crvptogamique, capable de lever toutes les inexacti-
tudes synonymiques qui f'esaient jusqu'ici, de I'une des plus in-
teressantes parties de la science, uncbaos inextricable. En effet,
aujourd'hui que les botanistes ont jete leurs regar<ls dans les
tribus infinies de Mousses, d'Algucs et de Champignons, qu'ils
avaientlong-tenipsdedaignes,onavu ecloreune multitude de frai-
tes, dont quelques-uns, ornes de bonnes figures, simplifient I'etu-
de, et fixeiit lesdoutes, maisqui, quelque bien faits qu'ils soient,
sont tout-a-fait insuffisans. Quelque soignee et minutieuse que
soit unc description , elle ne suffit plus ; et quelque exacte que
soit un dcssin, il peut encore laisser a desirer. II n'en sera jamais
de menie pour I'ouvrage de MM. Mougeot et Nestler. Ce n'est
ni par des phrases sans fin , remplies de details minutieux entre
lesquels on omet trop souvent de citer les caracteres positifs ; ni
par de ees gravures oul'artiste, etranger a la science, n'a pastou-
jours saisi ce qui constitue les differences ou les rapports des
especes, cpienos savans ont entrepris de faire connaitre laflore
cryptogamique de leur pays ; c'est a I'aide des plantes memes
dont elle sc compose; plantes veritables , dont les echanlillonssont
parfaitcmcnt choisis, et dans un etat de conservation remarquable
par sa fraicheur.
Places dans I'une des parlies niontucuses de la France, lesplus
ferliles en Cryptogames, MM. Mougeot et IVestlcr explorent sans
cesse la region des Yosges. Celte region leur offre des sommets
eleves, et deprofondes vallees, des plaines , des coUines, de vastes
forets, de riantes prairies, d'orgueillcuses chaines, des rocs de-
pouilles de mousses, des rivieres, des marais et des etangs. Tou-
tes CCS localites prodiguent, commcon le sait , les richesses mys-
terieuses de la parure de I'lore, qu'il est Ic plus difficile de con-
naitre. Les auteurs de I'ouvrage que nous annoncons n'en ont
pas laisse echapper la moindre partie; les elegantes fougeres, les
vcrdoyantes mousses, les lichen's varies, les champignons et les
Boiaiiique. aSS
mucedinees sansnombre; enfin,les fugaccs algues aqualif|uesont
egalement attire leur attention, et I'exactitude avcc l.iquelle clia-
queespecea ele duterminee est au-dessiisde tout eloge: on peut
regarder les Stirpes cnptognmce i'ogcso-rhcnance , comme une
bible cryptogamique. L'ouvrage se compose de liuit fascicules
ou volumes in-/l°. dont le premier parnt en 1810; le second en
1811 ; le troisieme en 1812 ; le quatrieme en i8i3; le cinquieme
en i8i5; le sixieme en 1818; le septieme en 1820; le huitieme
•vient de paraitre dans le mois de dticembre iSaS. Le neuvieme
sera probablement livre aux savans pour la fin de la presente
annee. Cliaque volume contient cent plnntes , parf;iitement dis-
posees, eleganimcnt ])reparees, munles de leur fructification.
Lorsque la cryptogamle des Vosges sera ainsicpuisee, les auteurs
donnerontune sorte de species, dont les fascicules que nous an-
noncons peuvent etre considcres comme les planches.
La synonymic, seule partie imprimee jusqu'ici dans la page ou
se trouve cliaque plante, accompagne celle-ci avec la note de
riiabitat et I'enonce de quelque particularite jusqu'ici non ob-
servee. Cette synonymic est coraposee du nom que lui a donne
I'inventeur, c'est-a-dire le botaniste qui I'a decouverte, du nom
Linneen, et quelque fois d'un ou deux autres employes par des
auteurs qui font autorite. On a adoptc pour les fougeres la nomen-
clature linnecnne ou de Willdenow; pour les mousses ccUc d'Hed-
wig, de Scliwsegriclien, de Bridel, de Dickson, d'Hoffinann, de
Weber et Molir, de Hooker, ou autres muscographes moder-
nes; pour les hcpatiques ctjungermannes, celle du meme Hooker;
pour les lichens, celle d'Achar, de Floerke et de Dufour; pour
les champignons, celle de Persoon; et pour les confcrves et au-
tres algues d'eau douce, celle de Bory de Saint-Vincent. Ce qui
doit etonner tout cryptogamiste exerce qui connait fextrerae
difficuUe de Lien determiner les plantes obscures dela vingt-qua-
trieme classe du systeme sexuel, c'est que sur les huit cents cspeces
jusqu'ici publiees, il ne s'( st glisse que quatre ou cinq erreurs, qui
ont ete rectifiees dans le dernier fascicule par des etiquettes nou-
velles envoyees aux souscrij)teurs qui pouiront les colier sur les
etiquettes inesacles. Le beau travail de MM. Mougeot et Nestler
est, sans contredlt,un des plus importans ouvragesde botanique
qu'on ail public sur cette partie. B. de S.-V.
:i54 Botan'tque.
3 16. Zenker et Dietrich Musci Thlriwoici. Fasc. , I, II, III.
Jena, 1821, iSiaet i823. In 8.
Concu sur le plan du vaste travail de MM. fliougeot et Nes-
tler, mais d'apres une echelle nioins etendue, I'ouvrage de MM.
Zenker et Dietrich n'en est {)as moins bieti execute. A ingt-cinr[
plantes seulement ont paru dans clmque caliier. Celles-ci sont eie-
gamiuent prepareeset deterraineesrigoureusement; une descrip-
tion plus ou moins etendue dans quelqucs pages de lexte, accom-
pagne cliaque mousse. Les fougeres, les licliens, les champi-
gnons et les ])lantes aquatiqiics n'ont point acces dans la collec-
tion des savans alleinands , que nous reconimandons neanmoins
aux naturulistes qui s'adonnent speclalement a I'hisloire des
mousses. B. de S.-V.
317. De Euphorbiacearum generibus medicisque earomdem
viRiiius tentamen; auct. Adriano he Jussieu , D.-M. In-4. ,
1 1 8 p. et tab. aenels 18. Paris ; 1824 ; Becliet jeune.
La famille des Euphorbiacees, quoiqne tres-naturcllp et deja
admise par les auteurs anterieurs au Genera de M. de Jussieu sous
le nom de Tricoccoi , offre cependant des variations remarqua-
bles dans la structure de ses fleurs. Elle n'est pas du nombre de
ces families tellement naturelles qu'il faut avoir recours a des
caracteres minutieux pour y etablir des coupes generiques. De-
puis une trentaine d'annces, un grand nombre de genres et d'es-
peces , qui devaient venir s'y ranger, avaient ete decrits par
divers auteurs; ces plantes exigeaient un nouvel examen atteiitif;
et une comparaison exacte avcc les genres deja rapportes a ce
groupe etait devenue indis])ensable ; reunir a cet examen bo-
tanique les resuUats des observations de tous les auteurs sur les
proprietes medlcales de plantes , douses en general de propritilcs
tres-energiques , et montrer runiformite de leur mode d'action,
c'etait completer autant que possible I'exanien de cette famille
importante ; c'est le but ([ue M. Ad. de Jussieu se proposait dans
la dissertation ou plutot I'ouvrageque nous annoncons, et I'anahse
que nous allons en faireprouvera qu'il I'a reellement atleint.
Deu\ parties distinctrs, la i"^*^. bolaniqiie,la 2*'.mcdicale, romp.)-
sent cet ouvrage ; la premiere doit surtout fixer notre attention.
Apres avoir expose le caractcrc general de cette famille, raufcnr
v elablit six sections, foncK'-es sur le noinbre des ovules co.Tlenui
F>otnn'ujue. •2!jS
d.nns cl.nque loge de I'ovaire, sur le nombre et le mode d'iiiser-
tion des etamines, et sur rinflorcscence.
Dans les deux premieres sections , les loges de I'ovaire ren-
ferment deux ovules ; dans les quatie autres sections, elles sent
uni-ovulees. Des caracteres fournis par les fieurs males, servent a
distinguer les deux premieres sections. Dans la premiere, les eta-
mines sont inserees autour du rudiment du pistil , qui occupe le
centre de la fleur ; dans la seconde , ce rudiment d'organe f'emelle
manque, et les etamines sont inserees au centre meme de la fleur.
Dans la troisieme section, les flours presentent souvent une corolle
forniee de pelales pins ou moins developpes, et que beaiicoup
d'anteurs avaient regardes tantot comme de simjiles ecailles ,
tjintot comme uu double calice ; les fleurs sont fasciculees en
cpis ou en panicules. Dans la quatrieme, les fleurs sont constam-
ment ajxjtales et reunies en pelits faisceaux disposes en epis.
Dans la cinquiehie, elles sont toujours en e\ni allonges, con-
venes de braclees ou en chatons. Enfin, la sixieme renferme les
genres dont les fleurs males et femelles sont reunies dans un in-
volucre commun.
Ouire un grand nombre de genres connus dont I'auteur a v(5-
rlfie et souvent modifie les caracteres, des es])eces nouvelles ou
jusqu'alors mal etndiees lui ont fourni i5 genres nonveanx, et
cependant, loin de clierclier a augmenter inutilement ce nombre,
il ne s'est decide a creer de nouvelles divisions que lorsque des
caracteres importans, du meme ordre que ceux deja employes
dans la meme famille, I'exigeaient. Ccs additions portent a 85 le
nombre des genres d'Euphorbiacees; ce nombre est jiar conse-
quent presque triple depuis la publication du Genera Plantaruin,
de M. L. de Jussieu.
Apres avoir donne un caractere etendu de clia(jue genre,
I'auteur cite les diverses especes qui doivent y rentrer, ou celles
au contraire qu'on doit en eloigner; de sorte que, sans donner
de details specifiques, il fixe cependant avec precision lesliniites
des genres, et indique les plantes,sur lesquelles il a eu occasion
de fonder les caracteres generiques qu'il vient de tracer.
II serait impossible de rapjiorter ici les caracteres de ces di-
vers nouveaux genres, dont le nombre est considerable, d'au-
tant plus ([u'il serait necessaire, pour lesrendre comparatifs , de
donner aussi ceux des genres deja connus, que !M Ad. de .Tnssien
a souvent beaucoi'.p niOi'iflos. Oa trouvcra u;i extr.iit delaille de
2j6 Botanique.
cette partie du travail de M. de Jussieu dans les Ann. dcs scienc.
natiir., fcv. 1824.
18 planches, dessinees avec beaucoup de soin par I'autour et
fort bien gravees, representent les caracteres de tons les gen-
res de cette faniille que M, de Jussieu a pu observer dans les her-
biers de Paris.
Sous Ic point de vue des proprietes medicales , I'auteur reniar-
que avec raison que si elles presentent quelques niodificalions,
cela parait tenir a ce que le meme principe agit difftTemment
suivant sa plus ou moins grande quantite, et en second lieu sui-
vant la partie de la plante qu'on emploie. C'est ainsi que la
meme substance qui, en petite quantite, h'est qu'excitante , diu-
retique , emnienagogue , etc. , en plus grande proportion pcut
devenir purgative , et a plus forte dose peut meme aglr comme
vomitive. Ad. B.
3 1 8. Beitrao zdr Flora Brasiliens , von Maximilian von
Wied-Neuvv'ied mit Bescbreibungen von D. Nees von Esen-
BECK und von Martius. ( Nova acta Ac. Ctvs. Leop. Car.
Nat. curios., vol. XI, pag, i. )
M. le prince de Neuvvied ne s'est point contente de rapporter
d'Amerique des quadrupedcs et des oiseaux : voulant se rendre
utile a toutcs les parties de I'histoire naturelle, il a aussi re-
cueilli un grand nombre de plantes ; mais comme ses travaux
ornilhologiques ne lui permettaient pas de les decrire, il a char-
ge de ce soin les botanistes les plus eclaires de rAllemagne.
M. Schrader a deja fait connaitre une partie de riierhier de
M. le prince de NeuAvied. Aujourd'hui ce sont MM. Nees et
Martius, a qui le savant professeur cede la plume, et il ne poii-
vait la remetlre a dcs mains jilus habilcs. Ces messieurs decri-
vent environ 80 especes rccueillies principalemenl dans la pro-
vince de Bahia , et dont la plupart sont nouvelles. L'article con-
sacre a chacune est fort detaille el les localites sont indiquecs
avec soin. Les auteurs ont suivi I'ordre nalurel et distribuent
leurs piantes sous 3r litres differens, savoir : grarninees , pipe-
racees, coronariees , commelinees, bromcliees ., iricledes , hemo-
doiacees, hjdrocharUlees , cannees , scitaminees , poljgonccs ,
chenopodees, amaranthacees , urlicces , tricoccees , nyctaginees,
primnlacces , personces, gesneriees , acanthces , bignoniees , vcr-
bcnacics , lahuc; , horragmecs , solanccs , com'olvulacces , gen-
tiances , apocinces , sapoiees , ardisiacces , stjracinees: Ceux qui
Botanique. > sS/
etit I'habitude d'^tudier Ics aftinites desplantes trouveront peut-
6tre que \es piperacees pouv.iient etre mieux pl.icc'es qu'a cote
des coronariees ; que les urticees et les euphorbiacees se lient
mal avcc les amaranthacees et les nyctaginecs ; les convohmla-
cees avec les solanees ; mais il est bien evident que ces messieurs ,
siiivant rexemple que I'illuslre Brown a donne dans son Pro-
dromus , ne se sont point occupcs des rapports des Taniilles
entre elles. Les seclateurs des affinites nalurelles diront nussi
que le sagittnria palcefolin ne devait point etre rapporte aux
hydmckaridec.s ; Vhefanthia aux priinulacces ; le gloxinia aux
bignonee.t. Mais lorsque des plantes sont decrites avec autant de
details que les deux auteurs en ont mis dans leur ouvrage , des
deplacemens tels que ceux que nous venons de oiler, n'oiit point
d'inconveniens , parce que tout le monde peut rendre sans
peine a cliaque genre la place qui lui apparlient , et les impri-
meurs ou les copistes restent seuls responsables d'inadvertances
que personne ne songera jamais a reprocher a des auteurs
instruits. A. F. C.
319. Plantes ustjelles des Brasiliens, par M. Auguste de
Saint-Hilaire. tine llvraison in-4'> avec 5 pi. Prix, 5 f'r. Paris;
1824 J Grimbert,
Les personnes qui ontentrepris des voyages lointains ponr re-
culer les bornes de la science des vcgetaux etaient rareniont assez
preparecs pour un but si louable. A peine versecs dans les pre-
miers elemcns de la botanique, elles elaient reduites au travail
manuel de simples coUecteurs , et plusieurs d'entre elles se sont
illustrees a leur relour par des ouvrages excellens : elles doivent
cet avantage a des etudes postorieures. Mais quand un botaniste
initie dans tons les principes de la science qu'il a deja enrichie
par ses propres travaux , familicr avec les analyses les plus deli-
cates, et doue d'une ardeur capable de resister aux fatigues et aux
privations d'un long et penible voyage , va exp'orer des pays
lointains, les resultats d'une semblable cntreprise doivent etre
les plus satisfaisans. L' Academic des sciences et les jjrofesscurs
du Jardin du Pioi ont deja applaudi aux nobles efiorts de
M. Auguste de Saint-Hilaire; nous soubaitons, dans I'interet
de la botanique, que le gouvernement f'rancais veuille bien ac-
corder a M. de Saint-IIilaire la seule recompense qu'il reclame ,
celle de le mettre a meme de pouvolr publier ses iramenses ma-
B.ToME L 17
q58 Botanique.
teriaux. En allcmlanl que scs esperances se realisent , et pour
faire ioiiir Ic public de qiic!qucs-uncs de scs impoitantes obser-
vations, M. de Saiiit-IIilaire a commenco plusieurs publications,
parml lesquelles la collection dcs plantes usuelles des Brasilier.s
est sans doute une des plus intC-ressantes. Nous ne repetons pas
cc qui a ete dit dans le prospectus sur I'utilile et le plan de cet
cuvrace. "Nous pouvons assurer qu'il rcpond parfailement a I'at-
tente desbolanl;.tes. Le premier cahler renferme la description do
huit espcces de plantes appartcnant a divorses families, mais ana-
logues entre elles par leurs propriett's febrifuges ; savoir : i. le
Strychnos Pseiulo -China ou Quina de Campo ( S. caule inermi,
tortuoso ; cortice suberoso ; folils ovatis , quintuplinerviis ,
subtus villosis ; floribus raccmoso-paniculatis , axillaribus, pe-
duncullsque villosis. Aug. de St.-HU. ) ; son ecorce , d'un usage
trcs- rcpandu , a etc ana]ys«5e par M. Vauquelin. Dans une note
savante M. de St.-Hllalre prouve que les Stiychnees, famille eto-
bllepar Rl. de CandoUe , nc se distingucnt pas suffisamraentdes
autres Apocynces. 2. le Cinchona ferruginea (C. caule frutescente,
gracili,vis ramoso; foliis oblongo-lanceolatis, subangiistis, mar-
nine reyolutis, supcrne profunde sulcatis, coriaceis ; racemis elon-
catis , interruptis. .4. de St.-Hil. ). 3. le Cinchona Vcllozu ( C.
caule frutescente, gracili, vix ramoso ; foliis ovatis, utrinque acu-
minatis, marginercvolutis, supernc profunde sulcatis, coriaceis ;
racemis axillaribus, interruptis. A. de St.-Hil.). /,. le Cinchona Re-
mijiana{C. caule frutescente, gracili, vix ramoso ; foliis la te
ellipticisjobtusis, cuspidatis; in summum pefiolum subdecurren-
tibus, margine revolutis, supenie profunde sulcatis, coriaceis;
racemis axillaribus, interruptis. A. de St.-Hil.) Ces trois especes
de Cinchona., confondues par les Brasiliens sous ie nom de Qui-
na da Serra ou Quina ((e /;<v/?yo,paraisscntjouir de proprldtcs
molns cfficaccs queleQ«///rt do Catnpo. 5. VExostciiia cuspidatum
ou Quina domato (E. foliis niagnis,lan(eolato-ovatIs , cuspldatis
ncrvosls, subtiHs vlUosls ; panicula tcrminali ; limbo calycino
obscure qulnquedontato; ovario longlore ; fdamentls medio vil-
losis- stigmate bifido. A. de St.-Hd.) G. YExostema Australe ( E.
foliis magnls , ovatis, nervosis, inferne subvillosis ; panicula ter-
minali sessill, profunde tripartita; limbo calycino; ovario multo
brcviore,quinquclobo; slaminibus glaberrimis; stigmate indiviso
A de St.-Hil.) .t et la plante sulvatitc sont employes comme fe-
brifuges dans les districts oil dies croissent ; mais Icur reputation
Botaniquc' aSg
m s'efend pas an-dela. 7. Y Evodln febri/uga (E. caule arboreo ;
foliis ternatis ; foliolis lanceolato-elliptlcis , subacuminatis ; pa-
nicula terrainali, pubesconte; nectario simplici ; ovario muricato.
A. dc St.-Hil.^. 8. \q Simaruba versicolor ( S. foliis pinuatis ;
foliolis oblongo-ellipticis, obtusissimis, retusis , nervo medio
pubescente ; panicula terminali laxa ; floribus dioecis , decandris.
Aug. de St.-Hil. ) ou Paraiba des indigenes , est recommand^
comme pediculaire et comme un remede contie la inorsure des
serpens venimeux. C. Kcnth.
320. Flora Veronensis quam in prodromum Floras Italiae sep-
tentrionalis exhibet Cyrus Pollinus ; in-8. , cum tab. turn 1 1 ,
r. i3. lire. Verona; iSaS ; Soc. typ.
321. DissERTATio iNAUGURALis de mcthodo floram regionis cii-
jusdam conducendi , exemplis e flora Scotica , etc. ductis illus-
trata. .Soutenue par M. Ami BouE, a Edimbourg , en 1817.
Pluslems personnes ayant cherche inutilement a se procurer
cette dissertation, nous croyons rendre service aux botanistes par
cette courte analyse. L'auteur y propose de rendre les flores en
general plus interessantes , et de changer en ouvrages d'un grand
interet ces esquisses botaniques, qui ne sont trop sou vent one
de simples catalogues. Pour atteindre ce bnt, l'auteur voudrait
ajouter a la flore ordinaire d'un pays la geographic des plantes
de cetle contree , la moniere de vivi'e des vegetaux decrits,
leurs maladies, les faits physiologiques curieux que presentent
certaines de ces plantes, leur composition chimique et les sub-
stances qn'ellcs produisent, leurs usages, des observations sur
la culture de cos plantes et sur les arbres forestiers, la maniere
de conserver les differentes plantes dans un herbier, la compa-
raison de la flore a celles d'auttes pays, enfin un catalogue des
noms des plantes dans les differens idiomes du pays dont on
decrit la vegetation. L'auteur donne des details sur chacun de
ces articles additionnels k une flore, et s'etend beaucoup sur la
geographic des plantes de I'Ecosse. La geographic des plantes
comprend, suivant lui, leur hauteur relative au-dessus de hi
mer, leur distribution proprement geographique, leur situation
geognostique et leur exposition. En parcourant I'Ecosse, il est
impossible de ne pas s'apercevoir que les vegetaux varicnt beau-
coup suivant la hauteur a laquelle on sc Irouvc , et il arrive
•convent qu'on s'elcve dans quclques heurcs de la mer jusqu'a 3
"iCo Botanique.
ou m^me 4oo* pieds anglais. Les plantes ecossuises peuvcnt ^tie
tlistribu(5es datis 4 zones , la zone maritime, la zone des plalnes,
la zone subalpine et la zone alpine. La zone maritime coniprend
les plantes marines et celles qui Tegetent sur les sables ou les
marecages des rivages, ou sur les rochers qui les bordent, et qui
ne s'elevent pas au-dela de loo a i5o pieds. La zone des piaines
comprend totites les plantes qui sont situees de 3o a 60 pieds
au-dessus de la mer, jusqu'a 5oo ou 600 pieds. Dans la zone
subalpine se trouvent toutes celles qui s'elevent de ce point jus-
qu'a 1700 ou 1800 pieds, et dans la zone alpine sont celles qui
doniinent dans la region encore plus elevee. Malgre que quel-
ques vcgetaux se trouvent par diflerentes raisons ou circonstan-
ccs accidontelles dans plusieurs zones a la fois, I'auteur n'eu
regarde pas moins sa division comme gcneralenient vraie. II re-
prtnd ensuitc chaque zone a part, ii en cite les plantes ou dii
iDoins celles qui sont les plus remarquab^es, et il compare en
meme temps la vegetation ecossaise a celle de la Suisse. Sur la
premiere region , nous nous contcnterons de laire observer que
la Suisse ne renfcrme aucune des plantes maritimes, a I'excep-
tion du Plantago mdr-itiiiia , et de quelques plantes vivant sur le
sable des rivages, comme Ic Galium veriun , etc. Dans la seconde
region, I'aufcur parle d'abord des plantes des champs et des
piaines , dont le nombre des plianerogames s'eleve a 276 , et dont
il ne manque que aS a la Suisse. II fait plusieurs lemarquos
comparatives sur les differences d'babitation de certaines plantes
suisses et ecossaises, sur I'abondance et sur I'elevation respec-
tive de certaines plantes dans ces deux pays. II passe ensuiteaux
plantes des bois ou qui vivent a rombre; toutes celles d'Ecosse
se trouvent en Suisse, a I'exception de 1 ou 3. II en est a peu
prcs de meme pour les plantes des endroits marecageux el liu-
mides, sur lesquels I'auteur fait aussi des remarques compara-
tives. Enfin il parle des plantes aquatiques. La region subalpine
se trouve sous-divisee en inferieure et superieure; les plantes de
chacune de ces sous-divisions sont citees ; il n'y en a que 7 qui
manquent en Suisse. Ensuitc il donne la liste des plantes distri-
buees dans toute la region indistinctement; la Suisse les a toutes,
a I'exception de 6. Leur distribution sur les montagnes, les
collines ou dans les vallees, est dttaillee. La region alpine se
sous-divise aussi tommc la prc'cedente; le Trientalis ciiropcea est,
par exemplc, dans la paitie inferieure, ct la Cardamine peturaa
Botanique. aC i
dans la partie sup^rieure. Apres cela viennent Ics plantes distri-
buees dans toutc la region, dont une seule manque a la flore
Suisse. Get article se termine par une espece de tableau rcpre-
sentant les variations de la vegetation qu'on observe en parcou-
ranf de basen haut celteinteressante zone alpine. L'auteur passe
de la a la distribution geograpliique proprement dite des plantes,
il donne une idee de la vegetation et de la culture de chaque
comte d'Ecosse. II y fait reinarquer les plantes les plus interes-
santes ou les plus rares , comme la Buxbcminia apliylla dans les
environs d'Edimbourg , et il y monlre que certaines plantes se
prolongent de la cote occidcntale de I'Ecosse jusquedans le pays
deGalles, le Cornouaille, la Bretagne et le Portugal , comme
par cxemple le Crithinuin inaritiinuin , le Pinguicula lusitanica ,
etc. II fait aussi I'observation curieuse que V hypericum caljcinuin
ne se trouve presque que dans trois endroits de I'Europe, pres
de Tork en Irlande , a Constantinople et dans le comte d'Ayr.
Dans I'article qui traite de la situation geognostique des vegetaux,
l'auteur distingue les plantes qui ont besoin d'eau ou de sol pour
vegcter , et celles qui s'attachent aux roches. Les premieres se
sous-diviscnt en aquatiques ou terrestres, les aquatiques peuvcut
etre des plantes marines, d'eau douce , de tourbieres et de ma-
recages ; les terrestres peuvent exister sur un sol siliceux, argi-
leux , calcaire, salin , de fumier ou volcanique. Les plantes qui
s'attachent aux rochers peuvent se distinguer suivant qu'elles
s'attachent de preference aux roches granitoides , quartzcuses ,
arenacees, basaltiques, sienitiques, et aux roches de micaschiste ,
de schiste argileux et de calcaire dur ou tendre. L'auteur donne
ensuite des exemples de cliacune de ces subdivisions de plantes,,
et il cmprunte ces exemples a la flore ecossaisc et anglaise. Dans
rarticle suivant de I'exposilion des plantes, il parle d'abord de
cellos qui sont plus ou moins exposees aux rayons du soleil , et
ensuite de celles qui vivent dans I'ombre ou I'obscurlte, comme.
dans les mines. II fait aussi rcssortir la preference que certains
vegetaux montrent surtout en Ecosse pour I'exposition aunord,
au sud ou a I'orient. Apres avoir ainsi cpuise la geograpiiie
des plantes, il passe a leur maniere de vivre; puis il parle des
plantes parasites, des plantes solitaires et de celles qui vivent
au contraire en so.Iete : des exemples appuient toujours ses
remarqucs. II dit .nussi quelqncs mots sur I'age des plantes , sur
Ic tempi d« leur .«;orlie de tcrre, cclui de leur .^loraison et de l«ur
■_S-i Botanuiue.
frucfification. En Ecosse, los plantes fieurissent un mois oii 6 se-
inaines plus tard qu'en Suisse. Enfin cette these se termine par
6 chapifres tres-courts sur lesmaladies'des plantes, leur physio-
logic, leurs usages et hi manierc de comparer unc florc a une
autre. ^^
322. Sua i'OEiGiNE nu MAIS , par M. ScHouw [Tidsskriftjor Na-
turvidensk. Copenhague, iSaS; t. Ill, p. i3a).
Apres avoir tradult en danois nne petite dissertation dans la-
quelle RI. Regnier etablltque I'Amerique n'estpashi vraie patrie
du Mais , I'auteur de cet article expose ksraisons qui le fontpen-
cher pour I'opinion generalement i-ccue, contre celle deRegnier,
qui est aussi celie de C^ffareWi. {Bifdioth. P/tr.'!. econ. i8i8). II
dit entre autres , queparmi les plantes phanerogames, il y en a
tres-peu d'especes communes' anx p.trties chaudes des deux con-
tinens ; ce qui donne lieu de douter que le Mais soit compris
dans le petit nombre des exceptions. — Dira-t-on que cette
plante a ete portee originairement de la partle orieutale de
I'Asie dans I'ouest de I'Amerique? mais alors comment se fait-
il que la culture en soit prcsque inconnue a la Chine et au Japon,
el subordonnce dans I'lnde a celle du riz on du froment ?
C. M.
323. ScLf.A NATURAiizAzioNE DELLE pi.\NTE. Observations du
D'. Savi , Prof, de hot., etc. , a Pise. {Nuov. Giorn. de' lette-
rati, n". a, 1822)
Les regies etablies par M. Savi , pour naturaliscr ccrtalnes
plantes exoliques, se reduisent a celles-ci : i". les faire passer
graduellcment a des expositions plus froides ; 2". les placer le
plus possible h I'abri des vents dominans ; 'i°. choisir des ter-
rains qui, par leur composition , soicnt de raauvais conductcurs
de la chaleur; /(". prendre de preference des plantes venues de
graines, et nccs dans le lieu ou se font les experiences.
L'autcur fait prccedcr ces regies de quelques developpemens
fondes sur les cffetsdc la gciee, observes a Pise et dans les envi-
rons, pendant les hivers les plus rigoureux , notamment cclui
dc 1820, et de plusieurs falts relatifs a la naturalisation dans
ce pays de plusieurs plantes exotiqucs. D. U.
324. Sur le jARniN nE botaniqttf. dc la Compagnie des Indcs
Zoologie. 2G5
aiiglaises, pres de Calcutta au Bengale. {Mui^azin Jor Rcisc
itigttagelier de iVycn//>» ; Copenhague , 182':^, t. 3, p. 3o5.)
Dans une lellre en danois , signee B. W. , se trouve unecouttc
description de ce magnifiqiie jardin , dont I'ctendue est de aaoo
begas, oil 3oo ouvrlers sont occupes journclIcnjeiU , et qui
coute d'cntretien environ 60,000 ronpies. II est silue sur la
rive gauche du Ilougli, dans une situation delicieuse, a unc
bonne Leure de chemin de Calcutta. L'liabltation du diretteur
est de la plus grande elegance. On cullive dans ce jardin en-
viron i!looo especes de plautes rassemblees , de toutes les parties
dumonde, et le nombre s'en accroit journellement, surtout par
ctlles que Ton dccouvre dans le Nepal et le nord de I'lnde. Situe
j)ar 22" de latitude, ce jardin n'a nul besoin de serres, mais
sculcnient de dispositions pour preserver cerlaines plautes ,
particulierenient cclles des montagnes , de I'exccsdela clialeur,
dc riiumidit^ excessive et de la trop grande lerlilite du sol.
C'est ce cju'on obtient au moyen de long.ies caisses elevces au-
dessus du niveau du terrain , renij)lies de (erre legere , melee
de gravier et de pierrallies dans differentcs proportions, om-
bragees par de grands arbres , et percees de nianiere a ce que
I'eau ne puisse jamais y demeurer. II y a une plantation d'ar-
bres de Teck i^Tectomi grandis) , a I'abri desqucis se plaisenl les
caffiers. On dit que la plante du the lie reussit pas dans ce
jardin, non plus que la vigne. On remarque particulierement
deux figuiers des Banians (Ficus indica), vie«ix el foit gros. L'un
d'eux est au bord de la riviere, a proximite de la niaison. Son
tronc principal a 28 pas de four, et avec les 19 tiges qui I'en-
tourent , il couvre un es])ace dont le circuit est dix fois plus
grand. Le local ou est le jardin appartenait a un general nomm^
Kyd, qui en a fait don au gouvernement pour sa destination
actuelle , et Ton y a eleve un petit monument a son honneur. Ce
jardin si precieux pour la botanique et I'econoniie rurale des
Indes , est en nienie temps une delicieuse promenade ])(>ur les ha-
bifans de Calcutta , qui s'y zendent par eau et par terre. C. M.
ZOOLOGIE.
325. Apeucu sjjr lr diIvf.loppemet dit nitoM' animaf,. Frag-
ment d'lm manuscrit sur les parties primitives des aniinaux ;
par M. Cahus. (Isis, 11*. livr., 1823, p. 125').} " '
264 Zoohgie.
L'autenr considcre le regne anini.Tl comrae un tout compose
de parties distinguees par des caracteres qui se trouvent en op-
position les uns avec les autres, et qui ne sont eux-nienies que
la repetition de qnelques caracteres primitifs. Ces caracteres
primitifs ou principaux ressortent de deux classes d'organes
dont se compose le corps de I'animal , et plus essentlellement
celui de riiorenie, qui, etant I'cspece la plus parfaile, doit servir
de terme de comparaison pour tons les autres. Ces deux classes
d'organes sont : 1°. ceux de la vie anlmale , 2°. ceux de la vie. ve-
getative ; representes interleureraent par le systeme nerveux , et
le systeme vasculaire; ou bien par la tete (corps animal), et
le tronc (corps vegetatif ou organique). Le primitif de ces deux
corps est \e jaiine ^/'«f/{/ ( vesicula umbllicalis), duquel nait I'un
etl'autre, et oil ils se trouvent confondus. L'auteur distingue
ainsi trois modes principaux d'organisation qui caracterisent
autant de divisions du regne anl)nal , et qui sont :
i". L'cmbraTiclicment des Anunnux-oeufs (Oozoa), chez les-
quels les organes de la vie aniniale et ceux de la vie vegetative,
ne sont point distincts les uns des autres, et qui se trouvent par
consequent dans les conditions de I'oeuf des animaux superieurs,
Ils forment la x^^ . classe qui correspond aux zoophytes.
a°. L'embrancliement des Aniinaux-troncs , chez lesquels les
organes de la vie vegetative predominent : ils forment deux
classes, a*^. classe. Mollusques. Animaux- intcstins [Mollusca),
dont Tappareil digestif, c*est-a-dire I'abdomen , est surtout tres-
developpe. 3*^. classe. Animaux-articules , Aniinaux-pc'aux{^Ar~
ticulata\ ou la peau, Tapparcil respiratoire, et les organes lo-
coniotenrs predominent, c'est-a-dii'c la partic qui correspond
a la poitrine de I'liomme.
3". L'embrancliement des Animaux cephaliques ou cerrhraux,
cliez lesquels les organes de la vie animale sont plus developpes
que ceux de la vie vegetative. Dans cet embrancliement les dis-
positions qui caracterisent les classes inferieures se repetcnt de
nouvcau, combinees avec les caracteres plus esscnllellementjiro-
pres aux animaux cerebraux ; ce qui donn^ lieu a quatre nou-
velles classes. 4*. classe. Les Poissons (^Pisces). Animaux ce-
phalo-c^cnitaux , chez lesquels les organes genitanx , c'est-a-dire
I'ceuf, predominent. 5*^. chi«sc. Les Reptiles (^Amphibia'). Ani-
maux C('phalo-gaslriqnes,o\x les intestins (I'abdomen) prennent
un tres-grand devcloppement. 6''. classe. Les Oixeaux ( Av^t).
Zoologie. 265
\Animaux cephalo - thorachlques , ou la poitrine iiredomine. 7^.
Classe. Les Mammljeres i^Mainmalia). An'unaux ccphalo-ccpha-
liqucs , chez lesqucls les organes des sens, el en general toute la
tele, prennent une Ires-grande preponderance.
Enfin dans 1^ 4*^. embrancliement les dispositions qui carac-
t^risent les trois embranchemens inferieurs sont dans une har-
monic parfaite, et le sysleme nerveux arrive a son degre le
plus eleve de perfection. Cet embrancheraent renferrae la 8^. et
dernierc classe, cellc Ae I' Homme.
L'auteur divise cnsuite , d'apres les memes principes , chaque
classe en ordres et en families; mais lesbornes etroites dans les-
quelles nous devons nous renfermer ne nous permettent pas
de le suivre dans ces details (i). S. s.
326. Sdr la zoologie des deserts situes entre Oreneourg
ET Bukhara , extrait du voyage de M. Eversman , en alle-
niand; in-4''. Berlin, iSa^.
11 a paru en 1821 , a Moscou, une lettre en francais, sur ce
sujet, adressee par M. Fischer de Waldheim, au nom de la Societe
imperiale des naturalisles de celte ville dont il est directeur , a
M. le docleur C. N. Pander. On y trouve I'indication de seize
mammiferes , de 25 oiseaux et de 18 insectes, accompagnee pour
la plupart de descriptions detaillees. 14 de ces mammiferes
avaieut ele rapportes par M. Pander, du voyage qu'il fit avec
I'ambassade russe.
Un autre savant allemand, le docteur Edouard Eversman ,
qui avait egalement accompagne celte expedition des liniites de
la Russie asiatique a la capilale de la Bukharie , a envoye de son
cole au cabinet d'lilstoire naturelle de Berlin, 26 especes de
mammiferes, 54 d'olseaux, 20 de reptiles, et un grand nombre
d'especes d'insectes. M. le Df. Liclitenslein, dir. du museum zoo-
logique de Bei'lin, a donne renumeralion de ces animaux , en ce
qui concerne ceux des trois premieres classes. Nous nous borne-
rons ici a exlraire ce qu'il dit des mammiferes.
C'est a Tordre des rongeurs , et parliculierenient a la famille
(i) On voit, d'apres cet apercu, que M ledocteur Carus suit les idees
dont le sj'sttme a die expose' en France par M. Ocken dans son ou-
vr.ine intitule : I'Jsqnissc du sfstcnic d\inaUjmic , de physiolo^ia et
(^ hiiioire naturelle. Paris; ijlai j Hcchet jcuue.
266 Zoolngjc.
des rats , qu'appartiennent la plupart dcs maramlfores qui
Labltnt ccs vastcs deserts : iiullo part on ne trouve un
plus grand nouibre de ces animaux. Pallas a doja fait cclto
observation. On la trouve particulitrcmcnt consignee dans ses
Now species c Gliriurn orclinc , et encore dans sa Zoogr. liossa-
^siatica, Petrop. 1811, 3 vol. in-4°') ouvrage qui est loin d'etre
aussi rcpandu qu'Il le merite. M. Eversman a cnvoye cinq es-
peces dV//rfo/«j'.f , quatre de Dipus , trois de Meriones , le Cri-
cetus Phatus de Pallas , le Georychus talpinus d'llligrr , qui
e%X.\Q Spolax murbiHs ^e Pallas, Irols especes dC Hypudoeus , et
deux especes du genre 3Ius. Ajoutez deux autres especes du
jnerae genre recues precedemment de M. Pander. On doit en-
core a M. Eversman une nouvelle cspece de Musaralgne que
M. Liclitenstcin a nommee Soj-cx pulchellus. II a envoye aussi
le Lcpus Tola/', de Pallas, comme M. Pander le Lcpus Ogotonn ;
enfiu le putois, le blalreau et deux especes de cliauvcs-souris,
Verpenllio discolor Q.\. F. Pijiislrdlus. Les especes nouvellos aus-
quelies M. Lichtenstein a impose des noms , sont XArctomys
fuh'us , VA. miigosaricus , le Dipus teluin , le D. higopus , le
D. platurus , le Mcviones opiinus , enfin le Miis Uneattis. Pour
expliquer ce nombre d'especes de rats particulleres aux grandes
steppes de I'Asie, M. Lichtenstein fait observer que les ani-
maux de cet ordre conviennent partlculurcment a ces plaines
uniformes, ou 11 n'y a ni roclics, nl forets, ni marecages, ou
il est facile aux rats de se creuser des dcmeurcs souterraines, et
oil ils trouvent abondarament les raciucs charnues et biilbeuscs
qui sont leur aliment favori. Le llevre du Baikal 'St le seul des
autres rongeurs qui se plaise dans les memes steppes , attire
peut-utre par quelques vegctaux de son gout. Quant aux ani-
maux carnivores, il ne s'y trouve que ceux a qui d'aussi menu
gibier pent suffire , tels que des renards de diffcrentes especes ,
des martes, des putois, des beleltes. Les sangliers m«ime, sui-
vant Pallas, s'y nourrissent principalcment aux depens des nia-
gasins oil les rats ddposenl leurs provisions , et des rats cux-
m^mcs. Quant aux herissons et aux blaireaux , ccs animaux a
demi carnassiers se nourrissent , non-sculcmenl de racines et do
bales, mais aussi de coleopteres, qui se multipiient extrnnement
dans les steppes. C M.
Zoologie. 267
Say. MoNOGUAPHiEs deMammalogie, ou Descriptions dc quelques
genres de mammiferes , dont les especes ont cle observoes
dans les differens musees de I'Eiirope; par C. J. TEMjiirJCii,
direct, du musee d'hist. nat. de S. M. le roi des Pays-Bas ;
membre de plus. acad. et soc. savantes ; ouvrage accoiupagne
de planclies d'osteologie, pouvant servir de suite et de com-
plement aux notices sur les animaux vivans , publiees par M. le
baron G. Cuvier, dans ses reclicrcbes sur les ossemens fossiles.
Paris; et Amsterdam. G. Dufour et Ed. d'Ocagne. [Prospectus. )
L'auteur de cet ouvrage se propose de publier la description et
les caracteres zoologiques de plusieurs especes de mammiferes
qui! a eu I'occasion d'observer dans de I'requens voyages qu'il
a faits dans les contrees de I'Europe, et dans ies villes capitales
oil se Irouvent des musees d'histoire naturelle.
Ayant pour biit de recueillir les raatcriaux necessaires pour
servir a la publication de son mauuel d'ornilliologie, ou Tableau
systematique des oiseaux d'Europe, et au grand ouvrage de plan-
ches coloriees, suite aux planches enluminecs de Bufton , il a fait
en meme temps une etude particuliere des Mammiferes et il a saisi
partout les occasions d'observer ces animaux , de les comparer
dans les differens etats que I'age fait eprouver a leur cbarj^ente
osseuse, a leur dentition, a la couleur comma a la nature dc
leur pelage.
C'est avcc ce projet qu'il a visite , a plusieurs reprises , et les
principanx musees de I'Europe, et les grands magasins de pelle-
teries. Ces recherches Font mis a meme de rectifier un grand
• . . ., , .
nombre d'eireurs commises dans des descriptions compilees qui
ont etc publiees des mammiferes ; de s'assurer des emplois mul-
tiplies qu'on a faits d'une meme especedecriteparlesnatui'alistes,
d'apres des individus dans des etats d'age ou de livroe differens.
II a vu des mammiferes reprodults sous trois ou qiiaire noms,
et indlques comme forinant aulant d'especes distinctes. En voici
quelques exemples :
L'espece unique dans le genre Tarsier ( Tarsius Datihentonii),
dont la formulc dentaire varie beaucoup aux differens pcriodes
de Page, a servi pour former quatre especes nominales. Dii seul
Galeopithcque on a forme plusieurs especes. Les Cheiroptercs
du genre Roussettc et Cephnlotc , les Kangurnos, et quelques
autrcs, ontsubi le meme sort.
268 Zoologie.
L'auteur fera mention de quelques mamraiftres tres-vaguc-
ment indiques , et sur I'oxistence desquels il restalt des doutes,
Leurs parlies osteologlqaes seront figurees dans cet ouvrage; de
ce nonibre est le Potto de Bosnian, qui a ete reconnu, d'apres
sa .lealition et sc. formes , devoir taire partie da genre Stenops
d'llliger; le Femicc de Bruce, Cafus cerdo , qui est en eftet du
genre chien et point du genre Gal^g^o , dont on I'avait rappro-
ehe ; le Jiinturcig de Ralfles rai-prochc des Pougouuccs en a et6
distrait: il forme un genre distinct sous le nom ^/c/Rfw. Le genre
Dasjurus a egalemeat suhi des modifications. En6n , ces mono-
graphies presenteronl la de.criiUioa de plusieurs especes nou-
velles de mammiferes , particuUcrement de I'ordre des Quadru-
mcmeseldes Cheiropteres. Les genres Phalangista, DidelpJus
Paradoxurus, Fells, AntUope et Cenms en fourniront un grand
nombre. Ces descriptions seront acconipagnees, autant que pos-
sible, du squelette enlicr, ou de parties detailldes qu: repre-
senteront la forme du crane ou des dents.
L'ouvrage sera imprlmo du meme format , et sur le meme
papier employe pour le bel ouvrage des recherches sur les osse-
inens fossiles de M. le baron Cuvier, deuxiei.ie edit.on , et les
gravures seront execulees avcc le plus grand soui,par les
nicmes artistes qui ont travaille aux planches de cet ouvrage.
11 paraitra par livraisons , dont le nombre de feuilles et de
planches est indctermine , mais aussi dont les prix seront fixes en
raison de la quanlite des unes et des aulres que chacune delles
contiendra. Toutcfois l'ouvrage complet ne formera pas plus de
deux yol.in-4".;etleprix ne surpassera pas 5o fr. le volume.
Le maimscnt de l'auteur etant pret i elrc imprime, les cdi-
leurs, pour publicr les livraisons , ne dcpendront que du temps
qu'exigera le travail plus ou moins long des graveurs, scion la
quantite de planches que contiendra cliaque livraison.
L'edition etant tiree a un petit nondne d'excmpla.rcs , on est
invite a se faire inscrire, sansrien payer d'avance, a Pans , chez
G. Dufour et Ed. d'Ocagne , libraires, quai Voltaire , n . i j ; et
a Amsterdam , meme maison de commerce.
3a8. Description ( exterieure et anatomiqce ) he i.'hom me et
UES ANiMAUX QCAoauPEDESDE BuFFON , avec k description du
cabinet du Roi; par Daubei^ton : revue et augmentee des
notes et supplcmens ncccssaircs dansl'ctat actacl de la science i
Zoologie. 2^9
par M. Ducr.oTAT de Elain\ille, prof, de zoologie et d'ana-
loinie conij)arc'e a la faculte des sciences; 9 vol. iii-8. ; nccom-
pagnes de figures, par M. Pretre. (^ Prospectus.) Prix, 11 fr. le
vol. Paris ; mad. v*^. Rapet.
L'ouvrage que nous annoncons, ct dont le 1'^'^. volume doit
^tre public tres-inccssammcnt, est destine a completer les nom-
breuses editions des OEuvres de Buffon, qu'on a publiees depuis
trente ans , et dans Icsquellcs on a supprime constamment la
partie anatoniique. M. de Blainville se propose de suivre rigou-
reusement dans cette entrej)rise la grande edition in-4. de I'im-
primerie royale; d'en reproduire le texte sans aucuiie omission ,
en ajoutant dans des notes des observations dont I'objet sera de
redresser les erreurs qui auraient pu ecbapper a I'auteur ; d'y
joindre ce qui paraitra indispensable pour le completer , et enfin
de reunir dans des supplemens la description des animaux dont
Daubenton n'a pas traite , et dont il est question dans les supjjle-
mens des OEuvres de Buffon.
Les planches qui doivent accompagner cette edition seront
dessinees par M. Pretre. Elies seront, on general, fiilelement co-
piees d'aj)res celles de redltion originale; mais un certain nom-
bre d'entre elles, et notamment celles qui representent des sque-
leltes, seront remphicees par de nouvelles figures failcs d'aprcs
nature avecleplus grand soin.
Ces planclies , gravces en taiUe-douce sous les yeux de P.T. de
Blainville, parailront par livraisons avec les volumes de texte.
Leur nombre total s'elevera a 200 ou aaS. Desju.
32g. Des dents des mamsiiferes , considerees comme caracteres
zoologiques; par F. Cuvier. VIl*'. liv., in-8., 10 pl.,et { f. de
texte. Paris; Levrault.
Dans cc caliier on trouve la continuation de la serie des Ron-
geurs herbivores. Le n". G-j rcj)rcsonte ie syslcme dciilaire du
Pore-epic d'llalic et de I'Acanthinion de Java; le no. 68, celui
des genres nouveaux, formes recemnicnt par M. F. Cuvier sous
les noms d'EtiExizoN, de Sin^there et de Spiggure , aux de-
pens dn genre Iljstrix de Linne ( I'Ojcz le cahier precedent ,
n^.aSS); le n^.Gg, celui des Pacas ; le 11°. 70, celui des Agoutis ou
Chloromys ; le n". 71, celui des Castors; le n". 72, celui de I'Hy-
dromys coipou de M. Geoffroy, auquel M. F. Cuvier propose de
rendrele nom generique de Myopotame, qui lui nvait etc origi-
270 Zoologie.
iiaircmcnt donne par Commerson , altendu que son systemc
dcntairo, Ires - voisin de celui dos castors, est au contraire
fort different de celui dcs Hydromys de la Nouvelle-Hol-
lande, qui sculs restenf dans leur genre ; Ic n". 73, celui des
Echymys; le n". 7.1, celui des Saccomys, petit rongeur de I'A-
merique septenti-ionale a abajoues exterieures, dont M. F. Cuvier
a forme assez recemment un nouveau genre (coxes le dernier
Bulletin, n". 2^8); le n°. 75, celui des Meriones, genre fondc
par Illiger, dans lequel M. F. Cuvier place principalement le
Dipus americanus de Barton, qui diffcre, par la forme de ses mo«
laires, des autres rats a longs pieds, dont M. Dcsmarest a com-
pose son genre Gerbille; enfin le n". 76 , celui des Gcrboises pro-
prement dites. Desm.
33o. DlisCRlPTION DE TROIS ?fOUVELLF.S ESPECES DE MAMMIFERES,
de la famille des Marsupiaux, r.ipportees par MM. Quoy et
Gaimard. Menioire lu a la Societe d'liistoire nalurelle de Paris,
le y Janvier 1824 ; par M. Gaimard, membre de cette So-
ciete, etc.
P^ramele BoTigainville. Perameles Bou^aim'illc. — Quoy et
Gaim. Perameles , corpore supih nifo , siibliis cinerco; capite
clofii^ato , acuto ; aurihus ovatis , loiigis.
Ce Peramele, remarquable par sa petite taille, par le peu de de-
vcloppement de ses dents canines, par la longuetir de ses oreilles
et de son museau, est unc cspecc volsinc et distinclc du Pera-
meles nastttus de M. Geoifroy de St.-Hilaire. Son poil, medio-
crement fourni , plus abondant au bas du dos, mele d'un peu de
feutre , est ccndre a son origlne et roux ou brun a sa pointe. Le
pelage, dans toutcs les parties supcrieures , a une teintc rousse;
un ccndre, legerement melange de roux , sc rcmarque en dedans
des membres et au-dessous du corps; la queue est d'un roux brun
en dessus, et d'un rouxccndre en dessous. Les onglcs sont jau-
natrcs.
Dimensions : longueur du corps du bout du museau a I'originc
de la queue, 6 pouces ; — de la queue , 2 pouces et demi ; —
de la lete, du bout du nez a I'occiput, i po. g lig.; — des oreil-
les, I po. ; — des membres posterieurs , 2 po. et demi; — des
membres anterieurs , i po. 4 'ig-
Cc IVramole , dedie a la memoire de Bougainville , provicnt dc
la bale des Chiens-Marins , dans la Icrre d'Endraclit ; 11 fut tuc
Zoologie. 27 1
j)ar M. Qtioy , sous tics touffcs de Mimosa, aa has dcs dunes de
la ]M-csf]u'ile PcTon; il march;iit en satuillant comme les lievres ;
nV'tant que hlesse, il poussa dcs cris aigus, coinme le font les rats
dans ces cii'constances.
Une grande espece de Peramele, qui pouvait avoir environ
deux pieds de long, fut tuee a Bathurst , au dela des montagncs
Bleues, dans la Kouvelle-Galles du Sud; son pelage etait roux-
brun en dessus , et de couleur fauve en dessous. Ce Pei'araele ,
que Ton n'avait pas eu le soin de dccrire et de figurer , fut perdu
dans le naufrage de VUranie.
2". Plialanger Quoy. Phalangista Quoy. — Quoy et Gaim.
Ramhnve , dans la langue des Papous.
Do, en idioine de Guebe.
Couscous, a Amboine.
Phalangista , corpore supra grisco , infrii subalbido ; parte
superiore capitis fulvd ; guld pectoreque albidis ; extremitatibus
supra fuscis y auriculis minimis, pilosis; Cauda piehensili ,
squamosa.
Cette espece a le museau court et obtus, les oreilles petites et
r'lrrondies ; tout son pelage est gris-brunatre , plus particuliere-
nient sur le milieu du dos, oil Ton voit une ligne longitudinale
noiratre, plus prononcee en arriere. Le dessus de la tete est d'un
fauve vif; la gorge et la poitrine sont blanches ; le dessus du
ventre et la partie interne des membres ont une teinte grisatre.
La queue, poilue et rousse dans sa partie superieure, nue, de
couleur rouge, ecailleuseen dessous est prehensile dans le reste de
son etendue. Les poils de tout le corps sont laineux et brillans.
Dimensions : longueur du corps, du bout du museau a I'ori-
gine de la queue, 1 pi. 2 po. ; — de la queue, i pi.; — de la tete,
dubout du nez a I'occiput, 2 po. Ci lig.; — des membres poste-
rieurs , 5 pi. 6 po.; — des membres anterieurs , 4 pi<
Cc Plialanger, dedie a M. le D'. Quoy, habitc I'ile de Vaigiou
et ne parait pas difficile a prendre. Les tiaturels, qui apportaient
assez souvent a bord de I'Uranie Aes individus de cette espece,
les tenaient enfermes dans des cages de bambous.
3".Kanguroo a queue grele. Kangurus lepturus, Quoy et Gaim.
(^Kangurus Gaimardi. Desniarest, Mammal, , n°. 842.]
Kangurus , coipurc supra griseo rufcsccntc , infra subalbido ;
capile triangulari ; rostro acuta ; auriculis latis ; tarsibus longis-
simis ; caudd loiigd, gnicili .JlexibiUet apice pcnicHlatd.
:i73 Xoologie.
Couleur generale d'un gris roux. L;i gorge, la poitrlne , le Tontre
et I'interieur dts niembres, sout d'nn blanc sale; le desstis de la
tete, le dos, uno partio dos flaius et des cuisses d'un gris brnn.
Deux sortes de ])oils : los interieuis courts, doux et floconneux ;
les exterleurs plus longs, roides et plus rares.
Tete trianguiaire , large et un peu aplatie en arriere , pointue
en devant. Bouche petite. Oreilles courtcs, tres-larges et velues
a leurpartiepostcrleure. Cou gros. Pates anterieures tres-pctites.
Queue lotigue, grcle, flexible et terminee par un faisceau de polls.
Dimensions : longueur lolale , 2 pi. 5 lig. ; — de la tete,du
bout du iniiseauarocciput, 3 po. ; — de la queue, i pi.; — des
menibres posterieurs, 8 po. lo lig.; — des membres anturieurs,
3 po. 6 lig.
Ce pelit Kanguroo, d'un naturel tres-doux, et moins limide
que les grandes especes, vccut quelques jours a bord de I'Uranic ;
il etait des environs da port Jakson. II devint victime de la fe-
rocile d'un chien qui avait ete pris sur les iles des Papons , au
moment oil il s'avancait vers lui en chercliant a le caresser. Un
autre individu, d'une espece tres-voisine , vu au milieu des nion-
ta^nes Bleues, venait enlever familierement des debris d'alimens
au milieu d'une case, et il s enfuyait ensuitc par un trou a la ma-
niere des rats.
Les indigenes dc la Nouvellc-Galles deslgnent les Kanguroos
sous le nom de Bourou. D'oii vient done le nom de Kangaroos
que Ton a donne a ces animaux ?
33 1, ReMARQUES et additions a l'hISTOIRE NAT0RELLE DES
MAMMIFERES INDIGENES A LA SuiSSE dc Joh. JaC. Romcrs et
H. Rudolf Schinzen (Zurich, 1809) ; par J. R. Steinmuller ,
cure de Rheineck; avec un supplement, par G. L. Hartmani*
de St.-Gall. ( Neue Jljnna, i"''. vol., pag. 348. )
Du Chien. [Canis familiari';.) Cet article traite de diverses
races de chiens de la Suisse , niais qui sont toutes generalement
connues; et I'auteur ne donne que des anecdotes relatives a
Icur intelligence.
Du Loup. ( Canis Lupus. )
Du Renard. ( Canis Fulpes. ) On en distingue trois especes
dans la Suisse : le R. charbonnier ( holdfiichs ). ( Vulpcs villa
dcnsinrc et nigricante ; Conr. Gesner. ) Mais M. Steinraiillei-
fait remarquer que c'est le caracterc du jeune renard. Le second
Zonlogie. 27?
est le R. noble ( Edelfuchft ,) qui n'est scion lui que \c vieux du
precedent. Le troisieme est le R. vuisque , que Ton rencontre
rarenient dans le canton d'Appenzell. II differe du Renard ordi-
naire par son odeur agreable. II est d'un beau rouge-pale en
dessous au lieu d'etre blanc ; et I'extremite de sa queue est noire ,
avec quelqucs polls blanrs dissemines.
Du Chat sauvage. ( Felis Catusferus. ) Cet animal, qui etait
autrefois tres-commun en Suisse, y est maintenant fort rare.
Du Chat domestique. [Felis Catus domesticus.)
Du Lynx. ( F. Lynx.^ On le rencontre encore quelquefois en
Suisse, principalement dans le pays des Grisons. S. s.
332. COMMENTATIO DE MURE DOMESTICO , SILVATICO ATQUE ARVA-
Li , auctore Constante Nicati. In-8°. , Utrecht , 1822. { Na-
turw. anz. <ler allg. Scluv. Gesell. 1822 , n°. 10 , p.ig. 80. )
Cet ouvrage est un de ceux qui ont et^ couronnes par la fa-
culte de philosophic de I'universite d'Utrecht. II a pour objet
I'histoire naturelle de la grande et de la petite souris des champs
( M. sili'titicus et an'alis, Linn. ), et la compamison de ces deux
cspeces avec la souris domestique ordinaire. II traite ensuite des
degats qu'elles causent , et indique les moyens de detruire ct de
diminuer le nombre de ces animaux nuisibles.
333. De ^'existence de la licorne; par M. Campbell. ( Mag.
der rharm., avril i823,p. 10. )
M. Cam|)be]l donne la description de la lete d'un grand ani-
mal a une corne , tue dans I'iuterieur de I'Afrique pres de Ma-
sHow, a 1200 milles du Cap.
D'apres la description , et d'apres I'opinion meme de M. Camp-
bell , ce n'est autre chose que la tetc d'un rhinoceros , qui parail
ctre ccpendanl d'une espece differente de celle deja connue dans
cette parlie du rapnde. A en juger par sa grandeur , elle a ap-
partenu a im animal beaucoup plus grand que le rhinoceros
ordinaire d'Af'rique ; elle avail trois jtieds depuis le haut du nez
jusqu'aux oreil'es. La peau etait brune et unie ; la corne avalt
trois pieds de long, elle etait droite au lieu d'etre arquee, et
placee k six pouces du haut du nez. Immediatement dcrricre la
corne se trouvait une saillie cornee de huit pouces de long ( i ). S. S.
(i) Qui correspond ^ la sccotule corne. ISulc du Rtdacteut
B. ToMK I. i8
274 Zioologie.
334. C\RACTiRES DF. TROIS NOUVEAUX GENRES DE CHEIROPTERES
depourvus d'appeiullces membrarieux sur Ic nez ; par le
D''. W. E, Leach. ( Trans. Lin. Soc. , to. i3 , i^^. part., p. 69.)
Lesprincipaux caraclercs deces genres sont :
I*"". Genre Cel-eno, Deux incisives superieures,pointucs, sim-
ples ; quatre inferieures, raprochees et cylindriques ; deux canines
en haut et en bas, les superieures etant les plus grandes; quatre
molaires a cliaque cote de machoire, la premiere etant pointue
et simple, el les trois deriiieres ayant Icur couronne garnle de
pointes aignes; troisleme et qualrieme doigtdes i.iles a trois pha-
langes, le cinquieme ou I'externe n'en ayant que deux ; mem-
brane interf'emorale se prolongeant un pen au delades doigts des
piedsde derriere; oreilles ecartees, oreillons petits; queue iiulle.
Le Celcvno brao/.siana, dont la patrie et la taille ne sont pas
indiquces,a le dos fernigineux, le ventre et les epaules d'un
jaiin^tre ferrugineux ; ses oreilles sont pointues, avec le bord
anterieur arrondi et le posterieur droit; toutes ses membranes
sont noires.
0.*'. Genre ^Ello. Deux incisives superieures larges, compri-
mees, bifides, a lobes arrondis ; deux inferieures egales, trifidcs,
aussi a lobes arrondls; deux canines superieures longues, tres-
aigues ayant en avant et en arriere de leur base une petite saillie
ou pointe distincte; deux canines inierleures plus petites et
moins pointues; quatre molaires superieures de cliaque cote,
dont les deux premieres pointues et triangulaires, la scconde
etant la plus grande , la troisieme bifide et la quatrieme Irifide
exterieurement; le troisieme doigt des ailes ayant quatre phalan-
ges le quatrieme et le cinquieme chacun trois ; membrane inter -
I'emorale droite; oreilles rapprochees, courtes, trcs-laiges; point
d'oreillon; queue ne depassant pas la membrane, et f'ormce de
cinq verlebres dans sa partie visible.
JJyElh Ciivieri est de couleur isabelle ferrugineuse; ses ailes
sont d'un brun obscur; ses oreilles sont comme tronquees au
bout. Ses dimensions ne sont po'nt indlquees, et sa patrie est
inconnue.
3^. Genre Scotophilus. Quatre incisives superieures inegales,
pointues, les intermediaircs etant les plus grandes et simples , ct
les laterales bifides, a lobes egaux ; six incisives inferieures pen
distinctement trifides; deux canines en haiit et en bas , los supe-
rieures ayant une petite pointe en arriere de leur base, et les in-
Zoologie. ayf)
ferieiires une semblnble en avant ; quatre molairos parlout a coii-
ronne armee dc poiiitcs; troisieme, quatrieme etcinquieme dolgts
des ailcs ayanl trois phalanges.
Le Scotojjhilus Kuhlii , dont la patrie n'est pas indiquee, a le
pelage ferrugincus; ses oreilles, son ncz et ses ailes, sont bruns.
Desm.
335. De Ornithorhyncho paradoxo ; cum i tab. a'neis; anct.
L. M. Jaffe. Gr. in-8. Prix, 8 gr. Berlin; i823; Messe.
336. De fossilibus mammalium reliquis i:v Prussia adjacen-
TiBusQUE REGiONiBus REFER Tis ; par C. E. Eaer. In-4. Pflx,
lo gr. Konisberg; hbrairie de I'liniversite.
337. NoiIVEAU RECUEIL DE PLANCHES COLORIEES d'oiSEAUX , pour
scrvir de suite et de complement anx planches enluminees de
Buffon; par MM. Temminck et Mkiffren Laugi." r. [Foycz
le W". 248 dn£uUeun defevrier. )
XXI**. livraison. — PI. 121. Faucon a culotfe rousse, male;
Falcofemoralis. (Temm.) BresiL — 'Pi. 122. Autour gabaroide,
male adulte; Falco Gahar. (Daudin.) Le cap de Bonne-Esperance.
— • PI. 123. Autour radieux, Falco radiatus. (Lath.) De I'Ocea-
nie. ■ — -PI. 124. Couroucoucou Pveinwardt, male adulte; Trogon
Rcinaardtii. (Temm.) Java. ■ — PI. laS. Oxyrhynque en feu,
male; O.ryrhjnchus fiammiccps. (Temm.) Dn Bresil. — Pi. 126.
Souimanga gracieux , male ; Nectarlnia lepida. Les iles de la
Sonde. — • Souimanga gracieux, femelle; idem, ibid. — Soui-
manga moustac, Ncctarinia jnjstacalis. (Temm.) De Java.
XXIl^. livraison. — PI. 127. Autour neigeux, Falco niveits.
(Temm.) Habite I'ile de Java. — PI. 128. Faucon Aldrovandin
Falco Aldroiandii. (Reinw.) De Java. — PI. 129. Autour cou-
coide, male adulte; Falco cuculo'ides. (Temm.) De Java. —
PI. i3o. Eurylaime Horsfield, male; Eurylaimus Horsfleldu.
(Temm.) De Java.. — •Pi. iZi. Idem , femelle; idem, ibid.- — •
PI. 1 32. Fourmilier a ailes rousses, male et femelle; liliyothcra
rufimarginata . ( Temm. ) Bresil. — Fourmilier chatain, male;
Miyolhera ferriiginea. (Temm.) Bresil.
XXIIl". livrais. — PI. i33. Calhartc Condor, male adulte;
Cathartes gryphiis. (Temm.) Amerlquc mer. ■ — PI. i34. Autour
unicolore, male adulte; Falco liinriortus, (Ilorsf.) Java.. — • PI.
i35. Martin-p6cbeur omnicolorc, male; Alcedo omnicolor,
(Reinw.) Java. — -PI. 1 36. Merle ochrocephalc, male; Tardus
ayG Zonlogie.
ochrocephalus. (Gmel.) Java et Sumatra. — PI. 137. Turdoidc
ensanglante , male adulte; Tiinliis d'lspar. (Horsf.) Java. — •
PI. i3X. Soiiimanga distinguo, male et fcmelle; Ncctarinin exi-
mia. (Temm.) Java. — Souimanga pectoral, Nectarinia pectora-
lis, (Temm.) Java.
XXlV. livrais. ^ — -PI. 1^9. Busea a iles longues, jeune de Tan-
nee. PI. i4f>' Autour Gabar, jeune male. ■ — • PI. 141. Autour
brachyptcre, male aduUe. — PI. 142. Colombe Longup, male;
Columba lophotes. {Temia.) Java.. — 'PI. i43. ColombarCapelle,
male; Columha Capellei. (Temm.) Java. — .PI. 144. Gobe-mou-
ehedouble-oell, male; Muscicapa diops. (Temm.) Du Bresll. —
Gobe-mouclie distingue, male; Muscicapa exiinia. (Temm.)
Du Bresil.^ — Gobe-mouche flamboyant , mile; Muscicapa Jlain-
miccps. (Temm.) Du Bresil.
XXV*^. livrais. • — PI. i45. Hibou chaperonnc, male; Strix
atiicapilla. (Natt.) Du Bresil. — PI. 146. Chouette ecliasse,
rnkle; Strix grallaria. (Temm ) Bresil. — PI. 147. Turdoide cap-
negre, male, Turdus atriceps. (Temm.) Java et .Sumatra.—
PI. 148. Perdrix Ayam-han, male; Perdixjavanica. (Lath.) —
PI. i4<). Stourne chanteur, mMe et femelle; Lamprotornis can-
tor. (Temm.) De Java. — PI. i5o. Siltine Hoffmannsegg, male;
Xenops genibarbis. (IHig-) Du Bresil. — . Sittine anabatoidc,
male; Xenops anabatoides. (Temm.) Du Bresil.
XXVI*^. livrais. — ^Pl. 1 5 1. Aigle imperial, male adulte; Falco
impcrialis. (Temm.) France. — PI. iSa. Aigle imperial, jeune;
Falco impcrialis. (Temm.) France. — PI. i53. Pauxi Mitu, adulte;
Ourax Mitu. (Temm.) Du Bresil. — PI. i54. Eurylaime nasique,
adulte; Eurjlaimus nasutus. (Temm.) lies de la Sonde. — PI. i55.
Gobe-mouche Petit-coq, male et femelle; Muscicapa Alector.
fMaximil.) Amcrique merid. — PI. i56.Gobe-moucbe vermilion,
malect femelle; Muscicapa winiatn. (Temm.) De J.iva.
XXVII*'. livraison.. — PI. i57. Engoulevcnt qucue-en-ciseaux ,
male; Caprimulgus psalums. (D'Azara.) Du Bresil. — ■ PI. i58.
Engoulcvent queuc-en-ciseaux, femelle; Caprimulgus psaluvus.
(D'Azara.) Du Bresil.— PI. i^g. Podarge cornu, Podargus cor-'
nutus. (Horsf.) De Sumatra. — PI. 160. Enicure voile, male et
femelle; Enicurus velatus. (Temm.) De Java. — PI. 161. Hiron-
delle fardee, Hirundo fucata. (Temm.) Du Bresil. — Hiron-
delle des jardins, Hirundo jiigularis. (P. Maximilien.) Du Bresrl.
Q-v.
Zoologie. 'i'j'j
338. Catalogue des oiseaux rkcueillis dans la provimck
DE Pise; par le D"^. Savi. [Nuov. Giorn.de' lett., n". i , juillet
et aout 1823.)
Get opuscule renferme la liste de 2^3 especes d'oiseaux seden-
taires ou de passage, recueillis en quaire annees el demie aux
environs de Pise. L'auleur a suivl pour leur determination la sc-
conde edition du Manuel d'Ornithologie dc M. Temminck : clia-
que espece y est indiquee par sa denomination systematique la-
tine, p.'ir ie nom qu'elle porte a Pise, et souvent par celui qu'elle
re^oit aux environs dulac de Bientina, situe auN.-E. delaplainc
de Pise , a 3 lieues de cette \ille, et au milieu des basses colllnes
de I'Apennin. La plupart de ces especes sont aussi I'objet de no-
tes qui indiquent si elles sont statlonnaires ou de passage, rares
ou communes, terrestres ou aquatiques , de montagne ou de
plaine, etc. Lps epoques de leur aiTivee et de leur depart sont
souvent indiquees, ainsi que la position de leur nid.
Ce catalogue est precede d'une courte description geograpbi-
que des environs de Pise, dans laquelle I'auteur a place une liste
assez nombreuse des principaux vegetaux qui croissent dans les
diverses expositions qu'on y remarque.
Le nombre des especes mentionnees est de 223. L'ordre des
oiseaux de proie se compose de 20 especes ; celui des passereaux,
de 100; celui des grimpeurs, de 6 ; celui des gallinaces, de 10 ;
celui des echassiers, de 4? ; celui des palmipedes , de 40.
Une remarque que nous avons faite, ra;iis qui n'est peut-etre
basee que sur une omission typographique , c'est que notre
moineau , Fringilla (lomestica, serait inconnu aux environs de
Pise. Desm.
33g. Desceiption be trois esp^.ces nu genre Glareola ;
par le D^ Leach. {Trans. Soc. Linn., to. i3, i*^*^. ])art. , p.
i3i , pi. 12 et i3.)
Sur ces trois especes, I'une estdepuis long- temps decrite dans
les ouvragos des ornithologistes, c'est la Glareola pratincola ,
Linn.; 67. austriaca , Lath. ; 67. torquata ^ Meyer et Temminck.
M. Leach en donne une bonne figure colorice , et il y ajoutc
celle du jeune individu , qui est dtcrit sous les noms de Gla-
reola navia et de Glareola scncgalcnsi.'i, (3aiis le Syst. nat. de
(imclin.
Lasecondc, Glareola orientalis , Leach, egakmcnl figuree
27S Zoologie.
(male et femclle), a ete etablie sur des iiulividus qui existent
dans la collection du Museum d'histoire naturelle-de Paris. Elle
est ainsi caracterisee : Glarcola cincreo-fusccsccns, ventre caudn-
que alhis • hdc ad apicem nigra; guld nigra irregitlariter cir~
cumdatd; rostro nigro. Hab. in fata. Elle a , comme la premiere,
la queue fourcbuc.
La troisieme , Glaicola aitstralis , Leacli , a la queue tronquee
au bout. Les deux sexes en sont aussi figures d'apres des indivi-
dus de la collection du Museum, et il est probable que cette es-
pece ne differe pas de la Glareola isahella de M. Vieillol [Diet.
dliist. not., t. i3, p. 221 ). Son caractere est renferme dans la
phrase specifique suivante: Glareola rufescenle-JIavida , eaitdd
ujopygiuque albis ; illn fascia supra nigra, guld pallidiore ,
cruribus ventreqne fascia ahdcminali rufs , rostro testaceo ad
apicem nigro. Bab. in Australasia. Desm.
340. Description de quelqdes especes d'oiseaux des genres
Perroquet et Pigeon du Museum de la Societe linneenne
de Londres;parM. C. J. Temminck. ( Trans. Soc. linn. , to. 1 3,
1''''. part., p. 107.)
Dans ce premier memoire , M. Temminck fait coiinaitre les ca-
ractercs de dix Perroquets et de six especes de Pigeons ou de
Colombes , qui existent dans la collection de la Societe linneenne
de Londres, et qui, pour la plupart, out ete rapportes de la
I^ouvelle-Hollande par le celebre botaniste Robert Brown.
Quelques-unes do ces especes ont etc deja mentionnees dans les
ouvragesdesnaturalistes ; tellessont le Psittacus Coolui[Ban/,ian
cockatoo , Lath); le Ps. flavigaster (regarde comme variete de
la Perruchealarge queue; Psittacus Pennanti, Lath., par M. Le-
vaillant ) ; le Ps. pulchcllus ( Ps.pulchellus et chrysogaster, Lath. ;
Perruche d'Edtvards , Lcvaillant ).
Les autres sont iiouvelles, et portent les noms de Psittacus
Solandri ( 11 pourr.iit n'elre, ainsi que le remarque M. Temminck,
qu'un jeune indlvidu de I'espcce de Cook) ; Ps.nasicus , Baueri,
Brownii ^ multicolor, icterotis , venustus ; et de Colnmba diloplia,
magnifica y leucomela, scripta , humeralis el phasianella.
M. Temminck n'ayant point donne de phrase caracterislique
de ces dlverses especes, nous nous abstiendrons d'extraire de
leurs descriptions, qui sont tres-completes, leurs caracteres dis-
linctifs; cette tache d'ailleurs scrait difficile a rcmplir, car il fan-
Zoologie. 2jg
drait comparer chacun de ces oisea!ix avec tous ceux qui soiit
deja connus en tres-grand nombre, dans les genres ou i!s sont
places. Dksm.
341 . Note sur le grand Cormoran ( Carho Cormoranus), lue a la
Societe canlon. des So. nalur. de Lausanne ; par M. Ch a vannes ,
Profess, de zool.) Feiiille da canton de Faud, n^. i3o , p. 'io4.)
Tous les naturalistes savent que c'cst d'ane espece de ce genre
que les Chinois se serventpour la peclie, apres I'y avoir dressee.
Ce dont ils'agit ici estrelatif a son aiiatomie; et quoique ces oi-
scaux soient fort rares en Suisse, M. Clia vannes s'cn est cependant
procure plusieurs sur lesquels il a pu approfondir la singuliere
organisation de la lete, que n'avaient fait qu'indiquer MM. Tie-
demann et Volcher Goiter. 1
Ce que cette tele presente de remarquable est un os corres-
pondant a la protuberance occipitale externe , plus ou moins
prononcee cliez les autre oiseaux. Dans le Cormoran cet os ne
fait pas parlle de I'occipital, il luiest articule et peut s'elever et
s'abaiser. II a la forme d'un triangle de i5 lignes de longueur sur
trois de base et deux lignes d'epaisseur. Deux muscles particuliers
lui appartiennent et le recouvrent , cc qui produit une saillie
triangulaire dans cette partie dela tete de I'oiseau.
D'un autre cote, le trou occipital n'est point perce dans la
partie infericure dcla face posterieure de Tos occipital, comme
cela a lieu dans la plupart des autres oiseaux , mais a la partie
superieure, immediatement au-dessous de la base dela protube-
rance. L'auteur^ examinant ensuite le biitde cette organisation,
pense qu'elle a ete accordee a cetoiseau pour avaler des polssons
dont la grosseur estbors de proportion avec le volume apparent
de la dilatation de sa poclie gutturale. Ce mecanisme consisterait
dansl'insertion au crane de la colonne vertebrale, qui, par la posi-
tion du trou occipital, est susceptible de se porter en ariiere et
de prendre la forme d'un S au lieu de se dirigcr en bas, comme
dans les autres oiseaux. Cette disposition agrandit considerable-
incnt la bouche. En meme temps la protuberance dont on parle
serait destinee a former un point d'appui, coutre lequ>l les pre-
mieres veitcbrcs ccrvicales venanta s'appliqucr forineraicnt une
resistance ircs-propre a aider la dc'glulition. Q. y.
?>[\i. Precis sur l'histoirk naturelle des Vipeua berus ,
CoLUBEa MATRIX ET Anguis fkagii.is, lu 3 la Societe d'his-
aSo Zoohgic.
toire naturelle de S'.-Gall, le i'^''. sept. i8ig, par G.L. Hart-
vi\tiTX.[Neue Alpina , i*"". vol., p. 169.)
L'auteur donne I'liistoire tres-detaille de ces trois especes de
Serpens , et la divise en plusieurs articles intitules : Nomencla-
ture, lltteratiire, description, an.itomle, multiplication et sejour;
reproduction et croissance, nourriture , raoeurs, utilitc, domma-
ge, chasse, ennemis et superstition.
II indique, d'apres M. Fontana , comme moyen curatif de la
morsure de la Vipera Berus , qui pent quelquefols etre mortelle,
de sucer la plaie, d'en faire la ligature, de I'agrandir par des in-
cisions, et de la cauteriser de suite avec la pierre infcrnale et
I'alcali volatil, d'apres M. Cliaussler, de Paris.
Suivant Mangili, le poison de la Vipere, pris interieurement,
ne peut pas causer la mort.
M. Hartmann a observe que YAns^uisfrngilis est vivipare; les
jeunes ont le dessous et les cotes du corps entierement noirs , le
dessns d'un gris argente passant au jaune, avec une raie noire le
long du dos, et, a la loupe, on remarque encore de chaque cote
de celle-ci une seconde ligne nolratre. S. s.
343. Description de quelques nocveaux mollusques et
zoophytes; par le D"^. A. W. Otto, avec 5 pi. ( Nov. Act.
Acad. Cces. Leap. Car. Nat. cur. T. 11, part. 2, p. 273.}
Les csperes decrltes et figurces dans ce nouveau travail de
M. le docleur Otto, et que ce savant donne comme nowvellcsj
sont; 1°. Doris nigricans; 2". Eolidia Hystrix ; 3". Eolidin
ccratcutomn ; ij°- Ascidia? Clnvigern ( toutes des environs
de TN'ce ); 5". Asterias bispinosa de Naples; 6°. Actinia car-
ciniopados ; cette actinic enveloppe les coquilles marines et
forme autour de leur ouverture une prolongation plus ou moins
considerable , et , ce qui est remarquable et que nous avons cu
sonvent occasion d'observer , clle semble ne s'attacher qu'aux co-
quilles li.ihilees par les pagures; 7". Actinia glandiilosa ; 8". Ver-
tiimnus thelhiilirola , nouveau genre qui fail partic des intcs-
tinaux pareneliymateux de M. Cuvier; 9". Cyclocotyla Bcllo-
ncs , autre nouveau genre du m^me ordre; 10". Salpa spinosa dc
Naj)les; 12". Pyrainis tctragona ; I'V . Glcba c.vcisa ; il\". Dolio-
lum rneiiiterraneum. Ces qiiafre derniers animaux, transparens
comme du cristal, sont figures avec une delicatesse extreme sur
un fond noir et poli, qui pouvait seul permcttre de donner une
Zoologie. 28 1
ideedeleur organisation, qui est des plus extraordinaircs.Legenre
Pyramis figure une pyramide a 4 pans , le genre Gleha a la forme
d'une poire ; et le dernier a celle d'un petit tonneau. II est assez
difficile de leurassignerune place danslesysteme; inais, selon tou-
tes lesapparences, c'est a rembrancliement des mollusques qu'ils
a])partiennent. On nepeut qu'applaudir a des tiavaux qui ang-
menlent ainsi nos connaissances dans les etres si varies el si
negliges qui habitent les mers. F.
344- Descriptions de plusieurs nouvelles especes d'Asci-
DiEs; par C. A. Lesueur. (^Journ. of the Acad. Nat. Sc.
of Philod. Avril 1823, p. 2, avec 3 pi.)
Les nouvelles especes decrites et figurees dans ce memoirc
sont: jo. J. otra, des iles Saint-Vincent et de la Guadeloupe;
0.0. A. cavernosa de I'ile Saint-Barllielemi; 3o. A. alheola Ae
la Guadeloupe ; 4"- ^- multiformis et Far. de la meme ile ;
5°. A. variabilis de File Saint -Thomas; 6°. J. claviformis de
I'ile Saint-Vincent"; 7". A. plicata des Etats-Unis ; 8°. A. ova-
li ; 9°. A. prohoscidca des cotes de la Georgie; 10°. A. lobi-
fera. Ce travail est termine par une liste de trente especes du
nieme genre obscrvees par MM. Peron et Lesueur pendant leur
voyage de decouvertes aux Tcrres Ausfrales.
Ce memoire et ceux que nous venous d'indiquer montrent
combien on s'cst occupe dans ces derniers temps d'une classe
d'animaux jusqu'ici peu observee, et combien le catalogue des
especes et des genres qui la composent s'augmente : les figures
sont, comme on peut le croire d'apres I'habilete connue de
M. Lesueur, aussi exactes que soignees; et,quoique litliogra-
pliiecs, elles paraissent bien rendre les caracteres des singu-
licrs animaux qu'elles representent. F.
345, Pour servir a l\ conna/ssance de i.a structure inte-
bieure et du DiivELOPPEMENT DES AsciDiEs ; par Ic D*^. C.
G. Carus. Avec 2 pi. col. (iVoc. Acta Acad. Cces. Leop.
car. Nat. cur. T. 10, %". part., p. l\i'i.)
M. le doctcur Carus a puUlie la description anatomlque et
pliysiologique des ascidies accompagnee de figures tres-detail-
lees dans les Archives allcmandcs de physioloi^ie ; mais les
dcssins originaux en ayant cte donnes a rAcademie Leopoldine,
clle les rcj)ro(luit dans scs actes en ilcux belles planclics co-
loriees acconipagnces d'une explication circonstanciec, alin d'eii
282 Zoologie.
repandre la connaissance, et surtout de procurer aux natura-
listes francais I'occasion de verifier les nouvelles observations
de M. le doctour Carus, qui completent les travaux de MM. Cu-
Mer et Savigny sur ces animaux. On ne pent que savoir gre
a cette iilustre Societe de cette attention. Ces dessins oflrent
un veritable inleret par les details qu'ils offrent et leur exe-
cution. F.
3/(6. Sir les petrifications des environs de St.-Gali, , par
le D'-. Schlapfer de Trogeu. [Neue Alpina, i*"". vol., p. -268.)
Ces fossiles se trouvent dans la molasse non loin de St. -Gall,
dans le Hagenbuch , pres du pont appele Marlins-Briicke, sur le
Miihleck; dans le "Waadt sur le Sitter; en general dans lout le
pays entre le Sitter et le Goldach. La raolasse y alterne avcc du
nagelfluhe ; a I'ordinaire la molasse coquillere repose sur una
marne et un nagelfluhe. Les coquillages y sont en amas ; ils sont
simplemcnt calcines ou en monies, et I'auteur pense que les
analogues de la plupart de ces mollusques vivent encore actuel-
lement dans la mer el surtout dans la Mediterrauee. II donnc
ensuite le catalogue de ces fossiles en suivant la nomenclature
de Linne et Scheuchzer. II cite 4 especes de Turbo, dont deux
sont des Turritelles de Lamarck ; 3 Nerites de Scheuclizer ; le Pj-
rulaficus de Lamarck; 3 Buccins, 2 Murex, 3 Trochm , Z Hcliv
[Planorhis, rotunda et complanata , Ginelin ); 2 Cones , le \'olutA
episcopnlis, 2 palelles {Iccvis et striatus) ; 3 Peignes {P.jacobea ,
maxima, L.); la Pinna rudis, le Mja Panopea de Brocclii, les
Myapictorum et oblongus , 2 J.Iodioles [M.Papuana, Lam. ) ; 1
Tellines , la Pholade dactyle, VArca antiquata, les Venus cliione,
geographica ou litterata , lithophaga (cette derniere traverse des
fragniens de calcaire secondaire). Donax scortum, Ostrea edu/ix,
Cdrdiuin roseuin , cardissa , rustiruw, cdule , etc. Solen Lrgunien ;
enCn les zooj)liytes Pennatulas et ScrtuUirice. Le memoire se ter-
mine par les conclusions sulvantes : 1°. la mer doit avoir cou-
vert ce pays. 2". Les trous de jdioladcs montrent que les calcaires
sccondaires f'ormaient des rochcrs sur le rivage de cette mer.
3". Les petrifications totalenient differentes ( Belcmnites, INum-
mulitcs, Ammonites, Terebratules ) des montagnes de calcaire
secondaire et de gres vert d'Appenzell indiquent aussi un fond
de mer encore plus cleve, ct la non existence de ces coquillages d
I'epoque du depot de la molasse. 4". De semblablcs coquillages
Zoologie. 285
se trouvant a Berne sur le Belpberg et sur le borrl de !a mer ,
dans les Apennins , montrent que la meme mer coiivrait
toutes ces contrecs. 6°. L'identite de ces coquUlnges avec ceux
de ]a Mediterrnnce conduit a ref;arder ccUe-ci comme le reste
de cette mer. 6°. L'absence d'ichtliYolilhes et la ressemblance du
gres coqulller avec le rivage sablonneux d'une mer font presu-
mer un retrait graduel de la mer de ces anciens rivages. A. l>.
347. Sua LES coQuiLLEs FossiLEs, par LcAvis Weston Dillwyn.
Lettre a ce sujet adressee a M. Humpbry Davy. ( Philos.
Trans., 1823 , 2". part., p. SgS. )
M. Dillwyn chcrche a reconnaitre les rapports qui existent
entre les divers degres d'anciennete des formations, et les fa-
milies particulieres de testaces fossiles qui appartiennent a cha-
cune d'elles. — II etablit que les Tracbelipodes zoophages de
M. de Lamarck (univalves a base echancree ou canaliculee ),
abondentdans les couches snperieures a la craie , qu'ils devien-
nent extremenient rares dans les terrains secondaires, qu'aucun
individu de celte famille n'a encore ete observe dans les bancs
plus anciens que X'oolithe infericurc ^ et enfin,qn'a parlir de ce
point , on ne trouve plus dans les anciennes couches que des
Trachelipodespliytiphages (univalves aouverture entiere). L'exa-
men des catalogues publics par Parkinson, Schlotheim, Cony-
beare et Phillips, etc. , etc., dans lesquels les fossiles sont ran-
ges par ordre de terrains , lui confirment I'exactitude de cette
repartition; il pense meme qu'il y a du doute sur la presence de
Traclielipo:!es vraiment zoophages dans les couches secondaires
snperieures, et que quelques-uns des genres regardes comme
tels parM. de Lamarck^ et qu'on y observe reellement, comme
ceux des Rostcllaircs at des Pterocrres , doivent faire partie d'une
autre tribu.
L'auteur s'occupe ensulte des cephalopodes , donl quelques
genres multiloculaires, notamment les J inmon ites , a^rhf, ii\o\v
ete extremement multiplies dans les mers des formations de
transition et secondaires, oil ils claient meme les seuls testaces
zoophages , ont entierenient disparu depuis !e depot de la craie.
II termine par quelques considerations sur les genres opercules
et inopcrcules de difforentes families , loujours en ce qui con-
cerne Icur situation geologique. F. de Roissy.
/l/44^iyn^^U.<,^
384 Zoologie.
348. Note sur des coquilles turriculees que I'oa trouve a
r<5tat fosslle dans des conches plus anciennes que la craie.
Par M. Defrange.
On trouve aux Leges pros de Lisieux, departement du Calvados,
n Bailly prcs d'Auxerre et aux environs de Nevers , dans des
couches plus anciennes que la craie, des coquilles turriculees qui
6ont tres-singuliercs par les plis ou cordons qui se trouvent taut
sur la columelle que dans I'lnterieur des tours et qui donnaient
sans doute au corps de I'animal une forme rubanee et comme
gaufree longitudinalement.
Quelques-unes de ces coquilles ont deuxpouces ct demi a trois
pouces de longueur. Le tet est epais; la columelle est fort grosse et
ombiliquee; sur cette derniere il existe deux (quelquefois trois)
plis en forme de gouttieres. Un autre pli, ou plutot un cordon,
se place dans la partie interieure de la coquille opposee a la
columelle, et repond a I'intervalle qui se trouve entre les deux plis
de la columelle, en sorte que le corps du mollusquea du avoir peu
d'epaisseur, en menic temps qu'il|Ctait cordonne longitudinale-
ment. L'ouverture de ces coquilles n'est pas encore bien connue ;
mais il parait qu'elle est ferminee a la base par un canal et
qu'elle a des lapports avec celle des cerites.
Celles de ces coquilles qu'on trouve aux environs de Nevers
ont conserve leur tet, qui est unl exterieurement ; elles se trouvent
accompagnees d'oolithes de differentes formes el grosseurs, et de
debris uses d'autres coquilles.
Celles des carrieres de Bailly se trouvent dans une sorte de
marbre jaunatre; des morceaux de ce marbre qui ont cle polls
presentent beaucoup d'oolithes, des polypiers et des coupes en
differens sens de ces coquilles, ou plutot d'une substance calcaire
et diaphane qui les a remplacees apres leur disparilion. Le vide
de rombilic et celui de la spire ont ete remplis par de Ires-petites
oolithes que la transparence de ce qui remplace la coquille per-
metd'apercevoir; et celles deces coquilles qui se trouvent coupees
longitudinalement presentent de cliaque cote de la columelle la
coupe transverse de la substance qui remplit le vide autrefois
occupe par le corps de I'animal , et cette coupe ressemble en
quelque sorte a des caracteres de I'ccriture chinoise.
A I'cgard de celles qu'on trouve aux Logcs, et qui paraissent
ronstituer une cspece dilferente de cellos des environs de Nevers,
elles ne soul signalees dans celle localite que pur leur luoule ex-
Zoologie. 285
tericur et par la patemoulee et petrifiee dans le vide qu'habitai t
ranimal qui les avait formees, attendu que la coquille a disparu
totalement apres la petrification de ce qu'clle contenait ct de ce
qui I'entouroit, et que rien nel'a reraplacee. Le moule indique que
CCS coquilles poitaient une rangee de forts tubercules au haut de
chaque tour et qu'au-dessous il se trouvait un enfoncement qui
suivait les tours de la spire. Les moulesinterieurs sont quelqnefois
parfaitement conserves et libres , et representent la forme singu-
liere du corps de I'anlmal. Ces coquilles etaient tellement abon-
dantcs en cet endroltqu'a elles seules elles constituent la presque
totalite de la pierre du coteau gauche de la vallee de la Touque
pres de Lisieux. On remarque sculement avec elles des monies ex-
terieurs de coquilles bivalves qu'on pourrait rapporter a des
terebratules.
L'etude des fossiles ne permet pas loujours, comme celle des
objets a I'etat vivant, de rassembler tous les caracteres qui peuvent
appartenir a un genre. Ces deux especes de coquilles en sont un
exemple. Cependant on voit par les tres-singuliers plisdeleurco-
lumelle et de leur interieur qu'elles different de toutes les cerilcs
connues,et que les couches dans lesquelles on les trouve sont
d'une cpoque plus ancienne que celles dans lesquelles on a le
plus ordinairement rencontre ces dernieres.
Le genre des Cerites etant deja trop embarrassant par le nombre
et par les formes differentes des especes qu'il renferme, puisque
M. Defrance en possede pres de deux cents a I'etat fossile , et
qu'il en decouvre tous les jours de nouvelles, ce naturalisfe pro-
pose d'etablir pour ces deux especes, sous le nom de Ncrine, nn
genre voisin des cerites et dans lequel on devra faire entrer
probablement des coquilles de plusieurs especes tres-remarqua-
bles qui ont ete trouvees par 3L Deshayes a Saint-Mihiel , de-
partement de laMeuse, dans des couches qui paraissent tres-
anciennes. II en sera probablement encore de m^me de coquilles
turriculees et portant plusieurs plis interieurement, qu'on trouve
pres de Neustad et dont on volt des figures dans I'ouvrage de
Knorr sur les petrifications, pi. 56.
349. AnIMAMUM MARITIMORUM NONDUM EniTORUM GENERA
DUO Descripsit D"". A. G. Otto. {Nov. Act. Acad. Cces. Leap.
Car. Nat. cur., To. X, a", part., p. 617.)
II s'agit de deux annclides irouves a Naples , dont M. lo
-86 Zoologie.
D^ Olto crolt devoir former deux nouvcauK genres. Lc premier,
arme de soies nides sous le thorax , constitue lo genre Sternas-
pis et porte le nom de St. thalassemoides : il est figure ainsl
que son anatomle dans la pi. 5o. Sa description iuterieure ct
exterieure est tres-detaillee.
Le second forme le nouvcau genre Siphonostoma qui fait
partie des abranches sctigeres de M. Cuvier. Ce genre est re-
prcsente, avec son anatomic, dans la planche 5i, d'une ma-
niere fort ingenieuse, en ce que le fond elant enllerement noir,
toutes les parties colorees de I'animal ressortent avec cclut. La
description est egalcment faite avec beaucoup de soin. Q. v.
35o. SuR LEs VERS DETtKRE. M. Leo,de Berlin, vient de con-
firmer la remarque de Swammerdam, relative aux vers de
terre, qu'ils multiplient par le moyen de leurs oeufs , que I'on
trouve au printemps et qui permettent non-seulement de voir
I'embryon qui y est renferme, mais meme la circulation de son
sang. Ces observations ont egaiement Lie confirmees parM.Ru-
dolphi. D'apres lui, ce que quelques naturallstes ont trouve dans
le corps de ces vers et qu'ils ont considere comme rembryon ,
est simplement un animal intestinal qu'il a vu non-seulement
dans les vers eux-memes, mais aussi dans leurs ceufs. ( Lond.
Mag., nov. iSaS, p. 556.)
35l. LuaiBRlCUSLZPTOZONIUS, NOUVELLE ESPECE DE VER DE TERRE
DE L\ Suisse, decrite par Jean-Jacob Hagenbach, membra
de la Soc. helv. [Naturvi'iss. Anzcig. dcr allg. Schw. , 1823,
n". II, p. 84.)
L'auteur distingue cette nouvelle espece de lombricus du L.
terrestris ordinaire par Ics caracteres suivans. EUe n'a point
de bat, son corps est moins renfle anterieurement , sa queue non
deprimee est terminee en pointe de maniere a etre pcu dislincte
de la tele ; les segmens sont plus courts, etc. II caracterise ainsi
cette espece :
Lumbricus subteres, carncus zonis subcEquaUhm , obscun-
rubris, quatuor sericbus gerninatis aculeorum abdnminaliiun ;
clitcllo omninb destitutu'!. S. s.
352. Materiaux pour servir a l'histoire uesOragonneaux
(6'o;r/«i) , AVEC la description d'une espece duver de terre
( Lumbricus gnrdioides), qui a etc jusqu'a ]>resent confondue
avec ces premiers. Lu a la Societo des Sciences nalurcUes de
Zoologie. 287
la Suisse, le 26 juin 1819, par G, L. Hartmantc. [Nene Al-
pina , i*"^. vol., p. 3i.)
L'auteur fait lemarquer que Ton a gencralemcnt confondu les
Gordius (de la classe des Annelides), avec d'autres vers, tels
que les Luinb/icits ,\es Filaria , les Ascniis , et c'est de la qii'on
a pretendu qu'ils pouvaient devenir dangereux en s'introdui-
saiit dans le corps des horames et des animaux , tandis que les
Gordius ne sauraient vivre dans I'interieur d'un animal.
II caracterise le Gordius : corps cylindrique etjiliforine, a peau
tres-dure , a segnicns cisibles quand le corps est desseche.
On en trouve de blancs, de gris, de toutes les nuances , d'au-
tres encore sont blancs en dcssous; les uns out la queue four-
cliue , el il pcnse que c'est une distinction de sexe. Le plus long
qu'il ait vu avail Z% pouces de long , et etait gros comine un fil. li
pense que leur nourriture ne consiste que dans des particules
tei'reuses suspendues dans I'eau. lis se trouvent generalement
dans les eaux de source.
L'auteur decrit un Lombric ( Lumb. gordioides ) , qu'on a
jusqu'a present confondu avec les Gordius, vivant comme eux
dans les eaux de source. II en a vu de 12 pouces de long
sur '- de ligne de grosseur. Ses scgmens ne sont vislbles qua la
loupe. II ne porte point de bat; sa queue est aplatie ; les soies
de la face inferieure de son corps sont visibles a la loupe; sa
couleur est rouieitre. II ne s'enfonce point dans la vase, et peril
quand on le tient a deux pieds de profondeur sous I'cau.
S. s.
353. Materiaux-pour sf.rvir a l'anatomie des insectf.s , par
le D"^. Gaede , avec une planche. [No^-a Act. Acad. Cccs.
Nat. cur., To. XI, 2*^. part. , p. 323.)
Traclii'cs et nerfs de la lan'e de I'HjdrnpJiilus piceus. Le sys-
teme tracbeen de la larve differe considerablcment de celui de
I'insecte parfait, surtout par ses ouverlurcs de communication
avec I'air exterieur : elle respire par I'anus au lieu dc respirer
par des sligmates lateiMux. II existe de cliaque cote du corjjs une
grosse trachee longitudinale , qui regne depuis la tete jusqu'au
cloaque dans lequel elle s'ouvre. Ces deux vaisseaux , qui sont
tres-gros dans le milieu de leur longueur, et fortement retrecis
vers leurs extremites , produisent danschaque segment plusieurs
troncs traclioens, qui vont se rcpandre dans tout le corps, et
dont plusieurs s'anastonioscnt avec ceux du cote oppose.
:?8S Zoologi'e.
Outre le cerveau, qui est place dans la tete , au-dcssus de
I'cesophage , la moelle epiniere est encore composee de 1 1 gan-
glions inferieurs , dont les 3 premiers sent plus gros que les
autres , et reunis par deux cordons, tandis que les 8 ganglions
posterieurs sont lies par un cordon simple; mais les deux troncs
sont probableinent confondus.
Bupreslis inariana. Les tracliees de cette espece d'insecte,
forment , comrae chez les Laraellicornes , une foule de petitcs
vesicules. — Le canal alimentaire , en arrivant dans rabdomcn ,
se replie de iiouveau en avant jusqu'a la lete, d'ou il revient en
arriere pour se terminer a I'anus , sans faire d'autres circonvo-
lutions. L'oesopliage est couvert de fibres musculaires longitu-
dinales. Pres de son extremite posterieure, s'insei-ent deux
paires de valsseaux (biliaires) , garnis lateralement d'un grand
nombre d'appendices tres- courts. — ■ Les organes genltaux da
male sont formes : i". de deux grosses vesicules replices en S ,
qui s'inserent immediatement sur I'extremite du canal deferent.
A leur base se trouvent deux petites glandes arrondics, que I'au-
teur compare aux glandes de Cowper ; a", de deux vaisseaux fu-
siformes , qui s'ouvrent un peu plus bas dans le canal commuii,
et qu'il nomme les vesicules serainales ; 3°. de deux vaisseaux
greles et fort allonges, qui s'ouvrent au meme point ; et enfin ,
4°. de deux gros lesticules , composes d'une infinite de petits
vaisseaux replies, et reconverts d'une membrane commune. Ces
dcrnicrs organes s'ouvrent par un canal exterieur dans le def('-
rent, pres de la verge. — La mocile epiniere est composee de
8 ganglions, non compris le cerveau , et dont les 5 premiers
sont places dans le thorax , et les 3 autres dans I'abdomen.
My gale aviculnris. Des 8 stigmates dorsaux I'autetu' n'en
a pu aperccvoir que 6. — L'interieur du coeur presente plu-
sieurs valvules qui s'appliquent sur les orifices des vaisseaux ,
pour empecher le retour du sang. — II a trouve quatre bran-
chies chez cette espece , quoique M. Treviranus n'en ait vu que
deux chez les petites araignees. — Les vaisseaux branehlaux ve-
nant du coeur se subdivisent sur une membrane tros-mince,
quiformela paroi posterieure de la cavile pulmonaire, oil se fail
la dtisoxigonation du sang. — Les organes genitaux de la fe-
nielle sont com])oses d'un canal fort large , elendu de[)uis I'a-
nus jusqu'a la base de I'abdomen , oii 11 se divisc en deux bran-
ches , qui vont s'ouvrlr dans la vulve. L'auleur ajoute qu'il est
Zoologie. 23 Q
fori remarquable que les teufs ne sont poinl contenus dans ce
canal, mais places au dessus , et disposes en quatro ran"ccs. ■
Enenlevant la calotte exterieure des yeux, on trouve en dedans
un corps rond, blanc et fibreux , d'unc conslstance Ircs-molle ,
que I'auteur rej;;arde comnie le cristallln. Ce corps est enloure
d'un anneau noir et filamenteux, qui semble remplacer I'iris.
La planche est ornee de quatre figures representant le canal
alimentaire des Biipreslis Mariana^ les organes males du menie
insecte, le coeur de la Mygale aviculaire, et les ovaires de cette
derniere espece d'araignee. S. s.
354. RrMARQUES PHYSIOLOGIQUES StJR LES PRETENDUS VAISSEAUX
BiLiAiREs DES iNSECTEs; par le D"^. Gaede. ( Nova art, Acad.
Cces. Leop. Nat. cur. To. X , part. II , p. 325.)
Tous ceux qui ont disseque des insectes connaissentces vals-
seaux fillformes et flottans, ordinairement blancs ou jaunatres,
qui s'inserent sur le canal alimentaire de ces animaux , et dont
le nombre, la longueur, et les points d'insertion varient beau-
coup suivant les especes. Quoique ces vaisseaux solent bien ap-
parcns, leur fonction n'est point encore connue d'une maniere
positive. Les uns les ont norames vaisseaux variqueux; d'autres
intestins gieles ; et aujourd'bui on les regarde assez generale-
ment comme secretant une liqueur digestive analogue a la bile ,
ce qui leur a fait donner par !a plupart des zootomistes, le nom
de vaisseaux hepaliques.
Dans le menioire dont nous donnons ici un extrait, M. Gaede
cherclie a prouver que ce sont au conlraire des organes absor-
bans du cbyle,el il se fonde sur rexperience suivante. II a fait
avaler a des chenilles des liquldes colores avec du cinabre, ct
ayant ouvert ces animaux 24 beures apres, il trouva ces vais-
seaux teints en rouge, pres de I'intestin: ce qui lui prouva que le
mouvement des liquides qu'ilscontiennent, se fait du point d'in-
sertion dans rexlrcraite, et qu'iis ne sauraient etre jiar conse-
quent des organes analogues au foie des vertebrcs.
Le redactcur du Nova act. Acad, joint a ce mcmoire les ob-
servations de M. Rengger qui tcndent a prouver que ce sont
plulot des analogues des reins. M. llengger fait observer: i°. que
chez les nymphes qui sont sur le point de passer a I'otat parl';iit,
ces vaisseaux sont remplis de liqui.le , quoiqu'ii nc se forme
point aiors de cliylc cl:ez re-; ruiinuuix; '/". qu'en nirlant de I'al-
U. ToMF. I. 1,,
ago Zoologie.
coliol , ou un acide etcndu d'cnu , au chyme qui se trouve en
avant de I'insertion de ces vaisseaux, ou bien en faisant chauf-
fer ce chyme , le chyle s'en separe aussitot en flocons blancs
conime chez les verlebres , tandis que le chyme de I'estomac et
de I'intestin n'en donne plus ; 3". qu'ils absorbent I'cau qu'on
injecte dans le canal alimentaire (ce qui semble venir a I'appui
de I'opinion de M. Gaede); et l\". que la substance dont ces
vaisseaux sont remplis se retrouve dans les excrcmens , tandis
qu'on n'en apercoit aucune trace dans le chyle. S. s.
355. SvMBOLA FAUN* iNSECTORUM Helveti.e cxhibeutia vol
species novas vel nondum depictas; auct. J. J. H agenbach. Fasc.
I, avec i5 pi. col. d'apres nature. Bale; 1822; J. G.Neukirch.
D'apres I'annonce que Ton fait de la premiere livraison de cet
ouvrage, il parait qu'il ne laisse rien a desirer; et quoique les
planches soient gravces en bois (selon le nouvcau precede de
M. David Labrom), dies pcuvent etre mises en parallele avec
les nieilleures gravures en cuivre. Chaque planche contient deux
fii^ures, et en tout 24 especes de differens ordrcs. S. s.
356. CoRRESPONDANCE ENTOMOLOCIQUE ; par M. KoECHLIN.
Miilhausen ; i823 ; chez Jean Rissler et conip.
C'est une premiere lettre de I'auteur sur I'entomologie , et
dans laquelle il eherche a prouver que le Lucanus Cervus, Fab.
de la classe des insectes; le L. Capreolus, Fab.; le L. Capra,
Oliv.; le L. JJircus, Herbst; ne sont que de simples varietcs
d'une mcme espcce.
357. COLEOPTERORUM SPECIES NOV.E AUT MINUS COCNIT-E DESCRIP-
TioNinus ILLUSTRATE , par M. Germar ; i vol. in-8". de G24 p.
Hallo; 182.',.
Cet ouvrage ecriten latin contient les descriptions de 891 es-
peces de Coleopteres,rangces d'apres lamethode deM. Latreille,
queM. Gcrmarcroit nouvellesoupcuconnues, quoique cepeadant
un assez grand iiombre d'entre elles soient dejadecrites, ou du
moins indi(]uees dans differens ouvrages. M. Germar a fait une
elude parliculierc de la famille des Curculionites: il decrit 3i8 es-
])cces, et il donne les caracteres de 4i genres de celtc famille,
quo nous allons cssayer de faire connaitre. i.Mugf/ali.s: lUiinodes,
Scli(enhcrr;Dejcan, catalogue. 2. Buns. 3. Cholus : genre forme
Zoolo^ie. 291
de rArdmriiis Scolopax,, Dejeaii, catalogue jclde deux autros es-
peces. !\. Ccutorhynchus, Schuppcl : comprenant Ics genres Falci-
ger et Campyliiliynchus de Megerle; Dejcan, catalogue; et
plusieurs espcces du Bresil, que M. Dejeau a placees dans le
genre Baris. 5. Mo?ionYchus,Sc\i\i]i^e\: genre forme du Falciger
pseudacori et d'une nouvelle espece qu'il decrit. 6. Orohitis : il
joint a ce genre le Baris rubetra, et plusieurs autres especes
que M. Dejean a pbtcees dans le genre Baris. 7. Poecilma:
forme du genre Eccoptus, Dejean, catalogue, et de plusieurs es-
peces, que M. Dejean a placees dans lesCryptorhynchus. 8. Ame-
ris. 9. Sihinia. 10. Orthochaetes, Mailer: genre qui se rapporte, je
crois, au Coraasinus, Megerle; Dejean, catalogue ; et forme sur
uneseule espece trouvee en Baviere. 11. Bradyhatas , Porrothus
Megerle: forme du Pihinudes Creutzeri ; Dejean, catalogue. 12.
Lipanis , Olivier. \Z. Dionjchns: forme, je crois, de plusieurs es-
peces du genre Archarias. Dejean, catalogue. 14. Pissodes.
1 5. Tiachodes, ScUuppel : genre forme sur une seule espece venant
des lies Aleutiennes. 16. Plinthus. Meleus, Megerle. Dejean,
catalogue. 17. Bronchus. 18. Hyphantus : genre forme de deux
especes, I'une duCap de Boiine-Esperance etl'autre duBresil. in,
Pachjrhynchus , Dysonchus , Schoenherr ; Sphserogaster, Dejean,
catalogue. 20. Barynotus. Forme des genres Merionus et Brius,
Megerle; Dejean, catalogue. 21, Liophloeus : Gastrodus, Megerle;
Dejean , catalogue. 22. Otiorhyiichus : T.oborhynchus Megerle,
Pachygaster,Gerraar; Dejean, catalogue. (Le nom de Pachygaster
donne d'abord a ce genre, par M. Germar, a cte change comnie
ayant etc deja employe pour un genre de dipteres.) M. Germar
rcunit a cc genre, un des plus nombreux en especes de cette fa-
millc,les genres Simo et Panaphilis. Megerle; Dejean, catalogue.
23. Hypsonotus : geare forme de plusieurs especes exotiques des
genres : Mencetius , Schoenlierr; Merionus , Megerle ; et Gastrodus,
Megerle. Dejean, catalogue. 24. Remhiis : genre forme sur une
seule espece du Bresil. (Le nom deRembusest deja employe par
M. Latreille, pour un genre de lafamllle des carabiques.) o.'S.Lari-
??«.v, Schuppcl ; Rhinobatus, Megerle. Dejean, catalogue. 2(5. Li.vu.s-,
auqueliljointlegenrcCIeonis, Megerle. Dejean, catalogue. T.-j.Hci-
lipus: nouveau genre auquel appartient le Pissodes rufitarsis, Do-
jean, catalogue. 28. TrachyphUeus. iij. Prntelirc Omias, Germar.
Dejean, catalogue. !io. 'J'/ijlaciiew 3i. Hi'/pi.s-Ucu.f : genrcvoisindu
precedent et forme sur uneseule espece de Teneriffe. 82. Sitona.
2()2 Zoologl'p.
IS. Lcptocerns, Schoenherr; Naupactiis, Megerle. Dpjean, calnlo-
gup.3/i. Cyp?tiis, Schoenherr: forme deplusicurs especcsdu ijorire
CliloriiD.TiGerniar; Drjcaii;, catalogue; telles c]iicgiljbera,Tiivea,elc.
duThylacitesjiivencus,Dejean, catalogue, et dc qnciquos autres es-
peces de ce genre. 35. 7?/i/^K.f, Dalinann : forme de plusieurs espe-
ces du genre Cldorinia, telles que draco, arrogans, Dejcan, catalo-
gue. 36. Chlorophnnus, Dalniann : forme des espcces europeen-
nes du genre Chlorinia, telles que viridis, fallax, etc. 37. Eustalis.
Forme deqiielques petlfes especes du Bresil du genre Chlorima,
telle que lineata, Dejean, catalogue. 38. Phjllobius, SchcenhcTV :
demenibrement du genre Polydrusus contenant les pyri , argen-
tatus, parvulus, etc. 39. PoIjclrusus.M. Cermar a laisse dans ce
genre les niicans, atomarius, srriceus,picus,undatus, etc. 40. TJ/c-
tallites ,Schcer[\\eTT : forme du Polydrusus CTij)reo-3eneus, Dejean,
catalogue, et de quelques autres especes. l^l. Eusomus : Eusoma-
tus , Gcrniar. Dejean, catalogue.
M. Germar donne en outre les caracteres de cinq nouveaux
genres appartenant a differentes families, savoir, 1. Lcpiotki-
ruK : genre de la famille des brachelytres , que M. Dalmann a aui-si
etabli dans ses Analecta entoinologUa , sous le nom de Ziropho-
rus. 2. Ceutocerus : genre voisin des Hister, etabli par M. Sthup-
pel, snr une tres-pefile espece fronvee vivante dans du riz. 3. Lon-
cAo/?Aor«/J^.Demembrcmentdu genre Copris, contenant les lancifer,
inimas, carnifex, etc., etabli depuis long-temps , par M. Mac-
Leay fils, dans le i^''. volume de ses Hor<^ entomologiccv , sous
lenomde Phanaeus. 4- ■^'"o/oi^w; genre voisin des Scaurus ct des
Sepidium, et forme d'especes qui se trouvent a Buenos- Ayres et
dans les parties meridionales du Bresil. 5. Rhinotragus : genre
voisin desCallidium et forme d'une seule espece du Bresil. D*.
358. EUCNEMIS INSECTORUM GENUS MONOCRAl>HICE tractatum ico-
nibnsque illustratum ; par ]\I. le baron df Mannkrhiim. Bro-
chure in-8°. dc 36 p. en latin, av. 2 pi.; St.-Pelcrsbourg; 1823.
M. le baron de Mannerheim , Finlandais, employe au ministere
de I'inlerieur a St.-Petersbourg, a doune, sous ce titrc, unc Irts-
bonue monograpliie desEucnemis, g<^nre de la famille desElatcr
forme lar Ahrens dans le A'cue ■S(:/i/i/(cri der naturjorsclicndcn
Gesellschajl zur Halle ; 1 8 1 1 .
II en decrit 11 especes doni il donne les figures, savoir : r. E.
Gigiis, nouveiKcs])ece du Cap <Ac Boune-Esperante; 2. E. cruvn-
Zoologie. 2g^
tatti.f, Elater ci'uentatus, Gyllenhal, de Suede; 3. E. aim' , Elater
aini, I'abriciiis ; t'spece de Suede qui a etc trouvee aux environs
de Lyon par M. Foudras ; 4. E. sericatiis , nouveile espece dn
Bresil; 5. E. capwinus , Alirens; deflexicollis , Megeile. Dejean,
catalogue. Espece (juu Ton tiouve ordinairemenl en Allemagne,
et Ires-rarement aux environs de Paris ; 6. E. monilicornis , nou-
veile espece que I'on croit de I'Amerique septentrionale ; 7. E.
Sahlbergi, nouveile espece de Finlande , dediee a M. Sahlberg,
profVsseur a runiversite d'Abo ; 8. E. pjginwus , Elater pygmaeus,
Fabricius, de Suede ; 9. E. procemlus , espece de Suede, que
M. Gyllenlial a decrit comine la femelle du precedent ; 10. E.
Filuin, Elater Filum, Fabricius, d'Autriche; et \\. E. nigriceps ,
nouveile espece de la Georgle d'Asie. D*.
3 5g. Car ACTEREs DEs cknresOtiocerus etAnotia, deux nouveaux
genres d'insectes hemipleres appartenant a la famille des cica-
diadees.avecladescriplion deplusieursespeces; par M. William
KiRBY.( Trans, o/t/ie Li/in. Socert.,\om.~S.UI , p. 12, et p!. 1.)
M. Kirby, coniiu j)ar un grand nombre d'excellens travaux
entouiologiques , ayant achete a la vente du cabinet fie M. Fran-
cillnn un envoi d'insectes raraasses en Georgia par M.Abbot,
trouva parmi eux plusieurs especes assez. semblables a des fiilgo-
rfs,el ne pouvanttoutefois etre rangees parnii aucun des genres
etablis par M.Latreillcacause d'un grand nombre de caracteres
distiiicts qu'elles offraient. II jugea qu'elles pouvaient former deux
nouveaUx genres dual nous exposerons les priucipaux caracteres.
I*^'. Genre. OxiociiRE, Otioccrus K'nhy.
Antenna suboculares, elongatap, sexarticulatje, raultiannulata?,
apice setigcrae , basi appendiculatse : appendiculis antenniformi-
bus , elongatis, tortuosis.
OcuLi renif'ormes.
Ocelli obsoleti aut nulli.
Caput compressum subtriangulare , supra ct infra bicarina-
turn; froute subrostrata; rostro sajpiiis subascendenti.
M. Kirby docrithuit especes , loutes originaires de la Gcorgie ;
ii les nomme O. Degeeru , Stollu, Abhotii, Franrilloni, Rcnu-
inurii , Sdiellenhergii , IVolfd , Coquebertii ; il figure cetle
derniere.
IP. Genre. Anotie, Anotia YJirhy.
• Antenn.e suboculares, biarticnlal.-tp ; ai ticiilo primo brcvissi-
mo , cxiimo clongato , paulo infra apicom sctigcro.
2g4 Zoologie.
Or.i;ii proinitiuli, scmiliinali.
Ocelli obsoleti aut nnlli.
Caput compressuni , subtriangularc , supra ct infra bioarina-
lum : fronle subrostrata; rostro recto.
M.Rirbydecrit uncseuleespeceapparfcnant a cegenre; I'iiuli-
vidu sur lequel il la fonde est une femclle dont Ics orgarie? copu-
lateurs extremes ressemblent a ceux des otioceros ; IVspccc unique
qu'il possede porte Ic noin d'.^. Boimvtii ; 11 en donnc une rx-
cellente figure.
Les otioccres et les anoties qui , a cause de leurs anicnncs in-
serees immediatement sous les yeux , apparliennent a la sous-
i;uiiilledesFu]goreIlesdeM.I>atrellleouaugenlcFulgoredeLinn.,
dolvent etre places, selon M. Iviiby, dans une section particuliere a
cause de r;ibsence des yeux lisses. V. Aud.
36o. Du LAMIA AMPUTATOR dc Fabricius ; par Landshown Guil-
DiNG. ( Trans, of I he Linn. Soc. , vol. i3, i" . pirt., p. Go4. }
Celte lamie avait tie decrite par Fabricius ( Entom. sjst. ,
■vol. I. , b. pag. 276', qui I'avait vue dans la collection de
M. Banks. M. Guilding figure I'insecte parfait, ct fait connaitre
I'histoire curieuse de ses moeurs. On le rencontre dans les iles de
rAnierique cquinoxinle , principalemcnt dans File St.-Vincent.
II produit en froltnnt son corselet sur la base de fecusson du
inesothorax un bruit qui le decele. Cette espece est surtoutre-
marquable par la singuliere habitude qu'elle a de couper tout
autour au moyen de sesmandibules les TnmeAVL\d.e Mimosa Leb-
be/, , L. , apres avoir depose ses oeufs, sous I'ecorce. La branche ,
ainsi taillee ouplutot sciee, tombe a terre; des larves se dcveloj)-
pent dans son interleur el vivent aux depens du boisjusqu'a
leur inelainorphose en nymphes, quiau bout de quelques mois se
cliangenten inscctes parfaits. L'auteur represenle nn de ces ra-
mcaux dans lequel on voil la larve et la nyinphe; il figure aussi
une lamie occupee a scier une branclie de mimosa. V. Aud.
36r. Description sommairf, h'uxk TfoirvF.Li.r, especf. nu G.
EuLOPHUS de Gcoffroy ; par M. Kirhy. ( Trans. Linn. Soc,
vol. 14, part. I, p. III.)
Dans cette courte note, M. Kirby nous donnc les caractcres
d'une nouvellc cspcce de cegenrcsi extraordinaire par la forme
de ses anlennes, du G.Kuloplic, foiulo par notrc cclcbrc com'
' Zoologie. 2(j5
palriote Geoffrey, et adopte depiiis par plusieurs entomologistos
et surtout par M. Latreille. M. Kirby apporte unc grande at-
tention a distinguer I'espece qu'rl decrit de celle que Geoffrey
avail donnee sous le nom 6!Eulophe a antennes pectiners. Ce?
details ne peuvent se developper ici; nous nous contenteron>
de donner les caracteres de sa nouvelle espece.
Eulophe Damicorne. Eulophus Damicornis.,Kirh. Yentre do-
re , abdomen noiraire, sa base portant une taclie pale trans-
parente.
Male. Antennes plus courtes que le corselet, blanchatres, do
huit articles; le i*^'. tres-petit , conique; le a*", plus long'quc
ceux qui sont apres lui, gros, jaune ; le 3". petit, presque co-
nique; les trois suivans fdiformes, emettant un rameau allonge,
sans articulation, tres-velu; le 7*^. elliptique; le dernier ovale aigu.
Femelle. Antennes simples; "i articles intermediaires oblongs;
le dernier court; point de tariere visible a I'anus.
Cette espece est tres-voisine des Eulophes ramicornc et pecti-
nicorne; elleen differeprincipalement par la taclie de la base de
I'abdomen. Elle parait vivre danslalarve du Bovibyx camelina.
L. vS. F.
362. Memoire pour servir a. l'histoire des Simulies, genre
d'insectes de I'ordre des Dipteres, fumille des Tipulaires ; lu
a la reunion de la Societe lielvetique des sciences naturelles a
Bale, le aSjuillet 1821 ; par F. J. Verdat, med. a Delemont,
avec une plane. ( Naturnnss. Anzeig. der allg. Schix'. Gesell.,
1822 , n". g, p. 65.)
Depuis long-temps on avail decrit plusieurs insectes dipteres
du genre Simulio, connus plus particulierement aux Antilles et
a la Louisiane sous le nom de Moustiques , et de mouches de
Kolumhates en Servie et au Bannat; et dont les piqures dou-
loureuses peuvent causer la mort par I'innombrable quanlite de
ces inseclcs dont les lioinmes et les animaux sont (pieiqucfols
assaillis.
M. Verdat ayaiit eu I'occasion d'observcr une espece de ce
genre, le Simit/io sericen, Meigen , qu'il regarde commo le Cu-
lex re plans de L.; il en donne une description tres-dt'taillee ,
et non-sculemcnt dc Tinsccle parfait, mais encore de la larvc ct
de la nymi)lie; ct il joint a son memoirc une planclic contcnant
i\ fig. nu trait, fort bicn executees.
29'> Zoolo^ie.
I,a iarve liabite Ics ruisscaux d'nno eaii limpide ct bicii cou-
raute, des environs de Delcmont, ainsi que It-.s valL-es qui bor-
dent le Birs jusqu'a Iidle en Suisse; et ell« ne sauiait vivre
dans une eau stagnanle ou meme plus ou moiiis tranquille.
Elie est apode. Sa bouche est garnie de mandibules , de
inachoiies ct de Icvres. Elle se melamorpliose dans I'eau, et la
nyniphe habile un petit fourre;;u ouvert en avant, tt d'oii elle
peut sortir en partie. Elle respire par des panaches qu'elle porte
Jateralenient sur le thorax, et donl les premiers rudinicns pa-
raissent apres sa seconde mue.
Lauteur pense que Ton potirrait parvenir a dlininuer sensi-
blernent le nombre des Simulies , en employant des inoyens
diflerens suivant les localites , et dont plusieurs sont indi-
ques dans I'ouvrage du D'". Schoenbauer , intitule , Geschichte
tier sch'adlichrn Koliimhatczer-Muchcn in Bannat ; ou Ton
trouve les mesures ordonnees par rimperatrice JMarie-Therese ,
pour prevenir la Irop grande iiuiltiplication dc ces insectes. S. s.
363. HisToiRE NATURELLE DU Phassie cornu, et Description
d'uiie nouvelle espece d'AscALAPHE; par M. Lansdoun Guil-
i>iXG. ( Trews. Linn. Soc, vol. i/,, part, i, p. 137.)
Ce memoire contient la description d'un Ph:isine deja connu
de rAmerique equiiioxiale, et d'une nouvelle espece d'Ascalaphe
dc I'ile de St.-Yinccnt. Ces especes sont :
1°. Phasme coRivu. Phasnia comutuin. P«.oux cendre; ttHc
cornue; pieds sans cpines, anguleux, presque cgaux. Male; fili-
forme, pieds fascies de brun. Femelle; prcs de deux fois plus
grande que le mule, n'ayanl aucune fascie distincte aux cuisses.
Le male a ete decrlt i)ar diflerens auteurs, et entre autres jwr
Eabrlcius, sous le nom de Mante ou Phasme fdiformo , et la fe-
melle sous celui dc Phasme cornu.
Ce Phasme reste tranquille pendant le jour sur les friches oix
on le cunfoiid avec de pelitcs branches moMes,mais il mange
avidement les feuilles i)endant la nuit. Sa marche est vacillante.
Dans le repos il appuie ses pates anlericures coiitre sa l^le, de
raaniere qu'elles dcfendcnt ses antcnnes de tout accident. On le
trouve dans I'ctat parfait pendant toute I'annee; il s'accouple en
mai et juin, et depose environ ax ceufs, du mois de septembre a
«.elui de novembre. Ces oeiifs iVIosent au bout de cent jciuis. S^
Zoologie. 297
larvecroit promptemeiit, mals uu fait reraaiciuable dansriiislohe
de cet insecteest que si cette larveperd une pate , ellela recouvit!
au prochain changemenl de peau, seulement plus petite que celle
de la meme paire qui lui est opposee.
2". AsCALAPHE DE Mac-llay. Ascaloplius Mac-lcajanus.
Ailes transparentes a reflets irises , sans taches. Yeux et corselet
d'un noir culvreux , dos taohete, ventre cendre.
A propos de cette espece, I'auteur reforme le caractere du
genre Ascalaplie , et voici comnie 11 1'enonce :
Tete grande, yeux tres- grands, proeminens, composes de
deux segmens inegaux. Point de petits yeux lisses. Antennes in-
serees entre les yeux , en massue, la tete de celle-ci tantot com-
primee et presque triangulaire, tantot tronquee subitement, et
tantot arrondie, oblongue. Palpes courts, filiformes; les labiaux
un peu plus longs. Corps velu; corselet ovale; abdomen pres-
que lincaire , plus long que le corselet. Picds veins , courts; tar-
ses de cinq articles. Aid. S.
364. Memoire sur une larve qui devore les Helix nemoralis , et
sur I'insecte auquel elle donne naissance ; par le comte Ignace
MiELziNSKY. [^Ann. des Sciences Natur., Janvier 1824 j P> ^7 >
avec fig.; et Bibl. univ., oct. i8'23, p. 137.)
L'animal dont il s'agit a ete trouve en Suisse aux environs de
Geneve, pres des ruisseaux desseches situcs au-dessous deshaies.
11 est un ennemi redoutable pour \cs Helix nemoralii : il s'intro-
duit dans la coquille de cetle espece et la fait promptement pe-
rir. A I'elat de larve cet insecte est jaunaire et a 8 a 9 lignes de
long sur 4 a & de large; la tele,muniede deux mandibules bifides
(res-fortes, porte a sa partie superieure deux antennes brunes com-
posees de deux articulations; cliacune de ces antennes est sup-
porlee en outre par une espece de proiongement membraneux
et blancliatre. A. la partie inferieure de la tete , et au-dessous des
mandibules , sont situes , sur un meme plan horizontal, quatre
jtalpes , dont les deux exlernes sont legerement epatees et tou-
jours en mouvement, et les deux internes plus minces ct moins
/uobilcs. Le corps de la larve est divise en douzc articulations ou
anneaux, dont les trois anterieures portent six pates fortes et
bien cunformees ; ces articulations n'oiit que peu de poils par-
srmcs cii ct la sans aucun ordre. Les liuit articulations suivantes
portent inferieurcraent chacuncdcux fausscs patvs, et iuperieu-
298 Zoologie.
roniont doux liouppcs dc poils de cliafjuc colo. Cos polls sonl
places sur unc espcce dc proloiigeincnt dc ropldcrmc, en par-
tie vide en dedans . et qui fail de fortes saillies sui* le cote dc
cliaqiiearticiilalion. Enfin ,1a douzieme articulation porte I'anus
et deux houpprs de poils terminales forinees de la nieine ma-
niore, inais plus grosses que foutes Ics aiMres. L'anus de ccttc
larve est rcniarqnable par la presence d'une sorte de pied qu'il
contient dans son iuterieur, ct qni Ini sert de point d'appuilors-
qu'il fait des efforts jioiir pciu'trer dans la coquillo. Des deu\
cotes du corps de la larve, entre les deux rangees de houppes
de poils, se trouve aussi une rangee de points saillans glandu-
leux et noiralres. M. Mielzynsky considere ces parties coinmc des
organes respiratoires.
Quand la larve a acquis son entier developpement , cc qui a
lieu npres un cliangcment de peau, die se metamorphose en
nynipl't"? t^t a» bout de trois ou qualrc mois, tm commence-
ment du jirintcmjis , die change encore de peau, et parait sous
la forme d'iiisecle parfait, qui offre alors les caractercs suivans :
le corps se compose de douze anneaux donl les trois premiers
portent chacun une paire de pates, et le juemicr des trois for-
me le corselet; les stigmatcs de I'inseete sont ires-distincts; on
en compte neuf de chaque cote du corps, et ils sont portes sur
une espece de dentdure qui borde les deux cotes de I'abdomcn.
La tete est pourvue d'anlennes composees de sept articles, et
portees sur une espece de base qui fonnerait le huitienie article;
a sa partie posterieure et l.iler.de sont deux yeux lisscs. Ante-
rieurement et dessous les anlennes, se trouve la bouche armee
de deux mandibules bilides tres-fortes; au-dessous des mandi-
bules sontquaire palpes assez membraneux ; les deux exlernes
sont jilus longs que les deux internes. 31. Mielzynsky dccrit une
espece unique, dont il ne connait que la feuielle , leCochleoctone
Horace, Cochleoctonus vorax. Le corps a dix a ouze lignes de
longueur sur trois a trois ct demic de largeur; il est d'un jaune
orange; les anneaux dont il est compose ct qui sc recouvrent les
ims les autres portent superieurement chacun deux taches noi-
res de forme assez irreguliire, et par dessous les trois premiers
sont munis des six pates de Tinsecte; les suivans ont chacun
unc paire de fausscs pales , exceple le dernier qui porle l'anus.
Les pales de eel inserte sont forlos el Icrminies par deux cro-
chets as.cz pu'ssaiis. L'auleur a cu occasion dobscrvcr la ponlc
Zoolo^ic. 299
(Ir ret aiiini:i], cM birn quescs oeufs n';ticrit pu ('■clorc, ce fait ne
n.iratt devoir iaisser auciin doule siirson ctat pai'fait.
BI. Mielzinsky, prPnaiit en corisidc'ration I'apjjarpnco cxli'rieu-
rc, Ic manque dun sucoir retractile ct Irs deux levres mcmbrn-
ucuses, place son nouveau genre dans la tribu des Lanipyrides
a cote decelui desLampyres. Ce niemoire inluressant est accom-
])agne de ])lusieurs aulros details que nous iic pouvons rcpro-
duire,et d'une planclie litliogra])liiec, parfailement executeepar
M.Gu<5rin, dessinateur des AnnaUs des sciences natureiles; cetle
phmche represente la larve de grandeur nalurelie, la memegrossie
en dessous elen dessus, lanymp]ie,la nymplie en metamorpliosc,
rinsecte parfait, le nieme vu en dessous et en dessus et grossi,
enfin des details d'antennes, dc maiidibulcs et de pates. V. Aun.
?)1)5. NoTEsur Ic Memoire de M. le comte Ignacc Mielzinsky, relaf if
a une larve qui devore X Helix nernoralis ii^ar M. Latreili.e,
membrede I'lnstitut. (^««. des Sciences Nat., i*"". n^, Janvier
182/1 , P- 78-)
Le savant entomologiste franeais examine dans cette note les
differenscaracteres assignes par M. Mielzinsky au Coclileoctone
voiace. II rcleve une erreur ecliappee sans doute involontalre-
ment a I'auteur, cclui-ci ayant donne sept articles aux antenncs
de rinsecte parfait , tandis que la figure grossic de ces organes
en presente au moins dix.Tous ces caraclercs d'ailleurs portent
M. Lalreille a penser que le genre nouveau dont il est question,
appartient a la famille des Serricornes. [Regne anim. de Cuvier.)
Le penulticme article des tarscs desLampyres etantbilobe et au-
cun de ceux des Cocldeoctones ne presentant pas ce caractere,
M. Latreille pense que ccux-ci s'ca eloigneraient sous ce rap-
port et avoisineraient les JWalacliies. Quoi qu'il en soit, M. La-
tr-illeexborte I'auteur a fairc une elude plus detaillee des parties
dc cet animal;, afiu de fonder, sur des bases plus solides, I'eta-
])lissement dc son nouveau genre. V. Aun.
3GG. Observations sur les fils de la vierge, ct les voyages
aeriens des arnignccs; par Graveniiorst. [Isis 1823, /( . liv.
p. 378.)
L'auleur a observe que les araignees produiscnt ces fils jiour
«;e transporter a Icur aide dans i'aira des distances plus on nioiiis
grandesjcn s'y accrocliant , et en selaissanl eiuporter par Je \(fil,
qui a Tine Ires-grnnde prise sur ce fil.
5oo Zoolo^ie.
Pour pioduire ce filament, Y,iT3.\^nie [Aranea ohtcxtri.c , tl
une espece A'Epeiru que M. Cravenhorst a observees), se sus-
penil libreinent par un long fil a un corps quelconquc, tel que
la branthe d'un buisson. Uiins cette situation, elle produit d'au-
tres fils fort allonges qu'elle l.iisse flotter dans I'air; (|uaiid ces
derniers fdamens alleignent une grande longueur, Ic vent Ics
eniporte et avec eux I'araignt-e qui y reste accrochee.
M. Gravenhorst cite plusieurs aulres naturallsle.s qui, deja
avanl lui , out fait a ce sujet des observations presque sembla-
bles aux siennes; tels que Sirac/t , Bullinann , Lister, Fliigg et
un inronnu, dont les observations sont consignees dans la 5*^. li-
\raison des Nouvelles Jnnales de la Societe d'hlstoire naturellc
de Halle. S. s.
367. Pour servir a l'a>"atomie et a l'histoirk naturkli.e
DES MEDUSES {Quallen); par ie D'. F. W. Eysenhardt. Avec
1 pi. {Not>. Act. Acad. Cces. Leap. Car. Nat. Cur. T. X, 1".
part. p. 3 7 A.)
L'auteur tralte d'abord du Rhizostoma Cinicrli de Larnarck.
II donne succcssivement son Iii'^toire, sa description cxterieure
et son anatomic delaillee ; il parle de ses mouveinens, de ses
sensations , des sucoirs, de ce qu il appelle les parlies de la
generation , de ses habitudes et maniere de vivre. Une planclie
entiere est consacr^e a figurer cet animal sous toutcs ses formes
et dans tous ses details.
M. Eysenhardt dans un second chapitre traite dos Acalephes
bydroslatiqucs de IM. Cuvier, ot prcsente des observations inte-
ressantrs sur les divers genres de cc groupc , savoir : Physalia,
Rhizop'>'ysa , Physsophorn et Strphanomia. II termine par un
supplement, dansleqtul il donne la nomenclature et la synonyinie
des diverses especes dcP/j/.v/Z/rz an nonibrc de /,, savoir: i'h.
Arethiisa,Unne; Lamartinicrti, Tiles.; Oxhcchii {Ph. mef;alista,
Peron )et pelagicn, Bosc. M. Eysenhardt donne une bonne figure
de la premiere el de la dernlere de ces especes, ainsi que du
Rhyzophysa Cham is son is , uouvelle espece fort singuliere figuree
sous deux aspects. ^*-
368. Inuication d'ijne espece ue ver non decrite [Ascaris
pelluridus) trouvee aux Indes orientales dans les yeux des
chevaux. — Letlres a ce sujet de M. Alexandre Kennedy au
profchsoiir Ilu<>el etau docteur Hope. — Avec une destripHon
Zoologie. 3or
par le capilaiiie Tliomas Brown. ( Transact, de la Societe
rojole d'Edimb. \%%y. iie. part., p. 107.)
Cetie nouvelle espece de ver , de la dasse des intestinaux, a
ete observee au Benf;ale dans la liqueur de la cornce transpa-
rente des chevaux, ou on la distingue facilement, sa longueur
etant de 8 a 10 lignes, et oii elle nage avec une grande agillie.
Elle s'y developpe a la suite de coups ou de blessuresTmais
quelquefois aussi sans causes determinantes connnes. L'oeil ainsi
attaque est tres-enflamme, et ne tarde pas a etre entierement
perdu par la suppuration ; le seul moyen de guerison conslste a
faire une iuciMon qui perinel au ver de s'evacuer en n.eme temps
que la liqueur de Tail. M. Kennedy a vu , sur phisienrs chevaux
operes, cette liqueur se reproduire, apres la cicatrisation de la
cornee, et la vision se retablir sans paraiire nieme avoir ete
affaiblie.
M. Brown donne les caracteres specifiques de ce ver, qu'il
range dans le genre Ascuris, et qu'il nomme pellucidiis. F. de R.
369. Observations microscopiqdes sur la suspension des mou-
vemens musculaires du Vibrion du ble ; par Fr. Bauer. ( Trans,
philos., i8'23, i'''^. part., p. i.)
Les grains de ble caries renferinent quelquefois, independam-
ment A^XUredofaetida, cryptoga.ne parasite , cause principale de
cette nialadie, les vers microscopiqucs appeles Vibrio tritici-
M. Bauer confirme ou rectifie une partie des observations deia
laites sur ces animalcules par Needham, Roffredi, Fontana, etc.,etc
Si on la^sseparfailement sechcrla goutte d'eau oiion lesaplon'ges*
les V.bnons deviennent immobiles; et, au bout de cinq jours en
les mouiUant de nouveau, lis reprennent leurs premiers mou've-
meus avec la meme vivacite; mais cette propri.'te de se revivifier,
qu'ib partagent avec pjusieurs autres animaux microscopiqucs ,'
se prolonge bien davaulagp si on les conserve dans le grain deblc'
m^me qui les re.iferme: Taction de leurs muscles pent, en les
mettant dans I'eau , etre renouvelee apres cinq et mcmc six an-
necs de suspension.
L'autenr donne de nouvcaux details sur la reproduction deces
vers, qu'il regarJe comme hermaphrodites ct ovipares , et sur Is
mode de Icur introduction dans Fintericur du ble. D'aprcs lui , les
aufs pcnetrcnt dans les jeunes plantes de froment par les canaux
de la sevc, cl cirtldfiil avec die jusqV- dar.s les ovairrs; 1,-s
502 Melanges.
germcs (\eYUre.io fcetiJa y p^irviennent dc la mtmc mrinierc,
11 s'cst assure dc ccs deux f;iits par I'exporicncc, en i?ioculant.
Ics uns et les autrcs sur des grains de ble sains, ct en les faisaiit
germer.
Ce memoire est accompagne de deux planclies blen executces,
qui representent les formes generales tres-amplifices du Vibrio
tritici dans differens ages et divers etals de contraction , ainsi que
la place que ces vers occupent dans les grains attaques ou ils for-
ment toujours depetites masses distiuctement separees de la sub-
stance noire de VUredo foetida. F. de Roissy.
MELANGES.
370. Une collection dc mineraux et de coquillages des plus
precienses vient d'etre transportee de Cadix a New-York a bord
dunavire Canton, par M. Wyer. Cette collection est la plus belle
que I'on ait importee dans le pays.
37 I. Les sciences naturelles ont perdu dans Ic courant de I'an-
uee derniere deux savans danois d'une grande reputation, sur
Icsquels on trouve des details dans le 6*^. cahier du Journtd
d'histoire nalurelle de MM. Oersted, Rorneman et Rcinhnrdt ^
Copenhague, x823. Nous croyons devoir en donner un extrait.
i". Otto Fabricius naquit le 6 mars 17/14? a Rudkioubing dans
File de Langeland(une de celles du Danemarck, dans la Balli-
que), oil son pere etalt pasteur. Pendant son sejour a I'universite
de Copenhague; la lecture des ouvrages de Hans Egede sur Ic
Greenland , fit naitre en lui le desir d'aller precher I'Evaugile
dans Ic meme pays. II fut ordonnc en 1768 et nomnie niission-
naire pour la colonic danoise de Frcderihshaab on il passa 5 a G
ans, vivant souventdans les cubanes des Groenlandais, Icsaccom-
pagnant nieme a la chasse des plioques , et ne negligcanl aucunc
occasion d'acquerir une connaissance parfaite de leur languc, ct
d'observer les produits du pays. L'etude le dcdommageait de
toutes les privations attachees a ce genre de vie. Sans aucune in-
struction preliminaire , sans autre livre d'histoire naturelle que
le Systcma naturce , il devint naturaliste par ses propres efforts
et par la correspondance du cclcbre Otto Frederic Muller, qui
lui donna quilques avis. Revenu a Copenhague en 1773 , il fut
iionime succcssivcmenta diffcrenlcs cures, lanl enNorwege qu'en
Daneniarck. II a occupc, depuis 1789 jusqu'a sa niort, cellc de
Melanges. 3o3
Christianshavn , a laquelle le roi attaclia pour lui Ic tifrn et In
rang d't'veque. 11 mouriit a rae;e de 79 ans, le 20 avril 1822 ; il
avait ete marie deux fois, et avail clu pere de 16 enfans. Son
principal ouvrage d'histoire naturelle, et celui qui I'a fait parti-
culiereraent connaitre des etrangers , est celui qu'il publia a Co-
penhague en 1780, sous le litre de Fauna Groenlandica.
2°. C'est a Bested, paroisse du bailliage d'Aabenraae,dont son
pere ctait pasteur, que naquit, le 5 avril 1759, EricNissen \i-
BORG. L'instruction qu'il reeut de son pere le mit en etat d'entrer,
en 1777, a I'universitc de Copenliague, oii il suivit d'abord les
cours de theologie , et etudia particulierement les langues orlen-
tales; mais il ne tarda pas a changer de direction , el a se livrer
tout entier aux sciences physiques et niathcmatiqnes. Des I'annee
1783, il remporta un grand prix au jugement de la Societe
royale des sciences de Copenliague, pour une dissertation inlitu-
lee Tentamen eudiornetrice perfectioris , qui fut publiee I'annee
suivante. II etalt alors demonstrateur au jardin de botanique et
a I'ecole veterinaire oii Ab'dgaard , qui apprecialt son applica-
tion et ses talens, I'avait fait placer. En 1787 , deux aulres deses
ouvragesfurent couronnes par laSociete royale; I'un sur I'orge,
I'autre sur les plantes mentionnees dans les lois danoises comma
propres a lier et contenirles sables mouvans. II vojagea pendant
trois ans dans une grande partie de I'Eui-ope, notamment en
France et en Anglelerre : a son relour, il fut nomme profcsseur
a I'ecole veterinaire de sa patrie, et peu apres inspecteur des tra-
vaux ayant pour objet les sables mouvans dont il s'etait occupe.
On lui dut a ce sujet une ordonnance royale qui a produit de
fort bons effets. En 179/1, il remporta un prix a la Sociele d'a-
griculture de Copenliague , sur les differenles especcs de peu-
pliers et de sanies. Deux ans apres , le roi de Danemark Ten-
voya en Moldavia et en Pologne pour des achats de chevaux. II
succcda, en i8or, a Abilgaard, dans la place de directeur de
Tecole veterinaire, et recut successivemenl I'ordre de Danne-
brog, le litre de conseiller de juslice, el enfin, en i8i5, celui
de conseiller d'etat effeclif. II etait membre ou correspondant
de plus de 20 Societes savantes , et notamment de I'lnslitut et de
la Societe royale etcentrale d'agriculture de Fiance, Sociele qui
avait couronne en 1806 une dissertation ticonomique de Viborg,
sur le pore, et les soins a donner a eel animal. II succomba, le
25 septembre 1822, a des altaques repetees d'apoplexic. La
3o f Melanges.
plupart (les ouvraj^es de cet auteur roulcnt sur I'art veterina're
et sur riiistoire naturelle econoinique. Panni ceux qui se rappor-
tent a I'histoire naturelle proprement dile, on peut citer uii
Manuel de cette science , en allemand, 1802 ; des RecJierchcs sur
les chevaux qui naissent blancs , et sur les causes des particulari-
tes qui les caractr/iscnt , i8o3; Hisloire de I'oiivroge intitule
rior.i daiiica, 1806; Connaissancede t exterieur da cheval , 1821-
Ces trois deriiiers ouvrages sont en danois. C. M.
372. Le 9 juillet, la Socicte d'/iistoire naturelle de Berlin a
celebre le 60*^. anniveisaire de sa fondation, sous la presidence
de M. Bode, qui reste seul de tous les fondateurs j a lui seul aussi
appartenait I'honneur de faire rhistoire de la Societe, et il s'est
acqalltc de cette lache a la satisfaction de tous les assi^tans. ( Rev.
Encyclop., novembre 1823 , p. 428.)
373, Le Congres de Colombie a adopte un decret pour I'eta-
bllssement d'un Museum et d'une ecoie des mines , en \oici le
preambule :
a Ayant pris en consideration le traile conclu a Paris , dans Ic
mois de mai 1822, entre M. Francisco-Antonio Zea, ancien
ministre plenipotentiaire de la Colombie , specialement autorise
par le gouvernement pour cet objet , et MM. Rivcro , Boassin-
gault , Roullin , Bourdon et Goudct ; prenant de plus en con-
sideration que les sciences naturelies sont rcstees inconnucs jus-
qu'a ce jour dans ces riches regions; conse(|uence necessaire du
systeme corrupteur de Tancien gouvernement; que les progres
de I'agriculture, des arts et du commerce , qui sont les sources
productlves des richesses du peuple , exigent absolumcnt que
ces sciences soient repandues ; que I'occasion favorable est main-
tenant arrivee d'accorder et de rcpandre la connaissance drsdites
sciences; afin que les melaux ])recieux et bcaucoup d'autrcs
choses du regne mineral, rcnfcrmes dans nos vallces et dans
nos montagnes , ne soient ])lus caches dans les entrailles de la
terre; le Senat et la Chambre des rej)rcsentans, assembles en
congres, decrctent. » (Suivent les dispositions parlituliercs du
d(5cret.)
Le memo congres a ralifie un traite conrlu par M. Zea , pour
Tetablissement d'une lilliographie a HSo^oU. [Constitutionn<-U]\i
2 1 fcvrier 182/4.)
IMPRIMKRIK nr. I"A1^', IM.ACK l)K T;(^.I)K0\.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
GEOLOGIE.
374' Lettres sua les Revolutions du Globe; par M. Alex. B.
In- 12 de xij et 872 p. de texte, av. i pi. au trait. Prix, 3 fr.
Paris; 1824 5 Bossange freres.
L'auteor anonyme de cet ouvrage est, dit-on, un jenne ama-
teur; il parait s'etre propose de rassembler, dans im cadre res-
serre, et sous une forme agroable, I'ensemble des connaissances
geologiques les plus generales, repandues chez les savans, ou
consacrees par I'impression , et qui resultent de I'etal actuel de
la science, de maniere a rendre ces connaissances plus commu-
nes en les raettant a la portee des gens du monde.
Ces lettres sont adressees a une dame : le style en est facile
clair et correct; elles offrent une lecture attacliante; le ton en
est modoste ct d'un horame de bonne corapagnie. Un format
commode, de beau papier, une impression soignee, montrcnt
que M. B. n'a rien neglige pour que son livre soil un cadeau ele-
gant et flatteur pour la femme a laquelle il I'adresse.
M. B. a puise aux meilleures sources ; c'est d'abord dans les
ouvrages de MM. Brongniart et Cuvier, aux cours de MM. Cor-
dier et Geoffroy de Saint-Hilaire, et enfiu dans les conversations
de quelques savans, car on trouve dans son ouvrage des vucs
scientifiques, qui, sans etre imprimees, sont connues de tons Irs
gcologues de la capitale.
Dans la 1"". letlre, M. B. expose rapidement Irs principaux
sysfemes proposes sur la theorle dc la terre, depuis Ic commen-
cement du 17*^. siecle jusqu'a nos jours.
Dans la 1^. , il presente les mesures et les divisions du splie-
roide terrestre, et traite de sa masjc interne; il admet qii'elle
est formec de matiere metallique tenue en fusion par V action de
B. Tome I. 2y
5o6 Geoio^ik.
1(1 r/in/eur, et expose somiiiairement les faits qui appuient ceUe
liypollieso de liiilloii, que nous avons riiveilK'-e Ics |)reiiucis,eu y
raltacliant les faits que nous avons rccueillis sur les chanjj;eiiieii^
profressiCs de la vie sur le globe et I'abaissement de la tempe-
rature a sa surface. Buffon avail pousse les consequences de ce
refroidisscmenl fort loin ;inais aujourd'iiui Ton sail que I'epaisseur
de la croute terrestre, et sa densite , peuvent faire regarder la de-
perdition actuelle du calorique interne comnie etant inappre-
ciable, nieme pendant une longue suite de siecles.
La 3". Icltre a rapport aux tremblemcns de tene : I'auteur lie
ce plienomene a celui des volcans , qui font le sujet dcs 4''. et
T)". letlres. II les considere, avec Buffon et autres, couime etant
le; soupiraux du foyer central el cominun.
[,a G". traitc de Vccorce ininende du globe :^l. B. pense qu'elle
csl composee de plusicurs mUlicrs de couches, formees I'une apres
laulre. 11 y ctablit que la luer a sejoarne sur nos continens.
Les n". ct 8**. lettres out pour objet le sol de transport et de
sediment. Apres avoir avoir signale rexistence des divers fosslles
niarins sur la surface du globe, el ctabli, d'aprcs MM. Cuvier el
Brongni:irt, etc. , les alternals qu'on observe dans les formations
lerliaires; il en tire des consequences qui paraitront sans doute
un peu hasardees aujourd'hui. Ainsi M. B. avance (pie cliacunc
de ces couches prouve que la iner avait laisse son ancien lit nssez
long-temps a sec pour permcttre le developpement des difft rentes
races d\inimaux , quune uouvclle revolution venait subitement
di-lrulre apres un laps de temps plus ou mains considerable. Cet
ecrivain cite en lemoi-nage relepliant conserve dans les glaces,
cl observe par Adams vers rembouchure de la Lena , fait qui ne
prouve rien autre chose que Fancicnne existence, dans les par-
lies seplentrionales de I'Asie, d'un animal, dont I'espece est j.ro-
bablement perdue, et dont un individu s'est conserve dans la
giace, comme cela pourrait arriver de nos jours a un ours blanc ;
mais il s'en faut assurement qu'ou puisse admeltre celle succes-
sion de deplacemens du lit des mers, et cest du moins encore
luie opinion bypothilique.
Aurestc,M. B. pcuse que la temperature dcs pays seplcutrio
naux. n'cla't pasalor,, nussi froide (pie de nos jours; ainsi il admet
un refroidissement. Iladnicl aussi I'opinion deciuelqucs g»:'ologucs
sur le redressemeul des conches du sol prhnil.f , pour former les
clialnes do montagues: mais avaut le dOp«)l dcs terrains sccoa-
Geologie. Soy
dnires , centre celle de M. Brongniart , qui pcnse, a ce que nous
froyons, que ce redressement s'esl opere a])res cc depot.
M. B. expose sommairement duns la S*'. Icttre la geolo|];ie
tlu bassin de la Seine, d'apres MM. Cuvier et Brongniart.
Les Icttres lo a i4 sont consacrees aux animaux fossiles; c'est
an apercu de I'ouvrage de M. Cuvier, et de celui de M. Buckland.
Dans la i5*. lettre, M. B. s'occupe de la masse des eaux. II
croit qu'elle nediminueni n'augmente, et qu'elle ne s'avance pro-
gressivement vers aucun point; mais il adniet des changemcns
de niveau considerables sur la surface des continens. Ceux-ci ,
constates par des faits que M. B. rapporte, et par beaucoup
d'aiitres encore, servent a expliquer beaucoup de phenome-
nes geologiqties locaux, et dans leur ensemble, et par ce qui
arrive de nos jours , les changemens plus considerables qui ont
eu lieu jadis. La lettre qui nous occupe est une des plus impor-
tanles, et offre, par lambeaux, le systeme que depuis six ans nous
cherclions a faire prevaloir, jnais d'une manlere pcu complete,
et Inexacte sous quelque rapport; par exemple M. B. , en resu-
niant tres-bien les faits relatifs aux atterrissemens des fleuves,
a rexluiussernent , et meme au comblement des lits des lacs, ad-
met que les matleres charriees par les fleuves dans la raer , pou-
ralent etre suffisantes pour elcver son fond de 5 metres par sic-
cle. Des lors il serait clair que, contre ce qu'il avance plus liaut,
la masse des eaux diuiinue , sans qnoi les mers gagneralent sur
les terres; I'opinion de la diminution progressive et continue
des eaux est une des opinions que nous avons reproduites , et
que nous regardons, avec I'abaissemcnt dela temperature, commc
les plus importantes bases de I'liistoire du globe , et pour eelles
des terrains tertlaires en partlculler, les differences de niveau des
rclalssees de la mer et des lacs d'eau douce repandus sur la sur-
face du globe. M. B. nous parait etre sorti, pour les terrains de
sedimens, des voles ordinaires, et avoir profile avec fruit de
I'ouvrage de M. d'A^ubuisson , et des idees que les observations
nouvelles ont fait naitre.
La lettre i6^. et derniere concerne ralmospliere , les gla-
ciers , etc.
Des notes, au nombre de liuit, terminent ce petit volume. La
i"'. est relative a la tlieorie de Buffon; les suivantes donncnt la
description des Iremblemens de terre , et des eruptions volcani-
<jnes les plus cclebres. I-a planclie offre les traits , copies do
!io8 Geologic.
I'oiivrnge de M. Ciivior. des principaux nnimaiit fossilfs qn'il
a rcstitues. I'-
3-5. StSTEMATISCHE UeBERSICHT DER LlTTERVTUR FUR MlNE-
RALOGiE , Berg-und Huttenkunde. Catalogue systemalique
des ouvrages relatifs a la mineralogie , a I'art des mines et a la
inetallurgie, qui out pani de 1800 a 1820, par J. C. Freies-
LKBEN , conseiller des mines du Royaumc de Saxc. xxij ct
3/|8 pag. y ronipris 55 pag. de supplement et unc table alplia-
biitique des nonis d'autenrs en iH pag. Freyherg, 1822.
L'auleur a rendu sans doute nn service aux savans en reunis-
sant sous leurs yeux les litres des ouvrages relatifs au regne
mineral et a la geologie, qui ont parn i)endantles 20 ou2i pre-
mieres annees de ce siccle. Mais ils lui auraicnt su gre de distin-
guer, au moins par des signes indicatifs, cenx qui offrent Ic plus
d'utillte, pour les preserver de I'embarras de faire venir de
I'etranger des livres ou Ton ne trouve quelquefols pvesque rien
de ce que pronicttait le litre. M. F. esl luimcme unsavanl trop
distingue pour que le clioix dont il s'agit iei lui eat ele diflicile
a faire, surlont liabitant "un pays ou les bibliollieqnes sont bien
plus riches que les notres en ouvrages de ce genre. Ce n'esl pas
do sa jiart que le public devait .ittendre un simple extrail de
catalo'nies de la foire dc Leipsig et autres. En parcourant ce vo-
lume avec le supplement nous y avons meine remarque que plu-
sicurs ouvrages remarquables avaient ele oublies; c'est ce qui
nous a engage a donner ci-aprcs I'analyse d'un ouvragc polo-
nais que nous possedons et qui parait avoir echappe aux reclier-
chcs de M. Freieslebcn.
Ce motif senl pouvait nous engager a en faire menlion ici ,
attendu qu'il date de i8i5. C. M.
376. O ZIEMOROnZTWIE KaRPATOW I INxMCII GOR I ROVVMN
PoLSKi , pre/. Stanislawa Staszica. W. AVarszawie. lloku ;
i8i5. ; W. Drukarni Rzadowei. Sur la geologic des Rarpates
et d'autres montagnes, ainsi que des plaincs de la Polo-
gne; par .Stanislas Staszic ; ''>()2 pag. in-/,". Varsovic; i8i5.
M. Freieslebcn n'a connu que le premier thapitre de cet
Guvrage polonais , chapitre que l'auleur avail In Ic i3 decembre
i8o5 a la Soc. ues amis des sciences de Varsovic, cl qu'il avail fait
Geologie. 3 09
injprimer hi iiieme aniicc. Outre ce cliapitie, qui tialte des plaiiies
de la Pologne, de la chaine dcs Lysogory (Mont-Chauve. KaLlen -
berg), et d'une partie de Bieskid et de Bielaw, I'auteur en donne
jci onze autrrs. 11 decrit dans Ics cliap. 2, 3, 4 et 5 difforentes par-
ties des Karpales. Dans les 5 cliapilres suivans, il traite successi-
vement desdiflerentcs formations, depuis les terrains priniitifsjus-
fju'aux terrains d'alluvion, en lesrapportant a leurs epoquesres-
pectives. Enfin le 1 1*^. chap, est une lecnpitulation de tout Tou-
vrage. Au chap. 7 sc rapporte un tableau en 3 i'cuilles des mines
de Pologne et des usines pour les produits du regne mineral, a
Texception des salines. Cellcs-ci sont enumerees separementsur -2
auties feuilles relatives au chap. 8; une 3^. feuille , dependante
du meme chap. , indique les sources sulfureuses , les mines de
houille, les cx])loitations dusoufre, dc pctrole et autres bitumes;
on y trouve cites t.us>i trois lieux du cercle de Flock , ou I'ou ex-
trait du succin. L'ouvrage est accorapagnu d'une carte gcologitpie
de la Pologne en 4 feuilles ( tres-mediocrement exOcutec), d une
coupe mineralogique dcs terrains de tons les pays compris entre
la mer et les Tatras , et d'une vue de cette chaine de montagnes.
L'auteur ayant parle dans son chap. i*^*^. de quelqucs - uns des fos-
siles des plaincs de Pologne , nolamment d'une tetc dc rhinoceros
et de differens os d'aniinaux inconnus, il a joint a la description
qu'il en donne, pag. 56 et Sy , trois planches ou ces objets sont
ligurcs. A la tete du volume , M. Staszic a place I'explication , en
francais et en allemand, des termes polonais, relatifs a la mine-
ralogic et a la chimicj dont il s'est servi dans ses descriptions.
Nons devons dire aussi (ju'il n'a pas neglige de parler quelquefois
des ])lai)tes qu'il a observees. (Voyez notammcnl Ic chap. 11,
p. 78, le chap. 5, p. 170 a i85. ) II donne encore, dans cc
dernier chapilre , quehjues observations du barometre et du
theimometre, faitcs par lui au mois d'aout i8o5. C. M.
377. EsSAl U'UNK REVUE GENERALE DE LA CONSTITUTION PHYSI-
QUE nE i.A BoHEME,par Laurent Albert Dlasr, professeur de
litteraturc a Prague, i*^"". vol. , consacre a la geognosic de la
Boheme. Prague; i8a2.
Cet Guvrage commence par une longue introduction , divisce
en 10 chapitres. L'auteur y passe successivement en revue les
proprieles les plus rcmarquables du feu, de la lumicre, de I'e-
li-clricilc, du magnctisme , dc Icau, de I'air et des "gaz. 11
5io Geologic. ''
parle ensuile dcs meteores dn i^Iobe terreslre considcre
ooiiime plaiiett;, des corps naturels , et de leur classification.
Le premier chapitrc dc son ouvrage est consacro a Ja gcogra -
})liie g<5neraie de la Boheme; dans ui< second, 11 s'occupc de
I'orograpliie , et decrit successivement I'Erzgebirge, Ics Siidetes,
les iiiontagnes deGlatz et de la Moravie, la Foret boheiniennc ,
le Fichtelgebirge et le Mitlelgebirge. Une table et une carle
des hauteurs lerniinent cet article. Dans le siiivanl, il traite de
I'arognosie ou geognosie de la Boheme, et parle successivement
ties roches jiriniitives et sccondaires; dcs alluvions et des roches
volcaniqucs et pseudo-volcaniques.
Dans un article a part, il considere la geologic de la Boheme
et les differenles theories. II en vient eiisuite a I'liydrographie^
il s'occupe de celle de I'Eibe, de la Moldau, de I'Eger, des tor-
rens et des ruisseaux , des lacs, des etangs, et des marais.
Le dernier chapitre de cet important ouvrage est consacre au
climat de la Boheme et a la meteorologie en general. A la tete
de ce volume se trouve un catalogue de tous les ouvrages d'his-
toire naturellc dans lesquels I'auteur a puise , et il promet de
donner, dans des volumes suivans, une idee generale des autres
j'cgnes ae la nature. A. B.
378. Observations sur i.es opinions de 1M. Beudant, concernant
les roches cristallines du gres rouge, conteuues dans le 3^ vol.
de son voyage en Hongrie , depuis la page 194 a 206 ; par Ami
Bode. [Journ. pkil. d' EcUmbourg.; Janvier 1824 , p. 67. )
Ce memoire commence par rappeler que roriglne ignee de ces
roches a etc dtiduite non-seuicment de leur structure et de leur
composition minoralogique , iiiais encore de leur giseinent , ce
que M. Beudant ne reconnait pas. L'auteur passe ensuite en re-
vue les obj(^ctions de M. Beudanl conlre I'origine ignce de ces
roches cristallines; il parle d'abord des retinites sccondaires
qu'll montre ca et la etre poreuses ou avoir la structure des per-
lites. I,cs differences de ces roches et des tracliytcs vitreux de-
pendent de leurs ages differens. Pour les porphyres sccondaires,
I'auteur montre qu'ils ont souvent leurs scories; que les por-
phyres dans le gneiss ne sont que des filons ; que les passages des,
porphyrcs aux gres sont dc fausses apparences, faits contestesou
mcconnus par M. Beudant. Pour les roches 'ra])j)eennes, I'auteur
donnc des cvcuiplcs de roches aniygdaloidcs foruianl la parlic
J
Ge'uloi^ie. 5 1 i
iiifetieure ou siijjt'fieiire de masses Irappeennes sefonllaires ,
et il contlut a I'origine ignee de toutes ees roclies, qu'il clierclic
ensuite a proiiver entierement , inalgre le defi de M. Beudant,
])»!• leur giseiiient. D'abord ii montre par des exemples que les
retinites sont en amas ou couches courtes , et meme en lllons ,
fail que M. Beudant n'admet pas. Puis il passe aux alternals de
roclies basaltiques et d'ayrcgals basaltiques avec les depots
ne])tuniens du gros honiller ou rouge. II distingue les veritables
couches des filons qui prennent ca et la I'apparence de couche ,
les couches d'agregats des masses ou des filons trapj)ecns, etc.
Enlin , il compare le gisement des porphyres a celui des trachi-
tes, et termine son memoire en appliquant a ses idees ignees Ics
jiarolesmemes quiformentla conclusion de M. Beudant. I,.
379. Observations poor avancer ia connaissance des rapports
cEOGNosTiQUES DU NORD DE l'Allemaoe ; par Frederic
Hoffmann , i*^"^. vol. , qui contient une description gcognosti-
que du duclie de Magdcbourg , de la ])rincipaute de Ilalber-
stadt ct des pays environnans; in-8° , avec une jolie carte gOo-
logique et des coupes ; Berlin et Posen ; 1823.
L'auteur commence par donner les limiles de la partie de-
crite ; il indique les elevations du sol , les principales vallees ef,
les points principaux oil les alluvions permettent d'apercevoir
les terrains plus anciens. 11 donne ensuite ce qu'il appelle les
principcs de sa classification ; et il n'y auralt , suivant lui , quo
trois formations : celle de feldspath , indiquee par le signc + j
celle du quartz, indiquee par o; ct celle du mica , indiquee par — ;
celte derniere se diviserail dans le groupe des schistes argileux
et des grcs, et dans celui des calcaires. Apres cet article, d'une
])hilosopliie allemande au-dessus de notre faible intelligence ,
l'auteur jjaile de la direction et du parallelisme des couches;
la direction est en general du ]N. O. au S. E. ; elle n'en devie le-
gerement que dans la partie N. E. L'inclinaison des couc hes est
du cole du Harli^, au N. IN. E. ; ct du cote de Magdebourg au
S. S. O. II fait remarquer des chaines dont les couches inclinent
loutes forteinent vers le meme point. Le troisienic chapitre est
consacre a la description des differeulcs formations.
La grauwacko el le schisfe argileux sc Irouvent <lans leHartz
ctaulN.O. de Magdebourg; la grauwackc se rapproche souM.nt
5 1 2 Geologic.
beaucoup du gres rouge ;illemand ( Rolh Todtligcndes. ). Elle
passe au schiste argilcux, au schisie novaculaire , etc., et elle
renfernie des petits illons de quartz et dcs restes de plantes
semblables a dcs roseaux ct des palmiers. II y a beaucoup d'irre-
gularites dans la direction et rinclinaison des couches.
Le rothliegendes ou le gres rouge allemand manque sur le bord
nord du Kartz, abonde dans le Mansf'eld , et rcparait auN. O.
de Magdcbourg. C'est un agglomerat quartzeux , a fragmens do
porphyre , qui ne renferme ni petrifications ni houille.
La formation du gres bigarre que I'auteur appelle Biintes
Schieferthongebirge,com\)Tem\ les oollthes jKirliculieres, appelces
roggcnstcin par les AUcmands, et le gres bigarre. L'auteur ra-
conte que les oolitlies occupent beaucoup de place entre Bern-
burg , Connern et Ernisleben. Ces roclies sont composees de
globules calcaires a structure cristaliine etoilee , et leur ciraent
plus ou raoins -ibondant est marneux ou argileux : c'est le horn-
mergel ou hornkalk. II n'y a point de petrifications, a moins
que certaines parties cylindriques recourbees ne derivent de
quelques zoophytes. Elles alternent avec des gres rouges micaces.
Le gres bigarre recouvre , suivant l'auteur, les alternats pre-
cedens, ct renferme des impressions de plantes quelquefois py-
ritisces. Les assises marncuses superieures au gypse se voient
souvent. Le quadersandstein ne montre plus de depots chimi-
ques; il occupe beaucoup de place dans cette partie de I'Alle-
inagne; il renferme des fits de combustible a pyrites , et des
bancs d'argile impregnee de fer hydrate , qui abondcnt surlout
dans la partie sud. L'auteur cite aussi dcs lits de craie coqnillere
dans le Quadersandsteiu , pres de Quedlinbourg, puree qu'il
confond le gres vert avec le quadersandstein ; mais il y a par
contre des lits de marne et de petits filons de chaux carbonatec
fibrcuse. La direction et I'inclinaison des couches varient na-
turellement, vu la surface inegale subjaccnte.
L'auteur decrit cnsuite le premier calcaire secoudaire , qu'il
appelle calcaire du gres rouge, et s'etend beaucoup sur les amas
gvpseux qui le surmontent. II y distingue du gypse grenu, spathi-
quc etfibrcux, du calcaire fetide et dcs sources salces. 11 decrit
les osseracns fossiles que renferment des cavites du gypse d'Al-
tenberg, do Wester Egein et de Watenstadt. Le manque do
stratification des amas gypscuxet les couches vcrticales oucour-
bes qui les ciivironnciil, out conduit fauteur a I'idce <pic le gypse
Geologic. 3i5
n'est qu'iin produit aussi recent que Ics ;illuvions, et qu'Il est
sorti du scin dc la terre avec beancoup de fracas, cc qui a du
produire des courans tres-forts , et y amenei* naturellenient des
ossemens. La formation du muschelkalk allemand couvre une
grande partie des contrees decrites, et se lie au quadersandstein par
un calcaire arenace. La craie y est encore un depot fort etendu.
Vers la limite du gres bigarre et du muschelkalk, il y a quel-
quefois des amas en petits fdons de gypse fibreux qui soiitpour
I'auteur lui produit galvanique de I'epoquc du gypse parisien !..
L'auteur consacre un article a un plancrkalk ou un calcaire co-
qulUermarin ,qu'il regarde a tort comme un depot tertiaire, ou
qu'il confond du moins avec la craie chloritee de Meissen. Les
porphyres occupent un assez grand espace dans les hauteurs
d'Alvensleben, et y sont lies avec le gres rouge secondaire. Ce
sont des produits ignes dont I'elevation explique la stratification
irreguliere des grauwacke. Enfin l'auteur vient a parler des ter-
I'ains d'alluvionsqui comprennent , suivant lui, i". des blocs dont
les plus gros pesent quelquefois 1200 quintaux; 20. des lignites
ou des tourbes pyriteuses recouvertes quelquefois , pres d'Alten-
weddingen et Wester Eggeln , de lits argileux petris de Buliraes
et de Mytiles d'eau douce de Linne; 3". les tourbes; 4°. les
tufs calcaires. Cet interessant ouvrage se termine par un resume
et un post-scriptum dans lequel l'auteur ajoute quelques recti-
fications , annonce un second volume sur la partie nord-ouest
de I'Allemagne, et avertit qu'il distingue maintenant deux
quadersandstein , et qu'on a donne ce nom a quatre gres diffe-
rens. A. E.
38o. Geognostiche Beobachtungen und Erfahrungen, etc.
Observations et experiences geologiques relatives au basalte ,
avec I'indication des hjiuteurs des principaux endrolts du
ccrcle d'Eisenacb ; par G. Ch. Sartorius. In-8. , n 5 p.
Prix, 12 gr. Eisenach; 182 1 ; Biirecke.
Les environs d'Eisenach sont classiqucs pour les colonnes ct
fdons basaltiques qui ont perce et altere les gres seconduires, car
e'est la que se trouve le blanekuppe , pres d'Eschewe, et les
masses balsaliques appelees stojyebUup])c, planterhautc , etc.
M. Sartorius, inspcctcur des routes, ayant besoin de ces ba-
salles pour les chanssees , a fait dirigcr les excavations de ma-
iiicrc a eUe fort utile a ravancemcul dc nos connaissances sur
5i4 Ceologie.
rorigiiic ilt>s basaltcs. II avail public jadis scs dccouvertes ; datiA
cctte dernicre et interessaiite brochui'e, il y ajoute dti iiou-
veaux fails , et fail suivre au lecteur Ics differeutes apjiarences
que les carrieres de basnlte et de gres ont offertes adiverses opo-
ques; il donne aussi des details sur les formations d'une partie de
la cliaine du Rlioiigebirge ; de plus , ce petit ei rit sert de cora-
iiientaire j)Our une belle carte gcognostiquc enluniinee de tout
le grand duclie de Weimar ; mais on ne peut se la procurer au
prix de 2 ecus de Prusse, qu'en ecrivant aulibraire d'Eisenacli.
Enfin on y trouve les hauteurs de beaucoup de lieux au-
dcssus de la mer Germanique , d'oii il resulte que le basalte at-
teint dans cette contree 2,600 a 2,700 pieds , le muschelkalk de
2,000 a 2,200, et le gres bigarre de 1,200 a i,/|Oo. La puis-
sance du rausclielkalk y est de 38o pieds , et celle du gres bigarre
de 420 pieds. A. B.
38 1. Carte geologique (Gebirgskarle) des pays entre le Rhip*
ET LA Meuse; par J.Steininger, membredeplusieurssocietes
savantes. Mayence ; 1822.
Cette interessante carte comprend 400 myrianietres carres de
pays, et est accompagnte d'une brochure. L'auteur y donne d'a-
bord una idee de la chaine scliisteuse des bords du Rhin, il
donne les hauteurs de beaucoup de points , il decril la vegeta-
tion en general, et enumereles varicles de schisle, de grauwacke
(de rEiffel), deschiste calcaireetde calcaire qui coinposcnt cette
contree. Un 2*^. chapitre est consacre aux roches houilleuscs du
])ays de Saarbruck el du I'alalinat; il y parle des trapps el des
porphyres. Dans un Iroisieme chapitre l'auteur aborde les volcans
des bords du Rhin; il s'etend surtout sur ceux de la rive drolte.
Les terrains de calcaire et de gres secondaire plus recens, sont
traites dans le chapitre suivant; il y paile du gres bigarre, et de
son gypse, qui abonde a I'ouestdu Palatinat du Rhin; il decrit le
(juadcrsandstcin du Luxembourg, le lias et le calcaire jurassique.
II cherche, par erreur , a rapprochcr quelques couches jiiras-
siques a nummulilcs du calcaire grossier tertiaire, etc. 11 traite
cnsuite des terrains terliaires de la valljc du Rhin, el surtout du
calcaire grossier a cociuilles d'eau douce qu'il appelle calcaire
fluviatile, Dans un appendice il cherche a monUer par des
exeniples, que, quoiqu'il admellc que le foyer des volcans de
TEifcl soil situe sous les roches primitives, neaninoins les laves
Geologic. 5i5
dc ces montagnes nc sont que dcs allcratii)iis des couches su-
peiieures du sol. A. B.
38'i. ExTRAlT DE L\ PARTIE GEOLOCIIQUE DE LA STATISTIQUE DIJ
DEPARTEMENT DES BoucHEs-Du-PiHONE ; par M. le comtc dc
ViLLENEuvE. 1*^'^. vol. in-4., avcc dcs pi. et des coupes. 3Iar-
seiile; i8'2i. ( Public en iSaS. )
Dans la description de la conrij,'uration de la surface du de-
partement, I'auteur donne aussi uiie idee generale de la compo-
sition geoiogique et mineralogique des differentes cliaines de
montagiics ou de collines de cette parlie de la Fiance. Mnis ces
donnees , fort interessanles , ne sont ricn en comparaison de la
quantite de faits contenus dans I'article Rliueralogie et Geolo-
gic de ce bel ouvrage.
Cc diipartement nest pas fort riche en niineraux, car Ton n'y
trouve guere que de la cliaux carbonatce et sulfatee , du gypse et
de Tanhydrite, de la baryte sulfatee, quelques especes de quartz,
du soufre natif , du plomb sulfure , du fer sulfure et hydrate en
grains ou terreux. ABeaulieu, les rochesbasaltiques y renfernient,
oulre les mineraux ordinaires del'idocrase, du grenat, du mica ,
etc. L'auteur enuniere toutes les ■varietes et les formes quepreseu-
tent ces mineraux, et expose la nature ordinaire des galets, puis il
passe aux fossiles , qu'il divise dans les classes suivantes : fossiles
des couches anciennesjurassiques (Hyppurites, Radiolitcs, Baculi-
tes, dcs Zoophytes); fossiles des couches recentesdu calcaire juras-
sique (Ammonites, Planulites, Ellipsolites, Ampulhdres , Terebra-
tules, Turritelles , Buccins ,des Polyplcrs); fossiles d'eau douce du
terrain de lignite (UniOjAnodonte, Cyclade,Planorbe etPotamide).
Fossiles du calcaire grassier coquiller, qui se sous-divisent :
1°. en fossiles du calcaire coquiller ( Clypeastre, Spatangue, Ba-
lane, Polypiers, Mactre, Arclie, Plica tule, Ciryphee, Huitre, C«/--
diuin , Troc.hus ), 2". en fossiles du calcaire schi:;teiix ( Huitre ,
Arche, Cardium et Peigne); 3°. en fossiles de la breche coquillere
(Dcntale , Vis, Modiole, Bucarde, Venus, Solcn, Telllne , Cal-
lyplree, CycIolithe,Alcyon,Ceritlie),et fossiles du calcaire crayeux
(Cidaris, Madrepores, Huitre, Peigne, Belemnite). Fossiles du ter-
rain terliaire, sous-divises en fossiles d'eau douce,osseinens fossiles,
plantes fossiles et fossiles marius , fossiles du terrain de transport
ou du tuf calcaire , fossiles dcs tourbicres, et fossiles du sol niou-
vant. L'auteur indique dcslocalitcs de lous ces fossiles, ctconclut
SiC) Geologic.
de ces l';iits que Ics coijulllages de son calcaiic alpiii cl jur;tssif]iie
iiiferieurs sontsans analogues, que eeux du oalcairo jurassiqucsu -
perleurontdes analogues exotiques ou non tout-a-f'ait identiquesj
que les analogues des fossiles du calcaire coquiller csisteut dans
nos mers, et que le terrain d'eau douce est accorapagne de co-
quilles lluviatiles et terrestres et de plantes exotiques. line liste
mctliodique des mineraux , des fossiles , et de quclcjues-unes de
leurs especes termine cet article. Le chapitre de la geologia com-
mence par des remarques sur le groupe des montagnes de por-
phyre et de gres rouge de I'Estrelle, et sur le systenie littoral de
gres, de micaschiste, de scliiste argileux, de grauwacKe et de pou-
dingues anciens.L'auteur passe ensuite aux terrains secoudaires,
qui torment la majeure partie du departement; il y distingue un
depot de calcaire compacte, un autre de gres et un calcaire lio-
rizontal. Le calcaire compacte comprend, i". un calcaire alpin
compacte a cassure esquilleuse ou grenue sans coquillcs , et re-
posant sur des gres rouges ou des grauwackes ; 2". des amas
d'anbydrite; 3°. le calcaire jurassique; 4"- un calcaire clilorite ;
5". un calcaire argileux fissile; 6". un calcaire oolilliique; 7°. un
calcaire argileux grumeleux ; 8°. un calcaire blanc quartzeux ;
9°. un calcaire sableux. A I'exception du calcaire chlorite , la
plupart de ces calcaires, depuis le n". 3, paraissent Lien etre ju-
rassiques, mais la classification des depots suivans nous parait bicn
douteuse. Le depot de gres comprend, 1°. un calcaire siliceux ;
2". un gres bigarre ; 3". une argile scliisteuse ; 4°- "^ calcaire
houiller; 5'\ des gres ocrcux el bolaires. D'apres Ics descriptions
de I'autcur, il devient extremement probable quune grandc
partie de ce dernier depot appartient a i'argilc plastique , ou a
la premiere formation arenacee tertiaire. L'auteur distingue en-
suite une formation crayeuse, dans laquelle il fait remarqucr
des couches de calcaire compacte coquiller ou horizontal , des
amas de fer hydrate, du gypse crayeux, et differens calcaires
qu'il appelle calcaire grossier , calcaire crayeux et craie. D'apres
les details fort iiitercssans de l'auteur, ct les observations de geo-
logues connus , on pent clever de tres-grands doutcs sur I'exis-
tcnce de la craic dans le departement des Bouches-du-RIi6ne,
el on pourrait raeme se hasarder de rapporter toute ccttc soi-
disaut formation crayeuse , et le calcaire ciilorite, au calcaire
grossier, ou au premier calcaire coiiuillcr marin des terrains ler
tiaires.
Ge'ologie. 5 1 7
Dnns Ic trrrnin tcrtiaiie rniitcur distingue, 1°. la formation
marneiise d'cau douce qui parailralt n'poiidre an depot niarno-
gypseux de St.-Oticn ct de Monlniartro. Ellc se compose dc ma?--
ne, de calcaire marneux , de gypsc, de scliistes marnenx, dc
calcaire siliceux et de breche calcaire; i". le gres terliaire, qui
scmblcrait etre, en grande partie du moins , la seconde forma-
tion arenacee tertiaire ou les sables superieurs de Montmartre.
li'auteur y distingue Ic pondingue de la Durance, les gres sili-
ceux alternant avcc des argiies et des sables, un gres calcaire
compacte, un autre gres calcaire crayeux et un gres limoneux en
safre; des coquillcs marines y abondent. Le terrain de transport
comprend des sables, des argiies, des tourbieres, ics poudingues
de la Ciotat, de I'Huveaune et du bassin de Marseille, les tufs
calcaircs de la Durance, de I'lluveaune et de Mai'seilic, et diffe-
rentcs terres vegetales. Le terrain volcanique de Eeaulieu forme
une ile au milieu dos depots secondaires et tertiAlres ; les roclies
qui coniposent ce groupe sent le basalte, la wacke, des laves ba-
saltiques, porpliyroidcs ou scoriacecs, des dolerites granitoides,
poreuses , en boule ou fort decomposees , des amygdaloides , des
brecbes volcaniques a pate calcaire , a pate argiloide, des tufs ba-
salliques et des peperinos. Les marnes d'cau douce alternent evi-
demment avec ces agglomerats, et tous les autres dejiois decrits
dcpuis le calcaire jurassiquc sablenx environnent ces collines. L'au-
teur presente ensuite une recapitulation des faits precedcns, ct
s'efforce d'expliqucr les pbenomcnes observes ; ainsi il a recours a
des irruptions de la mer bors de son lit pour expliquer , i ''. le de-
pot du calcaire grossier tertiaire c{ui s'elevejusqu'a 800 metres de
bautcur au-dessus de la Mediterranee et qui repose sur le terrain
de lignites a coquilles lacuslres; 2". le second depot arenace et cal-
caire tertiaire qui se trouve encore a 400 metres au-dessus de la
Mediterranee ct qui git sur le depot d'eau douce de Montmartre.
II taclie de rattacber ces pbcnomenes extraordinaircs aux debacles
de la mer Noire dans la mer Mediterranee, de cette derniere dans
rOci'an Allaiiliqiic el de la mer Rouge dansl'Ocean Indicn.llmon-
tre longiicment les ciiangemens qu'ont cprouvcs les lits de la Du-
raTice et du Rlionc, et la diminution graduellc du noiiibre des lacs
et des ctaiigs du departement. Un tableau metliodique des roclies
termine ce cbapitre. Dans le suivant, sur les exploitations, legeolo-
gue trouve encore dans cet utile ouvrage des donnees fort intercs-
santes; le terrain tertiaire a lignite exploite s'y trouve circonscrit;
5i8 Ge'ofogic.
la direction, rinrlinaison dcs com-lios et les failles y sont rnention-
nees, et les I'oches qui le {omposent sont Ic calcaire maiiicnx com-
pacte a coquilles d'eau douce surtout a Cyclades , I'argiLeschisteu-
se, le schiste marneux ct marno-bitiimineux, differens pfres et de ia
liouille seche ou du jayet. L'^nuiiu-ration de toutes les couclies
percees pour I'exploitaiion , y est jointe. Le gypse est exploite a
ciel ouvert ou par des galerles; la premiere exploitation a sur-
tout lieu sur le gypse de Roqucvaire , de Marseille , d'Auriol et
de I'Huveaune , tandis que le second mode est employe pour le
gypse des environs d'Aix, L'enumcration de touter, les couches
niarneuscs et gypseuscs d'eau douce qu'on a ainsi reconnuesyac-
conipagne cet article. Enfin I'auteur parle des principales carrie-
res de calcaire jurasslque, de calcaire grossicr, de gres coquilier
tertiaire, de tuf calcaire et d'argile. Ijne carte geograpliique, des
coupesgeologiques accompagncnt cet ouvrage important, qui offre
lous les maleriaux necessaircs pour une carte geologique detaillee
<le ce departement. A. B.
383. Voyage dans les Pi kenef.s , par Frederic de Parrot ,
Prof, des Sciences Medicales a I'Unlvcrsite de Dorpat, avec
une carte, une planche de vues de montagne?* , et une plaa-
che de hauteurs, i vol. in--8. Berlin ; 1823.
L'auteur rend comjile, dans ret ouvrage, des observations
qu'il a faites pendant xin vovage aux Pyrenees en 18 17. Mesui'er
des hautciu's , determiner la ligne des neiges perpetuelles et dcs
zones de la vegetation, etudierla geologic de ces nionlagnes , tel
a ete le but de ce voyageur. Apres avoir fait des observations sur
i'eniploi du b.irometre pour la niesure des hauteurs , il raconte son
arrivee a Toulouse , Bayonne ct a Raigorri , et son ascension sur
le mont Ahady. II a retrouve dans ce pays presquc les memes
moulins a eau que ceux en usage au Caucase, ct il donne une
figure de la charrue basque. II decrit ensuite ses deux voyages an
mont Perdu, et donne beaucoup <le details CTirieux sur les rochers,
la vegetation , la limite des neigcs pcTpetuelles , I'etat du j)ouls de
riionunea difCerentes hauteurs, et enfin sur le profil geologique
que ])resente le ])ays cntre Argelles et le mont Perdu. .Son
voyage a Bagneres de Luclion , a la Maladetta et au port d'Oo ,
n'est pas mouis interessant sr)us les memes rapports. II a terniinc'
rclte excursion par la chaine des Gallinerous, et par la vallce
d'Aran. Le rcste de son ouvrage conticnt des details sur les
Geologic. 5\C)
source's niinorales de Riigneres de Lnchon, d'lTssat et d'Ax , sur
les forges cataliines, sur les plus liauts villngrs des Pyrenees, et
sur les habitans de ces nioiitagnes.
La limlte de la neige perpt'tuelle ne se montre , suivant I'au-
tcur, que sur qiielques points du centre de la chainc; sur le
versant nord elle se trouve a une hauteur moyenne de aSSo
metres au-dessus de la mer, et sur le revcrs sud , enire a6oo
et 3ooo metres.
Quant a la vegetation, le Pinu.i syivestris atteint sur le cote
nord, 2IOO metres, et sur le cote oppose aaSo metres au-des-
sus de la mer; le bouleau se rabougrit deja a 1800 metres; le
cliene est encore vigoureux a 1600 metres; les lietres atteignent
encore, a cette hauteur, 637 metres d'elevation; I'orge et I'a-
voine sont cultives s>ur le cote nord, jusqu'a 1600 metres, et sur
le cote sud , jusqu'a 1700 metres.
Enlin I'auteur doime une table des 2o5 observations baro-
metriqucs qu'il a iaiies, et discute dilfcrens points de la mclhode
de calculer les hauteurs. La supposition de cavernes sous les
Pyrenees lui semble resulter de la position des couches , et
Tauleur croit faussement expliquer ainsi la hauteur toujours
trop grandc qu'atteint dans cette chaine le mercure du baro-
melre. En retournant dans son pays, il a fait, entre Marseille
et, Geneve, 41 observations barometriques, et a trouve que le
lac Lenian etait a 872, i5 metres sur la Mediterranee, et non
pas a ^74, 7 metres , comme le croit M. Pictet.
La parlie geologique de cet ouvrage etant la plus falbie et n'ol-
frant riea tie nouveau, nous n'eu rendrons pas compte. A. 1'.
'^84. Notice sur quelquf.s produits nattjrels des landes be
LA GiRONDE, par M. .TouANNET. [Rccuciljcadcmiqnc clc Bor-
deaux , avwice 1822.)
Comme on desirait defricher petit a petit les landes etendues
<!e la Gironde, I'auteur a cru devoir s'occuper d'abord de la
nature de Icur sol. Ces landes etaient auirefois beaucoup plus
etendues; elles pcuvent etre considerees comme un vasle pla-
teau s'elevant doucement en ampliitlicatre du TS'.-O. au S.-E.,
vers le deparleinent des Landes, et presentant deux revcrs. On
eslimea 80 metres au-dessus de FOcean , la hauteur du point
•le partage des eaux dans la commune de Saint-Magne. Les
landes ne presonlent que dos sables quartzeux melts d'argile ;
3ao Ge'nlogie.
elles sont couvertcs rlc bniyeres, deboisdepin maritime, et, aa
bord de quelqucs ruisscaiix, il y a des especcs doasis vcrdoyans.
Le sable repose en general snr un poudingneou grcs cimente par
du fer hydrate, au-dessous duqiiel Ton trouve des alternats de sa-
bles etd'argiles, quelquet'ois avecdugypseen rosettes, des lignites
ou des bois pyritises. Ce combustible a ete rencontre a lo me-
tres de profondeur a Beiin , a Pont-i\fhzois , a Sestas , a Ey-
sines, etc. Les landes rcnferment ca et la dc bonnes argiles a
potier, et la zone graveleiise reconvre quelquefois des calcaircs
marneux qni donnent de la bonne cliaux. L'auteur a reconiiu que
le depot de calcaire grossier sableux ou marneux s'etendait en
table, au sud de la G.ironne , depuis Bazas jusqu'a Saint-Me-
dard, sur une longueur de 5ooo metres , et une largcur moyenne
de looo metres. On trouve surtout ces depots pres des ruis-
seaux , et jusqu'a la distance moyenne de looo metres des
rives. Leur cpaisseur diminue en descendant du voisinage des
sources vers la vallee et I'Ocean ; a Saucats elie a 4 ^ 5
metres, et a Labrede elie n'a que quelques decimetres. Ces de-
pots sont reconverts d'une couche souvent tres-mince de terre ,
de sable ou de marne, et reposent ordinaiiement sur nn lit de
sable marin siliceux, quelquefois sur I'argile et sur la marne , et
plus rarement immediatement sur I'assise inferieure da calcaire
grossier compacte , qui est la base de tout ce terrain. Des aste-
rites , des etliinites , des ossemens de cetaces et de torttie ac-
compagcnt quelquefois les eoquiiles , qui different souvent de
celles de Grignon , et qui ont beaucoup d'analogie avec les fos-
siles subapennins. Leurs analogues vivcnt dans la Mediterra-
nee ou cntrc les tropiques. La position de ces fossiles montre
que leurs habitans ont vecu sur la place ou Ton trouve leurs
depouilles. Sur le calcaire grossier sablonneux vient un depot dc
calcaire d'cau douce , a Planorbes, Limnees et Helices, qui al-
tcrne dans quelques localites avec le depot coquiller. A Bazas ,
une marne felide , a eoquiiles fluviatiles, ct un calcaire com-
pacte a Planorbes, repose sur une argile blanche,- et les Pota-
niides,les IVcrites , les Iluitres, les Arches y sont melees a'-ix
Planorbes et aux Limnees.
A Saucats, au moulin de I'eglise, les deux bords du ruisseau
presentenl , sur une etendue de 5 a 6ooo metres carres , la
coupe suivante : Une terre vcgetale sablonneuse , une marne a
eoquiiles marines, une marne felide a eoquiiles d'cau douce, un
Geologic. 52 r
calcaire d'eau douce ca et la fctide ct brccliiforme et a coquilles
marines dans sa partie inferieure ; enfin le tout repose sur une
raarne a fossiles luarins, et sur le calcaire grossier sablonneux et
compacte. Le calcaire d'eau douce brecluforme a, sur la rive sud,
sa surface percee de trous de Pholades. On observe encore dans
plusieurs localitcs des marncs argileuses offrant des bancs de
grandes Huitres , comme a Bazas , Auros , etc. L'auteur recom-
mande avec beaucoup de raison, pour I'ainendement des terrcs,
les maines marines et ces huitres. Dans le Bas-Medoc, des allu-
vions modernes de la mer alternent avec des couches tourbeu-
ses. Get interessant travail se termine par 9 notes, dont les plus
utiles sont celles qui donnent les localites des depots marins que
nous venons de decrire. A. B.
385. Observations sur lfs roches pyrogenes de la vallee db
FiEMME ; par MM. Bertrand-Geslin,Trettenero, et Maras-
CHiNi , exposees dans une lettre de M. Maraschini , a M. Breis-
lah , inspecteur imperial et royal des nitres et poudres , avec
une petite carte des environs de Predazzo. [Bibliotcca Italiana ,
decemb. , 1823, p. 35i.)
Ces observations sont le fruit d'une course faite de Trente a
Lavis, Cembra, Cavalese et Predazzo. La plus ancienue forma-
tion observce est le gres bigarre qui se montre au pied de la
montagne di Carnon entre Ziano et Predazzo , et dans la mon-
tagne de Filarlungo , en allant de S.-Lugano a Montagna. Ce gres
rouge ou gris-blanc ct a ciment arglleux est caracterisc inftrieu-
rcment ct superieurement par des couches subordonnees de cal-
caire oolitique coquiJler et rouge qui se voit a Carnon. II ren-
ferme pres de Predazzo, sur le mont Carnon, un banr dc
porphyre pyroxenique. Le muschelkalk ou un calcaire a tere-
bratules et a encrines le rccouvre.
On I'observe de Trezene jusqu'a la montagne de Forcella
delle Coste pres Predazzo. A ce depot succede le quadersands-
tein ou un gres rouge fort argileux , qui supporte les marncs ju-
rassiqucs infcrieurcs, et la dolomie ou le calcaire jurassique
altcre.
Le porphyre quarlzifere rcgne le long du Lavis , depuis Lavis
jusquc pres de Predazzo, oii il se cache sous les roches pyroxe-
niques, comme pros dc Cembra. II apparlicndrait, suivant l'au-
teur, au second gres rouge qui incline comme lui, et senible-
B. Tome I. 21
522 Gc'ologip.
rail le recouvrir. Du gypse rouge ct hianc , alternant avec une
marne blanche, jauno, coquillere , forme dos butles isolees sur le
porphyre a Castello, Cavalcse, etc., et paraitrait appartenir an
grcs bigarrc supcrieur.
M. Tretteuero le compare neanmoins au gypse plus recent de
Recoaro. Des crislaux de quartz prisme y existent a Laviiie da
Pace. Ell face de Vtednzzo s'eleve la mont.igne escarpee de For-
cella delle Coste; sa base presente des marnes jurasslques incli-
'iiantal'E.-S.-E. sous unanglede 2o",et la Doloiiiie forme le reste
de cetle eminence. Cette derniere roclie blanchatre n'est a grains
grossiers que dans le voisinage des roches pyrogenes , comme
dans la vallee de Rif a \ia Nuova; neaamoins pres de Ponte di
Boscampo , elle n'est qu'un j)eu plus tenace a cote d'un filon. La
roclie ignee dominante est une dolerite basaltoide a cristaux de
fcidspath. A Canzocoli 11 y a a cote du calcaire un granite a fer
litane, qui se change peu a peu, vers le liaut de la monlagne, en
une roche basaltoide ou dolerltique.
Ces trois geologues pensent que les roches graniloides s'ap-
puieut decideiiicnt sur la dolomie. lis citent dans ce calcaire
des Turritclles, des Nautiles etdes Ammonites. Dans la vallee de
Rif, il y a une dolerite compacte porphyrique ; pres de Lavis ,
il y a un filon d'uiie roche porphyrique a pate de dolerite basal-
tique, a cristaux de feldspath et a rognons de pyroxene cocco-
lite. Dans la vallee de Rif, pres du pont de Via Nuova, il y a
des couches de marnes jurassiqucs , qui serelevent dans le voi
sinage d'une roche pyrogene et le calcaire est change en dolo-
mie, mais Ics marnes ne sont pas alterees.
A Traverscra del Bosco di Eontana, il y a un filon de gra-
nite rougeatre dans une roche coinposee de feldspath rouge,
de mica et de fer titane. En continuant a traverser le mont
Mulat, on voit succcder une sienite ou dolerite. Le moirt Mulat
est compose en partie de roche graniloide, et en parlie de do-
lerite compacte. Vers Test, se trouve un calcaire modilie; il y a
des filons de dolerite et d'une roche serpciilineuse porphyrique.
T.'autcur suppose que les masses pyrogenes out etc soulevees
hors de la tcrre, ct que leurs parties supcricures, qui se sont re-
froidics plus vitc, sont. reslees poreuses , et ont ele ensuite infil-
trees. A.-B.
Geologic. 223
386. Itineraire n'uNE excursion dans lr Cadorino et le
Carnia, par le Prof. Catuli.o , avec (juclques additions tirees
des ecrits de Festori. [Gior. dl Fis. Chlrn., dec. 182^, p. 5o5. )
Dansla vallee de Cadore, I'auteur a examine dans le iieu dit Pon-
te-di-Val, des sources impregn^es d'hydrogene sulfiire, et sortant
de roches calcaires. La montagne de Giau est calcaire et con-
tient du plomb argentifere. Un peu aunord d'Auronzo, se trouve
ia montagne calcaire de Grigne, qui renfenne de I'oxide de
zinc, du plornb sulfure; et a ses pieds git du gres. En se ren-
dant d'Auronzo, par la montagne de S. -Catherine, dans le Come-
lico inferleur , on trouve sur le cote de hi montagne, vis-a-vis
de S.-Stefano , les roches qui supportent le calcaire alpin. Le
micaschiste y est reconvert d'un gres dc differer>tcs couleurs efc
textures.
La structure dugres est lantot grenue, tanlot lamellcuse, et,
dans ce dernier cas , il y a des petits lits d'anthracite. Le mi-
caschiste cesse au village de S.-Stefano , et le gres jaune schis-
teux s'eleve sur le calcaire jusqu'a Sapada. Un gres se trouve
a Forni Avoltri , dans le district de Rigolato (Frioul. ) II tire en-
suite quelquesfaits d'un ecrit geologique en 12 lettres, adresse en
1776, parl^estoii a M. lechevalier Strange; cet ecrit est inedit et
traite du Frioul. Dans le district de Rigolato et dans la commune
de Cornelians, Festori paraitroit indiquer du micaschiste con-
vert de gres. Les montagnes entre Comelians et Tolmezzo lui
ont semble un depot secondaire cache sous un gres jaunatre ou
rougeatre ou verdatre, qui pourrait etre le gres bigarre. En
montant le niont Durone, le long du ruisseau Lupa , il observa
<:e gres qu'il revit dans la vallee d'Incaroggio. De Tolmezzo, il
visita, au village eleve de F'usca , les roches coquilleres et a
iiunimulites de ces liautes montagnes ; les inferieurcs lui offri-
rent un calcaii'e grisalre a veiues spathiques et a lils bitumineux
ou felides. II paraitrait que toutes les roches fondamentales ob-
servees par Festori d'Incaroggio a Cividale se rapportent au cal-
caire jurassique, car il les compare a un calcaire du Veronals,
et il y a remarquc dans les deux endroits les memes petrilica-
tions. Enfln Festori decrit les coUines terliaires (jui traversent le
district deCenedes depuis Asolanojusqu'a Gemona. M. CatuJloen
deduit 1". que les roches inferieures du Carnia ou de la parlic
septentrionale du I'rioul sont les memes que cclles qui ressortent
sous le calcairealpin du payselevc du Bellunois ; 1!^ . que le cal-
524 Geologic.
caire jurassique Icur succede dans plusieurs points; que, liors du
pnys de Carnia, 11 n'y a que des formations an.ilogues a celles de
Verone ou dc Trivigiaiio ou de la parlie ouost du Frioul. A.. B.
387. Observations et conjectures sur la formation et la
NATURE DU soldeKentucky, par J. CoRREA DE Serra. [Tran-
sactions de la societe philosophique amcricainc de Philadel-
phicy 1^^ vol. , nom'elle serie , p. 174 et 818.)
Una partle considex-able de la grande vallee, a I'ouest de la
chaine des AUeglianys, est composee de couches liorizontales de
calcaires, de roches argileuses et arenacees. Toute cette region
est elevee, composee de collines escarpees a sommets etroits et
a vallons reniplis d'alluvions. Des blocs dc granit, de porpliyre
ct de poudingue se remarquent ca et la a la surface. Dans una
partie du Kentucky les roches sont simplement calcaires et co-
quilleres ( tercbratules ) , et recouvertes d'un depot marneux d'al-
luvions de 3 a 16 pieds d'cpaisseur. La fertilite y est tres-
grande; I'auleur croit que le sol n'est qu'un detritus de vege-
taux, et il cite a I'appui de son opinion les amas abondans de
bois et de vegetans enfonces qu'on rencontre a une cerlaine
profondeur dans la partie atlantique des Etats-Unis. Dans la
partie orientale de I'Angleterre il y a une foret sousmarine a
16 pieds de profondeur qu'on pent suivre pendant 100 milles,
de I'embouchure du Humber a Petersborough. A. B.
388. Relation d'un voyage a travers l'ile de Terre-
Neuve; par W. E. Cormacr dans une lettre au comte
Bathurst avec une carte geograpliique el geologique. [Journ.
Philos. d'Edimbourg.; janv. 182/1; p. i56.)
Les premiers jours de scplembre 1822, I'auteur partit de
Smiths-Sound a Random-Lsland, accompagne d'un Indieu Mic-
mac, et 11 arriva au commencement de novembre au port de
Saint- George. La quantltc de lacs ct de marais dc I'inti'rieur lui
causcrent beaucoup d'embarras. II delaille les roches qu'il a ren-
contrees sur sa route : il a trouve dabord du granite , du ])or-
phyre, et puis des granites et des micaschisles. Ces roches ainsi
que le schiste argileux, le quartz en roche et la sienite dominent
dans le district du lac Melville. Dans le m^me district il y a dif-
fercntes especes de gres secondaircs appartcnant au grcs rouge
et houiller. Les roches primitives s'ctciulcnt juscpie vers le lac
Gower, dans loquel un barrage de lochcrs le separe dc I'cau
Geologic. 525
salce. De la a Richardson's Lake, le pays est enticremeut pri-
mitlf; les seules traces de roclies secondaires sont des agates
pros du lac Gower , du basalte pres du lac Emma et Jenette,
cnfin de la houille et du fer pres du lac Stewart.
La serpentine est suivie d'un grand district de granite, de
gres et de quartz qui s'etend du lac Jameson jusqu'au port Saint-
George. La serpentine forme plusieni's cretes dans le centre de
I'ile , et y offre surtont de beaux mineraux dans la monlagne
Jameson et sur le lac Serpentine. La cote occidentale est la plus
riclie; il y a de bonne houille dans la bale Saint -George a
huit milles de la cote, le long de la riviere South Farrasway- H
y a des sources salees le long de la meme riviere a deux milles
de la cote et plus au nord ainsi qu'a Port-a-Port. II y a une
source sulfureuse sur le rivage a un mille nord de la riviere
Barrasway. II y a du gypse et de I'ocre rouge entre cette ri-
viere et celle de Second-River et la baie Flatbay. Un marbre
gris se trouve dans la baie des lies; il n'y a point de bon sol
dans I'interieur, des tourbieres y abondent; le meilleur sol est
sur les rivages.
La partie orientale de I'interieur renferme des hois bas et
pittoresques traverses duN. auS. pardes collinos. La partieocci-
dentale est montagncuse et sans bois,et il y a de plus grands lacs
et de plus grandes rivieres. Les plus grands lacs sont celui de la
baie des lies qui a 60 milles de long, et celui des Indiens rouges.
La plus grande riviere est la riviere Exploit. On pourrait faci-
Icment y faire des routes. Les Indiens se transport en t en canots ,
et ca et la il y a des endroits ou ils sont obliges de porter leurs
canots. La flore de cette ile serait surtout interessante pour les
arbrisseaux; les marais ont ele autrefois boises , des bouleaux et
des coniftres ferment les forets, le pin y est rare. Le Carribou,
espece de daim , abonde dans la ])artie occidentale ; en hiver ils
se cachent dans les fortis et les Indiens s'en nourrissent. II y a
des castors, surtout au nord de la baie du Desespoir et de la
Fortune , et dans le voisinage de White-Bay. II n'y a point de
rcnards , mais beaucoup d'autres animaux, de canards , d'oies, etc.
Les Indiens Micmacs visitent lous les trois ans I'interieur ])our
la chasse du castor, leurnombre n'excedc gucre ioo,et ils sont
divises en trois bandes, I'une de la baie Saint-George, I'autre
de la riviere Great Cotl-Bay, et une Iroisieme de la baie du
Desespoir. Cette Iribu empeche ])ar jalousie tout commerce entre
5 26 Gcoloiiir.
o
les Anglais et Ics Iridicns rouges. C<s dernicrs sont peu nom-
hrenx , lour nombre s'cleve peut-etrc a qiielques cenlaines ; il.«v
paraissent s'etendre au sud dans I'int^rleur jusqu'au grand Lac.
Us communiquent avec la mer par la riviere P^xploit, et les Mic-
jiiacs leur volent des fourrures a I'insu des Anglais. L'auteur
n'en a point rencontre. A. B.
3S9. Tremblement de terre a Cetlan. ( Magasin et Jour-
nal PJiiloiophiquc (le TUloch , janv . 1824, p. 24.)
I.e 9 fevrier 182'i on ressentit a une lieure apres-midi, a
tlolonibo, 2 cliocs a ia distance d'une demi- minute I'un de
I'autre; le tremblement de terre eut lieu aussi a Kandy , Ratna-
pora , Matura et Negombo ; il a ete accompagnc d'un bruit sem-
blable a cchii d'une decliarge d'artillerie. Sa direction etait du
IV.-O. au S.-E. A. B.
390. Tremblement de TtRRK dans I'lnde. ( Jsi'at. fourn., oct.
1823, p. 376. )
Un tremblement a etc senti dans la i)re.squ'ile de I'lndc, Ic
ij mars 1823 , ce qui est fort rare ; il a eu lieu plus tot dans les
montagnes de Keilglierry qu'a Madras. A. B.
3gi. Relation u'un tremblbmert de terre arrive au Chili,
le 19 novembre 1822. [Joiuii. philos. d'Ediiubourg, Janvier
1824 , p. 56. )
Le 19 novembre, a 8 heures du soir, I'air etait clair et il n'y
avail pas de vent a Qulntcra. A g h. 3o 111. on seiitit le choc dans
le meme instant dans tout le Chili, et tons les chronometres de
Roskil s'ctaient arretes en meme temps. II y eut pendant la
nuit 7 chocs principaux et un si grand nombre d'aulres, qu'a
chaque 5 minutes I'cau d'un vase etait agitee. Le centre dc ces
chocs parait avoir etc a Valparaiso, Quillota et Casa-BIaiica ; on
les ressentit fortement a Copiapo et Coquimbo, et laiblement a
la Conception. On les ressentit aussi a Mcndoza sur le revcrs
oriental des Andes. Trois semaines apres on en sentait encore dc
temps a autre , peut-ctre trois fois par jour. A Valparaiso il y a
eu des dommages infinis , et 3oo personnes out peri. L'eau du
port sc retira ou bien le continent s'cleva de 2 pieds , car on vit
des rochcrs sous-marins inconnus jusqu'alors. La direction des
chocs etait du N.-O. au S.-E. , et des I'cntes de quelques pouct.s
a 1 ou 3 pieds d'epaisseur se formcrent dans cetlc direction
Ge'ologie. Jiay
A Vina de la Mar, a quehjues milles de Valparaiso, il s'eleva
des coues de sable du rivage, qui avaient '2 a 6 pieds de haul. On
ii'a pas apercu d'ecliappement de gaz. Les niaisons de Valpa-
raiso , baties sur des alluvions, furent renversees , tandis que la
plupart de celles qui etaient sur le roc n'en souffrirent que pen.
A Santiago le doiiimage a ete peu considerable, niais Quillola
est en ruines , parce cjue cette ville est batic sur des alluvions.
Chafjue clioc a dure environ 3o secondes; les chocs princi-
paux agilerent I'eau conime une mer, tandis cjue les autres pro-
duisaient un mouveraent serablable a celui de I'eau qui bout.
Quelques jours avant le tremblement de terre on a entendu des
bruits seniblables a des decharges d'artillerie. A. B.
392. VoLCAN o'lsLANnE. (Zo/?£^. Lit. Gaz., Oct. iS-j.'i, \). G'ig'j
Le volcan Rotlugion a rejete des torrens d'eau du i*". au
1 5 (le juillet; le 18 el le 19 ces eruptions cesserent , et le 25 et le
'16 , la cime de la raontagne etait redevenue visible. A. B.
'iyS. Sur des torrens boueux se falsant jour a Iravers les tour-
bieres de I'lrlande. ( Lconliard Taschenbuch , 1823, 4^- call. ,
p. 8G1.)
Les tourbieres en Irlande occupent la place d'anclennes forets,
composees surtout de chenes. I-es liabitans en ont cullive beau-
coup; mais lorsqu'ils negligent de tracer des canaux dans ces
tourbieres defrichees, le sol s'eleve quelquefois tout a coup,et des
torrens d'une substance tourbeuse a denii liquide en sorteut et
portent quelquefois au loin la devastation. Dans les environs de
Kilnalady un semblable accident a eu lieu en juillet 1821 ; un
de ces torrens s'est mis en mouveinent : dans un quart d'heure
3oo acres de pays ont ete ravages et des maisons et des bois onl
ete renverses. Le torrent ressemblait a de la biere en fermenta-
tion , et avait dans quelques points 60 pieds de profondeur; il
soulevait le sol a la maniere des taupes et lancait cjuclqucfois a
20 pieds des morceaux de terre. Les parties ainsi soulevecs
etaient emportees ou placees de cote. On a essayo en vain d'ar-
reter sa marclie ])ar une digue de 7 pieds de haut et assez lai'ge
l)our deux vultures. Quafrc niillcs de pays sonl deja devasles ct
la masse ira probablenienl dcbouchcr dans la mer Atlantiquo a
Furbe Kilrusli. A. B.
528 Geologic.
394. Eruption du mont Mer-Apie. {^Asiat. Joiini., (k'c. 182!^ ,
p. 614. )
Le 29 (lecembre 1822 on sentit des tremblemens de terre a
Kadoe ( ile de Java ) , qui furent suivis de Peruption du mont
Mer-Apie; le vent soufflait du S.-E. Le thermometre ne va-
riait pas. Le 3o, a 10 heui-es, le vent tourna au N.-O. , des
cendres cominencerent a etre rcjetees, et a 6 heures et demie il
y eut une seconde eruption de cendres qui tomba dans les en-
virons de Kadoe. Des flammes sortirent de la partle S.-E. de la
montagne avec un violent bruit souterrain. A 2 heures de la
nuit un orage et des torrens de pluie se joignirent aux pierres
et aux cendres lancees par le volcan. Ces dernieres furent por-
tees jusqu'a 20 milles ducratere.
Le 3i decembre on apprit que I'eruption n'avalt fait que bru-
ler les arbres et les arbrisseaux, qui separent Servocan et Pro-
holingo. Dans les residences de Djocarta et Soerakarta on n'a
pas eprouve de grands doramages et on a ressenti les tremble-
mens au meme instant qu'a Kadoe. Un rocher formant la partie
nue et la plus elevee du mont Mer-Apie s'est precipite dans le
cratere, accident auquel on attribue le bruit souterrain. Dans
la residence de Samorang il est tombe aussi beaucoup de cen-
dres et de pierres. Cette ei'uption est semblable a celle de 1745.
A. B.
3q5. M. LE BARojf BE Buck s'occupe depuis long-temps de
rassembler des maKriaux pour une carte geologlque de tout
I'Empire Gcrmanique sur Teclielle de la carte de Gottliold. Une
copie de sa carte se trouve a I'ecole des mines de Paris, et piu-
sieurs parlies en out etc communiquoes a quclques goologucs. Nous
api>renons qu'il a donne tons les materiaux qu'il a rassembles, a
M. Ber^haus, officier de I'etat-major prussien, qui a deja public
sur une grande cchelle plusieurs feuilles d'une carle geologique
de TAllemagne; celles qui sont publiees comprennent quelques
parlies du nord de rAUemagno.
3q6. La societe uovale dks sciences de Copenhague a pro-
pose en 1823 un prix extraordinaire a I'auteur du meillcur me-
moire sur lesmontagnes de transition en Norwege. II s'agit de de-
terminer les lieux oixse trouvent ces roches, s'il y en a seulement
dans le diocese d'AggerliuiLs, ainsi que le pretendent MM. de
Buch et Hausmann , ou s'il y en a aussi dans d'autrcs parties du
Geologic. Sag
royaume; quels bancs de rodie, quels metaux et quels fossllcs,
y sont renfermes; sur quelles roches primitives ellcs sont as-
sises, etc. D. c.
397. Transactions or the geological Society of London.
Transactions de la Societe geologique de Londres. A moitle
prix.Publiees par M.Philips. Setrouvcnt cliez G.B. Sowerby.
Malgre le grand interet accorde par le public aux sciences
geologiques, et la Laute reputation dont jouissentles Transac-
tions de la societe geologique de Londres tant en Angleterre,
qu'ailleurs , le prix auquel les cinq i'"^^. volumes de cette collec-
tion ont ete publics, a cause des grands frais de leurs gravures,
et planches coloriees , a empecliu plusieurs amateurs de cette
science de se procurer cet ouvrage : et c'est pourquoi I'editeur
s'est determine a les offrir pour I'annee suivante a moitiu prix.
Les planches ne sont pas inferieures a celles qui ont ete vendues.
Prix
ancien.
Vol. r^
1. 2. 12.
6.
II
3. 16.
0.
III
3. i3.
6.
[V part. I
0. 18.
0.
II
3. 3.
0.
V part. I
3. 10.
0.
II
3. 10.
0.
Prix
; actuel.
1. I.
6.
3.
I.
18.
0.
I.
16.
9-
0.
9-
0.
I.
II.
6.
I.
1 5.
0.
I.
i5.
0.
T. 1. '21. 3. o. 1. 10. II. 9.
398. Extrait d'une lettre he M. de Fbeminville, lieutenant
de vaisseau. ( Anriales des Scie/iccs Nat. torn. i*^*^. p. 93. 1824.)
Quoiqu'occupeprincipalement de zoologie, M. de Freminville
n'a pas neglige la geologic dans son voyage aux Canaries et aux
Antilles. L'ile de Goree est basaltique et presente des laves fort
poreuses dont les cavites sont rcmplies quelqucfois d'line terre
argileuse ferrugineuse , ressemblant au mineral de fer argileux
du Jura. Dcpuis I'entree de Gonzales de Cintra sur la cote de
Barbaric jusqu'an cap Tagrin , a I'entree de la Sierra-Leone, tous
les points eleves sont des amas de basal tes et de laves, telles sont,
par excmple, les h.auteurs du cap Barbas, du cap Blanc, du cap
Manuel , du cap Vert, du cap Roxo, ct de la Sierra-Leone. Des
sables separcnt ccs elevations vok'ani(iues.
Les ilcs des Saiutes, placecs au milieu d'une longue seric d'iics
33o Histoire nnlurcllc ^e/ic'rale.
volcaniqucs, telles que St.-Vintent , Tabago, la Guadeloupe of
Mont-Serrat, sont composecs de ])orpliyres granitoicles <t de
roclies siliceuses, comme I'ile dc la Coche. La decomposition dcs
j)orpliyrcs produit un kaolin impur ou coUyrite jaunatre qu'on
dit propre a faire de la porcelnine. A. B.
HISTOIRE NATURELLE GEKERAIE.
399. EiNiGER iJBER DIE Thiersefxenkunde. Roflexions Psyclio-
logiques sur les animaux; par M. Scheitlin. ( Ncnc Alplna ,
t. I, 1821, p. 5o.)
D'aprt's les nombreuses observations que M. Scheitlin a faitcs
sur les faculles intellectuelles des animaux, il est parvenu a eta-
blir pour eux, un systenie de psychologic (science de I'ame] dont
il expose les principes.
D'apres lui il existe une anie (1) la oii il y a une pensee , ct
la pensee se manifeste par la faculte de disccrner. Celte faculte
pent se borner a faire simplement connaitre les alimens; ou bien
a faire une difference entre I'agreable ct le desagrcablc ; ou
bien encore, entre une pensee et une autre. Dans le premier
cas, c'est un simple penchant; dans le second, c'est \e penchant
avec sentiment ; dans le troisieme, c'est \c penchant avec senti-
ment uiii a la pensee [r([flcctivc). — • Le penchant, le sentiment
et la pensee , sont originairement la menie chose, et seulemenl
de direction differentc, ou de degre plus ou raoins elcve d'un
memo principe vital et universel des animaux. Le penchant est
obscur , ct parait sans fondement ; 1 sentiment est voile; la
pensee est claire.
Dans le regne animal, nous trouvons pourtant la faculte de
disccrner, pujsque c'est le regne de I'arae; ct sur cette faculte
reposent la mcmoire, I'imagination , I'attention ct rintelligence,
qui eprouveiit d'innombrablcs modifications.. — La raison , corame
dependance de I'unitc ct de I'idee , n'appartient a aucun animal.
— 'Plusicurs animaux s'elevent cependant aussi jusqu'a I'absfrac-
tion du monde extericur, mais seulenicnt par des sensations
(i) L'aiiteiir prend ici le mot dine ilans son acccplion la phis gene-
rale ct conimc syiionynic dc /irincipr etc la I'ie , nous le rendrons par
sa Iradiiction litlcralc pour resler rultlc uu ti^xte. Note tin ndaclcur.
Hi stoire naturelle ge'ne'rale. 5 1 1
isolees. — La conception de I'unito, on les quaire graniles idecs,
e'tat [ socirte "^ , devoir, Dieu c\. unU'ers , n'appartieiinent qu'a
I'homme; mais ranim.il agit souvent comme s'il les connaissait;
ses actions sont conf'ormes a ses idees ; il an;it dansle sens de ces
idees et pour ces idees, mais sans eiles, c'est-a-dire sans con-
naitre la liaison qui existe entre son action et I'une de ces idees.
M. Scheitlin divise psychologiquement les anlinaux en six
grandes classes; les vers , les insecles(i), les poissons, les rep-
tiles, les oiseaux et les mammlferes.
Les i'crs n'ont que la faculte de discerner ; tout n'cst cbez eux
qu'un simple penchant a la conservation de la vie et de I'espece ;
el Tauteur place le irr de tcrrc a un degre deja fort eleve ,
tro'.ivant en lui quelques indices de la faculte de di&tinguer
I'agreable du desagreable ; mais il ne croit pas devoir lui accor-
der le sentiment.
Les escargots vivent en societe , mais ce n'est la qu'une sim-
ple reunion d'individus, et non pas une association. — L'amour
de la progeniture n'existe point chez eux , et c'est cet amour
qui est le premier indice dc la sociabilite, de la distinction entre
le mol et les aulres.
Les inscctes sont encore souniis au simple penchant, et il de-
vient chez eux un penchant a I'industrie; et deja on apercoit
dans ces animaux , quelques traces de sentiment. L' aralgnec a de
la memoire; le cerf-\,'olant se laisse dresser. — Les iiisectes pren-
nent soin de leur progenittire ; ils sont sociables, et leurs ac-
tions ne sont pas excluslvement basees sur la conservation de
la vie et de I'espece. — lis ont quelque sentiment du jeu ; on
trouve en eux des indices de I'entetement et de I'estime.
Les poissons sont encore moins redults au simple penchant.
— Le sentiment de leurs actions se fait deja remarquer cbez
eux d'une maniere fort distinctc. — lis ont de la memoire, ils
sont ruses et perfectiblcs par eux-memes. L'insecte est cgalement
perfectible, mais seulement par I'homme; le ver ne Test pas
autant. — • Les poissons ont deja le sentiment de la musique. —
On observe chez eux plus d'individualite que chez les inscctes,
c'est-a-dire qu'il y a une plus grande difference d'un poisson a
un autre qu'entre deux insectes.
(2) II coniprend dans la classe des vers les annelides , les mollusques
(I les z(H)[>lijtcs, el dans celle des insectes, les insectes , les crustaccs
it les arachiioides.
532 Histoire naturelle generale.
Lcs serpens, parmi les reptiles , ont beaucoup de memoire^
de rinfelligence et de I'imagination. — On apercoit chez eux
des indices de manvaise volonte , et il sont par consequent moins
soumis au simple pencliant que le sont les polssons. — Dans les
reptiles en general, la difference dans I'intelligence d'une es-
pece a I'autre, est plus grande encore que chez les poissons.
Chez les oiscaux, le penchant a se procurer de la nourriturc
est regularise; leur industrie n'est plus isolee comme chez les in-
sectes, et s'allie dcja a I'intelligence. — Leur menioire est excel-
lente; ils ont beaucoup d'imagination; ils revent; ils aiment
leurs petits et en sont aimes a leur tour, ce qui ne s'a])er(;oit pas
encore dans les classes inferieures. — lis ont de ramour-j)roprc,
et I'aniour-propre repose sur une pensee (idee). — Plusieurs oi-
seaux contractent un veritable raariage. — La faftultc uuxslcale est
portee chez eux au plus haut degre. — • lis ont aussi quelque sen-
timent dcs couleurs et des formes. lis jouent, et prennent part
au plaisir des autres , ce qui prouve que leur sociabilite est plus
independante. — Ils sont curieux, et la curiosite est le desir de
s'instruire, avec une faible connaissance de cause.
Quoique les rnammiferes n'aient que tres-peu d'industrie, ils
se trouvent cependant au-dessus de tons les autres animtiux par
leurs facultespsychologiques. ■ — Si Ton en excepte la raisou, on
trouve chez eux toutes les facultes de I'ame. ■ — Le castor varie
son industrie selon les circonstances. — • Le chien devinela vo-
lonte de son maitre; il est jaloux , et pent etre rendu plus jaloux
encore. Dans plusieurs cas , la perfection a laquellc ils sont arri-
ves par I'influence de I'homme se transmet en partic a leurs
descendans.^ — La dlversile des temperamens des mammiferes est
tres -variable d'un individu a I'autre; ce qui modKie beau-
coup leur maniere d'etre , et fait varier leurs rapports avcc
I'homrae et les autres animaux. — Quelquefols on a meme era
apercevoir chez eux des marques de jiitic. — Mais prcsque tout
n'est cependant encore chez eux que Ic resultat dc simples sen-
sations; ct totit an plus on pcut lour accorder iinc conscience
concrete d'eux-ni^mes. ■ — 'lis n'ont encore tpiun penchant obs-
cur pour la soclele et le devoir.
A la tete de tout le regne animal se Irouve Vhoinme ; fous ses
penchans sont suscci)tibles dc modifications. — Le simple pen-
chant devient chez lui la conscience la plus intiracdcs choses, et
b faculle dc discerncr devient dc la perspicacile. — La facultii
Hisioire naturelle generale. 355
de Her les idecs devicnt de I'csprit; et le penchant avcc la fa-
culle de disccrner devient de la volonte. — Dans riioinme senl
se trouvent Ics idees de Dieu et dc V Univers. — L'animal appar-
tient plus au monde extciieui-; I'liomme, plus a rinterieur. —
— Ciiez riiominc seul, le penchant, le sentiment et le but sont
en parfaite harmonle, et c'est par cette raison qu'il est perfec-
tible par lui-meme.
Si le simple penchant pent se changer en sentiment , et le sen-
timent en pensee, il serait tres-possible que les animaux fussent
immortels ; mais il ne faut pas confondre la matiere dans la-
quelle resident le penchant, le sentiment et la pensee, avec le pen-
chant , le sentiment et la pensee eux-memes. Si l'animal sent, il
est susceptible de souffrances , et doit en ctre dedommage ; car
la charite et !a bonte etant les principaux attrlbuts de Dieu , il
ne saurait infliger une peine a un etre quelconque sans Ten de-
dommager. Mais ne conf'ondons pas I'immortalito avcc la felicite
eternelle, avec un etat quelconque de punition ou de recom-
pense, qui nepeuvent pas exister pour les animaux; mais le pen-
chant ne peut-il pas etre transforme en sentiment, et celui-ci en
pensee? — L'animal finit pour ce monde avec le sentiment, et
I'homme avec la pensee. En quoi peut done etre alors transfor-
mee la pensee? Elle ne doit pas etre le degre le plus eleve de la
vie interieure, et il doit exister encore pour nous une autre
maniere de manifester Ic principe de la vie.
Tel est le precis du systeme de M. Scheitlin. S. S.
4oo. AivFANGSGRiJNDE DER Naturwissensciiaft. Principcs d'his-
toire naturelle; par le D"^. E. A. D. Bartels. In-8. , i*^"^. vol.,
1821, de 641 p. ; 2*^. vol. 5/(4 p. Prix, 3 rthlr. 12 gr. Leipzig;
Earth.
La premiere partie traile de la nature inorganlque, a la ma-
niere de la haute pliilosophie allemande. Le second chapitre de
celtc partie est consacre a la description des effets des proprie-
l«is dont est douee la matiere , le magnetisme est place en tete; et
dans le ti'oisieme chapitre I'auteur parle des plus sin)])lcs reu-
nions des elcmcns qui sont la source des phenomenes naturcls
generaux et particuliers. Le second volume contient I'examen de
rorganisalion dans les differens regnes naturcls. IVous donnons
cette annonce d'apres un article de la Gazette de Jena de de-
cembre 1823 , n'ayant pas recu encore cet ouvrage. Si son style
554 Histoire natureUc genernlc.
est comme celui du recenseur qui en fait I'eloge, nous pouvons
iijouter que ses ideas auraient pu etrc presentees sous iinc forme
plus simple, moins abstraite et plus facile a saisir. A. B.
.'lOi. Von den Anforderungen an eine kijnftige Bearbeitung
DER Naturwissenschaeten. Des clioses necessaires pour
trailer a I'avenir les sciences naturelles; dlscours lu a Leipzig
le 19 septembre 1822, dans la premiere reunion des natura-
listes et medecins allemands. In-8. Prix, 4 gr. brocli. Leipzig.
!{Oi. Memoire sur l'influence de l'electricite dans la fccon-
dation des plantes et des animaux, et considerations ra-
pides sur la pretendue generation spontanee; par J. P. Gasc,
prof, des sciences physiques, oflicier de Taniversite, menibre
de plusieurs societes savantes. Paris ; i8'23; impr. de J. Tastu.
[Extrait du 1^ . \'ol. des Meinoires de la Societe iinnce/ine dc
Paris. )
Dans la premiere partie de ce mcmoire I'auteur s'est pro-
pose de determiner et d'apprecler l'influence que pent avoir l'e-
lectricite dans la fecondatlon. II rappelle quelques experiences
deja connues, et desquelles il parait resulter que des graines elec-
trisees ont germe plus vlte. II rapporte ensuite quelques expe-
riences qu'il a tentees lui-menie, et qu'il reconnait n'etre point,
a beaucoup pres encore, suftisantes pour decider la question dif-
ficile qu'il s'etait propose de resoudre. Dans, la seconde partie
I'auteur expose quelques considerations sur la generation dite
spontanee : mode de generation qui ne lui parait pas vralsem-
blable, et qu'aucun fait bien avere ne constate du moins encore.
/,o3. Lettres originaees de Linne. [Gentlni. Mag., \3in\. 182', ,
p. 1/..)
Ce sont 3 letfrcs en latin, adressees par LInne a M. Marma
duke Tunstal; leur contenu est sans interet.
/|04. Onzieme compte rendu annuel sur lk .Iohanneum en
1822. Mineralogie, Zoologle. [Archiv.fiir Gesc/icc/ite.ySlat., etc.,
avril , 1822 , p. 229; id., p. 258 ; id., mai, p. 338 ; id., jmllel,
p. 434 ; id. , p. 464 ; id., aout, p. 481. )
On y donne des details sur la collection mim'raloguiue, sur la
maniere dont elle est exposee; elle comprend une collection oryc-
tognostlque et geognoslique, et une collection mineralogiqiK;
teclinlquc. On y rend ccnnpte des nouveiles acquisitions de mi-
Minerahgie. 555
nc raux , d'objets zoolotjiques, de monnaies ct d'antiquites. On
y deraille roxtension qu'a prise la collection tecliniqne, la biblio-
flu'qtie et la Socicle de lecture, qui public un ouvrage perlodi-
que inlitnl('' , Om'iage pdiiodiquc tie Styric ( SteyennurKlsche
Zeilschrijt. ) 11 en a paru i parties en 1812. On donne des details
sur la Societe d'agricalture. L'article se termine par une revue
snr les pertes de la Societe, et sur I'utilite generale de cette belle
institution, due a la liberalite et au zele scientifique de larchi-
duc Jean. A. B.
MINERALOGIE.
4o5. SlJRLA FORME CRISTALLINE HES SELS ARTIFICIELS par A. H.
J. Brooke ( Ann. of riiil., feb. 1824.)
Sulfate de nickel et de cuivre. La forme primitive de ce sel
est un prisme oblique rhomboidal, avec un clivage imparfait
parallcle a ses plans lateraux.
PsurMouM' . . 100" i5'
P sur C' 117 3o.
MsurM' .... 83 3o.
En dissolvant de ces cristaux dans I'eau, les premiers cri.staux
qui sc deposerent furent du sulfate de cuivre , cnsuite du sulfate
de nickel et de cuivre semblable a ceux qui avaient ete dissous.
lis furent enleves et remplaces par un groupe des memes cris-
taux, meles avec quelques autres de sulfate de nickel rhomboe-
drique, et ccs cristaux continuerent a se deposer ensemble jus-
((u'a ce que tout le liquide fiit evapore. II n'y eut pas d'autres
cristaux de sulfate de cuivre deposes de la solution apres les
cristaux du sel double, mais la solution primitive d'oii les cristaux
avaient ete obtenus, donna ensuite des cristaux de sulfate de
cuivre. II parait d'apres cela que le sel double ne se prodiiit quo
sur des portions non eombinees dechacun des sels simples.
Sulfate d'ammoniaque et de magnosle. La forme primitive est
un prisme oblique rliomboidal.
P sur M ou M' 104 45.
PsurEouE' i54 40.
P sur G ,35 40.
PsurC ii5 3o.
M ,sur M' 109 3o.
M sur K 125 1 5.
356 Mineralogie.
Sulfate dc cuivre et de potasse.
La forme primitive est unprisme oblique rhomboirlal differant
a peine du precedent. Ces cristaux ne paraissent pas presenter
un clivage distinct.
PsurMouM' 1040 3o'
PsurEouE' 1 54 20.
P sur C 116 20
M sur M' 107 35.
M sur K 126 I a. G. de C.
406. Sua LA SERIE DE CRISTALLISATION DE l'aPATITE , par WlL-
LiAM HAiDiNCEr.. [ EcUinb. Philos. Journal, n". xix, Janvier
1824 ) P- 140. )
Apres avoir enumere les opinions diverses auxquelles ce mi-
neral donna lieu parmi les mineralogistes qui tenterent les pre-
miers d'en etudler la nature , et rappele I'origine du mot (ipatitc,
qui fait allusion aux nombreuses erreurs commises a ce sujet ,
M. Haidinger remarque que tous les systcmes de mineralogie
s'accordent aujourd'liui sur la determination de cette espcce;
mais il annonce de nouvelles observations propres a faire mieux
connailre sa serie de cristallisation ; elles sont relatives a la dis-
position des petites faceltes additionnelles, qui modlfient ordi-
nairement les parties angulaires de ses cristaux. M. Haidinger
regarde comme un caractere de la premiere periode de la science
cristallograpliique le pcu d'attcntion que Ton donnait alors a ces
petites faceltes, que souvent on negligeait entierement comme
de simples accidens , on dont on completait le nombre par la
pensee , de maniere a rendre dans I'un et I'autre cas les formes
plus regulieres qu'elles ne le sont dans la realite. C'est le second
cas qui eut lieu relativement aux cristaux d'apatltc. Dans la va-
riele douhlante de M. Haiiy, les facettes obliques u qui la carac-
terisent ont ete rcpetees de part et d'autre de chaque ar^te lon-
gitudinale, tandis que reellement elles n'exislent que six a six
vers chaque sommet, circonstance analogue a celle qui a lieu
dans la varicte /Vf^/^'^VW/r du quartz , dont la forme extericure
s'accorde parfailement avcc les jihcnomencs de la polarisation
circulaire, alnsi que I'a fait voir Ilcrschell. Mais ces deux espe-
ces , le quartz ct I'apatite , presentent une difference remarqua-
ble dans le mode suivantlequcl sont disposees sur leurs cristaux
les facettes termiualcs des deux soramets. Dans le quarti,lors-
Mineralogie. 557
rju'on renverse le cristal pour mettre successivement cliaque
sommet ilans la meme position, les facettes obliques paraissent
toujours situees d'un meme cote , toutes a gauche ou toutes a
droite en tournant; et de cette double disposition resultent deux'
individus differens dans la variete plagiedre. Dans I'apatite au
contraire , des faces tournees a droites vers I'un des sommets
coexistent avec des faces tournees a gauche vers I'autre sommet.
M. Ilaidinger donne une application detaillee des principes
cristallographiques de Mohs a la description et au developpe-
ment des formes de I'apatite. Leur scirie de cristallisatlon ap-
partient au systeme rhoniboedrique , et le caractere general de
leurs combinaisons est le dirhomboedre. II construit ensuite les
formules qui peuvent servir a determiner completement les an-
gles des formes tant simples que composees, et termine son
memoire par une comparaison de la serle de ciistallisation de
I'apatite avec les autres series relatives au rliomboedre , telles
que celles duspath calcaire et du quartz. II trouve une analcie
frappante entre les formes de I'apatite dans le sysleme rhom-
boedrique, et celles du tungstate de chaus dans le systeme py-
ramidal, analogic qu'il se propose de faire ressortir dans un
memoire particulier. G. Del.
407. Notice sua une locaute de l'yenite aux Etats-Unis
par Jean Torrey, M. J). [Ann. du Lycee d'hist. nat. de New^
York , dec. iSaS. )
Cette yenite a ete trouvee en petits cristaux dans uu agregat
de quartz et d'epidote a Cumberland dans I'ile de iWiode-Is-
\and, par M. Samuel Eddy. L'auteur en cite les caracteres. A. B.
408. Note sur le bitume contenu dans les mines de soufre ,
par M. Vauquelin. ( Jnn. de Ch. et tie Phy. , to. 25 , p. 5o.)
II est probable que la plupart des mines de soufre contien-
nent du bitume. Lorsqu'on distille du soufre non raffine, il se
dcgage du gaz hydrogene sulfure mcle d'acide .sulfureux , et il
reste une matiere noire composee de carbonate de thaux, de
silice, de fer, de charbon bitumineux et d'une trace d'alumine
et de magnesie. Une partie du bitume passe a la distillation sans
le decomposer : de la vient sans doute que les soufres qui pa-
raissent les plus purs donnent du gaz hydrogene sulfure, toutes
B. ToiMK I. 1%
538 Mincralogie.
les fois qu'on les fond avec des carbonates alcalins parfaite-
ment sees. Bert.
409. Decouverte du Caoutchouc mineral pans les Etats-
Unis. ( Silliman's Journal of sciences , n". VI , p. 3 70.)
Ce mineral rcmarquable, dit le professeur Sillimnn, qui,
jusqu'a ce jour, n'a paru exister que dans la mint? d'Odin a
Castleton, dans le Derbyshire, a etc trouve recemnient a Sniitli-
Bury, a 20 milks au nord-ouest de New-Haven. Ce canton est
un bassin secondaire de trapp, et quoiqu'il n'ait que six ou
huit milles de diamelre, il presente tous les caracteres de la
grande region de trapp des etats de Connecticut ou de Massa-
chussetts, decrite par M. Hitchecock. Les fibres du spath satine
ou gjpse fibreux , ont un pouce de longueur et au dela ; dies sont
souvent felees dans la direction des fibres , entre lesquelles se
trouvent des velnes occupees par le caoutchouc mineral.
II n'a pas beaucoup d'elaslicile ; il est doux , prend aisement
I'impression de I'onglc , se comprime entre les doigts comme le
potassium , et pent se former en boule parfalte ; sa couleur est
d'un noir de jais; quelqucs varietes sont un pcu plus dures, ct ont
un lustre resineux et brlllant et une cassure concho'idale plate.
II brule avec un grand eclat en donnant beaucoup de fumce
noire, et une odeur qui est tout a la fois bitumineuse et aroma-
lique; pendant la combustion, dea gouttes de liquide enflamme
coulent par torrens ou se succedent avec rapidite avec une espcce
de bourdonncment tout-a-fait scmblable a celui du caoutchouc
vegetal, fondant exactemcnt comme cette substance. Ce mineral
frotte sur le papier y laisse une tache noire, et acquiert un poli
particulier; il n'cnleve point Ics marques du crayon; les veincs
cui contiennent ce mineral ont environ ^ de po. de largcur ( t
plusieurs pouces de longueur.
A 10. Relation de la decouverte d'un lit de soude sous-
CARBONATEE daDs la cliainc de Malwa, par le capitainc
J. Stevtart. ( Transact, de la Sociele littcraire dc Bombay ,
vol.3, p. 53.)
L'auleur y raconte la decouverte qu'il a faile de petites masses
deposant de la soude sous-carbonatee sur le bord du Chunibul ,
pres Peeplonda , a I'cndroit ou cette riviere se rennit a la
Chaumlu. II y cite aussi des basaltes prismcs et des blocs cal-
taires sur un sol arglleux. A. B.
Mineralogie. 55f)
fill. CONJKCTCRES KELATIVKS A I.A FOnMATION DK l'opAI.E FT
DU niAMANT; par M. Jameson. [P/ii/os. Jourii. d' Edlmhoitrg.
Juillel 1823 , p. i63.)
Le quartz resinite se trouve, sous la forme d'opale, dans des
porpliyrcs tracliyliques , et sous la forme ordinaire, dans des
porpliyres secondaires, tandis que le bois opalisc gise surtout
dans les agglomerats tracbytiqucs , et le menilite dans lesmarnes
tertiaires : certaines sources deposent de la silice. Ces mineraux
siliceux sont peut-etre un produit vegetal, car la silice abonde
dans certaines plantes, comme le bambou, etc, Le quartz come
ou neopetre se trouve dans les roches primitives, intermtdiaires,
secondaires et dans les alluvions. C'est aussi un produit vegetal,
car on trouve des bois changes en quartz cornc^. L'autcur cite
un raorceau semblable trouve dans I'interieur d'une poutrc de
Tectonn grand is employe dans le port de Calcutta. Les bois ont
ete rendus siliceux , non pas par un procode mineral , mais par
le pouvoir vital des vegetaux,
Toutes les roches primitives conliennent du carbonc sous l;i
forme d'acide carbonique, de carbonate, d'oxide de carbone on
d'anlliracite et de graphite, et enfin sous cell e de carbone pure
ou de diamant, car ce mineral se trouve dans I'lnde, dans un
.agglomerat quartzeux subordonne au schiste argileux. Legraphitp;
et I'antliracite sont frckjuens dans les roches intermcdiaircs et se-
condaires. Le diamant se trouve dans des lufs trappeens, des gn'-;
et des amygdaloides secondaires, et dans des argilcs d'alluvion.
Le diamant se forme, dit-on, dans ces derniers. Serait-il pos-
sible, demande I'auteur, que les vegetaux pussent donner nais-
sance a ce minei-al ? A. B.
4 12. Sua LA FORMATION DE i/AMnRE; par M. DnoENn. [Anh.
des apoth. vet: 182a , n". 4 , p. 3/,4.)
L'auteur demande si Tambre ne pourrait pas etre pour les ma-
lieres vegetales I'analogue de I'adipocire pour les malieres ani -
males ? A. B.
/|i3. Caracteres de l'ambre. [Edimh. Phil. Jour//, ]i\n\. 182/1,
pag. 12G.)
L'ambre n'a pas la forme de goultcs dc riisinc; il a plus di-
couleur, de lustre, il developpe une autre odeur par la friction ,
Je caractere de M. Ilaiiy de former nue gouttc n'est pas bon ;
54© Minernlogie.
onfin , place sur un fcr rouge, l;i fiimec a nnc odrui- diffi'iontc de
celle (Ics resines. A. 1>.
/|l/|. Sur UN TRICAIIBONATE DE PLOMB SULFATE.
Un magnifique echantillon de plomb carbonate fut rapporto,
il y a qiielque temps, de Headhills, par Alexandre Irving, qui,
en raiialysant , trouva que c'ctait un carbonate sulfate. En exa-
minant ces cristaiix , M. Brewster a vu que ce n'etait autre chose
que le tricarbonate sulfate de M. Brooke. Ce sont dcs rhomboides
aigixs d'une dimension considerable , avec un clivagc perpendicu-
laire a I'axe du rhomboide. Leur couleur est vive et d'un vert de
seve [sap-green). En examinant leur structure optique, M. Brew-
ster a trouve qu'ils ont deux axes de double refraction , dont le
principal coincide avec I'axe du rhomboide. Ce tricarbonate sul-
fate, ccpendant, ne peut avoir pour forme primitive un rhom-
boide aigu ; il appartient plutot au systenie prismatique de Mohs.
{ Ediinb. Pkilos. Journ.) [Journ. de Pliys. et de Cliini., etc.
aoiit 1822, p. 160.)
41 5. Beschreibung des Zink - Huttenprocesses in Schlesien
UND Polen. Description des procedis employes dans les mines
dezinc de la Silesie et de la Pologne; par C. F. Holllnder ;
avec une pi. Prix , 16 gr. Leipzig; iSa^ ; Fred. Fleischer.
4 16. Notices statistiques sdr i,es mines des provinces lom-
BAKDES DU ROVAUME LOMBARDO - VeNITIEN. [ Bibl. JlCll.,
n°. XIV, sept. 1823, p. 362.)
Les provinces de Brescia , de Bergame , de Come et de la Val-
teline conliennent tant de fer, que leurs montagnes pcuvent
etre re"ardees comme une masse continue de fcr spathiquc. II
Y a 5o mines de ce mineral en exploitation dans la province
de Brescia, et /»3 sont abandonnecs. Dans Ic Bergamasc, il y
a ii3 mines semblables en activite ou delaissees. Dans la pro-
vince de Come, leur nombre monte a 37 ; dans la Yaltcllnc il y
en a cinq : ce qui fait done en tout , plus de 200 mines pour les
provinces de la Lombardie. II y a 37 hauts fourneaux dans cette
contree dont 1 1 sont dans la province de Brescia , 17 dans celle
de Bergame , 8 dans celle de Come et i dans la Valteline. II y a
26G uslnes dans le mime pays , qui emploient annuellenient
I 008,000 livres de fer. La province de Brescia en a CG , le pays
de Bergame 1 5o , et cclui de Come 5o.
Mineralogie. 54 1
II y a lies fabriqucs d'arines dans la vallee de la Trompie, qui
en 1807 ])ioduisircnt 3o,ooo canons de fusils ou de mous-
quets, etc. II y en a une d'armes blanches pres de Brescia, une
autre de faux sur le lac d'Iseo dans le IJergamasc , et une d'a-
cier a Bagolino et Lumezzane, dans le pays de Brescia. Ces fa-
briques cprouvent le manque dc liouille. 11 n'y a point de mines
de cuivre esploitee en Londiardie ; il y a cependant des indices
de pyrites cuivreuses a la grotte de Dongo, dans le pays de Come,
un filon de pyrite a Bovegno, dans la province de Brescia , et un
autre sur le mont d'Eser, dans le district d'Irma. Les indices de
plonib n'ont pas etc jusqu'a ])resent de rapport. U y a une ga-
lene argentifere a Viconago et a Vessera , dans le pays de Come.
II y a une mine de plonib suUure dans la vallee du Subbia, sur
le mont Colmo , dans la province de Brescia. II y a des traces
d'anciennes exploitations de plomb dans les vailees deXrompia,
de Camonica , elc.
Quoiqu'il n'y ait pas de houille en Lombardie , il s'y trouve du
cliarbon mineral dans beaucoup de lieux , dans le district de
Varese, dans la province de Come, a Masenzana , a Germignaga,
a Gana , a Piode, a Toscolano (Brescia], Fosso Fraino , etc. II y
.» des depots considerables de lignite a Gandino et a Leffe. La
iourbe devient de plus en plus en usage depuls I'augmentation de
la raretc du combustible. A. B.
/117. Masse df. cuivre forgee dans les Etats-Unis d'Amerique.
( Geist der Zcit., fevr. 1823 , p. 255.)
M. Schoolcraft a trouve sur le bord du lac Superieur, sous le
/|()''. deg. de latitude nord , une masse de cuivre nalif , pesant
2200 livrcs; elle provient peut-clredes montagnesa 3a milles an-
glais de distance , et est supposee en mcmc temps une masse lan-
cee par un volcan. Les mines de Berezof, dans lu j)rovince
d'Ekaterinbourg en Siberle , offrent des masses de cuivre de plus
de i5 quintaux. A. B.
/118. On a trouve recemment a Browne's llili,Car]ow, lui
bloc compose de calcaire siliceux , de chaux carbonatec pure et
magnt'sifere, de cristal de roche et de pyrite. [New Montlily Mas^,
janv. 182Z1 , p. i3.)
419. Commerce de mini'raux. [Lconhanl Tasc/icnbuch , /(".pari.,
1). 935; 1823. ) MM. G. .1. F. Lornlcr et C. Bartenstein , a
llildbnrghausen, proposcnl dc vendrc ou cchangcr des mine-
^4 2 Mineralogie.
raux du Salzburg, du Tyrol, de la Boht-mc, de la Baviere ,
du Ficlitelgcbirge , de la Carinthie et de la Carniole.
M.Carl Martini, employe dcs mines a Schneeberg, en Saxe ,
offiedes suites decliantillons geologlques de Planiz , Bokwa et
Hohendorf. Cliaque suite est composee de cent morceaux, et coute
3 ducats , ou 4 ducats, avec une carte pelrogmphique. [Leonhaid
Taschenbuch , S*^. part. , p. 707.)
Avis aux amateurs de mineralogie.
Dans I'etablissement sous-nomme , au profit duquel le sieur
J. Menge fait ses voyages , se trouvent des collectious mineralo-
giquesinstructives, savoir :
A. Oryctognosie. N°. 1 , 200 morceaaj., 2 po. , 120 fr.; n". 2„
400 more, 3 po., 288 fr.; n''. 3, 800 more, 3 po., 720 fr.;,
n". 4,1,000 more, a po. , 960 fr.; 11°. 5, i,5oo more, 3 po. ,
2,400 fr.
B. Geologic. N". i , i5o more, 4 po. ,96 fr. ;n". 2, 3oo more,
A po. , 192 fr. ; n°. 3 , 600 more , 3 po. , 240 fr. , arranges d'a-
pres le systemede M. Werner; ceperidant, si on le desire, d'apres
chaque sysleme demande. En outre on fournira des mineraux
isoles de toute espece et qualite en -vente ou en echange.
On prie d'affrancliir les Icttres et remises. (Lubeck, Nalura-
lien Comptoir. )
420. Ventes d'odjets sciEKTiFiQUES. Collection mineralogique
du feu Prof. TJlmann, a Marbourg. [Miner. Taschenbuch,
1823, 2^. ab. ,p. 470.}
Cette collection comprend , i". une collection oryctognostique
de 2,548 morceaux , chacun de 2 a 3 pouces de grandeur, ou
compose de plusieurs cristaux , les mineraux metalliques y sont
surlout fort beaux ;
2". Une plus petite collection oryctognostique de 554, qui est
propre a des lecons;
3". Une collection pour les caracteres exterieurs des mineraux ;
4". Une collection geognostique de G90 more;
5". Des collections mineralogiques et geographiques , une suite
de I'rankenberg , Schmalkaldcii , du Meissner , du Nassau , etc.:
G". Une <:ollcttlon de petrifications;
7". Une petite collection de mineraux polis, murbres , pieiTcs
precieuses, etc., environ 200 more
M/neralngie. 545
8". Pluslcurs tiroirs de doubles.
II faut s'adresser directement a M. le Prof. D'. Ulinan, a
Marburg.
/|2i. Vente n'uNE COLLECTION CLASSiQUE dc quatrc mille echan-
tllloiis de substances minerales et fossiles, du j)ius beau choix
et de la plus parfaite conservation. ( Annoncc.)
Cette collection est classee et etiquetee scion la nitlliode du
ceicbre Prof. Haiiy, avec la synonymie de Werner, el I'indication
exacle des giscmens.
On y a joint les modeies, en terre cuite,des cristaux docritspar
Rome-Delisle , et Ton a place, en tete de chaque espece mine-
rTde, ceux des divers cristaux qu'elles presentent executes en
bols, avec une extreme precision , d'aprcs les formes et la uiesure
des angles determines par M. Haiiy.
Les echantillons sont , presque tons, de la meme grosseur;
le volume de cliacun d'eux n'exccde pas celui de % po. cubes ;
la cassure en est vive, franclie , et nieme pittoresque sous tons
les aspects ; cette qualile n'aioute rlen a leur valeur reeile, mais
elle concourt a etablir un ordre regulier, et rtpand beaucoui>
d'agrenient sur I'ensemble de leur exposition.
Cette collection ne sera point divisee ; et , pour I'interet de la
science, il est a desirer qu'elle soit conservee dans toute sonln-
tegrite, parce qu'elle est une des plus completes qui existent, el
que, sous un mediocre volume, elle offre toutes les ressources
que Ton pent desirer pour I'etude de la raineralogie dans le si-
lence du cabinet.
Elle est le resultat de trente annees de reclierclies d'un ancien
j)rofcsseur de I'Ecole polyteclinique , qui a cte, pendant long-
lemps , en situation de correspondrc directement , et de faire
des echanges avec les naturalistes les plus distingues de I'Europe,
ce quil'a mis a portee de la completer , et de I'enrichlr a tel point
que , dans son etat actuel , il u'est pas de galerie de prince, de
cabinet de savant ou d'amalcur, ni mtme d'etablissement con-
sacre a Tinslruclion publique, en quelque contree que ce soit,
dont , en outre de son utilile pour I'etude , elle ne puisse faIre un
di's plus precieux ornemens (i).
(i) Les niint'raiix el fossiles de coltc colltcfion sont rcparljs dans 1 16
iroirs, ilivisc's cliacuti en .'JG cases; les e( hantilloas des sulistances
344 Mineralogie.
La vente de cette collection sera faite a Paris et sera annoncee
par des affiches; mais, en attendant cette epoque, on pourra
trailer de gre a gre , pour le tout ou partle , s'il est fait des offres
suffisantes.
On pent la visiter tons les jours, dcpuis dix henres du matin
jusques a quatre heures du soir, rue Castex, n". 5, pros la place
de la Bastille, a Paris.
Le catalogue en sera envoye franc de port aux personnes qui
en feroHt la demande par (icrit a M. Robert, rue Castex , n°. 5.
Toutes Ics letlres doivent etre affranchies.
A22. A Perspective view of the work of the colliery, etc.
Vue perspective des ouvrages consfruits pour I'exploit.itlon
de la mine de cbarbon-de-terre de Hellon , dans le comtc de
Durliam; des plans borizonlaux , inclines ct agissant d'eux-
memes , avec des machines locomotrices et autres qui y sont
employees , ainsi que le depot qui se decharge de lui-meme
sur les rives de la Wear, pres de Sunderland , avec une section
de la fosse et des couches. Londres; iSaS.
lares ou de'licatcs , au nombre de plus de laoo, sont contcnus dans de
pelitcs boites ou dans dc petits bocaiix de cristal f|ui s'encastrcnt dans
les cases des tiroirs, ce qui les garanlit du contact des mains lorsqu'on
veut les examiner se'jiare'nient.
On a laissc C cases vides sur TarritTe de chaque tiroir, ce qui donne
le moyen de placer a volonfe' les t'cliantillons des variete's que I'ou do-
sircrait ajouter a la collection, et de les intercaler ainsi a la place
qu'ils doivent occupcr , sans elre oblige de de'ranger I'ordre general
pour les y introduire.
Le tout estrcnferme dans dcnx arnioiresen liois de chene ct vitre'es,
de me'diocre grandeur, cgales et paicilles entr'elles , n'ayant chacunc
que 5 pieds 8 pouces de hauteur, 2 pieds 9 pouces delargeur, et i3
pouces de profondcur.
Tons les tiroirs peuvent etre ])lace's et trcs-solidement installes dans
trois fortes caisscs semhlables entrc ellcs, qui ont ele construites a I'a-
vance, ct dispose'cs tout expres pour les recevoir ct les mainlenir avec
des coins, dc manirrc qu'ils ne puissent y cprouver aucune espece de
baloltement entre eux, cc qui favorise siugulierement IVniballage,
renvoi ct le transjiort de toute la collection , en tout pays, nienic dans
les contrces les plus eloiguees, ct la pn'scrvc de toute avaric pendant
le trajet.
Le poids des mine'iaux el ccbii des tiroirs, avic les caisscs d'cuibal-
lage,n'cxc<'dc pas en lout iicuf cents kilogrammes ( dix luiit cents livrcs
poids dc marc. )
Botamquc. S^-**
BOTANinUE.
4'23. Grundjuge einer allcemeinen Pflanzen ceographie.
Elcmens de geogi'apliie gtiiicrale dcs plantes; trnduitsdudanois
en allemand par I'auteur , le D"^. Ivach. Fred. Schouw. i vol.
in-8°. Berlin; i823 ; G. Reimers.
M. Schouw offre dans cet ouvrage un resume interessant de ce
qui a ete ecrit sur ce sujet ; et il y joint les observations qu'il
a faites Ini meme dans la Scandinavie , en Suisse, en Italic et en
Sicile.
II definit la geogi-aphie des plantes une science qui presente
les stations, tcxtensioii et la distribution des plantes.... ainsi
que les differences actuelles dans la ci'/^vtation du globe , en
ay-ant egard aux agens extericnrs.
Comme cette definition I'annonce, I'ouvrage renferme trois
sections :
I. Agens exterieurs, qui determinent les rapports locaux des
plantes.
II. Formes differentes des plantes , eu egard a leurs rapports
totaux. ( Topologie des plantes. )
III. Differences que presente la vegetation dans les diverses
parties du globe. ( Phytogeographie proprement dite. )
I'^ . section. M. Schouw traite des agens e.itcrieurs, Vair , le
sol et I'eau, ainsi que des phcnomenes qui en dependent, et
dont chacun agit dans des combinaisons dilTerentes. Nousne le
suivrons pas dans cet examen , parce que la question n'est pour
ainsi dire , et selon I'auteur lui-raenie , qu'une partie accessoire
de la geographic des plantes.
11^. section. Topologie des plantes.
L'auteur distingue ici la station ( vorkoniuien , ) Vextension , la
distribution, \a. region et la patrie , ce dernier mot s'appliquant
au lieu natal des plnntes cultivces.
A. Topologie des especes.
i". Les stations des plantes peuvent etre consideres, a. sous
le rapport du milieu dans lequel elles vivcnl , Plnnta' subterra-
iicn', ofjiiaticce, etc.; — b. sous le rapport de raltachc ; pi. libei-a; ,
trnre adfixir, etc.;~r. par rajjport aiix aiiUcs ])Iantes, avcc les-
346 BotdiiKjue.
qucllcs cllrs rroissfnt,/;/. locnnim cultorutn sen inciiltorain; — d.
par rapporl a la lumiere ,pl. lucis expertcs , apriccv , etc.
2°. Quant a V extension , les plantes ont leurs zones dS latitude
ct de longitude, et leur region. Dans la zone teniperee de I'lie-
misphere boreal, la zone moyenne de latitude (pour les pha-
nerogames), parait etre de io-i5 degres. Celle des cryptogaines
est l)eaticoup plus considerable.
La zone de longitude est beaucoup moins bornec.
Les regions sont plus resserrees sous la zone torridc que sous
la zone temperee.
3°. Dans la distribution. Ton distingue les plantes sociales :
Erica vulgaris, Pinus syhestris, Juncus bufonius,c\c. etlesplantes
solitaires : Monotropa hypopitys, Julhcricuni liliago, etc.
M. Schouw applique ces considerations an lielre coinmun et a
la vigne.
B. Tope logic des genres.
IcI la distribution a plus d'imporlance que les stations el {'ex-
tension ,
Ces especes sont melees, ou elles sc sul/stiluent (se remplacenl);
parexeraple,rtv7c« arborca reniplace dans le niidil'tvYtY/ vulgaris.
II y a aussi des representans. Ainsi les aster et sonchus alpinus
reprcsentent dans les Alpes ces genres de la plalne.
M. Scliouw examine sons ces points de vue les genres Pinus ct
Erica.
C. Topologie des families.
La plupart des auleurs ont neglige les rapports de station,
iVextension et de dislribuC'ion. On trouve au conlraire beaucoup tie
renscigneniens dans \es, Nova genera de MM.liuniboliiletlvunlli,
et les ouvrages dc MM. de Candollc, Brown, VValilenberg, etc.
L'auleur passe en revue les graniinees, pour lesqucUes il adoplc
le.s coupes etablics par M. Kuntb, les cjpcracees, les pnlmiers, les
proteaceesjlcs cactus, les syngeneses, les cruciferes et les Icgu-
mineuses.
Le cliapitrc des rapports locaux des ocotjledones , monocoty-
ledones et dicotyledoncs , of/re un tres-bon precis des principaux
•• •
ouvrages sur cette matiere. ^
111", section. Coinparaison des di/fereides parties du globe,
sous le rapporl de leurs produils vegelaux. {Geographic botunique
propremcnl dite.)
Botanique. S^y
Ellc coniprcnd la crtniparaison , sons le rapport dii climat el
(Ic la vet,'ctation, i". des latitudes; 7.°. des longitudes; 3°. des
deux hemispheres; 4"- de regions dit'ferentes sous lesmemes lati-
tudes et longitudes, et \'ice versa; 5". des zones et des regions;
6". des continens et des iles , de I'iuterieur et des cotes; 70. du sol
et de I'ean.
Cette partie de I'ouvrage est, coranie on le pensebien, peu
susceptible d'analyse. Nous dlrons seulement qu'entreautres prin-
cipes, M. Schouw admet que les deux zones temperees ont plus
de lapports entre elles c|u'ancune d'elles avec la zone torride.
II ])ropose, pour indiquer les regions, les denominations de
terminus nivalis, arbuscuiarum , arhoreus , comme plus precis
que ceux de regio alpina , montana, collina, qui ne presentent
pas nne idee fixe, parce que la liauteur varie seion les latitudes.
M. Schouw etablit, d'apres la culture, les regions sulvantes :
vers le pole : la region de I'agriculture et celle des troupeaux ;
dans la Suisse du Nord : celle du vin, des grains , des troupeaux ;
- — -dans I'Apennin : celles de I'oranger et de I'olivier-, de la "vigne,
dfs grains, des bois, des trotipeaux; — sous la zone torride,
dans I'liemisphere austral: les regions desbananiers, du mais, des
giains d'Europe, et la region non cultivee, mais produisant en-
core des ]iommes-de-terre, et quelques legumes.
Get ouvrage se termine par I'essai d'une division phytogeogra-
phique du globe en 22 rojaiimes. ( Reicke. ) Nous croyons inu-
tile de les reproduire ici. Quelques-unes de ces coupes sont
suffisamment Iranchees; par cxemple, la 7*^. : cierges, poivre et
ffic/astoines ; la 14'^., epncridees et eucalyptus; la 15"., viesem-
hryentheinuni Q,\. stapelia , (nous n'avons pas besoin de designer
les pays auxqucls elles se rapportent ); d'autres sont trop vagues
pour etre admises. Ce tableau a d'ailleurs I'inconvenient de man-
quer d'homogeneire, les denominations etant empruntees tanlol.
aux plantcs et tantot aux pays. D. U.
424. Une reunion des Botanistes pour la composition uun
System A vegetabilium est-elle necessaire et possible? par
le D"". Steudel. (/«.y, iSaS; XF. vol., p. i23.)
M.StcudeJ, a qui la publication du NouiencUUor hotanicus a ac-
quis tant de droits a la reconnaissance du monde savant , discuto
ici une question , qui , considerec (lans son ensemble , a incontcs-
lablenient le mcrile tie la nouvcautc. 11 ])i()uvc aisementla ncces-
348 Jiotatii(j7in.
site fl'un repertoire general dc nos ricliesses botaniques. Dun
autre cot^, Ton comprend que cette enlrcprise est, par sa na-
ture, au-dessus des forces d'un seul lionime, ce (ju'i n'est que trop
confirme par I'experience. M. Steudel rcgarde le conimenceuient
du Species de M. de Candolle corame ce que nous avons de plus
parfait en ce genre. II ne pouvait encore avoir connaissance du
i^"". vol. du Prodromus du meme auteur, dont I'ensemble nous
dedommagera un peu de I'interruption de son Species.
M. Trattinnik forma en 1817 le projet d'cnlrcprendre ce tra-
vail , et fit {Gaz. inetl. chir. de Saltzbourg ) un appcl a tous les bo-
tanlstes, en les priant de lui conimuniqucr leurs decouvcrtes.
BeancDup d'obstacles, que Ton concoit, s'opposaient au succes
de ce projet, sans parler de I'incertitude du debit de I'ouvrage ,
en raison de la quantite des volumes , dont chacun nc devait con-
tenir que 2 ou 3oo especes.
M. Steudel rappelle aussi la proposition de M. Poiret [Enc.
meth. Bat., suppl. , t. 1 , p. 8), et expose son pi-opre projet, qui
consiste a former une union de tous les holanistes du rnonde , el
par ce nioyen, un tribunal hotanique.
Voici les principales idees de son plan :
i". II s'clablira des relations constantes et plus intinies cnlrc
toutes les Societes de botanique et tous les botanistos; Ic siege
central de I'union pourra etre place dans la ville qui offrira le
plus de ressources dans ce genre.
3.". II sera forme, au chef-lieu de I'union, un herhier normal
general. II en sera forme , autant que possible, un sur le meme
modele dans cliaque Societe.
V\ L'union composcr.i sur I'herbier normal un Systerna cege-
tabiliutn.
1°. Aucun ouvrage de botanique ne sera cite, aucune plantc ne
sera regardee comme rile cogiula , sans avoir etc, I'un approuve ,
I'antrc reconnue par I'union.
5". L'union fera publicr un journal general dc botanique.
Ce projet fait honneur aux sentimcns de M. Stendel. II n'a dans
les calculs oublie qu'unc chose : les petites passions humaincs ,
(pii reussiraicnt pcut-etre a sc glisser meme dans le ca-ur des bo-
lanislcs. ^^' ^ •
4a5. MagaziN nr.s Aksthetischkn Hotanik., etc. Magasin de
botanique csthelique. Icones el descripliones planUuuni eul~
Botaniqiie. 3^9
tnrum et colemlnriim ndditd colcndi ratio nc , par H. C L,
Reichf.nbach. In-/|. Fasc, i , 2 , 3 et 4- Leipzick ; 1821.
Get ouvrage , destine a faire connattrc par des descriptions
el des figures lesplantes rares cultivees dans lesjardins de I'Eii-
rope, se public par fascicules dont les 4 i*"^*- ont deja paru et
contiennent les plantes dont nous allons donner une enumera-
tion abregee. i*^*^. Fasc. Tab. \. Dracocephalum argiinense Fisch.,
phmte originaire de Siberia, qui a beancoup de rapports avec le
D. Ruyschiana L. Tab. 1. Mioporum oppositifoliuin et M. par-
vifolhun. Brown. Tab. 3. Gloxinia maculata de Reiclienbacli ,
espece nouvelle ainsi caraclerisee : G. Caiilc foliis peduncu-
Usque glabris. Tab. 4- Gloxinia speciosa Edw. Bot. reg:, tres-belie
plante vcnant de TAmerique raeridionale, qui a etc confondue
dans les catalogues des jardins, sous les noips de G.Jorinosa,
superba, longijlora, Elle se multiplie comme le Brjophyllum,
au moyen de ses feuilles placees en terre. Tab. 5. Lychnis fulgens
Fischer. Voisine du L. Chalcedonica et, comme dans cette espece,
ayant une coroUe du plus bel ecarlate. M. Reichenbach , pour
les distinguer, a donne de nouvelles phrases specifiques. Tab. 6.
Bauera Rubi(efolia.
%". Fascicule. Tab. 7. Cactus speciosus Reichenbach , dont
void le caractere : C. ercclus quadrangularis , angulis obtusa-
tis dentatis, spinis verrucarum squarnaruinque calycis rigid is pun-
gentibus. Tab. 8. f . i . Melaleuca parvijlora H. Berol., qui se
distingue du M. thymifoUa de Smith , avec lequel on I'a con-
fondu, par ses feuilles plus aigucs et presque sans ncrvure. Id. ,
f. 1. Melaleuca pulchcUa. Brown. Tab. 9, f. i et 2. Calothatnnus
quadrifida, et C. f'illosa Brown. Tab. 10. Hallia imbricata Pers.
Tab. II. Chorizema nana de Sims. Bot. Mag. ou Pulteniea nana
d' Andrews. Tab. 12. Acacia decipiens et A. Bijlora. Brown.
Fasc. 3. Tab. i3. Aponogeton distachyon.yif iWA. Tab. 1 4. Pelio-
santhes teta Brown. Plante des Indes orientales, conslituant un
genre nouveau del'hcxandrie monogynie et de la famillc des As-
pargees. Tab. i5. Gazania pavonia Andr. Plante vivace du cap
de Bonne-Esperance, qui diffcre par son calice monophylie du
Gortcria rigens , auquel clle ressemble d'aillcnrs beaucoup.
Tab. i6. Tcvdia lucida Rudolph. Tab. 17. Tristania neriifolin
Reich, ou Melaleuca neriifolia de Sims. Tab. 18. Sietvartia pen-
tagyna. Willd.
55o BoUuiKjue.
Fascicul. /f. T. 19. F. i et ?. Edwnrsia tetrnptera Ot E. inicro-
phylla , qui elaient r.-i])portc's iiu genre Soj)hora par Willdenow
et Persoon. Tab. 20. l.iij>iniis v(uicf;atuii. Eiicycl. , ou L. Noot-
katensis Sims. , espece de la Nouvelle-Hollaniic. Tab. 21. Lipa-
ria hirsuta "\Yilld.' Tab. 11. Justicia hlcolor Sims. 23. Eahca
pugioniformis ( avanllles et M. acicularis Brown.
Les descriptions de ces plantrs et leur synonymic sont engeni--
ral assez bien faites et presentent une critique juste et remplie
dVrudition. On dcsirerait que les details relatifs a la culture f'us-
sent moins abreges.
L'cxecution des gravures, et leurs enluminures surlout , sont
loin d'etre faites avec la perfection (pi'exigent ces sortes d'ouvra-
ges; les deux Gloxinia, par exemple, sont assez mal represen-
tees pour etre a peine reconnaissables. ( G... N. )
426. Exotic flora, etc., hy^N. .T. Hooker. Part. vii. Fcvricr
1824. ( Foyez le n". 208 du Bulletin de fevrier. )
Cet ouvrage continue a paraitre par numeros mensucls an lieu
de se publier tons les trols mois comme I'anncc preccdente.
Cbaquc numero renferine six planches , celui dc fevrier ronlieiit.
les especes suivantes :
85. Monotropa iiniflora. Mich.
8G. Schizanthus porri^ens. Pediccllis fructus patcntibns disti-
chis rectiuscuUs ; corollae labio inferiorc pallide purpureo. Gra-
ham. Mss.
Cette plante decouverte au Chili par M. Graham differc du
Schizanthus ]>innatu.i de Pavon et Ruiz, deja figure dans V Exotic
flora par ses pedicelles qui restent droits et dcsseches a I'epoque
de la maturation des fruits, tandis que dans le Sc/i. pinnatus ils
sont diriges tous du miime cote et recourbes en crochet au som-
met. La plante figuree dans le Bat. n-g., n<>. 72^ , parait appar-
tenlr au S'/i. porrigens et non au ScJu pinnatus.
87. Halccnasia hlcpliariglottis. Radiclbus fasciculalis, labello
lanceolalo ciliato longltudiue pctalL supremi, cornu longlsslmo
genuine paululum breviore.
Orchis hlephariglottis Willd.
88. Putcntilla ucpalensis. Caule crecto multifloro, foliis qui-
natis caullnls ternis, foliolis obovato-lanceolatls; acute serratis
sericeo- pilosis, sllpulis ovatis , j)etalis rubicundis obcordalls
<alyf:c longloribus.
Botanique. 55 1
Cptle planle cnvoycc du Nepal par M. AValiioh est trcs-remar-
quable par ses flciiis rouc;es.
89. Begonia picta. vSiiiith.
Des analyses plus ou moins detailk-es arconipagnent Ifs figures
de cos diverses plantes ; on remarque surtout dans ce cacliier celle
du Schizanthus porrigens. A. Bk.
427. SylLOGE PLANTARUM NOVAROM VEL minus COO'lTAKUM.
Cet ouvrage est , comme son litre I'indiqiie, un recueil de
descriptions de plantes ou tout-a fait noiivelles, ou dont la con-
naissance iniparfaite necessitait une revision. Elles etaient con-
signees dans la Gazette botanique de Ratisbonne, et le Sylloge en
est I'assemblage tire a part. Plusieurs botanistes, la plupart alle-
iTiands, ont concouru a sa redaction. II est a regretter que leurs
observations ne soienl pas rangees suivant un ordre metliodique
quelconque; elles risqneraient beaucoup moins d'ecliapper a
I'atlention dcs botanistes. A I'exception d'une seule plancherepre-
sentant deux cliaiupignons nouveaux et ies details de leur strue-
tui'e, I'abseuce des figures se fait trop sentir dans cet ouvrage;
car on convient generalement que celles-ci en disentplus aux na-
turalistcs, relalivement aux especes, que Ies descriptions Ies inieux
faites et Ies plus detaillees. S'il nous est impossible de presenter
meme une simple liste des plantes nouvelles , tant celles-ci sont
nombreuses , nous essayerons du moins de donner une idee ge-
nerale, s r la maniere dont I'ouvrage est redige , puis nous ci-
terons ce qui nous y a semblo de plus remarquable.
Dans cliaque description , I'exposition des caracteres y est tra-
c^e avec details, la synonymic etablie quand il s'agit d'espec'es
doutcuses, et la critique eclairee par dcs comparaisons avec Ies
plantes voisines, et par Ies differences qui existent entre elles.
M. Nees «i'Esenbeck dt'crit une nouvelle espece du genre
Lcptochloa de Beauvois, qu'il nomnie L. procera , et cette
])lante lui fournit I'occasion de rectifier Ies caracteres generiques.
Plusieurs especes nouvelles , la plupart rapport ees d'Amerique
])ar M. Berlero, et du Levant par M. Sieber , sont decrites par
M. Schultes. Le profcsseur West fait connaiire deux plantes de
la Styrie, sous Ics noras d' .■hu/ieinis Slyriaca et de Cjtisus virga-
tus. Les differences qui caracterisent Ics Th/aspi wonlanuui , Ii.
7". /jrrtvo.r Wolf . et T. alpinuin .Tacq., soul demon trees par IW. le
35^ Bota7iique.
D*. Koch. M. Reichenbach public un conspeclns des especes dil
genre Myosotis, indigenes dc rAllemaf;ne ; elles sont an nombre de
1 5 sans y romprendre les Echinosperinum. Lappuhi , E. squn-
mosuin et E. dejlcxum qui en faisaient pnrtie. M. Sclirank donne
les caracteres de 4 nouveaux genres qu'il noninie Hypolkonia ,
Brehmia, Amphihecis et Flngalia. Les especes a I'aide desquelles
ces genres ont ete formes sont des plantes du Bresll represen-
tees par M. Martins. Deux d'entre elles, Amphibecis violaccact
Fingalia hcxagona , ont ete cultivees en Europe par I'auteur,
qui en donne une description.
Six plantes nouvelles de Java sont decrites par M. Necs d'E-
senbeck. Cc sont 2 especes de Casses , un Deliina un Hibiscus et
le Reinwardtia, nouveau genre de la monadelpliie polyandrie et
que I'auteur rapporte aux tiliacees. Une lettre du professeur Wall-
rotli , renf'erme la monographic des 8 especes du genre Malva,
qui croissenl naturelleraent en Allemagne. Les genres suivans ,
de la famille des Scitaminees , sont reforraes par M. Schrank ; ce
sont les Carina, Ainomurn , Ceratanthcra , Zerumbet , Brcvius ,
Kcempferia et Phryniutn. Le Sjllogc plantarum renferme en ou-
tre les descriptions d'uiie grande quantito d'especes par MM.
Sternberg , Lang , Braun, West, Gay, Sclirank, etc., mais dont
nous ne pouvons pas meme indiquer les denominations^ vu leur
grand nombre et le defaut absolu d'ordre suivant lequel elles se
presentent a la lecture. On y trouve aussi des extraits des mc-
moires publics soit dans des collections de memoircs, soit dans
des journaux scientifiques , tels que les notices de M. Moretti,
sur les plantes rarcs de I'ltalie , les nouveaux genres et especes de
M. Liedley, etc.
Plusleurs memoires iniportans de cryptogamie sont contenus
dans I'ouvrage que nous annonoons. M. Ilornsclmch etablit parmi
les mousses un nouveau genre sous le nom de Ftychostonium ,
dont il dccrit 3 especes. M. Wees d'Esenbeck a revu les Jimgcr-
mannia d' Allemagne publlecs, par M. Funck et y a ajoutti plu-
sleurs especes. Le baron Bivona constitue, sous le nom dcAVvV/rt^rt,
un nouveau genre d'algues marines, volsin ^u. Spoiigoduim de
Lamouroux. Enfin M. Eschweilcr donne les descriptions de
G cryptogamcs du Bresil. Quclques-unes ont ete trouvees sur des
feuillcs de plantes dans I'licrbier du prince de Neuwied. L'auteur
en Ibrme les nouveaux genres Acropliyton , Gliotrichuin et Ha-
plotriclniin. Chacuu d'eux nc conticitt qu'une sculccspece, savoir :
Botnnique. 355
K Acrophyton Principis , le Gliotrichuin Casselix ct X Haplotri-
churn caiididum. Les deux premieres sonL" accompagn^cs d'une
gravure sur culvre. Les autres cryptogames sont V Aspergillus
glaucus de Linck, V Acladium siinplicissiiniiin Nov.Sp., el le Jun-
gcnnania transvcrsalis de Swarlz. J. A . Guillemin.
428.CLAVIS REM HERBARIAM ADniSCENDI, ABSQUE PR^CEPTORE,
etc. iii-8". pars 2'. 3. lire. Pavia ; i8ct3 ; Fusi e comp.
429. Note sur une grappe de raisin developpec sans ancunc trace
de feuilles, nu milieu d'un tronc de vigne. ( Journ. de Phys. ^
Cliimie , etc. Octobre 1822 , p. 32o. )
M. d'Hombres Firinas , dans un des cahiers du tome precedent,
a rapporte I'observation curieuse d'un thyrse dc lilas, developpc
en sortant de lerre, conime s'il y avail ete plante artificielle-
ment (i). L'observation que nous signalons a quelque analogie
avec elle. Un pied de vigne assez considerable, de presde 3 pouces
de diamelre sur au moins 3 ou 4 pieds de hauteur avanl ses rami-
fications, a pousse, dans le milieu de son etendue, une grappe
<le raisin assez forle, sans qu'il y eut aucune trace de feuilles a
soil origine. Cette grappe a muri assez dif'ficilement. Au moisd'oc-
tobre elle n'etait pas encore mure, quoique cette annee, enNor-
mandie , a quelques lieues de Dieppe, ou ce fait a ete observe,
le raisin ait muri completement el de bonne heure. II est vrai que
toutes les branches de celte vigne avaient ete entiercuient pri-
vees de leurs feuilles, par la voracite des rats, qui out pullule,
ainsi que les mulcts, d'une maniere desolanle, cette onnee, en
Normandie comme dans tout le reste de la France, probable-
ment a cause de la douceur de I'hiver.
43o. Systematische Bi'.schreibu?«^g der Kernobstsorten. Des-
cription systeraatique des difrerentes sortes de fruits anoyaux,
par F. A. Diel. in-8°. avec fig. torn. 11. Prix : 2 f. 12 kr.
Stuttg.'ird; i823;Cotta.
43 I. HiSTOIRE DES DKVErOPPEMENS DE QUELQUES GEMMES BULBI-
feres, el principalciiienl de ccUes du Colchique, par M. de
Tristan. ( Mem. du Mus. r823, to. X, p. 36, avec 3 pi. )
Si parmi nous les sciences sont ctudices dans un mcilleur es-
prit peul-etre que chcz plusieurs aulres peuples, il faut conve-
(i) Puisquc nous avons roccasion de citer ce fait, nous en prolilc-
rons pour diro que les termes de la lettredeM. D'!lonil)ics oot rapiiurt
•I r('po({',i(! d'avril :,Sn :i lujiiellc il c'crivait. R.
B. Tome I. a3
554 Botnnique.
nil" qu'elles y sont I'apannge d'nn nombro <1(^ porsoiinps beau-
coup inoins considerable. Ainsi, tandis qu'cn Alleinagnc , les
homines des classes les plus efevees s'lionorent de cultivor les
sciences, et excitent chez la jeunesse une noble emulation; trop
souvent, parrai nous, les connaissances les plus utiles sont de-
daignees par ceux-la meme qui profitent le plus deleurs rcsul-
tafs. Si les grands proprictaires, qui ont tant de loisir, en consa-
craient une parlie a I'etude des sciences , nous osons lour garan-
tir qu'ils ajoutcraient a leur bonheur, et I'on pourrait esperer
d'hommcs indopendans et ef rangers aux speculations de la llbrai-
rie, un grand nombre d'observations faites en conscience. L'au-
teur du memoire que nous annoncons est un heureux exemple
de cc que nous avancons ici. Au milieu des jouissances que pro-
curent Testime publique, un rang honorable , une fortune hon-
nete, il a souvent repete que la culture des sciences lui avait
procure les plus doux instans ; et les nraatcurs de Thistoire nalu-
relle lui sont redevables de plusieurs bons meraoires, tels que
les affiniu'-s du genre reseda , cclui sur le di\'cloppcment des bour-
geons , une dissertation sur les feu'dles des Pins , etc. Dans son
nouveau travail, M. de Tristan s'est propose pour objet principal
de faire connaitre les developpemens sncccssifs de la bulbeduro/-
chique. Tout le monde se rappelle avcc quelle elegance et quelle
precision, M. de Jussieu a presento, dans son Geneia,V\i\s\.oivG de
cette plante; cependant il etait permis encore de desirer quel-
ques details de plus. M. de Tristan a suivi la bulbe du colchique
a toutes les epoquesdeson existence, et par des figures dcssinces
avec le plus grand soin, il reproduit aux yeux des Icctcurs les di-
vers changemens qu'eprouvc cette bulbe dans le eours de sa du-
ree. L'hlstoire des bulbes d^eV Orchis maculata,de V Orchis morio,
et de Y Allium vineale suit celle du colchicuin ; et I'auleur ter-
mine son travail par une comparaison des gemmes qu'il a decri-
les, avec les diverses series d'embryons monocotyledons distln-
gues par Richard. Aug. de Saint-Hilaire.
432.PLANTES UELA France, ou naturalisecs ct cultivccs en France,
decrltes et peintes d'apres nature par M. Jaume Saint-Hi-
lAiRE. Paris, 20 novembre iSaS.
Cet ouvrage, commence en i8o5, est termine. On imprime la
derniere livraison,qui sera suivie de la liste generalc des sous-
cripteurs ct de la table des niafieres. II offre une collection de
lO portraits lithographies et do looo planches gravees avcc soin
Botanique. 555
hnprimees fn coiileiir ct rototirhees au pinceau. Le texte qui les
accompagne, imprimc par MM. Didot , contient les noras fran-
cnis et etrangers, la description , I'histoire , la culture et les usages
d'environ iioo especes de plantes herbacees, d'arbrisseaux , ou
de grands arbres indigenes ou naturalises sur le sol francais,
Cette collection est sans contredit la plus nombreuse et la plus
complete que nous possedions en France; elle forme lo vol. gr.
in-8°. en papier jcsus d'Auvergne, et in-4o en papier velin sa-
line. Le texte est sans pagination ; et chaque genre de plantes
forme un article separe, de telle sorte qu'on peut disposer les
planches de cette collection suivant la methodc de Tournefort,
le sysfeme de Linne,les fiirailles naturelles d'Adanson, ou enfin
par ordre alpliabetique. Les dix volumes sont ornes de dlx por-
traits de Francais qui ont public de bons ouvrages sur la bota-
nique ou sur la physique vegetale, tels que Tournefort, Adanson,
Duhamel , Desfontaines , Tliouin, Lamarck, etc.
Conditions et prix.
1°. Le 25 decembre dernier, la llste generate des souscrip-
leursa etc ferinee et imprimee. Elle lermine I'ouvrage.
2°. IjCs livraisons, soit de la premiere, soit de la seconde
parlie, prises separement une a une ou plusieurs ensemble, sont
du prix de 8 fr. chaque, pour I'exemplaire gr. in-S". , et du
prix de i5 fr. pour I'exemplaire in-4°. papier velin satine.
3°. La collection complete, formant lo vol. et contenant looo
pi. en couleur et lo portraits en noir, sur papier d'Auvergne
gr. in-8°., estdu prix de 5oo fr.
Et sur papier velin satine, in-4o, de goo fr.
Les personnes qui desirent acquerir cet ouvrage et ne pas
payer de suite la totalitc du prix , obtiendront toutcs les facilites
possibles en s'adressant a I'auteur.
Les iettres et I'envoi d'argent devront ctre affranchis. Paris*
chez I'auteur, rue de Furstemberg,n°. 3, abbaye Saint-Germain.
433. Flore des departemens meridionaux de la France, kt
PRiNciPALEMENT DE Tarn-et-Garonne , etc.; par M. Baron.
I vol. in-8" de 4(>8 pages. Montauban ; i823; Croisilhe
(Voyez le n° 8o du Bulletin de Janvier dernier.)
On considcre asscz generalement une Flore comme un llvre
d'une execution facile; mais il s'en faut bien qu'il en soit ainsi
et cette assertion n'est que trop demontree par le petit nombre
5 Iu>/ant(iue.
il'ouvrages de ce genro que I'on prut citer comme module. Pour
faire uiic bonne Flore , il faut avoir parcouru mille lois le pays
dont on vent faire connaitre la vegetation; il faut non-seulcn\ent
avoir etudie les piantes de ce pays, niais bcaucoup d'aulres en-
core; il faut avoir vn un grand nombre d'cihantillons authen-
tiques, avoir consultc beancoup de livrcs; il faut posseder I'ha-
bitude penible de discuter la syiionymie; avoir acquis ce tact de-
licat qui fait dlslinguer les especes d'avec les varletes; enfin savoir
decrire avec assez d'exactitudc pour faire reconnaitre sans peine
a celui qui herborise les piantes qu'il rencontre sous ses pas.
Ce dernier genre de talent distingue principalemcnt I'auteur
du livre que nous annoncons. Ses descriptions ont pcu d'e ten-
due ; mais pourlant elles sont assez longues pour faire distin-
guer facilement les especes que I'auteur veut faire connaitre.
Son style est clair; 11 a toute I'olegance que cotnporte le genre,
et n'offre aucunc trace de ce neologisme qu'on doit cviter avec
d'autant plus de soin dans une Flore particuliei-e, que cette sorte
d'oiivrage est principalemcnt destinee a ceux qui, sans vouloir
approfondir la science, sout bien aises d'ajouter un cbarme de
plus a leurs promenades.
II aurait ete a desirer que I'auteur eut donne le meme soin a la
synonymic qu'a ses descriptions. Sans doute 11 n'est pas necessaire
qu'un floriste indlque une longue suite de synonymes, mais il
fautau moins quil cite Tauteur dont il adopte le nom, et i|
rend a la science un veritable service quaud a ce nom, il joint
encore les citations dcs autres floristes cpii ont traite les piantes
des memes pays que lui. Ainsi nous aurions vu avec plaisir que,
surlout pour les especes rares ou douteuses, M. Baron evit cite
Gerard , Gouan , Picot Lapeyrouse, etc., et principalemcnt Ga-
tereau qui, comme I'auteur, s'etolt speclalement occupe des
piantes de Montauban.
Nous croyons encore que I'auteur se seralt rendu plus utile,
s'il avait indlque les lleux ou se Irouvent les piantes qui ne sont
pas tres-communes. Les Flores particulieres oil Ton suit une
nietliodc devicnnent , pour ceux qui iierborisent , un guide qui
mcna<'C leur temps et leur epargiie beaucoup de pelries inuliies.
Les especes que M. Baron veut faire connaitre sont rangces
dans son livre d'apres le systeme de Linne, ct c'cst peut-tHie ec-
lul qu'il faut prefcrer quand on se propose principaleinoni u<'
conduire Ic Iccicnr au nom des especes qu'il rencontre.
i
Botanique. 557
M. }3iiron indique le:i planles (]ui croisst-nf i;eiier;ilo)U('rit ilaiis
les deparlemeris du iiiidi de la France; mais lo litre de son livie
nous faisait croil'e qu'il y aurail compiis les espcces des Pyre-
nees , et nous avons. eprouvc quelquc surprise en voyant qu'il
ii'en fait aucune mention.
La Flore des dcparlemens meridionaux est precedee de j)riii-
cipcseleraentaires qui ont pen d'etendue,inius sont reniarquables
par leur clarte. Nous avons cependant etc ficlies d'y trouver
ciuehjues proi)ositions aussi peu d'accord avec les j-rogres de la
botanique que le sont les suivantes : Tontes les plantcs n'ontpas
depericatpe. L'enibryon est la me me chose que le germe ou I'o-
vaire. Toutes les seinences ont itnc enveloppe seche , et cctte eii-
veioppe est tapissee d'autres membranes plus deliees , etc.
Un diclionnaire dts termes botaniques termine I'ouvrage et
sera lort utile aux comniencans. Nous n'omettrons pas non jilus
de parler de la table, ou I'auteur a eu Tattention d'in.lif|ucr 1< s
noms vulgaircs , ce qui peut qnclquel'ois etre, pour celui qui
herborise, d'une utilile extreme. En nn mot , les habitans du dc-
partement de Tarn-ct-Garonne quiaiment la bolaniquenepour-
ront guere se passer du livre de fll. Daron, ct il lui sera facile
d'en faire disparailre , a une seconde edition , les legeres laclies
<|ul lui ont ecliappe a la premiere. Aug. de St-Hij.
/|34. Plantes phanerogames uxj Rheiis'thal et des montagnes
QUI LE BORNENT , cbsei'vees en 1816, 1818 ct 1819 , par le D'.
Custer. [Neue Alpina , i**^. vol., p. 7'2.)
Le Piheinlhal, vallee situee, coitime on s.dt , au-ilessus du iao
de Constance, et traversee j)ar Ic Riiiu dans sa longueur, ])reseiite
dans sa vegetation quelques particularitcs qui mcritent d'etre
remarquees.
Les mai'ais , qui , il y a 1 5o ans , couvraient les \ de celle vallee ,
el qui en oceupent encore une grande partie, offrent lesnieraes
planles que les collines et les parties inferieures des montagnes
qui la boi'nent , et d'oii elle a recu sa vegetation , apres la retraile
du lac de Constance, qui la couvraita une epoque tres-reculee.
Malgre les progres de la culture, ])rincipalenient sur la rive gau-
che du llliin , nialgro la largeur el la j)rofondeur de la vallee,
ainsi que levoisinage du lac deConstance, les pUintcv aivenses et
campeslres y sont encore en plus petit nombre que les plaiiliv
prateitses ei palustres monliincc. Ainsi, (luoiijuu la clialeur y soit
558 Botanique.
assez forte pour que le mais et la vigne y r/'ussis^cntparfailement,
les genres £';o(//M/n, Aljssum, Holosteum, Lycopsis , Anchiisa,
Onopordum , Marruhiiim , Mercurialis {annua), etc , y manquent
eucore; et le Lamiurn amplexicaiile , les Spcrgula, Anthctnis et
Aphanes y soiit tres-rares.
M. C. dome un catalogue de 974 plantes, nombre fort consi-
derable pour un aussi petit espace, et qui ne commence qu'aux
fougeres. II y joint la lisle de 48 especes ou varietes d'arbres ou
plantes cultlvcs.
Le but principal de I'auteur ayant ete, comme il Tannonce
lui-meme, de fournir quelqiies raatcriaux pour la £;eograpliic des
plantes, il est a regrelter qu'il n'ait indique les Habitat que d'une
maniere gencrale, et qu'il ait trop neglige I'exposltion et la hau-
teur. Voici les seules indications imporlantes sous ce rapport :
Uorge se cultive jusqu'a 3ooo p. et au-dessus, le Mais \nsqa a
800, le Nojer et la vigne jusqu'a looy; le Seigle est rare, le
Triticurn sativum plus rare encore; le T. Spelta est, apres le
Ma'is , la cereale la plus commune. Parmi les conifei'es , le Pinits
Abies est le plus abondant, le Pirais inontana s'eleve le plus liaut,
et le Mcleze manque dans la region alpine; le Hetre , jadis tres-
commun, est devenu rare. La region du Chdlaignicr n'est pas
indiquee. D. U.
435. Enumeratio plantarum in Hu.ngaria sponte nascentium,
quas in usum botunicorum legit Adolphus Franciscus Lang,
phariuacia; magister. {Isis von Oken., 1824, p. 161.)
C'est un catalogue d'environ 900 plantes que M. L. propose
d'echanger pour des plantes d'autres pays qu'il designcrait lui-
meme , ou de ceder au prix de 8 fl. du Rhin par centaine, le port
non compris.
II ])ropose aux memes conditions des insectes, ainsi que des
coquilles terrestres et fluviatiles de Ilongrie. D. U.
336. Pi. ANTES du dernier cvhier de la Flora Danicx , par M.
Hornemann. {Oversigt over (let hong. Danshe vidcnsh. sehhabs
forhandlinger. Copenhague; iSiS.)
Le j)rofcssenr et chevalier Hornemann, qui a continue ce grand
ouvragede botani(]ue, a communique a la Societe royale de Co-
penhague des notes snr les plantes dessinees dans le dernier ca-
liier qui terminele lo'^. volumeet qui contient les planches 1741 a
1800, jircsenlant re qu'il y a de phis rcMiarcfuiible sous le rap-
Boianique. 35q
I>oil des especcs, de hx cioissante, de rorgunisation et de la pro-
pagation geographiqiie. Celles qui offreiit le plus d'interet dans ce
cahier sont venues du Lauenbourg, du Holstein, de I'lslande et
du Groenhind. Le Scirpus radicaiis diff'ere des autres graininees
par la nianiere dont il se prcpage. C'est en baissant ses pointes
vers la terre, qu'il y produil de nouvelies plantes. A Te^ard du
Scirpus trigonus Roth , I'auleur expose les raisons qui font croire
que c'est une espece parliculiere. La Lccrsia o/jzocdes annonce
deja pur sa couleur fonc^e, son origine etrangere; elle n'a pas en-
core assez subi I'influcnce du sol pour perdre la vivacltc de teinte
quelle a en Amerique. Elle croit partout spontanement dans le
Ilolstein. Uls/zarJia paluit/u- ne s'avance pas vers le nord au de!a
du mdieu de ce duclie; encore y est-elle moiiis developpee que sur
la hslerc nieridionaJe du menie pays. M. Horncniann a donnc dans
ce cahier deux especes du genre Potamogeton, et trols onibclliferes
qui ne croissent point en Danemarck, savoir Atamnntha oreose-
nriiiin, Siiunfalcaria , et Laserpilium prutenkum. Leineme cahier
renferine plusieurs cryplogames, entre autres quelques especes
de Jungcrmaiviia qui ont etc trouvees en Isl.inde. D-g.
437. FORSOEG TIL EN UANSK. OECONOMISK. - PI.AKTEL^RE. Essa'
d'une botaniqueecononiiquc danoise, par J. "W. IIornemann,
professeur de botanique. 3". edition, tres-augmentee. 66 f.
plus 2 planches. Copenhague; 1821.
438. Flora ticinensis, seu enumeratio plantarura quas in pe-
regrinationibus multiplicibus , plures per annos solertissinie
HI papiensi agro pcractis observarunt et collegerunt Dom.
NoccACt J.-B. Balbis. a vol.in-4. Prix : 18 lire. Pavia ; 1823 ;
Capelli.
439. Flore lihyca: SPECIMEN J seu planlarum species in Cyre-
naica , Pentapoli , Magna- Syrteos deserto , et regione Trijjo-
hlana lectx , ([uas ex siccis s])eciininibus descripsit , et aere
insculpi curavit professor D. Viviani.
L'ouvragc que nous annoncons est dej.i sous presse. Son
objet est de donner une description des plantes dernicre-
nient decouvertes dans cctte partic de I'ACritiue qu'on ;q>..
pelait ancienncnient Libye. Lc D''. Dellacclla ayant le pre-
mier d'entreles Europeens, traverse la grande Syrtc , toute la
ijntuiifpie et rc/Uapolis, a son retour donna loutcs les plantes
recucillies dans CCS conlrtcs incoiinues, au Prof. T'ivUini, qui,
5 DO Doktnique.
avec beaucoup de soin ct de travail, les a arraniijees ct decriles^
en laisant connaitre Ics esptccs nouvellcs , et colles qui nVtriient
pas suifisammenl dislincles. Le nonibre dcs nouvelles s'elcve a 76,
dontdiacnnecstfigureedans les 27 planches jolntesa cetouvragc.
Entre ces plantes libyqucs , il y en a plusieiiis qui sont coni-
jnunes aux cotes marilimes de I'llalie nieiidioiiale ; c'est ])oui-
(\uo\\a Flora libyca doit eire bien intcressantepourceux quis'oc-
cupent de la bolanique des plantes italicnnes. L'aufeur , dans sa
preface, donne des details surles relations geograpLiques entre
les diverses families de plantes indigenes des cotes opposees de
la Mediterranee.
Cet ouvrage est ecrit en latin et imprimc sur papier fin in-fol.
Le prix est de 20 fr. pour les souscripteurs a\ant la publication,
de 24 fr. apres la publication. On j)aiera en reccvaiit I'ouMage.
Les lettres avec I'ordre de paiement doivcnt etre affranchies.
Genes; cliez Pagano. Moscati.
4/1O. Synopsis plantakijm quas in itincre ad plagam aequinoxia-
lem orbis novi coUcgeiunt Al. de Humboldt et Am. Bon-
PLAND. Auc. Car. Sic. Kunth. Touj. 2. Paris ; 1 823 ; Levrault.
En annoncant le premier volume de cet ouvrage, nous en
avons fait connaitre le plan, el tons les botanistes out dusenlir
son importance : reunir en un petit nombre de volumes la des-
cription des especes nonibreuses de plantes rapj)ortees par
MM. de Humboldt et Bonpland , ct mettre ainsi a la porlee de
tous les botanistes les resultats de ce voyage important, c'elait
rendre un vrai service a la science.
Le second volume comprend dcj)uis les Amarantliacccs jus-
qu'a la fin des Composces. Les Rubiacees, qui dans les IS ova ^c-
7?era,etaient places a la suite dcs Apocynces, ontete rcportes par
I'auteur apres les Composces dans I'ordre admis par M. de Jussien.
La perfection avec laciuelle ces memes objels ont dcja tie
publics dans les Hovn genera et sjjccic.s pUintaruTn du menie
auteur ne nous permet'pas d'entrcr dans aucun detail sur les
objets que renfermc ce volume et que les botanistes connaissent
depuis plusieurs annees ])ar la jmblication du grand ouvrage
de M. Kunth.
Le troisieme volume du .Synopsis de M. Kunth vient de pa-
raitre; il renfermc jusqu'a la fauiille ties llosacces ct se trouve
par consequent arrive auniemcpoinlque les ISova genera. A. Br.
Botani(jiic. 56 1
441. MucuETOLOCiA , sive laccolta di funghi in rilivK'n tie
granclezza naturnle imitati in cera. Collection de chainj)!-
giions en relief, de grandeur naturelle, imitcs en cire, par
Ign. PiZZAGALM.
Celte collection sera coniposee de 1 5o especes de champi-
gnons. Cliaque champignon portera un numero qui correspon-
dra a un catalogue contenant les noms en ifalien, en latin el on
francais. La collection cntlere n'e\cedera pas le prix de i5olire.
On souscrit a Milan, chez I'auteur, sul Corso di porta orien-
tale, al Civico, n°. G53, Vicino al Pontc.
44'^- LlCHENES HELVETICI EXSICCATl , faSC. I IV , Ct LlCHENUM
HELVETicoRUM Spicilegium. Scct. I , Llch. cxsic. Fasc. 1 — 4
iilustrans; Auctore Lud. Eman. Schoerer. Beinie ; 1823.
L'utilite des collections dessechees pour I'elude de la crypto-
gamie est generalement reconnue , mais la famille des lichens est
peut-etre celle qui reclame le pins ce secours. Les formes et les
couleurs varices de ces plantes sont tres-difficiles a bien decrire,
et jusqu'a present il n'y a qu'un tres-petit nombre d'cspeces qui
Solent bien figurecs.
L'ouvrage que nous annoncons pent done eire d'une grando
utllite pour la determination des especes de cette famille , d'au-
lant plus que la Suisse est un des pays les plus riches en lichens ,
a cause de la variete de ses sites, des roches qui composent scs
montagnes et des forets qui les couvrent.
Les quatre fascicules de cet ouvrage qui ont pain renfernient
lOO echantillons et 5i especes, I'auteur ayant donne un grand
nombre de varietes des Cladonia pyxidata , digitata , filifonnis ,
gracilis , et de quelques aulres especes polymorplies. On doit
remarquer parmi ces lichens 8 especes de Calycium , genre que
sa jielitesse fait souvent cchapper aux recherches des botaniste* ,
plusieurs especes al[)ines de Pcltigera , de Cladonia et de Cctra-
ria, et un assez grand nombre d'Opegraphes. Les relations de
I'auteur avcc M. Dufour lui ont permis de fixer avec exactitude
la synonymic des especes de ce genre decrites par ce botanlste,
et I'ont mis a portee de profiler de scs observations.
Les echantillons sont en general choisis et prepares avec soin
et les determinations paraissent tres-exactes ; le spicilegium qui
accom])agne ces quatre fascicules et dans lequel I'auteur decrit
les especes renCermees dans ces fascicules, alteste I'altention
562 Botaniiine.
scriipuleuse que I'autcur a inise a discuieila synoriyiiiie en geiit-
rul tres-erabronillee de ccs cryptogjimcs. Les nioyeiis qii'il a eus a
sa disposition parai.ssent I'avoir mis a meiiie de le faire avcc suc-
c-cs; les descriptions qu'il domic de ces espcces et des vaiictes,
sont claires et concises.
Aucuue des especes contenucs dans ces fascicules ne sont nou-
vclles, et I'on doit en savoir grc a I'auteur, car cette faniille a deja
etc telleiuent etudiee sous le point de vue de la distinction des
especes par Acharius, I'la'rkc, etc., qua moins de regarder
coinme especes de legeres vnrietes, il serait bien difficile de trou-
ver des especes nouvelles de lichens en Suisse. M. ScLcerer a an
contraire souventreuni, coinme de simples varietes, des planles
que les auteurs que nous venons de citer avaient considerees
comme des especes. On pent en voir plusieurs exeuiplus dans les
genres Cladonia et Opegrapha. Ad. B.
443. Observations sua i.es genres Phaseolus el Dolichos; par
Savi. ( Nuovo giorn. de' Lett. , dec. 1 822 , p. ?>o\.)
L'inconstancedes caracteres assignes aux genres P/uiscolus et
Dolichos de Linne, et la difficulte de bien distinguer leurs es-
peces, ont engage M. le prof. Savi a en donner, sinon une mo-
nographie, du moins quelques observations exactes qui puissent
eclaircirlcur liistoire.Ilremarquc,par exeniple,qucdansplusienrs
especes de phaseolus , la carene, les etamines et le style ne sont
pas contourncs en spirale, coninie Ic caracleie dome par I.inne
et Jussieurindifjue ; niais que les organespresentent la forme d'nne
i'aux on d'nn liamccon. I.a direction de la carene est tantot a
droite, tantot a gauche, relativement a cclle du calice. Les formes
du legume sont cxfremement variables; il est toujours terinine
par le style ])ersistant, qui forme une petite pointe droite ou
courbee. M. Savi decrit avec soin la graine , son areole ombili-
cale, les bordures de celle-ci, ses extremites basilaire et apicilaire,
Ic micropile, et la protuberance qui I'accompagne, a laqnellc il
donne le nom de gibbusitc niicropilairc ou opicilaire. 11 passe en-
suite en revue les formes et lignes generales des tiges, des feuilles,
des stipules et de rinflorcscence. M. vSavi signale un caractcre
common , observe pour la premiere fois par Jacquin, sur le
phaseolus vexilUitus , et qui consisle dans le prolongement cornu
desa lame, et la carene dans sa partie gauche. Ce caracterc coin-
cide avec celui des fleurs en ca[)!lules, et aussi avcc la circon-
Botanique. 565
stance d'avoir des stipules adnees, c'est-a-diie , attachees a la
tige par divers points de leur face interne, tandis que chcz les
phaseolus a fleurs en grappes , les stipules sont attacbees a la tige
seulement par la partie inlerleure du limbe. D'aufres caracltres,
tires des legumes et de la graine, achevent de differencier suffi-
snminent les deux groupes du genre. Quelques especes seulement,
dont la carene est cornue, offrent une protuberance sur la face
anterieure de I'etcndard, et I'auteur lui a donne le nom Ac pro-
tuberance vexillaire. D'apres ces observations, 51. Savi constitue
une section tres-disllncte dans le genre phaseolus, et decrit avec
detail les especes qui doivent y entrer. Ainsi , au resume ., le ca-
ractere generique doit etre ainsi modifie : Carina spiraliter con-
voluta velfalcata, \'el uncinata. Celui de la i"''^. section sera ex-
prime de la raaniere suivante : Ph.Jloribus capitatis, carina sinis-
trorsam falcatd et cornutd. Celte section est subdivisee en deux
groupes , selon que I'etendard est muni d'une protuberance, ou
qu'il en est depourvu. L'un de ces groupes se compose des Pha-
seolus Mungo, Linn. ; Phas. Hernandesii, Savi, et Phas. trilobus,
Wind. Danslegroupe des Phaseolus sans protuberance vexillaire,
sc trouve le phaseolus vexillatus , Linn, et Jacq. La description
tie ces especes parait faite avec beaucoup d'exaclitudc, et dans
leur synonymic, I'auteur a apporte une critique judicieuse, qui
pouriait servir d'exemple a plusieurs nionographes. Ces descrip-
tions, et les observations qui en decoulent, sont trop ctendues
ponr que nous puissions en donner une juste idee a nos lectcurs.
tine gravure en cuivre represente les legumes el les graines du
genre Phaseolus. G... N.
44/)- AcRosTOGRAPHiE DU Bresil ; par M. Raddi. [ Nuos'o
Giorn, de' Lett. iSxB , p. 346.)
M. Raddi , connu par son voyage au Bresil, continue d'en of-
frir au public les resultats concernantl'liistoire naturelle. Le der-
nier fascicule a pour titre : A ^rostogi'aphia brasiliensis, sn'c enu-
meratio plantarurn ad fauiilias natujales graminum et cjpe-
roidearum spectantiuin quas in Brasilid collegit et descripsit
J. Raddius. II y df'crit yo especes, dont 4o paraissent nouvelles.
Une table represente les caracteres des 5 genres nouvcaux, dont
voici IV-numeration : Jiettbergia, Jgroslicula , Arundinclla, Aci-
rarpa ct Navicularia. G...N.
564 Bniauiqtie.
l^!^(t. Sub dkiix nouvelles kspeces ue ]VAi\c.isst:.s. [Pliiloa. iMdf;.
janv. 1824, p. 7-)
Cost une lettre adressee aux ^diteurs du Philosophical Ma-
gazine , pour la rectification des deiix noms proposes p:ir
M. .H.Tvvorth dans son ttlcmoire sur les nouveaux genres de
Narcissees. Les Diomedes minor et D. major, Haw. , ont ete
figures dans !e Botanical Register, sous les noms dc Narcissus
Macleayi et N. Sabini. On laisse aux botanistes a <!»cider si Ic
beau qenre Narcisse doit elrc divise comrae I'a fait M. Haworth ;
mais on croit qu'il n'est pas convenable d'admeltre Ic nom de
Diomedes pour designer un nouveau genre dc plantes , parce
qu'il esttrop facile de le confondre avec celul dc Diomedea pro-
pose pour d'autres plantes par M. Cassini , et non pas par Linne,
coinme I'indiquent les auteurs de la lettre. G.-.w.
446. Descriptions de qlelques nouveaux Cactus et Mammil-
LAuiA, receinment apportes du Jlexique par M. Bullock., el
maintenant conserves, avec pliisieurs autres plantes tres-rares
dans la pepiniere de M. Tate; par A. 11. IIawokth , esq.
F. L. S. [Philos. Mag., Jan. 182A , p. 40.)
Deux especes nouvelles de Cactus sont decrltes sous les noms
specifiques de senilis et de latispinus. Le premier est carac-
terise par cette phrase : C. oblongus ; sulwiginti- angularis ;
spinarum radiis capilliformibus elongatis. II doit jbrraer una
section particuliere, conjoinleraent avec le C. muUangularts dc
■\Villdenow. Le second, ainsi caracterise : C. dcpresso-sphtrroi-
dcus , sub-21-angularis ,spinaruin radiis \'artantibiis , iinii in-
fimo dejlexo latissimo piano , est voisin duC rccurvus de Mill er.
II est remarquable par ses epines plus fortes que dans les antres
Cactus, d'abord d'un fauve roussalre, puis rousses superieure-
ment, et enfin prenant une couleur sale et desagreable.
Les 3 nouvelles especes de Mammillaria [Cactus des auteurs) ,
sont ainsi designees : 1". M. Maonimamma , mammis mcignis
pcn'iridibus apice tomentosis, spinis subquatuor validis expansis,
2-3 recurvis , lutosis, apice nigris; 1". M. Lanifeka, simple.v te-
reti-obovata , mammis apice lanosis plus ■j.o-spinoscs, sp/nis ra-
dianter patentibus variis ; 3". M. Geminispina , columnaris ;
mammis exiguis numerosissimis , spinis parvis intrrtexlis albis;
duabus in singula fasciculo cocteris multoties longioribus. G...H.
Bolnnique. 565
l\'\~l. DESCRIPTION I)E yUBLQUES PLANTFS GRASSES ET R A R F.S ; p;ir
A. II. IIaworth. {Philos. Mag. , nov. i8-iZ , p. 38o.)
M. Haworth donne la description des plantes grasses sui-
v;intes : i". Crassida roricinnelln , noiivelle ospece , voisine de la
Crassida concinna, Haworth , qui n'a jamais fleuri dans les jar-
dins. Cette elegante espece est originaire du cap de Bonne-Espe-
rance.
1.". Klein ia radicans , L. ITorl. Cliff, et Haworlh, Cacalia ra-
lUcans L. Cette planle se distingue de la Cacalia friitesccm , avee
larpielle on I'a confondne , par ses rameaux nombreux et tres-
gros, par ses feuilles plusieiirs fois plus grandes. Eile n'a pas en-
core fleuri.
30. Mesembryantliemutn mucroniferum , espece absolumeat
semblahle an AI. strietiim , Haw., et qui n'en parait differer que
par de plus grandes dimensions. Cependant I'auteur pense que
ses feuilles mucronces plus distantes suffisent pour la distinguer.
4 . Mescmhi-rantheinum nob He , qui a pour synonyme la va-
nete du M. magnipiinrtiun Haw. (Revis. plant, succ. , p. 97.);
5". Dactylanthes globosa Haw. (Plant, succ, p. i32. ) Cette
plante grasse, dont les formes sent si singulleres, est originaire
du cap de Bonne-Esperance. EUe a fleuri dans le jardin de Kew
au mois d'octobre. Elle n'a de rapport qu'avec le Dnctjlauthex
nnacantha. q „
kk^. On vient de former a Peter.^bonrg iine Socicte de botani-
que, qui attend la confirmation imperiale de ses statuts pour
avoir une existence legale. Un dcs membres de cette Socicte,
M. le D'". Bongart, professeur de botanique a I'universito de cette
ville , et medecin en chef de I'hospicc de la Socicte imperiale do
bienfaisance, publiera iucessamment un ouvrage sur les champi-
gnons comestibles de la Russie. C'^ de Lasteyrie.
24g. La Socicte danoise des sciences a propose pour iSaS un
sujet de prix dorit void le programwie :
« Constat seminis in plantis variis plumula nunc breviori nunc
» longiori teinporis spatio evolvl, sed desiderantur hue usque
" accurata; observationes de ratione quae se habeat germina-
■ tionis celeritas, sive ad seminis fructusquc qualitatcm sive ad
., superiorem planla- in coeteris parlibus cfformationis gradum.
■• Cupit ilaquc socictas ut diligcus de hac I'e disquisitio inslitua-
" tiir, noil soh'uu in acutUcdonibus, monocotylcdonibus et di-
366 Zoologie.
» cotyledonibus, sed ctiam in gravissimis qui his subjccli sunt
1) ordinlbus. Optat quoque ut natiira periti qui lianc investi-
» "ationem in se susceperint, respicere simul velint ad reli-
D quam plantarum evolutionem a plumulae inde propullatione
)• usque ad seminis maturitatem, in illis praecipue ordinibus, in
» quibus relativa germinationis celeritas definita fuerit. •
ZOOLOGIE.
/[So. Faune frawcaisp. , etc. ( Voyez le Bulletin dc fevrier ,
n°. 236 , v. livr. du texte, X''. liv. des planclies.)
Les descriptions renfermees dans cette nouvelle livraison sc
rapportent toutes a des oiseaux de I'ordre des sylvains.
Voici le nombre des especes que I'auteur, M. Vicillot, admet
dans les differens genres qu'il y a trailes.
Bruant, 8; Mesange, 8; Loriot, i;Etourneau, 2. (L'auteur,
admettant au nombre des oiseaus de France le Sturnus itiiicolor^
decritpar M. de la Marmora dans les Meinoires de rAcademie de
Turin. ) ; Corbeau, 5 ; Pie , i ; Geai, i ; Cassenoix, i ; Coracias , i .
Choquard, i; Rollier, i ; laseur, i ; Hirondelle, 4; Martinet, 2;
Engoulevent, 2. (M. Vieiilot admet comme espece nouvelle, sous
Je nom de Caprimulgus rufitorquatus , un engoulevent tuc aux
environs de Marseille par M. Buisson.); Gobe-mouche, 3; Pie-
griecbe, 5; Grives , lo; A.gv fLSSiiviV. Hjdrobata , i ( le merle
d'eau ou Cincle); Alouette, 5(Parmi ces cinq especes, M. Vieiilot
endecritune nouvelle sous le nom d' Alauda Diiponti, ]a(iuc\\e
a ete tuee en Provence par M. Dupont, prcpar.-^eur d'objets
d'histoire naturelle); Pipl {AiUhus), 7; Hochequeue, 4 ( dont
wae, Motacilla lugubris, dc passage dans le nord de la France, a
etc recemment decrite pour la premiere fois par M. Vieiilot dans
I'Encyclopedie methodique) ; Motteux , 5; (parmi Irsqucls se
trouve une espece, OEnanthe albicollis, quia cteconfondue avec
celle du Motacilla Stapazina par Gmelin, et que Brissona nom-
miie Cul-blanc roussiitre.
Les dix planches qui ferment la lo*". livraison des planches re-
presentent les especes suivantes : i". Papillon Arion, P. Agestis,
P. Euphemus, P. Adonis; 2°. P. Acis, P. dcmi-argus , P. Alsus;
3". Cyprin erylhrophthalrae, C. Vandoise; 4". Cyprin Breme,
C. Bordellere; 5°. Notere crassicorne male, llaliple eleve, H.
Zoologie. 567
■varic, H. oblicpie, Gyrin strie feni. , G. nagcur male, G. velu
fern., G. petit fem.; 6". Oxyporc roux , Staphylin dc rorme, S.
Bourdon, S. maxillaire, S. erythroptere, S. clirysocephale , S.
ntbuleux ; 7". Faiicon commun vicux et jeune ; 8°. Faucon Ho-
bercau adulte et Faucon Kober, (j". Faucon cmerillon vieux et
jeune; 10". Faucon Cresserelle et Faucon Cresserine. Desm.
/jfii. Des pents des Mammiferes, considerees comme caracteres
zoologiques, par M. Fred. Cuvier. viii*. livraison de 1 feuille
de texte et 8 pi., IX**. livr. de | de feuille de texte et de 5 pi.
( Fojez le Bulletin de mars , n". 338. )
La 8". livraison de cet ouvrage renferme en totalite les details
relatifs au sysleme dentaire des animaux dits edentes , parce qu'ils
irianquenl generalenient d'incisives (1) et quelquefois aussi, non-
seulement de canines, raais encore des molaires. Le n". 77 a rap-
port aux Paresseux (Clioelopus Illig.), genre dans lequell'auteur
conserve rUnau ou Parcsseux didaclyle ; le 78 au genre Acheus.
( Bradypus Illig. Iconlenant I'Ai; le 79 comprendcelui des Tatous,
proprement dits, ayant pour type I'Encoubert decrit par M. F.
Cuvier dans la 38*^. Hvrais. de son hist, des mannniferes : ce genre
a X 8 dents a la maclioire superieure , savoir 2 incis., point de ca-
nines, 16 machelieres, et 20 dents a la machoire inferieure, savoir
l\ incisives , point de canines , et 16 machclieres. Le n°. 80 est le
nouveau genre Tatusies, qui renferme les especes de Tatous
depourvues d'incisives et qui ont 18 machelieres superieurcs et
16 inferieures , sans canines. Le n". 81 est le nouveau genre Prio-
noNTES, qui n'a non plus ni incisives ni canines, mais qui pre-
scnte 5o machelieres superieures , petites et egales, et 48 infe-
rieures scmblables : ce genre est forme par le Tatou geant. Le
no. 82 renferme le genre Orycterope. On concoit que les genres
Pangolin et Fourmilier, totalement depourvus de dents, ne
devaient pas occuper de place dans cet ouvrage, aussi M. F.
Cuvier les passe- t-il pour arrivcr aux monotrenies du genre
Ornithorliynque, qui en presentent , a Texclusion des Ecliidnes,
qui en sont totalement prives. Le n". 83 renferme la figure tres-
exacte de 4 organes cornes , places sur les gencives des deux ma-
(i) Nous ilisons gene'ralement , parce que M. Frederic Cuvier vient
de reconnattre que cerl.iins Tatous ont des dents implante'es dans
les OS intermaxillaires, et coDsequeinment des incisives.
568 Zoologie,
clioires dos OrnitliorliYnfiues ct (jui soiit opposi'-s couronne a
fonronne.
I.ecomiTiencement de Tordrc des pachydcrmts se trouve dans
le meine caliicr et coropiciid, sous le n". H.'i , la description el la
figure dii systeme dcniaire de rHippopolainc.
La 9*". livraisou contient la suite des descriptions des deals
des paclivdennes , savoir , n°. 85, celle des Sangliers; n". 8() ,
celle des Dicotyles on Pecaris; n°. 86 bis, celle des Babyroubsas ;
n°. 87, celle des Phascoclioeres ; n". 88, celle des Tapirs; n". 8g,
celle du Daman.
La 10*'. livraison est deja publiee, et la ii*'. le sera bicntot.
Lorsque celle derniere parailra , nous terniinerons dans un scul
article I'analyse de cet ouvrage. Desm.
45a. Caractkres de sept genres de cheiuopteres, pourvus
d'appendices membraneux sur le nez , par le D"". W . E. Leach.
( Tnws. .wc. Iwn., T. i3 , i"^. partie, p. 7'3. )
Dans ce meraoire H. Leach donne un tableau des inaniini-
fercs qu'il admet dans la division de ses vespertillonides, dont le
nez estpourvu d'une feuille membraneuse ; division dans laquelle
il ne comprend pas, nous ignorons pour quel motif, les genres
Rhinoloplius , et Vliyllosloma de M. Geofl'roy St.-Hilaire.
Les genres qu'elle reni'ernie sont parlages en quatre sections
ou stlrps.
La i'^'^''. section est caracterisee par l'cxi>tencc d'une srule
phalange a I'indcx ou second doigt , de quatre au medius, et de
Irois aux quatrieme et cinquleme doigts ; par recartcmenl des
oreilles,qui sont nu'dlocrement grandes el par fcxistencc des
oreillons.
Le nouvcau genre ARTir.Eusa t\ incislves a chaque machuire
dont les .sujx'rleures bifidcs et les inf'erieures Ironquees; deux
canines en haul el en bas , dont les superieures out un rebord
interne a Icur base ; quatre molaires superieures el cinq infericures
de chatiue cote; les I'euiiies nasales soul au nombre dedeux, unc
horizoutale et I'autre verticale;la queue est nulle. V Arlibcus
jamaiccnsis estbrun en dessus el gris de souris en dessons; sts
membranes et ses oreilles sont brunalres.
Le genre MoNOPRYLius, aussi nouveau,a quatre incisives supe-
rieures inegales , donl les deux <lu milieu phis longues quo les
lalerales et bifides, et poml d iiiforicurcs; deux caimus a
Zoologic. 56,)
ihaque michoire; cinq molaires superieures ct six inferieures dc
cliaque cote ; uue seule feuille droile sur le nez ; la queue courte.
Lp MonophjUus Redniannise trouve a la Janiaique; il est briin en
dcssus, gris en dessous; ses oreiUes sont arrondies; sa feuille, qui
est aigiie, est couverte de petits polls blancluitres; ses membranes
sont brunes.
La seconde section, qui ne se compose que d'un seul genre, est
caracterisee par I'index a deux phalanges, le medius, a qualre, le
quatrieme et le cinquieme doigt a trois; les oreilles grandes,
rapprochees et pourvues d'un oreillon.
Le genre Mormops , Leach , a quatre incisives superieures
inegales, dont les intermediaires sont largement echancrees;
qualre incisives inferieures egales,trill(les; deux canines a cliaque
machoire dont les superieures sont doubles en longueur des inf»5-
rieures, ])resque comprimees et canaliculees en devant; cinq
molaires en haul et 6 en bas de chaque cote; une seiile feuille
nasale droite est reunlo aux oreilles, qui sont tres-vastes et
compiliquees. Le Mormops BlauwilUi figure pi. 7 , est remar-
quable par I'elevation exti-eme de son front; Texcavation de son
chanfrein;la forme lobee et crenelee de sa levre superieure; la
division de I'inferleure en Irois lobes membraneux ; I'existence
sur sa langue de papilles, dont les anterieures sont bifides et les
posterieurcs multifides; le plissement de sa feuille nasale ; la divi-
sion du bord superieur de ses oreilles en deux lobes, etc. II est de
la Tamaique.
La troisierae section renferme les vespertlllonides dont I'index
est pourvu d'une scule phalangcet dont les 3 doigts suivans en ont
<h icun trois : leurs oreilles sont reunies et pourvues d'un oreillon.
Le genre Nyctophilds, Leach, a deux incisives superieures,
allongees, coniques, aignes; six incisives inferieures egales ,
trifides , a lobes arrondis; deux canines en haut et en bas, les
inferieures ayant une petite pointe en arriere de leur base;
quatre molaires de chaque cote des machoires,a couronne garnie
de tubercules aigus; deux feuilles nasales, dont la posterieure
est la plus grande; la queue depassant un peu la membrane
interfemoralc et formee de cinq vertebres dans sa partie visible.
"LcNyctophilus Geoffroyi,donl la patrieestinconnue, a le pelage
brun jauuatre en dessus; avec le ventre, la poitrine et la gorge
d'un blanc sale. Ses oreilles sontJarges; ses membranes sont dun
noir brunatre.
I>. TOMK L 2/1
570 Zoologie.
Le genri* MfiCAtenMA de M. Geoffroy nppartient a cetlesec-
tiort. II' differe dn precedent par pJusieiirs car;icteres mais prin-
ei^nlertietit par le nombre des dents qui, chez lui, sont ainsi
dJsiposees : incisives, |^; cinines, -J-; molaires, ■^.
Enfiii, la ffuatrieme section contient les chauves-souris a cretes
nasales, dont le doigt index a deux pliaianges , le doigt medius
(juatre, et dont les quatrreme et cinquieme doigts n'en ont que
trois ; leurs orcillei sont distnntes et pourvues d'un oreiHon.
Le genre VamPirus de M. Geoffroy y est compris. Sa formule
dentaire est : incisives, 1 ; canines, ' ; molaires, f^. Ex. Phyllo-
stotna Spectrum.
■ Le genre nouveau nonime par M. Leach MAnA.T.t:us , s'en
r.'tpproche. II presente quatre incisives a chaque machoirc ,
les deux intermediaires superieurcs ayanl plus de longueur que
les laterales et bifides, les inferieurcs etant egales, simples et
aigues; quatre rrlolaites sTiperieures, cinq infcrieures de chaqive
cote; deux feuifles nasales, une Verticale et I'autrc horizontale et
lunulce; la queue nulie; la levre pourvue depapilles molles, com-
primees et frangees ail bout ; la langiie anterieurement divisee en
deux filamens comprimes. Le Madatacits Lewisli, de la Jamaique,
asa f'euillenasaleverficaleabordsbrusquementattenuesetforiTlant
In ])ointe vers le liSut; ses oreillc^ iheriiocres, sont arrondies et
legorement pointues ; son pelage est noiratre; sa membi'atie inter-
fenloraleest ecliaiicriie; Tenvergure de ses aileS est d^ t'^ ponceR
anglais. DeSs*.
4^3. SuR LE Mecanisme particulier aux mcmbres posteiieurs
des cliauves-souris; ])ar IM. A. DESMoeLiNs,D'. M.(£a.tr^</7J«
Dirtionn. Claasiq. d' Hist. ISat., I. 3.) , '
Aucliri ibologiste, in^rne ceilx qui se Sont lepMS sp^cialemcnt
occupes de relUcle des cllauves-soui'is', n'avatt l-(*rtlar(ple que les
membresposlorietirsde res animSux, paruncdemi-rotation eprou-
vee sur leur axe, de dedans ert dehors t*t d'arrl^ce cftavant , dht
leurs faces relhilrners-, relativeillcnt a h direction ordinaire dans
tons les autres mantriliferes ( 6xcepte les ])lioqucs1, d'ou il suit
q»»'en pOJ^aiit a tel-re, le sinus de Tangle de fl;<xion di^ la jandif
snr la cnisse regardcen av;lnt, et que la plantc dti pied, en ap-
puyant sur le sol , a le talon Cn avant 6t les ooglcs en arriore.
r.'est de ce nu*canisin'e que unit fioui' les chauves-souris la n^cessite,
en si-rcposantydcresteraccroclieesparlespicclstledciTl^re, la f^'le
Zoologie. Syi
cu bas,etileinarclicr p.'irculbiites diagonnles, ainsi qu'on le snvait
i;;en(iraleinent. Mais encore une fois personne n'avait expllque le
iriecanisme, nide cette attitude, ni de cette sortedemarclie. Deja
M. Desmoulins(0/p. cit.) avait observeque c'est a I'effet d'unmou-
vement de rotation pareille, arrete au milieu de sa courbe cLez
lesParesseux , que ces animaux doivent la faculte, en montant
aux arbros, d'appliquer la plante du pied contre le tronc ; a
quoi sert encore le Icvier coude que le tarse forme sur la nial-
leole peronienne courbee en dedans; cnfln de se tenir aussi, dans
le repos et le somnieil , accroches aux branches par leurs quatre
pieds, dont les plantcs se regardent alors.
Toutes les figures exlstantes de cliauves-souris^ excepte celles
representees pi. i et '^ du 3*^. fascicule des Spicilegia zoologiea
de Pallas, copiees fig. 5 et 6 de la pi. 32 de V Encyclopedic me-
thodiquc , representent a conlre-sens I'attitude et la direction des
ineinbres posterieurs.
Cette erreur generale des zoologistes avait fait croire a M. Des-
nioulins que la cause de ce mecanisme , qui saute pourlant auix
yeux , etait reslee inconnue, et il avait entrepris des dissections
pour determiner a quelle combinaison de muscles tenait cette
disposition des altitudes et des mouvcmens, dont les squelettes
seuls lui avaienl deja rendu parfaitement raison, lorsqu'il decou-
vrit qu'en 1802 M. Cuvicr I'avait prevenu en determinant cetle
combinaison de muscles, a laqucUe aucun zoologiste ji'avait
cu pourlantplus egard qu'aux effets mecaniques qu'elle produit.
11 a done vu le resultal de ses dissections, deja consign^ daiis
1 'Anatomic comparee, expliquer les attitudes et leSmouvfemens du
train dc deiTieredes cbauvcs-souris. Tous les muscles existans se
rapporlcnt exclusivement ou a I'extension , ou ala flexion dl-
rccle. Ce qui a amenedescliangemens remarquables dans la pro^
portion aussi-bien que dans la direction des eminences supe-
rieurcs du femur. Des deux trochanters , le graad , celul oii s'ia-
seront les fessieis et les principaux rotaleuis , est devenu le plus
petit, parce que de tous ces muscles il h'en existe pliis qu'un ,
savoir, le plus faible justement, le petit fessier; par une lalsdh
inverse, le petit trochantef est le plus grind. Eri outre ,' eiitre
les deux troclianters el la tete du femur, est une c'avite he-
niisplu'i'ique pour agrandir I'insertion des flechisseurs. Celte ca-
vilr, VII la rctroveisioii du femur, appartieiit a la fa^e antcrieui'e.
572 Zoologie.
M. Desmoulinsa observe que la proportion dii relief des saillies
et lies aretes osseuses , ainsf que le volume rtciproque des mus-
cles, varlent suivant les habitudes des genres. Aussi , dans les
phyllostomes surtout , tous ces elemens sont-ils bicn plus pro-
nonces que dans les chauves-souris frugivores. N.
454' Ces jours derniers, en travaillant dans un marais pres
du pont Maniolo, on a trouvc la carcasse d'un gros elcpliant. An
coninicncement du siecle actuel , on a decouvert un grand squc-
lelte semblab!c,a quatre ou cinq pahnes de profondeur, dans un
vignoble, sur le chemin qui conduit dc Tarche obscure a Tarche
ac^teuse. (^Diario de Rome , aS fevr. 1824-)
455. Considerations ET rapports nouveaux d'Osteologie com-
paf.ee, concernant les aniniaux ruminans ; par M. Geoffroy-
St.-Hilaire. ( Mem.du Mus., foin. 10, S^.annee, (f . caliicr>
art. 2 et 3, p. i65.)
Nous avons rendu compte dans le w". precedent du i*^"^. ar-
ticle d'un raeraoire de M. Geoffroy-St.-Hilaire, s\ir eles rojons
non equivoques de nageoire dorsale , products r/iez les bccufs vul-
gaires durant la premiere periode de leur age foetal. ( Mem. du
Mus., t. 10, p. i65 et suiv.)
Nous continuous aujourd'hui de faire connaifre les diverses re-
cherches d'osteologie coraparee du celebre profcsscur,'qui font
suite au travail precedent.
Le second article est intitule, de la decomposition de I'ns du
canon chez un tres-jeune fcetus de bceuf.
Lorsque les natutalistcs s'occuiiercnl d'analoinie coniparee, ils
ne tarderent pas a voir que I'os du canon, chez hs ruminans et
les solipedes , se trouvait forme de la reunion de deux metacar-
picDS en devant, et de deux metatarsiens en arriere ; niais c'etait
seulement une presomption, qu'une observation rigoureuse n'avait
point encore changee en fait positif. M. Geoffrey a acquis la cer-
titude de ce fait sur des foetus de bceuf,
Dans Tun, parvenu aux deux tiers de son temps de gestation ,
les deux parties composantes du canon sont deja soudees; mais
le sillon median qui les separe est bien prononce, les tetes arlicu-
laires sont Ires-distinctesl'une de I'autre, el Ton trouve de pjus
des traces d'une membrane qui leur serl de cloison.
En dirigeant srs rechcrclies sur des sujets plus jeunes ct de
Zoologie. 3j3
TOoitie plus pctils, il Irouva que ce qui esl engage par soudiire
dans I'exemjile precedent, ne Test point encore a cetle ejioqup.
Pour ces observations, M. Gcoffroy-S.-Hilaire n'emploie le sc-
tours ni de la main ni du scalpel, qui pourraient operer des Irae-
lions oil des sections violentes capablesde f'aire clever des doutes
sur I'exactitude du fait qu'on veut verifier ; il se contente de sou-
mettre les pieces a uiie ebullition moderee, jusqu'a ce que le pe-
riostc se souleve.
Des figures aecompagncnt cette note.
Le troisieme article a pour litre : ,Sur les doigts des niininans ,
en rapport pour le nomhre, la composition et les connexions, iivcc
les doigts des autres maminlferes.
L'auteur combat I'assertion admise jusqu'a ce jour, que les
runiinans se distinguent des autres niammiferes par deux doigts
seulemeiit a cliaqiic ])ied , et il prouve que ces doigis sont en
nieme nonibre que cliez les autres animaux ; mais que cliez la plu-
part ils sont a I'elat rudimentaire, tandis que chez d'autres,au
contraire , ils sont aussi developpes que les doigts des onguicules.
Ainsi le renne, le chevreuil et le cerf de Virginia, dont il a fait
figurer le pied, presentent ce caracterc-
Les doigis parfaits dc ces aniniaux leur servent mejiie avec
beaucoup d'avantage lors(|u'i!s ont des pentesa dcscendre, en se
laissant trainer dessus. C'est ici surtout que sc fait I'application
de cette belle loi du halancement des organcs , que rauleur ne
tessede developper dans ses ccrits. Q. Y.
4^6. Obskbvations siiR quelqup.s ANiMAUx DE i.'Amerique qui
se rapproclient du genre Anlilope; par C. H. Smith. Lu a la
Societe linneenne de Londres, le 4 "'^'i iSij). (Trans. -Sac.
Linn., t. i3, part, i, p. 28, pi. 2, 3, 4.)
Ces aniuiaux sont au noinbre de cinq, savoir:
I. Ij'Antilope FuRciFEK, auqucl l'auteur rapporte le Prong-
horned Antelope de Lewis et Clarck , est I'animal decrit deja
j)ar M. Ord dans le Journal de physique (1818), sous le nom
*\' Antilocapra americana. On en trouve ici une description
fort complete et uue bonne figure. C'est un runu'nant assez sem-
blable au cliamois par ses foiines, niais plus grand, dont les
corncs coraprimees legeremcnt, et ridi'cs a leur base, sont ton-
gues de I 1 pouces, dressecs sur la ictc, uiais unpen divcrgenlo!.
374 Zonlogir.
sur Ics cotes et recourbees vers le bout en dedans et en arriere,
avec un petit andoiiiller dirigc en av;int , et naissant aux deux
tiers do leur longueur. II n'a ni inufle, ni larmiers, ni brosses.
Son pelage ras est generaleinent gris-ronssatre en dessus et
blanc snr les fesses, la queue et les parties int'erieures du corps.
Celte cspece habite unc vaste etendue dc pays dans la partie
centrale de I'Anierique du nord, et principalement dans les re-
gions inoyennes des montagncs rocheuses. EUe vit par petites
troupes qu'on rencontre dans des situations analogues a celles
qui convlennent atix chamois d'Europe, et souvent melees avec
celles de I'Argali americain. La nation des Kluches donne a ces
animauxle nom de Ki.ftu-he, qui sigmCie petit elan. "Les Indiens
Siours les chassent en lesamenant, au moyen de battues gene-
rales, jusqu'au sommet des escarpeniens les plus rapides, d'ou
ils les forcent a se prcciplter d'eux-memes.
2. Antilope palmata. Cetle espece seralt peut-etre, selon
M. Smith, le Mnzame d'Hernandez; et c'est tres-certainement
Tanimal auquel appartiennnent les petites cornes du cabinet des
chirurgiens deLondres, dont M. deBlainville a donne la descrip-
tion {jBuIL Soc. phil., 1816, p. 80) en les attribuant a une es-
pece de cerf qu'il designait sous le nora de Cerms hamatus ,
espece admise depuis par M. GoldCuss, dans la continuation de&
Saiigthicre de Schreber, pi. a64 B. Les cornes, quoique fort
rappioch(5os par leurs formes de celles de I'espece precedenle,
en different cependant en ce qu'elles sont plus grandes, que leur
andouiller est plus large, lres-aplati,et un pen recourbeen dedans
YCrs le bout. On n'a aucun renseignement sur leur origine.
3. Antilope mazama. L'auteur rapporte a cette espece , sans
temoigner le moindre doute, le Mazarnc sen Cervus cornulus,
de Seba, tome i, pi. 4^, %• 3 , et il lui rattache avec hesita-
tion YAnlilnpe dc Honduras d' Anderson. ( Hist, of Honduras.)
L'individu (juc M. Smith decrit a etc pris aux environs de I'cm-
bonchnre de la riviere St.-.Iean, qui se rend dans le golfe du
Mexiquc. 11 est nioins grand (ju'une chevre doniestique, mais
plus haut sur jambcs. Ses cornes, qui ont a pen pres six ponces,
sont obscurement annelces, j)oinlues, corn-bees en arriere, et
de couleur foncee. Son pelage est generalement d'un brun ])Ale
ronssatre en dessus, blanc jaunatre sur le menton, la poitrine
et la face intericnre des membres; gris autour des yeux et des
iiarines-, son poll inteiieur est doux et non laineux. Sa (piene
Zoologie. 575
est epaissc el couite. Ses jainbos sont ])lus lobusles que celles
des aniilopes (giizelles) d'Afrique, et sa tournui'e est geniralc-
luent lourde.
4. Antilope Temf.maz\ma. M. Smith regardeavec doute coni-
jne synonyme de cette espece le Ccipra Pudu deMolina.ou Oi/.s
Pudu de Gmelin; le Sprivg /yar/ de New-Jersey, etle Ceiviis Ma-
<atlrluchiUic ou Temainazame de Seba. (La figure qiie ce der-
nier auteur donne de son animal nous parait reprcsenter ])lu-
lot le Bnbale d'Afrique que tout autre ruminant.) M. de Blain-
ville avait deja cherchc a rapporler le Ptidu de Molina au geiin-
Antilope; mais nous doutons que le Tememazame de M. Smith
lul soil identique. Au surplus la description de ce dernier est
f'aite en partie sur le seid dessin d'un animal tue pres des sources
de la Riviere-Rouge. D'apres ce dessin , il aurait les formes le-
geres ; le ncz petit et semblable a celui de nos raoutons; les
oreilles longues , etroites et arrondies au bout; la queue peu
loiigue et porlee droite comme celle des chevres. Les notes qui
I'accompagnaient ont appris que les cornes avaltnt 5 pouces et
demi de longueur et qu'elles etaicnt noires , minces, rldecs a la
base, placees droiies dans la prolongation de la ligne du Ironf,
divergentes et un peu courbces en arriere vers leur extreniite ;
que la conleur du pelage en dessus etait a peu pres semblable
a celle d'un clie\Teuil, et que le tour de la bouclie, une taehe
.sur la gorge, la partie interieurc des membres et le dessom de la
(ju'eue etaicnt blancs ; enfln (jue les yeux etaient tres-saillans et
d'unc touleur foncee.
5. Antilope LAKATA. Celui- ci est le Mountain Slap ( moulon
demontagne) de M. Ord ; le Mazcuna dorsuta et !e scricca dc
M. Rafinesquc, et le Rupicapra avicricana de M. de Blainvilic.
M. Smith en donne une bonne figure d'apres un individu qui
est conserve dans la collection de la Socicle linijeenne de Lon-
dres. Sa tete a beaucoup de ressemblance avec celle du heJier j
ses oreilles sont pointues et raoyennes ; ses cornes longues de 5
pouces sont Icgerement arquees en arriere, rondes, lisscs «f
obtuses au bout avec trois anneaux a la base; les jambes sont
fortes ct les sabots gros et noirs. La fom-rure, d'nn blanc jau-
iiatre, est tres-epaisse et composee de longs j)oils droits qui eii
recouvrent de laincux. La fcmello ii'a vraisemblablemeiit ]),'is dc
cornes. Celte espece se Irouve depuis la uicr i'acilique ju§.qu',iu
lac des Bois pres le lac Superieur. Desm.
5yfl Zoolngfe.
457. NOUVFAU RliCUElL 1)K PLANCHES COI.ORIKIS u'olSKACX , poUr
srTvir de suite et de complement aux planches cnluminecs de
Buffon; public par MM. Temminck et Laugier. ( P^oycz Ic
Bull, de mars, 11°. 337.)
Dans les ])recedcns Bulletins nous avoiis fait connaitre jusqn'.i
Id 27*^. livraison du bel ouvrage qu'offrent aux sa^ans MM. Tem-
minck et Laugier; dans cet article nous allons continuer noire
examen jjisqu'a la 32*'.
28**. Livraison. ^ — Planche 162. Colombe double-liuppe, male;
Columba dilopha. (Temm. I Nouvelle Holbnde. — PI. i63. Col.
magnlfique, male; C. inagnifua. (Temm.) Idem. — PI. 164. Col.
mantelee, male ; C. lacernulaia ( Id. ) L'ile de Java. — P. i65. Col.
capistrate , male ; C. capistrata. ( Id. ) Meme lieu. — PI. 1G6. Col.
jaseuse , male; C. locutrix. ( Id. } Du Bresil.^Pl. 1 67. Gobe-mou-
ches gorgeret , paille , queue-grele.
zy*. Livraison. — PI. 168. Pie bleu de ciel ; Corvus azureie^.
(Azara.) Paraguay et Brcsil. — PI. 169. Pie Geng; Con'iis cynno-
pogon. (Maxim.) Du Bresil. — PI. 170. Myoplionc luisant; Mro-
p/ionus metnllicns. (Temm.) De Java. — PI. 171. Pic casque ; Pi-
cas galealux. CNatt. ) Du Bresil. — PI. 172. Manakin cliaperonne,
male; Pipra pileata. (Nalt.) Idem. — Manakin verdin, male; Pi-
pra chloris. (Id.) Idem. — PI. 173. Hylophile thorachique, male;
Hjlophilus thoracicus. (Temm.) Idem. — Hylopli. oreillon tachete;
Hylophilus poicilotis. (Temm.) Idem.
30*^. Livraison. — Pi. 174- Hibou bruyant, male;.Sf/v> strrpi-
tans. (Temm.) De Sumatra. — PI. 175 et i 76. Tisserin a front d'or,
male et feraelle, Ploccns aurifrons (Temm.). Du Cap de Bonne-
Esperance. — PI. 177. Tangara oriflamme, male; Tanagra Jlain-
mictps. (Maxim.) Du Bresil. — PI. 178. Drongo a rames; Edo-
lius remifer. (Temm. ) De Sumatra et Java. — P. 179. Fourmi-
lier Tachcl, male, et femellc. Myothera strictothorax. (Temm.)
Du Bresil. • — Fourinilier gorgeret , mile ; Myothera mcntaUs.
(Temm.) Idem.
31". Livraison. — PI. 180. Milan Cresseivlle , jeune; Falm
plumbeits. (Lath.) — PI. 181. Couroucou montagnard, male;
Trogon Oreskios. (Temm.) De Java. — PI. 182. F.ngoulcvcul
Nacunda, adulte; C(ipninulgu.s (liurnus. (Blaxun.) Bresil. — 1.
i83. Pluvier patre, adulte male; Charadrius pacuariiis. {'Yemm.)
Du Cap. ■ li. 18',. Plavicr Azara, male; Charndrius Azarai.
Zoologie. ^TJ
^Tcmm.) Biesil. — PI. i85. Fourinilier capistrate, male; Myo-
thera capistrata. (Idem.) De Java. — F. hausse-col, male ; M. mc-
/arto f/io/flvi. ( Idem) Idem. Q-Y.
/|58. LeHKBUCHDERNATURGESCHICHTE ALLER EUROPAISCHEN Vo-
GEL. Histoire naturelle des oiscaux d'Europe;par M. Uh. L.
Brehme. Deux vol. in-8., avec une grav. en tete. Chez Aug.
Schmid, a Jena.
Cet ouvrage est le fruit de vingt annees de travaux. Une col-
lection de 4)Ooo oiseaux , que M. Brehme possede, a pu
seule !e mcttre en etat de publier un ouvrage qui embrasse
un champ aussi vaste. On y trouve tout ce qui peut interesser
I'ornithologiste; la methode que I'auteur a suivie , etles defini-
tions des cspeces , des genres et des families , sont si claires que
les personnes Ics moins instrnites en histoire naturelle peuvent
y trouver, avec la plus grande facilite, la description d'un oi-
scau d'Europe quelconque, et M. Brehme a joint a son ouvrage
tout ce que les ornithologistes ont dit de plus interessant sur les
oiseaux. S. s.
459. Beitr^ge zur VoGELKUNDE.Memoires pour servir a la con-
naissance des oiseaux , ou description detaillee de plusieurs
piseaux nouvellementdecouverts , et d'un grand nombre d'oi-
seaux rares de TAllemagnc; par Ch. L. Brehme et Guil. Schil-
ling; 3 vol. in-8. , avec 11 pi. Prix, 10 rxd. \i gr. Neustadt;
1823 ; Wagner.
I*"^. vol. , avec 5 pi., prix, 3 thrs. 18 gr. ; 2*^. vol. , avec 3 pi. ,
prix, 3 thr. ; 3**. vol., avec 3 pi., publie conjointement avec
M. W. Schilling , prix , 3 thr. 18 gr. D'apres I'annonce que Ton
fait de cet ouvrage, il paraitrait qu'il surpass-? toij^ce qu'on a
publie jusqu'a present sur rornitliologie, tantpar I'exactitude des
descriptions, que par le beau choix des caracteres. S. s.
460. LiSTE des oiseaux observes AlIX ENVIRONS PE BOULOGNE,
par M. DiMARLE. [Proces-veibal de la Seance publique de la
Societe d' Agric. , Comm. et Arts de Boulogne-siir-Mer, en
1823, p. 38 et 71.)
M. Demarle a rendu coraptc a la Socicte de Boulogne des re-
cherthes faites par d'autres naturalistes sur roruilhologic du
territoire de celte ville. En 17<)(), M. Piclion, alors secretaire de
la Socicte d'Agriculture , concut le projet do former une collec-
578 Zoologie.
tion <les oiscaux dc son pays; il en reinanjiia ix i psjiecps. M. l>e-
marle, en quatorze mois , en a observe ■j.n^ especes , c|ui pres-
que toutes font partle de sa collection. Parini celles-ci pliisieurs
sent tres-rares en France , et leur apparition anx environs de
Boulogne pent etre attribuee a la temperature elevee de I'ete
de 1822, et surtout au froid vif et continu de I'hiver suivant.
La liste dressee par M. Demarle offre 2^ especes d'Accipitres,
17 Coraces , 72 Passereaux, 8 Gallinaces, 43 Kcliassiers, et 62
Anscres. F-
461. Arkakgement systematique et description des oiseaux
de I'ile de Java , par M. Horsfield ; lu le 18 avril 1820 a la
Societc linneenne de Loadres. [Trans, of. Linn. Soc, vol. i3 ,
i^e. partie, page i33.)
Dans ce memoire , M. Horsfield presente une classification
systematique des oiseaux de Java , qui sont renfermcs dans \a
collection de la compagnie des Indes Orientales. A I'exception
d'un petit nombre , tous ces oiseaux furent rassembles entre les
annees 181 1 et 181 7, periode pendant laquelle Tile de Java
fit partie des possessions anglaises.
L'auteur, dans son travail, a gencralement suivi la raetliode
fondee par M. Leach, pour I'arrangenient de la collection du
niusee britannique ; il adople la plnpart des genres etablis par
M. CvL\'\tT( Rcgne aninial) ou par M. Temminck (2''. edit.du Ma-
nuel d'ornithologie), et en propose plusieurs nouveaux.
Voici la liste des oiseaux qu'il decrit tres-succinctemenl, en
joignant au nom systematique de chacun sa donomiiuitiou dans
I'idiome des habitans de Java.
Ordo 1,'tCCIPITRES.
Fam. II, FvLCONiD^.
Genre. I, Falco ccvrulescens Linn. ; Tinnunciilus Linn.; * Se-
verus sp.noy.; pomlkerianus Gmel ; * ichthyaetu.'s spcc.nov.;
* solcensiss , spec. nov. melannptcms Daud. ; * ^<V/o sp. nov. ;
* limncetus sp. nov. ; n. S\.r\x javanica Gmel.; * hadii sp. nov.;
* Selo-puto sp. nov.; * rufescens sp. nov.; * castaunpteni sp. nov.;
* Xewy>(/Vsp.nov; * oricniaUs sp. nov.; * Ketupu sp. nov.
Oiu.olI,PASSERES.
Fam. IV, lIiRUNi>iNiD,f;.
Genre 3. Podargus * javancnsis sp. nov. 4 Caprimulgus; * nia-
Zoolngic. 5 79
r rurus sy). uov. , * affiiiis sp. no v. 5. Hirnndn csculenta Osb ;
fuciphagn act. holm. 33. p. i5i ; * Klecho sp. nnv.
Fam. V, Sylviad E.
Genre 6. Leptoptcryx, Horsfield (le meme que le genre Ocyp-
tera tie M. Cuvier, dont le noni a deja ete propose par M. La-
treille pour un genre de Dipteres ) leucorhynchos. 7. Lanius *
Bentet sp. nov. 8. YiAoWxja j^orficatus ; * cinerascens sp. nov. ;
malabarlcus. 9. Ceblephyris * javanensis sp. nov.; * Striga sp.
nov. 10. Muscicapa /7«/«//?t'rt Gmel ; * obscura .sp. noT. ; * indign
sp. nov.; * Banyumas sp. nov. ; javanica S\)avm. 11. Turdus
hceinorrhoiis ; * amcenus sp. nov.; macrourus Ginel.; * aiinlis
sp. nov. ; * bimaculatus sp. nov. ; * strigatus sp. nov. ; * viridis
sp. nov. ; * chalybeus sp. nov. ; * javanicus%^. nov.; * varius sp.
nov.; * cyaneus sp. nov. ; * fIa\'irostris sp. nov, ; ochroccphalus
Gmcl.; * gularis sp. nov. ; * dixpnr sp. nov. 12. Timalia Horsf.
\ genre voisin des Turdus, mais en differanl par la forme da bee
ft la grosscur relative des jambes : le bee est etroit a la base et
unil'orjnement comprlnie dans toule sa longueur; les cotes de l.i
mandibule sont parl'aitenicnt droits et unis , et out une petite
ecliancrtire vers le bout; le dessus en est car>inL'; les ailes sont
plus cnurtes et j)lus rondes que celles des autres genres de la
nieme famiile, excepte celui des Brachypteryx. ] * /^/A'rt^rt sp.
nov. i3. Jora Horsf. ( Ce genre se distingue dos Sylvia et des
Motacilla par la forme conique de son bee : les narines sont
ovalcs, petitcs, placees dans une fossette allongee et teriainee
en pointe anterleurement; les ailes sont courtes.) * J. Scapularis
sp. nov. 14. Oriolus Galbida Lath. i5. Meliphaga * juvenis sp.
nov. 16. Irena Horsf. (Le cai'actere distinctif elleplus apparent
de ce getu'e consiste dans les narines, qui sont couvertcs par
des plumes veloutces : a la base dc ce bee on remarque dc fortes
Sdic's ou moustaches ; les pieds sont courts et les onglcs trcs-
faibles. II se rapprochc surtout des Turdus et des Oriolus ; niais
il difl'ere des premiers par la plus grande courbure de son bee,
et des derniers, non-seidement par ce caractere, mais encore
par rclevation de sa carene ; il s'eloigne aussi de tous deux par
I'cxisteuce des plumes veloutees qui couvrent les narines : enfin
le bee de ces oiscaux est plus court et plus convexe que celui des
meliphaga.) * i.puclla sp.nov. 17. Myiolliera * af/inia s]). nov.
1 3. Pastor griseus ; J alia- * tricolor sj). nov. 19. Motacilla *
'■pcciosa sp. nov.; flava I^inn. ao. .Sylvia * javanica sp. nov.;
38o Zoologie.
inontana sp. nov. x\ . Saxicohi * fruticnUi sp. nov. xi. Urac&yp-
leryx Horsf. (Voisin des Motacilla, ce iiouvcau genre s'ea dis-
tingue par un bee j)lus fort, dont la carenc est plus arcjuee, et
par la grande onvcrture des narines : ses ailes sont fort courtos,
et les tarses assez elevesl *B. inontana sp. nov.; * sepiaria sp.nov,
a3. Mcgaiurus Horsf. ( Ce genre est interinedialre d'unepart aux
Motncilla et aux Anlhus, et de I'autre a ces deux genres ct a
celui des Alauda ; il differe des premiers par la force du bee, eit
quoi il se rapproclie des Alauda ; niais il est ecliancre au bout.
L'ongle du pouce est interinediaire pour la longueur et la
courbure entre celui des Alouettes et celiii des Antlius. Ses
jambes sont robustes; sa queue est tres-grande) * M.. palustris
sp. nov.
Fam. VI, Fringillad^.
Genre 24. Mirafra Horsf. (II differe des Alauda par son bee
plus robuste, conique et arque ; j.es narines sontrondes, pres-
que nues; l'ongle du pouce est court;) * M. /'ai'anica sp. nov.
•Jt5. Parus * atriceps sp. nov. iG. Fringilla philippina. ; * Manyur
sp. nov; * punicca sp. no\. ; punctularia; striata; * prasina sp.
nov.; orjzivora ; Maja. 27. Sitta * frontalis sp. nov.
Fam. VII, CoRviDiE.
Genre 28 Colaris orientalis Cuv. 29- — -Eulabes religiosa Cuv.
3o Phrenotrix Horsf ( Ce genre est caracterise par la forme du
bee, qui est eleve, regulier , avec sa base bordee de plumes
veloutees : il differe de tous les autres genres de la ineme fa-
mille, parce que les cotes de cc bee sont plans depuis le bord
de la mandibule jusqu'a la carene.)P. Tcniia. 3i Frcgilus * Euca
sp. nov.
Fam. IX, Certhiad^.
Genre 32 Pomatorbinus Horsf. ( Un operculc corne , qui le-
couvre les narines, la compression subite du bee , et regalile
de sa largeur au dela des narines, sont les caracleres les plus
reinarquablcs de ce nouveau genre. ) * P. mnntanus sp. nov.
33 Prinia Horsf. ( Voisin du precedent , ce genre en differe
par son bee, conipaiativemcnt plus droit que le sien et graducl-
Icment attenue vers la polnte , ainsi que par le manque d'opei -
«ule des narines ; il lient une place inlerniediaire entre les
Pomarliinus et les Ncctarinia : ses narines sont placees conune
ccUesdcccsdcrnicrs; raaiseiles sont plus larges el de forme diffc-
Zoologie. 58 1
rente; le tarse est I'leve) * P.famitiaris sp. nov. 3^ Orthotomus
Horsf. (Le bee droit et effilt; iliffere de celui des deux genres
preci'dens ; sa base trlangulairc empeclie de le conforidre aver
celui des aulres de la incme famille; le pouce des picds est grand
et fort comme celui des Sitta , avec lesquelles ce genre a quel-
ques autres rapports) ; * O.sepium sp. nov. 35 Cynnyrls * ajfinis
sp. nov.; longirostra. 3G Nectarinla * javanica sp. nov.; * pec-
toralis sp. nov.; * cximia sp. nov.
Fam. X, Meropid^.
Genre 37 Dicceum cruentatuin; * Jiavum sp. nov. 38 Eury-
laimus Horsf. ( Les caracteres distinctifs de ce genre consistent
dans un bee large, deprime en coin, avec ses bords courbes
et prolonges jusqu'au dela des yeux; les pieds sont syndactyles
et propres a la marclie : ce genre a quelque rapport avec le genre
Todus, tel que le conserve M. Teinminck) E. * javanicus sp. nov.
3g Merops * jai.'anicus sp. nov. * urica sp. nov. /jo Alcedo *
Meninting sp. nov. ; * Biru sp. nov. ; tridactyla Linn. ; leiicocc—
phala Gmel. ; coromanda Lath. ; chlorocephala Ginel. ; sacra
Gmel.; * melanoptera sp. nov. ; 41 Dacelo * pulchella.
Fam. XI, BucERiDiE.
Genre 4^ Buceros Rhinoceros Linn.; undulatus Sliaw ; nlbi-
rostris Shavr.
Ordo III, SCANSORES.
Fam. XII, Picin.E.
Genre 4^ Picus * javensis sp. nov. ; bengalensis Linn. ; mi-
niatus Gmel. ; * puniceus sp. nov. ; * strictus sp. nov. ; minor
Linn. ; * tristis sp. nov. ; * Tiga sp. nov.
Fam. XIII, CucuLiDyE.
Genre 44 Phaenicophaus * melanognathus sp. nov.; * javanicus
sp. nov.; 45 Cuculus orientalis lAnn. ; * fugax sp. nov.; flavus
Gmel. ; canorus Linn. ; * pravata sp. nov. ; * luguhris sp. nov. ;
xanthorhynchus sp. nov.; * feajc/w sp. nov. ; 46 Centropus *
Buhutus sp. nov. ; * affinis sp. nov. ; * lepidns sp. nov.
Fam. XIV , Bucconid^.
Genre 4? Bucco * javensis ; philippensis Lath; * aiistralis
sp. nov.
Fam. XV , PsixTACin*.
Genre 48 Psittacus OsbecMi Lath. ; Galgidiis Linn.
OuDo IV, GALLINACEyE.
Fam. XVI , Coi.umrad/i;.
382 Zoologie.
(ienre l\[) Coluinba vcrnans Linn.; littoralis Temm. ; nielano
ci'phala Gmel. ; tigrina Temni. ; Risnria Linn. ; Ixintatncnsis
Spnrm. ; hitorquata Temin. ; jm'anica Teinin. ; arnboirtensi),
I>inn. ; cenen Linn.
Fam. XVII, Tetraonid*.
Genre 5o Perdix chincnsis \i\nn.; JM'anica Lalh.; * oiien-
talis sp. nov. ; 5 1 Ortygis luzoniensis.
Fam. XA^III , Phasianid^.
Genre Sa ,Gi\\\us* jm'duicus sp. nov.; Bnnkiva Temm.
I'^ani. XIX, Pavoniu.i:.
Genre 53 , Puvo * ja<'ani<:us sp. nov.
Ordo V, GRALL.E,
Fam. XX , Charadriad^.
Genre 54, V^anellus melanogaster Bechst ; * tricolor sp. nov. ;
55 Charadrius cantnanus \imn.; phwialis Linn. ; asiaticus Gmel.;
* piisillus sp. nov.; 56 Cursorius if aieni/ms Meyer; 57 Gla-
rcola orientalisheach.
Fam. XXI, ArdeaDjE.
Genre 58 , Ciconia * ja\'anica sp. nov.; leucoccphnla. 5() Ar-
(Ica cinerea Lath. ; purpurea Linn. ; Egictta Linn. ; * affiiiis sp.
nov. •,.malaccensis Gmel.; * speciosa sp. nov. ; Nycticorax Linn.;
sinensis Gmel; JhivicoUis Lath.; * lepida sj). nov.; * nebulosa
sp. nov. ; * javanica sp. nov.; cinnamomea Gmel.
Fam. XXII, Tringid^.
Genre 60, Namenius P/^f^'o/-'M.f Latii.; 61 Scolopax * saturata
sp. nov.; Gallinago Linn.; ()j Tolonus '*' affinis sp. nov. ; A)-
^o/<'«co.v Temm. ; * acuminatus sp. nov.; * temiirostris sp. nov.;
* diimaccnsis sp. nov.; Glottis Rechst. ; * jnvnnicus sp. nov.;
G'3 llhynchtea orientalis ; 64 Limosa inel(inura'Lt\s\er ; 65 Trin-
ga siibar<juata Temm.; 66 Himaniopus mclanoplcrai Mnycr.
Fam. XXIII, RalliD/E.
Genre 67 , Parra * supcrciliosa sp. nov.; 68 Porphyrio * indi-
rus sp. nov. ; 69 Gallinula * gularis sp. nov. ; * lugubris sp. nov. ,
* oricnlalis sp. nov. ; * javanica sp. nov. ; 70 Rallus * gularis sp.
ao\.\fuscas Linn.;* quaciriitrigatus sp. nov.; 71 Fulica atra Lian.
Ordo VI, PALMIPEDES.
Fam. XXIV^ , Pelecaniad.k.
(.enre j'^ , Pelecanus philippcnsis Gmel. ; * javnnicus sp. nov.
7'. Garbo * jnvanicus sp. nov.; 74 Plotns wclanogasWr Gmel.
Fam. XXV, Cof.vmbid.k.
Zoo/ogie. 385
Genre 75, Podiceps minor Latli.
Fain. XXVI, Larida:.
Genre 76, Sterna minuta Linn.; * javanica sp. nov. ; * me-
dia sp. nov.; * grisea sp. nov. ; * affinis sp. nov.
Fam. XXVII , Anatid/E.
Genre 77, Anas * javanica sp. nov. Desm.
4G2. SuR LES ApPAREILS DE LA DEGLUTITION ET DU GOUT danS
les Arasindiens, ouPerroquets microglosses (1); par M. Geof-
FROY Saint-Hilaire. {Merrt. du Mus. , 5". annee, (f . caliler,
pag. 186.)
Ce travail, que I'auleur n'avait point encore llvre a I'impres-
slon , a ele In a I'Academie des Sciences, le 6juillet 182,1.
Ceux qui ont vii des Aras noirs ont du etre frappes de la pe-
lilesse et de la tnobilite de leor langue, qui, comme dans Ics
antres perroquets , est bieti dloigtlce d'etre large et charnue, et
de remplir la cavite d'un enoritiC bee. Le dernier caraclere de
ceUe langue la (it coniparer , par un ornitliologiste celebre, a la
trompe d'un elephant ; il s'ctendtt meme assez longuemcnt sur
les differences et les rajjports de ces deux trompes. Ce qui pou-
vait elre peruiis alors n'est plus admissible maintenant qu'on
ne clieiclie [>lus que des fails depoirillcs du raerveilleux que I'c-
loignement pouvait leuf ajouter.
Par I'unite de composition orgaitique , on devaJt deja pfes-
sentir qu'uu oiseau ne pouvait avoir I'analogue d'une trompe
ciilre scs maiidibules; aussi n'a^t-il suffi que du ])lus It'-ger exa-
nien a M. Geoffrey pour apercevoir sur un individu vivant,
que I'organe du gout , bien loin d'etre tres-allonge , etait au con-
trliire reduit aux plus petites dimensions ; c'est une petite tube-
rosite de forme ovalaire, et qu'on a assez justement comparee k
un gland. Qui a done pu occasioner la ineprise, et faire croiro
a I'allongement de la langue en forme de trompe? C'est le mou-
vement particulier et naturel de tout I'hyoide , qui le fait se por-
ter en avant.
F,n dissequant autrefois un de ces animanx, nous fiimes eton-
nes du peu de developj)enient de I'organe du gout , et nous SUp-
]iosanies meme que eette fonction devait eire excessivement
bornee cliez eux ; mais il p.irait que, d'apres ce qu'a observe
(i) Co nom a ete impasd a ces oiseaux par M. Gcofl'roy, il y acnvi-
ron deux ans. Avaut cclte cpo(|iie, M. Kulil Icur avait ilonue la deuo-
luiiiation (^riu'iiifie fort pen cxactc do Pioboici^'e?:
384 Zoologie.
M. Geoffroy , ellc est tout aussi active que dans les antres
peiroquets.
L'auteur ayant, par ceile discussion, fixe I'attention des or-
nilhologistes snr le fail organique qui distingue ces Aras , a pro-
pose, pour cette division des perroquets , un nom qui rappelat
leur organisation reelle ; c'est celuide Mccroglossc{oni)eTroquHfi
a petite langue) , qua deja adopte M. A ieillot, dans sa descrip-
tion des oiseaux du Museum. Q....Y.
463. SuR l'Hirundo rupestris ; par Steinmuller. [Ncue Al-
pina , \". vol. , p. 53o.)
L'auteur donne, dans cette note, la description du male ct de
la femelle dc I'espece d'hirondelle appelee Hirundo rapes tris- , par
LInne. ^' *•
4G/|. MODEI.ES DE CEPHALOPODES MICROSCOPIQUES vivans Ct foSSllcS,
representant un individu seuleraent de chacune des princlpales
divisions d'une nouvelle raethode,basccsur le mode d'accrois-
sement des coquilles; par M. Alcide Dessalines d'Orbigny
fils. iV. Uvraison. ( Voy. le Bulletin de iSaS , torn, i , p. 60.)
Cette seconde livraison de I'ouvrage ingenieux de M. d'Or-
bif'ny fils, ne le cede point a la premiere, pour I'execntion des
modeles, et la variete des formes des especes representees. Nous
regrettons de ne pouvoir donner aux naturalistes le nom et la
synonymic de ces especes et I'indication des gronpes, auxquels
elles appartiennent, et qui font partie de la classification syste-
matique que MM. d'Orbigny ont adoptee pour ces etres micro-
scopiques. Cette classification ne paraitra qu'avecla4^. livraison.
Nous rappellerons ici que le diametre de ces modeles est de 40
a 200 fois plus grand que celui des coquilles origindes, afin de
rendre plus sensibles tous leurs caracteres.
Chaque livraison se compose de 25 modeles, et en outre dc
trols ou qualre des toquilles que ces modeles representent, pour
les premiers souscripteurs seulement. Ces roquilles sont renfer-
mees entre deux plaques de verre. Le prix de chaque livraison
est dc 20 fr. U n'y en aura que quatre , et il est vivement a de-
sirer que M. d'Orbigny fils trouve asscz d'encouragemens pour
I'engager a etendre son interessante entreprise a un plus grand
nombre d'especes. f-
FIN nu prejiier volume.
IMPRIMEUIK DK rAL\, PLACE DE L'OUEON.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
TOME II.
LISTE
DE MM. LES COLLABORATEURS
DE LA ir. SECTION
DU BULLETIN UNIVERSEL DES SCIENCES
ET DE L'lNDUSTRlE (i).
HlSTOlRE NATURELLE GENERALE.
GeologieetMineralogie. — Collaborate urs : MM. Andre (L. A.),
BerthIer(R.) , Beuilant, de Bonnard ( B. d. ), Bone ( A. B.j,
Brochant de Villiers(BR.), B"°. Coquebertde Montbrel (CM.),
B"". Cuvier , Dufiesnoy , de Ferussac (F. ) , V'=. Hericart de
Thury, Heron de Villcfosse, Lucas, Menard de la Cxroie (M.
G.),C. Prevosl(C. P.). Redacleur principal: M. Delafosse
(G. Del.)
BoTANIQUE, PhYSIOLOGIE ET Pal^ontographie vegetales.
— Collahorateurs : MM. Dnpetit-Tliouars, Duvau ( D.-u. ) ,
Fee, Gay, Guillemin (J.-A. Gn., oh Gn.) , A. de Jiissieu (A. de
.Tuss.), Kunlh , Lamouroux , Ricliard, A. de Saiiit-Hilaire
(Aug. de St-Hil.). Redactcur principal : M. Ad. Brongniart
(Ad. B.).
ZooLOGiE, Anatomie ct Physiologie generales et speciales des
aniinaux,PAL^ONTocRAPHiE animale. — Collab.: JMM. Audinet-
Serville ( Aud. S. ), Audouin(V. Aun.), Bory-de-Saint Vincent
fB. deSt.-V.), Bosc, B™. Cuvier, Fred. Cuvier (F. C.) , De-
france,C^'*. Dejean(D*.), Desmoulin (D.M.), Duclos,Dunieril,
Ferussac (F.), Gaimard (P. Gaim.) , Geoffroy-Sainl-Hilairc
(Geof.St.-Hie.), Guerin (E. G. j, C"' . de Lacepede, Lamouroux,
Latreille,Lepellctier de Saint-Fargeau ( L. S. F. ), Payraudcau,
Quoy ( Q. Y.) > de lloissy, Straus (S. s.), Valenciennes. Rc-
dactcur principal : M. Desmakets (1)ksm...st ).
(i) Ce Rccucil , coin|)osi' dt; liuit sections , aux([ucilt;s on peut
s'abonner sc'paremcnt , fait suilt; au Bulletin general ct unit'crscl dcs
annonccs ct des noui'elles srientifujans , qui forme la premiiro annec
de ce journal. Lc prix do rotle prcmii're anne'e est de io fr. pour \y.
numeros Ac lo fcuilles d'imprcssion rli.icun.
PARIS.. IMPRIMERIE DE FAIN, RUK RACINE, N . /( , PLACE DE
Ij'oDEON.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
DEUXIEME SECTION
DU
BULLETIN UNIVERSEL DES SCIENCES
ET DE L'INDUSTRIE,
P D B L 1 F.
SOUS LA. DIRECTION DE M. LE B"". DE FERUSSAC,
OFFICIER SCPKRlEtJR AU CORPS ROYAL d'eTAT-MAJOR,
CHEVALIER DE SAIST-LOUIS ET DE LA LEGION-d'hONNECR ,
MEMBRE DE PLDSIEDRS SOCIETES SAVANTES NATIONALES ET ETRAMGERES.
TOME DEUXIEME.
A PARIS,
Au BUREAU DU Bulletin, rue del'Abbaye, n°. 3 ;
Chez MM. Treuttel et Wurtz, rue de Bourbon , n". 17; et
meme maison de commerce : a Strasbonr-j; , rue dcs Sorruriers ;
a Londres, 3o, Solio.-Squarc ;
Clicz MM. DuFOUR et d'Ocagne , quai Voltalfc , 11". 1 '^ ; ei jneme
maison de commerce, a Amsterdam;
Et clicz M. Levrault, rue des Fosses-M.-lc-Pri:;c 0 , 7,". ]i,
1824.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
GEOLOGIE.
I. A COMPARATIVE ESTIMATE OF THE MINERAL AND MOSAICAL GeO-
I.OGY. Exnmen compniatif des systemes de geologic , d'apres le
regne mineral et suivant le tcxte de Moise; par Graville
Penk, i vol. in-8. , de 460 p. Londres; 1828; Oglez,
L'auteur a suivi une marche tout opposee a celle de ses pre-
dccessenrs; au lieu de partir des faifs existans pour admettre
ou rejeter les traditions anciennes, il part de ces traditions pour
combattre les faits; il examine les systemes de Daubuissoa , de
Delur, de M. Cuvier; puis s'aidant de IVewton , de Bacon, et
surtout de I'histoire de la creation et du deluge , par Moise, il
refute les principes de ces savans et les conclusions qu'ils en ont
tirees. II n'admet point les revolutions des siecles et les forma-
tions successives de la structure interieure et exterieure de la
terre. II soutient que le raonde n'a subi que deux changemens :
que par le premier une partie du globe a ele violemment frac-
turtie et affaissee , afln de former un vaste reservoir ou lit pour
recevoir les eaux repandues sur la surface du monde , qui des
-vint alors habitable pour les creatures. Cette premiere re-
volution eut lieu avant la creation des etres organises. La mcr
contenue dans cette vaste cavite du globe, y demeura i65(i
ans; pendant ce temps, ses eaux agirent sur les differens sols
qui formaient son lit, et les matieres organiques animales et
vegetales furcnt produites et accumulees en grand nombre.
Aprcs I'expiration de ces i656 ans , ilplut a Dieii d'operer, par
une seconde revolution , le cliangement qu'il semblait avoir en
vue dans le commencement, c'est-a-dire d'abaisser la face de la
terre, et de relever celle qui renfermait I'Octan. Les eaux, s'etant
B. TOMF. II. 1
2 Geologic.
rendues dans Icur nouveau reservoir apres le deluge , laisserent
a sec la terrc que nous habitons. M. Penn veut expiiquor les
plipiiomenes geologiques par ces revolutions soudaines, par la
presence de Taction du fluidc niarin pendant un si long espace
de temps, etc., etc. L'auteur prepare un supplement sur les
decouvertes geologiques faites dans la caverne de Rirkdale.
[Refue Encyclop., janv. 1824, p. 137.)
2. Supplement to the comparative estimate of mineral and
MOSAicAL GEOLOGY , ctc. Supplement a I'examen corapara-
tif des systemes de geologic , d'apres le regne mineral et le
lexte de IVIoise, surtout relativemcnt aux indications geolo-
giques des plienomenes de la caverne de Kirkdale, par I'au-
teur d(; I'Examen comparatif. [Quarterly Journal of Sciences ,
Janvier 1824, p. 3oy.)
M. Penn , l'auteur de TExamrn comparatif, tache de montrer
la concordance de ses idces avec les plienomenes dccrits dans
I'ouvrage de M. Buckland (Reliquia? diluvianse). II niontrc que
les testes d'animaux ont etc enfouis par la memo revolution ,
dans les lits de gravier et d'argile, ct dans les cavites des ro-
cliers, et donne une cxpllcalion sur la manlere dont les ossc-
TOcns, renfermes dans des cavites , sont erapates dans des sta-
lactites. II passe ensuite a plusieurs objections qu'il clivc conlrc
riiypothese par laquelle on a suppose des liyencs habitant dans
ces cavernes; ainsi, par exemple, il croit qu'on s'est trompe sur
I'Album gr?ecum, et que le melange d"ossemens d'individus jeunes
ct a»es ne prouve rien, etc. La plus forte objection se trouve,
pour l'auteur, dans le deluge de Moise et la hauteur des eaux.
II conlredit ensuite I'asscrtion de Buckland , que les animaux
deces cavernes aient vecu en Angleterre. Enfin, il croit que les
calcaires qui conticnnent ces ossemens se sont consolides seu-
Icment apres que des courans y ont portc ces debris d'animaux.
A. B.
3. ExTRAiT DD Rapport fait a rAcaderaie des Sciences , dans la
seance du 24 juin 1822 , par M. Broncniart , sur le Memoire
de M. Constant Prevost, ayant pour litre, Geologic des
falaiscs dc la Normandie. {Annates des Sciences Naturclles ,
vol. I , mars 1824 j P- ^gS.)
Entrc Calais et Cherbourg, les depots secondaircs se sont
conforraes aux irn'gularites que leur ont offertes les roclies inter-
Geologic . 5
mctliaires, et leurs couches sont surtout horizontales dans la
pai lie supciicure de ccs depots et le milieu de ce bassin. M. Pre-
vost a construit une coupe ideale trcs-bien faite de toutes les
formations et dcs couches principales qui se presenlent an boid
de la mei", depuis Calais jusqu'a Cherbourg. L'assisc la plus in-
feri^ure est le calcaire brunaire a Grypliees arquees , elle est sur*-
montee d'assises marno-calcaires conlenantle Griphea Cymbiuin;
ensuite viennentlesoolithesauxquelsl'auteur rattache le calcaire
de Portland et de Caen. Ce dernier renferme des Cerithes fos-
siles qu'on avail mal a propos restreints au calcaire tertiaire ; on
y trouve aussi des restes de poissons et de reptiles. Le calcaire
a polypiers de Normandie forme les parties superieures de' ce
depot. Des sables et des marnes argileuses bleuatres a croco-
diles (Capdela Heve) et a fossiles caracteristiques scparent le
calcaire jurassique de la craie; on avait confondu ces marnes avec
celles du lias. La craie inferieure grise est tres-sablonneuse et
montre peu de silex. Au-dessus de la craie, il y a quelques lam-
beaux de calcaire d'eau douce a Limnees et a Planorbes. Les li-
gnites sous la craie, sont toujours eparsesen petitsamas, tandis
que les lignites de I'argile plastique sont bien plus etendues. A
Test de la riviere de Dive , les alluvions ne presentent que des
debris de la craie inferieure, et a I'ouest de cetle meme riviere,
ce ne sont que des fragmens intermediaires du Cotentin. Dans la
seconde partie du travail de M. Prevost , M. Brongniart fait re-
marquer parmi les rcsultats les plus interessans, des lits de silex
flechis ou abaisses, et les idees de M. Prevost sur Valogne. Suivant
lui. Ton trouve a Valogne les coquilles de la craie inferieure
superposees aux coquilles du calcaire tertiaire parisien, parce
que ces depots situes dans des cavites allongees sont des pro-
duits de transport violent. L'auteur s'appuie sur la position de
Valogne par rapport a la ligne de direction principale de la val-
lee de la Seine. M. Prevost identifie le terrain tertiaire de I'ile de
Wight avec celui de Paris , et celui de Londres avec celui d'An-
vers. M. Brongniart croit que le calcaire a polypiers reuni au cal-
caire de Caen sont les representans du calcaire le plus supe-
rieur des montagnes du Jura. A. B.
4. Premiere course gkologique dans le departement de la
Manche. Observations communiquocs par M. de Caumont a
la Societe linneenne dc Caen , dans sa seance du /, aoQt 1823.
^ Ge'ologie.
L'aiifenr a parcomu le canton de St.-Clair, les rives de la
Vire jusqu'a son embouchure , et le pays au N.-O. de cette riviere,
Misqu'aValogne. ABaynes comraencentlesgrauwackesschisteuses
mii sont traversces de filons de quartz, a Rieu, Cerisy, etc.
Snr la rive droite de I'Elle, vis-a-vis de Savigny, il y a des phyl-
ladcs fort inclinces, et de I'autre cote sont les grauwackes schis-
teuses. Ces deux rorlies occiipent les communes de Clouay,
Couvains, St.-Georges-d'Elle , St.-Quentin-d'ElIc , Berigny,
Mesnil , Housselin , Yillers, Fossart , St.-Clair et une partie du
territoire de Moon et de Semilly. A Clouay, il y a un banc cal-
caire,et le gres rouge ancien des Allemands occupe une partie de
la commune de Moon, et se trouve peut-^tre ca et la dans le can-
ton de St.-Clair. II y a du caicaire noir de transition a la Mauffe,
a Cavigny et Bahais ; il s'etend des deux cotes de la Vire avec
une Inclinalson de 12 a 35 degres, jusqu'a Aisel et St.-Fremond.
Cette roche reparait souvent dans la Manche; a Bahais, elle
esttres-dure et contient des Terebratules et des Encrines; a Ne-
hou et Coutances, il y a encore d'autres fossilcs. A St.-Fre-
mond, le caicaire contient des fragmens de schiste , de gres et de
marbre; il reparait a Mont-Martin, a Lison, a Neuilly, et meme
au Petit-Vey oii cette roche rougeatre ou verdatre s'enfonce
sous le lias. Pres de Carentan, il n'y a que des alluvions avec
beaucoup de bois. Le lias reparait a une lieue de Carentan, en
allant vers Valogne. II alterne avec des argiles ; il renferme des
bancs de niarne bleue, de pierre llthographlquc, peu de silex et
des gryphees , des ammonites, des belemnites, des peignes et des
plagiostomes. Les limites de ce depot sont Brevans, St.-Come-
du-Mont, Hauteville, Beuzeville, Chef-du-Pont , Sainte-Mere-
Eglise, Freville , Ecausseville, Joganville et Saint- IMarcouf. A
Bloville le lias a une couche coquillere qui pent se polir. A Sainte-
Mere-Eglise il y a des blocs qui ne soul qu'un agrcgat de co-
qullles et d'encrinites. Le caicaire de Valogne est blanc et ren-
ferme des oolithes et des peignes. Ses couches sont horizontalcs ct
renferment dans leur milieu un banc de marne bleuc. Cette ro-
che , posterieure au lias , se voit encore a Alaime , le Ham , IJr-
ville, le Homme, Cretteville, Bcaute et Appeville. An-dessus de
ce depot \ient le caicaire a bnculites, qui est compacte et ana-
logue au caicaire a polypiers de Lisieux, et il renferme des fos-
siles de la craie et de ce dernier caicaire. On le voit dans les
paroisses de Freville, PicauviUo, la Bonneville, Regnr-Viilo,
Ge'ologie. 5
.^M„te-Colo.nbe et GolleviUe. Un lalun aiK.logae a celui de Gri-
fcmon se irouve a GolleviUe, Ranville-la-Place , Creville, Gour-
besv.lle , Oiglande et dans d'autres lieux voisins. II y a des dents
de requm , des os de cetaces et des coquilles de Grignon. II y a
un tuf de calcaire entre Carentan et Periers, et dans le terri-
to.re d'Auxais St.- Andre, et St.-Georges de Bouhon, Nay, Gon-
freville. Gorge et Sainteny. Son grain ressemble a celui de cer-
tains calca.res a polypiers, et il renferme beaucoun de fossiles
indiques par M. de Gerville. A. B.
5. EXTRAIT DU PREMIER MEMOIRS DE M. DE CaUMOWT, SUP la geO-
o^e del'arrondissement de Bayeux, lu le G octobre 1823, a
la Societe linneenne de Caen.
Le sable de Bayeux repose sur des rognons calcaires et sili-
ceux supeneurs au calcaire a gryphites arquees (St.-Vigor, Bar-
bevdle Esquay), ou sur des galets, ou le gres rouge ancien ,
ou sur les sclustes inlerraediaires (Haye Piquenot). Une couche
d argile le supporte goneralement, et des galets intermediaires
ct des silex meles d'argile ou clmentes en poudingue le recou-
vrent. Cette derniere masse est souvent remplacee par de I'argile
et dugravier. Le sable est brun, jaune ou blanc, suivant la
quanlite de fer qu'il renferme, ct il forme des couches dlverse-
luent inclinoes et m£^me arquees. Ce banc a 3o a 40 pieds d'epais-
seur et ne renferme jamais de fossiles. L'auteur en donne ensuite
des coupes en differentes carrleres, et termine sa note par la
distribution de ce depot. II occupe une grande partie de la pa-
roisse dLsquai,de Vienne, des Capdles, de Caugy, de St -Vi-
gor de Cotien , de Crouay, de Lebreuil , de le Fronqnai et de Li-
try. II se trouve egalement a Bernecq, Vouilly,Barbeville etVau-
celles, elc.Onpeut evaluer a 10 lieues I'espace qu'il occupe. L'ai-
teur est porte a lecroireposterieuraux calcaires oolitliiques,parce
qu un sable analogue est inferieur a la craie du Calvados. A. B.
6. Notice sur i,a contree basaltique des deparxemei^s de
Rhin-et-Moseli,k, et de la Sarke. ( Me.n. de la Societe de
Phjs. etdhist. Nat. de Geneve, Vol. i,p. iS;.)
A Thai pres de Coblentz il y a une source acidulc; une autre
plus saline qu'acide existe a Schmahl Brunnen pies Frauen-
kirk. Lauteur decrit les carrieres de Niedcrmenig. II a ob-
serve sous la teiTC vcgelale, .5 a 20 pieds de ponce, une argile
gnse et a liagmens bas,,ltiques, et enUn la lave prismee. A cclte
6 Geologic.
occasion, Tauteur (lit avoir observe des divisions prismatuiues
dans Ic sel de NortYi^ich. Inferieurement la lave devlent si com-
pacte qu'on nc I'explolte pas. Pres de Beln il a visits la source
acldule ferrugineusc , I'Edelbrunnen et la carriere de tuf volcani-
que appelec pierre a four ( Backofenstein). Pres du lac de Laach
il decrit une grotte remplie d'acide carbonique, et il indlque des
basaltes prismcs a Remagen et a Andernach.
II a vislte ensuite Berlrich ou 11 y a une source thermale de
36" R. , et ou il decrit des chaussees basaltiques, un cratcre ct
une coulee distlncte. Une liste de )8 echantillons, presentes au
Musee national , terinine ce nn^moire. A. B.
7. Memoires sxjr le MONT SoMMA, avcc 2 notes sur les tufs vol-
■ canlques et le Vesuve, par L. A. Necker. {Mem. de la Societe
(I'Hist. Nat. et de Phrs. de Genwe, v. a, i''^. partie, p. i55. )
L'auteur commence par monlier que le mont Somma etaii,
avant I'eruptlon de 79, une portion du cone volcanique, et que
ce n'est que depuls cette epoque que le si^ge des eruptions s'est
transporte a rendrolt actuel. II se fonde sur ce que les autcurs
n'ont pas parlc de la division du Vesuve en deux clmes, et que la
distance de la sommite de cette niontagne a son pled, ne corres-
pond plus avec celle qu'lndlquent les auleurs anciens. L'auteur
donne une idee de la situation et de la configuration exterieure de
la Somma ; tout le monde salt que le cone du Vesuve est separe au
nord par I'Atria del Cavallo, de la cr^te deml-circulaire et escarpee
au sud du mont Somma. L'auteur indlque de plus sur les escarpe-
mens ct la pente nord de cette derniere montagne dlfferens ravins
ou enfoncemens. La lave ancienne du mont Somma ressort de sa
base couverte de tufs volcaniques. L'auteur a distingue dans cette
lave des lits borizontaux et de diverses couleurs. Les lits sont
inclines vers la plalne sur un angle de 3oo. et sont arques. Les
laves basaltiques sont amplilgeniques et cette pate est un melange
de pyroxene ct d'ampblgene. L'auteur pcnche a croire que cer-
tains lits, en apparence decomposes et leri-eux, sont des espcces de
luffs volcaniques fortement tasses et ciment*2S. On volt de sembla-
bles fails Ic long de I'arete occidentale du Prlmo Monte. Les blocs
tipars el fragmens d'autres laves ou de cHaux carbonatee n'ont pas
cle rejetcs par le volcan , el avaient fail partie, sulvant l'auteur,
dc quclquc coulee. Les lits de la Somma varient en epalsscur, ct
jeurs divisions regulicres disparaissent ca ct la. Sur la crelc meme
Geologic. 7
de la mnnlagne , II y a des blocs composes de pyroxene, d<; mica ,
de hniiyne , etc. La muraille de la Somma est Iraversee de filons
qui se pi'olongent du haut en has jusqu'a differentes profondcurs,
el qui divergent d'un centre commun , comnie les rayons d'un
arc dc cercle. Ilssont verticaux, ou devienl deaoodela verticale;
ils sent tous formes, a I'exccplion d'un seul, d'une lave feid-
spathique tres-compacte , plus pyroxenique qu'ampliigeniqrie.
Celte derniere substance n'abonde pas dans le filon du raont Ota-
jano, et dans celul du \ned de la polnte del Nasone. Du peridot et
du felspath vltreux existent dans ces filons; leur milieu a un grain
])lus grossier que leurs cotes. lis sont divises en prismes liori-
zontaux , ils n'ont aucune salbande , iis se terniinent quelquefois
brusqucment en pointe, enfin ils font saillie par suite de la de-
composition de la lave environnante. Leur ^paisseur va jusqu'a
lo a 12 pieds, et leur longueur de a a 3 toises , jusqu'a 4 a 5oo
j)ieds. Leur pointe ou terminaison est dirigee en bas ou en haut,
les plus larges sont ouvcrts en bas et pointus vers le haut , et quel-
ques-uns sont entierement renfermes dans la roche et ont alors
une ou deux pointes. L'auteur decrit et figure un filon du mont
Otajano , sur les cotes duquel les lits de lave sont redresses. Les
accidens se voientblen sur les rochers, entre le canal de la Reine,
ct le canal de I'Enfer; il y en a qui changent tout a coup de direc-
tion, et qui s'interrompent pour I'eparaitre plus loiii, ou qui se bi-
furquent, ou enfin qui se coupent et produisent des failles. Ces
croisemens font que les filons du pied du rocher de la pointe del
Nasone se presentent sous la forme d'etoiles bizarres a 4 ou 5
branches que l'auteur a figuiees. Les rochers du Primo Monle
presentent un filon qui a sa base a 1 1 pouces de puissance, et est
borde de cliaque cote, et pendant un espace de ii pieds, d'une
lislere de 6 lignes d'une lave vitreuse. II traverse une lave breche
poreuse et dccomposee qui renferme quelqucs fragmcns de la me-
me lave vitreuse. Plus haut ce filon s'elargit beaucoup. L'auteur
etablit ensuite les rapports et les differences qu'il y a enlre ces
filons et les dykes des ilesbi-itanniques. Lesseules differences qu'il
indique c'est que les dykes traversent toutes les formations jus-
qu'a la craie, qu'ils sont remplis de gninstein, de basalte et dc
wacke, et non de lave amphigenique. Les filons de la Somma ne
produisent pas les alterations au contact, et les inllcxions qu'on
observe dans le voisinage des dykes. Peutetre que la nature de la
lave, serapprochant de cellc de la rochc des filons, n'a pas pcrmis
8 Geologie.
ces changemCTis k la Somma. L'auteiir s'expliqne la formation des
cones volcaniques en disant que ce sent des entassemens inclines
de tout cote, composes de coulees de lave et de matieres rejefees,
et que le volcan ne se fait jour a sa base que lorsque ces accumu-
lations de matieres volcaniques sont devenues trop grandes. II ne
croit pas qu'un volcan <i\e\e tout-a-coup des montagnes, et il
puise son explication dans la structure de la Somma. L'inciinai-
son de la surface exterieure du cone du Vesuve lui a toujours
paru etre de So". II emploie ensuite cette idee pour reconnaitre
comme ancien cratcre , les environs dela Solfatarre, du lac d'Ag-
nano, de I'entonnoir du mont Astruni. A ces crateres il oppose
les enfoncemens accidentels du lac de Monterosi, des environs
de Rome , etc. Les filons ont ete , sulvant I'auteur, remplis de b.is
en liaut lorsqu'ils traversent toute la crcte de la Somma, et de
haut en bas lorsqu'ils se terminent clans son milieu. Quant aux fi-
lons qui ont !a fausse apparence d'etre de formation contempo-
raine avecla lave, I'auteur recourta un epanchement lateral. L'au-
teur, dans sa note sur les tufs, distingue i°. des laves alterees
par des exhalaisons des solfatarres, et reduites en terre blanche;
a", des agglomerats de ponce ou de cendres et de lapilli, qui
alternent avec les laves solides, et font partie des cooes volcani-
ques ; 3°. un agglomcrat , en grande partie ponceux , gris , jauna-
tre ou blancliatre, ayant le meme gisement , et entourant a I'or-
dinaire le pied des cimes volcaniques. L'auteur indique cette roche
a Pausilippe, et aux chateaux de St. Elme, de Pizzi-Falcone et de
Capo <li Monte , au-dessous de I'ermitage du Vesuve; elle alterne
avec I'espece precedente , et elle tient a un veritable gres marin
micace qu'on trouve le long de la Fossa Grande. Des empreintes
de bivalves marines s'y rencontrent, ce qui montrequeces roches
ont ete deposees sous la mer, quoiqu'il soit difficile de les separer
des tufs qui ont enseveli Pompeia ; 4". des roches volcaniques par-
ticulieres, a structure presque arenacee, et a fragmens de lave
( plaine de Sorrento ). Ces derniers paraissent passer a la pate
de la roche , qui a quelquefois une structure prismatique. L'au-
teur y rapporte les laves ancienncs de la Scala et des Grana-
telles, dont Werner avait lait son graustein. II revlent sur les
blocs ou abondent tous les beaux mint5raux du Vesuve, il rap-
porte avoir trouve des geodes de ncpheline et de meionite dans
des laves compactes entre Resina et I'ermitage, et il dit que le
Vesuve ne rejette jamais de masses semblables. Les cailloux cal-
Geologic. 9
caires ou de dolomie lui paraisscnt rejetes par le volcan ou de-
rives des tufs ou des laves de la Somma. Le Marmo greco du
Vesuve provlent de quelque reste d'edifice ancien. Dans la note
sur le Vesuve, I'auteur rcvient sur son idee qu'un cone volcan i-
que n'est qu'un amas de couches en forme de cloches fort eva-
sees et placees les unes sur les autres. II parle ensuite de I'effet
du refroidissement sur les courans de lave, qui rend la surface
vitreuse , la partie centrale fort cristalline , et donne au reste un
grain fin. Parmi les amas de scories et de laves boursoufflees du
Vesuve, I'auteur a observe souvent des bandes de laves lithoides
fort compactes et sans surface scorifiee, et presque sans vacuoles^
parce que ces laves ont coule dans des canaux, et que le refroi-
dissement a ete fort lent et a permis I'echappement des gaz, en
laissant la surface long-temps fluide. On peut citer pour exemple
le courant qui s'est fait jour en 1817, au pied du cone, un peu
au-dessous de I'Atrio del Cuvallo, et qui , apres avoir forme une
grotte, a coule dans un canal de lave. Le sel blanc qui tapisse
cette grotte provient du lavage des sables volcaniques par les
eaux pluviales. L'esquisse 4u Vesuve et de la Somma en 1820,
accompagne ce memoire d'un interet tout particulier. A. B.
8. Voyages geologiques dans les etats de Parme et de Plai-
sance , dedies a S. M. la princesse imper. Marie - Louise
d'Autriche, etc.; par Giuseppe Cortesi . professeur hono-
raire de zoologie. Vol. in-4°. , avec 7 pi. Plaisance; 1819.
Dans le premier chapitre I'auteur donne une idee genera le des
collines coquilleres des duches de Parme ct de Plaisance qui s'e-
tendent au pied des Apenninar. Quoique fort sujettes a des des-
tructions, elles atteignent cependant jusqu'a 1600 pieds d'ele-
vation, et s'approchcnt ainsl du mont Rovolone, qui est le se-
cond en hauteur dans les Euganeens. Les couches y sont inclinees
au nord sous un angle de 10 a 20 degres, et elles se prolongent
sur les pentes des Apennins , ou elles presentent d'abord des
marnes et des sables a cailloux de gres , de calcaire , de serpen-
tine et de granite , etc. , puis des couches de calcaire fissile et
facile a casser, et enfin des calcaires plus solides que I'auteur
appelle secondaires.
L'auteur regarde ce depot comme celui d'une mer qui sur-
montalt les plus hautes cimes des Appcnnins, ct il est aussl d'o-
pinion que les cailloux de la plaine de la Loinbardie ont etc
10 Geologic.
acciimulcs la pctr des rivieres apres Ic rctrnit de la mer. Dans \e
second cbapitre I'auteur traite des fossiles du legnc aniiniil ct
vegt^tal, et il consacie un article a part a chaque classe. Le j)rc-
mier est consacre aux vers marias de Linne, qui sont quelquef'ols
fort bien conserves dans la marne, et ont encore leur couleur^
Icurbrillant et leurs ligamens. Lenombre des especes s'en eleve a
GSo. Les testaces fossiles se divisent en quatre classes; la pre-
miere comprend ceux qui sent indigenes a la mer Adriatitjue et
a la Mediterranee, et ileu compte i3o especes ; la seconde dassc
embrasse ceux qui sont communs a ccs mers et aux raers eti-an-
geres, comrae la Patella sinensis , le Solen ensis , V Anomia cphip-
piuin ; dans la troisieme il n'y a que les testaces des mers. loin ■
taines, par exemple , le Buccinum plicatum , le Murex cornulas ;
la quatrieme enfin contient les especes perdues. Des observa-
tions futures modifieront naturellement celte classification. Les
couches presentent souvent deux a quatre especes de coquilles
enfouies ensemble et quelquefois seulement une famille qui est
en rapport avec quelque moUusque ctranger. La presence de
certains madrepores des mers profondes est , pour I'auteur , une
preuve de la grande profondeur de la mer au sein de laquelle
ces depots ont eu lieu. Dans un appendice a ce premier article
I'auteur parle des testaces lilhophages et perforans. On ne les
trouve que dans les lits lithoides, et les trous sont quelquefois
rempiis seulement de terre , ce qui raontre que le mollusque
etait nu. L'auteur nie que les testaces perforans attaquent les
roclies siliceuses , et il compte dix espcrcs de ces animaux.
L'article second de ce cbapitre traite des crustaces ; le qua-
trieme des squelettes de baleines et des cetaccs ; le cinquieinc
des quadrupedes; et le sixieme des plantes. Quant aux quadru-
pedes , I'auteur observe qu'ils gisent sous des depots marins a
testaces , disposes par families , et que la mer au sein de la-
quelle ils ont cle deposes devait avoir plusieurs milliers de
pieds pour perraettre dans son fond des depots si Iraiiquilles.
11 a recours a une inondation tres-anteiicure et a un transport
|)Our expliqucr ccs debris d'elephans et dc rhinoceros, et il sup-
pose (juc ce cataclysnic a eu lieu avantl'existence deshoranics. Le
Iroisieme chapilre s'occupc iles miiieraux des colllties coquilleres ;
dans le premier article il parle des substances cristallines , en
particulier du gypsc irapczicn ct de la chaux carbonatee des
inarnes. Le second arlicic comprend les substances amoiphes : <;e
Geologic. , I T
sont surtout le iripoli , les agalos , les caltedoitios ct Ics caillonx
siliceux ^ discolitlies. Dans le troisieme article il parle des eaux
minerales, des sources salt5es pies de Parme , do leur degre de
salurc et de leur emploi. II y en a qui sont acidulcs et d'autrcs
incruslantes. Apres cela viennent deux Icltres sur la montagne
de Saint-Genesio dansle Plaisanlin , ou un effet d'optique co-
lore en vert les pieds des promeneurs. Enfin I'ouvrage se ter-
mine par quatre petits voyages ; le premier a eu lieu a Vernasca,
au Sudde rirenzuola.Lcsmarnes et les sables se terminent a Ver-
nasca, et ne pr<5sentent aucune des depoiiilles fossiiesordinaircs
a I'exception de quelqnes dents de squales et pent - ^tre d'un
crocodile analogue a celui de Maestricht. Avant Vernasca il y a
des couches calcaires inclinecs le plus souvent au N. et au N.-O.
et formant la base de la zone fossile. A Vernasca le calcaire est
schisteux et dendritique ; il renfcrme souvent de la baryte et de
la pyrite. Le second voyage a eu lieu de Velleia a Gropallo. II
j)ense que Velleia a ete enseveli par un eboulement , et il s'<5tend
sur I'arcbeologie de cette infortunee cit6. A Gropallo et dans les
environs , M. Cortesi a vu sur le calcaire stratifie , des blocs
de granit, de silex , de quartz , de serpentine , etc. Le troisieme
voyage a ete a Serravalle. On peut remarquer les grands blocs
de granites sur les montagnes secondaires ; I'auteur suppose qtie
ce sont des masses rejetees par des volcans fort anciens et em-
patees ensuite dans les rocbes secondaires ; la destruction les a
mis au jour. Le quatrieme voyage au bourg Taro commence par
une dissertation palseographique. II trouve dans ces montagnes
le calcaire de transition sur la grauvpacke, etla premiere roclie est
souvent en couches arquees a la maniere de deux arcs de cercle
opposes I'un a I'autre, position que I'auteur attribne a I'echap-
ment de quelque gaz. Get ouvrage se termine par quelqucs re-
flexions sur les voyages precedens dans lesquels il recherche pour-
quoi les depots calcaires subapennins ne renferment pas les fossilcs
des Apennins. II n'adopte pas I'explication de M. Cuvier, et il
croit en trouver la cause dans une crislallisation trop rapide de la
matiere calcaire lors du depot du calcaire ajjcnnin. A. B.
(J. CoMPTE UENDU d'un Voyagc geognostique dans une parlie
du duche de Weslphalie , par le prince de Salm-Horstmar,
avec une carte petrographique et des coupes. ( liheinland
Ji\stph(ilcn (Ic Noggcnilh , 3''. volume, 182/1.)
13 Geologie.
L'auteur y rend compte d'un voyage ialt de Liinbourg a
Ruliden et Lippstadt, et de la a Stadtberg, Berlebuig el Met-
ncrlshagen. II a eu occasion d'observer plusieurs fails interes-
sans, parrai lesquels il suffit de reinarquer une caverne a osse-
mens dans le calcaire intermediaire de Sundwig, des alternats^
do gres coquillier, et de grauwacke a Valbert, et des domes de
porphyre intermediaire a Brucldiausen. 11 a aussi cru recon-
naitre le zechslein et le schiste cuivreux , pres de Oberstadt-
bergen , et au dessus , du schiste argileux de transition. II con-
fond le gres vert de Ruhden avec le quadersandstein , et decrit
la craie chloritee ou grossiere avec laquelle il est lie. II a ob-
serve avec soin la direction et I'inclinaison des couches qu'il a
rencontrees ; la direction est de I'ouest a Test et I'inclinaison est
dnns les 7 des cas au sud , et dans I'autre \ au nord. L'angle d'in-
clinaison depasse plus souvent 40" qu'il n'est au-dessous de 3o".
L'auteur croit avoir reconnu quelquefois que les couches des
schistes forraaient des ellipsoides. Son memoire se termine par
des observations generales sur chacune des roches obser-
vees. A. B.
10. Expose comparatif des points du Wurtemberg dont la
hauteur au-dessus du niveau de la mer a ete observee, aceom-
pagne de remarques sur leurs roches principales , la nature
de leur air et les rapports generaux de leur vegetation, et
servant d'explication pour une carte des hauteurs ; par le pro-
fesseur Schubler a Tubingen; iSaS.
Le Wurtemberg jouit d'une grande diversite de climats et de
fertiiite, soit a cause de la position plus ou moins elevce de scs
differens districts, soit a cause dela variete deson so!. L'auteur
a dresse une table des hauteurs du Wurtemberg fort intcres-
sante, et ces hauteurs sont indiquees sur une echelle jointe a sa
carle des differens points et montagnes mesures. Ces determi-
nations out etc failes par lui et le professeur Bohnenberger ,
ct se trouvent deja en grande partie dans la 1!'. edition de la
description du Wurtemberg par Memminger.
A cote de cette echelle des hauteurs il y a une colonne con-
sacrce a raontrer les variations observees a differentes hauteurs
dans la lemp(5ralure nioyenne de I'air, la moyenne des degr«5s a
laquelle bout I'eau, la moyenne de la densile de Fair et de sa
quaiilile d'acidc carboniquc. II en dcduit que les changemens
Geologic. 1 5
do temperature out heancoup plus d'influence sur la quantiie
d'acide carbonlqne do I'alr que los cliangemens dans la pression
de I'air. II donne une table de la quantite moyenne d'acide car-
bonique que I'air renferme a Stuttgard pendant les differens
mols de I'annee , et la fonde sur des observations de dix annees.
Sa carte contient de plus une coupe des formations du Wurtem-
berg. Le gres rouge alleraand y recouvrirait , suivant lui , le
gneiss de la foret Noire et serait reconvert de zechstein, de gres
bigarre , de calcaire a gryphite alternant avec le quadersands-
toin , et de calcaire jurassique. II consacre une colonne a I'enu-
meration des petrifications de ces differenles formations, d'oii il
rt'sulte manifestement que son zechstein est le muschelkalk et
son calcaire a gryphites le lias. Dans une autre colonne il a reu-
ni le resume de ses longues observations sur les differens sols
du Wurtemberg; dans une autre se trouvent les temperatures
moyennes de differens lieux dans differens mois, la quantite
moyenne de la pluie , etc. II y donne aussi une idee genc^rale de
la vegetation : les chenes manquent dans les forets elevees de la
foret Noire , les champs s'elevent jusqu a 2800 a 3ooo pieds
au-dessus de la mer; les arbres fruitiers a 2000 pieds, les vi-
gnobles a i5oo ou 1700 pieds , mais les bons vignobles seule-
ment a 1000 ou iioo pieds. Entre 900 a 400 pieds au-dessus de
la mer on cultive les meilleurs fruits.
II donne une table comparative de la quantite relative des
diffeientes families des plantes en Wurtemberg, en Allemagne
et en France, et enumere dans une colonne scparee les plantes
los plus remarquables de la for^t Noire , de I'Alpe de Souabe ,
du Kaiserstuhl et des vallees du Rhin et du Necker. A. B.
II. Neueste Landskdnde des Erzherzogthums OEsterreichs
unter der Enns. Description recente de I'archiduchc d'Au-
triche sous I'Enns; par C. W. Blumenbach. Vienne; 1816.
Comme les ouvrages autrichiens de ce genre sont rares , nous
rappelons cclui-ci, qui est fort interessant. L'auteur y dccnt
d'abord la chaine des Alpes, ses branches et ses ramifications et
donne beaucoup de hauteurs mesurees. II entre ensuite dans les
m^mes details sur la chaine de Boh^me et de flloravie, il parle
des vallees et des plaines, il donae un apercu geologique des
dlfforentes formations et des roches de ces montagnes et dc ces
1 4 Geologic.
has fon Js , ct il termine son ouvrage par one enumeration me-
thodiquc de tous les miiieraux de cette partie de rAutriche. A. B.
12. Analogie entre le muschelralk des Allemands et la
FORMATION DU CALCAiRE ALPiN, deduitc dc leurs petrifica-
tions ; par le professeur S. A. Catullo. (Journal de la Litte-
rature italienne, vol. 19 dela seconde serie, ma.\ etjuin iSiS.)
L'autcur donne dans ce meinoire un extrait de la description
du Muschelkalk , par M. Boue ; il cite ensuite Ics fossiles de ce
terrain d'apres M. de Humboldt, et il cherche a etablir que ces
derniers se trouvent dans d'auties formations; ainsi la Pcntacri-
nites mlgaris se trouve dans le calcaire tertlaire de Verone , etc.
Le calcaire alpin du Bellunois contient 11 Ammonites nodosus du
muschelkalk , et M. de Humboldt a enumcre quelques fossiles
comme communs aux calcalres alpins et au muschelkalk. Nous
nous perraettrons de remarquer que ce dernier fait n'a rien de
surprenant, que le calcaire alpin du Bellunois est probablement
le muschelkalk , et qu'il s'est gllsse quelques erreurs dans I'enu-
meralion des fossiles de dlfferentes formations faite par M. dc
Humboldt. Dans la seconde edition de son ouvrage elles seront
probablement redressees. ^- ^■
l3. ESQUISSE DE LA GEOLOGIE DU SUD DE LA RtlSSlE ; par M. W.
F. H. Fox Strangways; lu a la Soclcte geologique de Lon-
dres, le 5 mars 1824. {Philos. Magaz. de Tilloch, mars 182/,.)
Les steppes delaRussiesont limites a I'ouest par les Carpathes
de la Transylvanie , au sud par le mont Hemus, la Chersonese
taurique et le Caucase; a I'est , par les monts Ourals, et au nord
par la ligne qui va de I'embouchure de la Rama au Dniester , sur
les frontieresde la Podolie et dugouvernementde Kherson. Leur
longueur est deaooo raillcs et leur largeur de 900. Une espece de
canal ou bassin s'litend a travers les steppes de Perecop a la raer
Caspienne , et d'Aral, et les divise en deux. Ce bassin forme les
steppes salins, tandis que le reste de ces plaines est granltique
ou calcaire. Le steppe nord pent se diviser en 5 parties, i ". celui
du gres bigarrc saltfere et gypsifere , sur les deux cotes du Volga
au-dessus de la Samara. 2". Le steppe de Saubof et du Volga
moyen de Samara a Tzaritzin; la partie nord renfcrme du cal-
caire blanc et la portion sud du gros qui se lie avec le steppe du
Don. 3°. Le steppe calcaire septentrional du Don est compose
de grcs cntre Cherkask et rembonchure du Donctx. Apres ccla
Geologic. ^ 1 5
commence une granJe etendue de calcaire coquillicr recent qui
s'otend probablement a Iravers I'Ukraine et se lie au calcaire
grossier de Volhynie et de Gallicie. 4". Au sud et au sud-est de
ce district , il y a le steppe ou plateau granitique qui est lie aux
Carpathes et paste le Dniester a Doubosar. 5°. Le steppe cal-
caire intermediaire qui est separe du precedent par un gres et
qui est une masse immense qui s'etend par la Moldavie , la Bes-
sarabieetle gouvernementde Kherson. Le bassin salin est la clef
de I'etendue primitive de I'union ancienne de la mer Noire et dc
la mer Caspienne. Au sud de ce bassin il y a un steppe calcaire
qui comprend la Crimee et s'etend au pied du Caucase. C'est un
calcaire qui repose sur le calcaire grossier. Les plantes marines
ou plutot du solfolia ont fait croire que les steppes eleves avaient
etc autrefois le fond d'une mer; mais leur hsuleur de 700 pieds
au-dessus de la mer Noire , et de 1000 pieds au-dessus de
la mer Caspienne, ne permet pas cette supposition.
Ce memoirc se lei'mine par des observations sur I'etendue pro-
bable qu'avait la mer Caspienne et celle d'Aral et leur union
avec la mer Noire. A. B.
i/j. Beitrage zur Kenntniss Norwegens. Observations pour
servir a la connaissance de la NorAvege, faites pendant les etes
de 1821 et 1822, par Charles-Frederic Naumann. ( i*^*^. vol.
avec des coupes et deux cartes. Leipzig, 1824.)
Dans la preface I'auteur montre qu'on n'a pas de carte dc-
taillee et exacte de la Norwege. Celle de Pontoppldan est tres-
fautive, mais le major Capelan public, sur une echelle double,
une carte bien meilleure 011 sont indiquees les limites des ter-
rains dans les endroits examines par les geologues. La courtc
duree de I'et^, les espaces deserts, le manque de gite, et meme
quelquefois la defiance des natifs sont encore des causes qui
entravent les voyages en Norwege. L'auteur joint dans cet ou-
vrage , aux observations geologiques , des remarques sur la hau-
teur relative de certains points, sur la limite de la vegetation,
et sur celle de la neige perpetuelle , et sur la vie et le caractere
des habitans. Dans le premier chapitre l'auteur fait remarquer
les filons de porphyre dans le terrain dc schiste intermediaire et
de calcaire des environs de Chrisliania; tandis que le porphyre
recouvre cette formation a .Tonsrud , et git sur un gres pres de
Ringerige.
1 6 Geologic.
A Skutterud , il y a des petils filons d'amplubol<; , de cobalt ,
de pyrlle cuivreuse dans un micascbiste. Pros GicIIeback , il y h
uii marbre gronu qui repose sur le granite , tandis qu'il est suivi
d'un calcaire compacte coquillier. Pros de la sicnite du mont
Skrimfields, les coucbes de scbiste et de calcaire prennent iine
inclinaison beancoup plus forte, et deviennent siliceuses. L'au-
teur donne une coupe des allernalions de gres et do rocbes
basaltiques pres Holraestrand. A la ferme Ekeberg, un granite
intermediaire se prolonge en petits filons dans un calcaire grenu
qui doit peut-etre sa texture au contact de cette rocbe ; I'auteur
en donne deux figures fort interessantes. Le second cbapitre con-
tient la description du jNuinmedalen qui est forme de gneiss , et
de quartz grenu, et une tab'e de liauteurs determinees baromi';-
triqnenient. Le troisieme cliapitre rcnferme une course de Kong-
sberg a Soledal ; un granite parait renfermer beaucoup do
fragmens de gneiss , pres de Hommelund. II y a aussi une table
de hauteurs , et I'indication de la limite de la vegetation des
bouleaux dans differens endroits. Le quatrieme cbapitre est con-
sacre au recit de plusieurs excursions autour d'UUensvang, et
de la a Samnangerfiord. L'auteur y donne d'interessans details
sur le gneiss et le micascbiste, qui sont les roches doniinantes ;
une table de hauteurs termine cet article. Dans le cinquieme
cbapitre est exposee la constitution geologique de la presqu'ile
de Bergen et de la c6tc,entre les6o™<'. et 61™^. degres de latitu-
de. II y a des coucbes de wcisstein et de diabase , pres de Gul-
field. A Biorkeland il y a une belle euphotide ; cette contree
presenle en general des alternats de gneiss , de micascbiste ,
de diabase, d'ainphibolite , et de rocbes feldspathiques ; la dia-
base est entre des micaschistes. L'auteur donne des cartes et des
coupes, et accompagne le tout d'observations tres-curicuses.
Le sixienie cbapitre comprend des excursions de Promsdalcn
a Lesso, dans le Gulbransdalen. Le gneiss est encore la roche
dominante : quelquefoison yvoit unerocliecoinposee degren.it,
d'amj)hibole et de mica; une table de hauteurs se trouve a la fin
du cbapitre. Dans le septieine cbapitre l'auteur donne des de-
tails sur le caractere des Norwegiens de.s vallees; il loue leur
probite , leur bon sens , leur proprett^. Son ouvrage se ter-
mine par deux appendices; dans I'un il cherchc a montrcr
que les rapports geognostiques des rocbes d os environs de Cliris-
ti.inia condnisent a iidnietire, po\irles rocb-.'s granitoides etpor-
Geologic. 1 7
pliyriqiies , I'origine ignee plutot que I'orlginc ncptunienne ,
quoique I'auleur lui-meme soil enclin a celte dcrniere nianiere de
voir; dans le second il dit que reuphotide de Norwege a pour
base le feldspath tenace ou saussurite.
L'auteur proinetincessammentun second volume qui compren-
dra une description detaillee de quelques contrees de la partie
septentrionale du disU-ict de Bergen et du Dovrefield. A. B.
i5. ApERcti DE LA CONSTITUTION GEOLOGiQDE de la provIncc de
Malwa , et de quelques districts voislns , notamment du cote
du nord-ouest et de I'ouest ; tire d'une lettre adressee par
M. Dangerfield, capit. etingen. geogr., a sir John Malcolm,
et inseree par ce general dans son ouvrage sur Tlnde centrale.
Tome 2 , appendice n°. 2. Londres ; 1 82"?. ( Annul, des Scicnc.
Natiir., vol. i , mars 1824 > P-. 249-)
Le Malwa occupe le centre de I'lnde, entre les paralleles de
21" 3o' et 24° de latitude boreale ; c'est une plaine eievee, in-
clinant vers le nord , qui est Textreraite d'une vaste etendue de
trapp secondaire qui , a partir du Dekan , et raeme probablement
du Mysore, occupe tout le pays au-dessus des Gates, et une
partie des plaines infcrieures sur la cote occidentale de la penin-
sule , y comprises les iles de Bombay, Salsette et Elephanta. Les
Agates , les montagnes de Rajpeply et les grottcs des Brahmites,
se trouvent dans ce terrain compose d'amygdaloides , de gres ,
d'argile et de mineral de fer. Les montagnes ne s'y clevent guere
au dela de 6 a 700 pieds au dessus des plaines , et dans la province
meme de Malwa , la plupart sont coniqucs , et n'ont que 100 a
3oo pieds. Cette province est separee a I'ouest et au nord-ouest des
alluvions du Guzarate , par la cliaine primitive qui forme le
Mewar et Marwar.
Au sud , on descend du Malwa au Nemaur et au bassin de
Nerbudda, par des passages difficiles, a travers les monls
de Vindhya, eleves de iG5o pieds. Ces montagnes, ainsi que
celles du Malwa , sont composees de couches horizontales de
trapp oudcbasalte, et d'amygdaloides ; ces couches sont le plus
souvent au nombre de quatorzc , et leur epaisseur augmente dc
bas en haul ; la supericure a i5 a 3o pieds ; les amygdaloides
forment les bancs les plus cpais, ct le tout re])ose sur unecouclio
basakiqiic de 3oo plods , (jui forme le sol de la plaine inforicure.
Le trap]) forme des cscarpcmens , ct , par la decomposition de
B. TojiE II. o
1 8 Geblogie.
ramygdaloide , donne lieu a des pentes donees. Dans Ics nionts
Vindhya cette dernicre roche coptient des zeolilhcs et des infil-
trations calcaires et siliceuses. Entre Mundleysir et Mliysir,
le Gate ou defile dc Jaume presente des groupes de colonnes
basaltiques , reposant sur un basalle a pelits filons de quartz ou
de basalte ferrugineux.
Les berges de la Nerbudda entre Mundleysir et Chiculdali
presententSo a /jo pieds de marne endurcie, salifere, qui repose
sur lo a i5 pieds de raarne rouge , impregnee surtout de carbo-
nate dc soude. Pres de Mhysir , I'auteur dit y avoir remarque des
briqucs et de la poterie , et il n'y a trouve aucune apparence
volcanique.
Les roches Irappeennes forment aiissi les hautes plaines du
Malwa; les tertres sont couronnts d'une brcche trappeenne a
fragmens cellulaires. Le sol de la plaine est rouge ct noir, et la
tcrre vegetale a de 3 a i5 pieds d'epaisseur , et elle recouvre des
marnes a petites boules d'argile et a coquilles , telles que des
buccins , des monies. Le lit de la Nerbudda, pres Onkar-Mun-
datta , cliarrie des ammonites. A Test du Chumbul , il y a une
bande etroite de mineral de fer argileux cellulaire , qui s'etend a
travers cette pro-vince jusque dans celle d'llarrowtee, et qui
s'eleve rarement a 200 pieds. Le minerai, quclquefois botryoidc,
ou geodique , repose sur des gres. La partie nord du Malwa
est occupee par un gres brun ou gris, qui est surmonte de col-
lincs allant de Chittore aHorrowtee, et formce de feldspath com-
pacte (hornstone) ires-feuilletc dans le bas et compacte dans le
haut. AprcsDulput Poora, une contrce onduleeparait apparlenir
au gres bigarre; la roche est grise et rouge; mais au dela dc
Cheetakairee elle n'est que grise a taches rouges , et a lits minces
de calcaire grossier et de marne rouge. On y exploite , au sud
dc Cheetakairee et vers Neemutch, du minerai de fer mame-
lonnc. Entre Peeliah et Dewlia , il y a un terrain de calcaire ct
de gres, au nord duquel il y a beauconp de gyi^se et dc sel
fcmmc , et peut-ctre du terrain houiiler. A Connore commen-
cent les sienites; a Reindhir les granites; a I'oijesl viennent Ic
schiste argileux, une sicnite, etde nouveau un granite. Lc gneiss
a bancs de granite domine entre Durolee et les montagnes a
Test d'Odevpoor. Ces derniercs out 700 pieds dc haut, et sont
composees depcnphyrcoud'aggloniera Is reposant sur le gneiss ou
plutot sur le micascliiste.
Geologic, 19
Pres Soled.ir commencent les montagncs de Maunpoor era Su-
"ioombur, qui ont 7 ou 800 a 1200 pieds de haut , au-desslis de
la vailee de Duriawud. Ce sont des schistes a bancs de diabase
compacte et schistoide, et de calcaire grenu gris. Les schistes
argileux et chloriteux sonl presque verticanx, inclinant a Test, et
courant du N. N. O. au S. S. E. ; ils renfermer.t au iiord de Maua-
poor deux grands rochers de quartz de i5o a 200 pieds dehaut.
De semblables couches se voient dans les plaines de Suloom-
bur et Odeypoor. La vailee de Malpoor presente du micaschiste ,
du granite, et du gneiss, entre Beerawul et Suloombur. Le lac de
Deybur est entoure de gneiss.
Ces montagnes et celles de Odeypoor sont une branche de
la chaine qui va du sud au nord , entre le Maiwa , le Ratli , le
Bagur , et le Guzarate, et qui aboutit au Marwar. Les schistes
et les calcaires y doniinent. Du cote de Doongurpoor il y a
beaucoup de pierre o'laire ; au nord, les marbres et le cristal de
roche abondent ; et il y a aussi du cuivre , du plomb , et du
minerai d'ai'geiit. La descente du Malwa au Guzarate, vers le sud-
ouest , est plus graduelle ; les traps , que I'auteur classe toujours
parmi les roches hitermediaires , font place a des gres grossiers ,
a des calcaires, et a d'enormes bancs de quariz et de poudin-
gues. Le calcaire est rouge , m^le de blanc et a silex. Vers Goo-
rah commencent les schistes argileux et chloriteux; au dela de
Goorah , derriere le micaschiste, a Rajpoor, et jusqu'a Chota
Odeypoor, on ne voit que du granite. A Odeypoor, il y a un
calcaire rouge grenu, a petils cristaux de serpentine et a mica.
Pres de Jubboogam , il y a du granite; on ne revolt des roches
qu'a Guzarate, ou Ton exploite des gres grossiers. Vers Test et
le nord des frontieres du Malwa, on descend dans la plalne du
Bundelcund par une bande montagneuse. On n'y soupconne pas
de roches primitives. Un essal de carte geologique accompagne
cet important travail. A. B,
16. Societe geologique. — ■ Seance du 10 fevrier 1824. • — On
lit une notice sur la decouverte du squelette entier d'un animal
f'ossile du genre jusqu'ici nomme Plesiosanrus, par le revt^rend
Conybearc, T.-R.-S.-M.-G.-S. Le Plesiosaurus qui est I'objet
de ce meujoire a ele trouve dans le Has bleu de Lyme Regis en
Dorsetshire. Le squelette est complet dans toute la partie cxtc-
rieure de sa colonne verlebrale, et un tres-petit nonibre des
20 Geologie.
atitre^ parlies iler.initnalmanqiio. Dans le 5*^. vnliiino dos Trans-
actions de la Societe g(5ologlqne, Pt dans le i*^'. voliimo dc la se-
ronde serie des memes Transactions , Tanteur avail cssayc d'assi-
cner aux diffcrentes parties de I'animal qui avaient eto tronvces
dispersees et disjointes , leurs positions relatives dans Ic squclettc,
II observe , dans le memoire actuel , que ses suppositions sont
maintenant entierement confirmees dans tous les points les plus
essentiels. M. Conybeare , apres avoir fait remarqucr les erreurs
nu'il avail coinmises, decrit I'osteologie de eel animal fossile re-
marquable. Les traits les plus caracleristiqiies et les plus distincts
sont : la longueur exti'aordinaire du cou, qui est au inoinscgale
a cellc du corps el de la queue ensemble, et le nombre des ver-
tcbres , qui excede de beaucoiip celui d'aucun animal connu.
Srance du -xo/efrier. — On lit un memoire sur le Megalosau-
rus, ou grand lezard fossile de Slonesfield , pres d'Oxford , par
le reverend W. Buckland , F.-R.-S.-F.-L.-S., president de la S<i-
ciete geologique de Londrcs , et professeur de mincralogie el de
geologic a I'universitc d'Oxford , etc., etc.
Ij'auteur fait observer qu'il a etc determine a offrir a la Societi:
les representations des diiferentes parties du squelelte de i'ani-
mal fossile decouvert a .Slonesfield ,, dans I'espoir que les per-
sonnes qui possedent d'aulres portions de ce reptile extraordi-
naire voudront bien tiansmettre a la Soclcte toules les observa-
lions qui peuvent conduire a une restauration plus complete de
son osteologie. .lusqu'lci on n'a pas encore decouverl deux os de
cet animal en contact, excepte une serie de vertebres. Les dents
par analogic se rapportent a I'ordre des sauriens ou lezards. D'a-
pres Its proportions d'un os fossile de la cuissc, comparees aux
i)roporlions ordinaires d'un os analogiie des lacertcv , on a con-
clu que la longueur de I'animal surpassait /(O pieds, el sa hau-
leur 7. Le professeur Buckland, en raison de ccs dimensions
cnormes, a assigne a I'animal le nom de Megalosaurus.
Les divers resles organiques qui accompagnent cet enorme le-
zard forraent un assemblage trcs-inleressant. Apres leur (Enu-
meration, I'auteur conclut par la description des planches et
qudques observations sur la structure anatomiquc des parties du
Megalosaurus qui ont ct6 trouv»Ecs jusqu'ici.
Seance du 19 mars. — On lit la fin d'un memoire intitule Es-
nuisses de la gcologie de la Russie inmdionale , par I'lionorable
T.-H. Fox Slrangv\ays, M.-O.-S.
1
Geologiti. 3 1
Dans I'csl el Ic sud-est de I'Europe , on sc scrl du mot steppe
jiour designer de vasles porlions de puys. Ce n'esl ni une
Bruyere , ni une lande , ni line plaine, raais le mot steppe corres-
pond assez bien a I'idce allacliee au mot anglais wold. Les Russcs
tlonnent ce noni a toute vasle portion de terrain incultc , qui
n'ci^t ni monlagncuse ni couverte de bois. Les steppes russessont
bornes a I'ouest par la cliaiae des jnontagnes Karpates de Tran-
sylvanie, et par le banat de Temesvar; au sud par le mont Hae-
nms,la Chersonese taiuique et le Caucase; a Test par les nionts
Ourais jusqu'au dela de la mer Caspienne et de la mer d'Aral ;
aunord vaguement par une llgne tiree de remboncliure du Kama
jusqu'au Dniester sur les frontieres de la Podalie et du Kherson.
Leur longueur est d'environ 2000 milles, leur largenr de 900.
Le terrain est partout le niemc , mais la structure geologique
varie beaucoup.
Un bassin qui s'etend de Perccop a la mer Caspienne, et en-
snite au dela de la mer d'Aral, divise nalurellement le steppe en
deux , le liaut steppe septentrional , et le Laut steppe meridional.
Ce bassin a ete bien decrit par Pallas et autres, comma le bas
steppe salin et sablonneux , et les deux aulres comme les hauls
steppes calcaires et granitiques.
Le haut steppe septentrional peut elre divise en cinq. i". Le
steppe de marne rouge, de sel et de gypse, reposaut sur les bords
du Volga au-dessus de Samara. 2". Le steppe dc Saubofet du
milieu du Volga, depuis Samara jusqu'a Tzaritzin ; la parlie
septentrionale de cc steppe est formee de calcaire blanc , et sa par-
lic meridionale de gres qui le joint avec le stej)pe dii Don. V\ Le
steppe calcaire septentrional dn Don est compose de gres jusqu'a
Tscherkask et remboucliure du Donetz, ; ici commence uu im-
mense terrain d'un calcaire coqulllier particulier : le steppe cal-
caire s'etend probablement a Iravers I'Ukrainc et se joint avec le
calcaire grossier de Volhynie et de Gallicie. /,". Au sud el au sud-
est de ce dernier steppe se presente le sieppe primilif du grani-
lique,et offre un exemple singulier d'un pays granili(jue plal.
II se joint, selon Pallas, aux nionls Karpates, pai-se le Dnieslcr a
Doubosar, et traverse la Moldavie. 5". Le step])e caiLaire luoyeu
est separe du precedent par du gres; cclui-ei forme \\w masse im-
mense qui s'etend a travers la Valaquic , la Bessarabic, et la par-
lie meridionale de la Moldavie, eldu gouvcrncn)ent de Kherson.
Le bassin doni on a deja parlc lorme le ste-ipc di l.i vieillc jner,
22 Geologic.
qui conduit au problome relatif a la relation et a I't-.x tension de
la mcr Noire ct de la mer Caspienne. Au sud de ce dernier se
frouve le steppe meridional calcaire qui coraprend la Crimee et
s'otend jusqu'au pied du Caucase; il est compose de calcaire re-
posantsur le calcaire grossier. On a suppose que les steppes, a
cause des planlcs marines qu'on y trouve , avaient ete recon-
verts d'une mer immense, mais leur hauteur en quelques en-
droits est de 700 pieds au-dessus du niveau de la mer Noire , et
de 1000 pieds au-dessus de la mer Caspienne, et par consequent
cette hypothese n'est pas soutenable.
L'auteur, apres avoir decrit et cnuraere la serie de lits inrn-
tlonnes ci-dessus, et les fossiles qui les accompaj^nent, concliit
par quelques remarques sur retcndue probable de la mer Cas-
pienne et dela mer d'Aral, et surleurs communications avec la
mer Noire au moyen du bas steppe.
On donne lecture d'une lettre de madame Maria Graham ,
adressee a BI. Henri Warburton^ V.-P.-G.-S., rcnfermaut des
details sur les et'fets des tremblemens de terre arrives au Chili
dans les annees 1822 et iSaS.
Le premier choc qui detrulsit presque les villes de Valparaiso,
de Melipilla, de Quillota,se ressentit a dix heures un quart du
soir, le 19 novembre 1822, et Ton obscrva des chocs continuels
depuis cette epoquc jusqu'au 18 Janvier suivant. L'auteur quitta
alorsle Chili, mais on dit que les secousses continuerent jusqu'au
mois de septenibre dernier. La sensation eprouvee dans les chocs
les plus violens consistait en ce que la terre ctait soulevee tout
a coup dans la direction du nord au sud , et retoiubait de nou-
veau; de temps en temps on eprouvait une secousse dans une
direction perpendiculaire. Le 19 novembre on ressentit unecora-
motion gcnerale, ct Ton entendit un bruit semblable a celui de
la vapcur qui ferait cclater le vase qui la renfermerait; sembla-
ble d'allleurs au tremblement et au son que l'auteur avait ob-
serves sur le cone du Vcsuve durant I'eruption de i8i8. Dans
toutes les valleesd'alluvion, dans le voisinage de Quintero, a 3o
milles de Valparaiso , des quanlites d'eau et de sable s'elevcrent
et couvrircnt la plaine de Tina et la mer de petites eminences
de 4 pieds de haul. Le promontoire do Quintero, compose
de granite reconvert d'un terrain sablonneux , se fendil dans dil-
ferentes directions jusqu'a la mer, et les lentes occasiouccs dans
Histoire jiaturelle generate. 23
ie gianile par le trcmblemcnt de teire se sont Irouvees parallelcs
aux I'enles qui exlstaient auparavant.
Le matin du 20 , apres !e premier tremblement de terre, loule
la li^'iie de la cote du nord au sud, a line distance de 100 milles,
se trouva elevee au-dessus du niveau de la mer. L'elevation , a
Qiiintero, etait de 4 pieds , a Valparaiso de 3 , et Ton vit deslils
tl'huitres et de moules , adherans au roc et mis a sec.
De sembiables lits de coquilles s'observent parallelement a la
cote a une hauteur de 5o pieds au-dessus de la mer, et ont etc
probablemeiit occasiones par des tremblcmens de terre qui sont
arrives auparavant au Chili.
Le tremblement de terre du 19 se fit ressentirle long de la cote
a uue distance de i/joo milles au moins. P.
UISTOIKE NATUKELLE G^NEhALE.
17. Elementi di STOBIA NATURALE, ctc. Elemcns d'histoire na-
turelle, a I'usage des ecoles elementaires du royaume Lora-
bardo-Venitien ; par R. Zanghi-Bergamo. In-8.; 759 p. Prix ,
I fr. 5o c. 1823 ; Milan.
18. Oratio de augmentis qu« histori-e naturali ex Indi^
iNVESTiGATiONE AccEssERUNT.... ; par le prof. Reinwardt.
In-4' Leyde; iSiS. Le meme discours, traduit en hollandais;
par Siegenbeek. In-8. Amsterdam; 1823.
Par ce discours, M. Reinwardt, qui , de retour de son voyage
dans rinde , a ete appele a la chaire d'histoire nalurelle a Leyde,
a voulu faire I'ouverture de ses cours. L'oratcur commence par
ref'uter les prejuges des anciens, au sujet de la partie de la terre
situee cntre les tropiques ; 11 fait connaitre la richesse et I'abou-
daiice que la nature a repandue dans la vegetation ct les cspeces
animales des regions equatoriales; il parle de ces montagnes de
coraux qui s'eievent du fond de la mer; il peint ces forets vier-
ges qui couvrent encoie une partie de ces regions ; les vegetaux
superbes qui ctalent leur luxe sur un sol riche et inepuisable ,
les aniniaux aussi varies de couleurs que de formes qui y trou-
vent leur subsislance. Le professcur fait ciisuite une courte re-
lation de son voyage a Java.
19. IVIkMOIRE sur la TRAMSFORAIATIUIN HE LA MATIERE. VERTE
J)E PaitSTI-lV EN ENXOMASrUACES bT EN PODURELLES; par
24 Jlistoiic natnrellc i^ene'rale.
M. WitGMANN. (iVoc. act. Acad. Ca's. Leoj>. Car. N<tt. cur. ,
t. lo, part. 2, p. 717, iSiii,)
Avant Spallanzani, on a assez geii^rahnient coiisidcre tons
les petits insectes, et surtout les infusoires, comine naissant
spontanement dans les substances aniinales ou vegetales en pu-
trefaction. Ce cclebre observateur reduislt ces assertions a Icur
juste valour , en prouvant par <les experiences rigoureuscs
(corante elles doivent toujours Tetre quand on veut afi'irmcr),
qu'aucun de ces faits n'cst fonde, et tjue partout les animaux
doivent directeinent leur existence a des individus scinblables
a eux.
Dans le memoire qui nous occupe ici, M. Wiegmann ne va
pas tout-a-f'ait si loin que les anciens , mais il cherche a pronver
que les Cjpris , les Cyclops et les Podura , nalssent de confcrves
et de la matlere de Priestley, et que les meines animaux se trans-
forment a leur tour en conferves.
A de I'eau prise dans une mare, et contenaiit des conferves
{^bullosa), 11 a ajoute 7^ d'urlnc epaissie, ou bien de la chair; il
exposa ensuite le melange a Taction du soldi; I'eau qui claii
trouble et verte (par I'effet des conferves) finit par perdre ctttc
couleur au bout de quelque temps ; les conferves tombcrent
mortes au foud du vase , et I'eau, qui etait alors claire , se trouva
peuplee d'une infinite de Cjpris dctecta. Apres avoir decante
I'eau, et apres I'avoir iaissee reposer pendant quelques jours,
ces animaux perirent et de nouvelles conferves les remplacerent,
et celles-ci se trouvcrent encore reraplacees au bout de quel-
ques semaines par une nouvelle generation de Cypris. En exa-
minant ces animaux peu de temps avant leur niort, M. Wieg-
mann remarqua a leur abdomen une excroissance spongicuse ,
et des antennes ainsi que des pates , il vit sortir des filamens
des conferves.
L'auteur fit des observations semblables sur la jnatiere verte
de Priestley. Pour plus de siirete, il fit passer I'eau a travers un
niorceau dc drop, et au bout de quelques semaines, il s'y devc-
loppa des conferves. Pour s'assurcr qii'il n'j avait point d'ocujs
attaches a ces plantes , il lava ces dernieres a pluslcurs reprises
dans de I'eau distillcc, mais il s'y forma cepcndant une quantite
considerable dc petits animaux {Cyclops quadricornis) , qui se
transformerent de meme en conferves apres leur mort, et celles-
Mincralogie . "> 5
ci en Cyclops. Dans un autre vnsc il vit se fonncr de la meme
maniere des I'odura aquatica (i). S. s.
20. CoNTI^uATIO^' des observations suu la transformation
de la matlere verte de Priestley en enlomosi races ; par
M. WiEGMANN. (iVoc. act. Acucl. Cces. Leop. Nat. cur., t. 1 1,
part. 2, p. 541 > 1823.)
Ce second meraoire est un supplement du memoire prece-
dent, et dans lequel I'auteur public 26 nouvelles experiences
sur la transformation de la matiere de Priestley et autre, en en-
1oinostract5s et en infusoires. II resulte de ces recherches, que
])artout ou les infusions produisent des conferves, celles-ci don-
nent naissance a des cjpris ; tandis que la oil il se forme des
tretncUcs et des ulccs, les infusions produisent des daphnis et des
ryclops ; et I'auteur en conclut que les conferves et les cypris
sont dus a la contraction, et les tremelles, les 11 Ives ^ les cjclops
et les daphnis, sont dus a I'expansion de la matiere animalo-
vegetale sur laquelle agit la lumiere. S. s.
SIINEF.AL0G1E.
21. De la cLASsmcATioN des mineraux. These soutenue devant
la faculte dessciences de I'Acaderaie de Paris par Gauthierde
Claubry.
Les methodes suivies jusqu'ici par les mincTalogistes , pour
toutes les substances minerales, etaient fondees soitsur les carae-
teres exterieurs soit sur les memescaracteres joints a la composi-
tion cliimique. L'illustre abbe Haiiy avait adopte une classification
basee sur la cristallographie et la composition chimique: c'etait
(i) 11 serait u desiier que rauteiir continu.lt ces experiences en y ap-
portant tout le soin possible, car on ne saurait etre trop rigoureux
ilans des recherches tie cctte importance , pour hien s'assurer qii'il n"y
a point d'ccuf attache aux conferves. Les ocufs de cypris et de cyclops
sont si petits, qu'il ne sufHt pas de laver les conferves que Ton soumet
a Tcxpe'rience , pour etre sftr qu'il u'en reste point adache aces plau-
tes. Ces animaiix restent en outre fort long-temps apri's leur uais-
.lance avant d'etre visihles a la viie simple, surtout quaod I'eau est
trouble. Enfin les conferves qui s'attachent a tons les corps, finissent
ordinairement par faire perir les petits animaux qui sc frouvent dans
la meme oau ; mais unn |ias les (cufs. S. s.
aO Miueralogie.
certainement la plus exactequi cAl ett5 proposce. Dans cetto me-
tliode , cepejidant, unc grande tlil'ficulle se presentail pour •
rarrangemenl des substances terreuses;et comme les reclierches
des chimistes les ont conduits a prouver que les alcalis el les
terres sont des oxides metalliques, on a pu ciasser leurs diverses
combinaisons, comine celles des oxides anciennemcnt connus.
M. Berzelius , I'un des chimistes modernes qui s'est le plus occupe
•lel'analyse, a propose uue classification des mineraus entiere-
inent fondee sur la composition, et dans la quelle beaucoup de
substances qui se trouvaient reunies jusqu'ici sont separees, comnie
d'autres, jusqu'icitres-eloigneesdans les diverses classifications, se
trouvent reunies d'apres leur nature cliimlque.
M. Gauthier de Claubry dans la these que nous annoncons
examine dans ses details la classification de M. Berzelius et
soumet a la critique les objections principales que Ton peut laire
ou que Ton a presentees contre ce systeme.
Les plus importantes sont I'incertitudede la composition exacte
de la silice, sur laquelle est fonde le calcul de la plupart des
analyses ; I'incertitude des analyses qui font la base de tous les
calculi et la difficultc d'admettre ou de rejeter de I'analyse
d'un mineral des substances dont la proportion ne s'accorde jias
avec les calculs, ou que Ton peutcroire ne pas etre essentielles a
i'exjbtence du mineral.
On pent en effet ctrc souvent embarrasse pour savoir quelles
sont les substances essentielles a I'existence d'un mineral ,
puisque diverses analyses donnent des differences considerables
dans la proportion et la nature des substances composantes d'un
mineral designe sous lememenom,et d'autant plus c^ue des
substances d'mie nature entierement differente presenfent
quelquefois des caracteres mineralogiques absolument sem-
blables.
Quant a i'incertitude des analyses, M. G. de C aurait pu ci-
ter un cxemjile bien frappant a cet egard, I'analyse de I'uranite
d'Autun. M. Berzelius I'avait faite , et d'apres lul les moyens
<[u'il a indiques pour reconnailre I'existence de I'acide phos-
])horique sont certains , et ccpcndanl des essais subsequens ont
prouve que ce mineral est un pliosphate d'urane.
Aprcs I'exposu des objections conlrc le systeme de M. Berze-
lius, M. G. dc C. prosente quelquos vues sur les moyens d'ac-
qucrir unc conuaissaucc plus exacte dcla nature des mineraux :
Mi/ieralogie. 27
ce serait de f'aire I'analyse d'une ancienne substance prise dans
toutes les locality's connues, afin de doteiniiner qiielles sont les
niaticres etrangeres et celles qui sont ossentielles a IVxistence de ce
mineral. II se prononce ensuite sur le systeme qu'il admel en
principe, niais qu'il trouve que Ton a trop exclusivemcnt
adopttS re qui selon lui peut conduire a des erreurs graves. Jl
croil que cc systeme, pour s'affermir, doit etre suivi avec pru-
dence; mais alors il fait voir que Ton est force , pour etre con-
sequent, de changer la classification des mineraux en prenant
I'acide et non I'oxide-pouT basedu genre: car sans cela il faut se-
parer un menie mineral en unemultitude d'especcssuivant qu'elles
renferment tel ou tel oxide , de sorle que dans la classification
de M. Berzelius, le grenat se trouve diviseen cinq ou six groupes.
En prenant au contraire I'acide comme base du genie , on aura ,
comme en cliimie, des sels d'un nieme acide avec les differens
oxides , et les jiroprietts analogues qu'ils pr^senteront serviront
de moyen pour lesdecrire.
22. Bkitrace zur Kr\stallo!vomie, par F.-C. Neumann, i*''^.
vol., avec 12 planches lithographiees. Berlin et Posen; 1823.
M. Neumann , elevc de M. le professeur Weiss, y expose des
idees sur la cristallographie, qui sonl en grande partiedes dti-
veloppemens des lemons de son celebre maltre.
2'3. Sur les formes cristallines des sels artificiels, par
H.-J. Brooke, ( Annals of Phil., avril 1824 5 P- 2^87. )
Cet article est la continuation du travail dont il a etc rendu
coinpte dans les n""*. prccedens du Bulletin. ( T^oy. le .icrnier
n"., p. 335. ) Les nouveaux sels examines par M. Brooke sonl ,
1". I'hydrate de strontiane, dont la forme primitive est un prisme
abase carree; 2°. I'acetate de strontiane, dont le systeme de
cristallisation appartlent au prisme droit obliquangle de <)6" 10';
3". le nitrate de strontiane avec ou sans eau ; le premier, qui est
Ires-efflorescent, parait avoir pour forme primitive un prisme
oblique rhomboidal, dont deux pans font entre eux un angle
de GG" 20', tandis que la base s'incline sur eux de io3" [\o'. Le
second cristallise en oclaedre regulier , et ressemble au nitrate
de plomb , dccril dans un dos articles des n"*. precedens. (('•. del.)
aS Miiteialo'^ie.
■i!\. Analyse du nitrate de STROwrtANE tlecril dans Ic iiK-iuoiic
precedent , par M. J.-T. Cooper. {^Annals of Phil., avril 182/i,
p. 289.)
La composition du nifralc prismalique est, sulvant M. Cooper,
sur 100 parties en poids, acide, 36,8; base, 35,4; eaii , 27,8.
Celle du nitrate anliydre est la suivante : acide, 5o,y2; base,
/,y,o8. ( G. DEL. )
25. SUR UNE NOUVELLE SURSTANCE MINERALE dccOUVerlC par
M. le D*^. Valchner. {^Journ. de Phys. et de Cliiin. dr
Schiveigger et Meinecke.)
Celte substance a ete trouvee sur la montagne de formation
IrappeennedeK.iiserstliul en Brisgauprcs du village de Sasbacli,
dans une roche amygdaloide-basaltiquc, accompagnee d'augilc
ct de spatli amer ( bitteikalk).
Eile a donne a I'analyse : silice, 3i,634; dcutoxide de fer ,
■2:9,711; magnesie , 32,4o3 ; alumine , 2,21 1 ; oxide de manga-
nese, 0,480 ; polasse, 2,788; traces de chrome , o. Total, 99,227.
Elle se presente le plus souvent en petits cristaux oclaedrcs
rectang., diversement modifies sur les angles ou les ai'etes, ou
bicn en grains arrondis lies ensemble.
Sa coulcur varie du brun jaunatre au brun rougeatre. Sa cas-
sure est It^gerement conchoide ct d'aspect vitreux ; son eclat ex-
terieur mctalliquc,etc. ; pesanteur specifique, 2,875. M. Valchner
lui a donne le nom d'Hjalosiderite. Perdonnet.
26. Chemische Analysen anorganischerRorper, etc. Analyses
chimiqnes des corps inorganiques, ou continuation de rcclicr-
clies sur leur nature intime, par le 1)"^. Aucwste Uumenil.
In-8''. de 1G4 p. Varnliagen; 1823 ; Schnialkalden.
Dans ce nouvel opuscule M. Dumenil poursuit scs imporlaii-
les recherches sur les substances du regne inorganiquc; il donne
une courte description de celles qui ont fait le sujel de son tra-
vail, ct developpe avec soin la serie des operations chimiques a
i'aidedcsquelies il a determine la nature et les proportions de
Icnrs priiicipes composans. Les substances qu'd a examinees sont
assez nombreuses : nous nous contenterons de les indi<pier ici.
• — Blende brune massive de Laulcntlial; blende brune cristallisec
du meinc cndroit ; blende noire de Breiteiibrunn ( elles ofircnl
la reunion des trois sulfurcs de zinc, de fer, et de klaprotiuni.)
Mineralogie. 29
— Blende fibreuse de Biilon. — Cliaux fluatee compacle de Stoll-
berg.- — Cliaiix fluatee d'lm violet fonccde Welsendorf'en Bavierr
— Barytc siilfafee granujiforrae bleuatz'e de Villarica , province
de Mirias Geracs an Brcsil. — Qiiarz resinite brun Iranslucide
( holzopal ) de Liebethen en Hongrie. — • Lilhoniarge phospho-
rescente des mines de Klausthal an Harz. — (Thoniger ) Sphfero-
slderit de Neustadt. — Galene compacte (Bleyscliweif ) de la mine
Ful. Sophie, a Schulenberg. — ■ Quartz contenant du carbone, de
la mine Catharina Ncufang, a Andreasberg. — Plonib carbonate
compacte et terreux de Bleyfeld pres Zellerfeld au Harz. —
Ploinb carbonate blanc argentifere, de la mine Gliisksrad a
Schulenberg. — Stilbite rayonnee de Vagoe. — Stilbite lami-
naire de Dalsmypen; id. d'Osteroe. ■ — Apophyllite dcBordoe,
de Videroe. — Eaiix minerales d'Einbeck. — Des bains de
Rehburg. — De Bodenfeld pres d'Uslar. — Eaux bltumi-
neuses d'Edeiniss. — Eaux potables de Neundorf. — • Eaux sul-
fureuses de Kleingretenbcrg pros Peine. — Eaux de Hiddingen ,
modifiees par leur sejour sur un sol marccageux. — Antimoine
sulfure laminaire radie, de Wolfsberg, dans le comte de StoU-
berg. — Antimoine sulfure prismatique, de Kapnick en Tran-
sylvanie. — Fossile analogue au cuivre sulfure laminaire, de
Tilkerode. G. del.
27. ExAJVIEN CHIMIQUE DE l'AnaLCIME, DU CuiVKE PyKlTETTX et
DU Sulfure de bismuth, par M. Henry Rosz. (Jnn. deChim.
et de Phjs. , t. aS, p. 192.)
Analcime. L'analcime perd 0,08 a 0,09 d'eau par la calcina-
tion, et devient opaque. Dans son etat naturel il est immediate-
ment attaquable par les acides. J'ai trouve deux vari6tes de fassa
composees comme il suit : Silice . . . . o,55i2 — 0,5647
Alumine . . 0,2299 — 0,2198
Soude . . . o,i353 — 0,1878
Eau .... 0,0827 — 0,0881
0,9991- 1,0099
II s'ensuit que la formule de ce mineral est NS'-f-^AS* -|-2Aq.
La formule de I'amphigene ctant, d'apres les analyses deKla-
proth et d'Arfwedson, KS'-j-SAS^, et cetle substance ayant la
meme forme cristalline que l'analcime, il parait probable que
dans les composes un alome de polasse peuf ftre remplacii
^o Mineralogie.
par un alomc de amide et deiix atonies d'cau sans que la forme
soit cliangt'C, coiiime Mitsclierlich a diiiiiontro qu'nn atonic dc
potasse peut otre rcmplace par uu atome d'ammoniaque et deux
atoraes d'eau.
M. Yauquelin a public des analyses de ranalclme avcc les-
quelles les miennes ne s'accordent i)as.
Cuivre pjriteit.r. — L'analyse de deux cuivres pyriteux ni'a
donne les resultats suivans :
dc Ramberg. de Furslemberg.
Cuivre. . . o,344o o,35ia
Fer o,3o47 o,3ooo
Soufre . . . 0,3587 o,365qi
Silice. . . . 0,0027 o,oo39
1,01 01 i,ooo3
D'apres ces analyses, la formnle du cuivre pyriteux doit etrc
FeS'4-CuS^ ou CuS+Fe S^ ; mais je crois la seconde plus vrai-
semblable, parce que le cuivre pyriteux n'est pas inagnttique
commeil le serait s'il conte/iait du protosulfure de fer, et qu'd
est aussi probable, d'apres la coulcur du mineral et raffinitc du
fer , que ce metal est combine avec plus de souire que le cuivre.
Dans les deux cas, la quantite de soufre sublime que I'ou ob-
lient lorsqu'on cliauffe du cuivre pyriteux dans unc cornue, est
la meme.
Sulfuredc bismuth.— Le sulfure de bismuth de Riddarliyt-
tan, en Suede, est compose de Bismuth... 0,8098
Soufre. ... 0,1872
0,9970
A tres-peu prcs comme le sulfure artificiel. R-
28. Analyse de quelques carbonates natifs, a base de chaux ,
dc magnesie, de fer et de manganese, par M. Berthier, in-
genieur en chef des mines. ( Annates des Mines, i823 , 4*". li-
vraison , page 887. )
II est Ires-rare que les carbonates qui ont pour base I'une ou
i'auire de ces substances soient parfaiteraent purs. Quelques-uns,
tels que les dolomies, peuvent «$tre consideres comrae des car-
bonates doubles, contenant un nombre determine d'atomes de
Mineralogie. Z t
chacun dcs carbonates composans; inais Ic plus souvcnt les me-
langes deux a deux , trois a trois, ou quatre a quatre de ces sub-
stances, presentent a I'analyse des proportions tres-variees dc
leurs divers principes, proportions qui passant I'une a I'autre par
des nuances imperceptibles. Ces melanges jouissent, en general ,
de la propriete de cristalliser sous forme de ihoniboedres fort
voisins les uns des autres. Une serie d'analyses faites au labora-
loire de I'ecole royale des mines prouve d'ailleurs qu'un des
carbonates se trouve presque toujours en proportion trcs-domi-
nante dans cliaque mineral, de sorte que ces substances se par-
tagont naturellement en quatre groupes determines par la na-
ture du carbonate dominant.
L'auteur donne le tableau des analyses, lo. de i4 carbonates
dans lesquels la chaux domine, dont 5 calcaires magnesiens, 3
carbonates a 3 bases, et 6 carbonates a 4 bases; 2°. de 7 carbo-
nates oil le fer est le principe dominant, dont 4 fers spathiques et
3 fers carbonates argilenx ; 3°, d'un carbonate ou la magnesia
est dominante, et de 2 oil le manganese est dominant. B d.
■If). Note sur le bitume contenu dans les mines de soufre ;
par M. Vauquelin. [Ann. de Chim. et de Phjs., t. 2f), p. 5o.)
II est probable que la plupart des mines de soufre contiennent
du bitume. Lorsqii'on distille du soufre nonraffine, il se degage
du gaz hydrogene sulfure , mele d'acide sulfureux , et une nia-
tiere noire composee de carbonate dechaux, de silice , de fcr ,
de cliarbon bitumineux et d'une trace d'alumine et de magnesie.
Une partie du bitume passe a la distillation sans se decomposer i
de la vient sans doute que les soufres qui paraissent les plus
purs donnent du gaz hydrogene sulfure toutes les fois qu'on
en fond avec des caibonates alcalins parfaitement sees.
3o. DF,■^CRIPTION MINERALOCIQUE DKS AEROLITHFS qui tombtTCnt
pres de "Wiborg, en Finlande, le i5 decembre 1822; par
M. NoRDENSRioLD. [Ann. deChim. ct dc Phys., t. 25, p. 7G.)
Ces aerolithes ressemblent a des laves : ils sont si friablcs que-
la seule pression du doigt les reduit en poudre : on distingue
dans cette poudre : 1°. des grains verdalres seniblables ii de I'o-
livine; 2". un mineral blanchatre crislallin qui a bcaucoup de-
rapport avec la leucite; 3°. quelques grains magncliqucs dans-
lesquels il n'y a pas de nickel; 4"- une cendre verdatre formanfi
32 Mincralogie.
la masse principale de VaL-roUllie, et fusible au chalumcau en nti
vei-re noir et opaque.
3l. SUR LES DILATATIONS INEGALES Qu'ON MEME CRISTAL EPROUVE
DANS DIFFERENTES DIRECTIONS, PAR l'eFFET DE LA CHALEUR.
{Ann. de Chirn. ct de Phys. , t. 25, p. io8. )
M. Mitscherlich a observe que les inclinoisons mutuelles des
faces d'un crlstal de chaux carbonateevarient avec la tempera-
ture; de o° a lOO cette variation est de 8' \. Les angles obtus di-
minuent, ou en d'autres ternies , le petit axe du rliomboide sc
dilate plus que les autres diago.iales. La double refraction est en
mime temps diminuee.
M. Mitscherlich pense que la chaleur doit tendre toujours a
ecarter davantage les molecules du cristal dans le sens oii elles
sont le plus rapprochees. B- d.
32. DeLLO STABILIMENTO DELLE MINIERE E RELATIVE FABBRI-
CHE NEL distretto di Agordo , etc. De rEtabiissement des
mines et des fabriques y relatives dans le tcrritoire d'Agordo ,
traite historique, raineralogique et rcglementaire ; par M. A.
CoRNiANi DECLi Algarotti, ctc. In-8. Vcnise; i823.
Get ouvrage est precede d'une lettre adressee a M. le comte
Marzari Pencatl , geologue italien tres-estlme , dans huiuelle
I'auteur declare qu'il a tire tons les fails hlstoriques qu'il rap-
porte, des archives publiques et memoires particuliers : il pre-
sente aussi quelques-unes de ses opinions geologiques, litholo-
giques et mctallurgiques , sur la vallee Imperina , et une descrip-
tion du grand depot mineral quelle contient. Ce travail doit faire
reconnaitre en lui beaucoup d'exactitutle et d'instruction, ( Re\'.
£wcjc/., janv. x823,p. i66.)
33. De l'exploration des substances minerales, et de la
RECHERCHE DES EAUX SOUTERRAINES DANS LE DEPARTEMENT 1»E
LA Dordogne; par M. Garuien, ingenleur des mines. (Extr.
de VAnnuaire statistique de, la Dordogne ,T^onT 182/,.)
Cette notice est redigee dans le meme esprit et appuyee sur
les memcs connaissances scicntifiques et locales, que les notices
relatives aux deparleinens de la Creuse et de la Corrcze , dont il a
cte rendu comptc n"\ i^i et 277 duTo. L'-de ce bulletin. Mais
celle-ci a surtout pour but d'cxciter a faire des recherches utiles
a I'industrie mineralc, et die nc fait mention de ce qui existe
Minernlogie. 33
■4itrts le(i<'-p;irtemcnt dcla Dordogno, que pour in(li([ueI■le.sdecou-
v^l■les de giles de minerals utiles que la nature du sol peut fairees-
perer,rexploitaf ion plus ou moinsavantageuse alaquelleles gites
deja connus peuvent donner lieu; enfin les perfectionneniens dont
lesprocedes industriels anciens sont susceptrbles- L'auteur traite
d'abord : i°. de I'exploration dans les terrains primordiaux , gra-
iiitiques ou schisteux , ayant pour objet soit les mines metalliques,
soitles materiaux de constructions; 2°. de rexploration dans les
terrains de gres, qu'il divise en gres modernes , gres coquilliers
metalliferes, gresliouillers et gres rouges, exploration qui peut
avoir pour rt'sultat la decouverte ou la mise en v.ileur de gites
de boulllc, de fer carbonate, de plomb sulfurc, de cuivre, de
crayons, d'argilcs a briques, de gres pour creusets, de ligni-
tes , etc.; 3°. des reclierches dans les terrains de calcaires secon-
daires qui constituent les sept huitiemes du sol du deparleraent,
€t qui peuvent offrir, couime produils utiles, diverses pierres
a batir, des pierres a cliaux, des meules, des pierres litlio-
graphiques, des silex , des argiles, des marnes, des gypses, des
pyrites , des minerals de fer liydrate, des oxides de manganese ,
des lignites et de la liouille (ces qualre dernieres substances sont
deja connues en gisemens plus ou moins abondans dans le depart,
de la Dordogne). Un article est consacre a la reclierclie des eaux
souterraines, au nioyen depuits artesiens,TGch.crc\\e quipourralt
irvoir lieu avoc beaucoup de chances de succes dans une grande
partie du departement, de la maniere detaillee dans le bel ou-
trage de M. I'ingenieur Garnier, et surtout dans le sol crayeux
tres-etendu des arrondissemens de Pcrigueux , Riberac et Ber-
gerac. Enfin la notice est lerminee par des observations geiici-alcs
sur les causes du retard qu'eprouve le developpcment du I'indu-
strie niinerale d<'»ns le departement de la Dordogne comnie dans
plusieurs autrcs , el sur les motif's d'encouragement que les pro-
prietaires peuvent trouver , pour se livrer a des exploitations ou
a des reclierches, dans les dispositions de la loi du 21 avril 1810,
Bn.
'^[^. Note sur le teIv carbonate aroileux de Lasali.e, et sua
QUELQUES PRODUITS DBS HOUILLERES EMBRASIiES DES ENVIRONS
D'AuniN (A-veiron); par MM. Combes et T. Lorif.ux. ( ^nn.
des Mines , to. 8 , 3*. livr., p. 43 1.)
(le mineral se renconirc en petils grains tbrtcment agglulines
B. Tome II. 3
54 Minerahfrie.
parun ciment bilumineux dansla couche tics houillcs ile Lasalle;
il resseinble beaiicoup a celui dt-s hoiiillercs dii Noid. he riilot
de fonte retire des essais n'etait pas de bonne qualitc, niais il est
pcu probable qne toutes les parties soient sembtables. L'analyse
a donne : carbonate de fer, 61,74; pyrite de f'er, 11,42; carbo-
nate de chaux, 4579; idem Ae ma^nesie, 3, 10; silice, i,4o; alu-
niine, o,4o ; eau et bitume, 17, i5: — total, 100,00.
Les prodults des liouilleres embrasees sont dii souft'c et des
efflorescences almnineuses blanclies , qui recouvrent toute la
terre vcgclale. On n'y a point du tout trouvc tie muriate d'ani-
moniaque.
Les autres produits des houilleres embrasees sont , 1". des ar-
gilcs scliisteuses, impregnees desels, employees a Lasalle pour
fabriqucr I'alun ; 2". des morceaux de fer en partie reduils a
I'etat mtitallique 3". de la houille carbonisee; 4"- divers emaiix
ou verres. L. A.
35. Suite du Memoire sur les mines d'etain de Saxe; par
M. Makes. ( Ann. des Mines, 4". livr. , 1823, p. 837. )
Cette suite de I'liiteressant travail dont nous avons annonce la
I''*', partie dans le Bulletin de mars, compreml d'abord la des-
cription detaillee des fonderies du Stocfiwerck d'Altenberg, et
la comparaison des operations du fondage des minerals d'etain ,
dans les petits fourneaux a manclie, de 7 pieds de hauteur, qui
out etc seuls en usage jusqti'a ces demiers temps, et dans les
fourneaux de i4 a i5 pieds de haut qu'on a etablis seulement de-
puis qaelques aimees. On y voit que le grand fourneau con-
somme plus de cliarbon que le petit , mais qu'il rend une pro-
portion d'etain plus considerable , de maniere a offrir un avan-
tage rticl sur I'ancien procede.
Viennent ensuite des renseignemens moins detailles , relative-
ment au petit nombre de mines d'etain qui sont exploitees sur
des filons, aux environs du iSVoc/itvvr/, ainsi que sur la prepa-
ration mecanique et le I'ondage des mincrais de ces exploitations.
Enfin un tableau general, concernant les mines d'etain du dis-
trict d'Altenberg, iudique les resultats principaux dc leur ex-
ploitation. On y voit qu'en 1820 ces mines ont occupe 470 ou
vriers, et ont produit 924 quinlaux melriqucs d'etain, nyant
une valcur de 2o3 raillc francs. Bn.
Mmeralogie. 55
36. Rapports historioues sur la mineralogie , servant d'in-
troduction aux Eleincns de mineralogie du D'. Andre Re-
MER , profosseiir, etc. In-8. Padoue; Crescini; 182"^.
Ce ])rofesseur d'histoire naturelle travaiile a des eiemens de
mineralogie qu'il a fait preceder par ce petit livre , ou il
trace I'Drigine, les j)rogres et I'etat actuel de la mineralogie.
II fait mention des connaissances des Grecs , des Remains et des
Arabes ; Pline connaissait la cristailisation du quartz et du dia-
mant. Stenone donna en 1669 quelques indications sur la forme
polyedre de certains mineraux ; mais en 1688, et surtout en
1 7o5 , D. Guglielmini de Bologne traita cet objet dans sa these
des sels. Ce dernier y distinguait les formes secondaires et les
molecules integrantes , et prctendait que ces dernieres devaient
etre un polyedre tres-simple ou bien une forme primilive. 11
montrait aussi que les diverses formes secondaires dependaient
de ieiir nianiere difiercnte de se combiner avec les molecules
integrantes et de leur j)osition les unes sur les autres , et que la
forme de ces molecules distinguait esscntiellement un mineral
de I'autre.
Guglielmini serait dotic le fondateur de la cristallographie.
Le redacteur de cet article observe que, si I'auteur avait vouhi
mentionner tous ceux qui ont devance les modernes dans la di-
vision des mineraux, il aurait cite le jesnite modenois Cesio,quI
dansle S*^. chapitre de son livre sur les mineraux, public a Lyon
en i636, distribue ces corps comme Werner, suivant leurs carac-
leres exlerieuis.
L'auleurde I'artlcle que nous analysons releve I'erreurde Remer
sur la date de la publication du Speculum lapidum de Camille Leo-
nardo, qui cut lieu en i5o2.11ajouteunelonguenote sur les collec-
tions mineralogiques et zoologiques du musee de Padoue. Le
musee de A. Valiisneri fut transporte en 1786 a I'universite; en
1755 on y ajouta des petrifications du Veronais, etc., recueillies
par Giambatista; en 1768, cellesde M. Strayt; en i75y , le cabi-
net de G. Zanniclielli; en 1772, une collection lithologique des
monts Euganeens, par Strange; en 1789, une precieuse collec-
tion du Vesuve de Rosini ; en 1808, ime collection des mine-
raux de la Brenta, du Bucchiglione et du Serio; en 181 1, des mi-
neraux et des coquilles du conseil des mines de Milan; en 1812,
une collection des animaux inverlcbres de I'Adriatiqne ; en
36 Botaniijite.
i3i3, la collection dc Liiigi Valeriano Brera, sur les vers iii-
tpstinaux de Vhomme; onfin, dans ces derniers temps, une col-
lection de mineraux d'ltalie et d'Europe de Gualandris. ( Giorn.
dell' Ital. Letter. ,yo\. i.'] , aerie seconde , mars et avril i8a3,
p. 33o.) A. B.
BOTANIQUE.
37. Sur la formation des arbres, naturelle ou artificielle, etc.;
par le prol'esseur Aubert nu Petit-Thouars , broch., in-8.
de i6 p.; Paris; i8a/j.
Les feuilles ne nourrissent point , les racines seules nourris-
sc-nl. Les feulUcs conservees par la taille en crocket ne pourraient,
dans tons les cas , fournir qu'un faible aliment ; et celte opera-
tion a rinconvenient d'imposcr a la nature un travail long et
penible, pour reparer Talteratlon des fibres jusqu a une certaine
profondeur. En enlevant les bourgeons , on obtlent les ra^mes
resultats, et la petite plaie se gucril tres-promptement.
Telles sont les principales idees de ce petit ccrit plein d'inte-
ret, qui fait pour ainsi dire suite aux Essais sur la vegetation ,
consideree dans la reproduction par bourgeons, dn meme auteur.
On y trouve aussi des observations utiles sur Ic recepage et I'e-
lagage ainsi que sur I'ebourgeonnement , dont la pratique iloit
t'tre dirigee d'apres la position des feuilles. D. — u.
38. Observations microscopiques sur la circulation du sue
propre dans la Chelidoine et dans plusieurs autres plantes, et
sur I'assimilation de la substance aliraentaire dans les vegetanx
en general ; par le D'. Schultz, de Berlin. {Jo urn. coinpl. du
diet, des So. Med. , to. i fi , p. ao8. )
L'auteur s'elait d'abord propose de faire des recherches mi-
croscopiqucs sur les mouvemens du sang dans les vaisseaux ca-
pillaires des animaux, et sur les changemens qu'il subit dans les
inflammations. 11 abandonna cctte idee pour suivre d'antres ex-
periences, entrcprises cgalement dans le but d'examinerl'-iclion
vitale dans scs conditions primitives, et il fut conduit a une se-
rie d'observalions sur les sues propres de plusieurs vegetaux et
parliculicrcment sur ceiui de la grande Choliilo^nc { Chelidoniiim
Boicmique. 3 7
imiju.s), qui lui fournircMit de:. r^sultats d'liiie linule iniporliince
pom* la pliysiologie.
Deux ordres de raouvcmcns so manifeslent dans I'acte de la
circulation du sue jaune de la Clu'lidoine : d'abord, un mouve-
ment d'ascenston et de precipitation du courant de ce fliiide ,
puis une sorte de tremblement dans ces menies courans, lequel
depend de raclion reciproque des globules les uns sur les autres.
Le premier de ces mouvemens est facile a apercevoir en coirr-
bant sous le microscope, la feuille d'un pied de Clielidnine en-
core attache au sol, ouarrache avec sa racine de maniere que sa
\ie ne soit nullemenl alteree. On fait arriver un rayon de lumiere
reflecliieau moyen d'un miroir, sur le point de la face inferieure
de la feuille que Ton vent observer, et Ton ne tarde pas a re-
connaitre le courant rapide d'un fluide jaune et tremblotant
dansun lacis de vaisseaux transparens dont la substance verte est
paisemee. Ces faisceaux vasculaires sent conij)oses d'un grand
nombre de lubes manifestement distincts, et c'est dans leurs an-
gles de division qu'on distingue mieux le sens de la raarche et
la velocite des courans. Leur direction est en sens oppose ; les
uns vont de liaut en bas et les autres de bas en liaut ; lis sont
plus faciles a voir dans les petils vaisseaux, parce que ceux-ci
sont moins ])resses les uns centre les autres. Quelquefois ces cou-
rans sont intermittens, mais, a cet egard, I'auteur n'a pas re-
niarque de pulsations periodiques regulieres. L'intennittence a
lieu principalement dans les feuilles qui commencent a se faner,
a mesure que la plante perd de son action vitale, et la circula-
tion s'eleint d'abord dans les plus pelits vaisseaux, et finil par
s'arreter pour toujours dans les plus gros.
L'auteur ayant soumis a son observation les pelales, les efanii-
nes, et les folioles du calite, a remarquc que dans celles-ci le
mouvement dure incomparablement plus long-temps; il a tou-
jours vu un courant ascendant accompagne d'un courant descen-
dant, mais celui-ci s'arrete bicn plus lot que I'autre. Les sues du
courant ascendant prennent Ic chemin de relour en passant par
le tissu cellulaire. D'aulres vaisseaux afferens decrivent d'assez
grandes arcades seniblables a celles que les arteres forment dans
les nageoires des poissons. En general, la marcbe des vaisseaux
dans les folioles du calice differe beaucouj) de ce qu'eJic est dans
lesaulres parlies, eton yremarque une analogic frappanle onlrc
elle et celle des vaisseaux clicz les animaux.
38 Botauinne.
Mais le inoiivemeiit dascension et dc (Icsconto nc ^'observe
nnlle part raieux que dans Ics ti^'cs. Pour arrivcr a des rt'sultats
satisfaisans , il convient de se procurer un microscope qui donne
le plus possible de clarte a I'image. Les jeunes pousscs de la
plante, ou les tiges encore molles et pleines sonl celles qui fout
le raieux reussir les experiences. M. Scbultz donne ensuile les
moyens de preparation des parties a observei', sans lesquels il
serait difficile d'observer avec exactitude. Lorsque dans I'incision
on a lesu un vaisscau, on jouit alors d'uii spectacle agreable ,
celui de voir la surface inondee d'un nuage epais de sue jaune et
tremblotant. L'auteur n'a pu voir comment les vaisseaux passeni
des tiges dans les feuilles et dans les fruits ; et il s'est assure que
les faisceaux circulaircs jaunes passent sans interrnptlon du tronc
dans les tiges, et qu'il n*y a pas par consequent de circulation
spcciale dans chaque cntre-nceud, comme dans les chara oil, sdofi
les observations de Corti, le sue monle et descend dans I'entre-
iioeud qui le renferme. L'action vitale s'execute avec taut d'encr-
gie et prodult des mouvemens si rapides dans les valves des sili-
ques , qu'on n'apercoit d'abord qu'un toiubillon dans lequcl
toutes les parties se raeuventavec une extreme veloclte les uncs
par rapport aux autres.
L'auteur decrlt cnsuite la structure des v.iisscaux et le mou-
vement du fluide dans les racines oil il a remarque des differen-
ces assez notables avec les autres organes.
Dans les reflexions que I'ensemble de la circulation du sue
propre de la Chelidoine a suggerees a M. Scbultz, cclle qui suit
est surtout tres-importante. Les vaisseaux ascendans deviennent
descendans a rextremlte de la tige; ils s'y anastomosent diverse-
ment ensemble, tandis qu'ils marcbent isoles dans la tige et sans
communication sensible les uns avec les autres ; il semble done que
les points de reunion de tout le systerae circulatoire se trouvent
aux extremltcs, c'est-a-dire, dans les feuilles, tandis que, cliez
les animaux , le sang se reunit dans un coeur place au centre. La
vie se trouvc done independante dans cliaque partie du vegetal,
ce qui explique facilement la tbeorie de la greffe, oil I'arbre
fruitier franc, greffe sur un sauvageon , conserve enticrement la
nature de la plante qui I'a fournic. II est vrai quo I'absorption
d'un sue deja assimilemodific eten perfectionne un])cu la nature,
et c'est probablemenl ainsi qu'on doit conccvoir ranulioralion
do nos fruits.
J3oi.ani(iiie. 5o
M. Sdiultz, ayanl elendu ses reclicrclies a iin grand nombie de
jtlantcs, n'a pas vu le niouvenient aussi inanifesle que dans la
Clieli.loine : il cite un grand nombrc de plantes lactescentes oi'i Ic
niouvement est encore visible. Ces plantes apparliennent aux fa-
milies des Papaveracees, des Ombelliferes , des Urticees, des
Legumineuses , des Lobeliacees, des Canipanulacees, des Con-
volvulacees, etc. L'encrgie du mouvement beaucoup inoindre
cbez ces derniers vegetanx , 1 'absence ou plutot la nullite d'ap-
parencede ce mouvement dans les planles a sue limi)ide, portent
a croire que celles-ci ont une organisation moins compliquee
que les plantes lactescentes; mais ccci est encore un myslere
pour nous.
Les observations qui tcrminent la premiere parlie de ce mc-
moire sent tres-interessantes, surtout si Ton fait attention a
I'obscurite dont est encore enveloppee la physiologic vegetate;
elles roulent sur les mouvemens du sue propre en lui-memc.
JVe pouvant les reproduire toutes ici , nous allons titer textuellc-
meiit un des paragraphes les plus saillans : « Aucun des globules
" n'est Iranquille et dans un rapport d'indifference avec les au-
» tres. Tous tendent a se detacher les uns des antres, tons ten-
» dent a se reunir,mais ils ne parviennent pas a ce but, raeme par
« I'effet de la mort, car on voit dans le sue en repos, qu'ils se
.. sont tous arretes subitement , comme un cataleptique surpris
.. au milieu d'une action qu'il allait executer. Un courant tran-
>• quille , examine dans son entier, ressemblc a une chaine d'ei,-
.. lipses ouvertes les unes par rapport aux autres, qni paraissent
.. vouloir se confondre comme des gouttes d'eau , tandis que, de
.. I'autre cote, elles tendent a se separer comme la goutte qui se
« detache d'une masse de fluide. » J. A. Guillemin.
39. Conjectures sur l'utiute des ailes, notamment dans les
graines de Coniferes. [Beitr. zur teusch Landiv , Y. vol., pa".
90, 6 p.) ' °'
L'auleur suppose aux ailes nn autre but que celui de rendre
les graines plus faciles a transporter par le vent. Serrees contre
Jesecailles, elles mcttent les graines, avant leur maturite, a I'abri
de toute humidile. L'experiencc a prouve que les graines ailees
reussissent mieux, quand dies sont pen enfoncees en terre; quand
nn les seme , dies prennent nalurellement la position qui convient
Ic mieux pour le devdoppement de la radicule ct de Ja plumule.
4o Bot/miijiiC.
Le controire ayant souvent lieu ([iiand on enleve les aifcs
jivant de semer Ics gralncs, on obtient aussi inoins de succes.
II est aise de s'en convaincre en faisant rexperience en petit;,
d'ailleurs on risque d'alterer les graines en lesfaisaut trempei', ce
qui est le procede usite pour cnlever les ailes. D.' — u.
4o. SUR LA FERTILISATION DES FLEURS FEMELI.ES DES NOISE -
tiers; par le reverend George Swayne. ( Transact, of the
horticnlt. soc. of London, yo\. 5 , p. 3io. )
M. Swayiie rappelle la fameusc experience de la fertilisation dui
palmier fenielle de Berlin , par I'indi vidu male cultive a Leipsicli ,
apres qu'on eut snspendu nux branches dn premier quelqnes
flcurs du second. II pense que, par une semblable operation, le,>
fleurs males des coudriers sauvages fecondcnt, souvent a la dis-
tance d'un mille anglais, les noiseti( rs des jardins et vergers,
ou sont cause qu'ils produiscnt une quantlte jjIus considerable
de fruits.
Deux noisetiers n'avaient point i)roduit de Truits, ou s'ife en
avaient donne, le nombre en avait ete si petit qu'il n'avait at-
tire I'attention de personne ; ces noisetiers, d'ailleurs, occu-
paient un coin ecarte du jardin. Dans le mois de fevrier 1820,
M. .Swayne fut tres-surpris de les voir converts de fleurs I'ouges,
jnais n'ayant qu'un tres-petit nonibre de chalons dont les fleurs
n'etaientpasassezdeveloppeespourremissiondeleur pollen. Attrl-
buant la sterilite des noisetiers feuielles dans les annees preceden-
tcs , a Tabsence de fleurs males , il se mit a la recherche de quel-
ques-tines de eellc.vci sur des noisetiers sauvages. Apres en avoir
trouve, il les suspendit sur ses deux noisetiers, operation qu'il
repeta durant I'esjiace de sept a dix jours, quand tout a
coup la gelee vint mettre un terme a son experience ; il avait tout
lieu de craindre que les fleurs fenielles de ses arbres n'eussent
ete vicllmes du froid ; inais dans le cours de I'ete les fruits muri-
rent au point que la recolte en fut de deux Hvres environ. A
la fin du mois de novend^re suivant, il vit parailre sur ses noise-
tiers , des jcunes chatons en nombre tel qu'en comptant celui de_
deux branches sculement , il devait s'elever en folaiite au moins
a 1 5oo.IV'ayant jamais remarque U}ic aussi grande quantitc de cha-
lons males, il pensa d'abord ([u'une cause quelconque avait altere
]a constitution de ses arbres, et avait determine le develo|)|>emeiil
tl'un plus grand nombre de fleurs males; cepeiidant, lor:>qu'il Ifs,
Bnfatiiqiie. 4'
\isita an mois do ft'vrier 1821 , plus des trois quarts dt- cos clmtoiis
avaient disparu ; mais ce qui en lestait lui seiiiblaitsud'isantpour
la fecondation de toutes les femelles. Son atlente fut Uompee, oar
au mois deseptembre, la totalite de sa recolte, loin d'etre egale a
celle de I'annee precedenle, pouvait tcnir entieremenl dans uiie
seule main.
L'annee suivante^ apres avoir taille les branches de ses arbrer>,
il vit encore que tous Icurs chatons males avaient avorte; et s'e-
tant servi de chatons auxiliaires comme en 1820, il obtinf a la fin
de I'ete une quantite de fruits murs assez considerable pour le
convaincre de faction reelle du pollen des chatons de noiseliers
sanvages.
M. Swayne , en terminant sou memoii'e, fait reniarquer I'in-
flucnce de la taille du noisetier sur le nombre des chatons males
que Ton delruit, et sur la sterilite qui en resulte. Gn.
4 1. Notice sur quelquf.s plantes hybridks; par Th. Andr.
Knight. (^Trans. of the hort. Soc. of London , vol. 5, p. 292.)
Apres quelques considerations importantes sur la rarete des
plantes liybrides dont I'etat est parfait, et sur la facilite nean-
moins avec laquelle elles se produisent dans les jardins, conside-
rations qui ont fait revoquer en doute, par plusieurs botanisles,
I'existence de ces liybrides et les ont portcs a ne les admettre que
comme des etres changes par la culture pendant plusieurs gene-
rations, I'auteur parle des circonstances sous lesquelles peut s'ef-
fectuer le phenomene de rhybridlte. II pense que plusieurs va-
rletes qui conservent constamment leur port malgre I'influence
des differens terrains et climats ont etc I'egardees comme des es-
peces, et que le nombre de celles-ci est plus petit que ne I'indi-
quent les catalogues des botanistes. A la verite il est difficile de
decider si ces plantes, qui ont un port permanent, sont des liy-
brides ou des varietes dont les differences caracteristiques ont etc
fixees par la culture pendant plusieurs generations.
M. Knight decrit ensuite deux nouvelles liybrides, digues de I'at-
tentiou des jardiniers, parce qu'elles peuvent fournir les moycixs
de se procurer une nouvelle sorte de fruit. L'une est le prodiiit
de la fecondation du framboisier des Alpes par le frainboisier
ecarlate et le hautbois. La seconde hybride a ete obtenue par
des experiences faites en grand sur differens cerisiers qui fleuris-
saient dans la meme saison. L'auteur a cinployc les chances de fe-
42 Botani<iJic.
contl.Tlion adulterine en greffant sur d'anciens cerisiers rctmi*
tlans le menie verger plusieurs boulons des cerisiers sur les-
quels il experimentail, et il a obtenu plusieurs varieles liybri-
des remarquables par la bonte de leurs fruits. Gn.
/f2. Description de l'Amartli.is psittacina Johnsoni; par
James-Robert Gowen, Esq. [Trans. hortic.Soc, 1823, p. 3Gi .)
La fccondalion de I'ovaire de VAniarj-llis John.mni , par le
pollen de \ AnuurUis ptittncina, a produit unc liybride reniar-
quable en ce qu'elle est la plus belle entre les nombreuses plaii-
tes qui composcnt Ic genre Amaryllis. Elle a une grande res-
semblance avec V Amaryliis psittacina, mais elle en differc en
plusieurs points , ainsi que I'auteur s'en est convaincu par la com-
paraison des deux plantesquiontfleurienmeme temps. II en donne
une description comparative un peu trop longue pour que nous
devious I'inserer ici en son entier. Nous nous bornerons aux ca-
racleres les plus saillans.
La corolle de I'hybride est plus longue et les divisions plus
reflechies que dans Y Amaryllis psittacina. Ses couleurs sont plus
vivcs, occupent un plus grand espace el s'etendent jusque vers
les bords des divisions. Ses feuilles sont plus larges et n'ont
aucune trace de cet aspect glauque que Ton observe sur I'aulrc
plante.
L'elegance de cettc hybride doit en faire un des plus beaux
ornemensdesjardins oii Ton cultive principalement Ics Liliacees.
Gn.
43. Notice sdr une variete d'Amaryli.is venue degraines; par
M. John LiNDLEY.( rraw^rtcf. ofthellorticult. Soc. of London,
vol. 5, p. 337.)
M. William Herbert avait annonce, dans les 3*^. et 4''. vol.
des transactions de la Societe horticulturale de Londres, qui!
pr«5sentait a cetle Societe 24 bulbcs d'une Amaryllis liybride,
nommee Jm. equestri-vittata et provenant de V Jm. riitila et de
VJm.fulgida. II ajoutait que la raj)i(litu de leur accroisscuient ,
l'elegance de leur port et la beauto probable de leurs flours , de-
vaicnt les faire reclicrclier.
Mais il seniblait peu probable <]ue des circonslances tclles que
cellesquidetermincnl riiybriditepusscntsuffirepour faire produi-
rcacerlainesj)lantes plus defleurs que leurs parens, et pour en
augnicntcr la bcaute. C'est pourlanlce que M. Lindlcy a constate
Botimique. 4^
ct qu'il a nnnoiice a la Societe. Lrs Amaryllis provenucs des lit l)ul-
besenvoyees par M. Herbert elaient toutes apeupres semblablcs
entre elles, excepte 4 dont la beaute etait remarquablement supe-
rietire; mais aucune n'avait une ressemblaiice decidce avec leurs
parens supposes, excepte avec XAm. rutila, dont on poiivait la
})rendre pour une varlcte naturelle si on n'avait pas connii son
liistoire. M. Lindley pense que les hybridcs en question provien-
nent de VAm. equestris et de YAin. rutila , et que c'est une variete
de la 1^^. espece qui joue le role de femelle. Mais comme ces deux
plantes pourraient bien ne pas etre specifiquenient distiuctes
I'une de I'autre, il s'ensuivrait que leurs productions neseraient
pas des hybrides. Cettc question sera decidee par la fertilitc ou
la sterilite des graines de celle-ci. Dans le premier cas, on devra
considerer Ics planlcs qui leur ont donne naissance comme iden-
tiques. Dans le second, ces plantes seront regardees comme dis-
tinctes specifiquement, et les productions seront des hybrides.
M. Lindley pense neanmoins que des plantes fertiles peuvent
resulter de la fecondation de 2 especes distinctes, comme le
prouve une hybride de \' Amaryllis regince et de VJm. vittatn ,
oblenue ct decrite par M. Gowen, dans le 4-^^. volume des Tran-
sactions de la Societe horticulturale. C'est cette superbe plante
a laquelle on donne le nom d' Amaryllis rei;ina-\>ittata , qui est
figuree a la suite du mcmoire dont nous donnons un extrait.
Les hybrides, selon M. Lindley, peuvent bien avoir des graines
fcrliles, mais il arrive qu'au bout de la troisieme generation el-
les sont improductives. Le caractere de I'hybridite ne reside done
pas dans la sterilite absolue des graines, mais dans I'impossibi-
lile de se perpetuer indefiniment par le moyen de ces graines-
Gn.
44- De accurata plantarum comparatione , adnexis observa-
tionibus in floramPrussicam; auct.G. Eysenhardt. In-8.; Re-
giomonti; 1828; typ. academ.
L'anteur donne des regies generales sur la comparaison des
plantes et les divise en 4 classes: i. quoad formam ; i. quoad
mixturam ; 3. quoad acliones vitales ; 4. comparatio formcv ,
mi.rtura;, alque actibnum vitalium La 2^. partie contienl , ob~
servationcs injloram Prussicam, ct in plantas litt % ales. [Journ
Grn. de Litt. Elr., dcccmbrc 182^ , p. 355.^
/^!^ Bolani((ne.
/J5. Herbieb ctNERAL i)E l'amateur ; par feu Morilanl Delau-
NAY, fonlinue, depuis la i-i,". livr., pnr M. Loiskleur ues-
LONOCHAMPS, D^-M. Avec fig. peintes d'apres nature, par
M. P. Bessa. Si*', liv., in-8. dc ^ de feuil. Prix, 6 fr. ; papier
veliu , 12 fr. ; grand raisin veiin satine, 21 Ir. Paris; Audot.
46. Description des priwcipales especes nouveli.es de la Flore
du Bresil,citee dans le premier Memoire sur Ic Gynobase ; par
M. Aug. de St.-Hilaire. {fllern. du Museum, lo^- cahier,
pag. 27/1.)
Le travail que nous annoncons ici, est un fragment de I'ouvrage
que I'auteur va publier, sous le titre de Plantes les u s reinar-
quables du Bresil et du Paraguay. Comme nous n'avons fait
qu'indiquer ce morceau , d'apres un extrait fort abrege qui en
avait ete donne dans le Bulletin de la Societe philomatlii(iue,
»ous croyons, a present qu'il parait dans son entier , devoir en
parler avec plus de detail.
La premiere plante indiquee par I'auteur, est le Gomphia
olecefolia, qui lui a aide a prouver dans son Memoire surLe Gy-
nobare I'ideiitite de cet organe et de I'axe central. Ce Gomphia
se caracterise par la phrase suivante: Foliin oblongo-lanceolatis,
oblusiuscuUs , integerrimis , margine revoLuUs , pubescentibus ;
Jloribus paniculatis; petalis culyce paulb longioribus.
Apres quelques observations generales sur le Gomphia ,
I'auteur passe au genre Simaba , dont il corrige les caracteres ,
d'apres les observations exposees dans son Memoire sur le Gyno-
base. Les nouvelles especes de ce genre sont, 1". Sim:iba flori-
bunda ifoliis cum impari pinnatis ;foliolis lanccolato-elliplicis ,
oblongis, ohtusiuscuUs , glabris ; paniculd magna com positd.
2°. S. Ferruginea : Joliis cum impari pinnatis , foliolis ellipticis
pubescentibus subtiis nervosis ; paniculd terminali compositd ,
subscssiti Joliis breviorc. T. S. suavcolens ■.folds abntpte pin-
natis , superioribus pinnatis aut simplicibus ; folio/is ellipticis
i-el sultrotundo-ellipticis , glabris ; Jloribus tenninalibiis race-
mosis; racemis compositis. 4"- S. Irichilioides : folds cum impari
pinnatis ; foliolis ellipticis , ohtusissimis , apice mucronulatis ,
nervosis , supra pubescentibus , subliis subtomentosis ; paniculd
subsimplici , Jolio multo majore.
L'duteur rcforme les caxactercs du Galipea en suivant les
indications qu'il a donnces dans le Memoire cite plus haul, et ,
Botaniijue. 45
pnr une comparaison successive de tous Ics organes, il prouve
que les gonres Galipea , Raputia , Donplaiidia et Conchocarpus
soiit identiques. Les nouvelles especes de Galipea sont , i". Ga-
lipea het rofhyWa-./oliis ternatis , quinatisve , seu quaternatis^
longe petiolatis ; foliolis lanceolatis , nervo medio subpubesccnte ;
racemis supra nxiUaribus , longe pedunculatis ; starninibus
1 sterilibus. a". G. peiUagyna : foliis simplicibus, longis , lanceo-
latis acutissimis glaberrirnis ; racert/is in apice ramuloruin
axillaribus vel siibeortra-axillaribus, compositis ; pedunculis com-
planatis ; starninibus 3 sterilibus ; stylis distinclissitnis. 3°.
Galipea macropliylla (Conchocarpus macrophyllus, Mik. )
1°. Galipea pentandrn : foliis simplicibus , lanceolatis , acurni-
natis fObtusis , basi acutis, i>labris ; racemis axillaribus , simpli-
cibus , paucifloris ; pedicellis Z-bracteatis ; starninibus 5 ferti-
libus. 5°.G.Fontanesiana : foliis simplicibus , oblongo-lanceolatisj
apice acutiusculis , basi acutissimis , glaberrirnis ; racemis ter^
minalibus vel subextra-axillaribus, basi vix ramosis ; starninibus
3 sterilibus; nectario 5-dentato. 6". G. Candolliana:yo//w sim-
plicibus, lanceolatis y acuminatis , glaberrirnis; racemis sub-
cxtra-axillaribus , simplicibus, brevissimis; floribus confertis; sta-
rninibus "^ sterilibus ; nectario integro.
L'auteur modifie les caracteres du genre Ticorea comme
ceux des precedens ; il entre dans quelques details sur scs rap-
ports generiques et snr ses organes , et il en decrit deux especes
nouvelles; savolr: i°. Ticorea jasminiflora : foliis ternatis; foUolis
lanceolatis, acuminatis, in petiolum attenuates ;panicHlis laxiuscu-
lis; starninibus 3-6 sterilibus. a°. Ticorea febrifuga : caule so'piiis
arboreo ,foliolis lanceolatis , acuminatis, inpetiolum attenuatis ;
paniculis coarctatis ; starninibus 3-6 sterilibus.
47. Nova genera et species plantarcm quas in pergrinatione
ad plagama^quinoxialem orbisnovi collegerunt, etc. Bonplani>
et Alex, de Humboldt ; in ordinem digessit C. S. Kuntii.
Fasc. XXVI — gr. in- 4°. avec i5 pi. Paris; Gide.
Quelques lignes suffisent presque toujours pour faire connai-
»re ce qu'll y a de nouveau dans la plupiirt des memoires et dp»
dissertations qui reniplissent les recueils scientifiqucs , et meu>e
dans un grand nomhre de flores , de traites et de livres elemen-
taires. Mais si jamais nous avons scnti combieii soiit etroites les
bornes de ce liullclin ,c'e.st lorsquc nous avons a parlor de IW-
46 BotdJiique.
vrage dont nous annonronsaujourci'hui la iC. livrnison, ouvrage
ou tant de choses sont ncuves, et ou ce quine Test passe trouvc
presente d'une maniere si profitable pour la science. Ce sont
principalement les descriptions qui y sont contenues que nous
nous plaisons encore a citer pour modele ; la, rien de vague, rien
d'hypothetique ; I'auteur exprime avec clartti et elegance ce que
tout observateur attentif pourruvoir apres lui,et a niesure qu'il
decrit , les parties de la plante se peignent successivcment a
rimagination du botaniste. On s'est plaint quelquefois de la
longueur des descriptions completes ;raais on ne songe point as-
sez qu'elles seules peuvent mettre un ternie a cetle multiplicitc
de livres qui s'accumulent dans les bibliotheques. Si la premiere
fois que i'on decrit une plante , on le faisait conime M. Runth ,
d'une maniere complete et en meme temps avec autant d'exacti-
tude que lui , il deviendrait inutile d'y jamais revenir. Que pour-
ra-t-on dire , par exemple , a I'avenir, des Cuphca et desil/j/-
tus decrits dans le iVocrt genera? On trouvera un peu moins de
details sur les Melustomees qui commencent la livraison que nous
annoncons ; mais la description de ces plantes n'est qu'un ex-
trait du magnifique ouvrage des Plantes cquinoxiales. Ce qui
appartient en propre a M. Kunth dans le 26''. cahier du TSova
genera commence aux Salicariees qui comprenuenl 29 especes
dont 26 sont indiquees comme nouvelles. Les Bosacc'es , qui suc-
cedent A\x\Salicariees et terminent le cahier, presentent 3'3 espe-
ces, sur lesquelles 26 sont notces comme etant inconnues jus-
qu'ici. Trois genres nouveaux enrichissenl cette livraison :
Vjdenaria parmi les salicariees ; le Ccrcocarpus et le Lindleya
parmi les Kosacees. lis sont caraclerises de la maniere suivante.
Adenaria. Calyx turbinato-canipanulatus , Umbo 4 ^^l ^-fi-
dus ; lobes a-qualihus. Pet. 4 ^'<'l 5 inter lobos calycis inserta ,
cequalia, unguiculata. Stamina^ velio, calyci inserta, exserta.
Ovarium stipitatum, i-loculare ; ovula creberrima. Stylus termi-
nalis , inclusus. Stigma bilobum. Fructus indehiscens ?
Ccrcocarpus. Calyrroloratus; tubo elongato, cylindraceopersis-
tente ; limbo turbinato, sinuato, quinquelobo, deciduo ;Jauce aper-
td. Corolla o.Stam. circiter 20 limbo inserta. Ovarium liberum, r-
loculare, \-spermum. Stylus tenninalis , pUimoso-sericeus. Stigma
subclavatum. Fructus tncmbranaceus , stylo persistentc caudatus.
Lindleya. Flores hcnnapk. Calyx persistans ; fundo suhturbi-
nalo : limbo ^-partilo. Pelahi 5 fauci calycis inserta. Nectariune
Botaniqiie. 4?
annulare , stnminiferum , Jauci calycis insertum. Stamina 1 5-2o.
Os'nrium liherum ,^-loculare : oviila -i infra apicem penduhi.
StjUli. Stigmata sul>cla\'ata. Capsula calyce pcrsistente sujjulta ,
^-locularis , loculicido-b-vah'is . Sernina margine membranaceo-
alata. Aug. de St,-Hil,
/<8. Rapport verbal, fait a I'Acadeinie des sciences, par M. le
baron de Humboldt , sur un ouvrage de M. Auguste de Saint-
HiLAiRF. , intitule : Plantes usuelles des Brasiliens. Le prix de
la livraison, composee de 20 p. de texte in-4 et de 5 pi., est
de 5 fr. , chez Grimbert , rue de Savoie , n". 14 , a Paris.
L'Academie m'a charge de lui faire un rapport verbal sur un
ouvrage de botanique qui a pour litre : Plantes usuelles des
Brasiliens.
L'auteur de cet ouvrage, M. Auguste de St.-Hilaire, corres-
pondant de I'lnstitut, continue a faire jouir le public des fruits
d'un voyage de six annees, pendant lesquelles il a parcouru
une vasle poi tion du Bresil , de la province Cisplatine et des
missions du Paraguay. La botanique et I'histoire naturelle des
animaux ont ete enrichies a la fois par ce savant qui , avant de
quitter I'Europe, avait deja donne tant de preuves de sasagacite
ct d'une connaissance intinie des affinites des formes vegeta-
les. M. Auguste de Saint-Hilaire a rapporte dans sa patrie un
berbier de 7,000 plantes ; une collection de 2,000 oiseaux , de
16,000 insectes et de i3o mammiferes. Mais ce qui donne un
veritable prix a des objets si nombreux, ce qui distingue le voya-
gcur scientifique du simple coUecteur , sont les observations
precieuscs qu'il a faites sur les lieux memes , pour avancer I'e-
lude des families naturelles, la geographic des plantes et des
animaux, la connaissance des incgalites du sol et I'etat de sa
culture. Les savans de toutes les nations altendent avec impa-
tience la publication d'un grand ouvrage dans lequel , par la
munificence du gouvernement, M. Auguste de Saint-Hilaire
pourra reunir tant de materiaux divers. Jusqu'a I'cpoque ou
leurs voeux seront remplis, ils applaudiront avec nous a I'ardeur
soutcnue qui porte ce voyageur a devancer ce grand ouvrage
par des mcmoircs et des traites moins voluinineux , quoique
egalcment propres a repandrc du jour sur la fiore du Bresil et
des pays voisins (1).
(1) Oiilro les PlaiiU:.'. iisncftc:^ , l'auteur va cnccut- publiir un on-
48 Botaniiiue.
I>a dosoription <los pl;mtes iisiielles, donl le premier caliier u
otc prcsente a rAciidemie , renferine un clioix des ve{i;etanx les
])lijs interessans, sous le rapport de leur utilitt- medicale, in-
dustrielle ou alinienlaire. Nous y trouvons trois especes nouvel-
les de yiv\U\h\i'& Qiiiiiqidna ; deux E.vosterna, ^enve -vo'xsin du
Cinchona, etabli par M. Bonpland; et un Strychnos , tlont les
proprietes febrifuges soiit des plus i)rononcees.
La decouverte de vrais Cinchona dans la parlie orientale de
i'Ameriqne du sud, loin des Cordilieres, doit frapper ceax qui
s'occupent dc la distribution des vegetaux sur le globe et des
causes geologiqucs qui Tout niodifiee. On ne connait jusqu'a ce
jour aucune espece dc Cinchona, pas menie A'E.rostcma , ni dans
les monlagnes de la Siila de Caracas , oil vegctent des Be/aria,
des Aralia, des Thihaudia et d'autres arbustcs alpins de la Nou-
velle-Grenade , ni dans les montagnes boisees de Caripe et de
la Guyane francaise. Cette absence totale des genres cinc/uma et
ejcostema sur le plateau du Mexique et dans les regions orienta-
les dc I'Amerique du sud, au nord de I'cqualeur (si toutefois
elle est aussi absolue quelle le parait jusqu'a ce jour ), surprcnd
d'autant plus que les iles Antilles ne manqucnt pas d'cspeces de
quinquina a corolles lisses ct a etamines saillantes. Les quinquina
ties C^ordiliercs n'avancent vers Test dans riiemispliere boreal
que jusqu'au 72*". degrc de longitude occidentale de Paris, jus-
qu'aux montagnes de micaschiste de la Sierra Nevada tie
Merida.
Les Cinchona Jerruginea , C. Fellozii et C. Remijiana de
M. Auguste de Saint-Hilalre , long-temps confondus avec les
Macrocnemum, vegetent sur les plateaux de la province de Minas-
Geracs, a 100 metres d'elevation, sous un climat tempere, cnire
les 18*. et ii". degres de latitude australe. On regarde leur
presence, et ce fait est bien remarquable , couime \\n iiidicc a
pen pres sur de la proxiniitc des minerals de fer. L'ecorce amere
let aslringente de ces quinquina des montagnes du I>resil( Quina
da Scrra \ , ressemble singulierement , par la saveur, a cclle des
quinquina da Perou et de la Nouvelle-Grenade ; cependaut leurs
qualites febrifuges sont moins prononcees que cellos d'uji arbrc
vrai»e intitule : Histoire Jas Plantes les plus vemavquahles du BrJsit
etdu Paraguay. Les qualre [)reniicrc3 livraisons sont dcja prcles el
j)arjitront en avril , rlu-/ Hclin , rue des Malliurin<!-Sr)rl)oniio , a Pari*.
Botaniqae, 4g
plus celebre encore , du Strychnos pseudoquina que Ton trouve
dans le district des Diamans , dans les deserts de Goyaz et dans
la partie oecldentale de Minas-Geracs.
De toutes les planles inedicinales de ces vastes conti-ees , le
Quina do campo ou Strychnos pseudoquina est celle dont I'usage
est le plus rcpandu et le mieux conslate. Les medecins du Bresil
en administrent I'ecorce , tantot en poudre , tantot en decoc-
tion : c'est un don bienfaisant de la nature dans unc region ou
regnent tant de fievres intermittentes comme dans la vallee du
Rio-de-San-Fianclsco. M. Auguste de Saint-Hllaire rapporteque
des experiences comparatives faitcs sur \e Strychnos pseudoquina
et les meilleures especes de Cinchona des Cordilieres , ont prou-
ve que les proprietcs medicales du premier de ces vegetaux ne
sont pas inferieures. Ces experiences ont ete repetees avec succes
a Paris ; et le Pseudoquina du Bresil , qui a Rio Janeiro meme
h'a pas encori! remplace les ecorces des Cinchona etrangers ,
pourra un jour devenir un objet d'exportatlon pour I'Europe.
M. Vauquelin a fait I'analyse chimique de ce strjchjios ; il y a
trouve un acide d'une nature particuliere, et, ce qui est blen
frappant , il n'y a decoiivert ni brucine, ni quinine, ni unatome
du principe veneneux que renferment le Strychnos nux-vomica
et la Feve de Saint-Ignace. On savait deja qu'une autre espece
du meme genre, le S. potatorum, est egalenient depourvue de
proprietes deleteres, et que la pulpe du fruit de la noix vomique
se mange sans danger. Les diverses parties dts phnites ne con-
liennent pas toutes les memes principes; et si, je ne dirai pas
seulement dans une meme faraille, mais dans un meme genre,
des vegetaux d'une structure organiqne trcs-analogue offrent
des differences de composition chimique tres-frappantes, il ne
faut point oublier que ces anomalies sont plus apparentes que
vraies, puisque, d'apres les travaux de MM. Gay-Lussac etThe-
nard sur la cbimie vegetale, les memes elemens, selon de petits
cbangemens dans les proportions, se groupent differemment et
[)roduisent des corabinaisons dont les effets sur le systeme ner-
veux peuvent ttre diamctralcment opposes.
Les ecorces des Exostona cuspidatum et australe du Bresil
sont anssi febrifuges, mais bien inferieures a celles des Quina da
Sena. Elles rcssemblenf au\ ecorces des Quinquina des Antilles,
et n'offrent, comme celles-ci, presquc aucune tract' de quinine
et de citu'lionini-.
V,. To MI H. /,
5o Botanu^ue.
A cette liste de plantes medicinales , il faut encore ajoutcr Ic
Parallm ou Simaruha blgeirrc, qui est un dcs plus puissans
vermifuges, et VEvodia fcbrifuga , que Ton confoud dans Ic
pays avec le quinquina du Perou , et qui apparlient a la meme
famille que le Cortex angusturce , Cii'ipare ou des missions de
Caroni, que j'ai fait connaitre sous le nom de Bonplandia tri-
foliata.
Si dans I'interieur de la Guiane francaise on decouvre ua jour
dcs sites assez elevcs pour jouir d'un climat tempere , on pourra ,
commeje I'ai propose depuis long-temps, y transplanter, par
la voie de la riviere des Amazones, les Cinchona de la pente
orientale des Cordilieres , de Loxa et de Bracampos, ou, d'a-
prcs les decouverles de voyageiirs dont nous examinons les tra-
vaux, enrichir le sol de la Guiane par la culture des plantes fe-
brifuges du Bresil.
A I'interet qu'inspircnt les considerations sur I'usage des vege-
taux, sur I'epoque de leur decouverte , et leur distribution geo-
graphique, M. Augusta de Saint-Hilaire a ajcute celui des des-
criptions botanlques les plus completes, et de la discussion des
affinites de structure par lesquelles cliaque planle se lie aux gen-
res voisins. La botanique moderne, en agrandissant I'etendue
de son domaine, en saisissant les rapports multiplies qui existent
entre les diverses trlbus des vegetaux, a conserve toute la seve-
rite des classifications niethodiques, des diagnoses abregees>
d'une terminologie prc^cise et uniforme, d'unc nomenclature gc-
nerique et specifique appartenant aunelangue uiorte. Le nombre
immense des objets qu'elle embrasse a rendu indispensable una
marcbe que d'autres parties de I'Histoire naturelle descriptive
n'ont pas toujours suivie avec la meme severite.
Je ne met tiai pas sous les yeux de TAcademie toutes les ob-
servations botaniques entiercment ncuves qiie renferme la des-
cription des plantes usuelles du Bresil; je nc rappelerai que les
discussions sur le genre Strychnos, d'aprus lesquelles ce genre ne
pcut former une famille separee comme I'avait propose 31. De-
candolle; sur le genre Evodia, dont I'adoption devient iudisjjen-
sable depuis que M. Kunth, dans les Nova genera plant, cequin.,
a prouvc I'ideiitite genericjue du Zantoxjrluin et du Fagara; sur
les differences des Quassia et des Simaruba, dcs CinrhonaeX. des
Exosleina, Les botanistes reconnaitront dans I'enscmble de ces
discussions la superiorlte de talent avec laqiiellc le mLuic voya-
Boianiquc. 5 r
IjeuT a deja trnite, dans des momoires s^parcs, la families des
Primulacees et des Caryophyllees.
Des planches lithographiees avec soin accompagnent les des-
criptions, qui forment autant de monographies separees : elles
offrent I'analyse des parties les pins delicates de la fructification.
C'est ainsi que )e Traite des plantes usuelles des BrasUiens ,
tout en enricliissant la botanique et la matiere inedicale, fera
connaitre aux liabitans d'un autre hemisphere les richesses d'un
pays qui nedeniande que des bras pour le dcfriclier, et des insti-
tutions politiques propres a encourager I'indnstrie nationals
/jg. ICONES PLANTARUM SARIORCM ET MINUS RITE COGNITARUM
iNDiCENARUM ExoTicARUMQUE. Iconographia et supplementum
imprimis ad opera Wilidenowi, Schkuhrii, Persoonii, Iloemeri,
Schultesii , dclineata; et cum commentario' succincto editse;
auctore Ludovico REicHE>BACBf,D'^''. et Prof. Dresdensi. In-/|.
Leipzig; 1823 ; Holmeister.
Les gravures de plantes rares publiees par M. Picichenbacli
sont accompagnees d'un texte latin et allemand , conlenant Ja
phrase specifique reformee par I'auleur, une assez breve syno-
nymic, I'Listorique de la plante, c'est-a-dire, son origine , sa
patrie, et I'explicalion de la planche; enfin quelques observa-
tions sur sa difference avec les cspeces voisines, et des notes qui
indiquent ce que les figures n'ont pu expriraer. Nous avons sous
les yeux les 8 premieres decades de cet ouvrage ; mais avanl
d'en extraire les especes et les genres qui peuvent plus vivement
interesserlelecteur, nous dirons un mot sur Tensemble de cefte
publication. Dans un avertissement, i'autcur en expose les mo-
tifs, I'utilite et I'ordre qu'il se propose de suivre. II consciile
ingenument a ceux qui ne font pas de cas des figures et qui
n'en senlent pas la necessite, de ne reclicrcher ni biamer son
ouvrage, puisque le texte est reduit a une simple explication.
Cet ouvrage est done destine aux botanistes qui estiment da-
vantage une figure complete que le fatras des descriptions. Les
gravures, executees sur cuivre et donnant une idiie exacte de
I'esp^ce, ne sont pas nunierol^es; chacune representc souvont
plusieurs plantes ou varietes.
Dans la i"'. decade, les figures du vral Heliantheitnan oelan-
dicum L., et de VHelianlhemum dlpcstrc D. (\. , peuvent faire
jpprecier la validite de ces especes. Yiennenl ensuile celies des
5 2 Botaniqne.
lltirmnculns i)if;inceus WAhlemb. ; R.niviilis Gunn. ; (lettin hispi-
thiiti Flies; Alchcinilla fissti Reich., csptce noiivolic qui ]):irait
«Mre la variotc glabre, decrite parM. Dc CandoIle,der //rAcw/V/rf
vulgaris; Afyssuin monttmum L., et A. IVulfenianuin Bornli. ;
Ejysimiun crepidifoUum , synonyme d'^. hieracifolium D. C. ;
Ononis antiquorum L. , et O. diacantha Sieb., espece noiivelle
qui ne paiait differer de la precedente que par sa villosite ; Scu-
tellaria orientalis L.; Myoseris purpurea, genre detache des
Crepis de Linne par Link, et Lagoxeris tennifolin Reichenb. ,
plante qui appartenait egalement aux Crepis, et dont le port
est cclui dfs Vrctianthcs.
Huit phintlics de la seconde decade sont consacrees a diverses
especes de Pohgala. Outre les Poljgala austriaca Crantz, /*.
ainara L. , P. inonspcliaca et P. vulgaris L.; on y trouve les
P. buxifolia Reich, et ses varietes ; le P. major Jacq. ; le P. uli-
ginosa Reich. , plante bien voisine du P. austriaca; le P. ama-
rella Crantz , a peine distinct du P. amara; les P. alpestris
Reich. , P. Gxyptera Reich, et ses varietes, qui ne nous semblent
constitucr qu'une seule espece. La varicte P. pratcnsis du P.
oxyptera, figuree tab. 24 , ainsi que le P. coinosa de Schkuhr ,
peuvent se rapporter au P. monspeliaca Thuiil. , dcja figure
dans ies Icones plant, gall, rariar. de M. De Candolle. Enfin hs
P. exilis D. C. et P. paniculata L. Deux especes du genre La-
goseris cite plus haut sont figurces et decrites sous les noms de
L. taraxacoides et L. hursifolia. Ces plantes sont indigenes de
Caiabre et dc Sicile.
La y. decade se compose des especes suivantes : Rammculus
hyperhoreus Rottb. et R. laponicus L.; Erysimum hieracifolium
L., decrit par M. De Candolle sous le nom d'E. st'ictum ; Pedi-
cularis euphrasioules Steph. , P. lapponiea L. ,et P. versicolor
Wai\i\en\K; Sideriti.i calycantha de Marshall-Bieberstein; Atri-
plcx hastala \j. ; Hicracium cymosu/n I-. , Lagoseris leontodon-
toides\l\Tnk; Crepis laeera Tenore; Malva rotundifolia L. et M.
horealis Wahlenb. Dans cette livrai.son on trouve I'etablisse-
ment d'un nouveau genre de Crucifcres sousle nomiS.' Andrzeiows-
kia. li'espece unique dont il se compose, et que M. Reichenbach
nomme A. Cardamine, est bien certaineinent Ic Notoceras
cardaminefolium de M. De Candolle, dont une tres- belle figure
a etc reccmincnt pnblice par M. Benjamin Deles.>ert dans ses
Irones sclerta- , v. •/ , tab. 18. Deja, dans son Systcma , M. De
Jiotanitjuc. -J^
Candolle avuit indiqut; ia soparatiou tic ccitc plaiilc tin £;enrc
Notoccras , et en donnant provisoirement a la section le iiom
de Macroceratium , il ravait caracterisee par sa silique iiuk-
liiscenle, bicorne , ses flenrs blanches, ses feuilies pinnahli-
des, etc. Ce noni de Macroceratium n'a pas ete admis j)ar
M. Reichenbach; il lui a substitue celiii d-'Andeziowskca, tt a
donne un caractere gt'ncriqTie qui ne diffei'e de celui du ISoto-
ceras'(\nc par I'indehiscence de la silique. Si les botanistes sanc-
tionnent le genre etabli par M. Reichenbach, il I'audra neccs-
sairement adopter le nom de section propose par M. De Can-
dolle ou en chercherun autre, parce qu'il existe un genre (h^die
a M. Andrziowslsi, par le savant professenr de Geneve [Prodr<>i>.>.
System, wget. v. i , p. 190 ) et forme avcc la section des Siajin-
briuin qu'il avait nominee Hesperidopsis.
La 4*^. decade renferme les plantes dont voici I'enumeration :
Coronilla vaginalis Lam., Coron. eoronata L., el C. viontana Riv.
Les 2 premieres ont ete souvent confondues par les botanistes
et par Linne lui-meme , sous le nom de C. minima. La Coro-
nilla vaginalis est tres-distincte de ses congcneres , surtout par
ses stipules vaginiformes. Elle est parliciiliere aux montagnes
olevees de I'Europe. — Primula integrifoUa Jacq. et P. calycina
de Gaudin , belle espece ires-differente de la 1''*'. par ses feuilies
lunceolees et membraneuses sur leurs bords. Cette planle, doni
la distinction specifique date d'une epoquc recente, a deja recii
deux autres denominations, Primula Icevigata Duby, cX.P. glau-
(cscens Morelti. — Veronica maiititna L. et Schrader, /. dif^i-
to/rt Vabl., espece de France et d'Espagne, et F. peregrin a L. ,
a laquelle M. Reichenbach associe comme variete la V. Romana
L. — Alisma natans et A. ranunculoides L. ■ — Hieracium pdo-
selloides Villars. H.fallax Willd. , et Barchausia hiemalis , es-
pece sicilienne nommee par Bivona et pubilee par Presl ( Fl.
sicula exsic.fasc. a. )
Douze especes ou varictes de violettes sont figui'ees dans la
5*^. decade. Ce sont les Viola pinnata L. ; /". palmata L. ;ivec
sa variete integrifoUa; V. sagittata Ait.; /'. campcstris ile
Marsh. Bieb. , qui offre 3 varietes figurees par M. Reichenbach,
ct noniniees Caucasira, Podoliea clPannonica ; V. Collina 15os-
sor; /. Sororia Willd.; u»e variete de la /'. hirta , trouvec pros
de Leipsick cl nonimec Vralema ; V.primuUjolia L,, el I. cor-
.li/} Pntariiquc.
data Walt. Ces deux dernicres especes sont indigenes des Efafs-
Unis, ainsi qne les V.palmata et V.Sagittata.
Les Galeopsis ochroleuca Lam., G. intermedia Villars., G.
pubescent Bef^s., Fumaria parviJIora\.Sim., et F. F^aillantii hois.
terminent la 5^. livraison. M. Reichenbacli a ajoute une varietc,
sous le nomde Gfandulosa , au Galeopsis pubescens,hc[ueUe est
viilg;iire dans toute rAllemagne.
La sixieme decade commence aussl par plusieurs especes de
violettes , dont une seule est nouvelle. M. Reichenbach lui donne
le nom de Fioln conspersn ; il dit qu'elle a ete confondue avec
le V. asarifoiia qui en differe bcaucoup, mais qu'elle a de grands
rapports avec la V, maculata de Cavapiltes. Cette espece est
originaire de INew-Torck. Les autres Viola sont : V. hlanda
"Willd.; V. epipsila Ledeb. ; V, hinceolata L. ; V. uliginona
Schrad.; f. unijlora L. ; V. puheacens et V. striata kSx..; V. Ca-
nadensish. Trois Hieracium sont figures dans le meme cahier,
savolr : Hieracium cji/wsum 'L.-^H. prcealtiim Villars; et H. obs~
curum, nouvelle espece etablie par M. Reichenbach, et qui, a
la seule inspection de la figure, ne semble qu'une legere variete
de la premiere. Cette decade est terminee par le Galeopsis versi-
color Curtis ; une variete ( simplicifolia ) de la Valeriana dioica
L. ; 2 varietes de la Fedia locusta ; la Gentiana uliginosa Willd. ,
qui a la plus grande rcssemblance avec la Gentiana amarella L-
ou G. ge7manica\s"i\\A., mais qui en est distinguee dansle carac-
tere specifique par sa corolle quadrifide. Cependant des echan-
tlllons a corolle quinquidde dcposent contre la validite de ce
caractere.
La 7*^. decade ne renferme que des especes du genre Fedia ou
Valerianella. Ce sont les F. carinata ; F. dcntata avec ses va-
rietes; F. auricula Mert. et Koch. ; F. echinata Vahl; F. JJnci-
nata Bieb. et F. vesicaria Vahl. Plusieurs de ces especes sent
des plantes rares qui out etc etudices d'apres des individus pro-
venus de graines dans les jardins d'AUemagne.
Quelques especes du genre Vlolette occupent encore la moitie
des planches de la 8". livraison. La jolie petite Viola nutninu-
lariafolia d'Allioni et De Candolle occiq)e la i"". gravure en
mcme temps que la V. rupeslris Schmidt, plante tres-litigieuse
et facile a confondre avec les suivantes : V. Allionii Pio , et scs
varietes , qui se rapportent a la V. arenaria D. C. , et Viola ca-
nina L. Cette decade se compose en outre de la Scabiosa suaveo-
Botanique. 55
litis Dcsf., accompjij^iu'e de details floraux qui la distingueni
des especes voisincs ; des i variiHcs de la Campamdn persicifolia,
nomniees calycma ct infiimUbulum , la i^'". a cause du develop-
pcment de ses folioles calycinales, et rautre en raison de la forme
de sa corolla; des Campanula excisa Schl., et puhescens Schm.;
enfin des Eiysimum repandum L. , et E. odoraturn Erh.
J. A. Gdillemih.
5o. Mkmoire sur i,a. famille des ternstrormiacees, et en
particulier sur le genre Sauraiija ; par M. DecanDolle ; iu
en 1820, a la Soclete de physique et d'histoire naturelle de
Geneve. [Mem. Soc. d'hist. Nat. et do Phjs. de Geneve , t. 2,
1823.)
Linne fils fit connaitre ( ea 1781) la premiere espece du
genre Ternstroemia. Enrichi de plusieurs especes decouvertes
au Perou par Ruiz et Pa von, el dans la Guiane par Aublet^
qui en avait fait un genre distinct sous le nom de Taonabo , le
Ternstiocmia fut considere par M. Mirbel (en i8i3) comme le
type d'une nouvelle famille qui ne comprenait encore avec lui
que leFreziera de Swartz. M. Robert Brown (en 1818), dans un
memoire sur trois iiouvelles plantcs de la Chine, prouva que
VEurya deTliumberg devait se placer i cole deux dans cette fa-
mille. Elle fut le sujet d'un memoire special que M. Decandolle
jiresenta a la Socicte de j)hysique de Geneve, en 1820, mais
dont nous n'avons eu connaissance que recemment ; I'auteur y
expose les details historiques offerts ici plus brievement; aux
genres indiques plus haut il ajoute le Lettsomin de la Flore pe-
ruvlenne, le Palava du meme ouvrage , qu'il apelle Apaletia
parce qu'il est different du genre deja et;ibli sous le i*^*^. nom par
Cavanilles, ct le Saurauja de Willdenow, sur I'histoire duquel il
s'etend davantage en eu faisant connaitre plusieurs especes nou-
velles. II donnc les caracteres detailles de la famille ainsi augmen-
tce, qu'il divise en trois sections, et fmit par discuter ses rap-
ports naturels , sans toulefois determiner sa place avec certitude.
La description latine de la famille, des sections, des genres et
des es])eces , termine ce memoire.
M. Kunth, en Iraitantdes Ternstrremiacees , dans ses Nova-
genera et species plant, (rquino.r., les enrichit d'un nouveau
genre qu'il nomnia Laplacea , et cette memo famille fut , dans
un memoire sur les Malvacees, quil ptiblia la meme annco
56 J^oi(ini(juc.
(1822), I'objet (le pliisic'.irs notes intcressantcs ; il en rappro-
chait le Bombax gossypium de Liiiiu'', qu'il indiquait comine type
d'un genre nouveau, nomm^ par lui Cochlosperinutn , le Ventc-
natin de Beauvois, le Stewartia de Linne , VOncoba de ForskaeJ,
et meme les genres Gordonia et Malacodendron de Cavanilles.
En effet il rennissait ces derniei's aux Tlieacces ou Camelliees ,
qu'il regnrdait coinme formant tout au plus une section de la
meme famllle.
M. Decandolle parait pnrtager ces opinions, car tous les gen-
res, a rexception deYOncoba, sont compris parmi lesTerns-
trcemiacees dans le premier volume de son Prodromux qui vient
de paraitre (1824) \ il en dccrit i3 dans lesquels sont reparties 5^
especes; si nous en ajoutons plusieurs nouvelles que M. Kuntli a
publiees vers la meme epoque dans son Synopsis , en donnant
plus de perfection a plusieurs caracteres generiques, nous aurons
done sur la famille dos ternstroemiacees dcs materiaux aussi com
plets qu'on j^cut les trouver en ce moment dans les ou\rages de
botanique.
Cette famille renferme 58 especes, 36 originaires de i'Ameri-
que, 21 de I'Asie et une seule de I'Afrique , toules exotiques par
consequent, et croissant la plnpart dans les contrees equatoria-
les. La presence ou I'absence de bractees calicinales, le nombre
et la position relative des sepales et des petales, la separation ou
la reunion dc ceux-ci, I'insertion mediate ou immediate dcs eta-
mines, et celle des antlieres sur les filets, la distinction et la
soudiire des styles, et le degrc de cette derniere, tels sont les
caracteres que M. Decandolle a juge propres a fonder 4 sections
qu'il nomme Ternstroemiacees, Frezierees^ Sauraujces , et La-
placees, auxquelles il en associe avec doute une derniere, les
Cordonides. Dans les trois premieres les petales sont en meme
nombre que les s(''pales ; ils leur sont opposes dans les Terns-
troemiacees ( caractere donl M. Runth ne fait pas mention) et
soudes a leur base; alternes et libres dans les Frczicrees. Du
reste ces deux sections prescnient de meme des bractees cali-
cinales, des styles sondes presque en totalile, dcs antlieres ad-
noes aux filets; tandis que dans les Sauraiijccs on trouve ab-
sence de bractees , petales sondes a leur base, styles libres et
anlbtres fixes par le dos; dans les Lnplacees, le nombre des pe-
tales <iui sont libres surpasse plusieurs fois celui des sepaJcs;
les bractees raanqucnt; les antlieres s'altachent par leur base,
Botanique. 5 7
les styles se soudt'nt en un seiil. Quant aux Gordn/uces , leurs
caracteres, differens en plusienrs points, ont ete moilelcs sur ceux
du genre auquel ellcs doivcnt ce nom. M. Decandolle a fait de
plus entrer dans les caracteres diffurentiels des sections, ceux
quil tire de la differente structure des graines; mais en excep-
tant les sections lormees d'un genre unique, cette structure, qui
n a pu etre observee dans tons, et qui, dans ceux ou elle I'a ete,
vane de I'un a I'autre, doit-elle etre caracteristique? Ad. Juss.
5i. HisToiRE des Plantes Ics plus remarquables du Bresil etdu
Paraguay, par M. Auguste de Saint-Hilaire , correspon-
dant del'academie des sciences, membre de plusicurs societcs
savantes. ( Prospectus. )
D'excellens ouvrages ont fait connaitre aux amateurs et aux
naturallsles les plantes du Pcrou et du Chili; mais on n'avait
point encore etudie la vegetation du Bresil , et il restait une im-
mense lacune dans la flore del'Amerique nieridionale. C'est pour
la remplir que M. de Saint-Hilaire va publier une Histoire des
Plantes les plus remarquables du Bresil et du Paraguay. Cette
histoire est destinee a former le complement de la Flore du
Perou par Ruiz et Pavon , et du Nova Genera de MM. de Hum-
boldt et Kunth. En reunissant les deux ouvrages, on aura peu
de chose a desirer sur la vegetation de I'Amerique mcridioiinle.
Les dessins executes avec soin , et en partie colories, offriront
aux amateurs des formes qui leur etaient inconnues, des modeles
aux artistes , et a ceux qui cultivent la botanique des anatomies
soigneusement tracees, Au reste, pour donner une idee exacle
dubut et du plan de cet ouvrage, nous ne croyons pouvoir
mieux faire que de publier I'avant-propos de I'auteur :
« Une collection de plantes exlremement considerable a etc ,
pour la botanique, le resultat de mes voyages dans Tinterieur
du Bresil et les Missions du Paraguay ; mais si je n'eusse fait que
recueillir et dcssecher des echantillous, je n'aurais point atteint
ie but que je m'etais propose, celui de connaitre la vegetation,
des contrees que je parcourais. Toutes les especes que j'ai rap-
portees ont ete analysees sur les lieux; j'ai pris les divers rensei-
gnemens qui pouvaient repandre quelque interet sur leur his-
toire, etje me suis livre surtout a I'etude des rapports qui elevent
la botanique au rang des sciences les plus j)lillusopliiques. L'ou-
vrage que je public aujoutd'hui contiendra une partie de mes ob-
58 Bo/(t/iiqne.
serv;itipn.s. Jo ne nie roiitentcrai p<iint d'y decrire dcs esprtvs
nouvelles; je prt-senterai nne suite de dissertations siir la bota-
nique propreraent dito, la pliysiologie vegetale, les affinitt'-s des
iaiiiillcs entre elles ,. et je tacherai de repandre dans ce recucii!
toule la variete dont il est susceptible. Ainsi,a une nionogra-
j)hie des genres Saiwagesia et La^'radin, oii je pnsserai en revue
Ics rapports d'une longue suite de genres, je donnerai un Ble-
nioire pliysiologlque sur le Gynohase, et j'y discuterai I'organisa-
tion de la famille des Rutncccs. La relation d'un empoisonnc-
ment occasione par le mlel de la gnepe Lecheguana me con-
duira a cntrcr dans quelques details sur les plantes iiurcofiques
et veneneuscs. Dans un autre mcmoire , egalement historiquc, je
ferai coruiaitre la veritable herhe dti Paraguay et les diverses
cspeces que Ton a confondues avec elle. Une seconde disserlatiou
sur le Gynobase me donnera lieu d 'examiner cc qu'il y a de plus
delicat dans la structure du fruit des T^ci-henacees , des Labiees ,
des Borraginces et des Convohmlacees. J'examinerai, dans un
nouvcau Merooire sur le Placenta central, diverses plantes dont
je n'ai point parle dans mes Memoires precedens sur le meme
sujet. Quelques nionographles me condulront a faire figurer des
especes remarquables, tantot par la grandeur et la bcaute de
leurs fleurs, tantot par la slngularite de leurs formes.
»Onconcoit qu'embrassantquelquefois des sujets tres-etendus,
tels que ceux qui sont relatifs a la structure des organcs et aux
affinltes botaniques, je nc saurais me borncr a I'exameu des
plantes du Bresil et du Paraguay; une foule d'observations que
j'avais faites avant de commencer mon voyage, et qui etaieut
destinees a une Histoitv du pistil et des fruits des plantes de la
France, entreront dans mes dissertations; elles en augmenteront
I'inter^t, et me permettront de generaliser davantage mes idees.
u A la suite de chaque dissertation viendra la description lafine
des genres nouveaux et des cspeces nouvelles dont j'aurai fait
mention, et a ces descriptions seront jointes encore des obser-
vations de details ccrites en francais. Des planches, dont le tiers
environ sera enpartie color ie , el <pii represenloront Ics plantes
les plus curieuses, accompagneronl I'ouvrage. Elles seront gra-
vces en taille-douce d'apros les dessins d'un jeune artiste deja
connu par ses lalens et la fidellte de son crayon. Si je n'ai pu
executer moi-niemc les analyses des diverses especes , loutes du
raoins out etc faites sous mes ycux ; e I , pour ces details delic.its,
Botaniqiie. Sq
j'ai fllrige le deseinateur avcc I'altention la plus scrupulcuse.
» L'ouvrage que je public aujourd'liTii n'a , coninie on Ic voit ,
lien de commun avec celui que j'ai annonce sur les plantes
usuellcs des Bra.iiliens ; il est fait sur un autre plan, I'execution
en sera entiereinent differente et les memes especes n'y reparai-
tront point.
» \JUistoire des Plantes les plus remarqunhles da Bresil et du
Paraguny est le fruit d'un travail auquel j'ai saerifie de longues
smnees. On y trouvera sans doute bien des imperfections; maisje
puis affirmer du moins qu'il a etc execute avec tout le soin que
j'etais capable d'y mettre, et si je n'al pas mieux fait, c'est qu'il
m'etait impossible de micux faire. »
Conditions de In souscription. L'ouvrage , imprime \n-[i°. sur
grand-raisin fin, aura deux ou trois volumes. Chaque volume
sera divise en dix livraisons : chaque livraison renfermera cinq a
six feuillcs de texte et cinq a six planches. Lorsque les Mcmoires
seront trop considerables pour former une livraison, nous en
publicrons deux a la fois : ce qui aura lieu pour les deux pre-
mieres. Les premiere et deuxieme livraisons paraitront le i5 mal
prorhain; les troisieme et quatrieme le i5 juillet; la cinquicme
le i5 aout, et ainsi de suite; et comme une grande partie des
dcssins sont graves, les souscripteurs seront sei'vis regulierement.
Chaque livraison in-4"- sur grand- raisin, S fr.; sur grand-raisin
velin , 1 5 fr. Pour etre souscripteur il suffit de se faire inscrire
chcz A. BELIN , editeur, imprimeur-libraire, rue des Mathu-
rins-St.-Jacques, n°. 14-
52. Flora verqnensis quam in prodromum Italiae septentrionalis
exhibet Cyrds PoLUNius.Tom. i, cum tabulis sneis. Veronse,
1822. ( Giorn, dclV Ital. Lett., torn. LVIII , Janvier et fevrier
1823, p. 161.)
L'auteur de celte flore I'a fait preceder d'observations rela-
tives au sol , a la temperature et a la hauteur barometrique de
la province veronaise , et aux limites qu'il lui a plu de lui assi-
gner; il donnc ensuite une indication des auleurs qui out ecrit
sur les plantes de Verone , et il expose le plan de son ouvrage.
Les synonyraes qu'il ajoute aux descriptions des cspeccs sont
presque tons extraits des botanistcs italiens, ce qui est plus con-
veriable que s'il cut doniie ccux des savans ctrangcrs; niais on
remarque qu'il y a un tres-pclit nombre de nonis tires duPiuax
Gi) BotcinKjne.
<lc Bauliin, ouvivige qui evite la reclierche dos denoniin;ilioi)s si
^ .iiiocs et si vicieusos des iincicns botanistes. Personne n'c'tait j)lus
♦ apable de produire un bon ouvrage sur la flore de Vt rone
que M. Pollini. Ses recherches infatigables sur les especes de
son pays, et ses connaissances en botanique, en sont de surs
garans.
Les 4 nouvelles especes decrites et fignrees par I'aulcnr sont :
1 . Arundo pygmcca; cette plante nvalt d'abord ete decrite mais
nonflguree par I'auteur (//or^. et pr ovine. T'eron., plant, not-., p. A-)
M. Sprengel I'a reproduite dans ses Plant, miniis cogiiit. , pu-
gil. I ; elle a ele trouvee au inonl Baldo.
1 . Festiica oryzetoruin , decrite deux fois par I'auteur sons le
noni A'Aif-a palustris dans I'ouvrage cite plus hant et dans le
catalogue du jardin deVerone, i8i4; nominee casniXe A ira uri-
zctoruin par Sprengel ( loc. cit. , pug. 2 , p. i8). Elle fleurit en
juin, sur lesbords des fosses d'une riziere en Italic.
3". Galium Baldensc. L'auteur I'avait d'abord confondu avec
le G. saxatiie de Sternberg; mais M. Sprengel le decrivit comnie
Tineespece nouvelle dans ses Plantce miniis cognitce,Yix\^. i, p. lo.
M. Pollini , qui en avail fait la decou\erte sur le inont Baldo, I'a
retrouve sur les sommites de j)lusieurs montagnes limitroplies
«lu Veronais et du Tyrol.
tiC Campanula Loreii. Cetle plante a recu son nom speeilique
de celui qui I'a decouverte; elle a deja fait le siijet d'une con-
troverse entre les botanistes qui se livrent a I'etude des especes.
M. Balbis [Catal. hort. Taurin., i8i3, p. 20 ) I'a nommee
C. baldens in ; et, selon MM. Moretti et Link , elle parait se rap-
porter a la C. ramosissima de la (lore grecque, f. 204. M. le
D*^. Lorey , qui liabite raainlenant Dijon, ou il se livre avec
ardeur a des reclicrclies d'histoire naturelle, a fixe nos idees
sur cette espece ; il s'est convaincu par la culture que cette
j)lante est une variete reniarquable de la Campanula patula
de Linne.
Dans le N". du Journal itaiien ou Ton annonce la Flore de
Verone, on signale les omissions suivantes : Iris tuberosa , L. ;
Cyperus viridii , Pers. ; Limnctis jmngcns , Pers. ; Lagurus ova-
tus ; Avena strigota, Willd. ; Galium datum, Pevs. ; Ccntun-
culus minimus ; Sanguisorba officinalis ; Elteagnus angustifo-
lia ; Camphorosmti monsprliaca ; Biijfonia annua • Riippia ma-
ritiina ; (oris mo//.\/M'licnsis ; I'luinbago Eurnpa-a ; Camjxinula
Botanique. , 6i
Violfc, Pers.; Verhascum gaUiciim, Willd.; V, blattnrioides ; Ly-
rtiim curopreuni ; Illccehrum rarutiychia ; 1. capitatuni ; Glaux
inarilima; Cjnanchum monspcliacum ; C. acuminatum , Movi-
Ciind; Apocynum wnetum ; Gcntiana campanulata, Pers.; Sium
amomum; Linum auslriacum , Suffr.; Aidrovanda vesiculosa;
Statice speciosa ; Juncus alpinus, Villars; Aphyllanthes monspe-
liensis; Trientalis europcea ; et Daphne dioica.
Nous ferons observer que la plupart de ces especes sont indi-
quees dans la flora du Piemen t, par Allioni, et qu'il serait tres-
possible qu'elles ne fussent pas indigenes du Vcronais. II en est
d'ailleurs quelques-unes qu'on doit considerer comme douteuses;
telle est entre autres la Gentiana campanidata , qui n'est peut-
etre qu'une variete de la C. purpurea, ou de la G. punctata, L.
J.-A. G....N.
53. Agrostologie belcique ; par M. Michel. {Journal d'Agr.
du Roy. des Pays-Bas , noverabre iSaS, p. 3i4.)
Plusieurs cultivateurs desPays-Bas ont temoigneledesir decon-
naitre Its grarainees qui croissent dans leur patrie ; c'est pour leur
facililer la connaissanre de ces plantcs intcressantespour I'ao-ricul-
ture,que M. Michel publie an]o\ivA'\m\\' Agrostologie belgique,
ou un Herbier dcs Graminecs , des Cypi'racees et des Joncees ,
qui croissent spontancment dans la Belgique , ou qui y sent
cultivees. Chaque centurie sera renfermeedansun volume in-fol. ,
en demi-ligature, avec un titre, et les noms de chaque plante
iniprnncs a cote. Chaque echantillon sera place isolcment , dans
un parfait etat de dessiccalion , et offraiU tons les caracteres qui
differencient I'espece de ses congeneres, comme on pent s'en as-
surer par le volume joint au Prospectus que I'autcur a depose
aux bureaux de souscription. Cet herbier n'aura au plus que
trois volumes. M. Lcjeune , auteur de la Flore des environs de
Spa, est charge de revoir chaque echantillon qui y sera depose,
de peur qu'il ne se glisse des crreurs, faciles a commettre dans la
distinction de plantes qui offrent tant de ressemblance entre
elles , et dont les trails distinclifs sont si difficiles a saisir.
La premiere centurie paraitra a la fin de cette annee , la i".
sur la fin de 1824, et la 3^ en decembre i8a5. Les sou-
scripteurs ne paieront chaque volume qu'a sa publication ; ils
devront les rctirer des bureaus, qui seront etablis a Liege , a
lUuxelles ct a Gand.
62 Botanique.
On ne pale rlen d'avancc. Prix ; 20 fr. la centurie.
Les lettres et argent doivent ^tre affrancliis.On pent souscrUt'
au burean du Journal d' Agriculture , Montagne des Aveugles ,
n°. 886, a Bruxelles.
54. Aloysii Colla illustkatio generis disodii, additii icone
nondum cognlia speciei , quam divaricati nomine designarunt
botanici, {Mem. dc U Ac. dcs Sc. dc Turin , t. 27, 18^3, p. 323.)
Le genre que M. A. Colla se propose de decrire dans ce Me-
niolre, a-vait deja etc constitue par feu le prof. Richard , qui en
avaitrcconnula distinction d'avec les genres Po/vv/zwrn, ff'edelia,
Alcina&t Mdampodium. M. Kunth avait ncanmoins rapportc a
ce dernier genre, et nomme M.paliidonun laseule plante dont d
se compose. Ce rapprochement n'est pas admlspar M. Colla , qui
se fonde sur ce que le receptacle ^w Mdampodium est convert de
paillettes lanceolees et dislinctes de la substance du receptacle,
tandis qu'il assure que iXixn^X^ Djsodium,\GS paillettes constituent
une partie du receptacle , et disparalssent ensuite de maniere a
ce que le receptacle devienne nu. De plus , I'akene des Me-
lampodium est renferme dans une cspece de capsule paleacoe ,
que Linne nomme aigrette monopliylle vulvlforme ; et Tauteur
du memoire pretend que les akenes du Dysodlum , auxquels d
conserve I'ancienne expression linneenne de graines nues, ne
sont pas pourvus d'une enveloppe semblable , ou du moins que
cette enveloppe n'est pas de meme nature que celle du Melam-
podium, et qu'en outre il y a une aigrette, qu'il considere
conime des bracteoles ou appendices , toujours adherentes a
la graine, et destiuees a sa dissemination. Ces distinctions que
M. Colla s'efforce d etablir nous semblent prouver plulot en
faveur de I'identitc des deux genres , qu'elles ne lui sont con-
traires. II discute ensuite I'opinion de MM. Lagasca et R. Brown ,
qui ont considere le tegument exterieur des akenes, relative-
nient a YAldna et au Dysodium , comme une ecaille form.inl
un pericline exterieur; mais il nc peut se resoudre a se ranger
a leur avis , puisqu'il n'a vu aucune ecaille ; qu'il a apercu
au contraire, a differentes periodes de la raaturite , des decou-
pnres calicinales , et que I'organe en question , par son adhe-
rence a ce qu'il nomme emlopl.'rtr , doit tire considere comme
un veritable test. Ceci I'amene a quelqucs reflexions critiques
sur la nomenclature dc M. Ca-isini, qu'il regarde comme obscure
Botaniqiie. 63
€t superflue ; mais I'auteiir fiiit peul-efrc remarqner ici un
atlacheincnt trop cxclusif a tout ce qui est du a rinimortel
Linne , pour que son avis soit d'une grande autorite.
M. Colla exprime eiisuite les differences deson genre d'avec les
Polymnia , Alcina et If'edelia. Le calice , qui est double dans le
premier de ceux-ci , est simple ou compose d'un seul rang dc
i'olioles dans le Dyxodium ; et d'un autre cote, ce genre se distin-
gue des Alcina, ff'edclia, par la forme des akenes, leur substance
etses appendices. D'apres ces considerations, voici comment il
en reforme les caracteres generiques : Dysohium I^Syngencsla
poljganua /lecessaiia L.; Corymbi/eree, Jtiss.; Synanthcrce, Rich.
Br. J Helianthece , Cassini. ) Calyx ( involucrura ) simplex ,
\-phyllus , i)-parlitus. Corollce radii 8-10, disci numerosee.
Gerrn. dijforme. RcceptaciUum nudum columnci centrali. Sem.ina
di/formia, nuda , basi attenuata , latere externa convexo superne
bigianduloso , apice oblique truncato , receptaculi columnarn
circumvoh'entia , eiquc basi adnexa.
La phrase specifique, ou le caractere essentiel du Dysodiitm
lUvaricatum , est ainsi exposee : D. caule herbaceo , ramis di\'a-
ricatis , foliis oppositis oralis , basi in petiolum attenuatis,
apice subacuminatis , incequaliter grasse dentatis sinuatis\'e, pc-
dunculis in dichotomin solitajiis, Yiennent ensuite la synonymic ,
une description detaillee de la plantc, et I'explication de la
figure qui se trouve en tete du Memoire, avec I'analyse des or-
ganes reproducteurs. J. A. Guillemin.
55. Les Roses , par P.-L Redoute , avec le texic , par Cl. Ant.
Thory , membre de plusieurs Socictes savantes. So", livr. ,
in-fol. , de 6 feuill. et un portrait. Prix : 25 fr. Paris ; chcz
I'aiiteur, rue de Seine , n°. 6.
56. HiSTOiRE GENERALE DES HYPOxii.oNs , description des genres
et des especes qui forment cette grande tribu des vegetaux ;
et scparenient en un volume , Histoire iies graphidees ;
par F. F. (;hkvallier , D. M. , membre de plusieurs Societes
savantes. ( Prospectus. )
Bulliard , en publiant son Herbier de la France, dont les
champignons font partie, a rendu un grand service a la science.
A cette epoque , I'etude des champignons se trouvail tres-diffi-
cile et sujette a beaucoup de confroverses , comme on peut s'en
convaincre en lisant les auteurs qui ont ccrit sur cette malicre:
g/ Boianique.
,,en de personnes s'y livn.ient ; on clait rebute par le vague des
descriptions , rien n'avait ete fait pour aplanir les d.fficultes ; et
si quelques homnies , i force de travail , etaient parvenus a de-
brouiller ce chaos, leurs decouvertes , renferraees dans le silence
du cabinet, perlssaient avec eux. L'art de decnre les vcgetaux
6talt peu avance ; les descriptions etaient vagues et sans preci-
sion • on reunissait plusieurs genres sous une nieme denomina-
tion; on manquait de figures, ou bien celles qu'on avait gravees
etaient inexactes et n'offraient aucun caractere distinctif.
Malgre la precision que I'auteur veut apporter actucllement
dans ses descriptions, malgre les avantages que donnent la me-
thode et les progres de la classification , au moyen desquels la
science s'avance appuyec sur des fonderaens solides, les figures
coloriees deviennent indispensables pour l'ctu,le de plus.eurs
grandes divisions de la cryplogamie , dont les ind.vidus sont
d'une conservation difficile et susceptibles d'etre altcres par le
temps.
II est egalement impossible d'expriraer certains caracleres
microscopiques, que la peinture seule pcut bien rendre. C'est
done la le seul moyen de faire faire des progres a cette science
nouvelle, qui , par la multiplicite des decouvertes , retomberait
bient6t dans la confusion. Les collections de cryptogamcs des-
seches et mis en cahier , telles que les stirpes ajptogannrce de
MM Mougeot ct Nestler , celles de Scheeicher, sont trcs-utiles
sans doute pour etendre les limites dc la science en propa-
ceant les connaissances et en ramenant les opinions; mais ces
collections n'auront qu'une duree passagere; elles disparailront
avec le temps , et I'on ne sera pas toujours a mcmc de les re-
nouveler.
M Chevallier porte trop d'int^ret aux progres dc cette partie
interessante de la science pour se d^courager ,i la vuc des
obstacles qu'il aura h surmonter en entreprenant la tache
difficile de publier tons les genres et les diverses especes de la
iribu des Hypoxvlons , les Irois grandes divisions du genre
Opegrapha , accompagnees des details vus au microscope. II y
mettra tout le soin que demande un travail aussi minut.eux ,
et dont il possede tons les materiaux.
Get onvragc formera vingt livraisons ; la premiere paYailra
fin de mai prochain. I.e prix de chaque livraison , eontenant
environ cinq feuillrs <le lexte , el ri.,q plancl.cs gravees en taille-
Botanique.. 65
tionce €t colorizes avec la plus grande cxaclitude , sera de g fr.
Le texte , comprenant sur cliaque genre et chaque espece la
plirase latine avec la description francalse, sera imprime dans
le format in-4''. , par MM. Firmin Didot pere et fils. M. Pretre,
dessinateur de la Commission d'Egypte , connu par ses travaux
sur rixistoire naturelle , sera charge des dessinset de I'impression
en couleur. Chaque planche coloriee sera retouchee avec soin.
Les dessins sont fails d'apres nature et sons les ycux de I'auteur.
L'execution de la gravure a ete confiee a M. Victor. On souscrit
a Paris , chez Firmin Didot pere et fds , libraires, rue Jacob,
n". 24 ; et chez, Crevot , libraire , rue de I'Ecole-de-Mede-
citie , n". 3.
57. M. BoNPLANo continue d'explorer le Paraguay avec le zele
le plus digne d'eloges. II a deja recueilii 2000 plantes, et une
grande quantite de graines. Parmi lesplantes qui ont le plusparti-
culierement attire son attention , se disfinguent trois espcces
d'indigo, fort superieures a celle dont on extrait la couleur connue
sous ce nom , a Caraccas, an IJresil, au Mexique et dans I'lnde. Si
leur culture etail encouragee par le gouvernement , elles fourni-
raient un nouvel article d'exportations tres-important pour uii
pays qui n'en a encore que tres-peu. La garance croit dans la
plupart des forets ; ccile qui se trouve dans la Sierra de Cordova
et quelques autres parties est d'une qualite supcrieure , et four-
nit une couleur brillante.
M. Bonpland ne se boi-ne point a la botanique ; ii forme ega-
lement des collections d'insectes et de mineraux , et rassenible
des observations gcologiques. Son sejour dans ces contrees con-
tribuera beaucoup aux progres des sciences naturelles, et pourra
meme etre fort utile au commerce. [ Extrait de Vlfivestigatcur ,
r)?. XII, avril 1823 , p. 429. ) D. U.
58. Extrait d'une lettre de MM. Ruhl et Van Hasselt datee
de Tjichanjavor (ile de Java) au pied du Pangerango, le 20
juillet i82i.( Algem. Konst en Letterhode, 1822. )
Depuis 6 mois que noussommes ici nous avons deja forme une
grande collection de plantes. La vegetation est extremement
riche a Java, et Ton en voit changer la nature en parcourant seu-
Icment quelque lieues de pays, ou en examinant les pentes oppo-
sees d'une meme montagne. Cette richesse se raanifeste surtout
dans les families suivantes : Malvacce , Leguinince , Riibwcvv ,
B. Tome II. - 5
66- Botaiiique.
Bignoniacete , Acanlhacece , Euphorhiaccce , llrticere , Orc/ii—
electa , Drymyrhizece , Aroidcce , Grainicce , Eilices ct Fungi.
En Urticees il se trouve ici beaucoiip d'especes depoivres.
Nous avons deja Irouve 70 especes du genre Fictts dont nous
avons fait dessiner les feuilles et les fruits.
En raison de la grande varieto de formes les Orchidees, Aroidees
et Drymyrhizees apparliennenl aux families les plus interessantes
de la Flore de Java. Nous avons decouvert 12 nouveaux genres
dans la famille des On hidees qui se rapprochent des Palladium
et Arum , et que nous avons fait flgurer aussi exactement que
possible. En general nous nous falsons un devoir de figurer les
fleurs et les parties sexuelles de touteslesplantesque nous obser-
vons. Au teste , si Ton peut ajoutcr foi aux descriptions dc
SprengeleX. de Schwarz, et si Ton s'en tient rigoureuscment aux
regies ,observees par Brown et Ricliard, il rcsle encore beau-
coup de genres a faire dans cette famille. La plnpart de ces Orchi-
deacees ont ete trouvees par nous dans les forets inhabitecs; elles
y croissent sur les troncs d'arbres pouris. M. Rcinwardt avait
recueillidejabeaucoup de ces plantes; mais,malgreson assiduite,
nous avons decouvert encore beaucoup d'especes qui n'avaient
pas ete observees par lui ou figurees parses dessinateurs. Autant
que nous avons pu nous en assurer par nos recherches , Java n'a
qu'une seule , espece de la famille des Equisatocees :.c\\e croit
a une elevation de 2000 pieds au-dessus du niveau de la mer et
ressemble beaucoup a VE. hyemale.
Nous possedons deja i85 fougeres, parmi lesquelles il y a
8 genres nouveaux. Les fougeres gigantesques ou arbres fougeres
donnent un coup d'oeil magnifique , et on ne peut se figurer rien
de plus beau que leur tiges, hautcs de 20 jusqu'a 60 pieds, du
sommet desquelles pendent des feuilles dccoupees de la maniere
la plus variee comme des plumes d'autruche. Apres cette famille
les genres Polypodium Aspidiuin , Asplenium ct Diaplazia sont
les plus riches.
Quant aux mousses, beaucoup de roches en sont tapissees, et,
arriveaunc liauleur de 5ooo pieds, on en voitaussi tons Icsarbres
revetus. Nous avons trouve et fait dessiner 3 especes de Mar-
chantia.
Nous avons observe et decrit environ i5o especes de C/ja;«-
/)/n'«o«* dont une centalne est figuree. Les climats chauds pro-
tiuisent dans cette famille, comme dans ccile des fougeres, des
Zoologie. 67
formes gigantesques ; c'est ainsi que nous avons vu des Sphaeria
longs de 6 a 10 pouces, un Boletus apits etait large d'un pied -,
et un Thalaphora crepidopus avail 8 pouces de large sur 6 de long.
Les couleurs en sont aussi, en general, plus vives qu'cn Europe.
Une espece de Boletus , qui fait partie de notre collection , est
toute entiere d'un ccarlale pur.
ZOOLOGIE.
5g. HiSTOIRE NATURELLE DES MAMMIFERES, aVCC dcS figUrCSOrigi-
nales, coloriees , dessinees d'apres des animaux vlvans.
Ouvrage public sous I'autorite de radministration du Museum
d'histoire naturelle , par MM. Geoffroy Saint-Hilaire , et
Fred. Cuvier. ( Prospectus. )
Get ouvrage etant arrive a sa 40^. liv. a &lh suspendu mo-
mentanement afin qu'on put recueillir de nouveaux materiaux
pour le continuer. L'intervalle qui s'est ecoule depuis, a ete mis a
profit ; des dessins nouveaux ont ete rassembles , et sa publica-
tion va etre reprise avec une nouvelle activite et de nouveaux
soins.
Les 40 liv. publiees par M. le C. de Lasteyrie forinent 2 vol.
qui, pour etre relies , ont besoin de leurs litres el de leurs tables.
Nous donnerons les uns et les autres, de la 44*'' a la 46*^. liv.,
avec unavertissement necessaire pour I'arrangement des figures
et de leur lextc.
Jusqu'a present cet ouvrage , public gr. in-fol. , n'avait pu pe-
netrer que dans ces riches bibliotlieques pour lesquelles la for-
tune publique, ou les fortunes particulieres font de grands
sacrifices ; elil ctait en quelque sorte reste inaccessible a celles
qui sont plus exclusivement destinees au travail et a I'elude. Afin
de rendre profitables a celles-ci les avantages qiie la science
peul retirer de celte liistoire des Mammiferes, nous donnerons
en meme temps que I'edilion in-folio , nn ouvrage in-4°. qui
contiendra aussi le plus grand nombre possible d'especes, avec
une liistoire et des descriptions parliculicrenient appropriees a
sa nouvelle destination, de sorte que ces deux ouvrages , sans
etre les memes, pourront cependant jusqu'a un certain point
tenir lieu I'un de I'autre. Cette liistoire et description des Mam-
miferes, que nous annoncons in-4''., a surtout pour objel de
C8 Zoologie.
former le compl.'.n.enUle la par.le .les Man.n.lferes du regn.
nninial rli^trlbuc cVapr^s son orgamsaUon , par M. le baton
^Ta^e Uv.dolm-fol.paraitradans le courant de mal pro-
chain lax". Uv.de rm-4". dansle courant de jum avec a
^e d'e -in-fol. Le prlx de la liv. de rouvrage in-fo est de i5 fr.-
/,2.aeiiii> 1 rnmnosee de 6 fis. dessinees
Celulde la liv. de I'ouvrage in-4 -, coraposce ae o „
et color., accompagnees de leur texte , impnn,ees sur son
<.rand raisin. 7 fr. papier veiin d'Annonay.
"^ iVo.«. Les figures seront tirees sur papier d'Annonay. Le texte
.ksdeux editions sera i:nprime avec des caracteres neufs , et
rien ne sera neglige pour I'executlon de cet xn^portant ou-
"on souscrit che.Belin, editenr , inxprinxour-libraire , rue des
Malhurins Saint -.Tacques, n". i4-
TXOT, zoox.ooxQXJEfaite dansl'ile de Sumatra et daixs es terres
"u I'avoisinent , avec des notes additionnelles sur .0 re
Iturelle de ce^econtree; par sir St^mhokh Y......S. {Trans.
Soc. Linn. torn. i3, part. i. )
M Raffles fait preceder ce catalogue d'un expose des nxoyens
, u^l'felpWe. pour fornxer la collectxon des an.nxaux ^e .«-
Ta a de tin'ea enrichir le cabinet d'bistoire naturelle de la
rxLpa'gn des Indes. Apres avoir paye le trib.xt ce sa recon^
Sn'ce . la xn.moire de feu le docteur Joseph Arnold on
anxi qui I'a beaucoup aide dans son enlrepr.se , .1 declare que
leTdescriptions qu'il va donner dans ce eatalogxxe , .sont le resul-
^^^^r;x^:S^^Uroxeuneindicationdes.axnxni.r^^
de Sunxafra et la description d'un certain nonxbre d «peces, qu
n'avaientpasencore ete observc^espar les naturabstes.Plusxeurs de
Is anixxx'ux out d.,a ... d.cri.s dans quelques ^^^^^^
mem publics tels que les Zooloslcal researches. n Ja.a de M. Hot s
field I'histoire des nxanxnxiferes par M. Fred. Cuv.er . la nou-
velle edition des ossenxens fossiles de M. G. Cuv.er et la rnamnxa-
Wle de I'Encyclopedie. La decouverte de ^^ P^upart d cntr
'cnfparaxt due sinxuUanenxent a M. Raffles et a MM. D.ard e
Puvaucel ; nxais ces derniers naturalis.es ont enr.ch. la collecUon
Tmuscx-ux d'histoire na.urelle d'un non.bre d especes plu.
Zoologie. 6t)
considerable que celui des marainiferes qui figurent dans le ca-
talogue dont nous nous occupons.
Le genre Simia de Linne a fournl 9 ou lo especcs. Savoir ;
rOrang roux, Siinin Satyrus L. ; le Sianiang, S. syndactyla (Raffles
Fred. Cuv. et Maminalog. 812.) ; le Wouwou rapporte au Si-
mla Lar. Linn, par M. Raffles, et decrit comme espece nouvelie
par M. F. Cuvier sous le nom de Hylohntcs ogilis ( Maniin. 8r3 );
le Bruh des Malais decrit comma espece nouvelie par M. Raf-
fles sous le nom de Simia carpolegus , mais n'etant reellement
que le S. nemestrina , Linn, ou Maimon de Buffon (1); le Cliing-
kau ou Tchincou , Simia cristata Raffles, se nipporlant au Cer-
copitliccus Maurus Geoff, ou Semitopithccus Mauriis F. Cuvier ,
( Mamm. 81 5), le Sim[)ai\ou Cimepaye, Simia melalophos Raf-
fles (Manira.8i4 ), guenon nouvelie caracterisee par son pelage
d'un roux fauve brillant en dessus , et blanchatre en dessous ; par
une aigrette de poils noirs sur le front en forme dc bandeau , et
par sa face blene ; le Cra ou Crro , Simia fascicularis Raffles,
Semnopitheciis comatus ( Mamm. 816 ) ; guenon grise avec I'oc-
ciput et le liaut du dos noiratre , et des grosses touffcs de poils
qui cachent les oreilles ; le Lotong , rapporte avec doute par
M. Raffles au Simia Maura de Linn. , mais qui doit constitucr
uue espece distincte a laquelle nous avoiis donne le nom de
Ccrcopithecus alho-cinercus ( Blaram. , n". 817 ) , et qui nous
jiarait caracterisee par son pelage gris en dessus, plus foncesur
les loinbes qu'aillcurs, avec les parties Inferieures blanches ; par
une ligne de poils roides noirs en Iravers du front , ainsi que
par ses mains et ses pieds noiratres.
L'ordre des quadrumanes n'a presenle d'ailleui's dans celte ilo
que le seul Lemur tardigradus , Linn.
La famille des cheiropteres a offert Ip Galeopithccus rufm ,
Pall., et une Roussette a laquelle M. Raffles rapporte a la fois les
noms de trois especes fort differentes ; savoir : Vcspcrtilio Fam-
pirus , L. Vcsp. ; Ferruin cquinum ; Linn, et Pteropus rubricollis,
Geoffr. Son nom de Kaluang et son caractere de couleur nous
la font considerer sans aucun doute comme notre Roussette
Kalou; Pteropus javauicus {^^laram. , n". i36j. De plus M. Raf-
(0 M. Boyer, savant naturalisic qui va jiaitir pour les Indcs, nous
a lait coniiaitre (jm; le Macaque onlinairi' , S. cynoviolgus , L , nu
ius((ii'ici oiigioairc J'Afrique, a[)pariient a I'ile de !Sumatia.
yo Zoologie.
fles indlque tres-vagjiement deux cliauves-souris, dont Tune ao-
rait une membrane nasale compliquee , et lautre, plus petite,
n'aurait qu'un bourrelet membraneux semilunaire sur le museau.
Cette derniere aurait de fousses ir.amelles inguinales comme
notre Rliinolophe fer-a-cheval d'Europe.
L'ordre des cdentes est represente par le Pangoling Sisik ou
Manis pentadactyla y Linn.
Celui des carnassiers comprend les especessuivanles : le Cliicn
domestique, Canis fatnilinris , Var. sumatj-cnsis , Raffles , tres-
Toisin du Cliien d'Australasie ou Dingo ; le Tigrc royal, Felis Ti-
g7-w,L. ;un Chat-ligre qui parait ne pas differer du Felis ben-
galensis de Pennant ; une variete de Chats domesliqucs analogue
au Chat de Madagascar et remarquable par sa queue lanfot en-
roulee et comme tordue, tantot noduleuse etd'autre fois nulle;
une grande espece nommee Chigau ou Jigau par les Malais, que
M. Raffles n'a point vne et qui parait ne pas differer du Lion ; une
autre appeliie Rimau Dahan , qui scrait de la taillc du Leopard ,
mais moins regulierement raouchetee et plus foncee; une Loutre
appelee Summang el une autre plus petite nommee Barang-barang
ou Ambrang(ZM/r<;z BarangYr. Cuv. Diet.); le Tclagu, ou notre
Mephitis jiwancns is (Mamm.jn". 288),fonnant maintenanl le
genre Mydaiis de M. F. Cuvier ; les Viverra Zibetha et Genelta, L. ;
]e Vi\>crra Musanga, Raf. et Horsf. qui parait n'^tre que notre
Civette noire , (Mamm., n". 3i6) , ou le Pougonnie , Paradoxu-
riis , T)j)us. Fred. Cuv.; le Viverra Binturong, espece nouvelle
que M. Fred. Cuvier a depuis rapportee a son genre Paradoxure;
le Bruang ou Ursus malayanus, Raffles, espece nouvelle commune
au continent de I'Asie , a Java et a Sumatra, et diffiirente des
Usus labiatiLs et tibctaniis; une petite variete tres-vaguement in-
diquee d'un Sorex coeruleus ouRat musquede I'Inde, dontle nom
nous est inconnu dans les ouvrages des naturalistes ; enfin deux
especes d'un genre nouvcau forme par M. Raffles sous le nom
de Tupaia,\e T . ferriiginea et le T. Tana qui joignent le port des
ecureuils au systeme dcntaire des musaraignes.
Dans l'ordre des rongeurs , I'auteur a seulement signals les
animaux suivans: i especes de pores-epics, si XHystnx Jascicula-
/<z differe de I'H. //;<^/^/-ow/Y^ ; un Mus surnatrcnsis , ayant 17 pou-
ces de longueur sans comprendre la queue, qui en a 6 , ct qui est
nue, ecailleuse et terminee en poinle mousse; le corps couvert
de polls loides , gris et bruns sur le dos; la tcte courtc et d'un
Zoolo^ic. J I
couleurplus pale (i); le Sciurus ma.vimus, Linn.; Ic Sriurus hi-
color, Sparm. ; le Sciurus af finis y Raffles, qui a la taille du S. bi-
color, et est d'un gris cendreou brun sur le dos et la queue, pres-
que blanc sur les parties inferieures du corps, avec une ligue
d'un brun roussatre sur cliaque flanc. Le Sciurus vittatus , Raf-
fles, decrit depuis par M.F.CuTier, sous lenomdeToupaye, etpar
nous sous celui de Sciurus bi\>ittatus ; un autre Ecureuil Icgere-
iTient indique, qui differe du precedent par I'absence de la raie
blanclie des flancs, etpar la couleurde son ventre, qui est d'un
gris blanc et non fauve ; i especes de Polatouches, probable-
mcut \e S. jjctauriitajUnn. , originaire de Malacca, seion le ma-
jor Farquliar , et le iS'. Sagitta Linn. ( non celui dt: Shaw) , qui
est commun a Singapore.
Parmi les ruminans, M. Raffles distingue , avec les Malals , 3
especes de Chcvrotains. Son Napu, qu'ilrapporte a tort au Mos-
chus javanicus , de Pallas, est une espece nouvelle, et M. F.
Cuvier I'a recemment decrite comme telle dans I'liistoire des
mammiferes. Son Moschus Kanchil a i5 pouces anglais de lon-
gueur et 9 .I lo deliaut; sa couleur est d'un brun rouge fonce,
j)resque noir sur le dos et d'un bai brillant sur les flancs;
Son ventre et I'interieur de ses jambes sont blancs; il a 3 raies
blanches sur la poltrine , comme le Napu, mais autnjiient dispb-
sees ; une raie de chaque cote de la machoire se prolongesnt jus-
qu'a I'epaule en s'amincissant graduellement; ses canines supe-
rieures sont longues et courbees; sa queue a un pouce de long
et est touffue, blanche en dessous et au bout. II se tient dans
I'epaisseur des forets oil il mange les fruits du Ginclinia villosa
de Roxburgh. Le Pelandok . simplement indique d'aprcs les Ma-
lais, est I'espece la plus petite et la moins svelte. Le genre des
Cerfs presente trois especes a Sum.'itra , savoir le Cervus jixis ,
Linn., ou Rusa; le Cen>us Muntjah , Schreb. ou Kijang, et
une espece plus petite que I'Axis, a pelage roux , ayant les bois
en forme de dague velue, et devenant persistans apres la seconde
cvne.UAntilojie suinntrcfisis on Cambing ourang, de Marsden,
est la seulc espece d'Anlilope qui habite ce pays. On y possede
une fort belle racedeBteufs doniestiques, a corps robuste, jambes
asscz fines, sans bosses sur le dos, d'une couleur generaleineiil
(r) Get animal sc Irouve dans les haics dc bamiious, dor.t il mange
les racines.
r 2 Zoologie.
fauve ietev(^e de bliinc. l.ii varietci blaiicbe roussdtre du Buffle'
ost assez comrnune a Bencoulqn, I'un des cantons de I'ile. Les
Chevaux sont pttits ct d'un temperament robuste. Ceux du
nord de Sumatra sont les plus estimes; ceux de Batta sont
les plus grands et les plus forts , mais peu rcmarquables par la
beaulc de leurs formes : iis appartiennent a nne race distincte de
celles des Chevaux de Java et dc Bima, qui sont de la meme
taille. Les Elephans sont tres-nombreux dans les forets. Une es-
pece nouvelle de Rhinoceros, Rhinoceros sianatrnnus , Raffles,
est caracterisee par une seule corne sur le nez , par sa peau ru~
gueuse ayant partout des polls courts, raides et bruns , assez ra-
res, par les plis pen marques de ses epaules et de sa cronpe, et
par ses dents incisives au nombre de deux a cbaque machoire :
c'est le meme que M. Cuvier a decrit sous le nom de R. sondai-
e«i-,surun individu que MM. Diard et Duvaucel ont envoye a
la collection du Museum d'histoire natureUe de Paris. Le genre
Tapir, jusqu'alors confine dans I'Amcrique meridionale, est re-
presente a Sumatra par une espece nouvelle tres-distincte , a la-
quelle M. Raffles a don nele nom de Tapirm malayanus , et M. G,
Cuvier celui de T. indicus. Les Cochons sauvages de cetteile n'ont
rien de remarquable dans leurs formes et leur histoire naturelle.
Le Dugong, /f«//co/e iJw^owg^, animal connu imparfaitement
depuis long-temps , a ete trouve a Singapore aiiisi que dans la
baie de Tappanuli, sur la cote ouest de Sumatra. Un individu
de cette espece a fourni le sujet d'lin travail anatomique tres-
complet que MM. Everard Home et Raffles ont public en com-
mun dans le volume des Transactions pliilosophiques de Lon-
dres pour I'annee 1820 (2". partie).
Apres avoir termine le catalogue dont nous venons de rendre
compte, M. Raffles y joint, en forme de supplement, la descrip-
tion d'un animal qui lui a cte recemment remis et qu'il nomme
Viverra gyinnura. Sa machoire superieure a G incisives dont
ks deux nioyennes sont Ifs plus larges et ecartees I'une de
I'autrc, et les dernieres on laterales tres-pelitcs ; 2 canines
mediocres; 6 molaires dont la premiere est petite et a 2 poin-
tes , la seconde plus large et a une pointe, la quatrieme et la cm-
quieme les plus grandes et portant /, tuberculcs a leur couron-
ne, tandis que la G''. n'en a que S. La machoire inferieure a 6
incisives dont les laterales sont les plus pelites , et les mitoyen-
ues egales el separees au milieu, 2 longues canines el G molaires
Zoohgie. 75
Lcmuseau est pointuetdepasse d'un pooccla machoirc iiifcrieure.
La langue est douce; lesycux sonl petlts, ies oreiUes arrondies ,
droites et nues; Ies moustaches lougiies; Ies quatre pieds ii tiiiti
doigts, pourvus d'ongles comprimes , arques et aigus, Le toij)s
et la tete ensemble onl un pied de long; la queue, qui n'a que 10
pouces, est nue comme celle d'un rat; le pelage est compose de
2 sortes dc polls; I'interleur, tres-doux , ties-dense et court, ct
I'exterieurassez long el dur. Le corps, Ies jambes et la 1''''. moi-
tie de la queue sont noirs; la tete, le cou et Ies epaules sont
blancs;une bande noire est sur Ies yeux. Ce quadrupede, jus-
qu'alors inconnu, nous parait devoir conslituer un genre nou-
veau, voisin de celui des Paradoxures. Desjl.st
61. Zoological reseakches in Java , etc. P. echcrches zoologiques
sur Java et sur Ies iles voisines; par Thomas Housfielu; n . \ L
Londres; 1823. (Voyez le Jhdlctia de iSaS , to. Ill, n". 6i5.)
Get ouvrage, execute par I'auteur d'apies ses propres recher-
clies et d'apres Ies animaux rccueillis par M. Piaffles, est tres-
bien execute; il ne doit avoir que huit numeros, et chacuii
coule line guince. Le sixiemc , qui vient de paraitre , contien? ia
description des animaux suivans. 1°. Cen'its Muntjah ; 2". Vi-
i'erra Rasse ; 3°. Rhinolophns larvatus; 4". Rhinoceros sondaicin;
5*^. Jora scapiilaris. L'auteur fait un genre nouveau de cet oi-
seau deja connu, c'esl le Scapular Wagtail de Latham, deuxieme
edition, 1823, p. 336, n°. 26; 6°. Falco Utnncctus ; 7". Oriolus
xanthonatus ; 8°. Centropua Bubtitus.
62. The natural history of BraTisH quadrupeds. Histoire
naturelle des quadrupedes brilanniques, avpc des figures ac—
conipagnees de descriptions generales et scientifiques dc tou-
tes Ies especes connues qui habltent Ies ilestritanniqucs; ta:it
a I'titat sauvage qu'a I'etat domeslique; ainsi que celles qui
ont ete autrefois indigenes, mais qui sont niaintenant delrui-
tcs ou devcnues extremement rares; le tout arrange suivant
I'ordre systematique de Linne, par E. Donovan , aVec pi. col.,
3 vol. iu-8. Prix , 6 1. st. 8 sh., cart, ou en 12 part. Prix, 9 sh.
chaque, que Ion pout prendre separemtnt ou a la fois. Lon-
dres; Rivington.
63. Rem ARQUES sur la menagerie de \ienne. ( Arch, fur
Gesch. Stat. Lit. unci Aiinst., nov. 1823, p. 712.)
La mi-nageric dc Vicnno, fondee pros du Gelvedcre en 1722,
74 Zoologie. -
sous le regne de Francois T'^, (ut transportee a Schcenbruni*
dans I'annee 1752. Durant cette premiere p^riode son ctat n'etait
pas tres-florissant; mais depuis qu'elle est sous la direciion de
M. Francois Boos, clle a cte augnient^e considerablement.
Depuis sa fondation, ccUe menage."ie a renferme pres de 80
cspeces de mainmiferes exotiques , savoir , 29 especes de quadru-
manes, parmi lesquclles nous remarquerons le Ccrcopithccus py-
gerythrus Fred. Cuv. , le Papio comatus Q>Goii.,\e. Mycetes seni-
culus lilig., le Ccbus fatucllus ,GcoiL, le Cebus hypoleucus Geoff.,
le Cebus robustusMAx. de Neuwied, et le Midas Rosalia; ij car-
nassiers, parmi lesquels nous avons distingue le Didelphis can-
crivora Cuy., et le Didelphis Quica Natter., sp. nov. du Bresil; 8
rongeurs, dont le Dipus Sagitta Linn., et le Coelogenus Paca ; 1
edente , le Dasypus patac/ioniciis Hesm.; 6 pachydermes parmi
lesquels sont Ics Dicotyles labiatus et torquatus ; enfin 12 espe-
ces de ruminans et quelques varietes du genre 0\'is.
UUrus , qui fait partie de la collection du Museum d'histoire
naturelle de Paris depuis 1809, a vecu dans cette menagerie.
L'auteur de cet article fait preceder la lisle de ccs maramiferes
d'une description tres succincte de la menagerie de ScbiJnbrunn.
II annonce pour etre publioe prochainement, la liste des oiseaux
qui out vecu dans le raeme etablissement. Desm..st.
64. MtMOIRE SUR UNE CH.VUVE-SOURIS AMERICAINE , forUiaUt
une nouvelle espece dans le genre Nyctinome j par M. Isidore
Geoffroy-St-Hilairi ; lu a la societe d'histoire naturelle de
Paris, le 5 mars 1824. [Ann. des Sc. Nat., avril 1824 , p. 337.)
Dans ce mcmoire M. St-Hilaire fils, aprcs avoir remarque que
tons Ics genres bien naturels de quadrumanes et d'inseclivores
lie sont pas communs a la fois aux deux contineiis, et avoir
liiscute la valeur de trois exceptions que presente sculemcnt jus-
qu'a ce moment la famille des cheiropteres, propose lui-meme
une exception bicn constatee que vient de lui oflrir la nicnie fa-
mille.
Cette exception consiste dans la d<k:ouverte faite par M. Au-
guste St.-Hilaire , d'une Chauvc-souris commune dans l.i pro-
vince des missions, qui appartient sans nul douU; au genre
Nyctinome , doul les premieres especes n'avaient encore ele
obscrvccs qu'cn Egyplc, au Bengale et daus I'ile de Bourbon.
Zoologie. j5
LeNYctiNOME Du Bresil, Nrctirioinus hrasilicnsis Isid. Geoff.,
est a peu pres de la m^me taille que les especes du Bengale et
d'Egypte. Sa longueur totale est de 3 pouces 1 1 lignes ; ceile de
son corps de 2 pouces 6 lignes; celle de sa queue, de i pouce
5 lignes; I'envergure de ses ailes est de 10 pouces et deiui. Son
poll , qui est assez moelleux et touffu , presente quelques varietes
de couleur : c'est toujours un fond cendre, niais avec une nuance
de brun qui varie du brun noir an brun fauve. En general on
pent dire qu'il est cendre brun ; d'une teinte plus grise et moins
foncee vers la region abdominale, un peu plus foncee vers la
poitrine, plus foncee encore et plus brune a la region dorsale. Les
poils qui revetent la partie interne de la membrane de I'aile sont
de m^me couleur que ceux qui couvrent I'abdomen. Des poils
tres-rares se remarquenta la portion de la queue comprise dans
la membrane interfemorale a peu pres , dans sa premiere moi-
tie. Des prolongemens de cetle meme membrane s'etendent en-
suite sur les cotes de la queue jusqu a ses deux tiers ou ses trois
quarts.
M. I. Gcoffroy ne compare pas ce Nyctinome a celui de Port-
Louis, seulement connu par une note de Commerson; mais il pa-
rait que sa difference principale consisterait dans le plus d'eten-
due, chez celui -ci, de la membrane interfemorale. Le Nyc-
tinome d'Egypte et celui du Bengale s'en eloignent en ce que leur
levre superieure est plus profondement fendue que la sienne. Le
j)remier s'en ecarte encore en ce que les rides transversales de
ses oreilles sont moins prononcees, et le second en ce qii'il n'en
presente point du tout.
Enfin, dans le Nyctinome du Bresil, les membranes des ailes
sont taillees comme celles de I'espece du Bengale et n'ont pas
la forme bizarre qu'on leiir connait dans I'espece d'Egypte, elles
ontaussi un peu plus de largeur. Desm..st.
65. BuFFONii ET Daubentonii figurarum AVIUM coloratarum
nomina systematica, collegit Henricus Kuhl, edidit, praefa-
tione et indicibns auxit Theodorus van Swinderen. Table
des oiseaux enlumines de Buffon et de Daubenton , avec sa
concordance systematique par H. Kuhl ; augmentee d'une
preface et d'autres tables par M. T. Van Swinderen. In-/,",
de 28 p. ; Groningue.
La table drcssee par M. Kulil comprcnd , sur une premieie
76 Zoologie.
colonue et jwr ordre de numeros , les noms frari( ais des oisenux
figures par Buffon et Daubenton dans g6'i planches enluminees
laisant la majeure partie des 1008 que ces aulcurs onl pu
bliees (1). En regard se trouvent , sur une seconde colonne , les
noms systematiques employes par Linne , Gmelin , Latham, 11-
liger, M. Cuvier ( regne animal), M. Temminck. ( Man. d'orni-
thol., a", edit.), M. Vieillot, M. Levaillant, etc.; et lorsque des
noms de genres differeus out ete proposes par ces autcurs, ils
sont relates dans I'ordre de leur publication.
A celte table M. Van Swinderen a joint :
1 . Une lisle systematique de ces niemes oiseaux distribues
selon la methode proposee par Illiger dans son Prodromus sys-
tematis avium , public a Berhn en 1811. Dans chuque genre , les
especessont rangees suivant I'ordre alphabetique, et leurs noms
se trouvent accompagnes des n"". des planches enluminees qui
s'y rapportent ; de telle facon que tous les doubles cmplois qui
existent dans cetle nombreuse collection de figures sont faciles
a reconnaitre par i'existence de deux ou de plusieurs u"". , a la
suite des noms des especes qui les presenlent.
2". Une table systematique des ordres des families et des
genres qui composent la methode d'llliger.
3". Une table alphabetique des genres, selon cette nieme
methode. Dessl.st.
66. NOUVEAU RECUEIL DE I'LAKCHES COLORIEES d'oISEAUX, pOUr
servir de suite et de complement aux planches enhirainees de
Euffon, public par MM. Temminck. et IjAugier. ( Foyez !e
dernier Bulletin.)
32™*'. Livraison. — Planche 186. Colombc leucomcle , Coluiii-
l>a Icucomela. ( Temm. ) Nouvelle- HoUande. • — ^ PI. 187. Col.
marquetee , C- scripla. (Id.) Idem. — ^ PI. 188. Col. Dussumier,
C. Diisiumieri [Id.) De I'ile de Lucon. — PI. 189. Col. oreillon
blanc , male; C. leucotis. (Id.) Idem. — PI. 190. Col. rous-
seau (2), C. xaiithonura. (Cuv. ) De Guam aux ilcs Marianes.
(i) Les 35 autres planches rcpre'sLntcnt des icpliies, des insecles ct
lies zoojilij les. M. Kulil n'en a pas donnc la sj'non3mie.
{■t) LaColoiiihe roiisseaci est la mime que la Colombe Pampusan rap-
portec par M. Qiioy tt Gaimard , et ([u'ils out fait {graver «laiis leur
atlas tie 7.ooIof;ie ihi voyage autour du monde tic rilrunic. M. 'Iciii-
mttick a Iraduit xaullionuia par roiissc.iu , cc (|ni doniitrait lieu de
Zoohgie. 177
• — PI, 191. C. a coliirr roux, C. huincrnUi-. ( Tcinm.) Nouvelle-
ll,.ll;imle.
3^)' , Livraison. — PI. 19a. Caracara funebre, adulte, Falco
Novce-TAelandicE. (Lalh.) — -PI. 193. Pie lioupette , ou Piom,
Con<us cristatcUus. ( Temni. ) Du Bresil. — PI. 194. Breve bluet,
male; Pitta glaiicina. (Id.) De Java. — • PI. 195. Martinet blanc-
coii, feinelle ; Cypselus collar-is. (Maxim.) Du Bresil. — PI. 196.
Tinaniou Apequia, adulte, male ; Tinamuf; obsoletus. (Teinni.)
Bresil et Paraguay. — PI. 197. Pic Strihup, male, Picas poicilo-
phos. ( Tenun. ) De Java. — Pic minute , male ; Picus minutus.
( Id. ) D'Afrique. Q. Y.
C7. Remarques et ADDiTiows a I'ouvrage sur les oiseaux dc la
Suisse , decrits et classes dans un ordre systematique , avec
leurs moeurs et leur habitation , de Fred. Meisner et J. R.
Schinzen. Zurich, i8i5; par J. R. SxEiNMiiLLER, cure de
Rheineck , avec un supplement par Conrad de Baldenstein.
( Neue Alpina, \^'^. vol. , p. 4iA-)
Les oiseaux decrits dans ce volume sont les suivans :
f'ultur leucoccphalus. — Vul. albicans. — Grpaetos harbatus ,
Cuv. — Aquila Chijsaetos Leisleri , le meme que le i^«/co iinpe-
T-ialis , de Bechst. Cet oiseau , decouvert pour la premiere f'ois
dans les montagnes d'Autriche et du Tyrol, parait avoir ete
confondu avec VA.fulva. — A.fulva , L. — A. leucocephala Mc-
geri ou fal. Albicilla , L. Meisner et Schinz citent a son egard
le Pjrgargiis, de Gesner (i). — A. ncevia , Fal. nce\ius , L. —
A. brachydactyla , Wolf. F. brachydactjlus , Temm. — A.
Haliaiitos.
Falco Mih'iis , L. — F. ater, L. — F. Buteo , L. , dont le F,
albiclus de Bechst n'cst qu'une variete. — F. lagopiis , L. [%). —
F. apivorus, L. — F. ccruginosus ; le mcme que le F. riifus , L. —
F. cyaneus , L. — F. pygargus , L. — F. palumbarius , L. — •
F. Nisus, L. Becker, d'apres MM. Steinmiiller, Meisner et
Schinz en ont fait deux especes , F. Nisus major et F. Nisus
croire que cVst un nom propre; c'esl rousse qu'il aiirait fallii. Cet oi-
seau est exccssivcment mre aux iles Mariannes , et les voyageurs ci-
dessus mentionnesn'ont pii en trouver que deux dans l"ilc de Guam.
(i) Ualbicilln est Ic meme que X'nssiJ'vngns ; et Valbicaudus en est Ic
m.lle. Cuvicr , Regn. anim I. p. 3i5.
f-j) ^[. Cuvier !e regrinle commo e'tant Ic inemc que le F. pennntiis
ihid. p. 'ii"). not.
78 Zoologie.
minor. — F.peregrinus ,'h. — F. Subbuteo, L. D'apres I'auteur ,
c'est le meme que le F. Acsalon , de Gesner. — F. coesius ,
F. Aesalon , L. — F. Cenchris , Frisch. ■ — F. Tinnunculus , L. —
F. rufipes, Bechst. — F. islandicus , L. — F. candicans , L.
Strix Bubo , L. — St. Otux , L. — St. brachyotos , Lath. —
St. Scops , L. — St. Aluco , L. Le Strix macrocephala , de Meis-
ner, n'est qu'un vieux St. Aluco.' — ■St.flammea,St.passerina, L.
St. Noctua , de Retz. — Strix dasypus , ■ — St. Tcngmcilmi (i).
L'aiiteur decrit tous ces oiseaux avec beaucoup de soln, et
indique autant qu'il lui est possible les differences de sexe et
d'age, les varietes et I'habitat. II joint au nom allemand qui est
en t^te de chaque article , les noms vulgaires du dialecte
Suisse. S. s.
68. SUR LES SERVICES RENDUS A l'oRNITHOLOGIE DE LA SuiSSE EN
GENERAL, et parliculierement a I'histoire nalurelle des oiseaux
des Alpes , par le D'^. Conrad Gesner, de Zuricb, et le cure
Daniel Sprungli , de Berne. Lu a la Sociele des scvences na-
turellesde la Suisse, le 26 juillet 1819, par M. Steinmiiller,
deRheineck. [Neue Alpina, i^''. vol. p. i52.)
Cememoire est une critique des ouvrages et manuscrits de ces
deux ornithologistes. Parmi les falls qu'on y trouve nousreniar-
querons les suivans. L'auteur dit que Ton a toujours confondu
le Corvus Pyrrhocorax avec le Corvus Graculus ; que Gesner con-
iiaissait bien le premier; mais que le C. Ercmita, L., qu'il a decrit
sous le nom de C. sy/vaticus, et que Linne a ensuite donne d'a-
pres lui comme une espece particuliere, n'existe pas, et n'est du
qu'a un double emploi du C. Graculus, Lin. (2).
Gesner a decrit tres-bien le Tardus saxatilis etle Certhiamu-
raria • il n'a pas connu le Fringilla nivalis , mais il a distingue
le F. Citrinella qu'il a decrit fort nettement, du Loxia serinus, que
les ornithologistes allemands ont confondus depuis.
Son Lagopus varius n'est autre chose que le Tetrao lagopus
dans son plumage d'ete. Son Giygallus major est la femelie du
Tetrao Urogallus ; I'oiseau qu'il nomme Urogallus minor est le
male du Tetrao Tetrix, tt le Gtygallus minor est la femcUe.
(i) D'aprt's M. Ciivier , le Si- Tcni^maLni est le meine que Ic St.
paaerina et Ic Si. pyffnitvade Bcschst. IhUl, p. 33a.
(2) D'apres M.Cuvierle Cort'us Krcmila o'cxistc point. lU'j;. an. L
Voy. p. 400. nat. cl p. 4"6 not. ( Note du redacleur. )
Zoologie. ^9
On remarqiie tres-bien dans les ouvrages de Gesner qu'il n';i
point vu sur les lloiix memes les animaux des Haules-Alpcs, et
qu'il ne les deerit que d'apres des renseignemens qu'il a eus; et
il parait qu'il a ete plus particulierement en relation avec des
correspondans de la partie orientale de la Suisse.
Spriingli , qui s'est beaucoup occupe dans la fin du dernier
siecle de I'histoire naturelle de la Suisse, et surtout de I'or-
nithologie, a rendu de tres-grands services a cette science.
II a tire la majeure partie des objels qu'il a decrits de la partie
occidentale de la Suisse, e'est-a-dire des environs des lacs de
Neuchatel , de Morat et de Geneve. Sa belle collection d'oiseaux,
qui se trouve aujourd'liui au cabinet de Berne , se distingue
surtout par les olseaux de rivage et les palmipedes,
Dans ses lettres a Andre il dit que, d'apres les voyages deGme-
lin (III , V ,) il existe dans le glacier du Caucase un oiseau qui
doit etre le meme que le Gjpcetus harbatus de la Suisse.
II approuve beaucoup la description que M. Steinmiiller a
donnee du Corvus Pyrrhocorax dans le journal du canton de
Stintis, 1799, 18''. livraison, p. 64.
Le Con-US G/r/rHfo.*' est Ires-commun sur le Saint-Bernard, et
de la jusqu'au Saint-Gothard il n'a jamais pu le decouvrir. On le
rencontre plus particulierement dans les raontagnes de la Savoie ,
et dans I'ltalie. D'apres Gmelin il se trouve dans le Caucase, et
selon Pallas dans les montagnes du Danemark.
Le Certhia murar'ia est assez commun en Suisse, surtout pres
de Burgdorff, de Thorberg et dans I'Unterseen. S. s.
69. SuR LES REPTILES HE Java. Extrait d'une lettre adressee de
Java en Hollande, par M. Kuhl, datee de Pjihorjavor au pied
du Pangerango, le 18 juillel 1821. [Algem. Konst en Letter-
bode ; 1822.)
I. Les Ophidiens paraissent 6lre la famllle la plus nombreuse
des reptiles de Java; nous en avons deja 45 especcs parmi les-
quelles se trouvent plusieurs genres nouveaux. Nous avons fait
I'anatomie detaillec d'une espece de chaque genre et comme nous
avons aussi etudiii I'organisation de plusieurs especes voisines de
celles-ci, nous avons dcja un travail assez complet sur cet objet.
Notre collection de serpens conserves dans la liqueur se monte a
25o individus. Void un apercu de cette collection.
1. Deux especes duG. Pjtlion Daud., donl Tunc est mon bivit-
8o Zoologie.
tatus (i). Les figiues ile Seba que M. Cnvier cite pour son P.
jnvanicus, sc rnpportent non-seulement au bk'iltatus , mais en-
core a 2 aulres especes dont I'une est la seconde espece de Java.
Seba I, 6a, a (a).
Aureste !'?//«;• .ffld'rtdes Javanais n'cst point iin Python comme
le croit M. Cuvier, mais le Colubcrca/icellatus Op-pel. ( C. Kar-
ros Reinw.), qui se trouvc au Musee de Paris. Les Pythons s'ap-
pelent generalement Ular sandja.
a. Trigonoccphalus Oppcl. De ce genre je separe , sous le nom
generique Craspedocephnhis (de zpy.-^-sJov , bord, arete), les es-
peces a ecailles carenecs et saijs eclat, dont la tete est couverte
d'ecailles encore plus petites que celles du corps. Les bords rele-
ves et aigus donnent a cette tele un aspect ang.uleux et singulier :
ce sont les serpens les plus venimeux de Java (3). Le nom de
Trlgonocephaliis est reserve aux especes a ecailles lisses et dont
la tete plus arrondie et plus longue est couverte en dessus de pla-
ques, sans avoir les bords releves; nous en avons une espece
nouvelle (4)-
3. Bimgarus Oppel. jVous en avons a especes nouvellcs dont
une figuree par Seba II. 58. a. , est notre B. Ferntm-cquinum (5).
4. Elaps Schneid. ; a especes nouvelles.
5. Dipsas Cuv. ; une nouvelle et le Bimgarus Filum Oppel ,
Mus. de Paris (fi).
6. 'Nnja Cuv. ; une espece nouvelle.
7. Typhlops Schneid.; 3 especes nouvellcs.
8. ^t70cAo/riM.f.Hornst.-,r.'/.yrtiw«cM^ est dans notre collection.
9. Tortrix Oppel ; I'espece que nous avons trouvee est figuree
par Soba IT. a5. i ., mais confondue par les nomenclateurs sous le
nom d'J/iguis et d'Erf.v riifa (7).
(1) Voyez Beitrage zur Zoologie iind vergleichendeii ylnaiomie.
Frankf. 1820. in-4°.
(2) C'estle P. Schneiiiei-i yierreni.
(3) Le Trigonoci^phaliis piiniceiis Vivinv.-., Musuedes Pays-Eas , aji-
partient a ce sous-genre.
(4) C'estvraisemblablcment le Trig. J{hodostoniaViC\n^v., conserveaii
Musec de Paris sous le nom de Trig. Orophrias Oppel.
(5) Bimgarus semifascialus Oi>Yivl , Musee de Paris. 11 ne diff.'re que
pen du Bungarus-Pninnh dc Piussci.
(6) C'est aussi le Coluber decorua Sliaw.
(7) y4nguis CoraUinn Shaw.
Zoologie. 8 1
to. Quanl aux esj)eccs auxqueiles je laisse le nom generique
de Coluber, d'apres le type do nos especes d'Europe, je u'en ai
trouve ici que l\, doiit I'un est le Coluber cancellatus Oppel,
deja mentionne (i); les autres sonl nouvelles.
11. J'ai separe de ce genre, sous le nom generique de Tropi-
notus, 1 serpens nouveaux qui se distinguent par la forme diffe-
rente du corps et de la tete, par les ecailles surmontees d'une
carene aigue ct par la disposition des plaques de la tete, dans
toutes les especes constamment la meme. Ce sont les plus beaux
de tous les serpens de I'lnde.
12. Huit especes nouvelles de serpens, anxquelles appartient
aussi le Coluber brachyurus, que j'ai decrit (2) et qu'on pent con-
siderer comme le type de ce genre, ne peuvent non plus rester
avec les couleuvres proprement dites; je les appellerais Bra-
chyura , si j'etais sur que quelque autre genre en zoologie
n'ait pas 6te deja nomme ainsi.U ne de nos especes a ete figuree par
S«3ba II. 77. 6. C'est presque toujours un dessin d'echiquier qui
se repete sur le ventre de ces serpens, avec des couleurs brillantes
et un dos pointiUe d'une couleur plus foncee (3).
i3. Genre Amplycephalus. La physionomie des serpens que
nous avons separes sous ce nom generique ressemble d'une ma-
nlere frappante a celle d'un chien carlin.
14. Le genre Homalopsis (de ofxct)>o; plat et \'i-\ic, visage) a
pour type un serpent depuis long-temps connu et figure par Seba
II. 12 t. 3, et Merrem Beitr. II. 10 : c'est le Coluber horridus
Daud (4). La forme de la tete, du corps, des ecailles et des pla-
ques de la tete , enfin I'organisation interieure et les habitudes de
ce serpent exigent une separation generique.
(i) L(! long catalogue des couleuvres renferme deja un Col- cancel-
liUus. (Voyez Merrem Syst. p. 1 15.) Le nom de Col. Korros, donne par
SI. Reinwardt a cette espece meriterait la preference.
(2) Voyez Beitrage.
(3) C'est un genre tres-nafurel et dont le Mus. des Pays-Bas posscde
deja une serie d'espiices rapporfees de Java par M. Reinwardt, mais c'est
par eireur que M. KuLl y rapportela figure de Seba cite'e ; cette figure
repre'scnte YELaps furcalus Schneid , rapporte' aussi de Java par
M. Reinwardt et appartenant par tous ses caracteres a ce genre re'tabli
par M. Cuvier.
(4) Le nom trivial demo/it/ii Lin. on de buccalus Lin. (car c'est encore
1.1 meme espccc) doit etre prefe're. Voyez Merrem, pag. 1 17. — Au rcste
iiouscof.nnissons deja pliisieurs autres especes ((«i se joiguent acelle-ei.
B. Tome II. G
g2 " Zoologic.
C'est un fait rcmnrqnablc el egalemcnt intercssant pour I'his-
tolre geographique des reptiles ct I'liisloire geologique de Java ,
qu'aucun des serpens de cette ile ne parait se trouver aussi sur
le continent de I'lnde : tout au moins different -ils tous de
ceux figures par Russel. Je suis curieux de savoir ce que les
autres i!es de I'arclnpel nous fourniront de remarques sur ce
point-la (i).
II. Quant aux Cheloniens , nous n'avons trouve jusqu'alors
que le Trionyx javanicus GcoH.
III. Sauriens.
1. Genre Tupinamhls Daud, ( Varanus"Nitx.) La seule especc
de nos collections est mon Tupin. bivittatus. ( Voyez Beilrage. )
2. Draco Daud; i especes, savoir : monjimbriatus (voyez Bei-
tra»e ) , et le viridis D. , dont le male a constarament le sac di-
latable de la gorge jaune, tandis qu'il est bleu dans la feraelle.
3. Agama Daud; 6 especes, savoir leg-«frt«^e« (voyez Beitr. ),
le Calotes (2) , et 4 nouvelles.
[^. Sciticus Gvonow . ; 4 especes. Mon^c. multifascintus [Beitr.),
confondu avec le Sc. carinatiis Sclin., est du nombre.
5. Tachydromus Daud ; une nouvelle espece.
6. Crocodiliis Schn. ; le biporcatus Cuv.
7. Quant a la famille des Geckotcs et speclalemcnt aux Hemi-
dactylesCuv., nous avons trouve 3 especes: «, une nouvelle; b, le
G. jamnicus Cuv., Seba II. 108. 8., et c, une espece qui pour-
rait bien etre le G. porphyreus Daud. — L'espece de Java qui se
rapporte aux Plalydactyles est mon G. annulatus (voy. Bcitrdge) ;
mais je ne connaissais alors que le jeune animal. — Une autre es-
pece fait le type de la nouvelle subdivision des Gonodactyles; et
c'est pour le singulier reptile decrit et figure par Crevelt, Berlin.
Ma'mzin, vol. Ill, que nous avons fait le genre Ptychozoon: par
les appendices cutancs dc son corps, cet animal parait etre destine
a vivrc dans I'eau; cependant il vit sur les murs des maisons.
IV. Batraciens.
I. Hyla , Laur. ; 8 especes nouvelles.
(\) Des recheiciies faites depuis dans les cabiaels d'Europe proiivent
cependant qu'un assez grand nomhre de serpens envoj/e's de Java ,
liabitent aiKsi le continent de Tlnde ct les lies les plus cloignees Tunc
de I'autrc du memo arcliipel.
(j) ylg. gulluroio Merr.
Zoologie. 85
a. Rann Lin.; 5.
3. £i{fo Sclin.; /(.
4- Genre nouvean : Megop/iryt.l/eayece, que nous avons nom-
inee inontana , habite loin des eaiix , dans les bosquets. Les trails
les plus frappans qui la distinguent des Grenouilles, sent une tete
anguleuse et une peau en forme de corne , dont les paupieres su-
perieures sent surmontees (i).
5. Genre nouveau : Occidozjga, intermodiaire entre celui des
Crajjauds et celui des Grenouilles , mais distingue suffisammenl
par un corps regulierement ovale , et par la conformation parti-
culiere de ses pates de derriere.
En tout nous avons:
45 especes de Serpens; i de Tortue; 20 de Sauriens ; 17 dc
Batraciens : total , 83 especes. S/gne Kuhl.
70. Note sur une espece de crocodile vue vivante en Janvier
1823 par M. deBLAiNviLLE. [Jourii. de Phys.^ mai 1823, page
aCJa; eX-Bidl.Soc. Phil. ,iiyY. 1823. )
Ce crocodile , dont M. de Blainville ne donne pas une descrip-
tion detaiilee , paraissait appartenir a I'cspece d'Egypte ; du
moins, selon le rapjiort de ses gardiens,il avail ete apport^ de
cette contree depuis-environ deux ans. Sa longueur totale etait
de cinq pieds et derai a six pieds.
Les observations de M. de Blainville portent particulicrement
sur des points del'organisation qui n'ont pas encore ete decrils
d'apres des indlvidus vivans, et nussi sur les demarches naturelles
de celui dont il est ici question.
II etait place dans unecaisse renfermant une mediocre quantite
d'eau dont la temperature etait maintenue entre 10 et 12 degres an
dessus de zero, et cette temperature paraissait etre celle de I'a-
nimal. Ses demarches etaient lentes, et ses essais dc natation
consistaient a mouvoir ses pates alternalivement et obliquement
comme le font les tortues et les salamandres. II n'etait nullement
mediant et paraissait eprouver un certain plaisir lorsqu'on lui
passait la main sous la gorge. Sa respiration etait Icnte , irre-
(ij Ce reptile , conserve deja au Musc'e des Pays-Bas et dans celui
de Paris, se rapproclie assez des Batraciens'du nonveau monde , con-
fondus sous le noni de Bufo cornuUis , et siipares dcniit'rementsous le
nom de Ccratophrys ; niais la peau absolumenl lissc dans le premier ne
pavail p.Ts pcrnipttre la reunion dc ces aniniaus dans an meinc genre.
84 Zoologie.
gulicre et parfois semblait tolalenient siispendiie pendant io a /}<''
ininiites. I-e uiouvement do ses narines et celiii du bouriclet fibro-
cartilagineux qui Icur scrvail d'opercule etaient isoclirones
avcc cenx de la respiration. Le mecanisme de cetle fonction
paraissait ne pas etre le nieme que dans les sauriens veritables,
mais siirdjlait jusqu'a un certain point se rapprocher de ce qui
a lieu dans les tortues : les contractions, au lieu de s'operer
sous la gorge ou dans le thorax, avaient lieu dans les parols de I'ab-
domen un peu en avant des inembres pelviens. Sa vue paraissait
bonne; I'iris etait grisatre ; la pupille , ordinairement rhoniboi-
dale avec son grand diainetre -vertical , conservait sa forme en
se retrecissant, ce qui avait lieu souvent, sans qu'il y eut de
cLangement dans I'intensitc de la Inmiere La membrane cligno-
tante etait mue assez f'requcmment , mais avec lenteur lorsque
I'animal avait ete excite. Ses oreillcs etaient pour I'ordinaire
tres-exactement fermees par leur opercule. Ses dents avaient
une ccrtaiiie demi-transparence ou translucidite ; elles s'entre-
croisaient d'une maihoire a I'autre et etaient completement visibles
a Textcrieur, si ce n'etait a leur pointe. On pent dire qu'il n'y
avait point de Icvres. La peau du corps etait moUe et flexible ,
plus qu'on n'aurait pu le croire, et les seules plaques cervicales
et dorsales etaient reellement dures.
On nourrissait cet animal avec du coeur de boeuf. Lorsqu'il
ouvrait sa gueule on voyait le mouvemeni de la plaque de la
iangue pour la deglutition ; celle-ci etait de couleur jaune, avec
quelques rides transverses. Le palais et la plaque linguale se
touctiaient en arriere sans qu'on put voir I'ouverture de I'oeso-
phageni celle du larynx. DKbM..sT.
71. Dissection d'un animal batracien ; par le D'. Harlan,
prof. d'Anatomie comparee au Musee de Pliiladelphie. [Journ.
.■icad. Sc. nat. of Philadelphia , mai 1823 , p. 54. )
Le reptile dont il est question dans ce memoire est le mume
que celui qui a ^te decrit en 177^, sous le nom d'Jr/tp/iiuma
means, p;u' le D'. Garden, dans la correspondance de Lin-
net, et auqucl ce dernier ualuraliste avait proj)osc de donner
la denomination genorique et speciKque de Siren simile.
V.c meme rejuile a aussi ete I'objet d'une nouvelle description,
sous le nom de Chrjsodonta larva'Jonnis , dans le journal anu''-
ricain , intitule Medical icconlcr , pnnr le niois de juillel i8iy.
Zoolo^ie. S5
L'indivuiu decrit par M. Harlan avail t-te trouve eu Georgie ,
«t celui du Dr. Garden provenait de la Caroline dn Sud.
Get animal , dont le corps est anguilliforme, cylindrique aiite-
rieurement, et comprime posterieuremcnt dans une partie qu'on
peut noinmer la queue, a la tete de tres-peu plus grosse que le
tronc,non separee par un cou, et terminee en pointe mousse; ses
narines sent petites et situees en avanl dn niusean; ses yeux, tres-
petifs, sont couverts d'une membrane comme ceux des protees
et des sirenes; deux ouvertures, situees une de chaque cote en
arriere de la tete , servant a la sortie de I'eau que I'animal prend
avec ses alimens, et sont percees dans tine membrane qui est sou-
tenue par qua tre arcs cartilagineux , non attaches aux autrea
parties du squelette; lt?s dents sont petites, polntues, dirigees
en arriere et d'un jaune dorc ; les superieures sont disposees sur
deux rangs palatins et un rang maxillaire complet , et il n'y en a
qu'une seule ligne a la machoire inferieure ; toutes sont legeremenl
mobiles. Sur le dessus de la tete sont les orifices de deux series
de glandes qui s'etendent depuis les yeux jusqu'aux nariiies.
La langue est carlilagineusc et peu mobile. Les pates sont
dans un etat totalement rudimentaire , et sans os ; les deux
anterieures sont situees presque immediatement derriere la Icte ,
et les deux posterieures, aux trois quarts de la longueur tolale
de I'animal, a I'endroit oil commence la queue; toutes sont ter-
minees par deux doigts tres-courts dont I'externe est le plus
long. La queue est applatie dedroitea gauche, et presenteune
carene en dessus , et une autre en dessous. La peau est lissesans
ecailles et les doigts sont depourvus d'ongle.
L'individu decrit par M. Harlan avait 18 pouces anglais de
longueur , et celui du D"^. Garden en avait 37.
M. Harlan a reconnu que le systeme de la circulation, le ca-
nal alimentaire , les organes de la respiration consislant en deux
poumons celluleux, et I'appareil urinaire, ne presentaient au-
cune difference sensible avec ce qui existe dans les sirenes. II a
remarque seulement que les lesticules de TAmphiuma etaient
plusaplatis, ou moins cylindriques que ceux dc ces reptiles.
En lotalite, cette description nouvelle ne differe que tres-peu
de celle du docleur Garden, et seulement en ce qui est relatif
a I'exislence d'une langue que ce naturali.sle n'admeltait pas, el
en ce qu'il considerait les ouvertures posterieures des cotes de
la tele, commc serviml a la respiration ; ce (jui n'cst pas.
86 Zoologie.
Une planche , jointe a ce memoire, prouve que I'art de la
lilhographie a encore bcaucoup de progrcs a faire aux Etats-
XJnis. Desm..st.
72. DiSSERTATIO PHILOSOPHICV INAUGURALIS DE SCELETO PIS-
CIUM, AUCTORE JANO VaN DER HoeYEN , MaTH. MAG. tv
PHiLos. NAT. DOCTORE. ( Opusculc de 1 lo pages in-8°., accom-
pagne d' une planche in-li°.; 1822. Leyde , Herdingh et fils,
libraires. )
Le squelette des poissons, embrasse sous tous ses rapports
scientiBques, comme description generale, comme determination
philosopliique et comme erudition , forme un sujet de these tres-
important dans i'etat present de nos connaissanccs. L'auleur a va
ce sujet de haut, et a fait prcuve d'une instruction tres-variee
et d'une grande sagacite.
II jette dans des prolegomenes un coup d'oeil rapide sur I'or-
ganisation en general, qu'il en\isage principalement saus le
point de vue des doctrines du celebre Bicliat ; puis , entre defi-
nitivement dans son sujet, il examine successivement les os:
i"."Qui recouvrent le systeme nerveux;
10. Qui contiennent les organes des sens;
3". Qui sont specialement affectes au mouvement;
4". Qui servent a la mastication ;
5°. Qui operent I'acte de la deglutition;
6°. Qui font parfie des organes respiratoires;
70. Qui sont sous la dependance des organes de la generation.
II a decrit toutes ces parlies du squelette iclithyologique chez,
beaucoup de poissons , non pas seulement en reprenant tous les
travaux faits avant lui , mais en donnant aussi un grand nombre
d'observations qui lui sont propres. On reconnait cependant de
premiers pas faits dans les sciences , a I'attention de I'auteur de
s'appuyer sur des ti'avaux deja existans. II fait de nombreuses cita-
tions, et parait au surplus anime du desir de rendre a chaque sa-
vant qui I'a precede une pleine et parfaite justice.
Cependant cette louable intention, cet estimable motif, et.
I'erudition dont il a voulu cnrichlr son travail, ont place
M. Van der Hoeven dans une position difficile qu'il nelui a pas
etc donne d'apprecier. Ce n'ctait pas encore le moment dctrai-
ter la question du squelette des poissons comme a peu pres resolue;
et cependant c'etait en quelque sorte agir ainsi,que d'acctieillir
Zoologie. 87
presqu'au m^me litre les derniers travaux sur celte matiere. Des
determinations de parties ichthyologiques son t venues deplusieurs
lieux et presqu'au meme moment : ne decoulant pas d'une
source commune, mais au contraire emanees de points de vue
differens , elles ont donne des resultats quelquefois contradic-
toires. Le temps jusqu'alors leur avail manque pour s'entrecho-
quer , pour venir en quelque sorte se fondre dans une pensee
commune pour obtenir enfin, apres un examen severe, une sanc-
tion generale.
Les grandes difficultes de la question tenaienta la determina-
tion de I'opercule. Le premier, en i8o5, je les avais signa-
lees, et , en disant leur solution possible, j'avais deja mis le
probleme en equation : m'etant prescrit une methode pour arriver
sur Topercule, devant auparavant cliercher a connaitre les
pieces qui le bordent, et n'ayant dans I'origine encore signale
qu'une solution probable en pressentant qu'une partie de I'aile
temporale des hauls vertebres donneraitles analogues cherches ,
de grands efforts tendant a cette determination eurent lieu. Des
savans aperrurent ces analogues dans I'cpaule , d'autres dans la
partie la plus reculee de la maclioire infcrieure , etc. Comme je
venais de donner enfin cette determination, en designant les os
de I'oreille comme correspondant aux pieces de I'opercule, sur-
vint un autre naturaliste, M. Weber, qui, occupe d'une question
particuliere, I'oreille chez les animaux aqitatiques , crut avoir
trouve chez les Cyprins ces memes osselels : il les avail apercus
avec des formes si semblables a celles des osselets de I'ouie qu'il
adopta les denominations d'etrier , d'enclu/ne et de marteaii.
M. Van der Hoeven s'est long-temps etendu dans son deuxie-
me chapitre sur le mcrite de la dccouverle de M. Weber : il en
consacre toulesles vues , il se determine a en adopter toutes les
consequences ; car vennnt sur la fin de son livre , dans le 6".
chapitre, a discuter la controverse relative a I'opercule , son opi-
nion, deja faite a cet egard , le porte a la conclusion suivante :
<' Des que les osselets de I'ouie sont trouves chez quelques pois-
» sons avec des caracteres de grandeur et d'usage qui les moa-
» trent reproduits , comme chez les niammiferes, il n'y a plus a
» les cliercher dans I'opercule. »
L'auteur s'applaudil, bientot apres, d'etre dispense de s'appe-
santir sur des hypotheses, concernant I'opercule, qu'il juge toules
erronees : ce serait perdre son temps , Oonas hoias consuiitere,
88 Zooia^ie.
(lit-il , que d'cssayer d'en iiDag;iner uuc nouvelle ; il jirouvc
toute sa reserve , il montre qu'il agit avec unc prudence extreme,
prudentis hominis esse , en se contentant des denominations vul-
gaires imaginees par M. Cuvier, des nonis d'opcrcule, de sub-
opercule, et Sinter-opercule.
C'est sans doute se couvrir d'une egide tres-respectable que
d'invoquer le temoignage de notre savant zoologisle; mais c'est,
je crois , le faire inopportunement ; car M. Cuvier n'a jamais pre-
tendTi exclure tout essai de determination des pieces de I'oper-
cuJe; ct au contraire il a donne a I'un d'eux (analyse dts tra-
vaux de I'lnstitut pour la partie des sciences physiques, annee
i8i 7 1 I'appui de son assentiment. Mais les noms d'opercule , de
sub-opercule et d'inter-opercule avaient deja ete imagines par lui,
en raison du besoin qu'en avait I'icthyologie. Ces pieces font
partie de I'exterieur des poissons et fournissent d'excellens .ca-
racteres pour la distinction des families. II etait done utile, en
attendant que la science eut saisi d'une maniere incontestable les
rapports des pieces de I'opercule , de les nommer isolenient : il
n'y avait que ce moyen de les adapter aux usages secondaires de
la zoologie.
Maintenant sur le fond de la question , qui offre le probleme
le plus eleve et Ic plus important a resoudre dans I'etat present
de nos connaissances, je remarquerai que M. Van der Hoeven
n'a eu pour se refuser a croire aux analogies des pieces de I'oper-
cule avec les osselets de I'oreille , d'autres motifs que la decou-
verte de M. Weber. Mais si M.Weber, quia effectivement decou-
vertchezles carpesun appareil tres-singulier, et qui a rendu un
veritable service a la science de I'organisalion en faisant connai-
tre avec une sagacite admirable un ensemble de pieces d'une
complication et d'un jeu tout particuliers, s'etait mepris en se
hatant de declarer qu'il decrivait un appareil auditif , ce serait
ie cas de revenir a I'opercule ct pcut-etre de I'envisager sons les
rapports que nous lui avons trouves. Or c'est la ma pensee sur les
travaux de M. Weber, en ce qui concerne les pretendus osselels
de rouie, qu'il a, je crois, prematurement annonces d'avoir trouves
chez la carpe. Je viens de developper cette idee dans le k'^ . cabier
des Annales des sciences naturelles. J'aurais pu donner ce travail
des 1821, epoque a laquelle parul I'ouvrage, de Aure aquatdium ;
maisj'ai cru devoir attendre pour que d'aulres objections vms-
sentsercunir a celiesdeM. Weber; il n'y a effectivement que I rsfaifs
Zoologie. 89
controverses el qui sortent victorieux de la iutte , que Ton puisse
considerer conime partie integranle du domaine des sciences.
M. Oken connaissait I'ouvrage de M. Weber quand il ecrivit
(i) ce paragraphe :
« Le ve'ritable opercule, aboutissant au mastoide, ne peut done
» representer que les osselets de I'ouie; ainsi I'idee de M. Geof-
» froy St.-Hilaire doit etre approuvee. L'opercule est Yetrier;
» le sub-opercuie , Vendume ; et I'mter-opercule , le marteau. >>
J'aurais souhaite de n'etre point charge de rendre compte de
I'ouvrage de M. Van der Hoeven , afin d'eviter cet engagement
polemique ; mais on a insiste pour que je donnasse un article , et
y ayant accede , il ra'a fallu aborder la grande question icbthyo-
logique : car si je m'en etais abstenu , j'eusse paru souscrire par
men silence aux condamnations de deux savans d'une instruc-
tion d'ailleurs tres-etendue, et dignes a tous egards de restlme
des savans. Geoff. St.Hil.
73. SuR LES poissoNs DE Java. Extrait d'une premiere lettre du
D^ J.-P. Van Hasselt a M. C. J. Temminck. ( Algem. Konst.
en Letterbode y mai i823.)
M. Van Hasselt, apres avoir annonc^ que ses recherches sur
les poissons d'eau douce de Java lui sont communes avec feu
M. Kuhl, donne le catalogue de tous les poissons de mer qu'il a
observes seul, et qu'il a classes selon le systeme de M. Cuvier.
Chondropterygiens. Je ne possede rien, dit-il, de la famille
des Cyclostomos Dum.; de celle des Plagiostomes j'ai deux espe-
ces du genre Scyllium Cuv. ; I'une est figuree par Scba III , pi.
34 > fig. I ; et c'cst mon Sc. quinqiie-cornutuin (2) ; j'en possede
des individus de plus de 8 pieds de longueur. J'ai assigne a la
seconde espece le nom de Sc. griseum.
Mon Carcharias javanicus approclie le plus du Meni Sorra
( C. Sorra Cuv.) du musee de Paris ; il en differe pourtant par
la forme de la nageoire caudale. Ces 3 especes ont ete dessinees
sous mes yeux,
Le Zjgaena figur^ par Russel, pi. 12, et qui, selon M. Cu-
(1) Ksquisse du systr.me d'aniitoviie, de phjsinloi^ie el d'hisloire natu-
re//e , p;igc 44 A Paris , cliez Be'chet jeune, place de rEcole-de-Me-
decine.
(2) La figure de Scl)a avail jusciu'alors c'le citee |)ii(ir le St^. li^nnits
Gin. , et ia dislrihulion des coiileurs y est tout ,ui iiioiiis la meiiie.
90 Zoologie.
vier, est le intMiie que Z. '/.ygacnai^/.. Mallear Val.), me purait
en differer par la forme de la tetc ; c'est mon Z. indica. Moii
Z. jjlatycephala differe totalemcnt des especes connues ; j'ai Ics
dessins des 2 especes.
Le seul Fristis qui fait partle de mes collections ressenible
assez au cuspidata Latham.
J'ai les Rhinohatus Icvvis el Thouini complets, et vous serez
a meme en les comparant de confirmer on de refntcr cc que
M. Cuvier a presume sur I'identilc du dernier avec le Rata Rhi-
nohatus.
Je n'ai qu'un individu du Rhina anchylostutna Schneid. ; la
figure donnee par ce naturaliste est tres-exacte.
Deux individus du Torpedo ( i?rt/a Sclm. ) Timlci , ne me
sont parvenus que dans un etat de demi-putrefaction. Tij-
gon; j'en ai 5 especes, savoir : le JFoIga-Tenkec, Russ. pi. 3, et
4autres que j'ai fait dessiner ; I'une n'est peut-etre pas differente
du Raja Lymna Forsk., mais les 3 autres se distinguent assez des
especes connues.
Myliobatis Dum. Des deux especes que j'ai, I'une est nou-
velle cyclurusWA-ix ; et I'autre, occllatus Kuhl , se rapproche beau-
coup de celle figuree par Russel , pi. 8 , surtout par la distribu-
tion des taches, pendant que pour la forme du corps mes indi-
vidus ressemblent plus au R. Narinari Sc\in. ; malheureuscment
les peclicurs out tellcment peur des aiguillons de la queue, que
je n'ai pu obtenir d'eux aucun de ccs poissons non endommage ; il
resle a savoir si mon espece a deux nageoires a la queue on non.
Un poi'sson singulier estle Rajci micrura Schn., fig. par Russ.,
pi. 6 , et dont Kuhl , suivant ses manuscrits , a fait un genre
])arliculier sous le nom de Gymnura (i).
Pour le Crphaloptere , M. Cuvier cite Lac. II, 5 , pi. i , •}.. Kuhl
ne crovait pas ce poisson different de celni reprcsente par
Russ. pi. 9, et mes individus se distinguent du poisson de
Russel par une queue i)lus longue.
. Mon genre R/tinoptcra repose sur un poisson qui, semblable
(I ) Scion re que M. Valenciennes a !)icn voulii nous communiquer a
cesuiet cc nom geneiiqiienc convicndrailiiointa ces poisons parcc qu'il
parait que les aiguillons de la queue Jes individus dcnos cabineta ont
etc arraches par les pctheuit.
Zoologle. 9 1
aux Cepbaloptercs; en differe cependant pai' le caractere princi-
.pal assigne aux especes de ce genre.
Quant aux Gymnodotvtes, je n'ai trouve que 3 especes du
genre Tetrodon; I'un pourrait bien etre le lunar is Schxx., I'au-
tre le stcllatus ejusd. , et Mus. Paris. Russ. , pi. i8; et le 3''., le
testiidineus Bl. Mais les figures donnees par Blocli sont trop incor-
rectes, surtout dans les couleiirs, pour en tirer des inductions.
Les especes nomnioes et connues ici sous le nom de Bocu-
toA ne sont inangces que paries Chinois , qui connaissent seuls
le nioyen de leur enlever la substance veneneuse. Us disent una-
nimement qu'il n'y a que I'ovaire qui possede celte qualite dan-
gereuse, et qu'apres I'avoir arrache on pent manger sans crainte
tout le reste. Un ovaire de ces poissons donne aux animaux
domesliques les ferait perlr Ires-promptement ; I'etat paraly-
tique de mes bras ne m'a pas encore permis de faire des expe-
riences pour savoir a quel point ces assertions sont fondees. Les
Batistes lineatns et stellaiis Sclin. que j'ai trouves ici servent
toute I'annee de nourriture tant aux Chinois qu'aux Malais ; ils
les mangent sans crainte et sans precaution ; aiiisi ces poissons
ne sont pas men:e periodiquement dangereux. Le Balistes mo-
noceros var. a Sclin. ; le B. hvvis , Bl. 4 1 4 ; et mon ALjavanica ,
sont les seuls Alutcres Cuv., que je me suis procures.
Le Moaocanlhus gcographicus de Peron, se trouve dans ma
collection , ainsi que deux autres especes , dont I'une est figuree
par Seba, III, 24, 18, et Gronov., pi. 6, n°. 191, 5; je lui ai
donne le nom sarothrurus (i), et la seconde non figuree a cte
nomm^e inornati/s.
Je possede le Triacantlius hiaculcatiis , Cuv., et VOstracion
punctatus Commei's.
LoPHOBRANCHEs. Unc nouvclle espece de Syngnathus vit dans
les rivieres pres de Batavia, et je I'ai fait figurer sous le nom de
.v. Jlin'iatilis.
MALACOPTERyCIENS.
En Saumons je n'ai qu'un Sauriis , peut-etre different de ce-
luide Russel, 172 (2); la caudale yparait plus courte : etjel'ai
{i)Jt'Jotiac. crenulalus Cuv.Musee deParis. Pour cv iter toute confusion
en matitire i3e synonymie, M. Valenciennes a eu la hontc do nous don-
ner pour ce travail tant les noms systcmatiijucs adopte's par M. Ciivier
sur les especes (igure'es par Russel , que ceux des autios poissons
trouves par V. Ilasselt et e'galement conserves au Muse'e de Paris.
(2) S. coroniandelicus Cuv. Muse'e de Paris.
93 Zoologie.
nomme coro/iatus. Dans le genre Clupea Lin. mes collections
sent plus riches ; j'ni divers indivldus du CI. melastoma Schn. ,
et I'espece representee par Russel, pi. igS , se trouve ici en
quantite ; il faut y joindre nne autre espece quo j'ai fait dessiner
sous le nom de niaerura.
Au Megalops crprinoides Lac. B1. 4o3 ,se joint une autre espece
qui a beaucoup de rapport avec le Megalops Naso Lac. Mais il y a
pen de mes indivldus auxquels j'aie pu remarquer une nageoire
dorsale filamenteuse; et la forme de la macholre superieure dif-
fere aussi tellement de celle des Clupees et Megalops , que j'ai
cru devoir etabiir un genre particulier pour lequel j'ai choisi le
nom de Gonostoma.
L'^«^rttt/w figure par Russel, pi 187, differe deVEngrau/is Com-
mersonii , par une nageoire dorsale presque vis-a-vis de I'anale :
c'estmon Engr. indlciis[i).
Les Thrissa macrodon el microdon Cu\. ;\e Nosoptera Kapirat,
Lac, et VElops Saurus, sont aussi dans ma collection. Outre
cela j'ai une espece du dernier genre qui se distingue des autres
par la roachoire superieure plus courte que I'inferieure, et par
14 rayons branchiaux seulement, tandis que les autres Elops en
ont 3o et davantage.
La mer de Java a aussi, de commun avec celle de la cole
Coromandel, le Chirocentrus dentex.
Russel a figure, pi. 207 de son ouvrage, u<i polsson que je
ne trouve pas cite , mais qui ne pent etre place qu'avec les
Clupees de M. Cuvier. Cependanl il en differe par la conforma-
tion particuliere de sa membrane branchiale , qui parait etre
percee par un trou; et je I'ai separe sous la denomination de
Lutodeira indlca. Lcbuk (ile Java),22 0ct. 1822. Van Hasselt.
74. Description d'une nouvelle espece depoisson de la Riviere
d'Hudson, par Witt de Clinton {^Ann. of the Lyceum of natu-
ral history of New-York , dec. 182^. )
Ce poisson appartient au sous-genre Clupea de M. Cuvier
( regn. anim. ). Voici I'abrege de sa dcscrii)tion.
Clupee de l'Hudson. Clupea hudsonia. Ayanl une large bande
satinee allant depuis I'opercule jusqu'a la queue, avec une tacLe
fil I'.nifr Slolcjihorus Cuv. Musiie do Paris.
Zoologie. g5
obscure a ]a base de la nageoire caudaie. Commun a Albany et
autres lieux dela riviere d'Hudson. Du cabinet du Lycee. T^teassez
petite; bouchemediocre; niachoire inferieure etantla plus courte ;
museau oblus; narines doubles tres-rapprochees et plus pres des
yeux que de la pointe du museau ; yeux mediocrement larges ;
pupille noire, iris argente ; pas de dents ; opercules argentes
avec une membrane etroitesurles cotes, et fournisa leur partie
superieure dune petite epine plate ; ouverture des ouies ample-
corps 4 foisplus long que la tete, cylindrique; dos legerement
arque, d'un brun obscur ; ligne laterale petite, presque imper-
ceptible; longueur six pouces. M. B /, ; P. 1 1 ; D. 8 ; V. 8 • A. 8 •
C. 2o I II est commun dans la riviere d'Hudson. Desm..st. '
75. SuR UNE NouvELLE Raie, par le Dr. A. W. Otto, av. 2 pi.
{Nov. act. Acad. Goes. Leop. Carol. Nat. cwr.To.X, part. i,p. 1 1.)
Cette raie se distingue des autres par une seconde paire de
petites nageoires pcctorales placees devant les autres, sur les
bords de la tete, ce qui leur donne de la ressemblance avec
des oreilles; se dirigeant plus sur le devant que les grandes
nageoires, elles sont separees de celles-ci par un espace ou
une decoupure sous un angle d'environ 75°, et elles tiennent
a la partie anterieure du menie cartilage, qui porte les rayons
de la grande nageoire pectorale. Le museau de cette raie est
long et termine en une pointe aigue, de la forme d'un fer de
lance ; les yeux sont assez grands , saillans , et tournes vers les
cotes ; trois os crochus, dont deux devant etun derriere,entourent
chaque oeil. Le dos est plat et lisse comme les nageoires pectora-
les ; la queue est assez courte, du inoins plus courte que le corps et
termmee aussi en pointe aigue. Une serie de 18 pointes ou cro-
chets enherissent le dessus. Les nageoires ventralcs, en partie
couvertes par les nageoires pectorales.sont proportionnellement
grandes et dentelees a I'extremite. Chaque machoire est, pour
amsi due, pavee de dents serrees en rangs fort reguliers.
Sur le dos, cetle raie a une couleur brune tirant sur I'olive;
sous le ventre ,sa couleur est plus claire, mais parsemee de points
ouplutot depetiles lignes uoires sans nombre , indiquant au-
tant de passages dune matiere glaireuse,quis'ouvrentsur lapeau.
La t^te en est couverte. L'individu que M. Otto a examine n'avait
que 9 pouces et demi depuis la pointe du museau jusqu'au bout de
la queue; sa largeur n'etait que de 7 pouces. Cette pelitesse, le
g4 Zoologie.
lisse et I.i finesse dc la pe;m, cl ]a Iranspnrcnce des passages' des
glaires, enfin la pctitesse ct la mollesse des parlies males, font sup-
poser a I'aulcurqiie celte raie etait jeune;aussi iie penl-il decider
si le grand d<'vclo])pemcnt des passages glaireux de la pcau est
a tout age une proprlete de cette espece ; cependant les indi-
vidus jeunes d'autres raies des espcces Bntys , clavata , as-
pera, Miraletus , Aqu'da , Torpedo vulgaris, marmorata et
Gahani que M. Otto a examines , n'avaient pas de points noirs
en aussi grand nombre ni aussi marques ; c'est ce qui I'engage a
proposer I'epithete de hyposticta (marquee en dessous), pour
cette espece nouvelle dont un individu lui fut remis par un pe-
cheur dc Newhaven^ pendant son sejour a Edinbourg , en 1818.
Ce \'ieux mai-in , qui avait coutume de vendre des poissons re-
marquables aux iclilhyologues d'lidinbourg, I'avait pechee avec
beaucoup d'autres raies , apres qnelques jours de terapete, et
il assurait n'avoir jamais \u celle-ci ; ce qui fait penser que la
raie dont il est question est plus rare et habite une plus grande
profondcur de la mer que les aulres especes. En adoptant la divi-
sion deM. Cuvier, on pourrait la ranger parml les Cephalopteres ;
cependant elle en differe en ce que les nageoires antcrieures sont
courtes, que la tete est plus saillante, etquela queue, courte,
est proportionncUement plus grosse, eta trois nageoires. Pour la
forme totale du corps, la tete exceptce, elle ressemble davantage
a celles des especes que M. Cuvler regarde comme de veritables
raies telles que les Raia clm-ata, Rubus, etc. On pourrait Tap-
peler propterygia, a cause dc scs nageoires accessoircs qui la
font ressembler nu (liable ma ri/i, que Renard a cite parmi les
poissons des Moluques, et dont il a donne une mauvaise gravure.
Si on admetpour le genre des Propterygia les carac teres sulvans:
Ra/a: altera pinnarum pectoraliurn pari ad latera capitis a cor-
pore distinctiet in rostrum subacuminatum tlesinentis ; spiracula
quiiique; caiula brevis absque aculeo ; on pourrait caracteri-
scr, dit M. Otto, la nouvelle espece , ou la Propterygia hy-
posticta , a pen pres de la maniere suivante : corpore dcpresso
"lahro infrii nigra punctata, arulcis tends adoculos, caudn
unica aculeorum ordinc et pinnis duabus superioribus, una infe-
riorc ct ulteriore.
-6. Les poissons fossii.k.s arbangiis geologiquf.mfnt cl dccnls
n.'.turellement;par]M. de Blainville ; traduction alleniandcpar
.'.. V. Kr.vr.rv.. Qtu-dlinbourg et Leipzig; iSu'i.
Zoologie. gS
IVauteur des Arcliives tlu inonde primilif a enrlclii la littera-
ture allcmande de cotte ulilc traduction, et y a joint qiielques
notes. Nous nous contentcrons d'en signaler quelques-unes. A
Ilnienau, les poissons sont fort rares dans le schiste culvreux ;
mais le calcaire gris y renferme beaiicoup de proeminences qui
ont une lausse ressemblance avec des anguilles. I! y a aussi de
ces poissons a Sclimeei'bach, pies Gotlia. L'auteur oppose a la
description vague que M. deBlainvillefaitde certaines peauxgra-
nuleuses du Zechstein d'Eisleben , etc., celle beaucoup plus cir-
constanciee de M. Sclilotheiin, dans sa Petrefactologie. II revele,
I'erreur geograpbique de M. de Blainville, de placer Rotbenburg
surlaSaale dans le comte de la Mark. II ajoute a I'article des
poissons des marnes superieures au gypse tertiaire , qu'il a trou-
pe des cyprins fossiles a I'entree des cavernes dans le gres cntre
Burgtonna et Gotba. Les icbtliyolithes de Bi-aunsberg, pres de
Ruppin dans la Marcbe du Brandenburg, appartiennent a une
formation plusrecente que ceux de Pappenbeini. II nous a sem-
ble, d'apres ce qu'on connait de cette localitc, que c'est un ilot
de craie dure. II indique, d'apres M. Lyon, des icblbyolitlies a
Babr el Gazal dans I'Afrique septcntrionale. Enfin il ajoute un
grand nombre de localites de dents de poissons a celles donnees
par M. de Blainville. A. B.
77. The genera of recent anb fossil shells, etc. Genres des
coquiiles vivanteset fossiles par J. B. Sowerby, n°. 19. (Fojez
le n". i38 d\x Bulletin de Janvier 1824.)
Cel\°. contient Ranella camlisata^ Lam. ; marglnata ( Icevi-
gata , Lam.) ; spi/iosn ,1.^7^. ~ Stomatia ( genre auquel M. So-
werby reunit le G.Slomatcllc de Lam.) iwhricata ; sulcifera
{ Stojnatclla , Lam. ) ; duplicata , N. Sp. ; Phimotls , Lam. , ( Sto-
inatia. Lam. ) ; Auricula, planulata , [Stomatella, Lam. ) —
Eburna glahrnta , Lam.; halteata, N. Sp. .— Pileolus , nouveau
genre auquel l'auteur donne pour caracteres : Testa pafelliformis,
i'ertice subcentrali, redo. Discus inferus , parte centrali puMnu-
tatn; aperturd exigud, sublaterali; semilunari; labia externa
margin alo , interna crenulato. Spira omniub interna, hrcvis-
sirna. Deux especes fossiles composent ce genre; ellcs appar-
tiennent a la parlic superieure des terrains oolilhiqnes; I'une est
:i\^\M:V'Q plicatus , I'aufre lo3vis. ( Voye/. plus bas Tart, sur ce genre,
cxtrait thi mtmoirc dc M. Dcsbaies. ) — Sigaretus ronrnyus
q(} Zoolo^ie.
Lam. ; Haliotoideus Leac.hii , ( Crjptostoma Leachii ,
Blaiuv.); canaliculatus Defr. — Pholadomyu. Ce nouveau genre
est fort iiiteressant. En void d'abord les caracteres : Testa tenuis,
subhyalina, transversa , ventricosa , postice brevis , rotundata ,
anticeplus minitsve elongata, hians ; superne hiantula. Cardo,
foveold elongato subtrigond et lamina marginali in utrdque vah'd.
Ligamentum externum , brcviusculum , externa^ laminarum car-
dinis parte ajfixum. Impressiones musculares duce , indis-
tinctce. Sinus impressionis musculi adharenlis pallii , magnus.
Umboncs approximati.
L'espece quia determine I'etablisscmentde ce nouveau genre a
ete coramuniquee a M. Sowcrby par M. Mawe. EUe vient de
I'ile de la Tortue , d'ou elle a ete rapportee par M. Nicholson.
EUe est d'autant plus precieuse quelle a donne les moyens de
se fixer al'egard de plusieurs fossiles dont les genres etaient in-
certains. Par sa tenuite ct sa ressemblance exterieure avec les
Pholades, M. Sowerby penche a croire quelle vit dans les pier-
res ou du moins enfoncee dans le sable, car il n'y a pas d'autre
preuve , merae parmi les fossiles qu'on peut rapporter a ce
<Tenre, que leurs animaux soient perforans.
L'aspect general de cettte coquille , la place entre les Pholades
et les Anatiues. La plupart des coqullles fossiles qu'on peut y
rapporter en toute assurance , ont ete placees parmi les Lutrai-
res. Les caracteres de sa charniere la rapprochent des Panopees,
mais elle s'en distingue par sa coquille mince, demi-transparente
et nacree (cela suffit-il? ) ; elle s'eloigne des Pholades et des Ana-
tines par son ligament exterieur, et par I'absence des valves ac-
cessoires interieures et exterieures. Enfin elle s'eloigne egalement
des Myes de Lamarck par I'absence des dents inegales.
Les especes fossiles qu'on doit rapporter a ce genre sent les
Cardita ? producta, obtusa , Ijrata , deltoidea et margaritacea ,
et les Lutraria lyrata, ovalis , ambigua et angustata, qui aj)-
partiennent aux terrains oolithiques , au lias, a I'argile de Loadrcs,
a la formation houillere et k I'argile coloriee situce entre la marnc
calcairc et I'argile plastique a Alum-Bay.
Yraisemblablement plusieurs autres fossiles figures par d'an-
ciens auteurs et par M. le baron de Schlolhcim, se rapportent
egalement a ce genre, qui est une nouvellc preuve que des gen-
res ou des especes qu'on croit perdus, existent encore. F.
Zuologie. Qj
•jt. Note sua un nouveau genre de la famille des Nerita-
CEEs ; par G. P. Deshayes , membre de la Societe d'histoire
naturelle de Paris. ( y^nn. des Sc. rial., fev. 18-24, P« 187,
avec I pi. )
M. Deshayes avait propose ce nouveau genre sous le nom de
ToMOSTOMA , et communique cette notice a la Societe d'histoire
naturelle de Paris, le 19 decembre i8a3; I'ayant vu depuis
decrit par M. Sowerby ( Ge/i. of Shells ) , sous le nom de Pi-
LEOLUs, 11 -a adopte cette derniere denomination, exemple qui
devraittoujours etre suivJ, afin deviter cette confusion de noms,
qui va toujours croissant dans les diverses branches des sciences
natnrelles.
M. Deshayes observe que la fomille des Neritacees de M. de
Lamarck, coniposee des quatre [:;enres Navicelle [Scptaria Fer.),
Neritine, Nerite et Natice, offre une transition assez brusque
entre les deux premiers de ces genres. II ajoute des reflexions
pour monlrer que le genre Navicelle s'eloigne fort des Calyptra-
ciens, parnii lesqueis M. Cuvier et nous I'avons range , et qu'il
doit rester, ainsi que M. de Lamarck I'a pense , pres des Nerites,
ayant comma celles-ci une coquille reguliere , et ctant oper-
cule comme elle.s. Enfin M. Deshayes pense que le nouveau genre
qu'il a decouvert , vient remplir cet intervalle qu'il signale cntre
les NaviccUes et les Ncritines.
Comme il y a ici quelques erreurs materielles , nous croyons
pouvoirfaire observer d'abord, lo. que les Naticeset les Nerites
quoique rapprochees , appartiennent cependant incontestable-
nient a deux families distlnctes , par la forme des tentacules et la
position des yeux, caracteres qui, dans les MoUusques , ont
une telle valeur, qu'il n'est pas permis de passer outre; 2". que
les Ncritines et les Nerites ne forment point deux genres distincts
puisque leur animal et leur coquille sont absolument semblables,
et qu'il n'existe plus depuis long-temps aucun doute a ce sujeE •
3". que I'opercule des Navicelles parait n'avoir que des rapports
eloignesaveccelui des Nerites, et que memece n'est pointunoper-
cule; 4°. enfin, quele genre Navicelle etant encore fort peuconnu,
on ne peut baser des raisonnemens sur scs rapports, ni snr I'in^
tervallequilesepare des Nerites, d'autant qu'il est tres-possible
qu'il faille le reporter dans I'ordre des Pulmones, pres des An-
cyles, et lotcr ainsi, et des Pcctinibranches et des Scutibranches.
,>Nous avons cru devoir faire ces observations, parce qu'elles
B.TomkIL
(j8 Zoofogie.
portent sur des faits positifs, ct qu'clles n'»)lent rieri a la parlic
interessante du travail de M. Desliayes , qiii a le premier fait
connaitre parmi nous le genre Pileolus , et qui meme signal? une
espece que M. Sowerby n'a pas connue.
Nous avons dit que celles du savant naturaliste anglais se
trouventdans la pnrlie superieuredu terrain oolithique; ellessont
accoinpagnt'cs, dans ce gisement remarquable , par des Cerites
des Sabots, des Terebratules, des Polypiers, etc. La nouvelle es-
pece de M. Desliayes vient du calcaire grossier des environs de
Paris, de Mouchy-le-Cliatel pres Beauvais , et de Houdan. II ob-
serve que,ces localites offrant un melange de fossiles marins et
fluviatiles, ii lui reste de I'indecision au sujet de cette derniere,
relativemenl a la nature du fluide dans lequel elle a vecu.
Voici les caracteres que M. Desliayes assigne au genre Pileole,
Pileolus. Coquille palelliforme, reguliere, elliptique ou circu-
laire, conique , a somraet droit ou legerement en spirale, incline
en arriere; face inferieure concave, tranchante sur ses bords ;
ouverture entiere, petite, a peine du tiers de la face inferieure;
bord columellaire dente ou strie ; bord droit lisse.
Aux Pileolus la't'is ciplicatus de M. Sowerby, M. Deshayes
ajoute le P. neritoicles , qui offre une empreinte volutatoire bien
distinctc, commeon la voit dans plusieurs Crepidules et Calyptrees.
Ces trols especes sont dccrites et figurees dans ce travail ;
nous reinarquerons, quant aux figures , que crlles des deux espe-
ces connues, different asscz notablement des figures donnees par
M. Sowerby. Nous ajouterons qu'au premier coup d'oeil il sem-
ble que MM. Sowerby et Deshayes auraientpujoindreacegenrc
la Neritina Altavillensis de M. Defrance , dccouverte par M. do
Gerville; et qu'enfin , malgre que selon toutes les apparences,
I'opinion de ces deux naturalistcs au sujet de la place de ce nou-
veau genre dans la famille des Ncritaces soit bien fondee, elle
est encore hypolhetique , n'etant appuyee que snr des analogies
qui tons les jours nous egarent. F.
79. Notice sur le genre septaire, par M. dc Ferussac.
Le genre Skptaire, Sej)taria , a etc etabli par nous en 1807
(Essai il'unc nn'-thode Conchyl.^ p. Go.), pour nnv coquille
deja fort connue, et qu'on irouve figuree dans Piumpliius, Da
Costa, Pctiver, Martini, etc. Clicmnitz en avail fait une Nerilo
sous le norn dc Porccllann , ct Ginclin, en adoptaiit cc noiii ,
Zoohi^ie. 99
•ft y joignant nial a propos le Luli/i d'Adanson, on a fait unePa-
telle. M. dc Lainartk, apres avoir voulu en faire le type de
son genre Neritine , I'a nommee Navlcelle , et Monll'ort , Cymber.
Les premiers renseignemcns qui aient ete publics sur son animal et
la piece testacee qu'il contieiit , sont dus a M. Bory de St-Vincent.
(P^oj. dans lesquatreprinc. ilcsde la mer d' Afrique ,yo\. i, chap. 7,
p. 287, tab. 37 , fig. 2, a, b ,c.) La figure et la description qu'il
en donne ne purent nous fixer entierement; mais, des I'etablis-
sement de ce genre , nous le jugeames plus rapproche des Ancyles
que des Nerites : cependant nous avons suivi depuis I'indication
de M. Cuvier en le placant ])arnii les Scutibranches. M. de La-
marck I'a mis , comme on vient de le voir, dans la famille des Nc-
rltacees.
Le voyage de Peron procura quelques nouvelles especes de
ce genre curieux; enfin, ceiuide M. le Cap. Freycinetnous a valu
I'anunal de celle de Bourbon. L'exemplaire que nous possedons ,
quoic[u'en mauvais ctat par suite de son sejour dans un alcohol
trop fort, nous a cependant permis de constater les faits sui-
•vans. Les tentacules sont conforraes comme dans les nerites. Les
yeux sont au sommet des deux plus courts, lesquels sont son-
des, par leur base, aux deux plus longs. Ceux-ci, en se sepa-
rantdes precedens, sont setaces et tres-effiles. La tete, fort large,
forme en avant un segment dc cercle ; la bouche est situee en
dessous sans apparence de trompe, et parait conformee comme
celle des Ancyles. On apercoit sur quelques individus seulement
que j'aieul'occasion d'observor, unappendice triangulaire, aplati,
assez grand, insere sur la tete entre le tentacule droit et le mi-
lieu de la t^te. Get appendice serait-il I'organe generateur male ?
La tunique qui tapisse I'interieur du test est organisee comme
chez les Ancyles, les Limnees, les Planorbes et les Physes ; le
fluide circule librement autour du con et jusque sur le dos.
Deux forts muscles d'attachc latcraux dans le sens de la lon-
gueur du test et unpen courbes en dehors lient I'animal a son test.
Le plan locomoteur, large et de forme elliptiquc, est separc
du corps par un sillon ou raiinue qui regne tout autour ; les
bords mcmbrancux du corps suivent le contour de la coquille,
mais nous n'avons jm y recotinailrc les papilles infei'ieures dont
parle M. Bory de St. -Vincent. Les visceres remplissent Ic som-
met ou vertex de la coquille.
Je n'ai pu reconnailro aucune' trace do braiicliies ni dans la
I oo Zoolo^io.
rainure cntre Ic pied ct le corps , ni dans la cavite an-dessiis du
cou; et tout fait prcsumer quece moUusque respire par le moyen
d'un reseau vasculaire, coiiMne cliez les pidmones a(]uatiques.
Interleurement, le corps parait divise liorizontalement de I'ar-
riere a I'avant , par une piece tcstacee interne qui forme comme
unecloison, en sorte qu'en dessous et en dessus de cette piece se
trouve une poche qui communique a I'extcrieur. Cette piece
testacee n'est point dans Ic \neA ni dans le sac abdominal, mais
I'un et I'autre; elle n'est pas libre, son bord droit est lie a I'ani-
mal par des muscles d'attache. Outre le Septaria borbonica ,
M. de Lamarck a decrit et figure deux autres especes, Sept.
lineata et tessellaria. F.
80. Notice sua des fossiles incownus qui semblent apparte-
nir a des plaques maxillaires de poissons dont les analogues
vivans sent perdus, et quej'ai nommes Ichthjosiagdnes ; par
M. Box:ri)et (de la IMievre), geologue -voyageur, etc.; (lu a la
societe philomathique de Paris, le ajuin i8'22, et a lasociete
de physique et d'histoire naturelle de Geneve, le 17 oct. 1822.)
In-4" de 8 p. et i^ pi. lith. en noir. Geneve et Paris; 1822;
Pasclioud.
Cette notice doit faire partie d'un memoire sur les Ichtltyo-
clontes que M. le cliev. Bourdet annoncait, en la pubiiant ,
devoir paraiire sous peu , et que les naturalistes attendent
encore. Les fossiles qui en font le sujet ont ete trouves par
M. Bourdet an Mont des Voirons,enSavoie, a 2 lieuesde Geneve,
en face et a i lieue du mont Salcve. Le Mont des Yoirons offre
une erande quantite d'Ammonites, de Nautilites, de Belemnites,
d'Oftboceratitcs, de Cames,d'Huirrcs, de A'enericardes et d'Our-
sins. M. Bourdet y remarqua surlout les fossiles qui font I'objet
de sa notice. D'apres leur forme iriangulaire, il les prit d'abord
pour des valves de Trigonies; mais, apres unplus mur examen,
il a reconnu qu'ili ne pouvaient appartenir a la classe des mol-
lusques a cause des siries fort rudes de leur surface concave,
les mollusques ayant toujours I'intcrieur de leur habitation
tres-poli-
M. de Luc, auqucl il les communiqua , lui apprlt que son illus-
tre perc les avail decouverts dans la meme montagne , et les avait
decrils dans [e journal de Physique (prairial an 8 , p. 21 ), sous
le nom do Bufonites , mais sans aucun eclaircissement sur leur
Zoolo^ic. loi
nature. M. Bourdel les consiJere comme ctant dcs niadioires de
poissons, et en distingue deux ospeces dont il caracterise les dif-
ferences et qu'il figure sous leurs deux faces. L'une des especes
figurees etait adherente a un calcaire feuillete; Tautrc a un cal-
caire compacte : une troisieme espece plus petite parait apparte-
nir a la meine famiile dc poissons que la premiere qu'il signaler
il n'a pu, pour aucune, reconnaitre a quelle espece on pouvait
les rapporler.
Ces fossiles ont etc , du rcste , observes depuis long-temps.
Sclieuclizer parait etre le premier qui en ail fiiit mention. II les a
decrils ( Specimen lithogr. Helvetia; Cur-, p. 21 ,fig. 27, et p. 22,
fig. 28), sous le nom de Concha fossilis Tellinoidcs porosn Itsvix.
Bertrand, Davila, Knorr les nommercnt Tellinoidcs , et les pri-
rent pour des valves du Lepas anatifera. Baier les a considerds
comme des Games et des Tellines. Parkinson, dans ces derniers
temps, les a pris egalement pour des coqullles , et en a fait son
genre Trigonellitcs ; il a nommeles deux especes observees par
M. Bourdel, l'une, Trig, lata, I'autre , Trig, lamel/.osa (^X. Ill,
p. 184 et 186). M. de Scldotlieim a decrlt plus nouvellement
encore ces fossiles, el les a aussi consideres comme appartenant
aux mollusques : les deux especes de Parkinson forment son
Tellinites probleinaticus , et il fait avec unede celles figurees par
Baier, son Tellinites solenoides. ( Petrcfact., p. 182 et i83. )
Ces fossiles ont ele irouves a Bleinlieim, a Oxford, au jnont
Rendenberg; au mont^des Voirons, a la Ferriere, pres de Neu-
cliatel; a Crest en Daupliine, et a Argey, pres de Dijon. M. de
.Schlothcim les cite a Solilenhoien , dans les schisles calcaires et
dans I'Hornstein d'Amberg, dependant de la formation jurassi-
que. lis sontcependant assez rares dans les collections.
Nous en possedons plusieurs valves dans notre cabinet, et
nous les devons a feu Faure-Biguet. EUes vicnnent , non des
environs de Crest, mals des environs de Die, de la montagne de
Valdrome. On trouve avec ces fossiles les coips non moins sin-
guliers que ce zele naturaliste a nommes RhyncoUtes ( Conside-
rations sur les Belemniles, Lyon , 1819 ) , et dont il a fait 5 es-
peces. Ces derniers se trouvent aussi a Lbneville, mais ils sont
plus grands. Les RhyncoUtes et les Trigonclliles me paraissent
.ivoir quelque analogic et ajipartenir aux memes nnimaux. Peut-
<tre en clscrchant avec soin les trouvcra-t-on partout 011 Ton
rencontre Tun des deux, ct leur etude tomparoc cclaircir;'-
107 TCnologw.
t-cllc davantiige la question qtie M. le cliev. Bourdct a cIicrcFie
a resoudre. F.
8i. Mineral Conchology , etc. Concliologie mincrale de la
Grande-Bretagne; par M. J. D. C. Sowerby , nos. LXXVII
et LXXVIII. (Voy. le Bulletin de fevrlcr, art. 263.)
Le premier de ces deux numeros olfre d'abord deux planches
deTerebratules, dont voicilesnoms : Terch. triquetra^ indentata.
Sow.; Sacculus , Martin j hastata , cornuta. — Cucullcea elon-
gata^ costellata, minuta, rudis. — Ammonites Planorbis ^ John-
stonii , parvus. — Euomplialus funalus , coronatus.
, Le n". 78presente Astarte trigonalis , orbicularis , pumila. —
Ammonites Iceviusculus, corrugatus,varicosus, Turncri, rotiformis,
miilticostatus. — Acteon cuspidatus, acutus. F.
82. Description des coquilles fossiles des environs de Pa-
ris; par G.-P. Deshayes, membrc de la Societe d'liistoire na-
turclle de Paris. Ia-4. sur carre fin d'Annonay, avec planches.
( Prospectus. )
L'ouvrage de M. de Lamarck, public depuis long-temps, nous
fait sentir conibien nous devons regretter qii'un savant si illustre
n'ait pu suivre et publier pour les environs de Paris toutes les
d^couvertes qui s'y sont faites; d'un autre cote, la forme de
Memoires que I'auteur lui a donnee, ainsi que sa publication
par cahiers epars dans un tres-grand re9ueil, les Annalcs du
Museum, le pen d'exemplaires separes qui ont ete mis dans le
commerce, et mcme le manque de planches si necessaires a un
onvrage de cette nature , font desirer chaque jour la publica-
tion d'un recueil oil se trouve reuni tout ce qui est connu au-
jourd'hui sur ce sujct. Les dccouvertes faites dans le bassin de
Paris sont assez considerables pour avoir augmente de beauconp
la serie des genres fossiles, et pour avoir au moins double le
nombre des especcs. Get ^tat de clioses ne permet pas de don-
ner des stipplemens a l'ouvrage de M. Lamarck, jjuisque cet
ouvrage lui-meme manque, et que d'ailleurs le systcme qui a
servi a sa composition a subi entre les mains de son auteur des
raodificalions iraportantcs.
Je puis done off'rir un ouvrage fait d'apres le systeme le jjIus
generalement adoptc, dans Icqucl je refondrai tout ce qui a ete
public sur cetle matiere par divers savans, en y joignant tout
Zoolo^ic. io3
re que mes recherchcs raultipllees dans les localiles enviroii-
nantes de la capitale m'y ont lait decouvrir, ainsi que tout ce
que peuvent offrir de nouveau les collections des savans, tels
que MM. Defrance, Brongniart, Menard de La Groye, de
Roissy, Duclos, etc., qui, avec une bienveillance qui meiite
toute ma reconnaissance, m'ont permis d'y puiser des inateriaux
precieux. Ces materiaux reunis me donneut I'assurance de pou-
voir decrire et figurer looo a iioo especes dont la moitie au
moins n'est point conuue.
Pour rendre plus facile la publication d'un tel travail, je ferai
parailre chaque niois une livraison in-4. con tenant la descrip-
tion cl les figures de 3o a 35 especes, ce qui porle le nombi'e
total des livraisons de 25 a 3o ; toutes les figures seront soi-
gneusement et exactement lithograpbiees sous mes yeux par
M. Vauthier.
La livraison sera couiposee de 2 a 3 f. de texte, imprime
sur beau papier fin d'Annonay, et de 4 ^ 5 pi. sur beau raisin
velin. Un petit nonibre d'exemplaires sera tire sur jesus velin
satine, et les planches sur jesus velin et papier de Chine.
La i'^'^. livr. paraitra le i". mai 1824- On souscrit a Paris,
chez I'auleur, rue de Paradis, n°. ^[^, au Marais; Treuttel et
Wurtz. A Londres, chez Treuttel et Wurtz et compagnie, 3o
Soho-square; et Sowerby, libraire, i56 Regent-street. A Milan ,
chez Giegler et Bocca; et chez les principaux libraires de France
et de I'etranger.
Conditions de la souscription. — ■ II suffit de s'inscrlre d'ici
au 1*^*^. juin chez les personnes cl-dessus nommees. Prix de la
livraison sur papier fin, 5 fr.; sur jesus velin satine , 10 fr.
83. Rectification des caracteres uu genre Bellerophe
etabli dans la Conchyliologie de Denys de Montfort; par
M. Defrance. [Ann. des Sc. nat.^ mars i824> P- 264-)
Montfort a place ce genre parmi les coquilles univalves cloi-
sonnees; M. Defrance, qui en possede deux especes, dont I'une
provient de la collection meme dc Montfort , et qui a peut-etre
servi de type a son genre, soupronnant que ces coquilles etaient
nionothalames, en a fait scier un individu, et a vn par cetle
experience son opinion justifice; lo Bellerophe n'a point de cloi-
sons, et dolt ainsi, selon M. Defrance, se placer dorenavant
paruiis les Cephaloj)odes monothalames, pres des Ai^onautes.
1 o4 Zoologie.
Void les canictcres modifies que M- Defiance propose pour
le genre Bellerophe : «■ Coquille libre, univalve, non cloisonnce,
0 roulee, sur elle-meme en spirale, deprlmee, forinaut la na-
» vette ; le dernier tour de spire renferniant tous les autres;
» bouche tres-ovale, rccevant dans son milieu le dos de la co-
1) quille. »
Les coquilles de ce genre rcssemblcnt aussi beaucoup aux
Bulies. F.
84. SpR LA CONSERVATION ET LA REPRODUCTIOTf DXS SANGSXJES.
[Journ. JJniv. des Sc. Medicales , avril iSiS, p. lao.)
M. Noble, medecin en chef de I'hospice de Versailles , presenta
il y a environ un an , a la Soc. Centrale d'Agric. de cette ville ,
une IVotice oii il signalait les faits suivans:
Une des causes, dit ce medecin, qui augmentent singuliere-
ment la mortalile des sangsues, doit etre attribute aux combats
qu'elles se livrent lorsqu'elles sont en trop grand nombre dans un
meine vase, ou la nourriture n'est pas suffisante; les plus faibles
succombent et servent de pature aux plus fortes.
Pt)ur obvier a ces inconveniens, la supcrieure de I'hospice fit
construire un grand reservoir alimcnte par une eau courante. On
y a observe qu'aussitot que le froid devient considerable , les sang-
sues s'enfoncent dans la glaise jusqu'aux chaleurs. Auprintemps
on en vit un grand nombre de jeunes. Dans le courant d'aout, en
recollant celles dont on avait besoin, on remarqua des Irous de
forme conique pratiques dans la vase sur les cotes du reservoir;
lesparois deces trousciaient llsses, ct dans chacund'cux on trouva
un petit cocon de forme ovoide et du volume d'un ])etit cocon
de ver a soie; leur tissu prcsentait la ni^me densite, la memo
configuration exterieure que celles de I'eponge tres-fine. On eii
ouvrlt plusieurs : les uns ctaient vidcs, ct leur cavite ctait lisse,
polie, corame enduite d'une couche de vernis; d'autres ctaient
remplis d'une gelee transparente .ct homogcne; dans les plus
avances Ton trouva g, 10, 12 et meme jusqu'a i4 sangsues. Elles
sortent de I'ceuf par de petites ouvertures pratiquecs de dedans
en dehors a chaque cxtremite.
On sait qu'on emploie deux varictes de sangsues, los uncs vertcs,
les autres grises. Cellcs-ci acquicrent en quelqucs raois un deve-
lo])pcmentquatre Ibis j)lusconsi(lcrabIe. Celte noliLC intcrcssanle
relate en detail tou'.cs les parlicularilcs do cette curieuse d»3-
Zoologie. ,o5
couverte de la reproduction des sangsucs. M. de Plancv, qui
assistait a la seance de la Societe de Versailles, fit connaitre a
cette Societe que I'existence de ces cocons etait coTinue depuls
long-temps dans le departement du Finistere, et que e'cst par
leur moyen que les commercans de la Bretagne repeuplent les
etangs destines a fournir a Paris une grande partie des sang^ues
qui y sont employees. P
85. Notice sur la sancsue officinale, sa reproduction aux
Antilles, etc., etc.; par M. J. Achard, pl.armacien du Roi
a la Martinique. In-8°. de 12 pages. Saint-Pierre; iSaS- cliez
Fleurot et Turban. '
On trouve, dit I'auteuf, a la Martinique plusleurs especes de
petites sangsues, lesquelles, a ce qu'il pnrait , different notable-
ment de la sangsue officinale. Une de ces petites especes est re-
marquable, parce qu'elle se trouve frequemment sous les pau-
pieres et dans les fosses nasales du Crabier des monlagnes
{Jrdcn vircscem). Elle a ete decrlte par M. Guyon , cliir mai
des troupes de la Martinique, dans la i?e,'. is«rjr/., janv. 1822 (1)
On avait dabord cru que ces sangsues indigenes pourraieni
reniplacer, pour I'usage de la medecine, cellos qu'on fait venir
de France b si grands frais; mais des essais nombreux ont prou-
ve qu elles ne mordent point sur la peau de I'homme
D'un autre c6te, la difficulte de conserver aux colonies les
sangsues de France, a engage M. Achard a chercher les moyens
d y parvemr. Files y meurent quclquefois par centalnes , apres
un temps orngeux, et 11 a observe qu'elles sont molns sujcttes a
penr^au bout de 8 a .0 mois de sejour, que lorsqu'elles ar-
Apres de nombreuses experiences tentees avec M. Lefort, ces
deux observateurs se sont convalncus que la meilleure maniere
de conserver ces animaux utiles est de les placer dans un vase
nu fond duquel on met un lit d'arglle en conslstance de pate
molle. Le vase doit ^tre couverl d'une forte loile , et Targile Im-
niectee tons les 2 ou 3 jours. De cctte maniere on en p "rd fort
pcu et M. Achard a forme un vivfer ou 11 a reuni jusqVi 2000
sangsues a la fols. II a reconnu que celles qui , apres Icur sortie do
1 Q3uf, demeurent dans la vase, grossisscnt plus viteque celles qui
(.) Nous i.'avons jm (rouver ccltc dcscilj.tion c!.,ns Ic n". cite.
1 o6 Zoologie.
restent dans I'cau , et qu'il faut environ uii an pout- (jn'ellcs «jient
snsccptibles d'etre employees.
Ces experiences ont fourni a ces deux zeles medeclns I'occa-
sion de verifier I'interessante decouverte du mode de reproduc-
tion des sangsues due a M. Noble, et dont nous venons de parler.
Les details que donne M. Achard sur le meme sujet sont a peu
pres semblables ; inais il a pu reconnaitre comment les oeufs sont
preserves des accidens. Nous transcrirons ce passage:
La sangsue rend d'abord un corps ovoide de la grosseur d'un
noyau d'ollve, ayant la couleur du tissu musculaire, recouvcrt
d'une pclllcule si mince, que le moindre toucher la detruit. Ce
corps se trouve, immcdiatement apres sa sortie, recouvcrt d'une
bave d'un bianc de neige que la sangsue repand tout autour, et
qui, en se dessecliant, prend la consistance et Taspect de I'e-
ponge fine; cette bave, avant d'etre entiercment dessech^e, pre-
sente a la loupe des mailles de forme hexagone , s'entrelacant
plus ou moins regulierement. Les ceufs, ainsi reconverts, met-
tent le germe de I'animal a I'abri de lout danger, et ce n'est
qu'au bout de 25 jours que les sangsues en sortent par les petits
trous pratiques aux deux extremltes, que la nature semble avoir
plus amincies que le reste du corps ovoide, et qui se de-
truisent naturellement lorsque I'epoque de I'eclosion arrive. F.
86. Anatomie i)u Nas elincdis, Muller, et description de ses
organes de generation par le D"^. Gruithuisen, avecune pi.
( Nov. ^ct. Acad. Cces. ^cop. Car. Nat. cur. to. II , part.
I, p. 233. )
Ce mcmoire renferme quelques apercus sur I'organisation des
Nais , et plus particulierement de la N . proboscidea.
Chaque segment du corps prcsente deux paires de soies ; les
plus longues , latcrales et mobiles au gre de I'unimal, sont consi-
derecs par I'autcur corame les organes du toucher : la seconde
paire , ou les inforieurcs , plus courtes et crochues , remplissent les
fonctions de pieds.
A la base de la trompc sc trouve la bouche , cjui coiiiinunic[ue
avec un canal alimentaire droit, et renfle de distance en distance.
Le systenie vascuiaire sanguin est compose d'un artere j)rin-
cipale ap])li(juec en dessus sur toute sa longueur au canal aUmen-
laire, et communiquant pres de la tete avec plusieurs gros vais-
seaux courts qui cnlourent I'a'sopluige , el qui remplissent les
Znologie. 107
fonClions de coeur. Ccux-ci poussent le sang dans une veine
qui regne tout le long du ventre , et d'ou le bang est distribue
aux divers organes par des vaisseaux capillaires et revicnt en-
suite dans I'artere superieure.
Le cceur n'est autre chose qu'un assemblage de ces vaisseaux
capillaires plus developpes , ou la circulation se fait en sens op-
pose ; et cela explique comment la multiplication artificielle de ces
animaux est possible.
Les secretions se font aux depens du chyle, qui est contenu
( suivant I'auteur ) dans la cavite generale du corps, et le sang
vasculaire est plus particnlierement destine a la respiration.
Celle-ci a lieu par I'absorption de I'eau par I'anus, d'oii elle
est bientot rejetee. Le canal aliraentalrepeutd'ailleursremplirles
fonctions d'organe respiratoire , en recevant I'air par la bouche
Dans la partie laterale de chaqne segment, on remarque un
peloton de vaisseaux ; et I'auteur pense qu'il serait possible
qu'ils servissent a la respiration en versaiit dans le sang un 1 iquide
sature d'oxigene.
Ces animaux semultiplientdetroismanicresdifferentes: 1". par
des divisions naturelles ; 7.'. par des divisions accidentelles, et
3". par des oeufs. A certaines epoques, la partie postcrieure du
corps s'etrangle ; il s'y developpe pen a peu une tete seinblable
a celle de la mere, et elle finit par se separer.
Les germes des ceufs commencent a paraitre pres de la tute
et se portent peu a peu enarriere, contenus dans la cavite gene-
rale du corps; arrives pres de I'anus, le dernier segment de la
mere, qui s'estmoule sur un ou plusicurs de ces oeufs, tombe avec
eux et sc trouve apres quelque temps absorbe par ces derniers.
L'auteurn'apaspus'assurer si ces a nimauxsont hermaphrodites
ou non. S. s.
87. Notice sur l'Argas he Perse {^Malleh de Miant'h), de-
crit par les voyageurs sous le nom de Punnise vcnimcuse de
Micina ; par Gotthei-f Fischer de Waldheim. In-Zi". de i5
pages, avec une pi. color. Moscou; 1823 ; imp. de I'unlversite
imperiale.
Dupre (i), Maurice Kotzebue (2), Morier et d'autres voya-
(i) F'oyage en Perse, etc. Paris, 1819, Denlu, to. a, j). 3a3 et 'ix'^.
(2) f^oyai^e en Perse a la suite <le I'ainbassade russe en 1817 ; Irada
de rallcnaand , par M. Breton. Paris , 1819, p 180.
1 08 Zoologie.
geurs out donne a I'aniinal qui faitle sujet de cetle Notice une
borte de celebrite par les recils exageres qii'ils ont faits des dan-
gers auxquels sa piqiire expose les etrangers, tandis que les ha-
bitans dupays n'en eprouvent pas plus de rual que n'en causent
ordinairement nos punaiscs en Europe. Cet animal est appeJe
dans le pays Melleh , qu'il faut prononcor MdUc/i , et par les
voyageurs, Punaise dc Mlana , du nom d'un bourg de la Perse
qui en est infeste depiiis iin temps immemorial. 11 sc tient suttout
dans les vieilles murailles, se cache pendant le jour, et craint la
lumiere. En hiver il reste immobile , et c'est dans les grandcs
chaleurs, disent les voyageurs, que son venin a le plus d'activltc.
Souvent, dit M. Kotzcbue, cet animal donne la morl en 24 heu-
res ; il en cite deux exemples, et insiste sur ce que sa raorsure ne
fait pas grand mol aux naturels du pays.
II s'agissait de connaitre ce terrible insecte; M. Fischer en a
recu lieureusement de deux personnes, du chev. Mazarovifz,
ambassadeur de S. M. remperenr de Russie en Perse , et d'un An-
glais, M. Galley; tous deux lui ont envoye le mt-me animal, sous
le nom de punaise de Miana. Le celebre naturaliste a reconnu
que cette pretendue punaise appartient a la famille des Tiques
( Ricinicc ) , de la classe des Arachnides , et qu'elle est analogue
a celles qui se Irouvent en Europe sur nos animaux domesti-
ques ; ainsi, selon toutes les apparences, les individus qui ont
succorabc a Miana sont morts par d'autres causes que par la
plqure de cette Tique.
M. Fischer rapptUe sommairemcnt ledemembrcmemtdu grand
genre Acarus de Linnc, dont on a fait les Irois families Jcaridics,
Troinhidioris et Tiques, qui reviennent aux Mites , Cirons et Ti-
ques de Geoffrey; il dilun mot des animaux dcchacuncdcces fa-
milies, ets'arrute parliculiercment sur les genres Ixodes et Argons
de la famille des Tiques. 11 en donne une sorte de monographic.
Le genre Ixodes, etabll par M. Latreille, repond au G. Acarus
de Fabricius ; ses especes sont Ixodes Ricinus (eelle-ci est figuree
sur la planche qui accompagne ce Mcmcire), reticulatut , his-
pamis , cvgyptius, Nigua , R/iinocerotis , syh-aticus. Ces diverscs
especes sont decrltes par De Gecr, Fabricius ou M. Latreille, et
M. Fischer eu fait connaitre une nouvclle sous Ic nom de came-
linus , dont il donne plusieurs figures, et qui se trouve sur les
rhamcaux dansles sfrppcs. Le genre Argas a ete forme par M.Jja-
treille pour X Acarus rejiexus dc Fabricius. M. Hermann fiis I'avait
Zoologie. 109
nommce Rhyncliopnon {J\'Iem. apter:). Cctte espece, la seulc con-
ime, habite le midi de la France et I'ltalie , dans les maisons et
sur les pigeons. C'est a ce derniei- genre que se rapporle la pu-
naise venimeuse de Miana, a laquelle M. Fischer, qui en donne
plusieurs bonnes figures et une description detaillee , impose le
nom d'Argas de Perse, Argas persicus. F.
88. Remarque sur le critique de la Faune des insectes d'An-
RENs. (Voyez Vlsis^ 1822, 12*^. cah., p. i338, et Isis , 1823,
4°. cali., p. 418. )
De crainte que plusieurs personnes ne regardent comme fon-
des les reproches adresses a la Faune d'Alirens, inseres dans la
12". livraison de I'lsis, 1822, M. Germar de Halle, le continua-
teur de cet ouvrage , fait dans I'article dont nous donnons ici
unextrait, quelques reinarques sur cette Fauae. II fait observer
que la Fauna insectoruin Europae est la continuation de la Fauna
insectorum Europm d'Alirens , dont il n'a paru que deux livrai-
sons en 181 2, et qui pent etre consideree elle-ineme comme une
continuation de la Faune de Panzer, ouvrage qui a cesse de pa-
raitre en 18 10. La Faune de M. Germar est enticrement diffe-
rente de celle publiee par M. Sturm, et ne peut aucunement se
trouver en rivalite avec elle. M. Sturm ne public que les insec-
tes d' Allemagne , et par ordre de classification , tandis que I'ou-
Trage de M. Germar comprend tons les insectes d'Fu/ope, pu-
blics sans ordre methodique.
Le but de cette Faune est d'offrir aux entomologistes la fa-
ciilte de pouvoir faire connaitre de suite les nouvelles especes
d'insectes qu'ils decouvrent, et elle ne contient que les figures
des insectes qui n'ont point encore ete representes, ou bien de
ceux qui le sont d'une maniere defectueuse dans les ouvrages
deja publics, ou qui ne se trouvent que dans des ouvrages ra-
res. Ce but n'est aucunement celui que M. Sturm s'est propos(5.
La publication de la Fauna ins. Europ. a souffert jusqu'a pre-
sent quelque diffieulte ; mais dorenavant les livraisons se succe-
deront a des epoques plus rapprochees. Les 5*^., G*^., 7*^. et S*'.,
doivent avoir paru dans le courant de i 823.
M. Sturm se propose de continuer la Faune do Panzer; dans
le cas ou il executcrait son projet, M. Germar et lui sont deja
convenus de s'lndiquer reciproquement les especes dont ils veu-
lent donner la figure, afin que les meiucs insectes ne soient pas
representes dans les deux Fauncs,
1 lo 'Zoologie.
M. Germar annonce un autre ouvrage qui a dii paraitre dans
le courant de iSaS , et intitule Inscctorurn species novce aut mi-
nus cognitce, descriptionibus illustr-atce ; \^^ . vol. Coleoptera. Ce
premier vol., d'environ 40 feuilles, contient a peu pres goo co-
leopteres, ct une classification de la famille des Ciifculionides
suivant I'arrangemenl de M. Gerraar. Strauss.
89.MliMOIRE SUR LES METAMORPHOSES DC CoCHL EOCTONE VORACE;
par M. Desmarest ( Bull, de la Soc. Phil, avril 1824. )
Dans lecaliier de mars 1824 , on a donnedans le Bulletin , sous
le n". 364 , 1'extrait d'un mcmoire de M. Mielziusky de Geneve
renfermnnt la description d'un insecte qu'il nomme Cochleoctonc,
et dont la larve devoreles limacons.
M. Desmarest a recherche cet insecte aux environs de Paris et
I'a trouve enabondance dans le pare de I'ecole veterinaire d'Al-
fort. II a reconnu que I'ctat donne pour celui de nyinphe par
M. Mielzinsky n'est que celui de laive engourdie aprcs sa der-
niere mue, et que la veritable nymphe n'a pas ete counue de cet
observateur.
Le Cochleoctone, apres avoir quitte sa peau velue de larve agile,
reste dans un engourdissement complet depuis le mois de sep-
tembre jusqu'au mois de mai , et c'est a cette epoque seuleraent
qu'il prendlescaracteres d'une nymphe; et dix-huit a vingt jours
apres il se transforme en insecte parfait. D'abord il etait tourne la
tete vers le fond de la coquille et le dos du cote de la columelle.
Lorsqu'il est transforme en nymphe sa jiosition est inverse, c'est
a-dire que son ventre est du cote de la columelle et que sa tete
regarde I'ouverture de la coquille , qui se trouve assez exacte-
ment interceptee par la i'''^. peau quittee.
M. Desmarest ajoute dans son mcmoire a celui de M. Mielzinsky,
en decrivant d'abord la larve telle qu'elle passe I'luver, etensuile
la nymphe dont il a fait faire unc figure par M. Pretre. Nous
allons donner I'extrait de ces descriptions.
« La larve , qui n'avait aucun des curacteres dos nymphes de
coleopteres, etait mobile lorsqu'onla rechauffait, et marchait alors
lentement en sc servant d'un tubercule anal comme d'un point
d'appui ; les pates, tres-courtes et coniques, n'avalent que
3 articles represcntant la cuisse, la jambe et le riarse; les an-
tcnnes dirigceson avant ainsi que lesp;ilpcs eiaient oxcessivement
courtcs et ne montraient que deux ou frois divisions a peine dis-
ZoologiW. 1 1 i
Uncles : enfm les yeiix n'etaient pas appai'ens et les cotes des
segmensdu corps avaient des ttibercules couronn(5s de quelques
polls : de seinblables turbercules formaient sur le dos de cliaque
core et en dedans de la ligne des stigmates une serie pareille.
A CCS caracteres on ne pent meconnailre une larve tres-peu dif-
ferente decelle que M. Mielzinsky a decrite. »
M La veritable nymphe est longue de 8 a 9 lignes et large de 3
a 3 lignes-^. Son corps est mou, parait tres-gras et est arque en
dessous ; outre la lete 11 est forrae de douze segmens dont les 7, 8
et gsont les plus volunilneux. Sa couleur est le blanc jaunatre, et
sa peau lisse , assPK lulsante sur le dos , est totalement depourvue
de polls ou de soles. Sa tete est assez petite , inflecliie ; marquee
de 2 legeres impressions longitudinales sur le front ; terminde en
avant par un chaperon arrondi , au dela duquel on voit saillir
un petit corps arrondi qui peut etre la levre superieure. Deux
corps sailians places en avant de ce chaperon , un de chaque cote,
paraissent etre les mandibules , et au-dessous de ceux-ci on
apercoit les palpes, qui sont dans la direction dela tete, gros,
coniques, eviderament enveloppes d'une peau generale qullaisse
voir neanmoins la division de chacun en 3 articles pour les in-
termediaires qui sont les plus petlls, et en 4 pour les lateraux
ou exterieurs. Les antennes, qui ont a pen pres une longueur
double de cello de la tete, prennent leur origine a chaque cote
du chaperon; leur direction est laterale et oblique en arriere ;
Icur forme generale est presque cyllndrique , car elles decrols-
sent tres-peu depuis leur base jusqu'a leur sommet, et elles sont
fornixes de 8 articles, dont le premier est le plus grand. Les yeux
sont indiques par 1 petites taches d'un gris brun, placees chacune
derri^rela base d'une antenne, et leur forme est ovale transverse.
Le premier anneau, indlce du corselet, est apres le dernier, le plus
petit de ceux qui composent le corps ; il est transverse , un peu
plus large en arriere qu'en avant, non reborde; ses angles sont
arrondls ; son bord anterieur , echancre pour reccvoir la tete, est
legeremcnt sinueux,etle posterleur est droit. Le second segment,
un peu plus grand que le premier, est trcs-legerement bombe
de chaque cote , et le 3*". qui est un peu plus grand a la memo
forme. Ces trols segmens,dont le second seuleracnt a un stlgmate
de chaque cote , supportcnt les pates. Celles-ci, plus loiigues que
dans la larve, sont visiblonient formces, d'une cuissc, d'une janibe
et d'lm larse envel()])pcs dans une sorte do fourroaumembraneiix
1 1 2 ^oologie.
qui les rend a peu pres cylindriques , et leur tarse est divise en
cinq articles presque egaux, soniblables entr'cux et doiit le der-
nier ne montre point d'ongles. Les anneaux suivans vont suc-
cessivement en augmentant de largeur et de longueur jusques et
y compi'isle 9''.
Cbacun d'eux a un tubercule lateral, lisse, fort saillant; et
dans les posterienres ce tubercule se dirige en arriere. Au-des-
sus de ceux qui appartiennent aux segmens, depuis et y compris
le 4"- > jusque et y coinpris le 10^., on voit les stigmates qui sont
corame des points grisalres , releves , un peu tubuleux. Enfin , sur
les memes anneaux, de cliaque cote, entre les sligmates et la li-
gne moycnne, on apercoit un leger renflenient qui est le vestige
des tubercules poilus de la serie inferieure qu'on voit sur le dos
de la larve , dans sou i*"^. etat. Le ii*^. segment est plus petit que
le 10''., a peu presdememe forme, avec ses tubercules lateraux
moins saillans, et il n'a pas de stigmates , ainsi que le 12"'. ou le
plus petit de tous, lequel porte en dessous I'anus et un tubercule
bilobe aubout, ou plutot termine par 2 pointes mousses. Toute
la face inferieure du corps est large et lisse, et Ton y volt seulc-
mcnt quelqucs ])lis ou rides de chaque cote, vers la base des tu-
bercules lateraux. »
Cette nymphe est dans un etat parlalt d'inimobilite, et, seule-
ment quand on la louche, clle laissc ecouler par sa bouche une
gouttelette d'un liquide jaunatre assez epais et transparent.
M. Desmarest termine son memoire par quelques considera-
tions sur le rang que doit occnper, dans la serie des genres ,
I'insecte parfait figure par M. Mielzinsky, et dont M. Audouin
a montre un individu vlvant a la Societe d'histoire naturelle. II
avaitd'abord pense qu'on pourraitle rapproclier des Telepliores,
et M. Mielzinsky I'avait considere comme voisin des Lampyres. II
pense maintenant que sa place est entre ces deux genres; mais il
croit qu'il est necessaire, avant d'adopter definilivement cette de-
termination, deconnaitre rindlvidumale, qui sera vraisemblable-
mcnt aile comme celui des Lam pyres. Les individus nombreux qu'il
posscde, lorsqu'lls auront subi leur dernicre translbrmation , le
mettront pcut-etre a mcme dc decider cette question. A. G. D.
PARIS. IMPIUMEKIE DE FAIN, RUE RACINE, N". 4,
PLACE DE 1,'ortON,
' BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
GEOLOGIE.
90. Apercu ceognostique sur i.e bassin GYPSEtrx d'Aix, depar-
TEMENT DES BoUCHES PU-PiHONE ; pOT M. BeRTRAND-GeSLIN.
( Mem. fie la Soc. d'htst. Natitr. de Paris, vol. i, pag, 273. )
L'auteur commence par la circonscriplion du bassin gypseux
d'Aix, doiit Ips limitPS seraient une ligne passant par Aix, les
Moiiliris de la butle Saint-Eutrope, le torrent de la Rlignarde ,
la Touloubre ( sur la route de Venelles ), la Calade, Saint-Mar-
tin et Valserre. An sud-cst de ce bassin la butte de Saint-Eu-
trope offre des poudingues a fragmens de calcaire ancien,
qui recouvrent des calcaircs analogues, ce nous semble, au
miischelkalk. Leur partie inferieure est argileuse et noira-
tre, et la masse moyenne est veinee et melee d'argile rouge
et renforme des terebratules, des belemnites, des peignes ; la
superieiire est a noyaux de silex et alterne avec des calcaires
marneux jannes. Un calcaire jiirassique compacte et a univalves
part de Ventabren et liraite le bassin gypseux de Valserre a
Saint-Martin. L'auteur decrit ensuite un depot de pondingue
alternant avec des molasses et des marnes. La j)remiere roche
varie dans sa composition; elle renferme, dans les assises infe-
rienres surtout, des fragmens de calcaire ancien secondaire dans
une pate calcaire S[)athique, et dans les assises superieures il y a
de ])his, des cailloux ])rimltifs et du calcaire jurassique , et la
pate est marneuse ou arenacee. Ce depot ibrmc le reste de la 11-
mite du bassin d'Aix et se rencontre a la Calade, a .Saint-
Mitre, a la Bastide de M. Pontier,efc.; il est neanmoins possible
que le gypse d'Aix soit lie au nord-est avec celui de Carias ,
pres Beaulieu. Au-dessus de ces poudingues et molasses , Ton
B. TomkIL 8
1,4 Geologic .
observe d'abord des marnesargileuses et calcaircs qui renfeiinent
dans certains llts des crislaux de gypse et dans d'autres dcs co-
quilles turriculeesecrasees,des cerithes et des tellines? Plus liaut
sontdes calcairesconipacles a lits de silex et dc raarne schisteuse.
Des masses i;ypseuses qui se divisent en trois assises, la premiere
a 8 pieds d'epaisseur, presente des marnes a cristaux de gypse,
et se trouve scparee du calcaire inf'erieur et du gypse superieur
par des marnes jaunatres. La seconde masse de gypse est demi-
compacle,jaune et souillce de marnes, elsa parlie infcrieurc cou-
tient des silex cornes, des bois dicotyledons el des ichtliyolithes
du genre Perca. Au dessus de cette masse viennent des marnes
jaunes, compactes, schisteuses, a paludines, tellines, cytherees?
poissons ( anguille ) et Palinacitcs Lamamnis ( Ad. Br. ) Un lit
marneux a planorbes supporte le troisleme anias gypseux qui n
5 pieds d'epaisseur , et renferme dans tons ses lils de marnes des
feuilles de dicotyledons. Sa partie tout- a- fait superieure est le
gisement du plus grand nonibre de poissons fossiles ( Cyprin ,
Goble, etc. ) Un banc compacte de marne calcaire blanche a
cristaux de gypse forme le toit de la troibieinc masse gyp-
seuse. L'auteur entre ensuite dans quelqnes details pour mon-
trer que I'epaisseur de ces amas el le gisement dcs poissons
varie d'une localite a une autre. Un depot de sable micace re-
couvre ce terrain marno-gypseux , lui est lie par des alternats ,
et presente infcrleurement des molasses compactes. II ren-
ferme des plantes dicotyledones et parait etre conlemporain de
la formation gypseuse. II se lie ])ar des marnes sabloneuses a un
calcaire marneux coquillier alternant avecdes marnesargileuses.
L'auteur tache de donner une idee des principales couches de ce
depot. Des marnes calcaires schisteuses, jaunes ou verdatres, oc-
cupent la partie inferieure et y renferment des tiges de chara,
des Bulimus puslllus et pysmcvus , tt peut-etre des paludines.
On y remarque encore tout-a-fait superieurement des cerithes,
des Cyclas cornea , des limnees et des planorbes. Un second
systeme de couches semblables presente un banc calcaire com-
pacte h\i\nc'a Cerithiuin triciiKtuin (Defrance) et a Poacites.Des
bancs siliceux a nodules de silex commenceut dans la partie
superieure et se conlinuent dans le systeme de couches suivantes ,
qui est surlout remarquable par deux lits de calcaire cornpacte
cl celluleux blanc, qui est exploite pour les constructions. Des
marnes calcaires, avec les meincs coquilles que dans le premier
Geologic. ■ 1 1 5
sysreme, terinincnt ce depot, qui est le plus etendii du bassin et
dontl'epaisseur variedequelquespiedsseulement a 4opieds.Ils'e-
tend depuis le pont Robert jusqu'a l.i Calade et forme trois buttes
principales. Des lambeaux de calcaire siliceux se rencontrent
sous les parties basses du calcaire marneux , et abondent seule-
ment en coquilies d'eau douce. Cette roclie passe par des marnes
blanches a paludines au calcaire marneux , puis viennent des
marnes a lits de silex et a paludines , ou bien des marnes com-
pactes a paludines, limnees, planorbes et cyclades. La couche
moyennp du calcaire siliceux a jusqu'a 3 pieds d'epaisseur; elle
est grise bleuatre, a druses quartzeuses et a limnees (^ L. cor-
neiis ), planorbes, helices, paludines. Un banc de calcaire com-
pacle,cellulaire,d'un demi-pied d'epaisseur, et a nodules de silex
bleu, couronne ce petit depot, qui se voit sur le haut des escar-
pemens de calcaire marneux depuis la route de Veneile jusqu'a
la butte Saint-Michel, etc.
La silice y est plus abondante dans tous les lieux bas que dans
les lieux eleves. Suivant I'auteur les poudingues et la molasse re-
pi'esenteraient I'argile plastique de Paris, le calcaire compacte a
banc de silex serait le c;ilcaii-e grossier, li s amas gypseux repoii-
draient a ceux de Montmartre, le sable micace serait le sable
micace de Paris, et le calcaire marneux et siliceux serait le cal-
caire lacustre superieur. Sans nous permeltre de critiquer, nous
dirons cependant que d'autres geologues adoptent une classifi-
cation differente. Ce memoire interessant se termine par le detail
d'une carte geognostique du bassin d*A.ix et de 7 coupes de ter-
rain. A. B.
91. Notice ou Precis sua l\ Mine de Sel gemme de Vic ,
Departement de la Meurthe; et sur les principales Mines de
Sel de I'Europe , suivi du rapport fait a I'Academie royale des
Sciences, par M. d'Arcet, au nom d'une commission com-
posee de MM. le C'«. Chaptal , G.iy-Lussac , Vauquelin ,
Dulonget d'Arcet. In-8. de 86 p. avec un tabl. lithogr. Paris;
fevrier 1824; impr. d'Everat, rue du Cadrau, n". 16.
Une table des malieres , placee au revers du frontispice , fait
d'abord connaitre tout le plan de cet ouvrage; on y traite suc-
cessivement : 1°. de la mine deCardone, en Calalogne; 2°. de
celle de Diirrenberg , pres de Salzboiirg; 3". de celle de Nor-
wich, au comte de Chester, en Angieterre; /|". de celles de
1 1 6 Geoloi^ie.
Wlellcska ct de Bochnia , en Gallicle (p. i a 29); 5o. etifin de
celle de Vic (p. 29-67 ). Le rapport fait a rAcadeinic ne con-
ccrne que cettc derniere mine et termlne le volume ( p. 68-86 ).
Les mines I'-trangeres , dont il est d'aboid question, ne fignrent
la qu'en prcambule et comme terme de comparaison ; ce qu'on
endit, quoique fort interessant, n'offre rien de nonveau et est
entrait du memoire de M. Cordier , sur Cardone , de I'ouvrage
de M. de Villefosse, des anciens memoires de Guettard et de
Bernard, sur Wielicska, etc. Nous ne rapporferons ici que Ics
trails les plus sailians de ce qui regarde la mine de Vic , objet de
tres-haute importance pour la France et meme pour une partie
de I'Europe.
Guettard avait prejuge avec une justesse singullere ['existence
de cette mine, d'apres I'analogie du terrain qui la recele avec
celui qu'il avait observe aux environs de Wieliscka ; mais cette
indication piquante et curieuse ^tait restee comme ])erdue, de-
puis 60 ans , dans le voluniineux recueil des memoires de I'Aca-
demie des Sciences, sans que les derniers inventeurs meme en
eiissent connaissance, lorsque , par suite de recherchcs commen-
cees, en 1818 , sur les liauteurs voisines et dans la ville me^me de
Vic, la sonde atteignit, le i4 niai 1819, a 195 pieds de profon-
deur, le premier banc de sel. Cette decouverte ayant ete con-
Stalee dans les formes, par I'adininistration des mines, le 3o
iuillet suivant , un grand nombre d'autres sondages furent operes
successivemcnl , jusqu'en 18^3, dans les territoires de Vic, Ro-
zieres, Petoncourt, Haboudange, Mulsay et de Maizieres, qui est
detous les points explores le plus rapproche des Vosges , mais,
contre les esperances , le plus pauvre. Dans tons les atitres lieux
la mine a ete reconnue a des profondeurs diverses, dont la
nioindre est de i53 et la plus considerable de 280 pieds. Enfin ,
on a constate que cette mine devait occuper, a tout le moins ,
une superficic de 3o lieues carries sur une profondeur totale
inconnue. Lc sol fouille est presque idenfiqnc a celui de Wie-
licska : des debris de loquillages, des roches calcaires , de la
niarneargileuse, des argiles schistcuses saliferes, du gypse et du
sel flbreux composrnt les diverses couclies qui conduisent au
premier banc de sel. Partout , avant d'arriver a la mine , on a
traverse des argiles saliferes, et dans qnelques localites , ces ar-
giles ont etc rencontrees a 70 et 100 pieds seulement de profon-
deur. On a remarqiie que dans quelques points les caux qui en
Geologic I r 7
siiintent sont salves et on est fonde a croire que c'est la rorlgiue
ties sources salees de la Lorraine , dont la salure nest que de 10
a 17 dcgrcs. Les premieres eaux se sont manif'estces a 28 picds
du sol; les deinieres ont eteretennes a 126, et toutes Iraversdcs
ou moyen dc machines ordinaires. Ceia , dans le second puits, en-
trepris en 1821 , conduit heureusementjusqu'au premier banc do
(sel en iSiB, etconlinucjusqu'au fond de la G^.coiicliea '3'i!ipieds
deprofondeur, avecun diametre de8 pieds. Un 3*^. puits, ouvert
le 1*''^. septenibre iSaS, a acluellement i3o pieds de profondeur
ct doit etre mis en communication avec le precedent, par une Va-
lerie souterraine. Dcja Ton a etabli les batimens et ateliers »e-
cessaires a remmagasinage et a la trituration des sels ; on pense a
creuserun4''' puits, et Ton a calcide quecJiacun de tes pulls pour-
rait f'ournir aSo, 000 qnintaux metrlques pnran; cequi, dans un
seul enclos, formera une exploitation Irijile de celle des huit sa-
lines de Test reunies. T\euf' couches de sel ont etc- reconnues : la
premiere, atteinte a 2o5 pieds, a 8 pieds d'epaisseur; la 2*
7 ~;la 3". 42; la A''- 9J'a ^''. 10; la G*". 3/,. C'est la.que s'arrete
Ifi puits Becquey. Les intervalles qui separent ces six premieres
couches ne sont que de 3 a 4 pieds; 27 pieds ]>lus has, on en
trouve une 7". et une 8*. de 2 a 3 |>ieds d'epaisseur ; puis , apres
un nouvel intervalle, une g''. ou la sonde s'est enfoncee de 9
pieds sans trouver la fin, L'epaisseur rennie de ces 9 couches est
<le 125 pieds. Deja Ton est assure que I'air est sulubre et pur dans
I'interieur de la mine, qu'il ne s'y trouve pas de sources salees
passe le niveau du premier banc de sel el qu'il n'y a pas d'infd-
tration dans les galerles ; enfin que les bancs de sel et les roches
ititermediaires ont assez de solidite pour dispenser de tout boi-
sage dans ces galeries. Cette solidite, qui n'existe pas a Wie-
liscka ni a Diirrenberg , est due a ce que le sel de Vic est forme
en lames cristallines entrelacees. II a encore ravania^e sur celui
de Wielicska d'etre dispose par couches au lieu d'amas; ce qui
servira beaucoup pour dlriger rexploltation sans tatonnemens et
d'une maniere suivie. Quant a ses qualites, les premieres surpas-
sent cellos des sels marins raffmes, et les dernieres celles des pro-
venances des marais sajins. Tons les produits de cette mine sont
salubres. La premiere couche est prcsquc entierement composee
de sel blanc , la seconde ne sera pas exploitee a causs de ses im-
perfections ; la troisieme offre d'abord , en Ires-grande abon-
dance, de supcrbes sels blancs ct gris, jiuis des rose* coloro
I 1 8 Geologie.
par I'oxide de fer, ct, vers la base, des sels melanges de polia-
litlie; la 4*". en donne de roussatres ; la 5*^. de verdatres; et la
6*^. des sels d'abord defet'lueux et melanges de polialilhe,
puis roses aurore , puis roses cuivre. Chacune de ces qualites
irouvera son eniploi. Cette mine est inepuisable , puisque ,
tout considere , Ton calciile quelle fournirait a une exploita-
tion de yGjOoo ans , a raison d'un million de quintaux melriques
par an.
Les avantages qu'elle presente relativement a sa position geo—
graphique et a la facilite des communications ne sont i)as nioins
sensibles que les precedens. Elle est situee precisement dans la
partie de la France la plus eloignee des cotes de la mer. Le sel
marin n'y pouvait arriver que greve d'enorraes frais de trans-
port, et celui fourni par les sources salees, clant fabrique cliere-
ment , se vendait de meme. Le voisinage de deux grandes villes
cornmercantes, Bletz et Nancy; la proximite des rivieres de
JWeuse, Mcurthe et Moselle; la Seille, qui coule au pied de I'ex-
ploitation; la Marne , qui, a partir de Saint-Dizier, occupe plus
de la moiti^ de la distance de Vic a Paris; les canaux que Ton
construit, etc., procureront de nombreux et puissans moyens
de communication et de transport du sel gemme lant a I'inte-
rieur qu'au dehors de la France. Du cote de la mer meme, les
frais de production des deux especes de sel, le marin et le fossile,
etant a peu pres les m^mes , lorsqu'ils chemineront par les me-
mes voies, ils devront naturellement arriver a la rencontre I'un
de I'autre a mi-chemin des points respectifs de depart. Sans at-
tendre meme raclievement des canaux , le sel gemme doit obte-
nir des a present de grands succes , i". relativement a celui des
salines, par sa superioritc en salure, purete, beautii, salubrite ,
agrement de saveur, Constance dans la qualite; tandis que de
celui-ci les qualites sont souvent fort disparates , qu'il est deli-
quescent, et s'altere ou eprouve des avaries diverses dans les
transports. D'ailleurs la concentration du travail, la simplicile
d'administration , la difference des frais de production, Tecono-
mie dans les constructions ct reparations de batnnens, sont tout
en faveur du sel gemme. Le sel des salines revient a 6 fr. au
moins de fabrication par quintal, tandis qu'a Wielicska il ne coute
pas I fr. , et a Norwich pas 70 centimes. Cette inferiorite de
frais procure une grande supcriorite d'cxtension dans les trans-
ports, et la mine de Vic pounait approvislonuer un tcrritoirc
Geologic. ug
cinq fois plus etendu que celui qu'alimentent les salines, ou de
14,700 lieues carrees. 2". A I'egard des sols de mer , ecux qu'on
livre Iiabituellemont au commerce sont encore inferienrs, sous
tous les rapports de purete et de quantite de muriate de soude ,
aux basses qualitcs du sel gemme; et leur production, leur trans-
port, sont sujets a beaucoup d'eventualites , suivant la diff(5rence
des temps, des saisons et meme des annees , en raison du froid,
del'humidite, qui relardent I'evaporation , ou meme la rendent
nulle, comme en hiver, et des vents contralres, des coups de
mer qui font plus ou moins de tort a la navigation. Plus le sel de
mer est rare et cher , plus , par les memes causes , il est de mau-
vaise qualite. Tous ces inconveniens, auxquels 11 faut joindre ce-
lui desguerres maritimes, seront nuls pour le sel geinrae, dont
la production, le transport et la qnallte, seront constans. Tou-
jours exactement pr^t a satisfaire aux besoins de la consomraa-
tion, il ne doit pas encore y avoir une grande difference entre
les frais qu'il exigera et ceux du sel marin. Son exploitation sera
utile au gouvernement par I'entiere securile pour la perception
de I'impot , Irois ou quatre puits ctant bien plus aises a garder
qu'une grande etendue de cotes, et par les redevances assises sur
les mines ou autres combinaisons semblables qui peuvent garan-
lir le remplacement ou la conservation du revenu particulier des
sahnes de I'Est, revenu qui d'ailleurs a beaucoup diminue depuis
8 ans. Le sel gemme de Vic pent nous rendre les exportallons
que ces salines n'ont pas su defendre contre la concurrence des
fabriques de sel recemment etablies sur la droito du Rliin; et
dans tous les cas il arrivera , par le moyen de la Meuse, dans les
Pays-Bas, dont I'acces etait ferme aux produits des salines par
la prohibition de I'entree des sels raffmes dans ce royaume. II
procurera encore pour la Lorraine rcconomie d'une grande
quanlite de bois consomme maintenant par les salines, et qui se
reporlera aux forges, aux verreries, aux nombreuses manufac-
tures decelte partiede la France, et m^-me a des exploitations
de mines metalliques qui n'attendent pour avoir lieu que des
combustibles moins chers. II nous affranchira ainsi du tribut de
rimportation des houilles de Sarrebriick , qui sont frappees a
leur sortie des etnts prussiens d'un droit assez elevc; ct au lieu
d'aller clierclier jusqu'en Portugal le sel employe dans nos salai-
sons de marine ct par nos peclicries, ceux des salines et des ma-
rais salansne convcnaiit point a ces usages, on subslitucra a vc
1 20 Geologie.
sel etraiiger celui de Vic. Pour la salaison des viaades, la supe-
rJorite du sel geinme est demontree , et surtout de cclui qui est
rose et ne doit celte couleur qu'a I'oxide de fer. II sera tres-utile
aussidansles bergeries, et il estbien plus avaiitageux de presen-
ter a tousles bestiaux, comme cela se fait dans le Nord, des blocs
qu'ils so contenlcnl de lecher, que des grains qu'ils avalenl trop
avidement ou qu'ils gaspillent. Lc sel employe comme engrais
seralt aussi tres-favorable a Tagriculture, en ne destinant a cet
usage que les rebuts de Texploitation, et prenant des mesures,
probablcment faciles, pour empeclier que repiuation ne put
^tre faite par les acheteurs a des frais inferieurs aux droits de
rimpot. Enfin , il y aurait un immense jirofit a employer le sel
gemme dans la fabrication en grand de beaucoup de prodiiits
chimiquesimportans pour nos manufactures et pour celies de I'e-
tranger, verreries, teinturcries , glaces, toiles peintes, cuirs, etc.
En resumant cette notice, et rapprochant les exploitations qui
y ont ete decrites en premier lieu de celle de Vic , on reconnait
que cette derniere off're d'incontestables avantages sur les plus
fameuses mines de I'Europe. EUe egale Cardonc enpurete, et
I'emporte par la facilite des communications et I'eloignement
des marais salans; comparee a Drurcnberg, ellc prescnte un ter-
rain plus solide, des travaux moins dispendieux, de veritables
couches de sel, au lieu d'argiles saliferes dont I'extreme iinpu-
rete commande le raffinage. Norwich, favorise par sa situation
et le bon marche des transports, est inlerie;ir par I'insalubrite
de ses produits. "VVielicska, doat tous les sels sont consommes
sans epuration , n'offre que des qualites a peine egales aux der-
nieres de Vic; le beau sel blanc y est un objet d'exception, tandis
qu'il abonde dans la mine nouvelle; enfin, la disposition du sol
exi"ea Wielicska des soulenemens, des boisages , des construc-
tions en maconnerie dont la mine de Vic n'a aucun besoin. Tant
d'avantagfs, une si grande importance, devaient exciter I'at-
teniion univcrselle; aussi cclte mine n'a-t-elle pas seulement
cause de I'enthousiasme dans les departemens de Test, les jour-
naux les chambrrs, ont retenti du bruit de sa decouverte; des
savans attires de pays eloignes se sont empresses de la visiter, et
ont proclame sa superiority sur loutes les autres mines de cette
espece. Ellc aura peut-etre quelque jour autant et meme plus de
renom que celle dc Widicska.Le gouvernement.l'administration
des mines, sen occupent avcc loule la sollicitude et le zele qu'clle
Geologic. i2»
m^rite. Le jury charge d'apprecier les produits de ritiduslrie
nationale, a decerne en i8a3, aux inventenrs, la grande me-
daillc d'or , et ils I'ont recue des mains dii Roi. Eniin, une com-
mission prise dans le sein de TAcaddmie des sciences a rendu a
celte grimde decouverte iin suffrage cclalant, p.irle rapport qui
se trouve a la suite de la notice dont il s'agit, et qui a ele adopte
dans la seance du i5 decernbre i8'23.
Ce rapport ne contient rien autre que ce qui a ete ex-
pose avec beancoup plus de detail, comme cela se concoit,
dans la susdite notice, touchant la mine elle-meme, et necon-
cerne enfin que I'applicalion du sel qu'elle fournit, dans reco-
ftomie domeslique et dans les arts. Les commissaires n'avaient
meme a prononcer que sur six echantillons envoyes a TAcademie
de la part du ministre des finances, et ce qu'ils ont dit de plus
leur a etc fourni ]iar I't'coie des mines et surlout par M. Berthier,
professeur de cliiinie dans cette ecole. lis commencent par re-
duire les \arietes du sel de Vic a 4 '■ blanc, demi gris, gris et
i'ouge, dont ils subdivisent la premiere en blanc clioisi qui est en
effet d'un beau blanc, souvent transparent, liinpide, absolument
pur; et blanc commun , qui ne contient que 0,007 ^^ substances
etrangeres. Le demi-gris est du blanc susdit, mele en propor-
tions variables avec le gris qui suit, et ne contient encore que
o,o2'i de ces substances heterogenes. Le gris est en effet gris de
cendre plus ou moins fonce , donne une legere odeur bitumineuse
quand pn le broie vivement, et admet un melange de o,o4 a
o,o5 en matieres etrangeres , les unes blanches et transjjarentcs,
les autres opaques et d'un gris pres(|ue noir. l^e sel rouge, ordi-
nairement libreux, translucide , plus ou moins fonce en couleur ,
et souvenl tres-beau,ne conlient que 0,001 a 0,002 d'oxide de
I'er, mele d'un peu d'argile. Ces quatre varietes peuvent etre re-
gardees comnie anhydres puisque la calcination, jjoussce assez
loin , n'enleve aux trois premieres que 0,01 au plus de leur poids,
et a la dcrniere, rien. Les substances qui souillent le sel de Vie , et
en forment au plus les o,o5 dans les echantillons les moins purs,
se comj)osent d'argile bitumineuse, de f'er oxide, chaux, soude
et magricsie sulfaiees. Ces substances, en se rcunissaiit enire
dies, forment une combiiiaisoii analogue au polyalithe , mineral
trouve en ainas et en veines iLms le voisin:ige du premier banc
de sel , et qui ne perd rien non plus par la calcination, en sorte
que lesdits sulfates dc chaux, soude ct inag:u''sic, y sonl atihydrcs.
122 Geologic.
En exaininant le tableau joint a ce rapport, qui pr^senle les resuU
tats d'analyscs faites a dift'erenles epoques et par differens clii-
inistes, de 46 ecliantillons de selmarin, pris dans le commerce,
soil en France , soil a I'etranger , on Irouve que toutes les varie-
tes du sel de Vic I'emportent de beaucoup , meme en purete ct
qualite, sur celles qui leur correspondent Ic mieux parmi ces sels
de nier. Les matieres ^trangeres qui se trouvent jointes en petite
quantite a ce scl gemme n'ont rien de plus pernicleux pour la
sante que celles communement plus abondantes qui salissent les
sels dps iTiarais salans; d'ailleurs elles sont unles entre elles le
plus souvent de maniere a former une combinaison peu soluble;
outre cela, il est prob.ible que les exploitans ne vendront pour
le service de la table que du sel choisi presque pur , et mettront
a part les qualites inferieures pour les travaux des arts. Enfiit
onadeja I'experlence que ces qualit<5sles plus basses, employees
dans des raenages nombreux et composes de personnes d'ages
et de temperamens fort divers , ne causcnt aucune incommoditL'.
L'odeur bitumineuse dont il a ete question est tres-legere, ne
persiste pas et n'influe point sur la saveur du sel. La presence
des sulfates de cliaux et de magnesia rctarde bien un peu la cuis-
son des legumes et des graines seches; mais en employant la
seconde qualite, on n'observe plus de difference. La principale
consommation du sel demi-gris se fera probablement dans les
ateliers oii se pi'eparent les salaisons de viandes, de poissons, de
fromages et de beurre , et dans les fabrlques qui ne peuvent em-
ployer que du sel de bonne qualite. Le gris sera employe pour
donnner aux bestiaux , et a raison de son prix moindre , dans la
plupart des manufactures de savon , de sel ammoniac, des tan-
neurs, hongroyeurs , maroquiniers , pollers. 11 servira enfin de
matiere premiere aux fabrlcans de toiles peintes, aux blanclils-
seurs pour la preparation du chlore, et aux manufacturiers de
sonde pour la production en grand de I'acide muriatique et de
la soude extraite du sel marin. Cet emploi du sel genmie neces-
.sitera la precaution de le reduire d'abord en poudre fine pour
que I'acide sulfurique puisse bien on opercr la decomi)ositR>ii ;
niais alors on trouvera qu'il pent fournir plus d'acide niuriali-
que que le sel commun de Paris, dans la proportion dc i<So a 160.
M. G.
Ge'ologie. 1 25
ga. SUR LA RESSEMBLANCE CEOGNOSTIQUE I1U TERRAIN SALIFiRE
DE LA Lorraine et du sud de l'Allemagne avec quelques
coNTREES des bords i)u Weser , par M. C. de Oeynhausen.
( Archives de I'art des Mines, etc. , de Karsten. v. 8, n". i.
Berlin; 1824- )
L';uiteur cherclie d'abord a prouver que le ^vks, bigarre sup-
porte le depot salifere de la Lorraine et du sud de TAllemagnc ,
et que le gres grossier des Vosges et du Spessart n'cst qu'une
continuation de celui de la Hesse , de la cliaine du Soiling et de
celui qui recouvre le Zechstein soit a Bieber , soit a Frankeberg
ou Tlialilter. Dans ce but 11 commence par donner une coupe
des environs de Sulz sur le Necker. Les couches y inclinent le-
gerement a Test et se succedent de bas en haut , de la maniere
suivante : 1°. un gres bigarre rouge fin qu'on a atteint dans le
puils le plus profond; 2". 10 pieds d'argile scliisteux rouge a
gypse fibreux; 3". 116 pieds d'un calcaire grisatre divise en
lits ondules bosseles, et tres - pauvres en petrifications. Des
sources peu salees en sourdent ; 4°- un systeme de couches
compose de 4 pieds de gypse compacte blauc ougris, de 100
pieds d'argile muriatifere a petits Ills d'anhydrate bianc et de
gypse et a nids de sel , et de 24 pieds de gypse compacte ; 5".
240 pieds de calcaire gris moins feuillete. II y a des lits com-
pactes poreux oucoquilliers, et des rognonsde silex s'y rencon-
trenl superieurement et inferieurement ; 6°. 19 pieds d'un gres
fin gris jaunatre a impressions vegetaies, etc. Apres avoir donne
cette coupe , dont nous certifions I'exactitude , il vient a parler
des depots qui se trouvent plus a Test de Sulz, ou plutot il de-
taille un piofd lithographie entrcSulz et le niont Hohenzollern,
pres Hechingen. II annexe d'abord ( suivant nous a tort ) au
gres precedent le depot de marnes bigarrees entre Pubrigen ct
Stultgard, et qui renfernie des lits de gres gris blanc ou rouge ,
des bancs de calcaire marneux et de gypse principalenient
fibreux, des druses calcaires ou quarlzeuses , et rarement des
petites masses de plomb sulfure. Sur ce depot est place le cal-
caire a gryphites qui a souvent 5o pieds d'cpaisseur, et qui
alterne avec des lits de marneg bitumineuses a nids d'argile et
de fer hydrate jaunc. Ce serait , suivant I'auteur, le gisement du
nagelkalk ou de cette niarne qui a I'air d'etre composce d'ebau-
chcs decrislaux de chaux carbonatec. Un gres jaunalre a lits de
Icr hydrate recouvre souvent le calcaire; puis vient la graiule
1 24 Geoto^ie.
masse du calcaire juntssique qui s'eleve a 5ooo pieds et qui est
lecouvcrt pnr la molasse et le calcaire d'eau douce. L'auleur cite
rles localites gcognostiques seiiiblables a telle de Suiz, comme
Wimpfcn , Scliwaebiscli-Hall ; et I'assise salifere intercalee enire
deux coticlies calcaiies se voit bien au Heinerberg pres Hafmers-
lieim , a AVinipfen, dans la vallee du Tauber, non loiii dc Bis-
chofsliciin et Landau. 11 niontre que le calcaire de Sulz et du
"Wirtendierg n'est que du irnibcht'lkalk ct non du zeclistein; il
appelle welleiikalk ou calcaire ondule, I'assise calcaire inf'erieure
au banc salifere, et il croit devoir etablir (ju'il y a '5 depots
gypseux au-dessus du gres bigarre dont les deux superieurs
inaiujuent dans le Mansfeld. L'auteur considere ensuite la posi-
tion du sel en Lorraine; il y revolt le gres bigarre des Vosges
recouvert de muschelkalk , et il commet, suivant nous , I'erreur
de regardei" toutes les luarnes gyjisiferes et salif'eres, entre Saint-
Avoid et Vic comme superposees au muschelkalk. Les discus-
sions de notre auleur ne cliangent rien a la premiere classifica-
tion de ces depots adoptee par M. A^'oltz. D'apres M. Cliarbaut, il
retrouve dans le Jura, icgres bigarre, le lias et le calcaire juras-
sique. Sur les bord.s du "VVeser les depots suivent un ordre ana-
logue a celui du siid de I'Allemagne. Le gres bigarre y est fort
repandu et forir.e une espece de bassin au centre diiquel est
Drybourg; il est suivi de muschelkalk, et de marnes bigarrees
que rauteiir croit ( suivant nous a tort) superieures ; cnfin vicn-
jient le lias a marnes bituminenses et a nids lerrugineux, le
<iu:idersandstein et le calcaire jura«sique ot crayeux , pres de la
Porta-AVestphalica. L'auteur communique ensuite une classifica-
tion analogue des terrains des bords du Weser par le prof.
Haussniann; ce savant etablit beaucoup de subdivisions dans
les 4 groupes precedens , ct s'efforce de earactcrlser mcme cos
subdivisions ])ar les fossiles ; ainsi par exempic, le musclielkaik
comprendrait 3 groupes. L'auteur croit retrouvcr dans ce ta-
bleau toules les couches secondaires du Wiirtemberg; le nombre
de sources salees et de salines des bonis du Weser lui fait espe-
rer aussi des bancs saliferes, et il propose des sondiges. II
calcule qu'il faut 9 mois ct 3oo^ tlialers pour faire un trou de
sonde de 5oo pieds de profondcur. L'auteur eniprunle ensuite
la dtscriptiou de la principautc de Corvey, que ]\L Stift a fait
connaitre dans le Taschenbinh de Leonard; il donnc ensuite le
detail d'uti prolil lithographic du pays enlrcPrcus^lsch-Mindca
Geologic. laS
et Neusalzwerk pres Rehme. Ce sont Aes altcrnats tie irarne
ct cie caicaire scliisteux avec une couclie de gres , une de fcv
argileux, ft superlenrement une de honille jayet; cos couches
du lias y inclinent an nord sous un angle de aS degres. Enfia
I'auteur terniine son memoire en coniredisant M. Buff, qtti a
pretendu que les sources salces de AVesfphalie prennent leur
origine dans le zechstein, A. B.
93. Memoires sur les terrains tfrtiaires zt basaltiques
DU SUD-OUEST DE l'Allemagne au NORD DU Danube , par
A. BouE. i^Annal. des Sciences Natiir., vol. 2, p. i. )
L'autetir annonce d'abord qu'il y a fori peu de depots ter-
tiaircs dans celte partie de TAllemagne , a I'exception des niar-
nes fluviatiles, de quelques tufs calcoires a ossemens et quelques
lignites dans certains culs-de-sac du Fichtelgebirge , comme a
Artzber , ou Ton trouve le Carpolithes rostratiis, de Schlollieim.
La cliaine jurassique contient plusieurs depots d'eau douce ;
I'auteur commence a decrire ccluide Steinlieim. II conslltue une
tres-pelite coliine au milieu d'lin bassin circulaire dont on voit
bien le canal d'ecoulement. II est forme de deux assises , I'une
iiiarneuse ct I'autre compacte; dans la premiere les niarnes y
sont souvent friables ou sablonncuscs et pleines de coquillages
d'eau douce, tels que des helix , des planorbes, des limnces, et
surtout uiiecoquillevoisine des helix qui a une spire tantot plate
tanlol elevee, et quia ete figuree par Schroter, Flusxconc/i.,p].
6, fig. 10, comme vivante. II y a aussides squelettes de polssons.
L'assise supcrieure est nn tuf caicaire endurci avec un peu de
coquiiles et quelques restes de plantes. Le depot de caicaire d'eau
douce se trouve encore ca et la en amas an milieu d'une grande
cavite jurassique appelee Im Riess entre Ottingen , Wallerstein,
Emerdingen , etc. II y forme des petites buttes et offre un cai-
caire semblable au caicaire coquillier d'eau douce de la France ,
et Ton y trouve des limnees , des planorbes, des helices et des
cypris. Le caicaire d'eau donee d'Ulm est de la meme epoque
et a ete aussi forme dans un bassin dont le Danube a enleve la
partie sud; il couvre encore la montagne jurassique de Michelberg
ct offre differentes varietes remarquables de caicaire d'eau douce
concretionne ou tuface comme celni du bassin sud-onest de
la France. Les basaltes du sud-ouest dv rAlIcni.igne sont en co-
Icnnes on plus rarement en filons dans le caicaire du Jura; il5
1 2^i Ge'ologie.
J off'rent siirlout des roches tufacees , pelrles de fraginens des
roches sicondaires inferieures au lias et au qtiadersandsteiii,
comnie a Urach , etc. II est rare d'observer leur contact avec
le calcaire environnant.
L'auteur cite les principalcs iocalites de ces depots basal-
liqufs. F.
94. SUR LA POSITION DU BASALTE DE l'A NNA BERG DANS LA HAU'IF.
Silesie; par le Bergmeister F. Thurnacel a Tarnowitz.
{^Jrchives de Vart dts Mines, etc., par Karstc/i , v. 8, n". i ;
Berlin; 1824.)
On a crcuse un puits dans ce basalte , et Ton a tronvc qu'il
renfermait trois lils de sable quartzeux, gris, jaunatre et rouge-
grisatre. I.e lit de sable rouge contient des fragmens decom-
poses de basalte; le basalte passe a I'argile a la profondeur de
9 toises, et il est amygdaloide ou tres-poreux a 3 toises de pro-
fondeur; on y remarque une substance talqueuse et du fer , et
quclquefois un agglomerat basaltique a ciment serpcntin, pas-
sant au sable precedent. L'auteur regarde ces deux derniers
amas comme contemporains avec le basalte. II a aussi examine
le contact de ce basalte avec une roche calcaire, et I'a trouvee
magnesienne et fcndillee, dans le voisinage, de fentes remplies de
sable basaltique. Des silex brises et traverses de matierc tal-
queuse, attestent que ces fentes ont eu lieu avec violence. L'au-
teur suppose que le basalte s'est fait jour au travers de la ser-
pentine qui a ete ainsi broyee, et que la force volcanique qui a
forme le mont Annaberg, a aussi eleve la chaine cnticre de roches
non ignees de I'Annaberg, et a souleve la chaine calcaire voisine,
qui est escarpee au sud-ouest , et en pente douce a I'ouest. A. B.
95. EXTRAIT d'uNE LETTRE DE 3IM. MoNTICELLI ET CoVELLI.
[Bibliotheque unh-erselle , janv. iSa.'i, p. 42.)
L'eruptlon du Vesuve de i8'22, et les torrens d'eau (jui Font
suivie , ont mis beaucoup de mineraux, mume nouveaux , a dc-
couvert. Ce sont : du lapis-lazuli trouveau milieu des sables rou-
ges lances le 24 oclobre; diverscs variett^s dc quartz (silcx pyro-
maqne et resiiiile, et des passages de cette substance a une lave
d'anipliigene et de pyroxene); la cliaux phosphatec en prismcs
lirxaedres ; la melilite en cubes serablablcs a ceux dc Capo-di-
Bove (ces deux dernieres substances ont ete trouvees dans un
courant sur les pentcs du mont Somraa , au-dcssus dc Pollena j;
Geologie. 127
la gehlenile semblable a celle de Fassa ; le fer oligiste, le fer
oxiduli^ octacdre; le fer antimonial et le vcrre d'antlmoine com-
bing avec un pen d'osmium.
Tous ces mineraux seront indiqnes dans un ouvrage sous
prcsse inlilu\e Prodromo dell' Orittognosia Fesuviana. On y de-
crira auss'i les substances suivantes du Vesuve: la gismondine
(abrazite ), la cbaux fluatee octaedre, la thomsonite , la breis-
lackile, la graminatlte, le fer carbure, la davine, la chrislia-
nite,la cotunnla , riiumboldtine, la cavolinite, etc. A. B.
96. ExAMEN DES FORMATIONS HOUILLERES DANS I.A MONARCHIE
AUTRICHIENNE, ET DE LEBR EMPLOI ; par FranCOis RlEPL,
prof, d'hist. naturelle a I'lnstitut polytechnique de Vienne.
[Annates [Jahrbiicher) de I'lnstitut Polytechnique imperial
et royal de Vienne ,yo\. i, p. i, 1820.)
Apres avoir montre rutilile des depots houiilers, et I'liifluence
que de parellles richesses minerales peuvent avoir sur le sort
d'un pays , le savant auteur vient a distinguer dans la monar-
chie autrichienne /( grands depots de combustibles. Le i*''^. oc-
cupe une grande partie de la Bobeme et une petite partie de la
Moravie; le second forme les bouilleres de la Gallicie; le troi-
sienie se trouve en I re les Carpathes, les forets de la Boheme etles
Alpes. Les amas de combustible des vallees alpines de la Styrie
et de la Carinthie n'en sont qu'un appendice delache. Enfin
le quatrienie se trouve sur la pente sud des Alpes , dans les pro-
vinces italiennes. L'auteur entre ensuite dans de si grands de-
tails sur chacune de ces divisions, qu'une analyse complete en
devient impossible. II decrit d'abord le depot bohemien , il
donne ses limites et les localites d'affleuremens de roches bouil-
leres, et il indique les rocbes intermediaires et primitives qui
Tenvironnent , et le quadersandstein et la raarne ( craie chloritee
et niarncnse) qui le recouvrent. Les combustibles de Boheme
comprennent des bouilles et des lignites. Les veritables bouil-
leres reposent dans I'ouest de la Boheme sur des schistes argi-
leux et siliceux, et des grauwackes; les roches qui s'y remar-
quent sont les gres, les argiles schisteuses, souvent a rayons
ovoides et a impressions de plantes, et la houilie. L'auteur
donne les coupes des alternats de ces roches, et beaucoup
de details siir les differens bassins houiilers, sur leur liaison ct
ieiir etendne , sur la puissance respective des couches de houille ,
1 28 Ge'ologie.
siir !es failles, les fjlissemens et abaisscmens des couchps, et sur
la quantite de liouille exploitee et sur son emploi. II est assez par-
ticulier que le grc s rouge qui regne stir le pied dii Riescnj»e-
birge ne prrscnte pas de couche puissante de houille. Le depot
de lignite occupe la partie nord de la Boheine, et est snrtout
forme par des argiles et des sables alternant qiielquefois avec
des roches du doinaine dii basalte. L'auteur entre ensulte dans
les memes details que pour les lioullles; il donne une table de
la quantite de combustible employee en Boheme en i8i7et 1818,
et terinine par les usages qu'on en fait dans ce pays.
Les houilicres de Moravie ne sont pas si abondantes en houille;
on I'exploile surtout a llossitz et Blawon, on le fond du bassin
est du gneiss; l'auteur donne des details sur I'exploitation et sur
la quantite exploitee, et indiqne des lignites dans le sud de la
Moravie. Dans rAutriche, l'auteur range parmt les gres liouil-
lers, les montagnes qui s'ctendent de Vienne vers la chaine cal-
caire des Alpes; il decrit les depots de houille fort interessans
tie Thomasberg et de Meversdorf, qui sont acconipagnes de
gres argilnix , calcaire ou quartzeux, d'argile scliisteuse et de
marne schisteuse, et qui presentent des impressions de plantes
et des coqnlllages marins calcines. II poursuit une ligne de houille
sur le pied des calcaires des Alpes; il parle assez longuement
des lignites de St. -Pollen, de Thalern, d'Obrltzberg et d'Oe-
deid)urg; i! passe ensuite aux lignites abondans de la haute
Autriclie (Wolfsegg, 'Wildshul el Windischub), et entre dans
des details sur I'exploitation et Texportalion. Dans les Alpes il
decrit de la houille dans la vallee de I'Enns et dans celle de
rinn; il entre dans d'interessans details sur Haring, qui offre
un depot de houille piciforme, accompagne de calcaire fetide et
de beaucoup de fossiles, tant du regne vegetal que du regne
animal , et qui repose sur le calcaire alpin. Dans la vallee de la
Muhr il y a de grands depots de combustible, surtout pres de
Judenburg ct de Leoljen; ils paraissent lies a ceux de la vallee
de Biarz. Les montagnes primitives ou intermiidiaires environ-
nent ces lignites qui gisent au milieu de gres, d'argilcs ct ile
marnes calcaires coquillieres. II y a eu des inflammations spon-
tanees. L'auteur examine leur emploi et le debouche que leur
olfrc Gratz. Le fond primitif de la vallee de Marz est aussi con-
vert des inemrs roches. Dans le cercle de Gratz et de IMarbonrg
en Styrie, les lignites sont abondamment dislribues dans cii
Ge'ologie. 1 29
grand terrain tt'riiaire, qui remplit le fond dc celte gramle
Aalliie formee par des monJagnos de inicaschiste, de scliislo iii-
teriiit'diaire on de calcaire ancieu. L'auteiir, nalif de Gralz ,
«'nlre dans beauconp dc details sur les diff'erenles localilos de
lignites et des loches propres a faire I'alun. Dans la Carintliie, les
vallees des scliisles antiens et des calcaires renl'crinent encore
(les lignites sur la rive nord de la Drave, qui coule j)cndanl.
long-tcinps sur la liinite des calcaires intermediaires et des ro-
ches stliisteuscs piinillives. La geologic de cette contrce est
singulieremenl conipliquee par rallernalion de gres rouge et '.[c
j)orpliyrc, et par la superposition du calcaire sur I'une de ces
tlcHx roclies , de iiianiere qu'on peut facilem^nt conl'ondre des
gres fort ancicnS avcc des gres a lignites, ties deruiers exisi<-nl.
a Saldenhofen, a Hohcnniaullien , a Dranbnrg, a Eis, a Mies ,
ii (jcniund, dans la vallee dc Lavan , a Sunberg,a .St. -Veil , a
Herinagor, etc., etc. L'autcur examine cnsuite les localites de
lignites dans le cercle dc Cdly en Styrle , et niontre que cc ter-
rain s'etend au sud dans la Cat'niole et les provinces illyrieniies.
Dans I'lslrie et la Dalniatie il y a aussi des couches de com-
bustibles, dont il cite beauconp de localites; daiis le royaume
lombardo - venitien il en enumere encore un bon nombre,
el il jjasse enfin au Tyrol meridional. A Volss pres de Clausen ,
des gres rouges a lits menus de liouille y sont places en Ire le
j)orpliyre el le calcaire inlermediaire, et les couclics houillerrs
renfernicnt des pelits filons de cuivre pyriteux , de plomb snlfure
el (le pyrite. li y a encore des indices de houille jires d'lnnes-
lein, Weissenstein , Rilter, etc., etc. L'autcur jiresentc u:ie t.i-
ble des produils de toutes les mines de combustible, jiondant les
iinnees 1817 et 1818; en 1817 on en a emj)!oye 8>.i,/(09 quin-
taux , et en 1818, 650,407; mais I'auteur croit qu'il y a des
taules dans les donnees qui conduisent a ce resultal, el il pense
que, -sans compter la ]5oheine, la Hongrie et la Gallicie, on ex-
ploile environ une quanlite moyenne annuelle d'un million de
quinlaux de combTislible dans ie reste de la monarcbie autri-
tliienne. Enfin il s'elToree de montrer la grande ulilile de ces
exj)loitations pour le succes des usines et des fonderics, et pour
le bonlieui' de lout un pays comme la Slyrie. On iie saiu-ait trop
recommandcr aux geologues un memoiie si detaille et si neni'
qui est le jiroduil lies voyages de ce /.ele nalur.tliste , el des m\-
eieu\ leiiseigiienieiis qui sont rcslei. niall.eiiroir^rnjrnl Iro!) lo;;'-
li. TOMK II. J
1 5o Geologic.
leiiips eiirouis iliiiis les t-aitoiis ilu roiiseil dcs mines de la mo-
naicliie autrlcliiciinc. lloimeur i\ riioniiiif qui va cnfiii faire
coniiaitie les ilcliessos iniiicrales de ce bel empire, et avancer sa
]nosi)ente ; ct lionneur au gouvcrneiiicnt eclaire qui protege de
pareilles cntreprises ! A. B.
97. Sua I.\ SECONDE SKIUK DES FORMATIONS SCANIJIN AV ES ; pal'
M. Reilhau. {Isis, call. 3 , p. 3i 1, 1824.)
Depuls long-temps Ton est tombe d'accord que le gneiss do-
mine en Scandinavie , ct qu'il est suivi de mlcaschiste el de
sclilslc argileux ; mais Ton varie beaucoup sur les roches qut
doivent suivre ces dernlers depots. 1,'auteur rejettc la distinction
d'une nouvelle formation plus reccnte de granite, de gneiss , et de
micascliiste , et n'adople ])as l.i difference que M. de Buch a elablle
enlrele gneiss de la terre-ferine et celui dcsiiesoccidentales. II fait
\oir tres-judicieiisemcnl qu'on ne pent gucre altribuer a des mou-
vcmensde bascule la verticalite des couches sur unegrande elen-
due, et que celte position empeche de distinguer differens ages
dans ces roches ainsi juxtaposees. Le gneiss est dominant parcc
que sa masse est la plus puissanle; mais on ne pent pas prouver en
iVorwe<Te qu'il soit place sous toutes les nulres roches. II est plus
facile de montrer que le schisle argileux est plus recent, quoiquil
soit recouvcrt quelquefois de micascliiste. Neanmoins, le gneiss
'lourrait encore se former dans les liautcs regions , tandis (pie
le schiste se depose dans les endroits bas. La formation qui forme
la seconde serie des depots scandinaves est composee d'une
"rauvvackeparticulierc, de veincs puissantesde quartz etdepor-
idivre , de concretions cristallines diverses de feldspath et d'am-
idiiboIes.Le manque totalde petrifications, ctla naluredeses grall-
■wackes,distingucllt seuls cettescriedecellesoulesgreset lescalcaL
res a orthoceratilessont assises auxschistes, aux porphyrcset au\
syenites. Lagrauwacke accompagnee de depots puissans scliisteiix
(St si inlimcment litie aux roches primitives du schiste argileux
el du micascliiste, qu'clle leur parait souvent subordonn(!'e, on
meme les reniplace. L'autenr prouve celte assertion ])ar la des-
cription dcs montagncs pen connues du Teliemark supc/ricur ;
la plus grande de ce district e .t compos<'e dc gneiss duiit est for-
na-e laparlie sud de la paioi-se de Sillejords. Vis-a-vis do Lief-
ield , sur le ( oti; oucsl de SillljordNand , Ic gneiss allcrne avcc dc
I'amphiboHte el du micaschiite , et ce dernier dcjiniiic bicnlijl.
Geolo^ie. 1 5 ^
L'auteur y decrit uiie quiiiititt- de bancs do (ju.ii I/, ct d'uti mi-
<':iscliiste nodulaire on a amimdcs de qnailz , et il dit mie ces
roclies condiiisent insensiblcmciit a dos m.issus itiicuoes a ba -
i<;ncttes ou ellipsoides de quarlz , et aussi dcs rocbcs coiiipohcr-
(b> rognons de quariz meles de quelque pcu de mica, et cm -
pates dans unc base siliceusc; cost la la grauwacke prirnilivc
de RI. Keiliiau. Lcsrocbes de quartz dominent au-iiessus de iV-'ilsr
deSilicjords, et a rextremite de sud de Fladdalvaiid. Le jm.ni
Skorvefjeld a 4000 pieds de ban! , et ne presenle aussi que lirs
assises de quariz nn pen ondnlccs. En remontant de FladlJial b-
Svarltliai(SorledaI),le quartz cstremplace par des aniplribolile,
scbistcnses , des rociies feldspatbiques et des scliislcs talqueux vi
argilenx. Sons le Quasijeld, on voit nn scliislcargilenx scmblabb'
a nn gres scliisteux. Le Skarsknatt est compose de coucbes d.'
quartz, auxquelles succedent les scliistes argileux arenaces et
Ics scbistes riovacuiairos dn val d'Aamotdstbal. Une diabase par-
rait les reconvrir en stratification non concordantc an Rinde-
nutcn. Au nord de cette monfagne, le quartz rougeaire est nie-
le de ieldspatb. Autonr dn IMaanoset il y a des ampbibolilos
scliisteuses et des scbistes talqnenx a bts arenaces, et a rocbes
lalco-quartzeuses. Presdela cascade de Kykanfoss, dans la vallee
an nord d<; Maanelv , ces rocbes ont I'apparence de poudin-ues.
An Rykan, sur le Maristige, etc., Ton en tronve qni ont^nne
i)asc lalqueuse ou de diabase, el qui rcnb>rmejit des masses
<le quartz plus ou moins grandes, de scbisle ..rgilenx , de jui-
cascliiste et de rocbes serpenlineuses.
Esmark rapporte toutes ces rocbes au terram intermetiiaire ;
notre auteur, au contraire, les be a ses scbistes argiienx primi-
lifs. La base du mont Gousiatind offre des conclies inclinant
eoiilre la montagnc, et presentc la succession de bas en bant
des coucbes suivanles : une espece de pori-byre quartzifere et a
Ur ondnle, scbiste micace, scliiste mieace nodulaire, porpbyre
quartzifere , scbiste nodulaire a feldspatb , scbiste s'elevant jns-
^na la bauteur de -2,8003 iooo pieds, cnfin griinstein a pyrite et
mica. La jjlusgrande partie dn baut de la montagnc est couvcrte
de debris, sous lesqnels on voit ressortir Ic griinstein ou le por-
l)liyre. Cette cime atteint 5ooo pieds, et parait eonq>osee vers sa
panic snpericnre d'nne roclie quartzense semblable a ecllcs de..
Mosaiiies. L'Ejefjeld, dans le Nummedal , est compose aussi de
(]uarlz el <Je grmistein ; la cime des roclics dn Tc![e!:iark sc to
i^ii Geologic.
inincialt done ii Gooo piods <lc h;iuteur par du cjuartz. L'autcur
1 evient de iiouveau sur son idee , que ces roclies nodulaires el a
ajip.Tionces de poiidingnes ne sont pas des agregals, et il cite a
r.ippui le lait, que des crislaux de scliorls traversent la base tal-
qiieu.se el Jes morceaux de serpentine (ju'elle contient. Dans le
Bergcnstift s'elevc, des baics profondcs, Tin massif de montagnes
elevees(3 a 4o<>o pieds), qui s'abaissL-nt vers le milieu du dis-
trict , et qui sont sillonnees de valiees cour'aut au uord. La sur-
face deployee de ce groupe occuperait plusieurs centaines de
miiles Carres. On y voit du gneiss, de I'amphibolite, du mica -
schiste, des llts de pierre ollaire, du calcaire grenu, du schiste
argileux ; et la crete du massif est occupce par une autre classe de
roches. Enlre Gulbrand.sdale , Valders et Sogn , il y a un groupe
de montagnes qui s'elevent de Icur base a 3ooo pieds, et qui
sont Ics plus Lautes de la Scandinavie. Le fond de Sognef'jord ,
de Lyster et Leerdal, le pays a Test de Vang, dans leValders,et
Lomm dans le Gulbrandsdale , limitent ccs montagnes.
Les mines les plus clevees sont le Horungtinde a I'ouost, le
Galdebergknause, Torfindtende , Mugnafjeld, Synshorn ct Bi-
tihorn a Test. En allant a Valders depuis I'Ostland , on observe
des masses siliceuses qui sont en partiesur le gneiss ou le schiste
argileux des vallees et sur les hauteurs. A i 5oo pieds au-dessus de
la vallee, le gneiss est recouveit par une roche quartzcusc grise
ou bleuatre a druses. Celte roche constitue le Langcbergs-
Varde. A deux lieucs dc la , au S.-O., a ?v'yst61fjeld, dans le Hal-
lingdale, ces roches prennent le caractere arenace; mais le gres
de la cime de Nystolljeld paiait reposcr sur la tranche de leurs
couches. Celte dcrniore roche se montre aussi sur le Gronsend-
knippen et y passe a une belle grauvacke schisteuse, qui est en
stratification non concordantc sur un schiste argileux a masses
ellipsoidcs de quartz. La masse siliceiise du Langeberg est une
cnnlinuation de ce gres. Le schiste ancien devient siliceux dans
les pentcs elevees comme sur le Filefjeld, ct il passe au quartz
schisteux dans le Ts'ystufjeld ct a I'entree du Koldethal; en un
mot il y a la une formation analogue a celle du Tellemark ; mais
iti la "rauwackc, le gres ct les masses siliceuses du V;ddcrs se
distinguenl decellcs du Tellemark par Icurgisement en stratifica-
tion non concordante sur le schiste anclcn ; neanmoins ces depots
sont lies par la formation siliccuse du A inslervand. Lc gres de
Gronscndknippcn est recouvtrt par une esj>ecc de roche sein-
Liable an gneiss ou au granite (jui rcnieniiu un banc tie diabase
a epidotc et tcr magiietique. A. un deiiii-niille au sud- oiiesl de
Gronsendknlppcn , il y a le Skogsiiorn dans le Halliiigdale ; c'csi;
un gioupe de 65oo pieds d'elevation au-dessus de la mer, on
35oo pieds sur sa base; le schisle argileux domine a son pied , il
devient quarlzeux plus haut ; pnis Ton tfouve un gres seniblab'e
a celui de Nystolfjeld, et la cime n'of'fre qu'un melange pur tt
compacte de f'eldspath , de quartz, d'auipliibole et de mica. Les
deux dernieres substances y forment des zones plus foncces que
la base. A 4 ou 5 milles au N. s'eleve le Bitihorn , qui pnisente de
meme un schiste argileux a noyaux de fcldspath et reconvert
par uiie diabase a epidole (|ui forme aussi leSiiultiiid sur le Filef-
jeid. Eiitre le Suultind et le Nysluen et pres d'Elton il y a une
roche granitoide placec de meme. Entre Slidre et AVaage les
bords du Bygdiselv presentent un gros gris-verdatre a crislaux
d'amphibole et a noyaux t'eldspalliiques. Vers la cime ces der-
nieres substances deviennent plus frequeiiles, et enfin Ton nc
Irouve plus qu'une diabase rendue quelque pen scliisteuse par
I'arrangement des cristaux dampliibole. Cette roclie forme le
colosse au nord du lacBygdin et tout le Mugnafjeld, qui a Gooo
pieds de haul. En general, ce depot syiinitique forme tous les
pics nus et noyaux qui s'etendent pendant 5 a 6 milles a I'ouest
de Mugnafjeld ainsi que les hautes aiguilles de Skagaslol. Cette
roche syenitique varie beaiicoup : souvcnt c'est une diabase, d'au-
tres fois c'est une belle syenite-rouge comme a I'extremite N.-O.
du Bygdin. On trouve une amphibolile scliisteuse comme dans
ic Koldethal pres des glaciers superieurs de cette vallee; ellc ren-
ferrae des bancs d'une diabase coniposee presque uniquement de
gros cristaux d'amphibole. L'auteur montte ensuile ((u'il faut
lier ces roches a un gneiss superieur du Gronsendknippen et
au granite duFilefjeld, et que ce depot syenitique ou granitoide
est place sur un gres et qu'il lui est lie par les roches interme-
diaires entre la diabase et la grauwacke primitive <lu Skogshorn.
Nous ajouterons que cette descri[)tion ne laisse aucun doute sur
ridentite des terrains anciens de I'Ecosse et de la Norwege: mes
roches talcoquartzeuses et mes syenites y joucnt cgalemeut le
meme role. A. B.
y8. Obskrvations relatives v i/AHAissEMtNT rui.stiMii nu m-
YKAU i)E LA MKR BALTiQiiR j par i\. BRUNtKo^A; suiviis dc re-
i5i (je.)/o^ie.
)i);ir(|.iiCN siir Kmiu'iik' si'.i''' '■> ]'■"' ('• 1^ lI.uLi.STnoM. [Konf;l. vc-
(rnskajis Atddcuiic/is UdiulUngdr , fair aar t823. Stocl.h.
t82/| , part. I , p. 21. )
II y a lonf,'-lem])s (|iit; le phcrioincne ile la diininiilioit <Ie
i'»\iu, on pour inieux dire de rabnisscincnt du nivi-au de la rner
dans h\ linllique, a fixe I'atlention dessavans suedois, dont les mis
loiit adiiiis, fandis que lew autrcsle niaient. Les derniers avaient
pour cux la difficiilte d'adiiietlre qu'une uicr interieure a la ve-
rite, inais qui communique j)ai- trois ouverlures avec I'Oceaii ,
puisse avoir un autre niveau <|ue celiii de I'Ocean lui-meine ;
mais les autres ont rcpondu par des fails, c'esl-a -dire jiar la
comparaison du niveau aciuel de cette nier avec celui qu'elie a
du avoir a des epoques jjlus on moins eloignees , a en juger par
lessignes imprimessoit par la nature, soit par la main deshommes
sur les rochers qui sortent du milieu des eaux. Une diose non
moins singuliere que le phenomene lui-meme, c'est que I'abais-
.sement du niveau semble ne pas suivre la meme loi dans toutes
les parlies de laBaltique. Considerabledans le golf'c de Bothnie,
ou on revalue a 4 pieds par siecle, il va en diminuant a mesure
qu'on se dirige plus au sud. II parait se borner a i pieds par
siecle, du cole de Calmar ; et Ton est fonde a penser qu'il se
reduit a rien dans la partie meridionale de cette nier, et que, s'il
a lieu dans sa partie orientale, du moins il y est pen sensible. En
aduiettant le phenomene tel tpie nous I'exposons ici et qu'il pa-
lait elre adrais aujourd'hui i)ar la majorite des savans stjedois, il
reste bien des clioses importantes a determiner, i°. Quelle est la
quantite totale de I'abaissemenl du niveau de la Baltique sur un
j>oint doiine et dans un espace de temps egalement donne ? II
rcgnc encore beaucoiip d'lneertitudes a cetegard et des anoma-
lies qui , sur des points Ires-rapproclies lesuns des autres, sont
dans le rapport de un a quatre et mtime de un a douze. 2". Get
abaissement a-t-il lieu d'une maniere uniforrae ? Ses variations, s'il
y en a, sont-ellesregulieresouirregulieres, el subordonneesa des
causes appreciables, tellcsqueserait , par exeraple, I'etat de I'at-
luospliere? 3". La diminution qu'on y a remarqixee en allanl
du jioid au Slid , et ([ui fniit par le rendrc nul , csl-clle propor-
liouBce anx lallludes ou subordonnce a d'autrcs lois ? Tel doit
Vlre I'objct des reclierches ulterietircs des observalem's, car ce sc-
i:ait pcu d'avoir mis liors dc doule I'abaisscment (juelconque de
la mer Haliique si Ton negligeait de reclierelier les lois qui Ic
Geohgie. 1 55
regissent, seal moyen cVairiver a en pi^nelrei- Ics causes. Mais
celte laclie est difiicile a remplir. II iic suffit pas, en effet, de le-
nircoinplede I'action des cliangemens locaux qui ont pu influcr
siir quelqnes points sans affecler la totalite du bassin de celle
nier et de clioisir a cet cffet. pour placer ses poinis de repairc, les
rochers les plus isoles, les plus eloignes des cotes, et situes dans
Ics eaux les plus profondes; il fandralt encore s'assurer que les ob-
servations comparatives ont ele faites lorsque la mer etail dans
un etat parfaitement seniblable. En effet, la Ballique, sans avoir
de flux et de reflux, est sujette a un balanceinent qui depend de
la direction el de la force des vents. El'le s'cieve lorsque des vents
forces et long-lenqis prolongcs du nord-ouest y refoulent Ics
eaux de la mer du nord par le Ciiltcgat, le Siincl et les Belts. Ellc
s'abaisse au coiitraire par suite des vents qui. chassent ses eaux
vers ces niemes dctroits. La difference du niveau, dans les cas ex-
tremes, pent allcrjusqu'a plusieurs pieds. On sent que si, par
liypothese , une ligne devant servir de repaire avait ete tracee
lorsque la Ballique ctait a sa plus grande elevation et qu'ou
vint a mesurer son niveau au mcmcpoint lorsque cette mer srrait
au plus has, elle pourrait sembler abaissee bien au dela de ce
qu'on cut trouve, si les deux observations correspondaiites cussent
cle faitcs lorsque le niveau etait a sa hauteur moycnne. C'cst done
cette liauteur moycnne qu'il Imporle de constaler dans I'un ct
I'autre cas; ce qui, sans doute, offre de grandes difficulles , niais
ce qui est cependant une condition indispensable pour que les
rcsultats des observations soicnt irreprocliables. Telle est en sub
stance I'opinion que M. H.tllstroin developpe dans son memoire.
II est a regrelter que les precautions dont il parle, n'aientpas ete
prises en consideration par M. Bruncrona , jiuisqu'elles auiaient
rendu plus utiles les observations qu'il a fait faire sur une tren-
taine de points, en 1820, par les pilotes sous ses ordres, et la peine
qu'il a j)risc de faire graver des lignes sur divers rochers pour
marquer le niveau de la mer, et servir de rejmirc aux observa-
teurs futurs.
M. Haellstrom passe rapidenient etavrc une sorle dedcdainsur
une idee recue parmi Ics habilans des ilols de la cole de Botlinie ,
et qui, ])our etrc celle de ccshomnies simples el pcut-etre niauvais
observatcurs , n'a pas ele enticrement rejetee ])ar quekjues sa-
vans; c'cst que le niveau de la surface de la mer nc s'abaisse
^)as, raais que celui du terrain s'eleve peu a pen , au moins dans le
r>'» Geologic.
jiomI do la -Siit'-do. I/.mlilir jrttc du ridicule siir cette opinion qx\
dis;iiit '[lie, ])uis(|ue ci I ci'fct ne se reiii;irfjuo pus sur les cotes dcs
ilcs de Gotcland ct d'Oland qui sont c.dcaiies ou arenacccs ,
iii;iis sculemeiit sur cellcs du golfo de UoMiiiie qui sont de gneiss
abondaiit en fcldspath, il faut supposer dans cetle deniiere rochc
une aptitude a s'elever que les autres esj>eces de roches ne par-
tagent pas. CVst aux partisans du soulevemenl du terrain a voir
si cette objection lenr parait suffisante pour les faire changer
d'opinion. C. W.
yc). Sun LA STRUCTURE GEOi.uGiyiiK HE St.-Iago, une des iles du
Cap-Yert ; par le major CoLtr.RooKE. Lu a la Societe geolog. ,
•ijanv. l'6^!^. [Ann. dc P lidos, de Philips, avr. 1824, p. 3io.)
Pres de la vllle de Poito-Praya , dans I'ile de St.-Iago , les ro-
chers presentent des breches trappeennes a ciment calcaire, et a
iragmensnon arrondis. Les batteries et la villa dePrayasontsituees
sur des couches d'un gres calcaire alternant a vec d'auti-es qui ren-
lerment de grandes h'.iitres. Des cailloux de trapp existent dans
tous cei gres. Une couchede trapp, de G a 11 pieds d'epaisseur,
touronne la falaise. A. H.
100. EXTRAIT b'uNK LETTRF. DE MM. KuHL ET Vanhasselt a
M. Van Ewyk., secret, du ministre de I'instruction publique
du royaume des Pays-Bas. Cap de Konne-Espeiance, 24 dec.
1820. {Allg. Kqnst. en Letterbode , 1822 , n''\ 6 et suiv.)
Le 28 juillet, nous arrivames a Madere. Le pic le plus eleve
Cbt le pic liuivo; il a 5,3oo pieds d'elevation au-dessus de la nier,
et est entiercnient basaltique , comme toute I'ile; mais, quoi
qu'en disent les habitans, nous n'avons pu trouver ni crateres
ni laves. Nous avons esquisse ou fait dessiner les iles descries,
Porto-Sanio , et diverses cotes de Madere, telles qu'elles se pre-
sentent vucs dc la mer. Les rochers de Porto-Santo ressemblcnt ,
a s'y meprendre, au porphyre trappeen des sept montag^nes, pres
de Bonn. Nous avons recueilli des echanliilons de roches des
dilTerens points de I'ile.
Ouant u la constitution gcologiquc des environs du Cap,
nous devious croire, d'apres les donnees les plus recentes de
ir.Vubu,isson , etc., que la uiontagne de la Table se conq)osait
enliereinenl dc granite; niais il n'en est point ainsi. Le pied seul
de cette niontagno est dun granite trcs-gros, qui se nionlre a nu
sur toulc !a cote depuis la baie au Bois jusqu'a la tele du Lion ;
Hiitoirc naturelle geiierale. 1 3^
Au comraire, toute la partie superie.u-c jusqu'au soinmet est
dune Ibnnalion beaucoup plus moilerne. C'est un i^'ies tres-coiii-
pacte; inais entrele granite et le grcs est interpose, a la pente an-
•eiie.iie de ia montagne, un scliistc: argileux , u.ais Ires-ancien ,
Jequel est traverse par des filons de granite.
A la Te'te du Lion le granite monte tres-haut ; mais a la Queue
du Lion il ne se montre pas a jour, et on n'y voit que le schiste
argileux , qui descend jusqu a la mer. En quelques endroits le
gres est fortement impregne de fer, et a la bale de la Table on en
frouve des blocs enorines. Nous avons une suite de toutes les
roclies dont ces uiontagnes se coniposent. Au resle, toutes les
bauteurs voisines de la baie aux Boif: et de la haic de la Table,
ont la u.eme constitution geologique, et, a en juger d'apres la
forme des nionlagues , celle des Hottentuts-EoUand n'en differe
1^"'- BOIE.
loi. Aerolithes. {Philos. Magaz. de TMoch, mars 1824, p. 233.)
II est tombe, les premiers jours de mars de cette annee, plu-
sieurs aerolitbes pres d'Ovenazo , dans la legation de Bologne.
Le plus grand pese 12 livres, et est au Musee de Bologne. Des
coups de lonnerre tres-violens, et du vent, out accompagne
cette chute.
HJSTOIRE NATUKELLE GENF.RALE.
102. Archiv riiR DIE GESAMMTE Naturlehre. Arcbivcs des
sc^iences naturelles; par Charles- Guill.- Gottlieb Kastner ,
D^ de philos. et medic, et prof, de physique et de chimie'
a Erlangen. Chez Joh. Leonh. Schrag, a Nuremberg.
Ce nouvel ouvrage periodique de cette annee est consacro i la
physique, a la chimie el a la physiologic. II en parait un cahier
de 8 Ipudles ,n-8. tous les mois. Chaque numero contient .les
niemoires cnginaux; des traductions et des extraits dejournaux
olrangers; des analyses d'ouvrages importans; et une feuille con-
sacree a la corresj.ondance, a des notices scientifiques et jitle-
raires, des annonccs d'honneurs rendus a des savans , enfin a la
nccroiogie.
Quatre numeros forment un volume : on v accuse recei)tion
thsmemoire.envoyes, et une table .ics matitrcs f ermine le der-
nier volume de rannee, cl tousles ■, ;,ns on do.incra une revue
des priu.ip;,!,.s .iecouvcrlcs faite.s pendant eel cspacc ,le temp's.
1 58 Hislolre Tiaturelle. gc'neralc.
Les s;ivans pciivent y faire nnnonccr feurs oiivrages. Le rccLicleur
payera ii flor. pour chaque fciiillc d'imjiression d'lin metr.oirt*
original, et 5 fl. 33 kr. pour clia(iiie reiiille ile traduction. I.ps
])ayemensso fcrout tous les 6 mois. L'abonnement annuel coute ,
pour TAllemagne , 8 thalers.
io3. Zkitschhift fur Physiolocie. Untersuchungcn liber die
Natur dcr Tliiere nnd rflanzcn. Reclicrclies sur !a nature des
animanx et desplantes; ouvrage periodkpie , public conjoiii-
teinent avec plusieurs savans, par Fr. Tikdemann, C Pi. TaK-
viRANus et L. C. Treviranus (Annonce).
Plusieurs jiliysiologlsies et medeclns ont le projet de deposer,
dans ee nouveau recuell , le resultat des experiences et rcclier-
dics qTi'ils auront faites dans les sciences de I'anatomie et de la
l)liysiologie. L'ouvrage nc contiendra que des articles originaux.
11 en paraitra, a compter de la foire de Piques 182/i, un cah. de
12 feuilles tous les A raols, a Heidelberg, chez A. Osswald. ( Le
prospectus que nous avons reru n'indique pas les prix. ) L'un dos
redacteurs, Fr. Tiedeinann, a public , en 1822, un ouvrage grand
infol. intitule, Tahulce rienorum uteri , avec 2 planches gravees,
et 2 aulres lithographiecs par le prof. Roux. Prix, 5o fr.
104. Voyages des naturalistes kavarois.
II a deja paru jusqu'a present du voyage de Spix et Mar-
tius au Brcsil, les singes, les chauves-souris, 43 especes de ser-
pens, et les nouveaux genres de palniiers, qui seront inccs-
samment suivis des planches representant plus de 18 tortues et
54 grenouilles, le tout enlumlne. On attend aussi le 1'"'. vol. des
oiseaux, qui contiendra 100 figures, la plupart representant le
male et la femelle. 3o pi. comprennent les h-znrds, avec 4 nou-
veaux crocodiles, 5 iguanes; et jihisieurs bipedes. (Z.v/.v, n . 2,
Beylagc, z. J. n". 5. ) — Cet ouvrage etant inconnu a Paris, et
n'ayant point etc adrcsse au Bidletiii , nous regreltons de ne
pouyoir le faire connaiire ii nos Icclcurs d'unc nianicre detail-
lec, et livraison par livraison. R-
Mincialogie. 1 3c).
MlNEUALOGiF..
JOJ. NdUVKAUX KLK:\IF.NS UE MIKiKALOGIE , OU RIaNLIKL DU mi-
ner ^I.OGISTE voyageur; par M. Brard. t.*'. edit. rev. et cons,
.lusiii., I vol. in -8". de 686 p.; Paris; Mequignoii-Marvis.
La premiere edition de eel cuvrage a paru pen aprcs le Traite
de inineralogie d'llaiiy. La seconde edition, que nous annoncons
aiijourd'liiii , suit egalement de pres celle du grand et bel ouvrage
dontelle n'est, dit M. Brard dans son introduction, qu'un simple
ct fidele abrege. Le but de I'auteur a ete de presenter la scien-
ce a I'eleve et au voyageur, sous un point de vue tout -a -fait
eleinentaire. II a suivi la nietliode d'Haiiy sans aucune modifi-
cation , pour que son Manuel puisse servir d'introduction a I'ti-
tudedu 7rrt'/>(i''. II a cru seulenient devoir commenccr la description
<!e cliaque espece minerale , par ce qu'il norarae son signnlement,
c est-a-dirc par le clioix d'un ou plusieurs caracleres pris parmi
ceux qui conviennent a loutes ses varietcs, crislallisees ou amor-
phes, pures ou melangees, et propres a donner plus facilement
la connaissance pratique des min^raux. Ainsi, le signalement de
la cliaux carbonatee est : reductible en chaux vive par calcina-
tion ; dissoluble dans Vacide nitrique avcc effervescence ; rayee
par line pointe de fer. Celui du corindon est : rayant tous les
I orps , excepte le diainant, etc. Pour quelques especes , cepen-
(lant, Tauteur ne donne pas de signalement, pensant qu'il faut
tout I'enscmble des caracteres pour les reconnaitre. Tcile est la
slaurotide.
A la suite de quaire classes qui comprennent les ev])eces
naneralcs , un appendlce renferme , connne dans le Traite
d'Hauy, la description ou I'indication de 22 substances, dont
la nature n'est point assez connue pour permettre de leur assi-
gner des j)laces dans la methode.
On trouve ensuite, dans I'ouvrage de M. Brard, la distribu-
tion mineralogique des roches suivant la metliode d'Hauy, avec
la synonymic wernericnne pour cliaque rocbe ; puis la distribu-
tion des roches suivant la metliode de M. Brongniart ; puis quel-
ques idees sur I'arl de se composer une collcclion tie miucraux .
des conscils sur la manierc de diriger utilenienl des v(yyagcs
niincialogi(|ues ct gcoguostiqucs; quelques cxcmplcs d'ltineiai-
\/^o Mlneialoi^ie.
res minonilof^iques ilaiis plusienrs conlices ile I'intericur de la
Krance et de ses frontieres; enfin, une tvrniinologie par ordie
alphabelique , on explication des termes et des acceptions pen
usitees dont on se sert dans le cours de la description des
mineraux.
106. SUR UTfE RELATION REMARQUABLE QUI EXISTE ENTRE LA
rORME CRISTALLINE , LE POIUS DE l'aTOME , ET LA PESAPiTtUR
SPECIFIQUE 1)E PLUSIEURS SUBSTANCES; par M. A. F. KuPF ER ,
profess, a I'universite de Casan , en Russie. [Annalcs de Clu-
rnie et de Physique^ torn. aS, pag. 337.)
En calculant les volumes des formes priniilives de dilferciis
cristaux, M. Rupfer a Irouve un rapport tres-simple qui exisli'
entre les volumes , les pesanteurs specifiques el les poids des
atonies ; on peut exprimer ce rapport par i'equation :
-^ = '—: OU5'= '- X -7
J J J P
<lans laquelle p el j/ designcnt les poids des atonies de dilferen-
tes substances , s et s' leurs pesanteurs speciiiqucs , j et 7' 1( s
volumes de leurs formes primitives, Ic deml axe etant suppose
egal a I'unite.
Toutefois ce rapport n'existe que pour une des valeurs que
peuvent avoir les poids de I'atome et le volume de la forme pri-
mitive d'une substance quelconque, ou , si Ton prenait d'autres
valeurs, qu'autant qu'on les mullipUerait ou qu'on les diviscrait
par I'un des nombres suivans, % , i , li , 6 ouS qui sont tres-
petits, et qui expriment les rapports de ces meraes valeurs les
unes avec les autres.
Pour voir si celte loi etait la meinc pour toutes les substances
cristallisees, M. Kupfer a cnlrepns de mesurer de nouveau avec
une grande exactitude les angles de plusieurs cristaux dont il
])ouvait snpposer la composition chimique et. la pesanteur speci-
liqne suflisaniment connues. II s'est servi , a cet effet, d un go-
nioni^lre a reflexion, de M. AVollaslon, dispose d'une maniere
convenablc, et auquel il a adaptc une lunette. II .i multiplie les
observations et soumis les resultats a un calcul fonde sur la llico-
ric des probabiiiles titablie par M. de Laplace.
Ces experiences lui ontappris que ccux des angles des crislaux
qui theoriqueiiient devraieiit eire idenli({ucs , diliVrent cepen-
Mineralogie. i4'
Vhnnt toujburs un peu et quelquefois interne de plusienrs minutes.
II s'ensuit que la nature de I'objet ne permct p is inie exactitude
;iu dela des minutes.
Pour mettre sous les ycux les resullats que j'ai tires de ces
observations, et pour prouver I'existence de la loi precitee , il a
dis{)ose en quatre tables les sidislances dont les angles sont suf-
fisammcnt connus, suivanl le systeme de cristallisation auqucl
elles appartiennent; savoir le rliomboide , I'octaedre regulier,
roctaedre carre, et I'octaedre a base rhombe qui sont les quatre
formes auxquelles toutes les autres peuvent etre rapportees.
Les mineraux qui sont compris dans les tables de M. Kupfer
sont: la chaux carbonatee, le I'er oligiste , le quartz , la cliaux
pliosphatee, I'enieraude, le corindon, qui se rapjiortent au rhom-
boide; la baryle sulfatee , la topazc , Tarriigonite, la stronliane
siill'atee, le plomb sulfate , le jdomb carbonate , I'epidote , le pe-
ridot, la cymopliane, le spliene , le cuivre carbonate bleu, I'eu-
clase , le cuivre pyriteux , le feldspatli , la chaux sulfatce ,
la magnesie sulfatce , le zinc sulfate , la sonde carbonatee ,
la cliaux fluatec, la soude muriatee, qui se rapportent a I'oc-
taedre a base rliombe; le fer oxidule, le fcr sulfure, I'argent
sulfure, le zinc sulfure, I'alun , I'ampbigene, I'ammoniaque mu-
riatee, le cuivre, I'argent, qui se rapportent a I'octaedre regu-
lier; enfin Tetain oxide, la mcionite et I'idocrase, qui se rap-
portent a I'octaedre a base carree. P. B.
107. SUR IINE NOUVELLE ESPKCE DK DOUBLE REFRACTION joiutC a
une Structure remarquable dans I'Analcime; parD. Brewster.
( Edimh. I'hilos. Journ. , n°. XX , avril iSa'i, p. 255.)
L'analcime a ete range par les crlstallographes parmi les ml-
neraux qui ont le cube pour forme primitive , quoiqu'il n'offre
aucun clivage bien distinct. Mais I'existence des joints symetri-
ques a ete presumee par analogic, et Ton regarde gencralemeiit
l'analcime commc ne differant sous aucun rapport des autres
cristaux appartcnant au systeme regulier. M. Brewster avait dej;'i
rendu cette opinion douteuse , en montrant qu'a I'cpaisseur d'un
vingt-cinquleme de pouce ce mineral agissait fortemciit sur la
himiere polarisee, ce qui scmblail indiquer quelque singularite
dans sa structure ; de nouvellcs reclierclies viennent de lui de—
voilcr tout ce qu'elle a de remarquable. La forme la plus ordi-
naire do l'analcime est le trapezoedre , qui derive d'une trijdc
iqa MineiitbiL^ic.
Ironcalure sur cliacuii dcs huit angles solidcsdii cuIjo circonsorif.
iSi Ton coiicoit ce tube |)art;igt' parses (> plans liiagoiiaiix en i'\
telraedri's , Ics ineiiH-s plans diviseroiii le trapczoctlre en ?./( j)imi-
taedrcs seniblablos. En (aisant passer nn rayon polarise a tra-
vel's le Jiiineral dans une direclion pcrpcndiiulaire a Tunc des
faces du cube, on trouve que Ics 6 plans nicntionncs sent dcs
plans de non-refraclioii ct dc non-polarisation, c'est-a-dire ,
qu'Lls sont formes d'unc infinite d'axes de double refraction j)a-
rallele§ aux 4 axes du cube. Si Ton place I'nn de ccs dcrnicrs
tians le plan de polarisalion primitive, le pJionoinene ties Icinlcs
disi)arait ; si on riniline sur ce plan de4^"-> on observe une
croix noire, forniant la separation de quatre sectcurs luniincux
ct colores. Le caractere des teintes , deternii-ne a I'aide d'uiie
lame de gvpse, nioalre cpie raclion du crislal est negative rela-
liveraent aux qualre axes oblicjuts du Irapezoedre. Ce cristal
laisse apercevoir disllnttenient la double image d'un objet de
petites dimensions, quand le rayon incident passe a Iravcrs
deux des quatre plans adjacens a I'un des Irois axes rectangu-
laircs; I'image extraordinaire est la nioins refractee. Un fait im-
portant reconnu par M. Brewster est la singuliere distribution
des forces refractives , non-seulement dans le cristal consideri;
comme un tout, mais aussi dans cliacun des a'l penlaedres, pris
separenient. Dans tons Ics autres crislaux doiil on a ctudie Ics
:])roprietes-optiques, I'axe de tloubie refraction n'a point une po-
sition enliercnient fixe; assujetti senlemcnt a etre parallelc a une
ligne donnee dans la forme primitive, il reside dans cliaipie
fragment ct jr.sque dans les dernieres particules du mineral.
•Dans I'analcime, au contraire, les plans de non-polarisation ont
une position invariable, ct Ton pent extraire de rinterieur des
i)cntaedres , compris entre ces plans, des portions de crislal qui
n'aient aucun axe. Cetle structure de I'analcime n'a jjoint de raj)-
port avec celle des cristaux formes du groupement reguiicr de.
j)lusieurs prismes rhoniLoidaux , lels que le sulfate l)ij)yraiiiidal
de potasse, ni avec la structure bcaucoup plus compliquce de
Tapophyllite, dans lc([uel un cristal a un axe est uni symelri-
quement avec plusleurs cristaux a deux axes. L'.malcime est ,
comme ces mineraux, compose de plusieurs individus cristallins ;
mais chacun d'eux ])OSsede, au lieu des proprietes optitjues or-
ilinaires, une nouvelie espece de double relraclion, que M.
Brewster rcgarde comme un caractere mineralngiquc impoi t.;nt
nour la distinction du mineral. ^'- Divi-.
Miner (I log ie. 1 4 5
aoS. RiiPLiQUE Aux observations i)e M. Brooke sur la rela-
tion ENTRE LA STRUCTURE OPTIQUE IIES MiNERAUX ET LEURS
FORMES primitives; par D. Brewster. [Ecliinb. Philos. Jour-
nal, r>". XVIII, oct. 1823 , p. 36i. )
M. Brewslera, des raiiiiec 1817, aiinonce Texistence d'uae
]<)1 pliysiqoe, d'apres laqtielie on peut dodulre les formes primi-
tives des cristaux , du nombre de leiirs axes de double relraclion.
Dans nil iiouveaii niemoire iiisere dans !e tome iii des Transac-
tions Averncrieimes , il jjrcssnla cette loi sons sa forme la pbis
gencrale, et fit coiinaitre toutes les exceptions qu'ellc semblait
offrir alors, et qui avaient lieu dans les substances suivantes :
sulfate de magnesie, clironiate de plomb, niesotype, carbonate
de baryte , carbonate de slrontianc, iolithe, cryolitlie, harmo-
tonie, chabasic , suHate de fer et essonite. Ces exceptions appa-
rentcs etaient dues, suivant M. Brevi'ster , aux erreurs commises
dans les determinations cristallograpliiqiies , et devaienl dispa-
raitre aussitot que les inineralogistes aiiraient revu avec soin les
niineraux dont il s'agit. Sa prediction s'est vcrifiee, dit-il , rela-
tivemenl aiix Imit ilont les uoins suivent : sulfate de magnesie,
cliromate de plomb, nicsolype, carbonate de baryte, carbonate
de strontiane, liarmolome, sulfate de fer, essonite. Des trois
autres , Tune, la rryoJillie, a, suivant M. Brooke lul-meine, une
forme differente de celle qu'on lui avail assignee; une autre , la
cliabasie a deux axes, est nn mineral tout different de la cha-
basie ordinaire. La Iroisieine , Tiolithe , est done maintenant la
seule exception a la loi, on plulol elle est la seule des substances
precedemriicnt citees dont la siructure cristallograpliique ne
soit pas encore determinec avec exactilude. M. Brewster, apres
avoir rappele riinportance de cette loi, et les services quelle a
reiidus a la cristallograpliie, s'etonne des attaques que son sys-
teme optique de mincralogie a eprouvees de la part de
]\1. Brooke, dans I'ouvrage de ce savant, intitule: A fainllinr
Introduction to Crystallography. II cite textuellement lesdifferens
passages qui lui sont contraires, et repond successiveinent aux
diverses objections du cristallographe. La premiere de ces objec-
tions porte sur les differences deproprietes optiqucs, observers
])ar M. Brewster dans quclqucs variclcs d'apophyllitc, differences
([uil regarde commc suffisantes pour crigerlin? de ces varietes
■en e.spece nouvclle sous le nom de Tessclte. Cepcndaut la tesse-
lite est, chiini(|iicn)ent et rristallograpliirnicmoiil , idenlique avec
1 ^^ Mine I n lo^ie .
I'apophyllite. M. Rrewster nie positivemenl celle ilernierc as-
serlion dc M. Brooke. La tesselite, scion lui , a iine structure cris-
talline dcs plus cxiraordinaires; c'est un agregat de parties qui
different dii lout par leurs proprioles opliques et mccaniques , et
pcut-elre aussi par leur composition; et il reste a decider si cellc
substance et rapophyliile n'offrent pas un nouvel exemple de
deux corps dont les analyses soient les memes , niais qu'i!
faille separer minernlogiqueraent. M. Brooke pretend qu'une
simple variation de caracteres optiques ne sulfit pas ])our
changer une determination fondee sur I'accord des proi)rieies
chimiques et cristallographiques. Mais la tesselitc est distinguee
par des differences de structure sensibles a la luiiiiere ordinaire ;
elle presente a I'interieur des plans de clivage et des plans de
jonction qui constituent une structure d'agrcgalion toute parti-
culiere. Une nouvelle objection de M. Brooke est relative au
tri-carbonate sulfate de plomb , qui a deux axes de refraction , et
dont on avait rapporte les formes au systcme rhomboedrique.
C'etait une nouvelle exception a la loi, qui ne subsiste plus de-
puis le travail de M. liaidinger, dont les resultals avaieiit etc
annonces d'avance par M. Brewster. « Au reste, ajoute ce pbysi-
cien, quand bien ir.eme lous les cristallograplies s'accordoraicnt
a rcarder la forme primitive de ce mineral comrae un solide
rbomboidal ayant deux angles opposes, composes cliacuu dc
trois angles plans egaux , je soutiendrais encore qu'a raison de
ses deux axes, elle doit etre consideree comrae uu.prisme obli-
que rhomboidal, formant la limile des deux series de prismcs ,
dans lesquelles le cole de la base est moindre ou plus ^,rand que
le cote longitudinal. Cost d'apres ecs principcs que je regardc la
forme du boracite, noo comme un cube, mais comme un rliom-
boide de 90". » Ici se montre, suivant M. Brewster, tout I'avan-
Xii"^ du systeme optique. 11 determine, non-seulcment les class(S
de formes primitives, mais memc ccs formes limites , qui sont
comme les nneuds des differentes series de solides geometriques ,
et toutes ccs stritrturcs (ragrrgtitlon , qui ecliappent aux reclier-
ches des cristallograplies.
Ces structures coniposees sont aujourd'hui si multqiliees dans
les mineraux , que M. Brewster croil iieeessaire d'etablir un nou-
veau systeme dti^cristallisalion , qu'il joint aux quatrc syslemcs
de Molis, sous le nom de systrinc comjxm-. II lenninc son ar-
ticle j)ar qiielques (disrrvations Mir rimj 01 taiice r.h.tive di'S
Mineralogie. i4'>
\leux ni<5thodes optique et cristallograplilqne dans la determi-
nation des nouvelles especes , et sur les argumens en faveur de
la premiere, qui se tirent des recherches recentes de M. I)rot>ke
sur les sels nrfifieiels. G. Del.
log. Sur les formes cristallines du sulfato-tricarbonate
DE PLOMB, par W. Haidinger. (Edimb. Ph.ilos. Joiirn., n". xx,
avril 1824, p. 286. )
M. de Bournon, qui le premier a decrit cette espece minerale
sous le nora de plomh carbonate rhoinboidal , lui avait assigne
pour forme primitive un rhomboide aigu , presentant dans le
sens perpendiculaire a I'axe un clivage tres-net et souvent ime
face secondaire. Cette opinion a etc suivie par M. Brooke, et plus
recemment par le professeur Molis, qui place ce njineraJ dans son
ordre des baryles , sous la denomination de baryta de jjlonib
axotome. Au lieu de trouvcr dans ces cristaux un seul axe de re-
fraction conformenient a la loi generale des substances rhom-
boedriques , le D'. Brewster observa deux axes blen dislincts , et
il infcra de la que leurs formes appartenaient au systeme pris-
raatique(*). Cette consequence, deduite de la consideration des
phenonienes optiques, est pleinement confirmee par les observa-
4lons directes de M. Haidinger, qui vient de determiner avee
beaucoup de soin les formes dont il s'agit. Le caractere de ces
formes est d'etre liemiprismatiques. La forme fondamentale est
un octaedre a triangles scalenes dont i'axe est inclLne de 29' ii
une ligne perpendiculaire a la base. Les cristaux sont sujets a se
grouper d'une maniere reguliere commedans I'arragonile. G. Dei,.
no. Sur la imarmolite de Nuttall ; par Ij. Vanuxem. [Journ.
of the Acad, of Nat. Sc. of Philadelphia, torn. Ill, oct. iSi'i ,
p. 129.)
La description et I'analyse de ce iniiieral ont etc publiees pnr
IW. Til. Nuttall, dans le to. IV du Journal americain des sciences
et des arts, jt.ir M.Silliuian. M. Vanuxem, ayant eudepuis I'occa-
sion de visiter le gite de la serpentine d'lloboken, a fait un grand
nonibred'observations pour determiner les veritables caracteres
de cette substance, et fixer la place qu'elle doit occuper dans le
systemejmineralogique. Les resultats obtenus par M. Nuttall ont
^servi de base a ses propres recherches. La marmolite possede les
^i) Voyez le N". prcc<>dent du Bidletiu , p. 3^o.
B. ToMt JL 10
i/ffi Mincrdlogie.
caractercs exterieurs que Ics mineralogisles s'accordeni a rcc;ar-
(ler commc sjieclfiques ; clle est conslante dans sa composition,
ainsi que le prouvent les analyses d'ecliantillons provcnant de
localiti's tres-differenlcs; et elle a , avec la serpentine, le meme
raj)port que les mineraux cristaiiises ont avec leurs varietes com-
])acles. j\I. \':muxeni a .iiialyse coniparativement la marniolite
d'Hoboken, celle de Bare Hills, et la serpentine noble de New-
buryport, et les resultats qu'il a obtenus ont jjresente la plus
exacte conformite. Ainsi la marmolite et la serpentine s'accordent
dans leurs principaux caracteres, tels que la composition, la du-
rete , la pesanteur specifique, I'infusibilite , etc. M. Vanuxem les
reunit done en une seule espece, qu'il partage en trois varietes,
sous Ics noms de marmolite ou serpentine lamellaire, serpentine
noble ou compacte translucide, et serpentine comniune ou rocln-
serpentineuse. G. Del.
111. ExAMEN DE QUELQUES MiNERAUX Sppartcnaut au geni'c du
Grenat; par H. G. Trolle Wachtmeistkr. ( Kongl. vctvnsL
Acad. Handlifigarfoer anr. 182^ , I'^'^.part. p. 120.) Stockliolm.
Qiioique I'analyse d'un grand nombre de varictes de grenat ne
puisse pas donner lieu a un principe general , I'auteur pense
neanmoins qu'elles pourront ^tre utiles a cclui qui voudrait se li-
vrer a un travail plus etendu sur cette matiere. II dccrit et analyse
des grenats d'Engsoe, New- York, Ilallandsces, Hallaud , du Ve-
suve, de Laangbanshyttan, le grenat jaune d'Altenau , les grenats
verdatres et bruns d'Hesselkulla, les grenats noirs et brun-noiratres
d'Arendal,le grenat vert de Kamtschatka , le grenat de Klemet-
snune en Norwege, faisant en tout i'5 varietes. L'auteur y joint,
d'apres le tableau comparalif'de Haiiy, les analyses de I'alinandin
par Karslen,du melanite et dupyropepar Klaproth, du grenat de
Boheme par Vauquelin, et du grenat de Siberie par Klaproth;
ainsi que les analyses du melanite, par Heisinger et Vauquelin , du
grenat de Dannemora , d'un autre grenat par Bucliolz, du roto-
pliite de Laangbanshyttan, et des grenats de Lindbo et de Salila.
L'auteur fait observer que parmi les analyses de grenat faites avec
soin , il y en a deux (grenats de Broddbo et de I'inbo), donl les re-
sidtats different beaucoup de tons les autres. La formule, pour le
premier esty-V^ -f" ^ "'" S-f-^ a s — ; ct celle du second, /'.S'^ -\-
iiin S ■\- 2 A s. Pour exjjlicjuer cette difference, il rappellc que
les grenats ont la propriete de former des unions etrangercs a
Mineralogie. i/Jy
Icur composition tliimique. Souvent on troiivc dans les plus p;ii^
fails, au milieu des crislaux, des cndroits qui annonccnt uu
melange lietcrogenc do cede espece. Le grcnat de Broddbo n'a
pas ete trouve jusqu'a present cristallise; cependant on voit par
la forme du grain qu'il a tendu a la cristallisation. M. Wacht-
meister demands si ce n'est pas la presence d'un corps etranger
qui a empeclie la cristallisation de se developpcr. Les exemples
que I'auteur a cites de la composition du grenat paraissent con-
duire a ce resullat, qu'ils presentent un double silicate avec des
bases dans la m^me proportion ; ainsi I'un des termes ou des sili-
cates offre la meme quantite d'acide que la base de I'autre , et
dans chaque terme il y a la meme proportion entre I'acide et la sub-
stance electronegative, c'est-a-dire la terrc siliceuse.Si Ton veut
exprimer,par une formule, la composition cliimique, et si Ton de-
signe par la lettre R (radical) le radical combustible de la base, on
obtient la serle suivante : R^ S' -f" ^^ S. Des recherches ulterieures
feront voir si cette conclusion peut s'adapter a tout le genre.
112. EXAMEN DU GRENAT VERT DE SaLA ; par B. G. BredBERG.
( Philos. Magaz. and Journ. , decembre 1823 , p. /|23. )
Ce memoire a deja paru dans le T. 8". du Journal de Schvyei-
ger, et dans les Transactions de I'Acad. royale de Stokholm. Le
grenat dont il est fait mention appartient a la variete trapezoi-
dale d'Haiiy; il est d'un vert jaunatre, a I'eclat resineux, et la
cassure inegale. Sa gangue est une chaux carbonatee commune
renfermant des cristaux de spath calcaire, de galene et de blende.
Deux analyses de ce mineral ont ete faites dans le laboratoire de
M. Berzelius. Elles ont donne les resultats suivans :
la i'^*'. la 1".
Silice 36,63 36,73
Alumine 7,53 2,78
Oxide de fer 22,1^ 25,83
Chaux i3,8o 2i,79
Maguesie 1,95 12,44
100,08 C)(.),
La formule raineralogique de ce grenat est
C
m}s + f}-^
G. Del.
j/jS Mine'ralo^iP-
ii3. Analyse n'uN minVbal noir de Candt, dnns I'ile de Ccy-
lan; par le D'. C. G, Gmelii?. [Edirnb. Philos.Joiirn., octobrc
iS23,p.384.)
Ce mineral est celui qucM. le comte de Bournon a dttrit soij5
Ic nom de CanditP. 11 est tres-dur, raie. le cristal de loche, a uri
eclat vitreiix , une couleur de noir de velours , et une cassure
tonchoidalc. Sa pesanteur sperifique est 3,617. II est infusi-
ble , sans addition , au chalnmeau. Sa composition est la suivante:
alumine, 57,200; protoxide de fer, ao,5i/l;magnesie ct traces de
manganese, 18,240; silice, 3,i54; total, 99,108. On peutla con-
siderer comme resultant d'un atome de bialuminate de inagnesie
avec un atome de bialuminate de fer. M. Gmelin place ce mineral
dans I'espece du spinelle, el le regarde comme une varitJte mas-
sive de pleonaste. G. Del.
J 14. Recherches sua la substance minerale appelee par les
C\x\no\s> pierre de iii , et sur le jaspc des anciens, par M. Abel
Remusat, imprimces a la suite de YHlstoire dela ville dc Kho-
tan du meme auteur. In-8. Paris; 1820.
Lcs missionnaires a qui nous devons tant et de si precieuses
observations sur tout ce qui concerne les arts et les sciences de
I'cmpire cl.inois, nous parlenl de la pierre de iu comme dune
substance minerale extremeraent dure ct tres-sonore, sans pou-
voir s'accorder sur sa nature et sur sa qualite. Les opinions que
s'en sont formees la plupart des voyageurs et de ceux qui ont
ecrit sur la Chine , sont aussi fort differentes entre elles. Suivant
quelques-uns , le iu n'est qu'une espece Atjaspe ou de calcedoine ;
d'autres pretendent que c'est un viarbre extremeraent dur;
daufrcs encore comparent cette substance a Vagate, au cacho-
lon"t\. a Vnlbdlre ; cnfin M. Hager a essaye de prouver , dans sa
ISuraismatique cbinoise, que la pierre de iu elait la matiere des
precieux va.w murrhws des anciens. II pourra paraitre singu-
licr qu'on solt , pour ainsi dire , rcduit a faire usage du raison-
nement pour lever loutes les incertitudes, dans une question
que la plus simple inspection pouvait decider ; mais toutes ces
differences d'opinions viennent sans doute de ce que, parml
tant dYcrivains, ceux qui out vu la pierre de iu n'etaient point
mincralogistes; tandis que ceux qui auraient pu en juger et en
dctcrnilner I'espece, ti'en ont point eu des echantillons authen-
tiqucs a examiner.
Mineralogie. i49
11 ^tait reserve <iu premier des sinologues francais, M. Abel
Reniusat, de lever tous les doutes a cet egard, en prouvant que
le in et le j'aspe des anciens sent la m^me substance; et cc
savant academicien a recueilli, a ce sujet, avec le plus grand
soin , tout ce qu'il etait possible de Irouver sur cette precicuse
])roduction des inonts Himalaya. D'apres Jes rcchcrclies de
M. Remusat , il parait qu'il y a deux sortcs de iu , celui de nion-
tagnes et celui de rivieres ; le premier est ordinairenient veine
de brun, et le second veine de bleu. Au reste, les Cliinois dis-
tinguent dans cette jjierre cinq especes de coulcurs difftrentes :
1 . blanc conime de la graisse ; 2". jaune comnie des chataignes
cuites a la vapeur de I'eau bouillante; 3°. noir comme du ver-
nis; 4°. rouge comme la crete d'un coq; et 5". verl-bleuairc
transparent, plus ou nioins fonco; cette derniere couleur est la
plus commune; d'oii Ton doit conclure que le iu n'est point une
espece d'agate, ainsi qu'on I'a pretendu , et que ce n'est pas
non plus le cacholong , qui n'est au fond qu'une variete du
quartz agate; car, pour que cette opinion put sesoutenir, il
faudrait que le iu rennit non-seulement les caracleres communs
a lous les quartz-agates, niais encore qu'il offril ceux qui sont
particuliers aucYzc/eo/o/?^^, qui est un quartz-agathe d'un blanc
laiteux. Or, conime le iu est rarement d'un beau blanc, qu'il est
le plus souvcnl d'un blanc verdatre ou vert clair , ou vert olive,
il s'eusuit que ce ne pcut elre la meme chose que le cackolong.
Les traits les plus reniarquablcs do la description du iu , no
peuvent point non plus, pour la plup.u t , convenir aux autres
especes d'agate qui , quelle que soit sa couleur, est suscepliij.'e
du poli le ])lus vif, tandis que le iu ne peut recevoir qu'un poli
gras, d'un eclat teinperc , qui le font ressemblcr a hi graisse de
pore. L'agalhe ne rend pas non plus, quand on la frappe, le son
clair et proionge que Ton reniarque dans le iu ; sa durete n'est
pas assez grande pour justifier ce qu'on dit de cette derniere
pierre, qu'on ne peut la tailler qu'avec la poudre de diamant;
enfm la pesanteur specifique de I'agate ne peut en aucunc fa-
con se comparer a celle du iu; il faut done en conclure que cette
substance est loute differcnle de I'agato.
\^e jade oriental, on nephrilc , est, de toutes les substances
qui nous sont connucs, celle qui , suivant M. Abel Reniusat, a
le plus deressemblance avec le iu; et , non content des prcuves
bieu convaincantes qu'il .ipporlait en favour de cclte opiniDn,
1 5o Mineralogie.
ce savant a invoquc ties leinoignages que nul ne pourra recuscr ,
ct dont on ne peut contester I'autorite.
M. Klaprolh rapporta de son voyage a la frontierc cliinoise ,
en 1806, un achat de pierre de iu, et ie celcbre chimiste , son
pere, est demeure convaincu, apres I'avoir examine, que le iu
etait la nephrite, i<ij>is nephriticus. M. Abel , medecin de la dcr-
niere ambassade anglaise , a eu a sa disposition divers echantil-
lons de la raeme substance qu'on lui avait reniis pour en de-
terminer la nature. C'est , suivant lui , unc pierre d'un blanc
verdatre , a peine brillante a I'interieur, dont la cassnre est
ecailleuse. Elle est a moitie transparente , et raie fortement le
verre; mais elle ne raie pas le quartz , lequel ne la raie pas non
plus. Sa pesanteur specifique est de 2,858 ; 3,4 ; 3,19, et 3,33.
Le docteur Abel ne put en faire I'analyse ; mais M. Cordier a
faitl'analyse dujade, et il conclut de ses recherches et de ses
experiences, dont la dissertation de M. Abel Remusat contient
le precis, que \ejade oriental ou m'plirite est la menie chose que
la pierre de iu des Chinois. II lermine en disant que \ejadc a ete
I'objet d'une contrefacon artificielle , dont le produit est tres-
improprement nomme pate de riz. Cette pate , qui nous vienl de
la Chine ou du Japon , n'est qu'un email fort dur, quoique trcs-
fusible , dont le chimiste Klaproth a retire les principes suivans :
Silice,39;alumine, 7 ; Plorab oxide, 41 ; perte, i3; total, 100.
Les Chinois pretendent que Ton reconnait le veritable iu a ce
qu'en le mettant sur un grand feu , et I'y faisant chauffer forte-
ment , il n'eprouve aucune alteration.
II resulte done de tout cela , que la pierre de iu n'est point une
agate , mais que c'est le jade oriental ; ce qui est , a ce qu'il
nous semble, prouve d'une maniere incontestable. Reste a sa-
voirsi, comme I'a pretendu M. Hager , cette substance mineralc
ctait la matiere des vases murrhins. M. Abel Remusal ne partage
nullement cette opinion, et il pense au contraire, avec Saxius ,
que ces precieux vases devaient etre composes de spath-JIuor.
(]. Landrf.sse.
I l5. ExAMEN CniMlQUE KT MINER ALOGIQUE DU SPATH CALCAIRE
%-vs.\i. [Streifenspath)\\>wv ie Prof. Bernhardi et le D''. Ru-
dolph Brandes. (iVeuw Journal fiir Cliemic luul Phystk von
Schweigger , etc., avril 1823 , t. 7 , p. lyy.)
M. Bernhardi a le premier attire I'attention des mineralogi',-
Mineralogie. 1 5 1
tcs sur une variele reniarquable tie clumx carbonalee. (Voyez le
tome 6 du journal Je Gelilen , 1808.) Elle se distingue du spalli
ealcaire commun par I'absence de I'un des tiois divagcs otdi-
naircs, dont a peine on apercoit quelques traces, et qui est
remplace par un nouveau clivage inoins parfail , incline sur Ics
deux autres de 94° seulemcnt. Les plans de ce clivage sont mar-
ques d'une multitude de strles tres-sensibles dans le sens de la
grande diagonale, ce qui a fait donner a cette variete le noni de
Streifenspath. Elle est composee de chaux carbonafee 94,4524 j
magnesie carbonatee, 1,2240; fer carbonate, 2,8000; manga-
nese carbonate, 0,499^; eau, o,25oo; total, 99,2259. G. Del.
116. ExAMEN coMPARATiF d'un fossile DU Raiserstuhl , dans le
district de Freyberg et de I'elagolithe verte de Laurvig, en
Norvege; par le D"^. C. G. Gmelin. [Neues Journ.fur Cheinic
and Physifi, \on Schweigger, etc., torn. 6 , p. 74 ; nov. 1822.)
Le mineral du Kaiserstuhl , decrit pour la premiere fois j'ar
d'lttner, a, suivant I'autcur, beaucoup d'aiialogie avpc relsolithe ;
niais il en difiere par sa conij)osition , printipalcnient par I'cau
qu'il coiilienl. Breithaupt, qui en a fait une description njinera-
logique,le regarde comme une variete dc sodalitc, et il iden-
lifie cette derniere avec le spinellane de Nose, la liaiiyne et le
lazurstein.D'apreslui, lasodalithe du KaiserstuLl a un eclat gras,
una couleur d'un gris bleuatre, un clivage conduisant au dode-
cacdre a plans rliombes, une durele moyenne entre cclic de I'a-
])alite et de I'adulaire, et une pesanteur specillquc de 2,3. Elle
conlient, suivant M. Gmelin, silice , 34,oiG; alun)ine, 28,400;
cliaux, 7,26G ; soude, i2,i5o ; potasse , i,5G5 ; cau el liydrogenc
bulfure, 10,759; acide sulfurique , 2,860; oxide de fer,o,GiC;
acide murialique, o,75G. Total, 98,388. Elle est soluble en ge-
lee dans les acldes. ■ — Le nieme cliimiste a trouve que I'elaeoJitlie
de Laurvig etait compose dc, silice, 44>i9o; alumine, 34,424 ;
soude, 16,879; potasse, 4,7 ^3 >" cliaux, 0,519; magnesie cl oxi-
de de fer, 1,339. G. Del.
117. Note sur l'yenite ue Rhoue-islanu et sur la brlcite;
par G. Trost, [Join 11. of t/ic J cad. 0/ j\at. .St. <>J I'/iiladci-
p/lUl, vol. 3 , p. 222.)
Le major N. A. Ware , dans une excursion qu'il fit a Rliodc-
Island, recucillil plus^ieurj< miueraux qu'il presenla a rAcademie
I •) 2 Alineralogie.
des sciences naliirelles de Philadelphie. Pariiil ces ^chantillons,
M. le D'^. G. Tiost a d^couvert des cristaux A'xenite.
Les formes de ces cristaux se rapporlent exactement a celles
donnees dans I'ouvrage de M. H;iuy. Lc D^ Trost cite entre au-
tres la forme quadriduodecimalc .
Ces cristaux sont noirs, d'un eclat resineux ; ilssont associes a
du fer oxidule octaedre et sont groupes sur du quiirlz.
C'est la premiere indication de I'yenile dans les Etats-Unis.
Dans cetlc note, le D'^. Trost annonce que le mineral appele
brucite par Cieaveland, ct condrodite par M. Berzelins, ne se
trouve pas seulcment on grains et en cristaux im])arfails, mais
aussi en masse amorplie.
Dans ce cas, la in/aV<? presente une cassure esquilleuse, ine-
gale; sa couleur est verdalre, avee une teinte de jaune, et dans
les echantlllons que M. Trost possede, ce mineral est associe
avcc des spinclles verts joints a de la cliaus carbonatee. D.
1 18. Anthracite de Schuylkill en Pensylvanie. [Phil. Mag.
dc Tilloch , mars 1824 ? P- 234-)
Le journal de ?^^ew-York, Eve7iing-Post , du 3o juin , fait
connaitre qu'on cxjiloife , dans la cliaine de Schuylkill , de
la houille superieure a celle de Lehigli. Elle est plus legere et
plus pure, elle ne contient ni soufre ni bitume. Sur 100 parties,
il y a 97 parties de carbone pur. Elle offre done une grande eco-
noniie dans les usages domestiques et techniques. A. B.
1 19. MeMOIRE sur UirrtRENTFS MASSES DE FER qui OUt CtC U'OU-
vecs sur la Cordiliere orientale des Andes; par MM. Mariano
de RivERo et BousiNGAULT. (Imprime en cspagnol , a Bogota,
en 1823.)
Dans le cours de I'annce 1810, on Irouva sur la colline de
Tocavita, a peu de distance dc Santa-Rosa, village sitae a envi-
ron 20 lieues nord-est de Bogota ct a 2744 metres d'eltvationau-
dcssus dc la mer, plusieurs masses de ler que Ion crut provenir
d'une mine de ce metal. Ces masses ctaient presquc cntiercment
tnfoncces en tcrrc sur un sol que nous avons reconnu apparte-
jiir a une formation de gres secondaire qui occupe une etenduc
considerable. Les habilans de Santa-Rosa se reunirent pour
transporter la ])li;b grosse dans le village, el lorsquc nous jiassa-
jjies elle servail d'enclunie a un inarcchal. KUc est entitlement
Mineralogie. 1 55
nietallique, d'utie forme irreguliere, remplle de vacuoles, d'une
structure grenue, malleable, facile a limer, d'un blaric argentin ;
»;n un mot elle a tous les caracteres du fer meleorique. Sa pe-
santeur specifique est de 7,3; son volume etant de 102 decime-
ires cubes, elle doit peser environ 750 kilogrammes.
D'autres masses , beaucoup plus pctites et pesant 681 ^'- ,
56i gr., etc., ont presente a j)eu pres les memes caracteres. Nous
n'avons observe d'enduit vitreux sur aucune. Nous les avons
analysees et nous y avons trouve sur cent parties :
Masse de 760 k. (i) Masse de 681 gr.Masse de 56i '' ■
Fer 91,41 91,23 91,76
Nickel 08,59 08,21 06, 36
Parties insolubles. . . 00,00 00,28 00,00
100,00 99)7^ 9^»'2
On a decouvert aussi du fer meteorique au village de Rasga-
ta , dans le voisinage de la saline de Zipaquira. Nous en avons
vu deux masses , I'line du poids de 4o ki'-, et I'autre de 22 kil.
EUessont tres-malleabies : leur cassure a un eclat argentin; leur
pesanteui" specifique est de 7,6. On n'apercoit aucune cavite dans
la premiere; la seconde presente au contraire beaucoup de va-
cuoles. Elles contiennent 0,07 a o,oS de nickel comme les masses
de Santa-llosa. P. B.
120. Dans le district de JFashinglon , dans le Missouri, on a
decouvert une montagne considerable et extrcmemcnt riclic en
ier. Ce metal est d'une tres-bonne qualite , et , d'ajjres ce qu'on
rapporte, il y en a assez pour en iournir a tout Tunivers pen-
<i;int plusieurs annees. C'est, ajoutele memc journal, la premiere
mine de fer vierge [Lit. Gazet. , mai 1S24 , p- 2S6. ) (2).
(i) On a cnvoyc une portion de cette masse en Angleterre pour en
f.iire faire des rpe'es. (f^oy. le Bulictin de 1823, to. 3, n". 977, et to. 3,
11". 6^0, au sujof d'un sahre de fer meteoriijiie execute a Londres par
M. Sowcrby, qui en a fait hoinma{;e a rempereur Alexandre.
(•2) On cite aussi la mine de TaberE; , en SueJe, connue depuis
long-leinps; et quclques filons eu Daupliine , en Saxe , etc.
1 54 BnUiJiuiue.
BOTANIQUE.
121. DiscouRS sua le principe essentiel de i,'oRimE eiT
histoire naturelle , et particuliercment en botanique ; par
M. I^EFEBURE. ( Memoires de la Societe Linneenne de Paris ,
1^^. volume.)
Ce discours, dont la forme esl plus oratoire peut-ttre qu'il iic
convient au sujet , parait servir d'introduction a un Genera et
Systema Plantarum, execute d'apres un grand Sjsteme floral ,
ainsi que I'annonce le Prospectus de I'ouvrage. L'auleur , aprcs
avoir employe plusieurs pages a demontrer riraporlance de I'or-
dre, ce qui ne saurait etre con teste , propose une division en
quatre c\3i%?,e% die ^^nrs {Monopetales , Polypetales , etc. ), dans
lesquelles il repartit les planles en vingt tribus , caracterisees par
les etamines, etc. II presente cette fusion des methodes de Tour-
nefort et de Linne comme unplan nouveauet classique, devant
prevaloir, par sa simplicite et sa clarte, sur la Melhode dite
naturelle , professee par ceux que I'auteur nomme les cchos d' A-
danson. Enfin,a la 17^. page, il commence a definir I'ordre ,
qu'il fait consister dans la coexistence de deux rapports, I'un qui
reunit les objets par groupes d'apres I'analogie , I'autre qui les
range par series dans le groupe d'apres leur difference. Mais
cette definition, loin de trop embrasser , est-elle suffisante? et
ne manque-til pas, pour qu'elle soit generale , un troisieme
rapport, savoir , un moyen commun de liaison entre les grou-
pes? Ce qui a fait sans doute omettre cette condition, c'est que
I'auteur s'est borne, dans ses divisions principales , a la consi-
deration des caracleres nunieriques cliez Tournefort et Linne.
Quant a la niethode, il est juste d'observer qu'Antoine Goiian ,
inedecin et professeur de botanique a Montpellier, avait deja
combine ossez heureusement les systemes de ces deux grands
niaitres dans sa Flora Monspeliensis , en fondant ses classes sur
la corolle , et ses ordres sur les etamines. Le merile de cette dis-
position , qui presente la flcur avant la frucliiicatlou , conimc
<lans la nature, n'eiit-il pas du porter M. Lcfeburc a dislingucr,
.sous ce point dc vuc, ic Genera Planlaruin per ordines natura-
les disposha d'Anloinc-Lauicnt de Jussieu, (pii , dans la division
des planlos dicolyicdones , laquullc coniprcnd toules les fleur<-
Botanique. 1 55
visiblcs , a lie lui-meme Ips principaux cnr;icteres donm's pai- I;i
corolle avec les caracteres fournis par les etaiuines , mais en
ayant moins egard an nombrc qii'a la situation ou a I'insprlion ,
comme plus constante et pins generale. L'auteur eut reconnu en
meme temps un ordre relatif entre les groupes , classes d'apres le
mode de cette insertion , sans que la serie des families en soit
intenouipue. II n'eut pas alors paru rejeter siir la Metliode na-
turelle et ses illuslres auteurs, le fait de qnelques botanisles , plus
jaloux peut-etre d'etendre la sphere des connaissances , que de
perfectionner la methode d'une science dent les premiers ont
pose les bases , et dont il clait reserve a leurs successeurs (i) de
determiner les limites. J. B. M. Gknce.
122. Revue des peogres et de I'elat de la botanique dans ce
siecle ; par Hornemann et Schouw. [Tids shrift for Naturvidcns-
kaberne , i^^ . annee , A'^- cah.)
C'est une revue bibliographiqne et systematique des travaux
relatifs a la botanique. Les auteurs indiquent d'abord les nou-
velles decouvertes dans cette science, en considerant cliaqiie
pays I'un apres I'autre, et en indiquiint soigneusement les ou-
vrages oil les decouvertes sont consignees. C'est ainsi qu'ils exa-
minent successivement I'ltalie , pour laquelle ils indiquent 17
ouvrages nouveaux de botanique; le Portugal, la France, I'Al-
lemagne, I'Angleterre , la Suede, le Danemark, oil ils mention-
nent la Flora danica, dont il a paru jusqu'a present 8 cahiers
avec 480 pi., representant 586 especes de plantes. La Russie
n'a pas encore de Flore generale; la Hongrie a celle de Wald-
stein et Rilaibel , en 3 vol. in-fol.; la Flore de la Grece , par
Sibthorp, forme 4 vol. in-fol. ; le Prodrome en forme 4 in-8. Les
auteurs passent de TEurope aux aulres parlies du nionde, c'est-
a-dire a TAsie, I'Afrique, I'Amerique, les Indes occidentales ,
les terres Australes.
Hornemann et Schouw examinent ensuite les monographies
des divers genres publics dans ce siecle et les reclierches criti-
ques sur le meme sujet. Puis ils s'occupent des jardins de bota-
nique , mettant en j)reniiere ligne, parmi ceux d'outre-mer, le
jardin de Calcutta. Sur le continent d'Furope , les plus impor-
tans sent ceux de Paris, Schoenbrunn , Vieiine, Gorenki aupres
(1) Los liichanl, les Knulli , itr.
1 5G Bulaniqiie.
de Moscou, el Berlin. En Hollande, ce pays qui autrefois se sl-
gnalaitpar riiortlcultuie, ce gout parait diminuer ou ceder a lu
culture plus lucrative des fleurs. Dans les peuples plus meridio-
naux de rEuiope les jardinsdc botanique sont insignifians , com-
pares aux autres.
lis traitent ensulte des travaux systematiques sur la botanique
publics dans ce slecle, et enfin de ceux qui ont rapport a la geo-
graphic des plantes. D.
ia3. Sur le jardin de botanique i>e Copenhague; par le
prof. J. W. HoRNEiHANN. [Tiilsskriftfor NaCurvidenshabernc ,
i". annee, i''''. cah.)
Dans un memoire public en i8i3 , le prof. Hornemanu avait
dt'ja fait connaitre I'liistolre et I'etat de ce jardin ; et de i8i3 a
i8i3 il avait indique , dans un ouvrage intitule Hortus regius
hotanicus Hafnienus, les plantes qui y sont cultivees. Un sup-
plement a cet ouvrage parut en 1818. Depuis ce temps, la
bibliotheque et la collection de plantes ont ete considerablement
augmenteespar les relations avec les etablissemens etrangers, et
par les voyages de savans danois ; c'est ce qui a rendu necessaire
ou du moins utile uiie nouvelle notice.
L'auteur s'occupe d'abord de la bibliotheque. Ses fonds an-
nuels ne consistent que dans une somme de i5o ecus de banqiie
€t dans le benefice de la vente de VHortus Hafniensis. Aussi ne
peutelle se procurer tous les ouvrages de luxe qui paraissent
dans reirauger sur la botani([ue , et , sons ce rapport, eile est
inoins complete que pour la partie ancienne de cette science. Cc-
pendant les dons du roi, les secours derUniversite et les present
des particuliers, ont enrichi la bibliotheque de plusieurs ouvra-
ges precieux, tels que les Gramina Austriaca, avec /Joo planches
onluminees; V Hydr-opliytolo^ia Danica de Lyngbye; les Jnnalcs
et Meinoires du 3Iu\('uin d'/iistoire naturelle , id vol. in-//*., que
le jardin a recus du Museum de Paris , auquel le gouvernemunt
danois avait envoye la Flora danica. En Italic, le prof. .Schouw
a fait I'acquisition de tous les ouvrages importans, et il n'en
manque plus a la bibliotheque , excepte la Flora ncapolUana de
Tenore. Kile possede meme I'ouvrage si rare intitule Cupani
Pampliylwn siculuin , doiit il n'cxiste plus que 3 exeinplaires
complels. Parmi les autres ouvrages precieux acquis par la biblio-
theque , on distingue la Flora Ixilaiui, 3 vol. in-4"., avec 290
Boianicjue. i5j
planches cnliiminees; et la Materia medlca vegetat. ile rAmeri-
cain Barton. La bibliotheqne se troiive a I'etroit a cause des
herbiers volumineux de Vahl, RottboII , Rolander et Isert; ainsi
que d'une collection considerable de fruils et de graines , dont
un grand nombre ne se trouvent point dans I'ouvrage carpolo-
gique de Gaertner.
Les acquisitions du jardin ont cte plus considerables que celles
de la bibliotheque , quoique les planles fassent voir souvent ,
lorsdela floraison, qu'elles ne sont point cequ'on avait annonce.
Par I'habitude des echanges, qui existe entre les principaux jar-
dins de botanique enEuiope, et paries botanistesvoyageiirs,celui
de Copenhague s'est vu enrichi au point qu'il possede acluelleinent
plus de 8,000 especes de planles. I.e plus riclie des envois lui
\ient du savant danois Wallicli , dlrecleur du inagnifique jardin
de botanique a Calcutta. Celui de Cojienhague lui doit, enlje
autres especes, 5o de la f'amille des Scitami/wcs. De son cote , le
jardin de Copenhague a expcdie, dans les annues 1819 et 1820,
pour celui de Calcutta , 2,760 jdantes qui nianquent sur les bords
du Gange. D'apresi les rapports de M. Wallich et du jardinier,
quatre jours apres avoir seme 1,800 de ces especes, on en vit
germer deja 1,400, succes qui n'est jamais aussi complet dans
nos contrees,
Le professeur Christian Smith , qui a perl malheureusement
dans son voyage au Congo, a envoye beaucoup de plantesnou-
velles des Canaries , surlout du genre Sempervh'um , qui abonde
dans ces iles. Le lieutenant AVormskjold, le premier navigateur
danois qui ait fait le tour du monde, a rapporte des plantes du
Groenland , du Kamtschatka et du Nouvcl- Albion , pays qui
etant peu visites, sont aussl moins coninis sous le rapport de la
botanique. Dans le nombre des plantes qui en viennent, il se
trouve beaucoup d'especes du genre OEnothcra , dont 4 inedltes :
on va en acclimater deux pour les propager dans le Word. Le
professeur Schouvr a envoye des plantes rares pendant son
voyage en Italic et en Sicile, entrepris pour la geographic vege-
tale. Du pharmacien Benzon , a Sainte-Croix, le jardin a reca
plusieurs plantes de celte ile qui avaient echappe a I'altention de
Rohr, Ryan et West.
L'auteur terniine par I'extrait de la liste des plantes sechces
dont le jardin de botanique s'est enrichi ; il en evalue Ic nombre
a 45o especes, dont lo genres nouveaux , et promcl de donncr
1 58 ]iotani(jue.
la listo cnliore dans le 2*. supplement du Hortiis Hajnicnsis.
Voici celles anxquelles I'auteur a donne des noms : Jinarnnthits
nepalcn^is , Bocrhay'ia albiflorn, Cncalia nutans , Cocsulia alba ,
Cyperus fusco-atcr , Festuca aspcrriinn, GnaphaUum camlela-
hruni, Ixia Incequalis , Leonuj'us occidcntdlis , Lycopsis grtindi-
flora , Miissccnda hcrhacea , OEnothera inicmntha , OE. r-oseo-
alha, OE. spectabilis , Papaver littcum, Pennisctwn carnetttn ,
Pharnaceum dichotomum , Plectranthus biflorus , Poa trichoides.
Ranunculus crassicauUs , Scoparia debilis, Sinapis virgata , Son-
chus rigidus , Spcrmacoce cratsifolia , Tanacetum Sphceranthus ,
Vrtica com'C.va , U. rubricaulis , Tlscago canmsa.
M. Hornemann se plaint de la position defavorable du jardin,
et insiste sur la necessite de construire des series nouvelles. Le
jardinier Holboll lient depuis un grand nombre d'annees iin
journal sur I'etat du barometre et du tliermomelre , qti'il observe
trois fois par jour. Depuis un an il y joint des observations sur
Thygrotnetre. D-G.
124. Rapport sur la fondatiok du jaudin botanique de Ge-
neve, etc., faitle 3 avrll 1819; par M. Decandoli.e, prof, de
botanique, directeur du jardin. In-8. de 42 p. Geneve; chez
J. J. Paschoud. Second rapport, etc., fait le 3o avril 1821 ,
etc. In-8. dc 46 p. Idem.
Peu de villes se sont aulant illustrees dans les sciences que
Geneve; aucune autre, d'une cg:ile population, n'a conlribue
plus qu'elle aux progres des sciences pliysiques en pnrticulier.
Depuis plus de 80 ans , clle voit flcurir dans sou sein des hommes
qui ont exerce sur elles une influence marqutie. Elle est toujours
digue de son ancienne renominee, et le gout des sciences natu-
relles y est encore plus generalement repandu.
Cette disposition, le patriotisme qui a loujours egaleinent dis-
tingue cette ville, et le nom de M. DecandoUe suffisent pour
cxpliquer le raplde accroissement et la prosperite dc son jardin
botanique.
Dans Taulonine de 1817, les Iravaux pour cet clablisscmcnt
furcnl commences. 35,ooo florins avaient cle aflectes par les
conseils dc I'etat a celle dcpcnse. Sur un appel fait au palriolisnie
des liabilans , une somme d'cnviron fiS.ooo florins fut, en pen
de mois, fournic par 284 partlculicrs ; d'aulres fircnt fairc des
etiquettes, des chassis, ou envoyercnt des plantcs; des ouvriers
Botanique. i5()
ilonucient leur temps ou des objets de leur induslrir. C( s sommrs
et d'.iufres oblemies par des ventes, etc., forniaicnl, en avril
1818, un total d'envii'on 120,000 florins.
A la fin de la meme annt'e, 600 espcces de planlcs donnces
par des Genevois se trouvaieiit. placecs dans I'ecole. M. Decan-
dolle fut nomme directeur. Ce ceiebre professeur s'adressa aux
directeurs des principaux etabllsscniens de botanique en Europe
et en pays etranger. Tous lui firent des envois de plantes ou de
graines; et en avril 1819 , le jardin, muni de chassis, de serres ,
d'une orangerie, comptait 3ooo especes d'arbres nude plantes
vivaces. II comprenait , outre I'ecole , quatre enclos pour les
plantes de prairies, les plantes economiques, les plantes medici-
nales, les plantes de vignobles, et quatre autres pour la col-
lection des varietes des arbres f'ruitiers.
Au mois d'avril 182 1 , pres de 22,000 flor. pvaient ete fournis
par de nouvelles souscriptions. Des envois considerables avaient
etc recus des differens jardins, meme des pays tres-eloignes; une
dame avail donne une suite de 70 esp. de saxifrages. Enfin, ati
bout de trois ans , sans parler des semis, I'ecole contenait 34oo
especes, les serres 940, et I'ecole agronomique 1400 varietes
de plantes economiques.
De nombreux avantages pour les sciences , I'economie agricole
et les arts , sont deja dus a cet etablissement. II y manquait en-
core quelque chose. Quatre ans auparavant, 1000 dessins de la
flore du Mexique avaient ete copies en 8 jours de temps par x 10
personnes benevoles. Encourage par ce succes, M. Decandolle
s'est adresse aux amateurs les plus zeles , en les priant de con-
tribuer a former une collection de dessins de plantes rares qui
ne peut qu'etre utile a la science et aux arts. Des le mois d'avril
1821, les dessins, executes en grande partie par des dames de
Geneve, etaient au nombre de 200. Le jardin botanique de Ge-
neve aura done aussi ses velins.
Parmi les plantes rares, ou qui n'avaient pas encore ete figu-
rees , on distingue les Silene vostata Dec. , Sida periptera Sims.,
Mcscmhryanthemujn superbum et Burchellianum Dec., Long-
chainpia capillifolia, Gloxinia speciosa Lodd. , Hoja carnosa
R. Br. , Veronica cnrnea Dec., etc. D - — u.
1 6o Botanique.
125. CojiMENTATio dc Aristotclc botanico-philosoplio; gcripsit
Aug. G. Ed. Th. Henschel. 58 p. ln-4. Breslau; 182/1.
Dans le premier chapltre I'.iuteur examine quel etait I'ctat de
la botanique avant Aristote; il rassemble dans les chapitres sui-
vans les passages dissemines dans les ceuvres du pliilosophe de
Sta^yre et relatifs aux diverses parlies dc cette science; I'auteur
s'efforce de les expliquer dans le sens qui lui parait le plus natu-
rel et il se demande ensuite quel merite peut etie attribue a
Aristote sous le rapport de I'etude de la botanique. Voici sa re-
ponse : Aristote a cte le premier botaniste qui ait envisage I'e-
tude des plantcs sous le rapport pliilosophique, qui ait taclie de
separer rigoureusement ce que les vegotaux ont de commun
d'avec ce qu'ils ont de particulier, qui ait fait disparaitre la con-
fusion ancienne entre les vegetaux et les animaux et qui ait re-
porte, pour ainsi dire, le centre dela vie vegetale dans la nutrition
et la generation. Le genie d'Aristote expose clairement ce que
ses predecesseurs n'avaient fait que toucher ou deviner. Nous ne
poss^dons plus ses livres sur les plantes; mais d'apres ce qui en
est recueilli dans les traites de botanique de Theopliraste, il pa-
rait qu'a regard du regne vegetal , la tiieorie surpassait chez lui
la pratique, et que son experience etait mediocre. Avec son genie
superieur il cherche a expliquer par des raisons metapliysiques
la nature vegetale , et a rendre compte , par la mctliode des plii-
losophes , de tous les phenomenes de ce regne. A cet egard
Aristote a rendu un grand service a la science. D-g.
126. De l'influence des fruits verts sur I'air avant leur ma-
turite, par M. Th. de Saussure. [Mem. de la Soc. de P/iys. de
Geneve, t. 1*''., part. i*"". , p. 24. )
Dans son ouvrage intitule : Recherches sur la vegetation ,
M. Th. de Saussure, en parlant de Taction des fruits verts sur
I'air atmospherique , avait admis qu'ils y produisent les m^mes
effetsquelesfeullles; c'est-a-dire qu'ils y repandent dugnzoxigcne,
tontefois en moindre proportion, par la decomposition de I'acide
carbonique. Les fruits detaches du vegetal qui les portait, ne 66-
comnosaient au soleil , qu'en partie , le gaz acide produit pen-
dant la nuit , tandis que sur la plante ils le dd-composaient en to-
talite. M. de Saussure avait expliquc ces differences par la de-
perdition dc la force vegtUative que doit cprouver un fruit qui
ne recoit aucun aliment; et il avait ajoute que ces experiences
Botaniqite. i(n
'coiifirrpaient le princIpe qui siip])()se que la fjinilt*' (r<'siietl!e du
jTjtz oxigene au soleil est esspniielle aiix parlir-, vcrtcs lierbact'-t-.s
■en etnt(le vegetation.
dependant M. Bcrard , dans un mcmoire sur la lu.ituralion
lies fruits, public dans les Annales de physique et de chimie ,
t. i6, p. 1 52, est arrive a des eonclnsions lontes contraLres aux
preceilentes, puisqu'il y etablit que les fruits ne decomiiosei.i
point au soleil le gaz acide eaibonique, qu'ils ri'y degagent point
(le gaz oxigene , et que leur nnique action est de transformer i'oxi-
gcne de I'uir en acide carbonique , action que M. "Berard croil
nienie elre plus ■considerable an soleil qu'a I'ombre. L'opinion de
<!e savant semble se renforcer des nombreUses experiences d'ln-
^ijenhousz et de Senebier , qui avaient egalement admis que li^s
fruits mephytisaient I'air soil an soleil , soit ii I'oinbre.
Les resultats obtenns par ces |)liysiciens elant contradictoiros
^1 vec ceiix de M. de Saussure , celui-ci a voulu tenter de nouvelles
experiences sur un sujet qu'il n'a pas regarde coinine suffisam -
inent eclairci. Ces experiences sont Ires-nombreuses, quoiqii'eiles
n'aient ete execulees qu'avec qualre sortes de fruits , savoir : les
legumes de pois a ecosser a raines [pisum sativum) ; les prunes
Reine-Claude; les pomtoes sauvages (yjjrwi' rart?M^ LO > et les
raisins en etat de verjus, ainsi que ceux qui ont acquis tout leur
aecroisseracnt. 11 a examine et mesure le degagement de I'oxi-
gene pendant Timmersion de ces fruits dans I'enu, les influences
sur Fair atmosplierique pendant la nuit, ensuite pendant la jour-
iiec au soleil; leur action sur la meme atmosphere pendant la nuit
el le jour ; ladecouipos lion /In gaz acide carbonique par les fruifs
.(bins un melange artificlel de ce g«zavec I'air.
Ces experiences sont accompagnees de details chiiniques pleins
d'interet, mais qui ne sont pas susceptibles d'analyse, vu leur nom-
lire et leur liaison avec les resultats que nous nepouvonstranscrire
ici. Nous donnerons seulement une idee sommaire des conclu-
sions de M. Th. de Saussure. Les fruits verts , de meme que les
fcuilles, iTiais avec u^e moindre intensite d'aclion, font disp.i-
rattre pendant la nuit le gaz oxigene de leur atmosphere, et le
remplacent par du gaz acide carbonique qu'ils absorbent en par-
lie. Moins ils sont rai'irs et plus ils consommiMit d'oxigene n
robsc!irite. Exposes au soleil, ils degagent en tout ou en par'ie
Tovigene de Tacidc carboniipie qu'ils ont inspire pendant la
iuiit. Lorsque les fruils sont delaclies de la planle , c( qneleur vc-
B. Towi' II. I I
1 6:!! Botanique.
getation dcvient tres-languissante , ils corrompent I'air dans
toutes les circonstances , mais moins au soleil qu'a I'obscurite.
Les fruits verts detaches de la plante et places dans une atmo-
sphere snccessivement pendant hi null et lejour, ne la changent
que peu ou point en purete on en volume. Les variations qu'on
observe a cet egard dependent, soit de hi faculte plus ou moins
grande qu'ilsont d'elaborer I'acide caibonique, soitdeleur com-
position, qui se modifie suivant le degre de maturile. S'il n'y a
point eu d'illusion dans les resullats , a la v^rlte tres-faibles , ob-
tenus par I'auteur sur les raisins verts et murs,il en deduit que
I'aciditc du verjus tient a la fixation du gaz oxigene atmosphe-
rique, et que cette aclditc disparait lorsque le fruit ne prend
que du carbone dans Fair ou dans I'acide carboniquc.
Les fruits verts decomposent en tout ou en partie, non-seule-
raent I'acide carbonique qu'ils ont produit pendant hi nuit ,
mais en outre celui qu'on ajoute arllficicllement a leur atmo-
sphere. Cette proprietedecomposantes'affalbllt auxapproches de
la maturite. Enfin , dans leur vegetation, ils s'approprient I'oxi-
gene et I'hydrogene de I'eaii , en lui falsa nt perdre I'etat li-
quide.
M. de Saussure attribue les differences de ces resultats d'avec
ceux de M. Berard, a ce que ce dernier a renferme ses fruits dans
des espaces trop eiroits pour qu'ils n'aient pas souffert du voi-
sinage ou du contact des parols du recipient echauffe par le so-
leil. Malgre I'apparence de vie que les fruits ont paru conserver
apres I'experience , M. de Saussure pense que des fruits epais et
charnus peuvent se deteriorer ou perdre de leur poids sans en
donner le moindre indice , et consequemment que M. Berard
aurait du les alimenter par une petite quantite d'eau. G....N.
127. De MicETOGENESi Epistola; scripsit C. G. Ehrenberg. [Nov.
act. Acad. Leop. Ccesar. nat. cur. , torn. X, p. i5t). )
Ce memoire de M. Ehrenberg sur le developpement des cham-
pignons est I'un des plus importans qui ait paru depuis long-
temps sur cesujet; mais il faut dlstinguer avec soin les faits qui
lui servent de base , d'avec les hypotheses plus ou moins vraisem-
blables auxquellcs elies I'ont conduit. M. Ehrenberg a examine le
developpement des sporules de plusieurs champignons, et il a
toujours vu ces sporule- s'allongcr, soit par un seul ou par deux
points de leur surface, et donner naissance a un ou plusieurs fila-
Bntaniquc. i63
mens tubulenx , qui s'allongenient et s'cntrecroisaient de maniere
a former une sorte de byssus. M. Elircnberg a voulu distlnguor
dans ces filaniens une radicule et une plumule; mais il avoue lui-
meme qu'il n'a pu observer aucune difference entre ces deux or-
ganes. II admet cependant des analogies qui nous paraissent bien
forcees entre ces diverses sortes de germinalion, et celle des
jjlantes phancrogames; il chercbe egiilement a definir ee que
c'est qu'une sporule, et il est oblige d'admettre que ce n'est ni
une veritable graine , ni une genime analogue a celles des plantos
phanerogames; il avance alors une nouvelle opinion tres-inge-
nieuse, et qui, malgre sa singularite , a bien quelques faits en sa
faveur : les sporules ne sont, suivant lui, que des embryons nus;
leur mode de formation vient assez a I'appui de cette opinion,
mais leur germination presente plusieurs obstacles contreson ad-
mission. D'apres cette maniere de voir, les vesicules membra-
neuses qui renferment les sporules seraient phitot des graines a
plusieurs embryons, comme on en a quelques exemples dans les
plantes phanerogames, que des fruits polyspermes; ces sporules
ou embryons nus donnent naissance , par leur developpement,
a des filamens byssoides qui forment la plante cryptogame elle-
meme, suivant M. Ehrenberg, tandis que la partie qu'on nomme
liabituellement champignon, et qui porte les sporules , n'en est
que les organes de la fructification , et ne forme ainsi que la
fleur ou le fruit de cette plante byssoide, qui est le plus souvent
cacliee dans la terre.
Mais ce fruit lui-meme peut se presenter de deux manieres dif-
ferentes : tantot il est forme par des filamens libres et dislincls
qui s'elevent de cette base byssoide, a laquelle M. Ehrenberg
donne le nom de rhizopodc , et chacun de ces filamens porte ou
des vesicules remplies de sporules comme les mucors , ou des
sporules eparses a sa surface comme les hotrytis ; et tantot le fruit,
ou ce qu'on nomme le champignon , est produit par la reunion ,
rentrrcroissement et la soudure d'un grand noinbre de filamens,
qui, s'elevantd'un meme point du rhizopode, forment ainsi les
grands champignons, tels que les agarics a clavaircs, les lyco-
perdons. Les sporules sont renfermees dans les extrcmites ren-
flces de ces filamens, ou eparses a leur surface , et la difference
entre les champignons dont les sporules sont placecs cxterieure-
ment, et ceux oil elles sont contenues dans un peridium, ne depen-
drait que de la direction des filamens, qui dans les uns vicnnent
1 64 Eotam<iiie.
tons se leriiiiner vers la surface cxleine, tandis que dans les autres
ils se reflechissent vers I'interieur. Celte maniere de concevoir
rorganisation de ces vcgetaux est Ires-ingenieuse, el parait bien
d'accord avec la plupait des fails observes; elle conduil M. Eh-
renberg a admclfre parmi les chanipit^ndiis deux grandcs classes.
La premiere renfenne les genres a filaiiiens frucliferes disliiicis;
il les novame fungi idloloci. La secoiide coniprentl tous ceux qui
resultent de la reunion de plusieurs filamens frucliferes; il les
noTAxne. fun g'l ccenotoci. Ces derniers, d'apres celte maniere de
voir, sont analogues parmi les vegelaux aux polypiers et aux ra-
diaires composes parmi les animaux.
Ce memoire est termine par quel(|ues observations raicroscopi-
ques speciales sur plusieurs champignons, lels que VOitleum fruc-
tigcnuni^ Scbmidt; le Rhizopus nigricans, Eiirenberg; XErjsibe or-
biciilaris , Ehrenb,; VE/jsibe bioccl/titti, Ehvenh. , et la Clovaria
canaliculala. Ad. B.
128. TVouvEL EXEMPLE d'une crappe DE RAISIN developpee au
milieu d'un tronc de vigne sans aucune trace de fcuillcs , et
iin mot sur la faille.
Le phenomene signale sous ce litre s'est manifeste, il y a quel-
quesannees,a Franconville.il a germe a i'un de raes espaliers,
niais avec celte difference que la saison n'a point conlrarie I'a-
berration de la nature. Celte grappe sans feuilles , et placee a la
base du tronc , a acquis la maturile et la grosseur des grains du
ceps qui couronnait le mur de I'cspalier ; inais la physiologic
vegetalc fail rentrcr dans les lois de la nature ces pretendues er-
rc'urs; et que dc phenomenes elle opere, quand I'art prelendu
de la laille en esl la violation, au lieu d'obeir a eel adage de La
l-\)nlaine, Brise-moi ta serpette , instrument de clomuiage !
(Quelle etenduenepourrail-on pas donner a eel article ! mais je
me borne Ji un seul fait, celui d'un gourmand que, dans les prin-
cij)es de la taille, on x'ecepe , el qui, conserve pour«^lre arque, a
porte 463 poires superbes et excellentcs; ensciant ce gourmand
a sa base et le detachant de I'arbre, c'est ce riche bouquet que
vous eus-siez teuu dans la main; loujours esl-il qu'il existe un
trop grand noinbre de temoins des phenomenes de ma direction
horizonltile et nrquec des brom lies d'urbres h fruit, pour ne pas,
avec le leiiips, ramener la classe eclairee des proprielaircs a
abaudunnrr la taille. A. -A. Cadft-de- Vaux.
Bol unique. iTo
129. Nova genera el species plan tarum qtias collogeiunt IIiih-
liOLDT el BoNPLAND , clc. ; aucl. C. IvuNTH , I'asc. XX VII. A
Paris, chez Gide.
Au cominenccmenl de celte livraison , on troiive les dernieres
planles de la famille des Rosacees , le Prunus salicifolia el Wi-
nijgda/us rnicropkyl/a, especes indiquees comme nouvelles.
Apres les Rosacees, se presentenl les Chrysobalanees (\m Weu
sont qu'iin demeaibrement propose par Brown , et qni nieriteat
a peine d'etre separees d'elJes. Les Chrysobalanecs comprennenl
liansle livre de M. Kunlli le Chrysobalaiius Icaco .Tacq., XHirtcllei
hexaiiclrii \Villd.,le iiitida AYilld., et \e poljamlra , espece nou-
velle. A COS plantes succedent les Leguviineitses . donl les deux
)ireniieres seclious, \ci Miiiiosces et les Ccanlpiniers , sont trai-
lees dans la livraison que nous annoncons. La ])remiere com-
])rend 7 genres, savoir : Mimosa, Schran/;ia , DesiliaJithus ,
Acacia, Inga , Prosopis el Adenanthera. Sural Mimosa, 18
avaienl deja ete indiquees par 'W illdenow, d'apresdes eehantillons
envoyes par M. de Humboldt , ou bien ellcs onl ete decrites par
M. Kuntli lui nienie dans son niagnifique ou\rage des Mimoses
ct autres U'-guuiinciiscs du I^ouvcau-Coiitincnt ; les seuls Mimosa
adha'tens, hispidula, somniculosa, n'avaient point ete publies jus-
qu'ici. M. de Humboldt n'a rapporle qu'un Schran/ua , Vhatnata
qui a deja ete indique par Willdenow. Des 4 esj)eces de Desman-
thus le leptophylliis seul avail deja ele indique. Le genre Acacia
coniprend 32 especes donl les multijlora , riparia, snhtilijiora
n'ont ete jusqu'ici decrites dans aucun livre. Parmi les I»gn ,
donl le nombre s'eleve a 35 , les sahttaris , Candida, cataractai >
ornifolia, lucida,.sapida, Humholdtiana n'avaicnl point encore
ete indiquees ailleurs. Sur 7 Prosopis , les especes apjielees iner -
mis, microphylla , duhia sont entierement nouvelles. U Adenan-
thera Bonplandiana est la seule espece du genre, et elle
parail pour la premiere fois. De celte plante I'auteur passe aux
Cesalpiniecs , et , dans une note qui supj)Ose les observations
les plus etendues , il dt^signe les genres qui doivent tire rai)por-
tcs a celte section. L'auteur commence !a section des Cesalpiniees
par \e.Brownea, qui comprend deux especes deja connues. Le
Pauletia en comprend l\ , savoir : les glandulosa , picta , multi-
iiervia et gi'aucescens , qui n'etaient pas encore decrits. Dans le
nouveau genre Cusparca , qui est un demenibrcmenl du genre
Buuhinia , ratitcur ne place qu'unc espece, Cusparca pes capnc
1 66 Botanique.
( B pes cajj/cE Cav.). Enfin la livraison se termine par deux es-
peces de Bauhinia, genre que I'auteur a travaille d'une maniere
nouvelle. On salt combien on eprouve de dif'Kcultes quand on
veut decrire les Lt'i^umineuses d'une maxiiere complete ; I'auteur
a su trioinpher de ces difficultes , et nous ne pourrions qu'appli-
quer a celte livraison les eloges que nous nous sommes fait un
devoir de donner aux precedentes. Aug. de St.-Hil.
i3o. Illustratio Generis AcoNiTi atque Delphinii; auctoreL.
Reichenbach. In-f. avec fig. col. Leipsik; i%iZ. Hoffmeisler.
En 1 8 19, M. Reichenbach publia a Ratlsbonne une Disserta-
tion sur le genre Aconituin , dans laquelle il fit connaitre un
grand nombre de formes nouvelles, ce qui le porta a creer aussi
beaucoup d'especes. Cet ouvrage, accompagne d'une synonymic
incomplete , fut recu par les botanistes selon les idees que cha-
cun d'eux s'etait formees sur la valeur des caracteres qui doivent
distinguer les especes. Le plusgrand nombre le regarderen t comma
rempli d'innovations qui, loin d'cclaircir I'liistoire des Aconits ,
en augmentaient beaucoup la confusion. M. Reichenbach se plaint
de la maniere legere dont on I'a juge sans connaissance de
cause, puisque, dit-il , on ne possedait pas les materiaux dont
il s'est servi. Ayant ensuite entrepris la Monographie du genre ,
il se vit bientot oblige par le mauvais succes des i^es, planches
de donner une autre forme a son ouvrage. C'est done sous le
nouveau titre A' Illustratio generis Aconiti atque Delphinii, et
aux frais de M. Frederic Hofmeister, de Leipsik , qu'il public son
travail sur ces deux grands genres de la famille des Renonculacees.
Letextedecet ouvrage, ecriten latin et en allcmand, est ainsi
coordonne : en tete est plac6 le nom de la section des Aconits
a laquelle apparlient la plante, puis le nom de I'espece, la cita-
tion des planches et les synonymes en langues vulgaires. Vien-
nent ensuite la ])lirase caracteristique de I'espece, le nom de la
variete, ses synonymes dans les auteurs , et I'explication d's figu-
res. M. Reichenbach a joule une phrase qui ex[)riiue les caracteres
essentieis de la variete et une description detaillee de tous
les organes; il indicjue ensuite les variations accidentelles de la
variete , sa patrie , sa station et I'epoque do sa floraison. Enfin
des observ.itions critiques tcrmincnt I'hiitoriquc de la plante. II
est aise de voir qu'un pared plan doit rendre I'ouvrage aussi
coniplet que possible ; mais peut-etre dolt-oii craindre qu'il n'ac-
Botaiiiqite. 167
quiere pai-Ia une longueur deuiesuree. Comme c'est d'apres ce
plan que toutes les especes et varietes sont traitees, nous n'y
reviendrons pas en parlant de cliacunc d'elles ; il suffira deles
indiquerici avec leurs synonyines et leurs patries.
Les livraisons de cet ouvrage contenant une suite de descrip-
tions et de figures isolees les unes des autres , ce qui occasione
nn melange des especes A' Jconiturn et de Delphinium^ nous
parlerons d'abord de celles du i*"^. de ces genres , puis nous
inentionnerons a leur tour les secondes.
C'est aussi d'une maniere extremement delaillee que les ca-
Kictcres generlques sont exprimes. Ainsi , apres avoir indique la
classe et I'ordre de Linne, la famille naturelie et la section aux-
queiles appartient le genre, aj)res avoir donneln citation de tous
les ouvrages ou les genres sont traites, M. Reichenbach expose
le caractere generique qii'il divise en factice et en essenliel, et
dont il subdivise chacun selon Linne ou selon Jus^ieu; niais il
est bon d'observer que les caracteres exprimes par ces auteurs
reposent sur des organes identitjues, dont la nature a ele mc-
connue par Linne. II suffisait done pour I'Aconit , par exeni-
ple, de donner ses caracteres universellement admis, et d'indi-
quer que la corolle et les nectaires decrils par Linne sont la
meine chose que le calice et les petales aux yeux de M. de Jiis-
bieu. M. Reichenbach etablit ensuite les sections du genre; elles
sont au nombre de 3 , savoir : i". jiconita Helleborina , parce
que ses Aconits out quelques rapports avec les Hellebores. Celle
section, irop pen nombreuse en especes pour ^Ire subdivisee, a
recu un second rioni ( Anthoroidea). i°. Aconita genuina , sec-
lion la plus nombreuse et formant le centre du genre. Elle est
subdivisee en cinq petits groupes nomm^s Napelloidea, Corj-
thceola , Calliparia , Euchylodca et Cammaroldea. V. Aconila
Dclphinastra , dont le nom indique les affinites avec les Delphi-
iiiutii , ne formant qu'un seul groupe ( Lycoctonoidea ).
Les especes et les varietes du genre Acortitiun conlenues dans
les 5 premiers I'ascicules sont les suivantes : i". Aconituin Napellus
L. , tlont les varietes ci-apres designees occupent .'( planches;
A. Napellus Srhleicheri ; A. N. Schlcicheri luxurians ; A. N.
coinpactum ruhellum ; A. N. lobelia num alhljloruni ; A. N. Bau-
hini. 2". % varietes de VAconilum Caininaruin L. , designees par
M. Reichenbach sous les noms A' A. C. gracile et A' A. C.judcu-
Oerf-e/tse. 3". Aconituin nasutuin¥\&c\itr. Les 3 varielts nommtes
1 68 BotunUiue.
p;ii- I'auleur, ariguslijoliuin, lutijoLmin jHnvifloiuin et liilijoliuirt
gnuidifloruiii occupcnt i plandies de la livraison. Cet Aeonit , a
en juger par la synonymic , avait cte rapjiofte a la vai.-icle/«^/f«-
bcrgen.se et a IV'spece ^. rostratuin de Bernliaidi par M. Se -
ringc dans sa Monographic des Aconils, publiec an connnente-
nient de 1823. 4". Aconituin rostnituin Bernli. et D. C 5". Aco-
nituin hnmtschaticwn Willd. Herb. Cctte espece serait-elle ia>
varietc indiquee de V A. TSapcllus indiquiie par Bl. .Scringe sons
lenom ie Semigaleatum einpiunle a Pallas qni , I'ayarit tiouvee
au Kaintschatka, I'avaitainsi noninice provisoirenienl ? M. Rci-
(henbach en a iiguie une varitte ( lu.cnrians ) , reinarciuable par
i'aniplitude de toute ses iwrlies. 6". Aconitum ma.xiinuin Pall.
7". Aconitum oc.hotense. Cette plante , eivvoyec par M. Fischer,
a ele trouvee pres d'Ocholsk dans le gouverncment dlrkoutsk.
Welant pas mentionnec dans le Prodroinus dc M. Decandolle
ct nc pouvant la rapporter avec certitude a aueane espece pu-
hliee dans cet ouvrage, news allons laiie connailre s:i phrase
specifique : A. nectariis crectis , gihbo continuo , filatnciitis ^la-
brixy cassifle lieinispkaerico-conicd obtusd , pedunculis patcnli-
bus, labio bilobo. 8". Aconitum gilbiferum. Cette i>lantc, envoyee
de Russie par M. Fisclier, Ircs-lacile a reconnaitre par la gibbo-
sile qui se trouve sur le devant des capuchoiis de la eorolle ,.
nous semble la menie que 1'-/. gibbosum de M. Seringe ( Monogr.
et Prodrom. liegn- \'eget,, p. 69 ). 9". Aconitum Lubarsliii
Reichenb. Nouvelle espece du Ramtschalfo,, qui nous semble
former une varietu de VA. pnniculatum de Lamarck et D. C.
10°. Aconitum KuznezoJiiYke.\i-Ai. 11°. Aconitum Fischeri. Cesdcnx
esjjeces nouvclles sont aussi indigenes du Ivamtscharka. i^t". Aco-
nitum ambiguum Reich., de Siberie. Les phrases spceifi{|ues de
ces plantes olf'rant seulemcnt des caracleres compajatif's, nous
rroyons inutile de les prestulcr ici. i3". Aconitum tortuosum
"Willd. et D. C. 14". Aconitum volubiL- Pallas ct ^Villd. Cette
espece se rapporte a \ A. ciliare de M. Uecandolle, !'«/•. oli-
gotrichum. i5". Aconitum villo\uin. C'est encore tnie varietc de
VAc. ciliare et la mdme que M. Dclessert a ligucec dans ses
J concx selects , v. i , tab. 63. La varietc nQifimcc J/c./:uoium p.u-
M. Rcichcnbach , conlirnic I'idcntilc de ces phuilcs. i(j'. Im/ii-
turn flaccidum Reich. Plaiile appartenaiit igaleiiuinl a la nieinc
csj)ece tpie la preccdcnle. 17". Aconilum oricntidc Willd.. ou^
J. ochrolcuium Wiild. ct I). C-
Boianiqtie. 1 69
Trois especes seulcment de Dolpliinium sont tltcriles et fign-
it'cs diins I'puvrage de M. Reichenb^ieh. 11 nous suf'fira de les
uientioiiner, a I'exceptioa de la i"^*^. doiit noiib donnerons le
c:iraftei'e abrege , a cause de sa nouveautc. Dflpliiniutn h'ors-
hahlii Reich. Caule subeiecto ,foUisque irtferioribus tridcntatis ,
superioribus lineari-acutis , puberulis , racemis paucifloris , para-
petalis obovato-lanceloatis. Cette espece a ete rapporleedu dc-
troit des Dardanelles par Forskahl.
D. AcoiiltL L. , ou Aconitum monogynum Forsk. , plante qui
habile Ic ineme pays que la precedente.
D. gjamVJlorum L. Var. (^/we//«/Relchenbach. G.-n.
i3i. Plant* Varvicenses selectse; or Botanist's Guide through
the county of Warwick. Plantes choisies du comtede Warwick,
ou Guide du Botaniste dans ce comte; par W- G. Perry. Un
vol. in-8°. de 120 p. Warwick, 1820.
Get ouvrage est un simple inanuel d'herborisations destine a
fairc connaitre I'habitation de toutes les plantes i-aVes qui crois-
sent spontaneraent dans le comte de Warwick , un de ecus qui
occupent le centre de I'Angleterre, enlre les 52*^. et 53*^. degres
de latitude. 4o,i especes, tant plianerogames que cryptogames ^
y sout enumerees dans I'ordre et sous les noms adoptes par
Smith, pour la 3^ edit, de son Compendium Floire BritanniccE.
L'article consacre a chacune d'elles indique le noin de la plante
en latin et en anglais; le mois de la floraison ; le numero de la
])lancl.e de V English Botany oil elle est figuree; et les diverses,
localitcs oil elle a ete observee solt par Ray et Hudson , soit par
Wilheritig, Turner, Dillwyu et Purton , soit par I'auleur lui-
uienip. A la suite de ce catalogue, dans lequel le Valeriana rubra^
te Datura stramonium , le Polygonum fagopyrum et le Fu-
mcuia lutca semblent avoir ete admis trop legerement comme
plantes indigenes, on trouve une table alphabctique des lieux ,
avec la position et la distance de chacun d'eux , en milles anglais,
rclativement a la ville la plus voisine. I.e but de I'auteur n'ayant
point ete de fairc mieux connaitre les plantes du pays, mais seu-
lenicnt de faciliter aux commencans les nioyens de decouvrir
idles fpii , piu- Icur rarete, offrcnt un inleret de plus que les
Aulres, il poiiviiit , a la rigueur, se disi)enser de les «lecrire, et ,
en el'lcl , K'ri < .irattcrcs generiques et s])eciiiqucs niantjucnt lota-
leuieul (i.iiis sou ouvrage. J. (^iay.
1 70 Botaniqiie.
i32. Gramine£ SicuLiE ; auct. Car. Briwogo Presl. Pragje,
1818. [Giorn. dell' Ital. letter.^ torn, lviii , no. 56, mars et avr.
1823. )
L'auteur, dans coUe enumeration , adopte les sections etablies
j)ar M. Kunth ( Mrm. clu Mus. lorn. 11 , p. 72 ). Nous citeious
seulemcnt les genres dont chacune d'elles se compose , et nous
nous contenterons d'indiquer les principales espcces , ainsi que
celles decrites pour la premiere fois par l'auteur.
I. (iramma panicea : Piptatherum ( P. ccerulescens Beauv., mi-
lium Pers.) Milium, Digitaria , Panicum, Setaria , Tragus.
II. Gramlna stipacea : Stipa.
III. Gramina agrostoidea : Lagurus , Polypogon , Gastridium,
Calamagrostis , Czernya : Panicula composita , ramosissima >
Gluma itniflora,univah'is,paleam involutam glabram includens.
Squama:... stigmata.,,, semen.... {^C, Arundinacea. Genus dica-
tum in memor. Joann. Czerny , medic, doct. et edit, plurim. li-
brorum botanicorum saeculi i5ti. ) Apera Willd. ( Far. fromlosa
P. agrostis *rcn. — Far. glaucescens P. ■ — Far. pulchella P.)
[P. pallida P., Arundo arenaria Pers.) Alopecurus, Phleum,
Psamma. Achnodonton, Phalaris, Chilochloa.
IV. Gramina bromea.
1. Avenacea : Corynephoron , Holcus, Hierocliloa [^F.Par-
viflora. P.] Anthoxantlium , Aira, Arrlienateruin, ( A. bulbosum
Pers. avcna elatior B. Villd.) '\v\%Q\\iim{T . splcndens P.l Avena [A.
pcnsjlvanica Pers. A. atkcrantha et convoluta P.) Gaudinia,
(G.fragitis Beauv. Avena Pers.)
2. Arundinacea : Donax. (D. Sativa P. Arundo Donax L. — D.
Ampelodesmos P. Arundo tenax AV.)
3. Bromea genuina. Bromeorum reliqua. Chrysurus, Scsleria,
(■9. nitida Ten.) Cynosurus , Kceleria ( K. splendens P. — K. tuni-
<-atn P.) Dactylis, Glyceria , Festuca. ( F. cetnensis, sicula, multi-
flora P.) Bromus. {^B .fasciculatus, paradoxus P.) Brachypodiuiu
[D. contractum et cespitosum P.), Festuca cespitosa Desf. atl. Me-
lica , ( M, minuta P. aspcra Desf. all., pyramid a lis Desf.) Briza,
Poa , [P.fertilis P. , serotina Sclirad. german. , anceps P. ) Era-
grostis. ( E. pilosa Beauv. ) Megastachya ( M. scersioides ,
Iriticea. )
V. Gramina cliloridca : Sclerochloa , Dactyloleiiium , [D.
yEgyptiacum 1^ . Willd.) , Cynodon. '
VI. Grainin;! liordericea : /Egylops. ( /7i'. «7i/rtfl<« P.) Trili-
Botanique. 1 7 i
cum. ( T.strictum P.) Agropyrum , Loliuni , Secale, Hoiileum ,
Ophiurus. ( O. incurvalus Keauv. , Kotthjella incurvata L. ■ —
<:otnpressa P.) Monerma , [M. stricta.) Lodicularia.
VII. Gramina saccharina : Saccharum , Imperata, {^l.arundi-
iiacea Cyr. ia&c. Sacchar. cylindricum Pers. ) Erianlhus, Andro-
pogon , ( A. hirtus All. W. — J. angustifoHiun Smitli , prodr.
Fl. gr. A. Ischcemum L. Les redacteurs pensent que le nom spoci-
fique Ischcemum de Linne dolt etre conserve, M. Smilli ne I'ayant
change que parce qu'il a suppose que YA. Ischcemum I. etait X A.
/>>/oi7«c/V//e Lam.) Heteropogon , Apluda, Sorghum.
VIII. Gramina oryzea : Oryza.
IX. Gramina olyrea : Zea.
Le tableau presente environ i5o especes, dont -ili nouvcUes.
C'est un travail utile sans doute, et il serait a desirer que
les principales families des flores specialcs fussent examinees
avec le meme soin. Wous regrettons seulement que M. Presl n'ait
pas nomme les auteurs des genres, et qu'il n'ait pas indiqne avec
plus d'exactitude les auteurs des especes. Par excmple, plusieur^
especes, decrites et dcterminces par Linne, ne portent pas
meme son nom. D — u.
1 33. MONOGRAPHIE DE LA FAMILLE KES ElvEAGNEKS , par
M. Achille Richard. {Mem. de la Soc. d'Hist. Nat. de Paris,
t. i".,p.375.)
Sous le nom d'Elaeagnees M. de Jussieu avait forme une
famille que cet lllustre botaniste et M. Robert Brown speciale-
ment ont depuis divisee en plusieurs ordres distincls. II rcsulte
du travail de M. Richard que de tous les genres rapportes
d'abord aux Elaeagnees, on ne doit laisser dans cet ordre na-
turel que ceux qui, ayant I'ovaire supere , presentent un seul
ovule ascendant, un embryon egalement dresse, place au centre
d'un cndosperme charnu tres-mince et enfin dont le fruit est in-
dehiscent, sec, membraneux et recouvert iminediatement par le
tube du calice qui devienl charnu. Ces genres sont YElaagmis
et XHippophav, auxquelsil faut ajouter les deux genres nouveaux
Shepherdin et Conuleum.
Des autres geiues d'abord places dans les Elseagnees ct qui s'eii
distinguent surtout par leur ovaire infere, les uns ayant I'ovaire
uniloculaire, contenant de trois a cinq ovules attaches au som-
nict d'un placenta central, et I'cmbryon rcnversc au centre d'un
i 7 2 Botaniqne.
cndosi)prme cTiarnu , forment la nouvclle fnmille des Santatacees
de R. Brown: lels sont les genres Thcsiuin, Leptomeria , Oxyns,.
Chorctrum, Fusnnus. Exocarpus el le santaluin d'abord j)lace dans
les Onngraires, etc.
Les autres , dont les ovules pendent immcdiatement du soni-
met de la loge, sans placenta central > dont I'cmbryon est ren-
verse et sans endosperme, constituent, avec quelques genres mu-
nis d'une coroile et classes par M.dcJussieu parmi Ics onagraires,
le nouvel ordre naturel que M. Brown propose de nominer
Combrclacees, danslequel vient se fondre celui que M. de Jussieu
avait anterieurement appele Mirobalanees; tels sont les genres
Biicida, Tenninalia, Paincea, Cornbrcturn, Conocarpus, Cacouciii,
Laguncularla , Chunclioa et Tanibuca.
M. Richard caracterise ainsi, d'une manlcre abrcgee , la fa-
niille des Ela?agnces et les quatre genres qui la composeiit :
Elsagne.i:.
Flares dio'ici, rnriits hcrinnphrodUi : masculi subamenlifonncs ,
'i-l\-%-andri ; starninibus inttorsis, iubsessilibus , bilncularibus :
fcvininci in a.rillis Jolioruni aut apice rainuloruin varie disposili ;
calyx tubidosus limbo crccto nut piano y intcgro aut q.-1\ fido ;
discus faucein ohturans aut nullus ; ovarium e fundo calycis as-
surgens nee cum illo coalilum, i-loculare , i-ovulatum , ovulo as-
ccndenti subpedicellato ; stylus brevissiinus , stigma linguiformc ,
subulatum. Nux calyce haccato et akenio Crustacea constans.
Semen erectum ; endospei-mium carnosum , tenue ; embryo intra-
rius , homotropus.
Arbores aut arbuscuhc foliis alternis aut oppositis , integris,
cxsiipulatis.
A. Flores herniaphroditi.
Kl/ea<;nus L. Juss.
Calycis tubus gracilis , limbo campanulato , t^-^t fidn, ivquali ;
discus annularis aut bijidus ; stamina 4-5. ISux calyce bnccato,
intits osseo et akenio constans.
B. Flores dioici.
HippoPHAK Null. Rich.
Flores masculi, amentiforines !\-andri: fcvminei tn a.villi.\
folioruin solilarii ; calyx tubulosus apice, bijidus, clauuis ; discus
nullus ; fructus calyce baccato et akenio constans.
]»i boule cspccc de ce geiiic ot V Hip/jopfiur r/ia/n/ioidrs L.
Bolanique. ij3
Shephrrdia Nutt. Rich.
I^lores mnsculi amentifonnes ^ andri : fccminei (xp'u e ramnlornin
incemosi; mlycis limbo piano, regiiUiri, t^-partilo ; discus glan-
tlulis 8 constans fnucein calyci^ obturnntibus. Fntctus hippophaes.
A ce genre se rapportent V Hippophaii canadensis L. et Hippo-
phae ai-gentea de Pursh.
CONULEXJM Rich.
Flores masculiignoti : fceminei in cucilhs foliorum racemosi ;
cnljcis limbo conico, integro, opice perforato,circumcisse deciduo;
disco conico , apice perforata.
Ce genre se compose d'une senle espece qui est un arbustc
originaire des furets de la Guyane.
L'auteur decrit avee soin tontes ccs especes. Sou niemnire est
terminc par une monographie abregee de toutes les especes qui
forment la famille des Elaeagnees el par deux planch^s analyti-
qucs represenlanl les caracteres des quatre genres qui compo-
sent ce groupe natiirel. C...N.
J 34. OSSERVAZIONI SOPRA I CENERI PhaSEOLUS ET DOLICHOS.
Observations sur les genres Phaseolus et Dolichos, W. me-
moire , par le D"". Gaktano Savi , prof, de botanique a I'U-
niversite de Pise. ( Nov. Giorn. de' lett. , n**. XIII, p. 9?.)
Dans un nuincro precedent, nous avons donne un extrait de
la i'^ partie du travail de M. Savi sur les genres Phaseolus et
Dolichos, et nous avons commence I'exposition soramaire de la
monographic, par la i""^. section des Phaseolus. 11 faut ajouter ix
celle-ci une nouvelle espece que l'auteur caracterise ainsi :
Ph. abyssinicus Savi: caule flexuoso ; leguminibns hirlis,sub-
torulosis ;rostroobtusiusculo, subincun'n;semine cylindrico, trun-
catojerrugineo- opaco, rninutissime exaspernto, diedaleo ; areold
m<uginatd; glanduld basilari, obcordatd, sulcata. Celte plante
est fort semblable au Ph. mango, dont elle ne s'eloigne que par
de Icgeres differences dans le fruit et la graine.
Le seconde section du genre Phaseolus se compose des es-
peces qui ont Icurs fleurs reunies en Icte, la carene mutique, en
forme de faux , et dirigee a droite. Voici leurs phrases car'ac-
teristiques.
Ph. angulosus Ortega : caule volubili; leguminibus subpen-
dulis, tcretibus, rectiusculis, glabris ; rostro acuminalo ; seinine
1 74 Botanique.
ohlongo, suhtetragono,piceo; areola lineari marginattl; glaiiduld
basilari, ohconlatd , sulcatd (Savi). C'est line planteannnelle qui
croit spontancment dans rAmerique septentrionale. Ph. fari-
nosus Linn. : canlc volubili ; leguminihtis subpendulis, torulo.w-te-
retihiia , rectiusculis , glabris ; rostro acurnlnato ; scmine ohlongo,
suhtetragono , lepidoto ; areola lanceolato - lineari marginatd ,
glanduld basilari, compressd, 5«/c«f« (Savi).CettepIante annuelle
est indigene des Indes orient ales.
La plus grande ressemblance de port, de feuilles et d'inflo-
rescence, existe entre ces deux plantes; et si Tauteur n'avait pas
observe des differences tranch<^es dans leurs graines , il est don-
teux qu'il se ful resolu a en faire deux especes distinctes. C'est
aux botanistcs classificateurs a apprccier la validite de ce ca-
ractere. M. Savi observe que I'une et I'autre ont une grande
disposition a varier dans leur feuillage.
La 3^, section est caracterisee par ses fleurs disposees en
epis, sa carene mutique en liaraecon et tournee a droite. EUe ne
renferme que I'espece suivante :
Ph. semi-erectas Linn. : caule demiim volubili ;legurninibus sub-
patentibus, rectis, subulato-compressis; rostro acuminato ; seminc
ohlongo, obtuso, suhrenifonni ; glanduld basi/ari, bilohd [SaVi).
Cette plante tres-bien decrite et figuree i)ar .Tacquin { Collectan.
1, p. i34; Icon, rarior., v. 3, tab. 558), est annuelle et indi-
gene de I'Amerique meridionale. M. .Savi en mentionne unc
nouvelie variete qu'il avail recue sous le nom de Ph. radiatus ,
dont les feuilles sont plus etroites et les fleurs plus grandes.
Elle pourrait etre cultivee comme plante d'orneraent , en raison
de la beaute deses fleurs, qui durent jusqu'a la fin de I'autorune.
G.,..N.
i35. Description d'un rouveau genre de Narcissees, voisin
du genre Ajax de Salisbury; par A. H. Haworth. [Philos.
Magaz., dec. i823, p. 44o. )
Ce genre dont nous avons annonce, dans I'avant-dernier nu-
mero de ce Bulletin, I'etablissement, et qui a recii de son au-
teur le nom de Diomcdes, est ainsi caracterisc : Corolla liinho-
hcxapetalo-partila , tubo clavatirn cylindraceo , valido , corona
mediocri poculiforini, petala semi-a'quanti ; genitalia recta, fila-
menta suhcequalia , tubo semi plusve dcorsiim connata ; anthercc
cxigiice , lineares, erectee. Ayant deja cmis une opinion sur la
Botanique. lyS
confusion qui pourrait resulter de radoption du nom propose, a
cause de sa consonance avec d'autrcs iioms generiques usites
en histoire' naturelle , nous n'y reviendrons pas ; nous nous
bornerons a indiquer, d'apres I'auteur, les affinites de ce nou-
veau genre avec les genres Ajax et Queltia de Salisbury; il dif-
fere du i**^. par I'insertion des filets, ainsi que par la forme du
lube et de la couronne; et du second par son tube, son style
et sa couronne. II a ete forme aux depens du genre Narcissus
de Linue, sur 2 plantes que Parkinson avait figurees avec des
phrases descriptives {^Paradis. 78, t. 3, et /j), et qui sont ori-
ginaires des Pyrenees. Voici les caracteres essentiels de ces
deux especes :
Diomedes minor Hav?.: filamentis tribus apice solum liberis,
stylo corona breviore.
D. major Haw. : corollce laciniis oris reflexis , filamentis plus-
quam semiliberis , stylo coronam cequante. Suivent les descrip-
tions detaillees de ces deux plantes. G....N.
i36. Sur le nard inhique, par Sprencel. (Stoltze, Berlin.Jahr-
biich., annce 24 j i"^*^- part. , pag. 5, 16. )
Anderson, chirurgien anglais a Madras, a montre que Ic
terme nar etait employe par les Tamouls pour exprimer une ra-
cine odorante; de la est venu le terme nard chez les Grecs.
Will. Jones apprit que le nard indique se trouvait dans le Ne-
paul et le Boutan, sous le nom de jatarnansi, ou plus genera-
lement celui de sumbulkindi, et qu'il etait la racine dune Va-
leriane , la Faleriana jatamensis , Jones. Telle est sans doute
celle que designe Dioscoride sous le nom de Gangitis , et Pline
sous celui d'Ozoenitis.
Uandropogon nardus de Linne est une autre plante de la fa-
miile des Graminees, ou le spicanard.
Quant aux nards d'Europe, ils resultent pareillement de plu-
sieurs especes de videriane; on en distingue de deux especes;
celui dit opstvTi , nard de montagne , et le vA-iyri de Diosco-
ride, ou nard celtique, faux nard ■jo.ijSi-m ; on rapporte celui-
ci a la Faleriana celtica L.; mais il est plus vraisemblable que
Dioscoride parlait de la racine de Faleriana saliunca , de Jac-
quin et autres.
Le nard de montagne est rapporte a la racine de Faleriana tu-
hcrosa \u, qui se trouve sur le mont Cenis et d'autres monta-
17G Botdn'mue.
gnes , soil (I'ltalie coinme les Aponiiins, soil ile Ilongrie, (^Uv
J. J. \.
137. Die DEiiTSCHFN Rbombef.rstrauchf.. Rilhi gerinaniri. T.cs
Ronces allemandes, decritcs et representees par les 1)"^'. A.
Weihe et Ch. G. Nees von Esenreek. Bonn; 1822. In-fol.,
rah. I el 2.
Willdenow faisait souvenl rciiiarqnei' a ses elcves la grande
variete des ronces rcpandues siir le sol d'Allcniagne, et expri-
mait le voeu que Ton s'occupat a en Lien distinguer les diverses
cspeces , qui devaient avoir ete souvent confondues. Les deux
savans autenrs de I'ouvrage annonce se sont occujjes de celte
niatiere, et onl laclie de fournir des niateriaux pour la mono-
grapliie des Rubiis. lis avouent que pliisicui's raisons qu'ijs de-
taillcnt rendent la distinction entrc les diverses especes diffuiles.
A la fin de I'inlroduction ils out rasseniblo les nonis que le Riihiis
a recu des anclens et des modernes, ainsi que les delinilioiis
donnces par les auteurs de I'antitiuite.
Voici les especes qui sont decriles et figur<5es dans la i*^*". li-
vraison : Riibus plicatus , fastigiatus, affinis (4 variotcs), nitidiis,
ron/ifolius , rhainnifolius , fruticoxus , el tomentosiis Borckb. l,c
texte est en allemand et en latin, et contient une synonymic tres-
amplc de ces especes et varictes.
138. ROSARUM MONOGRAPHIA , OR A BOTANICAL HISTORY OF
ROSES. Monographic des roses , on histoire bolanique des
roses; par J. Lindlet, esq.; avec un appendice pour I'usagc
<les cultivateurs, oil les plus remarquables varictes des jardins
soul systematiquemenl di.'.posees, avec 19 pi., dont 18 lie-;-
bien col. i vol. roy. in-8. Prix, i c. 1 s. liOndres ; 182/1 ;
J. Ridgvvay.
189. Degas plantarum Mycetoidearum quas in itinrre bra.si-
liensi observavit C. B. A. Marth:s. Cum tab. sen. inc. [Nov. act.
Jc(i(L Loop. Cffs. not. cur., T. X, p. 5o3.)
Sur les 10 planles decriles el bien figurees dans ce memoire,
9 apparticnnent a la faniilie des Mucedinecs ct a la section drs
Mucors, c'est-a-dire a ces champignons filamenteux dont les fi-
lauiens , presquc simples , se renflcnt a Icur extremile en une vc-
sicule qui renfermc lessporulcs. Trois especes apparticnnent au
vrai genre Mucor, qui, d'apres Martius, nc doit rciifermcr que
BotaiiUjiie. \nn
los <»sp(-ccs dnnt les filamens sont simples et nns. II donrio a cos
especps les noms de Mucor cyanocephalus, M. arcuattisel M. au-
reus. Qiiatre anires especes forment uti nouveaii genre auquel
M. Martins donne le nom de Thelactis. Ce genre ne differe
du precedent que par les filamens snpportant les vesicules qui
presentent un on jjlnsieiirs verticilles de filamens simples, phis
minces et terniines parune fres-petite vesicule. Ces pelits cham-
pignons, tres-elegans et voisins du genre Tkamnidium^Ae Link,
croissent au Uresil sur les plantes en putrefaction.
Uneantre plante du meme gronpe , decrite dans ce memoi-
re, se rapporte au genre Didymncrater etabli par le nieme an-
tenr dans sa Flora cijptogninira Erla/}^ensis , lequel a ])rofite de
cette occasion ponr faire figurer et donner une nouvelle des
cription de I'espece europeenne qui sert de type a ce genre.
M. Martins derrit, sous le nom de Diamphora , un autre
genre nouveau de cette meme tribu, tres-voisine du Didjmocrn-
ter, dont il ne differe qu'en ce que les vesicules, en forme d'ur-
ne operculee , qui terminent les filamens , au lieu d'etre geminees
et sessiles a leurs extremites , sont portees sur deux filamens di-
stincts qui forment; inie bifurcation a I'extremite du filament
principal.
Le dernier genre dticrit dans cette decade porle lo nom de
Cirrolus ; il appartient a la famille des Lycoperdacees. C'est un
tres-petit champignon dont le peridium est simple et renferme
une columelle tordue en spirale qui se developpe avec elas-
ticite apres la rupture du peridium et qui est converte de spo-
rules. II croit au Bresil sur les bois morts Ad. B.
i/io. Rapport sur les plantes rares ou nouvelles qui ont fieuri
dans le jatdin botanique de Geneve, pendant les annees 1819,
i8'2o et 1821; par M. Decandolle. In-/,, de 33 p. Geneve;
Paschoud ; iSaS.
Ces plantes sont au nombre de 20. Nous donnerons les carac-
teres des plus remarquables , et nous offrirons un extrait des
princlpaux developpemens que quelques-unes ont fournis a
M. Decandolle.
Clematis pan'l/lora. Dec.
Jquilegia atropurpurea W. ; dont YA. brevl tyln W., \A
dahurica (Pair. Deless. ic. sel. ) , conserve comme especc dans le*
B. Tome IL
12
lyS Botanicjuc.
Sjst. de Decandolle, et XA.fscheruma [J. atropurpurea ,Y\&c\\),
lie sont qne des vari^tes.
Pnssiflora ligularis Juss. Ann. miis. 6. 40. Qiielques details
sur cette plantc sont suivis d'une noiivellc division dii <i;enre Pas-
siflora en 7 sections, fondees sur ia presence 011 ['absence des
vrilles, I'absence ou la grandeur de I'involucre, le noinbre des
lobes du calice, etc., Astrophea, Pnlynnihca, Tetrapathea , Cie-
ea , Decaloba, Granadilla (section dii P. ligularis), Dysosmia.
Cerasdmn Biebersteinii Dec; repens Bieb. Fl. t., different
dn repens , voisin du tomentosum.
Lavatcra subocata, Dec. L'auteur elabllt, pour le genre La~
i'atera,'i sections designees par Irs noms de Olbia : receptacle da
fruit conique , vertical et saillant. Axolopha : rec. tronque et
])onssant lateralement des cretes verticales, etc. Anthcma : rec-
ni saillant ni charge de crates.
Prrii<tern punicea DC
Geraniuin vlassovianum , longipes.
Pelargonium nobile , P. J atrophcp folium DC.
Bodonaza dioica Roxb. M. Decandolie discute la synonymic de
quelques especes de ce genre, principalement des D. viscosa y
angustifolla (nora donne par qnelques auteurs a 6 especes bien
distincles), et dioica.
Nemopanthes: Flores abortu dioici polygamive ; cat. minimus
via: conspicuus ; pet. 5 distincta, oblongo-linearia, decidua ; stam.
5 pet alls aherna; ovar. hcmisphcer. , succo viscose obductum ;
stylus o; stigmata 3-4 sessilia, in masculis vix manifesta; Dac-
ca suhglobosa "^-It-locularis , 'i-lfSperma,
N. canadensis Dec. llrx Mick. F).
Sempervivum cKspitosum Cbrist. Sm. Ce nom specifique ayant
ete donne par Cli. Smith lui-nume a ectle plante, qu'il avait de-
couverte dans la grande Canarie , et adople par M. de Buch dans
sa liste des plantes des Canaries, pub! iee d'aprcs Smith, doit ^tre
prcfere aux ciliatum W. et Simsii Sweet. M. Decandolie en
recut en f^vrier 1816, un echantillon cueilli dans I'ete de
181 5. Au bout d'un an de sejourdans son herbier, ayant encore
de la vie, il fut mis en terre, y vegeta, et c'est de lui que pro-
viennent tous les pieds qui sont a Geneve.
Stacliys tcnuifolia, Fisch. Cat. de Gorenki.
. Stachys prostrata , provenant de graines envoyees sous ce nom
par Lagasca.
Botanique. i yg
Stachys spectabilis Choisy, provenant de graines envoyes par
M. Fischer, sous le nom de S. germanicce ajfinis.
Mentha blamla,^Toyex\im\-Ae graines envoyees par M. Wallich
sous ce nom , que M. Decandolle crolt devoir substituer a celui
de inicranthn qu'il avait donne precedemment a cetle piante.
Veronica camea, DC, ayant des rapports avec les V.arguta
et media.
Ricimts Icevis , DC.
Iris spathulata Sweet, spuria Curt., Bot. mag.
Espcrons que M. Decandolle conlinuera de nous faire part
des richesses de son jardin, ainsi que des observations qu'elles
lui auront donne ocasion de faire. . D-u.
i4i. Projet d'une Flore physico-geographique de la vallee du
L^man; par M. Decandoile. Brocb. de 16 p. in-8. Geneve;
1821 ; Paschoud.
Cflle petite brochure commence par des considerations snr
la composition des flores locales et sur celle du Leman en par-
ticulicr. Si Ton peut admettre des limites artificielles pour Ics
flores generales, il n'en est pas de meme des flores locales qui
doivent reconnailre des limites nalurelles; « les bassins formes
» par les depressions du terrain sont les meilleures divisions
M qu'on pulsse suivre dans ce cas. «
Quant aux grands bassins, par exemple ceux de la Loire ou
du Rhone, on doit les subdiviser en prenant soit des bassins se-
toiidaires ou Icrtiaircs, soit des points ou le bassin se resserre
par le rapprochement des montagnes. Ainsi le cours du Rhone
offre cinq divisions principals. Pour les plaines, on peut se con-
former a la nature du terrain; par exemple VOasis grcnitique
du Morvant , au milieu de pays calcaires, ferait une bonne divi-
sion. Le florisfe, apres avoir iixe les hmiles de la flore, doit
i^tudier la gt'ographie physique de ses divisions d.ms toutes les
branches liees avec la vegetation. Ce n'est qu'apres ces prclimi-
naires qu'il commcncera le travail de la flore proprement dite.
Aucun pays ne reunit autant de circonstances favorables pour
un pareil travail que la vallee du Iceman ; nul autre ne presen-
taiit autant de variations soil dans Ifs expositions et les hauteurs
soil dans la comjiosition mineralo^ique du sol, et n'aynnt etc
i8o Botaiiitjnc.
autant observe sous ces dif'f'erens rapports. Oulrc cela, riiistrnc-
tion y est si gi'iieraleincDt n'-pandue, que M. Docamiolle a pii
trouver pres(]ue dans chacpie coinuuine un colLiboialciir qui se
sera charge de la flore particuliere ile son ])etit caalon. L'her-
bier qui resuhera de toutes ces collections sera depose dans le
rausee de Geneve, oil il servira ile type. MM. Soret et Necker
foiirniront ies observations relalives a la physique et a la minera-
logie.
Enfin, line des principales garanties de la superiorite de ce
travail sur tout ce que nous connaissons d;ins ce genre est le
nom de celui qui le dirige. M. Decandollepensait, en 1821 , que
tous Ies renseignemens nucessaires pourraient etre reoueillis au
bout de 2 a 3 ans. Nous devons done esperer jouir tres-prochai-
nement de la Fiore du Leman. D-u.
i/(2. Statistique do departkment des Bouchks-du-Rh6ne
t. 1, Partie botanique,pv 571 — 722. Marseille; 1821.
Celte partie du superbe et utile ouvrage qu'on doit aux soins
eclaires de I'administration du departement des Bouches-du-
Rhone, ainsi qu'aux travaux et aux lumieres des savans charges
de sa redaction, n'est point une nomenclature aride, mais ui>
tableau fort interessant des vegetaux de ce departement, consi-
deres sous le rapport de la vegetation et sous celui de ieur iiti-
lite. II est <livise en 4 paragraphes :
1°. Vegetation naturelle ;
2°. Vegetation artificieUe ;
S". Usages et proprietes des plantcs t
4°. Tableau general des especes vegetalcs.
1". Vegetation naturelle. L'aspect du dt'pariement pourrail ,
au premier abord, donner une idee defavorabie de sa vegetation ;
mais lorsqu'on le parcourl en detail , on y decouvre de nom-
breuses richesses, ce qui est du , surtout dans Ies regions raon-
tagneuses , a la grande variete de positions et de hauteurs, a la
chaleur du cllmat , enfin ;\ I'influence exercee par TApennin, Ics
Alpes et Ies Pyrenees , qui formcnt autour de ce pays une espece
de ceinture.
Le 1*"". paragraplie , comi)renant la botanique dans le sens
rest-reint , se divise en 3 parties : vegetation des montagnes et des
vallees ; vegetation des bassins et des plaines ; vegetation des
i
Botnnique. i8i
bonis de lamer. Celtc division fort rnisonnable elait cominandee
par r<5tat actuel de la science. La i"^". partle estdi\isee en 5 her-
borisations; la 2". en ^ ; la 3". en 5. Nons ne suivrons pas les au-
teurs dans ces details, qui offrent iin grand inleret pour les na-
liiralistes du pays; nous exjjriinprons senloment le regret que
les habitations respectives des plantes des valices et de celles
des montagnes , sous le rapport de la hauteur et de Texposition,
ne soient pas toiijours indiquees d'une maniere assez tranchee.
M. Toulovizan , dont le zele et les connaissances variees ont
tant contribiic au succes dn present volume, et a (jui les suivans
auiont anssi de nondireuses obligations, s'est assure qii'il y a une
difference sensible dans le port des cryptogames, selon la nature
calcaire ou volcanique des roches sur lesquelles elles croissent.
Palisot deBeauvois, a qui i! avait communique des echantillons de
lichens, /noussps , etc. , recueillis sur les deux roches, partageait
son opinion. II est fort a desirer que le travail commence par
ce dejnler sur un sujet aussi important, soit continue par
M. Toulouzan , et appuye d'observations faltes dans les princi-
I)ales monlat;nes d'Europe et des autres parties du monde. On
sail que piusieurs botanistes eelebres, entre autres M. de Can-
dolie , ne reconnaissent ancune difference de ce genre parmi les
jdianerogames.
I-a vegetation du bassin de Marseille merile une attention
particuliere. Elleoffre, dans I'espacie de quelques lieues, la reu-
nion de tontes les plantes de la France meridionale, I'olivicr, le
figuier , le pistachier et le caprier , importes par les Plioceens,
enfin quelques groupes des pinus pinea et nlepc/nis , qui sont
jiresque les seiils restes des forets qui couvraient le territoire de
Marseille du tenqis de Cesar.
2". TY-gctation artifiriclle. La culture des plantes exotiques
parait etre plus avancee et plus repandue a Marseille et dans les
environs que dans le reste de la France. Cela provient de la
grande quantitc de jardins botaniques et d'etablissemens purti-
cnllers d'horticulture qui existent dans le departement. I^es pro-
gres dans ce genre sont meme tels que la vegetation a change
d'aspect , et que le platane , le catalpa, le faux acacia , des erables
et peupliers etrangers, le maronnier d'Inde, etc., ont presque
completement remplacc Torrae, le tilleul el les aulrcs arbres in-
digenes.
3". Usages , etc. Les differentes families sont ici passees en re-
i82 Botanique.
vue selon Torihe de la Flore frantiiise ( a*, edit. ). On voit avec
regret que quelques pLinles tres-coiiiiiumes de ce pays iie sont
point utilisees conime elles pourraicnt I'etre. Ainsi les Calama-
grostls arundinacea et arcnaria , fouiniraient , comino celui-
ci dans la Belgique, un excellent moycn pour fixer les sables
mouvans, et le Croton tinctorium, fort commun en Provence,
serait peut-^ire , comme avant la revolution , una source consi-
derable de richesses.
A la fin de ce paragraplie se trouve un tableau general des
produits naluieh dcs vcgetaux. Yoir» les, articles les plus rcmar-
quables : les champignons produisent uiie valeur de 18,000 fr. ;
]es simples, comme vu/rieni ires , purgati/s , etc., environ 10,000;
les huiles essentielles , la nieme sonime; les cannes ( tiges du ro-
seau cultive), i5,ooo; les rosea ux de mara is , servant d'engrais
pour les vignobles, 200,000; les tvrges d'osier, 26,000 ; W^sbaiais
debruyere, 3o,ooo; \aprete, i 0,000, etc.
Le cliapitre de la botanique se termine parune listede 2,366
plantes, portant les nonis latins et les n»s. de la Flqre francaise ,
et I'indicatiou des localites. D-u.
143. The English Flora. Flore d'Angleterre ; par sir J. E. D.
Smith, vol. I-II. in-8°. Londres, 1824.
L'Angleterre est un des pays les »nieux connus sous le rapport
de la botanique. Si elle nc coinpte qu'un tres-pet it nombre de Flores
partielies, aucune autre contrce, excepte TAlleinagne, ne possede
autant d'ouvragcsgencraux. Lcplus ancienparait etre le Pbytolo-
giabritannica de Hors , public en i65o, et conlenanl deja 1260
plantes. Ce nombre fut peu augmentc par Merrctt , qui con-
sacra aux vegctaux la plus grande parlie de son Pinax rerum
Naturalium britannicarHin { 1667). Le catalogue et surtout le
Synopsis de Ray rendirent ces ouvrages inuliles. Le dernier ,
qui a ete reimprime deux fois , est toujours consulto.
Le systeme et la nomenclature deLinne, adoptes seulement en
partie dans la Flora britannicn de Hill ( i 760 ), opererent , \n\r les
efforts deplusieursbotanistes, et surtout par la publication de la
Flora anglica de Hudson ( 17G2 ), un changeinont total »lans
I'etude de la botanique en Angleterre. L'ouvrage de AVitliering ,
qui eut trois editions, contribua beaucoup a y riipandre Ic gout
decette science. Nous ne faisons point mention de cjuelqucsautrcs*
d'une nioindre imporiaucc.
Boianiqne. 1 83
Mais aucun auteur n'a, sous ce rapport, aussi bien merite
de son pays que celui du present ouvrage, qui, depuis ])lus de
tretite ans, fait, de I'elude des vegetaux d'Angleterre, sa princi-
pale occupation. U English Botany et la Flora britannica sont ju-
ges ; ce dernier sera toujours cite comme un modelc du genre.
UEnglish Flora en est sans doute une 2**. edition. Egalement
redigee d'apres le systeme de Linne, elle offre la meme distri-
bution dans les details. L'execution est semblable ; seulement les
descriptions sont en general beaucoup ])lus detaillees , surtout
pour ce qui regarde la fleur et le fruit. Mais ce qui lui assure
un avantage incontestable sur la Flora britannica, c'est I'indi-
cation des rapports naturels. On y trouve meme les caracteres
dequelques families, par exempledes Cfperacees, des Graminees,
des Lenticulariees , des Solanecs , des Borraginees , des OinbelU-
feres. Nous donnerons un apercu dece qu'ilpeut y avoir de plus
important dans V English Flora.
M. Smith pcnse, conlre I'opinion de M. Brown, dont nean^
moins le travail sur les calamaricehxi a ete tres-ulile, que la pre-
sence ou I'absence des poils ne doit pas etre admise , dans cette
famille, comme caractere generique; il I'emploie seulement
comme caractere specifique , par exeniple pour distinguer los
Sci/pus caricinus et ru/us. Ces poils sont pour lui une espece
d'appendice de la grainc, a laquelle ils restent attaches. ( PP.
XXII. et /,9 — 5o. )
Les caractere des Grarninees sont en grande partie empruntes
a M. Brown. Le Glyccria , applique par ce dernier au Festuca
( Poa ) Jluitam , se trouve augmente ici des Poa aqitatica ,
distans , inaritima, rigid a , et procunihens Curt, et Fl. Br. M.
Smith serait tente d"y joindre les P. annua , trivialis etpralcmis,
comme ayant aussi les stigmates rameux et plumeux , caractere
que M. Brown regarde comme un des plus imporlans. Cette
augmentation du genre Gljceria a ete faite egalement dans la
Flore d'Allemagne de MM. Mertens et Koch , qui a paru I'an
dernier. — Le Triodia decumbens R. Br. est adopte. — Le Cala-
//irt^A-o^to Roth, est rej ete comme fondo sur un caractere trop
peu important, les epillets solitaires ; ct les especes qui le com-
posaient sont, comme dans les Flores de Hooker ct de Mer-
tens et Koch , rendues au genre Arundo.
Les Ombelliferes out ete , pour M. Smith , I'objet d'un travail
particulier. Les differcns auteurs qui s'cn sont occupes ont varie
1 84 Botanique.
dans le dcgre d'importanccqu'ilontdonnca qiielques caiacteres.
Cesalpin separa cettc famille si natiirelle. Morison mit le fruit en
jjremiere ligne ; mais il admit , comme caractere genorique, les
I'euiilcs, qui ne peuvent offiir que des caracJercs specifiques.
Rivin se borne au fruit, sur les modifications duquel son tablrau
est exclusivemcnt fonde : metliode iiisuffisante sans donte , inais
qui atteste le bon esprit de son aulcur. Arledi, et, apreslui, Linne,
domierent une grandc valeur a riiivolucre et a rinvoiucelle.
Cranlz ctablit la 1'' . division sur les ailes et les cotes ou les stries
des graines , sans exclure les involucres comme caracteresdc sec-
tion. Cusson revint au fruit , qu'il analysa avec plus de soin que
ses predecesseurs ; il decrivil le periemhryuin ( perisperme J. ),
et donna beaucoup de valeur a la forme variee de ce corps. V. le
Memoire de M. de Jnssieu , [Mem. de la Soc. dc Med. ])our
1783.) M. de Jnssieu a conserve les involncres comme cararteres
secondaires. M. Sprengel leur rend quelque importance. II se-
rait trop long de citer Ions les botanisles qui se sont exerci's
sur ce sujet. Enfin M. Smith exclut I'involucre , dans I'cinploi
duqnel Linnc s'est niontre , dit-il, infidcle a ses principcs , et il
donne comme un excellent caractere la presence ou rabsencc
du renflement du receptacle a la base des styles. II trouve dans
sa melliode I'avantage de maintenir les rapports naturels et de
conserver la plus grande parliecles genres de Linne.Les aulres,
en petit nombre , sont de Tournefort, Adanson , Cusson mss. Le
Cnidium a etc etabli par ce dernier. L'auteur n'a point forme
de sections.
II adopfe la separation du Juncits en deux genres; mais le
changemcnt de Luzula en Lucioln [Lurriola est Ic nom cite par
Dodoens comme ayant ete donnc a YOphioglossiiin ) , ne nous
parait pas suffisamment motive, le noni de Luzula parait de-
Toir rester.
Le genre Rosa est divise d'apres I'absence ou la presence des
poils glanduleux , la forme des aiguillons et la reunion ou la
separation des styles.
Ces deux volumes rcnferment les douze premieres classes de
Linne, et conticnnent environ 780 espcccs, c'est-a-dire a pen
iires 80 de plus que ces memes classes dans le Flora hritannira.
II nous senible qu'il y anrait quelque avantage a citer les
Flores etrangeres un pen plus que ne le fait M. Smith et que ne
le font en general les auteurs d'ouvrages de cc genre. ( On sent
Botanique. 1 85
qu'il n'est ici nullement question des pl.intcs Irs ])Iub comnumcs. )
Cliaqnc Flore offiiralt ainsi une espcce de coinparaison , qm-lquc
defocturuse qu'elle soil, dc la vigetalion des dilTcix^iilcs contrees
d'Europo.
Nous croyons superflu de])arler des descriptions deM. Smith.
On salt combien cet autcur apporte d'exaclitude et de nettetc
dans ses compositions. L'ouvrage est ecrit en anglais, comme
celiii de Hooker. Ce hiit est iouahlc ; nous pensons toulefols que
Ics jilirases specifiques auraient da etre donnees en latin , ce qui,
sans empecher celte Flore d'etre nationalc , Tnurait mise a la
porteed'un plus grand nombrc d'etrangers.
Nous avons remarque avec plaisir que I'auteur , suffisamment
fort de sa langue, a cru devoir la debarrasser de plusieurs expres-
sions latines (jui I'avaient envahie , telle que glabrous , cordate ,
sulcate , triquetrous, etc., substitues sans necessite a. smooth,
neaitshaped, furrowed , triangular, etc.
L'ouvrage est ])recede d'une jireface, qui conlient, sur I'liis-
toire des Flores d'Angleterre et sur le propre travail de I'auteur,
des details interessaus. II nous reste a exprimer nos voeux pour
que M. Smith nous donne egalement ses idees sur les imj)ortanles
families qui lui restent a traiter, et pour que cette excellentc
Flore soit promptenicnt termint5e. D - u.
j44. Flora fpinensis, or a Description of planles growing
near Edinburgh. Flore d'Edimbourg, ou Description des
plantes des environs d'Edimbourg, arrangees d'apres le sys-
teme de Linne, avec une introduction sur les ordres natu-
rels de la cryptogamie , et avec des pi. , par R. Rate Greville.
I vol. in-8. Prix, 16 sh. Londres; 1824; Cadell.
145. AuGSBURGiscHE Blumenlese. Introduction a la Florc d'Aug -
sbourg, ou Catalogue des plantes des environs d'Augsbourg ;
par W. DE Alten. In-8. Prix, i flor. 12 kr. Augsbourg; Wolff.
146. Systematisches Verzeichniss der bey Tiibingen wild
vyachsenden Phanerogamischen Geweclisc , etc. Catalogtie
systematique des plantes phanerogamrs des environs de Tubin-
gue; par le Prof. Schebler. In-8. Tubinguc; 1823.
Un ouvrage semblable a paru il y a environ 5o ans, sous le
litre de Flore de Tuhingue, public par le Prof. Gnielin.
1 86 Zoolo^ie.
i47- Flora uer Gecend um Dbesuen. Flore ties environs di?
Dresde; par le D*^. G. Ficinus. 2*. et tleriiiere partie : Cny-
togamcs avec 2 pi. fol. Prix, 2 tlilr. 12 gr. La i*^*. partie coni-
prcnd les Phanerogarnes,et coute 2 tblr. Leipzig; Brockhaus.
i/|8. Collections botaniques. M. Jean Seigersclimidt, ts-
sayeur iinj)erial et roval , a Kapnik en Transylvanie , offre aux
amateurs dcs collections de plantes de Transylvanie. II faut af-
frantliir les lettres.
149. Lecons de Floee. Cours de botanique, explication des prin-
cipaux systeines , introduction a I'etude des plantes; par J. L.
M. PoiRET., ex-prof, d'histoire naturelle , etc. Edition classi-
que. In-8. de 24 feuil. Paris; Panckoucke.
i5o. MoRT DE M. J. FoRi-.ES. (ZowJ. Z/V. G«s., avril 1824, p. 219.)
La mort vient de frapper un jeune botaniste qui , par son zele
et ses connaissances , avail inerite d'etre charge d'une mission
importante de la part de la Soclete liorticulturale de Londres.
M. John Forbes, a peine age de 25 ans, etait j)arli en fevrier
1822 avec I'escadre commandee par le capitaine William Owen ,
etdont I'objet etait la surveillance des cotes orientales d'Afrique.
Apres avoir louche a Lisbonne, Teneriffe, Madcre et Rio-Ja-
neiro, il avail ensuite scjourne au cap de Borine-Esperance , a la
baie de Lagoa , et a Madagascar, d'ou il avail expedie dcs col-
lections dont la beaute, le iiombre, la variete et le bon etal de
conservation avaient pleinement juslifie la confiance accordec a
M. Forbes sur la seule connaissance de son caraclere et de ses
talens. C'est dans une expedition sur la riviere Zambesi de la
cole Est d'Afrique que eel inforliuie jeune liomme a succombe.
Son but etait de faire 800 milles en canot sur la riviere, el de se
diriger ensuite au sud ^ers le Cap. M. Forbes etait eleve de
M. Shepherd dujiirdin botanique de Liverpool. G....N.
ZOOLOGIK.
i5i. Abbildungen aus i)em Thierreich. Figures d'animaux
gravees par M. C. Susemihl el peinles sous sa direction. In-
4., pap. vclin , liv. I — IV. Prix de ehaque liv., 3 flor. 36 kr.
Darmstadt ; 1 823 ; Leske.
II en parail 4 liv. par an , chacune de 5 pi. On ne dil pas qii.uid
eel ouvrage sera aclievc. {Jouin. gen. dc la Litt. Etr.,'\i\w. 1824,,
page I.)
Zoologie. 187
i5i. Sf.conpe partik uu catalogue dpscriptif d'une collection
zoologique faite dans I'ile de Sumatra et dans les terres qui 1 a-
voisinentj par sir Th. Stamford Raffles. (^Trans. Soc. Linn.,
torn. i3, part. 2, pag. 277. ) /^?'T-
OiSEAUx. Faico Ossifragus Linn. var. ; * diniidiatus , sp.
nov. ; Bacha Levaill.; pondicerianus Gmel. ; communis Gmel.
var. ; Nisus Linn. ; * caligatus , sp. nov. Sirix sumalrana , sp. nov. ;
Lempiji Uor!,{.-y * scutulata , sp. nov. Psittacus ornatus Linn.;
Galgulus Linn. ; malaccensis Lath. ; * siunatranus ^ sp. nov. ; Tro-
gon* Kasumba. ^ncco philippensis Lath.; Lathami Gmel.;* ver-
sicolor ,«,p. nov.; oustralis Horsf. Cuculusy/rti'/y.s- Gmel. ;4 Tolu
ou Centropus lepidus Horsf. ; * Malaya nus , sp. nov.; Bubutus ou
Ccntropus bubutusHorsf. ; melanognathus ou Phcenicophaeus mc-
lanognathus Horsf.; * sumatranus , sp. nov.; * chloropha;us , sp.
nov. Picus * (ifjinis , sp. no\.\puniceus Horsf.; badius, sp. nov. ;
tristis Horsf.; minor var.; Tiga Horsf. ^uccvoh Rhinoceros Iahu.',
* cavatus, sp. nov. ; * mo/ioccros, sp. nov.; galeatut Gmel.; * ma-
layanus, sp.nov. ; * Piisaran, sp. nov. Alcedo Iciicoccphala Gmel.;
atricapilla Gmel.; chlorocephala Gmel.; hispida Linn. , var.
bengalensis; cyanocephala Shaw.; frj<^ac<'j/a Linn. Merops * su-
matranus, sp. no\.;ja\'anicus Horsf. Trois oiseaux de la division
Piece gressoricE de Linne, ne pouvantserapportera aucun genre de-
critjdoivent en former deux nouveaux.Le i^"^., que M. Raffles pro-
pose de nommer Calyptomena , estainsi caracterise: Bee deprime
et large a sa base, crochu vers son extremite, cache par les plumes
dela tete; narinesrondes ;langueconrle. La seuleespece qu'ilren-
fei'meest le G. viridis, long de 6 pouces et demi. Elle est verte; les
plumes de son front dirigees en a vant sont noires a la base et vertes
au bout; ses ailes, assczcourtes, onl leurs couvertures superieures
iraversees par 3 bandes noires connne du velours; la queue est
composee de lopennes vertes en dessouset d'un noir bleuatre en
dessus ; I'iris est bleuatre; les pieds sont d'un noir bleuatre. Get
oiseau, dont le doigt exlerne est reuni a celui du milieu jusqu'a la
dernicre jointure, vit dans les parlies les plus profondes des for^ts
deSingapoureet dans Tin terieurdeSumatra.Sa nourritureconsiste
en graines sauvages. Les deux autres oiseaux dont il vient d'etre
fait mention apparticnnenl au genre Eurylaimus d'Horsfleld (/^oj.
Bull, de 1823 , to. 1, n°. 369 1. Leurs especes ont rccu lesnonis
d'E. lemniscatus tl lYK-oc/iromalus. Certhia Sperata Linn. ; ery-
thronotos Lath. ; * .S/7fl;v//Vi , sp. nov.; yrti'<7«/tYT ou Ncclarinia
1 88 Zoohgie.
juvanica Horsf. ; longirostra Lath. , ou Cynniris longirostia
Horsf. Corvus Corrtx Linn. Myiothera hracltyura \\\\^.\ affirus
Hprsf.; * ccerulea, sp. nov. Coracias Puella Lath.; orienlalis
Linn.;* sitinatrantts, sp. nov. Gracula ri'ligiosa. Oriolus chi-
nensis Linn. Lanius Bentct Horsf.; * gularix , sp. nov.; Strigu on
Ceblephyris Slriga Horsf. ; Icucor/iynchos Linn.; * coronatus , s[).
nov.; inaltdjuriciis Lath. ; inxidiator ou Tardus chalybeus Horsf.;
* musicus, sp. nov.; macrourus ou Titrdits macrouriis Gmel. ; oh-
sciiiti.s ou Muscicapa ohscurn Horsf.; * ruficeps, sp. nov.;
xanthogaster , sp. nov. Turdus cochinchinensisGmc\.;JJaininem
(Muscicapa) Gmel. analis Horsf.; dispat Horsf. ; * melanocepha-
lus, sp. nov.; scapularis [Jora scapularis) Horsf.; * Str-iga, sp.
nov.; * arnbiguus, sp. nov. Muscicapa ccerulea Gmel.; javanicn
Sparm. ; * rufi^astra , sp. nov.; * latirostris , sp. nov, Motacilla
iadica Gme\.* bistrigata , sp. no\.; * gala r is, sp. nov. ; * olt-
vacea , sp. nov.; * sepium , sp. nov.; frontalis [ Sitta Horsf.)
Loxia philippina Linn.; Malacca \An\\.;oryzivora lAnn.;* leu-
cocephala, sp. nov.; />r(7.9Wrt .Sparm. K\m\Aa pratensis Linn.;*
Letti, sp, nov. lYwnndo esculenta Linn.; rusticalAnn.; urbica
Linn. Caprimulgus europceus. Columba Jambu Gmel.; cenca
Linn.; * badia , sp. nov.; javanica Gmel.; vernans Linn.; cur-
i>irostra Gme\.; amboniensis Linn; Turtiir Linn.; bantamensis
Sparm. Pavo cristatus Linn. ; bicalcaratus Linn. Phasianus
Gallus Linn.; ignitus Lath; Argus \Ann.\* cry'thropltthaliniis ,
sp. nov. ; * tm/ms- , sp, nov. Tetrao viridis Gine\.;* occllatus ,
sp. nov.; * curvirostris , sp. nov.; * sinensis Linn.; luznniensis
Gmel. Ardea alba Linn.; dubia Gmel.; * sumatrana , sp. nov.;
inelannlopha, sp. nov.; ciiinanomea Gmel. ; />>/c<rt , sp. nov.; ja-
vanica Horsf. Tantalus Ibis var. ; * cinercus, sp. nov. Scolopax
arquata Linn., var. Gallinago Wnn.; capcnsislAnn.; * suma-
trana, sp. nb\. Gnar&Av'ms OEdicncrnus lAnn.; pliivialisHAnn.,
var.; Hiaticula Linn., var. Rallus gularis Horsf.; * sumatrana,
sp. nov.; * fasciatus, sp. nov. Gallinula orienlalis Horsf. Ster-
na slolida Linn.; Cantiaca Gmel.; panayensis Gmel.; * suma-
trana, sp. nov. Pelecanus philippcnsis Gmel.; * manillensis
Gmel.; leucocephnlus Gmel.; Sula Linn. Plotus melanogastcr.
Dans le genre des Canards, Anas , ic plus comnsun est une <s-
pece voisine de VAnas Crccca de Linnc.
Amphibif.s. Rl. Raffles rcnonce a donncr pour celte classe, et
pour Ics suivantcs, des descriptions aussi delaillees que cellcs
(ju'il a jointes aux cat.ilogucs des mammifercset des oiscaux.
Zoologie. i8()
Lcs Testudo Mydas ct iwhricotn sciil Irs ])liis coiriimincs a
Sumatra , ot lem* ecaille fait I'objet d'un commerce assez consi-
derable a Singapour ct nutres endroils. Deux cspeccs deTortiies
d'eau douce sent connnes dans I'ile sous les noms de Labi et Ba-
iling : Ton y connait des Tortues de terre, appelees kura kura ,
parmi lesquelles est probablement le Testudo serrata.
Le Lacertn Crocodilus est abondant siir les cotes , a I'embou-
chure des rivieres, et il atteint souvent une grande taillp. Un
Monitor, remarqnable par ses tacliesd'un jaune briilanl, et sa
taille, qui est quelquefois de six pieds, fait de grands ravages
dans les basses-cours. Une autre espece de Monitor, le Biavak
Poongor des Malais, differe de cehii-ci par sa queue plus courte,
et parce que sa nourrifure consiste en fruits. Deux espcees de
Gecko , I'un appele Toke, et I'autre Gogok ( d'aprcs leurs cris),
sont introduits par les habitans dans les maisons , ou ils chas-
scnt et detruisent les insectes. Le Draco folnns est tr^s-commun.
Trois especes de Btuia sont appelees par les Malais Kadok-
bolong-botong, Kadok-kang-kong et Kadok-kesse. lis se ser-
vent, dit-on , du cceur de la derniere pour preparer un poison.
M. Raffles a rccueilli environ vingt especes de serpens de Su-
matra, dontplusieurs sont nouvellcs. Le Coluber Naja, ou Cobra
dicapella, appele paries nalurels Ular malaharee, ou IJlar sindo,
est surtout commun dans le voisinage de Bencoulen, et Marsden
s'est trompe lorsqu'il a dit qu'il n'existait pas dans I'ile. II differe
ilii Waja de I'lnde en ce que sa couleur est plus claire, ou que
sa taclie , en forme de lunette , est moins apparente , el en ce que
ses dents sont plus petites.
Le Coluber buceplialus el deux varietes du gramineus &oi\\. -plus,
rares a Sumatra. Le Coluber mycterizans [i) est le plus commun
de tons les serpens de celte ile et des iles voisines ; on le voit le
plus souvent surles arbres. Une autre espece, qui lui ressemble
considerablement , et qui a la propriete de relever et de herisser
les ecailles de son ecu , est appelee par les Malais Ular lidi. Une
espece remarquable , I'Ular poochook, qui a quelque rcssem-
blance avec le Coluber gramineus , est appelee par M. Raffles
Coluber sumatranus. II a 4 a 5 pieds de long, 184 plaques
abdominalcs, %^ caudales ; sa tete est large, obtus(5ment triangu-
(1) Qui n'cst 1)33 le Dryi/ius mycierizans dc Mcrrcm , espece ame'ri-
<^3'"c. lYote du redacteur.
igo Zoologie.
lairc , a deux Inrges plaques sur chaque ceil ; sa coulcur est rertc
et cerclee de plusieurs annenux irreguliers et noirs ; sa f|ueue est
roufreiitre; ses dents a venin ont un demi-pouce de longueur.
II vit sur les arbres , et passe pour etre excessivement dange-
reux. Un autre serpent , Jrouve a Singapoure , ressemble a un
Dipsas par la grandeur de sea ecailles dorsales : sa couleur est
roueeatre, assez unifornie, mais plus feme vers la tete et plus
claire sous le ventre; sa laille est de six pieds : il n'est pas veni-
meux. Plusieurs autres especes ont aussi ete rccueiilies par
M. Raffles, et iiotamment I'Ular tanna , ou serpent de terre ;
I'Llar chindi , dont les cotes sont innrques de taches rouges; XJ-
crochordus fasciutus , ou Hyilrus granulatus , de Schneider, et
(pieiques autres Hydres , d'ospoces tres rapprochees.
Le Boa constrictor a etc quelqucfois trouve a Sumatra. Un
individu de cetle espece avait 1 1 pieds et demi de longueur.
PoissoNS. Cette partie de la colleclion est la moins riche, la
plupart des poissons recueillisa Pennang et a Singapoure ayant
ete perdus , et le temps n'ayant pas permis d'en faire toutes les
figures. M. Raffles se borne a donner la liste suivante des especes
les plus communes dans le detroit de Malacca et sur la cote nord-
ouest de Sumatra : Mura'iia i. Trichiiirus lepturus , L. , et nrgcn-
teits Sliaw. Gadiis I'au , L. Echcneis Nitttcratcs. Corjphtcnn
hinvurus. Gohius Schlosseri , Gobiits niger, et deux autres es-
peces du meine genre, probablenienl nouvelles. Coitus i. Zens i.
Pleuronectcs hilineatus , macro Icpidotus ? Zehra , et au'res.
ChcEtodon 7. Sparus 1. Labrus i. Scicena 4. Perca 10. Gastero-
<!teus I. Scomber madagascariensis , et cinq autres especes.
Tri"ln volUans , Silurus -i. Platystacus nnguillaris. Salmo i.
Esox Becuna. Belone mnrginntux. Exoccelits volUans. Poljnc-
mus 2. Clupea 11. Ostrticion cornutus. Tetraodon hitpidus.
Diodon Hyslrix. Srngnat/ius Hippocampus. Batistes aculeatus ,
et autres especes. Raia guttata , Thouiana , et huit autres
especes.
Insectes , Vers , etc. Plusieurs caisses d'Insecles arranges
selon le systeme de Linne ont etc cnvoyees de Sumatra en An-
gleterre. Le nombre des Crustaces recueillis ^tait de cinquante
especes au moins, dont plusieurs sont probablement nouvelles.
Enfin les zoophytes, qui abondent sur les coles de celte ile,
ti'ont pas ete negliges, mais seront dorenavanl I'objct de re-
cherches particulieres.
Zoologie. igi
l)ans Tin appendire a ce Memoire , M. Rnffles annonce qu'il
a recii reccmmcnt le Lemur Tarsier , un Biicerox nouveau, qti'il
nomine B. comatus , ctiine espi'ce de Strix longue d'envion deux
pieds , et trouvee dnns le voisinage de Bencoulen. Desm..st
1 53. Abbilduncen zur Naturgeschichtk Brasiliens. Reciieil
de planches coloriees d'animaux du Bresil; par le prince Maxi-
milien de Wied-IVeu-vvied; livr. IV, V, VI, in-fol. , fig. col.;
Weimar; i8a3 et 1824. {Fojez le tome 4 du Bulletin de
1823, n°. 328.)
I« 4<'. cahier de ce bel ouvrage se compose des descriptions
et des figures, 1". du Heron royal , Ardea pilcata Lat. — 2**. Du
Guigo ou Sapajou gris , Callitiix mclanochir pr. Max., espece
caraclerisee par les quatre mains noires, le corps convert de poils
longs et soyeux d'un gris cendrc, avcc !e dos chatain-rougeaire,
la queue longue ct lache d'un gris jnunatre ou blancliatre. Cora-
mun au nord du Rio Doce, sur toute la cote oiientale, an moins
jusqu'au Rio das Contas, et dans les forets interieures du serton
de Bahia.^ — -i^. Du Bradype a collier, Bradjpus torquatus.- — ■
3". et 4". Des Cavia Apcrea et rupestris. Celui-ci, appele M0J.0
(lU Cavie des rorJies , est un peu pluspelit que VAperea. Son pe-
lage est d'un gris cendre, mele de jaune-rougeatre et noiratre, cetle
derniere couhur dominant sur le dos; ses parlies inferieuressont
Llancliatres;son anus et le derriere de ses cuisses sont d'un rouge
de rouille. II a cti5 designe depuis long-temps sous le nom de Cavia
rupestris , par le prince de Neuwied (coj. Mamm. , p. ), et M. F.
Ciivier en a decrit les dents en lui donnant le nom generique de
Kerodon. On le trouve dans les lieux rocailleux de I'inferieur du
Bresil . a Belmonte, Rio-Pardo , pres duRio San-Francisco, etc.
■ — 5°. Du Sapajou a four du visage blancliatre, Cebus cirrifer
Geoff., Cebus lunatus Kulil.? — 6". Du Scriema ou Cariama de
'Marcgrvive , Dic/iolnp/ius cristcitus IW'ig. — 7°. Du Gotiariba rouge
ou Barbados , Sitnin ursinn Rumb. Mycetes ursinus Mamm.
On trouve dans le cinquieme, 1". le Teiou a flancs bigarres ,
Teius Jrneiva Merr. Lacerta Ameh'a Linn. — 2". Le Teiou a lignes
noires et bleuatres , Teius cyanomelas Schinz , regn. anim., t. II,
pag. 46. — 3°. I'Agame a chainettes, Agama catenatn Schinz, torn.
II, pag. 53. — 4''' Le Jaboutia taches orangees, Testudo tabulata
Linn.; T. tessellata Schn.; Chersine tessellata Merr. — 5". Le
Covroucoucou ou Curucucu de Marcgraff, Lachesis rombeata
if)2 Zoologir.
Prince Mrtxim.; Boa mttta Lacep. Crotalus inutus Linn.; Cophiaa
crolaliniis Merr. A la planclie qui represenlc re serpent avec ses
coulctirs dans I'etat de vie , en est jointc uiie aulre qui offre les
details des ecailles et des plaques de sa tete et de sa queue. — 6°. Le
Copliias vert, Copliias bilineatus Schiiiz. reg. anim., t. II, p. i43.
Enfin le sixieme cahier renfermc , i". I'Anoiis vert, AnoUs vi-
ridis Schinz. regn. anim. , torn. II , p. 69. — 2°. L'Anolis grele,
AnoUs gracilis Schinz , torn. II , p. 69. — 3". Le Boa annulifere.
Boa Ccnchria Merr. B. Cenchris Gm. et B. annuLifer Daudin. —
4°. L'Agouarachay de d'Azzara, Canix Azar-aeVr. Maxim., figure
sous le noni de Canis brasdiensis. — 5°. Le coral a anneaux sim-
ples, ii/rt/j^ corallinus Schinz. reg. anim., torn. II, p. 149. —
6°. Le Tropidure a collier noir, Lacertn hrcisiliensis ; Qetzpaleo
Seba Thes. , torn. I, pi. 97, fig. 4 , figure sous le nom de Stellio
torquatiis, Desm....st.
154. Zoological Researchfs in Java and the neighbouring
Islands. Rechercheszoologiquesa Javaet dans les ilesvoisines;
parM.TH. Horsfield; ]N°. VII. (Voy. le 7?«//. de mars, n°. Gi.)
Ce numero renferme les figures et les descriptions, i". du
Sciurus Plantani (c'est celui que MM. Geoffi oy et Desmarest ont
decrit sous le nom de bilineatus). Au sujet de ce quadrupedc ,
M. Horsfield donne un travail interessant sur tous les ecureuils
de rinde. II renferme plusieurs es])eces decrites pour la pre-
miere fois. — • 2". De la Lulra Irptony.r, nouvelle espece decrite
seulement dans les actes de la Societe hatave.— 3".Du Seinnopi-
therus Pyrrhus , espece nouvelle voisine du Cercopithccus aura-
tus , decrit par Geot'froy, dans les Annales du Museum. — 4"- Du
Rhi/iolophus nobilis , espece nouvelle. — 5". Du Brachyptcryx
inontana , genre et espece nouvelle dans I'ordie des passercaux ; il
en estcependant fait menlion dans la secondc edition de Latham,
sous le nom de mountaineer warbler. — 6". De YAnlea speciosa,
c'est \'Ardea malaccensis de Linnc. — 7°. Des Muscicapa Ba-
nyumas et Jiirundinaca ; celui-ci est le Muscicapa cantatrix de
I'ouvrage de MM. Laugier et Temininck ; — 8". Du Cuculus higu-
bris , espece nouvelle que M. Horsfield a decrite Ic premier,
mais qTii se trouve dans la secondc edition de Latham; 1821;
vol. Ill, pag. 28G, n". 32.
i55. OEuvres completes de Buffon avec les descriptions
ANATOMiQUES de Daubenton , nouv. edit., dirigcc par M. La-
Zoologie. 1 93
Mooixoux , Prot. d'liist. nat. : 40 vol. a 5 iV. 5o c. pap. fin, <t 6
ir. pap. sat. ^ paraissant cliaque mois. — 36 Uv. de 10 pi. a 3
fr. fig. noires, et ti fr. color. ; chcz Verdiere et Ladrange, quai
des Auguslins. {Foyczle Bulletin de ]an\ier , n°. 33.)
" Lesnombreusesreimpressions de I'Histoirenaturelle publiees
jusqu'a ce jour ne peuvent reraplacer les anciennes odiiions ,
originales et completes, sorties des presses de rimprimerie
royale. Les unes n'offrent qu'un texte altere, sous pretexle de
rectifier les meprises de I'un de nos plus grands ecrivaias ; d'au-
Ires, en siipprimant les citations , presentent sous une forme po-
sitive des faits douteux, avances d'une maniere circonspecte sur
la foi des voyageurs ; la plupart ont subi des retrancliemens con-
siderables, dictes par des vues particulieres , qui ne sauraient
convenir aux lecteiirs instruits ; enfin presque toules rejettent
coinine superfiu le travail important de Daubenton , travail au-
quel ce savant recommandable ctait eminemnient appele paries
qualites de son esprit. Le soin qu'il y apportait « est si grand,
» dit un excellent juge en cette matiere , que Ton y cherche en
» vain une erreur.... Les articles de descriptions et danatomie,
» ajoute-t-il , fournis par Daubenton, en font une partie essen-
» tielle et absolument necessaire a rintelligence du texte de Buf-
« fon , en sorte que Ton peut regarder comme tronquees toutes
« les editions dans lesquelles on les a supprimces. Cuvier. »
» C'est done un puissant motif pour ne plus separer les fruits
inappreciables des etudes de deux homines celebres, qui, par
des talens opposes mais egalement rares , semblaient destines
a se faire valoir mutuellement.
1) L'edition que nous annoncons sera fidelement executee ,
pour la purete du texte , pour le nombre et Texactitudedes plan-
ches, d'apres celle de I'imprimerie royale, in-4°. i749' Les sup-
plemens y sei'ont places a la suite des morceaux auxquels ils
appartiennent. Ellesera enrichie de I'eloge de Buffon, par Vicq-
d'Azyr, ainsi que de celui de Daubenton par M. Cuvier. On y
jolndra la synonymic de ce dernier, un tableau methodique des
especes decrites par Buffon, une table alphabetique des noms et
des syiionyines mentionnes dans I'ouvrage.
» M. Lamonroux , professeur d'histoire naturelle, correspon-
dant de I'lnstitut de France, presidera a la direction de cette
cntrciirise dont I'importance est un grand litre aux encourage-
mens du public.
B. Tome IL i3
ig4 Znologie.
» Lcs dessiiis sont coiirics a M. Meunicr, dcssinateur du Mu-
seum d'lilstoire ii.iturellc , et imprimes par M. Motte. ^ [Extraic
du Prospectus.^
Trois vulumes ct trois cahiers de planches sont deja publics
et nous ont paru remplir entierement Ips proraesses des editeurs.
Le premier volume de I'Histoire naturelle des quadrupedes , ren-
ferme le discours sur la nature des animaux, I'expositiou des
distributions raelliodiques des quadrupedes, I'histoire et les des-
criptions anatomiques du clieval et de I'anc. Ce tome est le lo^.
de la collection.
Le second, ou ii^. de la collection , eonlient I'histoire et les
descriptions du bceuf, de la brebis , du cochon et du chien.
Le troisieme, ou So*^. de la collection , prcsente le commen-
cement de I'histoire naturelle des oiseaux. On y trouve un ar-
ticle d'introduction sur le plan de I'ouvrage; le discours sur la
nature des oiseaux de proie, diurnes ou nocturnes, indigenes ou
etrangers, et I'histoire de I'autruche.
Une table raisonnee des matiei'es acrompagne chacun de ces
volumes , ^t contribuc beaucoup a rendre faciles les recherches
qu'on pent y faire.
Les planches publiees sont toutes relatives aux descriptions
contenucs dans ces trois volumes. IXous avons remarque avec
satisfaction que I'auleur n'a remplace des iigures de Bulfon , que
celles dont les modeles sont tres-faciles a trouver; mais qu'il a
soigneusement conserve celles qui, etant pour ainsi dire des
portraits, sont necessaires a Tintelligence des descriptions qui
les accompagncnt. Dest.l.st.
i5fi. Recherchrs sufx les osstMKNs FossiLEs, ctc. ; par M. le ba-
ron CuviER. Tom. 5*^., i"^*^. parlie ; contenant les Rongeurs,
les. Eden tes ct lcs Maramifercs marins. Paris, cliez Dufour
et d'Ocagne. ( Voyez le BulUuin de fevrier , n°. 237. )
Apres avoir remarque que si les vestiges des rongeurs sont
plus rares que ceux des mammiferes des autres ordres on doit
ratlribuer a leur pelitesse , et qu'il n'y a pas d'apparence que ces
animaux aient ele dans les anciens mondes en moindre propor-
tion relative que dans le uionde de nos jours, M. Cuvier se livre
d'abord a I'examen des caracteres osteologiques des rongeurs vl-
vans : il en fait I'objet de son 1*''^. chapilre. Dans un premier arti-
cle il place des observations siu- Ic caracterc de faniille de ces
Zoologie. ig5
tjuadrupeJes et sur la succession de leurs dents. Dans un second ,
il passe en revue les carncteres principaux des genres et donne la
description de I'osteologie de leur t^te. Le troisienie article, re-
dige par M. Frederic (^uvier, contient une description pluspar-
ticuliere des dents mol;iires des Rongeurs. Le quatrieme est con-
sacre a I'exposition de quelques caractercs que pcuvent fournir
les autres parties du squelclte.
Le cliapitre second contient la description des osseinens de
rongeurs trouvcs dans des couches fissiles, dans les cavernes,
dans les terrains mcubles et dans les tourbieres; chacun de ces
gisemens donne mntiere a un article separe. La description des
osseinens de Rongeurs trouves dans les platres et les breches osseu-
scs ayant ete inseree dans Ics premiers volumes de cet ouvrage,
M. Cuvier se borne a y renvoyer.
Ces ossemens appartcnaient, pour les especes des breches os-
seuses , a deux Lapins, un Lagomys et un Campagnol, et pour
celles des plalres a deux Loirs. La caverne de Kirkdale contient
aussi des os de Lupins, ou plutot de Lievres, et ceux de trois espe-
ces, au moins , du grand genre des Rats, dont deux appartienncnt
a la division des Campagnols. Les tourbieres ont olf'ert des os de
Castor. Les terrains meubles ont presente des debris de grandes
especes, dont une a ete decrite par M. P'ischer sous le nom de
Trogoiitherium. Enfin le calcaire fissile d'OEningen contient les
debris d'un rongeur a dents composees de lames transverses , qui
a ete compare tanlot a un Coclion d'Inde, tantot a unPutois, mais
que M. Cuvier considere comme elant d'une espece totalement
inconnue; et une autre espece presqueindetermin;iblea aussi ete
irouvee dans des couches feuilletees a Walsch , en Boheme.
Dans la parlie de ce volume destinee a la description des
edentes, M. Cuvier place d'abord dans autant de chapitres dif-
ferens de grands developpemcns sur I'osteologie i". des Pare>seux
( Unau et Ai) ; 2". des Fourmiliers proprement dits (Tamandua ,
Tamanoir et Didactyle), des Pangolins ou Fourmiliers ecailleux
(Pangolin et Phatagin) ; 3". des Talous et de I'Orycterope ; 4°. de
rEchidneetderOrnithorhynque. Ensiiite, s'occupant des edentes
fossiles, il traite successivemcnt du Megalonyx, du Megatherium,
et d'une phalange ongueale qui n'a pu appartenir qu'a une espece
de Pangolin d'une taillc giganlesque. Tous fossiles trouves dans
des terrains meubles ct recens.
Les mammif'eres marins sont le sujct de la derniere partie du
196 Zoologie.
volume que nous annoncons. Un premier chapitre renferme one
dissertation sur Ics Phoques vivans et sur leur osteologie.Dans ce
cbapilre M. Cuvier cherehe, ainsi que Font fait plusieiirs nalu-
ralistes avant lui , a debrouiller la synonymie presque inextricable
deces animaiix, mais particulicrement en commentant quehiues
passages de Lepechin,de Fabricius el d'aulres autems. II pense
avec raison que les Phoca grocnlandica et occanka appartiennent
a une roeme espece.Enfm il considere comme devant etrc r.mgee
danslesous-genreOtarierespeceP/e.^jro«//,qucM.deBlainville
a fondec sur I'observation d'une grande tete depourvue de ma-
cLoire inferieure , qu'il a vue a Londres dans le cabinet du college
des chirurglens, espeee que cc naturaliste rapporte d'apres le nom-
bredes dents molaires, au sous-genre des Phoques proprement
dils, ainsi qu'une autre appelee par lui Ph. Ansoniana. Les debris
de phoques fosslles tres-peu no.nbreux, que M. Cuvier decrils, onl
ele irouves pres d'Angers, dans une couche d'origine marine. Le
second chapitre renferme des details analogues a ceux du prece-
dent sur les differentes parties du squeletle des Lamantins et du
Dugong, et I'indlcation de quelques ossemens qui n'ont pu ap-
par'tcnir qu'a des animaux voislns de ceux-ci, et qui ont ete de-
couvcrts dans des couches marines assezrecenles. Dans le troisieme
chapitre I'auteur passe d'abord en revue les notions qu'on a re-
cueillies ^ur les especes de Dauphins vivans, etse borne a sign.-.-
lercelles qui lui paralssent etablles sur de bonnes observations.
II donne ensuite quelques details sur I'osteologie comparee de
la tete et du resle du squelette de quelques-uns de ces cetaces
dont les depouUles sonl conservees au cabinet d'anatomie com-
paree. Les especes fosslles de ce genre qu'il distingue sont princi-
palement : 1°. tin Dauphin voisin de I'Epaulard et du Globiceps,
trouve en Lombardle; 1° . un Dauphin a h)ngue symphyse de la
machoire Inferieure deterre dans une faluniere du dcpartement
desLandes- V. un Dauphin tres-voisin de I'espcce commune ,
trouve dans le m^me lieu ; 4°. un autre dont une jiortion de mk-
cholre elait enfouie dans le calcaire grossier du dcpartement de
I'Orne. I-e quatrieme chapitre, consacrd a la description de la
l,:.te on des squelettes duNarwal, de I'llypi roodon et des Cacha-
lots renferme aussl une discussion lumineuse sur la synonymic
de ces dernlers, de laquelle 11 resulte , qu'il n'y a aujourd'liul
qu'une seule espeee de Cachalot qui puissc cilrc considerec comme
vralment connue, c'esl-a-dire le Cachalot vulgaire, ou I'animal
Zoologic. ^f^rj
du Spcnnn C\-ti. Plusieurs articles ont pour objt-t la description
des Testes fossiles de ces anim.mx , fels que i°. des fragmens de
defenses de Narwal; 2". une t^te petrifiee d'un cetace de genre
inconnu, voisin des Cachalots et des Hyperoodons et que M. Cu-
vior nomme Ziphius cavirostris, trouvee sur la cote de Pro-
vence; 3°. des t^tes du nitine genre Ziphins, deterrces a Anvers ,
el^appartenanta une espece particuliere appelee Z. rcctirostri/;
4°. des debris d'nne esi)ece voisine des precedenles, niais k
rauseau plus allonge, dont I'origine et inconnue.
Le cinquieme chapitre traite des Baleines. M. Cuvier dmont re
a I'occasion de la Baleine franche que toutes les figures donnees
depuis celle de xMartens, en 167 1, jusqu'a celle que M. Scoresby
a publi^e recemment d'apres nature , sont copiees sur la premiere
€l ne different les unes des autres que par quelques alterations
fanes par les dessinateurs , peut-6tre dans la vue de dissijnuler le
plagiat.Acechapitre sont joints quelques details osteologiques sur
la Baleine et le Rorqual. Les fossiles connus de ces animaux con-
sistent : i". en deux squelettes d'une espece du sous-genre Ror-
qual, deterres en Lonibardie; 1" en un fragment considerable
d'une tete de Baleine trouve en 1779 dans une cave de la rue
Dauphine pres le Pont-Neuf, a Paris : tons ossemens gisans dans
les terrains les plus recens , ceux qu'on a nommes d'alluvion.
Desm...st.
157. Obskrvations sur les moeurs des Castors; exfraites du
voyage de CARxwRiaHT au Labrador. ( Jnnales des sciences
nat., mars 1824, p. 266.)
M. Carlwright, grand amateur de h chasse, puisqu'il a de-
meure plusieurs annees au Labrador uniquement pour se livrer
a cet exercice, a en meme temps profile de sa position pour
etudierles m(«urs des Castors sur lesquelles , au rapport de I'au-
teur, on a ecrit beaucoup de choses erronees.
Au commencement d'aout ces animaux construisent leurs
demoures et s'y prennent ainsi : ils creusent sous I'eau, au pied
de la berge du bassiu qu'ils ont choisi, un trou qui va en pente
jusqu'a la surface du sol; cl de la terre qui en sort, mclangee
avec de petits morceaux de bois et de pierres, ils forment un
dome de quatre pieds jusqu'a six ou sept de hauteur, et de dix
a douze pieds dans son plus grand diametre. Celte butte est
198 Zoologie.
creuse en dedans pour recevoir ranimal et sa famille, et le lo-
gcment est place do maniere a etre toujours au-dessus des eaux.
En devant est une entree en pente doure nommee Vangle par les
cliasseurs, Inquelle conduit sous I'eau, ct par ou les Castors en-
trent et sortent. Chaque dome peut avoir deux ou trois de ces
issues.
Le logement ne forme qu'une cbambre en forme de four,
garnie de petits copeaux. Pres de Vangle est le magasin de nenu-
phar et de branchages dont lis font leur nourriture , ayant I'at-
tention de planter ces derniers la tete en has dans la vase. lis en
amassent tant qu'il leur est possible de conserver un trou dans
la glace pour aller au dehors.
Lorsquc le lieu qii'ils ont choisi n'a pas assez de profondeur
d'eaUjilsl'augmentent en construisant unc digue en travers, aveq
du bois, dt's picrres et de la tcrre grasse. Cette chaussee, capa-
ble de supporter le poids d'nn homrae, ne s'eleve jamais qu'a
fleur-d'eau. Lorsqu'elle ne suftlt pas pour elever assez I'eau, les
Castors construisent leurs demeures dans I'etang meme. lis pre-
ferent les petites iles lorsqu'il s'en trouve, comme y etant plus
a I'abri des betes feroces. C'est aussl dans ce but qu'ils ne se re-
servent aucune issue exterieure vers la terre.
Leur instinct prevoyant les trorape quelquefois, et on en a vu
perir, ou par Taction des crues qui les forcaient de s'ecliapper
en faisaiit subitement une ouvcrture au sommet de leur butte,
ou bien pour avoir choisi une localite depourvue de leur nour--
riture ordinaire, le nenuphar, le tremble et lebouleau.
Les Castors peuvent habiter 3 ou /( ans de suite la meme piece
d'eau; mais chaque annee ils construisent une nouvelle cabane.
Quelquefois ils se conlentent d'en reparer d'anciennes abandon-
nees , ou bien d'en elever une autre a cote confondue par le haul
avec I'ancienne; ce qui a pu faire croire que ces demeures avaient '
doux chambres. Ils construisent une secondc habitation pres de
ccUe qu'ils occupcnt liabituellement j)our s'y refugler dans le
danqsr : c'est ce que les chasseurs anglais nommcnt hovel.
L'auteur ne pense pas que les Castors lassenl usage de leur
queue comme d'unc truelle; its se servent i)iul6t de leur mem-
brcs antcrieurs. lis ne peuvent pas non plus la faire servir de
traiiiraux pour transporter des pierres, car ellc est bombee au
milieu.
Leur demarche est lentc a terre; ils s'assoyenl a la maniere dci
Zoologie. 199
singes; ils ne •vivent que de feuilles et d'ecorce d'arbustes non
resineux; ce qui fait de ces animaux un manger delicleux.
lis coupent assez promptement de grands arbres en les ron-
geant tout aulour, et abattent les arbustes d'un seul coup de
dent et tres-nettement. Ils ont soin de cholsir ceux qui bordent
leuretang et qui se trouvent au-dessus du courant par rapport
a leurs cabanes; comme aussi de se placer au vent pour niieux
sentir les emanalions de I'ennemi qui pourrait les surprendre.
L'accouplement se fait en mai; les jeunes, au nombre de deux,
viennent a la fin de juin : quelquefois cependant la famille est
coraposee de trois ou qualre petits. Ils ne quitent le toil pater-
nel qu'au bout de trois ans , epoque a laquelle ils s'accouplent et
se construisent des demeures.
Les chasseurs appellent Hermites des Castors qui vivent Isoles.
L'auteur suppose que ce sont des veufs qui attendent que le ha-
sard leur presente d'autres individus pour reformer un menage.
On prend ces animaux en mettant leur piece d'cau a sec, ou
bien lorsqne cela n'est pas possible, on decouvre le toit de I'ha-
bitation afin de reconnaitre la position des issues nommees an-
gles. On y passe des batons en travers, qu'on retire aussltot,
puis on bouclic Touverture du dome. Des chasseurs battent les
buissons; les castors effraycs gagnent sous I'eau leur denieure;
alors on passe dans les angles les batons qu'on a d'abord essayes;
I'animal se trouve pris dans sa loge et on rassomme par I'ou-
•verture superieure qu'on a pratiquee.
Un vieux Castor vide pese environ 45 livres ( poids anglais
probablement), les jeunes 34 livres seulement. Q. y.
1 58. Description d'un Chien sauvage de Sumatra, d'une nou-
velle espece deVivERRA, et d'ur faisan, non encore dccrits;
par M. Hardwich. ( Trans. 0/ thcLlnn. Soc, t. i3, i""*". part,
tab. 23.)
M. Hardwich decrit ainsi le premier de ces animaux , qu'il
nomme wild Dog of Sumatra, ou Canis familiar is var. sumatren-
sis : longueur 24 pouces ; hauteur 1 4 ; physlonomied'un Renard ;
nez poinlu; yeux obliques; orellles droites, plus nrrondies au
bout que cellcs du renard et du jackal; jambcs elevees; queue
pendante jusqu'au jarret, tres-touffue , plus grosse au milieu
qu'a son origine et a son extremite. Coulcur gcnerale d'un roux
l^rrugineux de Picnard, avec des nuances plus claircs sur le ventre
200 Zoologie.
ct la f;ice interieure des membres; bout du nez noir; moustaches
longnes ct noires. II a beaucoup de ressemblance avrc ranimal
appele Qtnio on Chien sauvaj^e des niontagnes do Ramglmr; inais
celui-ci a sa queue plus noire et ses oreilles inoiiis arroiidies. 11
a aussi de I'analogie avec le Chien de la Nouvelle-Zclaiide. Sa
voix est plutot un cri qu'un aboiemerit; son urine est ires-f'utide.
Le Fi\'erra, donl I'espece n'est sans doiile pas nouvellt;,a en-
viron i5 pouces de longueur depuis le bout du nez jusqu'a
I'origine de la queue, celle-ci en ayant un peu plus de onze. Sa
hauteur est de hult pouces et dejni aux epaules et seulement de
six un quart a la croupe. Sa coulenr generale estle blanc jauna-
tre marque par de larges llgnes longitudinales et des taclics noi-
res allongees et confluentes. Les laches des jambes et de la der-
niere ligne de I'abdomen sont plus distinctes que les aulres ; la
queue a six anneaux noirs et six anneaux blancs jannatres; Ic
ventre et la face interne des membres sont de celte derniere
couleur;le nez est noir, ct une ligne, aussi noire, s'ctend de
chaque cote depuis I'ceil jusque sur le cou. L'individu qui a servi
a cette description manquait de dents , lorsqu'il est parvenu a la
societe asiatique de Malaca, a laquelle le major Farqhuar I'avait
adresse. II avait ete pris a Java.
Le uouvoau Foisan a 17 pouces de long. II est rcvctu en des-
sus de plumes d'un cendre foiice dont la ligc est blanilie; les
couvertures superieures de ses alles sont varices de vert avec des
lignes blanches dans le sens longitudinal de ces plumes; ses pen-
nes primaires et secondaircs sont noireS brunatres , avec les tiges
blanches; les plumes du raenton sont d'lin cramoisi fonce ; les
tempes nues ct rouges; il y a du blanc sur le cou ; les plumes «le
la poilrine, du ventre ct des cotos sont lanceolees, de longueur
inegale et de couleur verte bordee de cramoisi; les douze plumes
dela queue sont presque egales,longues de six pouces, a tige et
bout blancliatrcs el leurs couvertures superieures et inferieures
sont d'un rouge cramoisi. Les jambes d'un rouge fonce sont or-
dinairement arniees de trois eperons inegaux , niais il y en a
quelquefois moins. La fcii:c!lc est semblable an male mais plus
]ietite et sans eperons. Cette belle espece est native des nionta-
gnes du Napaul. Desm..st.
iSg. I'nonnoMLS i>er Isi.i:Nnis<:HKN Ornitmoi.ogik , etc. Pro-
drome dc rOrnithologic islandaisc; [tar M. Faber. In-8. dc
Zoologie. 20 1
1 1 4 p. Copenhague ; 1 822 ; Schubothe. ( Isis , 1824 , i*^*^- call.,
p. i35. )
Nous avons rendu coinple dans le 2^. n". de ce Bulletin,
p. 179 , d'un premier cxtrait de cet ouvrage , relaiif a la subdi-
vision des oiseaux palmipedes arctiques en ordres et en families.
Dans ce second extrait de I'Isis, le redactcur entre dans quel-
ques details sur les genres et les especes d'oiseaux d'Islande de-
ci'its dans le Prodrome de M. Faber , et qui sont :
lo. Falco albicillus, islandicus , lanariits, ccvsius. 2°. Strix Nyc-
fea. 3°. Corvus Corax, Cot-nix, Corone. 4°. Tetrao Islandoruin.
5°. Embc7-izacalcarala,nwalis.6°. Fringilla Linaria. 7". Ttp-dus
Iliacus. 8". Motacillu alba. 9°. Saxicola OEnanthe. 10°. Sylvia
Troglodytes, \\°. Anthus prutensis. 12°. Hirundo ruslica, urbica.
l3°. Hternatopus ostralegus. il\°. Charadrius Hiaticuln, pluviatis,
i5°. Calidris arenaria. \^°. Ardea drier ea. 17". Numenius ar-
quala , Phceopus. 18°. Limosa melanura. 19°. Totanus calidris.
20°. Vancllus cristalus. 21**. Strepsilus collaris. 22°. Tringa cine-
rea , maritima , alpina , Piignax. 23°. Scolopax Gallinago,
a4"- Rallus aqtiaticus. 25°. Phalaropus cinereus , platyrhynchus-
26°. Uria Grylle, Bronnicliii, Troile , Alle. 27°. Alca Tarda,
impennis. 28°. Mormon Fratercula. 29°. Carbo Cortnoranus,
Graculus. 3o°. Piifinus arcticus , major. 3i°. Colymbus glacialis ,
rufogularis. 32**. Podiceps cornutus, auritus.'iV^. FuUca atra.
34**. Mergus Merganser , Serrator. 35". Anas nigra, spectabilis ,
mullissima, glacialis, Clangula, Marila, leucophthalnia , his-
trionica, strepera, acuta , Bosch as , Penelope, Crecca. 36". An-
ser segetuni , albifrons, torquatus , leucopsis. 37°. Cycnus musicus,
38°. Sula alba. 39". Sterna Hirundo 40". Larus tridactylus ,
leucopterus , glaucus , marinus. 41°. Lestris Catarrhactes , poma-
rina, parasitica. 1,7.". Prorcllaria glacialis , pelagica.
L'auleur donne le nom islandais de chaque espece. S. s.
iGo. NouvEAu Recueil de pi.anchf.s coLORiEEs d'oiseaux, pour
servir de suite et de complement aux planches enluminees do
Buffon; par MM. Temminck et Meiffren Laugieiv. ( Voy. lo
Bull, de juin , et ceux des mois precedens.)
34«. Livraison. — ■ Planchc 198. Faucon Diodon , adultemalc;
Falco Diodon.i^evnvix.) Du Bresil. — PI. 199. Cliouctte roussc-
rolc, femelle ; Strix fcrruginea. (Maxim. ) Du Bresil. — PI. 20a,
Slarisque crisiatclle , Phaleris cristalclla, (Teium.) Japon. — ■
■202 Zoologie.
PI. 201. Barbican masque, Pogonias pcrsonatus. (Id. ) Afrique.
— PI. 202. Hirondelle de mer a bee grele , Sterna teriuirostris.
(Id.) d'Afrique. — PI. 2o3. Oiscau-mouche ccaille , male; Tro-
ckilus sqiuunosus. (Id.) Du Bresil. — Oiseau-mouche a gorge
blanclie , male; Trochilus albicolli^\ [WeMox.) U. — Oiseau-
mouche petnsophore, male; Trochi.m^ pctasnphnrus. (Maxim.) Id.
35^. Livniison. — PI. 20/1. Buse manteiee femelle; /''rt/co/3«-
liatus, (Maxim.) Du Bresil. — PI. 2o5. Autour chaperonne,
male adulte; Fako pileaius. (Id.) Idem. — PI. 206. Cereopse
cendre (i), Cereopsis Novce-Hollandice. (Lath. 1 — PI. 207.
Perroquet mitre, AA-o\\.t\Psittacus mitratus. (Maxim.) Du Bre-
sil.— PI. 208. Gros-bec elegant, mk\e et femeile; Fringilln or-
«ato. (Maxim.) Idem. — PI. 209. Hirondelle satinee , ////wzc/o
vdnuta. (Id, ) Idem. — Hirondelle liausse-col , Hirundo mclano-
leuca. (Id.) Idem.
36^ Livraison. — PI. 210. Calao a cimier , male adulte; Bu-
ceros cassidix. (Temm.) He Celebe. — PI. 211. Calao a cannelu-
res, Buceros exaratus. (Reinw.) Idem.' — PI. 212. Breve a ven-
tre rouge, male ; Pitta erythrogaster. ( Cuvier. ) De Manille. — ■
PI. 21 3. Francolin a rabat, male ; Perdix ponticeriana. (Lath.)
• — 'PI. 214. Loriot a venire blanc, male et femeile; Oriolus xan-
thonotus. (Horsf.) De Java. — ^Pl. 2i5. Tangara tricolore , fe-
meile; Tanngra tricolor, Ameriquc. — Tangara a tele bleue , fe-
meile; Tanagra cjanocephala. Amerique. Q.
161. Galerie des oiseaux du cabinet d'hist. natur. du Jardin
du Roi; par M. L. P. ViEitLOT. xxxiii*^. a xlii". llvr. in-4".;
d'une f. et 4 p'- color, chacune. Prix, G fr. la livr. Paris;
J. P. Ail laud.
1G2. Ornithologie francaise , on histoirc naturelle, generalc
et particulicre dcs oiseaux de France; par Vieillot. iv*. livr.
in-4". dune f. tl G pi. Prix,G fr. 5o c; figures coloriees, 8 fr.
Paris; Pellcier.
(1) L'atitcur dit qiron ne connait rirn des moeiirs de cet oise.Tu :
nous avons on occasion d'en voir im dans les jardins du gouverncur
du Porl-.lackson a la Nouvclle-llollandc. Le fond do son ])luniagc litait
gris de lio man[iic dc larges youx brunatres ; ce qui ]>oiirraif faire
siipposur un m.'llo. 11 etait seul ot paissail Thcrbc cornnic Ic font les
oics, dont il avait aussi la tail If.
Zoologie. 2o5
163. Notice scr la ponte faite a Paris par iles Pcrruches
de rAmerique merldionale, de I'espece dile Pa\'ouane , dans
les mois de juillet et d'aout de I'annee 1822; par M. le M'^ de
Gabriac, ancien colonel. {^Mem. du Museum d'hist. nat. , to.
X^, lO^ cah. )
L'auteur de cette notice ayant accouple, au mois d'avril 1822,
deux Perruclies Pavouanes , obtint, le 18 mai suivant, un oeuf ;
trois jours apres un 2*^. ; puis un 3". et un 4*'., avec le men^e in-
tervalle observe entre la ponte des deux premiers. Deux de ces
.oeufs se trouverent clairs , et les deux aulres, casses par TVl. de
Gabriac apres aS jours d'incubation, luiprcsenterent deux foetus
morts, dont I'un pouvait avoir 6 jours environ , et I'aulre 12. II
attribue la non-reussite a la grande quantite d'electricile repan-
due dans I'almospbere pendant le mois de juin de cctte annee.
M. de Gabriac donna dix jours de repos a ses Perruclies, et
il les reunit de nouveau le i*^'. juillet. Le i4 , la fenielle pondit
encore un oeuf qui fut, comme la premiere fois, accoinpagnc de
trois autres , les 17, 20 et 23. Ce fut toujours a 6 ou 7 beures du
soir , fait remarquer M. de Gabriac, que la ponte eut lieu. Le
16 aoAt, le premier oeuf est eclos, et les aulres de trois en trois
jours , c'est-a-dire les 9, 12 et i5 ,ninsi qu'ils avaient ete pondus,
a 6 ou 7 heures du soir. Les observations de M. de Gabriac
prouvent que dans cette espece de Perruclies la duree de I'incu-
bation est de 23 jours. A leur naissance les petits sont recon-
verts d'un duvet gris. Au moment oii M. de Gabriac a publie sa
notice, ses jeunes Perruclies avaient deja deux mois. C'est le se-
cond exemple d'un pareii succcs obtenu en France par I'accou-
plement de Perroquets. M. Lamouroux , professcur d'histoire
nalurelle a Caen, a lu a la Societc Linneenne de Paris un mcmoiro
sur des ^ras bleus nes en France [Psittacus Ararauna ), Le pere
ct la mere appartiennent a M. Esnault, aussi de Caen , a qui ils
ont pondu, depnis le mois de mars 1818 jusqu'au mois d'aout
1822, en ly pontes, 62 ceufs.
Plusieurs essais du genre de celui qui fait le sujet denotre ar-
ticle ont etc tenles depuis quclques annees par diverses pcrson-
nes, et les rcsultats en ont ete satisfaisans. Tout fait csperer que
nous parviendrons lui jour a multiplier dans nos voliercs la plu-
part des nombreuses < spcces qui composent la belle faniiUe des
PsittaciefiS*- B. C. Payraiukau.
2o4 Zoo logic.
164. Description d'une nouvelle espece de Sirene, avec
quflqucs observations sur les jiiiimaux d'une nature seinbla-
ble ; par le Capit. Le Coktk. ( J/in. of the Lyceum 0/ New-
York,ji°.i.)
L'auteur nonime ce replile , dont il n'Indique pas le lieu natal,
Siren striata. Son corps est long de 7 a 9 pouces. dont la queue
en occupe 3 ou 4 : il n'a que deux pates anterieures , qui sont
pourvues de Irois doigts sans ongles ; sa bouche n'a point de
dents; les cotes de sa tete presentent chacun trois ouverlures
(spiracules) pour la sortie de I'eau, recouvertes par un oper-
cule trilobc charnu,a lobes entiers et nus ; sa queue est com-
primee ; sa couleur est obscure en dessus, avec une large raie
brune sur chaque flanc, et une autre plus pale bordant le ventre
de cliaque cote; la face inferieure du corps est mouchetee de
blanc brunatre; toute la peau est enduite d'un mucus abondant.
Cet animal , qui vit dans la vase des raarais , n'a pas I'odeur
desagreable de la Sirene lacertine;!! nage assez bien, raais ne
peut presque pas marcher sur la terre : il est sans voix.
M. LeConte rappelle que, dans un des derniers journaux de
Siiliman , M. Mitcliill a decrit un animal, dont le nom vulgaire
est HcU'bcnder (ployeur d'enfer ) , comme appartenant au genre
des Protees.
11 ajoute que le Hell-bender de I'Ohio est tres-different du
Protee de M. Mitchell , ayant une taille plus considerable , et 9
appendices branchiaux a ses spiracules. 11 femarque que la vraie
place de ces animaux est apres \ Amphiuma (voyez la description
de ce dernier dans le dernier Bulletin , n°. 71 ), si meme ils ne
doiventpas entrer dansle meme genre. Le Hell -bender de I'Ohio
rst le meme animal que le Protonopsis , de Barton , et que la
Salamandre des monts AUeghanys , de Latreilie.
Le Prot(5e des lacs serait probablement, selon M. Le Conte ,
la Inrve de ce meme animal; et il en donne une description
nouvelle.
En resume, il pense que les deux especes de Sirenes, c'est-a-
dire la sienne (S. striata) el la lacertlne , 1'A.mpliiuma, le H.;ll-
bonder , I'Axolotl , le Protee ( il ne dit pas s'il entend parler de
tclui de M. MitdiiU ou du Protee des lacs), et un ou deux au-
trcs reptiles , voisins de ceux-ci , mais obscurcment et imparfai-
lemenl connus, doivent former une famillc particulierc de Ra-
traciens , caracterisee par I'exislence simultancc de narincs et dc
Zoolo'^ie. 20 5
spiracnics. Selon lui , cetio f;imillc sorait natnrclleiTipnt divisee en
deux secllons : I'une renrermernit les especes qui out uii crane
solidp, comine rAmphiuma ot le Hell-bender; et la seconde, celles
dont le crane est compose de piusieurs os separes, comme les
Sirenes et les Piotees. Desm...st.
i65. Description d'une nouvelle espece he couleuvre ; par
M. BoRY- Saint -Vincent. [Annales ties sciences naturellcs
avril 1824 , p- 4o8.)
Le nouveau reptile que fait connaitre M. Bory -Saint-Vincent,
avail ete apporte de la Guyane par M. Richard pere. Comme la
description n'en est pas trcs-longue , nous allons la rendre tex-
tuellement.
Couleuvre de Richard [Coluber Richardi , B. ). « Le nom
vulgaire de Couleuvre Liane , donne a cette elegante espece par
ks habitans de la Guyane , indique d'avance sa forme eiancee
et sa flexibllite. En effet , ce serpent que nous allons faire con-
naitre, et que nous dedions a la niemoire de Richard, notre il-
luslre maitre , est I'un des plus sveltes , des plus elegans , et des
plus minces qui existent. Nous en avons fait la description sur
Irois individus rapport es par feu notre savant ami. Sa faille est
de trois a quafre pieds ; la queue tres-fine est fort longue , et
equivaut pour le molns au tiers de la longueur totale; le corps
n'est guere plus gros que le doigt ; le cou tres-aminci et bicn
distinct, supporle wne tete allongee, ovale, un pen elargie vers
I'occiput, qui est aplati ; elle est couverte de neufgrandes pla-
ques d'un beau vert de topaze; les ecailles, legerement carenees
sur le dos, le sunt plus sensiblement sur les flancs; ie ventre
blanc est plat, le dessus est d'un brun chatoyant qui produit
des reflets comine le ferait du cuivre de rosette; trois lignes
d'un brun clair , vif et brillant, rcgnent dans toute la longeur
du serpent; une petite bande noire, partant de la pointe du mu-
seau et passant sons I'ceil , separe la teinte verte du vertex de la
couleur blanche qui regne sur les machoires ; celles-ci ont leurs
levrcs garnies d'tcaiiles un pen plus grandes que celles qu'on trou-
ve sur Ic reste de I'animal; ycompris les ecailles des commissures
et une impaire en avant, il y en a dix-neuf en haut , et treize en
bas. Cette espece presente quelques rapports avec le Boiga,eta
peut-^tre etc confondue avec ce serpent que nous croyons'^tre
particulier a I'ancicn monde , et consequeinmcnt fort different.
2o6 Zooiogi^.
11 a egalement quelque ressemblance avec le Saurltc; mais U
forme de sa t^te Ten distingue ; il est d'ailleurs encore phis
mince, et proportionnellenient plus allonge. »
Suit une planche representant I'animal de moitle grandeur^
avec ses details et un de ses a-iifs. Q. . . .y
166. Lettre de M. Kuhl, a M. le D"". Boie, siir ranalomie
de quelques poissons (i) , ecrite a bord du Noordloh ; lat. S.
20° et long. 12° ( Greenw.), le 8 Octob. 1820. [Jllg. Konst.
en Lettcrhocle, 1822, pag. 20.)
Deja dans le canal de la Manche nous eumcs occasion de
faire des observations intercssantes. Nous dissequames le >Scow-
her Scornbrus, le Murccna Conger, et le Raja oxjrhynchus.
Dans rOcean equatorial, un seal jour nous a souvent fourni
tant d'objets interessans , qu'il nous a ete impossible de les
examiner tons.
Dans un tres-gros Squalus Cnrcharias , Lin., nous trouvames
a laveine cave uu r&ervoir volumineux place entre le ca-ur ct le
foie, et semblable a celui qu'on a observe dans le Plioai vitullna, et
dans divers oiseaux plongeurs. Nous y vimes du cote de I'ovaire,
tres-distinctement, I'ouverture interne de I'oviducte , et, a I'aide
denos dessins, nous pourrons donner en general une description
exacte de I'organisation remarquable de ce poisson. La structure
de I'intestin nous parut Ires-slnguliere. Le colon manque de
soupape en splrale, mais il est revelu interieuremcnt par une
peau laclie et plissee qui, etant developpee, surpasse en diame-
tre dix fois lesien. Home a deja parle des sillons transversaux du
cervelet dans ce poisson , et nous pouvons ajouter que tout le
cervelet y est beaucoup plus developpe que dans d'autres es-
peces, et qu'il en est de meme des hemispherej.
J'ai fait faire de beaux dessins relatifs a I'anatomie du Thjn-
nus Sarda ; le cervelet y est si grand qu'il depasse enrore les
(i) C'est a M. le D'. Boie que nous dcvons la traduction de plusicuis
des lettres de MM. Kuhl et Van Ilasselt. II a Lien voiilu revoir cclle des
autres , et enrichir ces lellres de i cnscigncmuns prc'cieux sur la syno-
nymic des espices qui y sont citiics en recliliaiit le tt-xle de I'original
hollandais , quelquefois inexact. Les zooloj^istcs nous sauront grti de
leur avoir fait connailre ces lellrcs inlcicssantes de deux savacs si
digncs de Icurs regrets, et qui ont tant fdit pour la science. M. Ic
D'. Boie va les remplacer a Java , 011 les vocux de tous les naluralistes
raccompagncront.
Zoologie. 207
tubercules qiiadrijumeaux qui sont longs et vcrmiformes ; les
hemispheres memes en sont recouverts a moiue. Dans \'Exo-
coetus volltans , le cerveau remplit tonle la cavite du crane , inais
les nageoires pectorales n'y recoivent qu'un nerf peu gros , vu
que ces ailes ne servent qua la locomotion , et sont depourvues
de ces rayons detaches , qui, dans les Dactylopleres , paraissent
servir d'antennes. — Dans les Thynnus Sanla, et Pelamys , le
vide entre la paroi superieure du crane et le cerveau est occu-
pe par une graisse de consistance solide. — Ce que nous avons
observe dans les especes du genre Scomber Lin. fournit des
preuves interessantes sur le passage graduel des appendices py-
loriques en simple pancreas. — Dans le S. Scombrus et le Colias
( Centronotus) Z)Hrfo/-, ces appendices n'ont rien d'exlraordi-
naire ; mais dans le Thjnnus Sarila leur grand nombre est di'ja
separe en plusieurs faisceaux ; et dans le Th. Pclamys , enfin , ils
ne torment qu'un seul corps glanduleux. II emane de ce veri-
table pancreas une humeur visqueuse qui protege les parois des
intestins, et dont les excremens sont enveloppcs comme i>ar
une membrane.
Nous avons encore disseque le Coryphama Hippurus et le
Scopelus Humboldtii, que je crois plutot du genre Aulopiis.
Aujourd'hui j'ai lue trois individus du Procellaria capensis.
Cet oiseau a I'estomac anterieur ou glanduleux ( ventricnle suc-
centurie Cuv. ) tres-volumineux. II manque de la dilatation de la
veine-porte , qu'on observe dans quelques oiseaux plongcurs et
dans les Phoques. Kdhl.
167. A COMPLETE ILLUSTRATION OF THE INDEX TESTACEOLOGI-
cus, etc. Illustration complete de XIndex testaceologiqae , ou
Catalogue des^ coquiiles britanniques et etrang. ; par M. W.
Woon, F. R. S. et L. S. Prix, en uoir , 2 1. 12 s. G d. ; colorle,
5 1. 5 s. ; ct fig. doubles, i5 1. i5 s. Londres, chez I'auteur.
M. Wood est surlout connu par la publication du i*"^. vol.
d'un ouvrage intitule , General Conchology , or a description of
Shells, arranged according to the Linnean System, avec des pi.
coloriees; gr.in-8. Londres; 181 5. Le plan et I'executiou de cet
ouvrage elaient trt-s-satisfaisans, et si I'auteur les eut suivis avec
perseverance , il aurait rendu uu veritable service a la science.
En 1 8 18, cc menu: naturaliite a public son Index testaceo!o~-
2o8 Zooloi^ie.
gicus or a Ctitalogue of Shells , hritish and furcing , arranged
arcni-dingto the Linnean System, avec !rs noms latins et anglais,
la citation ties figures, et I'indication de Icur habitat. In-8. de
1 88 J), avec 8 pi. reprcsentant quelques especcs de genres divers.
C'etail sans doute le catalogue ou la table desespecesqtie M.Wood
avait du preparer pour son premier ouvrage. Aiijourd'hui cet an-
tear propose par souscription les figures de totites Ics especes in-
diqucesdans son Index, reunies en i vol. in-8. Ces figures seront
tirees des meilleures sources , et reduites avec assez de precision
pour qu'elles puissent servir a la determination des especes.
L'uuteur a joint a son prospectus une planclic , et la liste des
souscripteurs. Otte planclie , donl le cadre est fort petit, nieine
pour le formal du papier , renferme 6 especes de divers genres, et
donne une bien mediocre idee de ce que seront les autres, sous
le rapport de la gravure, et sous celui de I'utilite qu'elles ponr-
ront offrir. A.u reste , Ton peut hardiment assurer qu'il est pres-
qu'impossible de rien faire de tolerable sur un scmblable plan ;
car on a beaucoup de peine , dans les genres ou les transitions en-
tre les especes sont nombreuses, a les dessiner de maniere a les
rendre facilemenl reconnaissables, nieme en les laissantde gran-
deur naturelle. Et que peut-on attendre de figures reduites comme
celles-ci, ou le Nautilus PoiJipilcus est reprcsente de la gros-
seur d'uno noisette. Nous ajouterons que les exemplaires en noir
ne seront absolumcnt d'aucune valeur, puisqu'il leur manquera la
seule condition qui, dans des reclierchcs de cctte especc, puisse
(luelquefois mettre sur la voie des determinations. Nous dirons
encore qu'il nousparait peu facile, en adoptaut meme les reduc-
tions de M. Wood, de donner toutes les especes en un seul vol.;
car, en en admettant, terme moyen, 6 especes dans un petit cadre
de '/( po. sur 2 ^ , i,ooo planches ne contiendraient guere que la
moitie des especcs connues.
On ne saurait trop s'elever conlre de semblables entreprises
qui, si elles n'etaicnt qu'inutiles, ne meriteraient pas qu'on s'y
arr^'taf, mais elles encombrcnt la science, elles en arretent la mar-
clie , elles degoutent les acheteurs , etc. ; et il est surtoul lacheux
qu'i'ui homme comme M. Wood , de qui la science pcut attendre
devrais services, consacre son temps et ses forces a un ouvrage
bon pour des enfans. Nous I'engageons a abandonner son pro-
jet , et a continuer son premier ct beau travail , pour lequcl tous
les'naturalislcs lui devront seconrs et reconnaissance. F.
Zoologie. 209
168. The GENERA or recent and fossil shells, etc. Les genros
de coquilles vivantes et fossiles ; par G. Bret. Sowerby. F. L. S.
N°°. XX et XXI. (Voyez le Bulletin, n°. 77 , du mois de mai.)
Le n". XX contient, Rostellaria Fusus, Columbaria Lam., fos-
sile ; Pes Pelecnni, Fissurella, labratn Sow. Ces 1 dernieres especes
sent fossiles. — Pterocerus Chiragra var. ; — Strombus Pugilis
var., Auris Diance , variabilis var.. Swains.; tridentatus ,
Fissurella Linn. , decussatus Defr. , fossile ; — Cypricardia
oblonga ( Chama oblonga Linn.) ; — Cardita calyculata , sulcata
et imbricata. — Thecidium pumilum (ou Terebratula pumila Lin-
ne), digitatum Sow., recurvirostre Defr. Ce genre, etabli par
M. Defrance , offre des especes vivantes et fossiles.
Len", XXI offre: Producta (dont la terminaison est preferee par
I'auteur a celle de Productus) Martini, depressa, N. sp. Sow., an-
tiquata. — Emarginula ( M. Sowerby reunit a ce genre le genre
Parrnaphorus de M. de B\A\n\i\\e),elongata, breviculaiVavmai^h.),
fissurata [Patella. Chemn.), elegans, espece fossile de Normandie,
reticulata [Patella. Cliemn.), tricostata [Patella. Il-umplir. — Si-
phonaria, nou\eau genre propose par M. Sowerby pour des Pa-
telles qui paraissent avoir une impression canaliculaire literale,
commeles Parmaphores I'ont a I'avant. II y rapporte les coquilles
suivantes: S. Sipho , concinna , Tristensis Leach, exigua iLepas
Mart.);— Fissurella picta Lam., crassa,Pustula , calyculata Sow.,
machroschisina [Hiantula ham.) , fascicularis Lam.; — -Patella
meianograinina , miniatavar. , /erruginea jun. , intorta,fragilis
Cliemn.; — Magillusclliplicus , N. s\). Sow., antiquus (ce genre
fait partie des Annelldes. ) F.
169. Analyse d'un memoire sur les coquilles du genre Ger-
villie; par M. Eud. Deslongchamps. Lu a la Soc. Linncenne
du Calvados, dans la seance du i^'. deceinbre 1823.
Le genre Gervillie a ete etabli par M. Defrance, dans le Dic-
tlonnaire des sciences naturelles , d'apres un nioule interieur de
coquille qu'il avail recu de M. de Gerville, naturaliste bien
connu de Valogne. II le caracterise ainsi : « Coquille bivalve,
w inequilaterale, trcs-allongee longitudinaiemcnt , un peu courbe
» et aplalie , baillante trcs-probablement a rextromite anterieure
» oil se trouvesitiice la cliarniere, ct ou cliaque valve est un peu
» retroussee dans le plan de la courbure de la coquille; trois fos-
» seltes obliques qui out du contenir autant do ligamens, dont
R. Tome IL 3/,
2,0 Zuologie.
» deux -vis-a-vis les crochets, ct I'autre un pea I'loignee; cUu\
^ ou six petiles denfs obliques au-desso»is des deux premiens;
>. deux longues paralleles, ct quelques autres plus pelites an
>. dela de la troisieme fossette. Una impression musculairevis-a-
>. vis de la charniere. »
M.T-. Deslongchamps a rectifie ce caractere d'apres les especes
nouvelles qu'il a trouvees dans les terrains secondaires des envi-
rons de Caen, n Les Gervillies, dit ce naturaliste , ont une co-
.. quille bivalve, inequivalve, inequilatiirale, allongee, un peu
» arquee, subtransverse, tres- oblique sur sa base, non-bail-
.) Ia«e. Charniere double; rexterieurc formee de sillons larges,
» peu profonds, plus ou moins nombreux , opposes sur chaque
» valve , destines a recevoir des ligamens comme dans les Per-
» nes; I'interieure a dents tres-obliques , alternes sur chaque
>, valve , et se relevant mutuellement. » Tels sont les caracteres
du genre Gervillie; d'apres M. Deslongchamps, ils different beau-
coup de ceux de M. Defrance. Ce dernier, n'ayant a sa disposi-
tion qu'un moule interne d'une seule coquille, ne pouvait pre-
senter des caracteres aussi certains que M. Deslongchamps qui a
observe de nombreux individus des cinq especes qu'il a decrites.
i*"^. espece. Gen'illia pernoides ; sp. nov.
Gerv. testa magna, crassa, lutiuscula; auriculis integris, sulcis
cardinis cxterni numerosis, magnis, parallelis, dentibus cardi-
nis interni polyraorphis, obllquissimis.
Commune dans le calcair e de Caen ; rare dans les vaches noires.
2^. espece. Gervillia Siliqua ; sp. nov.
Gerv. testa elongata, subcompressa, auriculis integris, sulcis
cardinis externi ter aut quatuor, dentibus cardinis interni , obli-
quis , simplicibus.
Commune dans le calcaire a polypiers ; rare dans les vaches
noires. Se trouve dans differens etats.
3*^. espece. Gervillia solenoides ; Defrance.
Gerv. testa longissimd , angusta ; auriculis integris ; sulcis car-
dinis externi ter aut quatuor, dentibus cardinis interni nume-
rosis, in^qualibus, varie dispositis.
Terrain a bacuUtcs des environs deValogne, etc.
4''. espece. Gervillia monotis ; sp. nov.
Gerv. testa parv^l latiuscula; auriculis altera brevissimd, al-
tera longa , emarginata.
Calcaire a polypiers des environs dc Caen ; rare.
Zoologie. 2 1 r
5^. espece. Gcnu/lia costattila; sp. nov.
Gerv. testa parva, lata, submutica, costis quatuor aut quin-
que longitutlinalibus exiguis; auricula longiori emarginata.
Calcaire a polypiers des environs de Caen; rare.
Ce meraoire , accompagne de plusieurs fig., sera publie dans le
i^"^. vol. du recueil de la Societe Linneenne du Calvados. L.
170. ExTKAiT d'une lettre DE M. KuHL a bord' du Noordloh;
lat.S. 2 4"etlong.i2"(G/-ee/2«'.),le8oct.i820,sur quelquesmol-
lusques et radiaires. [Allg. Konst en Letter bode , 1 822 , p. 20.)
Nous avons i-ecueilli des observations sur le canal intestinal
des Pelagia et les ovaires des Porpjtes , et nous avons ele assez
heureux pour decouvrir la circulation dans les Biphores.
( Voyez la lettre suivante du 12 aout 1821 ) , sur lesquels toutes
les opinions precedentes ont ete erronees. Nous avons recueilli
les Salpa vivipara , scutata , fusiformis et octocera , et trois
nouveaux genres voisins de ces inollusques.
M. de Humboldt a observe que I'clectricite galvanique est
sans influence visible sur les Meduses; nous pouvons en dire
autant des Pyrosomes quoiqu'il y ait encore uii vestige de sys-
teme nerveux chez ces derniers animaux. Au reste, les Biphores
aussi-bien que les Pyrosomes, conserves dans un bocal, y font
monter la temperature de I'eau d'a peu pres un degre centi-
grade.
hes Pjrosoma atlanticum, seule espece jusqu'alors observee
parnous, repand en nageant au dessous de la surface de la
mer une lumiere d'un pied a un pied et demi de diaraetre. Fifru-
rez-vous le spectacle superbe dorit nous avons joui, il y a quel-
ques jours, lorsqu'un soir, de 7 a n heures , une bande non
interrompue de ces globes de feu vivans passait aupres du vais-
seau ; a la clarte qu'elles repandaient, nous pumes distlnguer a
j5 pieds de profondeur les individus des Thynnus Pclamys et
Sarda qui nous suivaient depuis quelques semaines malgre la
grande vitesse avec laquelle nous navigaraes dans ce temps,
faisant par nceud 637 milles allemands.
Nous avons disseque le Beroe Pileus et le macrostomus.
171. EXTRAIT d'une lettre DE MM. KuHL ET YaN HassELT ,
datee du detroit de la Sonde, 17 octobre 1820 , sur les mol-
lusques. {AUg. Konst en Letterbode , 1822, n°. G. )
Nous avons deja recueilli un grand nombre do Patelles, et
3 1 2 Zoologie.
la plupart ont ete dessin(5es sur le vlvatit. Nos systemes laisseiit
encore beaucoup a desirer par rapport a ce genre, el je
(M RuliI) nie propose d'en donner iine monogiaphie a inoii
retour en Europe. A I'ile de Madere nous en Irouvaiues ipiatre
cspeces et treize a la Baie de la Table. Parmi les dernieressont les
Patella harbara , comprcssa , granuUiris , cochlcaria , rniniata,
leucopleura et granatina. Une espece figuree par Valentyn ,
pi. I02, habite aussi les parages du Cap, ou elle fournit une
nourriture agreable.
1 72. ExTRAiT d'une lettre DE Van Hasselt, datee de Buitenzorg
( ile de Java ),le 12 aout 1821 , sur les Biphores. ( .-ilgem.
Konst en Letterhode , 1822.)
L'ingenieux Savigny ( Voyez son 3^. Memoire sur les aninmux
sans vertebres , p. 1 13) indique ainsi qu'il suit la circulation vrai-
semblable du sang dans les Ascidles simples. « Un des vaisseaux
» du coeur recoit, a ce que Ton dit, tout le sang des branchies,
« il prend le nom de veine pulnionaire; I'autre plus long est
» I'aorte, qui distribue le sang aux diverses parties du corps. » II
.njoute dans la note a : « L'Ascidie n'a, coronie les gasteropodes et les
u acephales, qu'un ventricule gauche ouaoi tique et il n'y a point
11 de ventricule a la reunion de la veine-cave et des arteres pul-
u monaires. « II resulte evideniraent de ces passages que I'autrur
ne presume pas de difference enlre la circulation probable dans
4 les Ascidies simples et celle desmollusques dont il a fait mention.
Le meme savant, dans la suite du memoire, pag. 124 , indique
aussi le rapport qui existe entre les Ascidies et les Biphores, et il
en vient au resultat, que du moins pour la circulation if n'y ix
point de difference essentielle entre ces aniinaux. Telles ctaient
aussi nos idees sur I'organisation des Biphores, niais nos jiropres
recherches nous ont prouve que lour circulation non-seulement
est trcs-diffcrente de ccllc desaniniaux auxquels M. Savigny les
compare; mais qu'en vcrite ce phenomene s'exccute d'une ma-
niere jusqu'alors sans exemple dans les animaux ; voici ce que
nous avons remarque a ce sujet :
Un vaisseau grand et long (aorte, suivant Savigny ) part du
coeur du cote de la partio anterieure du corps (la partie poste-
rieure, suivant Cuvier), et sc divise en un grand nonibre de
branches, qui se subdivisont , s'anastomosent else repandcnt dans
diverses parlies du corps. Ces ramifications sortcnl les uncs des
Zoologie. 2 1 5
autres sous iles angles droits et se reconrbent ensuite la plupart
en arc,ainsi que I'a observe aiissi M. deChaniisso, de sorte qu'a
I'exception de ceux qui vont en travers, tons ces petits vaisseaux
ont une direclion oj)posee a celle du vaisseau principal , c'est-a-
dire qu'iis se dirlgent d'arriere en avant tandis que Taorte se di-
rige de devant en arriere. A rextremlte posterieure du coeur on
observe deux vaisseaux qui repondent aux veines pulmonees ,
suivant M. Savigny ; ils se distrlbuent egalement dans le corps de
Tanimai en s'anastoniosant a vecdesrameauxdu grand vaisseau prin-
cipal (aorte, Sav.).Mais ce qn'il y a surtout de reniarquable etde
singulier dans cette circulation, c'est que le sang ne coule pas
toujours du coeur a I'aorte pour se repandre de la dans les diver-
ses parties du corps; mais qu'apres avoir coule ainsi pendant
qiielque temps on le voit s'arreter tout a coup et prendre une di-
rectioii, ai.solunient opposee. En verite, le sang se rend alors par
les arteres et I'aorte au coeur , et de la par les veines pulmonaires
et Icurs anastomoses , il retourne dans les arteres et I'aorte. lies
contractions du cceur, en general tres-regulieres, diminuent de
vitesse a I'approche d'un tcl changeinent periodique de circula-
tion , et ce fut dans ces circonstances que nous vimes le sang s'ar-
reter et meme reculer un peu, jusqu'a ce qu'une contraction ge-
nerale du corps le determina a prendre la direction opposee. La
duree de ces circulations opposees n'est pas tout-a-fait la meine ;
nous avons vu le sang couler pendant 3 quarts de minute du coeur
a I'aorte, et pendant ce temps, il y eut 4^ contractions du coeur;
mais il fallait ensuite un tiers de min. au sang pour reflucr des
arteres au coeur et aux veines pulmonaires, et dans cet intervalle
nous comptanies 62 pulsations.
Tout ce phenomenc tient a Torganisation du coeur et a la raa-
niere dont il se contractc, les vaisseaux y sont absolunient pas-
sifs. Ce coeur, comme d'autres I'avaient deja remarquii, semblable
a un sac tubiforme , est enferme pres du Nucleus dans un peri-
carde immobile; mais, ce qui est bien important, ces contractions
se font dans une direc^on de spirale, dont les mouvemens res-
semblent au raouvement peristaltique des intestins.
Le sang du Biphore est uu fluide sereux rempli de petite glo-
bules blancs qui se rangeiit en chaines pour passer I'un apres
I'autre dans les petits vaisseaux. Comme ces globules sont assez
consistans, celaproduit neccssairement une resistance dans toute
la uiasse du sang, qui finit par vaincrc la force repulsive du
2 1 4 Zoologie.
cceur apres s'etre anetee un moment; le cceur prend alors urt
raouvement de spirale contraire au precedent. II s'ensuit de
tout cela :
i". Puisque le sang est pouss^ tant en avant qu'en arriere di-
rectement dans les vaisseaux memes dii corps, et que c'est seu-
lement par le moyen des anastomoses de ceux-ci que la circu-
lation peut 4tre regardee comme ayant lieu, tout le systeme des
■vaisseaux pulmonaires ne peut consister que dans des ramifica-
tions accessoires, qui n'ont point d'influence dirccte sur la circu-
lation principale.
a". Deux syslemes arteriel et ■veineux separcs n'existeiit pas ;
tous deux sont reunis ou plutot ils ne sont pas encore separes.
173. Note concernant l'araignef. dont la toile est em-
ployee E> medecine; par N. M. Hejitz. {^Journ. of the J cad.
sc. nat. of Philad. vol. II , feb. 1821 , n". 1 , avcc fig. )
On a dccouvert dernierement que la f oile d'une espece d'A-
raignee commune d;ins les caves, en Pensylvanie, possede une
puissance narcotique, et on I'a administree avec succes dans
le traitement de quelques ficvres.
Cette Araignee, dont M. Heiitz figure une grande I'emelle,
avec le detail des parties de la bouche et la disposition des ycux ,
appartient au genre Tegenaria de M. Walckenaer, ou au genre
Aranca proprement dit de M. Latreille. M. Hentz propose de
lui donner le nom specifique de Tegeneria medicinalis. Elle
est noire, tirant sur le bleu, ct son abdomen presente a peu
prcs dix taches pales et livides, ainsi qu'unc ligne, vers son
extremito anterieure. Dans quelques individus les jambes sont
marquees de taches noires.
L'auleur croit que les toiJes de toutcs les cspeces du mcme
genre, en Amerique, sont aussi narcotiqnes. Nous pensons
qu'il serait interessant de I'aire quelques essais sur cclies de nos
Araignees de France, afm de reconnaitre si ellcs posscdcnt la
ni6me propriete. Desm..st.
17/1. Description d'une nouvelle espece d'Arachnide du
genre Kpeira de M. Walckenaer; par M. C. Vauthier.
{ Ann. dt's 6c. natur., to. I , fevrier i8i4-
L'insecte qui fait I'objet de cette note est uric belle espece
(\' lipcira que M. Yantliicr nonime Epeira cuivicatidd : tile lui a
ele communiquee par M. Lumaii qui I'a reeue dc Java.
Zoologie. 2 1 5
EUe a le corps de forme a peu pres triangulaire; son corselet
est noir, luisant. L'abdonien est triangulaire, d'une couleur
jaune rougeatre avec vingt-trols taclies noires a sa surface : les
cotes portent a la partie posterleure une petite epine noire pres
de laquelle s'attache une grande corne rugueuse , recourbee en
dedans, et deux fois plus longue que le corps entier de I'arai-
gnee , les pates sont velues et de couleur testacee. E. Guerin.
175. ReCHERCHES ANATOMIQUES SUR le thorax DES ANIMAUX AR-
TicuLES et celui des insectes liexapodes en particidier; par
M. AuDOUiN. (Jmi. des Sc. nntur. , t. i , fevrier 1824. ln-8'\
avec atlas in- 4°. Paris, chez Becliet. )
L'anatomie comparee des insectes , quoique riche d'un grand
nombre de faits, n'avait pas encore pris cette marche philosopliique
que MM. Cuvier et GeoffroydeSt.-Hilaire ont inipriineeaTana-
toraie comparee des animaux vertebres.
M. Audouin , qui a~ sentl combien etait \icieuse la direction
donnee a la science, a clieicbe a procurer a I'Entomologie la
direction donnee j)ar ces naturalistes babiles aux classes ele-
vees des animaux; et les recherclies dont nous allons rendre
compte ne sont que le prelude de Iravaux plus etendus , car il
est facile de voir que I'auteur a mis sur clianlier un ouvrage
S'lr l'anatomie comparee des insectes.
II etait naturel qu'au debut d'un travail aussi important on vit
figurer Tanatoniie du squelette; et I'auteur etait guide par des
vues trop justes pour ne pas saisir I'avantage precieux de cetle
marche. M. Audouin a done examine les pieces dont se compose
la cbarpente solide des animaux articules; et s'etant bientot a-
percu que ces pieces ont entre elles, d'un animal a I'autre, des
rapports de position , defonctions, et soiivent de nombre et de
formes, comparables aux rapports des pieces du squelette dans
Jes animaux vertebres , ila cherche a generaliser ses observations;
il a poursuivicliaque piece au travers des metaniorpboses varices
fpi'elle subit dans les divers ordres et les divers genres d'in-
sectes, et est parvenu ainsi a les denombrer, a les caracteriser
et a determiner jusqu'a un certain point les lois de leurs varia-
tions, et par suite en a conclu ce principe entierement neuf,
que touies les differences qu'qffrent les Insectes , que tous les or~
gancs anomouxqu'ils presentent ne sont dus qu'au developpement
moindrc ou plus grand de certaines parties distant grne/a/e-
ment chez tons.
2i6 Zoologie.
Cc travail , considerable par Ips details qu'il pri^seiite, peut <itre
attribue toiit entier a M. Andouin ; les auteurs qui ont traile des
insectes n'ont pu lui donner que des donnees vagues et contra-
dicloires; ainsiles noms de sternum et d'ecusson n'ont ete don-
nes a cespieces que lorsqu'elles offraient certains caraclcrcs ac-
cidentels de convention ; de maniere qu'on rencontre a chaque
page, dans les ouvrages de classification, que tel insecte a un
ecusson , et que tel autre en est prive ; que tel genre offre un
sternum , et qu'il manque dans tel autre. Le fait est que ces
pieces existent dans tousles iusecles , et qu'on a pris I'apparence
pour la realite, en appliqiiant ces noms a de simples accidens
de formes.
Dans cette premiere partie de sontravail, M. Audouin ne pre-
sente que la portion de ses reclierclies qui concerncnt le tho-
rax, cette partie intermediaire du corps del'insecte, qui porta les
pates et les ailes, et quise trouve le siege des principaux organes du
nionvement ; il le considere d'abord dans les insectes licxapodes.
Dans le premier chapitre intitule , Observations sur le srstcine
solide des animaux arlicules, I'auteur fait voir qu'il est forme
par la reunion de plusieurs parties qui n'ont pas reru de noni
general, comme dans les animaux vertebres. On dit que le sque-
lette est forme d'os , on est oblige de dire qu'il est forme de
pieces dans les insectes; dans les premiers, cliaque os a recu
un nom special; dans les derniers , la plupart des pieces sont
ignorees on tres-incompletenicnt connues.
La connaissance du systeme solide des animaux articules est
done bien nioins parfaite que cclle du squelette des animaux ver-
tebres , et cependant son elude est de la plus haute importance,
tant par les moyens qu'elle donne pour apprccier lefacies et les
differences individuelles que les especes presentent entrc elles,
que par les avantages que les classificateurs en retireront pour
etablir, d'apres des bases tres-nalurclles , des families, des
genres et des especes.
Dans le second chapitre , ayant pour tilre ; Conside?-ations ge-
nerates sur le squelette des aiiiiudux arlicules, M. Audouin entrc
dans quclques details sur le squelette des larves , des nymphcs
ou chrysalides , et il s'attache de preference a celui de I'insccle
parfait qui est le terme et le hut de cesdifferensetats, etil arrive
a conclure : i". Que le squelette des animaux articules est forme
d'un /in;id'rc ileterminc de pieces distinrtes ou soudees i/itimcment
Zoologie. 2-17
rntre elles ; 2"." que dans plusieurs cas les iiiics diininuent oii
disparaissent reellernent , tandis que les autres prennent un de~
veloppement e.vcessif ; 3". que T accroissement d^une piece semble
exercer sur les pieces voisines uue sorte d' influence qui cxplique
toutes les differences qu'on reniarque entreles indi^ddus de chaque
ordre , de chaque famille et dc chaque genre.
L'insecte , suivant qu'il est larve , nymphe ou parfait, oftre
des differences notables dans son enveloppe exterieure ; mais les
deux premiers ages n'etant que des changemens qui se succedent
et doivent amener la formation complete du squeiette, ce n'est
que dans I'etat parfait que ces changemens s'aclievent. Cest aus-
si ce dernier etat que M. Audouin etudie sj)ecialement dans le
troisieme chapiire qui porte pour litre Considerations gtnerales
sur le thorax.
On nommait tronc la partie du corps qui se Irouve entre la
tete et I'abdonien, et Ton distinguait dans ce tronc le corselet,
la poitrine, le sternum, I'ecusson , etc. Mais la division la plus
nietliodiquc et en meine temps la plus naturelle est celle en trois
segmens. En effet, M. Audouin fait voir que le tronc auquel il
substitue, avec M. Latreille, le nom de thorax., quelque forme
qu'il affecte, est toujours divisible en trois aiineaux.
II nomine prothorax le premier anneau ; inesothorax le second ;
et metatoraxXe troisieme. (Jhacuu de ces annenux est compose a
la partie inierieuvcfVnn sternum ; de deux epistcrnutn places de
chaque cote; de deux epinieres qui sont soudees aux epister-
nums; de deux parapteres egalement soudees aux epister-
nums. La reunion des episternums , des epinieres et des parap-
teres constitue, de chaque cote, \ts,flancs, et ceux-ci, joints au
sternum, torment \n poitrine,
Au-dedans de la poitrine, on observe une piece essentielle ,
Xentothorax ; elle est situee sur la ligne mediane. On pent aussi
rapporter au thorax le peritrcme , entourant le stigmate et place
ordinairement le long du bord anterieur dc I'episternum , ainsi
que le trochnntin, nouvelle piece inaperciie, et situee a la base
de la hanchc de I'interieur du thorax.
La partie superieure se compose de quatre pieces, ce sont : le
prcesculum, le scutum , le scutellum qui est I'ecusson des auteurs ,
et \e postscutellutn.
V.a reunion de ces pieces est appelt'e terf^um. M. Audouin
nomme apodemes des prolongemens en forme de lames cornees ,
2i8 Zoolngic.
qui resultenl loujonib de la soudure de deux pieces entre elles;
ft il appelle apodcmes (rinsertioii , les lames qui donnent ordi-
nairement attache a des muscles, et apodemcs d'arUculatio/i
on articulaircs, ceux qui seivent ordinairement a rarticuiation ^
des ailes.
Enfin, on distingue a rinterieur du thorax , des petites pieces
de forme variable et donnant aussi attache a drs muscles; I'au-
leur les nomme efjidemes ; il y a aussi des epidctnes d'insertco/i ,
ct des epidctnes d'ardculation.
Lorsque Ton divise le thorax en trois segmens , 11 en resulte
des trous limites par la circonference de cliaque unneau.
M. Audouin propose de donner le nom de trou pharyngieii a
telui du protorax, trou cesophagien a celui du raetothorax , el
irou stomachal a celui du metathorax. Chacun de ces trous ayant
deux orifices , on pourrait dire Yorifice pharyngien anterieur ,
Xorifice pharyngic/i poslcrieur, etc.
Le travail de M. Audouin sera continue dans les numeros sui-
vans des Annales des Sciences naturelles, et il Taccompagnfra
d'un grand nombre de planches que nous execulcrons avec tout
le soin dont nous somnies capables. E. Guerin.
17G. British Entomology, etc. Entomologie britannicjuc, etc.
par John Curtis, F. L. S.,n'". i ct -2., janvier et fevrler 1824.
Londrcs, chez I'auteur, et chez G. B. Sovrerby , i56 Regent str.
I I'oyez le Bull, de I'evrier n". 2G7. )
Le premier cahier decet ouvrage donne; 1". la Cicindela sjl-
vicola de MM. Megerle et Dojean , regardee par M. Hufschmiii
comnie uue varietedela cicindcle hy bride des auteurs; 2". la / clia
rivulorum de M. Latrcille ; 3°. la Deilephila euphorbia; {Sphinx eir
phorhicv Fab.) et sa chenille ; il donne le caractere de ce genre d'a-
pres M.Ochsenheimer ; 4°.le Peltastes Pini, esptcc nouvellesui-
vant lui (ce genre d'llliger est Ic meme que celuiappele Metopius,
par Panzer). II d^crit ainsi cet liymenoptcre : '< Noir,profondemeiit
). ponclue; chaperon jaune; corselet ayant huit taclies de cctle
k couleur y compris les ecaillcs des ailes. Ecusson carre, bidentc,
). horde de jaune posterieurement. Abdomen ayant une tache
« jaune de chaque cote des deux premiers segmens, les aulres
» hordes de jaune a leur parlie poslerieure; ailes brunes a nei
» vures fcrrugincuscs; anleni.'cs iioircs en de.ssu.s, fcrrugineusLs
Zoologie. 2ig
V en dessous; pates jaunes, cuisses de la derniere paire rayees
» de noir interieurenient. » 5°. Ctenophora ornata, Mcigen.
Les plantes figurees dans ce caliier sont : Le Poa annua , le
Jiincus articulatus , V Euphorbia Paralias , le Pinus Abies, et le
Polygonum aidculare.
Le n". 2 contient, i". le Nebria livida Lat.; 2°. YOdenesis
Pini Germar, avec sa chenille ; le Bombyx Pinihin ; '3". le Clirysis
fulgidaUm. ;4°. V Anthrax ornata Hoffmansegg; ^^^ .\&Notonecta
wrta//<7f« Fab. Les plantes figurees avec ces insectes i,o\\\.\t Medi-
cngo Lupulina, le Pinus sjlvestris ^\c Thlaspi Bursa-pastoris ,
V Antheinis nobilis et le Cerastiuin aquaticum.
Les figures de ces deux livraisons sont bien executees; des
details anatomiques pour la bouche, les ailes ou les pates sont
joints a chaque planche ; on regrette seulement que I'auteur mul-
liplie Irop les planches en ne donnant qu'une seule figure sur cha
cune. II est a croire qu'il laudra bien des volumes pour faire de
cette nianiere toute rEntoraologie britannique. Aud. Serv.
177. Dfscription d'iksectks coleoptkrf.s recueillis dans la
derniere expedition aux Montagues rocheuses {^Rochy moun-
tains ) , faite sous le commandement du majoihLoNG, par ordre
de M. Calhoun , ministre de la guerre des Etats-Unis ; par
M. Th. Say, naturaliste de I'expedition [Journ. of the Acad, oj
Philadelphia ,yo\. III. oct. i823 , n°. 5 , pag. iSg. — Nov. ,
n°. C — Decemb.,n". 7.)
M. Say , sans aucun preambule , dnnne la description detaillee
de 125 insectes auxquels il attribue lesnoms suivans : Manlicora
cylindriformis , Fabr. • — Cicindela scutellaris , fulgida , limbata ,
jmlchra, obsoleta. — Brachinus cyanipennis. • — Feronia supcrci-
liosa , Heros , maculifrons , erraris , constricta , scutellaris. —
Zabrus , avidus. — Calosoma obsoleta , luxata. ■ — Carabus ex-
ternus. — Bembidium coxendix , incequale. — Omophron tessel-
lalum. — Colymbetcs venustus. — Hydroporus parallelns , un-
dulatus. — Pcederus binotatus Oxytelus pcdlipcnnis, armatus,
melnnocephalus. — Aleochara biinaculata. — Tachlnus airi-
caudatus. — Anlhophagus brunneus. — Buprestis to«//«f ///ri ,
lateralis , atrojrurpurca , 6 - guttata , gibbicollis granulata ,
viridicornis , geininata, divaricata , longipes , cyanipes , cain-
pcstn's. — Melasis nigricornis , rujicornis. — Elater areolatus ,
dorsalis, bellas, ivcticollis , obesus ,en thropiis , conyrxus, trian-
220 Zoologie.
gularis , niuiKtts , bdsilaris- , nuripilis , abhrcviatus , biscctus,cor-
ticinus, semivittatiis , lobatiix , nigricoUis , cylindriformis , san-
guinipennis , rubricollis. — Lycus terminalis , sanguinipennis.
— Lampyris nigricant. — Canlliaris nioflestus , angidatus , basi-
laris ,fraxini , riifipes , bilineatus. — Malachius tricolor, ni-
griccps, nigripennis , vit talus , cirr/i/nscriptus , bipunclatus. —
Plilinus rufuornis , serricoUis. — Anobiuin carin<itum. — Eno-
jilium marginatum, thoracium , l^ -punctatum. — Tricliodes
ornatns. — Clcrus Rosmarun , nigrifrons , nigripcs , humeralis.
-- Silpha caudata , ramosa , truncata. — Catojjs basilaris. —
— Cercus palUpennis , niger. — Engis conjluenta , Heros. —
Byturus unicolor. — Desmestes inarmoratus. — Scaphldiuni
lyguttatum , 4 ptistulntum. — WeleTOcemsi paltidus. — Elopho-
rus Uneatus. — Hydropliilus triangularis , obtusatus , niinbatus.
— Splia3ri(liuiii apirale. — Copi'is anaglypticus , /i/steroides, trian-
gularis. • — . Ateuchus nigricornis , obsolctus , ebeneus. — Scara-
baeus tridcntatus. — Geotrupes excrementi , filicornis. ■ —
Aphodius bicolor, strigatus , tenninalis , tenellus , concavus ,
oblongus, femoralis.
Ces insectes ont surtout ote recueillis le long du cours du
Missouri et de la riviere Arkansas. TJn assez grand nombre
d'cnlre eux ontrecu lesnoms qu'ils portent de M. Knocli, dans un
catalogue des insectes de M. Melslieimer.
Nous observcrons qu'a I'exceplion du premier de ces colcop-
leres, le Manticora ryUndrifornus de Fabricius, quLdiifcre bien
certaineinent des vrais nianlicoreG , tons les autres apparliennent
a des genres curopeens. Cela resulterait-il de ce r{ae INI. Say re-
scrverait pour un travail special les genres nouveaux qii'il aurait
decouverls , ou bien de ce que les insectes des contrees qu'il a
parcourues scraient essentiellement congeueres avec ceux de I'Eu-
rope ? C'est cc que nous ne ponvons decider. Toutefois nous ferons
remarquer (]ue dans cette serie, evideinment etablie d'apres la
inclhode de M. Lalreille ( rcgne animal), on ne trouve aucun
insecte des genres Scarites , Dytiscus , Gyrinus , Staj/hylinus ,
llister et Byrrhus. Desm..st.
178. New OBSERVATIONS or* the natural history of bees. Nou-
velles observaiioiis sur I'liistoire naturelle des abcilles; par
F. HiiBER. 3*'. edition augni. et cnrichie de 5 nouvcUcs gray.
In-12. Prix, 9 sh. Edimbourg; Londrcs; Longman.
Zoologie. 221
17;). Supplement au memoire de M. Desmarest, sur i.es meta-
morphoses nu CocHLEOcTONE voRACE. [ Bull, cle li Snc.phil.^
avril 1824. V^oyez le dernier Bulletin, n''. 89.]
M. Desmarest, ainsi qu'il a ete rapporte, avail ponrsulvi Tob-
servation des metamorphoses desCochleoctones jusqu'a la nais-
sance des insectes parfaits qui tous se trouvaient etre des femelles.
Depuis, il a continue ses reclierclies, et enfin le premier juin il a
obtenu la connaissance du male de cette espece.
Ce male est le joli coleoptere, assez peu rare aux environs de
Paris, qui a ete nomme par Geoffrey, Panache jaune; par Four-
croy, Ptilinus flavescens^ et par Olivier Drilusflavescens. Ne dans
nn vase ferme oil M. Desmarest elevait des Cochleoctones fe-
melles, ce Driliis etait joint a une de ces dernieres. Son accouple-
ment etant termine , il s'est ensuite reuni de nouveau a une se-
conde femellle. Sa depouille de nymphe renfermee, dans une co-
quille vide de Limacon , etait tres-reconnaissable en ce qu'elle
presentait de larges fourreaux d'antennes marques de stries trans-
verses, obliques etcourbees, qui etaient evideramentles indices des
filets lateraux des antcnnes pectinees si remarquables des Driles.
M. Desmarest , voulant obtenir une nouvelle certitude de
ridentite d'espece de ces animaux, a recherche a Alfort des
Driles males , aux environs du lieu oil il avait rencontre si abon-
diimment les larves des Cochleoctones. S'en etant procure dix en
moins de cinq minutes, il a place ces insecles avec un grand
noinbre de femelles et tous se soiit immediatement accouples.
Plusieurs paires qu'il a plongees ainsi unies dans I'alcohol sont
restecs dans cet elat et lui ont fourni une preuve demonstrative
du fait curieux qu'il a decouvert.
Le resultat de ses observations est que le genre Cochleoctonus
doit etre supprime et que le genre Drilus qui a I'anteriorite en sa
faveur, doit etre conserve, toutefois avec les modifications que
la decouverte tie la femelle pent apporter dans Texposition de ses
caracteres. A. G. D.
180. Caractkre d'un nouveau genre d'Insecte coleoptere de
la famille des I5yrrliidies; par Will. Elford Leach. ( Trans.
Linn.Soc, vol. 1 3, part, i, p. 4i-)
Le savant Leach caracterise un nouveau genre d'insectes co-
leoptercs ainsi qu'il suit.
MuRMinius : Antennse lo-articulatse : articulus i,crassus maxi-
raus; 2, magnus anguslior; articuli 3-<>, angustiorcs, filiformes
2 22 Zoologie.
(articulis 3-8, subglobosis, 9, elongalo); articulus 10, clavam
abniptam ovatoglobosam efformaiis.
Palpi maxillares ct labiales flliforraes; articulus iiltiiniis api-
cem versus paulo angustlor. Corpus orbiculalo ovatum. Tibi«
compresss, ultra medium gradatim latiores, apice abruptissime
acuminatae; tarsi filiforines.
M. Leach decrit une espece de ce genre sous le nom de Mur-
?ni(lius /emigineus : elle est du cabinet de sir Jos. Banks, qui
rerut cet insecte attache en grande quantite a des matieres su-
crees, dans une boite de fruits et de graines, \enant de la
Chine. L. S. F.
181. Observations sur le lethrus cephalote , et Description
de trois especes nouvelles , extraites de rEntoinographia im-
perii Russici, tom. i*^"^. , p. i33; par G. Fischer. i^Ann. des
Sc. Nat., to. I , Janvier 1824.)
Le genre Lethrus se composait d'une seule espece , le Lethrus
Cephalotes. M. Fischer en decrit trois especes nouvelles, et donne
quelques details curieux sur les habitudes de I'insecte que Ton
connaissait deja.
1 . Lethrus ckphalotes , Fabr. Oliv. Latr. , etc. , etc. , et Fis-
cher, tab. XIII. fig. I. Cette espece est commune en Siberie,
pres du Volga , en Podolie et pres de Kharkow.
2. Lethrus a urosses, Lethrus scoparius , Fischeu, tab. XIII,
fig- 2-
L. niger, supra scabriusculus , infra villosus; tiblis anlicis
scopariis.
II a trouve cette nouvelle espece dans les steppes mcridionales
d'Orembourg.
3. Lethrus longimane, Lethrus longirnanus ,Tiscni.K , tab.
XIII, fig. 3.
L. nigrcscenti-violaceus, nitidus, scabriusculus; tibiis anticis
longis , totis dentatis. II habite les memes lieux que le precedent.
4. Lethrus de Ponoi-iE. Lethrus podolicus. Fischer.
L. totus niger, thorace laevi, clytris rugosulis. II habite la Po-
dolie australe. E. G.
182. NouvEAUX insectes do cabinet he S. J. Ljingh , di'crits
par lui-meme. [Kongl. Vctenskaps - Academ. Handlingar.
Foer aar 1823, 2^. partie. )
C'est une suite de notices dont la premiere partie se trouve
dans le recucil des Memoires de rAcademie des sciences de Sloe-
)%i
223
kholm, pour Tannce 1799. ^oici les insecles decrits dans cette
seconde partie ; Tabaniis rethiops, habitant la montagne assez
clevee de Klefven , aupres de Jonkceping; Tabaniis leucoloma,
de la France ; Gonatopus Cephalotes, de la province suedoise de
Smoland ; rare. Spalntigia gonatopoda , de la meme province ,
et de la grandeur du Gonatopode a courtes comes. Salpingiis
foveolatus , etMetocha mutillaria , de la menie province.
L'auteur fait observer la singularite qui regne dans la decou-
verte des insectes. II avait fait des reclierches pendant vingt-
cinq ans a Skjoetsjoe , en Smoland , sans jamais rencontrer le Gr-
rinus villosus , et la Notonecta minutissiina • a la fin il en trouva
une grande quantite.
i83. Notice sua une nouvelle espece de Lerneopobe, par
M. Mayor, de Geneve. (^Bulletin des Sc. de la Soc.philom. ;
fevrier 1824, page 24.)
M. Mayor a trouve surlesnageoires d'un Sterlet de Norwege,
un animal qu'il rapporte au genre Lerneopode de M. de Blain-
ville , et devant former une espece nouvelle qu'il nomme Ler-
neopode etoile ( Leriieopoda stellata. )
Le corps de eel animal a 7 lignes de longueur , il est etroit ,
et divise en trois parties.
La tete a deux antennes a sa partie superieure , el la bouche est
munie de deux mandibules, terminees chacune par deux petites
soies. Entre ces deux palpes est un tubercule conique , que Ton
pent regarder comme la levre inferleure.
Le corselet a deux bras de six lignes de long , rcunis a un
tube corne , lequel est termine par un disque etoile a cinq rayons
rugueux. C'est par cette piece que cet animal parasite se fixe sur
les poissons.
L'abdomen ovale , allonge, a cinq lignes de longueur. Sur le
dos il a deux sillons longitudinaux , et quatre ou cinq points
enfonces vers la partie posterieure. Son extreraite ovale est ter-
minee par un mamelon , de cliaque cole duquel partent deux
longs sacs transparens , aussi grands que le corps , remplis de
petites ovules jaunes, placees sur cinq rangs. Leur arrangement,
vu a la loupe, les fait rcssembler a un cpi de mais.
line planche, avec cinq figures, indiqucles details decenouvel
animal , ainsi que de celui qui suit.
M. Mayor donne aussi dans cette notice une longue descrip-
tion du Lerneopode du Saumon, qu'il a vuvivant, ct que M. dc
2 24 Melanges.
Blainville n'avait pu faire connaiire dans le Dictionnaire d'his-
toire naturelle, que ])ar les figures qu'en avait faites Baster.
Cette animal est nettement dlvise en trois parties.
L'auteur a remarque dans la premiere , ou la t^tc , deux an-
tennes a deux articles chacuue , une bouclie avec deux mandi-
bules , et une levre.
Dans la seconde tres-courte, Tanalogue d'lin corselet; deux
pates a trois articles, collees conire la tete.
Dans la troisieme partie, ou I'abdomen , qui est aussi la plus
grande et transparente , M. Mayor a vu un organe en mouve-
ment , qu'il suppose etre le coeur.
De la partie posterieure de tet abdomen partem deux tubes
aussi longs que le reste du corps et remplis d'ceufs. Les auteurs
saccordent a regarder ces tubes comme etant des ovaires. C'est
aussi notre opinion; car nous les avons trouves pleins d'ceufs
dans des Chondracanlhes , qui les possedent aTissi longs et autant
devcloppes que les Lerneopodes. Mais ces Cliondracanthes avaient
de plus une ceinture d'ceufs agglomeres a la base de I'abdomen, a
I'insertion des deux tubes. Q..Y.
MELANGES.
184. Nominations academiques. M. le lieutenant-general
C'*'. Dejean et M. le baron de Ferussac ont etc nomnies mem-
bres de la Socuhc physiograpkique , de Lund , en Scanie.
La Soriete de Vclcravie d'Hanau , celle de Mdrbourg , la Socie-
te badoisc d'econornie rurale dc CarLsruhc , la Societc linneennc
de Caen ont egalement admis.M. de Ferussac au nombre de
lenrs membres.
\1 Academic Ca;sareennc, Lt'opuldine, Caroline des curieux de
la nature, siegcant actuellement a Bonn , et I'une des plus aii-
ciennesetpluscclobres Socictes scicntKiques de rAlleniagiie, vient
d'admcttre dans son sein MM. Heron de Villefosse, sous le nom
de Deiius; M. le baron de Ferussac sous celui de Sdirolter;
M. Auguste-de-Saint-IIilairc sous celui de Jacquin ; et M. Brcs-
chel sous celui de 7/i. Bartlioliims.
M. Desmarest et M. de Cliarpcntier ont ete nomnies mem-
bres dc la Soeiete gcologitjue de Londres.
PABIS. — TMPRIMERIE DE FAIN, RUE RACINE, N". h,
PLACE UE l'oPEON.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
«,^«,.«„»«»,,^„^_^^,„^^^^^^^^^^^^^^ ^^^^^^
GEOLOGIE.
i85. A Geognostical essay on the superposition of rocks.
Essai geognostique sur la superposition des roclies dans les
deux hemisplieres : par A. de Humboldt; traduit du francais
In-8. Londres ; I'SaS.
C'est una traduction pure et simple de I'ouvrage de M. de
Humboldt. Elle parait fidele, et, a I'exception de quelques'mots
rtrangers, elle est imprimee correctement. Selon le Journal phi -
losophique d'Edimbourg, M. de Humboldt se propose de pu-
biier une seconde edition revue de son ouvrao^e
b
i86. Observations ceologiques recueillies dans un voyage a
travers la Perse, depuis Bushir sur le golfe Persique ' jus-
qu'a Teheran; par J. B. Eraser ; lu le 19 dec. 1823, a
]a Soc. geolog. de Londres. ( Ann. ofPhilos., avril isj/i
p. 809. )
Une grande etendue des cotes E. et O. du golfe Persique sont
calcaires. C'est dans cctte formation que Eraser commenca son
voyage. Entre Bushir et Chiraz , les montagnes consistent en
calcaire et en gypse , et leurs couches sont fort irregulicres ; des
masses de gypse y sont frequemment accompagnees de sel', les
sources ainsi que les lacs sales y abondent. A Chiraz il y a un lac
sale fort considerable. De Chiraz a Ispahan, espacc de 9, So iniUes,
le pays est eleve et calcaire; entre Ip village de Gendoii et la vilJe'
de Yes-Dikhaust, il y a du schiste argileux et des poudingues a
cailloux roules dc quartz, de grunstein et de calcaire et a ci-
ment calcaire. Des gres lins alternent avec ccs dernieres roches.
Les montagnes entre Ispalran et Teheran preseutcnt du schiste
B.TOME II.
ij
2 26 Ccolotiie.
argilcux , ct les plus haulos ciiiios qui altcigueut une grande ele-
vation soni granitiques. A. B.
187. VfRSUCII F.INFR CEOGNOSTISf.HFN BeSCHRF.IRLNG VON
Oberschlesien. Essai d'une description geognohtitjne de la
haute Silesie et des contrees adjacentes f'ais.mt partie de la
Pologne, de la Galicie et de la Silesie autricliienne; pai- Ch.
DE Okynhausen. In-8. avec 1 carte geognoslique et 3 plans.
Essen ; 1822.
Apres avoir donne une csquisse de la conformation du ter-
rain en Silesie, et avoir indique les directions et hauteurs des
montagnes , les niveaux des plaincs et des rivieres , les pentes de
leurs cours, etc. , I'auteur aborde dans la premiere section les
roches primitives et de transition , en traitant successivement
i". du gneiss et granit , 2°. du glimmerschiefer , 3°. du schiste
argileux priraitif, 4°. du schiste argileux de transition, du grau-
\?acke et schiste de grauvracke; 5°. du calcaire de transition.
Le gneiss ne se tronve que dans la plaine, et se transfornie cufin
en glimnierscJdefer. Les roches de granit, de gneiss et de glim-
merscliieler dans les monts Sudetes forment un ensemble cohe-
rent. En traitant du glunmerschiefer , I'auteur parle des fossiles
heterogenes qui y sontmelcs, du feldspath, des grenats, de I'e-^
pidote, du cristal, graphite, etc. ; des bancs de quartz dans I'Alt-
valer et le Peterstein , de I'abondant mineral de fer a Mora ct
Wiirbenthal, des anciennes mines d'or et d'argent du Hakelberg,
creusees dans une couchede glimmerschiefer, des mines de plomb
et d'argent a Neuvogclseifen et Bergstadt. Le schiste primitif
unit les montagnes primordiales aux montagnes de transition ;
I'auteur fait voir que le caractere et la formation de ce schiste
laissent beaucoup d'inccrtitude, et qu'il se change successivement
en schiste de transition. Ce dernier forme des masses spherlques
dans le grauwacke auprcs de Wagstadt, Lcebnik et Leobschiitz ;
les empreintes et petrifications sont rarcs dans Ic grauwacke.
L'auteur s'occupe specialementdes roches de grauwacke dans les
Carpathcs , oii elles presentent des escarpemens tres-elev^s. Le
grauwacke des Carpalhes est d'un grain fin, el quelquefois sem-
blable au griinstein ; d'autres fois il est poreux. On n'y trouve ni
empreiiites ni petrifications , et il y a pen de bancs heterogenes ,
les gangues metalliques sont peu connues , le calcaire de transi-
tion forme des couches le long du pied septentrional des Car-
Geologic. 2 27
patlies : du cote flu sud-ouest elles se prolongent jusqu'en Mora-
vie ; il est generaleinent d'une couleur foricee; mais vers le nord
et vers I'est il devient plus clair et blancliit erifin tout-a-fuit. On
y trouve diverses petrifications qui sur plusieurs points sent ras-
seinblees par families. Dans les vallees il y a des bancs de minerai
de fer qui parait etre en partie du spherosiderite. Quant aux
sources saiees d'Orlau et Soleza , il est douteux qu'ellcs appar-
tiennent aux montagnes calcaires.
La deuxieme section traite des formations secondaires dont
les depots ont ete favorlses par le golfe que forment les Sudetes
et les Carpathes ; le gres houilier se pr^sente en couches le long
de ces montagnes sur un espace d'environ Sa lieues; il ne se
montre au jour que sur quelques points incolierens : on trouve
dans ce gres de fortes couches d'argile schisteuse. Les bancs de
houille sont generalement considerables : ils ont peu d'incli-
naison et conservent de la regularite dans leurs dispositions ; il
y a pourtant aussi des bancs presque verticaux et se succedant a
peu de distance. Le gres houilier est tres-sujet a se decompo-
ser. Des forces destructives ont arrache les roches a une profon-
deur considerable , et il est probable que leur niveau a ete ge-
neralement fort abaisse. L'auteur decrit en detail toutes les
houilleres et fait connaitre dans un supplement la qualite de la
houille de haute Silesie.
Les formations de trapp font le sujet de la 3e. section; ce
sont : le griinstein de transition qui ne se trouve que dans la
principaute de Teschen, et qui, dans son etat de decomposition,
sert a fertiliser les terres; le porphyre qui disparait presque
entlerement vers les grandes masses calcaires; les basaltes dis-
perses sur tonte la plaine, sans aucune cohesion, et dont la plus
grande masse est celle de Sainte-Annaberg , toute entouree de
calcaire.
Dans ia quatrieine section l'auteur a reuni les terrains d'allu-
vion , et il y parle specialemenl dcj 3 formations de pierre fer-
rugineuse qu'on trouve en Silesie. C'est au terrain d'ailuvion quo
la haute Silesie doit I'aspect d'une plaine que presente sa surface.
La derniere section enfin est reservee a un expose des rap-
ports geognostiques qui existent entre toutes les formations
de montagnes. Dans les Sudetes le granit ne se montre qu'au
pied des raonts; les hauteurs ne consistent qu'en gliinmersr/iie-
fer ; cependanl le granit en forme la base ; les montagnes houil-
228 Geologic.
lercs (Ic l;i haute Silesie fornient un ensemble independant de
tout autre , et appaitienncnt a la plus ancienne formation , entre
laquelle et celle du calcaire secondaire il parait y avoir eu una
cpoque de repos. Le calcaire secondaire a parcouru tous les pe-
riodes de formations , depuis les plus anclennes qui se trouvent
auprcs de Cracovie , jusqu'a cclle de la craie. Le calcaire blanc
se trouve intercalle entre deux chaines de montagnes calcaires
contenant du minerai; il est moins marneux dans les contrees
de sud-est que dans celles du nord-ouest. La formation de
trapp disparait sur la pente septentrionale des Carpatlies , pro-
bablement parce que les terrains secondaires y sont trop entas-
ses. Los terrains d'alluvions se distinguent par leurs masses; la
glaise bleue y est abondante. Une partie des observations de
M. de Oeynhausen a etc combattue par le professeur Pusch.
( Voy. le Bulletin de fevrier 1824 , p. io8. ) A. B.
188. EXAMEN DES FORMATIONS DE MINERAI DE FER danS IcS
montagnes de la monarcliie autrichiennc au nord du Danube;
par Fr. Riepl, Prof, d'hist. natur., etc., al'Institut poly tech-
nique de Vienne. ( Jnrmles de I'lnstiliit Poly technique ,
vol. 3; 1821. )
Le Prof. Riepl expose dans ce memoire toutce qu'il a pu ob-
server ou apprendrc sur les depots de fer de la partie nord de la
monarchie autrichiennc et sur leur emploi. II examine d'abord
la formation du fer oxidule ou magnetiquc. Cle minerai se trouve
iiislallise dans les serpentines et les schistes chloritcux, et en ro-
che avec les roches ampliiboliques primitives. On I'cxploite sur-
tout sur la pente sud de I'Erzgebirgc ; les mines y sont nombreu-
ses, etforment une longue trainee jusque vers Bayreuth. Le fer
oxide rouge accompagne le plus souvent le fer oxidule. L'auteur
en cite a Breunerhof, Kadaun , Zopons , Kuklick, Samoten ,
Wiechnow et pres de Wermsdorf , sur une etendue de plus de
40 lieucs. II en cxistc aussi pres de Joachimsthal, dans les mon-
tagnes Kupferberg et Oberhals, etc. Dans les Carpathes, il y a
des bancs de fer oxidule, de fer oligiste et de fer chroma te, a
Ma^uctora. A Gloran, il s'en trouve un banc mtle de pyrite et de
grcnat, entre une sienite et un granite. On en a dt-couvert a
Ohaba, dans la vallee de Bistra , prcsKaransebes; ct il en existe
dans le micaschiste pres Jakobery , dans la Bukowine, etc. La
formation du fer oxide rouge se trouve dans plusieurs roches ;
Geologic . 22r)
il y en a dans les roches schisteuses primitives, dans TEizgebiryc,
en Bolieme, et surtout dans le ccrcle de Czaslau , au Kreuzberg.
II git entre le granite et le schiste argileux. Le dcjjut de fer oxi-
de rouge du milieu de la Bohemc est d'une epoque beancoup plus
reccnte. En Hongrie, il y en a a Moravitza ; dans le comte de
Krassova , les bancs sont la sienite et le calcaire grenu, ou entre
ce calcaire et le schiste: le mineral y est accompagne debeaucoup
de fer hydrate, de grenat, d'asbeste , de pyrite , de quartz, etc.
Le fer oxide se trouve associe avec le fer spatliique a Deutseh-
Gladna. A Kopolapojana , il y en a un banc dans le mica-
schlste , etc. L'auteur passe ensuite en revue les points oil le fer
oxide rouge git en bancs dans la grauwacke ; c'est surtout dans
les cercles de Bei'aun, de Rakonitz et de Pilsen en Boherae.
Comme ce savant s'est long-temps occupe de ces interessantes
mines, il entre dans beaucoup de details sur leslocalites exploi-
tees , sur le gisement et la puissance des bancs ferriferes. II nous
suffit de faire reraarquer qu'ilssont tres-souvent entre des masses
trappeennes ou en contact avec elles. Le fer spatliique donne nais-
sance au fer hydrate, de maniere qu'il faut considerer ensemble
les depots de ces deux minerals. II n'y en a que tres-peu au nord
du Danube, et ils se trouvent surtout en bancs dans difftreiis
schistes intermediaires des comtes hongrois de Gomor et de
Zohf : l'auteur en detaille les localites , et il enumere les minerais
avec lesquels le fer est associe. On en rencontre encore dans la
Transylvanie, a Matskamezoe, etc. ; dans la Bukowlne, le Ban-
nat, la Moravie et la Bohenie.
Les depots de fer carbonate et fer hydrate impur (Thon und
Raseneisenstein) sont fort abondans; le fer carbonate accompa-
gne les houilleres de Bolieme, et il y a beaucoup de fer hydrate .
les principales localites sont citees par l'auteur. Eu Moravie , un
depot exploite de fer hydrate git dans des cavites du calcaire do
transition, et il est reconvert par le gres vert et les craies chlorilee
et grossiere. Ruditz,Lasch;inko et les environs de Blansko , sont
les lieux exploites. En Gallicie , il y a des amas de fer hydratr
flans les depots sccondaires , qui s'etendent depiiis Duszalyn
dans le cercle de Sanok , jusqu'a Blizun, dans le cercle de Stryn.
Ilyaaussidans la Bukowine, la Hongrie et la Transylvanie, beau-
coup de mineral de fer regenere , comme dit l'auteur.
Apres ctrc entre dans tons ces details interessans sur les diffe-
rens gites de mincrai de fer, I'aulcur donne un tableau de la
a3o Geologie.
quantite de fer produite chaque annee, depuis 1809 a i8iy,dans
les provinces autricJiiennes au nord du Danube. Si on ajoute a
cetle table les 18,000 qiiintaux que fondent annuellemenl les
fondcries boliemiennes , dont le produit n'estpas cite ici , et si
I'on suppose que les fondcries emploient annuellement , en Hon-
grie et en Transylvanie, 55, 000 quintaux, Ton trouve que la
quantite de fer employe annuellement dans les provinces autri-
chiennes au nord du Danube s'cleve a 45o,ooo , dont [\(j,ooo
proviennent du fer oxidule, i3o,ooo du fer hydrate et sjiatlii-
que, 36,ooo du fer oxide rouge des roclies primitives, 129,000
du meme niinerai de la grauwacke, et 98,000 du fer carbonate
et hydrate impur. Le depot du fer oxide rouge alimenle les fon-
deries de la Boheme ; le fer carbonate et hydrate , celles de la
Moravie et de la Gallicie; et le fer spathique et hydrate, celles
de la Hongrie, de la Bukovrine, de la Transylvanie et du Bannat.
On pent evaluer a une quantite annuelle de 60,000 quintaux le
fer de fonte de Boheme et de Moravie. L'auteur termine ce me-
moire important, par le recit de I'heureux essai fait en 1821 par
M. Aloys Obersteiner, a Doroba en Boheme, pour fondre le fer
avec le coak. A. B.
189. Grauwacke des Apennins. {Joitrn. Philos. d'Edimbourg,
avril 1824 , p. 371.)
Le depot des Apennins, decrit par Hausmanu comme grau-
wacke , est regarde par M. Boue comme le gres bigarre, parce
que cette meme formation repose sur le zechstein des Alpes et
des Carpathes. Le meme geologue signale aussi I'analogie des de-
pots tertiaires de la Hongrie et de I'Autriche.
igo.NEUELEicHTFAssLicHE Anleitung zur Sai.zwerrskunde, elc.
Nouveaux tlemens de la science qui traitc des salines, enayant
principalement en vue la geogn(5sie halurgique , et les moyens
les plus propres a I'emploi des sources les plus salees ; par Ch.
Christian de Langsdorf , doct. conseiller, etc., avec 14 pl. ,
une table et le portr. de l'auteur. Heidelberg et Leipzig; 1824.
Get ouvrage important a pour base un essai public sur le meme
sujet a la iiu du siecle passe ; mais l'auteur y a ajout^ une foule
de choses nouvelles, et une grande quantite de faits importans. II
commence par donner laliste de 5o ouvrages qu'il a deja publics,
et par citer les auteurs qu'il a consultes. Le second chapitre de
.son ouvrage est consacre a des remarques gencralcs sur le sel, les
Geologic. 201
eaux salees, et \es methodes propres a determiner leur degre de
salure. Dans le troisienie chapiti-e il parle des substances etran-
geres , des sources salees, et de leur influence snr leur degre de
salure. Dans le quatrienie il examine I'effet que la clialeur, I'eva-
poration, etc. , produisent sur la salure; et dans le cinquieme il
s'occupe des sources. Le sixieme cliapitre est entieremenl geo-
logique, et occupe environ 400 pages. II commence a passer en
revue differentes idees geogcniques de Staffens, de Muller , etc.,
et 3 etablir les grandes classes des terrains primitifs, inlerme-
diaires et secondaires. II examine ensuite en detail I'opinion de
tons les geologues,les plus anciens, sur chacun des terrains se-
condaires, et sur leurs principales divisions. II est a regretter que
son ouvrage fut deja sous presse lors de I'apparition de la
geognosie de M. de Humboldt, car beaucoup de citations sont
devenues inutiles. II regarde le gres rouge de Heidelberg , etc. ,
comme du gresrougeancien.il enumere ensuite lous les systemes
geognostiques proposes jusqu'a M. de Humboldt en 1823, et
donne lui-meme son systerae , ainsi que celui de MM. Albert! et
Hahl du Wiirtemberg. Le reste de ce chapitre est entieremenl
consacre au terrain salifere; il examine d'abord \cs differens de-
pots de gypse , et le calcaire fetide ; il montre reteudiie des de-
pots salileres et la probabilite de leur depot chiniique. Lesel se
trouve dans des fonds et des plaines : il s'eleve de la mer jusqu'a
la liauteur de 45^8 et menie 8400 pieds parisiens.
II passe en revue les depots saliferes des differentes contrees de
I'Europe, et vient enfin au ^Viirtemberg , et aux pays de Bade,
II y a la un grand bassin , dont les vallees duPrettach, du Jart,
du Kocher et du INeckar , font partie. L'auteur classe faussement
le muschelkalk de ce pays parmi le zeclistein; il donne ensuite
plusieurs resullals de sondages a Jartfeld, a Offenau, a Wimp-
fen, etc., et entre dans des details sur I'endroit precis, ou sur
les couches dont sortent les sources de differentes localites ,
el sur des coups de sonde qui n'ont ete couronnes d'aucun suc-
ces. II discute longuement la place des marnes saliferes : il a I'idee
qu'elles sont , avec le gypse nnhydre , dans le zeclistein , et il
montre que beaucoup de geologues ont cette idee; il oppose a
cette opinion celle d'un moindre nombre de geologues, qui pla-
cent le sel avec le gres bigarre, et nous croyons que ces derniers
ont raison. II communiipie ensuite des observations geognosti-
ques (]u'il a failes en dilfirens voy.igcs dans le p'y* dc Bade,
252 Geologic.
et surloul sur Ics deux pentes de la Foret-Noirc, ou il y a des
marnes bigorrees et saliftres ; il intercalle ca el la des commu-
nications de ses amis. II raconte I'heureuse decouverte du sel a
Durrheim ; et apres s'etre occupe des changemens de salure des
sources , il termine cet important chapitre par dcsidecs theori-
ques sur les causes probables de I'origme des sources salees, etde
leurs caracteres. Dansle septieme cliapltreil considoreles manieres
desonder,etde trouverles sources salees ou du sel. Dans Ics hui-
tieme et neuvlerae il traite de la maniere d'extraire le sel des
sources salees, soit a froid , soit par le feu. Enfin il examine,
dans le chapitre suivant, les forces motrices necessaires dans des
salines; dans le onzieme, les reservoirs des eaux salees, froides
ou chauffees; et dans le douzierae, les maisons d'evaporation ,
les magasins de sel , les salles pour secher le sel , et la maniere
d'evaporer les eaux salees. A. B.
igi. Rapports geognostiquf.s des environs de Durrheim ,
pdur juger de I'heureux rcsultat de la decouverte du banc de
sel gemme , accompagnes d'une preface Iiistorique ; par C. J.
Selb. Carlsruhe; 1822.
En 1820 une commission fut chargee, par le grand-due de
Bade, d'examincr Ics cercles du Danube , de Kinzig et Treisam ,
pour voir s'il n'y existait pas dc bancs de sel. M. Sclb fut mcm-
bre de cette commission, qui fit des observations sur les faibles
sources salees le long du Necker, et sur le gypsc ol I'argile qui se
trouvent au pied Est,Sud et Ouest de la Foret-Noire. II rccom-
manda surtout de donner des coups de sonde a Durrheim, a
Wicklen et Markhof , et a Salzburg. Dans le cours de la meme
annee I'auleur recoramenca ce voyage avec M. de Langsdorf , ce
qui a auiene la decouverte des bancs saliferes pres de Dunheiiu.
Le granite s'clcvc a 23y7 pieds au-dessus de la mer , dans une
partiedela Forct-Noire, entrc Ilornberg el lleichenbach; il est
recouvert de grcs rouge, et il a dans son voisinage des j)orj)hyres.
A I'ouest de \illingcn on a le granite, et des couclies horizon-
tales de grcs bigarre; les roches primitives y sout fort escar-
p6es sous terre.
Le calcaire secondaire parait plus pres de Vlllingcn, ets'ctcnd
dans une grande partic du Baar. Durrheim est a 21 3i pieds au-
dessus de la mer , et a I'air d'avoir etc un fond de mcr. Vers Ho-
hcncramingcn le calcaire secoiulairc (uiuscliclkuik) est recouvert
Geologic. 233
d'un vert gris-verdatre, et d'un poudingue que raufeur assimilc
a la molasse et au nagelfluh. Le gypse s'etend d'Aysteig a una
heure au-dessus de Sulz, par Oberndorf et Scliwenningen, a
Durrheira , oii il occupe la vallee. Le sondage y a fait decouvrir ,
sous la terre vegetale, quelques pieds de marne et d'arglle gypsi-
fere ; a iG pieds du gypse compacte de lo pieds d'epaisseur; pins
has du calcaire mele d'argile, qui a continue jusqu'a 297 pieds;
ensuite du calcaire fetide et du gypse , et ce n'est qu'a 877 pieds
de profondeur qu'on a atteint le premier banc de sel, accompa-
gne de calcaire fetide, et de i5 pieds d'epaisseur. A 4i4 pieds de
profondeur on a rencontre la seconde couche de sel , qui est de
57 pieds, et qui repose sur un calcaire compacte. Ce memoire se
termine par I'analyse de la source salee de Durrheim par le doc-
teur Kohlreuter , et par une table detaillee des roches traversees
par la sonde , et du temps employe pour cct ouvrage. A. B.
192. Sur le sel cemme et les salines. ( Arch. derApotk. Ver,
n". 2, 1822, p. 108.)
C'est une lettre de M. Referstein dans laquelle il annonce
qu'il croit que le sel en roche et les sources salees, n'ont aucunc
liaison. Le sel est un produit des sources salees, ce qui est contra-
dictoire a I'opinion generale. II yacertaines couches et certains
points de la terre <]ui ont la vertu de rendre I'eau salee; ainsi se
forment par les pluies des lacs sales , des fleuves sales , et des
sources salees. D'autres corps existans sur la terre produisent du
bitumeet dela houille , ce qui est la source des lourbieres, des
bois bitumineux , et des liouilles; le fer, la cliaux ont la meme
origine. II conciut que de cette maniere s'eievera petit a petit une
nouvelle geologic, basee seulement sur des faits. A. B.
iy3. CORRESPONDANCE MINERALOGIQUE DE MM. A. BrONGNIART,
V. MoNTEiRO , A. BouE , L. WoLTz ct Wagner. ( Miner.
Taschenbuch • x823 , 1'^''. part. , p. 225.)
M. Brongniarl envoie a M. Leonard son travail sur Ics
opliiolites et sur les vi'gelaux fossiles des houiileres, et annonce
qu'il continue sa descri])lion des terrains intcrinediaires et sccon-
daires , et de Icurs fossiles , et qu'il a deja joo dessins executes
j)our cet ouvrage. M. Monteiro annonce le Traite dc crislallo-
grapliie de M. Uauy. M. Boue envoie queltpics rectifications pour
son Essai goologiqucsur I'Lcosse. Les giieissautour du granil dc
2 54 Geologic .
Koumoor,en Ecosse, sonl des hornfels; les loclies iioirch feldspa-
tliiques coijuilleres des Hebrides sont dcs argiles marneuses d»
lias, alterees par le voisinage des basaltes ; les filons de basalle
ont ete la plupart remplis par en bas. U u'y a point de tracliyle
en Ecosse: et cerlains porphyrcs du gres rouge de ce pays n'ont
iteappeles trachytiques qu'a cause de leur rcsseniblance niine-
ralogique avec les trachytes. Le filon de Bl.ickwaler est une
masse de porpliyre qui n'a pas eu la force de percer le gres.
En6n, M. Boue y annonce un voyage dans les Pyrenees et I'AI-
leinagne.
M. Woltz classe le gres grossier du centre des Vosges dans
le todlliegende, ou le gres rouge nouveau ; il alterne dans celte
chaine et pres de Heidelberg , avec de i'argilolite por])hyrique , ce
qui montre qu'on ne peut pas le regarder comme du gres bigarre.
Le meme auteur cite qu'uii puits de sel de Vic a traverse de I'ar-
gile ma^neuse, des marnes a druses de chaux carbonatce inverse,
un calcaire niarneux , une marne noiratre un pen scliistcuse , ou
gres rougealre quartzeux niicace , un gres semblalde gris, un
calcaire blanc compacte et une inarne plus ou moins noiratre et
a nids de gypse. M. Woltz a recu de Rupt, dans le departemenl
de la riaute-Saone , des silex avec du soufre , qui s'y rencontrent
en meme temps que du mineral de fer en grains dans les champs
d'un district oolitbique.
M. *** annonce de Vienne , que M. Pohl a ramasse beaucoup
de mineraux dans les provinces ile Minas Geraes et de Goyaz , au
Bresil , et M. Naltcrer en a anssi envoyc de la province de Saint-
Faui. Parmi ces dcrniers echantillons, il v a beaucoup d'agregat
quartzeux aciment ferrugineux , et a or et diamant.
Les environs dc Sorocaba , ao millesa I'ouest de San-Paulo ,
ont foiirni des granites porphyriques , des schistes talquenx et
argileiix , du griinstein et du calcaire compacte, et des amphi-
bolites micacees. II y a aussi beaucoup de fer dans ce district ;
el a Y|)anema , existeune des plus grandcs forges, seulementali-
mentec de blocs cpars de fer. La chaine d'Aracoiaba abonde ca
fer oligiste en partie titaniferc, en fer oxidule, en fer rotige
ocreux, et en fer hydrate compacte et ocreux. M. Varnliagen
pietend que ces fers sont en filons dans le granite.
A Ypanema , le fer oxidule est accompagnc de griinstein. Le
ciistal dc roche , la calcedoine, la litheinarge, sont associes avec
ces depots de fer. A Payol , pres Sorocaba. il y a du silex pyrom.i-
Geolo^le. 25 :>
que excellent. La collection de M. Natterer est <le deux cents
morceaux.
M. Wagner annonce la decouverte d'un bol jaune-brunatre
qui remplit une fente de calcaire des Haules-Alpes (zcchstein),
au Rauschenberg. Le fer phosphate se trouve dans le depot de
fer hydrate du mont Erzberg , pies d'Amberg; il y est quelquefois
cristallise en prismes rectangulaires a quatre faces. La wavel-
lite se trouve dans des fentes d'un leptinite ( -weisstein ) , au
mont ScliwarzembergpresLehnau, au pied du Fithtelgebirge ;
elle est accompagnee de chrysocolle, produit probablement ,
par la decomposition d'un cuivre pyriteux. A. B.
194- Description d'une caverne de lave. (^Edirn. Phil. Jourii.
avril I J 23, pag. 4i6.)
Cette caverne se trouve dans les laves de I'ile St. -Michel^
(A cores), visitee par M. Webster ; elle consiste en un conduit selon
un plan incline et en une crevasse, et elle est tapissee de mor-
ceaux de lave portuse et vesiculaire, qui ont la forme de stala;:-
tiles ou de plomb fondujete dans I'eau froide. A. 15.
1 95. Description d'une grotte dans I'interieur de la colonic du
Cap de Bonne-Esperance ; par M. G. Thompson. [Quartcrl ,
Journ. of Scienc. , 1824 j janv. , pag. 272. )
Cette grotte est siluee dans le Rango , district de George,
a 35o millcs du Cap , et se trouve dans une chaine calcaire qui
separe le Rango du grand desert ou Raaroo. Son entree a 20
pieds de liaut ; au bout de 200 pieds Ton arrive a un precipice
de 3o pieds , au fond duquel sont plusieurs .'alles. La premiere
est une voute appelee Van Zeilys-IIall, qui a fio a 70 pi. de hau-
teur , 100 pieds de large et 600 pieds de long.
La seconde, appelee le Registre, a 40 pi. de large et 25 pi.
de haut.
Cette derniere sallc conduit a la salle de Botlia , qui a 140 pi.
de large et 5o pieds <ie haut; dela Ton arrive a la chainbre inc-
ridionale, qui a 3o pieds delong, i5 de large, < t 20 de haut.
Ensuite , Ton est conduit a la chambre dc Vander- West-
Huissen, qui a i5 pieds de liaut et 10 de long; et a la chambre
appelee Thom's-Chamfer , qui a i4 pieds de long sur 8 de
large, et i5 de haut.
Enfin, un precipice de 14 pieds conduit a une derniere salle do
5oo pieds dc long, 5o de large, et 20 a 40 dc hnut. La caverne
256 Geologic.
parait avoir en tout i,!joopieds de profondcur L'autciirannonce
encore plusieurs petites cavites adjaccnles a ces salles principa-
les , et parle des stalactites varices de ces caverncs. A. B.
196. SuR LA FORMATION GEOLOGiQUE d'un pont natutcl en Virgi-
nie; par Gilmer. (Trans. Soc. P kilos oph. Americ. of PhilacL,
I*"", vol., nouv. serie, pag. 174, 18 18.)
Jefferson a fail connaitre cc pont pittoresque , et le mar-
quis de Chatelux en a fait faire un dessin. Ce pont est situe
sur le Cedar-Creek , dans le comte de Rockbridge ; Ics couches
horizontales y sent coupees a pic. La liauteur de la porte la plus
basse de la voute, au-dessus del'eau, estde 160 pieds, I'opaisscur
de I'arche est dans le plus grand nombre de points au dcia de
35, et la hauteur de la cime de I'arche est de 200 pieds. L'auteur
attribue la formation de ce pont au courant qui a elargi peu a
peu un conduit soulerrain parmi ces roches calcaires , dont la
decomposition a aussi aide la destruction. A I'appui de son opi-
nion, il cite un semblable pont sur le Stock-Creek , branche
de Clinch-River dans le comte de Scott. Sa hauteur est de
3oo pieds. ^- "•
197. TuEMBLEMENS HE TERRE ACX ANTILLES.
II y en a eu deux , dans I'espace d'un mois , a la Martinique.
Le premier s'est fait sentir au Fort-Royal, le 1 1 novembre
1823 , a 5 heures 45' du matin; et le second, le i3 decembre
a unc heure du matin. Chacun ctait compose de deux secousses ,
qui dans le premier ont ete plus fortes et surtout plus longues.
Ces phenomenes n'ont etc accompagnes d'aucune espcce d'acci-
dcns. ( Revue Encycl. , f^vrier 1824 , p. 453.)
198. TnEMnLEMENT DE TERRE AU CaNAUA. [PkUoSop/l. Mag.,
dec. 1823, p. 470- )
Le 28 aout i823, les habitansdu village de Ilayotte dans la pa -
roisse de Champlain ont etc temoins du phenomene suivant. Line
otendue de pays de 207 arpeiis ful elevcc lout a coup a 36o yards
de distance du fleuve Champlain ct alia sc precipiter dans ce der-
nier en renvcrsaiit lout sur son passage. Cclle masse encombra la
riviere sur unc clcnduc de -jAi arijcns, que le courant ne j)ut de-
passer qu'ai)rcs scire clevc 7 a 8 pieds plus haul qu'a rordinanc.
Oct evenemcnt ful accompagric d'un grand bruit cl de vapcurs
Miner alogie. 35-7
t'paisses, semblablesa ccUesde la poix etdusoufrc. Lesunscrurent
voir une eruption volcanique on I'eff'et d'un Ireinblement de terre
tandis que les autres I'attribuerent a de I'eau qui avail ptnetre en-
tre les couches d'argile et de sable. A. B.
199. Regit de ea catastrophe par laquelle le village de Stron ,
en Boheme, a ete en partie detrult. {J fin. de Phjs. de Gil-
bert, torn. 64, p. 434.)
Ce village etait silue sur la pente N.-E. de la vallee de I'Eger
a une heure au-dessus de Saatz. La contree appartient a la forma-
tion de sable et d'argile a lignites. L'Eger s'y etant creuse une
petite bale, et des sources souterraines ayant mine le depot de
sable sur lequel reposait le sol du village, ii en resulta d'abord
des affaissemens : des murs se fendirent; puis pendant une nuit
un bruit avertit les habitans du danger, et ils n'eurent que le
temps de fair pour ne pas se trouver ensevelis sous leur village
qui se mit a glisser avec tout le sol, et qui n'offrit bientot plus que
r.tspect d'un chaos epouvantable. A. B.
200. Collections geologiques. M. le professeur Wehrlc, a
vSchemnitz, en Hongrie , propose des suites geognostiques de
Schemnitz, en echange de suites oryctognostiques,et M. Johann
Seigerschmidt, essayeur imperial et royal aux mines de Kapnik
en Transylvanie , of'fre des collections geognostiques et orycto-
gnostiques des environs de Kapnik.
MINERALOGIE.
201. BrEITHAUPt's VOLLSTANDIGE ChARAKTERISTIK DES MINERAL-
SvsTEMS. Caractcristique complet du systeme mineral, par
M. Breithaupt, Prof, a I'ecole des mines de Freyberg; a*.
edit, de 292 pag. Prix, i rxd., 2 gr. Dresde; 1823 ; Arnold.
Ainsi que M. Koks ( qui a fait paraitre un nouvel ouvragc
dont il sera rendu compte apres sa publication complete ) ,
M. Breithaupt presenle un nouveau systeme de min.'ralogie.
L'ouvrage est precede d'une introduction dans laquelle sent ex-
poses les principes de la classification; vient ensuite le systeme
meme , qui est suivi dc notes explicatives. Get ouvragc ne le cede
a aucun des traites de mincralogie les plus nouveaux , sous le
rapport de I'etat complet des matieres. M. Breithaupt y confirmc
9, 5 8 Mine m logic .
les observations di'ja faites pnr INT. lei)'. Gustave Rose, de Berlin ,
eleve du celebre professeiir Weiss, leqiiel a decouvert , il y a deux
ans, que , parmi les cristaux jiisqu'alors classes au nonibre des
porphyres, il s'en trouvait quatre especes distinctes. M. Breit-
haupt distingue encore une cinquieine espece ; toutefois son opi-
nion a cet egard naerite encore confirmation. H.-vrtman.
•>.oi. Bkitrage zur Krystallonomie. Memoires sur la cristallo-
noniie; par M. Neumann, de Berlin, i*". tome de iSa p.,
avec 12 pi. lithogr. Prix , i rxd. 12 gr. Berlin et Posen ;
1823 ; Mittler. ( Voyez I'annonce inseree dans le n". de mai
1824, p. 27.)
M. Neumann , digne eleve de M. le professeur Weiss de Ber-
lin , se propose de sonmeltre au public, dans un ouvrage en plu-
sieurs tomes, les resultats de ses reclierclies siir la cristullographie.
II expose d'abord dans I'introduction les divisions des differens
systemes sur celte matiere , suivant les principes de M. Weiss.
Voicila nomenclature de ces divisions.
I. Systeme spheroedrique ( systemata sphseroedrica); i. syst.
homospheroedrique ( syst. homosph.Troedrica ) ; 2. syst. hemi-
spheroedrique (syst. hemisphseroedrica ); a. syst. pyritoedri-
que (pyritoedrische); 6. syst. tetraedrique (tetraedrische).
II. Systeme bino-singulaxiaire (syst. bino-singulaxia); 1. sec-
lion homoedrique ( bomoedrische abth. ); syst. quaternaire
(.syst. quaternaria ) ; 2. sect. hemiedrique( liemiedriscbe abth.);
a. .syst bifio-quaternaire (syst. bino-quaternaria); fe, syst. bino-
singulo - quaternaire (syst. bino-singulo-quaternaria); c. syst.
tetraedrico-quaternaire (syst. letraedrico-quaternaria).
III. Svsteme singulaxiaire (syst. singulaxia); i. syst. binaire
(syst. binaria ); 2. syst. bino-singulaire (syst. bino-singularia );
3. syst. singulaire (syst. singuiaria).
IV. Systeme tcrno- singulaxiaire (syst. terno-singulaxia) ;
1. syst. senaire (syst. senariaj; 2. syst. ternaire (syst. ternaria ).
Un systeme de cristallonomie est un sommaire qui doit neccs-
sairement avoir pour base une unite commune. M. Neumann
commence par I'exposition d^taillee d'une mdthode graphique,
qui, exempte de cette multiplicile dc denominations cristallo-
graphiques encore en usage en Allemagnc, ne saurait etre, sous
ce rapport, que d'line grandc utilite, en cc qu'clle facilite I'in-
telligence des dilfc'-rentcs acceptions. M. Neumann developpe
Miri cm log ie. 2 5 ()
encore dans ce volume le sysleme bino-singulaire (syst. Lino-
singnlaria), considere relat'iTement a un interessant sujet, Ie
j>orpliyre. II est a desirer que I'auleiir fasse bienlot por.iitre les
volumes suivans. Haktman.
20"?. Observations relatives a la determination mineralogique
de la diallage; par W. Haidinger. ( Transact, of the roy. Soc.
Edinh., t. X, part, i, p. 1 27.)
Dans ce niemoire, M. Haidinger veut prouver que la diallage
verte d'Haiiy est un compose de lames tres-rainces de liorn-
blende et d'augite, quelquefois separees, et quelquefois melees
les unes avec les autres. I! y decrit en outre plusieurs des ro-
ches diallagiques les plus remarquables , quelqnes varietes de
saussurite a structure laraelleuse, et des cristaux de serpentine.
G. Del.
204. Memoire sur plusieurs cRisTALLisATioNs nouvellcs de
strontiane sulfatee, par MM. Moricand et Soret. [Mem.
de la Soc. de P7iys. ct d'Hist. Natur. de Genwe , vol. i , 2^.
part., p. 309. )
Les auteurs de ce memoire ont entrepris de decrire plusieurs
formes nouvelles de strontiane sulfatee , dans la vue non de sur-
cliarger le tableau de I'espece de details qu'ils regardent comme
un luxe pour la science, mais de dlriger I'attenlion des minera-
logistes sur les rapports qui existent entre la structure de cha-
que cristal et la nature du terrain qui constitue son gisement.
Parmi les varieles qu'ils ont fait connaitre, dix appnrtiennent a
la strontiane sulfatee de .Sicile, un pareil nombre a celle de Bex
dans le canton de Vaud, ou elle se rencontre dans le calcaire de
transition qui recouvre la couche superieure de gypse anliydre;
enfin deux autres appartiennent a la strontiane sulfatee de Co-
nilla, en Espagne, et une derniere a ete trouvee aux environs
d'Arau. Les auteurs du memoire ont reconnu la presence des
deux axes de double refraction dans la strontiane sulfatee de
Bex ; ces axes ont une position symetrique avec les faces de la
forme primitive et les sections principales sont paralleles aux
diagonales des bases, comme dans la baryte sulfatee. G. Del.
2o5. Sur la forme cri><talline des Sels artificiels , par
M. Bt,ook.vs. [Jnn. 0/ Philos. , max 1824, p. '^6/,.) Fojez le&
pr6ctdens numeros du Bulletin.
2^o Mine'ralogie.
Pcrchlorun- de cnrboiie. — Ces crislanx , prt-))ares jjar M. Fa-
i.iday, deviennent tcrnes par leur exposition a I'air. II n'y a de
clivage dans aucune direction ; leur forme primitive pcut ^tre re-
gardee comnie nn prisme rhomboedrique droit :
P sur M ou M' 90" 0'
P sur c 119 Ao
P sur /* 90 o
c sur h i5o 20
MsurM' 122 o
M sur h 119 o
Muriate dc cobalt. — Ces cristaux , que I'auteur doll a
M. Cooper, peuvent etrc cllvi's facilement parallelement au plan
terminal P , et raoins distinctcment dansune direction parallelc
a M et M', La forme primitive parait etre un prisme rhombocdri -
que oblique : ^
P sur M ou M' 1090 3i
p sur h 122 20
p sur c' 106 20
h sur c i3i 20
MsurM' 77 20
Msur h 128 /,o G. de C.
Acetate de haryte. — Ces cristaux , donnes aussi par M. Coo-
per, paraissent avoir pour forme primitive un prisme droit obli-
quangle. II y a un clivage parallele a T, un moins brillant pa-
ralU-le a M , et un autre indistinct perpendiculalre a ceux-ci :
Msur/ 1460 18'
MsurT ii3 12
M sur d 116 56
d sur d! 126 8
T sur/' 100 3o Cr. DE C.
•206. ExAMEN i>E nEux MiNERAUX coHscrvcs dans la collection
de I'Acadcmie des sciences dc Stockholm, par M. Bkrzelius.
( R. Vctensh. Acad. HandUngar. Stockholm ; 182/, ; part, i"".)
L'un de ces mineraux, d'un blanc d'argent et d'un ^clat me-
tallique, a etc trouve -a Rlddarhyttan. M. Bcrzellus ya dccouvert
la presence du tcUure de bismuth. Ce mineral resscmble beau-
coup a celui que M. dc Born a nommc argent moljbdc-nique ;
mais il parait contenir un pcu plus de soufrc. C'est, a la con-
Mineralogie. tL^i
haissaiice de M. Berzclius, la premiere fois que le tellure ait ete
trouve en Suede.
L'autre mineral analyse par I'auteur provenait, selon I'eti-
quette, de Blcndiff, pres de Churchhill , dans le Sommerset-
shire. II etait d'une couleur jauiie de ]>aille , et d'une consistance
peu solide; il se biisait facilement sous le niarteau , en presen-
tant une cassure briliante. Les deux morceaux casses formaient
entre eux un angle de 102° 5, ou, en general^ entre 102° et
io3". Sous le chalumeau , le mineral fit entendre un leger petille-
ment et se fondit aisement. S'etant refroidi, il parut plus jaune
qu'auparavant. AH charbon il se reduisit en plomb , en laissant
echapper des vapours acidulees. Avec Toxide de cuivre et avec
les scls de phosphore il presenta une flamme bleue. II se dissol-
vtiit dans I'acide nitricjue delaye, en faisant une legere efferves-
cence qui \ariait quand on y nieltait dcs morceaux s(5pares.
M. Berzelius examine easuite le mineral par I'analyse chimi-
que, dont voici les resultats : Clilorure de plomb , 34,63 , ou i
atome; oxide de plomb, 55,82, ou 2 atomes; carbonate de
plomb, 7,55; silice, 1,46; eau, o,54 : total, 100,00.
L'auteur presume que la presence de I'eau et de la silice
etait purement accidentelle, de meme que le carbonate , dont la
quantite variait de maniere a etre plus abondant vers la surface
qu'au milieu do la masse.
La formule de la composition de ce mineral est done, si oii'
laisse de cote les substances accidentelles, Pb Ch- -\- 2 Pb. Le
chlore est designe ici par Ch. Ce mineral est intei'essant non-seu-
lement sous le rapport mineralogique, mais aussi sous celui de
la cliimie, puisque I'art n'a jamais reussi a effectuer la m^me
composition que celle-ci; c'est-a-dire que le muriate de plomb,
avec base en excess ne se compose ordinairement, comme on sait,
que d'un atome de chlorure de plomb, et de trois atomes d'oxide
de plomb ( Pb Ch' -f 3 Pb). R.
207. QuELQUES RECHERCHES SUR LES COMBINAISONS DE l'oXIDE
uranique; par M. Berzelius. [Kongl. Fetenskaps-Acadc-
incens Ilaiidlingar pour 1823 , i'^'^. part. , p. i54.)
Yoici les analyses de I'uranite d'Autun et de celle de Cor-
nouaiilcs. Le premier a etc analyse de trois manieres differentes
et a fourni les resultats suivans :
B. Tome II. i6
2*.
3'.
Moyenne
1,83
1,7a
1,80
6,84
6,56
6,7 a
o,a'i
0,22
0,23
7o,o5
69,98
70,43
18,87
1 6,4 4
17,36
0,06
2,53
2,40
2,79
3/3 Mineralogie.
Baryte ',84
Chaux 6,7^
Magnesle et oxidule
de manganese. ...
Oxidule d'urane ... 7^25
Acide phospliorique. . 16,75
Oxide d'etain • 0,06
Gangue ^f^-*
100,00 100,35 97,42 99,19
Persuade que le terme moyen s'approclie Ic plus de la verite,
et en admettant une quantite d'eau de 14,9 pour cent, y com-
pris I'acide fluorique et I'ammoniaque degage pendant I'incandes-
ccnce, il a trouve pour resultat que 100 parties du mineral con-
tiennent :
g.,y„jg . . 1, 5 1 contenant oxigene 0,160 atomes.
Chaux'. ■.".'. ".'... 5,66 .,585 i
Magnesie et oxidule
de manganese. . . 0,19 0,07
Oxidule d'urane. . . 59,37 3,128 2
Acide phosphorique i4,63 8,193 5
j-j^y 14,90 13,246 8
Gangue ^'7°
Acide fluorique et
ammoniaque . . • des traces.
99>o6
L'analyse faite par M. Berzelius de I'uranite de Cornouailles
coincide entlcrement, par ses resultats , avec celle de MM. Gre-
gor et Philips, au travail desquels nous renvoyons a cet egard.
Void !es formules donnces par M. Berzelius pour rendre la com-
position de ces deux substances :
Uranltc d'Autun = Ca'^ P' + It'U P -{- It^ «<Z-
Uranite de Cornouaillesr= Cu^ P* + 4 U P + 48 aq.
Lc savant suedois propose de rcserver a cette derniere la de-
nomination de chalholitc, donnOc par AVerner, et de conserver
le nom d'nranite pour ceile d'Autun.
Mine'ralogie. 24^
ao8. Recherches chimiques sur le Cronstedtite, nouvenu
fossile de Pribram , en Bohome ; par J. Steinmann. [Ahhandl.
cler Kcenigl. Boehm. Gcscllschaft der Wlsscnschaftcn, to. VII.
Prague, 1822.)
Le fossile dont il est question fut frouve, il y a quelques an-
nees , dans ies mines de Pribram , si riches en fossiles Interessans,
ct pris d'abord pour du scliorl; raais, en I'cxaminant de plus
pres, on s'apercnt qu'il fallait le ranger plutot dans la classe du
gUinmcr ct du chlorite , avec lesquels il a quelques caractcres
coinmuns. Toutefois i! differe du glimmer par la couleur et I'o-
pacite, et du chlorite \iav I'cclat et par la maniere de se fendre.
Pour le poids, il s'a;)proche davantage du hornblcmle ; mais il
en differe par une durete moins considerable et par la forme
cristalline. II est noir de jais, en gros rognons, et cristallise en
])rismes a (> faces, qui sont ordinairemenl accoles en grandes
masses par Ies faces laterales. On pent le separer en feuillesper-
pendiculairement a I'axe du prisme. Ces feuilies ne sont point
attirees par I'aimant , mais elles montrent quelque elasticite*
Mele au borax , il fond en une masse noire et opaque qui devient
tres-dure. L'acide muriatique opcre rapidenient, a la simple at-
mosphere, sur le fossile reduit en pondre; il prend alors une cou-
leur jaune-vif , et se fige en une gelee transparente jaune. Si Ton
melede I'eaua l'acide, la dissolution prend une teinte plusclaire
et il se preclpite de la terre silineuse dans sa forme primitive.
En chauffaut a un haut degre, dans un creuset a platine, 2 568
grammes de cronstedtite i)endant un quart d'heure, M. Stein-
mann ne remarqua aucune apparcnce de fusion : le fossile avait
perdu 9,y3o sur cent parties. II fit bouillir (i grammes de la pou-
dre fine de ce fossile dans un melange de 3 parties d'acide muria-
tique et une partie d'acide nitrique; il se developpa une grande
quantite de vapeiir d'acide nitrique. II continua ile fiire bouillir
ce melange jusqu'a la dessiccation. II lessiva le residu avec de
I'eau : la terre siliceuse resta sans eire dissoute. M. Stein-
mann entre dans de grands details sur Ies analyses chimiques
auxquelles il a souniis le cronstedtite, et qui n'ont pas toujours
donne le mume r(V>ulfat. Dans une des tables jointcs a son me-
moire, \\ comjiare I'analyse du cronstedtite a cclle d'autres fos-
siles, tels quo rilvaltc on lievile, le hornblende, le chlorite et le
glimmer. ,L 'analyse du cronstedtite a donne Ies resultats suivans :
oxide de fer, 58,853; terre siliceuse, 22,452; terre amerc, 5,078;
■244 Mineralogie.
oxide de manganese, 2,885; cau, 10,700,11 tire de cctte compa-
raison la conclusion que le cronstedtlte se distingue des autres,
nommes ci-dessus, par I'absence totale de I'argile. II I'a appeic
Cronstedtlte en honneiir du inineralogiste Cronstedt. M. Stein-
mann estprofesseur de chiniie h. Prague, et autenr des Rec/ierches
chiiniques sur le carpholite, insere dans le tojue VI des inemoires
de la societe royale de Bohenie. D.
209. ReCHERCHES sur le mineral APPELE TREMOLITE, de Gjel-
lebaek, en Norwege ; par W. Hisinger. [Kongl. Fetenskab.
acndein. Handlingar Joer aar i823,part. 1''*^. 177.)
Ce mineral, qui a dte generalement regarde jusqu'a present
comme du grammatite, et que Esmark a appele tremolite de
ma^nesie , fournit une nouvelle preuve de I'insuffisance de
qnelques caracleres exterieurs pour determiner la veritable na-
ture d'un mineral. Des recherclies plus exactes I'ont fait assi-
iniler eMuite au spath en table [tcijelspath) , auquel il ressemble
en effet beaucoup.
On le trouve a Gjellebaek, a 4 milles et au sud de Cliristia-
nia, parmi les bancs superieurs de ce qu'on appelle niarbre de
Gjellebaek, a 700 pieds au-dessus du niveau de la mer. Cette
pierre calcaire meroe a etc long-temps meconnue : elle est d'un
grain cristallin, et renferme des fossiles cristallises, ainsique des
grenats, zinkblcnde , epidote, scapolite, etc. Malgre tontes les
petrifications, on I'a rcgardee comme une roche primitive, jus-
qu'a ce que MM. de Buch et Haussmann aicnt prouve par
I'examen geognostique que ce calcaire appartient aux forma-
tions de transition qui s'etendcnt au sud de Christiania, vers la
mer. On peut maintenant ajouter une nouvelle preuve a cette
observation , c'est qu'en faisant dissoudre ce calcaire dans de
I'acide nitrique, on voit se developper une odour letidc qui
s'attache au dissolvant, tandis qn'une portion de sable fin resiste
a la dissolution , ce qui n'arrlve pas dans le calcaire primitif.
/ Le prt'tendu tremolite est blanc de neige lorsqu'on le ronipt ,
mais a I'air il se change en gris ; a la cassure il montre des
rayons fixes places les uns sur les autres, comme dans le gram-
matite et dans une partie du spath en table. La pierre montre
beaucoup de phosphorescence lorsqu'on la frappe ou qu'on la
frotte; mais chaulfee, elle ne doiine plus qu'une lueur faible-
Soumise au chalumeau, loutc I'exlrcmite fond et se transforme
Min^ralogie. 24^
en un verre demi-transparent et sans couleur; dans le verre de
borax, elle donneun verre transparent etun peu de la couleur de
I'amethyste. Avec le natron, elle devient noire avec des taches
de bleu verdafre, en formapt une scorie informe.
M. Hisinger fait connaitre cnsuite les diverses analyses qu'il a
faites decettepierre, et qui I'ontamene a la conclusion quece fos-
sile est principalement un ttisilicatc calcaire qui, dans le systeme ,
doit trouver sa place auprcs du spath en table. II determine la
composition de ce mineral ainsi qu'il suit :
Terre siliceuse 39,84 Acide 19,89 ) p. cj RX Kr
Terre calcaire 23,72 6,63 j
C a C* 26,07
Terre calcaire
23,72
6,63
Terre calcaire
14,70
4, 1 3
Acide carbonique
11,36
8,26
Oxidule demang.
4,96
1,08
Oxidule de fer
1,43
0,32
Terre siliceuse
3,53
r,76
}
}
s.
9.9^
99>55
210. SuR LA MINE DE COBALT dc MussEN, cn Souabc ; par M. le.
Prof. D'. WERNEK.INCR. iyJoum. jur Phys. unci Chem. von
Schweig. unci Mein,, vol. 9, calx. 3 , p. 3o6.)
M. Wernekinck a constate, par I'analyse, que la mine de co-
balt eciatant, de Mussen, etait composee de beaucoup de sulfu-
rc de cobalt, de sulfure de fer et d'un peu de sidfure de cuivre.
Elle ne contient pas d'arsenic comme celle de Tunaberg, dont
elle a toute I'apparenee esterieure. M. Wernekinck a cependant
vu des echantillons qui lui font presumer que les mines de
Mussen renferment aussi ou ont renferme des minerals arseni-
feres. Pebdonnet.
2 7 1. Analyse du feldspath vert de Beverly, (Rlassachusets) ;
par J. W. Webster. [Philos. Mag., avril 1824, p. 283, et
Journ. ofpliil. andcirls of Boston, nov. i823.)
On adecouvert, il y a peu de temps, dans la province de
Massarhusets, a Beverly, du feldspcitli vert. I/analogie de ce
mini'ral avec le feldspath vert du nord de I'Europe est un
cxemple frappant de la similitude des mineraux dans les diffe-
rens points du globe.
II est vert de i)omme, tres-lamelleux. Les ecliantillons qup
M. AVebster a examines ctaient trop fractures pour qu'il pAt en
ut^6 Botatilqiic.
jeconnaitreles formes; inaisles clivagcsqu'ilsprisentaientetaleiit
enlierenient iui.ilogues a ccux du leldspatli.
L'aiialyse de ce ralncnd a donne le resultat suivanl : bilicc,
72; almiiine, 10,1; chaux , 1,2; rnagnesic, 3,2 ; fcr , 2; cliro-
uie, uue trace; potasse, ii,i. !)•
BOTAMQIE.
212. IcoNES SELECT.?; PLANTAROM qiiat. in systeniate univer.-ali
ex herbariis Parisiensibus, praesertim ex Lesseiiiaiio dcscrijjsit
A. P. DECAjjnoLLE , ex archetypis speciminibus a Tlrpijj dc-
lineatie , et edit» a B. Delessvrt. Vol. 1. Paris; Treullel et
Wurtz.
Repandre des bienfails avec ce disLernement qui leur donne
tant de valeur, et favoriser lesprogrcs de I'instruction, c'est avoir
les T)lus justes droits aux respects et a la reconnaissance des hom-
mcs. Sous ce double rapport, personne n'a de plus beaux titres que
M. Benj. Delessert. L'liumanite le ronipte parnii scs bienf'aiteurs,
et depuis long-temps ccux qui cullivent Ics sciences ont associu
son nom a celui de Joseph Banks. L'ouvrage que nous annoncons
sera tout a la fois un monument de son gout cxquis, de son
amour pour la partie la plus interessanle peut-eire de I'ljistoire
naturcUe, et d^ sa generosite.
On sait que M. DecandoUe a entrepris de decrire avec detail
toutes les plantes qui ont ete indiquees dans Ics livres , et celles
qu'il pourra trouver dans les hcrbiers , de tracer leur synonymic,
et de les disposer dans I'ordre le plus naturel possible. Cel on-
vrnge immense sera, si I'auteur pent I'adiever, ce que furent a
d'aulres epoques le Pinax de Bauliin , et le Spccii^ de Linne ; il
fixera la nomenclature, et off'iira a la poslerite ronsenible des
connaissances de notre siecle dans la science des vegelaux. Parmi
les plantes ])ublieesparM. DecandoUe, il en est une I'oule qui n'a-
vaient ])oint encore etc figurees, ou qui I'elaicnt imparfaitinienl.
Descaracteres traces par unbotanisle aussi savant que lui sontsuf-
fisans sans doule pour faire dislinguer les especes les plus dilfici-
les- cepcndant il n'est personne qui ne saclie combien des dcssins
aioutcnt de prix aux destriptions les micux faites. Une figure
sans description ne satisfcra jamais le botaniste; mais, il fiiut en
convenir, des dcssins peuvcnt seuls fixer riniagination et dissi-
pcr cc vague inbi'rcnt aux dtscrJj)tions , uKine Its \^\u•, parlai-
i
Botaniquc. 247
tes. C'est done I'idee la plus heureuse que de joindre a un ou-
trage general, tel que le Systcma vegetabiliurn, uue suite de
figures qui retracent les objets les plus nouveaux , ou ceux qui
pourraient laisser quelques incertitudes. Cette idee, M. Delessert
I'a concue, et il I'a executee avec une perfection a laquelle il
semblait difficile d'atteindre.
Le -volume que nous annoncons coinprend les figuies de cent
plantes, qui, pour la plupart , avaient ete decrites pour la pre-
miere fois dans le Sjsteina vcgetabdium , ct qui ajjp.irtienneut
aux cinq f;iiniiles contenucs dans le premier volume de cet ou-
vrage,savoir : les Renonculacees , les Dillencacees , les Magnolia-
cees, les J/monacees, les Menispermees. Dimsles Renonculacees ,
on trouve 5 Clematis- , 7 Thalictrum , 6 Anemone, le KnowUo-
nia gracilis, 1 Adonis, \' Hamadryas Magcllanica , le Cerato-
cephalus orthoceras , 11 Ranunculus , \e Caltha append iculata ,
le Trollius patulus, 1 Nigella ,'i Jquilegia , 14 Delphinium,
2 Aconitum, i Jctea. Seize figures sont destinees a retracer les
plantes les plus rares de la famille des Ddlcniacees ; elles repre-
sentent 4 Tctracera , le Dai'illa Brasdieniis , le Delinia hebecar-
pa,ie Pachynema complanatum, 4 Heniistemma, 4 Pleurandra,\Q
fFoimia Madagascariensis. Le Drpnis Chilensis , le Tasmannia
aromatica et le Michclia parvijiora, sont les especes de Magno-
liactes figurees dans I'ouvrage de M. Delessert. Dans les Annona-
cces, noustrouvons 2 Annona, 2 Unona, le Guatteria eriopoda.
Enfin les Menispermees nous offrent 2 Lardizabala, 5 Cocculus
2 Cissampelos et i Menispermum.
A la tete du volume se trouvent les phrases caractcristiques
qui distingucnt les especes , I'indication des localites oil elles
croissent, et Texplication des figures qui s'y rapportcnt. A I'ex-
ception d'un tres-petit nombre , elles out etc tracces parM. Tur-
pin, et nommer leur auteur, c'est deja en f'aire assez I'elo^e.
Aucun dcssin n'a plus de grace que ceux de I'ouvrage de M. De-
lessert; il n'en est point qui approclie plus pres de la nature et
oil le talent de I'arliste et celui de i'observateur se fassent mieux
scntir .i la fois. Nous allions citer comme modeles d'elegance le
Clematis Mauritiana, V Anemone pusilla, le Ranunculus ternatus,
VAquilegia Alpina , le Delphinium speciosum ; mais une foule
d'autres figures rcclameraient une mention, et, sans nous en
apcrcevoir, nous firiirions par nommer tous les dessins. Quel-
quos-nns onf etc fails d'apres des cchantillons tires de rhorbii-i
24s Botnniqne.
du IVIusenin ilo Paris etde ceux do I\DI. Dosfonl.iincs ct de Jus-
iieii; niais ia plnpart d'apics des iiidividtis consorvis dans I'lioi —
bier iiu'ine do M. Dolossert. S'il etait possiblo, par consiqiicnt ,
de concevoir qiiolqucs doutes sur I'exactitiido dos fiijnros , 011
pourrait los contVoiiter avec les types; car les miigiiifiqius lier-
biei's et la bibliotluquo de I'auteur sont ouverls aux botanistos
avec une libcralite qui doit exjciter toute Icur reconnaissance , et
nous nous otimons licureux do pouvoir en elre ici Ic faible or-
gnnc. Aug. dk St.-Hil.
ai3. IcoKts PL\NTATinM rariornni ot minus rite cognitaruni, etc.;
auct. Lud. Rfichknbach. ix*". ct x*". decad. iSa^; Leipzij; ;
Hoffnicister. ( Voy. le BuIU'ti/i de mai , n". 5 , p. 5i. )
Dans UP des numeros nrecedcns nous avons aunoncc los huit j
premieres Jivraisons de cA ouvraj;;o, et nous en avons fait connai- 1
Ire le plan et rutiiite. Les deux decades qui coniplotent la pre-
miere ceuturle viennent de paraitre , et teraoignent en favour
do I'activite de lour auteur. Elles ronferment les figures et les
descriptious dos planles suivantei :
Pi/if^uicu!<i olpina'L..; P. I'nic/n/ofki Ledoh.; tl P. f/<nrsi'i'/>s
Floerk. Cos trois cspocos sont tolloment idontiquos par lour fa-
«'les , ct, on pourr;at dire , j>ar tous lours caractores , qu'oUos out
«.te confoudiios par la plupart dos autoiirs sous la donomination
comniuno d'<ilj)i/M. ^'oanmoins ^I. lleiohonbach rosorve cc noni
specifique a une petite espoce indigene do Laponio , peu com-
mune dans los horbiors , et il adniet sa distinction avec les deux
autres, qui sont plus grandes , ct croissont dans les conlroes al-
pines de I'Europe ct dans le nord de la Russie. !Nous ne pouvons
nous enipecucr de faire reniarqucr ici," une fois pour toutes,
que cetto creation d'especos, qui diiVcront si peu cnlre olios ,
est miislblc a la science, parco quelle nuiltiplle et soparo sans
necessite des itros assureniont ties-rapproclus par la nature , et
(Mi'ellc donne lieu a dos doubles eniplois ou a des controversos
qui , loin d'eclaircr la bolaniquo , ne contribuont qu'a I'obscur-
cir. On trouve six autres especes de Pinguiculo dans la 9*". li-
vraison ; cc sont les Pinguiculo macroccras Ledeb., petite
planle a foulllos largos , de Tile d'Unalascbka; P. leptoccras
Leicli., qui a ole Irouvee auGrinisel , en Suiss^e. Celle espoce est
tres-volsino de la P. gniiuliflom ; raais ellc s"en distingue par ses
feuilles plus clroitos , la coulcur do sa coroUe , son oporon plus
Bofaviqne. a 'if)
court , et par les formes de son calice. Nous n'en donnons pas
la phrase sp^cifique , parce qu'elle est decrite avec soin dans la
Flore lielvclirpie que M. Gaudin prepare en ce moment. P. vil-
losa , Linn.; P. grandijfora Dec. , la \ariete alpin« du P. vul-
garis Linn., que Schleicher a confondue avec la precedente
espcce; et P. luxitaniai Linn. La plante que M Reichenbach
doune sous ce nom est la P. hirliflnra de Tenore. Sa localitc ( la
Corse ), analogue a cclle de I'ltalie raeridiouale, I'aurait fait
presumer, niais les figures qui se trouvent dans I'ouvrage dont
nous faisons I'extrait ne laissent .nucun doute a cet egard.
Les Campanula dasyantha M. B., C. cenisia Lin., et C. walds-
teiniana R. S., sent figurees et decrites avec de legers change-
luens dans les caracleres. Hippuris montana Led., petite espece
a feuilles lineaires et ayant I'aspect d'un galium , indigene de
I'ile d'Unalaschka Hippuris iiiaritiiiin Hornem., qui croit pres
d'Abo , en Finlandc.
Krigia tcnclla Reich. , plante caulesccnte de Virginie, et re-
marquablc par ses feuilles alternes.
M. Reichenbach (^numere, centre son usage , une longuc scrie
de synonymes pour X Erytlircea linarifolia, ou Chironia liaarijo-
lia Lois, et Dec. II est douteux que sa plante soil la veritable
espcce ; celle-ci croit dans les regions littorales de la Mcditerra-
nee, et se distingue surlout par ses feuilles grasses uninervees ,
et par ses fleurs a lobes tres-aigus. La palrie qu'il assigne aux
plantes qu'il figure, lour forme et leur port, nous portent a
les considerer comme do siinjUos variotes do V E . pulcliella de
Svvartz et Dccandolle.
Artemisia iionvegica , belle espece que M. Fries ( Nov. Flor.
suec. 1817) a fort bieu distinguee de VJ. ruj/estris , avec la-
quelle on I'avait confondue.
La 9^. decade est terminee par l'yl/fssi(m torluosum AValdt.
et Kit., dont I'A. scrpjllifoUum Marhs.-Bieb., est le synonyme ,
et qui, selon M. Reichenbach , devra peut-elre constituer une
nouvelle espece.
La 10*'. decade renferme : 1". Scahiosn agresds AValdt. et
Ivlt., plante qui a rccu de divers autcur.s piusieurs aulres noms ,
que M. IMarschall de Bieberstein a regardoe conime unevariote de
la.S'. coluiuharia L.,cl a I'avis duquel nous nous rangoons volon-
tiers , malgro I'opinion contrairc de M. Reichenbach. Eneffet,
quelle diilerence specifique dc (piclque importance y Irouve-
aSo Bntajihjne.
rail-on, si ce n'est la brievote des soios ou de I'aigrette interieure ?
2". Gentiana spathulata. Cettc ])lante, qui croit a Saltzbourg,
est, selon M. Reiclienbach, une variete adulte de la V>. chlortv-
folia de M. Nees d'Esenbatk. II iui a prefcre le nom sj)ecifique de
spathulata , parce que le createur du G. chlorafolia avail lui-
meme change ce nom. Dans le nombre des especes avec les-
quelles on Iui Irouve de I'affinite , nous sonimes etonncs de n'y
j)as voir la G. amarella Linn., ou G. ^ez-wc/zrc'crt de Willd. Quoi-
que par ses feuilles obtuses elle ail quelquos rapports avcc la
G. pratensis,\\OMs>'nc. poiivons admettre sa separation de I'espece
que nous venons de designer.
Z". Asperula aparine Schott., ^«^ hort. rind. ; eX. A. rts-alis
Smith , Fl. grcEc. La i'^*'. est une plante cultivce dans les jardins,
el provenant de graines rapportees du Caucasc. La i". a ete
recueillie en Moravie ; cette localite est remarquable pour une
plante trouvee en premier lieu dans I'ile de Crete.
Enfin six especes de violeltes completent la serie des figures
coiiteiiues dans la lo*^. decade. Ce sont les V. sylvestris de La-
marck; V.rinniana Reich.; V. Inncifolia Thore ; V. muntana
L.; y. Ruppli All.; V. lactca Smith , ct V.pcrsicifolia Reichenb.
Les 2 premieres onl une grande affinite entre elles. M. Rei-
chenbach s'elTorce d'en dcmontrer la distinction ii I'aide de
caracteres qu'il trouve dans Teperon el le calice , mais qui nous
scmblent d'une bien petite valeur. Ccs deux plantes onl ete reu-
niespar plusieurs botanistes el par Lamarck lui-meme,auleurde
I'une d'elles , a la V. canina de Liunt^. Les 4 violeltes suivantes
sont tres-voisines les unes des autres. La V. lancifoUa,i\\ie
M. Reichenbacli dil ne croitre qu'en France , se trouve cgale-
menl au dela de Geneve, el ne nous a jamais paru eirc bien
distincte de la V. lUippii. II n'en est pas de memc de la F,
montana qu'il figure (laquelle n'est point la Viola montana
de Linn^ ) et de la V. laden de Smith. On j)ourraIt , sans
aucune facheuse consequence , ne faire qu'une seule cspece de
ces 4 plantes. Au surplus, I'adoplion des especes de M. Reichen-
bach dependra beaucoup des idces que chaque botaniste aura
concucs relativement a la classification , rien n'etant moins fixe
que les lois dc la botanique sur ce sujet important. Les observa-
tions qui suiveiil les descriptions des especes que nous venons
decifer sonl plus etendues que dans les llvraisons prccedentes;
cllespourront done servir a rcsoudre la question. La Viola per-
Bntanique. 25 1
siclfoUa Reich. , est regardee en France comme la veritable
Viola montana de Linne.
A la suite de cette livraison , qui acheve la i*^^. cenlurie ,
M. Reiclieiib.icli a ajoute des ol)servations critiques sur les
plaiites qu'il y a decrites et figurees. I.e Proihomus regni vege-
tabilis de M. Decandolle, dont le i'^'^. volume a puru receni-
ment , lui imposait robllgation de donner des explications sur
les especes qui n'ctalent pas admises dans cet ouvrage. Lesgen-^
res Hcliant/u'inurn , I'olygala , I'ioln , ont ete surtout I'objet de
ses rem;irques ; niais il est arrive en ceci comine 11 arrivera tou-
jours aux personries qui ne partem pas des meraes principes ;
c'esl que M. Reiclienbacli a persiste dans la conservation de ses
especes, et ([u'il s'est beaucoup plaint de ne pas les voir adopter.
Les iiutres observations soul relatives a quelques mutations
dans la synonyniie. G... n.
21/1. MoNOGUAPiiiK DES RuMEX, prcccdce de quelques vues ge-
nerales sur la lamille des Polygonces ; par F. Campdera. In-Zj.
de iGy p. av. 3 pi. Paris; 18 19; Treuttel et Wurtz.
Cet ouvrage est divise en deux parties, dont i'elude de I'une
est neceisaire a I'inteliigence de I'aulre. M. Campdera a fait pre-
ceder I'liistoire generate des Rumex, par des vues generales sur
les Polygonees, ou il traitc de la structure des organes dans les di-
vers genres de cette famille naturelle. Prenant pour type une es-
])ece bien connue, et dont les organes de la reproduction sont
tres-visibles, leiJMOTt'JT «//3//i«^, il en examine les enveloppcs flo-
rales, et , les trouvant disposees sur deux plans , il s'attiiclie a de-
terminer la nature des parties interieures, et celle des extcrieures.
A I'egard des premieres, il adopte la denomination de perigonc
slm])le qui correspond a celle de calicc, jjuisqu'il dit primitive-
nifiit que Icur nature n'cst pas pelaloide; et il nomine calicuic
I'organe exterieur. Ce calicule , dont les pieces ont recu , de
M. Camjidera , le nom de scpalulcs, ne parait pas avoir une
grande importance, car non-seulemcnt il manque dans lo Poh-
goiuun , ou n'of'fre, dans d'autres genres, que des parlies rudi-
mentaires qui ne sont regardees comme formant le calicule qu'en
verlu de I'analogie de position , mais son absence est evidenle
dans des plantes extremement voisines, dans les Rumex digynus
ei xpi/iosus , par exemplc. jVeanmoins lorsqu'il existe, il a uno
ccrlaine valeur sjJccifiqTie, puisquc les especes qui sc rcssemblcnt
?52 Bolmnque.
pnr la forme clu calicule, se resseniblcnf aussi par IVnsemble de
I'organisation.
Quanta la nature du perigonc, ses parties sonl formeescha-
cune,seIon M. Campdera, de deux lames, dont I'nne exterieme
"foliacee, et I'autre intcrieure petaloide : ce que demontre I'exa-
mcn attentifdes oseilles. M.iiscomme par suite d'avortementla la-
me foliac'-e pout prendre un plus grand developpement, et commc
la lame petaloide peut recijjroquement acqucrir de plus grandes
dimensions aux depens dc la lame loliacee et de son calicule,
I'auteur propose de designer le pcrigone par une epithete parti-
culiere ( Perigonii indoles petaloidea vel calycina.)
L'ovaire des Polygonees est toujours simple, et plus ou moiii'.
anguleux. L'auteur observe que sa forme determine les parties
de la fleur, lesquelles sont en nombre binaire lorsque I'ovaiie
est aplati, et en nombre ternaire lorsqu'il est angtileux. Dans
aucun cas nature! le nombre quaternaire ne s'est jamais presentc,
Cependant nous trouvons dans le genre nouveau , etabli par
IM. Campdera sous ienom d'oxjgonum , un ovaire a quatre faces,
et des parties en proportion quaternaire. En pratiquarit une sec-
tion annulaire au-dessous d'une paniculc de Ruincx ohyssinicus
Jacq., M. Campdera a obtenu des fleurs dont les parties, au
lieu d'etre au nombre de six, trois supcrieures et Irois infe-
rieures, se trouvaicnt augmentees de une ou deux ; mais tantot il
y en avail quatre supcrieures et trois inferieures , tantot on en
voyait cinq .supcrieures et trois inferieures. Enfin il s'en trouvait
de reguliires, c'est-a-dire a huit parties, les supcrieures et les
inferieures en egal nombre. D'oii M. Campdera est dispose a con-
clure que le nombre 2 et ses multiples sont les norabres naturels
de la famille.
L'auteur presentc un tableau ou clef dicliotoniique de la f.^-
inilie des Polygonees. Parmi les seize genres qui y sont com-
pris, il en est un essentiellement nouveau : c'est le genre Oxygo-
rmm, rapportc par M. Burchell de I'Afrique meridionale. 11 est
caracterise par un ovaire a quatre cotes, et les parties dela fleur
en proportion quaternaire. M. Campdera r^tablit en outre les
genres Fagopyrum et Persicaria de Tournefort , que Linne avail
reunis aux Polygonum , ainsi que V Oxyria do Hill , et YEinex de
Necker, I'un forme avec le R. digynus L. , I'aufre avec le R. spi-
fiosiis L.
Botaiiique. :j5S
Examinarit la question des affinites de la fanulle, M. Camp-
dera decide que le rapprochement des Begonia avec lesPoly^o-
nees , indique par plusieurs botanistes , mais mis en doure par
M. de Jussitu a cause de la double enveloppe , ou du calice et
de la corolle des Begonia , se trouve confirme par Vindoles pe-
taloiden du perigoiie interieur de certaines oseilles,par I'estiva-
tion valvaire des Begonia, et par les bracteoles de leurs fleurs
analogues aux calicules des Polygonees.
La seconde parlie du travail de M. Campdera, et celle a la-
quelle I'ouvrage est plus particulierement destine, se compose de
la monograpliie du genre Rumex. II en trace I'histoire generale,
en commencant par la distinction chronologique des especes
et continuant par la classification et I'liistoire generale de chaque
organe.
Jusqu'ici I'ouvrage est ecrit en francais, mais, selon I'usage ,
la monographic proprement dite est latine. Elle est coordonnee
ainsi qu'il suit: i". Le caractere naturel de la fructification, et
celui de la vegetation, rcnferraant des descriptions detaillefs.
2°. L'liistoire chronologique des especes, de laquelle il resulte
que nous pouvons en compter 72 aujourd'hui, sur ksquelles
27 sont indigenes d'Europe. Les renseigneraens fournis sur leur
station nous apprennent qu'une partie [Emex^Lapathunt) aiment
les endroits gras et humides , et ne s'elevent pas au-dessus de
iofJ6 toises en Europe, et de i5oo a i6oo toises dans I'Ameri-
que meridionale. Les Oxjria et Acetosce, au contraire, preferent
les lieux arides, pierreux et eleves, car on les trouve en Europe
j usque pres des neiges eternelles.
3**. Le tableau des genres Emex, Rumex et Oxjria.
4°. L'histoire des especes.
Cette histoire, pour chacun des trois genres precites, se com-
pose de la synonymic du genre , du caractere difl'erentiel, et des
caracteres nalurels de la fructification et de la vegetation. Vieut
ensuite rhistoire proprement dite des especes. Par chacune
d'elles, I'autcnr donne la phrase specifique et caracteristiquc ,
une synonymic a pcu pres compitte, beaucoup de renseignemens
sur sa patrie , et enfin une descrijjtion detailleo de tons les or-
ganes , qui contient en outre la critique necessaire pour ctablir
la difference de I'espece.
Les 70 especes bien connncs de Rumex sonl partagees en trois
sous-genres. Le premier, nommc Lapathum ^ est caracterise par
234 JSotanique.
le calicule naissant de rarliculation du pedicule, et n'ayant ja-
mais ses sepalules reflechis naturellement ; les styles soiit lihrcs.
II contient 33 especes distribuees en 3 sections, d'ajjies I'exi-
stence ou I'absence des sopales internes, la dissemblance de
ceux-ci dans la mi'me flcur, ou d'apres la ressembhincc
Le 2*^. groupe (^Ritmastritin) ofl're le cilice naissant loin de I'ar-
ticulation du pedicelle; les sepalules jamais reflechis naturellc-
irient, et les styles soudes superieurement aux angles de I'ovaire.
II ne renferrae que trois especes.
Le 3^. sous-genre [Acetosu] a des caractercs semblalilcs a ccux
du precedent, si ce nVst que souvent les sepalules sont naturel-
lement leflecliis; mais dans ses considcnitions grnorales sur les
rumex, I'auteur avait averti qu'il ne siparail les Rurncistium des
acetosa, que parce que les premiers avaient les organes de la
nutrition semblables a ceux du Lapathum , et qu'ils etaient par
consequent intermediaires entre ces deux groupes.
Les especes d'Acetosa, au nombre de 33, sont subdivisces en
deux sections principales, donl la difference est bien laible, puis-
qu'elle repose uniquement sur ce que dans Tune les sepalules sont
soiti'ent reflecliis naturellement, et dans I'autre , qu'ils le sont
constamnient; mais les plantes de cette derniere section n'etant
qu'au nombre de deux, il n'est pas etoniiant qu'elles offreni un
caractere qui d'ailleurs se retrouve dans deux subdivisions de la
premiere section.
A la fin de la table synaptique des especes, I'auteur a donne
les indications d'une quarantaine d'autres , trop peu connnes
pour ctrc dccrites dans la monographic, mais dont quelques-
unes out leurs phrases specifiques.
Nous terminerons cet apercu d'un travail fort important sur
un "enre hcrisse de difficulles , en donnant les caractercs abre-
ges des especes nouvelles que decril M. Campdera.
lo. Groupe des Lapathum. Rumex chinensis Campd.; Fo//t'.9
infimis ovatis? ramis Jloriferis altcrnis siinpllcibii.<;, vcrlicilUs om-
nibus axillarihns , sepal is internis deiniirn ovato-lanceolalis siib-
acitininatis i-a denlatis, dcntibus sepnlorum longitiiditie , oirt'
nihus granulatis. Hab. in China.
Rumex linearis Campd.; Foiiis infimis oblongo-linefiribits ,
sciratis verticillis infcrioribus axillaribits , superioribus aphyllis ,
sepalis internis demiim dcltoidro-ovatis nbtusiusculis inlcgriSf
omnibus frranulatis. Hab. in prom. Bonae-Spei.
Boianique. 255
Rumex cuneifolius Campd. ; Foliis infimis obovatis unelosisy
verticillis superioribus aphyllis , scpalis internis demhm ovato^
lanccolatis, acutis, integris, omnibus granulatis. Hab. in Buenos-
Ayres.
Rumex pauclflorus Campd. ; Foliis infimis cordato-ovatis un-
dosis acutis , rarnis Jloriferis nullis vel brevissimis, scpalis inter-
nis derniim cordatis vel subreniforrnibus grosse serratis omnibus
una prcEcipue grnnulatis. Cette espece , dont la patrie est in-
connue, est cultivee au jardin de Montpellier.
2°. Groupe des Acetosa. Rumex oblongns Campd. ; Foliis in-
fimis cordato-oblongis acutiusculis undosis auriculis acutis di-
vergentibus planis , floribus dioicis. Origine inconnue ; cultivee
dans un jardin de Montpellier.
Rumex acuminatus Campd. ; Foliis infimis cordato-acuminatis ;
floribus dioicis. Patrie inconnue; autrefois cultivee au jardin de
Montpellier.
Rumex Burchellii Campd.; Caule suffruticoso , foliis cordato-
subhastatis acutiusculis subsinuatis ,, floribus hei-tnaphroditis ,
scpalis internis demiim cordato-orhicularibus integris. Hab. in
Africa australi.
Les R. microcarpus , denticulatus , bonariensis , magellanicus,
Commersonii, formes par M. Campdera, sont indiques comme
especes douteuses, ou ont etc rejetes dans les plantes imparfai-
tement connues ; nous ne croyons done pas devoir en citer les
caracteres.
Trois planches sxir cuivre accompagnent I'ouvrage de M. Camp-
dera.Elles representent iesdetails floraux des genres Emc.r,e\. Oxj-
ria,ams\. que ceux d'uncgrande quantite d'especes de Rumex. G..N.
2 1 5. Botanical Register, n°'. 109, no et m, mars, avril et
mai 1824. (Voyez le Bulletin de mars, n". 3, p. 243.)
Les plantes qui composent ces trois livraisons appartiennent
a plusieurs families differentes. En les cnumerant , ct donnanl ici
les caracteres des especes et des genres nouveaux, nous les reu- ■
nirons suivant leurs affinites naturelles.
Chrysiphiala fiava. Cette plante a ete decrite et figuree par
Ruiz etPavon [Flor. peruv. , a, 64. Table 2, 84 ) sous Ic nom de
Pancratium fiavum. Ellc forme un nouveau genre qui appartient
a I'ordre des Narcissees de Jussieu, ou des Amary Uidees de
Brown. Ses differences goneriqucs d'avec Ic Pancratium consistent
2^6 Boianique,
dans le limbe de la corolle, considerablement plus court que le
tube, lequel est resserre vers son milieu; ])ar les filets des eta-
niines dresses et elevcs; par le style tordu , epais, fusiforme in-
ferifurement, et qui est terniine par un sligmate en massue. Les
Pa/icratiuin coccincum , latiJoUuin et rerun'ntum de la flore du
Pcrou,apparliennent au m^me genre. Voici la phrase caracteris-
tique de I'espece figuree dans ce recueil, n". 778 : Chrjslithinla
Jlava tfolils lineari-Ugulatis, scapo tardioribits , coroUce Umbo
divaricato , laciniis oblongis , obtiisls.
Eriospermwn foUolifcrum , n". 795. Cette plantc, du groupe
des AspliodeK'es de Brown, a deja ete figuree Aaw?, Andrew' s Kc-
posit. 521 , et dans Curtis' Bot. Mag. i38'2.
Epidendrmn cuspidatum, 783. Cette belle especc a etc con-
fondue avec la suivante dans le Botatiual Magazine ; inais elle ne
a ete distinguce par Loddiges qui publle le Botanical Cabinet ;
elle est originaire de I'ile de la Dominique.
Epidendrum ciliare , 784. Indigene de I'Amerique. Cette or-
chidee a ete decrite par Linne et peinle par Redouto , Liliacees ,
82. II faut exclure le synonyme du Botanical Magazine , qui se
rapporte , comme nous I'avons dit . a V Epidendrmn cuspidatum.
Cypripedium yeniistum, 788. Di'-ja, dans le Botanical Maga-
zine aiSg, cette superbe Orcliidee a ete figuree et decrite d'apres
les manuscrits de M. "Wallicli. Elle est cultiv^e au jardin de
Colwill, a Chelsea, et il y a peu de temps qu'on I'y a intro-
duile; elle a etc trouvee dans les Indes orientates. Ses deux pe-
tales lateraux tres-grands, en forme d'ailes cdiees, tres agrea-
blement ponctuees et colorees de rose, de vert et de jaunatre,
lui donnent un aspect fort agreable.
Neottia bicolor, 794. Orchidee originaire de I'ile de la Tri-
nite, d'ou elle a ete introduite en Angletcrre par M. G. Don,
de la Societii d'liorticulture. Elle est ainsi cai-acterisec : N. bico-
lor ;yb/«y/?/«r////w lancenlatia, nervosis, petiolatis, g la br is, scapo
i'illoso, inji il foliolis spathaceis obsito brevioribits ; racenio nume-
rosojjloribus cerniiis, labellooblongo, lainlndsumrnd, bre^i, oblatd
obsolete trifidd, iindiilatd,crenatd , intits minute papillosd.
Maranta bicolor, 786. Cette nouvelle espece de Cannees
est indigene du Bresil, d'ou elle a etc recue par la comtesse
de Vandes, qui I'a fait cultiver dans son jardin de Bayswaler.
Voici la phrase specifique : M. bicolor ■,/oliis ovato subrotundis ,
suprii discolori viicntibus, raule credo longioribus.
Botanique. 257
Ce sontla toutes les monocotylcdones conteiiiies dans les frois
livraisons du Botanical Register, quirenfernie en outre les dico-
tyledones suivantes.
Cluytia ericoides , 779. Willd. sp. pi. 4 j 880. Espece origi-
naire du cap de Bonne-Esperance , ainsi que ses congeneres.
Banksia australis, 787. C'est un arbre de la Nouvelle-Hol-
lande, appartenant a la famille des Pi'otcacees , et decrit par
M. R. Brown, dans son Prodromus [ i. p. SgS), ainsi que dans
les Transactions de la Societe linneennef 10, p, 206 ). II a flenri
I'ete dernier dans le jardin de M. Colwill, a Chelsea.
Jiisticia pectoral is , 796; et Justicia cai-thaginensis, 797- Ces
deux Acanthacees ont ete decrites par Vahl (£^/2;/we^«?. Plant.,
I, l\l^[i et i36 ). La premiere n'avait pas encore ete fignree.
Lantana fucata , 798. Cette planle, de la famille des Verbena-
cees , est indigene de San -Salvador, au Bresil,d'ou elle a ete cn-
voyee au jardin de la Societe horticulturale. C'est M. John Lindley
qui en a fait la description , dont nous ne transcrirons que la
phrase specifique.
L. fucata Lindl. •.Joliis ovatis, rugosis, crenatis, obtusis , jmbes-
centibus , petiolum brevern decurrentibus; capituli parvi, depressi;
pedunculo foliis bres'iori.
Plumeria rubra , 780. La hgure de cette apocynce, si remar-
quable par I'eclat de ses fleurs, estaccompagnee d'une Notice de
M. Smith, extraite de la Cyclopedia de Rees, sur le genre Plume-
ria, et sur I'espece en question decrile par Linue , Jacquin, et
d'autres auteurs.
Gri/idclia angustifolia , 781. Cette plante , de la famille des
Synantherees , est native du Mexique. La description, tant gene-
rique que specifique, est empruntee a M. Kunth ( Noi: gener. ci
ipec.Y. /, , p. 309.)
Ixora crocata, 782. Cette espece, d'un genre assez remar
quable entre les Rubiacees par la beaute de ses fleurs , a fleuri dans
les premiers jours de I'automne dernier au jardin de Chelsea.
Quoiqu'elle provint de la Chine, MM. Sydenham EdAvards ct
Sweet ont pense qu'elle etait distincte de VIxora cocrinea de
<'urtis, qui est aussi une planle chinoise. Voici ses caracteres
^pecifiques.
1, crocata : Folii.s\firmis subcoriaceis ,ova/i-lanceolatis, deorsia/i
Inngiiis alternatis; cyinis , copiosi/lorix , deco/npasitis , confertis
fdstigiatis ; calyce hrevissirno , dentihus os'ato-acutix ; Umhi Jaci-
B. TOMK II. I-
9.58 Bot anil [lie.
niis cnneatn-obov/Uis , luho tcr iniiglfn'e lirrvioribus ; nnthrtis .■sinii-
lihiis ; sty/i medio pared piloso.
Portulacci pilosa , 79a; et Portiilara foliosa, 793. La premiere
de ces especcs ;i ele dccrite par Liiine. ( Sp. Plant. Ed. 2. ) La
denxicme est iino cspece nouvclle originaire de la cote ouest
de TAfrifpic , d'ou ellc a cte envoyee a la Societe liorticultiiralc
par M. George Don. Voici la ])hrase specifique (ju'en a faitc
M. Lindley, qui lui avait donne dans ses manustrits le nom de
Guincensis. V.foliis suhulatis , calycihits pilosis, involucro poly-
phyllo , Jloribus suhtcrnis, pctalis rrtiisis.
Indignfera endecaphjlla , 789. Pallsot de Bcauvois avait dc'ja
donne unc figure de cette i<?gumineuse dans la Flore d'Ovvare et
de Benin, t. /i4- Elle a fleuri IVte dernier dans le jardin de
Chiswick.
Glyrine Vinccntina, 799. Cette plante , dont on donne une
description detaillee, forinera probablemenl le type d'un nouveau
genre. Elle a ete observce en premier lieu par le D"". Anderson ,
et on I'avaitnommee G. Andersoni; elle est indigene de Tile Saint-
Vincent.
Primus poniculata, 800. Thunberg et Willdenow ont fait con-
naitre ce Prunier indigene de la Chine, et que Ton cultive avec
fruit dans la pepiiiiere de la Societe horticulturale depuis 181 9.
Trihulus cistoides , 791. La description de cette plante, ainsi
que celle de Tordre auqnel elle appartient (les Zygopliyllees ),
est emprnntee au Prodrotnus rcgni vegetabi/is qu'a tout recem-
nicnt public M. Decandolie. Au reste cette plante, qui fleurit
communement dans les jardins de botanique , etait bien connue
par la figure qu'en a donnee Jacquin. [Hort. SchtKnbr., t. io3.)
Loasa arar>thifolia , 785. Cette plante, decrile par M. de La-
marck dans TEncyclopt'die, est originaire du Chili. Ainsi que les
autres cspeces du m^me genre, elle est couverte d'aiguillons pi-
quans , cc qui lui a valu le nom d'orliga (ortic ) de la part des co-
lons cspagnols. G.-.n
ai6. Exotic Flora , elc, par W. Jackson Hooker , mars , avril
et mai 1824. ( Voy. le Bulletin d'avril, n". 4, P- 55o.)
90-91. CaUtsplum tridenlalurn. Celte nouvefle espece d'un
genre d'Orchidees remarquable par la bcaute de ses fleurs.est
originaire des bois de i'ile de la Trinlte. Elle e.st diff^rente du
Catnscttnn marulatutn , la senle espccc publico par M. Knnfli
Botnnique. aSc)
tlans I(^ 1**^. volume tie son Synopsis Plantar, ot-his noi'i, et qui
est ciiructerisee par son labelle cilie. II est vrai que M. Kuntli en.
meniionne nne i^. espece de Cayenne ( C. macrocarjjuin Rich.
niss. ), qui n'a pas le labelle cilie; niais cettc plante a les flours
purpurines , le fruit long de 4 a 5 pouces , et n'a etc ni publiee
ni fif;)iree. Quant a celle qui, avec les details floraux, occupe les
2 planches 90 et 91 de X Exotic flora , voici son caractere speci-
fique : C. triiientatuni : Fetalis diiohiis interiorihus maculntis ,
labcllo tridcntato.
9a. Pepcroinia maculosa. C'etait le Piper maculosuin de
Liiine que Plumirr avait trouve autrefois a St.-Domingue , et
dont il avait donne une excellente figure sous le nom de Saii-
rurus , dans sa description des plantes de rAmi^rique. Le Pcpe-
roinia variegata de Ruiz et Pavon parait etre la meme plante.
g'i. Chiococca racemosa Llnne.
94- Leptanllms grat/rineus Michx. M. Hooker pense que cette
plante coustilue un genre particulier, en raison de I'unilocularite
de sa (apsule, de son port remarquable qui ressemble a celuL
de certains potamogetons , et de ses fleurs jaunes. Les autres
X<yj/(7«//2//5' apparliennent an genre //e/<vrt«^/2e/-rt, anciennement
etabli par Palisot de Beauvois, et adopte par Wald, Pursh, etc.
Willdcnow , qui n'avait aussi trouve qu'une seule loge dans le
fruit du Leptanthus gramineus , en avait de son cote forme le
genre Schollcra.
95. Habenaria flilatata Hook. Oirhis dilatata Pursh., ori^i-
naire du Canada et des Etats-Unis.
96. Banhsia verticillata Brown. Cette superbe prot(';acee a
etc trouvec par M. R. Brov^n a la terre dcLcuwin et surlcs cotes
mdridionajes de la Nouvelle-Hollandc, oil clie avait etc decou-
vertc des 1794 par fll. Menzics. C'est sur uu bcl individu, qui a
fleuri en septembre i8>.3 dans le j.irdin dc Liverpool, que la
figure a etc prise.
97. Calysicgia spilhamam Pursh. Pl.inte du nord de TAme-
rique qui a des rapports asse/. marques avec les Cum'oh'ulus
st'piin/i cl solilarirlla, types du genre Calrstcgiade M. R. Brown.
9H. Bcrbcris aristata Decand. Cette espece est venue de <i-rai-
nes envoyees des montagnes du Nepaul par le I)"". ^Vallich ; clle
parait y avoir etc decouverte parle D^ Buchanan-Hamilton qui
liii avail donne Ic iioni de Berh. Chilria. Sniviint les observations
260 Botani(ii(e.
de M. Hooker, cetle plante presente boaucoup de variations
dans son feuillage ct ses c^pines.
gg. Calceolaria riigosa I'lor. Pcruv. Quoique M. Hooker
n'ait pu verifier ce synonyme sur Ics rares ouvrages de Cava-
nllles, Feuillee, Ruiz et Pavon , il a cru devoir le rapporter a la
plante figuree dans cette livraison, d'apres la description des
Calceolaria donnee par Wahl dans son Enuiiieratio plantar urn.
Cette plante a fleuri dans les serres du jardin d'Edimbourg , et
provient du Cliili.
100. Carolinea alba. M. Loddigcs a le premier fait connaitre
dans le Botanical Cabinet cette belle Malvacee , niais sans lui
donner de caractere specifique. Voici celui que M. Hooker lui
assi<Tne : Folds septenatis , foliolis clliptico-lanceolutis , corolld
extiis fasciculato-toinentosn, tuba slaniirvfcro longo, ^-lobo ,
Jilamentis dichotomis. Cette cspece originaire du Bresll a une
tres-grande ressemblance avec le Carolinea insignis. M. Hooker
observe que le Bomhax heptaphjllurn Jt de si grands rapports
avec le Carolinea, qu'il pourrait etre regarde comme son
congenere.
101. Trixis scnecioides. Cette plante originaire du Chili a
le port du Senccio elegans; elle n'appartient cependant pas au
meme "roupe que celui-ci dans la famillc des Synantherees. La
structure de sa fleur la faisant placer parini les Labiatiflores de
M. Decandolle, ou les Cliajnanthopliores de M. Lagasca , il s'en-
suit qu'on doit I'tloigner des Senecons. Mais, d'un autre cote,
la ressemblance dont nous venons de faire mention, confirme le
rapprochement de la trlbu des Nassauviees de Cassini (oil so
range le Trixis ) avec les Senecionees. Voici la phrase speciiique
des T. senecioides : Hcrbacea pubescens , foliis sinuato-pinnati-
fidis , dentatis , caulinis amplcxicaulibus.
102. Coccoloba diversifoUa Jacq. Plante de St.-Domingue.
io3. Polystachia luteola.CcUe plante, que Swartz et M. Lin-
dley ont dccrite comme un Dcndrobiuni , forme uu nouvcau
genre ainsi caractcrisc par M, Hooker: Cbar. Gencr. Pclala
resupinata , conniventia , duobiis superioribus basi unitis gihho-
sis duobus interioribus multb rninoribus ; labelluin articulaturn^
sessile; Anthera opcrculiforinis , libera ; Massce poUinis 4 , hc-
misphericce , ceracece , pedicello glanduloso ajftxte.
lo/i. Adianlhum caudatum Willd. Elegante fougere indigene
de r Arabie-Heurcuse et des Indes-Oricntalcs. On.
Botanique. 2 6 1
217. Curtis' botanical Magazine; 11"'. A46 , 447 et 448.
( Voyez le Bull, de mars , n". 3 , p. 244. )
2467. Eulophin guineensis. Celte plante a deja etd figuree dans
le Botanical Register , n. 686; elle forme un nouveau genre in-
stitue ])ar M. R. Brown , et dont les caracteres out ete expo-
ses dans le Bulletin de iSiS , n. 3 , p. 394.
2468. Antennaria triplinervis. Espece nouvelle d'un genre
ctabli par M. R. Brown ( in Transact. Linn, societ. 12 , p. 122 ) ,
aux depens de quelqucs Gnaphalium de Linne. Elle est indigene
du Napaul et se rapproche beaucoup de notre A. niargaritacca
( Gn. margaritaceum ) d'Europe. Voici sa phrase specifique : A.
tripiinervis : Herbacea, crecta ; foliis oblongo-lobatis, tripUner-
viis, subtiis tomentoso-incanis; corymbis compositis, laxis,/oliosis;
squainis calycinis interioribus , tenuissimis^ radiantihus.
2469. Lonicera punicea. Cetle plante est venue de graines en-
voy«5es du jardin de Bruxelles sousic nom de L. canadensis, mais
elle a paru assez differente de celle qui a etc ainsi nomraee par
Schultes d'apres les manuscrits de Willdenow, pour constituer une
nouvelle espece caracterisee de la maniere suivante : L. punirea :
Foliis cordato-Oi'atis , concoloribus ; baccis distinctis ; jjediinculis
(ixillaribus , subterininalibus , bi//oris,J'olio brevioribus.
2470. Coriaria sarmentosa WilUl. Plante tres-rare, originaire
de la IVouvelle-Zelande.
2471. Crrlanthus pallidus. Espece non decrite du cap de
Bonne-Esperance; elle est plus pale que le C. ventricosus de Jae-
qnin; son lube est un peu renfle vers le milieu , et va ensuite en
s'evasant reguliereraent. Elle n'est pas glauque coinmc le C. col-
linus, et elle dilCere du C. spircdis par la forme et la couleur de
ses feuillcs.Ou lui donne pour synonyme VAi/iarjllis bivaginala
Doiin. cantab. eJ. 8, p. 98; et pour caracteres specifiques essen-
tiels, C. pallidas ; foliis lineari-lanceolatis , carinatis , lijsteran-
theis; c.arollis nutanlibits, infundibulijorniibus, limbo tubum sub-
Kcquante,
2472. Artemisia biennis Willd. Jacquin avait figure celte plante
sous le nom A' A. hispanica , croyant que les graines qu'on lui
avait envoyees venaient d'Espagne. Ccllc plante est originaire de
lAmerique du iiord.
2473. Echites nutans Anderson. l'"sj)etc decrite et figuree
par M. de Tusshc d.ins la Flore des Antilles , sous Ic nom (VE.
sanguinolenfa .
262 Botanique.
a474- Sedu/n iernpervwoieles Fiscli. et Marscli.-Bicb. Fior. Tau-
rico-Caucas. "5 p., 3i3. Planle de I'lbcrie, contico ;iu siid du
Caucasc.
2475. Hippeastrtiin subhariatum. Cette belle planto est orlj;i-
iiaire de Rio-Janeiro; elle fait partic d'un grciipe 6tabii aux li;'--
pens du genre Amaryllis, et elle so rapproche trlleinent de 1'//.
Julguhiin et de VH. equestrc, qu'il scrait perm is de croirc (ju'i Ho
est une bybride de ces deux jilantes. Au reste , le nombre dos
hybrides est Ires-considerable parmi les Amaryllis , el on a (At-
serve que leurs pollens sont I'ertiles. Mais ces plantes ont uno si
grande analogie entre elles qu'ori pourrait les regardcr ]>!ui('>t
comme des varietes remarquables ou des races, que conime des
especes distinctes.
2476. Dorstenia arijoiia Lam. Ency<l. Plante du Brciil clTja
figurce dans Hooker, Exotic for. V. 1 , t. G.
2/(77. f^ernonia Jiexuosa. Nouvelie espece envoyee du Brcsil
par M. Frederic Sello , et qui a de I'affinite avec la V. sericen et
remota. Elle est ainsi caracterisee r V. flexuosa ; cnulc stricto, sii-
peme dichotomo; rainis flexiiosis , Jioribus ad dichotomias ct
flexuras rninulorum scssilibus.
2478. Angelonia salicaricefolia. Kuntb Synops. Plant. oiIk
iiovi. 7. p. I'ii.
2479. '-''''■^ lachryinci L.
2480. Entelea arboresccns. Cette plants de la Nouvelle-Ze-
landeest letype d'un nouvcau genre eiabli par M. R. Brown, et
dontvoicilescaracteiosessunticls: calyx l^-^i-phyllus ;i)clala 4-5;
stamina irulcfinita , iiiiiformia, anl/icris subroluridis, incuinbcidi-
Ims; stigma denticulaluin; capsula splucroidva , cchinuta, 6-
tocularis, scmiscxvakis , ijolysperma. Ce genre est tres-voisin tin
Sparmannia avec lequel il partagc le port et plusieurs caracteres ;
il appartient comme lui a !a faniille des Tiliacecs et a la polyan-
drie monogynie. L'ospece qui le constitue est indigene de la Nou-
vclle-Zi'lande, oil elle a etc decouverte en 17G9 par Banks et So-
lander. Cluitivee en Angleterre, elle a flouri pour la premiero
fois en mai iSx'i.
2481. Vrtica iiwolucrata. Le caractere de cellc nouvelle es-
pece, originaire de I'ile St-\ incent , est ainsi oxprinu; : Caulc ra-
mosQ hirsulo; folds oppositis, rolundalo-oi'nlis^ crenntis, tnnvn-iis,
tiicidis , ad apices ramorutn congestis, paniculis sessihbtts.
Botanique. ^65
1482. Serratuta simplex Decand. Ann, Mus. v. i G , p. 186 ; ou
Cardials inullis Willd.
2/(83. Oxytropis pilosn Decnnd. Astrag. p. 73.
248/1. ISicotiana repanda Lelim. Hist. Nicot. n. 16.
2485. Hahranthus versicolor. Celle jolie liliacee est originaire
de Maldonado dans rAmerique du Sud. Elle forme le type d'un
nouveau genre tres-voisin des Amaryllis, s'il n'est identique
avec lui. L'auteur en donne une description trop dctaillee pour la
transcrire toule entiere ici; voici les caracteres qui nous ont
semble les plus essenliels: Spallie bifide au sommet; corolie cam-
])anulee, dont le tube est court, et Ic limbe a six divisions pla-
tees sur deux raiigs; les exterieures recouvrent le tube par leurs
bords ; style decline; filets dcs etamines fascicules, inegaux , dont
les lateraux sont les plus longs, et les inferieurs plus courts. Le
reste est absolument seniblable aux organes desfleurs d'Amaryl-
lis el d'Hypeastrum.
2486. Dalea mutaljilis Cavan. Ic. 4 > t- 394, ( suhpsoralea }.
2487. Justicia gcniculata. Nouvelle espece, indigene de I'ile
.Sf. -Vincent ; et dont voici les caracteres : Paniculis tenninalihus ,
taxis, cernuis; hracteis subulatis ; foliis OK'ato-laiiceolatis , glabris ,
suhtiis pallidis , distantibus. Cette plante a de grands rapports
avec les Justicia secunda et lucida.
2488. Cissus anturctica Venten. Choix , I. 21. G...N.
218. BoT.\NiCAL (^ABiNKT. Janvier, fovrier et mars 1S24.
N". 801. Bromclia exudans. Espece de i'Amerique, qui a dei
rapports avec le Br. braclenla , et qui a etc introduite depuis
pen d'annees dans lesjardins d'Angleterre.
802. Hypoxis stellata. Espcco reaiarquable par ies belles cou-
leiirs du centre de la fleur.
803. Sarraccnia variolaris . Originaire de Cai'oline.
804. Erica relorta. Plante aussi eleganto par ses I'euilles re-
clinees que par scs belles fleurs lageniformes.
8()5. Stcnocliiliis inuculatus. Petite plante de l.t Nouvello-Hol-
lande dont les fleurs sont labiccs et d'unc belle couleur pourpre
taclietee.
806. Gorneza tcniiijlora. Celte Ortliideo vicnt de Tile dc la
Trinile, ou elle est parasite sur les Ironcs des arbres. Lc nou-
264 Botanique.
veau genre qu'elle constitue a beaucoup de rapports avec le Cra-
nichis de Swartz.
807. Lilium Cateibcei. Indigene du nord dc TAmerique, prin-
cipalcment , selon Michaux, de Pensylvanle et de la Caroline.
808. Cuphoea tnuUiJlora , de I'ile de la Trinite.
809. Pancratium pediale. Espece tres-grande et fort belle ,
originaire du Bresil.
%\o, Aconituin paniculatuin Lam.; de la Suisse.
811. Stapelia orbicularis , du cap de Bonne-Esperance.
812. Leucoium autumnale , de la Peninsule espagnole et de la
Barbaric.
8i3. Chelone ohliqua. Cullivee depuis long-temps en Europe.
Originaire de TAmerique septentrlonale.
8i4' Magnolia grandijlora.
81 5. Gentiana saponaria.
816. Erica ///j/rtwrt , du cap de Bonne-Esperance.
817. Ruclbecliia triloba, des montagnes du nord de I'Araerique.
818. Eulophia guineensis. Orchidee figuree et decrite dans
le Botanical Register, n". 686, ainsi que dans le Botanical Ma-
gaz., n°. 2467.
819. Talinum teretijolium. Cette belle espece indigene du nord
de I'Amerique avait dejaete figuree par Plukenet, tab. 2x3.
820. Stachytarpheta Jamaicensis.
821. Coreopsis lanccolata. Indigene de la Caroline et de la
Virginie , figuree autrefois par Dillenius {Hort. Elth. t. 48,
f. 56. )
822. Erica cernua^ du Cap.
823. Acacia hispidula. Espece a feuilles simples de la Nou-
velle-Hollande.
%7,l\. Oxalis caproea , du Cap de Bonne-Esperance.
825. Caiotis cuncifolia. Plante de la Nouvellc-Hollande, in-
Iroduite en 1819 dans les jardins d'Angleterre , constituant un
nouveau genre de la famille des Synantherees, Corymbiferes, et
de la syngenesie necessaire.
82G. Cunonia capensis.
827. Justicia orchioiJes.
828. Stapelia anguinea, des contrces steriles au nord du cap
de Bonne-Esperancc.
829. Acluniia pilosa , des Indes occidcnlalcs.
829. Aster aculeatus , dc I'ile dc Yan-Dicmen.
Botaniquc. 265
219. Observations on the genus Oryzopsis. Observations sur
le genre Oryzopsis; par T. Nuttall. ( Jour 11. of the Acad. 0/
nat. Scienc. of Phil., vol. Ill, juil. 1828, p. laS. )
Dans^a Flora borcali- Americana , Michaux constitua un nou-
veau genre qu'il nomnia improprement Oryzopsis , et qui ne se
composait que d'une seule espece decrite et figuree sous le nom
d'O. asperifoUa. Muhlenberg, omettant cette plante dans la des-
cription des Graminees qu'il publia ensuite, fit connaitre una
autre espece qu'il appela O. mclanocarpa , et a laquelle il as-
socia avec raison le Milium paracloxum.
La denomination d.' Oryzopsis fit tomber dans I'erreur le prof.
Sprengel au sujet de la place que ce genre doit occuper parmi
les Graminees; il crut que la plante de Michaux appartenait
non-seulement a la tribu naturelle des Orjzees, mais qu'elle
etait meme une espece d'Oryza. M. Nuttall observe que I'Orj-
zo/jsis doit etre place dans les Avenacee qu'il pourrait a la
rigueur n'etre regarde que comme une bonne subdivision du
genre Stipa. II n'adopte pas par consequent I'opinlon de M. Smith
[in Rees Cyclopced.^ , qui rapporte Y Oryzopsis mclanocarpa
au genre Milium.
M. Nultall, ayant recemment decouvert une nouvelle espece ,
a eu occasion de revoir et rectifier les caracteres specifiques de
chacune des plantes du genre Oryzopsis , caracteres qu'il decrit
avec detail, mais dont nous allons seulement donner les phrases
latines, ainsi que les h.ibitations.
i". Oryzopsis parviflora Nutt. : Culmo nudiusculo, paniculate;
corolla villosdy brevissiine aristatd ; calyce rctuso, excedentc. Celte
espece fleurit en mai, dans une foret de pins a 4 milles de Bel-
low's Falls , sur la riviere de Connecticut.
•2". Oryzopsis asperifolia Michx. : Culmo nudiusculo subrace-
tnoso , corolla glabra ; calyce acuto suboequali ; arista corolla
duplb longlore. ( Charact, ex Nuttall.) Espece indigene des mon-
tagnes voisines de la bale d'Hudson et de celles qui s'etendent
dej)uis la Nouvelle-Angleterre jusqu'a la Virginie.
>". Oryzopsis mclanocarpa Muhlenb.; Milium racemosum
Smitli. : Cithno folioso; paniculd patcnte, pauciflord; aiistd prcc-
longd, recta ; scminibuf lanceolatis, nigrescenlibus. Dans les bois
montueux depuis la Pensylvaiiic jusqu'a la Nouvelle-Angleterre.
4°. Oryzopsis paradoxa Nult.; Miliujn paradoxum Linn. :
4grostis paradoxa Scop. Flor. Cam. : Culmo folioso , paniculd
■j66 Botaniqite .
l>atcntissiind, pauciflord , aristd prcelun^d ^ undulatd , seniitiibus
cllipticis , fiigrescentibus. Espece qui croit spontariLMiieiit d;ins
le iTiidi de I'Europc. G...W.
220. Observations sua les especes hk Corai.lorhiza indigenes
des Etats-Unis; par M. Th. Nuttall. (Journ. of the Acad.
Phtladelph., octobre 182? , p. i35.)
Le genre Corallorhiza, etabli par Ruppius,adoptd par Haller
€l Gmelin , avail ete reuni aux Ophrys par Linn<5 , et aux Cymhi-
dium par Willdenow el Persoon. M. Rob. IJrown I'a rctabli , et
cette opinion a ete einbrassee par M. NiiKall, qui fait remar-
quer le caractifre essentiel de ce genre , eoiisistant dans Ses raci-
nes imitant les branches d'un corail, et dans ['absence de ses ti-
ges. De m«5me que le genre Epifagiis {()robniulic \'lr^inlaiiah.~) ,
les Corallorliizes sont speclalement parasites sur les racines des
arbres,etne croissent jamais hors d'un sol forme de terre vc-
getale.
Les especes suivantes sont parliculieres aux Etats-Unis :
10. Corallorhiza vcrna Nutt.; Cymbidium Corallorrhizon
Muhl. , Calal. , p. 81; Corallorhiza iniiata , Eaton's, Man. of
Bot. : AphyUa,petalis omnibua Uneari-lnnceolatis ^patcntlbus , la-
bello oblongo invnaculato , basi b'ulcntalo , apice recun'O , ovato
calcare nbnoleto innata. Cette plante fleurit vers le milieu du mois
de mai en Pensylvanie; elle est tres-abondanle pnrmi les sphag-
num et les racines des bouleaux a papier.
2". Corallorhiza odontorhiza Nutt. ; Cymbidium odonlo-
rhizonWilld.; Ophrys Corallorhiza Mich. : AphyLla, labclloovali,
indadao y.inaculalo , calnirc obsolcto i/uieita , capsuld sub^lobusd.
Parasite sur les racines des arbrcs en Caroline.
V. Corallorhiza mullillora; C. innata Nutt. [Gen. am. 2,
p. 197.) Jpliylta, scapo multijloro (i5-3o), labelLo cuneato-
ovali tripartita recurvo maculato, calcare conspicuo adnata.
Parasite sur les racines des arbres , depuls la Nouvelle-Angle-
terre jusqu'a la Caroline. Cette espece, ainsi.que la C. vcrna ,
sont accompagnees d'uue figure.
M. Nuttall reunit aux Cornllorhiza le sous-genre Aplcvtruiu ,
laraclerise par son labelle onguicule , I'abseiice de I'epcron, et
les racines tubcrculeuses. II n'y fait entrer f|u'une sculc espece,
le Corallorhiza hicmalis , ou Cymbidiiun hiemale Willd. Cctle
Botatiique. aGy
pliiHte croit dans les bois , ik'j)uis Vermont jusqii'en Floride, oil
die flcurlt iliii;^ les inois ile juillet et d'aout. G...N.
■}.ll. CoKTHFA NOVUM GENUS A S. PriNCIPE M. NeOVIDENSI EX
ITINKKE BiWSlLIt.NSI KELAtUM PESCRIPSERUNT NeES AE EsfN-
BECK ET Martius. (/Voc. uct. CuF. , vol. XI, pars prima , p. 91 .)
Les auteurs decrivent de la inanicre suivante le genre Goe-
thea, qui app:irlient a la fainilie des Malvacees : Calyx duplex ;
exterior li -G- partitus, intcriorein obi'elans , injldtus , cola-
rutus; interior S-Jidux, abbrei'iatus. Corolla ^-partita; laci-
niis convolutii- erectis. Jndroph. corolla iniiltb longius superne
staminiferum ; filanietttis fdiformibus ; antheris i-locularibus.
Oi'aritiin ^-partition. Stylus longitudine stauiinum apice ?>-JO-fi-
dus Stii^tiiula capita ta. Cocca: 5 i-xpermce. — Arbores seu fru-
tices,foliis alternis siinplicibiia , petiolis barbatis ; Jloribus axil-
lanbus solitariix. Sp. I. Gocthca seinperflorcns;/6/iVj ellipticis ,
apice obtuse scepeque obsolete serratis ;floribus in axillisfoliorum
supe riorum solitariis; calyce exteriore G-fido. Sp. 2. G. cauli-
flora ; foliis oblongis , integerrimis ; Jloribus e trunco laterali-
bus; calyce exteriore Is-partito. Les caracteres que nous tracuns
ici ne sont pas empruntes textuellcment aux deux savans au-
teurs ;ne pouvant copier leurs descriptions natureUes , essentieiles
et particuUeres , nous avons crii devoir en extraire les traits les
plus f'rappans et en former un ensemble qui donnat une idee
cxacle du genre dont il s'agit.
Apres avoir termine ce qui regardc le genre Goethea, MM. Nees
et Marlins donnent la sciie de ceux qui, appartenant a la famiile
des Malvacees, ont un calice et des fruits djvisibles en portions
capsulaires i -spermcs , savoir : Alalva L. , Lavatera L., Altliea L.,
Maliichra L. , Pavonia Cav., Lopimia , genre nouveau de
M. Marlius, ilreiia L., Lebrrtonia Sclir., et cnfin Goethea.
Les auteurs caracterisent le genre Lopimia do la maniere sui-
vante: Calyx exterior interiore loagior, polyphyllus ; foliis se~
taceis. Corolla plana. Fructus ^-coccus ; coccis i-spcnnis, muca
visculo obtectis. A ce genre les auteurs rapporlent deux especes,
I'nne qu'ils indiqnent comme nouvelie ( L. latifolia^, et une autre
doni Link et (>!lo faisaient un Sida (.V. malacop/iylla). Nous co-
pu ions encore ici ies caractei'es du genre Lebretonia Schrank,
qui est peu connu et qui semble sc fondre avec VUrena et le
Goethea. Calyx exterior longitudine intcrioris , ^-jxirtitns , her-
268 BotaTiique.
haceus. Corolla basi contorta^ laciniis ohliquis , patenlihus. Friic-
tus o-coccus i cocci's clansis , nudis.
BIM. Necs et Martins terminent le memoire que nous annon-
rons par la description de 3 Malvacees , rapportees d'Amerique
par M. ie prince de Ncu-wied ; savoir : i". Achanla cordata N. et
M. ( Pai'onia coccinca Willd. ) ; n". Sida demidata N. et M. ;foliis
cordato-suhrotundis , acuminatis , diiplicato-crcnalis , hirtis ; pa-
niculd terminali midd ; capsulis mucronatis ; 3". Chorisia ven~
tricosa [Bombax ventricosa Arr.)
Les feuilles de cette derniere espece ne sont point di5critcs
comme divisees, ce qui ne s'accorde guere avec ce que M. Kuntli
nous apprend du genre Chorisia; mais comme les auteurs disent
que M. le prince de JNeuwied les a trouvces par teire au bas de
I'arbre , il est permis de soupconner que chaque feuille donnec
comme simple est la cinquieme partie d'une feuille composee
qui avait 5 folioles.
Nous n'acheverons point cette analyse sans donner les plus
justes eloges aux beaux dessins dont le memoire est accompa-
gne, principalement a ceux de deux esj)eces de Goethea. A. F. C.
•222. Sun UNE NouvEixE ESPECE DE CuPANiA ; par Ch. Kunth.
( jIjiji. des Scienc. Nat., avril 1824 j P- 457- )
M. Poirct a decrit dans X Encyclopedic mcthodique une nou-
vclle cs])ece de Robinia sous le nom de Rohirua ruhiginosa. II
n'existe a Paris, dans I'Herbier de ]M. de Jussieu, qu'un seul
echanlillon de cette plantc. C'est la que je I'al vu : mais je me
suis convaincu que ce Robinia n'appartient ni a ce genre, ni
in^me a la famiile des Legumineuses. C'est un Ciipania , plante
de la famiile dcsSapindacces , auquel jc donne le nom de Cupa-
uia Poiretii. Comme M. Poiret ne jiarle point de I'organisation
des fleurs , qu'il dit incompletes, je vais suppleer a celte omis-
sion par la description suivante :
C\i.\x prqfu/idi' quinque-partitus , extcrnc hirsuto-toinento-
sus , interne pitbescens ; laciniis suhrotundo-ofatis , rotundatis ,
roncavis , subrvqitalibus , ante- apertioncm Jloris marginibus sibi
incumbentibus.
VzTK'LK quinque , sub disco inserla , triloba, e.rternii hirsuta ,
basi cuneata et breviter unguiculata , cequalia , calycem suboj-
quantia; lobo medio ovato-rotundato , lateralihus ininoribus ,
nbtusis , cucullato-inflcj'is. Sikm^^K octo , sub ovario inscrta ,
Botaiti<jue. 269
uni-seriata , subcEqualia , calyce cix longtora. FUamcnta subu-
lata, inferne hirsuta , libera. AntheR/E ovato-oblongce vel ellip-
ticce , basi bifidce, dor so ajjixce , biloculares , interne secundum
longiludineni dehiscentes , glabrce. Discus annularis inter sta-
mina et petala ^laber. Oyarivji superum, sessile, subrotundo-
ovatum , apice in stjltim desinens , hirsutum , triloculare ; ovulum
in quolibet loculo , ejus f undo affixum podospermio brevi crasso ,
su/Jultuni , erectum, ovatum, lenticulari-compressum. St\lus
stamina superans apice tri (^7)-_fidus, lobis revolutis. Fructus
ignotus.
223. SuR LE Prktrea ET LE RoGERiA , dcux nouveaux genres de /
plantes; par M. Gay. (^Ann des Sc. Nat., avr. 1824, p. 457.)
Dans un raeinoire qui sera incessamment public, M. Gay
donnera la monographic des plantes que M. R. Brown avail de-
tachees des Bignoniacees sous Ics noras de Sesamees ct Pedalineesj
Deux nouveaux genres font partie de ce travail ; le Pretrea , qui
est intermediaire enlre le Sesamum et le Josephinia /et dont !a
seule espece a ete decrite par Loureiro, sous le nom de Marty-
nia zanguebarica;\Q Rogeria , qui est voisin du Pedalium, ct
auquel M. Gay rapporte trois especes dont une seule connue.
C« botaniste les distingue de la raaniere suivante :
Rogeria adenopliylla. Foliis longe pctiolatis , tr-inerviis , trilo-
bis, dentatis , dentihus biglandulosis ; fauce corollind , la'd ,
obcnnicd ; drupd [\^-acanthd.
Rogeria longiflora. Foliis petiolatis , orbiculatis, trineniis ;
fauce corollind , gracili , conico-teretiusculd ; drupd diacanthd.
R.ogeria brasiliensis. Foliis obovato- spatulatis , in petiolum
breiissirnum attenuatis, margine denticulatis, egland ulos is j fauce
corollind , lata , obconicd.
224- Pi-^'NTES PEU CONNUES , dccriles par J. E. Wikstiioeih.
(Suite.) [Kongl. Vetensk. Acadeni. Handlingarfoer aar 1823,
2". part., p. 274.)
L'auteur joint dans cette continuation 10 plantes aux 11 de-
crites precedemment. Ce sont : /uncus cnsifolius , dX nalaschka ,
paraissant se rapprocher beaucoup du /uncus xyphioides de
Meyer, qui dit simpleinent de cette derniere espece [Synops.
juncorum, p. ^o), foliis caulinis ensiforniibus. A ce sujet l'auteur
croit devoir ajouter des notes aux joncs de Meyer, d'apres les lier-
biers de rAcadcniie des sciences a .Stockljohn. Le /unc. cffusus
ano BotnnUiuc.
I.., croit dans rAiiu'riquc septenljionale, a Ccylan el a Canton rn
Ciiine. Le June, glaucus a cte trouve en Portugal , en Tauriilc
et a Maderc. Le June, tena.r, recueilli dans la Won veil c-Zi;-
lande,est, suivant Tasserlion de Dryander, la meme cspecc
que la precedente. Le June, hottnicus, qui n'avait ete tronvo en-
core que sur le bord de la mer, a ele observe recemment dans
la Laponie, a Lastachtjawelt, et dans I'ile Lanfasarvi, en Fin-
lande. Au June, fusco-ater de Schrcber, il faut reunir le June,
rarifloius , d'Harlm., qui se tronve aussi dans I'Amerique stp-
tentrionale. Le June, alpcstris, recueilli dans le I-'innniark, n'est
peutetre qu'nnc variele du June, rarifiorus. Le June, pysmfcus ,
de Thuillier, a ote trouve enEspagne; le June, bulhnsus L., dans la
Siberie et I'Amerique septentrionale. Le June, castaneux Smith ,
a ete trouve non pas en Laponie, con,me le dit Meyer, mais
sur la inontagne d'Aareskutan, dans la province suedolse de la
J em tie.
L'auteur decrit ensuite le LuzuJa yillosa qui croit a la terre
duFeu et aux ilcs Falkland, llajoute que, n'ayant pas encore vu
Ja monograpliie des Luzula par M. Desvaux,il ignore si I'es-
pece qu'il decrit a etc connne de ce naturaliste ou non.
Toutes les autres plantesdecritespar M. Wikstroem appartien-
nent au genre f'eieeinium,f.a\oir Faceinium longijioruin, des iles
Acores; Vaee. diffumm, de I'Amerique septentrionale (depuis la
Caroline du nord jnsqu'a laFloride); Vacc./uscatuni, des etats
de Caroline et Georgie ; Faec. amaenum , de I'Amerique sept,
fdepuis le New-Jersey jusqu'a laVirginie); Face, elevatum , id.\
Face, pallidum, de I'Amerique sept.; Face, resinosum , habi-
tant des bois et lieux montuenx, depuis le Canada jusqu'a la
Caroline ; enfm Fneein. virgnluin , de la Caroline et de la Virginie.
A la fin Tauteur ajoute en note qti'il faut encore joindrc aux
joncs, le June, bottnieus Wahlenb., qui a ete trouve aussi dans
rAmerique septentrionale, et le jAtzula arcuata , que Wahlen-
berg met dans la Flore de I>aponie, et qui, des I'annee i74y,
avait etc trouvee sur Ics montagnes de Finnmark.
225. MeMOIRF. sur la PATRIE DK la I>OMMF.-nK-TF.RRK , OU Sola-
num tuberosum , lu a la Societe horticulturale de Londres, le
ignov. 1822; par Jos. Sabine, seer, perpet. de cctte societe.
Br. in-/|. av. pi. Londres; 1822.
La pomine-de-terre n'exi-^le, a I'etat sanva^jc , ni dans les
Botanique, 27 1
provinces mtridionales des Etats-Unis d'Ainenque , ni dans au-
cune partie du Mexique. C'est un fait constate par tons les ua-
luralistes qni habitent ou qui ont parcouru ces contrecs.
Molina dit qu'elle se trouve dans les campagnes du Chili, ou
elleest connue des habitans sous le nom de maglia, et que ses
tubercules y onf uu certain degre d'amertume,
M. de Humboldt assure qu'elle n'est point indigene du Pe-
rou, non plus que de la partie des Cordilieres situee entre les
tropiques.
Cette assertion est contestee par M. Lambert {Journ. ofSc.
and Arts, vol. X, p. aS), sur I'autorite de Pavon et de Zea.*
Celui-ci, en s'entretenant avec M. Lambert de cet objet,a de-
clare qu'd avail trouve la pomme-de-terre croissant spo'ntane-
ment dans les forets de la Nouvelle- Grenade, pres de Santa-
Fc de Bogota (lat. bor., /,° i8'). Le premier I'a observee au Chili
et dans le Perou , pres de Lima (lat. austr., 12), en parcourant
les environs de cette capitale avec .son collegue Ruiz et avec
Dombey. M. Lambert possede un echantillon cueilli par Pavon
dans cette derniere localiie; il est etiquete Patatas del Peru; et
il ne differe en rien de la pomme-de-terre cultivee.
M. Lambert suppose quelle existe aussi a I'etat sauvage sur
la cote orientale, a rembouchure du Rio de la Plata. Son opi-
nion, a cet egard, est fondee sur le temoignagc d'un botaniste
americain, M. Baldwin, el d'un capitaine Bowles, qui disent
avoirirouve la pomme-de-terre a Montevideo et a Maldonado
(lat. austr., 3 5°). II s'appuie en meme temps sur un article de
I'Encyclopedie methodique, dans lequel M. Poiret dccrit, d'a-
pres M. Dunal, sous le nom de Solanum Comrnersomi , une es-
pece de Solanum que Commerson a rapportee de Montevideo
et dans laquelle M. Lambert croit reconnaitre le type du S. tu-
berosum cnlfive.
En (ait, la plantc de Commerson , qui a ete communiquee par
M. Deshmtaincs a M. Sabine, et dont ce dernier public une fi-
gure , prcscnte des caractbres qui auloriscnt a la dislinguer spe-
cif.qucuient du .V. tuberosum. Or il est vraisemblable que cette
plante est la seule qui ait ete vue par MM. Baldwin et Bowles
a rembouchure du Rio de la Plata. Done il n'est pas demontrc'
q.ie le .V. tuberosum croisse spontanement sur la cote orientale
Mais on ne pent plus douter qu'elle ne se trouve au Chili de*
p.us que la Society horticniturale de Londrcs a recu et cu'ltive
27 2 Botanique.
deux tuberrules , provenant de ce pays , (jui ont exactement re-
produit la plante dont notre economic rurale tire un si grand
parti.
Ces tubercules ont «t^ pris dans un ravin, a quelque distance
de Valparaiso (lat. austr. 33"), par un officier du vaisseau an-
glais Owen Glcndower, et remis a M. Sabine, le 24 fevrior
1822 , par un secretaire de I'ambassade anglaise a Rio de Ja-
neiro, M. Alexandre Caldcleugh, qui arrivait Ini-meme du
Cbili, et qui avait quitte Valparaiso pcu dc temps avant I'officiei'.
II resultc dc la lettre ecrite a cette occasion par M. Caldcleugh
a M. Sabine, que cette plante est tres-communc aux environs
de Valparaiso, qu'elle se trouve egalement sur d'autr^s points
plus meridionaux du Chili, ou elle porte le nom de Maglta^
qu'elle n'y est point cultivee, que les habitans n'en font aucun
usage, et que ses tubercules ont le gout un pen amer, comme
Molina I'avait deja dit.
Les tubercules offerts a la Societe horticulturale de I-ondres ,
en fevrier 1822, furent mis en terre aussitot que la saison le
permit. Grace aux soins particuliers qui leur furent donnes, les
tiges qui en sortirent prirent en peu de temps un deveioppe-
ment prodigieux, et lorsque le moment de la recoltc fut arrive ,
on trouva qu'ils avaient produit prcs dc 600 tubercules. Les plus
gros de ces tubercules etaient du volume d'un oeuf de pigeon.
La plupart etaient de moitie plus petils et differaient peu des
tubercules recns de Valparaiso. lis avaient perdu toute leur
amerlume.
Le memoire de M. Siibine est accompagne de trois planches
gravees qui representent le Solanuin Cointncrsonii Dunal, un
rameau en fleur du S. tuberosum nouvellemcnt produit, et di-
vers tubercules, soil dans I'etat orlginaire, soit dans celui de la
j)remlere culture.
Depuis I'impression de ce memoire, M. Sabine a obtenu, en
1823, une scconde recolte sur le produit de laquclle il a en-
voye a M. Thouin plusieurs tubercules qui ont ete plantes, en
mai, au Jardin du Roi, et dont il sera loisible aux cnrieux de
suivrc le developpement. J. Gay.
Botaniqiie. 2^5
aaG. NouvELLES espkces de Lichens; par S. Clir. Sommerfelt.
{Koiigl, vctensk. yjcadem. Handlingar, fcer aar iSaS , i'^^.
part., p. 112.)
Ce qui manque a la vegetation dcs regions arctiques, lant sous
le rapport de la quantite que dc la variete et de I'eclat des cou-
leurs, se trouve compense par les noinbreuses cspeces de Liclien.s
qui couvrent les rochers , et bravent, sur les inontagnes , la neige,
la gelee et les ouragans; elles egalent, en nombre, presque cellcs
des vegetaux phanerogames. Aux environs de Saltensfjord, eu
INordland, par exemple, oil Ton comple 402 vegetaux phane-
rogames, le nombre des Lichens se monte a 820; M. Som-
merfelt, pasteur a Saltdalen, en Norwege, en decouvre encore
de nouvelles especes presque a chaque excursion. Aussi, malgre
la recolle faile par Acharius et par Walilenberg, y a-t-il
beaucoup a glaner. M. -Sommerfelt a deja decouvert i35 Lichens
qui nc se trouvent point indiques dans la Flora Lapponica de
Walilenberg ; dans ce nombre il y en a environ 40 qu'Acharius
ne connaissait pas lors de la publication de son Synopsis liche-
nuin. M. Sommerfelt en fait connaitre 7 qu'il regarde comme
nouveaux,ou comme n'ayant pas ete connus auparavant dans
leur fructificalion. 1". Lecidea muscicola : quia beaucoup d'affi-
nlte avec le L.fusco-lutea d'Acharitis. Voici ses caractcres : crusUl
incequnbili granidatd fuscescentc , graniilis sublobatis, apothcciis
ohconlcis planis fusco-nigrls , matgine elcvato , disco ruguloso.
2". Lecidea fuscescens : crusta sahiculum tcnuissimum fusco-
nigrescens , areolis uiinulis discretis alb idis , apothcciis plano-^
rorwexiusculis superficialihus vuuginatis fuscis , margine tenui,
intiis albidis ; sc trouve sur I'ecorce des jeunes bouleaux. 3". Le-
cidea cinnararina: crusta effusd tcnui incEtiuahili albn , apo-
iheciis convexis iinmaiginatis cinnaharinis ; se trouve sur I'e-
corce du genevrier commun. 4". Porina xanthostoma : crusta
la^i'igatd submctnhranaccd albd , apotlicciorum verrucis clcvatis
subrotun<Us planinscnlis , ostiolis dcj>rcssis pallidis ; siu" I'ecorce
du genevrier commun desseche. 5". Lecanora maritima ( Pla-
codium) : rrusld orbiculari contigud noduloso-rugosd rosco-gri-
sed , dcin nigrcsccnte , margine tenuissimo subcrenata , apothc'
ciis rufis , margine thallode tcnui, dcin evanesccnte ; smv les
pierres quartzeuses du rivagc , a Skjcrstad , en Nordland.
f)". Cetraria pinastri : thallo deprcsso iurcnti JIavn , laciniis
rotunda to - lobatis crenatis j marginihus crispis pulverulentis
B. Tome IT. 18 '
npothecilt inarginalthns drpressis concnvis , timigine tuinido
crenulato irn'ohdo , dilute badiis ; croit dans les lii.ies, sur Ics
troncs (lu pin ot <iu boTilcm. M. Sommerfelt ne I'a trouvc
en fructlficytion que deux tois , sur des bouleaux , a Saltdalen
en Nordland, Plusieurs natnraUstes, tels q»ic Hoffmann , Dick-
son , Humboldt, Schrader el Acharius, out parle de ce Li-
chen:, mais dans des tcrnies dedoute, aucun d'eux ne I'ayant vu
dans I'etat dc fructification. 7°. Dufourea ceratites : thallo
radicnto, radice fibrosa ramosd , ramis teretibiis creeds albis
solidis Jasti^atis , apotheciis concavis , disco f two , margine
thallode subconnlvente. Ce Lichen , tres-abondant sur les luon-
tagnes de Saltdalen , est remarquable par ses noinbrcuses ra-
cines forteraent implantees dans I'argile. Comme I'auteur n'a
encore vu aucune autre espece du genre Dufonrca, il ignore s'il
faut laisser celle-ci dans le inome groupe , ou si elle peut consti-
tuer un genre nouveau. "'
227. Observations sur des vegetaux de la Perse et de
i.'AsiE mineure, d'apres les herbiers rapportes par Olivier;
par J. J. ViREY. [Journ. de Pharm., mai 1 82^ , p. 209.)
Dans celte notice , M. Virey fait connaitre, d'apres les note^
d'Ollvicr, les nomsvulgaires et les usages, lant cconomiques
que niediraux , dc i)hisieurs plantes deja decrites dans les ouyra-
ges de botanlque. 11 y a aussi des indications relatives a la diffe-
rence specifique de certaines plantes que Ton rapporte , peul-etre
a tort , aux types donnes par Tournefort et par ceux qui ont
ecrit sur la botaniquc de I'Orient.
Quant aux usages cconomiques de certaines plantes, on rcmar-
que ceux des racines Aq Leontice Leontopctalum L., nomme
Mom^/t'par les Orientaux , et des tiges de \ Anabasis aphylla,
qui sont employees pour degraisser les schalls de Cachemire et
pour blanchir le linge. Une autre espece CC Anabasis ( A. tama-
risnjolia , Car. icon., f. 283 ) est usitee pour la teinture en rouge
d'Andrinople.
Les autres plantes mentionnees p.ir M. Virey sont employees
comme aii.nons ou comme medicamens : ainsi plusieurs jujubiers,
pistachiers et amandiers sauvages, fournissent des fruits qui,
s'ilsetaient cultivcs , seraient susceptlblcsd'ameliorations. G...N.
228. EssAi siiR LA Crvptocamie dcs ecorccs exoliqiies offici-
nales; par A. L. A. Fee , pharinacien , mcmbre adjoint de I'A-
Botanique. ayS
cadriuic roy.ile de medecine, etc. Un vol. gr. m-l\°. , orne
de 3o pi. color., donnant pres de i3o especes de plantes cryp-
loganies nouvelles. (Exiralt du Prospectus^
Le but de I'atiteur, en decrivant les cryptogames dcs ecorces
exotiques, a etc d'ajouter aux caractercs pliysiques dcja connus
des caracleres tires An fades cryptogaiDirjue, et d'ajouter ainsi
an perfectionnement de la inatiere medicale. Get ouvrage, dont
I'Acadeniie de medecine a agree la dedicace , et sur lequel I'ln-
stilut a fait un rapport tres-bienveillant , a acquis una importance
botanique que M. Fee ne s'etait point flatte de pouvoir lui don-
ner. Plus de 200 especes de plantes cryptogames nouvelles , de-
crites avec soin, et dont les deux tiers ont etc figurees avec un
rare talent par HI. Poiteau , sont venues grossir la liste des
etres.
Lesgravures, qui si souvent augmenlent sans ulilite reelle le
prix de certains ouvrages, sont indispensables dans un livre de
botanif[ue du genre de celui que nous annoncons. Quelle que soit
I'exaclifude des descriptions, on echouerait souvent dans la de-
terminalion d'une plante cryptoganie si les figures fideles ne fa-
cilitaient ce travail. « Les figures peintes par M, Poiteau, sous la
direction de M. Fee, a dit M. Mabel, rapporteur de I'lnstitut
sur le manuscrit qui lui a ele soumis, sont si exactes pour
le ton de coiileur, les contours et les details, qu'il ne parait
guere possible de mieux imiter la nature. » On assure que le
graveur ne sera pas au-dessous du peintre. Le desir de surpasser
ce qu'ont fait en ce genre les botanistes des autres pays, aux-
quels nous n'avions a opposer que les figures de champignons
dc Bulliard, servira a entretenir rcniulation de Tauteur et a lui
faire obtenir les suffrages du public.
Conditions dk la souscription. UEssai sur la cryptogarnie
ties ecorces exodques officinales formera i vol. in-4°. de ioo p.
de texte environ, imprime sur beau papier saline, orne de 3o pi.
mises en couleur et retoucliees an pinceau. Le {)rix de I'ouvrage
sera de 36 fr. sur papier fin, de 72 fr. sur papier velin satine,
dont il ne sera tire qu'un Ires petit nombre d'exemplaires. L'ou-
vrage sera divise en six livraisons de C Ir. cbacune; ellcs parai-
Iront a six scinaincs ou deux mois d'ialervalle. La i"^". livr. doit
t'trelivroe aux souscriptcurs en juillet. Apres la publication de
la 3*^. livr. , la .souscription sera feriuec , et le prix du volume
2^6 BoUinique.
sera portc a 48 fr. sur papier fin, ct a 96 fr. sur velin. La
lisle des souscripteurs sera inipriince a la fin du volume sous le
litre de Liste tics soiiscripteiinfonddteiirs. On devra af'Crancliir
I'argent el ajouter 2 fr. pour Ic recevoir franc de port dans les
departeraens, et 4 fr- pour raffrancliisscment a I'etrangcr.
On souscrit a Paris , sans rien payer d'avancc , chcz I'auteur ,
rue de la Chaussee-d'Antin, n°. 34 ; chez Firmin Didol et chez
Crevot.
229. NouvELLES DE M. BoNPLANi). ( Extrait d'unc Icltre parti-
culicjv. ) Rio-Janeiro , le 9 avril.
Je me suis procure pendant men sejour dans ce pays , des
iiouvelles assez detaillees sur les cvencmens du Paraguay, ou re-
gne loujours le D"^. Franzia. Yoici ce qui me parait de plus po-
sitif sur le sort de M. Bonpland , qui a excite un si vif interct
en France, en Artgleterrc, et partout oii Ton a connu ce voya-
geur courageux et instruit. II y a environ deux ans et demi que
M. Bonpland ctait a Santa-Anna , sur la rive orientale du Rio-
Parana. II y avail etabli des plantations de matte ou the du Pa-
raguay. II fut enleve, a onze hetircs du matin , par un poste de
800 hommes des troupes du H^, Franzia. On detruisit scs plan-
tations, qui etaient dans relat Ic plus floiissant; on s'cinpara de
la personne de M. Bonpland et des faiaillcs indieniics que, par la
douceur de son caracteie et les avantages d'une civilisation nais-
sante, il avail atlirees auprcs de lui. Quelques Indicns se sau-
■verenl a la nage , d'autres, qui resistercnt, furcnt massacres par
la troupe. M. Bonpland , cliargeanl sur ses epaules une partie
de ses precieuses collodions d'histoire nalurelle, fut conduit a
I'Assomption , capitale du Paraguay , el envoye de la dans \\n
fort en quality de medccin de la garnison ; on ignore le temps
qu'il est resle dans cct cxil; mais on assure que dopuis il a ete
rappele pres du I)''. Franzia, dirrcleur supreme du Paraguay,
et dirif^e sur un autre point pour surveiller une communication
comraerciale entrc Ic Paraguay et le Perou, peut-etrc du cote
de la province des Chiquitos ct de Santa-Cruz de la Sierra.
M. Bonpland doit y terminer les Iravaux d'une grandc route,
on meme temps qu'il se livrcra a ses reclierclies dc bolanique.
Les amis de M. Bonpland se flattcnt dc I'espoir que les demar-
ches du gouvernement francais, celles de I'Institut ct de M. dc
Humboldt ne scront pas sans succes. Le general Bolivar a aussi
Zoologie. 277
^crit une lettre au directeur supreme du Paraguay, dans laquelle
il reclame notre compalriote comme Tami de sa jeunesse, et dans
les termes les plus affectueux. Si M. Bonpland est assez lieureux
pour revoir sa patrie, il pourra repandre une vive lumiere sur
des conlrees enlierement inconnues jusqu'ici. (^Moniteur , ^5
juin i82.4- )
I'io. Des nouvelles de Rio de Janeiro du 24 avril annoncent
que M. de Langsdorff etait sur le point d'entreprendrc un grand
Toyage dans rinlerieur de I'Amerique. Les cabinets de TEurope
peuvent beaucoup attendre de ce collecteur cgalement actif et
intrepide qui sera encore seconde par plusieurs preparateurs
firancais et allemands.
ZOOLOGIE.
23l. EXTRAITS DES LETTRES BE MM. KuHL ET VaN -HaSSELT,
sur plusieurs animaux vertebres. [Allg. Konst en Lctterbode ,
1822.)
Buitenzoi-g{^i\ya), 2 mars iSai.' — M.Reinwardt n'ayant paseu
le temps de s'occuper d'icLthyologie , il reste encore tout a faire ici
pour cette branclie de la zoologie; aussine negligeons-nous rien
pour augmenter notre collection de poissons, et nous designons
aussi toutes les espcces que nous pouvons nous procurer. Deja
nous avons une nouvelle espcce du geni'e Galcns, un nouveau
Dentex , un nouveau Pagrus, etc. ; mais nous espcrons faire une
recolte plus considerable ezi poissons , et autres animaux de mer,
au ff^yn/i00j>s-jBai, que nous nous proposons d'explorer^ aussi-
bien que les baies du detroit de la Sonde; apres cela nous visite-
rons rintcrieur da Bajitnm. Depuis notre arrivee a Java, tsutes
les belles ct grandes espcces do IIt';i"ons et Cigognes que nous vi-
mes en abond;ince tlans les champs de v'vi, ont disparu, el nous
n'y voyons plus dc Bccassines. C'est a Malacca qu'clles pas-
sent la saison, a ce que Ton nous dit. Un des oiseaux les plus
comrauns de Java est le Teinia de Levalllant (i). Yous serez sur-
pris du grand nombre d'especes nouvelles de Pigeons qu'on
trouve ici, ainsi qucdc leurbeauto. J'ai vu M. Diard : ila decou-
(1) (jlaiicopis t'ai'ians Tcm. Corviis raiians Lnlli.
2tj3 Zoologie.
vert g Sumatra quatre nouveaux Gibbons (i). Selon le irierue ,
Y Argus est commun dans cette ile; et, ce qui est une notivolle
Lien intcressante, le Paou sauvage de Java, decrit par vous
(M, Temininck), forme une espece particuliere et differciile de
iiotre Paon ordinaire sauvage au Bengalee Le Cerf dc Java , que
les voyageurs n'avaicut pas cru different dii Cerf dliurope,
forme une espece tres-dislincte (2). Nous avons tue aussi deux
Sangliers inconnus en Europe.
Btiitenzorg , le 10 juin 1821, ibid. — L'analogie des formes
exterieures, quelque imporlante qu'elle soit en zoologie pour la
classification methodique dcs especes, parait absolumenl nous
quitter pour les oiseaux des genres Sylvia , Muscicapa , Mjio-
thera, Nectarinia et Melliphaga, ct il faut avoir recours a I'ana-
tomie pour ne pas s'y tromper. Tous les veritables Souiinangns
de Java se nourrissent d'araignecs, detlaignant le sue dcs fleurs;
ct c'est aussi la manierc de vivre de deux grandcs especes que
nous avons determinces a Amsterdam. (^Nectarinia lu//giroftris
111., et inornata Tem. pi. col. ) Rien en ornitliologie ne nous a
plus frappes que de retrouver ici de vrais Fourmiliers [Myiothe-
ra Illig. ) tels qu'on n'cn connaissait qu'en Amerique (3). Ces
oiseaux n'habitent pas les forets de la plalne, et ce n'est qu'en
approchant des montagnes qu'on les rencontre. Depuis le pi'd
jusque presqu'au sommet du mont Sa/ac, nous avons vu cinq de
ces especes assez rapprothccs du Mjiothcra auiiia, de Cayenne ;
elles se ticnnent tonjours sur le sol, parrni les broussailles four-
rees. Elles sont du nombre des oiseaux omn i vores ; car nous avons
trouve dans leur estomac dcs colcopleres, des graincs, des
fruits mous, et meme dcs Grenouilhs. Ccpendant une de ces
cinq especes ne parait vivre que de Blattes; voila pourquoi nous
I'avons nommee M. blattivora.
Le Pitta cynnura est trcs-commun a Java. Ses liabitudes ne
different pas de celles des Fourmiliers proprcment dils, mais a
(i) C'est une erreur , car des 3 especes envoye'es au Museum de Pa-
ris il n'y en a qu'une noiivelle , le Simia syiiilactylus. Raflles.
(a) C'est le Census Hippcfaplioi , Cuv.
(3) Depuis le depart dc M. Kulil, les envois de M.M. Reinwardt, Di.nrd
et Duvauccl ont dcjy procure plusieurs de ces Fourmiliers a nos col-
lections, dont quelques-uns out etc figure's el decrits dans les pi. col.
de MM. Temminck et Laugier, ct dans les Zoolog. Researches de
M. llorsfield.
Zoologie. 271)
toiile autre noiirrilnre il parait preferer les pelits inollusques
terrestres; et cc lal clans I'estornac d'un de ccs oiseaux que nous
avons decouvert I'autre jour un nouveau genre de coquilles.
Trois autres especes forment une subdivision du genre Myio-
thera, dont nous ne connaissons pas de representans en Aineri-
que. Elles sont omnivores, et leur longue queue ainsi que leurs
habitudes les rendent voisines du genre Turdits, dont elles ont a
peu pres le bee. Enfin nous avons separe encore une division dans
cette I'amille intermediaire entre les Bees-fins et les Fourmiliers ;
carellereunit a la forme des premiers le plumage et lescouleurs
desderniers, tels que du TetemnBuit'. Ces especes sont insecti-
vores,etn'habitcntqueles halliers tres-fournis de Roinmala. Tons
les oiseaux de cette famille ne vivanl que dans les forets epaisses ,
il est assez naturel qu'on n'en trouve pas dans les cabinets d'Eu-
rope; mais il se pourrait que M. Reimvardt vous en eut envoye,
car il a eu a sa disposition des cbasseurs habilcs qui ont parcouru
pourlui aussi les forets des montagnes.
Nous avons sept especes du genre Nectaiinia , commun dans
les contrees habitees; la belle espece rouge a mouslaches bleues
( Nectarinia mystacalis. Tern.) est une des plus ordinaires. On
n'en trouve pas au milieu des forets; et c'est aussi le cas pour
les Corbcaux, dont nous avons deux especes nouvelles (1), et
pour les Colombes , et autres oiseaux habitans des plalnes. Au
reste, on aurait tort de croire qu'on ne devrait pas entrer dans les
lorets epaisses pour augmenter ici ses collections ornithologi-
ques, car c'est la justement qu'on pent s'attendre a la rccolte la
plus riche (2^. II y a grand nombre de nos nouvelles especes de
Muscicnpa , Lanius ^ Tardus el Edolius , qui ne sortent jamais
de ces forets; c'est aussi vrai pour deux nouveaux Coiiroucous ,
qui sont dans notre collection (3). Les especes d'un nouveau
genre voisln de celui des Be?-geronettes (/() ne quittent pas les
bords de ruisseaux. C'est encore dans les fon'^ts qu'on doit clier-
(1) On les connait de'j;"i en Europe.
(2) 11 parait que ce passage ne doit etre entcndii que des forets si-
tuees au pied des montagnes , car il est exprcssemcnt dit dans une des
letlre.s suivantes, i[un sur la hauteur des montagnes les bois ne sont
pre.sque plus liabites \yir les animau.x vertebre's.
(3) Deja connus en Europe.
(4) C'est probablemeut du genre Z','«(ci/r(ti , Tern. , que Ton jiaile
ici.
280 Zoologie.
clicr les especes superbes du genie Coracias , avec rincom-
])arable C. jniella Latli , et le Cor. sinensis L. , ainsi que Ics
Jegions de Karbus. Presqiie tous nos Pigeons sont nouveanx.
\J Hemipodius Fui^nax Tem. est tres-commun a Java; scs habi-
tudes sont a peu pres cellcs de notre Caille, et ses ceufs ne dif-
ferent absolument pas de ccux de ce gallinace. Nous avons les
squelettes des Gallus Banhiva et J'urcatus; mais malgre toutes
nos recherches et nos demandes nous n'avons pu trouver encore
le G. gigantcus. II est assez remarquable qu'on ne voie pas ici
non plus le G. ecnitdatits, ni sauvage, ni en etat de domesticite; ce
n'est peut-ttre qu'une variete accidentelle de nos basses-cours. Au
rcste le G. Ban/>iva est tres-rare a Java , mais le Jurccitus au con-
traire est tres-comrauu dans les bois. L'animal que nous avions
nomme Meles Icucauchen a Amsterdam , et dont nous ne savions
pasia patric,est undesmamraiferes les plus communsde Java (i).
Nous avons trouve une autre espece voislne; et ces deux especes
doivent former un genre intermediaire entre celui des Blai-
rcaux et celui desGloutons.
•xZi. Remaeques sur de pretendus fossiles humains, par
M. G. CuviER,communiquecsa I'Academie royale des Sciences.
On parlait depuis long-temps de squcleltcs humains incrustcs
dans un rocher de la cote de la Guadeloupe, et dont 11 avait
etc dtpose mi au Bluseum britanniqne. Le ministre do la ma-
rine ayant bien voulu douner des ordres pour en faire appor-
ter un autre au cabinet du roi, M. Cuvier I'a presente a I'Aca-
demie, et a fait voir , par les coquilles terrestres et marines
toutes semblablcs a cellcs de la cote environnante^ ainsi que par
la situation dans laquolle sont ces squelettes , que la pierre q-ii
les enveloppe est d'origine moderne, et le produit de quelques
sources incruslantes qui coulent vers cct endroit.
II a aussi lu ua niemoire sur des tetes huraaincs d'une epais-
seur monslrueuse ct d'une durcte excessive, qui ont passe aux
yeux de quelques autours pour des petrifications , et mcme pour
des restes d'une ancicnne race de geans : Tunc d'elles , Irouvee
en Champagne, est celebre depuis long-temps , et a ete gravee
plusieurs fois; I'autrc a ele tiree d'un ossuaire.M. Cuvier a etabli
(i) C'est le Mephitis jcwancniis Dtsm. Maini'n. y,88 , H/jthius mc.'i-
ceps, Fr. Cuv.
Zoolo2ie. 28
'{7
que toutes deux sont des tetes defiguiees par une m;iladie des
OS que Ton nomme la maladie eburnee, et qu'elles viennent
menie assez probablement d'enfans a I'age oil ils changeaient
de dents. Aucun de ces fails ne peut done etre cite conime preuve
qu'il existerait des ossemens buniains dans les couches ancieunes
et regulieres. ( £xt. du compte rendu des trcwaux de V Acad, des
Sciences, pour Vannee 1823.)
233. Sun UNE TETE EMBAUMEE d'uN HABITANT DE LA NOUVELLE-
Zelande. ( Ann. des Scienc. Nat. , mai 1824, p. 71.)
Maintenant que les relations avec les iies de la mer du Sud
sont tres-frequentes , il est parvenu dans nos collections d'Eu-
rope un grand nombre de tetes embaumees des habltans de la
Nouvelle-Zelande. La plupartsont remarquables par leur belle
conservation en ineme temps que par la simplicite des moyens
tonservateurs dont se servent ces insulaires. Les chairs ne sont ni
decolorees ni tannees , ni I'evetues d'un enduit capable de mas-
quer les traits de la figure; et long-temps apres la mort de celui
qui a subi une semhlable preparation , il est tres-facile de le re-
connaitre. Les momies d'Egypte, enduites de bitume et recou-
vertes de langes; celles des Guanches, conservees dans des sacs
decuir,ne peuvent done soutenir la comparalson avec celles
d'un peuple encore sauvage.
Lorsqu'au port Jackson je vis pour la premiere fois de ces
tetes ainsi preparees, frappe de leur etat de fraicheur, je cher-
chai a savoir par les Anglais qui frequentent souvent la Nou-
velle-Zelande, oil ils ont meme un etablisscment, quels etaient
les moyens dont sc servaient ces insulaires pour arriver a cette
conservation : ce fut en vain, je ne pus rien apprendre de bien
satisfaisant a ce siijet. Mais, vu la civilisation peu avancce de
CCS peupladcs, ou doit presumer que tout leur art se reduit a
bien pen de chose , et qu'il sulfirait de les voir agir une seule
fois pour faire avec succes en Europe I'application de leurs pro-
cedes. Le climat et la temperature doivent y entrer pour bien
peu. D'ailleurs, en cela, la Nouvelle-Zelande a beaucoup de rap-
ports avec certaincs contrees tcmperees de I'Europe. Ce precede,
une fois connu , pourrait etre employe pour les corps des souve-
rains et des princes, qu'on pourrait alors sc dispenser d'cnfer-
mer dans des cercueils, envcloppes de tous les aromates qui
servent aux cnibaunicmcns.
282 Zoologie.
Les IN'ouveaux-ZtMandais s'onient la figure d'une singulicrc
facon. Le niol tatauagv , iloiit on se scrt ordinaireinent, nc rend
pas ici la cliose, puisque ce sont de |~rofondes ciselurcs symc-
triques et agreabieincnt dessinees, dont les chefs plus parlicu-
Jierement se couvi'ent toute la face et le front. C'est dans les sil-
lons de ces incisions, qui doivent etre tres-doulourenses a fairc,
qu'on Insinue unc couleur ordinairement iioiriitre. L'uniformite
de ces dessins, dont les cercles viennent aboutir pres du nez ,
fait que les tetes ainsi ornees se ressemblent presque toutes. Les
cheveux , tres-touffus, plus ou nioins frises, quelquefois presque
crepus, la barbe et la moustaclic, sont tres-adlierens an lissu
cutane.
Les tt'tes ainsi preparees sont celles des clicfs qui ont succoni-
be dans les combats que se livrent ces insulaircs encore pcu ci-
vilises. EUes servent de trophees, et les vainqueurs les vendent
asscz facilement aux Anglais. C'est par I'occipital , dont on agran-
di le trou de maniere a pouvoir y introduire le poing , que se
vide le crane. Ces peuples connaissent aussi I'art de conserver
dcs cadavres entiers. Un des voyageurs de VUrnnie en a vu un
ainsi prepare au ])ort Jackson, et qu'on vendit un prix cnorme.
Plusieurs Nouveaux-Zelandais que nous avons vus a Sydney
nous ont prtisente le type d'une belle race, forte et vigoureuse ,
-susceptible d'arriver promplement a un haut point de civilisa-
tion. La couleur de la pcau de ces insulaircs est d'un blanc jau-
natre; ils ctaient simplement couverts de ces belles eloffes fa-
briquees dans leur ile avec le Phormium tenet x.
Nous terminerons la cette note parce qu'incessaminent de
nouvcaux details, accompagnes de dessins d'apres nature , vont
etre donnes sur ce pcuplc par le capilaine Freycinet, dans la
partie liislorique du voyage de XLiunic.
Les tetes bien conservees de IVouveaux-Zelandais sont encore
fort clieres ; nous en avons vu eclianger deux, en Amerique,
contre un equivalent de trois mille francs.
Le capitaine Freycinet en a depose une dans les galerics d'a-
nalomic comparee du Jardin du Roi. ]\L Leon IJufour , mcdccin,
vient de publier unc notice sur une qu'il a recue nouvelleracnt.
^ojy;; les Annates des Sciences naturclles , mat 182,',, page 71.
Q..Y.
Zoologic. 285
234. QUELQUES OBSERVATIONS NOUVELLES SUR LES OrNITHORHYN-
QUEs, ( ydnfi. des Sciences naturelles , mai 1824 , p, 74. )
La singuliere orcj-anisation de ces animaux, qui Ics fait tenir
tout a la fois des uiamiuiferes et des oiseaux , et qui force pour
ainsi dire de creer une ciasse uouvelle pour eux, a occupe et
occupe encore les maitres de Ja science zoologique. On connait
les travaux de Mfll. Gcol'froy Saint-Hilaire , de Blainvillc, etc.,
a ce sujet.
M. Van der Hoeven ( iVoiyz Jcla Natur. cur., t. XI, part, a'^.,
J). 358) a rccueilli tons les travaux qui out ete fails par les na-
turalistes sur rOrnithorliynque.
Mais, parmi ces travaux, aucun fait positif ne vient terminer
la grande question, encore indecise, de savoir si cet animal pond
des oeufs ou non. En attendant que ce point soil eclairci, un
autre, qui etait encore en litige, vient d'etre mis liors de doule
par les nouvelles observations de M. Meckel. II s'agit de I'appa-
rci! venimeux que M. de Blainville a le premier signnle a I'ertjot
de chaque pate de derriere. Cet anatomiste, n'ayant pu alors ob-
server cet organe que sur une peau dessecliee, admeltait que la
cavite de I'aiguillon devait contenir une vesicule terrninee par
un canal aboutissant a I'ouverture externe, sans pouvoir dire si
plus profondement il cxistait un organe secreteur du venin.
M. Van der Hoeven s'est eleve contre I'opinion de M. de Blain-
vdlc. II dit qu'il lui a etc impossible de trouver une ouverture
exterieure sur la corne de rOrnithorhynque roux; mais il a vu
un petit trou a celle de rOrnilhorhynque brun.
Voila oil en etaicnt les clioses lorsque de nouveaux fails, trans-
mis par les redacteurs des Annates des Sciences naturelles , sont
venus confirmcr les observations que M.de Blainville navailfait
qu'indiquer, pour ainsi dire , vu I'etat d'imperfection des parties
sur lesquellcs il avail opere.
« M. Breschet a recu une lettre do M. Meckel , par laquclle ce
savant anatomiste lui apprend que I'organe veneueux ne consisle
pas en une simple vesicule contenue dans Teperon , mais bien en
une giande de la giosseur de la glande sous-maxillaire de I'liom-
nie,situee lelong du femur. Enfin il est arrive dernierement a
I'aris un travail de M. Robert Knox ( Voyez le Bulletin Au niois
de Janvier, n". 127 ) tout-a-lait identique avec celui de M. Mec-
kel; et ce Mnnoirc est accompagne d'unc figure qui represintc
3(S4 Zoologie.
laghinde dans sa position iiaturelle, aiusi que Ic canal qui abou-
tit a I'epcron.
M L'existence d'un appareil de venin organise a la maniere de
tous les organes du mcmc genre, ayant, comme M. Blainviile I'a
fait voir, un canal ct une ouverture extcrieure situee dans I'epc-
ron, parait done demontroc dans I'Ornithorliynque. »
]\ous ajouterons quo le venin de cct animal n'a pas une Lien
grande action sur rhomrnc, car, depuis qu'on prend des Oriii-
thorlivnqucs, nous croyonsqu'il ne s'cst presente qu'un accident
peu grave do blcssure , et nicnie au port Jackson il n'est point
encore populaire que cet ergot soit venimeux. Nous avons eu
trois Ornitliorliynques de militaires qui les avaient eux-memes
pris dans les rivieres des raontagnes Bleues, et qui ne nous ont
point iadique qu'ils fussent susceptibles de bless er grievement.
Q..V.
235. Memoire sur les cocuons marrons des Antilles ; lu a
I'Academie royale des sciences ; par M. Moreau de Jonnes.
( Extrnit du Comptc jendii des travaux de V Academic des
Sciences , pour I'annec iSaS. )
Les premiers historiens des colonies europcennes en Araerique
nous assurent que les Espagnols , lors de leur etablissenient
dans les Antilles, y laclierent un certain nombre de Coclions qui y
pulluierent promptement , et y furent la souche d'une race sau-
vage, nommee cochons marrons, qui afourni pendant long-temps
une grande rcssource alinientaire, mais ([ue le ])cu de soins don-
iics a sa conservation a laissc enlicrcnient dttruirc dans presque
toutes les iles.
D'un autre cole, on sait qu'il cxisle en Amerique un genre
de quadrupedcs connu sous le nom de Dirolyle ou de Pcrari,
voisin des Cochons , mais qui s'en distingue par un orifice glan-
duleux perce sur le dos , par des defenses courtes et droites ne
sortant pas de la bouche , et par )c manque de queue et d'un
doigt interne au pied de derriere.
Ces animaux sont aujourd'liui confines sur Ic continent ; mais
il parait qu'il y en a cu, au nioins nionientancmcnt , a Tabago ,
^ct pcut-ctre dans quelqucs-unes des iles voisincs.
I-cs naturalislcs en ont dtcrit exacfcment deux espcccs , Time
a collier blanc , I'aulrc a gorge et levres blanclies; et Ton pour-
rait croirc , d'aprcs une indication un peu confuse do Dajon,
Zoologie. 285
qu'il en existe unc troisieme , a laquelle nos colons de Cayenne
auraient aussi transporte le nom de Cochnns marrons. II y a en
efl'et un melange et des interversions singulieres de noms dans
les notices que Ton en donne, et on concoit qu'il ne pouvait
guere en etre autrement de la part d'hommes aussi peu instruits
que les Dutertre , les Labat et les autres moines ou mauvais
chirurgiens , aux quels nous devons les descriptions de nos co-
lonies, de la part de gens qui nous disent , sans besiter , que le
Pecari respire par le trou qu'il a sur le dos, et que c'est ce qui
fait que ne s'essoufflant point il est difficile de le forcer a la
chasse. II etait done naturel que M. Moreau de Jonnes trouvat
ces especes confondues dans plusieurs relations j que souvent
on crut avoir observe des Cocbons marrons lorsque Ton n'avait
vu que des Pecaris, et que reciproquement ceux-ci prissent
souvent les noms de Cocbons et de Sangliers a cause de leur res-
semblance avec ces quadrupedes d'Europe. Remarquant done
que plusieurs relations attribuent des Cocbons marrons a des
lies ou a des endroits du continent oil nul motif n'avait pu faire
porter nos Cocbons d'Europe , et a des epoques si voisinos de
cellcs de la decouverte , qu'il etait presque impossible qu'ils s'v
fijssent multiplies ; voyant qu'une espece de Pecari parait por-
ter aussi dans une de nos colonies le nom de Cocbon marron
\\ en conclut que les animaux nommes ainsi , et autrefois si
nombreux dans les Antilles , n'etaient point d'origine euro-
peenne , mais appartenaient a cette grande espece de Pecari
dont on n'a connaissance que par I'indication de Bajon. Peut-
etre celte conclusion est-clle juste pour plusieurs ilcs; mais
il est difficile qu'elle ne paraisse pas uu peu trop generale,
surtout relativement aux Cocbons marrons de la Martinique '
dont Dutertre dit expressc'ment qu'ils sont amies de deux'
horribles dents bouclees commc des comes de Belicis , caractere
I)ropre a nos Sangliers d'Europe , mais que n'ont pas les Pe-
cans.
2^6. Materiauxosteologiques pour skrvir a lhistoire de
PLUSIEURS MAMMiriiREs FossiLEs ; par le D"'. Gounruss. ( iVm-.
act. jjhjs. incd. Acad. Cces. Loop. Car. , 1821, t. X , i)art. 2 ,
p. 455; et 1823 , t. XI , part 2 , p. 449. )
Dans le premier article du premier meinoire(i82i), M.Gold-
fuss decrit une l.'te complete d'un Elan fo^^Wc (Cen-us ff/ffa,Ueus)
aSf) Zoolngie.
(lont I'espece fst perilue. Elle est caract^risee par im andouUler
place immediatement au-dessus de la couronne , ct dirige en
avant. Cettc tete a cte trouvt-e en 1800 siir les Lords de I'lss, et
pies d'Einmericli , dans im terrain sablonneux , oil Ton a egale-
nient rencontre des iirnes et des casse-tetes en pierre.
Dans le second article I'auteur decrit une portion de crane ct
le bois d'nn Cerf fossile, troiive dans les forlificationsde Cologne,
a '20 pieds sous terre, dans une couclie de sable d'ailuvlon, et
rien n'a pu faire remarqucr qne ce sable ait ete jamais remue
par la main de rhoinme. Ce bois ne difiere essentielleinent de ce-
lui de Cerf commun que par un plus grand ecarlement entre
les deux tiges de ce dernier, et une direction ])lus liorizonlale
dans celles du fossile; niais coinme ces caracteres varient beau-
coup dans le premier, il est a prcsumcr que le fossile appar-
tient a la meme es])ece.
Dans le Iroisieme article il decrit une molaire d'Eleplumt
qui ressemble entierement a celle de I'espece d'Af'rique, mais on
ne connait point son gisement.
Dans le quatrieme ilfait connailreune tele entiere de Lion fos-
sile ( Fclis spelcea ) dos cavernes de Gailenreuth. Elle approche
le ])lus pour la forme de celle de la Pantliere, mais elle est beau-
coup plus grande, egalant presque celle du Lion vivant.
L'auteur ajoutc a ces quntre articles quelques reflexions sur
IV'poque de I'exislencc de ces animaux, et il pense qu'ils ont ve-
eu en Allemagne a une epoque peu cloignee de nous. II cite a ce
sujet un passage d'une ode en ancienne langue allemande,
connue sous le nom de Nibelungenlied , ou il est fait mention
d'une chasse dans laquelle on a tue plusieurs animaux remarqua-
bles, et notamment deux carnassiers, dont I'un, appele le Derni-
Loup, est sans aucun doute I'llyene, qui portc encore aujour-
d'huicenoni, ct qui sc trouve fossile dans les cavernes deGallcn-
rcuth,et dont I'aulre qui est appele un Z/o«, s'y trouve egalement
fossile. Les autres animaux qui ont ete tues sont : le Jf isriit^
VEUh, YUorcX. le Schclch, dont le premier parait elre le Bison,
k" second VElan d'Europe, le troisierae {'Aurochs, et Ic qua-
trieme V Elan fossile. Enfin on y cite encore VOurs ct le Songlier.
Dans le premier article du second memoirc (1823), M. Gold-
fnss donne la description de la tcte fossile d'une espece de Loup
( Cnnis spcUeus ) des cavernes do Gailenreuth. Elle a la plus
grande rcssemblancc avec la I ete du Loup ordinaire, et n'en
Zoologie. * 287
differe esscntiellenient que p;ir un museaii pins court, et une plus
grande largeur du palais.
Dans le second ariicle il dccrit tine fete d'llyene fossile
( Hjasna spetcea ) des memes cavernes, et qui ;ipproche plus de
\'H. Crocuta que de XH. striata , comme d'ailleurs M. Cuvier I'a
deja fait remarquer. La serie des raolaires superieures de cliaque
cote forme un arc plus convcxe que cliez \'H. Crocuta ; le
front entre les apophyses malaires est plus large; les arcades zy-
gomatiqties sont plus fortes et plus ecartees en arriere, et les os
soiit en general plus epais. Tous ces caracferes iurli([uent que
I'animal elait plus fort et plus carnassier que 1'^. Crocuta. On
en trouve aussi dans les cavernes de Sundwig.
L'auteur fail dansle troisieme article quelques remarques sur
les differentes cavernes de Gailenreutli et de Sundwig. Les pre-
mieres forment plusieurs chauibres, dont qiielqucs-unes sont pla-
cces au-dessous des autres, et toutes conimuniquent entre elles
par des couloirs plus ou nioins etroifs. C'est dans ces differentes
excavations que se troiivent pele-mele les ossemens de tous ces
aniniaux. On en a deja enleve une tres-grande quantite, et I'amas
en est encore si grand, que plusieurs centaines de chariots iie
sufTiraient pas pour I'enlever en en tier.
M. Buckland, en decrivant les cavernes a fossiles de Rirkdale,
prouve, pour ainsi dire jusqu'a I'evidence, que les ossemens y
ont ete transportes par des Hyenes qui habitaient autrefois ces
antres. Un grand nombre de ces os laissent encore voir des signes
non equivoques qu'ils ont ete rouges. Cette opinion ne peut pas
etre appliquce aux os des cavernes de Gailenreutli, puisqu'on
n'y en a ])oint encore trouve qui, indiquassent qu'ils ont ete rou-
ges; niais on n'en a egalement pas trouve qui aieut ete roules.
En admettant que le nombre des individus dont les ossemens
se trouvent dans les cavernes de Gailenreuth s'eleve a 1,000,
on pourrait etablir entre les diverses especes les proportions sui-
vantes : Hjcena spclcea aS, Canis spelceus 5o, Felis spelaia 7.5,
Gtilo spcla^us 3o, Ursus priscus 10, Ursiu- arctoideus Go, et
Ursus spelceus 800. On y trouve aussi quelcjues fragmens d'os
d'oiscaux, et d'autres petits ossemens dilfuiles a determiner.
Esper a pensc que ces deruiers pouvaient avoir appartcnu a des
reptiles et a des poissons. On n'y a point encore remarcjuc de
debris d'hcrbivores ; on pretend cependant avoir trouve autrefois
des dents A'Elc'p/ians et une vcrttbre figurce par Esper, laquelle
'j8S ' Zoologic.
paraitetre celle d'lm Rhinoceros. Les ossemens de Cerfs,Ae Che-
vreuils , de Renards el de Blaircaux , laissent voir distinctemcnt
qu'ils y ont ele transporlcs accidenlellemcnt dans dcs temps ino-
dernes.
L'auteur expllque rexistence d'un si grand nonibre d'osse-
mens dans Ics cavcrnes dc Gailcnreulli, par Tcffet de grandes
inondatlons qui y ont transporte les corps plus ou nioins entiers
de ces animaux. II trouve la possibilite dc son liypothese ,d'abord
dans la situation de la chaine de montagncs dans laquelle ces ca-
pites sont creusees. Cetle chaine est placee entre deux bassins qui
etaient , selon son opinion , des lacs separes par ces montagncs
<:omine par une digue. Si les eaux de ces lacs se sont eleves suc-
cesslvement , les animaux qui liabitaicnt cette digue ont du se
retirer dans les parties les plus elevees du terrain, oii ils ont en-
fin ete enleves par les eaux, et traines dans des tourbillons qui
ont du s'etablir au-dessus de ces grotles , par les eaux qui s'y
precipiterent ; et, quoique les corps aient ete transportes par les
eaux, leurs os n'ont point souffert par le frotlement, s'etant en-
core trouves enveloppcs dans les chairs. II explique ainsi, par
des inondations succcssives , les diverses superpositions des os et
du terrain qu'on observe dans ces cavernes.
Quant aux ossemens qui se trouvent dans la caverne de Simd-
wig, il pense qu'ils y ont ete apportes par dcs animaux carnas-
siers, de menie que cela parait avoir cu lieu pour les cavernes de
Kirkdale, car on y reraarque de meme des signes qui prouvcut
d'une manlere evidente qu'ils ont ete ronges.
On ne connaissait point encore de Sanglier fossile. M. (iold-
fuss donne , dans le qualrieme article^ la figure et la description
d'un fragment de machoire inferieure d'un dc ces animaux, qu'il
appclle 6us pri.srus, trouve dans la caverne dc Sundwig, et qui
dit'ierc de la machoire du Sanglier ordinaire par une plus grande
lonr-ueur et une moindre largcur dans sa parlie anlerieurc.
II decrit, dans le cinquieme article, une seconde niolaire iVKlr-
phant, qui, comme la premiere, ressemble entiercment a celle
de I'espece vivante d'Atrique. EUe a etc trouvee sur les bords de
la Ruhr en Westphalie. On en rencontre d'ailleurs assez.souvent
dans la vallee du Rhin, sur les bords du Weser, eu Westphalie ,
et surtotit pros de Worms.
Le sixiemc article est relatif a une portion dc machoire infe-
rieure d'un Caitor lossile, trouvee dans la vallcc dcTocnnisstein,
Zoologie. 289
pres d'Aiidcrnach , dans un tuf calcaire recouvrant le trass.
On trouve dans le meme gisement des ossemens do Chevaux et
de Ceils.
L'aulenr joint a ccs deux memoires des figures litliogra])hiees
faites avec beaucoup de soin, et reprcscntant tons les objets qu'Il
decrit. S. s.
aSy. Memoire sur l'oologie ou sur les oeufs des aniraaux ;
par M. Alfred Moquin-Tandon. [Ann. Soc. linn, de Paris y
i"'. liv., mars 1824.)
Le titre de ce memoire semble annoncer un travail general sur
les oeufs des animaux de toutcs les classes , et promettre la des-
cription de leurs formes exterieures , deleurs couleurs , ainsi que
le detail de leur structure intcrieure, et des cliangemens que le
germe presente durant les diverses periodes de I'incubation; tels
seraient du moins , suivantnous, les points principaux dont on
devralt s'occuper dans un traite d'Oologie, ouvrage immense, ou-
vrage utile , qui nous manque totalement, puisque les nombreu-
ses recherches de feu I'abbe Manesse ne sont pas encore livrees
aux attentes des naluralistes, et que Touvrage dont s'occupe
M. Scliinz, de Zurich, dont la publication est a peine commen-
cee , ne doit comprendre que la description exterieure des oeufs
des oiseaux d'Europe.
Mais il n'en est pas ainsi ; I'auteur du memoire que nous annon-
conss'est borne a trailer des ceufs des oiseaux, et seulementa pre
senter les resullats principaux de ses propres observations et de
celies des ornithologistes qui I'ont precede , sur les diffei-ences de
formes qu'on observe dans ces oeufs , sur le nombre qui est parti-
culier a chaque tribu, sur leur grosseur relativemeiit a ceile de
I'oiseau qui leur donne naissance, et sur les aberrations qu'on
remarque dans la structure de quelques-uns.
Apres avoir presente la definition des generations vivipare ovi-
pare ct ovoviviparc, M. Moquin-Tandon donne cellc des wu/s
qu' A i\om\i\c par/hits ou imparfails , selon les divers etats sous
lesquels ils se rciicontrcnt. Les oeufs paj-faiis ont une enve-
loppe calcaire solide; tels que ctux des oiseaux et de quelques
reptiles cheloniens et sauriens. Les ceufs impnrfaits ont une pel-
licule membraneuse qui reraplace la coque ou i'ecorce calcaire-
tels que les ceufs de la piupart des reptiles , des poissons et des
insecles. Les oeufs imparfails vrais sont ceiix de cctte dornicre
I>. ToiME II. If,
ago Zoologie.
sorle , qui, aprcs avoir iHc pondus par rnniinnl , n'ont besoin
que d'etre soumis a la chaleur solaire pour parvenir au btit que
la nature se propose; c'est ce qu'on remarque dans les reptiles
sauricns, ophidicns et chc'Ioniens. Les neiifs imparfnits faux
sent ceux fjui, nu lieu de produirc immediatcment des iinimnux
semblablcs a Icurs parens , donnont la vie a des larvos , f|ui ont
encore des mutations a subir, d'aiicicnnes parlies a perdre et de
nouvrlles a acquerir, avant d'etre parvenues a leur of at de per-
fection; tels sont les ceufs des rejjtiles batraciens et ceux de la
plupart des insectes.
Ensuitc viennent les considerations g^nerales dont nous avons
parle, sur les ceufs parfaits des oiscaux. Puis le memoire est ter-
mine par la description, d'apres des ouvrages anterieurs, de diffe-
rens genres de defectuosiles que presentent ces ocufs dans leur
conformation.
Dans un premier paragraphe I'auleur traite des ceufs mons-
trueux a I'exterieur, ou dont la difformite reside dans la coque,
savoir , i°. I'oeuf a double coquille [ovum diccluphurn), i°. I'oeuf
nain [ovum centenium'), 3". I'oeuf harde [ovum ocehijJium) ,
4°. I'ceuf informe ( ovum amorphum ). Dans le second paragraphe
il passe en revue les ceufs raonstrrieux a I'interieur, ou dont la
difformite ne reside pas dans la ceque , tels que i". I'oeuf double
[ovum gennriitmVYme) , ?/'. I'oeuf clair [ovu/n zrp/iiriu/// Pline),
3". I'oeuf a substances etrangcres [ovum heterjium ) , et 4". I'oeuf
developpe ( ovum pirfcuhatum^. Ce dernier est celui dont le germe
aurait recu un commencemrnt sensible de devcloppementau mo-
ment de la ponte.
En resume ce memoire parait «5tre I'extrait d'un article redige
pour un dictionnairc dliistoire naturelle, et presentc tres-peu de
faits nouveaux ; il est accompagn*; de 2 ])laiirhes litliograpliiers
representant des ceufs monstrueux. Desm...st.
238- Memoire sur les oisf.aux des environs de Geneve; par
M. L.-A. TVecker. ( Mem. de la Soc. de phys. et d'hist. nnt.
de Geneve. Tome 2"., i''*'". partie. )
Dans ce memoire M. Necker passe en revue lous les oise lux
qui sc trouvent habituelleincnt , p;issagerement ou accidenlclle-
luent aux environs de Oenevc Pour ceux qui ne sont que do
passage , il ind!([uc soigneuseniful i'(Jpo([ne de leur arrivee ,
Zoologie. 2gi
celle de leur deparl , t^t les sites oii ils se tiennent de preference
pendant leur sejour.
« Le nombre des espleces reconnues dans le canton de Ge-
neve et dans les montagnesvoisir.es se monte a 24^ , dont i85
sont , a proprement parler , indigenes , et Sj sont accidentelles,
« Des 1 85 especes indigenes, gS appartiennent a la plaine
( desqnelles Sa sont stationnairos tonte I'annee, et 63 sont des
oiseaux de passage ) ; et enfin 11 habilent le lac ( une seule est
stationiiaire, et les 21 autres sont de passage).
» Des 57 especes accidentelles, 20 appartiennent a la plaine,
iG aux marais et rivages , et 21 au lac. 19 especes Irouvees acci-
dentellement sur les inonfagnes, dans les plaines et sur le lac ,
dans des contrees voisines , jiourraient aussi sans doute se ren-
contrer aux environs de Geneve; et alors le nombre total des
especes decette residence s'eleverait a 261.
» Outre les passages generaux qui ont lieu , conlme partout
ailleurs, au printemps du midi au nord, et en automne du nord
au midi, M. Necker a observe des passages particuliers qui se
font aussi regulierement chaqiie annee, au printems de la plaine
aux montagnes , et en automne des montagnes aux plaines, tels
que ceux des Cailles, des Grivcs, etc.
» Independamment de ces passages constans des lieux bas aux
endroits Aleves, et vice ver.'d , on voit quelquefois des indivi-
dus de certaines especes qui habitent la montagnc descendre
dans la plaine en ete , comme lej Martinets a ventre blanc et les
Becs-croises; on en liiver, comme les Friquets , les Sizcrins, les
Mesanges huppees , etc. Ces apparitions accidentelles sont dues a
(|uclque iPinjis rigoureux, a quelque t'roid subit qui aura fait
perir les ])lantes ou les fruits dont ces oiseaux se nourrissent,
ou a de grandes chutes de neige qui auront momentaneinent
enseveli cos vegetans.
» TiCS passages generaux du nord au sud , et vice versa , anie-
Ticnt aux environs de Geneve un certain nombre d'especes qui
peuvent etrc divisecs en 3 categ.Tries : 1". les oiseaux qui pas-
sent dans le pays au printemps et en automne, sans y siijourner,
comme les Gobe-moufhes Recfigues, les Herons pourpres, les
Crabicrs , les llirondi'lics de mor Pierre - girin et Epouvan-
tail , etc.; 2". ceux qui arrivent au printemps du midi pour nichcr
et passer Tcto, et qui rcpartent en auto;nnc, comme les Cailles ,
les Tliroiidelirs , les Mirtinets, elc.; 3". ceux q-ii n'arrivent qii'ca
2f)2 Zoolngle.
automne, passent I'hiver, et retourncnt ;iu noid dans les pre-
niicrs jours du printemps, commc les Grebes, diverses cspc-ces de
Canards , etc.
» II est des espcces dont quclques individus soul stationiiairesr
toute I'annee , tandis que le gros de I'espece est de passage : par-
mi celles-la , quelques-unes, comme les Aiouettes, \cs Lavan-
dieres, etc., sont plus abondantes en elequ'en hiver; d'autres ,
comme les Mesangcs , les Mouettcs, etc., sont au tonlraire plus
nombreuses en hiver qu'en ete.
» II est quelques espcces qu'oii voit fiequemmcnt dans Icur
passage au printemps , et qu'on ne voit point a leur retonr en
automne, comme les Grues, les Crabiers, etc. II en est d'aulres,
comme les Cicognes blanches et les Cicognes noires, etc., qu'on
ne voit i^u'en automne, et jamais au printemps.
M En ete.tous les oiseaux chanteurs du canton de Geneve per-
dent leur belle voix, et il regne un silence complet ])cndant les
grandes chaleurs, tout comme pendant les froids de I'hiver.
» Les ectassiers, qui subissent une double mue, ne se presen-
tent ordinaircment dans ce canton que dans un plumage ou les
couleurs des deux livrees sont melangces.
» Enhn plusieurs especes d'echassiers et de palmipedes , qui
sont communes aux environs de Geneve dans leur jeune age ,
ne se voient que tres-rareraent , et (jueiquefois mtine ^jjoint du
tout dans leur etat adulte ; tels sont les Grebes, les Plongeons
Gat-marins, les Tourne-pierres, les Goelandsa manleau bleu, etc.x
Tel est le re'sume que nous avons emprunte a I'auleur des faits
gentraux que presente cet interessant niemoire.
II le termimj par un calendrier ornithologiqiie, qui reproduit'
pour chaque oiseau I'expose des observations dont il a etc I'ob-
jet. Cette table ne se rapporte qu'aux environs immediats de
Geneve, et ne comprend pas les moutagnes. On y irouve pour
chaque mois, d'abord I'indication des passages et eveneinenfi
ornithologiques regullers et annuels pour la plaine, les marais et
le lac. Une colonne indique I'epoque la plus hativc oil le fait
consi^ne au calendrier ait etc observe, avec la date de I'anni'e
oil I'observation a eulicu;il enestde meme pour I'epoque la plus
tardive. Une troisieme colonne montre I'epoque ou le nieme
fait a lieu le plus communement ; la dale du jour correspond
au mois sous la rul.i iciue dmpul die se Irouve jiiacee, et die esli
Zoolo'^ie. 295
idelcrminee en prcnant la moyenne eaUe les observations en
nieme temps les plus rapprocliees et les phis iiorabrouses.
Les passages accidentels sont signales ainsi que ceux des indi-
vidus d'especes non indigenes qui se sont presentes en troupes
])lus ou moins nonibreuses , ou qui ont paru plusieurs fois a
des epoques rapprocliees, ou Lien encore qui se sont presentes
isolenient. Desm....st.
a'ig. NouvEAU Recueil de planches coloriees d'oiseaux, pour
servir de suite et de complement aux planches enluminees de
Buffon; par MM. Tewminck. et Meifren-Laugier. ( Voy. le
Bull, de juin , et ceux des mois precedens.)
37*^. livraison. — Planche a 16. Rupicole verdin, male adultc;
Riipicola viridis. (Tcmm.) Ue Sumatra. ■ — ■ PI. 217. Breve geant,
Pitta Gigas. (Temm.) De Sumatra. — Vl. 218. Breve cyanoptere,
Pitta cyanoptcra. (Temm.) De Java. — •PI. 2^19. Kamichi Chaja,
Palamedea Chararia. (Temm.) Amerique meridionale. — PI. 220.
Megapodc Freycinet (1), Mcgapodius Freycincti. (Quoy et Gai-
mard.) De Vaigiou. — PI. 221. Gros-bec nielanote, male; Frin-
gilla melanotis. (Temm.) D'Afrique. — Gros-bec sanguinolent ,
male; Fringilla sanguinolentn. (Id.) Du Senegal. — Gros-bec
multizone, femelle; Fringilla poly zona. (Id.) D'Afrique.
38^. livraison. — PI. 222. Calh.irte moine , Cathartes Mona-
chus. (Temm.) Du Senegal. — PI. 223. Aigle de Mace, jeune. —
PI. 224. Caracara funebre , jeune. — PI. 225. Drongo azure, fe-
melle. — PI. 226. Gobe-mouche chanteur, male et femelle; Mus-
cicfjpa cantatrix . (Temm.) De Java. — PI. 227. Syiiallaxe ardent,
Syualax rutilans. (Temm.) Du Bresil. — Synallaxe albane, Sj-
nalax albescens. (Id.) Idem. — Synallaxe grisin, Synalax cine-
rascens. (^U.) Idem.
3()''. livraison. — PI. 228. Faucon bidente, jeune dc I'annee.
■ — -PI. 229. Hibou bruyanl, jcunc de I'annee. Dc Java. — PI. 23o.
(i)IM. Tcniininck , dans sa livraison ilu mois craniit i8-,!.'5, a a(lo|)ti!
cc genre ([ui a t'lc forme par MM. Quoy et Gainiurd , siir iin iiuUvidu
qu'ils trouverent a la Terre des Papons en i8i8. Depiiis ils en rencon-
trurent line autre cspecc aux ilcs Mariannes , ((a'iis noniinerent Me'ga-
])o<3e Lapcrouse , en Khonneur de I'inf'ortunc navigateiir de cc noin.
L'elahlissenient de ce nouveau genre est cousigne dans le Bulletin de
18^3 , tome a , n". 89J.
294 Zoologie,
Chouette des Pagodes, adulle, Strix Pagoclarui/i. (Temm. ) De
Java. — PI. I'ii. Cymindis bee en hamecon , jeuiie. — PI. o.'ii.
Ooq Sonnerat. Gnlliix Sorinerat. (Teium.) De I'Inde. — PI. -I'V^.
Poule Sonneral. Gallus Sonnerat. ( Id. ) Idem. Q...Y.
240. Dissertation sur le genre Martin ou Mainate ( Gia-
cula) ; par Lichtenstein. ( Abhandl. tier Kocnigl. Acad, der
fp'issensch. in Berlin, pour les annees 1816 et 1817, p. 14 3.)
M. Lichtenstein compare d'abord les c.iracleres des gpnres
Toisins Con'us, Coracias, Paradisea , Gracula. II otablit en.suile
les six especes de Martins bien constatees, i . Gracula religiosa L.,
2°. G. cah'a L., 3°. G. tristis Lath, l^e Paradisea tristis Gm., oii le
Gracula gryilivora Daud.) , 4°- G. pagodaruin Daud. (le Turdim
pagod. L. , Gmel., Lath. ) , 5o. G. cristaiella L. , G°. G. caruncu-
lata Gm. (le Sturnus gallinaceus Lath. , le G. gallinacca Daud. ,
ou le G, lan'ota Shaw. )
Faiite de descriptions completes, les especes G. grisca Daud. ,
G. ginginiana et malabarica Son.^. , G. ictcrops , ct G. longi-
rostra Pallas, sont douteuses.
Tous les Martins sont asiatiques ; il n'y a que le G. caruncu-
tata qui soit del'Afrique meridionale.
D'autres Gracula de Linne, et aulres naturnlistes, tels qne les
G. Guiscala, Barita, saularis, paraissent a M. Lichlonslein de-
voir former le genre de Guiscala.
V.41. Sur les reptilfs d'Autriche; par M. Fitzinc.rr. [Archiv.
fur Geschichte, etc., p. 5o7, 5i3, 631,648,658,695,728,754.)
L'auteur divise la classe des reptiles en deux ordies, les Mo-
nopnoa qui respirent par des poumons seulement , etles Dipnoa
qni respirent par des poumons et des brancliies. II separe en-
suite le premier ordre en 4 f^imiiles, les Testudinata , les Loricatn
ou Crocodiles; ies Squamnta , qui comprennent les Lczards et
.Serpens, ctenfin les Nuda ou C(eciiies. II partage Its Sqiiomafii,
en deux sections, les Lacerta , qui ont des pieds, et les Apoda
qui n'cn ont pas.
II divise le second ordre en deux families, les Mulabilis et les
Iinmutabilis. Les miit.ibilis sont subdiviscs encore ei\ Anoures ,
et Urodeles; etles Imiruitabiiis sont les Siren.
Tous les Lacerla d'Aiilriihe se rapportdil : I. an genre La-
CERTA jiroprcment dil, el nc roinjirf iiiiciil que 4 esj>tccs :
Zooloi^ic. 295
1°. Le Lacerta ogilis L. , qui est le Seps ccniulacens , \e Scps
. Argus et le Seps ruber de Laurenti; le Lacertd agilis de Sturm;
le Lac. stirpiuin ^ le L. arenicola et le L. Laurenti de Daud.; le
L. sepiuin, le L. arenicola et le £. Argus de Cuvier; le Z. agilis
de Merr.
20. Le L. viridis Aldrovande, qui est le Z. TiUguerta dcL., le
Seps viridis, le .Sty?* varius , le Seps terrestris, et le 6Vy^ scri-
ceus de Laur; le L. viridis de Sturm; le L. viridis , le Z. T///-
guerta, le Z. bilineata et leZ. sericea de Daud.; le Tiliguertao
Caliocertula de Cetti; le Z. viridis, le Z. bilineata, le Z. terres-
tris et le Z. sericea de Cuvier; le Z. viridis , le Z. TiUguerta et le
L.fusca de Merrem.
3°. Le Z. crocea Wolf, qui est le Z. pjrrhogastcr et le Z. /wom-
/(.'«« de Merrem ; le Z. montana de Mikan.
4". Le Z. muralis, qui est le ^StyAf muralis de Laur.; le Z.
agilis , le Z. Brongnartii, le Z. maculata et le Z. lepida de Daud.;
le Z. agilis et le Z. lepida de Cuv. ; le Z. muralis et le Z. macu-
lata de Merrem.
Les serpens d'Autriclie se reduisent a 3 genres.
IL Le genre Anguis.
1°. \^' Anguis fragilis L., qui est \ A. Erix de L. , YA.clivicus,
I' A. li/ieatus etl'A. //agilis de Laur; V A.Jragilis, YA. clivicus ,
I'J. Mcleagris et le Chamesaurus bipes dc Schneider ; V ji.fragilis
dp Slurm; VA.fragilis , I'^. Erix , \ A. clivicus et le Seps Schnei-
(Ir/i de Daud.; V A.Jragilis de Cuv.; \ A. Jragilis et 1'^. Erix
de Merrem.
in. Le genre Coluber.
i". Le Col. austriacus Gmelin; la Coronnella austriaca deLaur.;
le Col.ferrugineus de Sparmann ; le Col. Icevis de Lacep. ; le Col.
austriacus de Sturm ; le Col. austriacus, le Col. thuringicus de Bech-
stein ; le Col. austriacus et le Col. meridionalis de Daud. ; le t'. Icevis
de Cuv.; le Natrix Icevl'; et le Nat. meridionalis de Merrem.
2". Le Col. ALsculapii Jacquin ; V Anguis /Esculapii Aldrov. ;
le Natrix loiigissima de Laur.; le Col. flavescens de Scopoli ; le Col.
Jlavcsrens de Gmel.; le Col. /Esculapii de Sturm ; le Col. /Esculapii
de Lacep ; le Col. Alsculapii et le Col. Scopolianus de Daud ; le Col.
Sellmnnni, le Col. pannonicus de Nau; le Col. /Esculapii de Cuv.; le
Natrix /Esculapii c\ le Natrix Scopolie de Merrem.
3". Col.torquatus, le Natrix torquatn Aldrov.; \e.Col. Natrix de
L.; le Nntrix vulgaris et le N. Gronoviana de Laur.-; le Col. Natrix
296 Zoologie.
le Co/, arnhirus et le Col. hipcs de Ginelin; le Col. Natrix ct le Col.
JEsculapii fa-m. de Sturm ; le Col. helveticus,\e Col. versicolor et le
Col. torqiiatiis de Lacep. ; le Col. helveticus et le Col. versicolor de
Razoumovski ; le Col. Natrix et le Col. helveticus de Daud.; le Col.
Natrix de Cuv. ; le Natrix torquatus et le Natrix hybridus de
Merr. ; le C. JEsculapii de Hort.
4". Le Col. tessellatus ., la Coronnella tessellata de Laiir.; le
Col. tcssellatus de Gmel.; le Col. hydrophilus de Lindacker; le
Col. tesscllntus de Mikan;le Col. viperinus He Latrellle; le Col.
viperinus do Daud.; le Col. pseudoechidna de Hermann ; le Col.
viperinus de Cuv.; le Natrix viperinus , et le Nat. tessellatits
de Merr.
IV. Le genre Vipera.
1°. La F. Chcrsea, qui differe de la V. Bents. C'est le Col.
Chersea et le Col. Prester de L.; le Col. Chersea , le Col. Berus ,
et le Col. Vipera Angloruin de Laur. ; le Col. Chersea et le Col.
Prester de Mikan; la K. Chersea, la V. Prester, la V. Melanis et
la F. Scytha de Daud. ; la F. Chersea de Cuv. ; le Pelias Berus
de Merr.; le Col. Melanis et le Col. iiiger de Pallas; le Col. ni-
ger de Lacep.
Les anoures d'Autriche forment 4 genres.
V. Le genre Hyla.
1°. H. viridis; c'est la Rana viridis et la R. arborcscens de
L.; la H. viridis de Laur.; le Calamita arborescens de Schnei-
der; la R. arborescens de Sturm; la H. viridis de Daud.; la H.
viridis de Cuv.; le Calamita arborescens de Merr.
VL Le genre Rana.
1". R. esculcntn L.
a°. R. teinporaria L., qui est la R. rmita de Laur.
3". 7i. alpina , qui est probablement la R. alpina de Laur.
VIL Le genre Bufo.
i». Bufo vulgaris, qui est le Rana Bufo de L.; le Bufo vul-
garis de Laur.; le B. cinereus de Schneider; la Rana Bufo de
Sturm ; le B. vulgaris, le B. cinereus, le B. Roesclide Daud. ; le
B. vulgaris de Cuv.; le B. cineraus de Merr.
2". Le B. viridis Laur. est Ic B. Schreberianiis Laur.; la Rana
variabilis, et la R. sitibunda de Pallas; la R. viridis de Sturm ;
le B. viridis et le B. cursor de Daud.; le B. viridis de Cuv.; Ic
B. variabilis et le B. roscus dc Merr.
VIII. Le genre Bomhinator.
Zoologie. 297
1°. Bomb, igneus, qui est la Rana campanisona ^ et le Bnfo
igneus de Laur. ; la Rana vaiirgata , et la R. bomhina de L.; la
R. bomhina de Sturm ; le Bujo bovibinus de Daud.; la R. ignea
de Sliaw.; le BuJo bomhinus de Cuv.; le Botnbiiiator igneus
de Merr.
2**. Bomb.fiiscus, qui est le Biifofiiscm de Laur.; la jR. vesper-
tina et la R. ridibunda de Pallas; le Bufofuscus, le ^///b ridibitn-
flus, et le ^/{/o vcspcrtinus de Schneider; la R.ftisca de Sturm ;
le Bufofuscus de Daud. ; le Bufofuscus de Cuv,; la if. vesper-
tina , la i{. ridibunda , et le Bufofuscus de Merr.
IX. Le genre vSalamandra.
1°. Sal. teri-eitris Maupertnis, qui est le Lacerta Salaimmdra
dc L. ; la Sal. maculata de Laur. ; le Lacerta Salamandra de
Slurm; la Sal. terrestris de D.iuJ.; la Sal. terrestris de Cuv.; la
Sal. maculata de Merr.
1°. Sal. atra de Laur., qui est le Lacerta atra de Sturm.
3°. Sal. cdpestris , qui est le Triton alpestris , etle Triton sala-
inandroides de Laur.; le Lacerta Triton, et le Molge alpestris dc
Merr.; la .9a/. alpestris de Sclmeider ; le Lacerta ignca de
Bechstein; la Sal. rubiventris de Daud.
4". Sal. palustris , le Lacerta palustris de L.; le Triton atne-
ricanus, le 7". cristatus, le T. palustris, le /'. IVurfbnini, et le
7". Carnife-T de Laur.; la .9(//. cristnta, la Sal. pruinata, la .9^/.
palustris, et la 5fl/. Carnife.v de Schneider; le Lacerta cristata de
Bechst.; le Lacerta palustris de Slurm ; le Triton cristatus de
Cuv.; la .9fl/. cristata, la .9«/. cincta de Lalreille; la 6'rt/. cristata
et la iSW/. cincta de Daud.; Ic Molge palustris, la Lacerta gy-
rinoides, et le Molge fVurfbcdnii de Merr.
5". 6'fl/. aquntica , qui est la i9«/. tceniata de Schneider; le Z.rt-
re/?<7 aquatica et le Lacerta vulgaris de L.; le Triton parisinus ,
Je Triton zeylanicus , la 5'^/. e.rigi/a , et Ic Proteus tritonius de
Laur.; le Lacerta tceniata lie Bechst.; le Lacei'ta tceniata. de
Sturm ; la 6'rt/. punctata et la .9(7/. abdominalis de I^atreille ; le
Triton punrlatus de Cuv.; la Sal. punctata et la &//. abdominalis
de Daud.; le Molge punctata et le Molge cinerea de Merr. S....S.
2iJ-2. QUEI-QUES REMARQUES SUK DES Sf.RPENS CORNUS; par M. FlT-
ziNGER. {^ Arch, fur Geschichte , etc. Vicnne, i8i3, p. 3i i-)
Nous ajoulerons les lenseignemcns suivans a I'article insere
dansle ^«//. de janvicr n". i33, parce qu'iis serviront a rectifier
3^8 Zoologie.
la synonyinie du Bou Jaculus el de la V ipera Ccmstes, doiit il
*';igil dans le menioire de M. Fitzinger.
L.i premiere espece que ce savant a cu I'occasion d'observer
long-temps a I'etat vivant est la meme q\i'Aldrovande indi-
quait deja comme ctant souvent artificiellement defigiiree, et
qu'ilnommail//«<v«c(/7-/iOMj-. Hasselqiiist la decrivit dans son etat
iiaturcl sous le nom d' .-Jngiiix Jaculits, et dans I'etat artificiel sous
celui A'Angids Cerastes ,\\o\\\ que Daudin a conserve ; Olivier la
mentionna plus tard comme une espece particuliere, sous le nom
de Boa turcica. Daudin (it eiisuile, de ces quatre especes ( artifi-
cielles), son genre Erjx, maintenu par M. Cuvier ; et enfin Mer-
reni en fit deux genres , le Tortrix et VEryx.
Quant a la Vipera Cerastes, il est a rcmarqner qu'il existe en
Egypte un serpent , qui n'en difTere que par I'absence de
cornes, L'auteur pense qu'il serait possible que ce ne fussent
que des varietes d'age ou de sexc de la meine espece. Ce ser-
pent estle meme que le Cerastes Previni et le Cerastes ex Libjo
d'Aldrovande, le Coluber cornutus d'Hasseiquisl ,et qu'il nomme
plus tard Col. Cerastes. Latreille, Sonnini et Daudin, le place-
rent dans le genre Vipera, sous les noms de V. Cerastes et de V.
eomuta. Cuvier lui conserva le nom donnepar Latieille, et Mer-
rem eufin le placa dans son genre Echidna. S. s.
243. Observations stjr lk genre et les especes de Trigles,
vivans dans la Moditerraaee , sur les cotes de Nice ; par
M. Risso. ( Ann. Soc. linn, de Paris , i^^. livr. ; mar-s 1824.)
Apres avoir brievement rapporte les caractcres du genre Tri-
gla , 31. Risso decrit, avec asscz de details, dix especes de pois-
sons des cotes de Nice , qui en font parlie.
Ces especes sont : 10. Trigla Lyra, Rondelet, 235,8. 2°. T. aclria-
tica^ Rond. 232,3. 3". T. 6'«tM/«i , Rond. 227,2. 4°. I- Lucerna,
Rond. a34,7. 5°. T. Cavillone , Rond. 233,3. 6°. T. Hirundo ,
Rond. 225,1. 70. T. Gurnardus, Risso, Ich. de Nice, 207,5. 8°. T.
Corpus, Rond. 233,6. g°. T. microlepidota, Risso. 10. T. Garru-
lus, Risso.
La phrase caracteristir|ue du TtiiGLA microlepidota, espece
iiouvelle, detrite dans ce tnemoire pour la premiere fois , est :
T.rostro sinuato , prolongo ; lined latcrali nutticd ; squainis par~
vis; pinnis pectoralihus inagnis , vireseentibus , ceendeo guttatis.
PD i«--9. D.a"— 16. P— II. T— 6. A.— 15. C — 11. MB— 7.
Zoohgie. 299
Ce poisson, long de 4 cenUmetres, sejourne dans les rocliers peu
j)r<)fon(]s. II apjiarait sur les totes de Nice, depuis jiilii jusqu'eii
novembre.
I.e Trigla Garrulus , autre espece nouvelle, est aitisl carac-
terisee : T. ro.stro suhquudrato , paulb sinuato corpore ; squ(imu
acideis ; pinnis pectoralibus jiiagnis , supra griseii ; subtiis vt'res-
centej'u&co, guttata. PD i" • — 9. D 1" — 1 5. P — 11. T — 6. A — 1 5.
C — II. MB — 6. On le tiouve depuis mars jusqu'en juin dans
les endroits oil le fond de la mer est plat et garni de gravier.
Dans son Iclithyologie de Nice, M. Risso n'avait decrit que
sept especes de Trigles. II n'y avait compris ni les deux especes
dont nous venons de rapporter les phrases caracteristiques; ni le
Trigla Cavillone de Pvondelet , auquel il atlribue le diagnose
suivant : T. rostro suhquadrnto ; corpore squamis inagnis, rubris ,
scabris; radio primo piiiiid donall dcntkulato ; pectoraldms in~
coloi-ibus , vir-escente carecgatis (1 1.
II n'y admettait pas nou plus le Trigla Corvus de Rondelet
(ju'il distingue ainsi : T. rostro truncato , utrinque denticulato }
f'ronte gibbosa ; corpore glabra , griseo argenteoque vario ; pinnis
pectoralibus virescentibus coeruleo limbatis. ■•
D'une autre part, il comprenait dans son Iclithyologie une es-
pece qu'il ne tomprend pas dans sa Monogtaphie , ceile du
Trigla pini de Bloch , pi. 355. Desm...st.
244' Ouvrage sur les Mollusques, annonce par la Gazette lit-
teraire de Londres , 5 juin iSa/f
M. John Edward Gray se propose de pubiier i)ar souscription
une suite de monograpliies des genrei de mollusques, avec des
j)lai)chespour ciiac[ue section et pour toutes les nouvelles espe-
ces. L'ouviage, lorsqu'il seia complet,devra contenir I'histoirede
toutes les especes connues de coquillages et de inollusc|ues vivans
et fossiles. Chaque partie se vendra separeuient et formera un
ouvrage a part. L'auteur assure qa'il a ete amene a ce mode de
])!'.blication par les plaintes qu'on a elevecs avec raison contre le
jiian peu scientiilque que la plupart des natur.dislcs out rcM:em-
iiient suivi dans leurs ouvrages sur la conchyliologle.
(i) II a reconnu <(necc poisson a 3 rayons lihres aiix nagcoires j>ec-
toralcs , ct aon 7. sctdement corume Fvuadclet Tavait annoiicti.
5oo Zooloj^ie.
n!fS. De lorganisation kxterikuke uks C;iipnAt.oPoiiEs,conipn-
ree avec celle des divers poissons; par M. Latreii.le. [Mem,
tie la Soc. d'hist. nat. , torn, i , part. 2 , p. afiy.)
Lebut que se propose le celebre enloraologiste auleur de cc
memolrc est de montrer que les rapports d'orgjanisation interne
qui lient, plus qu'aucune des autres classes des invertebros, les
Cephalopodes aux poissons, ne sont point les seals motifs d'ani^-
logie qu'on puisse admettre entre eux. II en trouve dans les or-
ganes exterieurs , 1". avec les Synbranclies, de la famille des
Murenes, par I'ouycrture extcrieure desbrancliies qu'on observe
a la gorge ou sous la tete de ces poissons , caractere qui se re-
trouve dans les Cephalopodes; 2°. par les expansions en forme
d'ailes produites par les nageoires pectorales seules ou combi-
nees avec les ventrales, et qui s'observent chez les poissons car-
tilagineux, surtout chez les Squatines , les Rales, les Moles;
3". par le raccourcissement du museau de certains poissons et la
ressemblance des machoires des Diodons avec une sorte de bee
de Perroquct, analogue aux deux fortes dents de la bouche des
Cephalopodes, les uns et les autres ayant d'aillcurs une langue
herissee de ppintes cornees; 4°. par la ressemblance entre les
longs barbillons des Silures et desCastrobranches, etles bras des
Calmars et des Scches, qui, chez ceux-ci et chez certains Ptero-
podes, represcntent ces barbillons plus developpes et appropries
a d'autres fonctions; 5". enfin par les rapports entre la piece
calcaire ou membraneuse interne des Cephaloj)odes et les os de
poissons carlilagineux : d'ou ce savant conclut que les premiers
de ces aniniaux tiennent de prcs aux poissons par plusieurs de
leurs caractcres exterieurs. F.
246. Notice sur les Etheries Irouvees dans le Nil , par M. Caii.-
LiAun, et sur quelques autres Coqullles recueillies par ce
voyageuren Egypte, en Nubie et en Ethiopie, par M. de Fe-
RTjssAc. [Mcrn. de la Soc. d'hist. nat. , torn, i , part. 2, p. 353.)
Nous avons signal«5 les decouvertes de JM. C^aiiliaud dans le
Bulletin de 1823 , torn. 4 , n". 58. 11 s'agit, dans le meinoire que
nous annoncons, des £theries rapportees par ce voyageur. M. dc
Ferussac rappellc a leur sujet les autres genres qui , coinme el-
les , avaicnt ele crus uniquemcnt marins, lels que les Moules , les
Modioles et Ks Corbules; il rapporle ensuite les renseignifhien.",
fournis par M. Cailliaud sur les parties du Nil ou cllcs se rcii-
Zoologie. DO ?
coiitrent , et les usages auxquels les eiuploient les habitans cle I'E-
tliiopie, renseignemens pour lesquels nous renvoyons a rarticle
cite. II examine ensuite si Ton doit placer les Etheries dans ki fa-
mlUe des Games ou dans celle des Huitres , et pense qu'il faut
pour se decider altendre I'observation de leur animal. Enfin,
apres avoir montr<5 que les quatre especes de ce genre, decri-
tes par M. de Lamarck , doivent se reduire a deux, il donne \a
nomenclature de ces especes ainsi qu'il suit :
i.Etheria Lamarchii. Eth. eUlptica et Trigonuln Lam. Coquille
exiremement rare et fort precieuse.
i.Eth. Calllinudi. C'est I'espcce du Nil, dont on ne conaait
qup les individus rajiportes par M. Cailliaud.
3. Etli.pluuihea. Eth. semlluuata et transversa Lam. Coquille
rare et precieuse.
Ce memoire est termine par I'indication d'autres coquilles in-
teressantes, cgalement dues au celebre voyageur dont il s'agit.
M. de Ferussac signale d'abord Uridine, coquille precieuse que
Ton connaissait cominc veuant de la Chine, et qui habile en
abondance le canal Joseph, dans la Hautc-Egypte, ou les savans
de I'expedition d'Egypte la trouverent. II niontre que ce genre,
(jiii ne pent etre sepai'o des Anodontes, a ete primitivement eta-
bli par Humphrey sous le nom de Barbala, et qu'il faut i-appor-
fcr a I'lridine du Nil, el comme en etant synonyme, le Mntel
d'Adanson , espcce qui n'avait point encore ele reconnue par les
naluralistes. Enfin M. de Ferussac pense qu'on ne peut faire dc
cette coquille qu'une variete d6 Ylridina elongata de Sowerby,
ou exotica de Lamarck. L'auteur cite encore , i". V Anodonta ru-
liens de ce dernier savant , commune au Senegal , et trouvee par
M. Cailliaud clans le Nil, oil elle parait rare; 2". X Amjndlaria
earinala^iS)i\y.\V.\! Amp. ovata'\i.\ 4°- \^ Pdludina bidunoi-
des d'OIiv. ; 5°. une Meianie douteuse de i'oasis de Farafre , et
seulement deux coquilles lerrestres, Y Helix irregularis Fer. , qui
peuple a elle seulc les oasis de tous les deserts, et son Helix Jlam~
mata , inconnuc en Egypte, el commune dans le Sennaar ; co-
quille que Ton ne connaissait auparavant qu'au Senegal et ea
Guinee. M. dc Ferussac cite encore deux especes fossiles pre-
cieuses, une superbe Vulselle et unc Placunc , trouvccs au mont
Cathan , a 3 lieues du Caire.
Ce travail est termine par des considerations curieuses relati-
ves aux hahitntions des coquilles tcrrcstrcs et flnviatil ^s, ct spc-
3o2 Zoolngie.
cial^nient sur les rapports entre Ics productions de la vallee dii
Nil, depuis la Nubie ct le Senegal. D.
547. Description n'cxR espece d'Iridine, avec fig. [Zoolo^.
Journ., n°. i ; mars 182/i , p. 53 ).
L'espece dont il s'aglt , est cclle qui a eto rapportee de I'K-
cypte,par M. Cailliaud, et dont il est question dans Tarlicle
precedent. Nous crumes d'abord pouvoir en fiiire une espece dis-
tinclede VcxotiiU^cX. Tindiquaraes sous le noni i\e nilotica dans le
Bulletin de i8'23, n". .'1 , pag. 45. Depuis lors nous avons pensc
nu'elle n'en etait qu'une forte variete. ( Voyez la notice prece-
dente). M. Sowerby , auquel nous avons envoye cetle belle co-
quille, pense quelle est distinctc de Vexotica, et la decrit coinme
telle , en lui conservant le nom que nous Ini avons d'abord im-
pose; la principale difference entre ces deux coquilles est que les
dentelures de la ligne cardlnale sont nulles ou tres-f.iibles dans
celle du IVil.
Deux bellesfig. de cette precieuse coquiile accompagnent celte
note. F.
248. Notice stiritn nouveau genre de la famille des huItres,
qui parait rcellement vivre dans I'eau douce; par M. de Fk-
nusSAC. i Mrinoirc de la Societe d'Histoire rmturclle , torn, i,
part. 1 , pag. 2(16. )
Une coquiile de la collection de M. le due de Rivoli , est
I'objet dc cette notice. EUe fut remise a M. de Ferussac
comme etant une Etherie ; et sa ressemblance exterieure ne lui fit
pas meine soupconner la meprlse ; mais , en I'exauiinant, il re-
connut qu'elle s'en distinguait d'une maniere tranchde, et quelle
appartenait incontcstablement a la famille des Huitrcs, n'ayant
qu'une impression musculaire centrale, ct tons les autres carac-
feres de cette famille. Mais, ce qui est plus important, c'est
qu'elle offrait toules les circonstances d'erosion, dc couleur ct
d'aspect des Ktheries , et qu'elle fut vendue comme venant du
memelieu qu'une dc ces coquilles ( VEth. plumben). U. de Fc-
russac n'hesite pas a croire qu'elle doit vivre dans I'eau douce
comme celle-ci; elle offre un ligament exterlcur , court , lateral
el liiicaire, comme celui des Anodontes et des Mulettcs, et une
ligne caidinale ondulee, ou munie de fossettes obliques , oppo-
secs dune valve a I'autre a peu pres comme dans les Pernes et les
Crinatulcs. Kile so fixe, a la maniere des ITuilrcs; elle a un talon
Zoologic 3o5
romme elles. M. de Ferussnc en fait un nouveau genre de la
famille des Ostraces sous le nom de Mullerie, MuUeria ,
et lui donne !es caracteres sulvans' : Coquille adhcrente , ine-
quivah<e , incguliere ; valves rcunies par un ligament exte-
rieur court , lateral, et par une charniere sinueuse , nwnie de
fossettes obliques , dans lesquelles s'einbottent des proeminences
correspondantes , garnies les unes et les autres par un appcndice
liganienteux .
La patrie de cette precieuse coquille est inconnuc.
Celte notice est suivie de I'cx trait d'un rapport fait par M. La-
treille , a TAcademie des Sciences , sur son sujet, et a I'occasiou
du memoire du meme naturaliste, sur les Etlierics. D.
249- Memoire geologique sur les fossiles he Valmondois, et
principalenient sur les coquillcs fossiles perforantes, decou-
verlesdans le Gres mariii iiiferieur ; par M. G. P. DESHAYEs,av.
I pi. de coquilles et une coupe lithogr. ( Mem. de la sac.
d'hist. nat, , torn, i**^., part. 1, p. 245. )
M. Desbayes, jeurie naturaliste qui s'occupe avec zele de la
recherche et de I'etude des coquilles fossiles du bassin de Paris,
a consigne dans ce memoire les premiers resultats de scs ob-
servations. C'est ainsi que p:ir des travaux de detail , exacts et
rediges avec soin , que par une suite de memoires ou Ton donne
des fails nouveaux et des. observations interessantes,on gagne la
ronfiance des savansetl'on elablilfolidement sa reputation. Nous
ii'envisageons id ce memoire que sous le rapport des nouvelles
especes qu'il fait counailre; nous signalerons dans le prochain
numero, a la geologic, le fait remarquable observe par M. Des-
liayes , lequel consiste dans la decouvertc, a Valmondois, entre
Pontoise et I'lie-Adam, de bancs calcaircs compose^ de debris des
formations siqx'rieures et inferIeures,soit marines, soil lacustres.
Ce qui ajoiite a la singularite de ce fait, c'est que les fragmens de
calcaire grossier et de calcaire d'eau doucasont egalement cribl(?s,
et perces en tons sens par des coquilles j)erforanfe.s, toutcs nou-
velles. Ces coquilles, an nonibre de quiiize, se rapporlent aux
genres Clavagellc, I'lstuliine , Pholnde, Saxicave, Petricole, Ve-
nernpe et Modiole, genres peu observes encore a I'ctat fossile et
dorit qtielques-ims ne I'avaient pas ete autantaux environs de Pa-
ris. Des figiu'es faites avec beaucoup de soin et bien lithogra-
phiees angmentent I'interet de ce memoire. F.
3o4 Zoologie.
aSo. Caracterf.s specifiqdes de pi.usieurs coquii.i.es qui ne
sont point decrites ; ])ar W. Swainson , Esq. J. H. et Q. S.
( Philos. Mag. andJouin. ,i\ic. 1823 , p. /|Oi. )
Nous avons donne dans le Bulletin dc 1823 , t. 3 , n. G21 , un
art. sur unc premiere notice dc M. Swainson, dont celic-ci est
la suite. M. Swainson decrit encore ici de nouvclles espcces dont
voici les noms : Strombus Thersiles de la Nouvelle-Calcdonie ;
Str. galcatv.s des cotes du Perou; Str. integer; Unio cuneatus de
rAmeriquc Septentrionale; Ampidlaria conica ; Aneilla rubigi-
nosa; Patella nigra de la Californie ; Lingula hians , dont
M. Swainson rnpproche la description de ceile de la L. anatinu.
Elles different, selon lui , en ce que dans Vhian^ rextrenutc des
valves, par oii sort le pedoncule charnu , est baiilante, tandis
qu'elle ne Test pas dans Vanatina (?). F.
aSi. De l'import\.nce de l'etude des corps organises vivans
pour la geologic positive et Description d'une nouvelle es-
PECE DE mollusque testace DU GENRE Melanopside ; par
M. Constant Prevost. {Mem. de la soc. d'hist. nal. torn. 1*'.,
part, a , p. aSg. )
Apres avoir indique les vicissitudes des opinions an sujet des
fossiles qui couvrent le globe et inonlre comhien leur etude est
importante pour la geologic positive , M. C. Prevost decrit une
espece de Melanopside qui sc trouve en abondance dans un petit
bassin artiliciel d'eau iherinale sulfureuse de Baden, et pour la-
quelle il propose le nom de Audebardi, en I'honneur du fonda-
tcur de ce genre. II fait ressortir celte particularite signalee par
M. d'Audebard de Fenissac {Mem. geol. i*""'. mem., p. 11 ),
qu'Olivier a toujo :rs rencont reavec les deux Melanopsides qui! a
decouvertcs dans rOrlenI, une espece de petite Nerite que M. de
Ferussac a egaleinent trouvee en Andalousie avcc ces memes
Melanopsides. Le bassipdont il s'agit renfernie egalement une
petite Nerite qui ne parait pas, a JM. Prevost, differcr dc cclles de
rOrient et de 1' Andalousie. II observe a ce sujet qu'une sembla-
ble association avait aussi eu lieu avant le dep6t des terrains tcr-
tiaires, coinme le prouvent les depots d'argile plastique de
Dieppe, Soissons, Kpernay, oil Ton rencontrt de pelites ne-
ritesavec des Melanopsides fossiles.
Quanta la nouvelle espece de Melanopside, objct special qui
Zoologie. 5o5
nous interesse ici; c'est la Mela/iopsis acicu/a/is Fer. Monoi^r.
p. ii. F.
a5'2. Description d'une nouvelle f.spege d'Emarginule ; par
Th. Hell, Esq. Y. L. S. av. fig. ( Zoolog. Juiirn. ii. i, mars
182/1 , p. 52. )
L'auteiJi" nomme cetle nouvelle espece rosea et la decrit. alnsi:
E. Tesld o^'atd, cancellald, epiderin'ule fiisco indutd , iiitiis ro-
sed; vertice acuto , valde recurvo vel subinvoluto ; marglne fisso.
Elle se rapprochebeaucoup de VE. Fisxurn, maiselle endilfere,
selon M. Bell, par la plus g^rande inflexion du sommet. F.
253. Note sur une espece u'Acaride qui vit sur le corps lii,-
rnain ; par M. Bury de St.-Vincent. ( Rapport dcs trav.
de V Acad, des Sciences , pour rannee 182'i , p. /ja.)
Une ffinnieagee d'environ qiiarante ans, aprcs vingt ans de ma-
ladie, et dont la meJecineavait dcsespere, s'etait leinise aux soins
d'un ])raticicn qui, a I'aidc d'un asscz violent remede, pretendait
lui rendre la sante. Elle ne tarda pas a eprouver uu mieux sensi-
ble, mais en meme temps des deniangeaisons violenfes se firent
eprouver sur toute la surface de son corps. Sa surprise fut grande
lorsqu'elles'ajjercnt que des miliiers de petits animaux brunatro,
prcs(]ue imperceplibles, sortaient a Tinstant tie toutes les parties
oil elle s'etait gr.tltee. Ces animaux, observes au niicrosco|)e par
M. Bory de St.- Vincent , et au grossissement de 5oo fois, se soni:
trouves desAcarides fort voisins des Ixodes, mais susceplibles de
former un genre nouveau que caractrriserait un petit sucoir, ac-
com[)agne de deux palpes composes de quatre articles. La forme
generaie de cet Acaride est celle dcs genres voisins. La f'enime
qui les produisait par miliiers, surtout dans les jours chauds, n'a
poir.t communique ces botes incommodes aux personnes qui la
soignaient, ni a son mari, qui ne ccssa d'liabiter avcc elle. L'a-
mclioration de la sante de cette mallieurcuse n'a j)as dure: apres
un mienx apparent elle a succombe a I'erujjtioii lies Acaridcs mi-
crosco])iqufs qn'elle produisait. Un tres-beau dessin accompa-
gnait leMeniolie de SI. Bory de St. -Vincent.
Ce naluralible, (pii ne croit pas a la possibilio de la gciieratioa
spontanee dans les animaux articules, pensequeles oiul's de ces pe-
tits animaux pouvcnt , commcceuxdesCyi)ij)s, des Abciiles , etc.,
elre fecondes ^our plusieurs anaees; qu'ds avaieiit etc absorbes,
B. ToMK II. ao
3o6 Zoologie.
dans eel etat , ct cpi'ils etaient venus a eclore sous I'l'-piderme,
(lont ils sortaient au luoiiulre graltcraent.
i5!\. Note sun tjne sr,OLoi>EKDRE d'Afkique ; par M. Worbe ,
D. M. P. {Bull, dc la Soc. Philom. , janv. 182/, , p.»i/|.)
M. Worbe a presente a la Societe une Scolopendrc qui avait
^te trouvec dans un tonneau conlcnant du biscuit. Cet individu
etait loin d'avoir acquis tout son devcloppenicnt , et quoiquil
soil tres-petit, M. H. Cioquct le regarde comme le Scolopcndra
morsitans deLinne, que Ton nomrac Malfaisant aux Antilles ,
et Mille-pates sur la cote de Guinee. L'auteur rapjyrte quel-
nues faifs qui teudent a prouvcr que la morsure de cet insecte
est malfaisantc; mais il parait qu'en traitant la plaie avec Tam-
moniaque, Ton guiirit assez proinptenient 1" malade. Guf.r.
955. MoNOGRAPniE DES Cebrionides ( CehrionidcE ) , famille
d'insectes; par AV. E. Leach. [Zool. Joiiiii., mars 183/1, n". i,
pag. 33.)
Cette monograpliie, preparee dcs I'anncc i8i5 par M. liCacU
pour faire partie dc ses Melanges de zoologie, yieiit d'etre pu-
hliee par ce savant naturalistc et dedice a son ami M. .Toliii
George Children.
TVous rcmarquerons d'abord que l'auteur atlribue aux insec-
tes de celte famille ( dans laqnclle il n'admet que les genres Ce-
brion et Ilammonie de M. Latreille,) un caractexe en opposition
avec celui qu'on leur a jusqu'alors reconnu. BIM. Olivier ct
Latreille out place les Cebrions dans la section dcs Coleoptercs
pcntameres , c'est-a-dire de ceux qui ont cinq articles a lous les
tarscs; mais M. Leach nc Icur en trouvc que quatre aux deux
posterieurs, ce qui les rapporte a la seconde section ou cello
des Coleoptcres hctcromeres. D'ailleurs il los caracterisc ainsi :
Corps plus ou moins inflechi anterieuremeni ; abdomen souvent
elliptique , un peu convexe ou trigone; corselet plus large que
la tete ; ecusson petit ; dytres dures, de la longueur de I'abdo-
men-, sternum variable dans ses formes; picds assez robustes,ayant
les cuisses assez fortes et comprimees; t^lc ovale; ycnx grands ,
arrondis, saillans; machoires racmbraneuses; mandibulcs sall-
lantes, assez fortes, ccartccs ; aiitennes presquc de la longueur
du corps , composecs de dix articles , inserecs en avant des yeux ;
levrc infericurc trcs courtc; langucltc pourvue d'un appcndlce
palpigerc ; quatre palpes.
Zoologie. 3oy
Les genres qui , suivant M. Leacli , doivent composer cetle
iainille sonl ainsi caracterises :
* Corselet carre , presque anguleux anterieurenienl ; sternum
prolonge en cwant.
Stirps I. Elytres entieres; antennes et tarses allonges:
Antennes ayant leur second article plus court que le
troisicme, et le dernier brusquement termine en pointe.
Genre Analestesa Leach.
Antennes ayant leurs second et troisieme articles egaux,
les autres plus courts et le dernier graduelleraent atle-
nue. Genre Boscia Leach.
"** Corselet transversal , arrondi a?ilcrieurement ; sternum con-
cave avec ses bards dilates, ou plane , ou convexe.
Stirps IL Elytres entieres; antennes et tarses epais et courts.
Antennes assez epaisses , filiformes , simples , longues ,
avec leurs second et troisieme articles les plus courts ,
et le dernier brusquement pointu. Genre CEnrao Oliv.
Antennes ayant leurs second et troisieme articles de
longueur egale, et aussi larges que longs; le dernier
plus epais vers son extremite, qui est brusqueinent
terminee en pointe. Genre T- .esia Leach.
•Stirps IIL Elytres ecartecs posterieurement; antennes et tarses
courts :
Antennes ayant le troisieme article beaucoup j)lus gros
que les autres, et le dernier termine graduellement en
pointe. Genre Dumerilia Leach.
Antennes ayant leurs second et troisieme articles egaux,
])!-es([ue en massue et en dehors. Genre Hammonia Lat.
Antennes filiformes, moniliformes, avec le dernier ar-
ticle pointu. Genre Brongmartia Leach.
Le genre Analestesa ne comprend que 2 especes: le bicolor
( Cebrio bicolor Fahr. ) et le testacea, sp. nov., tastacea , thoracc
s'aturatiore ,capite fuscescente ; hab. ?
Le genre Boscia renferme 3 especes : B. picea, sp. nov., cor-
pore toto piceo ; antennis , palpis pedibusque testaceis; hab. in
K\wf^v. hot. : B. punctata , sp. nov., corpore toto aterrimo , im-
presso,punctato; antennis, palpis etpedihus piceis;\iah. in Amer.
hor. : j5. olivacca , &\). nov., corpore supra et infra oUvaceo ;
pedibus , antennis palpisque olivaceo-viridescentibu s ; liab. in
Amer. bor.
3o8 Zooloiiie
O'
Le genre Cebrio est forme de '3 insectes, le Cehriu Gigas 01.
Fab., auquel M. Leach, d'apres M. Latreille, doiine le iiom de
Cebrio pronu'lus : le C. Fabricii, sp. nov., ater ; epigastro, coxis ,
feinoribus , abdomineque tolocroceis ; tibiis tciTsisque rujisi hab-
in Hispania etLusitania: leC. Morio , sp. nov. , ctcr ; fcmori-
bus utrinque Linca subtestacea ; coxis quatuor anlicis testaceis;
hab. cum pisecedentibus.
Le genre Tibesia se compose du Cebrio rujicollis do Fabricius,
originaire de Barbarie.
Le genre Dumerillacontient seulcmentle Z>./^»/c/im, sp. nov.,
capite nigra ; thorace et elytris sangidneis ; pedibus Juscesccntibus •
abdomine infra cocrideo-nigro nitcnte ; hab. in Afric. auslr.
Le genre Hammonia est forme de \'H. Latreillii, qui n'est que
le Cebrio brevicornis d'Olivier , on le Tcnebrio dubius de Rossi ,
de la France meridionale et de la Toscane, et de XH. melano-
cephala , sp. nov. , nifescens ; capite nigro ; elytris teniiiter
strialis ; thorace nigro-punctato ; hab. in Hispania etin Lusitania.
Enfin le genre Brongniartia est compose d'une seule espece ^
le £. atra , sp. nov. , corpora , pedibus et antennis atris ; thorace
profundi: iiupresso-punctato; elytris punctata- striatis ; hab. in
Barbaria.
A la suite de ce mcmoire, M. Leach donne les caracteres spe-
cifiques de deuxColeopteres du genre inedit forme par M. La-
treille, d'apres M. Iloffmansegg , sous le nom de Phengodes,
et qui comprend quelques especes de Lam])yris , a antennes
barbues ou plumeuses. Le premier de cos insectes est le Lam-
pyris plumosa Oiiv., auquel I'auteur donne le nom de Phen-
godes testaceus ; testaceus ; clylris, apicibus aniennisqitc fuscis ;
hab. ? Le second est lo Phengodes flaiicollis , sp. nov., /'uscus ,
thorace pectoreque fuscis ; hab. in Pcruvia.
Dans un prochain ii". , les auteurs du Zoological Journal se
proposent de donner les figures de tous les insectes dctrits dans
cememoire. Desm...st.
256. Description de la Cehmatie longicorne, et de trois
nouvelles espoccs d'inscctcs du Nopaul; par le major general
Thomas Hardwicke. {Trans. Linn. Soc. , volum. i4j part, i,
p. i3i.)
La Cermatie lorgicorne, d(uit il est question dans ce memoire,
est le niimc insecte que nous reconnaissous , avec M. La-
Zoologie. 3og
treille , pour la Scutigere longlcorne. L'auteur en donne une
longue description, qui peut avoir son utiiite , et une figure
tres-soignee qui I'a necessairement. Ensultc il passe a des especes
nouvelles, rccueillies dans le ]Vepaul,et en donne !es caracleres.
Ces especes sont :
i". P.inorpe iourc\mG , Panorpa furcata ; rous«;e, antennes
roires, ai!es transparcntes : les superieures ayant un point mar-
ginalu ne bande fourcliue et le bout noir.
II figure le male et la femelle de cette especc , et quelques
parties anatomiques.
1°. Gcrris a large queue , Gerris Inticaudata ; rousse; antennes
el tarses noirs; queue bidentee de cliaque cote, portant une ap-
pendice en forme d'ongleen dcssus, el un petit pinceau on dessous.
3°. Pangonie longirostre, Pangnnia longirostrcs ; vtlue jaune-
corselet ferrngineux; abdomen d'un bruu nolratre; bords des
segmens jaunes; ailes sans taclics.
Les figures qui acrompagnent ce memoire nous paraissent
d'une perfection admirable, et, outre les especes mentionnees,
elles reprcsentent encore des details anatomiques. L, S. F,
a57. Feu Olivier, naturaliste et voyageur, membre de I'lnsti-
tut, qui s'etait occupe de I'enlomolcgie avec lant de succes, a
laisse une coUectiou d'insectcs extreinement preciouse, mainle-
rant a vendre. Une si imjiortante collection ne pourrait pas eire
deinenibree sans un grand dommage pour la science et pour elle-
raeine. Elle renfenne environ sir mille cspe<-cs d'insectes, loutes
de clioix, indcpendainmcnt des doubles plus ou moins noinbreux.
Toutes sonl rangoes ct denommees de la main de l'auteur lui-
meme, et Ton y trouve les types des descriptions qu'il a donnees ,
soil dans sa grandc £ntomologie , en G vol. in-Zi". , soil dans I'iSrt-
cyclopedic methocliqiic , et ses aulres ecrils. Le catalogue de cette
collection a etc dressepar M.LalreiiIe.«Ellcest, dit ce savant, tres-
» nombreuse, et offrc beaucoup d'insectes qu'on ne voit dans
» aucun cabinet; les denominations sont fixes ct positives a I'c—
» gard des especes fiu'Olivier a decriles dans scs ouvrages, etc. »
Elle est riclie surlout en coleoplcrcs, classe la plus iiitcres-
sante, et qu'alfoctionnait l'auteur. On ne sera pas surpris que
cette riclie collection rounisse tanl d'insectes rarcs, ct dont beau-
coup sont iiicclits encore , si Ton considcre que ce savant en a i-ap-
porte luie foule de son voyage en Perse, ou nul autre naturaliste
3 1 o Zooloiiie.
'5'
n'est alle depuis recueillir des objels aussi curieux. On cii cher-
cLcrait done vainement de semblables dans les autres caljinets
d'entomologie.
II y a peu de crustac<;s ct d'arachnides; cependant il s'y troiivc
des objets rares de I'Orient en ce genre.
Par divers eclianges, et par de nombreuses correspondanccs ,
la collection d'Olivier s'est egalcment enrichie d'insectes d'Af'ri-
que, d'Asie orientale ou des Indes , de la Nouvelle-Iiollande, et
de I'Amorique; tels sont \esMelolontha clirysochlora du Porou,
superbes exemplaires male et femclle , deux henux Prionus lon-
gimanus, et autres coleopteres. II serait trop long de citer
toutes les especes les plus interessantes de la Perse, de la Geor-
gie , du mont Taurus ( le Carahus tauricus, etc.) , donl beaucoup,
ctantcn nombre, offrent un nioyen precieux d'echanges.
Quoique les lepidopteres , et les ortliopteres surtout, soient
difficiles a conserver intacts, cependantelle enrenferme de beaux
exemplaires.
Indt'pendamment de celte collection, les velins sur lesquels
out ele peints les insectes qui ont servi pour les planches nom-
breuses de rEntomoIogle et del'EncyclopedieinelLodique, sont
a vendre, soitavec la collection, soit separeraent.
On peut la Toir rue Soitfflot, n". i , en face de la nouvclle
Sainte- Genevieve (Pantheon), a Paris, chez M. le D^. Virey,
membre de I'Acadenjie royalc de medecine. On prie d' affranchir
les lettres.
258. EXTRAIT d'uNE LETTRE DE KuHL ET VaN HaSSELT , SUr
les vers intestinaux , datee du detroit de la Sonde , le 1 7 dec.
• 1820. ( Allg. Konst en Letterbode , 1822 , n°. 6. )
Observations zoologiques failes pendant un court sejour sur
les ties des Cocotiers. En disscquant plusieurs grands individus
du Chelonia Midas, nous avons trouvo trols nouvelles especes
de Parenchymateux , qui, probablemcnt , ne vivent que dans
le corps de ces reptiles maritiraes.
Poljslouui Midiv nobis.
Corporc planiusculo , albo ; suctoriis incrmibus, anlerioribus
6 et posteriori unico ; niargini cujusque suctorli niembranacco ,
parte Interna lincis toncentricis forniata. Long. '/-3 lin.
Habitat solitarium in cavo nasali (lliel, Mid;r.
Zoologie. 3 1 1
Monosloina nibruin nob.
Corpore rubro, supra convexo, infra piano , posiici; papillis a
parvis approximatis terminato ; ovario granuloso in corporis
jiarte media collocate. Long, i lin.
Habitat sociale in cavo cardiaco ventriculi Chel. Midae,
Monostoma album nob.
Corpore albo, supra convexo , infra piano , postice papillis i
niajoribus distantibur, terminato; ovario e corpuSt^ulis composito
distichis, elongatis, teretibus, obtusis, quorum ant eriora nia-
jora. Long, i lin.
Habitat sociale in venlriculo Chel. Midas.
Sans depasser leurs limites reciproques, ces deux monostomcs
ne demeurent pas d'un pouce eloignes Fun de I'autre , et il faul
bien qu'ils se nourrissent des memes substances ; malgre cela
une dcs especes est dc couleur rouge et I'autre blanche, ct dans
le M. rubium les autres parties du corps sont lout aussi rouges
que I'ovaire. Ces fails sont contraires a I'oplnion de M. Rudolphi
selon lequel la couleur des Monoslomes serait dependautc des
substances dont ils vivent ou de la teinte de I'ovaire qui ferait
paraitre tout le corps egalement colore. Du reste I'examen de
cesTortues nous apprit qu'elles avaient devore une quantile de
fucus, de corallines calcaires etde pelits raorceaux de madrepo-
res el de coquillages.
259. Note sur la nkcf.ssite de retirer le corps organise
nomme Amphitoite, de la serie des fossiles animaux; *ar
M. Desmarest, de la Societe philomalhique. [Ann. des Sc.
Natur. , mars 1824 , p. 33i. )
En 1 81 1 M. Desmarest fit connaitre un corps fossile mariu
qu'il avail trouve a Montmartre dans une couche de marne
calcaire parrai des debris de coquillages. Sa forme ramifiee, irrc-
gulierc ; sa division en anneaux offraut des echancrures oppo-
s^cs; la presence de points enfoncos, arranges en serie et res-
semblant a des cellules de polypes ; des traces de oils rcgullere-
ment places autour des anneaux rapprociiant ce corps dc cer-
taines sertulariees; enfin sou aplalissemenl qui pouvail faire
supposer qu'il avail etc comprinie comme Ics autres depouilles
d'aniniaux niarins parnii lesqucllcs il se trouvait; tons ces carac-
torcs , disons -nous , determinerenl M. Desmarest a considcrci-
telle substance comnic apparlenaiil a la classc des Polvpicrs
3 1 2 Zoologic.
flexibles; et il crt'.i Ic genre Amphitoite, qui fat admis par les
zoologistes et les oryctographes.
M;iis, depuis, cet auteiir a reconmi que ce corps dcvait t-tre
rendu aux vegetaux, cf n'etait tout siniplemcnt que la souclie
d'nn Zostcra avant les plus grands rapporls avec le Z. orcanira
de Linne. L'.iuteur nous apprend lui-ni«;me quel liasard iouruit
a son beau-frere, M. Leiuan , rocca!»ion dc conslattr ce f.iit.
IVous disons Ic liasard, parce que pour bien reconnailre I'ana-
logie il faut (|ue la p.irlie inferieure de la plantc soit depouillde
de ses leuilles roidcs ot liueaires, et laisse voir ses anneaux ar-
ticules avec leurs petites saillies tuborculeuses, tandis qu'ua
pinceau de ces memes feuilles termine I'extrcmil^ du vegetal.
D'apres cette rectification , M. Desmarest proj)ose de substifuer
le nom de Zosterite a celui d'Amphitoite, pour Ic fossi'.e qu'il a
deconvert.
Maintenant ccci nous rappelle que, marcli.inl au boid de la
mer, sur des tas de souclics de Zostera , nous avions ete porte a
faire , pour ainsi dire, jnalgre nous et tres-vagueir.ent, le rap-
prochement de ce vegeial avec la figure qui venait dYtre donnee
dc la pretendue Amphitoite.
La note que nous venons d'analyser, prouvc micnx que tout
ce que nous pourrions dire, dans quel esprit son auteur ctudie
et professe la science. Conibien d'autrcs sc seraient evcrtucs a
voulolr soutenir que ce qu'ils avaieiit uue fois avancr ctalt la
v^ilc! Q. Y.
aGo. NorvEi.i.F.s orskrvations sur la catjse he la coi.oRATiorf
nEs nuiTRES et sur les animalcules qui scrvent a ieur nutri-
tion. Consideration et refutaiion de diverses objections sur ce
sujet , ])ar I1e>'j. Gau.lon, corresj)ondant de j)lusieurs soc.
sav. Lu a. la Societc iinncenne du Calvados.
L'auleur, apri's avoir i)rouve dans plusicurs memoircs que la
coulcur verto des Iluilres ctalt due a des animalcules navicu-
Inires microscopiqurs . analogues au Vibrio tripunctatus de
IVliiller ct de I'Encyclopedie, mais s'en distinguant ])ar des ex-
tremiles plus pointues, une forme plus dcliee, nn mouvement
pins ])roiii])t et j)lus anitne, a public de nouvclles observations
sur les animalcules qui servenl a la nourriture des Iluilres, a dif-
ferentcs epoques de I'annee; il a fait preccder son nouveau tra-
vail de nouvelles considi'-ralions, de nouveaux fails a I'apjmi de
Zoologie. 3 1 5
son opinion relative a la cause de la viridite des Huitres; cause
rfconnne vraio j)ar M. Bosc et la presque totalite des natnra-
listes. II a decrit de nouveau les animaux qui la produisent. Ce
sont, dit M. Galllon, des aninialcuics gelatineiix, lineaires,
pnititns an\ exlremites , nrrondls ati centre, contractlles dans
cettc uaiUe , charges de matic/v vcite mobile, et doues d'une
vclocite admirable d'impulsion et de retroi^radation , ii'ayant
pour longueur en realile que la 5o'^.partie d'une ligne , s'entre-
feutrant en si grand nombre qu'ils forment alors ces globules
■vert-euieraude que Ton voit briller au fond des pares lorsque
les lioninies charges de leur entrclien discnt qu'ils tournent en
verdcur, etc. Ces animalcules npparticnnent aux genre NnK'icula
de Bory. L'auteur les avail d'abord nommes Navicide des Hui-
tres; mais, en ayant trouve d'autres especes qui vivent cgale-
jr.entdans les pares, qui servent a la nourriture des Huitres, qui
modifiput leur savcur, il a woravcxc Navicule verte celle qui pro-
duit la viridite des huitres, pour la distinguer des autres especes.
La denxieme occaslone dans les pares une teinte brunatre ou
capucine , que Ton nomine Brurncnr el que Ton regarde comme
un bon slgne. Elle est due a des Navicules de forme lanceolce,
cliargc'cs d'une maliere jauniklre et brillante, ayant les cxtre-
mites altihiuees mais arrondies, presentant a ces deux extri':rnl-
tes deux gli)bules hyalins et au centre un autre globule de la
meme nature, mobile, dilatable et contractile. Les mouvemens
de cetfe Navicule sont graves et mcsurcs; elle parait pendant les
mois d'octobre, de novembre, de dccembre. Elle a beaucoup
de raj)port avec le Vibrio tripunctatus de Muller. Le Vibrio
hipiinctatus de Muller, sc trouve mele avec les autres Navicules
ct contribue a la nourriture des Huitres, ainsi qu'une troisieiiie
espece ovoide au centre, terminee a cliaque extremite par un
filament hyalin , aciode , Ires-tenu ct trcs-long, et s'appuyant
sur cbacune de ses extremltes comme sur un balancicr. L'on
trouve encore dans les pares plusieurs autres Navlcules. La j)re-
miere , cinq fois plus volumineuse que les precedentes, dont la
forme legeremenl arquec d'un et d'autre cote de c'laque cxtre-
niite, a quelque ressemblance avec deux S romaincs peu cain-
brces , paralleiement accolees par leurs cxtremites, el colorees
d'une teinte uniforme et claire de jaune brillant. La deuxieme
deleriore la qualite des Huitres. On designe sa presence sous Ic
nom de Korion ; ce sont des Navlcules jauncs tres-petites et i'a-
3 1 4 Zoo logic.
gregeant tres-promptement en (ilamens muqueiix confeivoiJes .
regardes par les botanistes comme une confcrve et decrits dans
un grand nombre d'ouvrages sous le nom de Con/e/va coino'ides.
D'autres especcs d'aniraalcules conforviformes se trouvent
dans les pares ; niais tous ces etres appartienncnt aux eaux ma-
rines, tandis que la Navicule verte liuitriere se retrouve dans !o>
eaux douces. Ellen'y est ineme pas rare.
L'auteur termine son memoire par I'exposition de ropiniou
de M. Gombeau de la Billennerie sur la viridlte dcs huitres de
Marcnnes. Si la description de ce phenomene par RI. Gombeau
ne diffeie point de celle de M. Gaillon, il n'en est pas de ineme
de I'explication de la cause : M. Gombeau s'arrete a la presence
de la matiere verte sans chercher a connaitre sa nature, dont
M. Gaillon nous a devoile le mystere.
MELANGES.
2G1. EXTRAIT n'uNE LETTRE DE M. DE B***., 3 M. JoMARD , mCm
bre de I'lnstltut. Saint-Louis ( Senegal ), aS Janvier 182,',.
.Tusqu'ici je n'ai pu faiye que fort peu de cliose pour I'histoire
naturelle; c'est enbotanique que j'ai etc le plus lieureux.
.I'ai reraarquti dans des courses oil j'avais a examiner des cho-
ses d'un autre genre d'interet ct qui nc me pcrraettaient jias
de rccueillir ou de determiner, sur les lieux, les plantes nom-
breuses que nous rencontrions; j'al remarque, dis-je, un im-
mense developpement de la familie des legumineuses. Je ne ci'ois
pas exagerer en disant que dans ces promenades nous avons
rencontre au moins 200 arbres ou vegetaux herbaccs de cette
familie, appartenant a des especes dlfferentes. Les inalvacees m'y
ont paru aussi fort rcpanducs , surtout le genre Hibiscus et
quelques portulacees ;jusqu'ici pas de Cierges ; deux especes qui
se rapprochent du genre Asclt'piade,maiien differentassez essen-
ticllement; peu de composecs ; une labiee que je n'ai pu rappor-
ter qu'imparfaitement au genre Betonica qui est interessanl
en ce qu'il ]>arait lier cette familie a quclque genre des solanecs;
c|uelques especes de Sai>indus , quoiquc diffcrant dans le nom-
bre des etamines; peu de Joubarbes; quelques convolvulacees ,
une espece de caprifoliacee (jui se rapproche du genre
Linncea, mais en diffcrc par Ic nombre dcs diamines, la for-
Melanges. 3i5
me de la corolle et celle du calice; au reste tout cela est coiisigne
au fur et a mesure dans mon journal.
LeSilure electrique existeici; je n'ai pu me le jirocurer. Oa
ne le rencontre que tres-rareraent a vSt. -Louis. Je me suis per-
suade, par le dire des noirs, que c'est bien un Silure et qu'iln'a
pas de nagcoire adipeuse. lis disent que ses principales secous-
ses, qui ne paraissent pas aussi fortes a beaucoup pres que celics
du Gymnote de la Guiane , sont produltes quand on le touche
aux brancliies et pres de I'extremite inferieure de la ligne la-
terale, des deux cotes. Les naturels neanraoins ue s'y expo-
sent pas volontiers. Le premier a qui j'ai demande en riviere
de ra'en apporter un m'a dit, dans son langage, Uicu m'en
preserve. Un autre me I'a promis, mais en m'annoncant la pre-
caution de le laisser dans I'eau au bout de sa ligne de peche : je
ne I'ai pas vu; peut-etre serai-je plus heureux dans la suite. B.
a6'2. Commerce d'objets d'histoire natuiielle de M. Bescke,
a Hambourg. [Isis ,11^. %, 1824.)
M. Cli. H. Bescke a etabli, a Hambourg, rue Neueberg ,
n". 48 , un elablissement pour la vente et rechange des objets d'his-
toire naturelle de tous les regnes. II cite parmi ses amis plu-
sieurs savans distingues de I'Allemagne et annonce qu'il a des
correspondances etendues , soit en Amerique , soit aux Indes ,
et que son pere est occupe encoi'e actuellement au Bresil , a lui
envoyer des objets d'histoire naturcUe.Les papillons et les chry-
salides, qu'il a recus du Bresil, meritent surtout d'etre mcn-
tioimes et seront figures par M. Hubner. II offre aux amateurs
le catalogue de sa collection des olseanx des Etats-Unis et du
Bresil, ot on pourra Ini renvoyer les individus non norames. En-
fin il terminc son annonce par renunieration de beaux cchan-
tillons doubles de quelque oiseaux, insectes et coquilles.
'2()3. L'uNivERSiTE d'Erlang ( Baviere ), a envoye a M. le
comte de Bray, ministre plenipotentiaire de Baviere, a Paris, le
diplomc de docteur en philosophic, « eoinme un hommage
• rendu a ses meritcs tant comme homme d'etat que comma
savant. » M. de Bray s'occupe actuellement de la traduction dc
I'ouvrage nlleinai)d de M. dc Sternberg, intitule /'/o/v tin inondc
primitif.
3i6 Melanges.
26/1. SuR LE MUSEUM DE Prague. [Arch. fur Geschichce, niai
1823 , p. 280.)
On annonce la 1'^*^. partie des Tran<;actions de la Societe du
rnuscf national de Bohx'ine. On y trouve un discoiirs du prince
A. Lobkowitz, prononc(; a la premiere assemblee. Le inusee
compreiid i". un don diiconite Caspar de Sternberg, de 9000 es-
peces de plantes scche;, 3o tirces de fossiles vegctaux, des suites
mineralogiques et geol(i^iques et ^061 volumes avec ^2,000 fig. ;
a°. la l)ibliotheque de Bi/.cznitz; 3°. plusleurs collections bota-
niques et zoologlques, des coquillages, etc. Lc musee a un pre-
mier fonds de 110,987 fr., un blbliothecaire et un conservateur
pour la partie botaniqne et zoologlque , qui recoivent chacun
5oo francs; le conservateur de la parlle mineralogique n'a que
4oo francs. Ensuite on y donne des details sur les autres em-
ployes, les racmbres et les mcmbres honoralres. IVI. Sternberg a
lu dans la meme seance un discours sur les rapports de la So-
ciete avec les sciences et Tetat. Ce museum comprend anssi une
collection de medailles et d'antlquites . A. B.
a65. Voyage de decouvertes attx Terres Australes, fait par
ordre du gouvernement, sur les corvettes le Geographc, le Na-
turaliste etla goelette le Casuarina, pendant les annees 1800,
i8ci , 1802 , i8o3 et iSo.'i [historiqite) ; redige i)ar Peron , et
continue par M. L. dk Freycinet; -x". edit , rev. cor. et aug.;
par M. L. de Freycinet , capit. de vaisseau, chcv. de Saint-
' Louis et de la Legion-d'honneur , corresp. de I'lnstitut de
France, etc., et commandant du Casuarina pendant I'expedi-
tion; 4 vol. in-8°. avec un atlas gr. in-4". de 68 pi. nolres ou
color. {Prospectus^
Le voyage de decouvertes anx Tcrres Australes , execute sous
les ordres dn capitaine dc vaisseau Baudin , avait specialrment
pourobjet la reconnaissance des cotes delaNonvelle-Ho'landeet
de la Terre de Dlemen, et des recherches dans rbistolre'naturelle
de ces pays eloigncs. Les resultats de cet important voyage ont ^te
publics en 2 parties dislinctes : la i"^^. , comprenant I'histoire du
voyage, en 2 vol. in 4°- accompagncsd'un magnifique atlas, futre-
digeeparPeron,et cut un succes tellement remarrjiiable, que le i .
vol.etait presqueentiereinentepuise avant que le 2'" cut etc mis au
jour. La 2^., qui contient Irs cartes marines et tons les travaux
nautiques et astronomiques, en i vol. in-4''. avec alias , fut con-
Melanges. 5 1 7
fi^ea M. Louis de Freycinet, commandant du Casuaruia pendant
rexpcdition.
Depuls long-temps le premier de ces deux ouvrages (bion con-
nu des naturalistes) ne se trouve que dilTicilcment dans le com-
merce, et nous nous sommes decides d'autant plus volontiers a
en donner une a*', edition, que M. de Freycinet, ayiait revu
I'ouvrage avec soin et depuls long-temps, en avnlt fjit dis-
parailre une foule d'inexactitudes provcnant principalement
de ce que Peron , ayant ecrit avant que les cartes eussent ete
dressees, a du se mcprendre quelquefois sur ce qui est reliitif a
la geogiajiliie. Sous ce rapport nous ne craignons pas d'annon-
cer que notre seconde edition aura un aviintage marque sur la
premiere. Elle se distinguera surfout par une augmentation de aS
planches nouvelles, dont 9 en couleur et par un format plus com-
mode. Cet ouvrage, remarquable par la quantite et par la beaute
des planches, soit noires , solt coloriees , ccs c/crnieres au nombre
de 27, sera publie en 4 livr. composees chacune de 17 pi. et i
vol.de texte , sorti des presses de M. Lebel, imprim. du roi.
La i''". liv. devait paraitre a la fin de mai 1824, et les 3 au-
tressuivre, de 2 en 2 mois. L'atlas etant termine, on ne devait pas
craindre , dit le Prospectus , le moindre retard.
Le prix de chaque livr., papier ordin., sera de 18 fr. pour
Paris, et le papier velin, ordinalrement double du papier ordi-
naire, et dont nous ne tirerons qu'un tres-petit nombre d'exem-
plalres, ne sera que de 3o fr.
Chaque liv. sera augmentec, pourles non-souscripleurs,de 3 fr.
pour le pajjier ordinaire, et de 5 francs pour le velin.
Les personnes qui paieront les 4 livr. en retlrant la i^e.^ joui-
ront d'une remise de G p. cent.
On aj out era 2 fr. par livr. pour la rcceyo'ir franco par la poste.
On soustril, sans rien payer d'avance, a Paris, chez Arthur
Bertrand, libr.-edit., rue Hautefeuille, n°. 23.
Les personnes qui ont acquis la l''^ edit, pcuvent avoir sepa-
rement les 25 nouv. pi. reunies en un alias separe. Prix : 18 fr.
— II reste encore 10 exempl. de la i"^*^. edit., 2 vol. in-4". et
atlas, auquel on a joint les 25 pi. nouvelles, prix : rS fr. ^ — Les
personnes qui ont neglige de retirer le toni. 11 de I'edit. in-4'*.
et latlas des cartes, sonl invitees a en faire laderaaudc.Prix: 36 fr.
On peut se procurer chez le m^me libraire la parfie nautique
5i8 Melanges.
et geograpliiqiie du Voyage aux Terres Ausfrales, par M. deFrey-
ciiiet; 1 vol. in-/j"., et nn atlas gr. in-folio ; Prix : 72 fr.
■j.Gij. SociETE n^•^' ekkne du Calvados. Cetle Sociolr , don t nous
nous somnics empresses de signaler la formation el I'lieureuse or-
ganisation, s'occupe avec zele dubut de ses travaux. Vouee spe-
cialement a I'etude du sol de son departement, deja les nom-
breuxmateriaux recueillis par ses membresvont lui permettre de
publier un premier volume de ses actes, actuellement souspresse.
Cette societe, qui reunit tousles naluralistes de la Basse-Nor-
mandie, est divisee en trois sections : 1°. celle de gcologie ;
a**, celle de botanique; 3". celle de zoologie. Ces deux dernieros
s'occupent principaleraent de faire la Flore et la Faune du depar-
tement. La Societe est composee de Sg membres residens a Caen,
et de 121 correspondans nationaux et etrangers, parmi lesquels
■J.-J sont membres de I'lnstitut. EUe correspond, en outre, avec
les principales societes savantcs de France, de I'Angleterre et de
rAUemagnc. F.
267. ACADEMIE DES SCIENCES DE I.'I^•ST1TL•T DE pRAIfCE.
St'ance du lonov. i8.i'3.. — ■ M. Raffeneau de Lille, eorrespon-
dant de I'acadcniie, professeur de botanique a la faculte de nn--
decinede Montj)eliier,lii un mcmoire qui a pourtiire : Exameu de
lavegetarion dei'Isoctcs lacuslris , et exposition dcses caractercs.
Seance du 24 nov. i823. — M. Desfontuines lit, au nora d'une
commission, un rapport sur le meraoire de M. Poiteau , renfer-
mant la description dc cinq genres exotiques de la famille des
Myrtes. Ce rapport se termine ainsi. « Les cinq genres donl il
Tient d'etre lait mention claicnt connus depuis long-temps, mais
nous n'en avions encore que des descriptions incompletes.
M. Poiteau ayant eu I'occasion d'en observer les lleurs et les
fruits sur des individus vivans, pendant son sejour a la Guyane,
les a decrlts avec beaucoup d'exactitude, et il a joint a ses des-
criptions de Ires-bous dessins qui eu representent tous les de-
tails. Nous pensons que ce memoire merite d'etre imprime parmi
ceux des savans etrangers. » L'academie approuve.
Seance du \" . dec. 1823. — M. Cuvier lit un memoire sur
un Crocodile fosxile des carricres de pierre calcairc des cm-i-
rons de Caen, — M. Straus lit un nouveau memoire sur I'^na-
toinie du Hnnnelnn.,^l^\. Cuvier et Savigny, commissaircs. —
Mehinges. 019
M. Aug. do St.-Hilaire lit un nu'-moiie sur In moiiographie «les
genres Snuvagesia et Lavradia.
Seance clu 8 dec. iSaB. — M. Bowdich adresse avcc un me-
inoire manuscrit un dessin supplementaire pour etre joint aux
planclies dc son second voyage en Afriquc.C es pieces seront
rPTnises aux commlssaires nommcs precedemment. — ■ M. Bosc
lit, au nom d'une commission, un rapport concernant les noii-
i'ellcs observations de M. Gaillon , siir la cause dc la coloration
dcs Huitrcs , et sur les animalcules qui scrvent <i les noiirrir. — Le
memoire de M. Gaillon est tcrmine par la refutation d'un nie-
nioire anonyme ou ses opinions sont attaquees, mais sans pre-
ciser une seule observation contraire. — La commission est d'a-
vis que le memoire de M. Gaillon , moins la refutation indi-
quce, est dans le cas d'etre imprinii'; dans les memoires des
savans ctrangers, a la suite de celui dont I'impression a deja
ete ordonnee. L'academie approuve. — M. Moreau de Jonnes
lit un memoire intitule : Rechcrchcs monogajiliiques sur Vorigine
du Cochon marron des Antilles, clsur les diffcrentes espcces , la
synonymic amerioaine, et I'habitation geographique du genre
des Pecaris auqucl appartient cet animal.
Seance du %'x ddc. — ^ M. Dupetit-Thouars lit une note con-
cernant I'eau glacee que Ton trouve, en de certaines circonstances,
dans le calice des fleurs.
Seance du 5 janv. 1824. — M. Lefebure presente deux ou-
vrages raanuscrits iiititulijs : Nova genera et Species plantanun.
MM. Labiliardiore et Dupelit-Thouars, commissaires. — M. Gail-
lon adresse des Observations supplcmentaircs au memoire sur
Ips animalcules nutritifs des Iluitrcs. Ellcs sont reservees pour
iHre lues.
Seance du 12 janv. — • M. Gillct-Laumont , membre de
l'academie, communique, dans une lettre, diverses remarques
sur le Phormium tenax , ou lin de la NouvclIe-ZclaHde. 11 offre
a cliacun de ses coilcgues un cxemplaire d'une note qu'il vient
de publicr sur la frucllficalion dc cette plantc a Clicrbourn^ eta
Toulon , sur la germination de ses graines et leur culture.
M. Opoix, inspecleur des eaux minijrales deProvins, ecrit a l'a-
cademie pour lui adresscr ses divers ouvrages, savoir : i". I'His-
toire ct la description dc la villc de Provins, i vol. in- 8.-
2". Teorie des coulcurs et des corps inflammables, et de Icurs
principes constituans, la lumicrc et le feu, i vol. in-8. ; ot une
320 Melanges.
note imprimce, contenant roxauieu de la tlieorie des cou-
leurs; etc. M. Opoix joint a sn Icltre un inomoire inamistrit
dont il sera doiuie lecture dans une des seances suivantes. —
M. de Jussieu lit , au noni d'une coininission , un rapport concer-
nant le nioinoire de 31. A. Richard , STir la famille des Elajagnces ;
la coauiiission est d'avis que ce iiienioire inerite rapprobatiou
de I'acadeinie, et que I'auteur doit etre invite a pnser.ler sur
le nieme plan I'exanien de nouvelles families. L'academie ap-
prouve. ■ — M. Aug. de St.-Hilaire acheve la lecture de son n:e-
inoire, intitule: Monographic des genres Sauini^v.sia ct Lai'ra-
ilia, MM. de Jussieu et Desl'onlaines, cunwiussaires.
Seance du 26 janv. — M. Aug. de St.-IIUaire donne lecture
C^Ob^rcrvalions sur la famille des Rutacees pour faire suite a son
premier inemuire sur le Gynobase.
268. La Societc d' economic riirale danolse vient nouvelle-
ment de pro[)oser un prix de 100 ecus species pour chacun des
trois ineinoires suivans : 1". sur les especes d'animaux verlebres
du Daneuiark ; 2". sur les insectes nuisibles du Danemark, avec
les inoyens d'ein{)echer ieura degats ou de les diiiiimier; 3". sur
les niineraux du Danemark. Les mcmoires doivent etre adres-
ses au secretaire de la Sociele a Copenhaguc, avaiit la fin de
I'annee 1824. ( Lcipz. hit. Zeit. , uovembre, p. 218G. )
2G9. La collection de coquilles , de madrepores , etl'Herbier de
M. le chev. de Lamark , viennent d'etre achetes par M. le due <le
Rivoli, amateur zcle des sciences naturelles, <]ui possedait deja
une collection precieuse en divers genres. On doit se feliciler de
voir conserver en France cette collection celebre de I'illustre au-
teur des Jnimaux sans vertcbres , ou Ton retrouvera le type de
laplupart des especes decrites danscet ouvrage, et surlout qu'elle
soit entre les mains d'unhomme dont la geneiosile et I'obligeance
sunt coniiurs. II est seulemeiit a regrctler que le riche cabinet de
M. le due de Rivoli ne soit point a Paris, oil les savans etrangers
auraient j)u le visiter, et oil il eut ele si utile-a la science. Ce ca-
binet a cte transporlc dans une terre qu'habite M. le due de
Rivoli a 35 licucs de Paris.
PARIS. ^ IMPRIMERIE DE FAIN, RUE RACINE, N". 4,
FLACE DE l'oDiIoN.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
GKOLOGIE. .
270. ESSAI GEOLOGIQDE SDR IF.S FORMATIONS TF.RTIAIRES dc
I'Amerique; par John Finch , prof'esseur de geologic ct de mi-
neralogic. (^American JnurnnI nf Science and Arts, vol. 7, n°. i
nov. 1823 , p. !?i.) ;
Le pays qui s'etend dcpuis Long-Island, pies New-York, jus-
qu'au golfe du Mesique, pr^senle, sur une largeur de 3oo
rnilles environ , un terrain regarde par la plupart des geolo"-ues
qui ont ecrit sur I'Amerique, comme recouvert d'alluvions. D'a-
pres I'examen des fossiles qu'il renfernie, et surtout d'apres i'e-
tude des localites, M. Fiticli a reconnu que cet espace etait forra^
par un terrain tertiaire analogue a celui des environs de Paris.
Nous allons indiqiier brievement ies differenles formations
qu'il a dccritcs dans le niemoire dont nous donnons I'extrait.
10. Sable ferriqrineux [ferrugincous sand). II est compose de
sables et de poudingues ferrugineux. Quelquefois la proportion
de fer augmente, et le gres devient assez riche pour efre exploitd
comme minerai. Ces parties tres-riches fomient des veines ou des
rognons dans la masse du sable. D'apres Ies raracteres geolo^i-
ques de ce terrain , sa place est, d'apres M. Finch , cntre la craie
et roolitlie. II correspondrait alors a Viron-sand des Anglais. Scs
caracteres mineralogiques confirment cettc reunion.
2°. Argilc plastique. Cette formation est la plus ctendne des
formations tcrliaircs qui existent aux Etats-Unis. On la rclrouve
en un grand nombre de points. Elle est surtout tres-developpee
a Gay-Head, dans I'ile appelce Marllia's-Vineyard. Elle v forme
des falaises qui ont plus de 200 pieds de hant, et qui prcsenteut
une succession de couches d'argiles , de sables et d'ocresj on y
B. TOMF. II. 21
52 2 Ge'ologie.
\oit aussi (juelijucs toiiclus minces de lignite. On trouvo sur le
rivage dcs fiMgmens d';imbro qui proviennent critainenionr de la
destruction dc In lalaisc. I/existence du lignite et de I'andjro
dans cette argile etablit une analogic avec I'argUe plastique de>
t Tivirons de Paris ct celic de la nier Baltique.
Dans beaucoup dc points des Etats-Unis cetle formation four-
nit de tres-belle terre a poterie.
3". Calcairc siliceux. Le calcaire siliceux dc Georgle est d'linc
formation contemporaine jSelon M. Finch , au calcairc grossier.
II presente de nombreuscs cavites reniplics d'incrustatioiis sili-
ceuses. Il rontienl deux ou trois cspeces de niactrse, dcs tdlinCs,
des melanies et desturritcllcs.
Le nom de calcairc siliceux nous semble nial applique ; car
relui du bassin de Paris, decrit sous ce nom , est d'eau douce, et
supcrieur au calcaire grossier, tandis que le calcaire siliceux dc
la Georgie parait, d'apres la description des fossiles fju'il con-
ticnt, etre contemporain au calcaire grossier.
/|0. Argile de Londres. On trouve sur les herds de la riviere dc
Saint-James une coache d'argile , dans laquelle il existe une
grande quantife de fossiles. A Richemond cetto argile renferme
des dents triangulaircs analogues a celles dcs requins, ainsi que
des ossemens. Les autrcs fossiles sont analogues a ceux qui ca-
racterisent I'argile de Londres.
5°. Calcairc a huitrcs. La relation de ce calcaire avec les au-
tres formations tertiaircs n'ctant pas cxactement connue ,
M. Finch a donnc a ce terrain un nom parliculier tire de sa com-
position. II est forme d'une reunion de coquilles agglutinees par
un ciment calcairc pen adherent, et dont on peut facilement les
dcgager. Dans quelques parties les coquilles ne sont p; s reunies ,
et Ton voit des espaces dc plus de lo milles de largeur fornu's
d'amas de coquilles incohcrentcs. Cette formation s'etend sur
plus de Goo niillcs en longueur et pres de loo en largeur; sa
puissance peut etre evaluee a 3oo pieds.
Les liuitrcs qTii constituent la principalc partie de celte forma-
tion appartiennent a une cspcce qui n'a ])as encore cte decrito.
Elle a 12 a i5 pouces de long sur a a 3 de large ; I'epaisseur de
chaque valve varie de-^ pouce ^ a pouces et dcmi. L'auteur pro-
j)0se de Tappeler Ostrea gigantissima.
fi°. Formation marine .iiipcrieure. La Virginic est recouvci tc
<le sables que I'on doit rappoitcr a la formation marine supi -
Geologic. 5 23
rieure. Ce sable est siliceux, jannatre, sans aucune adherence,
mobile; aussi envahit-il continuellement les terrcs , en enfouis-
sant dans sa marche les maisons et les arbres qui se troiivent sur
son passage.
lia position geologique de ce sable n'a pas ete bien reconnue;
on le I'apporte a la formation marine superieure, d'apres son
analogie, avec les sables des autres contrces , et particuliereroent
avec ceux des landes de la Gascogne et de la Pomeranie. L'epaisseur
et I'etendue de ce depot ne permettent pas de le regardei- comme
etant le produit d'une alluvion.
7°. Diluvial. Les couches regulieres que nous venons d'enu-
merersont recouvertes, dans quelques endroits, par un depot di-
luvial, qui a ete amene du nord et du nord-est par utie irruption
terrible des eaux. Ce terrain d'aliuvion renferme des masses iin-
menses de granite, ct d'auti-es roclies anciciines. D.
271. Observations geognostiques sur le terrain de craie
du comte de la Marck et du duche de Westphalie, et sur les
sources salees qu'il parait renfermer ; par M. Buff. (Das Ge-
birgein Rheinland-fVestphalen, par J. Noggeratli, 3*^ vol., p. 42.)
L'objet principal de ce Memoire est d'etabiir les motifs sur
lesquels I'auteur se f'onde pour rapport er a la form.ition de la
craic les terrains denouveau calcaire secondaire et de marne qui
s'etendant depuislapente septentrionaledesmontagnesanciennes
de Marck et de Westphalie jusqu'aux Pays-Bas , occupent ainsi
une surface de pres de 100 milles carres, Dans Ics differentes
parties des limites de cet espace, on voit le terrain dont il s'agit
reposer sur le gres liouiller, sur le gres ronge, sur le calcaire se-
condaire ancien , sur le gres bigarre et le muschcl/ialk , enfin sur
le quadcnuindstein, Cetle deraierc supposition presente seule un
gissement concordant, d'oii M. Buff conclut que le terrain supe-
rieur doit appartenir a une formation qui suit immediatement le
quadersandstein dans I'ordre general d'ancienncte.
Les roches de ce terrain sonl toutes d'un blanc dc craie; mais
lesunes prcsentent un calcaii-e compacte, les autres une marne
calcaire pcu solide. Quelques couches renfcrment une plus ou
moins grande quantile de ces points verts qu'on a si long-temps
designes sous le nom de chlorite. La couche la plus inferieure est
quelquefoisuuconglomerat forme de galets, dc (piarlz ct de jas,>e
schistoide chlorite, melange dc galets de minerai dc fer argilcux.
!?34 Gcoloi^ie
Les coucLes rcufcrineut fr^quemmerU des silex pyromaques
bruns, et des grains de pyrite dissemin^s. Les pelrificalions y
sont luoins abondantes qtie dans le muschelkalk : ce sont sur-
tout des ostracites, des ccliinites, lurbiniles, fungiles,pectinites,
ammonites, qui ont jusqu'a 2 pieds de diametre , cnfm des
glossopclres.
Comparant ensnire les resullats de srs observalions avec ceiix
des observations de M. Hausmiinn,au nord dii HarU, de M. Stel-
fens en Danemarck et en Suede, de MM. d'Engelhardt et do
Raumer dans ie nord de la France et dans la Bclgique , M. Buft
trouve les plus grandes analogies entre le terrain qu'il decrit et
les parties ini'erieures du terrain de craie de ces diverses contrees.
II regards comme probable qu'une grande formation crayeuse
a rempli autrefois tout le bassin sitae entre les montagnes d'An-
gleterre et de Suede d'une part, et celles du nord de la France, de
la Belgique et du nord de I'Allemagne d'autre part; que la con-
tinuite de cette formation a ctu interronipue dcpuis , soit par la
grande cause qui a creuse la mer du Nord et la mer B..ltique ,
soit par des causes de destruction locale, el que le terrain de
Marck et de Westphalie , auquel il donne le nom de niarne
crayeuse {kreide mergel) , est un des resles de ce vaste depot.
M. Buff discute cnsuite I'opinion , assez generalement r^pan-
duc, qxie les sources salees de Westphalie appnrtiennent a ce
terrain , et Ton voit , dans cette discussion , qu'il regarde les ter-
raius tertiaires du bassin de Paris, entre autres le terrain gyp-
seux, comme faisant partiede la formation crayeuse, dont ils con-
stituent les assises superieures. Quoi qu'il en soit de cette opi-
nion bien diflercnte de celle des geoiogucs franrais, M. Buff,
nonobstant le resultat de I'analyse chimique du D"^. Brandos,
qui a trouv6 dans la craie o,oo5 de sel marin , examinant la po-
sition des diverses sources d'eau salee en Westphalie, fait vovr
qu'elles sont toutes situees pres de la limite du terrain crayeux,
et qu'on pent regarder comme probable, qu'elles proviennent
des terrains salifercs, situcs au-dessous de la craie, et apparte
nant a la formation de calcaire secondaire ancien. Bn.
I'-i. DEScniPTioN DELA piF.RRF. DE SocAR (5o^ar-/?oc.^). [Ainials
of Philosophy , juin 1823 , pag. 4 to.)
Dans le district de Land's End, situe a la poinle de Cor
nouaillcs , il exisle iin l)lo<: de granite , njipel^c So-^ar-Rork , que
Ge'ologie. 5 2 5
les Toyygeurs visitezil coniiiie un objet de ciiriosite. Ce bloc , da
poids de plus dc 1200 quintaux , ne repose qu'en un point sur
le granite qui lui sert de base, et son centre de gravite est tel-
lement place, que maigie son volume extiaordinaire, un hoinine
peut le faire osciller.
Quelques antiquaires ont regarde cette pierre coniuie etant
un monument des druides ; raais il est probable que ce bloc de
granite a ete isolii de la masse de roches dont il f'aisait partie,
par la decomposition du granite environnant, et les druides
I'ont peut-elre employe comma un moyen de superstition. D.
273. Apercu sur la Geologie et l'Agriculture du pepar-
TEMENT DE LA HAUTE-IiOiRE et pays limitroplies , precede de
Notes historiques sur I'ancien etat du Valais , et suivi d'un
Itineraire, pour faciliter les recherches des amateurs en his-
toire naturelle; par Alph. Aulagnier, associc corresponcLuil
deplusieurs Societessavantes,iD-8. de 20 f. LePuy ; Lacombe.
Nous regretlons de ne pouvoir faire connaitre cet ouvrage in
connu a Paris, et nous ne pouvoiis qu'inviter M. Auiagnier a I'a-
dresscr a la Direction pour qu'il en soit rendu compte. II serail
a diisirer queceux des savans surtout qui publient en province
des o])uscules qui , presque toujours, restent inconnus au reste
de la France, voulussent bien nous les adresser , afin qu'iis pus-
sent etre signales. Le but d'utilile qu'iis se proposent n'est pas
rempli , par suite de la negligence qu'iis apportent a faire cou-
naitre leurs ecrlts , et Ton doit d'autant ])lus le rcgretter qu'ob-
servant a loisir , etanl sur les lieux , leurs observations ont sou -
vent beaucoup d'interet.
274- StaTISTIQUE G^OLOCIQUE ET MIlviRALE DE l'aRRONDISsE-
MENT DE CoNFOLANs; in-4. de 1 f. 7; Paris; inipr. de Didol
jcune.
Les observations prec(5dcntes s'appliquent egalement a cet ou-
vrage. On ne saitou il se trouve, rimprimeur n'ayant point ^te
cliarge de la vente.
275. Ancienne MINE retrouvee dans le deparlement du Puy de-
Dome.
On vienl de ilecouvrir dans la commune de Saurier, arrondis
srinrnt d'lssoire, d'anciens travaux d'une mine exploitec a uuc
epoquc incounuc. Parmi les deblais de ces vieillcs excavations ,
526 Geologic.
on a tiouve des ochantUlons de cuivre gris , et surtoiit de galene
tres-argentifere. Des essais fails sur quelques (ichantillons ont
prouve que le plomb oljtcnudecelte galene renfermait sept onces
d'argent au quintal. Or on salt qu'on exploite des mines qui n'en
donnent que trois.Tont fail esperer que cettc mine sera ties-abon-
dante, et dounera lieu a un etablissement precieux pour le dept.
( Journ. du Puj -de-Dome , 1 5 avril 1 824. )
Nous avons recu des renseignemens plus etendus sur cette de-
couverte, dont M. le conite de Laizer a rendu comple au
prefel de ce departemenl , le 20 mars dernier. M. de Laizer etait
accompagne de M. Bravard, ancien eleve de I'ecole des mines de
Sainl-Euenne. Nous lirons de son rapport les renseignemens
suivans.
Sur le bord de la Couse d'Issoire , entre Saurier et Courgoul ,
tout pres de la magnifique coulee de Colheuge, i'on apercoit
dans le gneis ou le schiste micace , une ouverture eboulee d'un
abord difficile.
Par I'examen du sol el des roches environnantes , M. de Lai-
zer I'avait reconnue pour une recherche demine; mais la difficul-
te el le danger meme de la visile I'avait empechc d'y descendre
seul lors de la premiere inspection de ces conlrees : cette fois-ci,
accompagne de M. Bravard, eleve de I'ecole des mines, jeune et
Kele mineralogiste, il y est desceudu. Arrive au moyen d'echelles
a une profondeur d'environ 25 pieds, il a trouvc une belle et
large galerie obstraee par les eboalemens ; en la suivant , Ton
descend dans une autre encore en bon etat, de 2 a 3 pieds de
large, irreguHereraent tracee dans le grieis. Cette exploitation ,
bien antcrieure a la decouverte de la poudre, a ete executee a la
pioche et par gradins en descendant , de maniere que les galeries
ont en certains endroits Ho a 40 p.dehaut. Mx^I. de Laizer et Bra-
vard en ont suivi une durant 40 ou 5o toisPs , mais les difficultcs et
Tabondancedu gaz acide carbonique les ont forces a renoncer ,
pour le moment, a de plus amplcs rechercbos.
Ilparait que cette exploitation s'etendait, sur trois etages,jus-
fiue tres-avant dans la montagne. Les orifices des deux elages su-
pcrieurs sont tollemcnt cncorabrcs qu'on n'a pu, dans le moment,
songer a y i)t'netrer.
Le filon mctallique exploite dans < ette niii'o iHant epuisf- dins
la partie que Ton peut visiter, onn'a pu en juger que par quel-
ques debris ^pars dans la galerie. On y reconnait le cuivre arse-
Histoire ruHuielle i^cncnile. 327
i)iatt5 aigenlitere, le cuivre pyrlleux, le plomb siilfnro (probable
ment Uos-argeiUifere ) , le t'er hydrate et le /.ine sulfure, le lout
dans line gangue quartzeuse , adhercntc au scliiste micace. A en
juger par ce morceau, la mine parait devoir etre riclie, ct les
grands travaux fails pour I'extraire , prouvent qa'autret'ois son
exploitation etait avantageuse.
On va essayer de laire construire sur le local uii ventilateur et
des eclielles au moyen desquelles Ton puisse penetrer plus avant
dans les divers Iravaux ancieus. L'air y manque tcllcmciit qu'un
clieval qui s'y est preclj)ite depuis plusieurs siecles peut-etre, csl
encoieparl'aitement conserve, quoique presquc au-tlessousmenie
du Puy.
Une source d'eau chaigeo de sedimens calcaires qui sourdil
dans la galerie principale, a forme de grandes et belles stalactites
qui robstrueut au point d'en rendre le passage difficile.
M. Burdin, ingenieur des mines, a fait inserer au journal du
Puy-de-D6me I'analyse qu'il a faite des echautilions envoyes par
M. de Laizer.
HISTOIRE NATURELLF. GSNLMALE.
27(1. t'xTRAIT U'UNE LETTUE Dii MM. KlJHL ET VaN HaSSELT
au ministre de i'inslruction publique, de I'industrie nationale
et des colonics des Pays-Bas , sui' I'liisloire generale des iles
des Cocotieis et de I'ile de Java.
Bultenzorg (Java), 10 aout 1821,
Le grand Ocean des I:;des ne nous a pas fourni moins d'occa-
sioii que I'Ocean atlantique d'observer beaucoup d'animaux
(jue Tonne connaissait jusqu'a present que d'unc mani^re super-
(iciclie; et par une aiiatoniie cxatte, nous [louvons prouver leui
analogic avec d'autres creatures plus connues.
Nous avons dccouvert plusieurs cspeces nouvelles d'annelidcs
el de luniciers de M. de Lamark.
Un accident nialLcureux nous a mis a meuie de visiter les
iles aux Cocos, ausud de Sumatra. Ce groupe d'iles n esiabsolu-
mcnt qu'une production des madrepores, ct ressemble parfailc-
mcnl aux iles plates de la mcr du Sud dont I'originc est allri-
buoe aux madrepores par Forster. Vu la qualitc des rochcrs de
loraux (jui les eutourent, ou ue pent y aborder que dPTjs u.n
5 28 Uistoire Jiaturelle generale.
temps calme , et tivec de petits navires. Ce qui prouve eucore que
ces lies sont sorties du sein de la mer, c'est I'absence de mamrai-
feies, d'amphibies terrestres et d'oiseaux de terre, ainsi que i'in-
digence vegelale; nous u'y avons trouve que 4 especes de
plantes.
Ce sont d'abord : une nouvelle graiiiiiiee et une Urtica cocos-
nucifera, dent le bois epais couvre tout I'interieur de cesiles;
une Tourncfortia argentea , dont la triste verdure ceint les bois
de cocolieis le long de la cote. Des troupes innombrables d'oi-
seaux a({ua tiques^habitent ces plages solitaires, ou ils se mefient
si peu du danger que nous pumes les saisir a la main, et les
tuer a coups de baton ; malgre I'abondance de ces oiscaux , on
n'en trouve qu'un petit nombre d'especes , qui sont : le Sterna
alba de Sparmann , le Sterna stolida L. , le FregattaJquila , et
3 especes de Sula , savoir ; Suia piscatrix Forst. , .S'. melanura
Nob. etuneS*^. espece, dont uousn'avons pu saisir que les petits.
Tous ces olseaux vivent sur les cocotiers et dans les buissons
de Tourneforlia , et y nichent , a I'esception des Sterna.
La plage est pauvre, attendu que deux sortes de crustaces,
uii pagurus elV Ocf/jode ceratophthalinus, devorent sur-le-champ
tout ce que la mer y jette. Les Pagurus grimpent meme sur les
arbres et enlevent les oeufs des Sula dans les nids.
Parmi les amphibies ou trouve seulement la tortue Midas, tres-
abondante. Nous avons recueilli un grand nombre de tous ces
animaux, quoique nous n'ayons pu sejourner sur la cote que
tres-peu de temps ; M. de Raaltea a arrange des squclettes de
tous les oiseaux.
Au delroit de la Sonde, M. Keulfjes a dessine la configuration
de toutcs les cotes, comme il avail fait precedemmcnt a Madere
et Porto-Santo.
A la pointe de Bantam , nous touchaines pour la premiere fois
le sol de Java; une quantite de coraux et de mollusqucs y est
tombee entre nos mains.
Nous sommcs arrives enfin dans la rade de Batavia , apres un
voyage de G mois. L'accueil bienvcillant de S. Exc. le gouver-
iieur general nous dedommagea am])lement des desagremens
de cette longue travcrsee. II nous a permis de demeurer a Bui-
tenzorg , dont la position salubre nous meltra niicux a m<5ine
de nous habituer au tlimat de I'lndc.
Pendant les 4 premiers mois nous n'avons pas quitte les envi-
Histoire naturelle ge'nerale. Ssq
rons de Buitenzorg, ou chaque jour nous offrait de nouveaux
objels, et ou nous pouvions sans peine nous procurer cc que
nous voulions examiner a notre aise chez nous.
II ne s'est point passe de jour ou nous n'ayons decrit et
dessine quelques nouvelles especes d'animaux ou de vegetaux
appartenant souvent a des genres , et meme a des ordres nou-
veaux. C'est ainsi que nous nous sommcs procure peu a peu une
idee de la flore et de la faune de Java, et en meme temps nous
nous sonimes mis au fait de tous les travaux de M. Reinwardt ,
afin de ne pas toniber dans des repetitions inutiles. En conse-
quence nous avons dresse une liste de tous ses dessins; nous
avons examine tout son herbier, et nous avons adopte ses de-
nominations en botanique.
Pendant ces 4 mois , nous avons considerablement enrichi
notre collection, en sorte qu'en ce moment quelques branches
de zoologie paraissenl etre epuisees pour cette contree.
Nous compienons dans ce nombre les cheiropteres, les oi-
seaux, les ophldiens , les sauriens , les poissons et les mollus-
ques. Nous croyons pouvoir donner snr la faune de Buitenzorg
des notions aussi completes que celles qu'on possede sur aucune
partie de {'Europe.
Apres ces travaux preparatoires nous avions forme le projet
d'entreprendre un voyage dans le pays de Bantam encore si pen
connu, lorsque le cholera morbus exercant ses ravages dans le
pays, fit echouer notre entreprise. C'est ce qui nous engagea a
profiter des mois suivans pour visiter les montagnes des envi-
rons ; nous giavimes le pic le plus oriental du Salac (i), du cote
du nord; sa hauteur au-dessus de Buitenzorg est de ^SSo picds.
Le professeur Reinwardt avait deja gravi aup-aravant une des
cimes du milieu. La plus haute, qui est aussi la plus occidcn-
tale , n'a pas encore ete visilee.
Ensuite nous visitames la chaine de montagnes qui s'etenJ au
nord du Salac vers la cote, et nous gravimes entre autreslemont
Muxara qui avait aussi un interet historique. De la nous allames
voir 3 sources thermales du voisinage, situees entre Rompin et
Waroe, deux villages ou kampons qu'on ne trouve point stir
les cartes generales; ces 3 sources sont indiquees dans la carte
(i) Cctte montagnc est figurt'O sous le meme nom dans la carte ilc
Java , par Tiaflles.
5 5o Mine'ralogie.
d'Horsfifld (i), mais iioii pas a la place convcnable. Elits cou-
icul sur ti-ois coUines calcaires, qui paraissCHt etre elles-memcs
les j)roduits des 3 sources ; celles-ci forment eu ci'fet cliaque jour
de nouveaux depots calcaires. La vegetation auprcs de ces sources
^ifre beaucoup de varietc, et comme probableinent elle n'a pas
ete examinee auparavant, elle est doublement inttiressante.
Dans ce moment nous venons de gravir le Langerango (le
niont Gede dans la carte de Raffles) qui lienl par une crete au
Diont Gede. Sa hauteur au-dessus de Buiteuzorg se monte a
8,58o pieds. Cette montagne n'a pas ete plus un voican que la
cime orientale du Salac. Cest dans la region froide de ces hau-
teurs considerables que nous avons trouve beaucoup de lits de
rhinoceros, et les sentiers que ces animaux ont frayes entre les
vegetaux seplenlrionaux qui doniinent ici, nous ont facilite le
luoyen d'atteindre le sommet.
Le plus grand zeie, et tous les efforts ne suffisent pas pour
recueillir toutes les richesses naturellcs qui se presontcnt dans
ces regions. Nous ne pouvons assez louer rapplication laboriense
de MM. Kcultjes et Van Rualten; le premier s'est ])erfectiouni',
et est devenu un excellent peintre d'histoire naturelle.
MIRERALOGIE.
•177. Note sua un nouveau gisement du Bitume elastiqiik;
j)ar C. P. Ollivier d'AngerSj D. M. P. (J/i/ialcs dcsScifn
ces naturelles, juin 1824. )
Ce bitume , qui fat le sujet d'une dissertation publicc
en i563, par le docteur Lisier, n'e&t pas moins remarquablc
parson gisement que parses caractercs; il n'avait jusqu'a pre-
sent lite trouve qu'en At)glcterre, dans la mine de plomb d'Odin,
laquelle est situc-e a la base du Mamtor, au nord de Castleloii
dans le Deibyshire. Le lilon de plomb suU'ure tpii le renferme
tiaverse la pierre calcaire slralifornie, et conlient la gale e en
association avec la chaux fluatee , la baryte sulfiitee, le zinc sul-
fiire, le zinc carbonate et le bitume elastique.
L'auteur a cru devoir donner ici la description succincte des
caractercs et du i/isement dc ce bitume, afin de faire rcssortir
(0 Mineralu(^kal sketch of the Island of Java.
Mineralogie . 3 5 1
quelques differences qui existent sous ces deux rapports d.ius
ceJui qu'il a decouvert aux mines de liouUle de Montrelais. Ces
mines sont situces dans le departement de la Loii'e-Infcrieure ,
a I'ouest et sur les confins du departement de Maine-et-Loire,
sur la rive droite de la Loire. La roche qu'on observe le plus fr^-
querament a la superficie du sol dans la plupart des lieux oil I'dii
rencontre des exploitations anciennes ou recentes, est un psam-
mite quartzeux , essentieliement compose de grains de quartz ,
unis par un ciment siliceux. II existe peu de mica dans les par-
ties superieures de la roclie qui, en general, en contient d'au-
tant plus, qu'on I'etudie plus profondement. Sa structure de-
vient alors aussi plus feuiiletee, et offre les caracteres Aupsam-
inite schisto'ide , ou gres houiller schisto'ide , qui presente assez
souvent des empreintes vegetales. Dans quelques endroits, les
grains quartzeux sont reunis par une pate verdatre, chloritique
( psammite verdatre ). Lorsque la roche a cet aspect , elle est
ordinairement assez friable , et Ton n'y trouve aucune parcelle
de mica : cette variete ne se remarque que dans les couches su-
perieures.
Telle est, en general , la nature de la roche des houilleres de
Montrelais; sa direction est communement de Test a I'ouest, et
son inclinaison au sud. Cependant , il existe a ce sujet uuc ex-
ception signalee par I'auteur : c'est que dcpuis le chef-lieu de
I'etablissement jusqu'au lieu de rendez-vous pour les ouvriers,
nomme la Marque, c'est-a-dire en se dirigeant vers le nord, la
disposition indiquee plus haut est constante, tandis que depuis
ce dernier endroit {la Marque) jusqu'au Puits-Saint- Andre,
qui se trouve dans la meme direction, a la distance d'un quart
de lieue environ, Finclinaison de la roche est au nord , sans que
d'ailleurs sa direction soit changee. L'inclinaison des couches
de houille a suivi ce rcnvcrsemcnt du rocher, et il n'y a que le
puils de la Garcnne, ou, malgre finclinaison au sud, celle de la
couche de houille soit au nord.
C'est dans le Puits-Saint-Andre que le Bitume (1-lastique a ete
trouve (octobrc 1816). Dans ce puits, dont I'exjjloitation fut
commencce en i8i5, I'aspect et la densite de la roche offrent
des differences rcmarquables , quoique la nature en soit la
m^me : c'est en effct un psammite quartzeux , mais a gros grains
bl.'incliatres analogues au quartz gras et reuuis par un ciment
siliceux d'un gris blanchdtrc : ou n'y observe point de mica. Sa
352 Mine I a logic .
durete est extreme, ce qui rend le travaii long et penible. G;llc
texture est a peu pres la menie jusqu'a une profondeur de 3o
toises environ (i).
Le toit, ou l;i parol sud dela couche de houille , est forme par
im ps>'Lmmite scliistoide violet, dont les feuillets ont une surface
lisse et polie, et qui prcsente quelques empreintes vej^etales. Ses
fissures renferment quelquefois une steatite tresblanclie. Ce n'csl
qu'accidentellement qu'on trouve ce psammite scliistoide dans
le mur, ou la paroi nord, qui est plus particulierement formee
par une ophiolite (2), entremelee de veines de quartz, et de
cliaux carbonatee.
C'est a une profondeur de 35 toises, dans j)lusieurs de ces
veines, que M. Ollivier a trouve le bitume elastique : il est conteni:
dans les interstices que presenlent entreelles les exlremites libres
des cristaux iinplantes sur les deux parois qui comprennent
chaque veine. II remplit completement clincun de ces intervalles ,
et forme ainsi de petits amas, plus ou moins rapproclies, isoies,
ou confondus ensemble.
Sa couleur est d'un beau noiratre tres-fonce; il est opaque,
inodore , d'une consistance moyenne , compressible , tres-tenace
ct ires-elastique, lisse et luisant quand on le dechire : il ne
(i) M. Ollivier a observe sur la rive gauche de la Loire , a quclqiic
distance tie Clialonnes, pres la me'tairie dite Ju petit Ponceau , une
rociie dont la direction , I'inclinaison et la nature soiit absolument Ic;
memes que cclles de la roche du Puits-Saint-Audre. Ello est recouvertc,
dans plusieurs points, d'emprcintes vcgiitalcs, el avoisine une couclic
de houille <jui forme un alUeurement tres-inarque sur le liaut de la col-
line. L'autcur est porte' a penser, d'apres I'idcntitd parfaite de ces deux
roches et I'exainen de leur j)osition respectivf!, cpie celle do Montrelais
n'est que la prolongalion de celle du Petit-Ponceau , qui se continue
ainsi dans Pcteudue de [)lus de /^ lieues , en passant obliquenicnt sous
la Loire. Celte observation giiologiquc relative ;i la conlinuilc; des ter-
rains qui renferment la houille dans le departeraent de Maiue-et-Loire,
a conduit Tauteur a penser ({ue ces roches suivent un trajct et iin<!
direction analogues a celles du banc de schisle qui est plus au nord ,
ct qui se prolonge indefiniment jusqu'en Bretagne ?
{■i) M. Brongniart a reconnu <[ue cette roche a base de serpentine ,
est une roche compose'e (jui , expose'e au feu de porcelaine , blancbil ,
se couvred'uu endnit vitreux et se boursoufHc sans se deformer com-
pletement; mais elle fait voir des veinnles d'un verre transparent, vei
d.tire , qui )a traverscnt daus difierens sens, ce qui iiidi([ue une sub
stance plus fusible interposee dans la masse de la rocbc.
Mineralo^ie. 355
perd rien de son elasticite par une exposition prolongee a I'air
sec ou huniide. Dans quelques points, sa surface est d'un gris
blancliatre ; mais cette couleur, qui n'est que superficiolle, est
due a une poiissiere calcaire blanchatre, tres-fine, (pii est inter-
posee entre le bitume et la surface de quelques-uns des cristaux
avec lesquels il est en contact. Dans les autres points, il adhere
intimement et inimediatement aux cristaux. II enleve parfaite-
inent les traces de plombagine, mais en salissant le papier : il
surnage I'eau completement , et brule en repandant une flarame
claire, d'un blanc bleuatre, avec une fumee epaisse et une odeur
bitumineuse.
Lorsqu'on laisse tresnper dans I'eau pendant dix ou douze
heures un morceau de ce bitume, et qu'on le fait bruler en-
suite , il repand bien moins de fumee et d'odeur bitumineuse;
en outre, si on I'emploie alors pour effacer les traces du crayon
sur le papier, il le salit a peine; ce qui indique que qnelques-
unes des parties qui le constituent, sont solubles dans I'eau.
Quand on le fait fondre a I'aide de la chaleur, et qu'on I'etend
sur le papier, il y adhere forlement en faisant des taches qui
ont la couleur foncce du bistre : il devient alors un pen pois-
seux, et se dissout facilement dans I'huile au moyen d'une douce
chaleur.
On voit , d'apres cette description, que les caracteres princi-
paux de ce bitume ont I'analogie !a plus parfaite avec ceux du
bitume elastiqiie, qu'on n'a trouvc jusqu'a present qu'eii Angie-
terre : IM. Brongniart a bion voulu verifier I'exactitude dos details
de cette description, sur un echantillon qui lui a ete communi-
que. L'auteur termine en faisant remarquer qu'a I'exception de
quelques differences, il exislebeaucoup de rapports enire le gi-
sement de ces deux bitumes elastiques qui se trouvent I'un et
I'antre dans les filonsd'un terrain de transition.
278. Notice sur la decouverte recente d'une mine de cuivre
sur les rives du lac Superieur, par H. 1\. Schoolcraft. ( Ame-
rican Journ. of Sciences , vol. 7, n".' i , nov. 182S , pag. 4^. )
LeCuivre carbonate vert concretionne malachite, a clcreconnu,
il y a peu de temps , a I'extremitc de la grande peninsule de
Keewiieenen sur les bords du lac Suju'rieur. II parait v
former un filon dans un terrain schistcux associe au gra-
nite q>ii compose une partie de cette jicninsnlc; ce filon a e;i-
334 Mine'ralogie.
viron 6 pieds ilc puissance. II 3 eleve aii-dessus do la surface do
I'eau , et plonge vers la tcrre ; de facon qu'oii le rclrouvera dans
rinterieur. II n'a ctii etabli encore aucune rechc-rclie sur ce filon;
on ne le counait que par quelques cchantillons fori riclies.
279. Description de la Petalite d'Ameriqce , par G. Troost,
D. M. ( Journ. acad. of Nat. Sc. of Philadelphia , janv. 1824 ,
p. 234. )
En examinant une suite d'echantlllons geologlques , recueillie
par le D"^. Bigsby , M. Troost a obbcrve une belle masse d'ac-
tinolite qui recouvrait une substance a structure confusement la-
niellaire , d'un blanc grisatre mele d'une legere teinte de vert.
Le clivage lul a paru indiquer un prisme rhomboidal d'environ
i3o d. ; la pesanteur specifique est de 2 , Sg. Cette substniice
fond difficilement en un email blanc , et donne un verre trans-
parent avec le borax. M. Troost s'est assure par un essai d'ana-
lyse qu'elle renfcrme les principes constituans de la petalite , mais
il n'a pu en determiner les proportions avec exactitude. La petalite
se trouve en masses roulees , sur la cote nord du lac Ontario ,
en face de la ville d'York , capitale ilu haut Canada. Elle est au
milieu de debris de differentes roches , telles que le griinstein ,
la sionite, etc. La ville d'York estsituee sur un terrain d'alluvion ,
qui recouvre un calcaire brun horizontal, abondant en trilobites,
orthoceratites , et autres debris organifjues des anciennes for-
mations secondaires, et aboutissantau nord a des roches de gneiss
et de sienite. G. Del.
280. Note scr le Spodcmene d'Amerique , par Nuttall. {Journ.
acad. of Nat. Sc. of Philadelphia , fcvrier 1824 , p. 284. )
Dans une excursion mineralogique faite pendant I'ete de 1823,
M. Nuttall a decouvert un mineral qu'll consideie comme une
variete de Spodumone on de Triphane. On le trouve abondam-
n»cnt a Sterling , en Massachusett , dans une roche granitique ,
composee principaleracnt de quartz hyalin et de mica , et dans
laquelle le spodumene remplace le feldspath ; il est en masses
lamellaires, d'une coulcur blanche et d'un eclat pcrle. Ces masses
se pretent aisement a la division mecanique , et donnent un
prisme rhomboidal dont les angles sont de 100°. et 80°.; M.
Geuiges Boweu , qui a examine ce minci-al , et s'est assure qii'il
contenait du lithion , a dernierement dccouvert la meme sub-
Mineralogie. 555
stance dans nne serie d'c'chantillons , proven.int des environs de
Dcerfield , en Massachusett. G. Dei .
281. ExAMEN n'liN NouvEAU MINERAL dc I'Etat de Nnw-JcFscv ;
par James Renwicr. ( Annals of the Lyceum of nnt. histoiy
oj New York , dec. 182^ , p. 37. )
Cettenouvelle substance a etc troiivee parCh.Kinscj, pendant
qu'il recueillait les niineraux des terrains adjacens a la route du
canal Morris. Ellc est disseminee dans le ininerai d'Andover ,
I'une des mines de fer les plus celebres de rAmerique du nord.
Ce mineral parait au premier coup d'oeil etre compose de trois
substances differentes , dont i'une est d'uu rouge de vermilloii
peu fonce et a structure granulaitre ; elle est assez dure pour
rayer le verre ; sa poussierc est d'un rouge de rose , clle agit
legerement sur I'aiguiUc aimantee , el fait effervescence avcc les
acides. Le D"^. Torrey , I'ayant soumise a Taction du clialuraeau ,
a trouve qu'elle formait avec le borax un verre verdatre , qui
perdait sa couleur par le refroidisseraent, et il en a conclu qu'elle
pouvait contenir du cerium ; c'est ce que I'analyse a confitme.
Elle renferme sur 5o grains, 16, 3o de silice ; 6,16 de peroxide
de cerium : 10, 5o de protoxide de fer; 1,8/j d'alumine ; 12,0/1
de chaux ; 1,75 d'eau. L'auteur du memoire propose de lui donner
le nom de Torreliie , en I'honneur da son ami le D"^. John Torrey.
G. Del.
282. Analyse i>e la cymophane be Hadpam et de celle du Bre-
sil; par M. H. Seybert. [Ann. o/Philos.,jmn 1823 , p. 427;
et Trans. ofSoc.Philos. of Philadelph. , 2^. volume. )
La cymophane de Haddara, en Connecticut, est disseminee
dans un granit a gros grains , compose en grande partie de fehl-
spath blanc. II conticnt, outre la cymophane, du grenat rouge,
et une substance grenue jaunatre qui est du Bresil.
M. Seybert a analyse concurremment la cymophane de Had-
dam et celle du Bresil. II a employe , pour faire ccs analyses ,
letraitementparlapolassecaustique.il a tiblonu les resnitafs
suivans :
356 Mine'ralogie.
(.yma\)\\nut: ile llatldani. Cymophanc tin Rri'sil.
Eau o,/|0 o,Gf)(>
Oxide de titane. . . i,oo 2,G(JG
Glucyne i5,8o 16,000
Silice 4>oo 5,g()9
Alumine 7^,60 68,666
Protoxide de fer. . 3,38 4»723
Perte 1,82 1,27
Total.
100,00 100,000.
Si dans I'analyse de la cymophane du Bresil on neglige I'Dxide
dc titane et colui de fer , on conclut que sa composition est :
silice, 6,61 ; alumine , 78,75; glucyne, 17,64; qui correspond a
la formule mineralogique A ^ S -\-7. G ^ ^ , D.
283. Analyse d'dn minerai de cuivre de New-Jersey; par G.
BowEN. {Journ. Ac. of Nat. Scien. of Philadelphia, mars 1824,
page 295.)
Ce mineral a et^ trouve a Somerville (New-Jersey) dans une
mine de cuivre. II se presente comme une incrustation sur le
mineral de cuivre ferrugineux de cette mine, et se trouve associe
au cuivre natif, a la malachite, a I'oxidc rouge de cuivre, et a
I'argent natif. Quelques mincralogisles out cru que c'etail un
phosphate ; les experiences de M. Bowen ont prouve qu'il ne
renfermait point d'acide j)hosj)horique. Son analyse a donne :
Eau, 17,000 ; silice, 37,280 ; peroxide de cuivre , 48,175 ; perte,
0,878 : — total 100,000. C'est par consequent un bisilicate de
cuivre avec eau, represente par la formule mineralogique
CS^ + AC,]. G. D.
284. Notice sou l'or et sur la maniere de l'employer, tiree
d'un ouvrage cliinois intitule : Description des Arts de V empire.
L'or, dit I'auteur chinois, a une Taleur seize mille fois plus
grande que le fer; et cependant, ajoute-t-il, s'il n'y avait plus
de fer pour les haclies et les ustensiles necessaires au besoin
quotidiens, il y aur.-.it de l'or, mais il n'y aurait plus dc pcu])le.
L'or est neanmoins le metal par excellence, et des qu'il est forme,
il est inalterable. Si Ton met de I'argent sur un brasier, et que
Ton excite forlement le feu, I'argent ne se consumera pas,
mais son eclal , diminuant peu a pcu , fmir.t par disparaitre.
Miiicrnln<^ie. ' ajT
I'eclat de I'or , an coiitrairc, auginenle i-n [Jioportion deriirtleur
du feu; et o'est ea quoi consisle sa superiorlte.
L'erapire de la Chine coiitient a pen pres cent mines d'or , et
la plus grande partie de ce metal se tire des provinces du sud-
ouest. Les mines ou on le trouve ont plus de lo tchangs ( loo
pieds) de profondeur. Les plerres de louche indiquent I'eiidroit
oil est I'or : cettepierre estouleurdefeutre ; elleest noire au de-
hors couiniesielleavait etecaltinue. On la trouve en grande abon-
dance dan» les rivieres du Kouany-sin-kian. Les plus grosses sont
conime un boisseau , les plus pelites sont coninie le poing : on les
faitcuiredansdu jusd'ole, cequi leurdoune un beau vernis noir.
On rccueiUe aussi de I'or dans les rivieres, et dans des plaines
ou Ton creuse des puits plus ou moins profonds. C'est le Kin-
tclia-Kiang , ou Fleuve au sable d'or, dans le Yun-nan , qui
f'ournil presque tout I'or qu'on tire du sable des rivieres. Ce
fleuve prend sa source dans le Thibet , coule autour de la ville
de Li-kiang fou; el, arrive a Pe-tching-tcheou; il fait un cir-
cuit de 5oo lis (i) environ. C'est la qu'il est coupe en plusieurs
endroits pour la peche de I'or. Le metal qu'on en tire est d'une
couleur jaune pale , lorsqu'on le fait fondre; il deyient rouge, si
I'on recommence I'operation.
A Tanyai, il y a des champs d'or; le metal y est mele au
sable et a la terre^ de sorte qu'il n'est pas nccessaire de creuser
profondement pour le trouvei-. Si on I'enleve cntierement, il ne
se reproduit plus; c'est pourquoi on ne pent , dans le cours d'une
annee, en laver et en fondre qu'une certalne quantite. Chez les
peuples de la Tartaric meridionale, on tire I'or des cavernes.
Celui qu'on rencontred'aboid est comniedufer; maissi Ton conti-
nue a creuser, parvenu a une certaine profondeur, on le trouve
sous la pierre nomniee fIc--t/f,iao, et alors il est tendre et facile a
mordre; c'est pourquoi il y a des ouvriers quil'avalcnt et qui le
cacheut dans leurs entraillcs, sans que cela leurfasse aucun mal.
Dans le Ho-nan, a Thay-koung et autres lieux; dans le
Kiang-si, a Yo-phing, a Siu-kian et autres lieux, on creuse des
puits dans les plaines, et Ton en retire un sable ex tremement
fin, qu'on lave ct que Ton purilie pour le reduire a I'etat metal-
lique. Le rapport de ces minerals est de fort peu dc chose , si
I'on a egard au travail que leur exploitation exige ; et quoiquc
(i) Le li rst la di^icin^ pailie d'une lieuc.
B. TOMK IL JO
338 Mineralogie.
les phiines oii lis se trouvent soient fort nombrouscs , en general,
il n'y en a guere qu'une seule, dans un espace do mille lis^ donl
le produit soit assez considerable pour dedomniager convenable-
raent des frais. Le Lin}; pa o assure « que les gens dii peuple la-
» vent les fientes des oies et des canards qui se nourrissent dans
i> ces pkiincs, et que d'une livre ils tirent quelquefois une once
i> d'or, mals que le plus souvent leur travail est infructueux. »
Apres avoir cite cette parlicularite , I'auteur (|ue nous tradul-
sons ajoiite, qu'il craint hlcn que re iie soit une fable.
L'or que Ton tire des plaines et des rivieres est bien infcrieur
a celui que Ion tire des mines : on distingue encore , dans cette
derniere espcce, differentes qualiles. La premiere se nomme ma-
ti-tin (or en pied de clieval); la seconde s'appelle lian-Ian-kin
(or en foime d'olive); la troisieme est connue sous le nom de
koua-tsenkin (oren grains de courge). La premiere qiialile de
l'or qu'on tire du sable des rivieres s'appelle keoii- teou-kin
(or en t^te de cbien); la qualite inl'erieure c.>t nommee lou-me-
kin (or en grains de froment). On nomme mien-clia-kin (pous-
siere de froment), l'or qu'on trouve en creusant des puils dans
les plaines. On commence par laver toutes ces especes d'or; on
les purifie par le feu ; on les fait fondre et on les faconne en
forme de boules.
L'or est naturellcment trcs-lourd. Si, en rffet , sur un mor-
ceau de cuivred'un pouce carre et du poids d'une once, on tallle
un morceau d'argent d'egale grandeur, il sera pluslourd detrois
dixicmcs At Icnng [i). Si snr ce morceau d'argent on taille un.
morceau d'or d'egale grandeur, il sera plus lourd de deux dixic-
mes de leang.
L'or se fait encore remarqucr par sa ductilite. EUe est telle,
qu'on pent le plier et le courber comme les branches du sauie.
Sa couleur n'est pas toujours la meme, et Ton compte sept sor-
tes d'or vert, huit de jaune, neuf de violet, et dix de rouge.
L'argent peul seul s'allier avec l'or; on n'obtlent aucun resui-
tat salisfaisant de son melange avec les autres metaux. Pour le
s(^p.irer de l'argent et avoir le metal pur, on le coupe et on Ic
reduiten motceaux que Ton cntoure d'argile, et que Ton jclle
rnsuite dans un crcusel. L'argent s'engorge dans I'argile qui se
detaclie de l'or en le lalssanl couler separemcnt, ce qui rend sa
(0 be leang, ou once cbinoLsc, pcse 9 gros.
Alincialogic. 5"g
couleur phis paifaile. On sop.ire ensulte , jusqu'a la pliis petite
parcelle , I'argenf de I'argile, au moyen d'un peu de plonib que
1 on met dans le crensel.
La j)lus belle couleur est celle de Tor; aussi lesliommes la re-
gardent-ils comine rornementle plus magnifique. C'est pourquoi
il y a des gens qui rcdiiisent ce metal en feuilles, demanicre a ce
qu'on puisse I'elendre sur les objets que I'Dn \eut dorer. CLaque
feuille d'or d'un pouce carre, et pesant sept lis (i), peut, en la
tenant avec des pinces , s'allonger jusqu'a la longueur de 3 pieds.
Les batteurs d'or seservont, pour aniincir ce nielal, du pa-
pier nommeou-kin-tchi (papier d'or noir), dans lequel ils I'enve-
loppent avant de le batlre. Ce papier se fabrique a Sou-f;ii)g,
avec des pellicules de bambous. On en garnit des lampes a!lu-
niees avec de I'hnile de dolichos, en ne laissant ])our le passage
de I'air qu'un troii de la grosseur d'une altruille. La Cuint'eenduit
le pa])ier d'un noir brillant; ct alors il est lerminr. Avec cliacune
des feuilles de cet ou-kin-U'lii, on pent battre cinquante feuilles
d'or, apres qnoi on I'abanilonne aiix droguistes, qui s'en servant
]>our enveIo]>per du cinabre ; ct il n'est pas encore use apres cela,
I'industrie des hommes a snle perfectionner.
Quand I'or a ete ainsi mis en feuilles, on I'envoloppe en pa-
quels d'un pouce, dans de lapeau de cliat impregni'e de salpetro,
sur laquelle on etcnd de la poudre odorante. Lorsque Ton veut
s'en servir on I'enleve avec un |>elil baton , Irgcrcnient liuinecle
desalive, enayant soln de relenir son lialeine; cnsuitc on le presse
dans un ]iapicr, et on ra])pliqtic sur les choses que I'un veut do-
rer et qui doivent d'abord avoir eie vernie's. On seserl, j)Our cette
dernicre operation , de beauconp de sue de raurler a jiapier (2).
Quand les donires son' galees, on a soin, avant de lesrejeter,
de les ralisser devant le feu, et le metal toinbe dans les cendrcs,
sur leequelles onjetle des gouites d'liuile qui entraiueut I'or au
'fond. On lave le tout snr un recliaud,et il ne s'en perd pas la
niillieme parlle d'une once. C. Laxdbf.sse.
(i) Le /(' est la inillicme partie d'un lenng.
(a) II est l)on da faire rpmari|ner que les Chiuois, tout cu rcconnais-
sant (pie Toi- osl Ic jilus |<rocicu\ des niclaux, ue sV'ii sci vent. {;u ere
que pour It's dorurcs. 11 est en cflol li i:s-raie de trouver, iiK^iiic dansle
palais imperial, des vases d'or ou J'autios ustensiles <lu nieiue nielal
qui aionl e'tc ial>riques daus Ic pays , et Ton uVu fail uucuu usage
comu e niODnaif! courantc.
54 o Bot unique.
a8/| bis. EcHANCE de mineraux. On desire eclianger conlrerfes
mineraux du Harz et des montagnes de la Thuringe, des mine-
raux de la Foret-Noire et du Kaiserstuhl. Parmiles objefs offerts
on remarque des roclies basaltiques, des Icucites , des mela-
nieSjdfs hyalites ethyalodiatcs. S'adresscralM. C. Braun, conseiller
sr.pcrieur des posies du duche de Bade, a Carlsruhe.
BOTANIQCE.
285. DissEBTATio iNAUCUB. BOTANicA de dlstribullone geograplii-
cii plantarum Helvetiae. Tliose sontenue sous la prcsidence du
prof. ScLiJbler, par V. A. Ringiek. Tubingue, i8a3. { Jourii.
fur Chim. , von Sch-vvelgger , toin. lo , cah. i , p. Gi.)
C'est aux interessanles recjierclies de M. Alexandre de Hum-
boldt sur !a division geogrnpliique du regne vegetal , que nous
sommes redevables du premier dcveloppeinent qui ait etc donnc
aux lois suivantlesquelles les diverses families des plantes sont re-
panducs sur la surface de la terre. Nous possedonsdeja, graces aux
travaux de MM. deCandollejWalilenberg, Rob. Brown et d'aulres
bolanistesmodcrnes, de nouvelles notions sur les lois de la dissemi-
nation geograpbique des plantes dans un grand nombre de con-
trees. Nous avons moins de donnees precises sur la maniere dont
ces lois varient, en raison des differentes elevations au-desstisdu
niveau de la mer; mais on doit s'attendre a ce que I'augment*-
tion du nombre des differentes especes d'une meme famille vers
lenord, ne correspondra pas toujours a une augmentation de
ces plantes dans les regions plusliautes,altendu que le climatdes
Alpcj dlffere considerablement , a differonles ejjoques de I'an-
,nte, decelui des contrees polaires.]\IM. AVahlenberg et Schouw
ont etahli noinbrc de comparaisons sur cct objet. Une dis-
sertation qui a paru dernierement a Tubingue^ contlcnt le re-
sultat de reclierches faites ulterieurement. L'auteur, prenant
pour base de son travail la derniere edition de la Flore Hel-
velique de Suter, Zurich, i823, supputc, dans la propor-
tion suivante , la dissemination des 60 families de Phanc-
ro"amcs , dont se compose cctte Flore , savoir : dans les
jilaines, jusqu'a 2000 pieds au-dessiisdii niveau de 'a mer; dans
lis ir.ontagnes, de 2000 a 3,5oo picds; dans les Basics-AIpcs,
rntrc 3,5oo ct 5/)oo, ct dans les liautcs-Alpes , de 5, 5oo jusqu'a
]a liinite des ne'/^es, dont la movenne rn Suisse est de 8000 picds
Botanique.
541
La table ci-jolntc conlient les resultats g^niiraux de ce travail.
Les marques tracecs dans la derniere colonne dotinciit une idee
de I'etat de la vegetation; la dii'ection ascendante du signe /\
indiqiie en general I'augmentation relativement aux aulresplantes
des especes de ces iamiiles dans les conlrees ])lus elevees; Ic
signe ^ dirigxi en sens inverse annonce, aucontraire, I'auginen-
talion de ces plantes dans les contrees basses. Piusieurs families,
a la verlte, qui annoncent en general une augmentation ou une
diminution, soit dans les contrees hautes , soit dans les basses,
se raontrent en nieme temps en plus grand nombre , dans
les moyenues regions des montagnes ou des Basses-Alpcs ,
ou bien elles sont au contraire plus rares dans ces regions
moyennesque plus hautou plusbas. Elles setrouvcntdistinguees,
dans le ])rcmier cas , ]iar deux signes ayant les pointes tournees
'Tune coutre celle de I'autre, et dans le second, par une direction
opposee. Iciles families spcciales figurcntdans le tableau en raison
de Icur plus grand norabre, et , de cette manicre , presentent
Jes principaux caracleres de I'ensemble de la vegetation. Ces fa-
milies sont celles que M. deCandolle a classees suivant leur ordre
natiirel dans la Flore fiancaise ; celles des plaines et des mon-
tagnes, jusqu'a la bauteur de '3,5oopieds, sont comprises dans l.i
classe des contrees plus basses, et celles des hautes et basses
Alpes, dans la classe des Alpes. L'ouvrage indique les rapports
particuliers de la vtJgetation pour chacune de ces regions.
FAMILLES
~-Xi
DE PhvINEROGAMF.S
'11
comprises dans la
4 °
FlOUE HELVtill^llJE.
r3
Plianero^aniPs. .
a'iSfi
MoDocolyledoufS .
4:Ji
.Gluinacces
J19
Oraininees . . . .
.87
Cvperacecs . . . .
io3
Jonccies
M)
Composccs
.80
|Corynobiferes. . .
124
jChicoracees. . . .
1 10
Cynaroce'iihales. .
!)l.
Crucift'res
ij()
Lt'f^uniinciises. . .
laJ
CaiyoiiliylU'i's. . .
P
Oinl)i-llifi!ri.s . .
loO
RA.-PPORT (III nombre des esperes contp
n-utis uansfbaquo futUiUe avec le uoiubr
lulal des pliaiie'ioganies dc la Suisse*
Dans
toiile
la S
iiisse.
4,7
I '2
31,8
77'7
r,8
. .
18,1
■io,5
i;»
,8,:!
"^'.i
2i,^>
Dans
Ic fond des
valle'cs
4,6
I : f)r>,i
1 : 8 i
1 : 19.6
I : -21,6
1 : 3G,8
I : ir),-i
I : U),^>
I : .?:5,i
Snr Irs
Alpes.
: 6,5
: ia,8
•• '9,1
: 4 '(.8
: fi/,
: 1',
: IH
■ :ifi
■ '1
. ii
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I : 102,4
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V
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22
I : 102,4
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1 : 4.18
V
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1 : 1.86
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I : 2r.o,r.
1 : 200,7
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1 : 2a5.8
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1 : 225,8
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Botaniquc. 345
D'apres ces recherches , de toutes Ics families gcneralement
rdpandues, les Cypc'racecs, les Joncecs , Ics Ericacees , Ics Amen-
tacees et les Coiiiferes soiit cclles qui se iiiontrent en plus
grand nombre d;ins ics regions les plus h;iutes de la Suisse. Cette
multiplication correspotid a ceile des meines families depuis
I'equateur jusqu'au pole. P;ir contra, les Legumineuses, les Ru-
biacees, les Labiees, les Euphorbiacees et les Malvacees sent plus
abondantes dans les va'.lees, el correspondent an plus grand nombre
de ces m^ines plantes vers requateiir. Les Cruciferes et les Ombelli-
feres, qui doininent dans les zones leniperee=, etsont proportion-
nelleinent beaucou]) plus nombreuses dans Ics zones froides que
dans cclles qui avoisiiient rec]nalenr , sont excessivement re-
panducs dans les Alpes. Parmi les coin|)osees, qui, de rceme, ar-
rivent a leur maximum dans les zones teniperees, les Chicora-
cees et les Corymbiferes abondent davantage dans les contrees
liautes, tandis que les Cynarocephales ( et avec elles les Dipsa-
cees) croissent en plus grand nombre dans les regions basses.
Les divisions particuliercs formt'es des grandes families, n'of-
frent pas toujours entre ellcs de semblablcs rapports. C'est ainsi
que les Cyperacces ct les Joncecs se multiplicnt dans les hautes
regions, ct que, par contre, Ics Graminees se montrent propor-
tionnellenient en plusgrande aboiulance dans les basses. Dans la
faiiiille Imporiante des Piosacoes, les trlbns des Dryadees et des
Agrlmonieesatteignent lenr maximum dans les Aljjcs, tandlsqu'au
contraire les Roses , les Pomacces et les Drupacees affluent
davantage dans lesvallees. Les Rlonocotyledones, en general, sont
]»roportionnellement plus rares dans l<s liaulcs regions, et se
niuitiplicnt en s'clendant de re(|iMtciir vers les poles.
Parmi les Go families dr Suisse qui viennetit ensuite, II en est
I 5 qui se mnltiplient dans la direction lies vallees an\ moutar
gncs , et qui meme atleignciit leur initxiinuin dans les regions les
plus clcvces ; de ce nombre sont les Cliicor.ic.'es , les Corymbi-
feres, les Omhjllil'crcs, les Dryadees, les Agrinioniees, les Rhi-
nanlliicecs, les Violacees, les Hypericees, les Piiinnlaeecs , les
CaryopliylK'-es, les Genliinces , Ics Saxif'rngees , les (Irasaulacees,
U's Ericacees et les Coniferes.
Au contraire, le nondjre des plantes de a'i famii'es dimlnue
dans la meinc direction, et alieinl .^oii ininiumin dans les re-
gions les plus basses; de ce nombre sonl les C^y.iarocoplialcs, les
Dipsacoes, les Legumineuses, les Drnp.icee.s, les Dorragiiiocs, les
344 Botaniquc.
Person^es, Ics Sola noes , les Pnpaveracees, les Malvacees, les
r.(5raniees , les Eiiphoibacies, les Capparklees, les Urlicees , les
Asparagees, les Porttilacres , los Plantaginees, Ics Cliiinopodees,
les Amarantliacees , les Salicariees , les Typliacees, ct les Alis-
luacees.
Les plantes de 7 families se inultiplient en s'ctendant vers les
hauteurs, avec cette dilfcrence toutefois que 4 d'entre ces families,
les Aroentaceesjles Acerinees,lesRenonculac«5es et les Carapanu-
lacees, croissont en plus grand nombre dans les regions peu (ile-
vees ( a nioins de 55oo pieds dans les contrcos montagneuses et
dans Us Basses-Alpcs), t;mdis que les 3 aulres families , les Jon-
cees, Ifs Cypcracees et les Crwciferes, qui tendent toujours a
s'elever, sonl en moins graude abondance dans ces regions
ipoyennes.
Les plantes de 1 5 families, an conlraire, se multiplient gen(^-
ralement en descendant des hauteurs vers les vallees; 12 de ces
families n'alteignent point cependant leur maximum dans les
regions, meme les plus basses, mais plntot dans les regions
moyennes ; voici les noms de ces dernieres : Frangiilacees, Po-
raacees, Rosei, Grossnlariees, Thymelees, Cislinees, Rubiacees,
Onagraires, Valerianecs, Iridees, Colcliicarees et Graminc^es.
Les autrcs families, savoir : les Polygonees, les Liliacees et les
Orchidees , se moutrentau contrairc plus rares daiis ces regions
moyennes.
En comparant la vegetation du nord de la Suisse avec celle
du suil , on voit bien, a hi verite, que la plupart des families qui
croissenl en plus grande qnanlite dans les regions elevees , sont
aussi les plus nombreuses dans le nord de la Suisse , et qu'au
contraire, celles-la sont plus riches en especes dans les regions
basses qui se montrent en plus grand nombre dans le midi de
la Suisse; toutefois, plusieurs de ces families dcvient, meme d'une
raaniere tres-sens.ble, de celle loi generale. (Vest ainsi que dans
la Suisse le nord possede jjroporlionneilement plus de Graml-
iiees, de Liliac(''es, d'Alismaeees, d'Eui)li()rbiac(CS , de Valeria-
necs, dc Portulacees, de I hyuieltes el d'Acerinees que le midi,
fjuoique ces families alteignent leur maximum, non dans les
Alpes,mais bien, en partie, dans les regions moyennes, et en
paitie dans les \allees memes.
Si on compare la flore de foute la Suisse avec les flores de
J ffince et d'Allcniagne , on s'apcrccvia que la plupji t dr; \o.vs\A-.
Botanique. 545
ies dont les rapports de vegetalion ont jusqu'ici etc regardes
comme elanL en faveur du premier de ces deux pays, off'rent
pour la Suisse un rapport dccroissant entre les florcs de tons
deux, surtout si dans ce rapprochement on exclut la vegetation
des Alpes. En general, la -vegetation en Suisse approche da-
vantage, a regard d'un plus grand nonibre de plantes, des
flores de rAlIemagne que de celles de la France.
Du reste, nous ne connaissons pas d'une raaniere plus ap-
proximative les lois suivant Icsquelles le plus grand nombre des
plantes dt'signccs ci-dcssus s'etendent d;ins des contrees sensi-
blement j)liis proclies que ne Test la Suisse de I'equateur et des
poles; c'est pourquol on ne pourra etablir de comparaisons plus
precises, a I'egard du nombre de ces families, que lorsqu'on
aura pu trouver des rapports plus rapproches pour diverses
contrees.
28G. Obseiivations si'R la sterilite nEs HYDRIDES, par 1\I. A. de
Saint-Hilaire. (Mem. de la Soc. d'hi'it. iiat., t. I , j)art. 2,
p. 373. ) Voyez le BuU. de i823; torn. IV, p. 2iy.
Le phenomene de I'liybridite^'efftctue peut-etre plus souvent
qu'on ne i)ensc dans les plantes vulgaires ou qui anjiartiennent
aux genres nombrenx en cspeees. II n'a cependant ete constat^
d'une maniere en quelque sorte rigoureuse que par un petit
jiombre d'observations. Celle qui fait le sujet de cette note est
confirmative d'une autre a peu pres semblable , que MM. Guil-
leniin et Dumas ont faites sur les Gentian es , et qu'ils ont consi-
gnee dans la i"^" parlie des Mcino:res de la Societe d'histoire
iialurelle. MIM. Aug. de Saint-IIilalre et de Salvcrt , en her-
borisant dans la Basse- Auvergiie, lirent la deeouverte d'une Dl-
gitale qu'ils prirent d'abord pour la Digitalis fucata, de Persoon.
Donnaut ensuite j)lus d'attention aux circonstances dans les-
quellcs ellc se trouvait, ils en conclurent que c'clait une hy-
bride de la Digitalis purpurea et de la D. hitea. En consequence,
M. de Salvert publia sa description dans le Journal de Bota-
nique, et I'appela D.hyhrida.
M. de Saint-IIilaire .ajoute ici que, pendant six annees , la
menie plante a etc rctrouvce dans le uieme vallon et au milieu
des deux especes meres; que ses capsules ctaient constamment
ridees et ne contenaient aucune semence capable de fructifier ;
j;nfin, que les ovaires ctaient enliercment flasques et ressera^
346 Botanique.
semblaient a une poussiere fine et legere. Ce fiit doit utre ajouttj
a ceux qui deposent deja en favcur de la steiliite dcs liybrides ;
ni-anraoins, M. de Sairit-IIilaire, de nieiiie que MM. deCandolIc,
Ouillemin et Dumas, ne pretend point assurer que cetle impuis-
sance degeneration soit generale , cliez lous les individus pro-
venant de fecondation adulterine. A. Richard.
287. Plantes usuelles des Brasiliens, par M. A. de Saint-Hi-
rAiRE; a*, liv., in-4., avcc 5 pi. Prix: 5 fr. Paris; 1824;
Grimbert.
M. Auguste de Sainl-Hilaire poursuil avcc actlvlte cette inte-
ressante publication. I,e second caliier, execute avecle menie soiii
queie jiremier, contient la description de six especes de ])Iantes
originaires du Brcsil , dont quatre enij)loyees comme emelique;
les deux autres recommandees par M. de Saint-Hilaire , pour
I'usage culinaire.
Le Cephcelis ipecacuanha ( tab. 6 ) , connu anciennement ,
fournit de nouveau a M. de Saint-Hilaire I'occasion de deposer
pliisieurs observations curleuses sur Thistoire, la patrle , la cul-
ture, 1 usage el le commerce de ce celebre enictique. M. de
SaMit-IlLlalre pense que le veritable ipecacuanlja, a present qu'il
«lcvient moins .nbondant, pourrait etre remjjlace avec succes jjar 2
especes de Richan/so/iia , savoir: le R. rosea ( R, caidibtis opice
pra-cipue molliler hiriutissirnis ;foliis ovatis vcl Oiato -elUpticis ,
ttcatis ; marginibus pra'cipuc scahris, per parla distantibus ; sti-
piiUs ullra viediurn di\'isis } corollce laciniis pilosis ;Jloiibus ro-
ads tab. 7 ), et Je R. scabra ( R. caidibus pilosis ; Joliis ovatis
nviUove-lanceolatis , rariits oblongis, acutiuscuiis , marg^inibus
pi xcipue scahris , stipules usque ad medium nan divisis ; corollce
laciniis apice pilosis ; Jlorihus albis. — Richardia scabra , L.
C'jerln.; Richardia pilosa , Ruiz, et Pav.; Richardsnriia pilosa.
Kill., etc. ), connucs dans le pays sous le nom de Po<iya do
caiiipo , et dont les racines jouissent au plus baut degre de )a
jiropriete em^lique.
Les liabitans de Rio de St. -Francisco, et des pro'inccs de
Idinas-Geraes et de Goyaz, designent encore sous le nom de
J'oriya do campo une nouvellc espece de lonidium. ( I. hirsu-
tissimum: caule sujjruticoso^ scepiiis simplici ; Joliis alternis ,
subsessilibus , ovatis , basi subcordatis , acutiuscuiis , obsolete
denlalis ; stipiilis liucaribus ^ inlegerriinis , vi.v inanifestis ; laci-
Botanique. S/^'f
nils calycinis integris ; petalo iiiferiore max'uno , late ohcordato ,
fiUuncTilis ejrtus apice barhalis ; antherarum processii mcinhra-
nacco miniino , tab. 9), et la substiluent au Ccphcelis ipeca-
cuanha qui ne se trouve pas cliez eux.
D'upres les reclierclies ile IM. de Saint-Hilaire , le Loholobo
des environs de Rio-Janeiro est une espece de Conohoria.
C. Loholobo y Aug. de St.-Hil. Foliis alternis et suboppositis y
in apice rainulorum confertis oblongo-lanceolatis , angustis^
obsolete sen- at is; raccmis simplicibus ; pedicellis puberulis ;
squa mules vix manifestis ad basiin staniiiium ; ovario villoso ;
ovulis basi placentarum ufftxis , tab. 10.) Ses feiiilles crues
ont, ainsi que cellcs dii Conohoria castancifolia ( C. foliis al-
ternis ct suboppositis , in apice raniulorum confertis , oblongo-
lanceolatis, inanifcsle serratis, tnucrontilatis; ova/io \ullosissimo ;
ot'ulis ex apice placentnruni pendulis ) , espece ties-voisine , un
gout heibaie; mais cuites, elles deviennent mucilagineuses, et
Ics r.egrcs les mangent avec leurs alimens. Kunth.
2£8. FtoBA TiciNENiis, scu enumcratio plautarum , etc., t. llj
'> icini; 1823. ( Gicrn. deW ital. lit., t. LIX, n°. 57. )
II y a environ 6 ans que le tome 1'''^, de cette P'lorefut public.
Les auteurs trouvent, dans la gramle quanlite d'esptces nou-
vclles a decrire et a figurer, des motif's suffisans pour faire ex-
cuser le retard de la publication du 2*. vol.
Les redacteurs du journal dont est extralte la prcsente an-
nonce , font, sur cette publication, quelques observations cri-
tiques, dont nous exposerons les plus importantes.
P. 3. Le Lepidiurn graminifolium et le L. iberis sont repre-
sentes ici de nieme que dans la Flora f eronensis de Pollini,comme
ne forinant qu'une seule et ineme espece. Mais dans le premier la
racirie est vivace, elle est annuelle dans le deuxleme, ce qui (in-
dependaminent de la difference qui existe dans les sllicules, et
de quelques autres caracteres) suflit pour l(!s faire distinguer.
P. 54. Les Coronilla varia et Sonclnis an'cnsis sont vivaces,
et non annuels, conime I'indique la Flore.
P. 61-67, 70* Trifolium hybriduin , gloineratum , procum"
bens, etc. II parait y avoir, de la part de I'auleur, quelque con-
fusion dans la citation des figures.
P. 78. La fig. 1 1'3 de Boccone represenlant VHieraciuin rnu/i-
t :nt:n , est rnpportee ici a \'lf}peri.;i.'n inu.Hanuin.
348 Botaniqite.
P. loi. Cardtius pycnocephalu.1. Lcs fig. citecs de Barrelier et
. de Triumfetti appartieiment au Cn'uus strict us ^ Ten.
P. \l\0. Le Ct'iitaurea iiijpa parait devoir etre le Cent, tii-
grescens.
Celte Flore rontient un grand nnmbre de plantcs officinales.
Voici quelques details sur les piincipales.
Le Polygnla amara est indlquc comme utile dans les inflam-
mations de poitrine , meme quand la suppuration est etablie.
\1 Arnica montana est conseille par Borda, dont rexpcrlence
est ici d'accord avec celle des medecins de Berlin, comme cal-
mant, egalement dans les inflammations de poumons, etc. Le
Buphthalrnum salicijolinrn n'est plus rccoramandii comme un
specifique, mais simplement comme un leger narcolicpie, conlre
le veuin de la \ipere, et contre la rage. Le Lcpidium rudcrale,
indiquepar Riltmeister comme succedane du quinquina, le rem-
jjlace, selon Rulil , avec un succes complet, dans les fievres in-
termittentes et de printemps. On emploie les feuilles en infusion
theiforroe , a la dose d'une dcmi-once dans 16 d'eau bouillante^
dont on prend deux cuillerees de deux en deux lieures.
Les taches signalees dans la Flora Tirincnsis n(tVcm\)^c\ien\.
pas de meriter, par beaucoup d'observations im[)ortantcs , I'at-
tention des botanlstes , et la reconnaissance des Italiens. D. li.
289. De l'organisation pes vecetaux dans les excroissanccs
appelees Galles; par J. J. Virey. [Journ. de Pharm., juillet et
aout 1823, p. 3 1 4.)
M. Virey , ayant examine au microscope la substance spon-
gieuse de I'interieur des grosses galles dulauzin [Quercus toza,
les galles du chardon hemorrliciJal f^Scrratula arvensis"), et Tiu-
terieur des hcdcguars o\i q^Mos, du rosier, en conclut que ces
substances ne conliennent pas de fibres vcg^.tales proprement
difes; mais que le gonflement du lissu ccliulaire des plantcs est
un effet de I'irritation causee par le venin acre du Cyiii])s qui y
depose ses oeufs; que cette irritalion est analogue a cclIe qui
est produite dans le lissu cellulaire des animaux par une e|)ine;
enfin, que I'acide gallique et le tannin des galles sont contenus
dans des tubes utriculaires. Ces deux principcs, dont I'abon-
. dance constitue la qualile des bonnes noix de galles, se presen-
t«at sous forme d'une matiere opaque, fauve et gmmelee.
G... N.
Boiani<iue. 549
ago. ObskRvations sur lv Fi.ore nu Brksil; par Maximilien»
PRINCE DE Wied-Nkuwied; avec lies de^criptions par le D*^.
!Nees d'Esenbeck et le D"". V. Martius.(^c/. Curios. Naturce ;
\oI. XII, part. a^. , p. i.)
Nous ne pouvons qu'appliquer a la seconde partie de ce tra-
vail Ics eloges que nous avons donn<''S a la premiere. Les descrip-
tions sont etendues, les localitcs et Tepoque de la floraison sont
indiquees soigneusement; les figures out ete dessinces avec goiit.
Environ soixante plantes, dont la plupart sout enliereinent
nouvelles, se trouvent comprises dans le travail que nous
annoncons et sont reparlies entre Ics families suivaiiles : Lobe-
liacces, Composces ^ Cucurhitacces , Passijlorecs, Ruhiacces y
Terebinthacecs , Mcliacces , Mai pigh tees. Sap indces , Onagrai-
res, Salicariees , Polygalees, Leguinineuses , Guttiferes , Hes-
peridecs, Ochnacees , Oxalidees , Bombacecs , ViolaceeSy Loa-
sees , Mjrtees , Melastoinees.
Nous ne croyons pas avoir besoin de dire, qu'en formant cetle
serie les auteurs ne peuvent pas avoir eu Tidce de se rapprocher
de I'ordre naturel , mais qu'ils out dispose les families a peu pres
comme elles se sont presentees. Personne n'imaginera certaine-
uient qu'on ait voulu indiquer des rapports entre les Passijlo-
rees et les Rubiacc-es , ceiles-ciet les Terebi/ithacecs , les Sapin-
dacces et les Onagraires ; et que ce soil avec I'intention d'etablir
des affinites que Ton a intercalle les Polygalees, les Legumi-
inineuses, les Guttiferes , les Hesperidees, les Violacees , les
Ochnacees, les Oxalidees ,\cs Bornbacees , entre les Onagraires
el les Loasees , suivies des Mjrtees et des Melastoniees.
On doit savoir gre a MM. Nees et Martius, de ce qu'ils ont re-
tabli le nom iX Hainelia tel qui! avait etc propose par Linne. Les
botanistes n'ont pas besoin de I'addition de I'article du devant
ce mot, pour se rappeler les services rendiis par I'auteur de la
Phjsique des arbres , et tout cliangenient ii la nomenclature
est prcjudlclable a la science. Nous regretlons, d'apres cela ,
que les auteurs, sans doute par inailvertance, se soient quel-
quefois ecartes de ce respect pour les noms deja rerus, que
nous venons de louer cliez cux ; que, par exeniple , ils aient
substitue Laplacia au mot Lajdacea , plus ancieu, plus harmo-
nieux , plus conforiiic a retymologie; et qu'ils aienl change eu
Jonidiees le uoni de f'iolaries , qui a etc adopte depuis vingt
55o Botanique.
ans par tons les botnnisles, et qui, suivant les regies , est em-
prunte du genre le plus ancien Je la faniille.
Quclques personnes ont trouve qu'il y avait, dans plusieurs
descriptions de I'ouvrage que nous annoiuons , quelqiie chose
de vague qui peut-etre rendrait un pcu difficile la coinparaison
qu'on pourrait faire de ccs descriptions avec les objets dccrils ;
cllcs eussent desire que les caracleres les plus iinportans eussent
etc omis moins souvent; clles ont regrettc que ceux de Tein-
bryon n'aient etc exprimes qu'une fois , et encore d'une ma-
niere fort incomplete; elles auraient souhaite que les caracleres
generiqnes se fussent plus snuvent rctrouves dans les descriji-
tions specifiques, lorsqu'iis ne sont point places a la tete des
especes. Le Thouinia dioira leur a paru etre un Schinidclia ; elles
eussent voulu connaitre les motifs qui ont fait ranger les La-
phicea parnii les Guttiferes, etc. Mais, pour que des plantes
soient decrites comme elles le sont dans le iVocfl genera on le
Mcmoire stir les Lasiopetalces , il faut necessairement un lenips
fort considerable, et Ton doit se rappeler combien il y en a qua
paru la premiere partie de I'ouvrage que nous annoncons au-
iourd'liui. Si meme Ton songe a combien dautres trav;iux plus
importans encore les auteurs se sont livres dans cet intervalle, on
admirera leur fecondite, leur zele et leur ardeur ; on aura lieu d'e-
tre surpris de ce que dans ce travail , en quelque sorte prepam-
toire les taches ne soient pas plus nombreuses; et Ton sera re-
connaissant de ce que les deux savans acadcmiciens aientbien
voulu a la bale, derober quclques instans a leurs autres occu-
pations, pour nous faire jouir, sans retard, de la connaissance
de tant d'objets inconnus.
Voici les "enres que les auteurs indiquent comme nouveaux :
1°. Cephalopappus (Composees). Jnmlucruni polyphyllum ,
subcvqua'.' ; receptaculitm muliun , papillosum ; achcnla coro-
nata capitulo integro ; Jlosculi i-lahiuti a-qualcs.
7.". Galoplithalmum. Tnvolitcrum ojqualc, biseriatum , %-j)]iyl-
luin, cylindricum; receptaculum nudum; radius diinidiatus, "i-flo-
rus ; pappus i- !\-spinus.
3". Ilelleria (Ilesperidees ). Calyx pentaphyllus, jyersistens ;
glandula in singulornrnfoliolo; corolla ^-pelala ; ncctariuin rya-
thiformc intra starninuin basi ronnatoruin urceolutn ; bacca S-lo-
cularis, nnthercc glandu'ow-cu.-pidato'. A. J. C
Botcmiquc. 55 1
29 1. Notice sur les genres Myrtus et Eugenia des auteurs;
■pavM.C.'Kv^Tn.^Mein. de la Soc.d'Hist. Nat., t.i, part. 2, p. 322.)
Dans cette notice M. Kunth, se rangeant a ['opinion de Swartz ,
qui avail reuni les genres Myrtus et Eugenia de Linne, expose
les raisons qui lui ont fait adopter cette opinion. Les caracteres
differentiels consignes dans les auleiirs n'offrent nl Constance
ni rapport entre eux, et ue sont point indiqucs d'avance par le
port. M. de Jussieu les a cherches dans le nombre des parties de
la fleur; G?ertner dans la nature du fruit, et Wiildenow dans le
nombre de^ loges et des graines. D'apres rinsi)ection d'un grand
nombre d'especes conservees dans les herbiers, M. Kunth est ar-
rive aux resultats suivans : i". Le nombre des divisions du ca-
lice et celui des p^talcs est souvent variable dans le meme indi-
vidu ; 20. les loges de I'ovaire sont au nombre, tanfot de deux
tantot de trois sur la meme branche; 3". dans les espcces les
plus voisines , et Ires-souvent dans les menies individus, le nom-
bre des ovules de cliaque loge est variable; 4". en tenant comple
de I'avortement, on a rcconnu I'idenlile de plusieurs genres se-
pari's uniquement a cause de la difference du nombre des loges
du fruit, difference produite par la cause que nous veuons de
citcr. C'est le cas des genres Myrtus et Eugenia, car I'avorle-
ment n'ayant rien de conslant chez eux, ne donne que des
coupes artificielles.
M. Kunth cite un grand nombre d'exemplcs a I'appui de ses
assertions. II examine ensuite unc difference signa!eei)ar M. Lind-
ley, et observee dans la structure de la gr;iine de diverses espe-
ces. Get auteur , prenant pour tyi)e du genre Myrtus, le 31. com-
munis L. , a vu dans sa graine un embryon courbe en demi-
cercle, recouvert par deux legumens, I'exterieur luisant, et d'une
consistance crustacee; la plus grande parlie de cet embryon est
formee par la radicule; les cotyledons sont tres-petits, et pres-
que egaux. M. Kunth mentionne un grand nombre de 3Iyrtus
ou ce caractcre est modifie; lantot il n'y a qu'un seul tegument
tantot il y en a deux , dont i'exterieur est osseux; les uns ont de
tres-petits cotyledons inflechis en dedans ; les autres en ont de
tres-grands , plus ou moins foliaces , et diverseinent plisses ou
chiffonnes.
Plusieurs modifications se prescntent t'galement dans les grai-
nes des Eugenia , et comme ces modlllcalioiis n'ont point de rap-
port avec le reste de rorgxinisaliois des especes, on ne pourrait
J?5a Botanique.
s'en servlr utileinent pour classer les especes. Il fauilniit, en ef~
fet, examiner Ics graincs de cclles-cL quand on cssaieiait de dti-
terminer si ce sont des Eugenia ou des Mjitiis ; niais plus des
neuf dixiemes de ccs plantes se trouvent dans les herbicrs de-
pourvues de graines parfailement mures. M. Kunlli oliserve
neannioins que ce n'est nullementla difficulte que presenlcrait la
recherche de send)lahles caracteres generiqnes qui rcmptcherait
de s'en servir; ujais ces caracteres n'exislenl pas ri'ellement, puis-
qu'il n'y a, par cxemple, aucune difference rcelle cntre un em-
bryon courbe , ct un embryon en splrale. Les diverses phintes de
la famille des Myrlacees, etudlees pir M. IvuntJi, et enunierces
dans sa notice , presentent toutes les nuances possibles dans Ics
formes de I'embryon , et ces nuances n'entrainent aucun change-
mentdans le reste de Torganisation.
L'anteuf propose de delruire les genres Gfeggia , Sjzygium,
Jamil lifera elCarjophyllus, etabHs uniquement d'apres la struc-
ture de I'embryon par Gartner. II discute ensuite la valeur des
caracteres que M. Llndley a employes pour la formation de ses
genres , et il fait voir que ceux tires du style droit ou en cro-
chet, des etamines rigides ou legeremcnt lordues, du placenta
plus ou rooins gros, ou de son absence tolale, ne peuvent avoir
beaucoup d'importance ; car a I'egard de I'apparence rigide ou
crochue du style et des etamines,clle est deterniinec par la po-
sition relative des parties de cesorgancs dans le bouton ; la fleur
se developpe,robstacle est leve, et le style ou les etamines ac-
qui^rent plus de rigidite. Quant au placenta , sa grosseur est su-
bordonnce au nombre des ovules; un grand nombre demande
un lar"e support , landis qu'un molndre nombre pcut se fixer
immediatement a I'axe central.
Par la fusion de tons ccs genres dans le ::\Iyrtus, cclui-ci se
trouve compose d'un tres-grand nombre d'especes, dont I'inflo-
rescence prcsente, selon M. Kunth, des caracteres diffcrcnliels
fort senslblcs, et dont il s'est servi pour tilablir des coupes trcs-
nalui elles dans Ics especes rapportees d'Amerique par MM. de
Humboldt et Bonpland. G....N.
902. Notice sur QtiELQUES Moitsses de Rio -Janeiro, par
M. Walker- Arnott. ( Mem. dc la Soc. d'Hist. Nat., to. 1 ,
art. a, p. 3/|6. )
L'Aincriquc a etc explorce avec beaucoup dc succes par Ics
Botanujue. 353
bofaniijles voyageurs , ot lout reccmrnent le Bresil vient d'etre
parcoiiru d'uneiiianiei e extreintment avantageuse pour Ja scien-
ce, par MM. Aug. Sidnt-Hilaire, Martius , el par le prince de
Neuwied. Noiis ignorons si ces savans naturalistes ont porte
lelir attention sur dcs objels qui, pour avoir inoins d'eclat que les
beaux arbres dcs forets , n'en sont pas inoins ifJteressans aux
yeux des curiens de la nature; mals dans ce qu'ils ont publie,
nous n'avous vu jusqn'a present qn'un petit nombre de crypto-
gaines. La notice j)ubliee par M. W. Arnott off're done beaucoup
d'interet en ce qu'elle renferme des descriptions de plantes dont
j)lusienrs sont nouveiles; Les rectifications operees dans la classi-
fication des especes font honneur au savoir de M. Arnott , et
seront bien appreciees par les cryptogamistes. Les descriptions
ont ete faites d'apres des echantiilons envoyes par M. Jameson ,
qui les a recoltes dans un rayon assez ciiconscrit aux environs de
Rio de Janeiro.
Comnie le nombre en est tres-borne, nous aliens les ^nu-
merer, et nous donnerons 'a phrase caracteristique des especes
nouvelles.
LiCOPODIACEES.
I. Lycopodiu)n riipcstre L. Sur les roches du port de Rio-
Janeiro.
n. Lycopodium cojn'olutum W. A.vn.Foliis bifariis, imhricatis,
secundis, oi'atis,acutis, ciliato-dentatis,supcrficiaUhus minoribus,
peminis. Caule ererto , distiche ct alternathn ramoso , ramulis
dichotome ramosis, apicibus corwolutis, Dans les endroits arides
et montucux.
Mousses.
3. Gymnostomwn Jauiesoni W. Arn. Foliis laid lineari-lan-
ceolalls , marginc convolutis , intcgerriinis , siccitatc incuivo-tor-
tuosis , ncrvo excurrcntc. Thccd tiirbinatd, ore atnplo ; operculo
lostrato thccd loiigiorc. Sur les collines.
l\. Dicranum bryoidcs Hook. Espece parfaiteraent semblable
a noire espece europeennc.
5- Dicratiuin Jlcruosum Hcdw. Sur les collines. M. W. Arnott
en enuniere 3 varietes. La i'^''. est le Dicr. saxicola de Weber et
ftlohr, Caiiipylopiis pilifcr ct pennicellatiis de Bridel ; a ia 2*. se
rapporte Ic Dirr. introj/exum d'lledw., ct Ic Thysanomytrion /?/-
B. Tome IL 2 3
554 Botanique.
chardide Schwsegrichen. La 3®. est le Dkr. fdiforme de cc der-
nier auteur.
6. Tortula cirrhata W. Am. ou Trichostornum harbula de
Sclnvaegriclien. Sur les coUliics.
7. Bryum argcnttum Hedvvig. Sur les vieux muis.
8. Bryum turbinatum Hcdw.
g. Bryum roseutn Swaeg. Dans les endroils montueux et arides.
10. Orthotrichum JamesoniW. Arn. Caule repente;ramis erec-
tis, ramosis;foUis ellipticis, longitudinaliterplicatis, nervobreviter
excurrente , seta longiusculd ; thccd Oi'ato-oblongd Icevi, calyp-
trd cainpanulatn, hei'i basi integrd, appendicibusquc latis auctd.
Cette espece a le port de VOrth.rugosum; elle croit dans les
forets.
I Nee Icra undnlala Iledw. Sur les troncs dcs arbres.
12. Hooheria albicans [Les/cea albicans Hedw.) Dans les forets.
i3. Hookeria affinis W. Arn. Caule procumbente, ramoso, sub-
rompresso,foliis undiqueiinbricatis, oblongis, acuminulatis,ner~
vis duobus difcrgcntibus, ante apicem evancscentibus , emargina-
tis , inlegerrimis ; thecd cernud ; opcrculo conico rostrato ; setd
Icevi ; calyptrd glabra , basi multifidd. Dans les forets.
\I^. Hooficria pra;longa AV. Arn. Caule rcptante , pinnatiin
ramoso, ramis simplicibus laxc foliosis,foliis distichis ? subrn-
Cundis, acuminatis, enervibus, intrgerrirnis.
1 5. Hooleria tomentosa {Hypnum Scliw., Racopilum Brid.)
Dans les forets.
16. Hypnuin imbriratum Scbw. Sur les troiics dos arbres dans
les forets epaisses.
I '-. Ilypnuin subsccundum "\V. Arn. Caule rcprnic, subpintintn,
hrevi , inferne mediusculn ,foliis sursiiin palentilms , oi'atis , acu-
minutatis, concavis, marginihus recun'is, integerrimis, cners'ibus ;
thecd erectd, ovatd, opcrculo hcein i^plta'rico, rostrato.Y.s^hce tres -
voisine de XH. crass iusculum; elle croit dans les forets.
i». Hypnum loxense Kunth (//. Bonplandii Hook. Mss.)
10. Hypnum amcenum Hed-w.Sur les troncs dcs arbres.
■io. Fontinalis squamosa lAmi.YaT. Curta.
IIkpat:ques.
ai. Jungermannia patula Swspgr. Dans les forets.
■%■%. Jungermannia brnrhiata Swirgr.Siirles collinrspresdo T.i-
Botanique. 555
inaau Perou. Celle planle a etc envoyee avec les Mousses du Bresil.
23. Jungermannia tamarisci Hook. 24. Jungennannia plati-
phylla L. Var. Tcnuior. 2 5. Jungcruiannia viultijida L. G... w.
293. Observations sur les Fuco'ides, et sur quelques autres
plantes marines f'ossiles , par M. Ad. Brongniart. [Mem. de la
Soc. d'hist. nat.,t. i , part. 2 , p. 3oi.)
L'auteiir de ce memoire, a qui Ton doit deja un travail fort
etendu sur la classification et la distribution des vegetaux fossiles
(^Mernoij-cs du Museum, t. VIII), a voulu donner une monoojra-
pliie de toutes les algues non articulees que Ton a rencoutrees a
I'etat fossile. II expose I'historique de celte parlie de la science,
Iiistorique tres-court, puisqu'a Texceplion d'un ouvrage sur les
fojsiles vegelaux, public receniment par 31. deSclilotheim, aucun
auteur n'a r; s?emble un certain nombre d'observations precises
sur ces productions d'aulrefois.Cependant,au rapport de Brocchi,
il existe un traVail fort etendu de J. Targioni sur les fucus qui se
trouvent dans quelques rocLes calcaires de la Toscane; mais ce
travail , accompagne de /|4 planches, n'a pas vu le jour (i).
M. Ad. Brongniart s'est appuye, pour la determination dc
piusieurs especes, de I'opinion de M. Agardh, savant algologiie
stiedois, qui les a inscrees dans son Species ali^aruin. II n'a pas
porle son attention sur les pretendues conferves trouvees dans des
cristaux de quartz, parce qu'il existe deja un memoire sur ce sujet,
public par M. J. Mac-Culloch, dans les Transactions gcologi-
ques, et parce que ces singulieres arborisations devront former
un genre parliculier.
L'auteur definit ce qu'ii entend par especes et varietes parmi
les fucoides. 11 parle ensuite de leurs positions geologiques , et il
fait reniarquer que tons les fucoides fossiles paraissent apparte-
nir .i qualre formations ulfferentes, savoir :
i". Dans le terrain tertiaire, ou la formation de sediment supe-
rieur, les fucoides de Mont<— Boica , pres de Verone. lis se rap -
proclient beaucoup des especes actueUement existantes d.ms les
niers desclimals tenqtercs, excepte ies Fuco'ides dlsciphorus et F.
Jgardhianus , (pii ont des rapports avec les Cauleipa , genre des
mers equalojiaks.
2°. Les fucus fossiles de I'ile d'Aix pres la Roclielie, renfermes
(i) M. Rotlie juiblie on Allemagne les jilanfes fossiles trouvees dans
Ifs rorlirs dc SiU'sic \ nous en rcndrons coinplf .
556 Boianiq'ie.
dans ties llt;iule.s marini^, infi'Tleurs a la ciaic. lis s'y tronvent
njelanges avec tics Irenes d'arbrcs dicotylcdoiies, et avec les
feuilles que I'auteur dc'crit sous le nom de Zosterites, dans la suite
de ce memoire.
3°. I.cs fiicoides trouvees dans le calcaire dc Stoiicsticld, jircs
d'Oxforil( qui appnrlienl, selon M. Buckhind, au calcaire ooli-
thique du Jura.) Ce sont des resies de vegelaux tres-rp.pproches
des t'auleipa. lis sont aceonipagnes do lycopodites et de filicifes;
ct a cettc occasion, M. Ail. IJrongniart releve une errcur qu'il
avail conimise dans son premier nienioire, relativeinent a I'indi-
cation des fossiles du calcaire du Jura, et ou il disait n'avcjir
■vu aucune plante qui eut apparlenu a la famille des roii:,'ci('>'.
4". Entin, quatre especes, qui semblent apjjavteuir ;.u uicuic
f-enrc et peut-etre a une nieme section de genre, se rcuronirent
dans des localites fort I'loiguees , et dans une I'orniation que
M. Alex. Brongniart pere presume ap;\Trtenir, comme celle de
I'ile d'Aix, aux lignites infcrieurs a la craie. Ainsi , le clialeau
do Malaspinn prcs Sarzane,le Kaltenberg , au N.-O. de Vienne
en Autriche, la cole occidentale de Genes, les Apennins, ausud
de Fiorenzola, etBidache pres Bayonne,offrent des terrains dont
I'analogie est constatce par la presence des fucoides dont nous
parlons.Cette observation nous conduit a j)enscr que I'etude des
plantes fossiles pourra , de cette maniere, preter un grand se-
cours a la geologic, et I'eclairer dans sa niarclie.
Apres ces considerations generates sur les fucoides, M. Ad.
Brongniart expose leur liistoire particuliere ecrite en latin et ac-
comj)agnee de notes francaises a la suite de la plirase sp^cifique,
de la synonymic et du gisement. Toutes ecs especes sont decrites
pour la premiere fois , a I'exception de celles publiees du consen-
tement de I'auteur par M. Agardh dans son Species algarurn , et
des JIgacilcs deM.de Schlotlieim. ]\ous ne pourrions, sans don-
ner une trop grande extension a une sim])le analyse, exjioser les
caiacteres de ces plantes fossiles nouvcllemcnt decouveiles, c'est
pourquoi nousne fcrons qu'indiquer les uoms et ciler Icsligiires,
ainsi que les lieux oil elles se Irouvent.
I. Fucoides Orbignianus [Cjstoseira ? Ag.) PI. XIX, fig. i,
Dans le lignite d'Aix , prcs la Rochelle.
a. Furoide.i strictux,\)\. XIX, fig. 2. Sphcrrococcus ? strictus Ag.
mss. ; lUiodomcla diluviana. Ag. Spec. alg. i. 3M3. Dans le li-
gnite d'Aix.
Botcjuiiiie. u5j
3. Fiicoidcs rrispiformis [Sphfvrococcus. \.^.) Algaciles crispi-
formis, Sclilolh. Nachtnige zur Petri/., i^. 44, t. 4, fig. i.Danslcs
schistes argileux accompagnant le lignite de Boheme.
4- Fucoidesfurcntu.i,-p\. XIX, fig. 3.{Sp/icerococcus?) A Vernas-
que dans le Plaisantin.
^■Fucoides reatrvus, -pi XIX, (ig. 4. Chomlria recuiva A.-.
Spec. alg. I, 365. IVIeme localite que la prccedente espt-ce.
6. Fucoides dijjnrmis ,-p\. XIX , fig. G. Chondrln cequnila, var.
B., Ag. mss. A Bidaclie, pres Bnvonne.
7. Fucoides (equalis, et sa variete 'K Jlexibilis , pi. XIX, fig. 5
et 7. Chondria ccqualis. Ag. niss. et Spec. alg. i , p. 3G5. Anpo-
tius Sphcerococcus ? A Vernasque, a BIdaclie ct ilar.sle Modenais.
8. Fucoides inlricnti(s,i^\. XIX, fig. 8. Chmdrla Spkccrococcus?
A Oneille, cote de Genes; a Sarzane, pres la Spezia;,au Kalten-
berg, en Auliicho; eta Bidache.
9. Fucoides obtu^us, pi. XX, fig. 4. Chondria obiusata,y&v.
Jossilis Ag. mss. et Spec. alg. i , p. 366. A Monte-Bolca.
10. Fucoides Jlabellaris.{Zonaria? Kg.) Pi. XX, fig. 5. A3Ion-
te-Bolca.
11. Fucoides gazolanus. {Delesseria'Lamouv.)V\. XX, fig. 3.
A Monte-Bolca.
12. Fucoides Lamourouxii. (Z><-/fj-^mrtLamour.)Pl.XX,fig. 2.
A Monte-Bolca.
1 3. Fucoides Jgardhianus. {Caulerpa.) PI. XXI, fig. i et 2. A
Monte-Bolca.
14. Fucoides pcmiatula. [Cauleipa.) PJ. XXI , fig. 3. AStones-
fid'd , pres Oxford.
i5. Fucoides elegans. {Cnulcrpa.) Planch. XXI, fig. 4. Meme
localite.
Telles sont les i5 especes biea determinees de fi.cus fossiles
d.'-cTiles par M. Ad. Brongniart. II les a fait suivre de six autres
quil rcgarde coimne doiiteuses. Cesont deux fucoides de Monte-
Bol.M , qui paraissent se rapproclier des Caulerpa et qu'il a nom-
rnc-es et figurees (pi. XX, fig. 6et 1) sous les noins de F. disco-
phorus ex F. turhinalus; plus quatre algaeitcs de M. de Schlo-
ll.eim. Enfin, pour completer les connaissanccs que Ton possede
surces fossiles , Tautcur cite en notnYAIgacUes caulesceus ,trovL-
ve dans les marnes caicaires du basalte de Walsch en Rolieme,
et rapproclie du Fucus cmdcsccus C.mel. pai le cojute de Stcri;-
558 Botatiiqiic.
beij,', djiis le tioisieiiie ciihior de sa 1 lore du mondc primitif.
Cttle monographic des fucoidcs est suivie de reclierclies sur
d'autrcs fossiles vcgetaiix qui appartierment certainement a une
famille tres-differente de celle des algues , mais qui croissent
cgalement dans la mer. Ce sont des f'euilles qui accompagnentles
fucoides des lignites de I'ile d'Aix , f'euilles dont la structure est
exactemcnt celle des Zoj^/e/w, des Caullnia et dela plupartdes Flu-
viales de Richard. Elles sont en effet entieres , plus ou nioins li-
neaires, sans nervure mediane plus prononcee que les autrcs ner-
"vures, le^quellessont paralleles et ne s'anastomosent aucunenient.
Quoique la forme generate de ces feuiUes s'oppose a cequ'on les
rapporte a ceiles des Caulinia et des deux Zostcra de nos mcrs
d'Europe, M. Ad. Brongniart, d'aprcs quelques considerations
tirees de I'organisation des caulinia exoliques,pensequ'il y a de
tres-grafides probabilites qu'elles proviennent de plantes ana-
logues a ce genre, et il propose en consequence de les nommer
Zosterites. II les place dans le groupe artificiel des Poacites , et il
donne la phrase caracteristique latine des qualres espcces suivan-
les : Zosteriles Orblgiiiana, pi. XXI, fig. 5; Z. elongata , pi.
XXI, fig. G; Z. Bcllovisana ,^;A. XXI, fig. 7; et Z. lineata , pi.
XXI, fig. 8.
Lememoire est termine par une nole snrV Ampliitoites parisiai-
sis.Cc singulier l'osslle,trouve dans lecalcaire grossier et les maf-
nes int'erieures au gypse des environs de Paris, avail ete decrit par
M. Desmarcst comme un polypicr. M. Leman observa le premier
son analogic avec les liges du Caulinia oceanica, Dec, et corniuu-
niqua son observation a MM. Dcsmarest et Ad. Brongniart, qui
en ont verifie le rapprochement, et qui ont, chacun de son cote,
le premier sous le rapport zoologique, et le second sous le rap-
port bolanique, fait ressortir toute sa justessc. rT....N.
294. Observations scr le Byssus Iolithus de Linne; par Fr.
A. AVra>'gf.l. — Remarques sur la dissertation du baron
Wrangel; par C. A. Agardu. — Autres Remarques sur la
dissertation du baron "Wrangel; par E. Fries. — Extmcation
au sujet des remarques preccdentes ; par Fr. A. ^Vrangel.
[ Kongl. J'ftciulab. A'udem. IlaiuUingar fivr aar 1^1'i ,
i"^*". part.)
I.e dernier volume des Memoires de I'Academie des Sciences,
i .Stockholm , contient les diverses pieces d'une discussion qui
Botanique. S5g
parait avoir eu lieu dans le sein de I'Academie. Linne avail re-
inarque, dans un voyage a Tile d'Oeland, que les pierres etaient
couvertes d'une couleur rouge de sang, qui, etant frottee entre
les doigts, repandait une odeur de violette,et il en conclut que
le Byssus qui produit cette couleur sur les pierres differe des
Byssus etrangers, en ce qu'au lieu d'etre filamenteux, il se pre-
sente sous la forme d'une poudre fine. Celte remarque engagea ,
en 1800 , le pasteur Starke a redigcr une dissertation sur le Bys-
sus lolithus (inseree dans le Journal de Botanique de Sclirader,
t. 1 , call. 2 ; et dans les Annals of Botany^) , pour etablir en fait
que le Byssus lolithus de Suede est une espece toute differente du
Byssus d'Allemagiie, ou lolithus Schweiihfeldii. Uepuis ce temps
le Byssus lolithus de Suede a ete classe de diverses manicres.
Retzius ( Prodr. Flor. Scand. ), et Liljeblad ( Esquisse de la Flore
de Suede, 1^. edit.), regarderent cetle vegetation singuliere
comme un lichen, qu'ils appelerent L. lolithus. Dans le Prodrom.
lichenogr. suec. du prof. Acliarius, le meme Byssus est annonce,
mais avec la marque du doutc, comme un Z(:y>i;-rtrm,suivant cette
indication : Pulverulento-sub/ibrillosus. M. Wrangel , apres avoir
cite ces diverses opinions, et quelques aulres, est d'avis que le
Byssus lolithus de Suede ne differe point du Byssus d'AIlemagne
et qu'on I'a confondu avec un Lepraria, qui forme une espece
particuliere sous le nom de Lepraria kerniesina , et qui couvre
les pierres calcaires de Suede d'une couleur de cramoisi. II donne
la figure de ce Lepraria tel qu'll se presenle sous le microscope ,
et apres son developpcment parfait dans I'eau avec ses globules
plus ou moins gros.
Les observations de M. Agardh sur cette dissertation tendent
a prouver que Linne, en parlant du Byssus lolithus, ne I'a point
confondu avec un Lei)raria, et qu'on ])ourra it classer ce vegetal
parnii les Algues, qui, lors([u'elles sont rouges, ont la meme
odeur de violcltc. Cost atissi dans les Algues que M. Agardh
voudrait ranger le Lepraria /.ennesina, puisque ce vegetal se de
veloppe dans I'eau, et prend une belle couleur rouge comme
celle-ci. II y a , dit-il,une division dans cette famille qu'on peut
comparer aux animaux inl'usoires : elle se compose des plus sim-
ples de tous les vegetaux ; ce sont de petites vessies groupces en-
semble. On pent caracteriscr cette division de la manierc sulvanle :
vesicular ininulissiina', sanguinecv, ag-^rci^titcv.
M. Fries pense que si Ton classe les deux vegetaux parmi les AI -
3Go I}Otani(iup.
gues cui»feivoIdc«,il faut assigner au Z. Aermfn'/ta unc (ilitcf tlans
le groupe iiomnic a', nostacirur. Sous le rapport dela coiilcnr, I't/'-
rciYo «/i'rt/«observu par IVxpodition anglaiseenvoyecau pole iiord
se trouTe dans la categoric du L. hermeslnn. M. Wrangol rej)(>nd
a ces observations qu'il ])ersiste a croire que Linnii, dans la re-
lation de son voyage d'Oeland , a eu en vue une autre espcce de
vegelal que le loUthus Schwenkfeldii, qu'il coiinaissait bien ,
eomnie on le voit par d'autres passages de ses ouvrages de bola-
ni(|ue. A I'egard du Lepraiia kcrtnesina , M. Wrangel a fait la
remarquc que, de poudrcux qu'il etait sur la pierre cakaire , ce
singulitT vegetal devient filamenteux lorsqu'il se devcloppe dans
reau.Ceciappuieropinion de I\I. Fries, qui pense queics Algue&et
les Lepraria sont de la meme lamille , et que toutc leur dilCerencc
vient du plus ou moins d'huniidite du lieu ou ils croisst-nt. Un
Al^a lichenosa, transporte dans I'huniidite, devient ainsi uii
jilted oquatica ; metamorphose qui n'estpas plus etonnante que
celle de Nostoc/i muscorinn var. Lichenoides ehColferiia limosuin^
observee par M. Agardh. ( Voy. sa Dissertat. De Metarmophosi
algarurn.j
2^5. Son. I.F.S Lotos dks ancif.ns ; par M. Fiii£. ( Journ. dc
Phnnn., ]anw. i 823 , p. aS.l
Dans cet ecrit, qui se distingue par une elegante ormiilion ,
JI. Fee s'attaclie a reconuaitre les plantes que les Egyplirns, les
Arabes, les Grecs et les Latins ont designees par le mot Lotos
ou Lotus. II donne a ce sujot des renseign-mens , soil historiquos,
solt bofaniques, remplis d'interet, renseignemens que nous nc
pouvons transcrire ici : nous nous born erons a signaler les onze
especes de plantes qui ont portc le noni de Lotus. M. Foe a dis-
pose le tableau de ces plantes de la maniete siiivante :
i". Lotus ARBOREscENs.Cinq especes, dont troisappartiennent
anx Rhamnees , savoir : Rhamnus Lotus L. , ou Zizyphiis Lotus
"VVilld. C'etait le Lotus d'A(rique , d'oii une penplade de cette
region a tire son nom (les Lotopliagcs). La scconde espece n'est
peut-etre qu'nno variete du Ii/ia/f//ii;s Lotiislj. — Rlininnus spina
chri.sti L. Lrs deux autrcs Lotus arborescens des anciens sont
le Celtis australis ct le Diospyros Lotus; mats cette derniere de-
termination est douteuse; peut-clrc n'est-ce encore que le Celtis
australis?
2 . Lotus uerbaces, divises en aqnatiques et tcrrestres. Parni'
Zoologie. 36 1
les premiers, trois soiit des Wyniph;cacc^es qui croissaunt dans le
Nil. La plus remarqiniblo (^Neluiiihiiun speclosum AVilld.) a dis-
]);iru des eaiix de ce fleuve, et iie se Irouve plus que dans I'lnde.
Les Njmphcca casrulea (Savigny) et iV. Lotus s'ctaient aussi
nommes Lotus. Un autre Lotus aquatique se rapporte a VJrttm
coloxasia L. Enfin les Lotus terrestres sont deux especes de Me-
lilots qui croissent dans iios contrees, savoir : Melilotus officina-
lis et M. ccerulcea L. G..N.
29G. MUSCI THURINCICI ViVIS EXEMPLARIBUS EXHIBUERUNT ET
ILLUSTRAVERUNT Zenker et DiETRicH. Fascicul. Ill, in-8°.
lena; 1 823; Schmidt. ( Zcw , 3^ call.; 1824; p. 338. )
Ce recueil est annonce comuie pouvant faire suite a ceux de
I'lmk , avcc Icsquels il forineralt une muscologie complete.
Le prix est de trois francs ( 18 gros ) pour cliaque livraison ,
contenant aS especes. Celle-ci est composce des especes suivan-
Jes : Hypnum purum , Schrcheri, squarrosuni, lo//giroslrum , cu-
prcssi/onne , curvatum , cylindricuin; TVcckera crispa; Milium
ornus ; Ortholrichum diaphanuin , onoiiialiiin , striatum ; ^ar-
Lula tortiiosa , unguiculata ; Cynodoutium longirostre ; Dicra-
num undulatum , piirpurcitm ; AVeissia lanccolata ; Grinimia
o\'ata , plagiopus ; KnicXiMv^.mii ciliiitum ^ Fhascmn pdi/erurn ;
Andraea. alpimi. D. U.
297. M. Albert de Haller, fils cadet du grand Haller, et lui-
ni^me naturallste ce!ebre, a laisse par son testament son herbier
a la bibliolhcquede Geneve. 11 estmorta Berne le i«r. mars- 182?,
a I'age de 65 ans. L'herbier et la bibliotlK'-que de son pere , qui,
]ieu de temps apres sa mort avaicnt cti' vimuIus au gouverneuient
«V I,omb.irdie , sont conserves a Milan. Parmi les ouvragcspos-
tliumcs do M. Ilallcr Ills, il s'en trouve plusieurs inedils et fort
iiii|)orlans pour la Flore helvctiquc. [Jcurii. gen. dc la Lilt.ttr.,
mars 182/1 > P- 89. )
ZOOLOCIE.
298. The animai, kingdom, arranged in conformity with its
ORGANIZATION. Lc reguc animal distribue d'apres son organisa-
tion, par le baron Cuvier, etc., avec la description dc toutes
les especes ; trad, par Euw. Griffitu. I11-8. , avec pi. Lou-
drcs; i8a/|.
B63 Zoologie.
•Kjg.Uz L'liXlbTESCE UU NERK OLFACTIF OU t'llllllOltlal (litns.les
Baleines; par A. Desmollixs. {^Dict. classiquc d'/ust.nut.,
t. a , art. Baleine. )
Tous les Cetaces ordinaire* que Ton a observes jusqii'ici, les
(Cachalots, les Dauphins, les Narvals, etc., ont I'ethmoidc im-
j)crforc , et plusicujs anatoniistes ont ilirectement constate dans
le Dauphin et le Marsouin , Ic uefaut de nerf ethmoidal. Comme
IVxistence des trous ethnioidaux est correlative de celle du nerf
olfactif , on pent conclure de Tabsence de ceux-la an defaut de
celui-ci.
Le crane de la grande es[)cce australe de Baleine rapportee
du cap de Bonne- Esperance par I'infatigable voyageurDelalande,
i\ qui la zoologie est redevable de tant d'acquisitions importantes,
avait ete scie longitudinalenieut sur son axe pour faciliter le ma-
niement et I'embarquement de celte enorme masse. C'esl dans cet
etal que M. Desmoulins put examiner a loisir le profil inlerieur
et eludier I'agencement des pieces osseuses qui Torment les parois
de I'event et du crane. Cette observation est devenue precieuse
depuis que le crane a ete monte et soude avec des tenons de fer
qui ne permettent plus d'examiner ces parties.
Le canal de I'event dans ses deux tiers posterieurs, est divise
en deux etages par line plaque osseuse prolongee en arriere jus-
que sous le bord du trou occipital, et qui reprcsente les cornets
nasal et de Bcrtin rt'unis. Cette plaque en dehors double le
maxillaire, et en arriere le sjdienoiile el le basilaire ; son bord
libre se ti-ouve contigu au vomer sur la ligne mediane. Le pour-
tour des deux canaux etages que separe cette lame est complete
par des membranes. Le canal superieur voute par le frontal de.
bouclic dans les sinus ethmolidaux formes par trois cornels,
doiit le posterieur n'a pas moins de trois pouces de haut. C'est
dans le sinus posterieur que s'ouvre le canal ethmoidal creuse
dans le corjjs de rethmoide, epais de 5 a G pouces. Le canal eth-
moidal a un pouce de diametre a son exfremite cerebrale , qua-
tre ligncs a son milieu, et sf> divise vers le sinus ethmoidal en
deux branches, dont Tunc a 5 ou G lignes de diametre. La ca-
vite commune des sinus de chaque cote s'ouvre inferieurcment
dans la partic gut in rale de Tevenl j)ar un conduit long de i.
pouces et demi.
La Baleine res])ire done par le canal superieur de reveal; Ic
canal iiiferietir on I'evrnl j/roprement dil, ne scrt qu'au passage
Zoologie. 563
de I'eau. II n'est done pas necessaire de transporfer , comme
I'ont fait quelques pcrsonnes, le sens de I'odorat des Baleines
dans les cavites pterigopalalincs, ou on suppose qu'Ll existe cliez
les Dauphins, cavites qui d'ailleurs n'existent pas dans les
Baleines.
La Baleine australe dlffere de la Balelne franche boreale p;.r
deux paircs de cotes de plus ; chez le nouveau-ne austral dont
M. Desmoulins (Op. cit.) a public une figure dessinee au Cap p;,r
Delalande, le chanf'rein est presque horizontal, tandis qu'au
meme age, et a la meme tnille, le chanfrein est deja tres-arque
dans le nouveau-ne de la Baleine franche, dont M. Desmoulins
a donne aussi un dessin comparatif d'apres nature , parlecapi-
taineScoresby; lous ces traits forment un caractere fort tran-
che. Comme plusieurs genres de Mammileres offrent des diffe-
rences analogues, sans que I'uniformite <hi systeme nerveux
d'une espece a I'autre en soil alteree , il est probable que toutcs
les Baleines proprenient dites ont c:e nerf olfictif, comme Hun-
ter et Albers I'ont deja avance, observation que I'absence co.m-
plete de ce nerf chez les Daupjiins avait fait revoquer en doute
par une presomption analogique mal fondee. D.
.^oo. Statistique nu dfpartement des Bouchks-du-Rh6ne,
avec Atlas. Dediee au Roi , par M. le C'o. de Villeneuve '
prefet des Eouches da-Rhone, etc.; t.i , m-^. de 744 pages.
Partie Zoologique, chap. VIII, p. 722. (i*'^ extrait. )
Les reflexions qu'on lit au debut de ce chapitre, sur le vide
qu'on eprouve en France d'une bonne nomenclature des ani-
maux de notre pays sont pleines de justcsse , et il est vivement a
desirer que Ton entreprenne pour chaque dcpartement un tra-
vad semblable a celui que M. le Ci.-. de Vdleneuve a si heureu-
scmcnt fait executer pour celui qu'il administre. Mais on doit se
garder d'imiter son cxemple en introJuisant un ouvrage.de cette
nature dans une stalislique departemcntale, livre esscniiellement
-d'apphcation a Teconomie publique, et qui ne doit, en fait de
zoologie, admcttre que i'indication des ^tres utiles ou nuisibles
a I'homme pour en apprecier les dangers, les avantages, en cal-
culer les produits bruts ou manufactures, etc. II est certaine-
ment a regretler pour la science que la partie pureraent geologi-
que et d'histoire-nalurclle qui forme une grandc portion de "( c
gros volume, el qui s'y trouvc melce aux fails veritableinenl do
564 Znologie.
statislique, n';iit pas forme un ouvrage a part , accessible a fous
les iinturalistes, dont la niajorite n'a pu , par suite tie la singu-
liere composition de ce iivre, d'ailleurs si reinarcpiable , se pro-
curer la partie qui les intercsse. II faut cgaleraent considcrer que
cclte partie, comme toutes celles de meme nature qui ne peuvent
elre envisagees par la statistique que dans leurs rapports d'ap-
plications a I'ecoiioinie politique, les antiqultes par cxeinple,etc.,
auginentant outre niesiirc le volume et le prix de I'ouvrage , ar-
reteront les adminislrateurs eux-memes auxquels il cut olfert un
si utile et si bel exemj)ie a imlter. II est done a craindie que cet
ouvrage ne se trouve que dans un Ires-pelit nouibre de lubiio-
tlictjues publiques ou ])artlculieres, et qu'il perdeamsi beaucoup
de I'influence qu'il aurait pu acquei ir.
La Ulatiitique, dit-ou , p. 728, est une veritable Encrclojirdic,
rien ne doity etre oublie, etc. C'est meconnaiire absolument la
nature et le but de cette science. A qui pent servir la nomencla-
ture complete des infusoires, des jjolypes, dcs radiaires , des in-
scctes, des jilantes memes , etc., d'un pays, si ce n'cst aux seuli
naturalistes? De quelle utilite peut-elle etre a radministrateur,
aux amateurs de recononiie publique? Nous allous suivre les di-
visions adoptees dans ce chapitre , en avertissant que les auteurs
ont adopte le svsteme de classification de M. de Lamarck. Nous
rappcUerons auparavant VEssai pour sen'ir h I'histoire dcs aru-
maux du inidide la France; parM. Marcel de Serres, in-4., 1822;
nomenclature methodique qui complete le travail dont nous
nous occupons, et qui, avec lui, forme un ensemble d'un grand
inter^t.
Infcsoirks. lis ont ete observes par M. Toulouzan dans
Ics eaiix de puifs, de rivieres, des marais et des etangs et dans
I'eau de mer, soumiscs a I'influence de diverses circonstances
atmosplieriques. La liste des espeees reconnues ne se monte qu a
nne trentaine. Dans I'etang de Valduc, dont les eaux out plus
de 10° de salure, ce savant mentionne sous le noui de (- crcarui
mtiriatica , une espece qui lui parait nouvellc.
Polypes. M. Negrel-Feraud a ete charge de leur etude, et
il a profite des collections de Marseille pour son travail. D'apres
ses observations, on retrouve sur les cotes du departement , la
plupart des espeees observi'es dans la mer Rouge, dans la nier
dcs Indrs et dans les mers du Nord. On est etonne de voir dans
le nombre le Tubrpore Blusi(ii:e, qu'on ne conuaifsait (fue dam
Zooloi^ir. 565
rOcean indion ; il a ('-ti.^ pechi^ a la Ciotat. Lcs Polyplers lamel-
iif'ores dont on connaissait si peu dVsptces dans nos mers, sont
asscz iiombreux dans la Mediterranee. M. Negrel cite avec les
CtiryophlUia cespitosa et nrborcsccns Ai'ja connuesdans cettc mer,
les C. Crathus et flexuosa; Fun gin agcmciformis ; Agarlcia cu-
cullata; Meandrina areolata ; criapn (de qui?) ; Astrect. Ana-
nas, porcata , foveolata ; OcitUna prolifern, etc., cites dans Ic
Nord.
RAniAiRFs. Observt's jitissL ]>ar M. Ncgrel. On ]iii doit
qiioUjiirs observations sur lcs Onrsins et unc liste de 35 dc ces
auiinauK.
[,es TuNiciERs et b^s Vers ont ete peu etudies. Cepcnd.iiit
i'aiticle qui traite dcs premiers, renferme uii fait qui merite d'etre
pkis connu : c'est q'le X Ascidia M icrocosmus se vend dans les.
niarcbes du depaitement des Bouches-du-Rhone, et quelle sert
de nourriture an bas peuplc.
Insectes. M. Roux , conscrvateur du cabinet de Marseille, a
remis nn catalogue de plus de 3,ooo especes, qui a servi de base
a la liste presentee dans cet ouvrage, laquelle parait avoir besoin
d'nn nouvel examen. Des observations interessantes sur les in-
sectes des differentes classes les plus vulgaires dans cepays , sont
dues a MM. Toulouzan et Negrel ; on y cite les cochenilles de
I'olivier et du caprier qui n'ont pas ete decrites. — • Une espece
d'Abcillc charpenliere est venue de Barbaric avec les vaisscaiix
de commerce, et s'est acclimalee aux environs de Marseille ainsi
que beaucoup d'autres insectes du Levant. De ce nombre sont
deux especes de Termites venues I'une d'Italie,raulre de Barbarie-
Arachniues. Le catalogue en a ete fourni par M. Roux. Les
auleurs ont fait, sous les noms A'Acarus albus et ^Acarus ntfiis\
deux nouvelles especes prcsumees pour les vers qui coraposent
presque entierement une sorle de pate qu'on appelle Broussin et
frcmage de Signe. — On connait a Marseille 3 especes de Scor-
pions , Vetiropcaus, Voccitanicus et celui d'ltalie; deux araignecs
malfaisantcs , Oxjopes varugatus et Lycosa Tarentida ; et une
nouvelle espece qu icst nommee Mlcrouimutn sericeoides.
Crustaces. Le catalogue en est egalement du a ]\I. Roux, ct on
annonce qu'il a ete fait avec beaucoup dc soin. Plusieurs es-
peces nouvelles y so it signalers.
ANNELiDES.Observecs par M. Negrel. Selon M. Savigny, la
Sangsuede Provence est differente de laSangsue officinale; etsui-
3GC) Zoologie.
\.mt le meine savant, il oxiste punni les especes rfcuelllies par
M. Roux , et conscrv»5cs an Musc'utn , plusieurs genres nouveaux
et des especes inedites.
ClRKHlPEDES, CONCHIFERES, MOLLUSQUES. LeS 1 ■■•■*. nC pr>^-
scntcnt rien de particuUer; les derniers sont I'objet d'observa-
tions etendues et inlcressantes. Lesmateriaux du catalogue dresse
par M. INcgrel ont ete puises dans les collections de MM. Tou-
louzan, Negrel, Gonffe, Salze, SoUier et Lajard. Cette deinierc
est fortrlclie. On y distingue plusieuvs noms nouveaux pour les
especes inedites decouvertes par M. Negrel. F.
3oi. Sua LE PRETEIS'DD FoSSILK PE FoNTAINEBI.EAU.
Au raois de sei)tembre de I'annee derniere , des jcunes gens
decouvrirent au Long-Rocher dans la foret de Fontainebleau ,
pres de Moret , deux masses de gres, dont I'une arrondie avait
a peu pres le volume d'une tete d'hoinme , et I'autre allongee ,
plus grosse a une extremite qu'a I'autre , presentait quelques res-
semblances avec une tete de clieval. Ces deux masses etaient com-
prises enlre deux roches un peu aplaties de gres plus dur , et
seinblaient sortir de la couche lendre dont elles dependaient ; la
distance qui les separait etait d'environ 5 a 6 pieds. Entre elles
se trouvait une autre saillie de la meme couche, qu'on ne tard.i
pas a considerer comme un avant-bras , lorsqne Ton fut bieii
persuade que ccs deux masses etaient reellcinent des tetes d'homme
et de clieval.
On salt avec quelle rapidite et surlout quelle facilite s'accre-
dilent les decouvertes de cette espcce ; aussi , a Fontainebleau ,
un grand nombre de personncs fiirent-clles prrsuadees que Ton
avait decouvert dans les gres de la foret , un veritable hommc
fossile. On remarqua meme dans ces blocs, des proportions
parfaitcment belles.
Un chimiste habile, M. Barniel, se trouva au nombre de ccux
qui furent convaincus de I'cxistence de ces corps fossilcs, et il fit
non-seulement rar.alyse du gres dur reiifermant la couche tendrc
(gres qui, par la percussion rend un son aigu, et que les ou-
vriers des carriercs Domment /;/<:'.$• pif), mais encore de quelques
debris du pretendu fossile ( dont le gres qui rend un son grave,
est de la sorle que ces ouvriers appellent gres paf {\). )
(i) Us designcnt par Ic nom de i,-;("i /?f);//une troisieme variet(! plus
molle encore, et piopro ;i fairedii sablon. \oy. Mineralof^ie nppHqnrc
niix nrt.1, p.ir Brard, to. 5, p. r>7; ct Daiihcnlon, Le.cons de. Miiu-r,ifoi;ir.
Zoologie. 367
II trouva duphospliate calcaiie , et une substance animale en
tres-petitequantite dans le gres tendre , et n'en decouvrit an-
cune trace dans le gres dnr.
M. Cuvier, ayant fait prendre des informations sur ces vestiges,
ne tarda pas a savoir a quoi s'en tenir sur leur compte ; et , ayant
ete consulte a leur sujet , il donna son avis.
M. Barruel ne tarda pas a publier son analyse , et cette ana-
lyse , qui paraissait concluante en faveur du fossile , deterniina
quelques personnes a faire Tacquisition a grands frais de cette
masse de gres , a I'arraclier avec des peines infinies du milieu
des roclies oii elle etait enclavee , a la li'ansporler a Paris , et
cnfm a la faire voir sur le boulevard des Capucines^ apres I'avoir
placee dans sa situation premiere el entouree de rochers de pia-
tre , imitant ceux de Fontainebleau.
Mais a I'epoque oil Ton annoncait I'exposition procliaine de
ce rare objet , les journaux quotidiens , suivant leur habitude ,
devancerent le jugement des gens inslruits dans cette matiere ,
etl'un d'eux meme trouva bon de faire intervcnir par oui-dire ,
une autorite puissante a I'appui de sa decision. « Cette decou-
» verte,disait-i!, pent changer les idees reciies ; et, commele disait
" dernierement a ce qu'oii assure M. de Humboldt , la notice
>i de M. Barruel detruit en liuit pages , deux gros volumes de
» M. Cuvier , et contient le germe de vingt autres volumes de po-
>; lemique. « M. de Humboldt repoussa (i)cette assertion, et donna
alors bien positu'ement son avis sur des fragmens de rochers ,
qu'on lui avail assure appartenir a I'homme du Long-Rocher. II
affirma , qu'ayant examine a la loupe ces debris, il n'avait pu y
decouvrir aucune trace de tissu organiqiie.
Aujourd'luii que ces masses degressont exposees, notisavous
pu les examiner avec soin , et nous alloiis doiuier a leur sujet
notre opinion particulicre.
Les corps organises enfouls dans le sein de la terre , n'ont
transmis a notre age la preuve de leur ancienne existence ,
que par la conservation en nature de quelques-unes de leurs
parlies les plus resistantes , ou par celle de leurs empreintes. lis
ne peuvent etre pour nous que dans les etats Ac fossilcs , de
petrifications , de monies , ou d'i/iscrustations.
[\) Dam li> Ciinrrirr ihy iGjiiin uSj',
568 Zcologie.
JJnJossile est carnclerise par ['existence lucme tlu {issn osseux
pour les aniinaux vertebres , et ilu test pour les invcrlebres.
Lc corps que Ton voit sur le boulevard des Ca])ucincs , est-il uti
fossilc ? Non; car dans aucune dc ses parties il n'offre la inoiiulre
trace dc fissu osseux , commc M. de Humboldt ravaif drja re-
connu dans les fragmens qu'ila examines.
Une pctrlfiralion ne presentc plus, il est vrai , la substance
meme des parties snlides de ranimal on du TcgL-tal ; inais a ces
])arlies est substituee une matiere dllfereiite de la gangue >
qui occupe tres-ex.ictenient leur place, et qui en olf're tres-
fidelement la structure. Les blocs de gres de Fontaincblcau dont
il s'a"^it , sont-ils des petrifications ? Non ; car on n'y trouve pas
plus de traces du tissu osseux , que ce tissu meme.
"Un moule esl la representation des formes exterieures d'un el re
organise, et sa substance souvent tres-diffcrente de la sienne n'en
ofi'reen aucune maniere le tissu. On connait des monies de gres ,
etsurtout onenatrouve beaucoup qui rcpresent£nt des coquilles
dont les formes sont tres-recoiuiaissables. Nos blocs de gres
sont ils des moules ? Non , car ils ne figurent reellemenl pas les
formes des objets auxquels on les attribue. Ici neanmoins , il
faut faire une distinction : prctendralt-on que ces moules repre-
senteraient seulement les parties susceptibles d'une conservation
assez lon'^ue , pour que les matieres placces autour (du sable
par exemple ) , aient pu se consolider et former ainsi une cavite ,
oud'autre sable s'endurcissant pb.is tard, auralt reproduit le relief;
oubien, imaginerail-on que toutes les parties moUes auraicnt pti
instantauement se trouver empreintes de facon a donner lieu a
tin moule. La premiere dc ces suppositions ne sauraif elre admise ;
car dans ce cas , on n'aurait pas les os, mais on aurait les formes
des OS : or, le fossilc de Fontaincblcau n'offre ni pour la tete
d'homnie , ni pour celle du cheval , rien qui represente une
fosse orbitaire , temporale ou nasale ; rien qui rcssemble a une
des apopliyscs de la face, rien qui rappcUc I'existence des arcades
zygomatiques ; et m^mc , on ne trouve rien qui indique la
distinction de la tete proprement dite , et de la machoire infi-
rieure.
La seconde parait etre celle que vculcnt suulcnir !cs demons-
trateurs de celle piece curieuse. lis voicnt dans ce qu'ils api)ellenl
leur fossilc une langue dc clieval , sortaut du cole droit de la
bouche , et ils retrouvent , avec un peinire dont ils discnl le
Zoologie. 56g
nom , les muscles de Tavant-bras de leur hoaime forteraent teadits
etsaillans;inais ce qu'ils ne voient pas, c'estque lu chcval a la tete
disproportionnee , si Ton compare la largeur de sa raoitle droite
qu'ils disent iutactc , apres ; 'avoir doublee, avec la distance qui
separe rocciput pretendu, de la place des naseaux qui u'existeiit
pas ; ce qu'ils ne voyent pas , c'cst un sillon profond qui miirque
longitudiiialement cctte lete en dessus , el qu'on ne pourrait ex-
pliquer qu'eu supposant a raniinal des muscles crotaphites
enormes ; ce qu'ils ne voient pas , c'est que I'avant-bras de leur
liomme, qui a eprouve une rupture dans la region du metacarpe,
presente des trous qui ne repondent pasparleurnombrea celui
des cavites des os, et que deux de ces Irons sent si larges, qu'oii est
dansia neccsslte d'yvoirla section du cubitus et du radius, os qui
par consequent se trouveraientprolongcsjusqu'au milieu du me-
facarpc, etc. Enfin, nonsavons bien dit qu'on trouvait des monies
en gres , mais ce que nous n'avons pas rapporte , c'est que ces
moiiles ne representent jamais des parties qui ont pu etre mus-
culcusesoucarlilagineuses :ce qui auraitdu avoir lieu pour qu'il
soit possible d'adrneltre cette seconde supposition.
line incrustation presente les corps organises eux-memes
sonvent tres-peu alteres , et enveloppes d'une masse plus ou
moins sollde, le plus souvent de nature calcaire : nous possedons
de nombreuses incrustations , et notamraent , celles d'ossemens
humains qui ont ete recuelllies a la Guadeloupe. L'liomme et
le cbeval du Long-roclier sont-ils des incrustations ? Non , car
on n'y trouve pas d'ossemens et point d'endult sedimenteux.
Que sont-ils done ? Selon nous ce sont des blocs de gres tendre
( gres paf ) saillans entre deux bancs de gres dur ( gres pit") ,
qiu ont eu leurs parties anguleuses arrondies par Taction des plie-
nonienes atmospheriqucs , comma cela se remarque dans beau-
coup de rochers qui abondent sur tons les points de !a f'oret de
Fontalncbleau , et qui , comme la tete de I'homme , ont une partie
de leur surface recouverte d'une croute un i)cu j)lus dure, de
couleur brune, et qui paraitarreter maintenanl los progres de la
desagregation (^i).
Quant a la presence du phosphate de cliaux , elle ne nous parai-
trait pas plus extraordinaire, corame substance mineralogique
(i) Lois de la dccouvcrtc, on avait pris les fiafjtncns de ccttc croritc
pour les debris d'lin casque.
B. Tome II. a/.
3-70 Zoologie.
dans lesgresdeFontninebleau, qu'elle ne I'esi dans les monlagncs
de I'Estramadure , et que ne I'est meme le carbonate de chaux
qu'on trouve dans les gres aiissi de Fontainebk au , a la carriere
de la Belle-Croix.
Reste les traces de la inatiere animale ; mais cet objet n'est
pas de notre competence. MM. Thenard et Vauquelin , qui sont
charges par rinstltut de refaire I'analyse du grcs du pretcndufos-
sile,ne tarderont pas a fixer nos idees a ce sujet (i). Desji...st.
302. SeCONDE LfcTTRE DE M. KuHI, M'R LES REPTILES DE l'IlE
DE Java. Bultenzorg , le 8 aout 182T. (Voy. la i". lettre
dans le Bulletin de mai , n". 69.) ^
TVous revenons d'un voyage tres-penible, oil inalgrc tons les
obstacles nous avons reussi a gravir le somniet du Pangernngo ,
qui est eleve de 85oo p. au-dessus de Buitenzorg, et 9400 au-
(t) M. Huot vient de piiblier , sons le litre de Notice tjeoloqique svr
le prelendu fossile liumaia troiwe a Moret , tin ecrit dans lequcl
il arrive au meme resultat que nous, {Kirce (jue , comme nous , il a en
I'idee de cbercher d'abord .1 determiner le genre de conservation des
corps presentes comme fossiles. II n'a pus cependant traiti; la question
de savoir si ces corps e'laient des moulcs; ce qui nous scmble etre la
supposition la plus probable qu'on ait pu presenter pour voir en
enx des vesligcs d\in liomme et d'un cheval La notice de M. Huot se
fait remarquer par I'ordre <iui y rigne , et surtoul par les eonnaissan-
ccs "Jologiqucs dont son autcur fait preuve. Ellc a ele iiisero'e par par-
ties^duns les iio'. des 27, 29, 3 1 juilletet i"'. aoiit , du Cyri«i;-c, jour-
nal dc litle'raturc , de spectacles et de sciences.
Nota. Au moment ou nous corrigeons notre epreuvo nous apprcnons
que MM. Cbcvalier , Paven et Julia Fontenelle ont adrcsse a I'institut
une analyse qu'ils ont faitc de divers fragmens du prelendu fossile, la-
quclle ne leur a donne aiicitne Inice de phosphate ile chaux; mais bien
rindicc de rnatieres a/.otees dans les proportions variables de 170a nul-
li.'racs a i4 milliemcs, la quantitJ de ces malieres e'lant plus conside-
rable dans les p;.rlies cxterieures de ces blocs, lolles que la crolMedont
nous avons parle, que dans le gres bien moins solide dc riuterieur.
Ces rnatieres azotees par leur disposition plus intense a la surface dc ces
masses que dans b;ur milieu , semblent prouver <|u'elles ne leurappar-
tenaient pas primitivement, et (|u'elles nesont .[ue le produit d'une im-
pregnation exterieure. On concoit en ellct fort lilen rpic des hquides
animaux out pu se trouver epanrbes sur ces gres tcndres , et y peoe-
trer plus ou moins profondenlent : ce qui naun-.it ;)u avoir hcu dins
les gres durs.
Zoologie. 37 1
dessus de la mcr. Je ne vous parlerai dnns cetle lettre que des
nouveaux reptiles dont nous avons enrichi uos collections pen-
dant cette excursion. Leur noinbre est peu considerable, parce
que, sur les grandcs hauteurs, les aniniaux verlebrcs disparais-
sent presque entlerement. L'ordre des Opkidiens ne nous a four-
ni, dans ces forets vierges, qu'iin scul Trnpinotus , la 12^. espece
dugenre, et nous n'y avons recueillid'ailleurs que qiielqucs Batra-
ciens. Dans les regions des montagnes habilees, la plupartdes
Sauriens et des Ophidiens des regions inferieures disparaissent
jn^me successivement a mesure qu'on s'eleve ; fait sur le mel ,
grace a nos frequentes mesures barometriques , nous soiuines
inaintenant a raeme de fournir des renseignemens assez coiiipleis
aussi-bien que sur la distribution de beaucoup d'autres aiiimaux
ft des vegetaux; ce dont je vous parlerai une autre fois avec plus
de details.
En monlant dans la region des montagnes liabitees , nous
avons decouvert encore un nouveau S cinque , la 4e. espece du
genre, ainsi qu'une nouvelle espece d'ylgame. De tous les Batra-
ciens observes jusqu'alors dans les plaines ou sur le mont Salac,
nous n'avons retrouve que le Mcgophrys rnontana ; mais une
voa\€\\e gTeno\i\\\e[Rana criientata) fut prise dans I'interieur
des forets a une elevation de 36oo p. Ce fut aux lisicres des bois
que nous nous procuranies 2 nouvelles Rainettes, Hjla aiirifas-
ciuta et Chcdconotus ; el 2 autres Batraciens, fonnant un genre
voisin de celui des Rainettes, mais distingue par la forme diffe-
rente de la tete, et par des lobes cutanes situcs sur les cotes du
corps. C'est notre genre Rhacophoj-us (portc-lambeaux) ; et une t
des especes deja recueillies par M. Reinvvardt a etc nominee par '
nous R. Reiiwardt'd et I'autre vioschata , a cause d'une forte
odeur de muse quelle exhale. Signe, Kuhi,.
3o3. Troisieme Lettre SUR LES REPTILES DE Java, ecrlte par
M. Vam Hasselt a M. Swinderen, en date du !«■". decembre
1822. i^Alg- Konst en Letterbode , de i823, juin, n". 23.)
Voici le total des especes de reptiles que j'ai decouverts depnis
la mort de JVr. Kulil.
I. Ophidiuiss.
1°. Genre Coluber Lin., 2 especes, qui me paraissent ^tre nou
velles. • — 2". Tropinotusy 3 esp. — 3°. Dipsas, i esp.— 4". Naja^
1 esp. — 50. Aniphicephalus, i. — ()«. Fipcra, i — . 'j'^.Pelamu, i,
572 Zoologic.
ie hicolor de Daudin. — 8". Deux autros especes qui 11c sau-
raient elre rapportees a des genres conniis et qui probablement
devront en former a nouveaux.
Ainsi aux 46 especes annoncccs dans nos letlres precedcutes
s'enjoigncnl encore 12 autres, cequienportelenombrc total a 58.
II. Cheloniens.
]\I. Ivuhl ne vous avaitparle que du scid Trionyx javan-ciis, ob-
serve par nous dans les rivieres de Java; mais dejiuis ce temps
j'ai rccu, outre les Chelonia Midas el imhricata, encore 4 espe-
ces do genre Emys ; la tortue a boite dile ^'Amboine est du
nombre, et se rencontre en assez grand nombre dans les petites
rivieres.
Deux des autres especes sont du mcme sous-genre , c'est-a-
dire que leur plastron est a battans , seulement dans un moindre
degre que dans I'autre espece.
III. Sauriens.
1°. Draco Daud.Une nouvelle espece quitient !e milieu entre
les Z). viridis cX Jimhriatus , mais qui dlffere assez de Tunc et de
I'autre : toutes deux ont pour marque caractcristique du scxe
mile une crete a la nuque.
ao. Scincus Schn. Une petite espece nouvelle qui liabite dans les
bois, par terre ; tandis que les autres especes de Java se tiennent
aupres des maisons et sur les arbres : elle se distingue par les
^cailles de sa queue, rangees par paires.
Z°.Gecho; deux nouveaux Heinidactylesst rapprocliant de notre
grand PfjcAozoort par la libre extension de la peau dc leursflancs.
IV. Batracieti's.
i«. Hana, 3 especes non dccrites. — 2". Hyla, 2 esp. — Pour ces
nouveaux reptiles, iis ont etc trouves par moi dans les regions
situees au-dessous de Buitcnzorg , et dont I'elevation n'arrive
pas jusqu'a 1000 p. au-dessus du niveau de la mer. Du vivant
de M. Kulil nous n'avions pas visile ccs terrains.
Le nombre total de toutes les especes de reptiles recueillies
par nous est acluellement de 58 Opliidiens, 7 Chelonicns ,
9,5 Sauriens, 27 Batraciens : total , 117 especes.
3o/(.QuATRIEMELETTRESUR LES REPTILES DEjAVA,ecrite par M.A'aN
H.«sELT, en date de Ceram (province de Bantam), i*"^fev. iSaS.
Dejniis ma dcrnicre Icttrc du i"^"^. ddccmbrc 1822, dans la-
quelle !e nombre des reptiles de Java a ete poric 3117 especes ,
Zoologie. $7 5
ma collection d'aiiimaux de celte classe n'a etii augmentee que de
quelques especes nouvelles, inalgre mon sejour prolonge dans
des contrees riches en plantations de sucre , qui ordinairement
abondent en reptiles ; en recompense il m'est tombe entre les
mains 2 genres de cetle classe que je n'avais encore vus nulle
part et dont aussi les especes paraissent bien i-ares puisque je n ai pu
m'en procurer qu'un seal individu de chacune. L'un est une Cce-
cilia, d'oii il resulle que Java possedant tout au moins un represen-
tant de cegenre , ce n'est plus la seuleGuiane qu'on peut regarder
avec M.Cuvier comme la patrie bien constatee des Cecilles(i). J'ai
trouve ce reptile dans les lieux humides et marccageux de la cote
septenlrionale de Bantam. Les Malais I'appellent Oclur-doeel et
ne le craignent pas. Sa langue n'est pas extensible , meme pas vi-
sible lorsqu'il ouvre la bouche, et il I'aut qu'elle nesoit que rudi-
mentaire. Des dents fort pelites et recourbees en arriere occu-
pent plusieurs rangecs; les yeux sont caches sous sa peau et
trcs-pctils. La tete egalement petite est de la nieme grosseur que
le tronc ; devant les yeux, il y a 2 peiits prolongemens(tenta-
cules)de la peau, longs d'une demi-ligne seulement , que I'ani-
mal peut dresser. L'anus se trouve presqu'a rcxtrcmite d'une
queue tres-courte et arrondie a la pointe, qui parait jouir d'une
grande sensibilite. Les ecailles sont invisibles , du moins dans I'e-
tat frais, et la peau est lisse , visqueuse et annelee de sillons
transversaux , absolument comme celle des annelides; ces an-
neaux vers la partie anterieure du corps sont interrompus en
dessous. La couleur en dessus est d'un olive foncc, et en dessous
d'un bleu d'acier; les coles du corps sont orncs de 2 lignes
longitudinales de laches d'un jaune d'ocre. Longueur jusqu'a
l'anus, 0,78; de la ([ueuc, 0,02.
Le deuxienie reptile nouveau que j'ai pris est du genre Sens.
N. B. Les collections f'aites par feu M. KuhletM.Van Hasselt
n'etant pas encore j)arvenues au museum des Pays-Bas, on n'a
pu donner ici une revue critique de ce catalogue.
(i) Depiiis la publication du regue auimal, le Museum de France a
lecu une Cccilic ilc I'ancien nionde , rajiporloc de Ce^ Ian par M. Lcs-
cliciKiult du la 1 our ; c'csl pout-clrc la mr-nie cspcce dont fait mention
iM Van Hasselt. An iesle,fcu Hermann, de Strasbourg, avail dfja de'ciit
line Cecilie envoyiie de Tranquebar.
$74 Zoologie.
305. ExTRAlT n'UNE 5*. LETTRE DU D"". J, C. V. HaSSELT aU PFOf.
SwiNDEREN , sur les reptiles de Java. Allgem. Konsten Letter-
bode', 1824, n<»s. 2,3,4.)
Tjuringe (ile Javajle 25 mai 1823.
J'ai trouve, ilans les 2 inois qui vicnnent de s'ecouler, i Gre~
nouille, i Scinque et i J game, les plus belles de toutes nos es-
peces; et malgre le grand nombre de reptiles que nous avons
deja observes , il parait que cette classe n*y est pas encore ^pui-
sce. C'est en vain que j'ai cherchele Testudo squamatn de Bon-
llus; je m'en suis informe dans chaque district, mais personne
ne connaissait un animal du nom que, selon ret auteur, il porte
a Java , et je douterals meme de son existence , si Rontius n'assu-
ralt pas ravoir eu vivant.
306. EXTRAIT n'uNE SECONDE I.ETTRE SUR LES POISSONS DE JavA ,
ecrite par RI. Van Hasselt a M. C.-J. Temminck, datee
de Tjccande, residence de Bantam, 29 decembre i 822. i^^lg-
Konst en Letter bode , 1823 , aciit , n°. 35.) Suite de la der-
nieie, ecrite en octobre 1822. ( Voyez I'extrait de la pre-
miere , dans le Bulletin de mai , n°. -3.)
La famille des Esoces rrku fourni deux Belonc ; savoir,la B.
Timucoules, pi. 175 , de Russci, et uno qui est flguiee pi. 176,
aussi de Russel, a laquelle pourrait convcnir le nom ile Slron-
gylura caudirnaculata.
Un Hcmiramp/ius nonve.wi differc fcllemcntde celui de la pi,
177, do I\ussel,auquelM. Cuvicr adonnelenom d'//. 7>//,vjc/(V,qu'il
faut necrssiiirement Ten scparcr, pour peu que la figure donnee
par Russel soit exacte. II rcstera a Ic comparer avec 17/. mar-
ginatum dc C»iv., Lncip., V, vji, 2, et avec celui de la pi. 178
de Russci. II est inscrit dans ma collection sous Ic nom de
viridis.
Un autre IJemiramphus qui so frouvo dans le bassln autour de
Buiten7.0rg, et sur pltisicurs ])oiuts des cotes de Java , a cte sepan;
par nous , avant la mort de M. Kulil, de ce genre, a cause dol'ex-
tensionmembraneuse qui sc trouve dj chaque cote des deux ma-
choires : nous I'avons designe sous le nom de Dermogenys.
L'cspcce porle cclui de pusillii.t ; les Javanais I'appellcnt Joclong-
Jcelonsr. Nous en avons donnii le dcssin.
Zoologie. Zj5
lu Exocelus qu'on trouve aupres de Balavia se rapproche
Leaucoup dxi Mcsogaster ^\o^:\l , PI. 6i, pi. 399 ; raais il en dif-
lerepoui'tantpar un inoindre nombre derayons dans la nageolre
dorsale; il estinscrit sous lenom dej'm'anicus. Une petite espece,
que j'ai trouvee dans les rivieres aupres de Buitenzorg, differe
pour la forme generale tant des Cyprins que des Esoces ; ce-
pendantsous d'autres rapports alley ressemble. Je I'ai comprise
painiiles Esoces, a cause de la force des dents rangees en dehors
de la machoire inferieure, et autour de toute la raachoire supe-
rieure ; et j'ai nomme son genre Odonlopsis , en donnant a la
seule espece connue la denomination d'armata.
La famille des Cyprinncees est riclie a Java , comme vous le
veri'ez plus bas, encore y manque-t-il quelques espetes que j'ai
trouvees depuis.
Quoique les rivieres aient beaucoup d'especes en commun ,
il y a pourtant des especes parliculieresa ccrtaines d'entre elles;
quelquefois ces especes varient dans la meme riviere, suivant
I'elcvation de son lit au-dessus du niveau de la nier; et les
poissons qui habitent les rivieres vaseuses des cotes ne sent pas Ks
mcnies (jue ceux qu'on peclic dans les eaux llmpides des torrens
des monlagnes. II me manque encore quelques renseignemens
pour que je pui&se vous indiquer I'etendue de la dcmeure de
clinque espece. J'espere trouver dans la suite une occasion favo-
vorable pour vous donner cetle notice.
Je n'ai point trouve jusqu'a present de veritable Cyprinux
Cuv. indigene a Java. II y en a un dans les vlviers; maison I'a ap-
porte de la Chine. Eos Javanais I'appellent Tambra-Maas. Sous
raon dessiti j'ai Inscrit le nom Aejloripcnna.
Pourle genre des Barbeaux, j'ai les dessins de 6 especes; sa-
voir : Barbus obtusbostris (nobis) , Gengehek-Zunda , aupres de
Buitenzorg; — B. rubripinna ( inihi ), Batavia ; — B. hypoeco-
Tiatiis (mihi j, idem.; — B. mnculatux (nobis) , Bocutoir-Zunda,
a Buitenzorg ; — B. Tamhra (nobis) , Tambra Ma!., Buitenzorg;
— B. striatus ( mihi ) , Tjelarkahan ; — B. Leuciscus Cuv. ; ta-
fcrestriatus ( nobis et tabula nostra ), Tjitjaerne, Batavia ; Parai
Znnda , aupres de Buitenzorg.
Le genre HiunpnLi^ d'apres le nom insulaire Ilampel , a cte
elabli piir nous du vivant de M. Ruhl , de meme que les genres
Croslocheihis , I.oborheilus , Nceinacheilus ; j'ai de mou cote
~^7^' Zoofogie.
.idopfe les genres DijAochdlus , Lahcoharhus , Homalophra ,
Oxygaster, .4ccinthopsis , Acanthophthalmm.
Le zf^nre Hanipaht (nob.) s'npproclie le plus du I.cuciscus
Cuv. ; niaisilcn dilf'ere pardciix filameiis dans ch;icpie coin de la
bouclie. L'espece dcssince sous le nom de macro lepldota (nob.),
vit auprcs de Buitenzorg.
Le genre Labeoba/bus consiste en Labeones avec quntre bar-
billons et une nagcoire dorsale , dont le deuxieme rayou n'est
pas dentele ; il rcunit done les caracferes du Labeo et dxxBarbus;
c'est pourquoi j'ai forme le mot de Labeo-barbus . Les epilhetes
L. hptocheilus , et lipocheilus ( m. ) , distinguent les deux es-
peces qu'on trouve dans la riviere aupres de Batavia, et dont
j'ai les dessins.
Le CroslQche'dus ( nobis) est un genre voisin du Leuciscus; il
se distingue par une ouverture de boucLe dirigee en dessous, en
forme d'un parallelogramme. Sur ce dessin est inscrit le nom
A'oblongus.
Le Lobocheiltis ( nob. ) se distingue trop par la forme toute
particuliere de sa bouche pour qu'il puisse se joindre a d'autres gen-
res. Sur nofre dessin l'espece qui le forme porte le nom defalcifer.
J'ai fait pareillement dessiner le genre Diplocheiliis ( mihi ) ,
clf.oncsY>cce I rjtJiroptcrits, Meliung Zunda. 11 vit aui)res de
Buitenzorg; et quoiqu'ii ressemble beaucoup au Lobochcilus , il
nierile d'etre considere comme un genre j)articulicr , a cause
de la forme singuliere dc sa bouche et de ses maclioires.
Le Ncemacheilus ( nob. ) approche , par ses michoires plates,
du genre Pcvcilia , Schn. Les Zundanais I'appellentyWrter. II vit
aupres de Buitenzorg ; et son espece porte dans notre dessin le
nom defasciatus ( nob. j.
Le CobUii octocirrhus (tab. nostra ). Frivoet zundas, Kit-
jaerac, a de commnn avecle Cobitis Tivnia , L^^N., une epine ou
pointc mobile sous I'a-il ; cettc marque me parait aussi impor-
tante qTie divers caracttrcs dans les genres dela famille des Cy-
priiis etablls par M. Cuvier. Ce poisson meriterait done de former
une division des Cobitis, sous lenomd'Jca f/t/iop/it/ialmu.f. La
structure singulieredesa vcssie aerienne est tout a-fait comme dans
les Cobitis, et il vit,conimeceux-ci , dans depetils bassins. Je ne
comprends encore parmices Icant/inp/ii/idimits que i especes, qui
ne se distinguent qu'en ce que la nagcoirc dorsale est piacce phis
Zoologie. Syy
ou moins en ariiere.ElIes portent dans le dessinlesnomsdeyciCirt-
lus ct javanicus (mihi) ; toutesdeux se trouvent dansle Zunda.
Un genre -voisin de cet Acanthophtlialmus , et auquel j'ai
donnelenom d\4ca/it/iOj?sis, s'en distingue parun museau allonge
et pointu , tandis que le sien est rond et si court, que les yeux
ferment presque une ligne verticale avec I'ouverture de la bou-
clie. Par suite de cet allongement, les aretes mobiles des Acan-
thopsis se trouvent devant les yeux. Dailleurs toutes les formes
sont trop differentes dans ces deux genres pour qu'onpuisse les
confondrc. j'al trouve I'Acantliopsis dans la riviere de Batavia ,
et , dans mon dessin, il porte le nom de dialuzonn (mihi ).
Le genre Homaloptera ( mihi ) se distingue principalement par
la position horizontale des nageoires pcctoralcs et ventrales ,
qui lui donnent jusqu'a un certain point la forme des B/iinoba-
tes. Les especes java/iica e\. fasciata ( mihi, ab. ) sont designees
par les Zundanais sous le nom de Toelocsoer.
C'est a tort que j'ai range parmi les Cjprinacees,V Oxygaster
(mihi) , qui se distingue par une carene en forme de couteau,
sous le ventre; j'y reviendrai. Pour I'espece , j'ai inscrit le
nom d' anoinalura sur le dessin.
307. Description des Coquilles fossiles des environs de
Paris , par G. P. Deshayes, i, 11 et iii^ liv- de trente et trente-
six pag. de texte et 4 ph lithogr. Paris; 1824; che/, I'auteur.
[Fojez le Bulletin de mai, n". 82.)
Un Traite complet sur les fossiles des terrains tertiaires ,
prepare avec maturitc et avec I'acquis, les soins et la critique
que donne I'experience et I'habitude de voir et de comparer
beaucoup d'objets , etant vivement desire par les naturalistes
et les geologues , M. Deshayes , jeune medecin qui etudie avec
fruit les fossiles des environs de Paris , domiiiG' par un zele , di-
gne d'eloge sans doute , a chcrche a satisfaire au bcsoin qu'on
eprouvait en fais.mt mieux connaitre les coquilles du bassin dc
la capitalc , dans lequcl on a decouvert beaucoup d'especes nou-
velles , depuis les travaux dc M. de I.amarck.
Les trois premieres livraisons dc son ouvrage sont publiees ,
et quoiqu'ellcs laissent beaucoup a dcsircr , Ton doit faire des
vceux pour que cet ouvrage soit continue; il offrira des indica-
tions pour un travail plus complet, en signalant de nouvelUs
especes, et nc sera point sans utilite en I'absence du Trailo
I
SyS Zoologic.
t;eiitM:il (jiii ixmntiuC;, pour nomiiier les collections des fossiles
du terrain parisien ; on doit cependant rcgrettcr que M. Dcs-
hayes ait mis dans Texccution de son livre une sorte d'apparat
qui le rencherit beaucoup ; il eut nieme du se borner a ne figiirer
que les especes qui ne I'avaient point ete par M. de Lamarck,
puisqu'il ne donnc pas de meilleures figures que les siennes, car
si les naluralibtes de la Touraine , de la IXormandie , de Bor-
deaux , du Rousbiilon , etc. , et qui peuvent fournir de scniblahles
maleriaux, donuaient de lour cote un ouvrage en !\0 livraisons,
sur les fossiles de leur J)ays , aussi utiles a connnitrc que ceux de
Paris , et qu'iis reproduisisscnt encore les figures des especes
communes aux ditferens bassins de la France, I'ctude des co-
quilles fossiles deviendrait Irop dispendieuse el Irop compli-
quee pour le commun des naturalistes. Ces travaux de localites
ne dispenseraient pas d'aiileurs d'acbeter le traite general oil
tous ces materiaux devront se refondre , ou les especes et les
varictes adoptees dans chaque localite seronl rajiprochees ,
etudiees et reduiles par suite de I'exanien coniparatif qui en
sera fait ; siul travail qui puisse enfiu donner aux gi'ologues les
moycns de comparer les couclics qui rcuferment ces fossiles, ct
d appprecier les evenemens, les plienomenes semblables ou dif-
i«rens auxquels elles dolvenl leur naissance. II n'y avait qu'un
moycn pour obliger les auteurs futurs a grouper leurs travaux
particuliers autourd'un ouvrage general sur une localite, c'etait
de dormer d'excellentesfigures et des descriptions completes: telle
a ete sansdouterintcntiou de INI. Dcsliayes; mais il s'est trop bate,
etils'en faut que son ouvrage puisse atteindre ce but. La critique
nous est interdite, mais le Uulletiii doit faire connaitre les fails
qui ne peuveiil elre sujets a discussion. Les figures sont loin de
satisfaire a ce qu'on pnuvail alleudrc, surtoul depuis que les
belles litliographies de IMSL Swaiuson, Brongniait el Uesmarest
ont nsontre ce qu'on pouvait produire en ce genre; celle des 2*.
el i". livraisons sont meuie plus que mediocres; et quant aux des-
criptions on n'en trouve point dans cet ouvrage, qui n'offre
qu'une phrase linneenne en latin , souvent cmpruntee a M. de
Lamarck , accompngnee d'observalions et de rcnseignemens Ircs-
utiles sans doule, mais qui devraient suivre la descrIj)lion dont
il s'agit; c'est-a-dire renonce des caraclcrcs des jjarlies d'un
tout et I'exprcssion de leurs rapports respeclifs avec I'ensemble
cl les pailies correspondantes dans les especes voisines. Miilier,
Zoologie. Syg
Diaparnaut], M. Brocchi, ct iriieux encore, MM. DecanuoUe ,
Kunth, A. de St.-Hilaire auraienl pu fournlr a M. Deshayes des
modeles en ce genre. Ces observations n'ont point pour but de
decourager, presqu'a son debut, lejeune naturaliste qui en est
I'objet, mais de lul montrer la route , qu'avec du travail et de la
patience il est fait pour parcourir, s'il veut reellement etre utile
a la science, qui aujourd'hui ne se contente plus de travaux le-
gers et superficieis.
Un fait grave qu'on peut reprocber encore a M. Desbayes ,
dans le moment ou Tanatomie et la pliysiologie servcnt de base
a toutes les sciences naturelles, c'est de n'avoir point suivi le
systeme de classification fondee sur les animaux , et d'avoir
adoptelamethodearbItraire,baseesurlesseulescoquilIesquin'of-
fre aucune donnee a la geologie , tandis que !a premiere, sai-
sissant tous les rapports d'habitude et de raaniere de vivre , se
lie intimement avec I'existence des fosslles dans telle ou telle
couche, et donne a elle seule I'explication d'une foule de plie-
jiomenes geologiques.
M. Deshayes n'a pas non plus senti la difficuite loujours tres-
gi'andc, meme dans les sciences qui ont fait de grands progres ,
de presenter des apcrcus gen^raux sur des coupes de divers de-
gres , lesquels supposent la connaissance approfondie de tou-
tes les observations de details constatees. Ces apercus gene-
raux etalent d'ailleurs tout-a-fait inutlles a son but ; ils sont liors
d'oeuvre dans un ouvrage particuller aux fossiles , et surtoutaux
fossilrs d'une localite , et il lui etait impossible d'eviter de tom-
ber, comme II I'a fait, dans une foule d'erreurs materiellcs de
doctrine el de faits sur les rapports des etrcs dont il s'occupe ,
vu la connaissance encore Imparfaite des rapports qui les lient ,
et suitout en sulvant une metliode qui nc s'appuie pas sur ces
jajjports. M. Desbayes est, done excusable sous quelques rap-
ports; mals il eut agi avec prudence en se renfermant dans un
cadre plus modesle et, dans lequel il se fut trouve sur un ter-
rain qui lul est plus familier.
La i"'. llvraison conticnt, apres une courle preface, un ta-
bleau de la classification <les Concliiferes par M. de Lamarck,
puis le comnieticeuient de I'ouvrage , depuis les Tubicolecs jus-
ques ct y com])ris le genre Crassatelle, de la famllie des Mactia-
cces , el eiifin rexpiication des planches.
Nous allons indiqucr succliittcmcnt les cspcces nouvellcs dc
^So Zoologie.
fhaqiie genre , espcre^ ilotit In conmiissance est un spivice rendu
a la science par M. Dobliayes, (i'antant plus qu'iine grande partie
d'entre elles est due a ses laborieuses recherches dans les envi-
rons de Paris.
Clnvogella coronet t a , Brongniart'd ; Fistiilana clongatn , an-
giisiata, contort a , I'rovigny • Pholas opcrta , co?ioitJea,scutata ;
Solcn papyraceus , tcllinella , ovalis ; Blactra dcprcssa ; Crassa-
tflla rostrata. Nous ferons connaitre les especes des livraisons
suivantes dans notre prochain n°. F.
3o8. Description d'une espece nouvelle desancsue; par M. de
Saint^Amans , president de la Societe linnccnne de Lot-et-
Garonne. (,</««. Soc. linn, de Paris , in", livr., juillet 1824.)
Cette sanc^sue trouvecpar M. Itier, dans une fonlaine presd'A-
gon , n'a guere plus d'un pouce et demi de longueur. Sa tete est
tcrininee en pointe mousse , et son disque posterieur est tres-
grand. Son corps, lorsqu'il est allonge est de tres-peu plus etroit
en avant qu'en arrlere ; sa face dorsale est d'un violet fonce avec
quatre rangees longitudinales de points jaunes , entre les deux
intermediaires dosquelles soiit trois autres series de points de la
meme couleur , mais beaucoup plus petits; sa face ventrale est
d'un cendre bleuatre , et presente deux rangs longitudinaux de
taches d'un beau rouge en forme d'y grec , reunies a rextreniite
anterienre par unc tache do meme couleur; ses bords sont trans-
parens et marques de taches jaunes el de ligncs d'un rouge brun
en dessous et jaunes en dessiis ; rextreniite autcrieure , ou la tete,
a ses levres d'un jaune clair, et sa partie supericure marquee
d'une faclie dcmi-circulaire d'un violet fonce, acconipagnee de
trois ligncs noires dont deux sont reunies a leurbase; la ventouse
posterieure est d'un vert clair, avec des taches rayonnantcsd'un
vert plus fonce.
Le nom Cioscillatoire a cte donne a cette Sangsue , parce que
souvent on la voit fixce j)ar son disque posterieur, allongcant son
corps qui devient cylindi itpie , et le promcnant sans cesse en
oscillant dans I'eau dont elle ne .sort jamais. Desm....st.
Sog.PnYSIOLOCISCHE UnTERSUCIIUNGEN ilBEB DAsRilCKENCEI AKsS
derInsecten. ReoJierches physiologiquessur le vaisseau dorsal
des insectes. Par le D*^. IIerolu { Schrijlcn dcr Geseil. zur Be-
forderung der gesainten Naturw, zu Marburg, i8a3. 1 vol.,
I part., J). .'|i.}
. Zoolo^ie. !^8t
Le coeiir ou vaisseau dorsal dcs insecles u I'lc- jusqu'a present
un des organcs les plus probli^maliques des aniriiaux, son ex-
treme tenuite n'ayant pas permis de I'examlner dans ses details.
Les pulsations qui s'y font d'arriere en avant, et qui ressem-
blent assez, au premier apercu, au mouvemcnt peristaitique des
intestins, se laissent lacilement apercevoir au travers de la peau
des Jarves. Ces mouvemens le firenl deja rcgarder par Malpiylii,
Swamnierdam , Reaumur, Lyonet, etc., coniine etant le coeur
de ces animaux ; mais, comme les dissections ne purenl leur faire
apercevoir ni veines ni arteres, ils ne purent pas concevoir
comment la circulation pouvait y avoir lieu. Plusieurs an.itomis-
tes flnirent meme par abandonner I'opinion que c'est un creiir,
etlui cherclierent d'aulres fonctions. C'est ainsi que M. Marcel de
.Serres le regarde comme I'organe secretoire de la graisse. Dans
le memoire dont nous donnons ici un extrait , M. Herold, tout
en considerant le vaisseau dorsal comme un veritable cceur, ne
pense cependant pas que le liquiJe qu'd renfcnne y enlre ou en
sorte, mais qu'il y est simplement dans un mouvenieiit de fluc-
tuation continuel.
11 commence d'abord par decrire la forme et la disposition de
cet organe; il fait remarquer qu'il est plus gros dans I'abdomen
que dans le thorax, ou il se retrecit en un canal tres-fin. U
fait egalement observer que chez la chenille, il s'etend jusqu'au-
pres de la tele, et qu'il eprouve aussi des changemens assez no-
tables dans les metamorphoses.
Ce que Lyonet a nomme les ailes du cceur, sont, d'apres
M. Herold , des muscles dilatateurs du vaisseau, et les mouve-
mens de systole lui paraissent produits par des fibres riitiscu-
laires , qu'il suppose entrer dans la structure de Ja tunirjue
meme du vaisseau dorsal.
Pour determiner les fonctions de cet organe, il a fait succcsji-
vement des ligatures aux deux extreraites du vaisseau; les mou-
vemens de systole et de diastole coniinuerent encore pendant
quelque temps et finirent enfln par cesser, sans que le vaisseau
se soit vide, et sans que Ic liquide s'y soil accumul^ d'unc
manierc remarquabie ; et le meme effet a eu lieu eu faisant la
ligature aux deux extr(5mites a !a fois.
En l.anf le vaisseau dans ])]usieurs endroits, les pulsations
continuerent dans toutc la longueur, avec la meme n'Tularilo
que dans I'clat oidinairc, sans s'arn'ter aux ligiturrs; et il ob-
382 Zoologie.
serva la mcme chose, lorsqu'il coupa le valsseau en trois oil
quatre pieces. En coupant la ttte a des chenilles, Ics pulsations
continuerent egalement sans interruption,
De ces diverses experiences, M. Herold conclut que le sang
ne pt'netre point dans le coeur par son extremite poslerienre, et
qu'il n'en sort pas anterieurement; mais il pense, avec M. Mec-
kel, que le mouveinent de fluctuation dont le liquide du vais-
seau est anime agit mecauiqueraent sur le sang conlenu dans la
cavite generale des corps, et le maiuticnt egalement en mouve-
ment. L'auteur a lie la colonne :nedullaire d'autres chenilles en
divers cndroits , et meme irnmediatenicnt en arriere de la t^te ,
sans que les mouvemens du coeur en aient etc troubles; mais les
individus qui ont servi a ces experiences pei'irent au bout de quel-
ques jours. En boucbant les stigmates, soit avec de I'huile, soit
avec de la pate desavon, les mouvemens duvnisseau devinrent aus-
sitot dc plus en plus faibles, intermittens, finircnt par cesser
entierement au bout de quelques minutes, et I'aninial perit apres
eire entrc dans des mouvemens eonvulsifs. Ayant place ses clie-
nilles dans I'eau; les pulsations du vaisscau dorsal continuerent
pendant une minute avec la meme regularite qu'auparavant ,
mais elles commencerent bientot a devenir egalement plus faibles
et intermittentes , el ces animaux enlrerent alors dans <lcs
mouvemens eonvulsifs qui durerent jusqu'a ce qu'ils parus-
sent morts. Apres avoir fait secher ces chenilles a I'air , ia
respiration se retablit insensiblement , le coeur recommenca a
baltre et I'animal reprit pen a peu ses mouvemens. D'autres
experiences encore ont prouve a l'auteur que les pulsations
du vaisseau dorsal dejiendcnt plus essentiellement de la res-
piration qui se fait par le stigmate posterieur. II a egalement
observe que les mouvemens du coeur sout d'autant plus prompts
que la temperature est plus eievee; qu'ils sont plus raj)ides
chez les jeunes chenilles que chez les viedles; et enfin, qu'ils
sont plus accelercs dans le moment ou les papillons commen-
cent a battre des ailes pour s'envoler.
Apres avoir fait connaitre ces diverses expc'riences , M. He-
rold refute longuement I'opinion de M. Marcel de Serres, qui
regarde le vaisseau dorsal commc secretant la graisse ; mais il
croit, d'aj)res les experiences que nous venons d'indiquer, <[uc
cet organc est destine a communiquer an sang conlenu dans la
cavlfe generale du corps la force plaslique dont il a besoiu
Zoologi'e. 583
pour la nutrition , force que I'auteur pense que le vaisseau recoit
lui-meme du systeme nerveux p;ir rintennedlaire de la bride
cpiniere ; et il compare, sous ce rapport, le cceur a un aimant
qui communique au fer sur lequel on le frotte la propriele qu'il
a lui-meme; c'est-a-dire que le llquide du vaisseau dorsal, trans-
met par son mouvement de fluctuatiou, au sang contenu dans la
cavite generale du corps ;, la force plastique dont nous venous de
parler, et ce cceur , en agissant aussi sur le sang, transforme ce-
lui-ci en graisse. M. Herold ajoute que la fonction qu'il assigne
ainsi au vaisseau dorsal, ne differe de celle que lui suppose
M. Marcel de Serres , qu'en ce que son action, dans la foruiaiion
de la graisse, ne serait que mediate au lieu d'etre iinrncdiutc.
Aucun anatomiste n'ayant encore pu determiner d'une ma-
niere positive quelle est la structure et la fonction du vaisseau
dorsal des insectes , sur lequel rauteur du memoire dont je
donne ici un extrait forme encore de nouvelles hypotheses, je
crois devoir saisir cetle occasion pour en faire connaitre la veri-
table composition, et les usages. Ce que je vais dire a ce sujet n'est
point fondesur les hypotheses, y etant arrive par le moyen de dis-
sections soignecs que j'ai faites de cet organe chezpliisicurs insec-
tes. Jedetachecf'tte courte notice d'un ouvrage plus considerable
sur I'anatomie complete du Mcloloiitha vulgaris, que j'ai souniis
en 1823 a I'Acad. de Paris, mais qui n'est point encore imprime.
Le vaisseau dorsal est le veritable coeur des insectes , etant ,
comme chez les anim.iux superieurs, I'organe motcur dii sang,
qui , au lieu d'etre contenu dans des vaisseaux, est repandu dans
la cavite generale du corps. Ce cceur occupe toufe la longueur
du dos de I'abdomen, et se tcrmine antcrleurement par uneai--
tere unique non ramifiee qui transporte le sang dans la tete, oii
elle I'epanche, et d'ou il revient dans I'abdomen, par I'eff'et meme
de son accumulation dans la lete, pour rentrer de nouveau dans
le corur ; et c'est a quoi se reduit toute la circulation sanguine
chez les insectes , qui n'ont ainsi quunc seule artcrc sans bran-
ches et point de veines. Les ailcs du cociu- ne sont point niuscu-
leuses, comme le pretend M. Herold; ce sont de simples liga-
mens fibrcux qui inainticnnent le vaisseau dorsal en place. Le
cceur, c'est-a-dire la partie abdominale du vaisseau, est dlvise
interieuremerit en huit chambres successives (chez le 31. culgares)
s^parces les unes des autres par deux valvules convergentes, qui
permettentau sang de se porter d'arricre on avant d'une cli.ni.b.'e
384' Zoologie.
d;ins I'autre, jiisquedans Tartere qui le condiiil danslatetc, mais
qui s'opposenl a son luoxiveinent retrograde. Chaquc cliambre
porte lateralement asa partie anterienre deux ouverlurcs cu for-
me de fentes transversales, quicommuniquenl avec la cavite ab-
dominale, et par lesquelles le sang contenu dans celte derniere
peut cntrer dans le cceur. Chacune de ces ouvertures est munie
interieurement d'une petite valvule en forme de demi-cercle,
qui s'applique surelle lors du mouvernent de systole.
D'apres cette courte description, on coiuoit que, lorsque la
chambre poslcrieure vient a se dilater, lesang contenu dans la cavi-
te abJominale y penttre par les deux ouvertures dont je vlens dc
parler etqueje nomme ouverture anriculo-vcntricalaire. Quand
la chambre se contracte, lesang qu'elle conlient ne pouvant pas
retourner dans la cavite abdominale, pousse la valvule interven-
triculaire , et passe dans la seconde chambre qui se dilate pour
le recevoir, et qui recoit en meme temps une certaine quantile
de san"- par ses propres ouvertures auriculo-ventriculaires. Lors
du mouvernent de systole de cette seconde chambre, le sang passe
de meme dans la troisicme qui en recoit egalement par ses ouver-
tures latcrales, et c'est ainsi que le sang est pousse d'une cham-
bre dans I'autre, jusque dans I'arlcre. Ce sont ces contractions
successives des chambres du coeur qu'on apercolt au travers de
la peau des chenilles.
Quant aux diverses experiences que M. Ilerolda faites, elqtu
lui ont paru prouver que le liquide contenu dans le vaisseau dorsal
y esta demeure, elles se laissent fiicUement expliquer d'apres ce
que je vlens de dire. Les bornes etroites dans lesquelles je suis
obli"^e de me renfenncr ne me pennettant pas d'enlrer dans
beaucoup de details , je me bornerai simplcmcnt a expliquer com-
ment Taction du coeur pent continuer lorsqu'on a fait la ligature
a la panic antcrieure. On conroit que le s.ing doit, dans ce cas ,
s'accumuler dans Tartere et finir par la rompre, pour s'epancher
dans la cavite du corps en arriere de la ligature; c'cst a-dire que
la circulation rentre par-la dans les conditions ou eile se trou-
valt avant rexperience. vStraus.
FIN nn PEUXIEME VOLUME.
PARLS — IMPRLMKRIE DEFAIN, RUE RACINE, N". 4
piACK HE i.'onKorr.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GfiOLOGIE.
TOME III.
LISTE
DE MM. LES COLLABORATEURS
DE LA ir. SECTION
DU BULLETIN UNIVERSEL DES SCIENCES
ET Dl' L'lNDUSTRlE (r).
HiSTOIRE NATXJRELLE CKN ER ALE.
GeologieetMineralogje. — Collnboratcurs : MM. Andre (L. A.),
Berthier(R.) , Beuilant, de Bonnard ( B. d. ), Bond ( A. B.),
Brocbant dc Villicrs^BR.), B»". Coquebertdc Montbret (CM.),
B"". Cuvicr , Dufresnoy , de Ferussac (F. ) , V'>=. Hericart de
Thury , Heron de Villefosse , Lucas, Menard dc la Groie ( M.
G.),C. Prevost(C. T.). Redacleur principal : M. Dt.\.\toss.^
(G.Del.)
IIOTANIQUK, Phvsiologie et Pal^ontographie vegetales.
— Collaborateiirs : AIM. Dujietit-Thouars, Duvau ( D.-u. ) ,
Fee, Gay , Guillemin (J.-A.Gn., ou Gn.), A. dc Jiissiou(A. de
.luss.), Kiintb, Lamouroux , Ricbard , A. de Saint-Hilaire
(Aug. de St-Hil.). Redacteur principal : M. An. Brongniart
(Ad. B.).
ZooLOGiE , Anatomie ct Physiologie generales ct specialcs des
animaux, Pal^eontographie awimale. — Collab. : MM. Audinel-
.Serville ( Aud. S. ), Audouin (V. Ann.), Bory-dc-SaintTlnccnt
(B. deSt.-V.), Bosr, B"". Cuvicr, Fred. Cuvicr (F. C. ) , De-
france, C'". Dejcan(D''.), Dcsmonlin I'D.M.), Du<ios,Dumeril,
Ferussac (F.), Gaimard (P. Gaim.) , Geol'lroy-Sainl-Hilairc
(Geof.St.-Hil.), Guerin(E. G.j,C'«. dcLacepedc.Lainoiiioux,
Latreille.Lcpcllclier de Saint-Fargcau ( L. S. F.),Payraudeau,
Quoy (Q. Y.) , de Roissy, Straus (S. s.), Valenciennes. Ih-
dacteur prim ipal : M. Desmarets (Desm...st i.
(i) Ce Recucil, composd de huit sections , aiixquclles on pout
s'abonner se'paremcnt. fait suite au Bntlcliii fifendnd et uniucrsid des
.iniwnccs ct des nnu^'elles scicntifiqiies , (|iii forme la premiere anniie
lie ce journal. Le pri:^^ de celte premiere anne'e est de 3o fr. pour i-'
niimeros de lo feuilles d'imprcssion cliacun.
IMPRIMERIE UE IAIN, RUE R,\t:iNE , n". /( , PLACE DE
l'oueon.
BULLETIN
BES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
DEUXIEME SECTION
DU
BULLETIN UNIVERSEL DES SCIENCES
ET DE L'INDUSTRIE,
PDBLIE
SOUS LA DIRECTION DE M. LE B"". DE f£RUSSAC,
OFKICIER S0PERIEUR AU CORPS BOTAL d'eTAT-MAJOR ,
CHEVALIER DE SAINT-LOUIS ET DE LA LEGION-D'HONNEnR ,
IHEMBRE DE PLUSIEnRS SOCIETES SAVANTES tfATIONALES ET ETRANGERES.
TOME TROISIEME.
A PARIS,
Au BUREAU DU Bulletin , ruc de I'Abbayc, n". 3 ;
Chez MM. DuFouR et d'Ocagne , quai Voltaire , n". 1 3 j ct m^me
maison dc coinruercc, a Amsterdam;
Chez MM. Treuttkl ct Wurtz, rue de Bourbon, n°. 17; et
m^mc maison de commerce : a Strasbourg , ruc dcs Serruriers ;
a Londres, 3o, Soho -Square ;
EtchezM. Levrault, ruc dcs Fosses -M.-k-Princc, n". 3i.
lYIS IMPORTANT.
(JVoifl. Poiirn\'})i"ouveraucnn retanl tlans I'envoi dii Bulletin, MM. its
souscripteurs sont invite's a renouveler leur abonnemcnt tlnris le
courant de decembre. )
La surabondance des materiaux que recoil le Bul-
letin universel par I'active cooperation de ses colla-
borateurs , dcs Societes academiques et des Savans de
tous les pays , nous obligeanl d'augmenter, pour I'annee
procbaine , les Sections 2*., 6^ et 7*., chacune d'une
feuille d'impression par mois , il en resultera necessai-
rement une augmentation de prix pour cbacune de ces
Sections , comme pour I'ensemble du Bulletin universel.
— Voulant neanmoins en faciliter, aulant qu'il sera pos-
sible , ['acquisition a cette nombreuse classe de Savans ,
pour qui les sciences militaires n'offrent pas un interet
egal a celui qu'ils portent aux autrcs brandies des con-
naissances bumaines , nous laisserons a MM. les souscrip-
teurs la faculte de ne prendre que les sept autres Sections
du Bulletin, tout en les faisant jouir des avantages atta-
ches a la sonscription pour le Bulletin complet. — Nous
ferons en consequence disposer le Bulletin universel
pour I'annee 1826 , en exemplaires avec les Sciences
militaires ( 89 fcuilles par mois) , et en exemplaires sans
les Sciences militaires (36 feuilles par mois), Le prix
de ces derniers sera le meme que pour le Bulletin complet
de Tannee 1824 (qui contient egalement 36 fcuilles par
mois), c'est-a-dire 120 fr. pour Paris, 142 fr. 5o c.
pour les departemens, et i65 fr,, franc de port, pour
les pays etrangers. — Le prix du Bulletin complet avec
les Sciences militaires (vu I'augmentation du nombre
de feuilles ci-dessus mentionnee, et euegard aux tableaux
que reclame souvent la Section militaire) sera porte a
182 fr. pour Paris, a i56fr. 5o c. pour les departemens,
eta 181 fr., franc deport, pour les pays e'trangers.
Nous croyons devoir meltre des a present sous les yeux
du public le tableau indicatif des prix d'abonnement
des diflereutes Sections separees du Bulletin , pour I'an-
nee iSaS. II y verra qu'en s'abonnant pour la totalite
du Bulletin , ai^ec ou sans la Section des Sciences mi-
litaires , il jouira d un avantage de i6 fr. sur le prix
total des diverscs Sections prises isolement.
Tableau sotnmaire des sections et de leurs prix d'abonnement.
DESIGNATION
DES SUJITS DE CHAQOE
SECTION.
PRIX D'ABONNEMENT.
les depart. I'etranger.
port franc. I port franc
^ fSciencesmath^matiques, ) ,
I pbysiquesetchimiques.J ^
^ f Sciences naturclles et I
V geologic / '
3 Sciences medicales , etc. I 6
, f Sciences agricoles , ^co-1 ,
^ I nomiqiics , etc ' ^
5 I Sciences technologiques
g /Sciences geographiques ,i ^
I e'con. publ., voyages. .J
/Sciences Instoriques,
' I tiquites, philologie,
4
et I pi
ToTADX. .
Sciences inilitaires. . .
TOTACX. .
3G
3
39
i6
i5
i8
1 36
i48
17 5o
3o 5o
35 5o
17 5o
1 58 5o
14 »
172 5o
29
20
24
29
24
iG
197 fr.
P. S. Nous invitons en meme temps MM. les Sou-
scripteurs de 1 824 qui u'auraient point encore la premiere
aimee de la collection (iSaS), a vouloir bien adresser
leur demande a la Direction du Bulletin. Cette premiere
annee , composee de 12 cahiers de 8 a 10 feuilles d'im-
pression chacunc , est du prix de 3o fr. pour Paris.
PARIS. —IMPRI.MEHll; DE K.\1N , RLE HACINE , x". l\ , PLACE DE t'OiJtON.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
GEOLOGIE.
I. Description ceocnostique des environs du Put en Velay
et particulierenient du bassin au milieu duquel cette vllle esl
situce; par M. J. M. Bertrand-Roux. Iii-8°. de 240 pa^es,
avecune carte coloriee etdeux planclies. Prix, 8 fr. Paris- 182/1 •
Levrault. Au Puy; cliez La Combe.
Nous ne pouvons mieux faire connaitre ce livi-e , qu'en rap-
porlant I'analyse qu'en a faite M. Cuvier dans le rapport annuel
sur les travaux de I'academie des sciences pour 1823. Le ma-
nuscritde cat ouvrage avail ete adresse a I'academie, qui s'en
est fait rendrc un compte detailie par I'organe d'une commission
speciale, et qui a adopte les conclusions tres-honorables de son
rapport.
M. Bcrlrand Roux, negociant et naturaliste eclaire de la ville
du Puy en Velai, a entrepris de faire connaitre, sous les raii-
ports geologlques, les environs de sa demeure, et il en a fait
i'objet d'un ouvrage considerable, ou toutes les couches sont
decrites, leurs rapports deposition iadiques, et leurs hauteurs
ainsi que les differentes inegalites du terrain , mesurees au ba-
rometre.
La ville meme du Puy est au centre d'un bassin entoure de
montagnes asscz hautes, et dont la Loire ne s'ethappe que j)ar
une gorge etroite. Les noyaux de ces montagnes sont graniti-
ques, et de troisvarictes caracterisees en partie par leurplus ou
nioins de consistancc, et que I'on distingue de loin au plus on
inoius d'escarpement dc leurs cimes cl de leurs tain,. ; mais une
grande partie de leurs cretes sont lierissees tie voltans tres-rc-
connaissables, bien qu'eteinis long-temps avant les epoqueshis-
B. Tome 111. ,
2 Geolo^ie,
toriqiies. Dans rttte t-nreintc, coninie dans le fond d'nn vase«
sont (leposds les terrains postericurs : dubord quelques depots
epars de psamraites formes des dtibris du granite , dans i'un drs-
quels il y a deja des resies dc vcgetaux; ensuite, et lout d'un
coup, des terrains tertiaires; des couches puissantesd'argile, des
marnes en lits nonibretix , sans corps organises, que I'auteur croit
analogues a nos argiles plasliques des environs de Paris; et sur
dies, des terrains de plus dc cent metres d'epaisseur, qui ne con-
tiennenl que des coquillages d'eau douce, des restes de tor-
lues, ou des (isseinens d'aninjaux terrestres, aujoiird'liui incon-
nus, et nommement des nicmes Palaotlieriums, si communs
dans nospiatriercs de Paris, et d'un genre voisin nouiuie Antlira-
colheriura par M. Cuvier.
C'est sur cc fond de bassin ainsi constitu^, que se sont repan-
ducs les dejections des volcans, et qu'elles ont forme des pics ,
des collines ct des plateaux. M. Roux les divise en deuxsortes :
Jes plus anciennes ont le feldspath pour base et composent des
terrains <[uc M. Roux uominc tracliyliques lorsque le feldspath
estlamelleux, etphonolithiques qnand il e^l conipacte; les autres,
oil abonde le pyroxene, coniprennent des laves basaltiques de
direrses epoques, des scories et des cendrcs.
Ceux-ci sont inconlestablement plus recens que les terrains
tertiaires, qa'ds recouvrent en plusieui-s ondroits d'une nianicre
^vidente. On les voit qnelquefois sYtendre sur les trachytes, cc
qui prouve I'anteriorite dc ces derniers. M. Roux croit que les
trachvles eiix-nitmes sont, aussi-bien que les laves el basjiltes ,
plus ricens que les terrains tertiaires. 11 ne les a pas vus ce|>cn~
dant superposes ^ ces terrains; m.tis il tire sa conclusion pi in-
cipalement de ce fait, que les terrains tertiaires ne coiilionneiit
point de debris de trachytes, inais seulenient ceux des granites.
Ces trachytes su sont prlncipalement deposes le long de la
chaine orlentale, dc celle qui separe le \elay du Vivarais, et
dont la cime principalc est conntie sous le noin dc Mtzin ; leurs
contextures sont nniformes , el ils doivent s'etre deposes dans
un temps jisset court , tandis que >es laves et les basalles different
enlre enx ])ar la structure et par les epoques des eruptions qui
les ont produits. Les dimicres de ces eruptions sont, au reste,
dcja tres-anciennes ; car les elevations qu'elles ont formees
avaient dcja cu le temps d'etre degradces et escarpees commc
elles le sont anjonrd'hui, des le temps ou les Romains lirent dans
Geologie. j
cps environs leurs premieres routes cl leuis premieres con-
structions.
I.a cliainc de I'ouest est celle ou ont bruli; les voIcans,princi-
p.ilement les plus modernes : elle en oflre au moins cent; mais,
a I'exception tie <leux ou trols , leurs cratcres sont presque
effaces aujourd'liui.
line des elevations volcaniques les plus reniarqnahlcs du Ve-
lay est la Roche raiti^e , pic basalliijuc isole , fort noir, enliere-
ment cntoiire dc granite , et que M. Iloux regardc comme ayaiit
ct<5 souleve de has en liant, et offrant des traces d'une ancienne
bouche volcanique.
A ces descriptions, dont nous abregeons a regret I'cxtrait,
M. Roux joint des conjectures plus ou moins ingenieuscs sur
les causes qui ont amene tant dc modifications diverses : elles
ajoutent ii I'inleret d'un ouvra-^c tlont la publication fcra con-
naitre une des contrees de rintcrieur de la I'rancc les plus inte-
ressantes sous le rapport de riiisfoirc naturellc, aussi-bieu que
de la singularilo des sites et dc la bcaute des paysages.
?.. NoTiCK oj'iOLoaiQirE sur I'ile de Martha's Vineyard , par le
reverend Eowakd Hitcucock. ( Aincrican Jour/ml of S<:icn~
ces , par M. Silliman, vol. VII, fevrier 1824, p. 2/|0. )
L'ile de Martha's Vineyard a environ vingt-un milles dc long
sur six a huit de large; son sol est compost^, 1°. de terrain d'allu-
vion; i». de terrein de diluvion; 'V. d'argile plaslique.
Le terrain d' (I llM'ion compose d'un sable blanc jaunatrc, inco-
herent et sans fossiles , recouvrc la plus grande parlie du sud dc
celte ile ; la sterilite de ce sol sur lequel il ne croit que des clie-
nos qui atteignent au plus huit pieds de hauteur, la rend inha-
bitable. L'auteur de cet article ne sachant pas a quelle formation
du terrain terliaire rapporlerccs sables, leur a donne le noin
d'alluvion; mais il est probable <[u'ils aj)partiennent a la forma-
tion marine supcrieure, car its sont semblables a eeux qui re-
couvrenl le pays comi)ris entre I.ong-lsland, pres New-York et le
golfe du Mexique, sables quo M. I'ineh a rapportcs aux sables de
la Gascogne.
2". 7'(V7v//« (/(• r/i7ttt<it)//.i]clU'. formation cnveloppc tonte rile,a
I'exception de la partic sud oecu[)r'c [jar raliuvioa <|ije nous ve-
nous dedecrireci-dessus. Kllcs'eteml au nord (h-rileel lecouvre
une.>pacc de plusieurs milles; sa surface est inegaleet muntneuse.
^ Geologic.
Ce tPirain tie diluvion cit compose de detritus de rocbes primi-
tives On y trouve des blocs de granite , de schisle , qui ont plus
de iSpieds de diametre.
3", Jr"ile plastiquc. Dans les points de cette ile cii la cole
presente quelque elevation, on voit I'argile plastique reposer sur
Ic terrain dediluvion. Gay Head presente une falaise elevee de 200
pieds au-dessus de la mer , dans laquelle on observe une alternative
de sables et d'argiles diffcreniment colores. Cette argile renferme
plusieurs couches de lignite coraposees de la reunion de troncs
d'arbres de plusieurs pouces de diametre. Ce lignite brule avec
fhimnie et en developpant une odeur desagreable. On trouve de
I'arnbre dans quelques autres points de la cote.
La reunion du lignite et de I'ambre dans cette argile est un
indice presque certain que cette formation correspond a I'argile
plastique. ^■
3 . Dello stato Fisico DEL suoLO Di RoMA. Dc I'etat physique du
sol de Rome. Memoire pour servir d'cxplication a la carte geo-
gnostique dc cette ville, par G. Brocchi , av. 2 pi. Rome.
M. Brocchi divise les formations de Rome en 3 depots caches
plus ou moins sous des rulncs. Le sol de Rome est d'abord une
argile marneuse, jaunalre, a ecaillcs de mica et a fragmens de
quartz et de pyroxene. Cette marne estaccompagn<5e d'un sable
compose de quartz , mele d'un peu d'argile et contenaut du mica,
du pyroxene et du feldspath. On y observe des stalactites cal-
caires et des coquilles d'eau douce [Helix cowplanata elpnlustris,
Linn. ) L'auteur en conclut que le Tibre a dii former anciennc-
ment a Rome des etangs, et qu'il avait la proprietc de deposcr
le travertin qui couvre maintenant les hauteurs.
Le Tibre devait etre aussi sujel a des crues tres-grandes, puis-
qu'on trouve des traces de ses alluvions au mont Pincio , a i5o
])ieds au-dessus de la mer. Lc travertin a debris de vegetaux, est
surtout fort cpals depuis la Porta del Popolo a Ponte IMilvio. Broc-
chi croit que la mer a etc plus elevee a Ostia , et que son relrait
est la cause des caractercs du sol italien. UUnh: Revietv ( u". x)
n'adople pas cette opinion et explique aussi le peu d'acide car-
bonique du Tibre actuel, parce qu'il traverse maintenant moins
de couches calcaircs. Lc tufvolcanique compose priucipalement
le sol de Rome et forme le Capilole et les monts Pincio , Qui-
rinal , Viminal , Esquilin , Celio, A.vcnlin elPalalin. M. Brocchi
Geologic. 3
n'adople pas I'idce quil derive de cratires situes autrefois dans
le Campo Vaccino. Les tufs sont de differentes natures : I'un est
une pierre a batir, terreuse, rouge-brune ; il contient des ani-
phigenes , du mica , des cristaux de pyroxene et des fragmons de
feldspath , de lave et de cliaux carbonalee. On le trouve dans le
Capilole, TAyentin ct I'Esquilin , etc. Une autre espece est grenue.,
friable et de differentes couleurs; il contient des rcstes dc plantes
pres de I'eglise St. -Laurent ; sa decomposition donne lieu au tiif
terreux , jaunatre , de la cinie du mont Marius , etc. Des anias
ponceux sont enveloppcs dans ces tufs comme pres du mont Janl-
cule. L'anteur examine ensuite la structure des differentes emi-
nences de Rome. Dans le Piucio et le Collis Hortuloruin , on voit
de bas en haut , i". un tuf granulaire a feuilles d'arbres et a con-
cretions calcaires; 20. un litargileux,a mica et a feuilles de Salix
alba; 3". sable siiiceux et calcaire a fragraens ignes. LeQuirinal
et le Viminal presentent prcsque les memes roclies. Les cou-
ches de I'Esquilin sont , 1°. un tuf terreux brun; 2". un tuf gra-
nulaire a fragmens de lave scoriacee , et a petits fdons d'argile :
3°. un tuf lithoide rougeatre; 4*'«uns argile jaunatre a concretions
calcaires. Le mont Coelius offre surtout des tufs endurcis a Helix
palustris et cotnplanata. Dans le Capitole, la masse principale est
un tuf endurci qui recouvre les couches suivantes : une argile
jaunatre, un sable gris forme de grains de tuf, de chaux carbo-
nalee et de mica , un calcaire compacte et une argile micacee
brune. Dans quelqucs parties du Capitole il y a des coquiiles d'eau
douce (Helices , Cyclostomes, etc. ) L'Aventin offre les couches
suivantes : de bas en haut, un tuf friable et endurci , des couches
en partie de sable calcaire , en partie de travertin, et a coquiiles
terrestres et d'eau douce. Le Monte d'Oro est une masse tufacee.
La roclie du Vatican est principalement un gres siiiceux et cal-
caire, jaunatre, rcssemblant a celui des pieds des Pyrenees, et
on y a trouve des os de Pala?otheriuni. On voit aussi au Vatican
des marnes a selenile et a coquiiles marines , telles que Denta-
les, Tellines, Ltpas, etc., a Fucus et a bois pyrilise. Le Janicule a
la meme structure que le Vatican, et il y a une source de pulrole.
Outre ce depot marin il y a des roches d'eau douce a Cyclostomes
el Helices , et des tufs granulalres. La formation marine constitue
une chaine de collines bassesautour de Rome, s'elendant dunord
vers Acqua Traversa, ct dc I'ouesl, vers Ostia et Civita-Vcrchit;
elle sc lie a cellcs des deux vcrsans des Apennins. D" I'hvdro-
G Geologie.
gene carbure s'licliappe Ic long du Tibrc, dc Porto di Ripetta a
la Pennn, etc. On a decouvert des os d'elephant aii Pincio. M.
Brocclii tioiive qu'il est impossible der- faire derivei- les depots
volcanlques de Rome des montagnes ignees do Tusculum et do
I'Albanie. Ces dernieres n'offrent pas de ponce, et renferment
beaucoup de pepirino , qui est tres-rare a Rome. Le recenseur
n'adopte pas cette idee, et ajoute des reflexions a son analyse.
Ainsi il croit que les formations ont ete soulevces dans plusieuis
endroits du globe , et il s'appuie surtout sur les lies de corail qui
atteignent quelquefois 3ooo pieds de Lauteur, et qui renferment
quelquefois des cones volcaniques. Le nieme ouvrage de M. Broc-
chl contient un essai sur la malaria de Rome. A. B.
l^. SurlaMontagne te St.-Pierre aupres de Blaestricht. (^Konst
en LcUcrbode , mai 1824, n". 19.)
Exlrait du rapport des travaux de la premiere classe dc I'ln-
slltut royal des Pays-Bas, pour les annees 1820-1821.
M. Kraijenhoff a pris connalssance, en sa qualito d'inspecteur
general des fortifications du royaume , de la topographic souter-
raine dune partie de la fameuse inontagne dc St-Pierre , aupres
de Maestriclit, topographic Irouvee parnii les papiers de la cin-
quieme direction des fortifications, sans que rien indique quand
et par qui ce travail a ete fait, el si Ton y a suivi fidelement la
nature. En consequence, le baron Kraijenhoff a annoncc a la
premiere classe son intention de verifier et completer cette
piece en faisant prendre sur les licux des mesures exacfes, de
mettre ces mesures en rapport avec la situation de la surface de
la montagne, et dc represcnter a cct efl'etla disposition des bancs
ct coucIjcs par le moyen de coupes dc profil dans les places les
plus importantes.il a oflerl en meme temps a la classe une cople
de la topographic souterraine dont il s'agit , et lui a souuiis
cette question ; s'il ne seraitpas utile pour I'histoire naturelle, el
])Our les sciences en general , 1". d'entrcprcndrc des rccherches
et observations precises dans I'interieur dc la monlagne de St.-
Pierre ; 20. dansic cas affirmalif, de determiner en quoi elles de-
vront consister, de quelle maniere et par quels inslrumens on
pourrait dcsirer qu'elles fussenl failcs.
La classe a trouvc cctlc ])roj)Obiti()n Irop inii)orlantf ])()ur nc
pas la ])rendre en consideration ; cilc a charge Irois de ses mcm-
brcs,les plus verses en geologic, dc rexaiuincr , cl dc faiic con
Geologic. n
naitre dans leur r^ponse lout ce qu ils jugeraient pouvoir contri-
buer a ce sujet aux progres de la science.
II resulte du rapport de la commission, qu'il ne parait pas
utile aux progres de la science de faire de nouvelles reclierches
afin de counaitre si la montagne de St.-Pierre app;irtenail a celte
espece de monlagnes qui se sent formccs par intervallos et par
assises, line ou plusieurs coupes de j.rofil de I'interieiir pourraient
etre dun grand secours a la geologic, surtout si I'on avait soin de
marquer exactement dans quelles couches diverses, dans quelle
position respective, et a quelles hauteurs ou prolondeurs on
Irouve les restes ou empreinles d'aniniaux raariiis , et d'autrcs
fossiles. Mais ce n'est pas ainsi quest formee la montagne de
St.-Picrre; elleappartient a la classe de niontagnesappeleesd'al-
luvion, parce que les matieres dont elles se composent paraissent
avoir etc amassces par quelque niouvement violent des eau.x.
C'est pourquoi les debris d'animaux niarins et fluviatiless'ytrou-
vent , non pas par couches ou lits, mais pele-mele dans une roche
d'une espece uniforme. Ainsi une coupe verticale de I'interieur
de la montagne n'apprendrail rien qui ne fut deja sufflsamment
connu et decrit.
Quant a d'autrcs observations, relatives a I'histoire naturelle,
la montagne de St.-Pierre ne fournit aucune matiere particuliere.
II serait done tout-a-f'ait superflu de penser a construire des ins-
Irumens pour ces recherches.
J>. Dkcouverted'lnecaverne aScaham Dene [Genllem. Ma".,
sept. 1823 , p. 7.1'i. )
Celle crevasse, decouverte en 1819 , contient au-dessous de
1 5 piedsde terre une quantite considerable d'ossemens d'oiseaux ,
de quadrupedes , cerls, etc. , et meme , suivant I'auteur , d'os
liumains. Les restes fossiles sont associes avec des coquilles ma-
rines univalves et bivalves , ce qui indiqucrait, dit-on , que c'est
un depot du deluge. ^ g
G. Caverne sur la rive nord nu fleuve Noir , vis-a-vis de
Walertown. ( Leonhard , Taschcnbuch ; /,e. p;,rtie , iSaS
P-8%-)
Cette caverne esi au nord des cascades de I'ile de Cowas ; son
entree est a 5 pieds sous Ic sol , ct elle consiste en plusieurs salles
r-patieuscs ornees de stalactites.
<^ Geologic.
7. Cavkrnes de olace a la sotjkck dk la Jumna. [Lond. Mag.,
nov. 1823, p. 555.)
Le capitaine Hodgson mentionne dans son voyage a la source
de la Jumna, des sources cbaudes dans les monts Himalaya. A
Jumnotri, une croute de neige de ^o pleds d'epaisseur et de Go
pieds de large cou\ re la Jumna a sa source , et les vapours chaudes
des sources sur ses bords produisent dans cette neige des trous et
servent ainsi a alimenter la riviere. L'eau des sources chaudes a
une temperature si elevee, qii'on n'y peut tenir la main plus de
a secondes. Elle sort du granite de la base de la montagne Jum-
notri , qui est a 5oo verges de la , et qui presente une face escarpee
couverte de neige et d'environ /looo pieds de hauteur, C'est la
source la plus eloignee de la Jumna , sur la cote S. O. de la chalne
de I'Himalaya. A. B.
8. TABLEAn BEs SOURCES sALEEs cu Allemagnc , par M . Keferstein.
( Ann. ofPhilos., fev. 1824 , p. log.)
C'est un extrait de I'ouvrage de M. Keferstein. [Voy.le Bulle-
tin Atx^-ih, to. 3, p. 234}. L'auteur «presentedans 4 tables loutcs
les donneessur ces sources; on y trouve la profondeur a laquellc
sort chaque source , sa temperature , son degre de salure , son
produit annuel et la formation de laquelle elle jaillit. Nous re-
marquerons que dans les synonymes anglaisreunis par l'auteur aux
noms des formations allemandes, il confond mal a proposle mus-
chelkalk avec le lias; qu'il meconnait pour cela le calcaire a gryphi-
tesle pienantpourle lias anglais, et qu'il se trompe sur le gres bi-
garre de la Hongrie et de la Transylvanie qu'il appelle gres a li-
gnites ou tertiaire. Ce memoire se termine par une table de la
quantite de ce que donnerait chaque formation , si i'on pouvait
admettre quetoutesles formations d'ousemblentsorlir les sources
salees ont contenu veritablement les parlies salines dcceseaux.
A. B.
9. Volcans dans l'interieur de l'Asie.
Un des phenomenes Ics plus curleux pour rhistoire naturelle
est I'existencc de volcans dans les hautcs montagncs de l'Asie
cenlrale , a une tres-grande distance de la mer. Ces volcans sont
mentionnes danslesnncicns auteurschinois, et ils existent encore
de nos jours. Yoiti les notices que j'ai pu rccueillirsur cct objet:
Au nord de K/toiici i/isu , ct sur la frontiere meridionale du
Geologic. 9
pays occnpe a la fin du premier siecle de notre ere, par les de:-
bris des Turcs Hioung-nou, chasses a I'occident par Ics Cliinois,
s'elevait une inontagne de feu ^ Ho-clian ). D'un cote de ce
mont, ajoutent ces recits , toutes les pierrcs brulent, se fondent
et coulenf. a quelques dizaines de U. Cette masse en fusion se
refroidit ensuite et se durcit. Les liabitans dii pays s'en servent
dans la medecine. On y trouve aussi du soufre.
Un auteur chinois du septieme siecle , en parlant de Khouei
thsu , dit : « A 200 li ( 20 lieues ) au nord de cette ville il y a la
» niontagne blanche ( Pe-cban ) , qu'on appelle aussi Aghie. II
« en sort contlnuellement du feu el de la fumee; c'est de la que
» Tient le sel ammoniac. »
Le nom A'Aghie parait avoir la meme signification que Ho-
c/ian en chinois, cest-a-dire ifiontagne de /I'll ; car cet clement
s'appelle ag dans les idiomes de I'llindoustan, et la nicme ra-
clne se retrouve egalement dans plusieurs langues de I'Europe.
L'ancienne ville de Khouei thsu est la ville de Khoutche de
nos jours , situee par 41° ^7' lat. N., et 80" 35' long. E. , d'a-
pres les observations des missionnaires , envoyes vers le milieu
du dernier siecle dans le pays des Eieuts, pour en dresser la
carte. Le volcan , qui fait parlie de la cliaine neigeuse des rnon-
tagnes celestes i^T\\\a.n-C\i?in) , doit done s'y trouvcrapeu pres a
42° 35' de latitude N. C'est probablemcnt le meme qui portc
a present le nom de Khalar. D'apres le recit des Boukhares,
qui apportent le sel ammoniac enSiberie et en Piussie, ce der-
nier se trouve au sud de/io/-|5-o.f, ville situee sur VJli. On y re-
cueille souvent une si grande quantite de ce sel, que lesbabltans
de Koutche I'emploient pour payer leur tribut a la Chine.
La nouvellc description de I'Asie cenlrale, publiee a Peking
en 1777, contient la notice suivante: « Le terriloire de Khoutche
« produit du cuivi'e , du salpetre, du soufre et du sel amnio-
M niac. Ce dernier vient d'une monlagne appellee Mont de sel
» ammoniac , qui se trouve au nord de la ville. EUc a beauconp
■■> de cavernes et de crevasses qui , au printemps , en etc et en
» automne, sont reraplies dc feu ; de sorte que pendant la nuit la
» montagne parait illumince par des miliiers de lampions. Per-
1) Sonne ne peut alors s'en approcher. Ce n'est qu'en biver, pen-
« dant la saison la plus froide, et quandla grande quantite dc
» neigc a etouffe le feu, que les gens du pays y vont; ils se met-
» tent totit nus pour rccuclUir le sel ammoniac, qui se Irouvc
1 o Geologie.
•■> dans les caverncs en forme de stalactites tres-durcs; c'est pour
» cette raison qu'il est difficile dc le detacher. »
A douze journces de caravanc , au nord de Korgos , se Irouve
une autre ville appelee communement Tchoiii:^oiiHc/uif,. Kile est
situee au pied du moiit Tarbngatai , par l\('}" 5' lal. N. et 8oo
45' long. E. A quatre stations a Torient de cette ville on arrive
dans le canton de Kkobo/,.sar,i)resde Akobo/. , qui torabe dans
le lac Darlai ; il y a une }>etite montagne reinpUe de crevasses ,
dans lesquelles il fait excessivement chaud , mais qui n'exbalent
aucune fumec. Dans ccs crevasses le sel ammoniac se sublime
et s'atlaclie si fortemcnt contre les parois , qu'il faut abaltrc le
roc pour le recueillir. Klaproth.
NoTA. L'interet qii'offrent les rcnseignemens precedens nous
engage a transcrire ici, dans Icur entier, 1°. la lettre de M. Abel
Remusat a M. Cordicr , sur le mcnie sujet, et a", les observations
de ce dernier sur cette lettre , documens qui ont ete publics dans
\e& Annates des Mines , to. V, i8'20,p. i35et i'37, et qui vien-
nent d'etre rcimprimes dans le Journal asiat'iquc , juillet 1824 ,
p. 4/..
10. Lettre he JM. Abel Remusat, menibre de rAcadtniie dcs
inscriptions et belles-lettres, a M. Louis Cordier, niembre
de rAcademie des sciences, sur I'existence de deux volcans
brulans dans la Tartaric centrale.
Vous m'avez temoigiie, monsieur, le desir de savoir precisc-
mcnt ou les Kalmouks recueillent le sel ammoniac qu'ils portent
dans differentes contrees de I'Asie, et dont ces peuples faisaient
autrefois un commerce considerable. J'ai trouvc la reponse a
cette question dans I'edition japonaise de I'cncyclopedie cliiiioise,
qui est a la lilbliolluque duRoi. Get excellent ouvragc contient
un grand nombre de details sur les jjroductions, les arts et la
geograpliie dc la j)lus grande partie de I'Asie orientale, et Ton
pourrait souvent le consulter avec fruit, dans les dlf'ferenles
questions qui intcressent les sciences, et en particulicr I'liisloire
naturelle. Voici ce qu'on trouve relativement a I'objet qui a me-
rite votre attention : « Le sel , en persan nouc/iader , nomme en
cliinois Nao-cha , et aussi sel dc Tartaric, sel volatil , se tire de
deux montagnes volcaniqucs de la Tartaric centrale ; I'une est le
volcan dc Tourfan (i) qui a donne a cette ville (ou pour niieux
(i) Lat. .'(3' 3o' , loDg 87" 1 1', suivaat Ic I'. Gaiibil , mais celtc jiosi-
Geologic. 11
dire a uno ville qui est situee a 3 lieiies de Tourfan, du cote de
I'estjle nom de Ho-Tcheou, villa de fen; I'autre est la montagne
Blanche, dans le pays de Biscli-Balikli (i); ces deux montagnes
jettent continuellemenl des flammes et de la fumee. II y a dcs
cavites dans lesquelles se ramasse un liquide verdatre; expose a
I'air, ce liquide se change en sel, qui est le nao-cha; les gens du
pays le recueillent pour s'en servir dans la preparation des cuirs.
« Quant a la montagne de Tourfan, on en voit continuellc-
ment sortir une colonne de fumee; cette fnmee est remplacee le
soir par une flamme semblable a celle d'un flambeau ; les oiseaux
et les autrcs animaux qui en sont eclaires paraissent de couleur
rouge. On appelle cette montagne le Mont de Feu. Pour aller
chercher le nao-cha , on met des sabots , car des semelles de cuir
seraient bicn vite briilees.
» Les gens dupays recueillent aussi les eaux-mercs, qu'ils font
bouillir dans des chaudieres, et ils en retirent le sel ammoniac,
sous la forme de pains scmblables a ceux du sel commun. Lc nao-
cha Ic plus blanc est repute le meilleur; la nature de ce sel est
tres-penetrante ; on le tient suspendu dans une poele au-dessus
du feu pour le rendre bien sec; on y ajoule du gingembre pour
le conserver; expose au froid ou a I'liumidlte, il torabe en deli-
quescence , el se perd. »
Voila, monsieur, ce que j'ai trouve de plus interessant sur ce
sujet , dans un livre qui n'est, a la vcrite , ni un traite de geogra-
phie, ni un ouvrage d'histoire naturelle , mais qui conticnt seule-
ment une suite d'extraits necessairement superficiels, sur toutes
sortes de matieres. C'est un fait curieux, et, je crois, assez peu
connu, que celul de deux volcans acluellement en ignition dans
les regions centrales de I'Asie , a 400 lieues de la mer Caspienne,
qui est la mer la plus voisine. Vous jugerez micux que moij
monsieur, si des details plus ciiconstancies pourrnient avoir
quelque utilile jjour la geologic.
tion aiii-ail l)esoin d'etre ve'rifie'c (I'ajires les rcK'vds plus rucens ct plus
exacts qui ont sorvi ile base a la carte de la Tartarie cenlrale faite en
cliiuois i)ar le P. A. Ilallerstein.
(1) Villc siUicc sur lc llcuvc Hi , au sud-ouest du lac de Balgasch que
les Cliinois noninieiil aussi la mer C/iaiu/e. Lat. lUi lac dc Bal};asch, sui-
vant lc I'.Gauhil, .jn" o'; long, "fi" w' . M. RIapiotli, d'apixs le 1'. Hal-
Icrslein , lc place enlrc lc j \' . cl lc '(()•. d(t;ic de lal nord , ct lc 74'-
ft le 77'. dc Ions- est.
1 2 Geologie.
il y a encore qutl(|iies autres lieux oii les Chinois jjlacenl dcs
volcans, dont les Europdens n'ont pas une connaissance precise.
Bien des contrees , que ceux- ci n'ont pu visiter encore, ont ete
soigneuseinent dccriles par ccux-Ia. En attendant que le genie
des sciences y condiiise des Pallas et des Humboldt, on nesan-
rait mieux faire que de tirer des livres chinois, ce que ccs llvres
contlcnnent derclatifaux sciences naturelles. Peut etre la niois-
son serait-elle plus abondante qu'on n'est en general porte a le
supposer. Agreez, etc.
II. Observations sur la Ictlreprecedente de M. AoEL-REMnsAX;
par M. Louis Cordier.
L'existcnce de deux volcans brulans au milieu de cet immense
pktteau qui est circonscritparles montsO0RALs,lesmonts Altais,
les fronlieres de la Chine, etla puissanle chainederHiMALAYA,
me parait un fait digne de toute I'altention des geologues. Si je
ne lue Iroinpe, lous les motifs se reunissent pour faire regarder
ce fait comme paifaitcment avcre. Effectivement, la profonde
erudition de M. Abel - Riimusat dans les langues de la Haute-
Asie, et les connaissances fort etenducs qu'il possede en chiniie
rt en snineralogie, ne laissent aucun doute sur I'exactilude avec
laquelle il a du rendre le passage dont il a bien voulu m'adresser
la traduction. D'un autre cole, on n'auralt vraiment aucunc
bonne raison de contester la veracite des encyclopedistes chi-
nois. II me senible enGn qu'on ne pourra refuser une enliere con-
viction a ce temoignage, si Ton se donne la peine d'en etudicr et
d'en peser les details, et de les comparer aux notions du meme
genre que nouspossedons depuis long-temps. Je vais, pour faci-
liler cette comparaison, exposer en peu de mots quelques-uns
des principaux tcrmes d'analogie.
Je rappellerai d'abord que le sel ammoniac ( Jlydrochloratc
d'ammoitiaque),, dont il se fait une si grande consomniation en
Europe, est presque toujours un produit dc I'art. Une partic
vient d'Egypte , oil on I'extrait de la suie qui tapisse les huttes
en terre des habitans des campagnes; I'autrc est fournic par des
ateliers cijimiqucs etablis depuis plusieurs annces en France,
en Dclgique et en Angleterre , ct dans lesqucls on fabrique ce
sel dc loutes pieces.
Les n.iiies de houillc embrasees ne produlscnt jamais de sel
.Tinmoniac , ct il est evident qu'cllcs n'en ponrraient produirr.
Geologic . 1 5
Cesel n'existe, a Tetatnallf, dans ancun terrain , si ce n'est
dans les volcans brulans. On I'a plus particnlierement observe
au Vesuve et a I'Etna , oil, par son abondance, il est devenu ,
a diverses epoques, un objet d'exploitation et de commerce. II
joue un tres-grand role dans les vapeurs qui s'exhalent des cra-
teres et des courans de lave de ces deux volcans. Facile a se vo-
latiliser , il se dissipe promptement dans I'air, ou s'il se con-
dense a la surface des scories et dans leurs fissures , la moindre
pluie suffit pour I'enfrainer; car on salt qu'il est extremement
soluble. On ne peut recueillir ses efflorescences , ou meme con-
staler sa presence, que lorsque les eruptions se font par unbeau
temps , ou lorsqu'elles ne sont point accompagnees d'averses
trop frequentes.
On jugera aisement que les circonstances favorables ne doi-
vent pas ctretres-communes. Cependant Carrera rapporte que
la lave vomie en i635, par I'Etna, en a fourni des chargemens
considerables, dont I'expedition a letranger a donne de grands
benefices.
Boccone et Borelli, qui etaient temoins de la fameuse erup-
tion de 1669 , et qui I'ont decrite, font mention de la prodi-
gleuse quanlite de sel ammoniac qui en est resulte,et de son
embarquement pour differens ports d'ltalie. Si on veut se repor-
ter a des temps plus modcrnes, et si Ton consulte le savant geo-
logue Ferrara, on trouve que la lave de 17G3 en a produit fort
abondamment; qu'il en a etc recueilli plus de 1000 livres sur
cellc de 1780; que la lave de 1792 en a donne quelque pen,
nialgre les pluies qui ont accompagne son refroidissement, ct
quecelle de 181 1 en a assez fourni pour approvisionner am-
plement les ateliers et les apothicaireries de la Sicile.
Quoique le sel ammoniac n'ait jamais ete aussi abondant au
Yesuvequ'a I'Etna, il n'est pas d'eruption cependant ou sa
presence n'ait ete conslatee; en revanche il s'en exhale sans
cesse par les faraeux soupiraux de la fameuse solfatare de Pouz-
zoles.
Nous ferons observer qu'il faut que les vapcurs ammoniaca-
les de cettc solfatare soient produites en bien grande quanlite
par le foyer volcanique , pour qu'elles arrivent ainsi jusqu'a la
surface. En effet elles traversent un sol dont la surface est pcu
clevee au-dessus du niveau de la mer , et dont la masse, amcu-
blie par une decomposition gendrale, est incessamment abreu-
J 4 Geologie.
vee d'liumi(lit('; ct peiictroc de sels en (Icliqucsrence , au mi-
lieu desquels les sulfates prcdoininent. On sail qu'une des deux
grandes lumeroles de la solf'at;irc a etc exploitee pendant plu-
sieurs annees pour en cxtraire le sel ammoniac. Le celobre gcolo-
gue, M. Bieislak, auteur du procedc qu'on suivait, a donne
une cxcellente description de Tensemble des lieux, dans scs
P'oyages physiques et lithologiqucs dans la Campanie , \o\. 2,
p. 69. Je ne puis qu'y renvoyer a tous egards; si Ton veut se
donner la peine de parcourii- celte description , on restera con-
vaincu que les deux foyers volcaniques donl M. Abel-Remusat
vient de nous reveler I'existence constituent deux solfatares
analogues a celle de Pouzzoles, qui oliVent probablement des
dimensions encore plus vastes, et dans lesquelles Ic sel ammo-
niac est infiniment plus abondant.
Je terminerai en faisant remarquer que la decouverte de
M. Abel-Rcmusat porte les derniers coups a celte Iiypotlicse qui
avail pour objet d'expliquer tous les phenomenes volcaniques
par la fdtralion des eaux de la mer jusque dans les cavites sou-
terraines on resident les matieres incandescentes qui servent
d'alimenl aux eruptions ; hypotliese fort ancienne qui avail etc
remise en vogue par I'abbe Nollet, et qui, bien qu'elie ait etc
dans le principe aussi Icgerement recue que concue , n'a pas
laisse que de conserver des partisans. ( Journ. Asiat,, 182/1, i<-'''.
de la 3*^. annec , p. 44-)
12. Observations sur les documens precedens relalifs aux Vol
cans de I'interieur de I'Asie; par M. de Ferussac.
Les renseignemens fournis par M. Klaproth sur la uiontagnc
tie feu ( Ho chaii), situee au N. de Khotieithsu, ajoutent une cir-
constiince iraj)ortante au recit de M. Abel-Remusat , en ce qu'ils
semblent indiquer un veritable volcau d'oii s'cchappent des cou-
lees de laves ; en sorte que si Ton peut ajouter foi aux liistoriens
cliinois, ce ne serait point ici une simple soU'atare. Mais jusqu'a
quel point peut-on compter sur leur exactitude, et sur I'absence
de Texagoration, au sujet dc contrces si cloignces de la Chine , el
sur des fails que les CLinois n'ont peut-eire connus que par les
recits des marcliands de sel, surlout ([uand on compare I'cxtrait
de M. Riaprotb a celui de M. Remusat? L'encyclopcdie <Iii-
noise parait, au premier apercu, signaler les raomes volcans, et
ne fait cependant point mention de matieres fondues et cou-
Ceologip. i5
hintes , et si I'oii pent ( roire qii'il s'agit ties meiiies montagnes
volcaniques, combien ies deux documens sont peu d'accord sur
leur situation! Le premier des deux volcans indiques par I'ency-
clopedie chinoise , celui de Tourfan , qui a doniie a une autre
ville le nom de Ho-Tcheou (\ille de feu), serait sitae, selon le
P. Gaubii, par Ies 4^° ^o' de lat- et Ies 87° 1 1' de long; ce qui
le place dans une contree couverte dc lacs assez considerables , et
qui peiit-etre n'en font qu'un seul dans de certains temps , tels
que Ies lacs Lop , Cas, etc. Le second volcan, la monta^ne Blan-
che, dans le pays de Bisch-Balikh , ville situee sur le fleuve Hi,
au S.-O. du lac Balgasch , se frouverait plate ])res de deux tres-
grands lacs , celui qu'on vient de nommer, et le lac A.lakougoul.
La lat. du lac Balgasch est, selon le P. Gaubii, de 46" o'.
La montagne de ¥e\x[Ho-Chait) de M. Klaprotlj, situee au N.
de Khouei thsu , aujourd'hui Klioutclie, placee par 4if> 37' de
lat. N., et 80" 35' de long., parait etre la m^me que celle
qu'indique I'auteur chinois du VII'^. slccle, qtii , sous le nomde
montagne Blanche [Pe chan) , place un volcan a 20 lieues au N.
de Khouei thsu. Selon cet auteur celte montagne s'appelle aussi
Jghie , mot qui, d'apres M. Klaproth , aurait la meme significa-
tion que Ho chan en chinois , c'cst-a-dire montagne de feu.
M. Klaproth pense done que ce volcan serait situe par Ies 42"
35' de lat. N. , et qu'il serait probablement le meme que le mont
Khalar, lequel , selon Ies Boukhares , se trouvc au sud de Kor-
gas , ville situee sur I'lli. Toute cetle partie du document de
M. Klaproth parait ainsi se rapporter a un seul volcan , dont Ics
noms divers, de montagne de Feu ( Ho chan) , et de montagne
Blanche [ Fe cJuin), semblent convenir aux deux volcans de
M. Remusat, !a ville de feu {^llo tchcoii), et la montagne blanche
des pays de Bisch Ballkh. Comment cependant le volcan des
bordsdel'Iliserait-ilconfondu avec la premiere montagne volca-
nique de M. Remusat , situee a plus de i5o du lac Balgasch?
II y a d'ailleurs entre la position de la ville de feu de I'ency-
clopedie chinoise ( lat. 43o 3o', long. 87" n') , et celle de la mon-
tagne de feu de M. Klaproth (lat. 42° 35', long., d'apres celle
de Khouei thsu, 80" 35'), une difference onorme.
Le volcan des environs du Tchougoultchak dc M. Klaproth
se trouverait aux pieds des monis Cliamar, pres du lac Zaisan
et ne parait se rapporter a aucun des deux monts volcauiques de
M. Reaiusat.Quoi qu'il en soit,on nc peut voir, dans Ies documens
1 6 Geologic .
toujours tres-curieux et tres-precieux, fournisparMM.Remusat
et Klaprotli, rien de certain sur le nombre et la position de ces
monts volcaniques; on peutseulementenconclure I'existenced'an-
ciens volcans et de solfatares actuelles. On ne pent surtout y voir,
ce nous semble, ainsi que le pense M. Cordier, les derniers coups
portes a cette hypotbese qui fait dependre I'activite des -volcans de
leur voisinage de lamer, et de I'infiltration dc ses eaux dans les
loycrs volcaniques. Les lacs pres desquels ces solfatares sont si-
tuees , et dont on ne connait pas I'elendue , peuvent reraplacer
ici le voisinage de la nier. Rien ne detruit done les savantes in-
ductions du beau memoire ou M. Gay-Lussac a dernierement
examinecette question (Voy. \eBull. de iSa'i, to. 2, n°. 79, p./i^);
rienne detruit surtout cetle observation frappantede tant de vol-
cans eteints, situes loin des cotes actuelles, pbenomene qui se pre-
sente en premiere ligne avec les nombreuses preuves de I'abais-
sement du niveau des eaux.
i3. Sur l'origine hes Volcans dans l'Italie ; par Rouolphe de
Prystanowsri. Berlin j 182a.
L'auteur crolt que le gcologue qui s'occupe des volcans doit
montrer 1°. le depot de matiere inflammable qui alimcnte le feu
des volcans ; 2°. la nature particuliere de toutela cbaine qui le fa-
voriseetrentretient; 3°.lesrocbes qui sonl changecs en laves, etc.
Dans cet ouvrage l'auteur rcpond aux deux premieres questions,
et promet de trailer la derniere dans un grand ouvrage geolo-
qique sur I'ltalie, accompagne de cartes. II y a dans le milieu de
I'ltalie deux trainees dc matlcre inflammable, courant du N.-O.
au S.-E. La zoneadriatique qui commence dans la Romagne, et
va jusquc danslesAbruzz.es, ct la zone mcditerranee qui se pro-
lonf'e de Modene a Naples et en Siclie. Le soufre , rasj)liaUe , la
houille et les minerais sulfureux, sont ces matieres inflammables.
L'auteur examine d'abord en detail la zone adriatique. A Pictra
Appia,le soufre se trouvc en bancs au milieu de raarnc, dc gypse
cld'a""lomerals. 11 se revolt de meme a Val diNote, a Monte-
vecchio, a Sarsina,a Matauro, aUrbino,ctc. L'asphalteaccompa-
<inc souventle soufre, et des depots de combustible sont frequem-
ment dans son voisinage. Des sources salces se rencontrent sou-
vtnl dans cette terre. Dans la zone mcditerranee le soufre se trouvc
d'abord a Volterra , dans ungisemenl semblable a celui que nous
jtonscitc; on le voit pbjs loin a Radicofani , a Civitclia ct a
Geologic. 1 7
Scansano , ou des di'iises d'antlinoine sulfiire accompagnent le
soiifre. A Civitella le soufre est en petits lUons et amas dans un
calcaii'e. Au dela on ne revolt du soufre qu'en Sicile. Le soufre
est sublime dans les lagunes pres Volterra, a Monte Rotondo ,
Sasso etSerrazano, etc. II y a unesolfatarechaudea Petriolo, une
solfatare froide a Silvena, etle ferritoire rom.iin en renf'erme plu-
sieurs a Laterra , a Toscanella , a Monte Migliore, etc., etc. La
formation raarneuse et calcaire a soufre y est recouverte de
roches basaltiques. L'ile de Lipari renferme la solfatare consi-
derable de Vulcano. II y a encore dans cette zone beaucoup de
lacs sulfureux et de sources cliaudes sulfureuses. II y a peu d'as-
phalte ct de houille sur cette ligne, mais par centre, beaucoup de
pyrites. L'alunite se rencontre dans cinq endroits du Monte Ro-
tondo. Le carbonate de sonde existe dans les salses de Modene
et le muriate de sonde est une des parties constituantes les plus
iraportantcs dessourcesminerales dupied suddes Apennlns. L'au-
teur croit que les depots de soufre sont I'origine des solfatares
corame le prouve la mine de soufre de Scansano. II parle cosuite
des jets de gaz inflammable a Pietra Mala , Pistoia, etc. Le sou-
fre alimenle aussi, suivanl I'auteur, les trois volcans italiens et les
depots de matiere combustible se prolongent de I'Adriatique dans
la Grece et la Perse.
L'auteur consacre un article h montrer que les volcans doi-
ventleur activite au contact des matieres inflammables avec I'air
et I'eau; il cite a I'appui de son opinion la quantitc de lacs dans
les regions volcauisees , I'abondance de sources souterraines et
I'eruption boueuse a poissons du Perou. II fait deriver I'acide
muriatique des volcans des bancs de sels et des sources salees. La
iner,selon lui, n'aurait d'influence sur les volcans qu'en empe-
chant rechappeilient des gaz. Un resume termine cet ouvra^e
plein de fails. La zone mediterraneelui parait la plus active: elle
se divlse en deux parties; dans I'une les phenomenes souterrains
sont accompagnes de clialeur et de feu, et dans I'autre ils sont
sans feu ni clialeur. L'auteur croit devoir confondre les salses
avec les volcans , et pense que M. Rrongniart s'est trompe en
disant qu'il sort des vapeurs cliaudes des lagunes de Toscane
ct qu'ellcs out leur origine dans le terrain intermediaire. Ce
sont, dit l'auteur, des jets d'hydrogene sulfiire chaud mele
d'acide boracique , et provenaiit des bancs de soufre. A. B.
B. TomfIU.
i 8 Geologie.
l/|. Lf.TTRF.S RKI.ATIVF.S All TRtMBLEMKXT DF. TERRF. danS IcS
Indes, en 1819. ( Philos. Magazine de Tillohc , mars i8'2/, ,
p. 170.) ( Toy. I'annonce que nous avons inscree dans notre n".
d'avril, p. 326.)
Le lieutenant colonel Karclay annonce qu'a Joria on a scnti le
choc a 7 lieures et dcmie du soir, ef que la ville est en ruiiies.
JVI. William (■crit de la meme ville qu'il s'est forme des fissures
dans la terre, d'ou sont sorlis de I'eau, du feu et de la terre liu-
mide; ellesavaient de quelques pouces a 20 pieds. I<es secoiisses
ont commence le 16, et duraient encore le 18 au matin. A Amruii,
le fort a etc renvcrse, et 8 a 10 personnes tuees. M. G. Ogilvy
mande au conseil des medecins de Bombay, que les mois deraars
et d'avril avaient cte tres-chauds; mais le temps s'ct;iit adoiici en
mai, et surtout apres un orage , le 2 et le 3 juin. I.a promicre
secousse cut lieu le soir du i() juin, et dura 2 minutes; la ville de
Eliooj , de 3 millt^s de circonference , fut rcnvcrsee de fond en
comblc ; et le mememalheur a eu lieu, plus ou moins, dans foule
Tetendue de pays depuis rextremite orientale du Wagur au
Luckput sur I'lndus.
Le mouveraent parait avoir etc ondulatoire, ct, pour cela ,
M. Barclay ne pent pas donner exactement sa direclion. II cite
aussi des crevasses, et dit que I'eau des fontaines d'Anjar eta it de-
venue laiteuse. Anjar ct Bliooj ont le plus souffert; 200 person-
nes ont peri dans le premier endrolt , et 1000 dans le second. On
a ressenti 3o secousses jusqu'au 29 juin. L'atmospliere etait nu,i-
geiise, et il y a eu un mcteore ou globe de feu.
La secousse a etc seiilie dans tout Ic Kaltiw^r, et meniejusqu'a
Kalra, Baroda et Sind. Cutch en a ee le centre. Les villes sur
les c6tes ont moins souffert que dans I'interieur. Le capitaine
Elwood ecrit de Poorbunder que I'air ^tait tres-pesant quand le
tremblement de terre commcnca , et qu'il a eu beaucoiip de
peine a dcscendre du liaut du fort ou il se trouvait dans ce
moment. II decrit la cliule du fort, et domic d'autres det.iils sur
I'effet du choc sur des hommes. M. Stuart , chirurgien , aiinonce
de Sirdas drs plienomenes seiiiblables, et s'etonne qu'il y ait
des trcmblemens de terre dans un pays oil il n'y a de vobanique
que les tiapps a agates ct quarlz dc Kattiwar. A. B.
Geologic . iQ
Id. Sur lk deluge; par le prof. Henslow. [Ann.of Philos.,
nov. 1823, p. 344- )
M. Henslow a ete conduit pai* la lecture de I'ouvrage de
M. Buckland ( Reliquice Diluviance ) a offrir quelques idees sur
le deluge. II suppose que I'eau est venue de I'espace sur la terre ,
ct que les portions de la surface de la terra qui n'etaient pas
sous les eaux avant le deluge ont absorbe une partie de ces eaux
du deluge et ont fait baisser leur niveau. Quant a cette surabon-
dance d'eau, il la fait resulter de I'approche d'une comete vers la
terre, et les conietes ayant presente a I'oeil des astronomes des
noyaux entourcs d'une vapeur, il penclie a croire que cette va-
peur est aqueuse. A. B.
16. Critique des theories ceologiques, surtout de celle de
Breislak et de toute autre serablable. Bonn; 1821. Et Suite
DE CETTE CRITIQUE. Bonn ; 1822.
L'auteur anonyine de ces deux »5crits a cru devoir sortir de sa
retraite pour monirer, dit-il, I'absurditedes hypotheses geologi-
ques.Dans sa i"^*^. brochure il attaque d'abord la theorie de Breis-
lak, et dans sa seconde il critique et cite quelques phrases des
Memoires de la Socictc wernerienne. de I'Essai gcologique de
M. Greenough, de la Description des Hebrides par M. Maccul-
loch, et de I'ouvrage sur le Bosphore par M. Andreossy. Apres
cela, il fait une longue critique des hypotheses geologiques eini-
ses par M. Boue et M. Sartorius, ct fiiiit par ce qu'il appelle un
resume. Cet ouvrage, dans lequel un verbiage obscur ou des cita-
tions poetiques reniplacent le plus souvenl les faits , sort de la
plume d'unsectairederecolesoi-disantphilosophiqued'AUemagne.
57. DiSCOURS SUR tA NliCESSITE DE CARANTIR LES CENS CRE-
DULEs contre les tentatives de quelqu'.s geologues modernes ,
qui , sous le voile de leurs observations physiques , osent nier
I'histoire raosaique de la creation et du diilngc; par le comte
Jean Fortune Zamroni , chambellan intime de sa saintcte
Pie VII, rt secretaire de TAcademie de la religion catholique.
Traduit a Vienne (Autriche) par J. B. V.F***, en 1823.
Ce discours a ete tenu le 10 niai 1821 dans une seance publi-
que du college principal de la .Sa])icnce, a Bomc. I/auteur y at-
taque d'abord I'ecole de re qu'il appelle In fnusw jiltilosophir ,
♦>t lui rcj)rorIic do vouloir dojHicr la solution de ce qu'cllc nc
30 Geo/ogie.
ppiii j),is cxpli(iiior, el dcbatir de vaines llieorics. II pense que,
si l'<»n voulail s'en ilonner la peine, Ton trouverait que les fails
observes et les lois generales fie pliysique sout en harmonie par-
faite nvec le recit de Moise , et il oppose en eela parliculierement
i'incn'clule Breis]ak a De Luc, le defenseur de Moise.
II divise son attaque conlre les gcologues en trois articles :
dans le premier il les accuse de vouloir , en offensant la Divi-
nite, ramener tous les 6tres a un etat d'enfance , ou les suivre,
CQmme il dit, ab ovo.
L'auteur annonce que cette maniere de proeeder rend une
creation tout-a-fait impossible; car Dieu, dil-il, n'a pas, par
exemple, commence a former des graines ou des ceufs, pour qu'il
en rcsullat des plantes ou des etres vivans ; mais il a cree riiomme
dans lage \iril, les plantes avec leurs seinences, les arbres dans
leur etat avance de croissance, pour que les oiseaux pussent
tout de suite y faire leurs nids , et les insectes y trouver leur nour-
riture sous I'ecorce. La meme chose a eu lieu en general pour tous
les eires animes;et tous les pays renfermerent enmtmc lemps des
t'tres jeunes, vieux, \ivans, mourans et morts. Ceci s'applique
aussi aux mineraux et aux terrains, ct il parait clair a I'autenr
que les roches primitives furent formees en meme temps (jue
les roches secondaires, car les plantes ne peuvent guere vivre
que sur le sol de ces dcrniercs.
Dans le second article M.Zambonicondamne les gcologues, pare e
qu'ils s'efforcent de chercher dans les lois physiques actnelles du
globe les lois d'apres lesquelles Dieu I'a forme; tandis que ces lois
physiques observees n'ont du commencer, suivant lui, qu'apres
le chaos ou la formation de tout I'univers tel qu'il est aujourd'hui.
II cite pour exemple I'atlraction, qui n'a pu existcr qu'apres la
formation du globe. Enfm, l'auteur reproche aux gcologues de
vouloir cxpliquer par des theories la premiere origine de I'uni-
vers au lieu de croire a la cosmogonie, qui est une histoire
comme une autre, et qui doit scrvir d'introduction a I'hisloire
naturellede la terre. On ne pourra jamais, dit-il, lui opposerni
I'observation des faits , ni les hypotheses des plus habiies savans ;
et il en deduit , avec raison , que I'analysc des materiaux de I'uni-
\ers et leur ordre respectif est tout-a-fait indiffcrcnte au recit
mosaique. A. B.
Mineraloi^ie. 2 1
"t?
HISTOIRE NATURELLE GF.NEKALE.
18. Vervolg op den Katechismus der natuur. Suite dii Ca-
techisme de la nature, par feu J. F. Martinet ; ou Esquisse
complete d'une exposition cntierement nouvelle de I'liistoire
naturelle en general; publiee par P. N. Munx. Tom. V et VI,
gr. in-8. Boemel ; 1824.
On estime beaucoup, en Hollande, le Catechisme de la nature
r^dige par Martinet, pasteur a Zutphen, dans I'intention de fa-
miliariser les gens du monde avec Ics principes de I'liistoire na-
turelle. Comme les progres de la science ont fait vieiilir un peu
celivre, un anonyme a pris la peine d'y donner une suite, atin
de le completer et de le mettre au courant de la science : c'est la
le but des tomes 5 et G que M. Muijt vient de mettre au jour.
L'auteur a assez bien rempli sa tache ; on regrette de voir les
noms propres , surtout les noms etrangers , defigures en partie.
19. Opere di Buffon. Les OEuvres de Buffon, augmentees de
sa vie et d'un expose des progres de I'liistoire naturelle ; par le
comte de Lacepede. i'^*'. edit, italienne, ornee de grav. Vol.
37 ( 7^. de I'Histoire generale et parliculiere des crustaces et
des insectes , par P. A.Latreille). In-8. de 712 p. Prix, 11 lir.
55 it. Venise; 1824; G- B. Missiaglia.
MINERALOGIE.
20. Die Bkrobaukunst , etc. De la mineralogie, d'apres les le-
cons de Werner, a 1' Academic de Freyberg; par M. Richter.
Avec une planche, pag. 35o. Prix, a rxd. Dresde; 1823 ;
Arnold.
Get ouvrage n'est que la copie d'un manuscrit informe, r^dige
d'apres les lecons du celebre Werner. On doit regretter que
quelques-uns de ses principaux eleves ne nous alent pas grati-
fies d'un livre (ilementaire; ouvrage qui, suivant I'etat actuel de
la science, manque absolument k la mineralogie. On se rappelle
avec plaisir que M. Ic D''. Zimmermann , profcsseur a I'ecole des
mines de Clausthal, a promis de rcmplir bicntot cettc grande
lacunc. IIart.mann.
22 Mmevalogie.
21. Metaux et mines DicouvERTS EN AuvERGNE ; par MM. GlL-
BERTOJf et FouLHOUx, institulcurs de Clermont.
Dans le coiirant de i823 , nous avons decouvert au Puy-de-
Dorae une cavite de beaucoup d'etendue en sens vertical, mais
de tres-peu de diametre, tapissee de superbe for sublime, qui ,
nous croyons, peut etre qualifie oligiste-speculaire bas«5. Celte
substance est en crista ux quelquefois reguliers, d'un travers do
doigt de hauteur, et toujours implantes sur la lave, et formant
des groupes magnetiques. Nous avons, a force de travail, de-
gage cette espece de chemlnee de tout le terrain qui rentourait ,
et avons recueilli celte substance qu'en ce departement , nous
le croyons. Ton n'avait pas encore rencontrce, si ce n'est qu'en
tres-petite quantite et en tres-petits cristaux.
Nous avons, a peupres dans !e memo temps, rencontre a Gergovia
une substance qui, croyoiis-nous encore , n'a pas ete trouvce par
d'autres dans ce departement. C'est ce qui , en niineralogie, porle
le nom de quarlz-resinlto-xilopaic. Cette substance, fort belle, sc
trouve sous diverses couleurs tres-agreables et trcs-vives.
Nous sommes en psssession de ces morceaux que nous avons
rccueillis, et dont la decouverte nous appartient exclusivement;
nous nous faisons un plaislr de les montrer. On peut les voir ,
rne Beauregard , n°. i5, ou rue de I'Ange.
22. Autre notice de M. Tuzet, ex-huissier a Ardes, adressee a
I'editeur le 8 decerobre i823.
J'al decouvert dans les communes de Courgoul et de Chassai-
gne, arrondissement d'Issoire, deux mines qui, d'apres )e jnge-
ment de diffcrens mineralogistes, paraissent devoir etre d'un
grand produit ; Tune de ces mines contient du plomb argentifere
ft sulfure, et du zinc en assez grande quantite ; I'autre, de I'an-
timoine.
Si un ou plu.'ieurs capilalislos vodaient en entieprendre I'ex-
ploitation, je me chargerais de diriger les travaux, inoyennant
une part honnele au benefice dans Tenlreprise. J'ai reinpli a cet
effet les forraalites d'usage pros de I'aulorJte. [Annuaire du Dcp.
(lu Puy-de-Ddine , 1824* P- ^^D-)
23. Description et anal\se d'ln nouveau mineral, noninu-
Siiliinanitc; par G. T. Bowen. [Journ. Acad, of nat. Sr. of
Pkilaclrlphia, avril 182/, ; «•! Amcr. fourn., mai 1824 , p. 1 ) 3.}
Mineralogie. 25
Le mineral donl il s'agit a etc d^couvert a Saybiook , ville
du Connecticut, pendant I'ete de 1817; il a etc menlionnc dans
la derniere edition de la mincralogie de Cleveland , conime etant
une variete d'anthopliyllite. Sa couleur est d'un gris fonce pas-
sant au brun. II cristallise en prisme rliomboidal dont les angles
lateraux sent d'environ 106" 3o' et 78° 3o'. L'inclinaison de la
base sur I'axe du prisme est de ii3°. II n'a qu'un sctil clivage
parallele a la grande diagonaie. II est plus dur que le quarlz ; sa
pesanteur specifique est de 3,/iio. II est infusible au chalumeau
meme avec le borax. II existe en assez grande abondauce a Say-
brook dans une veine de quartz, qui traverse le terrain de gneiss.
II est forme de Z|2,6G6de silice, 54,iii d'alumine, 1,999 d'oxide
de fer, et o,5io d'eau sur 100 parties. C'est done un silicate
d'alumine, melange d'une petite quanllte de fer. Le mineral
avec Icquel il a le plus de rapports par ses caracteres exterieurs,
est ranthophyllite. M. Bowen propose de lui donner le nom de
Silliinanite , en I'bonneur du professeur Silliman. G. Del.
24. Sur le Nuttallite, nouveau mineral de Bolton (Massa-
ciiusset); par H.J. Brooke, esq. [Jnnals of Philos. , mai
1824, p. 36G; el Edinb. Jouin.ofSc.,]\xi\\tX., p. i85.)
M. Brooke a reconnu que des cristaux engages dans un carbo-
nate de cliaux qui lui avaient cte envoyes par M. Heuland, sous
le nom A'claeolite, appartiennent a une substance nouvelle. Elle
differe de celle-ci par son clivage, son eclat, et sa durete qui est
nioindre. Ces cristaux sont des ])rismes rectangulaires droits que
Ton peutregardercomme la forme primitive dece nouveau mine-
ral. II existe des clivages jiaraileles aux faces lalerales. Les aretes
lateralcs sont remplacees par des plans , et les bases sont im-
parfaites.
D'apres sa forme, rette substance a de I'analogie avec le Sca-
j)olite, mais elle est plus fendre,ctson eclat est plus vitreux.
M. Brooke I'a nommee Nuttallite, du nom de la personne qui I'a
rapportee des Et.its-Unis. f'-
i5. Sur les CA.RACTf;RES que quelqucs substances mineralos ont
prcsentesau chalumeau; par J. G. CuiLnREiv. {A/i/i. ofPhilos.,
p. 36 jjuillet 1824. j
Le clialumcau est riustrunient le plus commode ])our faire
des reclicrclics mincralogiqucs; on quelqucs minutes il fait con-
naitre les printipcs dominans d'unc substance. INL Cliiklreu so
^4 Mineralogie.
propose d'insercr dans les Annales de philosophie Ics caracte-
res des substances qui n'ont pas etc encore soumises a cet essai.
Dans I'artlcle que nous extrayons, il donne ceu3^ de \ Arfwcdso-
nite et du Latrobite , d'apres une coinmunication faite par
M. Brooke.
1°. Arfwedsonite. Seul dans leraatras, donne un peu d'hu-
midite siins decrepitation.
Sans addition , il fond en un globule brillant , opaque ct ni-
Ireux.
Avec la sonde y donne un bouton d'un noir brun^tre quand
il est chaud et qui devient vert olive par le refroidissemcnt.
u4vec le borax , se dissout facilement. On obtient un globule
transparent d'un rouge de grenat quand il est chaud et qui de-
vient jaune vineux par le relroidissement.
1°. Latrobite. Dans un matras a la clialeur rouge, donne de
I'cau pure sans decrepitation.
Sans addition , fond aisement en email blanc.
.4i'ec la soude,donne un globule irrcgulier, demi-transparent, de
couleur bleu-clair quand il est froid.
.■4^'ec le borax. Globule transfSarent de couleur ametliyste.
Avec le nitrate de cobalt. Belle couleur bleue tres-nitreuse. D.
26. Analyse de qcelqces mineraux ; par Aug. Arfwedson.
[Ann. of Philos. , mai 1824, p. 343.)
Kannelstein de Melsjo.
Pendant un voyage en Vermeland , le professeur Berzelius
trouva ce mineral dans un calcaire des environs de Philipstad.
Purifie parl'acide muriatique qui n'atlaque que sa gangue , il
fut analyse par les moyens ordinaires , et donna :
Silice. 4» ^7 21,0^
Alumine. 20 57 cont. oxigene. y,6o
Chaux. 33 94 9,53
Oxide de fer. 3 98 1,20
Manganese -^ -j
et raagncsie. > •'
La formule de ce mineral est done : FS -f- 8.'/5 -f- SCV.
Le Kannelstein dc Ceylan, angjys*} par Klaprolh , a donnd :
Mindralogie. ^ 2 5
silice, 38,2o; alumine, aij-io ; chaux, 3i,25 ; oxide de fer, 6,5o ;
perte, 2,25.
Ce qui donne pour formule : FS -f- liCS -\-bAS.
Chrysoberil du Bresil.
L'analyse de Klaproth donne : Celle deM. Arfwedson:
Alumine. 71 5o Alumine 81 43
Chaux. 6 Silice. 18 7 3
Oxide de fer. 1 5o
Silice. 18 o
100 00
Ce qui donne pour la derniere analyse A^S.
BORACITE UE LUNEBOURG.
Le professeur Stromeyer a trouvc dans ce mineral : acide bo-
rique, 67; magnesie, 33.
M. Arfwedson, connaissant la difficultc de determiner la
quantite d'acide borique par les procedes ordinairement em-
ployes, a repete l'analyse, el, d'apres lui, ce boracite contient :
acide, 69,7; base, 3o,3.
Sa methode , pour determiner la quantite d'acide borique,
consiste a m^ler le borate avec trois fois son poids de fluale
de chaux , y verser de I'acide sulfurique concentre , et a chauffer
le tout au rouge et a determiner ensuite la quantite de base.
G. DE C.
27.EXAMENDU MiNERAi ARSENICAL deReichenstein, en Silesic ;
j)ar Ki.APROTH. {^Abhandl. der Kcenigl. Acad, dcr fVisscnsch.
in Berlin ^fiir i8a4 und i8i5, p. 27.)
Ce minerai s'est trouve compose de 38 parties de fer et 62
d'arsenic ; il n'a presente aucune trace de soufre.
28. VeNTE du CABINET DE MINERAUX dc feU M. JaCQUES FrEDERIC
von der Null ; a Vienne en Autriclie.
La collection de mineraux de feu M. Von der Niill a Vienne
est assez conniie de tous les savans par la reputation qii'elle doit ,
tant a sa magnificence qu'a la description que M. I'lcdcric
Mohs , professeur actuel de mineralogie a Frcyberg, en lit pa-
raitre en 1804 en trois volumes.
Tous les savans et amateurs qui ont examine ccttc colicction ,
26 Mineralogie.
sont d'accord sur le beau choix , la grandeur et la conservation
des raorceaux , la ricliesse des pierres precieuses brutes ct tail-
Ices , Telegance de I'arrangeraeiit , etc.
Lorsque M. Mohs donna en i8o4 la description de cette col-
lection, elie contenait SyxG echantillons,non compris Ics pierres
precieuses taillees ( citees tome II, })age245 — ^54 ) qui, forraant
une collection jiarliculiere tres-precieuse , n'appartiennent pas a la
collection de mineraux. Depuis cette cpoque jusqu'a la niort du
possesseur, au inois de mai de Tannee derniere , la collection
s'est enrichie et einbellie de jour en jour p^r des achats consi-
derables , de sorte que , quoique les morceaux moins beaiix et
moins distinguesaientetemis a part, la quantite totalc des cchantil-
lons monte pourtant aujourd'liui a 5o47 , desquels 8427 nior-
ceaux portent encore les numeros du catalogue de 31. Mobs , les
autres 1620 sont brievement decrits dans un catalogue compost
parM. Partsch.
La moycnue grandeur des ccbantillons existant dans la collec-
tion est de trois pouces de Vienne de longueur , et de deux dc
largeur. Quant aux cristaux libres et aux pierres precieuses tail-
lees , la plus grande parlie est placee sur des tasses , dont clia-
cune , en contenant plusieurs, n'a pourtant qu'un scul numero.
La collection est placee dans trois armoires de moyenne gran-
deur , dont chacune a 48 tiroirs.
La specification ci-jointe represente le nouibrc des morceaux
de chaque cspece. Les bornes que prescrivait la nature de cette
annonce n'ont ])as perniis de joindre I'enuineration de morceaux
particulierenient rares et precieux. La collection jyreseiite un
ensemble si parfail, qu'il n'a pasbesoiu d'cloges particuliers; on
ne pcut cependant s'empecher de remarqtier que les ccliantillons
des especes d'or, d'argent et de tellure, et ceux des espcccs des
inineraux , qui se Irouvent dans le territoire de I'empire d'Au-
Iriclic, surtout en Ilongrie et en Transylvanie , sont en general
])his beaux et plus nombrcux que dans toute autre collection.
Prix et conditions de la vente : 3o,ooo flor. monnaie dc conv. ,
ou •20,000 ecus, ou 8,000 livres sterling; on 78,000 francs.
Moycnnanl surctes suflisantes , le paieincnt pourra se faire aussi
a tcrmes.
On voudra bicn s'adrcsscr au soussigne pour les renscigncmens
ullerieurs. C'cst aussi de lui qu'ou pourra avoir des copies du
Mmeralogie.
3^
depuis la
catalogue allemand des pieces jointes a la collection,
publication de la description de M. Mohs.
Vienne , ce 12 juin 1824.
D"^. Joseph Guillaume Waagner, Hohenmarkt, n". 5i 1 , 3". etage
Premiere Classe.
Substances acidiferes.
Acide boracique.
Cliaux caibonate'e.
Anagotiite.
Cliaux pliosphate'e.
» fluali'e.
)> sulfatc'e.
» anhydro-sulfate'e.
» arseniate'e.
Baryte sulfate'e.
)i carbonatee.
Strontiane sulfate'e.
)' carbonatee,
Maqiiesie sulfate'e.
» boiale'e.
Cliaus bnrate'e siHceuse.
Magnesie carbonatee.
Silice fluatc'e aluraineuse.
Soude sulfate'e.
» muriate'e.
» carbonatee.
Aminoniaque niuriafee.
Alumine siilfatee alcaliue.
» fluatce alcaline.
Glaube'rite.
DtuxiEME Classe.
Substances teireuses.
Quartz.
Zircon.
Corindon.
Cymophane.
Spinelle.
Wavellite.
Emeraude.
Kiiclasc.
Grenat ct Aploni.
Kssonile.
Anipliigene.
Unerase.
IMi-iniiite.
IV I, Is pal I,.
ApopliylJite.
1893
Tripliane.
4
Petalite.
1
Axinite.
7
I
Tourmaline.
»3
374
Amphibole.
80
45
Pyroxene.
5i
53
Yenite.
("►
124
Stanrotide.
13
6l.
Epidote.
25
10
Hypersthene.
8
•X
Werne'rite.
1
7S)
Parantbine.
21
4
Diallage.
10
26
Antliopbyllite.
1
4
Gadolinite.
3
4
Lazulite.
i3
9
Mesotype.
38
5
Stilbite.
34
1 1
Laumouite.
2
4t
Sodalite.
3
I
Prehnite.
•9
36
Chabasie.
9
3
Analcime.
'9
3
Nepbejinc.
I
3
Hurmotome.
7
4
Peridot.
I
Mica.
47
Finite.
10
Distbene.
i3
Dipyre.
4
Asbcste.
'9
Talc , Serpentine , etc.
73
5()i ■
-Made.
9
35
74
yippcndicc.
6
1
Allocbroile.
Allopbaue.
I
I
44
Alumine [.ure.
Amiantbdide.
1
3
^9
Conile.
1
5
Feldspatb ap\ re.
13
a
l.llni.
3
•J 3
(jabronile.
1
2
Gcblenile.
3
io3
Ilelvinc.
;;
'i
Jade.
7
itiga
3566
2«
Mineralogie.
jOi[}
1566
36a5
Inilianite.
a
Plomb molybdale.
4-
Ivirpholife.
I
» sulfate.
5
Liilialile
I
Nickel natif.
3
l.aziilit dc Werner
1
» arsenical.
1 .2
J'iorolile.
I
» o.tide.
3
Pierre d'alun.
1
Cuivre uatif.
43
» grasse.
4
» pyrileus.
3.S
Spatli de glace.
I
« gris.
ai
« en tables.
4
» sulfure'.
ao
S[)inthcre.
I
)) oxidulJ.
47
Triclasite.
1
)> muriate'.
5
Scliistcs et arciles.
La^ e perle'e , lave
Go
» carbonate bleu.
39
obsidienne
» » vert.
4''
ponce, etc.
38
» hydrate silicifere.
» arsiiniate.
1 1
34
Troisieme
Classe.
» dioptase.
)) phosphate.
■2
G
Substances conthiistibles.
Per natif.
3
App. Pierres mctooricjues.
Id
.Soiifre.
i8
Fer oxidule.
33
Diamant.
6i
« oligiste.
6i
Anthracite.
II
» arsenical.
26
Graphite.
8
» sulfure jaune.
n3
liitiime.
i8
» » blanc.
•23
Ilouille.
y
» oxide'.
58
.I.iyet.
Siiccin.
3
)> )) carbonate.
i5
i6
)) pho<;phatc.
I
ftlcllite.
7
App. Calaite.
Fer cbromate'.
3
QOATRIEME
ClassE.
)) arscniate.
Scoroiiite.
5
3
Suhstanct'j mdtalligues-
Fer sulfate.
3
Etain oxide.
69
riatine natif.
9
» sulfure.
3
Or nalif.
iC4
Zinc oxide.
'2
Argent natif.
1 11
» carbonate.
}> antimonial
I'l
» sulfure.
58
)) sulfiire'.
56
« sulfate.
I
» antiraonid
sulfure.
^5
r.ismuth natif.
ao
)) antim. sulfure noir.
31
» sulfure.
u
» muriate.
a3
» » seli'nifiire.
3
IMercure natif.
3
» » plumbo-cu-
)) argental.
5
prifcre.
4
» sulfiire.
36
)) oxide.
,7
» muriate'.
3
Cobalt arsenical.
H
Plomb natif.
2
» gris.
1 3
)) sulfure.
65
>i oxide noir.
8
i) oxide' rouge
4
» arscniate.
30
» arseniatc.
1
Arsenic natif.
)3
w cliromatc.
i8
)) oxide'.
5
» chrome.
4
i> sulfure.
3o
46
» carbonate.
83
Mangani'se oxide'.
» phos[ilialc
56
)' pb'is|>bale.
3
V, >i
arbcuilt re.
■i 1
.\nliaiuiiii' ri.ilif.
7
4^6'.i
Botanique.
47G6
Anliniriine siilfure.
74
" oxide.
4
)> » sulfure.
II
Uraiie oxitiule.
6
)) oxide.
18
l\Folyl)dtne sulfure.
10
Titane oxide.
3t
M anatase.
5
49^5
29
4925
Tifane silioi'o-calcaire.
27
Sclieclin fcrnigine.
12
» calcaire.
27
Tcllure natif.
5<?
Cerium oxide silicifere.
2
Allanite.
3
Chrome oxide'.
I
5o47
BOTANIQUE.
29. Dk fatis et pROGRF.ssiRCS rei lierbarise, imprimis in imperlo
Rutheno. Auct. Hoffmann. In-8. cum fig.; lithogr.; Mosco-
vias; iSaS.
Les souverains de Russie , depnis Paul I^"^,, out tous etc grands
protecleurs des sciences. lis firent pnrcourir, par les savans,
Ifur empire dans toutcs les directions. Sous Pierre I*^"^., Mcsser-
stlimidt, de Dantzick , fut le premier qui fit un voyage en Siberie
pour les progres des sciences. Le medecin G. Schober, visita
les rives du Wolga et les cotes de la mer Caspienne. Chr. Bux-
baum, membre de I'academie, etendlt ses recherches au dela de
la mer Noire et dans I'Asie-Mineure. L'imperatrice Anne , plus
jalouse de cultiver son empire et de connaitre tous les tresors
de la nature que de I'etendre, envoya Traugott Gerber, admi-
nistrateur du jardin botanique de Moscou, aux bords du Don
et du Wolga, aux montagnes d'Orenbourg et de la Tartaric;
niais plus importante encore etait I'ambassade que l'imperatrice
envoya au Kamtchatka et aux coles de I'Amerique, sous le
commandement du faraeux navigateur Vitus Bering, Danois ,
qui flit accompagne des naturalistes J.G. Ginelin etEtiennelvras-
clienninikow. Cinq annees apres Etienne et W. Steller, de Wein-
slieim, en Franconie, vislterent la baie d'Aveatcha et les cotes
nord-ouest de I'Amerique, d'oii ils rapportcrent des collections
fort interessantcs de plantes. Gmelin, G. F. Miiller et L. de I'lslc
de la Croyere, firent ensuile un voyage en Siberie, dans les annecs
1734 a 1743. — Sous le regne de Timpcratrice Catherine, de
nouveaux voyages furent entrepris dans I'Asie du nord et dans
toutrempire de la Russio, par P. S. Pallas, .1. P. Falte, I. A. Giil-
dtii.stedt, .T. G. (ieorgi, J. Leprchin et Cli. L. Hablizl. Les flores
de Siberie ct des monfs Altai furent ciirichies par un Sucdois
So Boianique.
nomme Eric Laxmann ; cellc de Livonie , par Grindel , Gerraann
et Driimpelmann ; celle de Saint-Petersbourg, par Sobolewsky,
Leboschiitz et Trinius ( un des plus savans agrostograplus de
nos jours); celle de Moscou, par Stephen, Martius, Adams,
Fischer, Goldbach et Steven. Le Caucase fat visile plusieurs
fois par Fr. de Bieberstein, dont la Flora taurico-caucasica est un
chef-d'oeuvre. D'autres savans botanistes ont consigne leurs re-
cherches relativeraent a celte flore dans les Mcinoires de la
Societe d'histoiie iiaturelle de Moscou : ce sont MM. Londes ,
de Yietinghof, Haas, Wilhelins, Parrot, Engelhardt, etc. Des
jardins botaniques sont entretenus avec grand soin a Abo en
Finlande, a Casan , a Charkov*', a Gremenecz en Volhynie, a
Dorpat, a Moscou , a AVilna , a Varsovie, a Saint-Petersbourg,
etc. Parmi ceux de cette derniere ville, se distingue celui de
Pawlowsky, oii Ton trouve les planles les plus rares des con-
trees les plus eloignees, rapportees par les navigateurs russes
modernes , c' dont le catalogue sera })ublie sous peu. ( Journ.
dela Liti. itr., mai 1824? P- i3o.)
29 his. HlSTOIUE DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES DU BrESIL
ET nu Paraguay, comprenant leurs descriptions et des disser-
tations sur leurs rapports, leurs usages , etc. ; par M. Auguste
de St.-Hilaire , i""". et 2^. livr. ; un cahier in-4"., de 19 f.
-J ; pi. 8 pi. gravees , dans lequel se trouve une introduc-
tion de67 p., contcnant I'abregi'; des voyages de. I'autcur.
Prix , 16 fr. , papier velin 3o fr. Paris; 1824 ; Belin.
Nous rendrons incessamment compte de cet ouvrage.
3o. IcoNES SEi.ECTx PLANTARUM , cdita! a Benj. Dei.essert, ara-
denaise scicntiaium socio honorarlo ; T. II. Parisiis ; 1823.
( Voy. le Bull. , t. 2 , p. 247. )
C'est un devoir pour les redacteurs de ce Bulletin de reniirc
compte indistincteiuent des ecrits scienlififiucs qui se publicnt
tons les jours. Co devoir est penlble , nous no saurions le difsi-
muler, quand nous somuies obliges d'analyser des ouvrages qui
n'auraient jamais du sortir du portcfeuille de leurs auteurs, ct
<jiii, loin d'etre profilables a la science, lendraient plutot a en
relardcr les progics par la confusion que trop souvent i!s y in-
iroduisent. Mais combien ne sommes-nous pas dcdommages de
CCS degouts, quand nousavons a aunoiiccr un de ccs livrcs utile*
Jmtanique, 3t
.nuxqnels nous ne s;»urions donner que des t'-loges! Nous avons
♦^prouvii cette douce satisfaction lorsquc nous avons rendu
compte du premier volume des Icones de M. Delessert , et nous
I'eprouvons encore aujourd'hui en annoncant le second volume.
Non-seulement ce livre sera, pour Ics bibliotheques des amateurs
un ornament precieux sous le rapport de I'art ; mais il en est peu
que le naturaliste puisse consulter avec autant de fruit, puisqu'il
en est peu qui retracent Ics formes des plantes avec autant
d'exactitude, et qui, par consequent , meritentplus de confiance.
M. Delessert a suivi, pour le second volume de son ouvrai^e, le
meme plan que pour le premier; il I'a ratlache de la meme ma-
niere au Systcina vegetaiiliutn de M. Decandoile , et les families
qu'embrasse ce second volume sont celles qua traitees le savant
professeur de Geneve dans le deuxieme tome de son ouvrage.
Ainsi ces deux livres, se pretant un mutuel appui, presentent
peut-etre le plus bel ensemble qu'offrent les sciences naturelles.
Puisse M. Decandoile continuer a clever cc magnifique edifice,
et meme, s'il le fallait , rcnoncer a d'autrcs Iravaux, plutot que
de le laisser imparXait !
Les Berbtrulees sont la premiere famille que Ton trouve dans
le second volume des Icones. Quatre especes apparlenant a cette
famille ont cte figurees, Xa Berberls a.siatica , le Beiberis tincto-
■rla ffue M. Delessert, dans le texte qui precede les gravures,
crolt devoir rcunir a la precedente espece , le Mahonia fasci-
cularis, et le Mahonia Napaulensis. La famille des Njm-
pheacees a fourni deux figures, celles du Nymphcea reniformis
et du Nupluir Japonica. Le Papaver setigcrum et le Rccmcna
refracta sont les plantes qui ont etc figurees parmi celles du
groupe des Papaveracecs. Dans la famille des Fumariacees ,
nous irouvons le Cor)cMis pauciflora , \t Dicljtra tenuifolia,
el le Corjdalis Marschalliana. Bicn plus nombreuse, la famille
des Crucifercs a fourni go figures qui apparliennent aux genres
Mathiola, Cheiranthus , Nasturtium, Notoceras, Barbarea ^
Stevenia , Braya , Jrabis , Cardamine , Dcntaria , Farsetia ,
Vesicaria , Schiwerechia , Alyssuni , Meniocus , Peltaria , Draba ,
Cochlearia, Thlaspi , Eutchinsia , Iberis , Biscutclla , Menon-
*>illea, Cakilcy Chorispora , Malcoiiiia, Hcspcris, Sisymbrium,
Erysimum , Leptaleum , Camelina , Sencbicra , Lcpidium,
OEthionema, Isatis, Sobolewskia, Goldbachia^Anchonium, StJ-
rigma , Brassica , Sinapis , Diplotaxis , Crambc , Didesmus ,
Enarthrocarpus , Rap/ianus , Erucaria, Heliophila, Brachycitr-
5 2 Botnniquc.
pea. Dire que ces figures ont ctii dcssinecs par M. Turpln , c'est
assez en faire I'eloge. Lcs especes qui ont cte figurees sont celles
qui prescntcnt les caracteres les plus remarquables , celles qui
offrent quelques singularitcs , celles enfin qui donnent la plus
juste idee du genre auquel elles appartiennent. Nous ne croyons
pouvoir mieux faire enfin que de terminer cet article en emet-
tant le vocu que nous forinons , celui de voir I'ouvrage de M. De-
lessert figurer dans toutes les blbllotlieques publiques , dans
celles des amateurs, dans celles enfin de tons les naturalistes qui,
par leurs moyens, seraient a meme dc I'acquerir.
Aug. de St.-Hil.
3i. Palmarcm FAMiHA cjusque genera denuo illustrata, auct. D.
Martius , 1l^ pi. in-Zi". ; Munich ; 182/i.
M-deHuinboldtapeintaved'elegancequilui estpropreles dif-
ficultes qu'ont rencontrees tous les voyageurs lorsqu'ils ont voulu
etudieretrecueillir des palmiers. Quelquenorabreux qu'en soient
les genres, ce nombre n'a cependant point effraye M. Martius,
et les botanistes doivent lui savoir gre de ses efforts. Malgre la rapi-
diteavec laquelle il a parcouruenAraeriqueune immense etendue
de pays , il a su reunir un tres-grand nombre de palmiers ; de-
puis son retour en Europe il a eu communication de ceux que
renfermcnt plusieurs Lerbiers tres-importans et il se propose de
publier une monographic gencrale de cette belle f.imille.
Le memoire que nous annoncons aujourd'hui est en quelque
sorte le prelude de ce travail. L'auteur commence par y tracer
les caracteres des palmiers; il fait connaitre les differentes epo-
ques de leur developpement , il indique les lieux qu'ils habi-
tcnt et dit qticlques niols de leur histoire. On lira avec interet
toute cette parlie du travail de M. Martius, et on trouvcra ce
savant d'accord avec lcs ecrivains les plus exacts. Plusieurs bota-
nistes auraient desire qu'il eut substituc des periphrases a quel-
ques expressions inusitees et dont le sens est peu facile a saisir,
telles que celles - ci Embryo sub gerininalione adinotk'd cccno-
pus ; mais nous ferons observer que l'auteur, s'etant trace dans
son programme un cadre Ires-refreci, a dii necessairenient viser
a la concision ; il developpcra certainement dans son travail ge-
neral les idees qu'il ne fill qu'indiquer ici, et, pouvant s'elendre
davantage , il cvitera des expressions qui peuvent avoir leur
liUTJIe , mais avec lesquclles on n'cst point familiarise.
M. Murlius divise les palmiers en six .sections qui sc nuancent
Botanique. 55
par des degradations insensibles , ct il a suivi I'exemple de plu-*
sicurs botanistesmodernes en indiquant chaqiie section parune
denomination particuliere. Plusieurs savans se sont eleves contre
I'usage , qui s'est introduit depuis quelque temps, de donuer des
Uoms aux divisions des families et des genres; et lout recemment
encore M. de Humboldt a fait senlir combien cette innovation
pouvait nuiie a I'elude de la zoologie. Mais I'ancien systeme de
nomenclature est si simple et si beau que la force merae des clioses
le rend, du moins pour la botanique, en quelque sorte inebranla-
ble; personne nc lit et iie clicrclie a retenir les noms particuiiers
des tribus , des sections, des sous -genres, etc.; des lors ils
n'ont aucun inconvenient et doivent eire consideres simplement
comme ces moyens de mncmonique destines a aider les auteurs
dans leur propre travail.
Les anciens genres de palmiers dont M. Martius donne les
caracteres sont au nombre de Sy, savoir : Chnmedorea Willd.
Thrinax L.F., iVrAfl/ Ad., Licuala Runiph., Morenia R. et P., Rha-
/jmL.F., Chamoerops L. F., Lkistona Br., Cory/ JiaL., PhceiiixL.,
Mauritia L. F., Calamii.i'L., Sai;its Rumph., Ncpa Rumpli., Boras~
sus\.., Lodo'icea Com., LntaninCom., Hrphcene Gairin., Geonoma
Willd., Ptychosperina Labili., Kunthia lirimb., Areca L., Euterpe
Gxrl. , SeaJoTt/na Br., Liartea R. et P., ff'alU(hiaBoxh.,Carjota
L., EUicisiacq., Elate Ait., CocusY,., Jubcea Kuntli., Batris Jacq.,
Martinezia R. et P., Artrocarjum Meyer., Attalea Kunth., Areii"
Labili., Muricaria Gajrtn.
Les genres iiidiqucs comme nonveaiix sont d'abord :
Taliera. Hermaphr. Spathre pliirima; , incompletce , vagce ;
flores sessiles; calyx Z-fldus ; cor. '^-petala ; stain. 6, hasiin cu-
piilam injrii pislilla coimata ; ovaria 3 intiis cohce.rcntia ; stylus
brevis ; stigma indistinctum ; bacccc "i-raro omnes maturescentes
i-spennce; alb. cavurn ; embryo verticalis.
Lepidocaryum. Polygamo dioicum. Spadix pluribusspathis in-
completis vaginatus. Flores in amentis compressiusculis distichi
spatliellati. Calyx campanulatus ore obiter 'i-denticulato.Cor. 3-
petala. St. 6. Hermaphr.. c«/}'x/««.y. Cor. \-petala "i-fida. Stam.
uti in masculis. Stig. 3 connata, linearia, erecta. Bacca tessclalo-
corlicata, i-sperma. Embryo lateralis infossd uinbiilculicirculari.
Nous regrettons de ne ponvoir donncr ici les caracteres do
tous les genres dont M. Mr.rtius enncliit la famille des Pal-
miers, mais les bornes de ce Bulletin ne nous Ic permeltrnt
P. Tome III. 3
34 BoUmiqiic.
pas, ct noHs snmmes reduits a en signaler les noms : LeopolJi-
nia, Hyosjmt/ie, OEnocarpus, Sjagrns , Maxirniliarin, Diplothe-
miuin, Desmoncu.f , Guiliehna, Actvcomia. Par les deux de»rrip-
tions qne nous avons citees , on voit que M. Martius appelle
eorolle les 3 divisions interieures de I'enveloppe florale. Son opi-
nion n'est pascellede Jussieu, Desfontaines , Brown , Kunth , etc.
Mais M. DesvauT a deja cherche a deinontrer qu'il fallait s'ex-
primer comme I'a fait le savant Bavarois; et sans adopter pre-
cisement la meme idee, M. DecandoUe a cependant consigne
dans ses ouvrages un fait qui lui est favorable. Aug. de St.-Hil,
32. MoNOGRAPHiE Du GF.NRF, sPiRyEA, prcccdee de quclques con-
siderations sur la famille des Rosacees, par M. J. Cambkssedes.
( Annates des Sciences naturelles , mars et avril 1824, pag.
225 et 352.)
Nous ne rappellerons pas ici les avantages que la science re-
tire des monograpliies , leur utilite, et le plaisir qu'ellcs ])rucu-
rent a ceux qui s'en orcupent. Tout le monile est d'accoril sur ce
point, et chacun voit avec ])laisir apparaiire un de ces travaux
qui d( brouille le chaos ou certain genre est plongc. Celui que
nous annon^ons marque le debut d'unjpune botaniste dont nous
avons pu apprecier le zele et le merile. Ind)u des principes de
]a vraie philosophic de la science, fortifie des conseils de bola-
nistes ceiebres, auxquels il presente .sou tribut de reconnais-
sance, M. Carabessedes ne se borne pas a decrire une seric d'es-
peces. II commence par donner un elal sommaire des connais
sances que Ton possede sur la famille des Rosacees. II expose la
structure de cliacune des tribus qui la composent, contestant
aux savans habiles qui les ont trailees , la jnslesse de certains
points d'observation. C'est ainsi qu'en parlant des Pomacees , il
fait voir que le genre Cydonia fait exception au caraclere que
feu M. Richard et M. Lindley ont assigne a ce groupe, et qui
consiste dans Icurs graines ascendanles ou drcssees et collato-
rales. Celles du Cydonia sont au nombre de 10 environ, clalees
horizontalement et aiternes. L'exann^n de plusieurs genres dc Po-
macees {Piirshia Dec, Photinia Lindl., Cntnnvaster L. , Cydonia
L. , ATaliis L., Mespilus L. , et Craliegus L.), prouve que la sou-
dure des ovaires,soit entre cux, soit avec le tube epaissi du ca-
lice, e.tl s<»uvent plu* ou moins incomplete , et qu'eile ne peut
ilrc un bon caractere generique. En consequence il propose de
Botaniquc. 55
faire rentrer le genre Chcenomeles Lindl., dans le Cydonia L., ainsi
que I'avait deja fait M. Persoon. A peine devra-t-on conserver
Y Osteomeles du meme auteur, qui nediffere du Mespilus que par
ses loges uniovulees. Enfin VEriobotrja sera reuni au Pyrus L. ;
le Raphiolepis an Photinia, le Cratcrgus et \eCotoneoster au Mes-
pilus. II ne restera done dans les Pomacees que les genres sui-
\xDs: Purshia, Photinia, Mespilus, Pyrus, Cydonia, Osteomeles ,
Amelanchier et Chamcemeles.
A regard des autres tribus des Rosacees, les lines ont occupe
I'attention de plusieurs botanistes ; telles sont les Pvoses etles Po-
tentiil«5es; les autres, comme les Sanguisorbees et les Drapacees^
demandent la revision des observateurs.
La tribu des Splrees, objet special du mettioire de M. Cam-
bessedes, etait constituee dans le Genus plantarutn de M. de Jus-
sieu, avec les genres Spircea, Suriana et Tetracera. L'auteur
renvoie le second de ces genres a la iS*^. classe, a cause de ses
petales et de ses diamines liypogynes. Le Tetracera a ete reuni
aux Dilleniacees, et les genres Purshia et Keria oht ete places
dans les Splrces par M. Decandolle. Nous avons vu plus haut que
M. Cambessedes faisalt entrer lexer, dans les Pomacees. Nous par-
lerons bientot de remp/oi que notre auteur fait du Keria. t\\ns\
le genre Spirwa se trouvcrait le seul de sa tribu ; maisM. Kunth
( Nova genera et species plant. Jmer., iG". fascic), vient de lui
adjoindreles genres Kajenechia Ruiz et Pavon, Quilaja, Moli-
na, Vauquelinia ITunib. et Bonpl., et Lindlcrm Runtli.
Jetant un coup d'ail general sur les Splrees, M. Cambessedes
decrit avec soin leurs divers organes; il insiste parliculierement
sur les variations que Ton observe dans I'epaisseur des parois
Calicinales ; il en devoile la veritable structure, et examine sur-
lout le rebord saillant qui se voit au-dessus des filets des eta-
raines, organe auquel il donne le nom de disqne, et qui prend
toutcs sortes de formes dans les Rosacees. Cet organe n'a qu'une
falble importance dans le groupe des Spirees , puisqu'il manque,
on, d'ailleurs, se presente sous des formes semblables.
Le nombre des ovaires et des carpelles, I'avortcnient et les
formes de quelqiies-uiis de coux-ci , la position et les formes des
ovules et des graines, sont aulant de circonstances qui ont exer-
ce la sagacite de l'auteur, et lui ont fourni des observations tres-
rnrieuses.
II etablit ensuite les differences qui distinguent les Spirees
56 I^^nfniiiijiic.
dans Ics autrcs tribus, mais il fiut aussi remarqiier la haison de
ces tribus entre elles, qui necessitera toujours leur agglomera-
tion: puisque , dit-il , les points de contact sont tcls , que dans
beaucoup de cas on est tres-embarrasse pour fixer les limites des
diverses tribus.
La division que Moencli a operte du Spircea L. , en plu-
sietirs genres, avalt d'abord seiiible exacle a M. Cambessedes
qui, independaininent du port dont Mnenrli s'etait servi pour les
diversifier, y avait cru trouvcr descaracleres dans le nombre et
rinspeclion des ovules. Mais des observations plus multijiliees
ont fait abandonner a I'auteur cetle premiere idee, et il n'a fait
des genres de Mtench que des sections auxquelles il a joint le
Keria de M. Decandolle (i).
Nous allons enumerer les 35 cspeces qui composent le
genre Spircea, sur rhabitation , les proprietes medicales , les
usages economiques et I'histoire chronologique desquelies , M.
Cambessedes donne des details que nous ne pouvons transcrire
ici. Elles sont repartics de la manieie suivante :
Sect. I*^'. Spir.ea. — Subdiv. i"^*^. Fnitices , folia indivisa ,
exstipulata. Discus apice liber. Ovaria libera.
Spec. 23. Spircea hypericifolia L. — S.acutifolin AVilld. — S. ar-
gentea Mutis et Kunth. — S. thaliclroides VMas. — S.obovata
Waldst et Kit. — S. crenata. Pall. — S.alpina Pall. — .S'. trilobata L.
■ — S. incisa Thunb. — S. chnmadrifolia L., dont M. Cambessedes
decrit 3 varietes, a Tune desquelies il rappotte le S. oblongifolia de
Waldst et Kilaibel. — .S. rrt/?rt AV'aklst et Kit. — S. capitata Pursli.
— S.flexuosa Fisch., cultivee au jardin de Paris sous le nom de
.V. alpina — S. betulifolici Pal. — S. lce%'ignta L. — ■ S. viagelhini-
ca Poir. — S. salicifolia L. L'auteur en dcduit 3 varietes sous les
nom^ d\dpestris , panicitldta cX UuifoUa. A cette derniere appar-
tient la S. carpinijolin du 'Willdenow et Link. — S. tomentosa L.
— .9. callosa Tliunb.
.Subdiv. a. Friite.v. Folia pinnatifida , stipulala. Discus totus
rum tuba ccdycino concrctus. O^aria 5 coalita. Cette sous-divi-
sion ne renfcrmc (ju'une seide espece, Spircea sorbifolia L., dont
M. Cambessedes decrit unc variete A. rt^;/A?c/, deja menlionneepar
Pallas.
(i,i A I'rxenipic de .M. Desvaiix , ce iTcsl, ijue jjiovisoircmcnt qii'il a
iL-uiii ccini-ci au.x Sj>irees, en attendant que ses graincs, quinemClris-
i>enl pas dans les jardins, aieiif ete observe'es.
BoUinique. 3 7
Subdiv. 3. Folia suj/ra decontposita. Stipul(v nullce. Discus
npice liher trassissimus. Ovaria libera. Le Spircea aruncus L.
est aussi la seule e.spece de sa sous-division.
Sect. II. L'lmaria. — Les genres fUuiaria et Filipendula
Moench sont ici reunis , et ferment uii groupe tres-naturel , ou
I'anteur place les especes sulvantes : S/zinca Jilipeitdula L. Var.
vulgaris , minor et pubescens. Cette deriiiere variete a ete de-
crite coinme tspece distincte dans le supplement dc la Flore
francaise. — ■ S. JJlinaria L. Var. denudata et tomenlosa. — S.di-
gitata Willd. ■ — ■ S. lobata Jacq. — S. palinata Thunb. — A".
Kamtschatica Pal.
Sect. III. Physocarpos. . — La Spircea opulifolia L. constitue
seule cette section , dont le principal caractere est d'avoir les car-
pelles renfles , six fois plus grands que I'ovaire , et doiit le peri-
carpe est membranciix.
Sect. IV. Gillenia. • — • Le Spircea trifoliata L., erii,'e en genre
par McEncli , forme ici la 4"' seclloii , a laquclle espece M. Cam-
bessedes reunit le S. stipulata de Muhlenberg. k
Sect. V. Keria. ■ — Voici le point le plus liligieux de la mono-
grapliie des Spirwa-l^ous avons dit plus haut que la question re-
lative au Keria japonic a De C. ( Corchorus japonicus Thanh, et
"Willd. ) , ne serait decidec que sur I'inspection des fleurs simples
tie cette plantc.
Dans ce Iravail, M. Cambesscdes ne decrit aucune espece nou-
velle; mais ce qui nous somLle i)lus ulile quo la nouveaute ,
I'est rcclaircissemont du cliaos dans lequel Jes ancicniies especes
ctaient j)longees. Ses descriptions out c'to faites avec beaucoup
de details et de soins, et pour la ])lupart d'apres des echantillons
authenliqnes que MM. Jussleu, Desiontalnes, Delessert, Kuntli ,
Gay, Richard, etc. avaicnt mis obligtaniment a sa disposition.
Pour faclliter rintcUigence des caracteres observes principa-
lemenl dans les organes dont la lenuite est extreme, M. C. a
accompagne sa monographic de 3 planclies lilhographlces re-
presentaiit I'analjse des fleurs tcllemcnt grossies qu'elies n'ot-
frent plus I'idce des fleurs de Spira-a. C'est pourquoi on au-
rait desin; voir, a cd\.6, le dcssiu de I'inflorescence ou d'uu petit
ihyrsede grandeur naturellc. Qualrc planclies en cuivre repru-
sentent les Spircea lanceolata Poir. ; Sp. J/exuosa Fiscli. ; Sp. be-
tulifolia Pal!., et Sft. stipulata Muhl., (jui n'avaieni pas C-\i figu-
res, ou duut on ne posscdail pas dc bonnes graviinvs.
J. A. ('it lll.hMI.N.
5o Botanique.
33. MoMOGRAPBIE DU GENRE PYROLA , par M. DaVIU DoW,
( Mem. of the JVern. nat. hist. Soc. , T. V, p. 220.)
II existait dcja une dissertation sur ce genre interessant , pu-
Jjlieea Leipzig en 1821, par le docteur Justus Radius, ouvrage
que M. D. Don ne cite pas dans le texte de sa Monographic ,
mais dont il parait avoir eu connaissance, puisqu'il mentionne
comme synonymcs quelques noms donnes par cet auteur. La Mo-
nographic que M. Don presente aux botanistcs ne peut certair
nement que leur etre fort agreable; mais, pour que les descrip-
tions soient completes, il faudra necessairement qu'ils lui adjoi-
gnent le liavailde M. Justus Radius.
L'auteur s'occupe d'abord des affinites naturelles du Pyrola.
A limitation de la plupartdes auteurs, il le place dans la famille
des Ericinees, et il fait voir que le groupe des IVIonotropees j
forme par M. Nuttall , et ou ce botaniste a place \e Pjrola,
ne sauralt rester ainsi constitue, quoiqu'il avoue que ce rappro-
phement soit vrai en plusieurs points; maisle mode de dehiscence
des antheres, dans les divers genres de Monotropees, s'oppose
a ce qu'on les reunisse. Les antheres en effet du Pyrola s'ou-
Trent par des pores situes au sommet, tandis que dans les genres
Monotropa et Pterospora , elles s'ouvrent par des fissures trans-
verses ou longitudioales.
Les especes de Pyrola forracnt, selon M. Don, un groupe fort
paturel , qu'il separe en deux divisions, subdivisecs elles-memes
cn sections. Dans la premiere, qui est caracterlsce par les bords
des valves de la capsule, garnis d'un colon fln.serrti et dehiscent
par la base, par ses fcuilles alternes et par ses fleurs en grappes ,
se rangent la plupart des e>peces. La seconde comprend celles ou
les valves des cajisules ont leurs bords non cotonneux, et dehis-
cens par le sommet, les fcuilles terneesou vertlcillecs, et les fleurs
solitaires en corymbes ou en ombelles. C'est cette derniere divi-
sion que Pursh, Nuttall et Radius ont elevee au rang de genre
sous le nom de Chimaphila ou C/iiinophila. Le port particulier
de ccs dcrniercs jilanles, quelques caracteres qui scmblcnt d'a-
bfird assez ^loignes do ccux qu'on trouve dans les aulres pyroles,
indiquent leur s(5paration d'aveccelles-ci; cependant, M. D. Don,
observant que ccs caracteres s'evanouissent en les coraparant
dans quelques plantes des deux groupes, a pr^ferc ne faire des
^himaphila de Pursh, qu'une simple division du genre Pyrola.
Les Pyrolcs, particuliercs a rhcmisphore boreal , n'y sont pa^
Boi unique. 5g
rpsserr^ps dans de petites regions, car On en tiouve presque
partoul bur les coiilini'ns de I'Asle , de I'Europc et de TAmerique.
Celles de la zone teniperee se plaisent davantage dans les con-
trees montiienses et boisees.
Apres avoir donne les gem ralites dont nous venons de faire
un court resume , M. D, Don presente sa Monographic ecrite
enlierement en langue latine. II expose en tele le caractere ge-
ncrique , puis un tableau des esptces, qu'il fait suivre de I'histoire
detaillee de relles-ci. Leur nombre est peu considerable; il s'e-
levo a quinze, que nous allons enumerer, en nous arretant seu-
lement a celles qui sont absolument nouvelles.
Pyrola Tournef. Linn, et Jussieu.
ire. Division. — i"^^. Sect. Etamlnes ascendantes; style de-
cline, plus long que les petales; stigraate annule; harapes dres-
sces; fleurs campanulees, en grappes pendanles , les fleurs rare-
men t tournees du ineme cole.
1. Pjro/a rotundifoUa L. ■ — M.Don ne cite que comme un
simple synonyme le P. grandiflora Radius , espece que celui-ci
avail etabiie sur une plante recoltee au Labrador, et qui, selon
son auteur, differe du P. rotundifoUa par ses fleurs beaucoup
plus grandes, et par son style plus court que la corolle.
2. /••. asarifolia Micbaux.
3. P. chlorantha Swartz. Cette espece parait avoir et^ con-
fondue avec la precedente par M. Radius.
4. Pyrola occidental is Brown. In Herb. Banks.
Cette nouvelle espece croil dans I'ile Sledge, sur la cote occi-
dentale de I'Amerique du nord. Voici sa phrase specifique :
P.foliis subrotundis, mernbranaceis, obsolete denticulntis^petiolo
simplici duplb longioribus , racemo paucijloro , laciniis calycims
oblongis, obtusis, stigmatis disco 5-lobo. Cette Pyrole ressemble
par le port au P. minor; mais elle est beaucoup i)lus petite et
possede des c aracteres differens. EUe ne pent non plus etre coa-
fondue avec le P. chlorantha.
5. P. eliipticu Nultall.
6. P. dentata Smith, in Rees" Encyclopced.
7. P. picta Smith , loc. cit.
8. P. aphylla Smilh , loc. cit,
a*. Section. Etaraines drcssees , inflecliies vers le pistil; style
plus long que les petales ; si igmate non annule. Hampes dress»€& ;
4o Boiaiiique.
fleurs en grappes capit^es, pendantes ct penalises dans Ions les
sens. Cette section ne contient que l'es]H'ce snivante.
9. P. media Swartz. On i'a souvent con fondue avec le P. ru-
tuiidifolia ; mais S-\varfz en a bien etabll la distinction, tant j)ai-
tine escellente description que par une figure, inser^e dans les
Actes de Stockholm pour 1804. M. Radius I'a aussi figuree (Dis-
sert., tab. 3, fig. I), niais il est a regretter que son dcssinateur,
non-seulement ait donne une lithograpliie dont les liaifs sont
fort grossiers; mais ce qui est plus lacheux et ce dont M. Radius
est le premier a se plaindre , c'est qu'il ait alfcre la verite des
caracteres en faisant ovales et obtuses les divisions du calice.
3^. Section. Examines dressees; style droit; stigmate non an-
nule. Hampes dressees; fleurs pemlantos en grappes.
10. P. minor L. A cette espt'ce M. Don reunit le Pyroln rosea
de VEnglish Botany^ espei:e adoptee par IVI. Radius.
11. P. sccunda L.
2*. Division. — 1'«. Section. Petales ouverts ; efamines etalees,
rapprochees par paircs , et opposees aux pelales ; j)istil droit.
Feuilles ternees; hampes uniflores.
12. P. unijlora L. Seule capece de la section.
2^. Section. Petales reflecliis; diets des etamines stij)itcs ou sou-
tenus par des supports dilates et membrancux superieuremcnt ;
antheres tubuleuses s'ouvrant par des I rous cllipllques; slvle Ires-
court; sligtnale orbicule. Cetle section forme le genre Ckiinn-
phila de Pursh;elle contient les 3 cspcces suivanlcs :
i3. P. umhellata L.
\t\. P. maculata L.
i5. P. P. Mcnziesii Broyvn, in Herb. Banl.s.
Voici la phrase specifique de cette nouvelle espeic rapportee
par Mcnzies de la cote occidcntale de TAmerique da nord. P.
folds altcrnisternisvclanceolatis,acHminatix,setratis,discoloribus^
pcdunculo glabra, bijforo, bracteolis late rotiindatis, laciniis ca-
lycinis cllipticis, acutis, stylo distincto.
On rcgrottera peut-etre que cette monograiiliie no soit pas
accompagnee de figures rcpresentant ati nioins les 2 nouvelles
especes; mais si d'excellentes descriptions et des notes acvlition-
nelles tres-etendues peuvenl suppleer a cc defant, M. D. Don ,1
droit, sous ce rapport, a la reconnaissance c!es botaniste,-,. Do
notre cote nous aurions etc injustes de passer sous silence i'ulilc
dissertation de "J. Radius ; c'est j)ov;rqiioi iions av;)ii.s fait con-
Botaniqne. /\i
»;ii!ic, autant qtie possible, les points oil les 2 monograpliles iie
s'accordent pas. Les observations que nous avons intercalees
dans I'enunieration des espcces devenaient necessaires apres la
leuriion qu'a f'aite M. Don, dc celles qui avaient etc proposees
comine nouvelles par M. J. Radius. Celui-ci n'avait decrit que 11
, especes de Pyrola [y compris le Chimaphila), et il avait seule-
mentindique a la suite de sa dissertation les Pyrola picta Menz.,
et P. urceolata de RI. Poiret. Cette dernlere espece n'est pas ad-
niise par M. Don. G...N.
34. Addenda ad disputationem Neesii kt Martii de fraxi-
KELLis , p. 713-717. ( iVbc. Acta Hoc. Leap. Carol, nat. cur.,
vol. XI , 1823. )
Pendant que M. Nees et jMarfias decilvaicnt sous le nora de
Fraxinellees plusieurs plantes anomales <ie la f'amilie des Ruta-
cecs , M. Decandolle s'occupait de qiiel(jurs-unos dcs nieines
plantes et les appelait Cufpariees. Dans le pr lit travail que nous
annoncons ici , MM. Nees et IMartius donneiit un citrait decelui
de M. Decandolle, et s'expriment a ce sujet avec une candeur qui
merite encore plus de louanges que le savoir. Les memes savans
reconnaissenl , d'aprcs les avis de I\L Kunth , qu'iis avaient pris
pour des families simples, dans leiir Chorisici ventricosa^es folioles
d'une feuilie digitee. Quandoncultive les sciences avec une bonne
foi aussi recommandablc, on doit accelerer necessairement leurs
progres. A. F. C.
3j. Icones et Descriptiones Novauum et minus cognitarum
stirpium; auct. J. G. C. Lehmann. Fascicul. in-fol. i , 2,3,
[^ et 5. Hambourg; 1821-1823; Perlhes ct Besscr.
M. Lehmann, connu dans le monde savant par pliisieui's dis-
sertations bolaniques accompagnecs de figures, et e:itre autres
paries monograpliies des Primevercs ct des Potcntilles, avait aussi
commence I'execution d'un grand ouvroge sur la famillc des Aspe-
rlf'oliees. Ce qui en a ote \}nh\'w. [Plant (v c fam'did aspcrifoliarum
nuc/fcra',piir\:. i et •>.: Eerlin; 1818; cliez Duitimierj, pouvait etre
consideie comme le prodrome. II se ])roposait ensuite de trailer
cbaque genre avec tout le soin possible , de maniere a ne rien
omettre qui put etre utile aux bolanisles; mais des circonslanccs
Jndependantes de sa volonte ont apporte du retard a cet utile
projet. Cependant ayant a cocur d'eclaircir de plus en pltisl'his-
loirc des Aspi'-rifoliecs , il s'est decide a I'airc dessiner avec soin
42 BoUinique.
Jes especfs les moiiis connues, afin queles possesseurs de son i*^.
otivrage pussent en tirer quelque avantage.
I.es figures que nous annoncons ici ne sont accompagnee*
chacune, que d'unc seule phrase specifique extraite de I'ouvrage
susmentionne. L'auteur cite en outre le Systerna vegctaln/iurn de
M. Schultes, ou les descriptions de ses especes sont relatees; et
il mentionne les ouvrages oil Ton traite de ces piantes, ouvrages
dont il n'avait pas parle dans son i*^*^. travail. Quoiqu'il n'y ait
aucun ordre rigoureux dans les piantes qui composent ses livrai-
sons, M. Lehmann a fait, autant que possible, marcher ensemble
*es especes de merae genre; mais avant de les enumercr ,
nous dirons un mot des figures et de leur execution. Dessinees
avec quelques ombres, elles en disent sans donte bien assez pour
la distinction des especes ; mais les ombres y sont applicpiees
d'une maniere qui nuit peut-etre a I'elegance de la plante ; cctte
maniere d'ombrer, sorte ({'aqua tinta , ressemble a un lavis a
I'encre de la Chine, ou les nuances ne sont pas assez marquees.
Le simple trait nous aurait paru suffisant, a I'exception de I'in-
florescence qu'il est toujours convenable d'ombrer. On aurait de-
sire pour chaque plante une analyse detaillee des organes de la
fructification , lors mcme que ces analyses n'eussent presente que
des repetitions; I'esprit serait alors fixe sur la veritable structure
de la flcur et sur la place de la plante dans le genre qui lui con-
vient. Au lieu de ceia , on ne trouve le plus souvcnt que la plante
seule ou une flcur non ouverte, ou bien quelques details non
grossis, ou bien encore une feuille qui n'apprend rien , puistpie
dans cesespeces, les feuillcs sont assez grosses et assez detachees,
pour qu'il ne soil pas necessaire de les representor a part.
Charge de rendre compte d'un ouvrage important, nous desi-
rons faire connaitre, autant qu'il nous est possible, la \erite, et
nous regrettons que des eloges, a tons egards uieriles, soient
precedes par une critique qui resultc de I'exposition materielle
des faits.
Le but de l'auteur est, en effet, parfaitemeiit atteint, puisque
chaque espece est si fidelement representee qu'il est impossible
de s'y meprendre; et c'est une grande difficulte vaincue ; car la
plupart appartiennent a des genres com])oses de nombreuses
especes qui offrent des passages de I'unea I'autre. En outre, les
figures sont de grandeur naturelle et tres-bien tirces sur un fort
beau papier. Les couleurs qui ordinaircment font un bon elfet
Botnniqne. 4^
tians ce genre de dessiris , mals qui en aTignienlent si considera-
blement le prix, ont ete rejetees, prob.iblement, par la raison
qu'uu grand iiombre d'especes figurees n'existect en Europe que
dans les heibiers.
En rapportant le.s especes contenues dans les 5 fascicules que
nous annoncons, nous ne suivrons pas I'ordre on plutol le des-
ordre dans lequel ellcs se presenlent. Nous les rcunirons par
genre, et nous rapporterons quelques observations ajoutees a
celies du i*^"^. ouvrage.
Les 5o figures publiees par M. Lehraann se composent de 26
f,chium,& Onosrnay 5 Heliotropium, 3 Lithospermum, 3 Cy-
noglossum, lAnchusay 7. Molthia, i Craniosperrntirn et i Ta-
cridium , dont voici renumeration :
ECHIUM.
E. spicatum, Lehm. , tab. i ■ E. ncutifoUum Lehm., tab. a.
— E. Icevigatum Lelim., tab. 3. — ■ E. Mertcnsii Lehin., lab. 4.
■ — E. aculea turn hehm. , tab. 5. — E. Sivartzii Lehm., tab. t6.
: — E. strigosum'Lehia. , tab. 17. — E. clavatum Lehm. , tab. 18.
: — E. macrophj'llum Lehm. , tab. 19. Cette plante, representee
par une tres-belle figure sur des dimensions doubles des prece-
dentes,habite I'ile de Madere. L'auteur en donne une description
a la suite de la synonymie et de la phrase specifique. Nous nous
contenterons de rapporter celle-ci -.E. caule erecto ;foliis oblongo-
lanceolatis, oblique acuminatis , vcnosis , moUissimis , subglabris
subscriceis utririque , argentcis ; paniculis terminalibus subcylln-
(Iricix ; sjnculix jtcdunculatis, bifidis. Ce dernier caractere tire de
Tinfioreicence est ajoule a celui qui cxistait dans le i'^'^. ouvrage
de M. Lehmann. 11 rapporte comme synonyme de cetle plante
VE. nervosum de VHort. kewensis , qu'il avait adopte ainsi que
M. .Schultes. — E. petrceum Lehm., tab. 20, espece qui croit ea
Dalmatie; c'est VE. rosmariiiifoUuin de Schrank [Nov. Act. Acad.
Leopold. Carol, nat. cur., torn. IX , p. 1 15. Une description est
;ijoutee a la synonymie et a la j)hrase specifique dont voici I'e-
rionce : E. caulcjruticoso, dijfuso , rnmoslssiino • folds lineari-
lanccoldtis, ohtusis,pubescenlibus, subtits albis, margine revolutis;
spiculis tcrnatis , cyrnosis; starninibus corolla subnguLari longio-
iibiis. —■ E.popillosuin Lehm., tab. '21. \iE. brachystachyuni
de Schullcs (>S);>7. Vcg.-, V. 4 , p. -/i.^\, e-it nn double eii)])loi de
t;glle esj)ccc j M. Schultes .lyanl dcja :ulmi> \' I: . papillosum dc
/|4 Botanique.
M. Lelimann. — E. angustifoliurn Lehni., lab. 11. — E. paiii-
culatum Lehin., tab. 23.— E. trickotornum Lehin., tab. 24. —
E. hispidum Lehiu., tab. aS. ' — E. glabrurn Lehm. , lab. -26. —
E. capitiitum Lehm., t. -27. — E. sphaTocephaliun , tab. -iS. —
E.mo//c Lehm., tab. 3i. — E. caudntum Leliin. , lab. ^2. —
E.incanum\.e\\m., tab. 33. — E. rosmarinifoliuin,'Le\nn., ; nor;
Schrank. ), tab. 3.',. — E. scahrum Lehm., tab. 35. — E. trign-
num Lehm., tab. 3G. — E. verrucosum'Lehm., tab. 37 — E.frii-
ticosum, Var. p major., tab. 38. — E.serieeuin Lehm., tab. /iy.
Onosma.
O. trinenlum, tab. 9. M. Lehmatin lui donne pour synonyine
YO. strigosum de M. Kuntli. [Nok: genera et s^pec, T. 3 , p. <j3.)
Le Lithospermum longifoUum de l\I..Schultes eat un doubleemploi
de cette cspece. — O. sericeum Lehm., tab. 10. M. Lehmarm cite,
a propos de cette planle , 3 especes uouvelles de la Russie men-
dionale et decrites par M. Ledebour sous Ics noms d'O. rigidurn,
O. setosum, et O. polyphjUum. — O. tinctorium Lehm. , tab. 1 1 .
— O. rupestre Lehm , tab. 12. — O. simplicissimum Lehm. , tab.
i3.C'estlaniemej)lanteque \0. suffrutkosuni de Schrank. (A oc.
Act. Acad. Leopold, curios, rnit., torn. IX , p. loG.) — O. arigus-
tijolium Lelim. , tab. \\, ou O. cinereurn de Sicber ( in Stluiltes,
Sjst.veget.,\. k ,p. 74<J.
llFiioTROPiuar.
H.erosnm Lelim., tab. -.VH.plebejum do Smith [ in Tuckey,
Narratii'C of an expedition to explore the river Zaire , p. 25 1 )
est la mome cs])ece , d'apre.s Taiialyse qui en a etc faile sur un
echanliilon de rilerliier de Banks , comnuuiiqut^ parM.de Biich.
Dans rilcrb. de "Willdcnow cette j)lante est encore nonmiec //.
ciinarieme. — H. polypliyllum Lehm., tab. 8. M. Schultcs, cpii
a admis cette espece, en a decrit encore unc autre sous Ic nom
^'H.foliosum, que M. Lehm. reunit a celle-ci. — H.Kunzii Lehm.,
tab. 2r). Espece nouvelle trouvce a Syene en Kgyple par Siolioi ,
et communiquee par ce -voyagenr .sousle nom d'//. vdlosiun. \ oici
la phrase specifique qu'en donne M. Lehmann, en oulie de la
description : //. caule herhaceo, adicendente, villoso ; johis Iv/igc
petiolatis, ohlongis , villo.sis , pi an is ; spicis conjugalii ; caiycibus
incvqualibus. — H. rotund ifoliuin Sieber et Lehm. , tab. 3o. C«tte
nouvelle espece a etc decouvcrte par M. Sieber .Mir les rollincs
seches aux environs de Jerusalem. M. Lehuiatin en donne la licb-
Botmiique. 4^
I'l'iplion et la phrase sp^cifique que void : E. caule herbaceo,
gracili ; Jbliis subrotundis , distantibus , incanis , supra sericeis,
sublux tomentosis, plants ; spicis subsolitariis, longissimis; calyci-
hus quinque-partitis. Ken }\igtt par la figure, elie noussemblc se
rapprocher beaucoup de notre H. europieum. — • H. undulatum
Var. , ramosissirnuin Lehm., tab. 4o. Dans I'Herbier d'Egypte
que vend M. Sieber , cette variete est donnee comme une espece
distincte sous le nom A\E- rainosissimum.
LlTHOSPERMUM.
L. hispidissimum Lehm., tab. 3g. Cette espece nouvelle est
decrite avec detail par M. Lehmann. Elle a ete rapportee d'E-
gypte par M. Sieber, qui lui avait impose le nom d^Anchusa
hispidissiina. Voici sa phrase specifique : L. caule ramosissiino ,
hispidissimo ; foliis lanceolatis , acutis, setosis ; corollis caljce
multb longionbus ; limbo obtuso ; nucibus tuberculatis. — L.
hispidulum Lehm., tab. /)5. — L. villosulum Lehm., tab. 4G.
M. Schultes ( System, veget., V. 4, p. 744 ) a decrit cette plante
sous le nom de L. pubcscens, et I'a reproduite, dans la page
suivante, en la nommant Pulmonaria villosula.
Cynoglossum.
C. dimricatum Lehm. , tab. i5. — • C. mollissimum Lehm.,
tab. 4 1* Cette espece est nommee C. Gllanerjsr dans I'Herbier de
Willdenow. — C. viridiflorum Lehm., tab. 42.
Anchcsa.
A. aggregata Lehm. , tab. 47- L'x/. micrantlia nienlionnee par
M. Schultes se rapporte a la nieme espece. — A. caspitosa
Lehm., tab. 48.
MoLTKIA.
M. cocruUiea Lehm. , tab. 43. — M. punctata Lehm., tab. 44.
Le cfnoglossum rugosum ou C. Sestini de Schultes [Syst. veg. ,
V. 4 » p- 7C4 ) est la meme espece.
Craniospf.rmum.
C. subvillosurn Lehm., tab. 5o. Ce nouveau genre, decrit dans
le i"". travail de M. Lehmann, a c'te adopte par Schultes. [Syst.
»'«•§-•, V. 4, p. 75 r.)
46 Botanique>
TiARimuM.
T.elongatum Lehm., tab. 6. Voyez R. Brown. ( Prodr. Nov:
Holl., I, p. 493), et Kuiith ( Nov. genera et spec. , t. 3, p. 45o.)
GuiLLEMIN.
36. CuRTis's BOTANICAL MAGAZINE, n". Zi^Q- (Voycz le Bulletin ,
to. 2, p. 261, juillet 1824.)
Les especes decrites et figurees dans cette livraison sont les
suivantes :
2489. Bubon Galbamim Hort, Kew. et Willd. Cette plante a
ete placeepar Sprengel et Schultes dans le genre .9t*///?M/r?,parce
que selon ces auteurs elle n'a pas son fruit strie et sans rebords,
caractere que Linne et Lamarck assignent au genre Bubon. On
assure ici que la plante en question presente un fruit ovale, rond
et strie sans bordure. Notis ajouterons que I'espece culfivee au
Jardin des Plantes de Paris et qui y fleurit cliaque annee est bicu
celle qui est ici representee.
2490. Eucrosia bicolor. Les caracteres generiques et speci-
fiques, ainsi que la synonymic, sont empruntes du Botanical Re-
gister, qui I'a figuree n°. 207.
2491. Bossiaa linophylla Brown, in Hort. Kew. ed. alt. 4,
p.2G8.Petitelegumineuse papillonnee, decouverte surla cotesud-
ouest de la Nouvelle-Holiande, par M. R. Brown , et cultivee en
Angleterre depuis i8o3.
2492. Campanula pulla L. Cette petite plante vivace est ori-
ginaire des Alpes d'Autriclie.
2493. Ccntaurca spinosaVfiM. Cette plante, connue et men-
tionnee par les anciens botanistcs , n'avait etc que fort iniparfai-
Icment figuree par Prosper Alpin sous le nom de Cjanus spinosus,
et par Parkinson qui avait copie celui-ci.
2494. Alpinia tubulnta. Cette espece de la faraille des cannees
a ete doja dccrite et figuree dans le Bot. Register^ n°. 777. G. n.
37. Botanical Register , n". CXII ; juin 1824. (Voy. le Bulletin
to. 2, p. 255, juiilet 1824. )
Sont decrites et figurees dans cette livr. Ics esperes suivantes:
801. Zw/^A-frt^rt Marscb. von Bieberstein. Cette espcre, origi-
naire des environs du Caucase , a ete figuree dans le Botanical
Magazine, n".23G I. Selon M.Link {Enunicr.ber. 57", cllenc parait
pas dislincte, ainsi que IV. buhciiiica de Sclimidt , de VT.bi/Iuru
Boianique. 47
<ie Marscli. voa Bieb.; mais M. Fischer <le Gorenki, dontl'opinion
sur les pliintes de la Riissie et derOrientest d'un grand poids,
assure que les I. f areata et biflora sont des especes dilferentes.
%o^.Cytisus nigricans L.L'Ecluse (Hist. I, p. gS) avait donne une
figure grossiere mais tres-exacte de telle plante , qui est com-
mune dans les contrees ineridionales de I'Europe. A la suite de
la description se trouvent des reflexions sur rinstabdite des ca-
racteres generiques dans toutes les especes d'un meme genre , ce
qui conduirait a penser que les genres sont plutot des groupes
artificiels crees par les botanistes pour la coinmodite de leurs
etudes, que des assemblages d'especes donnes par la nature.
803. Periploca grxca L.
804. Rosa indica |3, odoratissima Lindley. Cette variete a deja
ete figuree par M. Redoute ( Roses 6i, t. 19) sous le nom de R.
indica fragrans .
805. Columnea scandens^v/a.Tiz.
806. Hibiscus hispidus Mill. M. DecandoUe , dans son Pro-
dro/niis systematis regni vegetabilis , t. I, p. 453 , a rapport e cette
espece a \'H. Trionum L., et il en a fait une varlete.
807. AndromedaJIoribunda Pursh, Une figure de cette plante
a deja ete donnee dans le Botanical Magazine, t. i566.
808. Hcdjsarum alpinuin Willd. G. N.
38. Exotic Floe A, etc., par M. W.Jackson Hooker; part. XI,3uin
1824; Etlimbourg. {V. lei\°. 7 du^«//., t.2,p. 258, juil. 1824)
io5. Primula sinensis .Sabine mss. Cette belle plante qui com-
mence a se repandre dans les jardins d'Angleterre et de la Bel
gique , a deja ete figuree avec beaucoup de soin par M. Lindley,
( Collectanea botanica , tab. 7), et dans le Botanical Register ,
to. 529, oil elle porte le noin de P. prcenitens.
M. Lindley avait donne pour caracteres a cette espece un ca-
lice a 10 dents , et le limbe de la corolle crenele et incise. Ces
parlicularilcs ne s'etant pas representees dans les individus exa-
mines par M. Hooker a Edimbourg ct a Glascow , ce bofanisle
a donne phis d'importance a robliqulte de la corolle et a la dis-
position verticil laire des fleurs. Voici la nouvellc phrase specifi-
que qu'il a proposee :
P. Sinensis : Foliis lobatis, incisis, hirsutis ; floribus vcrticillatis;
corolla: limbo obliquo, caj-lce conico inJlata^.Ltea deux \arletes de
cette plante sont : x, calyce quinque-dentato; coroll(eli:nbo integer-
2^8 Botanique.
riino; Exot. fl. t. to5. 'i, calyce siilnh-rem-dcntalo; rorollit crc-
nato-iiici.us. Lindl. collect.
io6. Scutellaria, payvitla Midi. Fl. Bor. Am. E-si)ece dti tcrri-
toire des Illinois dans r.Vmeriqiie du nord. El!e oi'fre bcaucoup
de ressemblance avec la Scutellaria minor de nos contrees d'Eti-
rope , mais elle se distingue sulfisamraent par ses ieuillcs qui
sont ovees et non decoupees en coeur, par sa pubescence glan-
dnleuse , et par la couleur dc ses fleurs qui sont d'un cramoisi
pdle tache sur la levre inferieure.
m-.Polybothria cAvy^rt/Y; Hamilton. M*'\ ^5.;/ronflil)ii.<: simpli-
citerpiimatis.CesX. la seconde cspece d'un genre tJtabli par Will-
denow , sur une phmte rnpportce de TAmcrique mcrldionale par
MM. Humboldt et Bonpland. Cetle nouvclle ospece a ete trouvee
par le D^. Bucbanan Hamilton > au milieu du bois de Gualpara
sur la partie Est de Camrupa dans Ics Indcs orientales.
1 08. Acrosticrum appendiculatum Willd. Trouvee dans la
meme locallte que la plante preccdente, par le D"". Hamilton.
200. Epidendrum ? monophyllum ; caulc unifolio ; folio ellip-
tico-lanceolato, obtuso ; racemo paucijloro e sinu fold ; petalis
conni^entibux una cum lobelia , lanceolatis , duobus interioribus
minntis ; columnd supernr alatd , dcntatd. Cette petite orchidee
est figuree avec phisieurs details tres-interessans. Ce n'est qu'avcc
doute que M. Hooker la place dans le genre Epidendrum, mais
elle a une graude affinite avec VE. poljbulbiou de Swartz qui
parait etre une veritable espece d'Epidendrc. G. n.
3(). Dkscuiptions de qdflques plantes nouvclles ou rares, re-
coltees par le D"". t^dwin James sur les montagncs rocheuses;
par J. ToRREY. lyAnnals of (he Lyceum of nat. hist, of iW«r-
Yo7-/; , sept, et dec. i823, p. 3o. )
Le D'". Edwin James, botaniste attache a I'cxpddition aux
monlagnes roclieuses, oommandee par le major Long, ayant etd
appele a une autre cntreprise scientilique, a confie a M. Torrey
le soin dc publier les plaptes des sommets des montagnes, ainsi
que les Graminecs.Ceiui-ci ne prtsente que des fragmens de son
travail , et le memoire dont nous allons donner un-extrait pent
f^tre considere commc la I'^^ decade d'un ouvrage public par
livraisons. Les 10 plantcs que fait connaitre BL Torrey sont les
suivantes :
I". Androsacc carinala. M. Torrey accompagne la description
Botanique. 49
de cetteespece nouvellc d'une figure (tab. d. f . i ) qui fall voir,
commeM. Torrey I'indique lui-meme , la grande affinite de cctte
plante avec V Androsace vilLosa du Jura et des Alpes. Voici la
phrase spcclfique; A.foliis congestis, ovato-lanceolatis, acutis, in-
tegerrirnls , carinntis , margine ciliatis; umhelld pauciflord ; fo—
liolis involucri lineari-oblongis; corolla calycem ovatum excedente;
lacinlis ohovatis ^ integerrimis ; elle lleurit en juilletsur le Pic de
James, une des sommites des montagnes roclieuses, a 10,000 pieds
environ au-dessus de I'Ocean, dans la region des neiges perpe-
tuelles.
a. Oxyria reiuformh R. Br. ou Rumex digynus L.
3. Adoxa moschatelUna L. Ces 2 especes, semblables a celles
d'Europe,croissent, ainsi que toutes les especes qui suivent, dans
la ineme localite que la plante precedcnte.
4. Fotentdla nivalis. L'auteur pense que cette espece est bien
distincte de toutes celles qui font partie des monographies recem-
jnent publiees. A en juger par la description de la figure (tab. 3,
f. 2.) , nous sommes de son avis, mais nous pensons que le noin
specifique de nivalis n'est pas convenable, puisqu'il existe deja
une P. nivalis decrite par Lapeyrouse et Decandolle, raais qu'a
la verite AVilldenow a noinmee P. lupinoidcs. Voici le caracterc
essentiel de la plante nouvelle : P. caulc erecto, herbaceo; apice
unijloro ; foliis pinnatis ; foliolis 2-3 lohis conjluentibus ; lobis
acutis, margine piloso-ciliatis; petalis subrotundis, calyce longio-
ribus.
5. Myosotis nana Villars? M. Torrey n'ayant pu comparer la
plante avec la figure mentionnee par Willdenow, ni avec des
cchantillons cueillis sur Ics hautes montagnes del'Europe, n'est
pas bien certain dc leur identite.
6. Primula angiistifolia Torr., tab. 3, f. Z: foliis elliptico-
lanccolatis, inlegerrimis, glabrts; scapo unijloro ; corolla! laciniis
ovatis, integerrimis. Celte plante ressemble sous beaucoup de
rapports a la P. intcgrifoliah.; mais les feuilles, dit l'auteur,
sont plus etroites et les segmens de son calice sont plus aigus.
Nous croyons neaiunoins qu'il est difficile de voir eu cette
plante autre chose qu'une variete de I'espece linncenne.
7. Polygonum viviparwn , [3. capitatum Torr. Variete dont les
fleurs sont disposecs en cpi court , epais et ovale, au lieu d'etre
cylindrique comme dans la plante d'Europe.
8. Trifolium nanuni Torr., tab. 3, iig. /, : CapituUs paucifloris,
B. ToMK III. 4
5o Birtctiliqite.
itinbellalis ; leguminiim l^-^-spcnuis ; caljcibus glubris ; dentihus
tiihceqiiiilibus ; Joliolis oborato-oh/ongix, acuminntis; caulc ccespi-
tnsu,crc<to. Cotte espice :i des fleiiis ires-grandes proporlionnel-
lenienl :iu reste de la pl.inte. Sousce rapport, clle a de l.i lessem-
blance avec le Trif. (i//>iniii/i , inais elle s'en cloigne par la forme
des feuilles.
g. Pentstcmon alpina Terr., glaberrima; corolla mhcnnipa-
nulnto ; limbn subcpqnnlitcr ^- lobato ; fnliis oblongo-lanceolatii ;
mnrgine crenulato-denticnlatis ; calycif: srgmentis lanceolutis ,
ncutis ; anthrris hirsutis ; Jilamento sterile, staminilms i. xupcrio-
ribus breviore , sub npiccm retusum barbato. Plante Intermedialre
entre les P. Erianthem et P. ccerulcea de Nuttall.
10. Capraria pufilla Torr., piibescens;/oliis oppositis, rnr.latis,
repan(Io-flcntalis,i>etiolati'!;pcdunculisa.xillaribiix,petiotolongin-
rUiits. Elle est voisine du Capraria humilis des IiidLS-Oncntiili-s.
G...N.
/,0. Drscriptioiv de nEt!x PLANTES NOL'VELLES, cultivees dans le
jardin botanique de Gand; par M. Desmazieres. ( /?ccttrfV r/r^
travaux de la Soc. d' Amat. des Sc, etc., de Lille, 1823, p. a5/(.)
L'line de res planles, provenant de graines reciics de TAinL--
rique ineridionale, a fleuri pour la ]>remiere fois dans le jar-
din de Gand au mois d'aouti8i6. tile a ele nommee ^oo/<'-
bccfiia chile/ixis ,et uientionnee dans VHorCus gandace/isis ; ni.ds
n'avyn' ^'^ decrite d,>Tis aucun species , M. Dcsmazierrs en pubiii'
les caraclercs , des([uels nous extrairons les suivans : Involucre
\enlru , compose d'nn grand iionibre d'ccaillcs imbriqiices , sca-
rieuses feur leurs boi-ds , et teruiinees en ])ointes allongues et re-
drossces' receptacle nu et alveole ; flf'uroris des rayons fomelles,
fertiles, disposes sur deux rangs, grands , ligules, et a diux ou
trois dents; ceux du disque hermaphrodites, tres-nonibreux ,
tubuleux , et terminus par 5 petites dents; anthercs sans appen-
dices basilaires ; style tcrminc par deux stigmates rapproches;
akenes, dans les deux sortes de fleurons, surmontes d'uue ai-
grette sessile et caduque , forniee de filets simples et assez gros.
M. Desmazieres rapproche cettc planle des T/tula , mais il en fait
voir les differences. iS'ous regrettons qu'il n'ait pas chcrclie a
comparer ce nouveau genre avcc ceux de M. Cassini, dont la
terminologie ne lui est pas ctrangere, et encore plus qu'il ne fasse
aucune mention de Touvrage de M. Kunth et de la Florc du Pe-
Botanique. 5 r
rou , oil il serait possible qu'il retrouvat son genre sous un au-
tre noin.
La seconde plante est une espece A'Hjdrocotyle , indigene de
Java , et qui, en raison de la resseniblance des feuilles avec celles
des Chrysospleniuin ,A recu le nom de Chrrsosph'iufolia.\ o\ci sa
phrase specifiqne : Tota {glabra ; foliis renifonnibus , siiblubatis ,
crenatis ; umbellis niulli/lorls , pcduiiculatis. Sct:\X-t\\e la inenie
plante queVIfyd/ocoty/eJicarioideSjde Lamarck, et dont la des-
cription a ete donnee parM. Achille Richard, dans sa inonogra-
phie du genre Hydrocotyle, p. 38? Les deux descriptions sont
assez concordantes, mais nous n'oserions prononcer avec cer-
titude que d'apres I'inspcction comparative des echantillons de-
crlts par les auteurs. G...N.
4i. Sua LES Dahlia; par M. Desmazieres. {Recueil des tra-
vaux de la Societe d\4mat. des Sciences , etc., de Lille, 1823 ,
pag. 247.)
Le genre Z)rt/<//rt, constitue et decrit pour la premiere fois par
Cavanilles, recutde Willdenow le nom de Georgina, parce qu'il
existait deja un genre Dahlia, elabli par Thunberg. La belle
plante qui le constitue, originaire du Mexique, est cultivee, de-
puis 1790, dans le jardin botanique de Madrid; mais ce n'est
que depuisune quinzaine d'annees qu'elle a etc introduile a Pa-
ris, et de la, repandue dans les jardins de toute I'Europe avec une
telle profusion, qu'on la rencontre maintcnant pirtout oil Ton
s'adonne a la culture des belles plantes d'ornement. M. Desma-
zieres en donneune description fort abregee; il fait cnsuite con-
naitre I'histoire du genre d'une maniere imparfaite , puisqu'il
omet de citer le mtmoire de M. DecandoUc, insere dans les An-
nales du museum, dans lequel ce savant botanistc etablit les deux
especcs sous les noms de Georgina superjlua et G . friistranea ,
dont M. Desmazieres attribue a tort la distinction a M. Thic^baut
de Berneaud , qui a seulement ecrit une notice sur leur culture.
A cette legere incorrcclion pres, le mtmoire de M. Desmazieres
renferme des remarques utiles sur les varietes si elegantes de
Dahlia , varietes dont les caracteres resident uniquement dans la
diversite des couleurs , et qui sont an nombre de la; et sur les
usages cconomiques qu'on a pretendu tirer de Icurs grosses ra-
cines charnues. Les rapports botaniques qui existent c«tre les
Dahlia et le Topin.uubour ( lleHanlhus tubemsus ) autorisaient a
C)2 Botajiiqiic.
conjocluier que Icurs tiibercules pourraienl f'ournir un aliment
sain et agitable pour rhomme et Ics bcstiaux ; niais, lont en exa-
gerant cclte prccieuse qualitc, on n'avait pas fait asscz attention
au gout aromallque et desagrt'able que ces tuberculcs conser-
Tent , meme apres la cuisson. M. Desmazieres annonce des rcsul-
tats tres-differens de ceux que Ton avait obtenus auparavani; il
fait observer que laplupart des varietes, cultes sous la cendre ou
avec des corps gras, perdent environ un sixieme de leur volume,
deviennent fibreuses, et conservent une saveur resineuse et repu-
gnante. II pense que la culture n'a pas encore assez ameliore ce
nouveau legume, et qu'ondoiten restreindre I'emploi a la nour-
riture des animaux domestiques qui paraissent en etre tres-friands.
L'auteur de ce memoire ne parait pas avoir en connaissance de
I'analyse chimique qu'en ont faite I'an dernier MM. Payen et
Cbevallier. En partant de cette analyse, il aurait pu determiner
hpriori]e& qualitesalimentaires de la plante en question ; il aurait
pu parleravec avanlage de leur emploi comme substance fermen-
tescible,et assigncr quelques usages au nouveau principe que
ces cliimistes ont nomme Dahline, et qui a tous les caractcres de
VInuline, selon M. Braconnot, etc.
M. Desmazieres ajoute ensuite quelques observations sur la
culture et les moyens de multiplication des Dahlia. G...N.
42. ExTRAiT d'dn Memoire sur les genres Chrysanthemum y Ma-
tricaria et Pyrethrum ; par M. Desmazieres. [Recueil des tra-
vaux de la Societe d Amat. des Sciences , etc. , de Lille, iSaS,
pag. 257.)
Ayant examind un grand norabre d'especes appartenant aux
genres Chrysanthemum, Matricaria et Pyrethrimi, M. Desmazie-
res n'admet pas leur distinction etablie par Haller ct Willdenow.
II pense que les considerations tirees de la nature membraneuse
et scarieuse des ecailles de Tinvolucrc, de la forme plus ou moins
convexe du receptacle, de la presence ou de I'absenre d'une ai-
grette coroniforme, non-seulement sont trop minutieuses, mais
souvent tres-equivoques. II propose en consequence de les reu-
nir sous le nora generiquo commun de Matricaria.
La maniere inexacte dont une especc de ce genre ( Matricaria
inodora , ou Pyrethrum inodorum ) , a etc decrite , a engage
M. Desmaziires a «n donner de nouveau les caracteres detailles.
t^elte planle flcurit au mois d'aout, ct en m«}me temps que VJn-
'' Botanique. 55
thcmis cotula ef. la Matricaria CarnoiniLLa , avec laquelle die sc
trouve melee, et facile a etre cont'ondue sans un examen atten-
tif. M. Desraazieres signale ensuite uneerreur de M. Merat (Flore
parisienne , 1812 ), rclativeraent a cette plante. Le Matricaria
perforata de cet auleur est un double emploi de son Pyrctkrum
inodorurn ^et\e Matricaria Carnomilla L. ne se trouve pas decrit
dans la premiere edition de la Flore dcs environs de Paris. G....N.
43. HisTOiRE GENERALE DES Hypoxylons , ou Description des
genres et des especes qui forment cette grande famille de ve-
getaux ; par F. F\ Chevallier, D.-M. i""*^. livr., in-4". avec fig.
color. Paris; i824;F'irmin Didot. (V. \e Bulletin, t. 2, p. 63,
mai i824<)
II est aujourd'hui bien reconnu que I'etude de quelle chose
que ce soit ne doit etre dcdaignce dans la nature: les rcsullats
importans qu'ont produits les recherches de plusieurs savans sur
les corps microscoplques , semblent en promettre de plus im-
portans encore , et c'est maintenant parrai les petits objels, me-
prisables aux yeux du vulgaire , que Ton doit esperer le plus de
decouvertes. C'est par le menu, s'il est permis d'employer cette
expression, que Ton doit aujourd'hui reprendre I'histoire natu-
relle, trop long-temps consideree par ses sommitcs,et qu'on eut
vainement tente d'approfondir entierement tant que les ebau-
chcs de I'existence dans les deux rcgnes fussent demeurees in-
connues. Mais la connaissance d'objets qui, s'ils n'echappent pas
entierement a la vne, nous derobent par leur tenuite le myslere
de leur organisation, est en general difficile, et quelque savant
qu'on devienne en cette matiere, elle n'offrepas de di-dommage-
iiiens proportionniis aux peines qu'on se doune pour I'acquerir.
Quand robservateur opiniatre qui sail ravir quelqiies secrets a
la nature veut nous reveler ces secrets, il trouve rarement un
libraire qui veuille publier le resultat de ses importans travaux.
Honncur done ;"i M. Firmin Didot qui , non moins distingue dans
les lettres que dans I'art typographique port6 par ses soins a ur
si haut degre de perfection, a senli corabien I'ouvrage de M. F.
F. Chevallier j)ouvalt etre utile aux botanistes, et que le tilrc
d'tiiftoire gcnerale dcs Hypoxylons n'a point rebutc! La pre-
miere livraison de ce traite vient de paraitre. On concevrait dif-
ficilement ntic execution plus parfaile.
II est aiijonrd'liui un.iDiinemeiit lerii (juc sans le fcccours dcs
54 Botanique.
figures on nc saurait jiai vcnir a la connaissancc certaine des ob-
jets obscurs dont la cryplogainte sc compose. Les plus longues ,
lesplus niinulieuscs , les meilleures descriptions ne suffisent plus
pour les faire distinguer ; tcs descriptions ont meine I'inconvc-
nient que leur comparaison ahsorbe \m temps precieux. L'auteur
a done rendu par d'cxccllens dessins , les especes dont il vent
constater I'existence; le graveur et le pelntre I'ont parfaitement
conipris, et sous ce rapport I'ouvrage de M. Clievallier ne laisse
absolumcnt rien a dosirer.
On y trouve d'ahord rctablisscnient d'une famille des Phe-
ROPOREES, que composent deux ordres appeles Graphidees et
Verrucariees , et dont uue planchc fait connaitre Ics genres par
un cxemple. Ccs genres sont Opegrap/ie , AUographe , Artho-
nie , Schizoxflon , Verrucaire , Tripethelium , Pyrenide , Gly-
phis et Chidothecie. La pluparl de ccs genres avaient precedem-
ment etc clablis par divers bolanistes , soit parnii les Lichens,
soit parmi les Hypoxylees, d'ou il convientde les extraire.
Douze especes du premier de ccs genres sont soigneusement
dccrltes et parfaitement figurccs dans cclte premiere livraison.
Leur etablissement peut fournir un exemple des progres que
Ton a faits dans la botanique , puisquc loutes ccs especes etaient
rcgardees au temps de Linne comme une seule ; c'etait son Li-
chen scriptus. D'excellens travanx existaicnt deja sur les Opegra-
phes, notamment ceux d'Acharius et de Leon Dufour; mais il
appartenait a M. Chevallier de fixer dcfinitivementla valeur des
especes ctablies par ses predeccsseurs, et on ne saurait tropl'en-
gager a ne point laisser long-temps altcndre le reste de son bel
ouvrage. B. de St.-V.
/i4. NoTiCE SUR del'x espeoks nK r.HAMPiGNONS, dccouvertcs et
dessiiices par M. L. de Buondeau. {.Inn. de. la Sue. Linnccniw
de Paris , i^^. annee, mars 182/1, P- 7'i-'
Les caractcres speclfiques de ccs deux nouvclles fongosites
• sont les suivans :
T. FuUgo cerebrina (Brood. ) PI. Ill, fig. 1 -.'|.
Cerebriformis , , primo mollis , pulposa , sub tnaluiiUitctn du~
riuscula ; cortice exterio?e tenui , deciduo , vitellino , derniimvi-
ridesccnte-cineico ; intiis fiUrosO'Ccllulosa , ijuhcre fuligineo-
Jusccscente referla.
Botaiiiquc. 55
Cetlc pJ.uite croil en juiu sur les dt^brib decoiiiposts dcs voge-
taux, et sur la terre graveleuse des collines.
Le Fuligo cerchrina parait etre unc espece fort dislincte ;
pliisieuis plantes de la grande famille des champignons, et no- .
taminent le Didcnnn contextuin et le Trichia serpula imitent les
formes du cerveau; mais comme iis sont munis d'un cnpililiuin
Persoon (chevelnre) , qui ne s'observe point dans la plante de
M. de Brondeaii, on ne peut la rai)porter a aucun deux.
1. Heh'ella sinuosa (Brond.) PI. HI, fig. 5.
Pileo pIicato,sinuoso , subgelatirioso , e lutcscente fiiligineo ;
pecliculo compresso , alho.
Celfe fongosite se plait dans les bois , sur la lerre couverte de
mousses ; elle croil aii prinlenips.
M. Persoon , charge d'examiner la validile de ces a champi-
gnons, pensc que la derniere espece n'est point une llelvelle;
il la fait rentrer dans un genre nouveau qu'il nomme Gyroce-
pkalus [c3i^\\.\i\e forme de plis circulaires ). Nous allons le faire
connailre dans I'article suivant. A. F.
45. Ckeation du NouvKAii GENKE Gyrockphalijs (famille des
tliampignons] ; par M. Persoon. i^Ann. de la Soc. Linncenne de
J'aris. i"^^. annee, mars 1824, p. 75.)
Caracteres generiques du Gjrocephalus .
P ileus [aut capitulum) ti-einellosus aut subtremellosus ; gy-
roso-sinuosus , siiffultus stipite forti.
Le genre Gyrocephalus est forme aux depens du Tremella
hclvelloidcs Fl. , fig. 2 , p. 93; du Tremella stipitata Bosc (Me-
uioires acad. Berlin, annec 181 1 , p. ji, tab. vi, fig. i); du Phal-
lus tremelloides A'cnlen. (Mem. de I'lnsf. national de France ,
vol. I , p. 509, fig. 1) ; et enfin de VHehielln sinuosa de M. de
Brondeau donl il vient d'etre question.
M. Persoon annonce qu'il n'a vu que celte derniere espece ,
mais il pense que ce genre est solidcment etabli ; il hesite cepen-
dant a lui donncr une place fixe dans les sous-ordres de' la fa-
mille (les champignons. Au resle, voici comme il s'exprime a ce
sujet :
Genus e divisionc tremellacea ? aut hei.vellacea ? compre-
hendens species sat magnas , forma heivellis et morchelus
xubsimiles , sed naturd tremellis proximas. Stipes in Jus plg-
ntmqiir magnus rt rrasfds, alhidus , nr passim r.aiits. A. F.
56 Botanique.
46. Recherches MicRoscopiQnES ET PHYSioLociQCEs sur Ic dcve-
loppement du Lepraria Kerme^ina , et considerallons sur sa
resserablance avec ce qu'on appellela Neige muge ; pour faire
suite aux Observations sur le Byssits Jolithus Linn.; par Fr.
Ant. Wp.angel. (A'owi^/. Vctcnsh. Academ. Handlingar , fcer
aar iSaS.l'^*^. part. , p. 71.)
On a vu, dans le cahicr ])rcc(';dent , n°. -if^li, que M. "VVrangel
sVst occupe de recherches speciales sur la nature du Lepraria
liermesina qui couvre les rochcs de Suede d'unc belle couleur
de cramolsi. II a tenu un journal exact des cliangemens que
ce vegetal a subis jour par jour dans I'eau; la plerre qu'il avait
choisie etait d'abord couverte d'une matlere verte; elle prit
dans I'eau une belle teinte rouge, et il s'en detacha une partie
qui, sous la forrae de globules, avait la meme teinte. La ve-
getation sur la pierre se developpait peu a peu , et devenalt
filamcnteuse , ainsi que I'auteur I'avait annonce. II mit de
la neige sur une pierre couverte de Lepraria Kerincslna , et
cette neige prit aussitot une teinte rougeatre; c'est ce qui a de-
termine I'auteur a penser que le Lepraria Kcrmcairia de Suede
est du meme genre que VUreJo nivalis auquel M. Bauer {Jour-
nal of Sciences and Arts, n°. XIV) attribue la leinte de la neige
rouge que les Anglais onttrouvee dans leur expedition au nord.
Wrcdo ou le Lepraria des regions boreales aura ete entraine
des roches par les eaux ; ccs caux se scront gelees ensuitc , et
auront communique leur teinte a la neige voisine. Le Lepraria
de Suede, lorsqu'on Ic frotte entre les doigls, y laisse une cou-
leur qu'on ne peut enlevcr qu'a j'aide du savon , precisemcnt
corame M. Bauer le dit de VUredo nivalis. La forme globulaire est
parellleraent la meme; 011 remarcpie en ouire, comme dans la
neige rouge des Anglais, des globules plus petits que lesautres, et
ayant une teinte jaunatre. Mais ce que M.Bauer n'a pas observe,
et ce que M. Wrangel a vu a I'aide du microscope, c'est le mou-
vement de la vie animale, apres que le Lepraria a ete arrosc
d'eau; ce mouvemcnt lui prouva I'existeiice d'aniraaux infu-
soires, et il rappelle a ce sujct « le travail excellent >> de O. Fr.
Miilier : Aniinalrula infusoria Jluviatilia el marina; Copcnbague,
1786. II pense que si M. Bauer n'en a pas trouve dans la neige
rouge, c'est que des circonstanccs particuliercs s'opposaient au
retablissement de la vie de ccs animaux pendant les observations
du naturaliste anglais. Voici les idees que se fait I'auteur de la
Botanique. Sj
formation du Lcpraria Kerinesina. Lichfenstein a remarqiie
qu'il lombe quelquefois avec Ja pluie une matiere gelatineiise
qui, etant dissoute dan^l'eau, fait voir des molecules rouf;es on
orangees, qui se meuvent soit separcmcnt, soit en masse; ces
molecules animees paraissent a M. Wrangel le commencement
de I'organisrae du Lcpraria Kermcsina. II suppose que Telec-
triclle forme cette gelee, dans laquelle Ics animalcules tombent
avec la pluie. lis etablissentsurlespierresun sediment qui d'abord
vert, comma ce qu'on appelle la matiere de Priestley, devient ,
par Taction de la lumiere , rougeatre, puis rouge cramoisi. Ce
sediment se compose de globules qui renferment ou entourent
des globules plus pctits d'une teinte jaunatre ou qui n'a pas de
couleur. Ce sediment reuni en masse est ce que M. Wrangel ap-
pelle Lcpraria Kcrmesina. Quand elle est arrosee, cette masse se
detache de la pierre , on revolt une matiere gelatineuse , les glo-
bules se dctacLent I'un de I'autre ; et sous I'influence de la lu-
miere, ils reprennent le mouvement et les caractercs dc la vie
animate; une partie des petits globules forme des filamens,
tandis que I'autre continue de vivre en une masse oii les gros
globules laissent ccliapper les plus petits, qui continuent la
vie animale et vegetative , tandis que les points blancs, qu'on voit
ca et la a la fin de ces cliangemens , marquent peut-etre la partie
qui a parcouru toutes ses phases, et dont Torgaiiisation a louche
a son dernier terme. L'auteur avoue au teste qu'il y a encore
bien des secrets dans la nature. D.
4". De rRUCTIFICATlONE GENERIS RniZOMORPH>f. CoMMENTATIO ;
par Fr. G. Eschweiler. [Isis, 4*^. cah.; 1824, p. 445.)
Cette plante a ete trouvee par M. E. dans les mines de Frey-
berg et de Wipperfurlh , ou elle tapisse comme du lierre les ou-
vrages en charpenle, auxquels elle est fixce par des tubercules
giobuleux ( K/ia^pJi') de distance en distance. Elle parait devoir
etrc ])lacee parmi les aigues d'eau douce. M. E. a decouvert dans
les tubercules les parties de la fructification ; il les a dessinees
au microscope et parfaitement dccrites , en ctablissant les rap-
ports qiii jieuvcrit raj)prochcr son organisation dc celle des li-
chens et (les clinmpignoiis.
II a di'couvcrt sur cette memc plante ])lusicurs moi'-i^surcs,
cntre aulres les Pcnlcillium expansum , et Mucor truncorurn, et
une nouvelle, a laquelle il a donne le nom de Mclidiuin suhtcr-
raneum, et dont il donne la description et la figure. D....1'.
58 Botanique.
48. Instruction sur la MANiiRv. de recueillir et preparer
LES CHAMi'iGNONS poui' Ics lierbieis , de les conserver et de les
preserver contre ratl;ique des insecles et de leurs larves ; par
M. C. H. Persoon, inembre lionoraire et vice-president de ia
Socic'te liniieenne. [Ann. de la Soc. Linnicnne , i"^*. ami. ,
raars 1824 j P- 79-)
Quelques mots siir le temps convenable a la recolte des cham-
pignons et sur les localiles ou lis se trouvent, precedent celte
utile instruction.
Voici les principales regies de conservation donnees par le ce-
lebre mycoloi;ue :
1°. Recolter les champignons coriaces et subereux avant que
la vetusle ne commence , de peur qu'ils ne renlerment des ger-
nies de destruction, dont les plus redoutables sont les cenfs des
insectes; les exposer de temps en temps aux rayons du soleil.
2"." Mettre sous presse, sans trop les comprlmer , les cspeces
moins epaisses, les changer souvent de papier, et les exposer a
I'air libre.
3". Laisser a I'air, jusqu'a parl'aite dessiccation , les champi-
gnons gelatineux , lelUs que les tremelles, les auriculaires, etc. ;
I'eau leur rend, qnand il le I'aul, la souplcsse et i'eclat des cou-
leurs primitives.
/,". Modeler en clre, ou plonger dans I'alcohol I'aible les es-
pcces dont on veut conserver exaclement les formes.
5". Recolter , dans le moyen age , les Lycoperdinees; les laisser
se fletrir a Fair, afin qu'ils puissent supporter sans se deformer
une legere compression.
6». Conserver dans de petites boites garnles de coton les Tn-
chiacees et les Isaria qui croissent sur les chrysalides , pour me-
nagcr leurs formes dolicales, qui seraient delruites ]>ar Ic plus
l^ger choc.
7°. Dessechcr a la maniere arcoulumee , par Tine pression
nioderee dans le papier gris , les Fongoides d'une consistance
mince et papyracee, ainsi que les fongositcs epiphylles.
»». Enfin, apres dessiccation f omplete, les lenrermer ilans des
capsules de papier, pour empecher pliisienrs insectes et vers nui-
sibles de les a,ttaquer, et surtout pour les defendre contre le frot-
tement des corps etrangers.
C'esl ainsi, dit rauteur dti Synnpus fungornm , qu'on pourra
g..rder long-temp* rr^ piodtn lions , pom les comparer enire
Botaniqiie. Sg
ellcs, les etudier sans craindre de les perdre, el les conimuni-
qiier utilement a d'autrcs botanistes. A. F.
4y. American medical Botany. Bolaniquc niedicale des Etats-
IJnis d'Amerique; par J. BiCELOw. To. i , a et 3. Boston;
1817- 1 821; Cummings et Hilliard.
Cet ouvrage a ete public en 6 livraisons, renfermant chacune
10 planches gravees siir cuivre et coloriees. Les descriptions qui
les accompagnent sontties-longues, mais comme elles n'oulpour
objet que des plantes fort connues, nous ne nous y arreterons
pas. Elles sont suivies d'un grand nombre d'observations qui
n'interessent que la medecine. Cet ouvrage , oil les plantes
sont distribuees systematiquement , appartient done plutot
a la matiere medicale qu'a la botanique proprement dite , et il
en sera rendu compte dans celte partie de notre Bulletin
( Voj. Bull, des sciences medicales, n°. 9, sept. 1824.) Nous n'o-
inettrons pas cependant de parler, non pas d'un nouveau genre,
mais d'un nouveau nom de genre propose pour une Aroidee
Ires -i-emarquable qu'on a placee tour a tour dans les genres
Arum, Dracontium e\. Pvthos. Elle n'appartient precisement a
aucun , mais elle se rapproche du Pothos par ses fleurs, tandis
qu'elle a le fruit de \ Orontium. M. Nuttall lui avail donne Ic
nom de Symplocarpus , qui seinble,a M. Bigelow, inadmissible,
et qu'il propose de remplacer par celui d'Ictodes. Nous ne pen-
sons pas que I'innovalion de M. B. soil recue, car rimpropriete
qu'il signale dans le nom donne par M. Nuttall, n'est pas telle-
menl grave qu'on doive le supprinier. G....N."
5o. Flore napolitaine, on Description des plantes indigenes
du royaume de Naples , et de quelques plantes exotiques, culti-
veesau JardinRoyal de botanique ; par lecliev. M. Tenore, D.
M.,prof.de botanique arUniversite royale, directeur du Jardin
Royal des plantes. i*"^. vol. de 100 f. d'impr. et fjo pi. color,
d'apres nature ; in Ibl. atl., papier vejiu. Prix, 100 ducats
(440 f''-)* Naples; 1810 et ann.suiv. ; impriin. rov.
I. Cet ouvrage comprend la description de toutes les plantes
du royau7iie dc Naples, taut de cellos qui sont deja connues des
botanistes, que de ccUes qui n'onl pas encore etc decriles; et les
gravures des espcces les plus rares ou nouvelles. Les plantes de-
couvertcs par Cirillo , Cdu/ini et Prtagnn , ainsi que les especcs
'cs plus rares qui out etc dccritcs par Cohn/ia, Banclicr , Bor-
6o Botanique.
cone et Imperato , y occupent une place particuliere, et y sont
jrravdes. On y comprend aussi quelques plantes r;ires et exoti-
ques qui sont cultivees dans les jardins.
1. Le systeme de Linne est suivi dans la redaction de cette
Flore; les matieies y sent, distribuees de maniere que chaque
volume contient un certain iionibre de plantes des 24 classes ,
afin que Ton puisse aTigmenter le nombre des volumes en pro-
])ortion des nouvelles decouvertcs qui seront faites, sans que le
]>lan de I'ouvrage en soil altere. Vn index niethodique ])lace a la
fin donnera un tableau complet de toutes les plantes qui y auront
ete dccrites.
3. L'ouvrage est redige en italieu , excepte les phrases botani-
qnes qui sont ecrites en latin.
4. On publie tons les quatre mois une livraison de la Flore ,
composte de 10 feuilles d'inqiression et de 5 planches.
5. L'ouvrage est partage en 4o Ilvralsons, ou en 4 volumes de
la ineme force de celui qui vient deparailre.
6. L'ouvrage est precede d'un I'rodromus qui donne aux bo-
tanistes la liste gencrale de toutes les plantes du royaume,con-
nues jusqu'a present, formant les premiers materiaux de la Flore
napolitainc. Ce Prodromus , qui fait pnrtie dn premier volume ^
donne une serie d'environ 3, 000 especes, parmi lesquelles on en
compte a pen pres 200 qui sont tout-a-fait nouvelles ou ])eu
connucs, et qui seront dccrites et gravees successlvemcnt. Ces
especes nouvelles sont les seules dont on a donne la phrase ca-
ractt'rlstique dans le Prodromus , les autrcs y out ete seulement
indiquees par leur nom.
7. Le prix de chaque livra'son est fixd a 10 ducats.
8. On souscrit a Naples, chez I'auteur, rue S. Gregorio Anne-
no , n". 41 ; a Home, chez ]\I. de Romanis ; a Florence , chez
M. Molini; a Milan, chez M. Sonzogno;a Paris, chez M. Thouin ,
directcur du .Tardin du Roi , quai des Augustins, n". 55; a Man-
lieim , chez M. Artaria et comp.
g. Les souscripteurs ])aieront le prix des livraisons a mesure
qu'ilSlesrecevront. Hen aparn u5 livraisons jusqu'a I'anncc 1823.
5i. SoKiLTK DK Flore de Buuxkli-es. Proces verbal de la
seance d'cx pes itioni7 juillet 1824.
Le secretaire a presenle le resume des travaux de la Sociele
dans le coins de ranncc demierc. I'lusicursobsprvalioiis onl con-
Zoologie. C)\
state rinfliicncc des dissolutions salino-inetalliques dans les ar-
rosemens de certains vcgetanx. — M. Michiels a envoyedes notes
qui pourraient former un traite coinplet sur la culture et les usa-
ges du turneps dans le royaume des Pays-Bas. — Le secretaire
mentlonne aussi, parmi les ouvrages envoyes a la Societe , le
Memoire de M. Cory de St.-Vincent sur la matiere consideree
dans ses rapports avec I'histoire naturelle. II parle ensuite des
operations adminisiratives de la Societe de Flore ; mais elles ue
peuvent interesser que les menibres residaus. La stance a ete ter-
ininee par I'exposition des plantes envoyees au concours. Un
prix a ete decerne a M. Ducorron de Moignies, pour la plante
vivante la plus rare, ou dont I'introduction en Europe est la plus
recente: c'etait un Primula sinensis. Le Globbn nutans en fleurs
a ete presente par M. Drapiez: celui-cia obtenu le prix propose
pour la plante dont Li floraison a present^ le plus de diffi-
cultes. G....N.
52. Recherches sur l'etude de la botanique a Caen; par
M. I'abbe de la Rue. In-8. de 20 p. Caen; 1824.
Cet ccrit est remarquable par les recherches que I'auteur a
faltes non pas seulement sur les trayaux botaniques des habitans
de Caen, mais encore sur les plantes qui ont ete cultivees dans
le d^partement du Calvados, et qui furent des objets d'utilite ou
d'economie industrlelle. Sous le premier rapport, il ne doit inte-
resser vivement que les compatriotes de I'auteur ; et quant aux
plantes utiles, il rapporte que I'ognon faisait autrefois une bran-
che considerable de commerce du bourg d'Isigny; que la garance
(^Rtibia tinctorum^ et le vouede ( pastel, /.s(7^/,f tinctoria^ ctaient
cultives dans presque toutes les communes de I'arrondissemeat
de Caen; que la plupart de ces communes avaient des moulins
pour reduire en pate le pastel; qu'en certains mois on en vendait
a Caen plus de 40,000 livres en gros; et qu'en deflnilive cette
branched'industrie devait eire rtproduc live. G....N.
ZOOLOGIE.
53. The Naturalist's Repository, etc. Lc Magazin du na-
turaliste, etc. ; par M. E. Donovan , Nos. XX, XXI , XXII,
XXIII , XXIV et XXV. {J'oy le Bulletin de Janvier, no. 117.)
Les nos. 22 a 24 contiennent la suite du tcxtc du n". 19 ou dc
6i Zoologie.
rexplication de la plancbe 57 qui en fait partie. Lc n". a/i con-
tient en outre I'explication des pi. 58 et Sg , comprises dans le
n°. 20. C'est un long et curienx article sur les Orang-outangs ,
dont nous donnons I'analyse a part. (f^oy. ci-apres. ) La pi. 60
represente le Papilio {^Danai Festwi) Hydaspes de Fabr. — La
pi. 61 donne la figure de la Valuta Dufresnii , nouvelleet grande
espece qui vient des parages ou Ton peche la baleine. — La pi.
62 represente plusieurs Buprestes fort beaux , qui ont etc de-
crits dans les Transactions de la Soc. Linnisenne, t. 12 , p. 2,
p. 38o et suiv. , nos. 8 , 9 , 10 , et 1 1 et dont voici les noins :
B. jucunda , ainoena , leucosticta , pulchella. Los deux i''s. sont
du Bresil, le jj. de I'Australasie, le !^<-. de I'lnde. — PI. G'3i donne
le Ramphastos i'iridis de Gmelin et de Latham , le Toucan vert
de Cayenne de Buffon. — PI. 64. PsUtacus Broivni , belle es-
pece de la Nouvelle-HoUande , decxite par M. Teraminck , dans
le inemoire que ce savant a insere dans les Transactions Lin-
reennes , vol. i3 , p. 119 et dont il n'existait pas de figure. — •
PI. 65. Papilio ( Equites Arhivi) DoUcaonY dhr. — PI. CG. Oxtra-
cion Tohinii. M. Donovan reunit sous ce noin les deux poissons
decrits par ShavF, sons les noms iVOstr. auritus et striatus [Gen.
ZooL, vol. 5 , p. /|29 et /|'3o) — PI.C7. f oluta Ferussacii, nou-
velie et curieuse espece. — PI. 68. Lams glaucus de Giuclin , rap-
porte par le capit. Ross , des Terres Arctiques. — PI. 6y. Gnllus
Dono^ani , nouvelle et belie espece qu'on croit liabiter les gran-
des Indes. — ■ PI. 70. Buprestis bicolor Fabr. magnifique et tres-
grande espece de rAmeriquemeridionale. — 'PI. 71. Papilio [Pleb.
rurales) Lara Linne. — PI. 72. Psittarux aureus Gmelln. F.
54. Voyage autouk du monde , fait par ordre du Roi , sur les
corvettes de S. M. I'Uranie et la Physicienne, pendant les
annees 1817, x8i8 , 1819 et 1820, par M. Louis de Freyci-
NET, capt. de vaisseau,etc. Partie zoolocique, par MM. Quoy
et Gaimard, inedecins de I'expedition , i'^''. et 2e. liv. in-f".,
de 6 pi., chcz Pillet I'aine , rue Christine , a Paris.
Parmi les expeditions ordonnees par le gouvernemenl fran-
rais, celle que nous annoncons occupera I'un des premiers rangs.
Entreprise unlquement dans le but d'aiigmentcr nos connaissan-
res en physique generale , en geographic, en hisfoirc iiatiirelle
et en anthropologic, il est remarquable que c'est la premieie oii
les officiers de marine sculs aient etc charges de toutes le*
Zoologie. 65
parlies des observations et des recherclies scientifiques ; aussi
I'accord le plus parfait a-t-il toujours rcgne entre le chef habile
et experimente qui la commandait , et ses subordonnes. Tous
onl rivalise de zele et se sont prete de niutnels secours pour
fonder le monument que nous voyons eiever aujourd'liui , et qui
sera incontestablement regarde cornine un des plus beaux orne-
mens du regne actuel.
Le voyage de decouvertes , sous les ordres du capitaine Bau-
din , seinblait promettre de meilleurs et de plus nonibrenx resul-
tats que ceux qu'il a eus, surtout sous le rapport de I'Histoire
naturelle ; mais I'ignorance et le despotisme capricieux de ce
commandant nuisirenl plus a son succes qu'un naufrage ne
fut prejudici.ible a celui de la nouvelle expedition.
M. de Freycinet avait accompagne le capitaine Baudin comme
commandant du Casuiirina ; il avait, en cette quallte , execute
une f'oulede recherclies qui, sous le point de vue geographique,
font le merite principal de ce voyage. II avait surtout acquis la
connaissance precieuse des rapports sociaux qui doivent exister
entre le chef d'line entreprisc de cette nature et les personnes
qui sont placees sous ses ordres. En un mot c'etait , sous tous les
rapports, I'homme qui convenait pour diriger une nouvelle expe-
dition et ce fut lui que le gouvernei'nent choisit.
Investi du coninianden)ent de I'Uranie , M. de Freycinet pensa
qu'il devait avoir un droit positif sur toutes les personnes qui
I'accompagneraient , et c'est ce quil'engagca a ne prendre a son
bord aucun individu ctranger au corps de la marine; mais il
fixa son choix sur des officiers instruits , actifs , et en etat dele
seconder dans les divers genres de recherches qu'il devait entre-
prendre. Chacun d'eux eut son occupation particuliere , et tous
remplirent leur tache avec la plus poncluelle exactitude.
C'est a cette distribution parfaite des travaux, a ce zele, a cette
instruction des personnes employees , qu'est due Timmense re-
colte de faits importans rassembles en trois annoes, et dont nous
annoncons la publication.
Les voyages de Cook , de Bougainville, de Vancouver, d'En-
trecasteaux, etc. , n'av'iient en general ^te entrepris que dans le
but de decouvrir de nouveiles terres, et les travaux astronomi-
ques, ou les recherches d'histoire naturelle, n'en etaient en
quelque sorte, que des accessoires : ici il n'en est pas de meme,
et chacune de ces branches des sciences a etc I'objet d'un travail
6/i Zoologi'e.
special. Aus.i V/ilstoirc clu ^-ojage, contcnuc eirz vol.m-4., aux-
quels doivent etre jointcs i lopl., sera-t-elle accompagnee de 1 hy-
dronraphic en i vol. orne dc 22 cartes, de la meteorologte en
I Tol des .ocabulaires ct dcs recherches sur les langues, en
, vol 'des observations du pendule ct du magnetisme,erv 1 vol.;
de la lotanique en 1 vol. , accompagne de 120 pi., et enfan de la
zoologie en i vol. et un atlas de 96 pi.
Chacune de ces parties sera I'objet de divers articles se ratta-
chant aux differenles sections qui divisent ce journal.
Nous ne devrons , pour notre part, nous occuper que de la
partle zoologique, redigee par MM. Quoy et Gaimard, mede-
cins de I'expedltlon, naturalistes zeles, qui, aimant la science
pour elle-meme, lies d'intention et d'aniitic , ont rcnouvele 1 al-
liance si toucl.ante et si louable qui avait, dans I'exped.tion du
capltaine Baudin, reuni Peron et Lesueur.
Leur travail , divise en seize livraisons de dix planches, et de
quelqucs feullles de tcxte chacune , contient les figures de 254
animaux, ou pieces d'anatoraie, par.nl lesquelles 227 especes
inedites comprenant quinze genres nouveaux. Leur texte ren-
ferme en outre la description de 80 especes nouvelles, qu on
n'a pas dessinees; en sorte que le nombre d'animaux nouveaux
que I'omrage fait reellement connailre , ne s'eleve pas a moins
de 307.
Les planches gravees par M. Coutant , sur les dessins d'apres
nature de MM. Pretre, Provost, Bevalet, Oudart, Chazal, etc.,
sont d'une execution parfaite , et prennent rang avec ce que nous
possedons de nilcux en cc genre.
Deux livraisons ont deja paru, et les autres les sulvront regu-
lierenient de quinzaine en quinzaine, attendu que la gravure des
planches est terralnee, et que le texte entler est sous presse.
La premiere contient unc preface fort courte,dans laquelle
MM. Quoy et Gaimard annoncent quilsont suivl dans leur des-
cription I'ordre qui existc dans I'ouvrage de Cuvler, intitule le
Regne animal distribuc scion son organisation , et temoignent
leur reconnaissance a toutes les personnes qui leur ont etc de
quclque secours dans la redaction de leur travail , cntre autres
a M. Cuvier, nul leur a indique plusleurs genres dcpoissonsja
M de Blainvilfe, qui a fait Tanatomie de quclques mollusques
marins rapportcs par eux; a M. de Ferussac, i qui ils doivent
Znologle. 65
1.1 description de leiirs coquilies terrestres et fluviatllesj et a
M. Lninoiironx , qui a decrit leurs polypiers flexibles.
Le i'^^''. chap, renferme, sous le titre de I'homme, quelques ob-
servat ions sur la constitution physique des Papous ; observations
dont nous avons deja rendu conipte dans le Bull, de i823,cah. 8.
Le a*^. chap., quia pour objet des considerations generales sur
c[uelqties mammiferes et oiseaux , se divise en sections , qui ont
rapport aux lieux principaux de s^jour de nos voyageurs : ainsi
le Bresil et Rio de la Plata donnent lieu a la premiere; le cap de
Bonne Esperance a la seconde; les iles de Timor, Rawak et Vai-
glou, a la troisieme; les iles Mariannes a la quatrieme; laNou-
velie-Hollande a la cinquieme ; les iles Sandwich a la sixierae;
et les iles Malouines a la septieme. Dans chacune de ces sections
ils passent en revue les principaux animaux propres a ces diverses
conlices , rectifient I'histoire naturelle de quelques-uns , donnent
des (li't.iils nouveaux sur leurs habitudes, etc.
Les planches qui accompagnent cette premiere livraison re-
prcsentent des tetes de Papous, et plusieurs quadrupedes , dont
il est fait mention dans la seconde.
Celle-ci contient le '^■'. chapitre, qui a pour objet la descrip-
tion des mammiferes , tels que i°. la Roussette Reraudren (Voy.
le Bulletin, 18^3 , to. 2, p. 4/(8); 2°. le Peraraele de Bou-
gainville, de la baie des Chiens-Marins , espece nouvelle, ainsi
caraclerisee : P. corpore supra rujb, subtits cinereo; capite elon-
gato ,ciculo; auribus ovcitis, long is ; et differente principalement
du Pvrauu'le nasuta par la longueur de ses oreilles ; 3**. le I)a-
syiire de Mauge, espece connue, mais non figuree ; /|°. le Plialan-
gcr Quoy : P. corpore supra griseo, infra subalbido ; parte supc-
riore capitis J'uh'd; guld pectorcque albidis; cxtreinitatibus supra
fiiscis; auriculis minimis, pilosis ; caudd prchcnsili , squamosd ;
<K ciit par nous sous le nom de P/ialangista papncnsis (Mamn.,
suppl., ji. 541, n". 840); 5". le Phalanger tachete, P/i. rnncu-
lata , espece deja connue; 6". le Potoroo de "White , animal dont
il a lie Fait nitntion dans le Bulletin do mars 189.4 j P- 271, sous
le iioiii de Kangaroo a (lueiie grele, et (pie nous avions decrit sous
cehii de Ivanguioo de (iaiinard (Mamm., suppl., j). 542, u^. 829),
ne paraissant pas dilterer du Kanguroo-rat de Phillip (1); 7". le*
(i) Hnc liU' <l%in ,'iiMrnal clii mr-ric genre troiivce sur Tile de Dirck-
Hiliilis sfi::l)Jc appai li'iiir .'( unc itptcc diire'rrntc, que .MM. Quoy ct
B. J.)MK HI. 5
K;ingiiroul:iiiieiix, cK'-ja iinnonce <lans \e Biillclin , i'^'". :inn<'e, t. ?,
p. /,/!|7,ou nofreKanguroiironx i IVlaniin., Mippl,,p. 5/, i, n". 8/, i.^
La int^me livraison coinprmd , sons lo tilro d'.ipprndirp re
latit aux Plioqiies ct aiix Cct:icos, un 4''. cliapitrc ronij)li do ren-
seitjnemcns interessan.s sur plusietirs tie rps animaiix , ct no-
taininent sur le Fhotjuc a troiupe dc P(''ron , et sur qnclqnos
jiulres dc« iles Malouiiies ; snv leiir pccbp ; siir ime cs])rce de
Cachalot des paragt-s de Tiinnr, lemaKqunblc paries bosscliires
de son dos, qui lui out vain la dt'nomiiialion dc Phjseter poly-
cypus ; sur la Baleiiioplere Mnseau-pointii , et sur Ics Dauphins
donl MM. Quoy et Gaimard font connaitre trois osj)cces sous Ics
noins 1°. de Dauphin rhinoceros , noir, lachcle, a\?cc une bosse
en forme de corne a I'occiput ; 2 '. dc Dauphin albiquenc ( pcnl-
t'tre iiotrc Dauphin de Bory) , tout noir, avec une prande bando
blanciie laterale qui coiDprejid I'oeil de chaqtie cote; 3". lo Dan
phin crucigere , blanc en dessus et endcssous , avec une sorte do
ceinture noire en travcrs du ventre. Desm..st.
55. Statistique nu departement des Bouches - nii - Rhone
etc. Suite. ( Voyez le Bulletin, torn. 3, n". 3oo.)
roii;ONS. Les poissons des cotes de cc departeuient sont
noiTibrcux en especcs, et leurs nouis systoinatitjucs out cio rc-
curillis et mis en regard d'une liste complete dos denouiina-
tioiis provenralcs, attribuccs a chacun deux, par M. Polydore
Roux , qui a joint a ce catalogue des indications fort intercssau-
tes sur les diffiircntcs pechcs cu usage dans la Provence. Parmi
Ics fails qui nous paraisscnt nouvcaux ou peu connus , nous si-
gnalcrons les suivans. La grandc Lamproie rcraonte dans le Rho-
ne iusque vers Avignon. L'EsUirgcon est fort abundant dans cc
fleuvc, vers le prinleuips ct est I'objct dune pcchc considerable.
T.c Mole , ou Poisson-hmo, so jctte souvent en troupes uoni-
],:cuscs dans les uiadn.giies. L'AngulUc ordinaire vit iii,ii-s. ulc-
mcnt dans les liviercs du dcparteraeut des Bouches- du- Rhone ,
mais encore dans (juclqucs puits ct fontaincs. La thaii dc IT.spa-
dou, poisson assex rare, est tres-cstimcc. Les Saumons et autrcs
poissons du meinc genre sent assez rares. L'Eperlan nc sc trouvc
Gaimard pioposent d'ajijiclcr Potoioo f.cMicur. Un s([iicleHc de la col-
lect ion du Museum difltrc aiissi .isse?, par la formn do sa ttte pntir <"trc
considdre coinine appirlcnant ;i une lioisienic isptcc (pii pn-ndiait It
noiii lie J'oiDioii lie I'lioii.
Zoolngje.. 6 J
pis tlanslfi Rhone , iii:u'. I ' r>iochet ordiiKiire y est tres-cominun.
Oiiant anx puissons Ips inoiiis rares, cl dont on fait le plus
tl'usagf pour la table, ils consistent principalement en pliiiirurs
especes ile(Ga<les , en Tlions , ijuc Ton prend d ins les inadraj^iies,
en Pleuronecte;, qui sont peclie.s en quantite aux Martigues, en
Blennics,Caranx,Scorpt;ncb, Vncliois, Sardines, etc. La Murijne
(les Romains est anssi asscz commune, et sa cliair est rccliercliee.
Rf.ptiles. Lours especes sont peu mnltipllces et se rap[)artcnt
en general a cellos qui se Iron vent dans les autrt-s deparleniens
de la France. Quelquesuncs cependant, plus particulieres aux
contrees ineridionales , liahiteni celui-ei : lelles sont la Coideu-
vre d'Esculape , la Couleuvre hordelaise, qui est la plus com-
mnne; le grand I.ezard verl ( sans doute le Lizard ocelle ); la
Tarentc (on Gecko niaurilanique ; le Sops tridaclyie, et une
cspece de saurien, qui est dc forme tres-allongee et qui a les pieds
postoriours places trcs loin des anterlenrs; les Tortues bour-
beuses c\ orbiculaires, parmi celles d'eau douce; le Lutli, et la
Cionane parmiles marines ; enfin la Torlucgrecque qui est appor-
li'c cliaque annoe en tres grande quantite de Sardaigne et de Cor-
se, el (jui est I'objet d'un tres-granddcbita la foire do Reaucaire.
OiSRAUX. Parmi les especes d'oisoaux menlioiinoes dans cet ou-
vr.igo , nous avons retrouve la phqiart de celles qui liabitent le
centre et le mldi de la France. Les oiseaux de proie sont assez
multiplies ; les passercaux le sont ('•galenicnt , et parmi eiix on
remarque le Merle de roclic ( Tun/us saxatilis) dont la fonK'lie
est, selon les auteurs dc cet ouvrage, Ic Lnnius infaustut de
Linne. On y voit aussi le Merle bleu ( Tur.lm cjnnus) dont la
femellc scrait, selon eux, le Tardus soUtariux de T.nne. Le l\ol-
lier est de passage au printemps, et ordinairemcnt assez rare;
le Cliocard ( Cnivus Pyrrhocorax) habile ordinairemcnt les mon-
tagncs, niais descend frequemmcnt dans la basso Provence. Le
Bec-croise passe en aoiit, s'cu va en scpfoud)re, rcvient on niui ,
et disparait en juillct ; dans ccrtaincs annoes il arrive en
troiipivs innombrables. I^a Passo [Fr.'n^ilUi ]'i'/n>/ii.i') osl une cs-
pece dc gros moincau qui commence a senionlrer en septeiubre
et se retire vers la fin ilc novembre. Les niuineaux proprciui-nt
dits sont en nonibre exorbitant , et Ton trouvc avec eux une cs
pece voisine appelee dans le pays Pa.tserounfr ou Pnsscroun sa-
yoiw , que les auteurs considerent comme noiivellc el qu'ils nom-
a>ei>t t'lingiUafera. Lc .Seiin vert de Provence et le Br(i:int Or-
68 Z(()l(i'^ie.
tolan »ont tres-eommuns, Une espece de Mesangc, Parux narbo'
/4#«j/i', peut-etre unc varu'te (\vl Pnrtis pemlulinus , ne se volt
qua la lisiere du Rhone, a Tarascon et a Aries , et sur les Lords
de la riviere de Craponne dans la Crau. Les espcces de Bees-fins
soot tres-multipliees et plusieurs peu connues.
La Crau renferme plusieurs galUnaccs (pu se trouvent aussi
en Barbaric et en Espagne, notamment la Grandoulo , espece de
Perdrix, et le Ga/iga ou Gelinotte des Pyrenees. La Poulc sul-
taue est naturalisee sur le littoral de la Crau et de la Camargue.
Quelqucs Herons , et notamment deux Crabiers , paraissent nou-
■veaux ou peu connus. Les olseaux palmipedes, et notamment les
Canards, qui sont nombreux, frequentent en hiver les clangs et
nes'y arretentqiie peude temps, surtout a ceuxde Bene ctde M:\-
rignane. Les Piiigouins sont peu communs sur les cotes, et Ton y a
vu tres-rarenient trois oiseauxdu genre Manchot: i" Y Aptmoilj-
tes ilernersa, i". XA. chrysocoma, et 3". le Cnbudeoit, que les auteiirs
regardent comme nouveau, et qu'ils ont appelc Jjitenodytcs minor,
a cause de sa petite tailie qui ne depasse pas celle du Bouvrcuil,
Mammiferes, Les animaux de cette classe les plus remarquables,
sont i)armiceuxquisont endomesticite, lesfaureauxetleschevaux
de la Camargue et quelqucs varletes d'anes. Parmiles especes san-
vages, nous distinguerons seulement le Loir et le Castor dii
Rhone, dont M. PouUe a decrit rhabitation.
Apres les observations sur chaque classe et snr cliacjiie
ordre d'animaux , vient une evaluation des produits qu'ils
fournissent a I'lndusfrie , suivie d'un tableau synoptique, arti-
cle tres-interessant, mais qui concerne la statistlque, et dont nous
ne nousoccuperons pas ici.(Voyez la section deStatistique.) Enfin
ce chapitre est lermine par le tableau des espcces du regne ani-
mal qui habitent le departemcnt des Bouches-du-Rhone et les
jners qui en baigncnt les cotes , nomeaclaturc precieuse qui oo-
cupe les p. 852 a 888.
Nousajouteronsqu'unefoulc de details, de faits iinportanset cu-
rieux qui regardent un grand nombre des animaux dont il s'.igit,
mais qui concernent plus specialementl'agriculture oul'industrie,
ont eterenvoyes aux chapitres ou Ton traite de ces deux parties.
Les noras du pays sont Indiques avcc soin pour toutes les es-
peces vulgaires. Nous termincrons cet article par unc rcniarquc
critique, c'est que les noms spccifiques latins des catalogues des
pspfces sont tres-souvrnt di'figures. Desm.,st.
Zoologie. 6q
56. SuR LR SiMiA Satyrus, Oiiuig-oulaii^' rouge on Hoiiime
sauvagc des bois, etc. ( Naliiralcsl's Hcjjositorj de fll. E.
Donovan, n"^. 19 a a/J.)
Ce memoire a priiicij)aleiiaent poTir objct I'Orang-outang ra-
jneiie en Angleterie i)ar M. le cap. Maxwell; cependant I'auteiir
ne se borne point a rapporter les observations auxijuelles eel
animal a donne lieu; il fait un exanien eiilique de tun! ce qui a
etc dit sur les Orangs, abstraction faile des Gibbons , ce qui le
conduit a proposer, pour les deux senles especes qui soient au-
jourd'liui connucs, rOrang-outang et le (Ihinqjcnse, deux ])lirascs
caracterisliques nouvelles et un nom nouveau j)Our le dernier.
Ainsi rOrang-outang, auquel il conserve le nom de Satjius est
ainsi caractcrise, Ecaudota ,/erruginea , auriculls pnrvi$ : brachiis
longissimis , lacertorum pilis reversis ; nalibus tectis ; et Ic Cliini-
pense au(juel il applique le nouveau nom de Pann est spccifie par
la phrase suivanle : Eraudata, nigra: aurici/lis magnis ; hraihiin
subelorigdtis; lacertorum piles reversis : luitihiis led is,
Cos observations, comme on voit, ajoutent peu a te qu'on
connaissail des organcs de ces aiiimaiix ; mais I'auteur rajipoi le
un fait important qui Icndrait a confiniier Tiilentite spiicifique dii
Pongo et de I'Orang-outang. IJne tele d'Orang-outang adulte
qui a ele recue a Londres de Borneo fait voir que ci Itc espeto
change considerablement avec I'Age sous le rapport de la capacitc
cerebrale et de rctcnduc du museau , et que celui-ci se prolongc
a iiiesure que I'auli'e cesse de croilre ou diniinue; ce qui perinet
de conclure qu'cn vieiilissant elle peut acquerir lous les r arac-
lercs du Pongo , doni on n'a jamais vu en elfel que <les individus
tres-vieux. Tout ce qui est relatif it ce qui avait doja ele dil sur
riiilelligence des Orangs, a ce qui avait ele rapporte de leiirs
aelions laisse beaueoup a desirer, el I'auleur seuible loiijonrs se
uiellrea la place de son aninial, des quil veut parler des motifs
qui font agir celui-ci; de sorte que dans tout ce qu'il en raconte
on dirait un hoinme reflechi , qui combine scs idces , qui a de \ji
provoyance, qui possede en nn mot loutcs les (pialites qui dis-
linguenl I'espeee humaine de la brute. Malgre cette erreur de
lani^age, ce memoire conlient des fails tres-curieux. Ainsi I'Orang
de M. Maxwell etant encore a Java, s'elait fail sur son arbre un
lit de branches entrecroisees et do feuillcs ou il se rcposait, et oij
il se relirait ])onr y pas.'cr la nuit des cpie le soleil desccndait sous
riiorizon. II aiuiail le» ccndn et le« clieithail lui m^iue dans Ua
70 Zoiv/og/c.
ifiils. II ic faisait eiitciulie ik- ceux qui Ui scrvaieiil , vl il les cn-
tcndnit avec unc intclligemc singuliere. Toutcs scs actions au
restc en inonlraioiit bcaucon|>. Pendant Ic voyage dc nier il por-
tait line cLainc avec laquelle on rattacliail, san.i doule lorscju'il
jiouvail conrir quclques danger^. Dans tout autre cas il elaitli-
bre quoique toujours cliarge de sa cliaine ; mais alors au lieu de
la trainer, conimc se serait borne a faire un cliien, il la tournait
autour de son corps et la portail ainsi jjIus facilement. II se plai-
sait beayconp plus dans la societe dcs lioinnies que dans*.'ellc dts
atitres aniinaux , et il rcfusail do jouer avec Ics aulres Singes ,
tandis qu'il jouait avec les cliiens. Des Tortucs rdlrayerent ; et il
paraissait eprouver une vive sollicitude toutes Ics fois qu'il voyail
des liommes nager a la mer. II savait qu'iine a; nioire s'ouvrait
avec une clef et il la demandait lorscju'il voulait y clierdier dcs
fruits ct qu'elle etait fermee. Dans une de scs maladies il so laissa
saigiier sans diHiciilte, ne fut pas effraye de son sang, ct long-
tcinps aprcs il montrait Tendroit du bras oil I'operation avail ete
faitc, comme s'il cut voulu se faire saigner de notiveau. Cet ani-
mal , quiparait avoir etc plus vieux que la pluparl des Crangs-
outans qu'on a vus en Europe, a vccu deux ans a Londres.
II faut espercr que si les naturalistesetaient asscz hcurcux jiour
posseder encore jtcndant autant de temps cctte precieuse esj)ecc ,
ils auraient soin de I'observcr avec toute I'attentioii ncccssaire
poiiretablir avec precision la difference qui cxisle, sous le rap-
port de rinletligcnce , entre elle cl I'espece liumaine; ce (pii nV-
tait peut-clrc pas possible autrefois, mais qui Test ccrlaiucmcnt
aujourd'hui.
Ce memoire est acconipagne de trois planches. L'une reprc-
sente deux figures cnticres d'Oraiig-oulang trop pelites pourtlrc
corrcctes. I^a seconde, bleu preferable a la premiere, fait coii-
nnilre la tete de eel Orang de profil et de face. Dans la troisienic
on trouve des figures copiees de dessins cliinois. Les uiies seni-
blent represcntei' I'Orang roux, et d'autrcs out pour objel nnc
longue note (jiii accomj)agne aussi ce memoire, ct qui traite dcs
sirenes. F. C.
57. Rkvce et HKPRbsKNTATiON d'imagcs sculptecs en bois [>ar
les liabilans des iles Alcoutes, represeiil.iiil divcrses cspeces
dc (^elaces dcs niers du Kaint^cliatka; par A. dc Chamisso ; .iv.
5 pi. litogr. ( Aoc. ticCa Acad. L'lVd . Lcojj. Carol, nut. (ur.,
io. XII, i"'.|)artie. )
Zooio^ic. 7 1
Pallas, dans sa Zaographla loixuui , piiblico apjt-s sa iiiort ,
a indiqiio (tome i , p. 287 et 288) trois especes de Cachalots it
six cspcces de Baleines, comme particulicres aux iners du Kamts-
diafka , en donnmt leiirs noms Alooiites Ct de legerrs annota-
tions sui" les usages que ces peuplos relircnt de cliacnnc <l'clles.
Dei)iiis la publication de cct ouvragc posllninie, M. de (^ha-
ntisso, qui a fait partie de I'expedition rnsee de decouvertes ,
comniandee par M. Olto dc Kotzebiie, se trouvant a Unalas-
cbka, cut I'idcc, pour eclaircir Ic'^ notes de Pallas, de fairescnlp-
ter et coloricr par dcs habitans de cette ile, dcs images en bois
representaiit les cetaces qui leur etaient connus.
Aujoiird'hui il public des figures litliogra])liiees de ces scnlp-
tiues, en y joignant les noms aleoutes et riisses des cetaces qn'ellcs
rcpresentent, et en y rapportant les notes de Pallas et celles cju'il
a recueillies lui-m^me. Chncune est representee vue sous trois
aspects : le cote, le dos, et le ventre.
II s'occupe d'aburd des Baleines qui sont au nombre de six ,
savoir :
1". Lc I^LiOMOCH des Aleoutes ( qui appellent le jcune fige de
cette espece Kuiioniagadoch) , Kuliointi des Russes; Culiatnnuich
de Pallas. C'est la plus commune des Baleines de ces mers , Tunc
dcs plus grandes , et la plus grusse. Sa poitrine est lisse et mar-
quee d'un ample sillon courbe en S; ses fanons, d'un noir bleua-
tre , au nombre de 4 ou 5oo, sont fort grands (i) ; ses evens sont
llexneux ct places au milieu de la lete, et ie museau supporte
( d'apres I'image) un tubercule vers son extremite; sa jioilrinc
et ses nageoires pectorales sont blanebes ; son dos est gibbcux el
a .six bosselures.
M. de Chamisso compare succcssivenicnt Icscaracteres decclle
espece avec ceux dcs Balanuc Mysticetus , gibbosci, noilosa , et
dcs Btilccnoptcrcv Boops , Musculus cV rostrata^ei il I'aitreniar-
querles principales differences. Sans lc diie positivement, il laisse
entrevoir qu'il considere lc Kuliomuili eoninic se rapproeliant
surtout du BaUvna Aljsticctus , et il fait remarquer que l;i pre-
sence de cette espece dans TOceaii oriental n'aurait rten de sur-
prenant, si Ton ajoutait foi aux rapports de M. Henry llauiel ,
et de Henry Buscli , «iui trouvereiit le premier en iti5'i, sur les
nvages dc la Corec, et lo second en 1716, sur les coles du
li) lis out Irois pifds et dcim dans un individti di; ■jo pimls dc lori!;
ya Zoologie.
Ivjiiiitscli.ilka, des Baleines dans le corps desquelles et;iicnl cn-
ionces des liarpons europeens.
II est tres-vraisemblable , selon lui, que le Balanu Physalus
de Pallas , en en excluant la synonymic, se rapporle au Rulio-
moch que Stellera eu certainement sous les yeux.
L'espece Ires-grande que Pallas dit etre iiommee ])ar les
Aleoutes Kamschalang n'existe pas. M. de Chamisso a reconnu
que la signification de ce noin, est vlcillard ou ancien , ct que
s'il a ete attribue a quelques Kuliomochs , c'ctait sans doute pour
designer des individus ages.
La graissedu Kuliomocb est liquide el odoraiilc ; les Aleoutes
en font usage dans leurs alimens. Les tendons , dont un senl in-
dlvidu fournit 240 livres, sont employes pour faire des cordes
et des lignes de pecbe. Les os servent dans la construction des
habitations, et lapeau est employee pour fabriquer des souliers.
a. L'Abugulich des Aleoutes, Amgolia des Russes; JJm^uUic
de Pallas. Cette grande espece est consideree par les Aleoutes et
les Rnssps comme la plus utile et la premiere de toutes. Pallas
lui accorde, d'apres le dire des habitans des iles de ces contrees,
jusqu'a 35o pieds anglais (5o orgyas) (1) de longueur. Son image
la represente avec une queue fourchue dont la couleur , ainsi que
celle des nageoires pectorales, n'est pas differente de celle du
corps; ses fanonssont trcs-petitsetsans usage; sa graisse, medio-
cremcnt abondante , est solide, a une saveur agrcable, et se
trouve pure sur le dos et les coles, mais melangee de chair sous
le ventre. Elie a pour ennemi le Dauphin Orque, qui est trcs-
<Viand dela substance de sa iangue et de la graisse de ses parties
eupcrieures. On en Irouve souvent dVchouees sur les rivages et
qui paraissent mortes des suites des blessures que leur ont faitcs
r,escetaces. Lorsqu'on en prend, ce qui est rare, on se sert de
I'cpidcrrae de leur Iangue pour faire des vetemens. Les os de leurs
machoiressont employes pour faire des armures de javelots. Tons
les tendons de leur queue, qui servent a fabriquer des cordes,
sont du poids de \xo a iTJo livres.
L'auteur ne parle nuliemenl de nageoires ou de bosses dor-
sales, d'oii Ton peul eonchire que cette espece en est depourvur.
Villas la rapi)rorhe, mais a tort, du B. Mystartus , dont les f,i-
jions ont une bien plus grande dimension.
(',) L'orgja (•qiiivaut a 7 pieds anglais.
Zoologic. 75
3. Le Mangiuacii des Aieoutes ( qui noniment le jcune %e
Mangidadcch \ , Magiila des Russes; Mangidak ou Balcena
Musculus Pallas. L'iinagc de cette espece a sa queue qui est lu-
nellee de la couleur du corps, ainsi que les nageoires pectorales.
Ellc parait un ])eu plus grande et plus epaisse que la suivante. Ses
fanons , (jui u'ont pas plus d'un demi-pied de longueur, sont
emj)!oyc5 seulcment comme etoupes, et n'ont aucune valeur; sa
graise, solide comme ccUe de la precedente, a le meme emploi;
la cliair blanchatre du venire dans les jeiines individus est re-
clieichee comme aliment, mais dans les vieux elle devient Ires-
durc. L'epiderme de la langue, les os, et generalement toutes
les parties, ont le meme usage que dans I'Abugulich. La totalite
des tendons d'un individu de 70 pieds anglais de long est de
80 a 120 livres en poids.
4. L'Agamachtchich des Aieoutes , /^^rt/wrtc/ifc/ztX des Rus-
ses , Aggamachschik Pallas. Elle estseulement plus petite que la
precedente et moins epaisse; mais on la considere comma for-
mant une espece distincte. Sa chair est recherchec pour la nourri-
ture ; ses fanons , tres-petits , n'out point d'usage. Elle n'a ja-
mais plus de 28 pieds anglais ( 4 orgyas), et lorsqu'elle acquiert
cettelongueur sa cliair devient si dure, qu'elle n'est plus mangea-
ble. La note de Pallas au snjet de son Aggamaschscliik rapporte
que cette espece depasse rarement 70 pieds (10 orgyas); que ses
fanons sont blancs et longs de 2 pieds ; que son ventre est blanc,
plane et marque de rides; que sa graisse est abondante , et que
les membranes de ses intestins, et des autres parties du corps,
sont employees pour former des vetemens ou des casaques qui
ne rcsistent pas a la pluie.
5. L'Ai.ioMocH ou Aliama des Aieoutes ( dont le jeune age
est nomme par le meme peuple Aiiamagadach ) , Aliamot des
Russes; AUianiak Pallas. Sa stature mediocre est aii-dessous de
celle A\i Mnngidnch ; sa graisse, abondante, est plus molle que
celle de ce cctace; ses fanons tres-courts sont inutiles , et toutes
ses autres parties sont employees aux meines usages que cellos
des especes ci-dessus mentionnees. Elle n'atteint jamais plus de
35 ])ieds. Son image represente la face inferieure de sa queue
(qui est lunulee ), ainsi que ses nageoires pectorales de coulcur
blanche. Du reste elle est phis forle (jue la precedente, et ses na-
geoires sont j)lus longucs que lessiennes.
6. Le TsciiiKAGivcii des Ah'oulrs, 'l'si/iil,ngtiof> dos Russes;
74 Zoo logic.
Tschic/>iigliiA Pallas. C't'st la plus pelitc de tuutes Jcs baleincs tie
ccsmcrs, ct,coinniolc Kulit)n)otli, ellc est tres-grasse , et pics -
que sans cliair rolativcincnt a sa masse; sa graissc est aussi li-
qucsctiilc cl sapule , et sa couleur est rougeatre ; ses fanons, tres-
petits, sont inutiles ; ses lendons sont d'un usage precieux; ses os,
les plus rcchercht's <le tons, servcnt a faire les arraures des ba-
ches, avec lesqutlles les Aleoutes poursuivent les Loutres ma-
rines. Sa nageoire dorsale, qui manque dans Timagc de cetlo
cspccc (car <;e jjarait- etre une Baleinoplerc ), est, dit-on, tres-
pelite; on y voit, au lieu dcs plis dc la poitrine, une areole
longitudinale blanche, inlerrompiie par une seide ligne; la queue
y Cbt lunulee , avec sa face inferieure blanche, ainsi que les na-
geoires pcctoralcs.
La note de Pallas sur cet tc espece differe de ce que nous venous
de rapporler en ce quelle donne 20 orgyas, ou 140 pieds anglais
de longuieur , a cetle espece , et une aune environ a ses fanons.
Un seul Physeter ou Cachalot est mentionnc dans ce me-
moire sous les noms aleoutes dc Agidagich ou Agdagjah, ct sous
la denomination russe de PUwiin ; c'est celui que Pallas apjiellc
Agadachgi/i. Sa longueur est de 107 pieds anglais environ. Les
dents de sa machoire inferieure sont nombreuses, et out huit
ponces de longueur; les autres sont epaisscs. Sa graisse, melan-
gt'c de chair sur le dos ct pure sous le ventre, a une proprictc
purgative, ce qui fait qu'on ne Temploie que pour les lanipcs.
Ses tendons, ciont le poids s'elcve a 400 liv. dans un animal de
5o pieds , donncnt un produit recherche. La pcau , au moins
cclle de toute la partie anterieure du corps , sort a faire dcs
chaussures. Les os dc la machoire fournissent des annures de ja-
velots, etc.
M. de Chaniissoparait croire que cette espece est Ic grand ca-
chalot dc Bonnalerre, Physeter macroccphalus.
L'artiste aleoutc qui I'a representee a place deux evens ovales,
a I'instar des narincs du cochon , sur la partie anterieure dc la
tete, de maniere que sa figure parait comme troncjuee sur les
cotes, et il a conserve la sy metric des yeux.
Un celace du genre Ancylouon ? d'lUiger est figure sous l.i dc
nomination i\' Alugninich, cl son image porte aussi comme syno-
nymes les noms de Tsc/tuduf, et A'AgidagiL
Scion P.allas V ALigriinich porte 2 dents en avant dc cluK une ilc .
maehoircs , sa graisse purgative est employee pour les lampe;. Le
Zoologie. 75
Tschciduk , selon le iin-nic aiiteuj , a 70 picds de long; scs clouts,
au nombie de 2 'i cliMquc maclioire, sont longuts do 9 pouces;.
ia graisse est juauvaisc. Eiifin son 'J\schuiiitc/iitgciguf> , long de .
84 picds (12 orgyns) ct pins, a , scion le dire des liabitans do I'ile
de Kagiak , Ic corps cntiercuunl gras, et la bouclie pourvuc de
4 dents a cliaque maclioire.
La figure doniiteparM.de Cliamisso d'apresriniagcstnlplec,
a deux dents seulenicnl en haul et en Las, et parait representee
ou I'Alugninicb on Ic Tschieduk de Pallas. Lcs evens y sent njar-
qu«5s a distance I'un de I'autre.
Cetlc espece parait se rapprocber du Monodon spuriuin de
Fabricius, ainsi que de YHjpcruodon de M. de Lacepede et du
Dilphinus diodon de Hunter.
Un DAUPHIN terniiiie laserie des cspecrssculpteesparles Aleou-
tes. C'csl le cetace qu'ils nomment Aguluch, le KossatUi des Rus-
ses, ct \Jgliik de Pallas. Sa taille est de i3 pieds, ses evens sont
ecartes, ses dents sont nombreuses et petiles, il vit en troupe ct
fait une guerre a inort aux baleines. M. de Clianiisso n'btsile
pas a le considertr coninie etant le Dclphinus orca de Gmelin,
ou I'Epaulard de M. Cuvier.
Deux figures qui n'ont point ete employees parce qu'elles
etaient irop grossicres semblent represcnter deux espcces de
Daupbin. Dksm..st.
58. EXTRAIT U'UNE LETTRE DE M. CaSTELNAU (JuNlUs), COU-
seiller pres la cour royalo de Montpellier, a M. le D'. Bailly.
( Communiquec a I'Acad. des Se. , seance du '2 aout 1824.)
« On vient dc decouvrir a Montpellier, dans la sabliere sur la-
quellcla citadelle est batic, des os fossiles d'un Mastodonte d'une
grande dimension : il y a, enlre autres, deux dents dc 10 a 12
])()uces de longueur, sur 738 de largenr , et 4 a 5 d'epaisseur.
L'eniail a environ 2 ^ lignes d'ej>aihseur, et est tres-bien conscr-
vee. [Ann. ties Sc. /it/t. , juillet 1824 , p. 368.)
5q. HlSTOlRE NATUREI.LE DES OISEAUX d'EuROPK , par M. Boi-
TARD , av. fig. dc toutes lcs especes et varietes , dessinees ])ar
M. Werner, i'^''. livr. in-4. Paris; 1824; Parmcntier.
11 strait a desirer que tous lcs ouvrages publics par souserip-
iLon le lussent conimc tclui-ei ; its ne seraient pas soumis a tou-
tes lcs cireonstanios <|ui Irop souvint letardent rui)pai ition des
divcrscs liviaisons, ou bitn s'opposcnt u Itur aebevtujent. M. lioi-
176 Zoologie.
tard a divisi- so!j sujcl en plusicurs parties , de manicrc que cha-
cune offiit un corps d'ouvragc complet, ct que, quelque chose
qui arrival, ce qui aurait paru iic put jamais elre imparfait. U
publie un ordie entier a la fois ; aujourd'liui il fait paraitrc Ics
Accipitrcs on oiseaiuv de rapine, dont il decrit 45 especes, 3i
diurncs et i ', nocturnes, qu'il classe d'aprcs la melbode de
M. Cuvier ; 60 figures accorapagnent Ic texte.
La 1'^. plancbe contient le Vautour ou grand Vautour Buff.;
( Vautour briin ) Vultur cinereus Gm. — Le Vautour fauve Cuv. ;
Vultur fulvus Gm. —l.e Percnoptcre d'Egypte Cuv.; Fultur
jjcrcnopterus Gm.—Le Laemraer-geyer ou Vautour des agneaux
Buff.; Falco barbatus Gm.
La 2^ pi. , le Faucon Buff.; Faucon ordinaire Cuv.; ( vieux et
jeune) Fa/ro peregrinus Gm. — Le Rochier, Emerillon vieux ,
rEmerillon jeune ; Falco Lithofalco Gm., Lath.
3^. PI. Le Lanier , Faucon lanier Temm.; Fako lanariii^ Lin.,
Gm. — Le Hobereau Buff., Cuv.; Falco subbuteo Gm. — La
Cresserellc adulte et jeune Buff.; Falco Tinnunculus Gm.
4*". PI. La Ctcsserelette, Falco tinnunculo'ides Temm. — Le
Hobereau gris Cuv.; Faucon a pieds rouges, ou Robez Temm. ;
Falco vcspertinus Crm. — Le Gerfault adullc Cuv., et le jeune
ou Sacre de Buff ; Falco islandicus camlicans Gm.
5*=. Pl.L'Aiglecommun, Falco Chrjmetos Lin.; Falco ncgcrCm.
— L'Aigle imperial Temm.; Falco imperialis Bcchst. — L'Aigle
nioyen, Aquila intermedia Boitard , espece nouvelle. — L'Aigle
boltoTcmm.; Falco pcnnatus Gm.
6^. PI. Le petit Aigle, ou Aigle criard Tern m. , adulte ct jeune;
Falco na^vius Gm. — Le Pygargue Buff. , adulte ct jeune ; ludco
albicilla Gm.
7*. PI. L'Aigle a tele blanche Buff.; Falco leucoccphalus Gm.
— Le Balbuzard Buff. ; Falco Halia-tus Lin. — Le Jean le BI.m.c
Buff.; Falco gallicux (nn. — L'Autour Buff. ( vieux ) ; Falco pa -
lumbarius (im.
8*. PI. L'Autour jeune. — L'Kpervier Buff.; Falco Nisus Lin.
_ Le Milan royal VmU. ; Falco niilrus Lin. — Le Milan noir
Buff. ; Falco aler Gm.
f)*-. PI. La Bondrec Buff, (adulte) ; Falco api^oru^ Gm. ; la
Bondrec jcunc. — La Busc commune, vicillc ct jeune; Faho
;Conimunis fuscus Gni.
Zoologie. nn
TO*. PL La Buse variotc. • — La Buse patue Cuv. ; Falco lago-
puslAn. ■ — Le Busard St. Martin,, m41e et femelle; Falco cya-
neus Montagu.
'1^. PI. Le Busard Montagu, male it femelle; Falco cineras-
cens Mont. — La Harpaye, jennc et adultc; Falco a^rugino-
sus Gm.
lae. PI. Le DJoyen Due on Ililxm Buff.; Strix Otus Lin. —
La grande Cheveche Buff., ou le Hibou brarliiole Teinm. ; Strix
hrachjotos Gxa. — L'Effraie Buff.; Strix Jlainmea Lin. — La
Chouette lapone Temm.; Strix lajjonica Ke\7..
i3^. PI. La Chouette nebuleuse Temm.; Strix /lebulosalAn.
— Le Cliat-huant, male et fiinelle, Cuv.; Strix Aluco (Im. —
Le grand Due Buff.; Strix Bubo Lin.
i/('. La Chouette Harfang Buff. , jcune et vieux ; Strix nyctea
Lin. — La Chouette de I'OuimI Temm.; Strix uralensis Pallas. —
Ija Chouette Caparacoch ou eperviere Buff.; Strix J'uacrea Gm.
15"=. PI. La Chouette Teugmalm Temm.; Strix Tcugmalini Lin.
— La Cheveche ou petite Chouette Buff.; Chouette Cheveche
romm. ; Strix passerina Gm. — La Chev^chette Vaill. ; Strix aca-
(lica Gm. — Le Scops ou petit Due Buff. ; Strix Scops Gm.
M. Boitard fait preceder son travail d'un tableau analytique
qui, selon lui , doit aider a trouver la description de I'oiseau que
I'on desire connaitre. II jeltetui coup d'oeil rapidesur les auteurs
qui ont public des methodes ou systemes, et cite Liniie , La-
tham, Scliceffer , Illiger , Brisson , Vieillot , Temmiuck.
B. C. Pavraudeau.
fio. American Ornithology or the History of the birds
()i- THE United States, etc. Ornithologie americaine, ou
Histoire nalurelle des oiseaux des Elats-Lfnis, accompagnee
de planches gravees et coloriees sur des dessins originnux faits
d'apres nature; par Alex. AYilson. 2''. edit, du VII''. vol., pu-
bliee par les solns de M. George Ord. lln vol. gr. in- (. Phi-
ladelphie; 1824.
L'ouvrage de Wilson, qui a paru cntre 1808 et 181 3, est,
sans contredit, Ic plus reuiarquable qui ait encore etc publie
dans le nouveau raonde sur une branthe quelcontjue He la zoolo-
gie. II contient un grand nonibrc de descriptions et d'excelleutrs
figures des especcs d'oiseaux particuiieres a rAnuriquc du nord ..
espicos ilonl plusiems ctaicnt encore inconmu-j..
78 Zoologie.
Le Jcrnior volume c^e cct ouvrage, ou It; 'j^. confrnant pi in
cipnicment Iliistoire dos oiscaux dc rivages, ne fiit iiii> an jiKu ,
en i8i3, qu'aprcs la mort de AVilson.
Les descriptions conipiiscs dans ce volume pn'scnt-ticni qm I
qnescrreurs duTis la synonymic, qui ont paru asscz graves pom
nil riter d'etre rclevees ; et d'allletirs rauteiir , contraint par ses
engagcmcns de livrer son mantiscnt a unc cpoquo fixee , n'avaif
pas eu le temps de consulter fous Ics ouvrages aisterieiirs au sion
qui auraicnt pu iui foiiniir des renscignemens utiles.
Cest dans la vue de relever ces erreurs et de completer la sy-
nonymie des descriptions dc Wilson, que M. George Ord a en-
frepris de donner unc nouvelle edition de ce dernier volume. Son
travail, dans lequel on retrouve la precision et le sojn qui carac-
terisenl toutcs Ics productions de ce zooiogistc , sera d'atitant
plus favorahlcment arcucilli des naturalisles , qu'il Ic prt'-sente
comme ayant rassentiment de M. Temminck.
iVous ne saurions entrer dans lous les details des cliangemens
proposes par M. Ord a la nomenclature de Wilson; neanmoins
nous rapportcrons I'indication des principaux , telle qu'il la donne
dans sa preface, en avcrtissant comme Iui que les noms adoptes
par Wilson composcnt la premiere colonne, ct que ceux que
M. Ord a substitucs formeut la sccondc.
Falco ossifragus , W. ,
Ciiaradi ins calidris ,
Cliaradrius rubidus,
Recurviroslra himaiitopus ,
Tringa biaticula ,
Cliaradrius apricarius ,
Cliaradrius jjluvialis,
Tringa iaterpres ,
Aidea candidissima,
Scolopax borealis ,
Tringa Cinclus,
Tringa Bartramia ,
Tringa sulilaria ,
Trinjja niacularia ,
Scolopax vociferus,
Scoloj)ax flavipcs ,
Scolopax semi palm ila ,
Falco leucuccphalus , l).
Calidris arvnaiia ;
Cnlidris arcnaria ;
Himantopus iiie.vicanus
Chnntclriux hialicula ;
ranelliix hvh'cticus ,
yancllus hvh'i'licns ;
StiTpsilas interpres ;
Ardca carolincnsis ;
Nitincnius honnlis ;
Tringa alpina ;
Totdiuts Bartramius ;
I'uttinus i^lareoltts ;
Totanus inacidariua y
Totanus mclanolcuros ;
Totanus Jlavipes /
Tola nils scinif'alf/iatwi ;
Zoologie. ng
Scnlopax feJoa, Limn<ta fedoa ;
Scolopax novcboraccnsis, Scolopax grisea;
Proccllaria pclagica, Prorellaria IVilsonii.
•■ Dans le tcxtc des descriptions, M. Ortl a introduit qnelques
clian{^einens que sesreclierches particulieies el ses pioi)rcs obscp-
v.iiioMs iuiont paru rendre n^cer.saires. Df.sm...st.
6i. NoiJVEAU RECUEiL dc phuiclies coloriocs d'oiscanx, pour
servir de suite ct de complement aux planches enluminees de
Dnffon;par MM. Temminck ct Meiffren Laugier. [V. les pre-
cede ns Bulletins.)
XL*^. livraison. — PI. 234. Aigle couronnc adulte, Folco com-
nalus. (D'Azara.) Du Paraguay. — PI. 235. Ibis plorabe, adulte ;
Jhis plumbcus. (Temui.) Du Paraguay. — PI. 236. Bec-ouvert a
lames, adulte; Anastomus lanielligerus. (Tcmm.) D'Afrique. -^
P1.2:'>7. Cariama de Marcgravc, maieadulte; Dicholophus crista-
att (lUig.)Du Brcsil. — PI. 238. Anabate raouchcte, /Innbates
sirioiatus. (Tcmm.) Du Bresil. — PI. 238. Anabate oreillou-brun,
Anahntes ainaitrotis. (Temm). Idem. — PI. 23g. Marliu-pccheur
R.ru, Akedo Dim. (Horsf.) De Java. — PI. 239. Martin-pecheur
Mcniuting, Alcedo Meninting. (Horsf.) De Sumatra.
XLl*'. livraison. — PI. 240. tolombar a cpicue pointue, Co-
Itiinhn oxyura (ReinvF.) De Java. — ■ PI. 2/, 1. Colombar odori-
tcrc , male; Columha olax. (Temm.) Do Sumatra. — • PI. 242.
Colombcpeinte, Columha pictunita. (Tcmm.) Do I'llo de-France.
— PI. 243. Tangara Diademe, male ; Tanagia diademnta. (Natter.)
Du Brcsil. — PI. 244. Alojcttc bilopfsc, male; Alaudu iilopha.
(Temm.j D'Arabie. — Alouettc isabelline, male; Alauda isahel-
Lina. (Temm.) Id. — PI. 2/,5. Bee-fin Ruppcl, male; Syhna Ru-
pclli. (Tcmm.) De Tile dc Candic, — Bec-nn a moustaches noi-
res, SjU-ia mclanopognn. (Tcmm.) Dc Rome. — PI. 245. Bee-fin
siffleur, Syh'ia sihilatrix. (Bcclist.) d'Euiope. Q y.
G2. Description du squelette d'un Casoar , avec des plan-
ches; par ^lv.v.K'E.Jii.{Abhafidl.dcrK(enigi. Acad, dcr ff-'issensc/t ,
in M'/lin, pour iSiGct 1817, p, 179.)
63. Du Plrsiosaurus. — Dc tons Ics reptiles sauricns, doiit Ics
debris abondent dans Ics couches secondaires d'Anglcterre, Ic
Plosiosauriis c:;l s;iis contrcdit I'un des phis iMh'-rossnns. Nnus
8o Zoo/ogie.
sommes inlbrmes qu'il h cit' dtcouvtrt (Icrniiucnient plnsicnrs
S([uclettps <lt! cet aiiinial exlrjdrdinjiire , I'uu dosqiu-ls so ti-mi-
vait dans mi ctat de coi»serv;Uion qui penult a 31. Conybeart' de
dt'tcriniiiir avcc un certain degr('; de precision la forme et les
caracteres generaux dc i'anin;al. Nous nous borncrons pour ic
moment a faire mention de la j^rande longueur de son con, dont
on pourra se faire une idte par le nombre extraordinaire des ver-
tebres cervicales , lequel est peut-etre de quarante , nombre
qui surpasse dc beaucoup ce qui a ete observe jusqu'a ce jour,
clans loutes les autres classes d'animaux. ( Zool. Journ. , n". i ;
mars 1824 , p. i35.)
64. Species Conchyliorum. — MM. Sowerby annoncent Tin-
tention oil ils sont depublier, en uncertain nombre de numcros,
dcs dessins colories et la description de toutes les especes de co-
quillages , vivans ou fossiles. Cet ouvrage comprendra, outre les
especes qui se trouvent deja decrites, toutes cellcs dont il n'a point
encore ete fait mention. ( Zool. Jour. , n". 2, juin 1824 , p. 269.)
i\'ota. Nous avons annonce dans le Bulletin de juillet , n°. 2 44j
une entreprise seniblabie, concue par M. Gray. Nous conseillons
fort aux savans auteurs de ces entreprises rivales de rcunir leurs
efforts au lieu de travaiilor en depit I'un de Tautre. Quclque ba-
biles qu'ils soient et (piclle que soit I'elendue de leur zele , dont
ils (int donne des preuvcs incontestables , ils ne seront pas trop
de trols pour mener a bien un si vaste projet. Mais la i"^*^. condi-
tion est de donner d'excellentes figures et des descriptions com'
plvtes et comparatives , a la maniere dc Bruguicre, sans quoi ce
>era un ouvrage a refaire. 1".
.'i5. The Gknera of recent and fossil Shells. Les genres
de coquiiles vivtintcs et fossiles, par G. B. Sowkrua', V. I,. S.,
n". ?\.XII. f f-^oj: le Bullcti;i dc juin, n". 168.)
Get ouvrage utile se soutient parfaitcment , qnant a son cxe-
rution, et parait avec assez de rcgularite. Le n". que nous
aiiiionrons contient les genres suivans, loujours accompagnis
d'observaiions nouvelles et iiUeressantes. linbrcUa indicn ; Me-
lania Amarula ; une nouvellc espece tort grande et fort inlcrcs-
sante , figuree n". 2, pourrait bien oire une Pyrcnc non en-
core forniee; Mel. suhulata; Mel. cotellnca ct marginatn l.nm.
Ces deux dcrniers fossiles des terrains tcrliaires, et aussi des
pou!.'lirsdc melange d'lleadcir- Hill ct Gliailesiown. — 'Mchmnp-
Zooloi^ie. 8 1
SIS atra, huccinoules , co statu , acicularis F^r. et fusiformis
Sow. Espece fossile de I'ile de Whigt et de la Champ.igne que
nous rapportons conime var. a la Mel. buccinoidea. — • Cassis
glauca eij'aminea. — Serpula. M. Sowerby croit devoir reunir
dans ce genre les Serpules, les Spirorbes , les Yermiiies et les
Vermets de M. de Lamarck. II en decrit et en figure plusieurs es-
peces fort interessantes ainsi que leurs opercules. F.
66.MiNERALf;oNCHOLOGY,etc. Conchologie minerale de la Grande-
Bretagne ; par M. J. D. C. Sowerby, nos. LXXIX et LXXX.
( Foy.lt Bullet, de raai, art. 8i.)
Le i'''. de ces deux numeros contient Tellina striatula, incequn-
lis Sow. — Orthocern paradoxica , id. — Nautilus c.rpansus et
biaiigulatus Sow. — Producta fimbriata , plicatilis et depressa
Sow. Cette derniere decrite dans le Genera of Shells. — Acteon
crenatus , striatus et elongatus Sow. — Spirifer rotundatus et cus-
pidatus var. Sow. — Le N". 80 offre Sanguinolaria compressa Sow.
— Ncrita spirata , minuta et costata. (La i^e. ne serait-elle pas
une Naticc ? et la seconde une coqullle jeune?) — Bulla convo-
hita , Bror., cunstricta, elliptica, attenuata , Jilosa , acuminata
Sow. (Plusieurs de ces especes nous paraissent doja decritcs par
Bruguiere ou M. de Lamarck ? mais il f;iudrait avoir les especes de
M. Sowerby pour les comparer avcc celles de ces deux 1*^". sa-
vans). Trois planclies dont le texte manque font aussi partie de
ce numero , elles representent les Auricula vcntricosa et biiccinea
qui nous paraissent etre de simples varietes du ringens de Lam.
— La Saxicava rugosa et le Myoconchacrassa , nouveau genre,
a ce qu'il parait , instituepour une belle et grande coquille. F.
67. ExTRAiT n'uNE LETTRE DE F. C. Van Hasselt sur les Mol-
lusques de I'ilc de Java, adressee au Prof. Van Swinderen
a Cifoninguc. ( Atgein. f.onst en Lelterhnde , oclobre 182 3. )
Ceram , province de Bantam; febr. 1823.
Scion ma promesse de vous donner dans ma prochaine ua
apcrcu general sur les Mollusqucs de Java, voici les observations
qui me paraissent digncs de vous etre communiquees.
} ) J'ai fait desslncr 3 especes nouvelles de Sepia , ainsi que 2
Loligo ; des dernicres I'une est des iles Paulus et Amsterdam
et I'autre dc Batnvia ou on la prcnd en grande quantity litant
recherchte par les Chinois el les Javanais qui en uiangent beau-
coup.
IJ. ToM>- III. 6
8 a Z'julo^ie.
9.) All di'iroit (Ic la Sonde nous troiiv^iiiics unc polite rspt-ce
du genre Eo//f//a Cuv., aLujiifllrnons nvoiis dnnne le uoin de leu-
conotus. Ses fcnt.icnlps ,qii'ellciie ])entf,iirc rentrer, reslent toii-
jours dehors et elles sent depourvues de points nolrs. Son dos
est de couleiir bleu d'argent, etles branchies bnin-clair, rangees
en 3 lignes distinclcment separees, sont chaciine orru-es a la face
interne d'liiie raie orangee.
3)Une espece de5«//(7 Lam., que je crois fort rare, fiit trouvee
par moi sur la cole n\ei'idionnle de Bni/tniii. Elle est fort petite ,
eleganinient tacliettie et repnnd une forte odeiir de muse, ce fjui
m'a delerinine a hii donner le nom de moscliata : elle se retire
dans sa coquille quand on la touche sans repandre aucune hu-
meur et reparail aussitot. Les yeux des animaux de ce genre, dont
M. Cuvier ne fait pas mention , ressemblent ainsi que les tenta-
cules superieures a ceux de VJplysia, mais ces tentacnles s mt
beaucoup plus longues cliez les Aplysies que cliez toutesles espe-
ces du genre i??///rt jusqti'alors conniies.
4) Ell liniacons nous n'avons encore trouve que 3 especesdu
genre Pnrmncclla Cuv. , qui pnraissent liabiler exclusivement les
regions li.'iutes de I'ile. Nous leur avons ilonne les nouis i\e punc-
tata , toeniata et reticulata. Toutes out une fente dans I'enve-
loppe qui couvrc leur petite coquille, cf cette fenle ordiiiaire-
ment ferm^e peuts'ouvrir largement a la volonlc de I'animid , en
sorte que la coquille est entierement visible.
5) jNous n'avons decouvert jusqu'a present aucune espece du
genre Limax , mais nous possedons un moUusque qui s'en rap-
proche beaucoup et dont nous f.dsons le genre Mcghimaliuvi ,
(de peyav magnum et J/aTtov pallium ) ; il a la forme lotale des
limaces , roais avec un manteau , qui non-sculement couvre la
partie posterieure de I'animal , mais sVtend sur I'animal enlier ;
ce manteau est d'un blanc d'argent, rarcment jnunatre , et orne
de larges mies noires, c'csl pourquoi nous I'avons nomme I'es-
pece Meg. striatum. On rencontre ce moDusque avec les Parma-
celles dans les for^ts vierges des hautes regions de I'ile.
6) Dix especesdu genre Heli.r Bn^g. etLam., et 3 du genre Ca-
racolla ont etc dessinees.
7) ISotre genre Pl/itytloUPr avec respece unique Corneus sc
rapprorhe beaucoup des genres Helix et Vitrinn , niais la forme
differcnte de la coquille en paraissait exiger la separation.
8) Nous uc connaissons que 4 especes du g'-nre Buliinus Lam.,
Zoologie. 83
.innt i'une est le pcn'crsux Lam. ; Marfini, n". no, pi. 929; les
-auires, B. Zebra ct wrcrostoma Nobis ef Quags^a jW/ii ont etc
figiirees.
9) Sous le nom generiqiie <le Geotrochus nous avons rcani de
petits coquillages qui , pour la forme de la coquillc ressemblent
aux Toiipies, et pour I'aniinal aux Colimacons. Les especes ob-
tusus, turriciilatux et zonatiis Nob. liabitent les bols eleves , et
c'est au sommot du Pongerango, a plus de 9000 pieds au-.lelsus
du niveau de la mer , que nous avons trouve Vobtasux.
10) Jusqua present on croyait que les Scarabes habifaient ex-
cluslvement les Moluques, cependant surle.cdles de.Bantam, j'ai
trouve une espece qui parait s'approcher beauconp de Vflelir Sca-
7«&«.«.. Lin. Selon M. Cuvier les Scarabes appartiendralent a ceux
de ses Pulmones terrestres qui sont pourvus de 4 tcntacules ; mais
surmes individus je nen ai remarque que deux parfahemeut
semblables a ceux des Cyclostomcs, pouvant se retlrer, s'e-
tendre, mais.non se reh-ousscr. Les points noirs sont places a
leur base intcrieure , au lieu que dans les Cyclostomes ils sont
places a la base exterieure; tout celaest exacteraent dessine.Cette
espece l.ab.te les marais converts de broussallles, et on en trouve
un grand nombrea la tige des buissons un pen au-dessus du ni-
veau de I'eau. Ces liabitudes, et la conformation des lentacules,
me font croire que I'animal appartient plutot aux Pulmones'
aquatiqncs qu'aux terrestres.
1 1 ) Nos Clausula ja.'anlca et longlsslma sont toutcs deux
nouvclles ; nous les avons trouvces dans les forets vler.^es des
haules regions. "
12) Nos Auricula f us If ormls et co/-«m sont pareillement nou-
Telles ; elles habitent les environs dc Buitenzor".
i3) Non-seulement dans le voislnage des c6tes,mals aussl a
plus de 3ooo pieds au-dessus du niveau de la mer, nous avons
trouve des animaux du genre Onchldlwn Bnchan.; mais ccs es-
peces sont diirerentes.Celle que nous avons trouvecs dans le voi-
sinage des cotes habite en quantite les roseaux que IVau de la mer
baigne a cbaque marec, ou bicn le. marccages remplis d'eau douce
Celles que nous avons trouvecs danslcs baulesregionsvivent so-
litaires loin de I'eau , et recl.errhent un le.rain ond)rage, et par-
consequent humi.le. Je connais <!eji cinq especes du genre et
toutesont etc figurees. Nous ^v^^^^:x^nc^\'0.pum latum, macida-
turn et vuidl-alburn Nobis, a une eL-vation de .000 jusqn'a 4000
84 Zooh^ie.
I.ifdsau-ckssusdela mer. L'O. molle.Mihi, habile les eaux donce.4
pres de Batavia , et une tres-pctite especc tuberculeiiso couvrc
les roseaux de la cote mthidionale , et vit altcriiativcinenl dessui
et dessous le niveau de la inei . Toutes ces especcs ont quatre len-
tacules, dont les plus coiirtcs sont les infcrieuies. Ellcs sont ires-
sensibles, et 11 suffit de souffler dessus pour les voir se retirer,
ce qui s'opere par uq retroussement commc dans les liinarons;
mais la plus grande sensibllitc de ces mollusques parait resider
d.ins les pctites prolongations des tentaculse inferieures.
i4) Nous avons trouve un tres-petit Plariorbis, fort rare dans
les eaux slagnantes pres de Buitenzorg , mais trcs-commun
dans les mares de la cote meridiouale; et c'est au- dessous d'une
elevation de 3ooo pieds au-dessus du niveau de la mer qu'il pa-
rait se plaire : I'espece a ete figuree sous Ic noin de ucglerta.
i5') Les regions de Java, visilees par nous , sont linbitees par
deux especes dc Limnccus, dont nous avons trouve la plus
grande dans les eaux dormantes, auprcs de Buitcnzorg, et I'autre
dans les raares de la cote nierldionale.
16) Les especes javanaises du genre Crdostomn sont inloux
connues en Europe , car nous avons trouve ici Ic Turbo margi-
natus Chemn., pi. 1x3, n°. 1075. a, b r C. Marginatum); le
Turbo volvulus y ejusd. i23, 1066, (CrcZ. volvulus); et le T. heli-
cimis, ejusd. i23, 1067-68. [Cycl. umbilicatum) : puis trois non-
velles savoir : C/cl. costatum, viricle et pcllucidum; elles ont
ete dessinees.
17) Du genre Prt/K<^//?rt Lam., je connais trois especes dont la
plus petite sc trouve dans les eaux stagnantes, dcpuis les cotes
Hieridionales jusqu'a une hauteur de 2,000 pieds au-dessus
du niveau dc la mer , au-dessus de Buitenzorg. Les 2 autres ha-
bltent constamment les regions inferieures. J'al trouve la plus
giaude le long de la cole scptentrionale , dans les endroits mare-
cageux. On ne la voit point a hi cote sud, ou j'ai ramasse en
quantite nion P. intermedia , nori-seulemcnt dans les marcs,
maisaussi dans les petitcs rivieres de la cote jusqu'a line hauteur
de 3oo pieds.
L'animal du Paludina , quoique yppavlcnanl veritablcment
aux Pectinibranches, elend de temps a autre, bors de I'eau, le
prolongcnient du canal qui conduit aux branchies, pour rcspirer
I'airlibrci'.c I'almosphere; c'est alorsqu'onlc voilnagcr a la sur-
Zoologie. (S5
face de I'eau, el j)ar I'aidc d'unpied large et vigoureux, changer
de place tout-a-falt comma les Limnees ont coutunie de f.iire.
18) Genre Rrgixtoma ( '^-n-fr, line fenlo. ) Le type do cc genre
ressemble asscz .mx Cycloslomes; mais il en dif'fere p:ir les carac-
teres suivans : Testa ovatd , pup<rJorini. ; gyro ultimo iruixlino ,
ventricoso. Ore rotiindato , peristomate nulla, rimd spirevformi
ad a perturoi marginem siiperiorern sinistruin\ margine inferiore
eniarginato ; opercnlo jrttundo. La seule espece R. vitriuuin lia-
bite les forets liuniides des hautes regions.
19) Le genre Melania a differentes especes dans les petites ri-
vieres de Java, dont quelques-iines sent connues et d'autres
nouvelles. Notre M. affiuis, qu'on trouve aussi-bien dans les
lieux marecageux de la plage que dans les eaux limpides des ri-
vieres, a 2000 pieds au-dessus du niveau de la mer , est represen-
tee par Chemnitz , X pi. i3fi , f. 1261 ■ — 1262. Notre M. scabra
est son Helix scabra laSg, HI. aspera Ciiv. E ne parait Labi-
ter que les hautes regions , et par consequent les eaux limpides.
Nos M. mutabilis et grnnulata sont nouvelles , et je les ai fait
dessiner en differentes attitudes; elles se trouvent dans les memcs
lieux que Vaf/inis. Sur la cote nieridionale de Bantam, j'ai re-
cueilli encore 3 autres especes, dont je n'oserals dire si elles sont
admises dans le catalogue des especes ou non.
Je n'ai pas encore fait I'anatomie des animaux de cet interes-
sant genre, et voici tout ce que je puis dire sur leur organisation.
Le mufle est long, presqu'en forme de trompe, et echancre a
la pointc. Le pied petit est presque rond, et porte un opercule
corne. Les tentaculos peuvent s'allongcr et se retirer, niais pas
se retrousser. Les points noirs se trouvent a la base exterieure.
Le mouvement de ce moUusque est Ires-lent; pendant qu'il
change de place il est presque tout entier i-ecouvert par sa
coquille. II commence par avancer avec beaucoup de lenteur la
l-6te avec les tentaculos, puis il avance le pied avec la menie len-
teur, et apres qu'il est llxe tout entier, un second mouvement
fait avancer la coquille.
20) Dans les collections que j'ai failcs sur la cote nieridionale
<le I'ile , il y a diverscs especes du genre Neritn Lam. , dont 7 ou
8 s'eloignent trop des autres par la forme de la coquille pour
qu'on puisse les laisser ensemble. Quand ces moUusques (i) se
(i) Jc crois (jue rauleiir parle penc'ralement des Ne'rites.
86 Zoologie.
portent en avnnt on n'apercoit rien de leui- corps (jiie les an-
tonnes longiies ct minces. J'ai ti'ouvc des espcces non-iculement
aupres de pctits ruisseaux, mais aussi aux troncs d'arbres de la .
cole baignes par I'eau de la nier,
21) C'est dans les ruisseaux , siir la cote meridionale, quej'al
dccouvert 2 especes du genre Nfn'irelle Lam. Le manreau de ces
mollusques est large ct tres-cxtensible comnie celui des Patelles,
Entre le manteau et le pied , il y a une carene , prccisement hi
ou sont les branclues dans les patflles. Les luouvemens dii pieti
se font par ondulation , comme chez elles. Derriere el au-dessns
du pied est une fenle dans laquelle est situee la seconde coquiile ,
et au-dessns de celte ouverlure s'etend une membrane dont la
forme ressemble beaucoup a celle du manteau.
La seconde coquiile se reunit du cote gauche, et c'est a ce
point que se joignent concentriquemeiit les couches dont elle est
formce. C'est une masse calcaire, a I'exception du bord posle-
rieur, d'une substance transparente et cornee. Celte seconde co-
quiile me parait representor parfaitement I'opcrcule propre a
quelques autres genres, dumoins la forme et la texture y sont les
memes, et ce n'est que la forme du pied modidue qui en a change
noccssaireraent la place. Elle ressemble a un triangle rectangle ,
dont Tangle droit serait au point concenlriqne dont je viens do
parlor. La tcte est bcancoup plus large que dans los palelles; les
tentacules y sont placccs iin peu lateralenient , ct ont du cole in-
ferieur les polnis noirs sur une base elevoe. Elles sont longues,
minces, s'aliongent lieaucoup, mais ne peuvcnt se rclracter.
Au cote inferieur des veritables tentacules il v a,cxcc[)tedaus une
espece , un appendix libro et termine en pointe, dont je ne sau-
rnis deviner la destination. On pout conserver vivans ces mollus-
ques pendant quelque temps dans unverre rempli d'eau, et c'est
la qu'on los voit monter le long des parois pour arriver a la
surface respirer I'air de ratmos[)liere; car, comme d'autros
mollusques fluviatiles, lis vivent tanlot aa fond des caux , tantot
a la surface. — En i)atelles, j'ai recueilli sur la cote meridionale une
di/.aino d'cspeces, dont quelques-uncs se trouveiit dans les plan-
ches dcRumphiuA.
■11) Oken, dans VIsix , 1817, v. 68, art. 45, ayant adrcsse a
B1. Relnwardt la demandc de profiler de son sejour a Java pour
examiner I'ovaire et les parties genitales de quelque espece du
genre Chiton, pas assez clairement repn'senteespir Poll, et M. Cu-
Zonlo^ic. Sj
virr n'aynnt dit a ce ^'ijet , d:ms son Refjne animal, ([iie res
mots: " L'ovHire occupe 1p <leHsus<lps aulres viscefes , e\ pa rait
s'oiivrir sur Ics cotes par deux ovidiictus, » sans s'occnp«»r des
ori^anes du sexe male ; j'ai cru devoir profitcr de I'occasion qui
s'offrail a moi snr la cote nieridionale de Java , pour eciaijxir un
point encore si obsciir ; niais je n'y ai reussi qii'cn partie. Ce que
M. Cuvier presente conime vraisemblable est parfaitemcnt con-
s'ate : presqu'au milieu de I'animal, mais plus vers le derriere que
vers le dedans des branchies , il y ;\ , de chaque cote , un potit tube
saillant qui est I'extremite de roviduclus. Ce canal est lres-])etit,
et place si pres de la serie des brancliies que je I'ai pris u'abord
' pour un rayon deiachu de ces organes : ce n'est qu'en observant
la position symetriiiue des deux canaux lateranx snr nn grand
nonibre d'individus , et par des I'eclierclics anatoiniques , quo j'ai
pu me convaincre des vt'-rltablcs tbnttions de ce canal. Lnmedia-
tement derriere il y a une petite ])apille, dont jc n'ai pu decouvrir,
en dedans, aucune suite. J'ai ouvert un grand nombre d'individus
pour decouvrir les parties sexuelles males; mais je-n'ai pu encore
rcussir; j'fspere pourtant y parvcnir par des recherches ul-
terieurcs.
Outre les genres que j'ai notes, il se trouve encore dans ina
collection une grande quanlite de coquillages niarins ( dont peu
de bivalves ) des genres Murex , Bucciuuin , Conns Lin., etc. Eu
verite, les cabinets de quelques amateurs conticnnent deja une
abondance d'especes de ces genres tres-repandus sur le globe;
malsil reste encore beaucoup de dontesur I'organisation de leiirs
animaux, et c'est a cause de cela que j'ai conserve dans I'esprit-
de-vin toutes les especes que j'ai pu me procurer.
68. Sur le sang dk^quelqUes mollusquks, par Ekman. [Ahhandl.
der KoenigL Acad, der fyUsciisch. in Btili/i, pour 1816 et
1817 , p. 199, d'aprcs \' Jsi.s.)
Dans le sang, roduit en r endres, de \ Helix poinntia , I'aufeiir
trouva du nation sans kali , de la lerre calcaire, de I'oxide de fer,
et, a cc qu'il jiresnine, un jieu d'oxide de manganese.
II fronva a la panic iiifericure des lobes des coquillages d'eaii
douce, ainsi que des liuitres, nn etiiicellemcnt continnel, prove-
iianl d'animalculcs en forme de vessies qni reminiienl dans la
sillons. Dans d'aiitrcs parties il ne trouva point ( e plicnomcne.
88 Zoutogie.
69. M^MOIRE PH\SIOLOGIQLE SUR LE CoLIMACON, Helix pOtHatia,
etc., par M. Gaspard, D. M.; avec des notes par T. Bell*
(Zool. Journ.,'N°s. i et2,m.Trs etjuini824,p.93 et 174.)
C'est la traduction du beau memoire de M. Gaspard dont nous
avons donne I'analyse dans le Bulletin de iSaS (Tom. i".,
no. 129.), accompagne de quelques notes intcressantes, par le
savant anatomiste M. T. Bell. Ces notes portent sur la manicre
dont le limacon construit sa demeure d'hiver, sur la maniere
dont il raccommode les parties endommagees de sa coquille, sur ^
le fluide repandu dans la cavite thoracique, etc. F.
70. Notice sdr la modification du tmp de certalnes especes i/
de moUusques adherens; par M. Defhance. [Ann. des Sc. '
nat. ,mai 1824? p. 16.)
M. Defrance signale dans cet article des fails intercssans pour
la conchyllologie. lis elaient connus en partie, mais il est utile
d'appeler de nouveau I'altention sur cesfaits, afin de provoquer
a leur sujet des explications satisfaisantes. D'abord il parle des
huitres, plicatules, anoinies, balanes, etc., dont la valve infe-
rieure ou la base adlicrente sur d'autres corps en copient les
formes, souvent repetees sur la valve superieure, dans les plus
petits details. II cite nombre d'exemples de cette singularite.
Quelquefois meme la coulcur du support est ernpruntec jiar la
coquille qui s'y attaciie. M. Defrance explique la copie des formes
par la fluidite des I'es. couches du Test qui doivent se inoulep<ur
les corps ou le jeune mollusque se pose et qui s'y appliqueiil
exactemcnt en suivant toutes les sinuosites de sa surface; la cou-
leur empruntee ne s'explique pas aussi fatilement. D.
71. Catalogue des moi.lusques terrestres et fluviatiles des
ENVIRONS DE Geneve, communique par M. de la Beche,
Esq. [Zool. Journ., n". i , mars 1824, p. 89.)
Ce catalogue est indiqu(^ couuiie ayant etc dresse par feu le
professeur Jurine, dont la memoire est chere a tant de litres aux
amis des sciences. II est extrait d'un petit ouvrage intitule Essai
statistiquc sur le canton de Geneve, et mentionne 102 especes
dont nous croyons utile de copier les iioms, cetle sorte dc catalo-
gues ayant, tonune I'a fort bicn pense M. de la B^che , un veri-
table inteiet jiour determiner Icb iois dc la dislribution des aui-
iiiaux sur le globe.
Zuologie. 80
Cyclostoj/ia. elegans,patulum? maculatutn. — Paludina vi-
viparurn, iinpururn , viride, ohtusum ? — Valvata planorbis. —
I'lanorbis tnarginatuSy carinatus, complanatiis, Jiispidns, vortex,
spirorbis , contortus , iiltidus. — Ancylus lacustris, flunatilis. —
Physa fontinalis , hjpnorum. — Auricula *myosotis, lineata. —
SucciNEA amphibia , oblonga.- — .Limneus stagnalis ,auricularius ,
glutinosus ? Pcreger , paluslris y minutus.- — Pupa Doliurn, Do-
lioluin , umbilicata , marginata , Vertigo, Antivertigo , pygma-a ,
muscorum, edentula, tridens , quadridcns , cinerea? variabilis,
* polyodon , frumentum , secale , avena , granurn. — Clausilia
plicatula, rugosa. • — Bulimus radiatus, montanus, *acittus , *vcn-
tricosus , obscurus , lubricus , Acicula.' — 'Helix *pyramidata ,
elegans? fniticum ^ variabilis ? }-iipestris , strigella , pomatia ,
* rhodostoma , arhustorum,aspersa, *vermiculata, sylvatica , ne-
moralis , hortorum , *splendida , personata , carthusianella , in-
carnata, pubescens , cespitum? ericetorum, villosa, hispida , lu-
cida , conspurcata ? striata , plcbcium , lapicida , obvoluta ,
pulchella , nitida , nitidula, rotundata , crystallina. — Vitrina
pellucida. • — Testacella *halioto'idea. • — Limax scittellaris. ( Ce
nom nous est inconnu.) Cyclas cornea, lacustris , fontinalis,' —
XJ'Sio pictoruni, littoralis. — • A^onnif anatinus , cycneiis.
Nous ne pouvons passer sous silence ccpendant qu'il est fort
douleux que cc catalogue ait ete drcsse par 31. Juiine lui-memc,
avec lequel nous etions en relation, ct qui n'aurait point com-
pris dans les especes des environs de Geneve les especes sui-
vantes, qui ne s'yTenconirent pas, et dont quelques-unes meme
lie sauraicnt s'y trouver; teiles que Auricula myosotis , nom qui
aura cte mis par inadverliince a la place A' Auric, minima. II est
plus vraiseinblable qu'il a tto dresse apres sa niort sur sa collec-
tion , ou de son vivant sans sa ])articipation , ct public apres sod
deces. Nous avons mis un point dc doule a celles qui sont dou-
teuses corame se trouvant a Geneve, ct une * a celles qui cer-
taincmcnt ne s'y trouvent pas. Nous avons pour garant de notre
opinion a ce sujet, outre nos relations avec les naturalistes de
Geneve et de I'Helvetie en general, I'excellent Catalogue syste-
matique des coquillages de la Suisse connusjusqu'a cejour, par
M. le profcsseur Studer; 1820 (en allemand). Nous donnerons
dans un prochain n"* le catalogue des coquilles terrestres ct
fluviatilesde la Suisse d'ajircs celui de M. Studer, augmenle des
nouvellcs decouvcrlcs duos a MRI. de Gh;irpentier , VcDctz ,
Thomas, etc. , etc' F.
go Zoologie.
^2. MKMOinB siiR LF.s EsricFs nu oknre Cai.mah [Lolif;o I..t-
inarck); par M. H. D. de Blainville. [Jourfi. de pkjs., chi
niie , etc., mars 1823, p. 116.)
M. de Blainville preseute d'abord des generalites sue les Cal-
mars compares aux Seches , tan?, sous le rapport de leurs carac-
teres exterieurs que sous celui de leur organisation interne. Ces
generalites n'avaient point encore etc presentees avec autant
d'ensemble et sont Ires-instructives. Les considerations dont on
peut, selon ce savant, tirer les raeilleurs caracteres , sont , i".
]a forme et la proportion du corps ou du sac, et surtout d»
cartilage qui le solidifie ; 2". la forme et la proportion des ua-
geoires ; V*. la forme et la proportion des appendices tentacu-
1,'iires et brancLiaux , et de la partie cornee de icurs Tentouses:
enfin on peut avoir aussi egard a la couleur , ou mieux a la
grandeur, a la forme des laches et a la forme du bord anterieur
du sac. M. de Blainville a examine 20 cspeces de Calmars dans
les collections de la capitale. II reunita ce genre le Sc^piole et les
Cranchies de BI. le D''. Leach , que nous avons cru pouvoir
adopter en genres distincts. (Voy. Diet, classique iVhist. nat. le
mot Calmar.) II y rapporte egalement le Leachia cyclura de
Lesueur, et le LoUgopsis Peronii de RI. de Lamarck , dont nous
avons signalii I'identite et que ces deux auteurs ont decrits comuie
n'ayant que 8 bras. M. de Blainville parait douter de ce fail; 11
presume que les deux tenlacules brachiales n'etaient pas sorties
de leur cavite lorsque le dessinateur en fit le portrait, ce qui
serait assez singulier , tu la dualite de I'observation. Comme
nous, M. de Blainville ne separe point des Calmars les Onyc/io-
thcutis de Lichtenstern , ct a reconnu leur identite avec les Onj-
c.hia de Lesueur. II rogarde comme probable que YOnychia
angulata , de ce dernier naturalisfo est la mcme espcce que
XOnycholheutls Bergii de Liclitenst.; il scnible ;idnpler r«rtj^'//«-
culata de Gmclin , trop vaguement decritc pour qu'on puisse en
reconnaifre le genre. Comme nous M. de Blainville separe en 2
especes les var. A et i? du Loligo sog'uiata de Lam.; mais il
fait a leur egard une faclieuse transposition de nom. Nous avons
conserve cetfe denomination, consacree par M. Bosc, a la var.
A , el nous avons , d'aprcs Monlfort , nonmie Ihirpago la var. B.
II iionime la premiere inaxima, ct conserve a la seconde le nom
de iitgiitala. M. de Blainville applique le nom de bntsiliensi^ a
une nouvelle espece , qiioiqu'il soil deja donnc a une cspece de
Zoologie. g i
Monlfort adoptee par nous. Ces transpositions embrouillent
evidemrnent la synonymie. Le tableau suivaut, que nous croyons
utile de presenter, offre les divisions proposees dans le genre
CalniJir par M. de Blainville, et la liste des especes qu'il indique dans
son travail. Nous rappellerons ici que nous avions , dans I'article
Calmar cite plus baut, indique i8 especes de ce genre sans y
comprendre les Sepioles , les Cranchies et le Loligopiis.
A. Esptces donl le corps est court, plus on moins globuleux , sou-
tcnu dans !e Jos par iin filet carlilagincux extremement mince, et
poiirvu de petites nageoires arrondies, subptdiL-ulees de cliaqiie cote ;
)e hordaiitcricurdii sac aJhe'renl en tlessus, Icstentacidesassez longuesj
I'anneau cornc des ventouses simple. (Les SiipioLFS ; G. Sepiola Leach.
■ — II cite line scule espeee £. SepiD/u, le Se'piole dc Rondelet.
B Esptces dont le corps est un peu plus allonge, plus ou moins ova-
Jaiie, pourvu de nageoires ariondies, alil'ormt'S, pcdonculces et atta-
cliets dc cliacjue cott! de la ligne mediane dorsale de nianitre a se tou-
clier; tous les aiitres caracteres comme dans la section prf'cedente.
( Les Cranchies , G. Cvanchia Leach. ) L. Cranchii Leach ; Licuis
Leach j canUopUra Peron ; Leachn ( Leachia cjcLura Lesueur ) ,
Peronii ( Lolii^Ofjsis Peronii Lan). )
C. Espfccs dont le corps est plus allonge, Ics nageoires de forme un
peu variable, le dos pourvu d'un cartilage [ilus ou moins e'troil, etdont
les ventouses des tentacules , simples ou podoncule'es , sont rempla-
coos en partie par des griflcs on crochets allonge's. ( Les C. a grifl'es ,
G. (htychotheutis Lichtensl., G. Unychia Lesueur. ) — L. leplura
Leach.; Jankiii Leach., Sriiilhii Leach.; i'Viir/cii Lichlcnst. ; 5er-
ghts id. ; Feliita Blainv., de la l)aie des ChiensMarins, expedition Frey-
cinct; caraib.va Lesueur ; tuiguiculaia Gmclin.
D. Esptces dont le corps est trts-allonge', cyiindrique; le ?ac a bord
anft'rieur presque tout droit , pourvu en arritre de nageoires termi-
ralcs , triangulaircs , trcs-larges; la piece dorsale assez c'troite et plus
largv en avant ; it's appendices tentacidaiies en general courts; le rehord
palpebial hien disfiiK't , avec une c'lhaticrure ante'rieurc, toutcs les ^ ^
ventouses plus ou moins globuleuses. {Les C. I'lec/ies. ) L. iagiltofa 0 ^
Lam. var. B. (Hi'rpagonohis) •^maxima DIain. {sagillalayar. A. Lam.
mgittnld nobis ) -^ Ijiiiirinnii Lesueur; Jinvtlingii Id.; Jjiongniarlii
Blainv., presume'e de la Mediterrane'e ; lllrcebrosn Lesueur.
E. Esptces dont le corps, gt'neralenicnt moins allonge' , est conit(ue,
pourvu de nageoiies lalerales triaiigulaircs , mais i|ui forment par leur
it'iaiion un i honibc ; Ic cartilage dorsal jieaucoup plus giaiid, pcnni-
foihie , poinlu en avant et tn's-dilate en an ieie ; le reliord palpebial
non distinct, ians (.•chancrure anti'rieure; le bord du sac , libre et of-
fVnnt Irois pointes , dont la mt'diane dorsale , beaucoup plus longne ,
est fonne'e par rcxtreniile' anii'ricuie du curtilage , les tentacules ordi-
raires comme dai:s le groupe j-rcci-'dent , mais sans membranes lale-
jalesj Its ttntacLiles pedocculees fort lou^ucs ; les ventousf; a anutau
92 Zoologie.
corne , entier on iluntele. ( Les C. Plumes on ordinnifcs. ) L. I'ulgttris,
subulata Lam. ; pulehra Blainv. , de rcinb. de la Loire ; PcnHi Lesueur;
brasiliensis Blaiuv. , riipportc par Lalande ; Plcii_ Pilainv., MarLiiiiiine j
Pai'o Lesueiir; hievis Blainv. JJre'sil, la Caroline.
F. Espcces, dont Ic corps est ovale , de'prime' , ct dont la nageoire ,
fort e'troite , s'e'tend de cLaque cole de rexfremitc' anle'rieure a la pos-
te'rieure.Tous les autres caracteres soot ceu$ do la division preciidente.
( Les C. Sechesy L. Sepinidea Blainv. La Martinique.
M. de Blainville tertnine cet article par des observations sur
les Calmars indiques par quelquas auteurs, mals trop legereinent
pour pouvoir les caracteriser, tels que les Sepia unguiculata,
hexapus et tunicata de Molina ; les Loligo lanccolata , odo-
gaelium et tolarus de Ratinesque ; enfln sur les especes de
Monfort.
M. dc Blainville n'a point fait mention du Sip'ia pclagica de
M. Bosc, qui parait aussi se rapportcr a ce genre. F.
73. Description u'une nouvelle espece he Cephalopodis nu
GENRE LoLico ; par C. A. Lesueur. [Journ. of the Acad, of
Nat. Sc. of PhUadclj)hia , f'evr. 1824 > p. 282, avec fig.)
Cette nouvelle espece, que M. Lesueur nommc hrevipinna
et dont il donne une description soignee et 2 bonnes figures, a
ete trouvee dans la bale dc la Delaware, et faitparlie de la col-
lection du musee de Philadelpliie.
Sous le rapport de la ibrine du corps et dc la position des
nageoires ce Loligo , dit M. Lesiieur, a beancoup ])lus de rap-
ports avec Ic Scpiole qu'aucune autre espece de ce genre qu'il a
eu occasion dc voir. SI. Lesueur profile de cette circonslancc
pour annoncer qu'il a troiive, en 1814 le St-piolc de Rondelet
dans la Manche, oil SL de Blainville avail cru qu'il tie se rencon-
^% trait pas. M, Lesueur s'occripait alors de la recherche des
nombreux fossiles du cap de la Heve , dont il a une collection
de 258 beaux dessins. F.
74. Descriptions kt figures de plijsieijrs Hemcks, d^cou-
vei-les a Porlo-Santo, jiar T. E. Bowdich, Esq.; par G. B.
Sower BY. [Zoologic Joum., n". 1, mars 1824, p- 5G ,
avec I pi.)
L'infortune Bowdicli, auquel plusieurs des connaissanccs hti-
maincs devront des observations inlcressanleset nouvelles,nreii.
voya deJMaderc 4 des especes qui forment le sujct du travail (juc
Zoo/ogie. g5
public aujourd'hui M. Sowerby, et 5 autres qui n'eii font point
parlie. Ce travail est extrait d'un manuscrit intitule Ejccursiona
Madcre et a Porto-Santo , lequel avail ete envoye a Londres
pour y etre public. Cette publication retardee va avoir lieu sous
peu par les solns de I'interessante veuve de ce celebre voyai^eur.
On trouve dans I'article que nous analysons une phrase des-
criptive en latin et en anglais , avec quelques observations pour
chaque espece. Ce qui est surtout remarquabie dans ce resultat
des recherches de M. Bowdich , c'est que toutes ces especes, re-
cueillies a Madere oua Porto-Santo, sont nouvelles, comme il
I'avait prejuge, et n'existaient auparavant dans aucune collection,
Voiia done un petit groupe d'iles qui possede des especes tres-
distinctes , et il serait interessant de constater si, comme aux
Canaries, on y rencontre aussi quelques-unes de nos especes de
I'Europe meridionale, telles que V Helix aspersa.,pisana, dccol-
lata, etc.
Les diverses coquilles dccrites et flgurees dans ce memoire
sont 1°. Hcli'x subplicata, espece voisine de V Helix picta par
la forme et la taille; — ■ 2°. H. punctulata ; . — 3°. H. nivosa : ces
deux especes me sont inconnues ; elles se rapprochent cependant
par la faille ct I'ensemble de la forme d'une des coquilles ega-
lement du sous-genre liolicogene que j'ai rccu de M. Bowdich
et que j'ai nomme maderiuna , mais les caracteres de details
indiqiKS ne s'y retrouvent pas ; — 4». H. iiitidiusrula, }o\ie petite
Helicelle du groupe des Hygromanes ; — 5°. //, Porto-sanctance,
Helicelle voisine de la strigata de Muller , mais plus grande,
figuree avec son animal; — 6". H. tectiformis , Helicigone voi-
sine du lapicida; — ■ 70. H, bicarinata , celle-ci m'est inconnue
et parait tres-curieuse , elle est de la grosscur d'uii pois.. — Sous
le n°. 8 est figuree une autre petite espece, plus aplatie que la
precedentc, qui n'est pas nommec jiar M. Sowrrby, et dont il est
difficile de se faire une idee. J'ajouterai ici I'indication des au-
tres Ci^peces que j'ai rerues de M. Bowdich : 1". H. Boh'dirhiana
Heiicogene do la grosscur d'une pelitc noix, toute blanche, rabo-
leuse, qui se rencontre aussi a I'olat fossile dans un depot sablon-
ncux; — 2". H. mndcriana , nicntionnec ci-dcssus ; — ■ 3". un
:iutre Heiicogene voisin du muralis ; — /,^. H, capilulum ^ cu-
rieuse coquille du sous-genre Hclicodonte, fort rnpprochee du
lapicida , mais qui en est tres-distincte. I",
94 Zoologie.
75. MoNooRAPuiE nu OKNUK Hkiicink ; p;ir M. J. E. Gray*
{Zoolog. Joiirn., n". i, mars 1824, pag. 62 ; avec i planclie
dans le n". 1. )
76. Description dk deux ifouvELLES especf.s u'Helicines ; par
le lutl-me. {Zool. Journ., n". 2 , p. 25o.)
M. Gray rend un nouveau service a la science en donnant ia
monographic d'un des plus jolis genres parmi les coquilles ter-
restres , genre dont nous avons fait Ics premiers coniiaitre les
rapports et ['organisation , en ajoutant a ce qu'en avait dil
M. Say, qui le premier a decrit son animal. M. Gray donne d*a-
bord les caracleres gentiriques de la coquille et de son habitant,
])uls riilstoire du genre , enfin il signale une erreur ou je suis
tombe en comprenaiit une des especes de ce genre parmi les He-
lices, sous le nom dC Helix aureola. M. Gray, ayant vu plusicurs
individusde cetle coquille munis de leur opercule,nous met par-
la a menie de rcparer cette meprlse, d'autant phis facile a com-
mettre que, comme il veut bien I'observer.il n'etail pas presu-
mable qu'une coquille dont I'ouverture est munie de dents eut
une opercule.
Dans une note qui sert de complement a cette monographic ,
M. Gray donne la description de deux nouvcllcs cspcccs de ce
genre, qu'il a observces dans la magnifique collection du lord
Tankarville.
M. Gray propose des divisions dans le genre Ilelicine afin dc
faciliter la determination des especes; malheureusement ce genre
est si nouveau, les especes ont ete si peu observees, qu'il est a
cralndre que ces divisions ne soient prematurecs, car, selon toutes
les apparcnces, il resto encore beaucoup d'cspeces a decouvrir,
lesquelles feront varier les coupes proposees. Par exemple, nous
avons dans noire colleclion 12 a i5 especes qui nous seniblent
inconnucs a M. Gray : cos especes, et plusicurs varietes de celles
qu'il a decrites , etablissent des transitions ct des exceptions tellrs
que nous n'avons pu parvenir a ranger I'enscmble dc nos es-
peces selon los nouvcllcs coupes proposees par ce savant. Les ano-
malies des memes coquilles placent la meme espece dans deux
coupes diffcrenles ; enfin elles se rapprochent toutes les unes des
autres, ct souvent il est difficile de dislinguer les especes entre
ellcs. Elles varient beaucoup aussi par la taille et Ics conleurs.
Zoologie. 95
Voici les divisions proposers par M. Gray :
Peristomate edentulo.
* Integro.
** T?artice snbaculeato.
***^rtice subeinarc;inato vel fisso.
Peristomate sinuate.
**** Columella basi callosa.
Peristomate dentato.
***** Columella basi concava.
M. Gray decrit et figure i5 especes d'Hellcines; il donne Yor-
Licidata d'apres M. Say, qui en avail fait son genre Ollgyra, et
la striata d'apres M. de Lamarck. M. Gray n'a pu les placer dans
son cadre ne les connaissant pas. II n'a pu egalement reconnailre,
dans la description de cette derniere par M. de Lamarck, son HeL
pulchella ; mais , comme nous I'avons vue dans la collection
meme de M. Lamarck avec cette etiquette, nous croyons que
r'est la meme. Nous I'avions nommee Sloanii^ en y rapporlant
le synonyme de Sloane,/«w. , torn, s, p. a3o, n". i5. Tab. 240 >
f. 1 4-1 5. ■ — \'H. ncritclln de M. de Lamarck, dont il nous a
donne dans le temps un individu, est tres-differente de celle de
M. Gray, laquelle ponrraitbicn n'etre qu'une grande variete de
\3ifosciata. Du reste la fig. de Lister , tab. 74, ?• 73, nous semble
se rapporter a notre Helix Isabella. — • h' Hcliciria brasiliensis ,
dont nous avons deux indivldus, pourrait bien n'etre qu'une
variete du rhodostoma. — < Nous possedons , sous le nom de
Turbo pygmceus Frcminville, une petite coquille de St.-Domin-
gue, qui nous parait etre I'espece appelee costata par M. Gray.
— Les cxemplaires de VH. viridis de la collection de M. de Lau).
sont tres-jeunes, et il me parait difficile d'y rapporter avec
certitude la viridis de M. Gray. ■ — ■ J'avais nomme Fissurella
I'espece que M. Gray nomme Brownii,
Les Hel. norilclla , substriata , costata , aiirantia , imifasciata ,
depressa de M. Gray , me sont inconnucs , du moins avec certi-
lude les trois dernieres.
Les deux nouvelles especes du cabinet de lord Tankarville,
sont noramees par M. Gray H. Tankendllii et Moui^eria;; mais it
est difficile de s'eu faire une juste idee sans figure, et il serait a
desirer que M. Gray en enricliit le prochain n". de I'inieres-
«ant journal d'oii ret article est tire. F.
96 Zoologie.
77. Monocraphie d'ln nouveau genre dk Mom.usques gas-
TEROPODES dc la faiiiille ties Trocho'ides , nomine Scissurclle ,
par M. Alcide Dessalines d'Orbigxy, avec i pi. litli. ( Mem.
de la Soc. d'Hist. Nat. , t. i, part. 2, p. 34o.)
C'est en chercbant des Cephalopodes microscopiques djtns les
sables marlns et fossiles que M. d'Orbigny flls, qui marcbe avcc
un zele remarquable sur les traces de M. son pere , et dont nous
avons signalc I'interessant ouvrage sur ces etres si singuliers ,
(Voyez Ic BuUelin de 1823, t. 1 , p. 60, et celui de 1824,
2^. sect. , to. I , p. 384) ^ trouve Ics pelites coquIUes qui font
I'objet de ce Mcmoire. Le genre qu'il propose d'etablir pour
elles, et qu'il nomine Scissurelle, Scissiirella , a deja etc I'orind
par M. Defrance sous Ic nom de Pleurotoniaire pour des fossiles
de coucbes assez anciennes , et d'un volume assez grand si on
les compare aux Scissurelles de M. d'Orbigny, qui n'ont qu'un
ou deux millimetres de diametre. Nous devons, au restc, ob-
server, quele genre Pleurotoniaire n'ayant point encore ete dc-
crit, M. d'Orbigny n'a pu le connailre, et qu'il c'lait tout simple
qu'il le decrivit comme ('-tant nouveau; mais cc genre est coniiu
depuis long-temps des naluialistes de Paris, ct son nom est iin-
prime dans plusieurs ouvragcs, notamment d;ins nos tableaux
de classification des animaux niollusques, oii il forme le G*^. genre
de la famille des Tbrochoides. M. d'Orbigny n'a Irouve dans les
auteurs que I'Anatome indien de Monlfort qui offrit queiqne
analogic avec ses Scissurelles par le caractere de sa fente. Cetle
coquille de Bloiitfort, malgre quelques difl'orences de detail;;,
li'cst point ccrtaiiicmcnt etrangcre a ce genre si veritablement
elie apparticnt a un mollusque, mais on pent prcsumer quelle
doit etrc rcporlee aux annelides, ainsi que plusieurs autres li-
gures de Soldani dont I'Anatome est tire.
Les 4 Scissurelles decrites par M. d'Orbigny fils , n'ont eU'
trouvees par lui que dans les sables marins des bords de la JMc-
diterrance ou dans ceux des couches fossiles ile I'ltalie. Au.ssi
Soldani qui a fant explore Ics sables de cette peninsule, nous pa-
rait avoir figure avec assez peu de rectitude, a la veritc, ni;iis
d'une maniere tres-reconnaissable au moins, deux des especes de
M. d'Orbigny, savoir : la Scissitrclla Iwiigala, t. i, tab. iTi,
fig. V, 102 , et la Sdisurella elcgans, a la fig. V , 100 de la meni<r
planclie, les individus figures par Soldani ttaieut evidemment
tronques, ci\ sorte que la scissure a disparu, mais le sillon qui
Zoologie. qj
en est la continuation rcste , et I'enscmble des figures se rapporte
suffisamment a celles de M. d'Orbigny pour coastater la ressem-
blance.
Les caracteres generiques donnes par M. d'Orbigny sent bien
traces , et il est a desirer , comme il I'indique, que les naturalistes
qui iiabitent les bords de la Mediterranee observent et decrivent
I'animal de ces petites coquilles. On ne connait point encore
I'usage de la fissure des Pleurotomes; il n'y aurait rien d'extra-
ordlnaire que, malgre la difference de forme des coquilles , les
Sclssurelles, ou mieus lesPleurotomaires, eussent un animal sem-
blable a celui des Pleurotomes, ainsi que cela s'observe dans les
Helices globuleuses, discoides ou turriculecs, dans les Paludines
globuleuscs et les Melanles allongecs, etc.
Les 4 especes de Scissurelles decrites par M. d'Orbigny sont
accompagnees de figures tres-bien dessinees par lui, lesqueiles
forment une planchelithographiee oil elles sont representees sous
plusleurs aspects comparalifs. F.
78. Observations sua les Nayades ue Lamarck, et sur la con-
venance de les reunir toutes sous un meme Dom generique ;
par G. B. Sowerby , F. L. S. (Zool. Journ., n". i, mars 182/j,
pag. 53.)
M. Sowerby reprodult dans cetfe notice les raisonnemens que
mon pere , moi et plusieurs autres encore, n'avons cesse de faire
sur le peu de fondcment des distinctions generiques de la me-
lliode artificielle : ces verites ne sauraient trop etre repetees. IMais
il faut etre consequent , et en applaudissant aux observations que
M. Sowerby presente au sujet dela famllle des Nayades, nous
sommes ficbe d'avoir a lui reproclier d'avoir conserve dans son
estimable onvrage Genera of Shells, des genres tout aussi peu fon-
des que I'lridlne , les genres Bulimc , Maillot, Achatine, etc.
M. Sowerby nionlre que les genres Iridine de Lamarck, Alas-
modonte de Say , Dipsas du D^ Leach, Ilyric et Castalie de
M. de Lamarck, ne different point de I'Unio par des caractcrcj
recllemcnt disliiictifs, soit qu'on considerc la cbarniere, soit
qu'on envisage les autres accidens du test. II prouve par des
cxemples qu'il y a des transitions nombreuses et marquees de I'un
a ['autre de ces genres, etc.; puis il propose de les reunir sotis
'e nom d'Unio.
Deja en 1807 cos r(''flexions nc)us avaient fait jnindrc I'Aiio-
r. Tom. III. rj
c)8 Zoologie.
dontc a TUnio, sous ce derniernom, ainsi que M. Soweiby le pro-
pose (Essai d'une Meth. Conchyl., p. 85). On ne connaissait p.is
iilors les divers genres forra(5s depuis a lenrs depens par MM. dc
Laniarct, Leach, .Say,Ocken, Blegerle , Rafinesque, Schuma-
cher, etc. Dans nos Tableaux systcmatiques cles aniinau.r inol-
lusques , publics il y a deux ans , nous avons cru devoir conscrver
ces deux genres, tout en sentant, comme on vient de le voir, lo
peu de fondcment de cette distinction , et void nos raisons. Dans
les bivalves lescaracteres exlerieurs des animaux sont en general
si peu tranches, entre les genres d'une meme faniille du inoins ,
que sous peine de faire , dans bien des cas , de ces families un seul
.'^enre, on est oblige de tirer des caracteres distinctifs des diffe-
rences que prescnte la coquille. Pour eire consequent, et conser-
ver une valeur egaie et comparative aux caracteres qui, d'apros
cela , diffcrencient tons les genres des Lamellibranches, nous
avons du adopter les genres Unio et Anodonte, qui se dislinguent
neltement I'un del'aufre par leur/rtr/rv ot les caracteres de Icur
coquille; mais devant egalemcnt eviter I'abus de ce })rincipe, dans
lequel sont tombes plusieurs naturalistes, nous avons rcuni ,
d'apres leur analogic , aux genres Unio et Anodonte, et comme
sous-genres , tous les genres crees dans ces derniers temps, lors-
qu'ils rentralent evidcmraent dans la dependance de ces deux pre-
miers types, conservant ])ar la meme raison les genres Ilyric et
Castnlic, parcc qu'ils s'en dislinguent suffisamment. Ainsi nous
crovons avoir r^uni tout ce qui pouvait I'ctrc, et M. Sovverby,
qui nc dit mot de notre travail , nous doit au molns la justice do
reconnaitrc que nous avons execute depuis long-temps une par-
tie de ce qu'il ])ropose.
M. Sowcrby termine cette notice par le tableau des divisions
methodiqnes qu'il adopte pour le genre Unio. En comparant ce
tableau avec nos divisions et sous-divisions des Nayades (p. xlij
dc nos Tableaux), on peutvoir que, a la reunion pres en un seul
genre, M. Sowerby s'est parfaitement rencontre avec nous pour
la succession des coupes , cxcepte pour ics Dipsas, que nous pla-
tons peut-etre a tort dans les Anodontes , n'ayant point vu ces
coquilles; et pour les Alasraodontcs de -Say, que nous avons
places au commencement des Unio , landis que M. Sovverby Irs
place a la fin, apres les Caslalles, ce en quol je pcnse «pi'il a torl-
Voici du resle Ic tableau dont il s'agif.
Zcologie. g^
MllLETTK. , nnio.
/■Ligne r.ardinale siniplfi. . . . ylnodonta Lum.
I — — legirement crouclee
Non J sous les soinmets. Iridina nilntica.
ailecs.\ — — creiiele'e. . . . Esptces cl'Iriflines.
f — — ondule'c. . . . \ tt i ■ -i
\ U mo unodiinHnn, Lam.
AiioJon viiifoitis , Sw.
Unio anodotilinti, Lan
, ., . r y4nodonalatiis,'i\\'., ham
^'1"' \A.crassus,S^v.
A. crassus, Sw.
^Deiit laterale latnellifoinie senlemcnt Dipsas , LeacK.
rales tt cardinales lainelli-
/■Deiit lateral
I Dents l.itera
.< formes.
Aile'cs./ formes /fyWe,Lam.
I Dents late'rales lamellil'ormes el Jents
V. cardinalcs courtes Unio a/atiis,Svr.
/Dent laterale lamclliformej dent, car-
dinale j>res<|uc niille Unio Jrag His ,Sw.
•]>7 I Dents laterales lamelliformes et dents
• j , ■< cardinales com tes Unio.
I Dents laterales lamelliformes et dents
cardinales longiies Castalia, Lam.
Des denls cardinales seulcmeut. . A/mntodonta, Sax.
F.
79. MeMOIHE sou €N NOUVEAU CENRiJ DB COQUILLES DE LA
FAMiLLE DES Arcacees , ft description d'une nouvelle espece
de Modiolc fossilc, par M. Drouet. ( Ann. dc laSoc. Linn. ,
de Paris, mai \%%l\ , p. i83.)
Le nouveau genre dont il s'agit , et auquel I'autenr donne le
nom de Neithee, Neithca, est tres-remarquable, dit ce naturaliste,
par les rapports de ses caracleres avec ceux des Arcacees et des
Trigonies , ainsi que par ranalogie exterieure qu'il offre avec les
Pectinides ; on lui trouve , ajoute-t-il, i". la charniere lineaire
dentelee des Arcacees ; a'*, les dents cardinales oblongues, di-
vergenfcs , aplalies sur les cotes, ct sillonnccs transversalemcnt
des Trigonies; 3". remprcinte du ligament extericur, fixe sous
les crochets, ainsi que les valves auriculces , inegalement bom-
biies et munies de cotes rayonuantes de la plupart des Pectinides.
Mais comnie la charniere du genre Ncilhee est un peu inter-
ronipue par le sommet , et que cette circonstance le rapproche
consequcmment des IVucuies , nous croyons, continue M. Drouet ,
qu'il faudra Ic placer a leur suite, pour former la transition ne-
cessaire aux Trigonies.
M. Drouet indique 4 especes de coquilles fossilcs dans son
genre Ncilhcc , dont 3 ont ('lo decrites par M. de Lamarck ,
comme appartenant an genre Per.tcn ; savoir : /'. tequicostatus ,
lOO Zoologie.
versicostatus et costangularis , dont les deux premieres sont fi-
gnrees depuis long-teraps , et qui toutes trols ont ele observees
dans le departement dc la Sarihe par fli. Menard do la Groie ,
oil M. Drouet les a <5galement rcncontrees, ainsi que la nouvelle
espece qu'il fait connaitre ; mais ce!le-ci elalt dans un ineilleur
etat de conservation, ce qui lui a permis d'ea observer les cbar-
nieres. Ces coquilles appartiennent a la Glauconie crayeuse selon
M. Drouet ; nous en possedons des individus dc la crale elle-
meme, des environs de Betbune. M. de Gerville a egalement
trouve le P . versicostatus aux environs de Valogiies.
M. Drouet s'ctonne avec raison qu'on ait avance qu'il est
difficile aiijourd'hui de trouver des genres nouveaux. Nul doule
qu'il en teste beaucoup a decouvrlr et surtout beaucoup a eli-
miner ; car , la facllite avec laquelle I'ocolc moderne fait des
genres , obligera a en supprimer plus de la moitie. M. Drouet
avait sans doute, dans I'etablissement de celui-ci, des motifs plus
specieux , cependant on ne pourra vraisemblablement le con-
server que comma sous-genre des Peignes , les caracteres d'en-
semblc raltacbant les Neitbees a ceux-ci dont plusieurs aulres
especes presentent des circonstances transitoires avec cellcs qui
ont frappe M. Daouet ; aiusi , le P. Phuronecles et plusieurs es-
peces analogues, dont M. Megerle a aussi voulu faire ua genre,
presentent aussi une dent lattrale, saillante sur cbaque oreille ;
d'autres especes du meine genre offrent plusieurs plis aux lames
clev^cs qui forment avec la valve correspondante , une sortc
d'emboitage. Toutes cesparticularitesnepeuvent, selon nous, ca-
racteriser un genre ; mais les Neitbees doivent a cause dc Icur phy-
sionomie particuliere et des caracteres ])lus trancbes qu'ellcs pre-
sentent , constituerun sous-genre des Peignes, etl'on doit savo:r
gre a M. Drouet de nous avoir fait mieux connaitre ces coquilles
dont il figure trois especes. Apres une note dclailb'e sur leur
gisement , il presente le catalogue des principaux fossiles, Our-
sins et Coquilles , de la Glauconie crayeuse des collincs du de-
partement de la Sartbe , parmi lesquels il a decouvert une grande
et belle espece de Modiolc, qu'il nomme Mod. striata et dont il
donne egalement une boune figure. F.
Zoologie. I o 1
80. British Entomology. Entomologie britanniqae; par John
CuaTis; n°\ "^ , ^, et 5. (Voy. \t Bulletin ^io. 2,n°. 176.)
Lc n". 3 contlent, pi. 1 1 , le Molorclius minor, tiouve sur
les fleurs d'un arbre, a Arno's Grove, et figure sur les graines
(le XJEthusa Cynapiiun (Persil des fous); — PI. X2 , le Lyccena
dispar, pris en grande quantite , volant cntre les roseaux , vers
le milieu de Whittlesea Meer, Iluntingdonsliire, au commence-
ment du mois d'aout, 1822 et i833 ; — PI. iZ , V Umenes atii-
cornis ; — PI. i4, le Hcemobora pallipes , insecte apparte-
nnnt a la famille des Dipteres , Eprohoscidea de LatrelUe, qui se
nourrlt da sang des quadrupedes et des olseaux , mals reprc-
scnle avec le Ctiucalis anlJuiscus.
Le n°. 4 contient, pi. i5, VOrnaseus aterrimus, genre de
la famille des Carahidce, qui se trouve dans les troncs pouris
des arbres. — Ici notre auteur s'ecrie d'un air de Iriomplie que
la Peziza aurantia , se Irouvant parmi les racines des arbres
morls, dolt Cgurer a cole de I'insecte sur la planche; et il eta-
blit ainsi une connexion cntre YOinaseus aterrii/ius et la Peziza
fiurantia ; — 'PI. 16 , Pezonea ruficostana ; — PI. 17, Cra'sus sep-
tentrionalis ; — Pi. 18, Empis borcalis, pris, dit I'auteur , sur
les fleurs du saule ; mais il doYine le Taxus baccala pour I'lf
commun.
Le n°. 5 conlienl, pi. 19, le Rhipiphorus paradoxus; —
PI. 20, \e. Peutaloma cwrulea-f — -Pi. ii^YEyprepia Russula ;
— PI. 22 , Vlbalia cultcUalor.
Le n". 6 contient, PI. 23, Siagonum quadricorne; — 'PI. a4
C((Stropaclia quercifolia; — PI. aS, Pscn cquestrifs; — -PI. 26
Alhcrix Ibis. (^Zool. Journ. , n°. 2 , juin , 1824 , p. 266.) '
81. OnSF.RVATlONSSUR UNE NOCVELtE DISTRIBUTION MKTHODIQUE
l)ES INSECTES COLEOPTERES UE I.A FAMILLE DES CuRCULIO-
NiDES, «';tablie par M. Schonherr ( d'aprcs I'exlrait public
dans I'Jsis, oct. i823).
Les premiers volumes d'un ouvrage intitule Synonymia insec-
tnruin , et auqucl ont coopere de celcbrcs entomologistes, tels
que MiNL P.iykuU, Afzelius, Dalman , Gyllcnbal, etc., ont valu
a M. Sclioiilicrr une reputation non moins distinguee, et qui
continue d'honorcr le pays oil Liane vit lc jour. La famille des
insectcs coleoptores, que j'ai nonimec [Rcg/ic aidnial de M. Cu-
vicr ) Rliinchophores ou Porte-bcc , et qui se compose principa-
102 Zoologic.
Icmcnt du genre C«/(tt/<o de cet auteur, est sans contredit la
plus nombreuse et la plus difficile de toules celles du meme
ordre. M. Sclionlierr en a vu et etudie io5o especes, et, selon
ses pr^soiTiptions , qui nous jtaraissent trt-s-bien fbndt'es, le
nombre de celles qui peuvent exister dans les diverses collec-
tions peut aller a environ 2000. Celte famille est done presque
aussi considerable que la classe des poissons, la plus etendue des
animaux vertebres. Plusieurs naturalistes ont essaye dans ces
derniers leinps d'en simplifier I'etude au moyen de nouvellcs
coupes generiques : nous citerons plus particulierement a cet
egard, le travail de M. Germar, dont M. le comte Dcjean, qui a
lui-meme fait une etude speclale des insectes de cetle fiinille, a
rendu compte dans ce journal. L'analyse qu'on a donnce dans
I'Isis de la nouvelle distribution metliodiquede ces coleopteres,
proposee par M. Schonlierr, n'etanl qu'une fable tres-concise ou
sont exposes les caracteres essentielsdes divisions et subdivisions
de la famille, avec ialistedes genres, au nombre de iSg, qu'elles
comprennent, il nous serait impossible de faire connaitre cc tra-
vail autrement que par une traduction lltterale de cette analyse;
mais, outre que son etendue est incompatible avec celle des
extraits de ce Bulletin , nous n'aurions encore qu'une idee trcs-
imparfaiie de la methode du naturaliste suedois , puisquc la
source ou nous puisons ue presente point le signalcmcnt des
genres , et que I'auteur ne les a pas encore tous publles ; leur
nombre s'elcvera a environ 25o. L'examen des organes de la
manducation de ces insectes Bonffrant de giandcs difficultcs,
M. Scbonhcrr n'a pas cru devoir employer ces considerations.
La direction des antennes, leur mode d'insertion, leur compo-
sition , les proportions relatives de leurs articles, la fossette,
qui, dans le plus grand nombre , rccoit une portion du premier,
I'avancement en forme de niuseau ou d<! trompe de I'cxlremite
aiiterieure de la tete, la figure du prothorax ou corselet, la pre-
sence ou I'absence de I'rcusson et des ailes, les pates, telles sont
exclusiveuient les parties qui lui ont fourni les caracteres dont il
fait usage. Puisqu'il coniprend dans ccttc famille d'autres genres
que celui des Cuiriilio de Iiinnc,il nousseinble quela denomination
dc R/ij n( /lop/iorcx cuiM preferable, ]>ar sa gcneralite, a ccUedc
Curculiofiiclci. hcs noms des genres primilifs dont ellese compose
elanttousmasculins, il a conforme sa nomenclature a cette regie,
desorte tpi'il a rliangc toiitcs IcsnouvcHcs denominations qui s'cn
Zoohgie. ,o>
ecartiiient sous ce rapport. Les divisions et sub.livislons en ayant
en outre de speciales , M. le professeur Germar ayant presque
en meme temps ( Insectorum species novce aut minus co"nitcE
torn. I , 182/1) publie de nonveaux genres dans la meme fimille
les embarras de la nomenclature s'accroissent, et il est bien a
craindre qu'ils ne nuisent a la science. En applaudissnnt aux
louablcs efforts de M. Schonherr, aiissi sincerement zcle pour
elle que plein de modestie, nous dirons cependant avec fran-
cliise que cctte mulliplicite de coupes a ete portee trop loin et
qu'il aurait pu en caracteriser plusieurs d'une manicre plus cer-
Viine et plus concise si a I'exemple de M. Germar, il s'etait servi
des organes de la mastication. Cola est bien evident surtout rela-
tivement aux divisions qu'il appelle Bruchidcs et Jnthribides ,
comparees avec les suivantes. Sans donte I'emploi de ces moyens
est souvent impraticable ou meme dangereux, a raison des illu-
sions oil il pent entraincr, mais il est des circonstances ou il
devient facile et tres-utile, et c'est ce que Ton verra par I'expo-
sition de notre distribution des memes insectes que nous publie-
rons bientot dans les Aiinalcs des sciences naturelles. Lat.
82. Note sur la Monographie des Ckbrionides, par W. E
Leach. ( Voy. le Bullet, de jaillet, p. 3o6. )
La sante de M. Leach ne lui permettant pas de s'occupcr des
sciences naturelles depuis plusieurs annees , il n'a certainement
pas pu revoir le travail qu'il avait prepare en i8i5 , car un sa-
vant tel que lui n'aurait pas laisse subsister les erreurs qui y
sont consignees.
Ainsi que I'ont tres-bien dit MM. Olivier et Latreillc , tons
les cebrionldes sont des coleoptercs pentameres, ils ont cinq ar-
ticlesa tousles tarses, et ceux des pates posterieuressont,ainsique
ceux des quatre jiates anterieures, tres-distincts et tres-visibles
meme a I'oeil nu.
Depuis six ou liuit ans il est ddmontre aux yeux de tous les
entomologistcs que le genre Jlammnnia de M. Latreillc, Cebrio
bre\'icornis Olivier, Tcnehrio dubius Rossi, est la femelle du
Cebrio gigas , auquel M. Leach a donne , je ne sais pourquoi , Ic
nom de C. promelus.
L'in.secte que M. Leach designe sous Icnom dc Hauimonia mc-
lanocephala est tres -certainement la femelle d'une autre cspeco
dc Cebrio, peul-eire de rchil ([u'il nommc , C. F<d>ii<ii, cspece
1 o/f Zoolpgie.
qui n'est pas nouvelle, et que M. le comte de Hoffinnnsegg a fait
connnitre depuis long-temps sous le nom de C. annlhomerus.
II est enfin plus que probable que les deux genres Dumcrilia et
Brongiiiartia , qui avec celui Hammunia forment le V . stirj)S au-
quel il donne pour caracteres, clytres ccartees poslericuremcnt ,
antennes et tarses courts, ne sont conime Ics Haimnonia que des
femelles de Cebrio. Cte. Dejeajv.
83. LetTRES UR LE PHYSODACTYLE, NODVEAD GENRE DE COLEOP-
TERE,parG. Fischer de Waldheim. 8°. de i8p., avecune pi.
Moscou; 1824.
L'exemplaire de ce nonvel insecte decrit par M. Fischer se
trouve dans la collection du docteur Henning , a Saint-Pe-
tersbourg.
84. MONOCRAPHlE DES INSECTES DIPTERFS DE LA FAMILLE DES
Empides, observes dans le nord-ouest de la France; par J.
Macquabt, de la Soc. des Amateurs des Sc, de TAgrlc. el des
Artsde Lille. Lille; imprim.de Lcleux , grande Place; 182!^.
Quoiquecetouvrage aitparu, il y a un an,comme il nous semble
devoir intercsserlesnaturalistes et que nous n'en avons eu connais-
sanceque depuispeu, nousn'hesitons pas a enrendre compte. L'au-
teur, connudi'ja par un assez grand nombre dc bonnes observa-
tions, donne d'abord un tableau synoptique de ce qu'il appelle
la famille des Enopides. II y fait deux divisions d'apres la direction
dc la trompe ; la premiere a cet organe dirigc en avant , et equi-
vauta la famille que M. Melgen a nommee Hyholina'; la seconde,
dont le caraclcre est d'avoir la trompe dirigt'e pcrpendiculairc-
ment , on en dessous du corps , conticnt les deux families desi-
gnees par M. Meigen , sous le nom ti' Empides et de Tachydro-
mice. Avec ce dernier auteur , M. Macquart admet dans sa
premiere division les deux genres Hybos et Ocydromie; il decrit
deux especes du premier dc^ja connues des auteurs. Dans le genre
Ocydromie, il donne qualre especes qui sont dans le meine cas,
a I'exception pcut-eire de la deriiicro qui lui parait differer, par
la couleur de Tectisson, de YOrydromin sculcllata , Meig. Les
environs de Lille ne lui ont point fourni d'esprces du genre
yEdulca.S:\ seconde division est moins d'accord avec les travaux
du naluraliste allemand ; mais I'ouvrage de ce dernier, surcclle
partie, n'etait point public lorsquc la monogra{)ljie de M. Mac-
quart fut coniposcc , el noire modcsle compalriote convicnl que
Zoologie. io5
le mnnqne de cet ouTrage a pu causer qiielqnes iniperfeclions
d;ins le sien. Cependant ce travail sex'a certainement agreable aux
naturalistes, non-seulement en ce qu'il fait connaitre nos riclies-
ses nationales,niais aussi parce que, parmi plusicurs genres nou-
veaux, on en trouvera un , celui qu'il nomme Biceilaire , entiere-
ment inconnu a M. Melgcn. Voici ses cai'aclt'res : Trompe plus
courte que la tete , conique. Les deux premiers articles dt s an-
tennes courts, cylindrlques , ne paraissant en faire qu'un ; le
troisieme conique , teroiine par un style allonge. Pieds grtles,
assez allonges. Cellule siigmatique grande, allongee; mcdiastine
nulle; marginale , etroite , surf out vers I'extreinite ; sous-mar-
ginale elargie a I'extremite : deux discoidales, I'exterieure etroite,
I'interieure plus grande, terminee en pointe; 4 cellules du bord
posterieur, deuxieme fort rctrccie vers la base et paraissant pe-
tiolee ; troisieme fort grando et Icgerement siaueuse ; anale
etroite, de la longueur de la discoidale externe : nervure axil-
laire atteignant le bord de I'aile. Nous ajouterons que les genres
Dollchocepliale, Chelipode et Chelifere de M. Macquart, repon-
dent au genre Hemcrodroinia de M. Meigen. Celui des Tacliy-
dromies est le meme dans les deux auteurs , et le genre Einpis de
M. Macquart renferme ceux que M. Meigen appelle Einpis, Hi-
lara et Ramphomjia. M. Macquart nous donne deux especes de
Chelipodes, dont Tune etalt alors nouvelle ; le genre Clielifcre
n'a qu'une espece alors nouvelle aussi. 12 especes de Tacliydro-
luies sont cnsuite decrites, dont 9 parurent nouvelles a M. Mac-
quart; il en retrouva 4 sculement decrites dans le 3". volume
de I'auteur allemand ; le genre Biceilaire ne conticnt qu'une es-
pece qui est nouvelle. II decrit 24 especes d'Einpis , dont 14 lui
ont paru nouvelles , inais il en reconnut 7 dans le ?»'. volume de
M. Meigen , qui parut pen de jours avant I'impression de la
Monograpliie dont nous donnons ici I'extrait, ce qui le mit a
mtme de donncr , dans une note que I'on trouve h la derniere
j)age , la concordance de ses genres et de ses especes avec ceux
de I'auteur allemand. II serait fort desirable que M. Macquart
continuat a faire part aux naturalistes de ses observations et qu'il
publiat divcrses monograpliies dcs families de I'ordre des Dip-
lores que nous Savons aclicvees par lui , on ne demandcr qu'un
l<'-gcr travail pour paraitrc. Nous I'y e.xliortons pcrsonnrllemcnl.
L. S. !• .
io6 Zoologip.
85. MojiioGBAPiiiA CHLAuyDUM. Moriosuiphic il<-s Chlanivdes;
par M. Vincent Kollar; in-foi. tie A'JP-i 'i''»^ sm' pi>I>ier velin,
av. 2 pi. col. Vienne; 1824 ; Heubiu-r.
Le genre de coleopteres totrameres, cree par Knoch sous le
110m de Chluinys , est un demembrement dc celui des Cl\thkks
[Cly three) (\e. Laicharling et de Fabricius, dont il s'eloigiie seiile-
nient par ses antennes qui se logenl dans un sillon de la poilri-
ne, et par la forme raccourcie, gibbeusc et tres-rugueuse ou sca-
breuse de ses elytres; un caractere plus important qu'on lui
avail d'abord assigne lorsqu'on n'en connaissait que peu d'cs-
pcces, celui des {)alpes labianx fourchus, ne s'etant pas retrouve
dans celles qu'on a decouvertes plus recerament.
Ce genie a ete adoptepar M. Olivier et par M. Latrcillc. II ne
reni'ermait, daus I'Driginc, que deux especes senlemcnt ; ies
Chlamys tuberosa et foveolata , de I'Amerique du nord. 31. Oli-
vier en admit quatre autres de TAmerique meridionale , savo:r
k's Chlamys monstrosa , diffonms , plicata Gi gibbcra. Plusicurs
Clylbres de Fabricius devaient etre rapportesA ce genre, savoir:
Ies Ch\. monstrosa , plicata , gibber (i), iinprcssa et cnslnla ,
ainsl qu'Illiger I'a fait remarquer.
La inonographie que nous annoncons comprend 4'^ cspices
de Chlamydes parrai lesquelles 4 seulemcnt se trouvent avoir
ete decrites par Knoch, Olivier, Fabricius et M. Kirby.
Toutcs ces especes , a I'exception de deux , celles de Knoch, sont
originaiics du Bresil. Leurs dimensions n'offrent que tres-peu
de differences , et toutes ontunyjjc/o qui Ics fait rcconnaiire
au premier coup d'ail , el qui consiste dans Ies riigosites , Ies
sillons, Ies siuiiosites de leurs elytres et de leur corselet. Beau-
coup n'ont que des couleurs sombres; mais ([uelcpies-unes pre-
scntcnt des reflcls metalliques cuivreux ou violets plus ou moins
brillans.
Ces especes sont partagees en deux divisions. — • La premiere
comprend celles qui presentent pour caractere d'avoir la suture
des elytres denticulce poslei ieuieineiit. Ce sont Ies Chlamys i
monslrosn Ol. , 2 Bacca de Kirby , "i hirta , 4 spinosa , 5 Sc/irci-
(1) Cos in. Is pvcmicrs irp.>ii(kiil an^ cspLxes dc Clilaiiiyilcs ilii mrmc
IlniU J'Dliviii .
Zoologi{\ 107
betii, 6 Langsdorft, 7 intiicata , 8 tuberosa de Knocli , 9 Ln-
treillci, 10 Dejeani, i i adspersa , 11 Dromedarius , i3 Natte-
rc?i, 14 hieroglyphica, i5 Miihlfeldi, 16 Kammerlacheri , 17
Schottu, 18 globosa, 19 Oljcrsi , 10 hjbrida , 21 Mikani^ 22
Knochii, i'i variegata , 24 elongata, iS varians , 26 Schuchtii ,
27 fovcolota Knoch, 28 affinis, 29 Gennari, 3o exarata, 3i
quinquesulcata, 82 thoracica , Zl> ha'inorrhoidnlis ,'Sl\ sulcata ,
35 rubicunda, 36 Selowi , ^'j maculata , 38 Po/ilii , 89 Gr^vf-
/fw/, 40 signata, 4i olivacca. La seconde section coraprend les
Clilamydes dont le bord interne des elytres est droit et sans den-
telures, telles que les C. 42 cyanea, 43 Mono, dubia et sinuata.
Chacune de ces especes est signalee par une phi'ase latine in-
diquant lescaracteres generaux de forme et de couleur du corps ,
du corselet et des elytres. Ces phrases fort courtes sont en menie
temps tres-comparatives, et doivent facilementconduire a la de-
termination des individus qu'on cherche a ramener a leurs es-
peces respect ives.
Unc bonne figure coloriee accompagne chacune des descrip-
tions. Cclles-ci, tres-bien ordonnees , offrenl les caracleres tou-
joura disposes dans le meme ordre ; ainsi, apres I'indication de
la lalUe, on trouve tous les details de forme et de couleur, du
corps, de la tete, du corselet des elytres, de la poitrine,de
I'abdomen et des pieds. Des annotations en langue allemande
sont ajoutees a ces descriptions latines , etablissent les affinites
qui existent entre les especes les plus rapprochees, et donnent
I'indication precise du lieu ou elles ont ete recueillies (i).
Les caracteres essentiels du genre Clilamyde, admis pas M. Kol-
lar sont les suivans : Antennes de la longueur du corselet , pres-
que en scie, pouvant se loger dans une rainure de ce corselet.
Labre coriace, ecbancre, cili'i.Mandibulcs courtes, cornees , ar-
quees , tridentees a la pointe avec la dent intermediaire la plus
longue et aigue. Machoires subcornees , bifides avec leurs den-
telures membraneuses , rexterleure etant la plus longue et pres-
que cyiindrique; I'intericurc ou la j)lus courte etant comprimee
et soyeiise. Levre inforieure membraneuse , courte^ avec son
bord supi'rleur ( ou antcricur) dcntc. Palpes maxillaires a 4 ar-
ticles, dont le premier est tres-court, Ic second tres-long, les
(i) Tonics , a l'oxc("i)liyii Civs 2 ('S[)ccos dccrilcs i)ar Kiiocli , soul ilu
I'.iVsii.
io8 Zoologie.
troisieme et qu.itrienie presque i-j^ixw ct plus couj !s cjiie Ic
second. Palpcs posteriems ou labiuux tii;irliiiilc.s a i"'. arlicle
ties-court, a second ircs-long, obconique, couibe , ct le
troisieme ayant son extremite obtuse.
Apres avoir dit ce que nous pensons de bien dc celte mono-
graphic sous le rapport scicnlifiquc, il nous rrsle a faire con-
naitre lemorlte de son execution sous le rnj)[)orl typograpliiquc.
C'est sans conlredit un dcs ouvrages ies t)Ius soii,'nes qui aieut
^to publies jusqu'a ce jour on Allemagne. Cliaque description
remplit unc page, et Ies generalltes en occupenl qualre. Le
choix etl'einploi des caractcres sont parl'ails, et cet ouvrage fait
fionneur aux presses de M. Strauss. Desm..st.
8G. Entomologische Briefe. Correspondence entoniologique
par J. K. Lroch. in-8. av. i pi. an trait; imprinice en allemand
ot en francais. Mulhausen ; I8■^3.
Dans ce cahier, qui parait devoir etre suivi de plusieurs an-
Ires, I'auteur anonyme a place des remarquos «ur Ics Lucanes ou
Cerfs-volans, desqucls il resulte que Ics especes distinguces sous
Ies noms Ac Lucanus Ccrvus , Dorcas, Hircus et Copreolus , ne
sont que des variefes dune ineme espece entrc lesf[uellcs s'on
trouvent encore d'aulres qui formcnt une seric doni la faille el
Ies caracteressc modificnt d'unemaniere prcsquc insensible cnlie
le Lucanus Ceivus et le Lucanus Capreolits , qui en sont ics exlre-
mifes.
L'auteur ncpeut admetlre que ces varietes soient duns a la dif-
ference de la nourriture ou a sa quantile,puisque toutcs habitenl
Ies menies lienx et vivent egalcment sur los vieux troncs de clie-
nes. II ne peut admettre aussi qu'elles solcnt produites par des
differences de climaf , puisque Ies unes et ks aulres vivent dans
Ic mtine j)ays et sous Ies memes circonslauces atniospbi riqucs.
II parait pencher a croire qu'originairement il n existait que dcu\
especes, i". le Litcnnus Ccrvus, tres-grand, avec scs niandibulcs
pourvues d'une forte fourcbe a la poinln ct d'unc grosse dent du
cote interne ; et 9", le Lucanus Copreolus, beaucoup jjIus petit, ct
l)0urvu dc mandibulcs courles , a dentclures pcu prononcees. Ces
deux especes par leur melange auraieiit prodult une race moyeniie
feconde , qui s'accouplaut avec I'une ou I'autre dcs especes pri-
iniiivcs,aurait donne lieu aux races iuterm^diuircs a ccttc race
nioyenne el a res esix'ccs.
Ce uienioire reiiferm',' lui c^lraitde lousloj ouvraL""s alleman.ls
Zoologie. I cc)
rt francais qui li-altent de la distinction dcs e.sjteces de Lucanos
euro[)i'ens et dii fait de raccouplcment des individus a grandes
ni.iniiibulcs ou des inuics , et des individus a mandibules courlcs
( les bicbes ou les I'emelles), que GeoiTroy considere comme
appartenant a des especes particu'ieres. Desm..st.
87. Description de plusieurs insectis dipteres non encore
deciits ou peu connus , tiouves aux environs d'Hanibourp;,
par M. I. G. C. Lehmann, avec une plancbe coloriee. ( J(t<t
Ac. Cas.Leop. Carol. Nat. Cur., To. XII, part. i"^*^. )
Ces insectes, au norabre de onze, sont dccrils avec des de-
tails suffisans pour qu'il soit tres-1'acile de les distinguer de ceux
qui constiluenti les genres auxquels ils appartiennent.
Trois d'entre eux avaient deja ete mentionnes , niais non figu -
res par les auteurs ; ce sont i°. le Chironomus scalcenus de M.
Lebmann, ou Tlpida scalcena de Schranck, Fauna Boica, n".
2324; 2°. le Corethra culiciformis , Meigen. Bcsc. Eur. Zweilf.
Europ. I, p. i6j et 3°. le Limnobia pilipes , Meig. , pag. i5o.
Les especes nouvelles sont les suivantes. 1°. Leia AVinthemii
Lelim. FUn'ida ; Thorace fusco trivittato ; abdomine ftisco y basi
jiavo fascialo\alis fiisco maculatis; long. 3 llg. — 2°. Dollcbopus
nervosus, viride ceneus\ antennis ferrugineis apice nigris; tarsis
anticis , lobulo antopicall; alarum venis solito crassloribus long.
'i-~ — 3.1. — 3°.Dolicb. discipesWied., thoraceceneo;alis infurnatis;
pedibiis Jlavidis , anticis in mare disco nigra terminatis ; long 2 -.
— /i". Uolic.bipunctatusWIed.j^cwco wmto; thoracc nigricante ;
alis punctis duabus fuscis ; long. 2 ^ 3. — 5°. Dolic. pr.-ecox
^Vied. D. tvneus ; thorace lincis duabus dilutioribus ; antennis
nigris; hjpostomate albo ; alis limpidissimis; long, i -^ 2I. . — 6".
Pliora picta '\\\eA. , lutca,abdominr bifariam nigro-maculato ;
long. I -.1 — 7". Sciara 7ihdova\QAis1^ehva.,atra;alis nigricantibus
costd obscuriori; abdominis prima segmenta fuscescentc reliquis
croceis. — 8». Aedcs cinereus Hoffmansegg, tharacefusco brunnco
rubido piloso ; abdomine obscuriorc \pcdibus pallid is ; alis imma-
culatis. DESM....ST
^8. Description d'insectes de l'ordhk des Dipteres, des
Etals-Unis ; pai' Tlioaias Sav. [Journ. of Acad. Sc. not. oJ'Phi-
/<id., vol. Ill, avril a juillct 182 3, ou n"'. i a .'|.^
J.cs Dipiert's doiU les descriptions soul coittCKurs dans ro
HK-inoire out «5te recueiUis par M. Say dans son voyage uii\
1 1 o Zoologic.
nionlagnes Rochcuses , lorsqu'il faisait partie de rexpedilion
commandee par le major Long. Plusieuis sontcommuns a toutes
lesrctjions comprises entre I'Atlantique et la chaine des monta-
gnes Roclieuses, entre les 35*". et k'^". paralleles nord. D'autres
sont probablement particuliers a ces montagnes , et surtoul a la
parlie de la vallee du Missouri qui suit la base de ces Andes du
nord, contree qui , dans cette expedition, a offert un giand
nombre d'animaux interessans et de plantes inconnues.
Les especes decrites par M. Say sont ainsi designees : Culex
punctipennis , b-fasciatus , damnosus , triseriatus. — Ciiironoraus
lobiferus ,festivus , modestus , geminatus , lineatus , stiginaterus.
. Tanypus annulatus , tibialis. — Coretbra punctipennis. —
Mycetophila ichneuinonca. — Carapylomyza scutellata. — Eriop-
tcTA caliptera. — ■ Ciex\0'^\\ovai fidiginosa , abdominalis. — Lim-
nobia fasciapennis , macroccra , tcnuipcs , cinctipes, humeralis ,
rostrata. — Tipula cunctans , costalis , macrocera, collaris , an-
7iulata,trivittata. — Sc\o\)\\\\a fasciata. — Ryphus marginntus.
Simuliura venustum. — ■ Beris fuscitarsis. — Nembtelus pallipes.
. Xylopbagus triangularis. — Pangonia incisuralis. — Tabanus
m destus , annulatus , stjgius. — Chrysops ti-vittatus. — Leptis
ornata , punctipennis , quadrata, hasilaris , rufuhorax , fumi-
pcnnis,Jasciata, vcrtcbrata , albicornis, plumbea. — Thercva
tcrgissa, nigra. — Stygia vlongata. — Anthrax morioides , latera-
lis , scripta , analis , alternata , irrorata , caliptera. — • Asilus ver-
tebratus, scriccus. — OmnAins tibialis. — Dioctria ^-punctata. —
Dasypogon Gfasciatus , abdominalis, trifasciatus , argenteus ,
politus, cTucw^uJ. — Laplirla fulvicauda , glabrata , juacrocera,
sericea , tergissa. — Lcptogas tor annulatus. — Ilybos thoracicus.
.Bibio pallipes ,hcteropterus , albipennis , articulatus. — Sciara
femorata. — Dilophus stiginaterus, spinipes, t/ioracicus .^-Myopa.
vesiculosa , longicornis, biannulata. — • Conops marginata, sagit-
tnria. Zo^'ion fuh' if rons , abdominalis. — Dolichopus Sip ho ,
unifascialus , obscurus ,fernoratuSy cupreus , patiindalus. — Sar-
gus viridis. — Scccva polila , obliqua , concava, quadrata, cmar-
ginata, marginata , gemndnata , affinis. — Rbingia iiasica. —
S\cus feneslralus. — Empis 5-lineata, cillipes, sr.olopacea. —
Caiobata antcnna;pes , pallipes. — ^ Loxocera cylindrica. — Py-
vo\)i\furcala. — Oc\\Xhtv a em piformis. — ^cei\o^\mis jmllipes. —
V^Mch-ifuscipennis. — Heleomyza ^-punctata. — Olfcrsia L.icb.
nlbipennis. • — Oi-nithomyia nebulosa, pallida, conjiuenta. —
iMelopliagus dcpressus.
Zoo/ogie. I I r
Les 125 Dipteres dont nous voiions de rapporlcx" les noms so
trouvent tous appartenir , comme les Coleoptercs decrits par
M. S.'iy, a des genies europeeiis. La remarque que nous avons
faite au sujet de ces derniers se icprcsente naturclleraent ici :
la presque totalite des Dipleres de I'Amerique du iiord, entre les
35*^. et 4i^- P'lfalleles, seraient-ils congeneres avec les Dipleres
d'Europe, ou bien M. Say aurait-il reseive pour un travail par-
ticulier les especes qui, par la singuiarite de leiirs caracleres lui
parailraient ineriter d'etre erigees en genres nouveaux ?
Nous ferons aussi observer que cette lisle ne presente aucun
iosecte de plusieurs genres dont les especes sonl uonibreuses
dans notre pays, tels que les Stratyomes, les Syrplies, les Eris-
1a les, les Volucelles, les Milesies, les Mouches proprement dites,
Jes Ecliynomyies, les Lispes, etc. Desm...st.
8(j. Note topographique sur quelques insectes coleopteres,
et Description de deux especes des genres Badisler et Bembi-
dlon ; par M. Guerin. (Extrait.) ( Bull, de lu Soc, Philom. ,
aout 1823, p. 121.)
M, Latreille, ea envisageant I'entomologie sous un point de
vne geograpliique, a le premier ouverl une route nouvelle a la
j)liilosophie de la science, et les rcsultats qu'elle en i-etirera se-
ront d'autant plus certains que les observations et les fails de-
viendront plus nombreux. Cest dans ce but que M. Guerin a
cherche a suivre la route que lui a tracee ce grand maitre, ct
quoiqueles observations qu'il a presentees a la Sociele d'liistolre
naturcUe soient speciales ct pen nombrcuses, nous pensons que
si elles elaient failes sur un grand nombre de points de la
France Ton jiourrait arriver a avoir une geograpliie entomolo-
gique de cette belle parlie de I'Eurojie.
Les environs d'Amiens et de Paris lui ont I'ourni plusieurs
Coleopteres que Ton avail crus jusqu'a present propres a la Suede,
a TAllemagne et a I'Espagne.
Les especes decrites sont 1". le Badlstcr pcltatusVa^xvLtx qu'il
a rencontre a Paris.
2°. IJ Agomun i'idiium , Panz., trouve aux environs d'Amiens.
Cfs deux especes ctaient indiquecs comme propres a I'Alle-
magne.
3". h'0/nasa'us /ilcrri»ii/.( Vahv., trouve a Amiens: de Suede.
4". Le Banbidiuin Andrece Ciyll., du meme pays : de Suede.
1 1 -1 Zoolo'^ie.
V. Le PUttysma nigra Fabr., du meme pays : de rAIIemngne.
6°. Le Perjphus fasciolatus Duft. , du meme pays : de Suede.
7°. Le Colymbetes abbreviatus Fabr., du meme pays : d'AUe-
magne.
8°. 'L'Orobitis globosus Fabr., du meme pays : de Suede.
9°. La Chrysoinela lamina Fabr,, dum^me pays : d'Autriche.
I o'^-La Chrjsomcla Ropliani Fabr., du meme pays et de Paris :
de TAllemagne.
11". La ChTjsomela marginella Fabr., du meme pays : de
rAUemagne.
Les especes mal decrltes ou qui ne retalcnt pas sont lo. le
Badister humeralis de M. Bonnelli. La description de eel auteur
avail ele faite sur une femelle et ne s'appliquail pas exactement
al'invidu que M. Guerin avail entre les mains el qui se trouvalt
etre un male ; il a cru convenable d'en faire une nouvelle des-
cription. Get insecte a ete trouve aux environs de Parisj M. Bon-
nelli I'indique d'AlIemagne.
2°. Le Cactus rufescens Hoffraanscgg. Cette espece n'ayanl pas
ete decrite , il aurait pu lui assigner un nom el la considerer
comme nouvelle ; mais celui qui lui avail ete donne par M. Ilolf-
mansegg ayant ete adopte par M. le baron Dejcau dans le ca-
talogue Imprime de la collection, il I'a conserve.
Get insecte a ete trouve en octobre dans une ile de la Seine.
M. Dejean ne I'a trouve que rarement en Espagne. N.
yo. Notice sur la. Puce irritante; par M. Defrance. ( Ann.
des Sc. nat.yt. i, p. 44i> avr. i824- )
Dans cette notice M. Defrance donne quelques observations
nouvcUes sur la Puceirri tante; il a observe que lorsque Ton on-
vre des puces pretes a pond re, Ton trouve dans leur corps Imit
a dou7.e oeuCs oblongs, blancs, arrondis et d'egale grosseur aux
deux bouts. Ces oeufs sont lisses , sees , coulenl comme des glo-
bules de mcrcure, et se placcnt dans les lieux les plus bas, et les
fentes oii les larves peuvent se trouvcr protegees. Avec ces oeufs
on trouve des ;]rains noirs, presque aussi roulans qu'eux, qui
jiiovicnnent de Tanimal qui a scrvi de paturc a I'insecte, el qui
doivent eire di'voies par les larves. Ges grains affcctent differentes
formes, et qiioiqu'ils a lent ete pris jusqu'a present pour les ex-
en'nieus des puces, RI. Defrance fait voir qu'ils ne sont autre
( liose que du sang desseche. Si Ion veut voir Ics oeufs et ces petits
Zoo/nglr. , , 5
graias, on n'a qu'a visiter, pendant I'ete surtout, un fauteuil
suT lequel un cliien ou un chat se sera repose, et on y trouvera
beaucoup d'oeufs que ces insectes out pondus en se placant entre
I'animal et le corps sur lequel il e'tait couciie. Les cents eclosent
en tres-peu de temps , et I'auteur en a ramasse pondiis le meme
jour, qui sont eclos cinq jours apres. Ayantnourri ccs larvesavec
le sany desseche qu'il avail trouve avec les ceufs, il a remarque
qu'elles inarclient fort vite en elevant la tete. Dix-liiiit jours
apres, ces l.irves ont commence a fder des coques; mais avant
elles ont atlendu que tout ce qu'elles avaient mange fut sorti de
leur corps; dans cet elat , elles efaient blanches et transparen-
tcs. Les nymphes, qui ont beaucoup de rapport dans leur forme
avec les insectes parfalts, et qui presentent les pates collees cen-
tre le corps , percereat leur coque seize jours apres qu'clle eut
ete formee.
M. Defnince a tenudes puces sous I'eau pendant 2/, heures, et
elles ont rej)ris la vie apres en avoir ete retirees. Les femelles
pleines d'oeufs ont peri a cette epreuve, mais elles. ont subi jus-
qu'a 12 licurcs d'immersion sans perir. Ce qui fait voir que la
precaution que prennent certaines personnes de baigner les ani-
maux pour los debarrasser des puces , est fort inutile. Guer.
91. Anatomie d'unelarve apodk trouvee dans le bourdon des
pierres; par feu Lachat et Victor Aunouix. ( Meinoires de ia
Sociele d'Hisl. nat. de Paris , to. i , part. 1 , p. 329.)
Lesaulenrs de ce memoire irouvcrent, le 7 juillet 1818, una
larveb!:inchatre,tres-molle et sans pieds, enire les ovaires, au-
dessus de I'estomac, enlre celni-ci et I'aiguillon, et sous le vais-
seau dorsal d'nn bourdon des pierres, depourvu de graisse. Cette
larve avait onze anncaux , un long col, une bouclie , deux le-
vres , deux crochets , et des nianielons deper.dans de la peau; le
reste de son corps ^tait renfle, un peu silloniie en dessus et en
dessous par une serie longitudinale de points groupes ordinai-
rcment trois par trois sur les coles de ciiaque annean , qui lui
meme paraissait legerement Strangle. L'extremite opposee a la
bouche, correspondanle au recleur du bourdon, iivait un anus
fendn verticalenient, et «leux plaques lateraics plus elevors, voi-
siues I'une de lautrc, et tres-curieuses par leur organisation et
leur importance.
Deux membranes reronvrent font Ic corps de cette larve
B. Tome \\\. ^ '
,,4 Zoologie.
I'uiie cxterieiitc est ronfoiidue avec Ics levrcs, et attacliee nnx
crochets et atilour des eminences marron du Lout obtns du
<rorps; elle est libre dans le roste de son etendue. L'aufrc mem-
brane est extremement minre,parsemee de tracht^cs noinbrcusos,
«efixe nux memes points que I'exterieure, ct a I'entour d'une
sorte de perlesiiucc vers la fin de rcslomac.
Les organes de la digeslion sont composes d'un oesopliage qui
nait de la base des levies, et fournit, jieu apies sa naisaance,
insertion a deux poclics splieriques. L'estomac est la plus large
et la plus longue portion des intestins; il se recourbe en un coude
tourne en Laut , descend un peu en avant, forme un second
coude tourne a droite vis-a-vis le milieu du corps, et se dirige
en travers ; revenant alors sur lui-meme, il se ploie en anneau
rompu, et s'allonge vers la parlie posterieure droite ou son dia-
metce dirainue. La, s'appuie posterieurement conire sa surface
exterieure, une petite sphere un peu deprimee, argcntee et bril-
lante; elle a deux faces separees par une arete ou s'altache I'cn-
veloppe generale interieure de la larve. Apres cctte sjjhere , l'es-
tomac se retrecit encore, et donne naissance a deux vaisseaux
opposes, dont cliacun se divise prcsque aussitot en deux bran-
dies, qui montent vers les premiers anneaux du corps, revien-
nent sur elles-memes vers le milieu de leur longueur , et s'enfon-
cent dans les premiers replis ou elles se tenninent. Apres
I'inscrlion de ces vaisseaux vient le rectum, dont le diametre est
rooins considerable que celiii de I'eslomac ; on y apcrcoit des
rides disposees transversalemcnt , et il se termine, en diminuant
liigerement, a I'anus.
Au-dessous du canal intestinal se trouve un appareil dont on
n'a pas pu determiner exactemcnt la naissance. II mesure la moi-
tlc; anierifurc de IVcsophage , se dilate, etse divise en deux bran-
(hcs plus grosses, qui a'engagent entie l'estomac et les vaisseaux
aveugles.
A la partie posterieure , et de cbaque cote de I'anus, se trouvent
deux eminences dont nous avons parleplus haut; elles sont par-
semees d'un i;rand nombre de points disposes irregulierement;
cliatun d'eux est compose d'autres points infiniment plus petits ,
qui brillent comiiie despierreries. Les Iraclices recoivcnt Fair par
cos petits points, sont doubles, et sur les cotiis du corps, oil elles
s'ctendent conime deux arbrcs dont les racines seraient fixecs i
Zoologie. 1 1 5
ces eminences, et dont le sommet, apres avoir forme une grande
quantite de ramifications, irait se terminer vers la bouche.
D'apres ces observations on voit que cette larve ressemble
beaucoup au Dipodiutn apiairc de M. Bosc , et qu'elle avolsine
plusieurs larves de Dipteres, decrites par Reaumur. {Mem. pour
sen'ir a I'Hist. des Ins., torn. IV et V.) M. Latreille I'attribue au
Conops rufipes, dont il a trouve des individus dans une boite,
dans laquelle il avail renferme des bourdons terrestres (^Bornhus
terrestris Fabr.)
Ce memoire, dont nous ne donnons qu'une analyse tres-
succincte , est accompagne d'une bonne planclie litliographiee.
GuER.
92.RKCHERCHES SCR l'organisation et les fonctions du Cysticer-
que pisiforine ou Hydatide des lapins ; par Michel Fodera.
( Archives generalcs de Medecine , t. IV, p. g. ]
On sail que les Cyslicerqties sonl des vers hydatiques ayant la
forme d'une poire, el dont le prolongement est termine par
une veritable lete de tcenin. Leur masse se compose principale-
raenl d'une enveloppe membraneuse dont la structure n'a pas
encore ete examinee avec une attention suffisante, etd'un liquide
tres-transparent , contenu dans celle enveloppe.
M. Fodera, employant le moyen ordinairemenl en usage pour
observer ces aniiaaux , a place entre deuxlanics de verre, en les
comprimanl legerement, des cysticerquos du j)eritoine des la-
pins, el a porle ces lames sous la lentille du microscope. II n'a
pas larde a reconnaitre dans les membranes qui conqjosenl lear
Ycsicule un tre.s-beau reseau vascuiaire cl un grand nombre de
pelits corps ovoides, qu'il considere comme ctant Ires-probable-
ment des ovules. Ea di-ployanl le corps de I'animal, il a vu que
vers le renflement cephalique ct terminal, il y avail quelques-
uns de ces ovules epars ca et la ; que leur nombre s'augmentatt
a mesure qa'il portail son microscope vers le milieu du corps
lieu ou il y en avail le plus, el qu'il diminuait en approcliant de
la partie la plus renflee ou de la vessie caudale.
Le reseau vascuiaire etait forme par des mailles d'inegales
grandeurs, qui elaieut plus ou nioins variables selon les indivi-
dus, ct les vaisscaux offraient des roirecissemens plus ou moins
varies. M. Fodera n'a observe ces vaisseaux que dans la ve.ssie
caudale, et n'a pu les suivrc dnns le corps, paroe qu'etant rrnlii'
sur lui-m^me , repaisseur ti<'s parties ne perniettail p.ts a [\v\i
de les dislingner. Observes ainsi entre deux verres, Ics valsseaiix
paraissent transparens et d'r.iie coiilcur blaiichatre; ce rpii Ics fait
dis^lingiier du reste dii tissu qui est un peu grisatre et diapiiane.
t)ii peut aussi les voir a I'aide <i'une forte loupe, mais seuiement
lorsque le cysticerque est vivant. Les ovult-sse distinguent tres-
bien, m^me apres la mort.
M. Fodera fait remarquer que le reseau vnsrulaire du cysticer-
que a beaucdup d'analogle avec les vaisseaux lymphatiques des
aniinaux niamraifcres, et surtout avec ceiix de raraciinoide, re-
preseiites dans la fig. 5 de la planche 1 6 du prodrome de l;r
grande anatomie de Mascagni , et teux de la lig. 4 <le la p!. G ap-
partenant a la face externe des pouinoiis d"un faMus devaclie II
trouve d'ailleurs dans la structure de la membrane du cysticer-
que de I'analogie avec celle des membranes sereuses , hicn que
ces derniers jouissent de la faculte contractile qui manque a l;k
premiere. II suppose que ces vers, toujours environnes d'une
nialiere streuse , ])uisqu'i!s se trcuvent dans la caviio perironcale
deslapins, la ponipent par Ics ouvertnres ceplialiques, et la
liennent en reserve dans Icur v(!'sicule caudale; que le fluidc qui
les environne et celui qui est suce est absorbci par leurs super-
ficies externe ct interne, arrosc tous les ])oints du fissu de leur
economic, et penetre aussi dans I'interieur de leurs vaisscnux.
Pendant I'absorption de ce fluide , celui qui s'y trouve s'exhale ,
en sorte que ce mouvement continuel d'absorption et d'exbala-
tion , en renouvelant le fluide dont ils se nourrissent , enlretient
leur existence. II n'y a pas de vraie circulation, en tant que le
fluidc qui part d'un point n'est pas force d'y revenir rigoureu-
seuicnt ; il y a seuiement transport <lans les vaisseaux , d'une
maniere irreguliere, dependant de la varietc de pression que les
contractions de I'aninial exercent en se mouvant: Le flr.ide qui
se trouve en un point peut , par I'effi t de ces pressions,se ba-
lancer dans rinlerieur des vaisseaux , avancer, retrograder, se
porter a gautbe ou a droitc. II peut enfin parcourir lintcrieur
du vaisseau vasculaire sans suivre une marche rcguiiere et eon-
stante, parre que , comme M. Fodera I'a observe, ce reseau n'est
qu'un tissii dc mailles entrelacees qui n'aboutissent point a un
vaisseau unique.
Zoolo^ie. 1 1 7
93. Anatomif, des Phtsai.ies. Exfrait d'line letlie du D*^. J. C.
Vail Hasselt a M. leprof. Van Schwindehen, a Groniiigue.
j .■lllgemeine Kunst en Letter bode, iSi'i; et I sis de Oken ,
i8.»3, call. i'2,p. i4i3etsuiv.)
J'ai riionneur de vous faire connailrc aujourd'liui les r^sultats
«iue feu mon ami etmoi noiisavons obtenus de la dissection d'un
grand iiombre de Physalics. Quant aux especes dece genre, je
crois pouvoir prouver suffisamment , par les observations sui-
vantes, que les 4 especes decrites par Lamark, et la 5^, ajout^e
par Tilesius , n*;i]>partiennent qu'a une seule et meme espece ;
circonstance (jui n'a point echappe a la sagacite de Cuvier.
/'Ajja//e(Arethuse) megaliste Peron. Nous a vons rencontre
des individus de cetle espece d'une grandeur tres-diverse , et dont
quelques-uns surpassaient les autres 6 fois. La vessie d'air est na-
turellement placee vers le haut: il est neanmoins difficile de bien
designer la partie dorsale , puisquc la position de la vessie d'air
change constamment par la conlxaction des divers faisceaux
inusculaires. En effet , I'air s'amassant dans I'une ou I'autre partie
de la vessie, cette partie se gonfle el devient la partie superieure
ou dorsale. Dans nos reclierclies nous avons considere la crfite
«:r)iiime la partie de derriere, et le point nu comme la partie
de dcvant ; ainsi I'un est le ventre, I'autre le dos. Si Ton irrite
I'animal du cote que nous regardons comme le ventre, il sepre-
senle dans la position representee par Peron : la ciete est alors
sur le dos; la grande extremite anterieure, semblable a un cou ,
s'avancc pcrpendiculaireraent au-dessus de I'eau, se rapproche
beaucoup avec la crele, et forme avec celle-ci un angle droit.
Dans cet elat, c'est la Vhysnlia megalista. Mais, si Ton n'irrite
point I'animal , la cr«5te se relache, la partie anterieure ou le cou
est penchec horizontaleraent sur lean en formant une lignepres-
que droite avec le reste de la vessie d'air avec laquelle elle for-
mait auparavant un angle droit; alors c'est la Physalia elongata,
4*. espece de Lamark. La crete se gonfle lorsque I'air y entrc,
6tant pousse par la contraction des faisceauv inusculaires de la
partie anterieure. Ainsi done le tissuveineux , par lequel on pi'e-
tend distinguer la premiere espece (^Physalia pelagira') de La-
mark, ne cofisisle ([u'en plis , (|ui viennent dc cc que les parois
de la Crete soiit liecsintcricinemenl par des cloisons. Par suite du
gonflenient , ces cloisons dcvieiincnt plus ajiparenlcs, et , comme
1 1 8 Zoologic.
la lumiere s'y brise avec eclat, ces plis exterieurs, produjis pnF
les cloisons, ressemblent a des veines vertes ct rouges. La crtic
meme differe bcaucoup chez Ics divers individus, elant plus oa
moins entalllee, plus ou moins longue; en sorte que sur un in-
dividu elle s'etendait presque jusqu'a rextreiiiite de la p.irtieaii-
terieure, tandis que sur un autr^ elle etait aussi courte que la
represente le dessin de Peron. La hauteur de la crete ne depend
done qne dc la plus ou moins grantle etendue. Elant relombi-e
sur elle-meme, la crete est basse et aiguii; alors c'estla PhysaUa
tuberculosa, 2^. espece de Lamark; car on aura neglige de re-
xnarquer sur les aulres cspeces dc'ja nommees la a*^. marque ca-
racteristique de cette espece extremilate anteriore tuherculis cde-
ruleis, seriatis , coh/ertis, vu que cette marque a cte prise dcs
ovaires qnlse trouient a la partio ])osterieure<ie la vessie, ct qui
existent egalement dans la Phjsclia mcgalista; pent-etre se rela-
cbent-ilsa certaines epotiues de Tanner, ce qui a piiempecber de
les observer. Sur les jeunes individus on nc resnarquc point,
conime sur les plus ages, la conleur violette de la vessie d'air; cc
fut probablement d'apres cette demlere marque que Tilesius fit
son espece , la PhysaUa glauca. Dans les jeunes , la plus grande
partie de la vessie d'air a la couleur de la mer; dans ceux qui
sont plus ages, la crete seule est veinec de bltu; ct ce n'est que
sur les plus grands qu'on voit diverscs parties de la vessie d'air
meme teintcs en bleu. •
En consequence de ces observations les espcces (iu'cu a cta-
blies, i I'exreptionde \a PhysaUa megaUsla, percltiil Icurs ca-
racteres disiinctifs; mois nous en avons observe une qui se dis-
tingue de celle-la en ce quelle a sur le cote droit tout ce que la
PhysaUa tnegnUsta a sur le cote gauche ; c'est pourquoi nous lui
avons donne le nora de Phys. obvcrsa : au re?te,ellL> ne differe en
rien de I'autrc.
Voila ce qui concerne les especot;. ?:()us allonsiiiainlenant In-
diquer quelques fautes que la dissection nous a fait connailre.
Avant tout, je dois faire remarquer qu'aucun animal ne nous
avail offert encore tant de difficnit.-s pour la dissection. Non-
seulement il a fallu examiner beancoup d"individus pour acqucnr
une idee de la destination des diversos parlies , mais il a fallu re-
venir sur nos opinions au sujet dc quelques organes, et malgre
tous nos efforts nous n'avons pu arriver a la certitude .sur fous
les points.
Zoologie. 119
Nous commencons naturelleinent p:ir Ics orgaiias les mieux
develojjps'sdans les animaux inferieiirs relatlvemenl auxaulres,
en sorte qn'ilfaut s'etonner de ce que Tilesius ne les ait pas yus.
Orgnne etc propagation. Les anteniies de Laraark et les ou-
vcrtures brancliiales de Tilesius, c'est-a-dire les organes ducote
ventral qui s'attachent a tout, et, lorsqu'elles sent separees, se
pioient et s'etenJent dans toutes les directions, ne sont, suivant
notre maniere de voir, autre chose que des conduits d'oeut's :
c'cst ce que Cuvier avait deja conjecture, tulles sont , chez les
Physalies, ce que les prolongeraens du cote ven'ral sont chez les
Porpites et les Velelles, avec la difference que les oeufs, au lieu
d'y tenir on dehors, sont attaches dans I'interieur a des eleva-
tions rondes. A I'epoque de la maturite, les oeufs se detachent
surement de ces elevations, et sont pousses hors do rextremit^*
libre du conduit par la contraction des faisceaux uiusculaire* ,
longs et ronds;-en sorle <jue l'orilice,qui servait auparavant pom
pomper I'air et s'altaclier aux ol^jets , sertalors pour laisser pas-
ser les oeufs. Des que ceux-ci sont tres-developpes , ils se laissent
aisement presser par I'ouvcrture, dont on n'apcrcoit rien tant
qu'ilssont encore peu duveloppcs. Les conduits d'oeufs de la par-
tie posterioine de la vessie , qui sont tout-a-fait siipares des gran-
des honppes de celte vessie du cote du ventre, ne different pas
essenliellenient de cel!es-ci.
Enire les conduits d'ajufs nous trouvaines des houppes de di-
verses grandeurs , cjui sont ires-diffieiles a decrire , niais qui dans
la suite seront mieux corinucs par nos dessins. Qu'on se figure
un canal principal, tenant par un bout a la vessie d'air, tandis
quel'autre se joint a un conduit d'oeufs. Dans ce canal debou-
client beaucoup d'aulrcs c:anaux distribues dn diverses nianieres,
el aboiilissaiit enfin a un saciiet dont la grandeur varie. Ces sa-
chets, qui d'abord sont loul a-fait ronds, prennent ensuite une
forme ovale, et font, pour ainsi dire, la Irausltion a la forme
des conduits d'oeufs encore fcrnies : c'est cc qui nous a suggere
la conjecture que, quelquefois, ce canal n'est autre chose qu'un
conduit (i'ceufs prolongc, el que K-s vesicuh's ne sont (]ue de
pelits conduits d'oeufs issus des grands. .Si cetle conjectirc u'e-
lait pas foiidee,' la deslinati-ju de ces organes rcsterjit enti^re-
raentignorec. Mais co qui nous aconllrmes dan:, notre conjecture,
re sout des conduits d'oeufs a la base des<jiiels se nioatrait uu
pc'.ii noiiihre dc vciicules si etroitcmenl joinles a rcux-ti <(U o(i
1 30 Zoo/ogir.
ne pouvait apercovoir nucun passage de communic;ition, landis
que dans d'autres individus, la forme du conduit d'anifs se distin-
guait Lien micux.
Organes de nutrition. A IV-gard de ces organes, il nous est
reste beaucoup de doulcs; il faudra que des recherches ultcrieu-
res nous prouvent jusqu'a quel point nous avons reiissi, en ge-
neral, a les decouvrir. Nous regardons avec Tlleslus les Physa-
lies comme des polystomes, sans que nous soyons d'accord avec
lui sur ce qu'il prend pour des ouvertures de bouclie.
A la jointure de ch.icnn des beaux et longs cordons appelds
ordinalrcment bras, et qui possedent la propricte d'exercer un
effet caustique sur la pean , se trouve une vessie cornee qui dif-
fere beaucoup de tous les autres organes. A la pointe de celte
corne nous crumcs avoir decouvert I'ouverture de la bouclie;
du ni<Tins, dansl'etat frais , nous pouvions aisement exprimer la
matiere glaireuse dont elle est toujours rempiie, tandisque cela
ne reussissait plus pour les individus qui avaient ete pendant
qnelque temps dans IVsprit-de-vin. Voici les raisons qui nous
determinerent a regnrdcr cette corne coniine ctant I'organe
de la nutrition : i°. elle est toujours joinic a un bras par lequel
la proie ])eut t-tre prirw'-c a I'ouverfnre dc la bouche. 2". Nous
aTons trouve toujours dans ces ouvertures de la glaire, et dans
cette glaire il y avail souvent beaucoup de vers intcstinaux vi-
vans [distomesy, il est vrai qu'une fois nous en avons trouve
aussi dans un conduit d'oeufs. 3°. L'ouverture qui se trouve a
I'extremit^. 4"' Le grand nombre de vaisseaux que nous avons
remarques aux parois de cet organe, oil probabjement ils sont
plus developpes que dans les autres parlies de I'animal; parlies
qui, dans cette supposition , ne pourraicnt rcccvnir que des ra-
mifications de ces vaisseaux, si toutefois dies rcroivent du chyle
nutritif.
La grandeur de ces corncs est toujours en rapport avec ccllc
du bras ; aussi Tunc des cornes , qui est d'une grandeur reniar-
quablc, tient a un bras qui surpasse egalement les autres en
grandeur, etqu'on appellecommunement le c/rft/e de I'ancre. En
fendant cette corne, on apcrcoit, presqu'a I'endroit oil elle se
joint a la vessie d'air, deux petites ouvertures rondes, dont I'une
conduit dans la cavite du bras, et I'aulre dans un can;.l court rpii
se prolonge a la cavite de la vt ssie d'air. Ainsi, a ]iroprement
parler, le bras est attaclir a la base dc la cortic , et ses deux tavi-
Znolui^ie. I 2r
!es cominuniquent entre elles; I'autre canal, plus court, par le-
quel la corne est en rapport avec la cavite de la vessle d'air , re-
coitpar de nombreuses ouvertures diverseshouppesd'ovaires qui
y appartiennent.
A I'egard des brns cl-dessus mentionnes, que Ton pcut consi-
dereral'instar des conduits d'ceufs, comme des organes de mou-
vemens spontanes, et qui servent ea nieme temps a I'animal pour
saisir sa nourriture, ils repondent aux organes de tact des Ve-
lelles, Porpites et Meduses , avec cette seule difference que dans
ces derniers animaux ils font le tour des conduits d'oeuls , tandis
que dans les Physalies lis sont disposes irregulterement entre les
ovaires, et tiennent par la base a une vessie cornee. Par ce qui
precede on voit que ces organes sont des tuyauxcreux; ils sont
enduits, comme tout le reste de I'animal, d'une peau musculaire
consistant en filamens transversaux et longitudinaux, pac^ les-
quels ils acquierent la propriete de s'etendie d'une maniere in-
croyable , et de se contracter , sans que pour cela un bras depende
du niouvenient de I'autre. Au dehors de cette paroi musculaire
on voit des rugosites Iransvcrsales qui, sous le microscope , se
presentent comme un amas de globules glaireux. Nous croyons
reconnaitre dans ces amas de glaires, I'organe oii se fait la secre-
tion de la matiere caustique si connue des Physalies.
Si Ton tlent un des bras centre la lumiere, on apercoit aussi-
tol de petits polls tres-lins sur les amas glandulaircs. On pent les
extraire, et il nous a paru qu'ils viennent du durcissement de la
glaire a I'air, a pea pres comme les fils des araignees se durcis-
sent a I'air. La sensation caustique que I'attouchement des Phy-
salies excite sur la peau parait etre produite par cette gl.iire
meme.
Dans toutes les Physalies on rcniarquc phisieurs bras; il y en a
de Irois couleurs diflcrcntos , savoir, des blcus , des violets et des
rouges : ceux de la derniere coulein- sont les i)lus petits, el Ic.^
bleus sont les plus grands; tons sont loiiiics de nirme, et il n'v a
de difference que pour la grandeur et la couleur. Les bras violet-*,
qui sont plus grands que les rouges , paraissent indiquer la tran-
sition du rouge au bleu. Ainsi done , il y a des bras grands et
petits : nous elions fondes a su])poser qu'il y en avait de plus on
moins vieux ;un examcn plus attentif nous a j)rouve que noiibno
nous trom])ionspas; nouseu avons trouvc cu effet de si petits, dc
sipeu developpcs , cju'ila falln nous tonvaincrcpar le inicro;copo
122 Zoologie.
de ce que jeur organisation s'accordait reellement avcc celio dcs
bras plus grands, et comme nous vimes un de ces petits bras
sortir de la based'unc houppe do conduits d'oeuls, nous presuma-
mes qu'ils pouvairnt fjcniifr ilans les aiitres ramific^jtions a Tin-
star des conduits d'a-ufs. II y a toujours a leur b.isc une vessie
cornue : voila aussi pourquoi nousrcgardons lesPhysalics commc
polystomes. Ce qui vient a I'appui de notre conjecture, c'cst
qu'ayant examine deux Physalies qui n'ctaient pas plus gros
qu'un pois , nous n'y avons encore apercu qu'un seul bras ; c'etait
le principal, ou le cable d'ancre dont il a ete parle plus haut.
Les Physalies paraissent done se propager de deux manlcres, d'a-
bord par ccufs, etpuis par rejeioiis.
Terminons par quelques mofs sur I'organe qui met I'animal a
meuie de nagcr a la sTiil'iice de rOcvaii. Ce que sa vessie d'air of-
frc de dilTcrent d'avec les organis d'aniinaux semblablcs n'est
qu'une apparencc : eueifet, cetfe vessie est une ressemblance de
plus que les Physalies ont avec les Porpitcs et les Velelles; aussi,
dans CCS dernlers aniraaux, le cartilage consiste en tuyaux hori-
zontaux places tout pres I'un de I'aulre, etqui sont remplis d'air.
Mais d'oii I'air arrive-t-il dans rr-lte vessie ? A I'exfremite de la
partie antcrieure, Tilcsius vit \v.\*i uuverture; et, a cettc ])arlie ,
nous aussi, nous avons fait sortir une t'ois de la glaire et de I'air
par une pclite ouverlure. Snr un iiidlvidu conserve dans de I'es-
prit-de-vin , nous ne pi'imes introduire de i'air dans la vessie
qu'en enfoncani le jielit lube en! re les pcaux muscnlaires inte-
neure et ext('rieuie : nous n'y parvenions point lorsque nous
voulions introduire I'air j)ar la peau exterieure seuieuicnt. 11
reste done toujours encore dcs (ioutes. jNous regardons comme
vraiseniblablc que I'air est introduit par cellc ouverture exte-
rieure, et comme nous n'en avons pas rcinarqued'autre, il est
possible que I'evacuation se fasse par la meme voie; mais com-
ment I'animal, lorsqu'il a plongc, s'y prmd-il j)our' remonlcr a
la surface ?
Nous souraimcs cet air a une analyse chimiquc, a I'aidu d'un
cudiometre; cepcndant, comme de jiarcillescxpeiieucos sont dif-
ficiles a exc'culcr dans un valsscau foriement agile, nous atta-
chons nous-menies pen d'imjjoitance au rcsultat qui no nous
donne qu'une diflcrence tres-insignifiante aveo I'air environiiaiU.
Ce point merite sans doute nn exauien plus rigoureux.Ku OHlbn-
<jant la vessie d'air dans I'cau , et en la jiressant , nous vlnM>^ Vrv
Zooiogie. 125
jH'fliier (lansies vessics coruues, et inernedans uii conduit d'oeufs;
il semblc done que toufes les parois ainsi que Irs divcrses cavites
de J'animjil sont en communication. La pean interieure ne parait
etre liee que tres-faiblement avcc celle du dehors, ou la peau
musculaire, puisque par le souffle scul nous piuncs Ics separer.
\ oila Its fruits d<^ lios recherclies. Pour ttre plus brpf , j'aira-
rement cite d'aulrt's nutcurs, t;int pour ce que leurs observations
ont d'analogue a vec les uolres que pour cequ'elles on t de conlraire.
Calavia, le i'''^. fevrier 1822.
9^. Extr.vitd'un travail deSI. IjAMOtiroux, intitule :7///ro^/«t-
/ion a I'hisioire dcs Zvojj/ij tcs et (inimaux rayonncs, hi le 7 juin
1824, i la Sociclii Linneenne du Calvados, travail destine
pour TEncyclopedie metbodiquc.
L'auteur,apres avoir passe rapidensent en revue Ics ouvrages
dcs natnralistes qui se sont occupcs de cctte iclasfse d'elrts, apres
avoir analyse les Iravaux dc Bruguiere, dc MAI. de Lamark
et (Aivier siir les zoophytes, a paih; de leur classilication. II a
d'abord indique une nouvelle distribution du regne animal en
deux grands embranchemens, celle des animaux symetriques et
celle dcs animnu.Y asymetriques : le premier renferme les mam-
mlferes , les oiseaux, les reptiles, les poissons a squeleite inter-
ne, les t,-rustaccs, les arachnidcs et les insectes a squelette externe ;
ie deuxieiue comprend les annelides, les cin-hipedes, les mol-
Insques, les polypes a polyjiiers, les echinodermes, les acale-
pbes, les ])olypes nus et les infusoiros. Les vers intcstinaux se
partageiit dans plusicurs classes dc ce dernier <'inbranclienient.
('cite distribution est conuue depuis plus de six ans de la
plup:irt dcs meuibres residens de la Societe qui ont sisivi les le-
cons de M. Lamonroux , a la faculte des sciences de Ca^n ; ils
ont entendu plusieurs fois ce professeiir developper les caracte-
res de ces deux grandes divisions du regno animal. Neanmoins
il a suivi , dans son ouvrage, la classification de M. Cuvier com-
me la plus generalemcnt ado|)tce.
M. Cuvier a divise ses zoophytes en cinq classes : Ics echino-
dermes, les vers intcstinaux, les acalcphes, les polypes et les
inf'nsoires. M. Lamouroux , apres a; oir donnc leurs j)rincipaux,
caracteres, aprcs avoir parlo d'une inaulore generaie de leuv
lorinc, de leur organisation, de leur reproduction, a traile spe-
cialcmrnt dc Icuf; habitations; et, dtnionlranl que tons les ani-
^ 24 Zoologie.
xuruix rayotines vivcfil dans I'eau ou dans iiii milieu huiuide, i!
a cluTche a prouver qu'il en etait de meme des aulres animaux
lion synictriqucs. Ainsi, d'apres M. Lamouroux , tous les ani-
maux de la premiere division ont des organes pour la respira-
tion ou la decomposition dc I'air : ce fluide gazeux osl indisjieii-
sable a leur existence, ils pcrissent dans un temps plus ou moins
court, toutes les fois qu'ils en sont prives, tandis que les ani-
maux de la seconde division , au contraire, les asymetriques, non-
seulement n'ont pas besoin de respirer I'air pour subsister,
mais encore souffrent de Taction de ce fluide et manquent pres-
que tous d'organes propres a son absorption. Cest I'eau qui
leur est indispensable; ils ne peuvent s'en passer. Enfin I'aniinal
symctrique habitant de Toau, quoique organise pour vivre dans
cet element, est force de s'arrcter a une certaine distance de la
iurface des mers ; le poids enorme de la colonne aqueuse, la
privation de I'air, I'absence de la lumiere ne lui permettent pas
de penetrerjtisqu'a ces profondeurs inexplorees , sejour reserve
aux mollusques et aux polypiers. De ineme que M. Lamouroux a
propose dans sa geogr.iphie physique de diviser les plantes en
geophyteset en hydrophytes, il aurait etc plus exact de dire en
aerophytcs, de meme il propose maintenant de diviser les ani-
maux en aerozons et hydrozoons; denominations peu harnio-
nieuses, il est vrai , mais qui expriment parfailement son idee.
Ce naturaliste traite ensuite du nombre de zoophytes conside-
res comme individus, comme especes et comme genres : il croit
que dans cette classe la quantite d'individus est superieurc a
celle de tous les autres animaux. II pcnse qu'il y a tout au plus
6000 especes de decrites dans les auteurs et 2000 environ d'ine-
dites dans les collections, mais que ce nombre n'est qu'une frac-
tion dece qui doit exister dans la nature. Les genres, au nombre
de 60 , dans Ic Sjstcina natiira; de Gmelin, de 160 dans I'His-
toire (les animaux sans veitebrcs , de M. de Lamark', est main-
tenant de plus de 200 , et s'accroitra encore lorsquc ces ani-
maux scront mieux connus. Enfin M. Lamouroux termine son
introduction par un tableau des difficultes nombreuses que pre-
seutent I'etude et la conservation des zoophytes. D. C.
Meldnses.
MELANGFS.
93. I.KTiRE EcniTE PAR M. Lesson , pharmacien lie la marine,
naturnliste de I'expeditioii autour du iiionde , commandee
par M. Dnperrey, a M. de Ferussac. Amboine (Moluques),
10 oct. 1823.
Je saibis avecempressement I'occasion de vous donner qiiclques
nouvelles sur les travaux dont je suis charge dans I'cxpedition
aiitour du luonde de ia corvette la Coquille. Je le fais avec d'aii-
tant plus de plaisir, qu'aujonrd'hui j'ai la certitude de pouvoir
remplir complctement nies promesses envers vous, en vous of-
f'rant une nombreuse et belle suite de coquilles terrestres et
fluviatites. A Sainte-Catherine (Brcsil), je n'ai trouve que trois
especes; aux Malouines , aucune; au Chili , j'ai vu et dessine la
belle Helix serpentina de Molina , et une coquille abondante
dans les eaux froides de Penco; au Perou , j'ai trouve quclques
LiniaceSjUn Bulime, unPlanorbe, elc. Payta, pres du Mexique,
ne m'a absolument rien oflert. A Taiti , j'ai recueilli un petit
Bulime et une Parraacelle, de merae qu'a Bovabova. Enfin, j'ai
observe un grand nonibre de Scarabes et des Helix magnifiques,
dont j'ai une belle suite a la Nouvelle-Irlande , a Waigion, a
Bouron et a Amboine. 11 est de ces coquilles dont j'ai recueilli
des centaines d'echantillons. Je porte a 80 le nombre des especes
que je posscde , etj'en ai de magnifiques individus.
D'ici , nous devons visiter Timor et la Nouvelle-Hollande, ou
je pourrai augmenter singuliercment mes collections, riches sur-
tout en poissons , en reptiles et coquilles marines. J'ai pu exc-
culer 200 dessins colories d'animaux marins nious, tels que
Salpa, Meduses, Ascidies, etc.; poissons , plantes , etc. La mine-
raiogie enfin m'a toujours occupu sous le rapport geologique ,
et nies notes a ce sujet, ainsi que mes collections, pourrontof-
frir peut-ttre quelque interet. Puisse-je obtenir I'asscntinient
des personnes qui avancent la science, et les penibles desagrc-
mens des vovages de la nature des nofrcs seront oublies.
Je suis, etc.
96. La Bihliotheque physico-economique , instructive et amu-
s-ante , dont M. Arsene Thicbaut de Berneaud est le r^dac-
teur , s'exprime dc la nianicre suivante dans le numcro du iS
1 5t6 Melanges.
mars dernier, cnannoncant les j4niinlcs de In Socicte linneenne ,
dont M. Tliicbaul est le secretaire perpetuel.... Jinsi les viies
intrigues et les odieu.r mensonges de quelqucs membres qu'une
retraite scandalcusc a pour jamais bannisdusein de la Socicte Lin-
neenne , dorinent la mesure de leur probite scicntijique , et prou-
vcnt que si Vliomme est , comme on le dit cominunement ^ le plus
hel outrage de la creation, il en est aussi la honte lorsque la
basse jalousie et surtout la nicchancetc luifont cominettre des
cxces, et le poussent e'l caloinnier. La SocieLe Linneenne a triorn-
phe de scs enneniis , ellc ne per ira plus , ses membres fideies
sont unis , etc. — Dans le meine numcro, au sujet d'une vie de
Linnc, M. TLicbaut de Jierneaudparle des caloinnies que repan-
dent quelques faciieux, bannis pour jamais du sein de cette
noble et paisible compagnie qu'ils dcshonoiaient par leur pre-
sence.
Conune on lie saurait trop tot faire conn;iilre ces tils intri-
gans, ces odieu.v mcnteurs , ces faciieux qui dcslionoraient la
Socielo Linneenne, nous nous serions hales de les signaler au
public, si ces denoncialions n'cussent etc publiees en quelque
sorte incognito. Affliges cepcndant Cju'nne inconsequence, qui
tient de la lobe, ait pu porler M. Tbiebaut de Berneaud a rom-
pre uii silence que, pour I'bonneur seul de la science, ze?, factie.ux
s'ctaient fait un devoir de garder, voici Ic.urs iioms : MM. Des-
marestj B"". dc Ferussac, C"'. Dcjean, Duvau, Leman, D"^. Gasc,
Lainonroux , Gay, Polteau, Hazard fils, Warden, Varaigne ,
Lefebure, Gnullier, Bory de St.-Yincent, Duclos, Di. Merat,
Geoffroy de St.-lldairc, Pereaudau, Due, Constant Prevost ,
Manjcaii , cic. , etc. Deja le 28 fevrier, M. le C'c. de Lacepede
president, MM. Geolfroy St.-Ililairc «t Dcsniarest , vice-])resi-
dens , avaicnt donne spontanenient leur demission des fonctions
qu'ils rcniplissaient. Dans le niois de mars, apres avoir fait tous
leurs efforts pour eviter un scandale c|ue des actcs judiciaires
avaieiil deja provoquc, les membres ci-dessus designes envoye-
rent leur demission a M. Berneaud, factotum de la Societc; et
si les noms de quelques savans connus figurcnt encore sur la
liste des membres non actifs dc cclle Socicte, c'cst grace au
silence genereux des personnes qu'on vicnt dc nornmer.
Melanges. 1 27
y7. Des leltres recentes ecrites de Rio- Janeiro portent a
croire qu'il y a beaucoup d'inexactitudes dans Ic recit qui a ete
fait siir le sejour de M. Bonpland au Paraguay, et que nous
avons extrait du Moniteur.
y8. Note sur i.'Academie imperiale c.ssarkenne Leopol-
dino-Caroline i>es naturalistes. Otte academie celebre a ete
fondee le i'''. Janvier i652 a Schweinfurth, alors ville libre de
I'einpire germanicpe , dans le cerclc do Fninconie, Pen de temps
apres sa fondation , I'enipereur Leopold le"". I't'leva aTi rang d'in-
slltution im]icria!e, ce qui la faisait jouir de grands privileges
etendus a tout I'empire gernianique. Charles \'II les .-mgnienta
encore par la suite. Celle academie se compose , selon ses sta-
tuts , d'un president elu a vie, d'un directeur, d'un noi7ibre in-
determine d'adjoints (qui ont, pour ainsi dire, les fonciions de
vice-prcsidens dans les differcnies parlies de TAllemagne ), et de
merabres ordinaires. AuMeCois, releclinn du president le faisait
noble de I'empire et comle palatin. 11 jouissait de la facnlte de
pouvoif crcer, assiste de ses arljoints, des docteurs en mcde-
cine, etc. II pnrtait le litre de conseiller intime de I'empire, et
de medecin de I'empcreur; mais ces prerogatives et litres sont
tombe.s aveclcs institutions de I'empire gernianiqne. Cependant
le president possede encore une grande latitude dans la direc-
tion des ftffnires de I'academie , et ses adjoints le secondent
dans leurs residences respeclives. La redaction des memoires de
I'academieappartenait ci-devant aux fonciions de directeur ; au-
jourd'hni lejircsident en est aussi charge.
Tout medecin ou naturaliste qui s'est distingue dans les
sciences pent etre nicmbre de I'academie , s'il possede le grade
de doctcur en medecine ou en ])liilosophie , et ce n'est qu'en
faveur des savans les jdiis dislitigues par des travaux importans
dans les sciences , qui! est permis de nommer des membrcs qui
ne jouisscnt pas du grade (le docteur. L'academie n'a que des
nieuibres ordinaires. Les membres doivent envoyer a l'academie
des memoires sur les sciences niedicales, physiques ou natu-
relles. On jirefere pour ces memoires la languc latine; mais
chaque meinbre pent aussi se scrvir de sa langue naturelle, et
on les fait imprimcr avec soin dans le recuoil do ^academie^
Ces memoires ne sont point paves; mais on en donne auxautcurs
72 a iS exemplaires tires a part , et le volume ontier du rerueil
1 28 Melanges.
de racademie, qui conlient Ic niemoire imprime. 1' imprimatur
est prononc«5 p.ir Ic president assistedcs adjoinls dc s;i residence.
Souvent Tacadeiiiie consulte, avant I'impressioii , sur dcs ine-
innires speciaux dcs snvans ctrangers qui se sont occupes des
raemes siijets, aiin d'obfenir des observations, des complemens,
des additions utiles, quelle fait imprimer a la suite du memMire
qui en est I'objet. Enfin elle se fait un devoir d'aider ses niembres
pour leurs recherches et leurs travaux par tous les nioyens qu'elle
peut mettre en usage.
Ses membres sont engages a correspondre avec elle d'une ma-
niere suivie, par des notes sur les nouvelles dt'couvertes , les
uouveauxfaitsqui interessent la science, et qu'on peut lui adn,s-
.-er, soit directement, soit par rintermcdiaire des adjoints Ks
plus pres.
D'apres I'organisation de I'academie , et comrae ses membres
sont fres-epars et cloignes les uns des autres, elle ne tient point
de st'.inces, excepte sur des affaires d'administration et pour les
])rix a proposer; alors ses seances sont formces par la reunion
du president et de ses adjoints. Toutes les autres affaires sont
Iraiteos par ecrit. Le president peut dcmeurcr partout , cu
sorte <|ue Tacadeinie n'a point de residence fixe. Dans les der-
niers temps, la generosite du gouvernement prussien a assure a
raeademie , pour la durec de sa residence dans les provinces du
royaunie , une somme considerable et annuelle; ce qui a beau-
coup Oonlribue a regenereret a consolider cette ancienne institu-
tion , dont les revenus ordinaires sont tres-modiques, et perdent
encore beaucoup par le cours des papiers et de I'argent. Tous les
ans elle public un volume ou un demi-volume de Mcinoircs
remplis de fails precieux pour les sciences , accompagnes de plan-
dies tres-bien executees.
99. EXTRAIT d'uNK. LKTTRE HE M. LESfElTR A M. DE FeRUSSAC.
Philadelpliic, le 26 mai 1824.
Nous avons dans ce moment a Philadelphie M. Audubon qui ,
depuis 25 ans, s'occupe de la collection des oiseaux de I'Anieri-
que du ]Nord : il a reuni environ 400 dessins d'especes represen-
tees dans leur attitude ordinaire. II en a environ 83 especes nou-
velles ; tous sont peints d'apres nature et de grandeur nalurelle ,
])arfaitement executes.
PARIS. — I.MI'RI.AIKRIE I)K FAIN, RUE RACINE, IS". /, ,
pi.AOF. nE l'odeon.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
CEOLOGIE.
loo. An abstract or a new theory of the formation of
THE earth. Extrait d'une nouvelle theorie de la formation
de la teiTe;parIra Hill. Ouvrage de 211 p. Ballimore; 1823.
( The North Ainer. Review , avril i824) P- 2G6.)
Le redacteur passe en reviielesideesgeogeniques des ancienset
desmodernes, et expose a la finlesideesde ce nouveau theoriste.
C'est un volcaniste qui accorde ccpendant beaucoup d'effets a
I'eau. Au cominenccmenl le feu a ete latent et sans chaleur; le
frottcmcMt des particules de la maticre a devcioppe ensuite la
chaleur, et cat effct a done etc proportiocnel a la force de la
cause qui le produlsit. Les cleniens chaotiques se sont arranges
de telle manicie que des masses ignees ont cte obligees de pro-
dulre de terriblcs explosions pour se faire jour. Des montagnes
ont ete ainsi elevees, des cavernes immenses ont ete formees, et
le continent a enfin pris naissance. Une serie de trcmblemens de
terre a produit les iles, les mers, les lacs, les rivieres et les val-
lees. Les Andes, les i\IonlagriesR.oclieuseset les Alleghanys ont etc
soulevees lors du deluge general, et les eaux dc i'Ocean ont ete
poussiies par cette explosion sur rhemisphere oriental et en ont
noye les liabitans , comnie le dit I'Ecriture Sainte. La partie
N.-E. de I'Amerique a une originc beaucoup jjIus recente. Les
pays du Groenland et du Labrador furcnt soulevcs ensemble ;ce
qui produisit un courant du N.-E. au S.-O., quiexcava la baie de
Funday ,et passa sur les etats de la NouvcUe-Anglelerre. Long-
Island fut produit par la jonction de ce courant avec I'Ocean.
L'auteur expose ensuite une succession dc mareesct leurs elTcts,
et , dedaignant les theories dc Newton et de Laplace , il attribue
les marecs aux rayons du solcil passant a travcrs I'air. A. B.
B. Tome HI. 9
1 3o Geologic.
loi. Cf.schichte per X'rwki.t. Histoin; du monde primilifj
esquiss^e par J. F. KuCcErx , architccte provincial rt inspec-
teurdes domaines. F'^.part. , i822,in-8. de 428 p.; II'-. part.,
1823, iii-8. de 966 p. Quedlinbourg et Leipzig; Gotlfried
Basse.
Le premier volume est consacre a la description de la tcrre
et de sa croute exterieure, et le second a celle des diffdrens fos-
siles decouverts jusqu'ici. Dans la premiere partie, I'auteur con-
sidere IVspace planetaire , la vie en general etlavie dans I'espace,
qui est la soui'ce de toute vie , et il passe de la aux etoiles fixes ,
aux planctes ct aux cometes. La seconde partie renferme les dif-
ferentcs liypotheses sur la formation du globe terrestre. L'agglo-
nieralion de matieres anciennes a donne naissance aux planctes.
Ces materiaux ont etc crees par une force eternelle, telle etait
I'opiniou des Grccs, des Plienicieus, etc.; ou ils ont ete arran-
ges par une puissance divine, comme I'ont pense Pythagore ,
Platoa , etc.; ou bien ils se sont coordonnes d'apres des lois phy-
siques. Sous ce dernier point de vue, les uns font sortir la terre
d'un chaos, comme Ic croyaicnt Straton, Descartes^ etc. ; les au-
tres ne voient dans la terre qu'un depot aqueux , ainsi I'ont
soupconne Thales , Burnett , Dcluc , etc. ; une troisiemc classe de
phllosopl)es, comme Archelaiis , Franklin, Laplace, ont juge
que la terre n'elait qu'unc condensation de gaz ; tandis que Hc-
raclile et Breislak n'y voient qu'un globe de feu, et Ilerschcl ct
Oken, qu'un produil de la lumiere et de I'etiier. Quelques savans
ont aussi eniis I'opinion que la terre n'ttait qu'un amas de corps
planclaires plus antiens, ou quelle a cte un soleil ou une co-
mete. L'auleur croit que la terre s'est insensibleraent developpec
comme une plante, et qu'elle s'est accrue de parties tirees de
I'espace. On a beaucoup discute sur I'mterieur de notrc j)lanete;
les uns y ont vu un vide , les autres des masses plus ou nioiiis
compattes. L'auteur esliine la pesaiitcur specifique moycniie de la
teire entre !\,\?> et /|,7, et cherclie ensuite a prouvcr la grande
probabllile qii"il y a des etres orgaiiiqucs dans I'interieur du
globe. Un chapitre est consacre a la maniere dont la terre s'est
formee par des forces planelaires : I'aulear trouve qu'elle a em-
ploye pour son doveloppeinent, d'un cote, le fluide (ilectrique et
la luuiiexc de I'espace; et de I'autre, le calorique et des gaz. I, a
troisieme partie conlient I'examen de la croiile terrestre; cllc a
etc foru.t'e par le feu souterrain, suivant Hoy, IMoro, etc. ; ou
Geologie. 1 5 j
{jar Fcau; 011 bien par la chule de masses planctaires, suivant
Gelpke. L'auteur pcnse que si I'eau de la mer a forme et fpnne
la croute tout-a-f'alt superieure ou Ics roclies secondaires, its
forces planetaires de rinterieur de la terre ont accra tt accrois-
senl la partie inferieure de cette croute, de mcme que les forces
vltales d'un arbre augmentent son ecorce. Dans un long chapi-
tre, l'auteur pnsse en revue les differentes formations, en com-
mcncant par les roches primitives, qu'il di\i.e en roches a 3
elemcns et a moins de 3 elemens. L'arrangemeiit que l'auteur
adopte est bien en arriere des connaissances geolo"-iqnes ac-
tuelles; ainsi la Sienlte et lePorphyre figurent encore parmi hs
roches primitives. Dans sa serie des roches secondaires, le cal-
caire jurassique se trouve place avant le gres bigarre ; et le mus-
chelkalk et le quadersandstcin prccederaient, suivant lui la
craie. Les alluvions contiennent des lignites, etc. Ses divisions
sont, 1°. le calcaire alpin et le gres rouge; 2°. le calcaire jurassi-
que et le gres bigarre; 3°. le muschelkalk et le quadersandstcin;
4°. les terrains secondaires les plus recens ou tcrtiaires; 5°, les
alluvions. II distingue dans cliacune de ces divisions des series
calcaire, siliceuse et argileuse. Dans les terrains d'alluvion 11
croit apercevoir d'abord une epoque de repos qui aurait suivi
la formation des depots lertiaires , et aurait perniis que la terre
se couvrit de plantes et d'animaux ; puis une epoque d'inonda-
tions, pendant laquelle se seraient formeesles alluvions; et enfin
I'epoque actuelle. — Le second volume traite des fossiles
L'auteur specifie les terrains oil ces restes organiqucs se trou-
vent et leur maniere d'etre; puis il entre en mallerc, en com-
mencant par les fossiles vcgelaux , qu'il divise en piantes des
eaux (Algacites et Confervltes), plantes des niarais ( lloseaux ,
Calamiles, Equisetacecs, Fougercs), et plantes tcrrestres (Mousses,
Graminees, flenrs, graines , bois , fcuiUes, frnils et reslnes 1.'
Apres cela, il passe en revue d'abord les Alcyons , les Eschares,
les Astroitcs, les Celiqiores , les Eponges, les Fongiies, puis les'
differens Polypiers fossiles et tous les genres de JMolIusqiies; et il
termine par un chapltre sur les differens genres de poissons fos-
siles et parunautre sur les Reptiles, les Cctac«5s et les Alammi-
feres. Oct ouvrage n'est qu'une compilation des incilleurs auteurs
lels que Schlotheim , Blainville, Cluvier, etc.; c jj^-udiint on y
trouvera des localites nouvelles de certains fossiles; il est seule-
ment a regretter que l'auteur ne cite pas davantage (resj)eces dc
,32 ^ Geologic.
cbaque genre. La troisivme panic tie ce second Tohiine Iraitc
des races Luinaines , des homines antcdiluviens ct durant le i\(-
luge, des fossiles humains et des ouvrages d'art qui dalent dc
temps fort recules. ^- ^^•
102. DlSCOUHS SUK l'hISTOIRE et LES PROGRliS DE LA GtOLO-
cie; parM. L. Necrek. [Bibl. univ., juin 1824, p. 106. )
Appele a prononcer un dlscours a roccasioii de la distribution
des prix du college genevois, ce savant professeur rappelle a ses
concitovcns que la patrie des Saussure et des Deluc iie doit
pas rester inditferente aux progres de la geologic. Ij'auteur dis-
tingue deux epoques de la geologic : la premiere estl'epoque des
cosmo<^onies, et la seconde celle de la veritable science. C'est
Agricola qui a pose Ics fondemens de la mineralogie et de I'art des
mines ; mais ce n'est que dans le temps de Saussure qu'ou a ap-
plique a la geologic les principes de Bacon. Un eloge de son aieul
H. B. Saussure occupe ensuite plusleurs pages. Get illustre sa-
vant n'a pas pu reconnailre de succession reguliere des terrains,
parce qu'il n'a oonsulte la nature que duns son ouvrage le plus
gigantesqne et le plus bouleverse. Werner s'est trouve place, au
contraire, dans un pays oii loules les formations sont en minia-
ture. L'auteur passe ensuile en revue les savans qui ont fait faire
a la "eolo"ie les plus grands pas; il monlrc combien I'liypotliese
plutoniquc acquiert tous les jours plus de probabilites, et rap-
pelle la difference qu'il a toujours mise entre les roclies de
cristallisatlon iguee ct celles de sediment ou d'origine neptu-
nienne. ^- "•
io3. EsQUissE GEOCXosTiQUE DU Bresii,, suivic d'uuc dissertation
sur la gangue originaire du diamant ; par M. d'EscinvicE.
Extralt iraduit de rallcmand, par M. Combes , aspirant du
corps royal des m'lnea. {J un. des mines , t. 8, 3''". livrais. ,
1893, page /lOi. /'. le tuuie i"''''. du Bulletin de ccUe annce,
n°. i3.)
La pliipart des terrains srcondaires ct d'origine volcaniqnc
jnanquent au Bresii. Les plaincs basses formant Ic nord du Bre-
sii sont limltees environ par une lignc allant du cap Roquc au
confluent du Madeira et de TAmazone. Uneclialne de montagncs
s'etcnd du cap Roquc a Tcmbouchure de la Plata. Sa hauteur
moyenne est trois inille picds; les dimes les plus elevces out
4,000 picds, c'cst la Sena do Mar. Aprcs avoir passe cctte
Geologic. i35
cliaine on arrive an plateau du Bri^sil , dont la hauteur moyenne
est de 2,5oo pieds ; le plateau so perd a I'ouest dans des plalnes
vers le Paraguay et la Madeira , et il supporte des cliaiacs de 6000
pieds de hauteur, ct qui courent du nord au sud, et qui en se
coupant forment unc croupe dirigee de Test a I'ouest. Celte der-
niere commence a la Serra do Mar, traverse les provinces de
Minas Goyaz etMato Grosso , et forme la separation des eaux
qui coulent vers le nord et le sud. La Serra do Manligueira est
la plus grande de ces chaines et a les plus hautes cimes, telies
que ritacolumi, pres Villa Rica, etc. Elle s'etend de la province
de Rlinasaunord dans celles de Baliia et Fernarabouc , etausud
dans celles de Rio Grande et de Saint-Paul. A Test dominent les
formations primitives et les Sienites , a I'ouest les roches schisteu-
ses , le fer oligiste et les roclies de transition. La vegi5tation et la
forme de ces deux vcrsans offrent des differences. Les cotes
prusentent des alluvions ou des granites et des gneis ; rarement
on y voit des roches secondaires, comme le gres du cap Frio , le
calcaire a lignites de Baliia , le calcalre fetidea poissons de Seara,
et le gres pres Saint-Jono de Jpanema (Saint-Paul]. La forma-
tion primitive la plus ancienne est composee de granite, de gneis,
dc micaschisfe, de sienite, et de trapp. Le granite s'eleve a 3,5oo
pieds au-dessus de I'ocean , le gneis et le micaschiste se monlrent
au jour plus lot dans les parties inferieures du plateau. La sienite
est assez nettement separee de ces dernieres roches. Le trapp
forme des somniites ou des filons (contree de Rio). Les monta-
gnes de gneis sont pyrauildales et alteignent 3,8oo pieds, et cette
formation ne renferme pas de minerals a I'cxceplion du fer oxi-
dule , du granite de Sorocaba, province de Saint-Paul.
La seconde formation primitive est composee de quartz , de
schiste argileux , de talc, de fer oxide ct d'un peu de calcaire.
L'autcur appcUe itacolamite le melange areniforme du quartz ct
du talc ou de la chlorite. Le terrain renferme comme ailleurs de
schistes argileux et clilorileux, de la pierre ollaire ct des roches
de quartz et de fer micace, quelqucfois aurifere. II V a la mcmc
liaison cntre I'itacolumite et cette dernicrc roche, qu'entre le
gneis et la sienite. La roche de fer micace et oxidule et de quartzi
ou Yitahirite forme des sommites. II y a trcs-pcu de calcaire
grenu.
Cette derniere formation constiliie la plus haute chainc du
Bresil. L'itacolumitc s'eleve a (ioo pieds, le schiste argileux ct
J 54 Geologic.
ferruginfiix a 5ooo, I'ltabiiitei 5,5oo, landis que les schiste chlo-
riteux ou tglqucux, ct le calcaire ne p.naissent que dans les
vallees.
La formation intormediaire offrelesmemes roches qu'ailleurs,
a I'exception des Irapps; on ne la trouve que dans I'interieur des
terres, au dela de Serra d'Espinhaco. Les scliistes argileux ct siii-
cieux alteignent une h.iuteur de 3ooo pieds , et leurs couches
horizontales produisent d'immenses pLiteaux ( Sertoes de Minas
et de Goyaz). La grauwacke est plutot dans les vallees, a environ
1800 pieds de liauteur. Le calcaire compacte a grottes de salpetre
atleint quelquefois jusqu'a 2845 pieds. L'auteur parle ensuite
d'un gres ferrugineux secondaire , qu'il appelle Topanhoacon-
ga, et d'une arglle aurifere, meles de fragmens de quartz et de
fer oxide. Le Cascalho, ou un agglomerat quartzeux et ferrngi-
neux , est la rocbe d'alluvlon ancienne qui renferme les diamans
it beaucoup d'or.
Dans la premiere formation primitive, il ya des couches puis-
santcs de gneis granitoides friables; elles renferment de la tour-
maline, etreposent sur les granites et le gneis intacts comme dans
la province de Minas, et a Coxoeira, pres de Villa-Rica. L'auteur
decrit a part les roches qu'il croit ( faussement ) etre nouvelles.
II est inutile de decrire litacolumite, qui n'est exactement que
les roches quartzeuses et chloriteuses de I'Ecosse et de tant
d'autres heux; le gres flexible lui apparlient. On y rencontre du
fer oxidulii et micace, des pyrites, du mica ct du soufre. Cette
voche est en couches fort inclinees , et forme des monlagnes es-
carpees et rocalUeuscs. Elie passe aux roclics qui lui sonl associees ,
< t renferme des couches a tourmaline et une couche aurilerecom-
posee de quartz et dune pate ampliiboliquc mclangcc de for ar-
senical. C'est la le gisement le plus riche en or , de Villa-Rica et
Mariana. II y a aussi des filons de quartz aurifere ou de quartz et
lie disthene. Le schisle ferruglneux ou de quartz et dc fer micace
est quelquefois aurifere ou melange de talc, d'amphibole et de
disthene; il repose ordinaiicment sur ritacolumile. II y a une
couche subordiinnce renfermant du fer hydrate brun , du man-
ganese oxide et de la scorodite ou baryte. C'est peut-ctre le gi-
s>emcnt du diamant. Le schiste argilcux forme les assises inie-
ricures de la seconde formation primitive. II est alors en general
friable , rougit par I'oxide de fer , ct il conlient du cobalt oxide.
11 passe au gruobtein, qui y est en anias de quelques toiscs dc d;a-
Geolo.^ie. i55
metre. II est lie a des couches talqueiises qui sont qiiilfpipfois rc'-
iluites a i'etat d'argile. C'est la qu'on rencontre , au milieu de la
lithomarge, des nids et des veiurs de belles topazes, du crlstal
de roclic , du dislliene et du fer oligiste, coinnie outre Villa-Rica
et Capao. Ailleurs il y a des tourmalines , des pyrites en partie au-
riteres et du distlienc. L'ltabirite repose sur la roche precedeute
ou sur ritacoluniite. II possede le magnetisme polaire ; il est com-
pacte ou grenu schisleux; il est sli'atlfie, il forme des roclies in-
formes, bizarres comme le pic d'ltabira , haut de 4f^9^ j)ieds , et
la Serra da Piedade , pres de Sabora ( prov, de Minas) , qui a
5460 pieds de haut. L'itabirite y a 1000 pieds d'epaisseur. Le
Toj)anlioaconga est compfise de f'rngmens rarement un peu ar-
rondis de fer niicace et oxidule , reunis par un ciment ocreux, el
melanges de talc queIc[uefois de chlorite ou de morceaux d'itaco-
liimile. II renferme des lits minces de fer oxide , rouge , micac^ ,
el de manganese oxide, a nids de wavellite. Ce depot se trouve dans
Ils vallees et sur les pentes des monlagnes, d'une \ toise a une toise
et-^ d'epaisseur, et git a I'ordinaire sur le s,chiste ferrugineux ou
argileux. La Serra do Topanhoaconga, pres Cougonhas do Cam-
po ( pn)V. de Blinas ), s'eleve a /|8oo pieds , et en est recouverte
j)endanl piusieurs milles; on le revoit a Villa-Rica, et dela a Serra
do Frio. Le nom de ce depot signifie tele de negre ou raboleux.
L'auteur explique la formation de ce terrain an moyen d'uue de-
bacle tres-ancienne. La terre argileuse uuiifere a la mem:' posi-
tion et renferme des cristaux d'or.
Les diamans furent decotiverts au Bresil en 1727 ; ce n'e-t
qu'cn 1777 qu'on cominenca a les exploiter pour le coiiijite du
roi. On en deeouvrit dans la Serra Saint-Antoine , et dans les
afflueris de la rive gauche du Saint-Francois , Indaia, Abcete ,
Sono , Praia, Paracatu et Saint-Antoine. Le gouvorncnient lit
entourer de gardes ces lieux , ain^i cpio le di^^trict de Serra do
Frio, qui a 100 milles carres de surface. L'auteur en a decou-
veit encore dans les rivieres de Guritas, Quebre- Anzol , Saint-
Marcos et Paranaiba ,sur les liniiles de Miins el de ('.ova/..
II discute ensuile le gisement du dianiaiit. L'iiacolumile dominc
dans les districts d'ou sortent les rivieres a diamant, tandis que le
schiste argileux se trouve border les rives stdriles de ces memes
ileuves. II a examine scrupuleusernent les galets des rivieres dia-
maiitiferes ; ce sont surtout du quartz , de rilacolumite , peu de
cdiistc, du fr hydrato ct oligiste, et ])!us rarement du jaspe, dii
1 56 Geologic.
disthene, de I'anntase, de Tor, du for nallf en lames minces,
un peu de platine. II a trouve que les dinmans sont (^jralement oh
inegalcment disscmines dans les Ills anclens et ir.odcrnes dcs ruis-
seaux. lis abondent surlout sous les cascades et dans les angles
rentrans des cours d'eau. La presence des galets,de fer hydrate
brun et du jaspe annoncentune giande abondancc de diamans, el
certains agglomcrats a ciment de fer hydrate contiennent des
diamans empales. M. Heulandpossedeuii echantillonsemblable j
il y en a un autre avec 2 diamans dans le cabinet de Viennc.
L'auteur a trouve 3 echantlllonssemblables , dont I'un est a Wey-
mar. Enfin M. Schuch , a Hio-Janeiro, et M. Eschwege posse-
dent chacun un echanlillon oil le diamant est implante comme
dans une gangue ordinaire, et se trouve dans une petite druse de
matiere verte , qui est peut-ek'e du fer arsenical. Ces deux der-
niers morceaux -v iennent du Sertao de Saint-Francois ( prov. de
Minas ),
Le diamant a done pour gangue le fer hydrate provenant du
schiste ferruglneux ou de I'itabirite. Comme ces rothes I'ormcnt
descimesqui ontsouffert de grandes degradations, la position or-
dinaire du diamant se trouve cxpliquee , et ces pierres precieuses
sont egalement ou incgalenient distinguees, suivant que les des-
tructions ont eu lieu sur des cimes isolees ou contigues. A.
lO/). MeMOIRE sur les terrains SECONDAIRES nu VERSANT
WORD DES Alpes aleemakdesj par M. Ami Bocji. (^Jnnal. dcs
Mines, To. IX, ann. 1824, p. 477.)
La parlie eentrale des AIpcs est composee de roches schis-
teuses cristallines, et de schistes anciens pins ou nioins evi-
demment intermediaires. Ces depots supporlcnt un terrain de
transition plus recent, compose de gramvacke, d'agglomerats
grossiers, quelquefois rougcatres, et de calcaire veine, com-
pacte ou sablamellaire, et a depots ferrugineux et metal lifercs..
En Tyrol, il y a peut-etrc dcs grcs rouges anciens. C'est sur
cctte base que s'eleve le premier calcaire secondaire qui forme
une bandc tout le long des Ali)cs allemandes. Ces montagnes
pelecs s'elevent a 7 ou 9000 pieds au-dessus de la mer.
Ce calcaire n'est guerc stratKie; il est quelquefois solidc on
marnenx, ou a la structure de la rauchvvacke ; il est tres-soii-
vent magnesien et conticnt des colonncs trappeenncs. II ofCre
burtout deux especes de calcaire; I'uii coinpaete.fi pclitcs ai-
Geologie. , lay
guilles et extremement fendillej et I'aulre a structure grenue,
coninie la dolomie jiirassiquc. Ses couleurs sont le grisatrc, Ic
blancliatre et le jauuatre. II renferme des pelils uids de bitume
et des couelies dc calcaire 'cellulairc , comme la rauchwackc
(Kaumalpe), vallee supcricure de la Traun.
L'autcur n'y a pas vu dc petridcations. II y cite drs ainas et des
I'escaux nietalliferes , renfcrraant surtout du plomb ct du zinc.
Les roches trappeennes ne s'y rencontrent que dans trois endroits
de I'Allgau. Apres avoir distingue ce calcaire d'avec les autrcs
dt'pots, Tauteur passe au gres bigarre a nmas gypseus et saUfe-
res. II montre que ce gres a rempli autrefois un grand noinbre de
vallees; que son morccllement actuel a fait qu'on I'a neglige ou
rt'uni aux terrains tertiaires, et qu'on ne peut pas le confondre
avec la grauwacke ni avcc le gres houlller. M. Beudant , et I'au-
teur meme, out cependant coinmis cetle dernierc erreur. Les
gx'es de ce depot ont un ciment argileus et marneux grisatre, et
empatent des fragmens de quartz, de schistc argileux , de mi-
cascbiste et de calcaire ; iis ressemblent beaucoup a la grau-
wacke, mais lis font loujours effervescence avec les acides.
lis alternenl avec des marnes schisteuses a impressions de fu-
eus, et ils contiennent en general assez de debris de vegetaux et
uu'me des amas d'un lignite particulier , comme a Ipsitz , etc. Des
cristaux de quartz liyaliiiy sont renfermes dans des pelits fiions
de chaux carbonatee dans le comte de Marniaroscli. L'auteur
l)arle ensuitc des marnes gypslfcres et saliferes ; des gvpses coni-
])actes, spatliiques ou fdjieuxj du sel compacte ou tibreux ; des
couches calcalres , si frequentes dans ce terrain ; et de certalncs
varictes de calcaire rulniforme. Des solfatares sous-marines , sui-
tes necessaires dc volcans en activite, lui semblent pouvoir ex-
pliquer les depots salins. Cette formation est composee d'un
iiombre immense de couches assez minces et souvent fort con-
tournees. II enumere ensuite toutcs les localites ou ce gres bi-
garre se trouve dans les Alpes; ct il lui annexe le gres des Car-
jiallics el des Apcnnins de la Toscane.
Le second calcaire secondaire recouvre les marnes saliferes
ou le gi'es, <lans plusieurs endroils que l'auteur a soin deciter,
comme a Alt-Aussee, Ischel , au mont Oetschcr, etc. Ce depot ne
pourrait etre confondu qu'avec le calcaire du Jura; mais on n'v
voit ni lias ni Oolites, et ses fossilcs ont beaucoup de rnppoit
avcc ceux dn muschelkaik dc la plaine. L'auteur ladic dc montrcr
i58 Geologic.
que I'identile dc certains fossiles de ce caloaire avec quelques
petrifications du caloaire jurassique nc dccideroit nullemeiit la
queslion. Ce depot forme, sur le zeclisteln ou le gres bigarre ,
des montagnes de looo a 4000 pieds de haul, ce qui fait qu'clles
atteignent jusquau dela de 7 a gooo pieds d'elevation. I eur
forme depend presque toujours de la stratification des cpurlies;
opinion que I'auleur elaie d'exemples pris dans les environs des
mines de sel de Salzbourg. I,e niuscheikalk des Alpes offrc
des calcaires compactes ou d'une texture grenue particuliere ;
ils sont veines, et leurs couleurs sont le grisatre, le roiigeatre
tt le jannalre. lis donnent d'assez, beaux inarbres , qui se distin-
guent a I'oell dos niarbres d'autres formations. 11 y a des silex
f ornes et un grand nombre de fossiles , tels que des Encrines ,
des Ammonites, des Terebratules, etc. Apres en avoir donne la
liste, I'auteur montre que les depots saliferes gisent qnelquefois,
dans Ic Salzbourg (Iscliel), presijue entre des couches fout-a-fait
inferieures a ce terrain ; il en donne toutes les localites connucs
dans les Alpes, et v joint le crdcaire a encrines de la Ilongrie.
II drciit plus loin un depot partiruiier arenace et marno-calcaire
qui se trouve au pied des Alpes , cntre Piesting ct Plcningbiicli ,
en Autriche. Des poudingurs et des gres sont surmontes di; gics
narneux alternant avec des calcaires marneux el desniarnes, et
contenant des amas de lignite el des couches coquillicres. II ya
dans les gres, des Discorbites, des Hamites, de grands Myti-
liades, des Madrepores, et dans les marnes , des impressions de
nionocotyledones et des coquillages calcines des genres Cerithe,
JVIoule, Natice et Tciline. On exploitele lignite, qui renferme iine
iesine fossile jaunatre. L'auleiir disciite la place de ce depot et
croit que c'est le quadersandstein et le lias, parce qu'il le troiive
place entre le muschelkalk et le gres vert ; neaninolns ilrappclle
{[ue ce dernier est remplace , en Autriche, ])ar un poudingne
ralcaire et des calcaires a coraux , qui contiennent des os de nias-
todonte et d'un animal voisin du mouton. Le reste de ce memoirc
est cpnsacrc a la description du gr^s vert et dc la craie chlo-
ritee et marneuse des Alpes. Ce depot forme des inonlagnes
basses ou s'eleve jiisqu'a G'3Gy pieds (Sterzlaberg ) ; ii se Irouve
surtout dans le V'oralberg, I'Allgau, le Teiscndorf et le Hunds-
luck. I.e gres vert compacte allerne avec dos gres quarlzeux ou
ferrugineux , des ciilcaires brunatres a nunimulitcs ct des mar-
nes. I.cs bancs ferrugineux sont composes de grains de qunrlr
Geologic. i5g
el (le fer hydrate, globulaire rougeatre ou brun4tre et sont ex-
pluiu's. Le calcahe est souvent en rognons dans les gres , el la
chlorite cliloritee est toujouis dure ; mais les marnes crayeuses
sont beaucoup moins endurcies. On y observe des fragmens de
bois siliceux , des rognons d'une resine, et beaucoup de fossiles
ordiiiaircs au gres vert, tels que des clypt'astres, des plagio-
stonies, des belemnites, des inoceramcs, des crabes, etc. Les
Testes organiques abondenl surtout dans les gres ferrugineux et
bituniinenx ; d'autrcs, tels que les diceras, ne se voient que
dans la craie dure ou un calcaire conipacte et blanc. Enfin, I'au-
teur cite les localites connuesdece dernier depot; il y annexe les
gres verts du lac de Lowerz , de Fiuhli , des environs de Bex et
de Servoz; et ilnecroitpas que M. Brongniart ait raison de pla-
cer les couches a cerithes du haut des Diablerets dans le calcaire
grossier, puisque ces fossiles se voient dan^ le gres vert de j)!u-
sieurs liautes montagnes, cntre Bonneville et Servoz. F.
J05. NOUVEAUX MEMOIRES POUR SERVIR A l'hISTOIRE NATURELLE
DES Pyrenees et des paysadjacens; par M. Palassou. In-8. de
192 p. Pau; 1 823; Vignancour.
BL Palassou, cepatriarche desgeologues, jouit, depuisle minis-
lere de M. le due Decazes, d'une pension, d'autant plus honorable
qu'elle a ete votee par le conseil general de son departement.
Depuis cette epocjue, ce gi^ologue a deja fait paraitre 4 volumes
in-8. de nieiuoires sur la geologic , I'liistoire nalurelle ou les an-
tiquitcs des Pyrenees. Le dernier volume dont nous allons rendre
compte u'est pas moins riche en fails que les precedens.
Mcinoire sur une bande calcahe du j/icd des Pyrenees.
L'auieur y decril d'abord les localiles de ce calcaire ; la carte
de M. de Charpcntier nous disj)cnse de les enunierer. II cite en-
suite les points oil il y a du combustible dans ces calcaires, et
viciit a jiailer des calcaires a nunimulites de Sordes , de Lay et
de Mpnlgrand, prcs d'Ogenne. II y a des cerithes pres d'Orthez.
In coleaii de Lamidon offre des gres aigileux, se decomjio-
suit en Louies; le centre de ces globes est ilu fer sulfure, et ces
gresreposent sur des couches de calcaire et de marne. Au-de>sous
du moulin de Navarreins il y a des allernalions de calcaire, de
luarne et de gres. II y u des lits de silex dans les collines calcai-
res de Luc. L'auteur montre (jue les gypscs et les eaux thcr-
fnales abontlcnt a Tcxlremitc occidentale et orientale de la bande
i4o Geologie.
calcaire. Toutes ccs sources, a I'cxceplinn dc relle dc Tcrcis et
Sanl)rrs«f>, sont pnrcinoiU snlines et depoiirvues d'liyt^rogene sul-
ftim Pros de Siniorre, au 8.-S.-E. d'Aucli , il y a dcs turquoises
osseuses. II recherche ensuite si Ic pied sud dcs Pyrenees a anssi
sa bande calcaire; il relrouve cette roche entre Castiilon et Jaca,
depuis GanaRebenac, de I'Aragon au Gallego, etc. Cesbandes
calcaires offrent rarement des cavites resultant d'affaissement.
Sur la position relative des rochcs du Pic-du-Midi de Bigorre
ctdcs tc/rains coritigus.
L'auteur cherche a eclaircir la position du granite qui parait
au milieu des schistes et des calcaires dc cetle inontagne remar-
quable, et il cite ce qu'en out dit les geologucs; il n'v peut voir
qu'une anonialie et qu'un granite recent stliorlifere , et il
niontre, par la direction et I'inclinaison respective de cette roehe
et des schistes, que ces derniers ne s'appuieut pas sur le granite.
De la position alternative des couches,
L'auteur prouve par de nombrcux exemplcs que la succession
alteinative des couches est due a differentes causes.
Observations gcologiques faitts dans la partie septentrionale et
mvridionale des Pyrenees.
L'auteur indique ccrtaines localites des calcaires grenus et co-
qullliers des Pyrenees ; il decrit les cascades ct le cirque de Ga-
varnie. 11 suppose que le granite est la base de la chaine des
Pyrenees, et que dcs torrcns out charrie les blocs granitoides
epars sur les schistes, II donne des details sur les roches du re-
vers sud des Pyrenees.
Suite des observations sur la hauteur de plusieurs soinmets des
Pyrenees, publiees en i8it).
Ce memoire renferme des resultats trigonomctriques de
MM. Flaniiclion ct Laroche, et les hauteurs des Pyrenees, mesu-
rtes baronietri(jueinent par M. Ramond , et celles inserees dans
Dralet et le Guide dcs voyngeurs ii Bagneres. II fait observer
que des accidcns, des eboulcmens, etc. , font varier la hautrur
dcsmonlagnes de teu)ps a autre, et il dit quelqucs mots sur les
tffets qu'on eprouvc en nionlant de hautes soiumitcs.
Geologic. i4i
Memoire de M. rabbe Foiirret siir ttivcvs vokans eteintx de la
Catalogne , mis au Jour par M, Palassou ct auquel il a joint
quelques observations siir Vophite.
M. I'abbe Pourret voulait publier uiie hlstoire des volcans
eteints de la Catalogne; mais le pillage de sa maison lui a
fait perdre ses raanuscrits. On trouve des traces volcaniques
ea Catalogne depuis Figuieres jusqu'en deca de Girone. Pres
d'Olot il y a des laves et des ponces, et certaines eruptions n'v
remontent pas au dela de I'an 1422 ; celte ville fut detruite, en
1427, par un tremblement de terre. Les laves renferment de I'o-
livine , et des boursouflures ou cavernes fort grandes, dont les
parois sont couvertes de mamelons ferrugineux. Le village d'A-
nier, a 4 lieues de Girone, a etc dctruit en 1420 par une erup-
tion volcanique, qui parait avoir etc la derniere. C'est alors
peut-etre que se forma ce terrain aride et convert de laves et de
scories qu'on appelle Bosc de Tosca; neanmoins cet embrase-
ment n'a du etre que superficiel et parait n'avoir rien de commun
avec les volcans eteints. L'auteur cite les localites des monta-
gnes volcaniques. Olot est bati au pied du cone a cratere, appele
Monte Socopa. Cette proeininence a 80 toises de hauteur ct aSo
toises de circonference , et depuis sa cime onpeut compter tous
les autres cones seuiHables qui se trouvent dans un rayon de 8
a 9 lieues. Son cratere se remplit tous les jours par les effets de la
pluie sur les scories. Au nord de ce cone il y a celui de Puig Sa
Corona, la montngne de Snlnt-Micliel qui s'etend vers I'ouest ,
le Puig de la Garinada , qui aboutit vers Test presqu'a la mon-
tagne de Batet. Cette derniere est le volcan eteint le plus consi-
derable et le plus ancien des environs d'Olot; sa lave basaitique
descend jusqu'au-dessous du lit de la Fluvia, elle est semblable
au basalte prisinatiquc du chateau de Castell-Foilit, qui en c-t
a 2 lieues. Au sud du Monte Socopa on apercolt 2 chaines de
calcaire coqulllior, au pied dcsquclK's sont les elevations ignees
de la Costa de Pujou, le Puig et le niont Olivet. M. Pourret
cite encore le Cruscat, le collet de Aigua-Negra, le collet de
Forigola, etc.
M. Palassou rapportc ce que dit Mariana sur le tremblement
de terre de 1420, et fait remarquer que, s-jit en Catalogne, soil
a Burgos, les terrains salifcres paraissent voisins des formations
pyrogencs. Les plus grands trcmblemens de terre ont eu lieu en
F.spagne en Janvier ii()\ ct en deccmbre i'3(p. Aprcs ccia ,
l42 Ceologie.
M. Palassou fait ressortir rexlreiiu" difference qu'il y a entre les
volcans etcints , les basnltes, etc. , et les ophites des Pyrenees. 11
regarde ces dernieres roches comine fort posterieures au gra-
nite central, et il cite i3 exemples a I'appui de cclte opinion;
ainsi I'opliite de Saint-Jean-Plcd-de-Port ne forme pas I'apjiui
dcs roclies calcaircs cnvironnantcs. La meine cliose se voit a
Aliaxa , a Sainte-Kiigrace, a Saint- Pe, etc., oil il y a dcs schistes
el des calcaires. Les details sur riiidinaison et la direction res-
pective dcs masses d'ophite et des roches voisines ne laisseni
aucun doute sur le gisement de I'ophite en filons, et autorisent
pleinement I'historien des Pyrenees a relever la meprise de son
ami, M. de Charpenticr. Nous ajouterons que ce dernier jiarait
convaiucu de son erreur. A. li.
io6. Description geologique et statistique de L'AsPIlOl«o^TE
et de la contrce environnante , avec trois niemoires sur I'ori-
gine des volcans, le graphite d'Olivadi et les salines de la Ca-
labre, par M. Giuseppe Melograni. In-8. Naples; 1823.
A la fin du siede passe MM. Andrea Savarese et Vincenzo
Ramondini furent charges, par le gouvernement, de lever une
carte mineraloglque du royaume de Naples, d'envoyer des suites
niiiieraloj^iques a Naples, et de commenciir leur operation par
I'Aspromonte. L'auteur, clu.rge de ranger les collections niine-
ralogiques, a compose une grande partie de cet ouvrage d'apres
les rapports des deux premiers, et il s'est Irouve d'autant plus
capable de faire cettc compilation, qu'il a visite aussi I'As-
promonte. Le premier chajiitre est consacre a la geologic de la
contree entre la villa S.-diovanni ctScilhi. Dcpuis S. -Giovanni
a Piale tout lepays ne presente que du granite avec des amas de
gneis : ces roches se deconiposent en boules , et sont couvertes
ca et la de marne micacee ou d'argile coquilliere, comme cnXrc
Piale et Ferlito , et meme sur une hauteur appclc les Picrres-
Noires. II y a aussi une breche calcaire a fragmens ile gra-
nite qui est associe avec du calcaire compacte coquillier. L'au-
teur dccrit des varietcs de granite, et cite un filon-couche de
granite tres-micacc ; le granite et le gneis sont rcgulieremeutstra-
tilics dans une ravine fin nice pii- la lave du mont Canipala au-
dessus de la terre de Cavallo. Le granite, (pitlqucl'ois lahpieux,
dominc jusqu'a Scilla, et les breches calcaircs augmcntcut en
masse dans celte direction. La montagne Basi, pres de Scilla , en
Geologic. 145
est composee , et s'cst en paitie ecroulee dans ia iiier en 1783.
L'auteur atlril>ue a iin volcan sous-marin I'inondalion que la iner
causa la nieuie annee. Le promontoire de Scilia ct le pays entre
Scilla et le pKiine de Melia-Tavazzina, et la contree entre Me-
lia et S.- Giovanni, sont granlticjues, et Ton y voit quelques amas
anij)Iiiboliques et de gneis.
En descendant de S.-Giovanni Ton voit le gisement de la bre-
cbe granitique calcaiie sur le granite. L'auleur suppose que cette
roche etait autrefois recouverte partout par le meme depot. La
vallee de Santa-Trada commence a la base de la Canipala, et se
terraine a la plaine de Melia : le granite y domine et y renferme
du gneis cliloritcux.
La vallee de Zagarelle ne priisente aussi que du granite plus ou
moins decompose ; son fond est couvert de cailloux et de sables,
et son extremite assez sauvage.On observe de beaux gneis, quel-
qiiefois ocreux, dans une vallee qui a le meme debouche que
celle de Santa-Trada. L'auteur est monte de Melia sur la monta-
gne d'Aspromonte : le gneis granitoide en forme la base. La crete
de Nucara presente du fer spatliique uni a de la blende et de la
galene, et il y cxiste meme d'anciennes galenes. Depuis la plaine
de Mojo jusqu'a la Madonna dei Polsi on ne voit que gneis et
granite ; niais peu avant ce dernier point Ton trouve des couches
de calcalre grenu. La ciine de la montagne forme une petite plaine,
et offreuncsienitechistoideassociee lantot avec du quartz, tanlot
avec du gneis. La meme sienite avec de I'amphibolite existent en-
tre la cime et Montallo et Nardello. L'auteur estime trigonome-
triquement la liauteur de I'Aspromonte a 5o8o palmes. Des allu-
vions granitiques formen tie pays entre S.-Giovanni a Campo et a
Fiumara di Muro, et celui de Salice , de Catona et de Gallico. En
s'elcvant de la Ton trouve des collines de marne melee de sable
blanc, et le granite se nionlre plus loin vers Fiumara di Muro et
Rosali. Dans ce dernier cndroit on a decouvert en 1755 un lilon
de galene argentifere qu'on a exploite. En allant de la a Calonna,
Ton observe, chemiu faisant, de la marne surle granite, et cette
niarnes'etendvers Mezzact S.-Teodorocn devenant plus calcaire
etcompacte. Avant Calonna elie est recouverte d'une brechea cail-
loux de quartz , et de granite qui renferme des peignes , et de
nummulites. La hauteur de ces collines correspond a celle des
coteaux du rivage O|ipose sieilien , ce qui pent expliquer la for-
mation du canal de Messine. Au-dcssus dc Laganadi ct S.-.\les-
i44 Geologic.
sio il y a encore du granite a himcs de gneis, qui augmentent en
nombre a mesure qu'on approche du mont Petillo. Dans la
partle dc cclte montagne vis-a-vis de S.-Stefano le granite est
subordonno au gneis : ce dernier granite est a phis gros grains
que les autres, et a mica talqueux. Cette formation constitue
toutes les montagnes le long du fleuve qui va de S.-Stefano a
GaUico,ainsi que celles de Podargoni, Gera, S.-Giorgio , Denii-
niti Sambatelii, etc. Le gneis devient a la fin granito'ide , ct il se
change en schistc micaco avant d'arrlver a Villa S.-Giuseppe sur
le tcrritoire de Gallico.
II y a des bancs de quartz et de gneis a pyrite dans ces gneis
ct ces granites. Dans la partic superieure de Villa S. -Giuseppe
les alluvions recouvrent le depot marneux et les roches primitives.
Vers S. -Roberto , le long de la riviere Cenide , le granite pre-
senle des couches d'un gneis arjileuxoude schiste argileux,qui se
convcrtit en un granite fin au liaut de la montagne qui horde
celle riviere. Dans le lieu dit Acqua-Calda il y a un filon de py-
rite courant de I'E. a I'O. En montant de la plaine d'Asproraoiitc
sur la nionlagne de Sorbarl on retrouve du gneis a banc dc
quartz, de roches granito'ides grossieres et de sienite schistoide.
Cette formation s'elcnd jusqu'aux monts Nardello et Basilico,
et aux plaiiies de Badia pres de Keggio. A Reggio le granite do-
mine, mais il cede sa place au gneis, apres avoir passe la chaine
cntrc Cerasi , Arasi et Orla. Apres les hauteufs de Cerasi on voit
Ic gneis convert de sable et d'unc breche a gixinile. L'elevatioii
des depots semblables de Calonna est la meme que celle de cclui-
ci. On voit encore cette formation recente sur le granite por-
phyrique de la vallee entrc Deniiniti et San-Giovanni. Les monta-
"nes entre Scilla et Reggio sont done composees de granite et
lie gneis; mais le deriiier prend le dessus , continue seul vers le
mont Lesti et s'avance jusqu'a la pariie septentrlonale de Bova
oil les rivieres Darla et Perestcria prcnnent leur source. II monte
de la sur la droite de la riviere Alece jusqu'a Amcndule, traverse
d'un cole le mont Briga, dc I'autre forme les monts Zambclli ,
Zefiro,Peripoli, Saggiltario et Pendola, et s'elend a Valanid!.
II sc change pen a peu en micaschiste depuis les montagnes si-
luees entre Pendola et Caslello di Santo-Nocito jusqu'au mont
Peripoli. D'un autre cote il passe au schiste argileux en montant a
C'.apo-Pellaro et en sc dirigeant dcsmontagnes de Clivano a Baga-
ladi, S.-Lorenio, Condofuri, et au bord oppose de rAmendolea
Geologie. i^J
pres de Mangoso jusque sous la inontagne de Bova. M. Melo-
grani ajoute que ces passages sont insensibles et qu'ils se font
p;ir alternance. Le gneis passant au raicaschiste conticnt soiivent
des bancs de granite qui est schorlifere vers le montBriga etdans
le Pendolina. II y a atissl des bancs d'am])hiboliie schisteuse et
vers Bova de la sienite schisteuse et un peu inicacee. La slenite
contient quelquefois du quartz. II y a un banc de quartz a la
tcrminaison du gneis au nord de Bova; ainsi qu'au-desstis de
Valonidi, a Saint-Nicolas. La direction de ces bancs est du nord
au sud, et il y a de la galena argcntifere anciennement exploitee.
Le micaschiste passe au scliiste argileux, et ce dernier contient
alors du quartz lenticulaire. On y voit aussi des couches de
quartz legerement micacees, el quelquefois la galene ou pyrite
ftrrugineuse ou cuivreusc comme entre la Motta et Montebello
dins les environs de Regali. II y a des pyrites et du zinc dans un
banc de quartz au lieu dit Janni dans Casale di 3Ionlebello, et
de la pyrlte a S. Lorenzo, etc. Dans le territoire de S.-Lorenzo
sous la chapelle de I'Assunta, ii y a du scliiste alumineux. Toutcs
ces montagnes forment des plateaux assez eleves au-dessus de
I'Asproinonte; ce n'est que dans les plaines de Sant'Agata, de
Motta et de S.-Lorenzo que corainencent les collines tertiaires
tomposecs de sables coquilliers. La hauteur de ces dernieres est
la nieine, soit vers Reggio soit vers Bova, et elles offrent les
menies depots, a I'^xception que les collines voisines de la mer
entre Reggio et Bova sont formees de callloux granitiques,
quarlzeux et schistcnx plus ou moins fortement cimentes. Ce de-
l)ot est plus recent que les sables. Les fossiles y sont des Vermi-
culites, des Numinulites, des Peignes, des Pectoncles, des
Games, des Huitres, etc. Des couches horizontales d'un sable
calcaire endurci ct coquillier forincnt re-\trernite des montagnes
entre le chateau de S.-Nocito, Fossati Motta, Montebello, Pen-
tedaltiio jusqu'a Lcuco]>ctra, au Capo dclle Anni, et celles qui
sont dans la partic la plus elcvee de Bova. Cette roche passe au
sable quartzcux ; a Bova clle rei)ose sur le scliiste argileux , et
contient de I'ocrc argileux jaune et des rosettes de selcnites.
L'antcur pretend avoir vu se former des poudingues calcaires au
Capo dellc Armi. II y a aussi des calcaires, commo dans la partic;
du mont Biiga (jiii rcgardc la mcr; la roche c-.t coinpacte ct
grisp bleuatre; eile repose d'un cote sur le scliiste argileux, de
Taulre touche le gneis dans les environs de Pondolino. Le cal-
iJ. i'OMh 111. lO
1 46 Geologie.
caire 6n lieu dit Fonte Mancoso (cote O. du mont Briga ) prend
ua poli mediocre.
Le gneis forme les environs de Messlne; il est associc avec le
granite , le quartz, le scluste chloriteux et le porpliyre. Unagre-
gat calcaire et plein de petrifications serait la roche la plus recente
s'il n'y avait pas une espece de gres calcaire composce de quartz,
de mica , de feldspalh et de debris de coquilles. L'uuteur emet
I'opinion que le porphyre, I'ampliibolite schistcuse et le granite
sont dans le gncis sous forme de rognons ou de coins et noii dc
couches. Pres du torrent de Travidella pres de Messine, il y a
dans une argile grise un lit charbonneux. II y a 1600 toises de
distance enlre la tour del Cavallo pres de Scilla et la tour du
Phare de Messine. L'anclenne Charybde a du eirc, suivant I'auteur,
a I'endrolt des deux lacs pres de la tour du Pliare , et non pas
derrlere la lanlerne du port de Messine. XJne breche de granite et
de gneis regne du cap Pelore le long du Phare. Au sud les mon-
tagnes sont de gneis et de granite avec des bancs de quartz et
d'amphibolite scbisteuse. Ces roches sont recouvertcs de mar-
nes, de roclies coquillieres et de depots de calUoux et de sa-
bles, Toutes ces formations continucnt justju'au cap de Scaletla,
oil le schiste argileux a bancs de quartz constitue la contree , et
d'oii il s'etend a iravers les montagnes jusqu'au nord de Me?sinc,
sur la route de Melazzo. Sur la rive opposec de la Calabre , les
roclies primitives sont les memes; ellcs s'etendent d'uii cote jus-
qu'au cap Pellaro, vis-a-vis de celui de Scaletta, et de I'autre
jusqu'a Bova, et se prolongent dans I'interieur jusque de I'autre
cote de rAspromonle. Le schiste argileux forme autour d'elles
une bande ( dc la Motta a S.-Lorenzo , Bova, Gerace , Stila , etc.)
comrae en Sicile : enfin on y observe la nieme serie de roches
tertiaires. Le schiste argileux s'etend du cap Pellaro dans I'interieur
du Valdemone, de la dans la peninsula de la Calabre en bordant
toujours la mer , et enfin jusqu'au nord de la Calabre citerieure ; il
tourne ensulle pour venir rcjoindre le cap Pellaro, et enclave
ainsi une masse centrale. Le canal de Messine aurait etc, suivant
I'auteur, une grande vallee situee entre les montagnes d'Aspro-
monte et de Valdemone. La debacle de la Mediterranee aurait
produit une inondation, dont le rt^sultat aurait etc les depots
coquilliers cites, et le changement d'unc partie de cette vallee
en un detroit. M. Melograni combat dans une note I'idee que cc
canal aurait etc I'cffet d'un tremblement de tcrre ou d'un volcan
Geologie. \/^n
sous-marin. II propose d'expliquer I'elevatlon subite de la Medi-
terranee par le reflux de I'eau, occasione par la disparition de
I'Atlantide, et il montre que les treniblemens de terra se sont
toujours propages de la Sicile dans la Cnlabre en produisant
quelquefois des mouvemens dans la mcr. Le grand tremblement
de terre de 1783 en Calabre se fit surtout sentir a Terranuova,
Casalnuovo, Oppido, Polistena, Sitizzano, Rosarno, Torre del
Faro, etc. , preciseraentsur la ligne qui va du mont Caulono aux
Pierres-Noires, et de la par tie sud du mont Esope au cap Pelore.
M. Melograni s'occupe ensuite de I'origine et de la forinatioa
des Tolcans ; il parle successivenient du cliarbon fossile vegetal
et du bitume animal, et trouve dans ce dernier la source des
volcans. Lcs Apennins entre Salerne et Giffuni , ainsi que le
groupe de nlontagnes d'Acerno , conllennent beaucouj) de cal-
caires felides et bitumineux. II explique I'inaclivile passagere des
volcans et leur ila au manque de matieres combustibles et a I'e-
loigncment de la mer : il cite a cet cgard les volcans eteints de
Teano et de Cajazzo, dans la terre de Labour, qui sont u aomilles
de la mcr, et le Monte Friello ( Conca), qui en est a 12 milles.
Le dernier a encore tous ces caractcres; son cratere a 3 milles en
circonference et 3oo toises de haut. On dit qu'il a brule depuis
les temps liistoriques;ce qui n'est pas le cas pour le Vulture place
dans la Basilicate, pres Melli, et a 3o milles de la mer de Barletta.
Lcsvolcausactif's nes'eloignent pas de loiullles dela mcr. II parle
des pseudo-volcans et des volcans sous-marins : il dit a ce sujet
que la terre de Labour a du etre aulrclois un grand golfe, et croit
que tous les volcans ont commence par elresous-mai'ins. Eiifin il
s'occupe de Taction des pyrites et de Teau dc mcr. Une section
suivante est consacroe au graphite d'Olivade, raemoire reimprime
des actes delaSociete d'encouragement dc Naples, to. 2, et la
derniei'e section contient la description des salines de la Calabre.
Au nord des rivages de Trebisane et Corigliano, pres des
emboucliures du Crati et du Coscile, le pays est parseme de
petils cones calcaires sur un espace de 20 milles. Ce bassin est
tcrmlne par lamontagne de Poliuo (Lucanie), par la crete d'Ac-
quaforniosa et par les montagncs primitives de la Calabre clt^-
rieure. En ajiprocliant de Lungro ces collincs presentent du
gypse alternant avec des argilcsmarneuses, et s'avanccnt jusqu'a
Acquaformosa , qui est la montagnc secondaire la plus haute et
qui a un chapeau calcaire. La montagne d'AItomoute interrompt
1 48 Ge'ologie.
cc depot et est formee (runebrechc calcaiie a fragmens de gres et
de trapp. Les schistes sont gris-bleuatres eta Tcinulcs quarizeuses
renferment des fragmens de schiste argileux, et s'etendcnt de
la au vallon quisepare San Donato d'Acquaformosa. II y a aussi
la un lit de for hydrate brun couvert d'une marne calcaire. Prcs
San Donato 11 y a beaucoiip de pyrites en partie arsenicales. Vers
rextremite du Cozzo del Pelegrino, et vers A'erbicano, aj)parait le
gneis , alternant avee du granite jusqu'a cc qu'il cede la place a ce
dernier vei's Grisolia et Cirella.
A droite de Lungro,les coUines de la Soraoena sent I'ormees
d'argile scbisteuse et verdatre, et d'une marne schlstensc bitu-
mineuse et cbarbonneuse. Dans tout ce pays on ne volt de fai-
blcs traces de sel pres de la mer que dans la colline de Sleccato ;
mais les grands depots sont au pied des monlagnes. II decrit la
^aline de Lungro , et parle des travaux executes et a execiiter.
Les depots saliferes de la Calabre sont dans la province de Co-
scnze, vis-a-vis de I'lonie, et surtout entrele deboucbe du Crati
et le cap delle Colonne a celui de Cotrone; mais ils abondent
surtout dans le pays enlre le cap d'Alici et le cap Ciro et le
cap delle Colonne, ou cntre Crucoli et Santa Severina : c'est
un espace de 20 milles de long ou 3oo railles carres. En al-
lant visiter la saline de BnsUIco, I'auteur decouvrit, au beu dit
Colle di S. Lorenzo, entreTaccurl et Casino, un filon degalcne
argentifcre a gangue quartzcuze. Le cbemin de Santa Severina
passe sur une montagne coniposee de coucbcs borizontales trcs-
coquillieres. Ce calcaire coqulllier continue jusqu'a Basilico; les
couches y sont faiblement inclinees , et s'etendcnt d'un cote le
long du Lese, el de I'autre le long du Lepre. Le terrain salifere
est couvert de gypse , de calcaire, d'argile et de petrifications
marines. Lc sel y forme un amas enorme qui se volt a decouvert
pendants millesjusqu'au Lese. La mine deselde Lesen'estqu'une
continuation de celle de Basilico. Cclle de Zinga est dans une
colline sur les bords du Yitravo ; et a Ogliastro , a 3 niiiles de la, il
y a un autre groupe dc collines saliferes. La mine de Miliati est a
a milles a I'ouest de Zinga, et cntre Miliati et Ogliastro, 11 y a
le ruisscau Cufalo, dont I'eau jaunc depose beauroup de soufre.
La mine de T^clo est au-dessous du village d'Altilia , le sel y est
soullle d'argile. A Stcccato , sur le rivage dc Catanyaro pres du
Tacina , on extrait du sel de I'eau de la )ntr. On fait annuellemont
a Lungro 20,000 cnntaja de sel. A. B.
Gcologie. 149
107. Parties de la lkttre geolocique adressee x M. 1>emb-
sHER, et de son introduction; par M. N. Marzari-Pencati.
( Gazette privilcg!ee de Venisc An 8 fcvrler au 18 aout 1823.
Supplemeiis des viS>^. 32 , 39, 94 , i85 , et dans I'appendix du
n°. 58. )
QuATRE FRAGMENs CEOLOCiQCES pubUcs par Ic mciiie auteur
flans le rncme journal.
Tout le njonde salt que M. Marzari-Pencati a decouvert a
Predazzo des roches pyroxeniques et granitoitdes qui sont pos-
terieui'es au calcaire jurassique ct roeme a la craie. Ce fait im-
portant a ete consigne par ce savant dans le supplement du
Nom-el Observateur icnitien du 3o septembre 1820, et a ete
eiisuite coramente par M. Breislak dansune brocliure qui a paru
en 1821. Vu le peu de credit dont jouit cette gazette venitienne ,
tres-peu de personncs auront eu connaissance des ccrlts de
M. Marzari que nous allons analyser, et qu'il n'a fait reimprimer
a i^art qu'uniquement pour ses amis.
Sa lettrc gcologique a pour objels les granites , Its inicn-
schistes , les quartz , les serpentines , les porphyres , les autygda-
lo'ides agatijeres, ctles autrcs terrains inferieurenient mctalliferes
qui coiironnent ou rendent mctalliferes les /'or/nations secon-
daires entre la Piave ct I'Adige , et qui detruisent ou rendent
mains dislincts leur stratification horizontale , ou Lien la laissent
in tact e :
Et sur la repetition vraisernblable , sinon certainc , des meines
jdicnoniencs dans ces contrees oil il reste des preuves de
cristallisation avenue dans de certaines circonstances , comine
aussi dans ces vastes pays ait les terrains primitifs sont a lasu~
perficic du sol, ou converts seulcment de depdts ignes , etaqueux
postcrieurs a la craie . Vicence, i823.
L'auteur commence par dire dans I'inlroduction qu'il a trouve
dans un memoire d'Arduiui, et dans un autre de M. Da Rio,
et menie par d'autres ccrits, qu'il y avait entre I'Adige et la Piave
des masses cristallines y^w</«wf«^<7/r.y, ou sous le grcs rouge,
et d'autres conronnantcs ou placccs sur les formations secon-
dalres. II sc plaint du mcmoirc sur Ic Viceutin de BI. H.iras-
clilnl, ct fait a ce snjct une note de \\ pages, dans laquelie il
iiu-le mal a pioj)os M. Boue, ct tache de montrer par des cita-
tions que M. MarascLini a tort d'adopter les idees huttonicnucs
1 5o Geologic.
sur le remplissage par en bas des fentes ou filons \ olcaniques.
La lettre gcologiqiie est datte du 18 septembre 1822. II com-
mence par dire que M. Fr. Dembsher a consignii dans le Joiirn.
encyclop. de Venise de 1786, que le calcaire d'Agordo sup-
portait le micaschistc a amas de pyrlte, et ce dernier incline au
sud-est de 80 a 85°. L'auteur ne voit dans ce calcaire que la
continuation de son calcaire alpin du Tyrol. 11 est bon de dire
que sous ce nom 11 comprend tous les calcaires secondaires jus-
qu'au calcaire jurassique inclusivement. II retrouve son calcaire
reposant sur son gres rouge, formation qu'il compose du gres
rouge et du gres bigarre. II cite ce gres a la Chapelle sur le Mae ,
a Primiero, sur le haul Corderole , sur le Pcttorina , le Cipit
dans la Valsugana , etc.
Le fragment A consisle uniquement dans une citation de
Dolomieu sur la position des roclies secondaires et primordiales
des Alpes , et une longue note de l'auteur a ce sTijet. II y chercbe
a prouvcr que les roches primitives reposent sur les secondaires,
et a celte note sont liees deux autres petites notes , dans I'une
desquelles il montre qu'il y a des passages du granite au porphyre
trappe en tetraedre.
Dans le fragment B, 11 nous apprend que les fdons mctalliferes
des vallees Imperina , Monache et Pezzea , se trouvent au con-
tact des moutagnes calcaires ou crayeuses et des schistes raicaces
ou des gneis, ou blen dans le voisinage de ce contact. Une note
accompagne ce fragment oil il dit entre autres choses , qu'enlre
la PiaTC ct I'Adige Ton voit frequemmcnt les roches secondaires
se conformer a la surface des roches primordiales, tandis que
les roches cristallines couronnantes et les formations secondaires
se rencontrent souvent sur un plan vertical.
Le fragment C est une lelire dc M. Tonimasi sur la mine
d'Agordo, du 25 fcvrier 1823. Get ingenieur a deduit de ses re-
leves geomutriques souterrains , que la masse de schistc micace
de rimperina et du Tcgnas a la forme d'une lentille. Les travaux
ont fait decouvrir sous le schiste du gypse dans la galerie de
Saint-Barbara ct de Saint-Francois; et au mont Poi, le calcaire
secondaire supporte le schiste. Ces deux roches se rencontrent
sur un plan ties-incline et un peu ondule ; c'est , suivant nous , la
source de ces faits , qui paraissent au premier abord si extraor-
diuaircs.
Geologie. 1 5 r
Fragment D. Lcttre a I'Acadfhnie rojale des sciences de Paris ,
dti 1 5 juillet 1823.
L'auleur nous y apprcnd qu'il a etc cliarg6 par le gouver-
iiement de la description geologiqne des etats venidens. II pre-
tend avoir trouve les trachytes des Euganeens reposant sur le
terrain terliaire, qui comprendrait, suivanl lui, la scaglia ou la
craie des geologues.II raconte ensulte la vislfe qii'il a eue de M. de
Humboldt, etc. Dans ie resle de sa letlre il cite des localites de
rocbes primitives qu'il suppose conroimantes ou sur des roches
secondaires, et il fait des applications de cette idee an Mont-
Blanc et aux montagnes de Savoie en general. Trois longues notes
font partie de ce niemoire.
Fragment E. Lettre sur la vallee de TravagUaadressee a M. Isim-
bardi, le lo septemhre i8-23.
Le gres rouge forme la base des calcaires secondaires de toute
ritalle superieure. II suppose dans la vallee de Travaglia un de-
pot cxhx^Xm couronnant , et s'appule sur des citations d'auteu^s
qu'il commente. II y a aussi deux notes de six pages; dans I'une
I'auteur donne quelques idees sur ce qu'il appelle son volcanisme
super/eur et taclie de montrer que les roches primordiales , ti'a-
chytiques ou cristallines ont coule comme les laves de haut en
bas. Ces depots igncs ont renipli des valiecs, des terrains secon-
daires, et il cherche a raccorder cette idee avec celics de MM. de
Humboldt et Broiigniart.
Fragment F. Faits et conjectures sur les amalgarnes ignes en gene-
ral et sur les depots de gypse et de sel en particulier, en mars 1824.
L'auteur appelle ainalgame I'union ou la penetration de deux
roches par la voie ignce, et il appelle metallisation et marmorisa-
tion les operations par Icsquclles des depols aqueux ont etc im-
prcgnes dc metaux , '^t des calcaires changes en niarbres dans le
voisinage des roches ignecs. II croit retrouver dans les Pyre-
nees et la Savoie de ces amalgarnes, et de ccs superpositions de
roches schisteuses cristallines aux roches secondaires ou a des
calcaires classes les uns parmi les primitifs , les autrcs parmi les
intermediaires. Les schistes primitifs etant dos laves , leur forma-
tion a du ctrc accompagnee d'emanations bilumineuses, liydro-
sulfurcusos et salines. L'auleur y rhcrchc I'Drigiiie des di''j)6ls de
gypse et de sel, et il ajoute que des 1822 les calcaires inlerme-
iSa Geologic,
diaires des Pyrenees et dc la Savoie, lui avaicnt paiu ^Ire Ir re-
sultat de la fusion et de Ja p<^netiation de«. roches cristallines qui
se sont repandues sur les roches secondaires. II appelle antitrap-
piques Ics vallees qui existerent avant cette cpoque, ctque ces la-
ves aiiraient remplies suivant lui. Les vapeurs ignees se sont insi-
nuees dans les roches lateralement ou duhaut en bas, et ont pro-
duit ainsi les depots salins. Cos penetrations sont les nitnirs
operations que cclles par Icsquellcs les roches ont recu des parlies
metalliqucs, magncsiennes ou siliceuses. Les roches infermediai-
res ne sont pour I'autcur que des roches secondaires ainsi niodi-
fices , et il voudrait qu'on cessat cette fausse classification. Le
reste de ce fragment accompagne de cinq notes ne nous est pas
encore parvenu.
io8. Description geologiqtik d'Anglesey ; par J. S. Hens-
low, avec une carte geologique, et six planch, de coupes.
( Transact, de la Soc. Philosoph, de Cambridge , iSaa.)
L'ile d' Anglesey est un pays assez bas; la colline la plus ele-
vee est celle d'Holyhead qui a 709 pieds de hauteur. L'auteur
decrit d'abord toutcs les roches stratifiees , puis celles qui no
sont pas stratifiees. On pourrait comprendre toules les roches
^nciennes stratifiees sous le nom de micaschisle; neanmoins l'au-
teur en distingue plusieurs especes, et parlc d'abord des roches
quartzcuses qui occupent la pcntc a I'O. de Holyhead. Ces ro-
ches, melees d'ocre, de mica, et de chlorite, ont des structures
tres-varices et des clivages accidcntels. H y a une planche pour
represcnter un cas ou les parties proeininenles de la roche
offrent 4 clivages. La chlorite schlstense occupe une grande
partle de l'ile, soit autour d'Uolyhead, soit le long du canal du
Menai, soit an milieu de l'ile cntre Trcgajan et Aberfraw.
Cette roche est fort contournec ; elle passe a la roche quarlzeuse
et au schiste argileux qui est quelquefois compacte et jaspoidc.
L'auteur cite lieaucoup de particularites de ces roches dans di-
irerses localittf's. Ce terrain ancien renferme des amas de calcaire
compacte gris oubrun, commc au sud d'Aberfraw, et entre
Glanydon et Cemmes ; on n'y a pas observe de restes orgnniques.
Cette ile conticnt deux districts de serpentine , I'un pros de
Llanfechell, et I'autre entre Llanfihangel et Uorlh Anna ; cette
roche est en bancs subordonnes dans le schiste chlorileux, et
parait associee et melee avcc un calcaire compacte et grenunoi-
Geologie. i53
latre. II v a de I'iisbosfe, Ju pyroxene el .^e racliiiote. Pcsschis-
tt s argikux ou des especes de grauwa( kc schisteuse forment le
pays cntre Bodowcn et Tregajan, et entre Llanercliymed, Du-
las, Llancilian-Point, Llanbabo, le promontoire de Carnels-
Point et Llantrlsent , et on en retrouve encore entre Llanfi-
hangel ct Pentraeth, a Beaumaris et Llandonna. Ces roches sent
quelquefois tres-grossieres ])res du grcs rouge et renferment
des bancs compactes et siliccux. Le gres rouge anclen ne se
trouve qu'a Test de Dulas et au nord de Bryngale, et entre Lla-
nercJiymedd et Llanfaelog et Gwalcbmai; il est lie a la grau-
wacke, et renferme quelquefois des impressions de bivalves.
Le calcaire a encrines occupe le promontoire a I'ouest de
Peumon, et un espace assez grand entre le gres rouge de Bryn-
gole, la grauwacke et les schistes cLloriteux de Trcgayan , et le
terrain houiller a I'ouest de Pentraeth. Ce calcaire estcompacte,
noiratre ; il se lie et alterne avec des gres houillers , ct renferme
des madrepores , des encrines et des trilobites. Les gres prece-
dens forment le pays entre Bodowen , Llanchrlstiolis , Pentraeth
el LlanChangel, et on en revolt surles deux rivages du canal de
Menai,au sud du fameux pont de Bangor. L'auteur classe parmi
le calcaire magnesien ou le zechstein des alternations de calcaire
compacte et de gres calcaire. Ces dernieres roches ne se voient
qu'au-dessus des couches houilleres du pont de Bangor, ct for-
ment la pointe S. E. de I'ile. Un aggiomerat calcaire y supporte
un gresbrun jaune, un calcaire gris, une argllebleuatre, un gres
calcaire compacte, gris, un gres I'ouge fin et coquillier,et un cal-
caire compacte lougeatre. Le gres bigarre n'exisle que vis-a-vis
de Caernarvon. Toutesles roches precedcntes sont Iravcrsees de
Clonsbasaltlques qui existent surtout le long du canal de Menai,
8urla cote de Dulas a Wilfa, et dans I'espece d'ilede Holyhead.
L'auteur decrit d'abord un filon de Plas TSeivydd (pii a i*?/!
pieds d'ejiaisseur , et qui altere les roches houilleres ct calcaires ,
de maniere que les marues argilcuscs sont endurcics ou jnspoides,
et le calcaire est devenu en parlie crisfallin. II y a uicnie un en-
droit oil les masses argilcuses jaspoides presenlent une structure
globulaire, ou renfei'ment meme des cristaux d'analcime, ou
Lien des cristaux d'un grenat jaune brunatre. Lorsque ces cris-
taux sont rcunis ensemble, la roche a I'air dc contcnir desnids
de coccolites. Ces faits imporlans se revoient dans un autre filoii
a Cadiiant, et au:isi, a ce qu'il parait, dans le High-Tcesdale dans
i54 Geologie.
\e Norfhumbcrlanil. Ce dernier filon de doldrite est itioins large
que le precedent , et traverse aussi le canal de Menai. II y eu a
un troisienie a Moelydon-Ferry, qui a 40 pJcds de puissance,
et qui se ramifie ; certalnes parties de calcaircs traverses, ainsi
isolees, sont dcvenues cristallines. Les lamelles des cristaux de
feldspatli sont toutes dans la meme direction dans ce filon. A
Llanfihangel-East il y en a un compose de pyroxene vert et de
pvrite; les schistes sont devenus jaspoides , et la houille une cen-
dre scoriacee. Le grand filon qui s'etend dc South-Stack a I'ex-
treinite sud de I'ile de Holyhead parait ca et la supporter des
masses de schistes chloriteux qu'il perce ca et la. II varie de
texture suivant les lieux ; il se ramifie un instant dans la serpen-
tine. Un autre filon semblable de dolerite a pyrite et fer titane
traverse la meme petite ile, affecte des roches quartzeuses , et
renferme des fraginens alteres de schiste. II y a 20 a 3o fi-
lons de dolerite ou de -wacke, entre Beaumaris et Garthferry ,
et I'auteur donne des figures tres-interessantes de quelques-uns
de ces filons qui se ramifient ou ont Fair de se terminer supc-
rieurement dans les roches. Les districts de granite et de dia-
base ne se Irouvent qu'au milieu de I'ile a I'ouest de Dulas, a
Llanerchymedd et entre ce bourg et Llanfaelog. Ces roches
forment des eminences convenes de masses sans liaison entre
elles. L'auteur croit a I'origine ignee de ces roches , et etaie
assez mal a propos son opinion, du fait que les gres rouges su-
perposes sur le granite prennent un aspect plus cristaltin pres
de cette dern ere roche. Ceci est un accident tout-a-fait nep-
tunien. 11 cherche ai^ssi a rendre probable que Ic graniten'est que
le resultat d'une alteration ignee des roches avoisinantes. 11 cite
a cet effet un i)assage d'une breche a un trapp, et parle de roches
schisteuses anciennes ou I'amphibole aurait ete produite par la
voie ignee. II donne ensuite des faits a ra])pui de I'apparition du
granite poslcrieurenicnt a la formation de la grauwackc, tels que
des amas de debris places au contact de ces deux roches, une
couchc dc gramvacke reposant pres du granite en stratification
-non concordante sur un schiste argilcux, etc. Les districts de
serpentine offrent des traces de grands bouleverscmens. Knfin
l'auteur parle de certains agglomerats de schiste argilcux ou
chloriteux et de calcaire ; ils forment les promontoires de AVIlfa
et de Llanbadrig, ct le pied Est du mont Llaneilian. 11 terminc
Geologie. 1 55
par quelques mots sur ce qu'il appelle diluvium ou alluvions an-
ciennes , et alluvium ou alluvions de la mer.
La carte et les coupes sont d'un grand interet pour la science.
A. B.
109. ExTRAiT d'un memoire sur le calcaire DE Caen , par
M. LE Neuf de Neuville. [Mem. de la Soc. Linn, du Calva-
dos, 1824 5 P- 57. )
Les carrieres de la lilaladrerie sont dcs galeries souterraines
dont rentiee est un puits. Lorsque ces galeries sont devcnues trop,
profondes , on les ferme et on en rouvre d'autres. L'auteur de-
crit la serie des couches qu'on observe dans ces exploitations.
La terre vegetalerecouvre un litde fragniens calcaires de i"i,o5'^;
il y a ensuite 8 strates d'un calcaire compacte el dur qui font
ensemble 4 metres d'epaisseur et qui sont separcs par des petlts
lits de silex. Des corps siliceux se trouvent pres([ue toujours dans
une position verticale dans le calcaire suivant, qui occupe i '"
36'=. Des petrifications (ammonites) commencent a paraitre
dans la partie inferieure de celte masse et continuent a se faire
voir dans les deux couches suivantes qui ont i™,i3 d'epaisseur.
Au-dessus est situe un banc rougeatre a lames de bois fossile
pulverulent , puis une bonne pierre a batir d'un metre d'epais-
seur; elle contient des corps siliceux, et des nids geodiques de
quartz calcedonique pseudomorphique. La strontiane sulfates
parait avoir rempli une fois ces dernieres cavites. C'est la aussi
qu'on a trouve dcs crocodiles. La couche suivante a un grain
plus fin, et offre des ammonites placees debout. La profondcur
totale des carrieres est d'environ 10 metres : neannioins on a
sonde encore deux ;iutrcs couciies, dont la premiere laisse echap-
per par des trous un air tres-froid et fetide , landis que la se-
conde est tres-dure. Le j)rix de la bonne ou mauvaisc pierre eat lo
meme : le metre cube coutc toujours 8 fr. A. B.
110. Premier memoire de M. Magnevillk sur le calcaire a
poly})iers du Calvados. [AJcm. dc la Soc. Linn, du Calvados;
1824; P- 2i<j. )
L'aspect de ce calcaire varie beauconp. II so presonle sous la
forme dc cailloutis , de plaqucttes ou de moellons. II est jauEalrc
et telnt par du fcr; c'est un agregat de polypiers et de coquillcs
qui laissc apercevoir une quantitc de facettes dc petifs cristaux
de spalh calcaitc. II y n dcs parlies sableuscs ou argilcuses j les
i5G Geologie.
nssises iitfiirieures sont plus endnrcics que les supc'iieures et don-
nent debonnes picrresdetaille. Onrexj)loilc surtout a Ranvilles,
Sallenelles, Bicville, Reviers, Pierrepont, Orval et le long de la
raer, depuis Revicrs a Cairon. II y a quelquefois des oolites bru-
iies et blanches, qui forment tout le depot dans les falaises de la
riviere d'Ornc, cntre le bac de Benonville et Oyestrehan. Ce cal-
caire renferme I'encrinite pyriforme, une grandepinnite decrile
par de Saiissure, t. I, p. 263, plusieurs esi)eces d'ainmonites ,
de terebratules, de nautilcs, de belcmnitcs, de gryphees, de tro-
clius, depeignes, d'lmitres, de modioles , d'oursins , etc. Ce de-
pot comprend superieurement une couche de glaise calcaire qui
renferme aussi des fossiles.
Presd'Aromancheilyaunvallon entre la butte de Manvieuxet
celle de Fresne. I-aparlieinfcrieuredela falaise de Manvieuxetde
Fresne,jusqu'a go piedsau-dessusde lamer, est forinee par une niar-
ne bleue qui supporle un calcaire divise en bancs liorizoniaux. Le
calcaire a polypiers de i5 a 20 pieds d'epaisscur forme le chapeau
de la falaise de Manvieux ; mais il n'existe pas sur celle de Fresne ,
qui est trop basse, etrcparait sur la butte Rye. La butte deVer
est constituee de la nieme manierc, le calcaire a polypiers s'en-
fonce dans celte direction, et toutes les falaises ct toutcs les car-
rieres jusqu'a Sallenelles au dela de I'Orne n'offrent plus que ce
de])6t. A la roche de Sallenelles il est reconvert par un calcaire.
C'est la I'exlremite nord du calcaire a polypiers; il s'etend au
sud depuis la mer jusqu'aux liaulcurs qui envlronnenl Caen. Le
calcaire dc Caen sunnonte du calcaire precedent forme les co-
teaux de Saint-Gilles, du Moulin-au-Roi , de Saint-Julien et de
la Folic. Le terrain s'elcve encore vers le nord-cst, mais les cou-
ches s'inclincnt dans la memc direction , etila une grande epais-
seur au plateau de Lebisey. Confine sur le bord de la mer dans
Farrondissement de Bayeux , le calcaire polypier prend uu grand
dcveloppcment dans la partie sud-estdu departement. Des hau-
teurs a Test de la commune de Port en Bessin, il s'etend jusqu'a
la butte de Rye; il est interrompu par la vallee de la Grande,
et reparait sur la butte de Ver, d'oii il s'etend aux hauteurs do
Basonville. II forme tout le plateau des communes de Crepon ,
Yilliers-le-Sec, Salnte-Croix , Banville et Gray. II existe a Orival,
Pierrepont , et so tcrmine sur les communes dc Camilly, Cairon ,
Rots. II va a Test dans les communes d'Aulhic, deSaint-Gcrmnin-
la-Blancbe-Ucrbe, passe sur le tcrritoirc de Cacu en courouuant
Geologic. 1 5/
les coteaux de la Maladrcrie, de Saint-Jullcn, de la Folic, du
Moulin-au-Roi et de Saint-Gilles; mais le coteau de Cadix, moins
eleve, n'offre quelecalcaire de Caen. On retrouve notie calcaire
sur I'autre rive de TOrne , sur les coteaux de Colombelle et de
Mondeville. II se termine a I'ouest sur le calcaire de Caen , entre
Cormelles et le faubourg de Vaucelles, et enlre Ifs et les carrle-
rcs d'AUemagne. II s'etend de la dans la plaineausud-est de Caen.
On le connait a Valmeray, aVandceuvre, au inont d'Eraines pres
do Falaise et de Lisieux ; mais au sud-oucst de Caen on n'en voit
plus de traces entre I'Orne et la route de Bayeux. I^orsque ce
depot n'est rccouvert que de terre on remarque que cette terre
ect inferieurement jaune , douce au toucher et a concretions de-
rivees peut-etre defossiles; superieurement elle est rouge, grassc
ft quelquefois a galets de roclies intermediaires, ct a de i pied
a f) d'epaisseur. Une glaise de i a ao pieds d'epaisseur remplace
quelquefois cette terre : les galets forraent alors quelquefois un
poudingue ferrugineux. A. B.
III. Geognostjsch-bergmannische charte der Umgecend
VON Freiberg. Carte geognostique et miiieralogique des
environs de Freyberg, en Saxe; dessinee d'apres les prin-
cipes de Lehmann, par W. Schippau et Hajek. 3 rixd. Dresdej
1824 > Arnold.
na. M. DE Vetheim a lu tout reccinment a la vSocietc d'liis-
toire nalurelle de Halle un memoire sur le granite du Hartz; il
a reconnu qu'il elait place en amas au milieu des scliistcs et que
son contact avec ces roclies presenlait des accidens favorables a
I'origine ignee du granite, neanmoins il ne cioit pas devoir
adopter ce opinion.
ii3. De l'origine et de la formation des Voixans. Par
M. Giuseppe Melograni. ( yiui del Real Istit. ai Napoliy
To. I, p. 1G2.)
Pour donner une idee de ce travail, il sufflt de citer les corol-
laires qui le lerminent : 1°. Les rochcs volcaniques sont d'origine
igiice, ct elles I'indiquenl par leurs caracteres exterieurs; 2". la
formation des montagnes volcaniques est posterieure aux depots
primitifs et sccondaires, puisque les volcans ne forment pas des
fossiles nouveaux, et nc font que rejeter ceux qui preexistaient
dans des couches anciennes ; 3". la source de Taction volcanique
est »me matiere apparlenantc surtout au fond de la mcr ct a I'inle-
I'ieur des conlincns. Les volcans br/ilans ct etcints font soupcon-
1 58 Geologic.
iier que ccttc matiere se rcgenere sans cessc des memcs subsfances.
F.t en remontant des petits aux grands effets, nous somnics obli-
ges , dit raiileiir , d'avouer que le cliarbon fossilc animal pourrait
bien etre le combustible cherche. L'auteur se doruie bcaucouj) de
peine pour etablir cette derniere supposition; il fait observer les
bouilleres avec des depots d'animaux marins, 11 examlncle prodiiit
cbimique des substances animales bitumincuses telles que raramo-
iilaque,etc., il parledes pseudo-volcans, etc.; 5".ily a deux espe-
cesde volcans ; les unsdcriventleur existence entlerementdu feu,
tandisque lesantres ontlaraerae orlgine, sans etresujots a des ex-
plosions, cesdcrniers sonl les pseudo-volcans, et ne durent qu'un
instant; les aulrcs, au contraire, briilent des niilliers d'annees ,
parce que les matleres qui leur donnent naissance se regenerent
sans cesse, ou du moins a des intervalles de temps peu eloignes
les uns des autres; 6". corame il y a beaucoup de difference dans
le degre de Taction du calorique, et que cela depend seulement
des alterations plus ou molns grandes des fossiles attaqucs, il faut
done que les roclies volcaniques soieiit tres-diverses. A. B.
ii/|. Ideen su einem vulcanischen Erd-Globus, etc. Idees
sur un globe terrestrevolcanique, ou surune representation de
tous les volcans anciens et modernes de la surface delaterre,
et sur lesresultatspliilosophiquesqui en decoulcnt; par F. Sic-
kler. In-8. de 8/| p., avec uue mappemonde. "Weimar; 1812.
L'auteur raontre d'abord , par des citations plelnes d'erudition,
que Ton a atlribue de toutc antiquite a la terre des plicnomenes
et des catastrophes volcaniques f rus-considerablcs. 11 fait rcmar-
qucr ensuite que tous les districts volcaniques se trouvent , a
Tcxccption (fun petit nombre , distribues sur des lignesplusou
moins loqgues ou larges, et il distingue j) meridiens et 3 paral-
lelcs volcaniques. Les meridiens volcaniques coniprennent, 1". ce-
lui qui s'etend du Greenland, par I'lslandc , I'Europe et 1' Afrique,
jusqu'a I'ile Bourbon et celle de la Desolation; 5". celui qui
part des cotes septentrionalcs de la Norwege et de la Laponic,
pour se rendre, a travcrs I'Europe et I'Asie, a I'ile de Ceylan;
3°. celui qui va de Siberie et du Thibet occidental jusqu'a Suma-
tra ; //'. celui qui commence au Kamtschatka et au Japon , et qui
finit dans les lies Moluques et la Nouvelle-Uollande; 5". celui
qui va de IVIphon aux iles Mariannes, sur la cute orientale de la
IVouvelle-Ouinee et dans I'ile de la Nouvelle-Zelande; G". celui
Geologie. 1 5g
<^ui s'etend, a travers TAmcrlque, des monts S'^.-Elie au cap
Horn ; 7°. celui qui traverse le pays de Labrador, le lac Onlario,
les petites Antilles, et qui finita I'ile de Tristan d'Acunha; 8°. ce-
lui qui se rend du Groenland aux A cores, a Tcneriffe et a
Tristan d'Acunha ; g". celui qui court le long de la cote occiden-
tale de I'Afrique. Les paralleles volcaniques sont, 1°. celui qui
est autour de I'equateur et qui renferme plus de 100 volcans
eteints ou en activite ; 2". celui qui fait le tour du pole nord, a
compter depuis le 5i^. degre, qui renferme les volcans les plus
terribles , et ou la force volcanique parait surtout concentree sur
une largeur de i5°; 3". celui qui est autour du pole austral, a
compter depuis le 5i''. degre, et qui ue presente que des iles
entourees souvent de glaces. L'auteur accompagne la descrip-
tion de ces differentes zones volcaniques de I'enumeration de
tous les volcans qui s'y trouvent , et de la representation de ces
lignes sur une raappemonde. L'interet de cette carte serait encore
plus grand s'il avait pu y marquer tous les volcans , comme a
fait M. Ordinaire, et s'il avait pu y distinguer les volcans eteints
des volcans en activite.
L'auteur conclut de ces faits que la force Volcanique est la
plus forte sous les poles; qti'elle est repandue partoutsousla zone
equatoriale , et que les zones temperees n'offrent point de paral-
leles volcaniques. II adresse ensuite les questions suivantes aux.
geologues et aux physiciens : Les lignes ignees dependent-elles
de la distribution des depots priniillfs ? Est-ce que I'activite
volcanique aux poles explique les phenomenes d'attraction
de I'aiguille aimantee ? A-t-elle de I'influence sur I'inclinaisou
de cette aiguille qui augmente vers les poles? Les zones volcani-
ques sont-elles la source des declinaisons de I'aiguille aimantee ?
L'auteur lache de rcpondre a toutes cos questions par des obser-
vations d'autrui , et il termine son interessant ouvrage en mon-
trant le role essentiel que joue relectricite dans les phenomenes
volcaniques, ou I'elroite liaison qui existc entre cux. A. B.
1 1 5. Lettre de D. Giovanni Giusti, consclller d'intendance a
Catane, a M. Monticelli, secret, perpet. de I'Acad. roy. dc;
sciences, sur la derniere eruption del'Etna. (^fourn. Encjcl. de-
Naples ^ annee i3, n°. 7.)
En 1812 , 1'Etna avait eu une eruption qui avait dure G mois ;
depuis lors I'bn n'avait ressenti que deux Iremblemens de terrc ,
1 Go Geologic.
en 1816 el 1818. Le 27 mai 1819, le Mongibello mil fin a
ce loni; repos : on ressentlt tout a coup un vent ttes-impetueux ,
desondulations du sol.etla montagne fit entendre d'horribles
miigissetnens.
Le 28 mai, il se forma /( crnfcrcs sur Ic haul du cone, pies de
la vallt'C de Bue, et un cinqnieme a Giannicola; Ics premiers n'«-
faient qu'a 400 pas de la ciine de I'Etna. lis vomirent de la fu-
mee noire, des scories, ctdcs sables quilurent portes meme a iS
milles de la. Un des craleres cpancha dans la vallee une petite
coulee qui s'unit a celle de la cinquieme bouche. La lave de cctle
dernicre fit , dans la plaine de Trif'oglietto , 4 milles dans 26 heu-
res. Elle formait une coulee d'un mille de large et de 22 palmcs
de liaut, et elle s'arreta dans la vallee de Calanna.
Le 9 juin , le volcan reprit sa premiere energle; on entcndit
le bruit a 21 milles de distance. Le 12 de juin, il se forma
deux nouvelles ouvertures ; I'une pros du cinquieme craterc,
et I'autre a Giannicola: toutes deux donnerent des laves, mais
eiles ne descendirent guere dans la region de la vegetation, et
occuperent des terres cullivces sur ie cote orienlal de I'Etna.
Le 2 juin, la lave coulait dans la vallee de Calanna, et elio
emettait Todeur de I'acide muriatique. Le sable volcanique of-
frait du feldspath ct du pyroxene noir. Dm-ant I'eruption, le
cratere de Mongibello est reste tranquille et convert de neige.
Quelques montagnards veulent avoir vu une longue fente sur
le plan dit du Philosophe; mais I'auteur n'a pas pu verifier ce
fait. A. B.
116. Sur la derniere eruption de l'Etna ; leltre de J. J-
Albert de Schonberg a M. le D"". J. F. Schouw. [Journ.
encycl. de Naples y ann. i3,n". 8.)
L'autenr est monte, le 29 mai 1819,3 rEtn.i ; il a vn sortir la
lave sous ses picds ; la coulee avait a sa sortie Go picds de lar-
geur, et a sa base 1,200 pieds, et elle avait dej;\ parcouru 4
milles italions. Une cascade de 5 a 600 pieds s'etait formee a
Baizo di Trifoglietto , ct dc la la lave s'clendalt plus lenteniont
dans la plaine de Calanna et enflammaitlcsarbres. Plus liaut que
ce cratere il y en avait un autre ([iii lanrait des picrrcs a 800 ou
1000 pieds de liauleur ; notre voyageiu- s'en approclia jusqu'a
/,o ou 5o pas de distance. Le 8 juin , il y cut encore une eruption.
La cime de I'Etna c>.t a 10, /,8 \ picds sur la mcr. Le nouvcau era-
Geologic. i6i
tere est au N.-E. de la montagne , a at milles de la cime de Tan-
cien, et a i,5oo pieds plus bas. Le 14 juin , il y avait encore de
fortes detonations. Le barometre etait a Catane, le 27, a 28
pouces 0,0 ligne, et le 28, a 28 pouces 0,67 ligne. Un plan de
I'Etna et de ces nouvelles coulees accompagne celte leltre. A.B.
117. SuR LES TERRAINS BASALTiQUES et sur Ics dispositions res-
pectlves des colonnes de basalle sur unemerae montagne; par
le prof. Hessel. [Schriften dcr Gesells. der gesammt. Naturwiss.
zuMarburgy i r. vol., i823, p. i53.)
L'auteur commence par avancer les faits suivans : i**. Qu'oa
ne pent pas distinguer mineraloglquement le basalte des laves;
2°. que le basalte est sorti des entrailles de la terre et a forme
des cones ou des courans; 3°. que le basalte n'est pas le prodult
de roclies qui auraient ete fondues, mais qu'il est une roche sui
generis comme le granite; 4"« le refroidissement plus oumoins
lent est la cause de la texture plus ou molns cristalline des ro-
clies ignces. La meme cause peut avoir aussi contribue k la di-
vision reguliere des basaltes, etc. liOrsque le refroidissement a
ete tres-prompt, la roche ignee est restee cellulaire comme dans
la partie inferieure et superieure des courans de lave ou de ba-
salte: ce que Ton voit bien au mont Stempel, pres de Marbourg.
Dans les cones, l'auteur pense que le basalte avait deja pris y
pendant son elevation, une certainecompacite, en vertu du re-
froidissement. Les montagnes basaltlques se presentent de diffe-
rentes manieres ; les cones sout en groupe ou en etoile ; cette
derniere disposition indique des courans de differentes epoques,
comme cela se voit au mont Amoneburg. Plusieurs courans y sont
sorlis d'un cone principal accompagne de deux autres plus pe-
tits. Ces courans ressemblent souvent a une poire, et s'elargis-
sent a leur extremite : une partie duMosenberg, presManders-
cbeid,en offreun exemple.Quelquefois ces courans se sont divises
en deux , comme pres de Gerolstcin. Les cones basaltlques sont
plus frequens que les courans : ces especes de colonnes se retre-
cissent lantot par le bas, tantot par le haut. Le Stenipci et le
Frauenberg,pres de Marbourg, sont des cones sans coulees. Quant
aux prismes basaltiques, leur axe est parallcle ou non pirallele;
et , dans le premier cas , I'axe repose vcrlicalcment, obliquement
ou borizontalement sur un plan; dans le second cas, les axes des
prismes convergent ou divergent par en baut, ou bien ilsse diri-
B.TomeIL II
iGa Geologic.
gent de tous cotes comme les rayons (i'une splicre. II arrive anssi
queles axes des prismcs paraisscnt paralleles, tandis qu'ils ne le
sont pas siir un plan perprndiculaire a I'liorizon. Enfin la com-
binaison de ccs differentcs positions prodult des cts tres-curienx ;
ainsi, par example, les prismrs dedcux masses basaltlques peu-
\ent etre places de maniere a former entre elles un coude,
comme a I'Amonebnrg, ou I'angie aiiisl formd a de 1 15 a laS".
L'auteur donne ensuite des exemples, parmi lesquels nous ferons
remarqiicr les prismes de I'Amoncburg, paralleles et obliques;
h^s prismes de Stempel, convergeaiit par en haul; les prismes de
Druidenslein (pres Kirthen , dans le Westenvald ), diveri^eaiit
par en hauf; le faisceau de prismes radios qui se voil au Rnc-
kei'iberg, pres Ober-Cassel. Dans un courant de I'Amoneburg,
les prismes deviennent d'autaiit plus obliques qu'on moute vers
la cime do la montagne. Le refroidissement expliqiie, suivatit
l'auteur, ces differentes divisions des basaltcs. Les prismes ver-
ticaux, paralleles et divergeant par en haul ou par en bas, je
sont produits la ou la lave a ete epaisse et ou elle n'a pas coule.
Les prismes verticaux ont etc formes dans les coulees qui ont
convert lentementdes plans borizontaux. Les prismes divergens
indiquent un enfoncement en entonnoir dont ils scraient sorti^.
Les prismes convergcns par en liaut fontsoupconn^■r une ouver-
lure retrecie, d'ou ils se seraient epanches. Les prismes obliques
appartiendraient surtout aux coulees. Les spberoidcs basaltifjups
font soupeonner une contraction, qui avalt produit d'abord la
forme sulierique; et le refroidissement se faisant de tous les co-
tes avait donne lieu soit u la division globulaire concenfrique,
soil a la division prismalique concentrlque. A. B.
I 18. CORBESPONDANCE MINER ALOCIQUE dc MM. ScHMITZ et
TSxv. {Miner. Tasclwnbucli, i8'23, ae. sect., p. /169.)
M. Schmitz adresse quelques observations sur les basalles et
les laves de I'Eiffel. U pretend que tons les cones, tons les pla-
teaux et les amas basaUi([ues n'y sont qu'adosses on snppr[)0ses
au terrain interinedlairc; ce qui est surtout apjjlicable, dit-ll, a
la vallce de Bertrich. Les cratcies, selon lui, nc sont situcs que
dans le basalte; ct les basaltes , les schistes scorifies et les sco-
ries , ne sont que des roches basalticpies alterees par la vole Jgn<5e,
par suite de leur composition parliculierc, qui a donne lieu a
une certainc epoque a ces effels apriek's voleaniquos. Les araas
Geologic. J 65
stratifies de debris de laves qui environnent les montagnes basal-
tiqucs lui indiquent que les basaltes de I'Eitfel ont ete produtts a
differentes epoques et sous diff'ereiites nirrs.
M. Nau communique quelques idees sur les b;isaUes de Ber-
trich : il n'y Irouve ni courans de laves, ni volcans veritables;
cepeudant il a vu des masses de basalte s'elever d'entre les scliistes,
et le vallon de Bertrich n'est pour lui que raffaissement de la
partie des schistes intermediaires qui a ete la plus chauffee. La
partie ]\.-0. de Bertrich a beaucoup souffeit du feu, et la partie
E. fort peu. Le cratere du mont Kenlfiisser-Berg n'est qu'un en-
droit tres-chauffe qui s'est affaisse.
II dit ensuite quelques mots des roches volcaniques qui s'eten-
dent de la vers rEifftl, et sur lagrauwacke coquilliere. Les mon-
tagnes appelees Mooskijpfe, pres Bettenfeld , sont des masses in-
candescentes et sonlevees; et, comme les elevations devaient
produire des affaisseracns, des mares accompugnent ces tas de
laves. L'Eiffelne lulapresenlenicrateresni courans de laves. A. B.
lit). Sur les phenomenes gf.ognostiques du temple de Sera-
pis , avec une giav. {Journ. Phil. d'Ediinb. , juil. 1824, p. 91.]
Get article est tire de la Rlorphologie de Goethe. Ce temple
est a 200 toises de Pouzzol, et a i5 pieds au-dessusde la mer.
L'auteur le decrit et dit qu'il date plutot du V . que du 2^. siecle ;
mais on ne pent pas fixer ^i preciscment I'epoque ou il a etc ense-
veli par des depots volcanicpies. II est a une demi-iieue de filonte
Nuovo, qui s'est eleve en 1538 a 1000 pieds de hauteur, et a une
demi-lieue de la solfatare. II suppose que des cendres ont ense-
veli une partie de I'edifice, de maniere a bourlicr le conduit d'un
fdet (i'eau employe dans le temple jjour la jiurification. Get acci-
dent produisit un Inc oil vecurcnt les pholades qui ont rouge les
colonnes. On (it t'conler ce lac lorsqu'on cut decouvert rodifice,
et on commenra a enq)loyer les marbres en 1752, ce qui fait
qu'il n'en reste que tres-peu de debris. Ces pholades ont pu
vivrc dans ce lac accidentellcment forme, parce que I'eau en «5tait
un peu salee, a cause du voisinage des cendres et des raatieres
ignees.
Si lamer IMediterranee s'ctaitverilablement abaissee, comme lo
sui>posent quelques geologues, (piels changeniesis ne se seraient
jiasoperes sur les cotes? Gepeiida fit on n'apercoil rnillc jiartde tra-
ces li'un pareil plicuimiene, el aucune rlironiquen'ei: (ait mention.
1 G4 Geologic.
La gravure repri'sciite le ttinjjle a\ant, apres et pendant I'exis-
tence de cet effet suppose. A. B.
i20.Phenomene n'uN lac d'Italie. [Jntologia , aout 1824, p. i V^')
Le ig juLllet 1824 au matin, apres une averse violente, mais
de courte duree , et apres plusieurs coups de tonnerre assez forts,
on vit Ics eaux du lac de Massaciuccoli , dans le territoire de Luc-
ques, et pres de la commune de Veccliiano, se troubler a I'extre-
mite occidentale du bassin , et se colorer comme si Ton y avail
dissous du savon ou eleint de la cliaux. L'eau rcsta dans cet etat
pendant la journee du 20, et ce ne fut que le 21 qu'elle reprit
sa linipldite. On vit alors une quantito nombreuse de poissons ,
grands et pellts , moits sur l'eau. II y en avail une telle abondance
que les pecheurs lucquois, ayant fail leurs provisions, el ayant
permis aux pecheurs de Toscane d'en faire autant, il resla encore
tant de poissons , que le gouvernement lucquois ful oblige , pour
prevenir I'infection de I'air, d'envoyer des gens afin de faire en-
fouir les poissons morts. La meme disposition fut prise dans la
commune de Veccliiano, pour la partle du lac qui louche a la
Toscane. L'agitation el le trouble des eaux .ivaicnt ete accompa-
gnes d'une forte odeur sill fureuse,meiee a celle qu'exhalent des ve-
getaux en putrefaction.
121. Rome.' — 2fi aout. — Dans la null du 10 de ce niois, il s'esl
oper6 aux environs de Tivoli un affaisscment subil de terrain
assez considerable jd'ou Ton a vu jaillir en abondance des eaux
tres-limpides qui, dans Tespace de quehjues jours, ont forme un
veritable lac. On evalue sa circonfercnce a cent Irente palmes , et
sa plus grande profondeur a environ vingl-huit. On ignore jus-
qu'a present la veritable cause de ce phenoraene. i^Constitudonncl,
II sept. 1824. )
122. Le 2 de ce niois, a six heures du soir, il s'csl fait une
ouverlure dans les marais deStaubury,comte de York. Le terrain
s'est cnfonce de 18 picds, el pi-esenlait deux cavites principalcs,
donl I'une avail environ Coo pieds de circonference , cl I'autre
1,800. De ces cavites jaillirent deux iuimcnses colonnes d'eau
bourbeuse qui , se reunissanl a 3oo picds de leurs sources , for-
merent en deux lieures un torrent d'cnviion \ 5o pieds de largeur
sur 12 dc profondeur. Le torrent suivit le cours d'un ruisseau
qu'il debordaila 60 ou 80 pieds decliaque cote; sur loule sa route,
qui fut dc 738 milles, il dcposa une substance noire, qui avail
Geologic. i65
depuis 8 jusqu'a 36 pouces de prolondeur. On y reconnaissait dii
sable, des fragmens rocailleux et cles morceaux de bols ou d'arbres
deracines qu'il avait entraines. II renvcrsa dans son coiirs un pout
de pierre , devasta plnsieurs champs de ble , tletruisit des haies et
des murs, et entra dans differentes maisons dont il souleva les
ineubles. Au moment del'iiTuplIon, les nuages avaicnt une cou-
leur cuivrce;ratmospIiere etait ties clectrisee; 11 faisait une cha-
leur ctouffante ; on entendait de violens et de frequcns coups de
tonnerre, et les eclairs etaient extiemement brillans. Une heure
avant, on ressentait a peine un leger courant d'air ; mais bientot
il s'c'leva un ouragan qui dura deux heures, et qui fut suivi d'un
grand calme. Une pluie abondante , qui avait dure pendant tout
ce temps, cessa, et I'atmospbere redevint tres-pure. On attribue
ce phenomene a une commotion souterraine, la plus conside-
rable qui ait eu lieu en Angieterre depuis plusieurs siecles.
La riviere de I'Aire presentait encore vendredi,les effets re-
sultans de ce phenomene ; I'eau ctait tellement corrompue qu'elle
a fait perir une grande quantitc de poissons, et les habitans de
Leeds nc pourront phis s'en servir, au moins pendant quelque
temps. ( FeidlL de Londres et Constitutionnel , 12 sept.|i824. )
123. IIisTOiRE d'un bloc roulk , appele la Pierre quia voyage ,
prcs de Castle-Sluart, dansle comte d'Inverness; par T. Lan-
der Dick. ( Gentlemen Magaz. , octobre i8a3, p. 3i i.)
Ce l)Ioc est une masse de poudingue, compose de granite, 4e
gneis, de quartz et d'autres roches primitives, et cette roche
n'existe en place qua 7 milles de la. II gii sur les sables de la
baie pres Caslle-Stuart, dans le go!fe de Murray. II a /, a 5 pieds
de ha'it, 4 a 5 pieds de largeur et 6 a 7 de longueur, et II pent
prser 80 tonneaux. Sa parlie inferieure ressemblea la quille d'un
vaissoau et a probablement aide a son transport natur 1. Le fait
est que ce bloc etait avant le 19 fcvrier 1799, ^ -''^ ve;;,cs de
I'endroit ou il se trouve actuollement, et celtc especc de voyage ,
d'ou la pierre a recu le nom de Travelled Stone , s'cst opere, a ce
qu'il parait, au moyen d'une croutc de glacc. Elle avait onloure
sa base , et une marue monUmte tres-forte et acconipagncc d'une
terrible tempetc a pu ainsl transporter Ic bloc, qui s'est trouve
quelqnes momciis supporle sur I'cau. L'aulcur cherche a appli-
quer cet accident particulier a I'explication de I'origine des blocs
roules, obbcrvi's dans beaucoup de pays, A. Bi
1 66 Geologic.
llff. NoTICR SVR Lr. OISKMENT DKS OSSEMKNS POSSII.XS DES ENVI-
BOMs d'Argenton (Indre); par M. Basteuot. (^Mihn. tie la Soc.
d'Hist. nnt. ile Paris, t. i, 1 1*'. partio, p. 233. ( Voy. le Build.
de 18^3, t. 1 , n . 364. )
On sait qu'il existe dans une marniere, aupres d'Argenton ,
de nombreux debris de corps organises, tels que des ossemens
de lophiodons, da crocodile et de tortue. L'aatear de cette no-
tice se propose d'en faire connaitre I'histoire g6ologique, c'est-
a-dire d'indlqaer leur position dans le sein de la terre , la nature
des coHclics qniles renlerment , et la place qu'eUes occupent dans
la serie goiierale des formations. II decrlt d'abord d'une maniere
succincte le sol des environs d'Argenton, dont Ics plateaux sont
composes de calcaires caverneux et oolitiques. An soinrnetderun
de ces plateaux et a trois quarts de lieue a TO. de la ville, on
observe une marne assez tendre , dont la masse un pen inclinee
vers Je N. repose iraniediatement sur le calcaire oolilique. C'est
dans cette marne que se Irou vent Ics ossemens, en tresgrande
abondance , souvent ecrasesettellement I'ragiles qu'il est difficile
de s'cn procurer d'entiers. Les coquilles sont fort rares dans ce
depot : un n'y voit que des planorbes el des eroprcintcs d'une
coquillo analogue aux cyclostomes. L'etenilue de la couche est
tres-bornee; elle n'a pas plus de 600 pieds de longueur, sur une
largeur de 5o a 60. D'apres les caracleres zoologiques des debris
enfouis dans cette marne, on ne peut douter qu'elle n'ait ete do-
posce dans I'eau douce; mais a laquellc des formations d'eau
douce doit-on la rapporter ? L'aufeur penclie a crolre qu'cUe est
dela meme ^poque que le depot de calcaire marneux qu'on ob-
serve a Montabusand pres dOrieans. G. Del.
125. Decodverte n'ossEMFNs d'Elkpiiant prcs dc Lyon. (Lcttrc
a M. le Redacteur du Journal des Debats. Lyon, 8 sept.)
Sur la colline qui separe le Rlione de la Saone a Test de
la ville de Lyon , dans un jardin polager qui depend de Caluire .
et qui est place sur la limitc de la (Iroix-Roussc , M. Aiiic,
entrepreneur de batisscs, fait construire une maison a I'eutrce
du chemin de la Grille. Pour se procurer de la terre a pise , i! a
fail pratiquer dcrriere la maison un grand creux dans une marne
argilcuse; ses ouvriers , parvenus a la profondeur de 7 p. ^ , ont
Irouvc des debris d'os blancs et assez friables. On a etc surpris
de voir des parties animalcs dans une terre que les jardiniers
Gotloi^ie. 167
rfgardaient comme uiic terre y'vr'^v , que jnmais main d'lionimc
n'avait encore louchee, et que jamais ni pelle ni pioche n'avaient
reniuee.
L'etonnement a redouble, qunml dcs osseniens enonnes se sont
offerts aux regards des speclateurs emei'velUes. M. Aine a pris
soln de ces o.isemens, et m'a fall proposer, niardi dernier,
3l aout, d'a'ler les voir.
Je m'y suls transporle, et il ne m'a pas <5te difficile de re-
connailre des os d'cliipliantdans un humerus long de 2 p. -^ (pied
de ville ) , et large de 9 pouces, a son extremltc supcrleurc , dans
un tibia aplati,long de 2 p. ^, dans deux fragmens de scapu-
lum longs ensemble de 2 pieds. D'ailleurs une tete de femur, !es
condyles de ces os, beaucoup de portions de cotes, de vertebres
et diverses pieces du sqiielelte, m'indiquaient assez, par leurs for-
mes et leurs proportions, a quel animal elles avaient appartenu.
Les deux branches de la mSchoire inferieure armees chacune de
deux dents molaircs , dont la table seule est longue de 6 pouces,
auraient suffl pour dissiper nies doutes si j'avais pu en avoir.
Quelques pcrsonnes peu eclairees prelendaient que c etaient
des OS de geant; <l'autres , un peu moins ignorautes , disaient
que c'etait le sqnelette d'un Mammouth (Mastodonte de Cuvler).
Les personnes a qui j'ai pu prouver que ces os d'une si
grande dimension avaient appartenu a un elephant ,les out ron-
sideres avee une sorte de respect, comme les rest es d'un de ceux
de I'armce d'Annibal. (.Suivent des obsei"vations de I'autear de
la lettre au sujct de cette opinion , qui ne lui pai-ait pas plau-
sible. Voy. la 7*^. section du Bulletin ou nous rcudons compte
des lettres que cette opinion a provoquees. Nous ferons rtmar-
quer a ce sujet qu'il est elonnant aujourd'hui que des ques-
tions si diffcrentes se trouvent confondues , ct qu'on veuille
encore recourir a des cvenemens historiques pour expliquer
un phenomene de cetle espcce purement goologique , et qui en
tout clat de cause nc saurait avoir rien de commim avec le
passage d'Annibal, vu la profondeur ct la nature des couches
dans lesquelles etaient ces ossemcns.)
Jelespcse etles incsurc;mais ces details depasscraierit les borncs
dans lesquelles je dois me renfermer : seulcmciit , pour donner
une idee de la masse de ces os , je dirai que Tunc des branches de
la niachoire inferieure avec ses deux dents molaires, pese 20
llvrcs |, et riiunierus 44 hvres.
1 68 Geologie.
L'lndividu auquel oat appartenu oes os etait dt5ja avance en
Age, le norabre des lames des dents I'lndique.
J'oublials de dire que, parml les os d'elephant , on en trouve
quelques-uDs de bceuf. Je ne sais si les fouilles subsequentes en
feront decouvrlr de quelques autres animaux , tels que I'hlppo-
potame , le rhinoceros , etc. , ce qui n'est pas rare.
J'ai I'espoir que ces os etant disposes dans lo csbined'ana-
tomie de I'ficole royale veterinaire , la ville de Lyon n'en sera
pas privee.
C. J. Bredin, directeur de I'^cole royale veterinaire de Lyon.
^Journal des Dchats , 12 septembre iSaA-)
126. Notice ceologique sur le pbetendd fossile humain
trouv6 pres de Moret , au lieu dit le Long-Rocher (Seine-et-
Marne); par M.J. J. N. Huot. In-8. de 19 p. Paris, avril 1824.
(Extrait du Corsaire, juill. et aout 1824.)
L'auteur commence par faire remarquer que les os fossiles
presentcnt a I'ordinaire, dans leur tissu, la plus parfaite ana-
logic avec des ossemens simplement dessecbes, et la gelatine est
la seule partie constituante que I'analyse chimique n'y dccouvre
plus. Las petrifications different des fossiles en ce que les par-
ties solides des corps organises y sont remplacces par du cal-
caire, de la silice ou du grcs; neanmoins toules les formes de ces
corps ont et^ conservees. Enfin, les rcstcs des ^tres organises
peuvent ^tre incrnstes de parties calcaires, comrae cela ari"ive
journellement a la fontaine de Saint-Allyre , pres de Clermont
en Auvergne. Le fossile huraain en question ne merite pas ce
nom , puisqu'il n'y a que les parties solides qui puissent deve-
nir fossiles. On ne pent pas non plus le considerer commc une
petrification ou le squelelte d'un homme et d'un cheval petrific ;
en effct, I'operation de ]a ])etrification n'aurait pu avoir lieu
que sur les parties solides, parce que les muscles ontdii disj)a-
railre avant que le tissu ne sc solt trouve en contact avec le
tissu osseux , et les mollusqucs petrifies n'ont jamais offert de
parlies cliarnues petriiiees. Nous nous permettrons de remar-
quer que rauleiir va ])eul-etre unpen trop loin, tomoin I'al-
biim gra;cum petrific, de la caverne de Kirkdalc. Dans la sup-
jiosition meme de I'existcnce verit;iblc de ce fossile bumain ,
il aurait fallu d'abord s'assurer s'il n'itait pas enfoui dans un
ai;;;Ic)mcrat rercnt d« sable reagrr^gc't , commc rhonimc fossile de
Geologie. i G9
la Guadeloupe. On pourrait encore supposer qu'une operation
lente avait desagr^ge des gres , et en a\alt forme un endult
solide autour d'un homme et d'un cheval, comme cela est arrive
pour certaines momies de la Libye ; mais le terrain des environs
de Fontainebleau n'est nullement favorable a une semblable in-
crustation. Les parties de cet homme fossile ne sont pas en pro-
portion I'une de I'autre; la tete est trop grosse, le sternum ne
se voit pas ; on ne peut s'assurer de I'existence des bras et des
jambes, etc. La tete du cheval est trop petite, etc. L'auteur con-
clut que ce ne sont que des masses de gres de formes bizarres
et accidentelles. La petite quantite de phosphate de chaux que
M. Barruel a trouve dans les fragmens de I'homme du Long-
Rocher ne prouve rien; il aurait fallu specifier la quantite re-
lative des autres parties constituantes, puLsque le carbonate de
chaux , I'oxide de fer, et meme le phosphate de chaux existent
dans ces gres, et il aurait fallu s'assurer si aucune substance
animale n'avait ete apporteeaccideiitellement dans les cavites de
la pierre. Enfin les naturalistes sont accouturaes a rencontrer
de pareils jeux de la nature; ainsi les envii-ons du vallon de
Franchard presentent a I'ocil des serpens
127. Lettrf, sur le pretendu fossile humain des environs
DE Moret, aM***, membre do la Commission poui- la re-
cherche des antiqultes dans le dtparlement de la Cote-d'Or.
In-8. de 12 p. Paris ; iS-i/J-
L'auteur trouve qu'on aurait pu disposer ces morccanx de
gT-e* ^^'Mrt^ plus artistement; il fait ensuite ressortir le manque
des proportions des differentes parties de Thomme fossile , et il
trouve que la tete du cheval n'est qu'un jeu de la nature ou un
ouvrage de la main , ou une tete moulcc sur la nature meme.
Ensuite, admcttant que le fossile est le resultat d'un homme et
d'un cheval ccrase, il sc fait differentes objections : Pourquoi la
tete humaine n'est pas formce comme celle du cheval ? Si les lu-
bulosites de I'avant-bras indiqucnt bien la place des os, pour-
quoi y a-t-il encore cinq a six autres trous qui n'appartiennent
pas aux OS du corps? Comment se fait-il qu'a cote d'un homme
fossile il se trouve un cheval? Si on trouve, a Fontainebleau,
des gres qui ont'la forme d'un bras ou d'unc jambe, n'y a-t-il
])as bien i)eii do probabilites (|u'unc cause fortnile ait produit
i apparency d'un homme couchc, avcc les jambes sur son cheval ?
1 7*^ Geologic.
D'aprcs ccla, Timleur suppose qu'uri hoinnic, concjie ave<: son
cheval dans une grotle, y a ele eiiseveli par un aflaisscnicut d^-s
rochers , ct que ces os ont disparu apres que du sable se sei-a
moule sur cux. II emel ensuite I'idee que les statues pierreuscs
humaines de la Libye pourraient bien n'etre que des uioules
des cadavres. A., jj,
128. Rapport scr le fossile trouve au Long-Roclier dans la
foret de Fontainebleau; par MM. Descourtils, Gillet de
Lausiomt fils et Thiebaud de Berneaud. ( Annalcs dc la Soc.
Linn, de Paris, liv. IV, p. 3/, 3.)
Les auteuis citent d'abord le rapport de M. Barruel a i'Aca-
demie de medecine, dans lequcl il declare qu'il n'avait trouve du
phosphate de chaux que dans le fossile Lumain et non dans le
gres. lis ont analyse aussi le fossile, et 10 grammes leur onl
donne sur 100 parties 97 de sable siliceux el 3 de matiere so-
luble dans I'acide hydrocLlorique. Ces 3 parties ont prodult afj
p . s de cliarbon , il n'ont pas apereu de pbospliale de cLaux ou
du moins il ne se trouve dans los morceaux analyses, que dans des
proportions trop menues pour ctre pris en cDnsideration ; en-
fin ils ont trouve que la calcination di-gngeait du fossile , des gaz
a odeur empyreumatiquc et ammoniacale. Les auteurs ont ete
examiner le giscment de ce fossile. Les gres de Fontainebleau
leur ont offert, surtout sur la ligne du Long-Rocber, des ero-
sions des caux, M. Gillet de Launicnt a trouve en 1819 des cy-
therecs dans ce gres pres de Neuilly. lis ont observe au Long-
Rocber beaucoup de trous, des croulcssiliceuses de 7 millimetres
d'cpaisseur, ct une variation dans le son des differenles masses.
L'enlevement des croiitcs dc rochcs leur ont offert des formes
bizarres et des teintes variant du noir-brun au rouge. Ils ont
trouve que cette coloration n'est due souvent qu'a du cliarbon.
Les auteurs citent des cas ou des cadavres ont etc ensevelis dans
le sable, et y sont devenus des momies. En 179/1, on a trouve
ainsi pres de Noisy - sur - Ecole le corj)s d'une jeune fdle, el en
1797 on a ddcouvert un corps scmblable depose par le Rhin
pres de Coblentz. II faudrail scier le fossile pour s'assurer si
c'est un moule. Les auteurs cxpliqucnt la difference dii son des
masses par une difference de densile, el ils concluenl que ; i°. la
portion du rocher a laquelle ranthropomorplie etait lixe n'a
|)as toujours ete dans sa position actucUc, puisqu'il a des trous
Min^.raJni^ie. r 7 i
hiiriz'intiinx , taiidis cpie ooiix (l<'s gri.-s lU; la Ibre! soiit loujours
VHrfi<;\iix ; 2". Ij ])arlie coioire ilu fossilc et des gres est due a
line stibsiance venue de I'interleur; 3°. cette partie est tou-
joiirs mise a I'abii du contact de Fair par uiie couclie sillceuse;
4". cette partie coloree est due a la decomposition de inatieres
animales et vegetales. A. B.
129. HiSTor.iA. RiEVALLENsis... contcnant uHc dissertation sur les
restes d'aniniaux de la caverne de Kirkdale, avec une histoire
et les antiqiiltes de Kirby Moorstde et son voisinage jusqu'a
nne distance de i5 milles, avec des bibliographies d'liommes
eininens, etc.; par le Rev. AVilliam Eastmead; in-8., avec
des planches. Prix: i3 schell. Loiidi-es; 1824.
i3o. Decouverte d'animaux fossiles en Angleterre. [Lite-
rary Gazette, inai 1824 , p. 3i3. )
On a deconvert des os d'elcphans, de rhinoceros , de bceufs
pies Ilford dansl'Essex, en crensant delaterre a briques. Ccs os
sont a 17 pieds de profondeur. A. B.
i3i. Notice sur une baeeine fossile decouverte dans le port
de DuniDore. [Journ. Philos. d'Edimb. , juillet 1824 , p- 220.)
Ce port est dans le Stirlingshire; la baleine gisait a -^ ou ^
mille du lit de la riviere, et ctait couverte par 3 a 4 P'cJs dii
sol d'alluvion , et est a 20 pieds aii-dcssus des hautes inarecs
du prinleraps, ce qui ctait aussi le cas pour celle d'Airthrie. La
longueur de ce fossile est de 70 a 75 pieds. A. B.
. MINER ALOGIE.
i32. Elementi di minekalocia , etc. El(5niens de mineralogie;
par le D*^. S. A. Renif.r , prof, d'liistoire naturelle a I'uni-
versite de Padoue. Iu-8. ; to. 1. Padoue; 1823 ; Crescini(i).
Nous ne connaissons de cet ouvrage que les tois promierei
livraisons, vcnferniant I'liistoirc de la mineralogie en general, et
I'expose des caracteres; mais la maniere donl I'auteur a Iraile
cette partie imjiortante de son sujet nous fait desirer viveiuent la
continuation de son travail, qui ne pciil manquer de rcpandre
en Italic le gout de la science ct de contribuer a son avancement,
(i) Voy. le Uull. de mai , n". 36, pour rinUMjuctiou dc eel ouvraj;!',
annoncii par crrour sous le noin Ju D'. Keiuer.
' 7 2 Mineralogie.
Dans une introduction d'line centaine de pages, M. Renier
passe en revue tous les ecrivains qui, depuis les temps les plus
recules, ont traite des mincraux , et donne des details fort in-
teressans sur les travaux des savans italiens avant le 18". siecle,
et sur la part qu'ils ont eiie a la decouverte des principaux fails
mmeralogiques, geognostiqucs et merae cristallographiques. II
enumere avec soin toutcs les collections de nnincraux que pos-
sede aujourd'lml lltalie , et les etablissemens dans lesquels la
science est publiquement enseignee. II expose ensuite quelques
vues generales sur la constitution physique du globe, qui doi-
vent servir comme de preambule a I'histolre complete du regne
mineral ; et termine son introduction par une division des corps
terrestres en general, et de la science mineraloglque. II pose
ensuite les bases de cette science dans trois chapitres , dont le
premier traite des caracteres , le second de la classification , et
le troisieme de la nomenclature. Nous n'avons connaissance
que de I'expose des caracteres, pour lequel I'auteur a suivi la
marchetracce par Haiiydans son grand ouvrage. II les divise en
caracteres geometriques, caracteres physiques , caracteres chi-
miques et caracteres distinctifs. L'article concernant la tbeorie
de la cristallisation pent etre considere comme le resume com-
plet de tout ce que le savant francais a public sur ce sujet.
Nous continuerons de rendre compte de cet important ouvrage
a mesure que les livraisons sulvantes nous parviendront. G. Del.
1 33. Charakteristik. der Felsartew. Caracterislique des ro-
ches; par C. C. dk Leonhard. In-8. de 5y8 p., t. 2. Heidel-
berg; 1824. (Foyez le Bullet, de i823, t. IV, n". 356.)
Ce volume comprend les roches a base simple (Gleichartige
Gesteine), qui se divisent en veritables especes mincrales et en
roches dont la base parait simple a la vue. La premiere division
comprend i". les roches grenues jsavoir, legranulitou.wrisstcin ,
le quartz grcnu et la meuliere, les amphlbolitcs, le pyroxene en
roche , le calcairc grcnu, legj'pse sacchnroide avec le t;ypse"argi-
leux ou secondaire, la dolomie, le sel gemmc ; a", les roches
schisteuses, savoir le talc schiste , i'ampliibolite schisteuse, la
clilonte schisteuse; 3o. les roches compactes, savoir le calcaire
intcrmediaire, le calcairc alpin, Ic calcaire jurassiquc, le calcaire .^n
lithogiaphique , le muscheikalk, le calcaire grossier , la craie, le 'WJ^
calciire d'eau donee (compacle, siliccux , trnvoiliii on lufcal- ""
i
Mineralogie. lyS
cairc), la marne, le calcaire fetide avec le raulistcin , le roggens-
tein ou I'oolite , le phonollte, le schiste siliceux. La seconde di-
vision comprend 1°. les roches grenucs, savoii- les laves; 2". les
roches schisteuses, savoir le scListe argileux, le scListe alumi-
neux, le schiste mamo-cuivreux, I'argile schisleuse, le schiste
bitumineux, le schiste tripolien ou polirschieier; 3°. les porphy-
res, savoir le trachyte, raphauite, la serpentine , le basalte,la
wackc, I'aluminite , I'argile commune , I'argile salifere, la letinite,
I'obsidienne , le perlite, la ponce, la porcellanite, les scorles des
laves , celles des basaltes , et les scories terreuses.
Cha.cune des sous-divisions forme un article ou chapitre dans
lequel le savant auteur donne d'abord la synonymic et la des-
scription de la roche, puis il detaille les mineraux ou les fossiles
qu'on y rencontre, ses passages dans d'autres roches, sa decom-
position, sa stratification, ses fentes remplies, ses couches subor-
donnees ou ses associations , sa position geologique, la configu-
ration exterieure de ses masses, et enfin sa distribution geogra-
j)hique. Les citations de localites sent tres-nombreuses, fruit ue
la vaste erudition de iiotre auteur; mais il aurait ete a desirer
que le nom des ouvragcs et des autcurs accompagnat la plupart
des citations de localites et que la synonymic eut toujours ete eta-
blie entre les petrifications cifees par les auteurs allemands ,
francais et anglais, car sans cela le uieme fossile peut se trouver
2 ou 3 fois sous differens noms dans une seule liste. A. B.
i34.Recuerches mineralogiques dans le departemont du Puy-
de-D6me.
L'influence des travaux de la Socicte academique dc geologic,
mineralogie et botanique d'Auvergne dont nous avons signal^
la formation (/'. le Bulletin de 1823, to. i, n°. 262), se fait dcja
sentir d'une maniere remarquable. On sail que cette socitite s'est
reunie par les soins etle zcle soutenu de M. le colonel C''. de Lai-
zer. Puissentses efforts et ceux de ses habiles collcgues pcrseverer
dans I'utile direction qu'ilsdonnent a leur travaux, I'autorite tou-
jours les appuyer de sa protection et de ses secours,et bientotle
pays en ressentira les heureux elfels! Un premier resultat des
sollicitationsde cette societc a ete le vole de i5oo francs, alloues
par le conseil general pour la rcchcrclie des mines. Cettesommea
^te confiee a M. Burdin, ingcnieur du departemenl. La circulaire
suivante de M. le comte d'Allonville , prcfet du Puy-de-D6me ,
174 Mineralogie.
une des proTnii'res qui Hit eii lieu en France, dans ce genre, me-
rite d'etre signalee. C'est un bel excrnple que donne a ses colle-
gues un administrateiir eclaire, qni salt qu'en favorisant e! pro-
togeantla science on travaille utilcment a la probpeiite publique.
M. le comte d'AIIonville a beauconp a I'aire sous le rapport dcs
mines, dans son departcraent, ce genie d'induslrie y elaut encore
dans I'enfance.
CiRCULAiRE sur Ics rechcrchcs mineralogiques a faire dans le
departement.
CUT!:ioiul-Fpiiaiid , le ^ juivier iSa^.
A M3I. les .sous-presets et mnircs.
Messieurs, Le conseil general du dc])arteinent, lors do sa der-
niere session, a vote, surle budget de 1824, unesomine destinee
a des reclierches miueraloglques, sur les divers points qui se-
raientdesignes comrae pouvant donner des esperances de surces.
M. Burdin , ingeiiieur des mines de la il^". station , en resi-
dei:ce a Clermont, doit incessamment faire une tournee dans le
ilcpartement , pour recueillir de nouvelles notions propres a Ic
mettre a meme de rerapjir entiereineut l«s vues tie radniiiiistra-
lion et du conseil general; mais comme il lul iinporte de multi-
plier et de completer, autant qne possible, les renseignemens
qu'il a deja en son pouvoir, avant de me proposer un plan de
tournees et de rechei'chts, il desirerait que MM. les mairescon-
courussent par uneprompte transmission des indic.ilions qui se-
raieiit en lenr pouvoir, a rendre ccs voyages f'rustueux.
Ces indications consisteralenla faire connaitrc s'il existe, dan";
vos comnniiK'S respectivos , des substances mincrales qni aieiit
ete, qui soitnt , ou (pai puissent devenir , d'apres Topinion pu-
blique , I'objet d'une utile exploitation.
Outre les extractions acluellemcnt enactivite, la tradition ou
I'opinion indiquerit -elles d'autres substances d'aspect metal-
lique , telles que mines de fer , de plomb, de cuivrc , d'antirooine,
d'argent , de zinc , etc. ?
S'il existe de ccs mines, quelles furent a pen pres les cir-
constances et I'epoquc dc lour dccouverte et de Iciir abandon ?
Peut-ou cspcrer dc Iroiiver sur quelipics points des carrieres
de marbre , de kaolin , d'ardoise , de pierre oUnirc , etc. ?
A-t-on rcclicrclie des pierres precieuses? dc quelle nature
etaienl-elles ?
Minent lou^ ic. 173
Quels sont Ics points ou il peut etre permis d'espcrer qu'll
existe de nouvelles sources niincrales , dcs gisemcrs de honille ,
de lignite, de bltume , d'alun , de sonfre, de sel gemme , ou
autrcs substances inincrales dignes d'eveiUer I'attention ?
Quelques-unes dc ces substances peuvent se retrouver dans
les plalnes et les vallees ^ ou il peut encore esister, suivant la
nature du sol ct les besoins locaux, des engrais mincraux, des ar-
i;iles, des terres a poller, des picrres a cliaux , a platre, des
toiubieres, des silex , des pierres meulieres, etc.
Tons ces objets caches, pour la plupart , a rcell du proprie-
laire , et qui sont tons les jours employes dans les arts , ne peu-
vent elre decouverts qu'au moycn de reclierclies faltes a,ver zele
et perseverance. Leur decouverlc , en augmentant les ricbesses
nalionales, peut procurer de grands avanfages aux localitcs qui
les possedent, en creant dans leur sein de nouvelles branches
d'industrie , et en occupant plus actlvement la classe haborieuse.
C'est a ces differentes considerations que le conseil general s'est
arrete, en volant des fonds pour f:iclliter rexecution d'un projet
que I'adniinislration a concu , dans la vue d'augmenter la prn-
speritede cedepartement , deja si recommandable par sa popula-
tion, ses productions agrlcoles et raccroissement successlf des
divers genres d'industrie qu'on y exerce.
Vous vous empressercz done, messieurs , de concourir a I'exe-
cution de ce projet, en me fouruissnnt , le plus tot possible, tons
les renseignemcns qui font I'ohjet des questions qui precedent,
et en facilitant M. ringenienrdes mines dans ses operations , par
tons les moyens qui dependront de vous. II me sera infiniment
agrcable dc designer au conseil general, et mrme an gouverne-
nient , les personnes qui auront mis du ze!e a seconder I'admi-
nistration dans cctte circonstance.
Agreez, etc., C''\ L. d'Allonviii.t.
Nous citerons ici quelques parties d'un rapport fait par M. le
C**. de Laizer, president de la Societe, a M. le prefet, en date
du 7 mars.
Monsieur le comte ,
Pour me conforraer it voire circulairc du 7 janvicr , j'ai I'lion-
neur de vous comniuniquer les premiers resultats de qiielques
reconnaissances faitcs taut en i8'i9. que duraut I'automnc dernier.
jo. J'ai decouvcrt dans voire (iepartcment 1 bancs dc pierres
Ulhographiquos, Tun dans le canton de Chumpeix, I'.iutre dans
\rjG Mineralogie.
celui deVertaizon; le grain en est uni et tres-fin; elle est unpen
dure, mais elle prend cependantun poli tres-convenable. Quel-
ques dessins que j'ai faits sur ces deux diverses pierres, me les
font considerer comme tout aussi bonnes que celles de Belley.
2°. J'ai observe aussi deux gisemens differens de talc, dans
lesquels on rencontre la pierre oUairc, substance recherchee et
qui n'a jamais ete s'gi.alee en Auvergne.... Je I'ai trouv^e pres
de Saint- Germain-rilerme et pres de Lubillac (Haute-Loire). Un
morceau de cette derniere, taille, tourne et poli,s'est trouve
d'un joli vert pale , sans aucun de ces grains qui souvent rcndent
difficile Temploi de cette substance; elle est fort tendre au pre-
mier moment, et prend cependant sous le couteau une surface
extremement unie ; cette pierre est si abondante en talc pur, que
la sciurc et ce qui tombe pendant le travail peuvent encore etre
employes tres-utilement a remplaccr la graisse pour dimlnuer le
frottement des rouages et engrenages des mtcaniques. Je ta-
cberai de me procurer des blocs assez forts pour faire , sur les
differens usages auxquels cette pierre peut servir, des experiences
positives et concluantes; et si, comme je I'espere, je reussis a en
trouver des bancs considerables, cela offrira au pays une indus-
trie nouvelle et tres-i;roductive pour la confection des poeles,
ainsi que pour les marmites , vases et ustensiles divers.
3°. A Yezczoux , pies Jumeaux, Ton rencontre nombre d'in-
dices de fcr carbure , vulgairement appele plombagine. A leur af-
fleurement ces filons sont tres-minces et sans importance, mais
s'enfonrant, on les rencontrcrait peut-etre rcunis et plus riches.
4°. A pen de distance d'Arlanc , on retrouve un filon puis-
sant de la meme substance qui n'a point encore ete signale, et
qui me parait tres-propre a ttre exploitc. Pres de Tauve, il en
existe aussi plusieurs filons assez beaux et qui n'ont , a ce que
je crois , point encore etc observes. Ce mineral serait, ce me seni-
ble, d'un fort bon usage, soit pour crayon, soil en le melant a
un corps gras pour adoucir le frottement des pieces de metal qui
entrenl dans la construclion des machines a rouages ; et, mieux
que tout ccla, pour la composition des creuscts refra ct aires ,
chose qui manque absolument a la France ct que notre com-
merce tire encore des bords de I'lser en Baviere.
5". Pres de Boutarcsse, ct aux environs de Rochefort, on
rencontre quehjues legers filons d'oxide de manganese gris, tel
qu'on I'emploie dans les verrerics.
Min^ralogie . 1 7 y
6". Prds lie Coude Ton trouve une chaus carbonatee strati-
forme on stalaginito, iiiigalremcnt dite albaiic, susceptible d'etre
travalllcc et employee dans iesarts.
7". En plusicurs endrolts, mais surtout pres du Fayet (canton
de Salnt-Gcrmain-rilerrae ), et a la Roche-Charles, pres ie Val-
Leleix, j'ai trouve dcs roches talqueuses contenant des serpen-
tines asscz belles et tres-propres, ce me seroble , a etre ouvrees.
Cette pierre manque absolumeut dans le coraraerce francais ; tons
les, vases et pilons de cette matiere qui s'emploient chez nous,
•viennent encore des montagnes de Saxe ou de Boheme; il serait
agreabie pour la France, et surt<>ut utile a I'industrie d'Auver-
gnc , que nous pussions reraplacer et faire tomber cette Impor-
tation. L'on pourrait d'allleurs , comme Ie faisaient les anciens , et
comnie celase pratique encore en Saxe, fairc servir cette pierre
a quantite d'objets de luxe, comme pendules, candelabres , vases
et oruemens dl-vers, etc.
S'. Dans plusieurs de nos montagnes j'ai aperca, solt dcs
indices, soit raeme des filons de plomb sulfure phis ou moins ar-
gentifere. Sur la route cntre Issoire et Jumeaux (sur la com-
mune d'Auzat ), j'en ai mis un a decouvert ; plus loin, enlre
AuUicre et PelUicre, Ton en observe plusieurs autrcs, mais tous
dans des Tilons de baryte sulfate. J'ai cependant trouve le ploinb
en filons d'asscz belie apparence dans le gnels, pres dc Ste.-Ca-
iherine (canton dc St-Germain-rHerme ). Je n'ai pas eu le temps
d'y faire executer dcs recherches, mais je m'en occuperai inces-
'samment.
9°. Pros de Colhcnge (canton de Besse), et aussi pres de Su-
Pardoux (canton de Riom), il existe plusieurs ouvertures d'ex-
ploitations antiques d'un abord difficile et nieme dangereux- le
temps nc m'a pas encore permis d'y pcnctrcr a cause des pre-
cautions necessaircs ; mais aux premiers jours du printcmps , je
I'eutreprendrai.
10". Au-dessus de Nechers ( canton dc Cliampeix), Ton re-
roarque des indices de mine dc fer en grains, mais il en existe
surtout de puissans araas dans la formation calcaire adossee au
Puy d'Usson ; ils sont visiblcs a la base Est de cette montagne.
Pres d'Auliac on les retrouvc encore, et le sol entre les viHagts
d'Usson et d'Auliac en est pax'seme.
1 1". Dans les montagnes Est dc I'arrondissonicnt d'Issoirc, dans
la chaine qui st-paro TAuvcrgue du I'orc/ , je connais plusieurs
15. Tome III. la
tyji Mineralogie.
filons de mines de Ter. I.'iin coupe le chfmin d'Issojre a Brissac;
dc ce nombro, ccuk qui se trouvent dans Ics environs de Ju-
raeaux, ont surtont fixe nioa attention par leur etendue et leur
puissance.
Le temps ne m'a pas encore permis de faire sur cliacun de ccs
divers filons des iruvaux et des experiences snffisantcs pour pou-
voir de suite apprecier et leurs qualltes et leurs richcsscs, coni-
parativement aux /Vais necessaircs a leur exploitation ; mals je
m'en occuperai; et, appreciant touto riinportance cpio pourraicnt
acquerir des exploitations de plomb et surtout de fer, dans la
proximite de notrc principale formation liouillere, je ne ncgli-
gerai ricn pour donner suite a mes decouvertes a cet egard. J'au-
rai I'honneur, M. le prefet , de vous rendre compte des rcsultats
oblenns, et , si voiis le pcrmettez , j'anrai celui de vous proposer
successivement m^s vucs sur la maniere de mettre en valeur les
divers gisemens qui font le sujet de ce rapport.
J'ai I'honneur d'etre avcc une haute consideration , etc, etc.
Signc le C". de Laizer.
Nous citerons encore la decouvertc de M. de Laizer d'unc
mine ancicnnement exploltee , et I'extrait de son rapport a M. Ic
prefot. ( Vny. le Ballelin d'aout, p. 3^5 , n°. 275.)
Depuis lors , M. dc Laizer a successivement rendu compte de
la decouverte faite par lul de 7 mines de for diflerontes ; fer en
grain, fer oxide rouge, oxide brun quartzeux , oxide brun mcle
de granite carbonate , etc. , etc., toulcs exploitables, et rcndant
de 3o a 5o p. | de bonne fonte, loutes 7 a proximite de la Cus-
tine, au-dessous des riches houilleres de Drassac, et dans un
rayon d'un quart a 2 lieues des rives de I'AUier. F.
l35. Fragment d'une lettre de M. Rosiha de Milan, sur
les produits mineralogiques de la Valseriana et de la Valca-
monica. {.Biblioth. Ilal. , mai iSa/j , p. 268.)
On a trouve dans le lignite dc Valgandino un morceau de
machoirc et 3 dents enticrcs d'un de.ni-pouce de hauteur. Ces
dciils appartiennent a drs rurainans. La Valseriana et la Valca-
jnonica oilrent du fer sulfure, du fer sulfure blanc radie, dn
fer arsenical , du fer oligistc , de la steatiic , de la tourmaline , de
la grauwacke, du gres rouge , du granite sioiiitique, du calcairo
marncux , du gypse ct de I'anhydrite. II y a drs mines de fer dans
la valiee dc Hondione, dc Scalve et de Valcamonica. 11 y a des
Min^ralogie. i yg
fonderies et une fabrique d'acier. L'anteur donne quelqiics de-
tails sur ces usines. A. B.
i36. Notice sur l'alumine hydratee silicifere ou i.enzi-
NiTE, des environs de Saint-Sever; par M. Leok-Dufour ,
D''.-M. [Jnn. des Scnat., mai i8a4 , p. 21.)
La lenzinite est en rognons de la grosseur du poing jusqu'a
celle de la t6te ; elle pese moins que le calcaire , et presents
des enduits ferrugineux ; elle est blanclie et douce au toucher ;
sa cassure est terne et rarement conchoiJe; elle se laisse couper
flu couleau, et se delaie avec la saliva. Tritureeavec I'eau, elle
forme une boue molle; si on I'cxpose ainsi au feu, elle de-
\ient tres-lcgere et rude comme la ponce. Lorsqu'elle est seche
el qu'on la plonge dans I'eau, il s'cn degage de tres-petites
bulles d'air ; mais ce mineral ne se brise jamais corarae la lenzi-
nite argileuse de John que M. Lenian qualifie d'alumine
hydratee silicifere. Pulverisee et melee avec de I'acide sulfuri-
que, elle forme, sans aucune effervescence, un magma gelatineux
qui se durcit avec le *emps. Ce caractcre la distingue de la
magnesie carbonatee. M.Pelletler y a trouv(5 5o parties de silice,
11 d'alumine , 26 d'eau , et 2 de perte.
L'auteur en distingue trois vnrictes, I'une est demi-transpa-
rente jaunatre, ou bleuatre; elle a une cassure conchoide et un
aspect luisant et gras; elle ne happe pas a la langue, et plongue
dans I'eau elle ne laisse pas echapper de gaz. Malgre ces carac-
teres on ne peut pas separer cclte variete des autres, et corame
M. Grateloup a trouve ralumine hydratee silicifere ayant pour
noyau du silex, il serait possible que la lenzinite ne fut qu'une
transformation du sIlex pyromaque.
La scconde variete est opaque, grisatrc , jaunatre ou noiritre ,
et en general ferrugineuse. La troisieme est d'un blanc mat
azure, faiblemcnt transparentc, se brisant subileraent dans
I'eau , se fendillant par la privation de riiumidlte, ct se conver-
tissant enfin en une efflorescence farineuse. Cette derniere se
trouve dans une niarniere a une lieue du gisement des autres
varietes. M. Boue ajoutc en note que la lenzinite se trouve dans
les communes de Boulin et Bahus, a Lhoutes, et entre ce lieu'et
Coudurc.
Kile git dans un sable jaunatre mele d'argilc, ou une raarne
sablonneuse qui se rapporle a la scconde formation arcnacce
1 80 Mindralogie.
tertlaire, ou aux autres sables stip^ricurs de Montmartrc. (les
marnes coalJenTjent quelquefois des cailloux de quartz, de
silice, etc. , etelles reposent tantot sur la craie, tantut sur le
calcaire grossier. M. Boue lappelle a celle occasion la slructure
generale du bassin du sud-oucst de la France, et compare I'argUc
4e Jaujac a la lenzinite. A. B.
137. Memoire sur les Diabases globulecses magnetiqdes
des environs de Domfront, dep. de TOrne; par M. Joseph
■ Odolant-Desnos, d'Alencon. {^Journ. cT Agr. , Sciences ct Arts
d'£freu3:, a-vri\ 1824 > P- i65,)
Les environs de Domfront ne presentent que des granites, des
gres quarlzeux ct des mines de fcr d'alluvion. Le banc de diabase
globuleuse roagnetique s'otend de la commune de Barenlon jus-
qu'a Ambriere (a 8 lieues dela);il traverselaforet deMortaln pros
de St-Cyr, les communes de Mantilly, Pussais , Vaucc, Coucsmc
et le Pas. Un autre filon s'embranclie avec celui de St.-Cyr, ct
prend sa direction par les communes de Mantilly , d'Epinay et
de St.-Simeon. Le plan de Barenton court du N. E. au S. O. ; 11 a
ijo a 120 pleds de largeur, il s'arrete au bord de la Mayenne
Tis-a-vis la IXobliniere. La on ne voit que des gres blancs quart-
zeux, tandis que la diabase est enclavee dans un granite suppor-
tant une couche de quartz roulcs. Cette roche, qui a son analo-
gue en AUemagne, etc., lait devicr I'aiguille de 40" a 60°. Elle
est coupee par des couches veriicales de quartz blanc, ct de gra-
nite terrcux et fculllelc, d'environ (> pouces d'epaibscur. Ellc
donnc une marne proprc a la culture du sarrasin, et dans cc cas,
elle n'agit peut-etre que comme amendement. M. le Francois
ajoute un rapport favorable a I'auteur de ce memoire. A. B.
i38. Sen LE Beryl Aiodemarise d'Alencon, par M. de la
Foye. {Mem. de laSoc. Linn, du Calvados, 1824, p. 216.)
Ce biiryl se trouve dans un granite du bois des vallces prcs
d'Alencon. Ccllc rothe est divisce en grandcs dalles inclinccs a
Test de 3o". La place cxaclc de ce beryl est dans une carrierc a
la drolte do la route de Bretague, a 400 pasdubamcau dePonl-
Perce. 11 y tapisse une fenle et les crlstaux lermines y sont tres-
rarcs. 11 y a rartmcnt des crislaux de la grosscur d'un pouce dans
les tarriercs de Herlrt-. ^- ^-
Mineralogie.
i5i
139. ANAifSE DE l'Essomitb de Ckylan , par M. G. Gmelin.
( Edinburgh Philosophical Journal, n°. XXI , p. 117. )
La pesanteur specifique de I'essonite de Ceylan est de 3,783.
En I'analysant par le moyen du carbonate de baryte, M. Gmelin
a obtenu pour sa composition : silice , 40,006 ; alumine , 22,996 ;
chauT, 3o,573; oxide de fer, 3,666; potasse, 0,589; manga-
nese, une trace; matiere volatile, 0,326. D.
140. Analyse de la Finite de St.-Pardoox en Auvergne , par
M. G. GvLEhis. [Edinburgh Philosophical Journal, n". xxi, p. 8 7 . )
L'analyse de la pinite a ete falte au moyen du carbonate de
Jbaryte; clle a donne pour sa composition : sllice, 55,954; alu-
mine, 25,480; chaux, des traces; potasse, 7,894; sonde, o,386;
oxide de fer, 5,5i2; magnesie et oxide de manganese, 8,760; eau
avec matiere animale, 1,410; total, 100,406.
D'apres cetle analyse , on voit que la piuite de St.-Pardoux
contient une matiere animale. L'essai au chalumeau confirme
egalement ce phenomene singuller; car, si on chauffe dans un
petit matras de verre de la pinite pulvcrisee, on obtient une eau
qui degage une odeur cmpyreumatique, ct qui contient de I'am-
moniaque. D.
141 . NoDVEAU MiNEEAi DE PLOMB. ( Annals of PhUos., aout 1824,
p. i54.)
M. Berzolius a analyse une nouvcUe combinaison minerale
du plomb,provenant de Mendip, prcs Church-hill, dans le Som-
mersetsliire.
Le nouveau mineral est d'unjaune paille; il se bi-tse facllement; .
ilpresentedeuxclivages tres-nets, sous Tangle de 102 a io3.
Au chalumeau il ddcrepite legcremcnt, etse fond ensuite avec
une grande facilite. Refroidi, le bouton est d'un jaune plus fonce
que le mineral. Sur le charbon il se reduit , donne un bouton de
plorab mctalliquc , et une odeur d'acide muriatique.
Son analyse a prcsentoa M.Berzelius : oxide de plomb, 90,1 3 ;
chlore, 6,84; acide carbonique, i,o3 ; eau, o,54; silice, 1,46;
total, 100,00.
Le carbonate de plomb est tres-probablement un melange ac-
cidentel, ses proportions variant dans chaque analyse; et I'cchan-
tiilon que possede I'Acadcmie royalc de Stockholm, sur laquel
M. Berzolius a fait ses experiences ct^ait compose en parlie de
1 8a Mineralogie.
carbonate de plomb, ses principes seraient iin atome de muriate
de plomb et deux d'oxide.
Ce mineral dif'fere du plomb come , analyst par Rlaproth et
Chenevix, conlenant un atome de clilorure depl.,et un d'oxide,
et du chlorure artificiel qui est une combinaison d'un atome de
muriate de plomb , et trois atomes d'oxide. D.
142. Decouterte db l'Antimoine dans i-'archipel des Indes.
( Asiat. Journ. , aout 1824 > P- ^43. )
L'antimoine lamellaire gris a et6 trouve a Borneo, dans une
chaine de montagnes situee dans la partie nord de la principautc
de Sombas. Ce mineral existe aussi a Bulang, vis-a-vis Singa-
pore, et a Kamamang, dans le terrltoire de Tringano, dans la
Peninsule. Les Chinois ne connaissent pas ce metal. L'Angleterre
I'achete en AUemagne et en Espagne, le quintal i5o schellings,
et l'antimoine pur 7 liv. sterl. (Singapore Chronicle, ^anw. 1824.)
143. Sdr le Baryto-Calcite. Par H. J. Brooke. [Annals of
P/iilos., aoiit 1824, P- ii4-)
Des cchantillons venant du Cumberland, remis a M. H. J.
Broote comme etant du carbonate de baryte,lui parurent, d'a-
pres leurs formes, differentes de ecUes de cette substance, ap-
partenir a un mineral nouveau.
La surface exterieure de ces cchantillons ^tait reconverte de
sulfate de baryte. Interieurement lis presentaicnt un assez grand
nombre de cavitcs remplies de pet its cristaux dont la forme pri-
mitive est un prisme oblique rhomboidal. L'angle de la base du
prisme sur les faces latcralcs est de io2,54°, et celui des faces
laterales cntre ellcs est de loG, 54- Les cristaux pr^sentent ua
grand nombre de modifications.
Ce mineral est translucidc, jaunatre; sa pesanteur specifiquc
est de 3,66. Sa durete est moyenne cntre cclle de la chaux fluatce
et de la cbaux carbonatee; son eclat est analogue a celui du car-
bonate de baryte.
Sa composition , qui est d'apres I'analyse de M. Children :
carbonate de baryte, 6j,yo; carbonate de chaux, 33,6o; total ,
g9,5o, lui a fait donner le nom de Bar/to -calcite. D.
Mineralogie. i85
144. Notice sur ouelques nouyeacx gisemens de Sahlite, fcE
CoccoLiTHE ET d'Augitb ; par G.N. Bkn edict. (77ie y^wt?/'.
Journ. of Science, mai i8a4 , p. 88.)
En novembre iSaS MM. JyLiisoii, baron Picederer et Bene •
diet , fiient une excursion geologique a Greenwood-Furnace, si-
tiie a ao niilles de Monroe. Pres d'un courant d'enu qui met en
jcu les machines de cetle usine, il existe des rochers composes
cnllerement de coccolitbe etdesalible. Cicsvoyngcurs ont remar-
qiie que les grains de la coccolitbe variaient depuis la grosseur d'un
grain de plomb a giboyer jusqu'a celle d'uiie aveline, et que ces
deux substances f]ui presentaient toules deux uiie structure la-
melleuse passaient de Tune dans I'autre.
Les parois de quelques excavations ouverles dans le but d'ex-
iraire du minerai de fer leur presenterent des cristaux d'augite:
la jflupart en prismcs a six faces. M. Benedict remarque que ces
cristaux sont tres-fragiles en sortant de la lerre, et qii'ils ac-
quierent une grande duiete par leur exposition a I'air. Ce savant
donne ensuite , dans son memoirc, la description des formes des
Irois cristaux. Nous ne croyons pas devoir les rapporter parce
qu'elles sont indiquees dans tous les traites de mineralogie. D.
145. NoXJVELLE LOCALITE DU QUARTZ AMETHISTE , dcCOUVCrte
par le Prof. Adam. ^American Journal of Science , raal 1824,
pag- 199-)
M. le prof. Adam a reconnu dernicreinent un nouveau gise-
raent du quartz amethiste dans la baie appelee Mount Hope bay^
situee a deux milles du petit village de Bristol, Rhode-Island,
[Massachussets). 11 a trouve d'abord ce mineral en fragmens an-
guleux et en calUoux roules sur le rivage. Mais des recherclies
post(5rieures lul ont appris que ces echantillons avaient ete ar-
racbes par la mer aux roches de transition qui forniont ces cotes,
depuis la baie de 31assachussets jusqu'a celle de Narragausett.
La roche principaleest un schisle argileux gris fonce, passant au
schisle lalqueux. Outre le quartz anietliiste qui est disscmine en
araas , en veiuules , dans ce schiste, on y trouve aussi des cristaux
de fer sulfure et de fer oligiste. D.
146- Observations sur quelques-uns des mineraCx decouverls
a Franklin, comte de Sussex , New -Jersey; par Lardner-
Vanuxem etW. II. Keating. [Journ. de I'Acad. des Sc. nut, de
P////rtf/., juill.i8'2/( , p. r.)
f 84 Mineralogie.
Le Jcffersonitc n'est rien autre cliose qu'an Pyroxdne , car les
aateurs en ont en des crisfaux depuis Icur description de ce mi-
neral. II cstremarquablc, par Ja propric-te qu'il a d'offrir le cit-
vage le plus net et le plus also parallelement aux faces dc la forme
ptimitive. M. Seybert n'y a trouve que 4 p. too de magnesie.
Le Frankliuite forme de grandes masses drusiqucs : la quantlte
du manganese y -vane , el les cavites sont tapissecs d'oclaedres ,
comme cela se yolt bien a Stirling. La pesanteur sp«iclfiqiie des
cristaux est dc /JjgS a 5,o8. Le zinc rouge abonde dans le memo
lieu, et y est associe avec le franklinite. Scs particules offrent,
par un effet de lumiere, Ics unes la couleur orange foncce , et les
aulres celle du rouge de rubis. A I'air il se couvre de carbonate
dc zinc, et quelquefois d'un peu de manganese oxide, ce qui in-
diqae bien sa composition. Le carbonate de zinc forme aussi des
petits lilons dans le franklinite. Le zinc oxide siliceux existe dans
la meme localite en concretions et en cristaux. Ce sont des pris-
mes bexagonaux avec les terminaisons diedres; ces faces, re-
posant sur les bords lateraux des prismes , les angles des faces
des prismes out !?.o°, et ceux de la face de la pyramide ii8";
ce qui conduit a un rhomboedre pour la forme primitive. Sa
pesanteur spccifique est 3, 89 a !^. II est jaiuie-verdalre ou rou-
gealre, et est associe, a Stirling, avec le franklinite , le zinc
rouge, le dysluite, la chaux carbonatee et le mica , et a Fran-
klin avec le grcnat, le pyroxene, etc. L'analyse a donne aS dc
sllice; 7i,33 d'oxide de zinc; 2,66 d'oxide de manganese; 0,67
d'oxide de fer , et 34 de perte. Une autre analyse n'ayant pas
donne tout-a-falt ce resultat, I'autcur tro;ave probable qu'Il y
en a de deux espcces, dout i'une serait anbydre. A. B.
147. NOUVEI.LE LOCALITE T>V TkLI.VKE. ( A/in. of PllilOS., SCpt.
1824 , p. iJI.)
Ce tellure se trouve a Riddarhytlan en Suede; il contient un
peu plus de soufre que le tellure de de Born.
ii'iB. Dkscription oRYCTOGNosTiQtiE de quclqucs fragmens dc
granit et de lave lanciis par I'L^na; par Ic D'^. Carl. Gemel-
LABO. ( Giorii. dl Fisicn , Chlin. , etc., mars et avril 1824 ,
p. 109.)
L'autcur dccrit plusicurs roches granitoidcs stannlfcrcs icjc-
tees par I'Etna. La premiere est composiic de feldspath rouge,
lamdleux, dc petits grains dc (|uarlz blanc, et dc grains d'ctain
Miueralogie. 1 85
oxide; la seconde est h feldspath b!ano et a rristaux detain; la
troisieme a de plus des lames d'aniphibole noirSlre; la qualrleme
est grisatre , et est composce d'anipliibole et d'elain oxide dans
une pate dc feldspath gris; la cinquiemc ne pre'sente que du feld-
spalh blanc et de I'ctain, et elle est attacliee a une scorle; la
sixieme est une lave noire rcnfermant une roche semblable a
ampliiboleet mica, et offrant d'autres portions granitoldes qui
se fondent avcc ellc; la septieme est un porphyre a pate de feld-
spath compacte et a pyroxene noir ; la liuitieme csl une lave grise,
compacte, a ci'istaux de I'eldspatli et de pyroxene; enfin,la ncu-
vieme est une lave brune , rougeatce et porphyrique. L'auteur
donne la grandeur et la pesanteur specifique de ces differens
morceaux. A. B .
i/)g. Desciiiption nn Goniometrf. perfegtiokke de M. Adel-
MANw, gardien aldc-mlneralogiste de la collection mintralogi-
que paiticullere du roi; par M. le Gomte de Bourkon. In-8.
Paris; 1824.
Apres avoir rappele en pen de mots les avantages et les incon-
venicns des instrumcns employes jusqu'ici a la mesure des an-
gles des cristaux , M. le comte de I'ournon fait connaitre un go-
nioraetre d'une invention nouvelle, qui perrnet de compter sur
une exactitude assez grande , presque comparable a celle du go-
niometre a reflexion, et qui a, sur ce dernier, I'avantage de
pouvoir etre applique a des cristaux qui n'ont ni pctites dimen-
sions, ni surfaces rcflecLissantes. 11 nous serait difficile de donner
ici une description suffisante de cat instrument sans le secours
d'une figure : il se compose , comme la plupart des instrumcns de
ce genre , d'un demi-cercle et de regies mobiles ; mais ce qui le
distingue des anciens goniometres , c'est qu'il est fixe, et qu'il ne
depend pas, pour la rectitude des observations, de la dexttVito
de I'observateur qui peut suspcndre I'operalion aussi long-temps
qu'il le veut, pour la reprendre dans un autre moment on la faire
verifier par d'autres personnes. G. Dei..
I JO. Sun LA MIME n'oR DE t'lLE d'ARTJEA.
Voici quelqucs details sur la mine d'or decouverte dans Tile
d'Aruba, dependance de la colonic hollandaise de Curacao, el
situee a 8 lieues sous le vent de < ette dcrnieic ; ils sent exlraits
d'une lettre d'Aruba , du G juillet ;
a Tout le raondc, daus celle ile, s'occupe i dctcrrcr dc I'ar.
1 86 Mine I 'a logie .
Oil a Irouve uue piece de ce metal pur du poids de 3c» livres 8
orices, et plusieurs pieces de i4 a i6 livres. Un bailment qui
vient de parlir en a eraporte plus de loo livres. A. Curacao, on
en avail dcja recu pour la valeur de plus de i5o,ooo dollars. Le
p;ouvernement colonial a rendu une proclamation pour regler
1 exploitation de cette precieuse decouverle. L'air est parfaite-
ment pur. »
D'apres une autre lettre de Curacao, d'une date encore plus
recente ( arj juillet ) , on a decouvert un bloc d'or lellemcnt volu-
mineux, que la partie qui est dcbarrassee de terre, mesure plus
de trois aunes en tons sens : on croyail qu'une grande partie de
cette masse etait encore sous terre. ( Constitutionncl , i6 sep-
tembre 1824.]
Ce furent des Indiens auxquels le hasard fit faire cette decou-
verle entre les montagues , au mois de mars dernier : ils vendi-
rent a des juifs les morccaux d'or qu'ils trouverent. Cet evene-
ment fut tenu quclque temps secret , parce que peu de pcrsoiines
encore connalssaient les endroits oiiTon pouvait trouver del'or;
mais la nouvelle s'en etant peu a peu repandue , on vit accourir
de toutes parts vers les montagnes pour y recueillir ce mutal. he,
commandant de I'ile, en ayant eu avis, en informa sur-!e-clinmp
le gouverneur de Curacao, qui cnvoya a Aruba le capilaine Van
Raders, avec ordre de defendre toute recherche ulterieure. L'or
trouve dcpuis le mois de mars est de la plus grande purete ; les
morceaux ont diverses grandeurs. L'or recueillipar les habitans
se trouvait au bas d'une montagne dans laquelle on croit qu'il
existe une mine. Les morceaux paraissent avoir ete formes par
une fusion que Ton attribue a quelque agent volcanique. ( Con-
stilutionncl, 28 seplembre 1824.)
i5i. M. LE D*^. EX Prof. Schopfeu , a Inspruck en Tyrol',
offre aux amateurs la plupart des beaux niineraux de Fas.,a, aux
])rix sui-vans : Idocrase, de 24 kreulzers a 5 florins; Apojiliyl-
lile, de 18 a 24 kr. ; Prehnite, a 'Mj kr.; Zeylanite, a i fl. 3o kr. ;
Analcime, a 48 kr.; Analcime Iripointee, a i fl. 12 kr.; Gelile-
nite etFassaite, a 3o kr.; Gabron.te, a 36 kr. ; Andalousite do
Baviere, de 5 fl. a 36 kr.; Stronlianc sulfatce de Monleviale,
a 36 kr.
M. le prof. Craf , a Amberg, s'cst occupe depuis long-temps a
rassembler les fossiles dts environs ; savoir, les petrifications
Botaniqtie. 1 87
du quadersandstein , du lias et du calcaire jurassique inferieur.
Cetle contree etant fort abondante en fossiles, sa collection est
fort nombreuse. Desireux simplement d'avancer la science, il ot-
fre aux amateurs des series de ces fossiles, en ecliange d'aiifres,
ou a des prix extreinement moderes ; ainsi cbaque echantillon
eoutera de 3 ou 5 a 12 kreutzers, et les objels les plus rares, 3
a 5 florins. Noussomines surs que les amateurs des fossiles seront
contens des envois de M. Graf. Ce qui rehausse beaucoup le prix
d'une pareille collection, c'estque tous les fossiles d'Amberg, ci-
tes par M. de SchlotLcim, venant de M. Graf, ce dernier est a
meme d'ajouter a chaque echantillon le nom que leur a donne
M. de Scblotlieim.
BOTANIQUE.
i52. Lettre de fed le D''. C.-J. Van IIasselt a M. W. de
Haan. Jnjer^iixya), le i"^"". avril i8i2.
C'est sur les bords des rivieres, ct a une elevation de 1000 a
4 ou 5ooo pleds au-dessus duniveau de la mer que les Ortliidees
deploient leur plus grand luxe. Des arbres eleves ombraqent
les deux coles de ces eiroits torrens et y laissent a peine pene-
trer les rayons du solcil. C'est dans ces ravines, de toutcs parts
couronnees et dominees par le sommet des montagnes , on meme
le vent n'a presque ])oint d'acces, oii tout est couvert d'une
brume sombre, et ou , par consequent, regne une constante hu-
midite que Ton croirait occasionee par les plules; c'est la que
vegetent ces plantes, qui sont I'oinement de la Flore de la Sonde.
On y voit les rameaux etendus au-dessus des rivieres se cou-
vrir d'Orchidees , et cel!es-ci presenter I'aspect de la vegetation
la plus animec. Parfois un seul arbre suffit pour offrir au natu-
raliste ime dizaine d'especes differentes.
Le nombre des Orchidees parasites surpasse de beaucoup ce-
lui des Orcliidees terrestres ; mais cette difference diminue a
mesure que Ton monte. Je ne veux pas dire par-la que celles-ci
se trouvcnt en plusgrande quantite a une hauteur de 8,000 pieds
par excmple qu'a celle de 1 a 3,ooo pieds; j'entends seule-
inent que les parasites sont en moins grande quantite a 8,000
pieds, parce qu'ellcs diminuent considcrablement sous le rap-
port du nombre des espcces.
Ce ne sont point seulement les Orchidees que jc me suispru-
loo ' Botanique.
pose de defailler autant que possible. Quant a la grande varia-
iion ct a la complication non molns grande de leurs feuilles et
de leurs especes, je pensc que pariri les planles volubiles ( Con-
tor/c^), les Asclepiadees meritent aussi cette distinction. J'en ai
fait dessiner 14 espccesavecleplus grand soin; j'en ai decrit, en
outre, 12 autres auxquelles, pour plus do clarte, se trou-
vent jointes des esquisses de quelqucs parties de flcurs. Parmi
toutes ces especes il en est peu de celles decntes par RumpJi, qui
ne soient pas comprises dans les Systema; la plupart sc rappro-
chent des genres Hoya et Marsdenia de Brown ; cependant
plusicurs d'entre elles doivent former des genres particuliers.
Je posscdc differcntes especes nouvelles de Scitaminces ; la
plupart sont decrltcs dans le Synopsis de Persoon. II ny a
qu'une espece de Phrymum ; Roxburgh en porte le nombre a 5 ;
je n'en ai rencontre t'galenient que 5, dont 2 sont sans doute
nouvelles; une 3^. est peut-etre le P. spicatmn de Roxburgh.
Ce dernier auleur cinimere aussi 5 especes A' HedycJiiuin, tandis
que Persoon n'a mcntlonne quele curonarium. Je crois pouvoir y
joindre 2 nouvelles especes qui, I'une et I'autre toutefois , different
a certains egards des llcdychium par leurs antheres en quelque
sorte pourvues d'une couronne simple, et qui ne sauraient ttrc
considt rces comme completcment nues. Du rcste , dans toutes
leurs autres parties , elles sontparfaitement semblables aux Hedy-
chium. Ces deux especes ne se trouvent que dans les montagncs,
et sont parasites sur les arbres.
J'ai quelques especes de Curcuma; aucune n'est nonvclle;
mais j'ai trouve sur la cote sud de Java une Scitaminec, qui, a
tout-a-fait Ic port des Curcuma ,et possede un cpi central. jS'ean-
moins ses antheres, totalcment dcpourvues du double nectaire ,
otent a cette espece le caractere du Cuicuma et la rapprocLcntde
YJmomum. La division interieure, a compartimens , a au surplus
une parfaite similitude avec celle du Curcuma, et differe entiere-
ment, a cet t'gard, de Y^imomum.Ce genre tient done le mi-
lieu cntre le Curcuma et XAmojnum, etmcritepar consequent
d'etre distingue de tous deux.
Roxburgh a trouve 8 especes (JL'Jmomum ; cc nombre sera
augmcntc dc quelqucs nouvelles especes.
Indi'penduniment des Am. Cardamomum, maximum, el aculcu-
tum, de Uoxbuigfi, je possedc encore f» especes, dont une est
peut-etre \ A- subulatum du aiemc auteur, et uiic .secondc, pro-
Botanique. i Sg
l}ablemei)it le Glohba Oaspay de Rumpli. , t. 6, tab. Gi ; les au-
tres sont des especes nouvelles.
Je crois connaitre, en outre, a Java, /, especes de Zingiber ,
savoir : le Zing, officinalis, le Zerumbet et le truncatuin, de RcId-
■waidt, ainsi qu'une espece tres-voisine, on qui en diffcre assez
par sa fleur pour etre considerce du moins comme une variete.
Roxburgh ne cite parini les plantes indiennes qu'un seui Cas-
tas y le C. speciosus. Le professeur Reinwardt n'en a point, que
je saclie, trouve d'autres a Java. Dans mon present voyage a la
residence de Bantam, j'ai decouvert deux superbes especes de ce
genre : elles different Icgercment par leurs fleurs portecs sur deS
epis radicaux. Persoon, a la verite, indique une seconde espece
indienne qui offre les memes caractcres, mais qu'il tire d'une
plancbe de Rumph, laquelle n'annonce aucun epi radical; c'est
la Glohba unifortnis. II est encore fort douteux que celte plante
appartienne au genre Costus.
La tige de celte nouvelle espece peut atteindre la hauteur de
Sag pieds; elle pousse alors seulenient des branches qui ont la
forme spirale. Ses feuiiles sont nues des deux totes , celui de dcs-
sus est lustre , et elles sont oblongues, lanccolees et mucronecs;
on la trouve rarement dans les montagnes boisecs, dans les par-
ties sud et ouest de Eantam. Je donnerais volontiers a celte es-
pece le nora de C. Roxhurghi , en I'bonneur de Roxburgh qui a
decouvert tant de Scitaminecs dans les Indcs.
Rumph donne deux descriptions du Costus speciosus. Tune
sous le nom de fVenteltopskruid [\^(:\.q en forme de vis); altendu
que ce Costus presente ce caractcre : foliis supra glahris , nitidis,
subtiis srriccis, et en memc temps celul-ci •.foliis svprii ct intra
hirsutis. La difference est telle , que j'ai doulc qu'cllcs fussenl de
la mtme espece; toutefois les fleurs ne presentent absolumentau-
cune diiferenco, ce qui me porlc a croire que ce sont de simples
varietes dont I'existence est due au dcgre de fertiiile du sol.
Le juofesseur Reinvrardt a trouve a Java 2 Alpinia : YA. Ga-
langa et VA. Malacccnsis. J'ai trouve une 3**. esptce sur la mon-
tagne Kcndang situee dans la partie cenlrale de Bantam. Cctle
plante y est rare; elle ap])roche, pour la bcaute, de 1'.-/. Malac-
ccnsis; Ics Sundanescs la nomment Ladjh Coil. Elle est bcaucoup
j)lus voislne de Vyl. nutans que des auUcs especes connucs 1 1
decritcs. Roxburgh semble ncanmoins admetlre une ccrlainc dif-
ference fondec sur l.i fonnc du la belle , lequci nc peut pas elre
I (JO Botanique.
iiomine absolument trifolic , luais auquel on peut sculement
donncr par Citiacttre un bord fraiigu.
La principale difference caractcrisllquc qui cxisle enlre Ics
genres Alj/inin ct Amomuin, consiste en ce que le i*^'. posbcde
des antlieres nues, et unc infloiescence terminale, et VAino-
mum des anlLcres couronnces, ainsi qu'une inflorescence radi-
cale. J'ai cependant trouvc une plante inlermediaire enlre ccs
genres: son inflorescence estcelle del' A/pinia, etles antlieres res-
semblent a celles de VAinoinum.
Le pi-of'esseur Rcinwardt a exclu des A/jnnid celles qui pos-
sedenl une inflorescence radicale ; II les rapporle a un genre par-
ticulier qu'il nomine Ceanlltus. II en comptait , a Java , G especes
que j'ai trouvees presque loutes , et auxquelles je puis encore
ajouter deux autres especes.
Je vais donner ici un apercu aussi succiuct que possible du
noinbre des differentes especes de champignons appartenaut k
des genres ou sous-genres distincts. Je suivrai a cet egard la mti-
thode de Necs (!iEi>enbech.
Stemonitis 1. TRyBLioN nav. gen. i. Ltcoperdoh a. Spae-
HOBOLUS I. POLYANGICM 2. MytREMYCES ? I.CyaTHUS I. Me-
RISMA I. ClaVARIA iG.TuEMELLA 3. Gyraria I. IIygromitra I.
Spatularia I. Geoglosum 5.
Agarici.
Amanita i , Gymnopus 7 , Omphalia 5 , Pleujopus /» , Crc-
pidopus 1 o , Apus 4 , Mycaena x , LactiJIuus 4 , Micrompha-
U'S I , Pralclla 8.
BOLETI.
Gymnopus 0. , Mycaena 3 , Crepidopus 1 1 , Apus 10 , Rcsupi-
natus 1.
Daedalea 3. Systotrema Apus ■>..
Merulii.
Oniphaiia 3 , Pleuropus i. Cyrloplcuropus.
Hyuna.
Crepidopus i , Apus 3.
Telei'hora.
Omphalia i Pieuropus i, Crepidopus 1, Apus 6, Resupinatus i.
DicTYOPEPLOS, woe. gcu. PlialloruTti s. Ci.athrus I. Pe7,I7.A
10. SiMiAKRiA II. Total i;")S.
Telle esllindication des cliampignousde Java, qui out ele «les-
Botmiique. 191
sines jusqu'a present. Nous n'en avons trouve aucune espece que
nous puissions considerei' comma analogue a celles deja connues.
Nous avons en outre decrit un grand nombre de la section
des Boletus Apiis , ainsi que des Sphncria, des Lycoperdon , etc.
Vous voyez d'apres cette notice que nous avons forme
quel(|ues nouveaux genres , tels que Ic Dictyopeplos et le
Tryblion.
Le Tryhlion est un genre qui nous a paru approcher le plusde
r^.y(j/YO« (Ordo Trichoci.storum , S>ec\.. Canallcetoruin Nees 1,
dont il diilere toutefois par le conceptacle sessile et les filets un
peu dresses.
Lcs Dictyopeplos^ ijr/rjov (rcseau), r.zTilrti (voile), est un genre
qui approclie beaucoup de Y Hymenoph alius duplicatus , peut-
elre mcme n'en est-il pas different. Ge vtigetal est sans doute le
plus beau de tousles champignons. Rumph en a deja donne un
dcssin tres-ressemblant ; mais je ne me rappelle pas le numero
de la planche.
Void la phrase caractoristique du McruUus Cyclopleuropus :
Merulius plciiropus , annulo crassiusculo munitus, ad mnrginem
injeriorem libero , supra cum lameJlls hymend conjlucnte. iAlgeni.
Konst en Letter-Bode , avril 1824? p- ^^/O
i53. Recherches ANATOMiQtjF.s ET PHYSioi.OGiQUES sur la Struc-
ture interne des animaux ct des vegetaux , par M. Dutrochet.
I vol. in- 12 de 233 pages, avec un tableau et deux planches.
Paris; cliez Bailliere ; 1824.
II en est de Fanatomle vegetale a pen pres cornme de la meta-
physique. Les auteurs qui ont ecrit .sur ces deux sciences ont
toujours ou de grands avantages sur ceux qui les avaicnt pre-
cedes , et cliaque systcrae a fait place a un autre qui a ete renver-
se a son tour. Cependant I'expcrience confirine quelques obser-
vations ; quelqurs raisonnemens rcsislent a toutes les altaques,
et c'est ainsi que s'eleve peu a peu redificc des connaissances
humaincs.
Nous n'oserions assurer que le llvre dont nous donnons ici
I'analyse ne trouvera pas egalementun jour quelques contradic-
teurs; il n'a point encore etc soumis dans toutes ses parties a un
examen attentif; toutes''les experiences de I'auteur n'ont point
encore ete repetecs. (iependant, plusieurs qui I'ont tie deja se
sont Irouvees parfaifrment cxactes; des aujourd'hui cllcs font
192 Botanifjuc.
partie liu domaiiic de la science , et dies etablisscnt en favcur <lei
autres la prevention la j>lus favoralile. Ce qui u'eu ctablit pas
raoins, c'est la sagacite profondc qui paralt avoir dirigc I'auteui-
dans toutes scs rechcrches , la uiarche assuree de scs raisonne-
mens et I'liabilete avec laquclle il sait encliaincr les faits. Ea un
mot, nous ne craignons pas de ie dire, depuis long-temps il n'a
paru sur la physiologic et Tanatomle vegetales aucun outrage qui
renferine aulant de clioses nouvelles , qui presente autant de
details interessans et qui merite mieux d'etre lu et mcditc.
L'auteur traile dans sa premiere section de Tanatomie des vc-
getaux, et en partlculier de celle de la Sensitive. I'our mieux
etudier la structure des plantes , il a imagine d'en isolcr les orga-
nes, en placant des fragmens de vcgetaux dans une petite dole
d'acide nitrique et en plongeant cette fiolc dans de I'eau bouil-
lante ; les parties qui composent le tissu vegetal perdent alors
leur agregation , elles deviennent Iransparentes et les vaisseaux se
remplissent d'un fluide acriforme qui en rend I'observation mi-
croscopique plus facile. Par ce moycn M. Dutrochet dit avoir
reconnu que les cellules de la moelle n'avaient point une parol
commune , mais que chacune d'elles pouvait etre separtie des au-
tres et presenter alors une sorte de vesicule. M. Dutrochet cite
aussi les experiences ingcnieuses qui I'ont araenc a penscr que
les pores hordes d'un bourrelet que Ton avail cru voir dans le
tissu cellulaire sont de petites vessies globuleuscs reroplies d'un
fluide concrescible, et il soupconne que ces vcsicules seniles
eleuiens epars d'un systeme nerveux. Suivant lui , Ics trach^es
n'ont point de fentes transversales ; elles nc so metamorphosent
point a leur extremile en tissu cellulaire, uiais elles finissent par
dts cones trcs-aigusjil n'existe point de JauiSi'x traclic'es ni de
tubes poreux ; enfin un merae tube n'offrejaniais une organisation
dilTerentc dans les diverses portions de son etcndue, et parcon-
sequcnt il n'y a point de vaisscaux mijctcs. L'auteur dit avoir
reconnu que les trachees conticnnent un liquidc diaphane, et il
les considcre couime desorganes respiratoires dcsliues a cliarrier
un liquide vivifiant. La fibre ligneuse est, selon M. Dutrochet,
en grande partie composee de cellules allongees, ou clostres qui
s'entrelacent et sont quclquefois divisecs par des clolsons. Ccs
clostres sont natureilenient d'un blanc nacre; mais ellesprcnnent
en apparcnce la couleur des sues dont dies sont rcinplics , ot
l'auteur prnse que ceJics de I'aubiiT ccccoimtnt foruie sont les
Bo/anique. igS
reservoirs ilc la sow'^. Ouatit aiix vaisseanx propres, M. Dufro-
thet soupconne qu'ils sont purement st'creteurs; il considere
comme excrementiels les sues laiteux ou resineux , et il ajoute
que les derniers ne sont point contenus dans des lacuncs, mais
dans des vaisseaux renfles et tortueux. Les laisceaux des clostres
sont Dielus cLez la Sensitive avcc un tihsu cellulaire qui se divise
mecaniquenient en filets longitudinaux, compost-s de sei'ies de
cellules, et ce tissu arlicule parait e'rre I'Drgane gcnerateur des
rayons medulalres. L'auteur trouve de nouvelles raisons pour
assurer que la moelie et le parenchyme cortical sont identiques.
La base des petioles de la sensitive offre un ren flcment sensible,
le parencliyine de ce renflement est compose d'unegrandequan-
tite de cellules globuleuses et diaphanes dontles parois sont coti-
vertes de ops corpuscules que l'auteur appelle nen'eux, et les fo-
lioles des feuilles contiennent une innombrable quantite de ces
meines corps. Les divers organes creux du tissu vegetal n'out
entre eux que des rapports de contiguite , les fluides qu'ils con-
tiennent ne peuven*etre iransiuis que par les pores de leurs pa-
rois ; mais ces ])ores ne sont autre chose que les espaces Intermo-
leculaircs qui doivent necessairement se trouver entre les mole-
cules integrantes des tissus organiques, molecules dont la forme
est globuleuse. Enfin l'auteur termine la section que nous venous
d'analyser, en faisant soupconner quele tissu organique est for-
me par la reunion d'une immense quantite de vcsicules celluleu-
ses ou tubuleuses dont les parois sont en contact, et qui tiennent
par une simple force d'adhesion ou d'agglutination.
La 1^. section de Touvragc de M. Dutrocliet traite des mou-
vemens de la Sensitive. Quoique plusieurs botanistes aicnt fait
sur cette plante, des observations curieuses, on pourra lire en-'
core celles de M. Dutrocliet avec beaucoup dc fruit. Non-seule-
meut sesdiverses experiences sont ingenieuses , mais il a su leur
donner une direction systematiquc que n'avaient pas celles des
Dufayetdes Duliamel. II prouve qu'en reduisant le parenclivme
du bourrelet petiolalre dc la Sensitive au faisceau central, Ic pe-
tiole cesse de se mouvoir; il montre que le mouvement de flexion
est du a la partie supt5rieurc du bourrelet, et celui de rcdrcsse-
ment a la partie inferieure; enfm, que non-seulement I'irrita-
bilile de la Sensitive, mais celle des autres plantes, a pour cause
une incurvation vilale du tissu organique. Par les experiences
les plus delicntes, l'auteur fait voir cusuite que cliez la Sensitive
B. Tome III. i ;[
1 94 Boiiinique.
les corj'.usculos qn'il appellc nervcu.c , la luoelle, I'ecorce, et Ic
tissu cellulairesonl egalement incnp;ibles dc transmcttre le mou-
vemetit; qu'il est communique'! par la portion ligneuse du sys-
teme central, et tiansmis en parliculior par le liquide seveux.
D'autres experiences lui ont prouvc que le mouvement ou
plutot , pour parler commc lui-memc , la nervimotlon dtalt plus
rapidc dans les petioles et Ics pinnules que dans les articles de
la tige. Enfin une suite d'observations, faites avec toutes les
precautions imnginables, le conduisent a conclure que la mo-
tilite dc la Sensitive depend : 1°. de rexistence d'une tempera-
ture plus elevee que le 7*^. degre a»i-dessus dc oj a", de I'in-
fliicnce de la lumiere ; 3". de la presence d'une seve suftisam-
luenl abondaute.
Les 3^. et 4'- sections sont plus intcressantes , s'il est possi-
ble , que les precedentes. L'une traite des directions speciales
qu'affectent les diverses parties des vegetaux; I'autre, de I'in-
flucnce du mouvement de rotation sur les directions speciales
que preunent ces memes paities. L'auteur y cite une multitude
de laits nouveaux, propres a jeter du jour sur la pliysiologie;
et II y donnc les details d'un grand uombre d'experionces cou-
duitcs avec une extreme sagacite. Enfin, dans la derniere sec-
tion, il s'occupe de la structure iutime des systeines nerveux et
rausculaires ; et il examine ce qu'est, chez lesanimaux, le me-
canisme de la contraction.
Nous regrettons que les limites etroites de ce Bulletin uc
nous permetrent pas d'analyser ces trois sections avec autant dc
di'lails que les premieres; petit-elre meme aura-t-on trouve que
nous avions diipasse ces limites; mais nous n'avons pu resister
au dosir de donner une legere Idee d'un livre aussi curleux. Les
physiologisles et ceux qui cultivent I'liistoire nalurelle ne doi-
vent point se contenter de cettc analyse supcrficielle; c'est le
livre lui - meme qu'ils doivent mediter. Sans meme s'etre livro
d'une maniere spcciale a I'etude de la nature , il est dans cet
ouvrage phisieurs chapltres qu'on peut lire avec plaisir; et il
doit trouver place dans toutes les bibliolh^ques , a cote de ceux
des Hales, des Duliamel, des Mirbel et des Treviranus.
AUGUSTE DC SaINT-HiLAIRE.
Botani<iue. loS
1S4. Note sur le degagement u'un gaz ammoniacal pendant
J a vegetation du Chenopodlum Fulvaria L. {Aim. dcs Sc. nat.,
to. I, p./,/,/,.)
M. Chevallier, ayant anooncc^, conjointcnientavec M. Lassai-
gne , qu'il existait du sous-carbonate d'ammoniaque tout forme
dans les feuilles du Chenopodiieni J'^ulvaria L., et quelques objec-
tions ayant ete elevees contra ce fait pourtant tres-naturel, a re-
pete ses experiences, mais sans employer Taction du feu. Il'a
place sur un vase renfermant deux pieds de Chenopodlum Vulva-
ria un entonnoir de verre, pour recueillir la vapour qui se de-
gage contlnuellemcnt de cettc plante. Get appareil, mis en com-
munication avec un vase contenant de I'acide hydrochlorique
etendu d'eau , le gaz degage de la plante a produit instan-
tanement des vapeurs blanches, qui se repandaient a la sur-
face de I'eau ou elles disparaissalent. M. Chevallier reconnut, par
I'analyse, que c'etait de I'hydrochlorate d'ammoniaque, et ii en
lira cette consequence, que la plante en question laisse de^afer
spontanement de I'ammoniaque libre pendant I'acte de la vege-
tation. Cette observation est additionnelle a celle que MM. Che-
vallier et Boullay avaient faite, il y a quelques annecs, sur I'ema-
nation du meme genre ammoniacal par plusieurs fleurs, raeme
par celles dont I'odeur est tres-agreable. G...,n.
i55. Botanical register. N°'. CXIII ct CXIV. Juillet et
aout 1824. (Voy. le Bulletin, t. 3, p. 46.)
809. Amaryllis ignea. Nouvelle espece envoyee du Chili par
lord Cochrane avec d'autres plantes bulbeuses. Ses fleurs dont
les segmens pctaloides sont connivens et forment un tube lui
donnent un aspect different de celui des autres Amaryllis telle-
ment qu'on serait port6 a en faire un genre nouveau ; mais I'au-
leur prefere, pour Ic moment , la laisser parmi les Amaryllis a '
I'exemple du D*^. Sims qui a nomme Jmarjllis cjrta/uhoides ,
une espece evidemment congencre de celle-ci. Voici la plirase
specifique de V Jmarjllis ignea: umbelld 6-Jlord ; periantkii
laciniis intubo cylindracco comolutis ; pedunculis periantkii nti-
tantis longititdinc ; stylo exserto , stigmate simplicissinio.
810. Oxalis Plumieri. Willd.
811. Azalea indica. Var. aUni. A la suite de la description dc
cette varicte, on trouve la liste dc 2 5 varietes dH Azalea indica
j\}6 B'taniqiie.
doni Ja i-liiparf wi\t tulliv^es jiar les Cliinoi> et les Japonais, er
qui ont etc inentionnecs par KiiinptVr.
812. Cineraria spcciosa. S<hradtT el I i-tik. Espece tout-a-fait
(Hstincte du C. sibirica dont elle a cte cxjiisideree conime une
variete par M. Fischer et u'autres botaniblcs. C'est une plante
lierbacee origlnaiie de Siberie.
8 1 3. Chloroplivtum orchidaslrum. Lindl. Cetteseconde espece
du genre Chlorophylum etabli par M. Ker dans le Botanical
Magazine, est indigene de Sierra-Leone comme telle qui a servi
d type au genre- On indique en outre conime faisant i)artie du
n)i:ine genre VJnthericurn elatum Ait. , du cap de Bonne-Espc-
laiice, et le Chi. laxum Brown, de la Nouvelle-HoUande.
M. Lindky a donne a sa nouvelle espece les caracteres suivans :
C:. orcliidastrum ; 2 petalis ; foliis lanceolatis , acuminatiSjU hasi
strictd patcnlibus } paniculd ramosd strictd rnultijiord; rami.s
glabris.
8i4- Ornithogalum virens. Nouvelle espece voisine de YO.
caudatum et de I'O. odoratum Jacq., trouvee dans la baic
de Lagoa (Afrique mcridionale), par feu M. J. Forbes, et ainsi
caraelcrisec par M. Lindl oy : O. virens; raceino spicato, mul-
tiJloro\ foliis lineari-lanccolatis , debilibus y ad apicern breviter
tcrctibus , acuininatis ; sepalis patcntibus ; stainini'ms alter nis^
bidentatls ; bracteis Jloribus longioribus.
81 5. Eedysarum ascendens Swartz et Willd. Cette espece,
indigene du Br6sil, n'avait pas encore etc flguree. La peinture
en a ete faite d'apres des iudividus cultives dans la pepiniere de
M. Colvili.
8i6. Narcissus gracilis Sabine Mss. : 11-iH-uncialis ; foliis
lineari-subulatis , canaliculatis ; scapo terete , i-%-floro; ovario
inflato ; florc sulphureo. Cette espece, cultivce dans le jardin
de la Socicte horticultui-ale , a des fleurs qui resseniblent a
celles du N . poi-tlrus , mais cllcs sont d'un beau jaune. M. Lindlev
exprimeici son opinion qui est conforine a celledeM. Sabine, sur
le genre Naixissus. II pcnse que le nombre des veritables cspeces
est pen consideiable, qu'il existe un grand nombre de varietes
jjarmi celles-ci , et que les genres proposes par M. HaAvortli
aux depens du Narcissus ne doivent ^tre consideres par la
plupart que comme de simples especes.
817. Aerantlies grandiflora. Nouveau genre d'Orchidees, pro-
pose par M. Lindley pour une plante de Saintc-Marie dc Ma-
Botaniqite. 197
dagascar, a laqujlle il adjoisit les Ijf/idrobiu/n arachnitis ct
JngTfvcuin scbquipcdale de M. Du Petit-Thouars. ( Hist. Orclt.
Afr., tab. 88 et tab. 66 et 67.) Ses caracleres generiques sont
aiusi expiimes.
Aeranthes : Lnhcllurncalcaratiim^rnembranaceum^ integrum ,
cinn processu imguifonni coluninoe €ui lacinice anticce adnas-
cuntitr, articulatum. Perianthium ringeiis. Masscepollinicce diicVy
caviG y hinc perforates , filo nullo ; glandidd duplice. Herbce
parasiticce ., perennes , rqdicibus filiformibus , foliis distic.his.
Flores maxitni , solitarii, pallidi. Sepala cornuta , cequnlia. Voici
la phrase caracteristique de X Aeranthes grandiflora Lindl •.folds
apice hilohis , yalde incequalihus , scapo radicali \>aginato debili
hrevioribus ; calcare emarginato. Ce genre est voisin <\q\' Aerides
cree par Swartz dans le journal de vSchrader , 1799, p^ig- 233,
tab. 2. M. Lindley ajoutc ici une liste des genres qui composent
la section des Epidendrees , et dans laquelle les genres Aerides
et Aeranthes se trouvent compris.
818. Iris Nepalensis'SNAMvli inLitt. Cristata; scapo bifloro ,
foliis falr.utis hreviore ; sptithtl diphylld perianthio vio/aceo ad-
pressrl unguium sepaloruni longitudine. A en juger pai- la seule
inspection de la figure, M. Lindley suppose celte espcce voisine
de X Iris subhiflora.
819. Pfeonia cretica Sabine Mss. ou Pasonia arictina, Var.
Carnea De C. Prodr. i, p. 66. M. Lindley donne ici la lisle des i v.
especes legitimes de Pivoines; il n'admet pas, par consequent,
plusieurs especes que M. De Candolle a fait connaitre dans sou
Prodrome, et dont le nombre est de 16. II reunit le Pceonia lo-
hata Desf. comma variete au P. tnterjiata Pall, ou P. daurica
Anderson; et il ne fait egalcment des P. cretica Sab., P. decora
And. , P. pcregrina Mill, ct P. paradoxa And. , que des varietcs
du Pa;onia arictina.
820. Coronilla Juncea L.
Nota. II y a ici erreur do cbiffre et transposition de figure.
l.e n°. 820 represente un Daphne dont nous allons parler, et
la Coronilla juncea sc trouve a la plancbe n". 822.
821 . Zephjrranthes rosea. Lc nom de ce genre , de la familledes
Aniaryliidees et de I'Hexandrie Monogynie, a etc propose par M.
liebcrt (Appendix, p. 36). Voici ses caractcres : peranthiurn
verticalc , infundibulare , a'quale ; stamina rcgularia , una scc-
piits [sejunclo) basi petalorum inserta ; anther(eadnata\ Stylus dC'
198 Eotanique.
rlinatus; sem inn pinna , meinbranaccii ; tcstdatrd. L'osjiece nou-
volle qui a ele envoyee de la Havane par M. Georges Don ,
est ainsi caraclerisee. Z.rosra ; foliis humifusis, linenribus, scapo
uni/Ioro breiuoribiis ; perianthio expanso; sepalis ovalibus, opi-
culatis ; spathd bifida apice carnosd.
822. Daphne collina. Var. (3 neapolilana. Willd. et Loddlg.
Bot. Cab. 719. Voy. la pi. n°. 820.
823. Spiranthes cernua ; Ophry-s cernua. L. M. Lindley admet
le nom Ac Spiranthes applique a ce genre par feu M. Richard,
ij^servant celui de Neottia au genre dont Yophrys nidus- avis L.
est le type, comme cet illustrebotaniste I'avait propose. M. Lin-
dley donne renumeration dcs especes dont le genre Spiranthes
se compose. Elles sont au nombre de 16; M. Richard n'en
avail mentionne que 6. Les 10 que M. Lindley propose d'ajouter
sontles suivantes : i". Spiranthes australis, on N. austra/isJlcowa;
20. S. pudica, nouvelle espece de Duourie ; "i^. S. /iexuosa, ou
N. JlexuosaSm. in ReesEncycl.; 4". S.parnflora, on N. par-
vijlora Smith, loc. cit.; 5°. S.africana, on Satyriu ni spirale ,
Du Petit Th. (Orch. afr. tab. 9.); 6"^. 6". co/?ge^«rt, nouvelle es-
pece de Siberie ; 70. S. picca , ou N. picta , Bot. Mag. i562j
8". .9. bicolor, Bot. Reg. 79/4 ; 9". S. quadridentata ou N. qua-
dridentata "Willd.; io>. S. strateumatica, ou Orchis strateuma-
tica Willd.
82}. Rosa Kamschatica p. nitens Llndl. Monog., p. 3.
J. A. G...1N.
1 56. Exotic Flora, etc. ; par W. Jackson Hooker. Juillet et
aout 1824. (V. le Bull. , to. 3, p. 47-)
110. Paullinia Melicefolia Jnss. {Ann. du Museum, Vol. IV,
p. 347 ). Dans cette pl.mte les feuilles pinnees sont comj)osccs
de 4 paires de folioles , el non de 3, comme I'indique la descrip-
tion de M. deJussieu.
111. Ficus nitida Thunberg. La figure de cette espece, don-
nee par M. Hooker , a cte faile sur nn individu recu du jardin
botanique de Liverpool, comme origlnaire des Indes occidenta-
Ics; tandis que le F. nitida de Thu7iberg, Willdcnow et Smith ,
est indigene dos Indes orientales. 11 y a aussi des differences dans
1.1 description, car les feuilles de cette derniere espece sont, sc-
ion lesanteurs ci-dcssusmentionnes , courtes el obtusenient acu-
BolOJiuiue. igg'
mineps ; tlansla flLjiire de ['Exotic Flora, elles sout, au contraire,
assez ^randes et obovales.
1 lu. Epidcndruin ? polybulbon Swartz. Orchidee qui a fleuri
en decembre 1822 dans les serres du jardin botanique de Liver-
])ool. Elle est originaire des hautes montagnes de la Jaraaique,
ou elle croit en abondance sur les troncs des aibres.
1 1 3. lantha pallidiflora. Genre nouveau de la famille desOr-
cliiilees, apparlenant a la /j". section de cette famille , formee
parM. R. Brown., dans I'/Toz/kj ifetve/Mw. Voici ses caracteres :
Pctnlu rninula , conniventia , subcequalia, libera , infcrne una
cunt labello mai^no dilatato iri'irticulato , breviter obtuse calca-
rnto. Anthcra opcrculiformis , libera. Massce pollinis duo, dorso
lobulato, pcdicelln glanduloso nffixcc. Ses flcars, qui rcssemblent
a celles dequelqties especesde violeltes, liii on!, fait donner, par
M. Hooker, !e nom de lantha.
114. Poljpodium plantagineum Jacq. Cette belle fougere, ii-
guree aii'rofois par Plumier [Filic, tab. 128), est indigene des
lies de la Martinique et de St. -Vincent. Elle est reraarquable ])ar
sa froiide, dont I'extremitL' de la nervure mediane s'iniplante en
terre et donne naissance a d'aiitres frondes.
1 15. Prescotia plnntoglnifolia. Ce nouveau genre d'Orcliidees
a et(5 constitue par M. Lindley sur une plante de Rio-Janeiro
qui resseinble beaucoup , dans ses organes floraux , au Ma-
hixis p:dudos(i, et que, par cette raison, M. Hooker aurait rap-
porte au genre Malaxis de Swartz, si I'opinion contraire de
M. Lindley, qui prepare une bistoire des OrcLidces, nc I'eut
enlr.iine. Voici les caracteres gcneiiques du Prescotia, tires des
manuscrits de M. Lindley : Perianthiwn rectum ( resupinatum
auct. I ; lacinice revolutee, duce superiores bast connatce ; label-
lum crectuin , carnosum , cucullatum , integerriinurn , colurnnani
minutissimam aniplecteiis ; anthera bilocularis, persistens , stig-
ma ti parallela; massce pollinica.' 2, didymoi, gr.rij.insa^apice
glaiididd gyni7,o re.tuso afjixa;.
La fimire du V rescolin plantagiiiea est accoinpagnce de details
inU'ressans. Ainsi que celle d(; la plante qui suit , cllc est gravee
sur dc grandcs dimensions.
iiG. Cymbidiuni? bitubcrculaliun. Cette belle Orchidee est
peut-^tre un genre nouveau j cependant M. Hooker a preftTc le
laisser provisoircment dans Tamien genre Cjrmbidium, plulot
que de c;)inp!i'[uer citore une laniilie oil les genres soni peu as-
apo Bota?ii<fue.
surc's. Voici les caracleres de respece, qui est originaire An Ne-
paul : C. ? hitubcnulatum : subhulbosuin ^Jollis qitnternis, ovatis,
jil'cato-striatis, undiilatLi; labello rcflcxo , hasl lubcrculato; co-
rolhc laciniis duohus intcrioribus angustioribus.
117. Axpidium nodosum Willd.; ydsp. articulatum Schkiihr
(/?o« Swartz). Cette curieuse Fougere avait ete d('ja figuree par
Plumier [FiUc.y tab. i'>6 ) , et elle est reraarquable par le petiole
de sa fronde, qui est articule. Elle croit aux Antilles.
1 18. rrimuln Palimai Jacq. Celteespece, indigene des rocliers
du c.!]) rlePalinure, dans Je royaume dc Naples, a de si giandcs
ressemblanees avec le Primula Juriculah., qu'on la prendrait
pour uiie de ses variettis. Ses feuilles sont tres-grasses , et ont ete
comparees par Lehmann a celles dnSempcrvUnirn arboreurn. On
la cultive dans les jardins d'Angleterre et d'Ecosse. J. A. G....N.
157. CORTIS'S BOTANICAL MAGAZINE. N". 4^0 Ct /(Si. ( VoyCZ IC
Bulletin , t. 3 , p. 4 6.}
2/(95. Sida aurita Walllch. Cette espece, adoptee par M. De
Caudolle dans son Prodromus, est originaire de I'ile de Java. Elle
a fleuri pour la jireniiere fois dans le jardin botanique de Cal-
cutta,en i8i(), d'oii M. Wallirli I'a envoyee en Angletcrre. Elle
appartient a la 3'^. section du grand genre Sida , que M. Kunth
a ^leve au rang de genre sous le nom ^ Abutilon.
2496. Conanthcra bifolia Ruiz et Pav. Deja figuree dans la
Flore du Perou, t. 3 , tabl. 3oi ; mais les segmens du perianthe
V sont plus refli'cliis que dans la plante ici representee. Les
autres caractercs sont d'ailleurs ties-conformes.
2497. Laurus wj^grcgata. Espece nouvelle originaire de la
Cbine ctdontvoici le caractireesspntiel : 'L.foHix perennanlibus,
os'atis , acuminatis, triplinerviis, suhtiis glaucis ; pedunculis sim-
plicivus, axillaribns, ctggregc.tis, brarteis srariosis, ovatis, cuncavix.
IN'ayant pas analyse les fleurs de cette plante, M. Sims n'<st pas
certain quelle n'appartienne point au genre Tctranthcra de .Tac-
quin ou Litsca dc Jussieu. Elle off're beaucoup de ressemblance
avec le Laurus myrrha de Louieiro que .Tussieu et Brown ont
rapport<5 au Litscea; et , d'apres la coniparaison des caracleres,
nous inclinons pour leur identile.
24ij8. Canna cdulis. Celte espece, conlondtn; avec la C.annn
indica par Riilz ct Pa von , a elu tHablie dans le Bolanical Regis-
ter, n". 775. (Toy. le Jiutlelin, t. i , p. 244.)
Botanique. 201
a/(<jq. Aspidistra luiida. Genre fonde par M. Ker , dans le
Botanical Register, n*'. 628.
a5oo. fVuIfenia Carinthiaca Jacq., ou Poideruta nudicaidis
Lamarck.
2S01. Psidiuni Cattleianum Lindl. , Collect. Bot. iG. Ce bel
ai'bre fruitier, originaire de Chine, a fait I'objet special d'un
memoire de M. Sabine , inserc dans les Transactions de la Societo
liorticulturale, vol. 4)P- 3i5.
1S01. Sarcophyllum carnosum Tliunb. et Willd. Lcgumineuse
du cap de Bonne-Esperance.
25o3. Astrapcea ff^ai lichii Lind\. Collect. Ce genre a ete doja
decrit dans le Botanical Register. (Voy. le Bulletin de 18^3 , t.
2 , p. 78.) M. De Candolle I'a place dans la 5*^. tribu des Dom-
beyacees. [Prodromus Syst. nat. , i , p. 5oo. )
2304. Erirms Ljchnidea Lindl., qu'il ne faut pas confondre
avec la planle d^crite sous ce nom par M. Je Lamarck dans I'En-
cyclopedie, et qui est VE.fragi-ans de VHort. Keivensis. Celle qui
est ici figuree I'a deja et^ dans le Botanical Register, n". 748.
2505. Ixora harbata Roxb. , /^/or. ind., i, p. Sg/).
aSoG. Pedicularis (Canadensis Pursh.
2506. Fuchsia decussata Ruiz et Pav. Espcce qui a des rap-
ports avec la F. magcllanica et qui a ete deja figuree dans la
Flore du Perou, t. 3 , tab. i23, f. B.
2507. Arittn bulbiferum. Cette cspece , d'une beaute remar-
quable, est originaire du Bengale. Son nom lui a ete impose
par Roxburf^li dans sa Flore (ineditc) de I'lnde. Voici sa phrase
specili(]ue : A. acaul's ; radice tuberosd- folds decornpositis, bid-
bifcris ; spathd cuculUitd- spadice cjlindraceo parum longiore.
G...N.
i58. Botanical cabinet , etc. N<>3. 85, 86, 87 et 88 ; niai, juin,
juillet etaoiit 1824. (Voyez le Bulletin, t. 2, p. 263.)
84 1 . Adianthum reniforrne.
842. Erica Bowieana. Elegante espcce du cap de Bonne-Es-
perance, envoyee depuis pcu de temps par M. Bowie, (jiii fait
des collections pour le jardin de Kew ; elle est voisinc de \'E.
mnrnniosa. ,
843. Erica tirbusciiia. Inlroduite depuis 1810 daus Ics jardini
202 Bolnnique.
d'Eiiropc, oil elle fleurit pendant prcsque toute I'annee et par-
ticuiierenient en hiver et en autonjne.
8/i4. Thina articulata. On pretend que cet arbrisseau, oric;!-
naire des monta^'nes de Barbarie, selon M. Desfontaines, produit
la gomme-resine connu sous le nom de Sandarac.
845. Garcinia Mangistann. La figure de ce vegetal , qui four-
nit le plus delicieux et le i)Iiis salubre de tous les fruits ( le man-
goustan), est ici plus complete que ne le sont communement
celles du Botanical Cabinet. Elle reprcsente une branche en fleur
et en fruit, et elle a ete faite d'apres une peinture malaise exc-
cutee avec beaucoup de soin. Le Garcinia Mangostana n'est
point cultive en Europe.
84G. Epidendrum diffusum. De la Jama'ique.
848 et 849. Phylica buxifolia^ et P. rosmarinifolia.
85o. Knowltonia rigida. Cette Rcnonculacee, originaire du
cap de Bonne-Espcrance, a deja ete tres-bien liguree par Ven-
tenat, dans le Jardin de Malmaison, tabl. 22, sous le nom d'^-
namenia coriacea.
^'ji.Erjthriiia herbacea. Cette belle legumineuse, de la Caro-
line du sud , eta it connue des le temps de Dillen qui I'a 6guree en
1782 , dans YHortus EUharnensis.
85a. Staavia glutinosa Thunb. De la montagne de la Table,
au cap de Bonne -Esperance.
853. Melastoina villosa. Espece de I'Amerique meridionale.
854. Aspleniuin zamiwfoUum. De Caracas. Elle est figureo
sans fructification.
855. Erica rupestris. Petite espece qui ornc les rocliers des
environs du cap de Bonne-Esperance , sa patrie.
856. Hedychium datum. Espece native du Nepaul , culllvee
dans I'origine au jardin de Calcutta, d'ou elle a ete envoyee
en 1818.
857 et 858. Grevillea cincrea, ct G. linearis, var. Jlha.
Decouvertes par M. R. Brown , sur la cote ouest de la Kouvcllc-
Hollande.
85g. Viburnum ntgosum. Desiles Canaries. Inlrodiiile en 1778
dans le jardin dc Kew , de li rcpanduc sur le continent, d'oii elle
est revenue en Angleterre.
8G0. Diosina capilata.
861. Piper maculosum. Une des plus belles cs[n'(e.s de <i
genre nouibreux. Originaire de I'Amerique du sud.
Bntanique. 2o5
862. Andromeda calyculata , var. nana.
863. Epacjis rosea. De la Nouvelle-Hollande.
864. Amaryllis caljptrata. Du Bresil.
865. Rkipsalis cassutha. De la Jama'ique.
866. Atragene capensis. Cette plante est remarquable par !a
grandeur et la beaute de ses fleurs , ineme entre ses congeueres
dont {'inflorescence est en general fort belle.
?)6']. Erica melanthera.
868. Asplenium palmatum. Espece d'Espagne, du Portugal et
de Barbaric , etc. , figuree sans fructification.
879. Saxifraga oppositifoUa. Des hautes montagnes de I'Eu-
rope.
870. Croton pictitm. De I'Archipel indien.
87 1. Soldanella montana. De la Boheme. Ce n'est tout au plus
qu'une varlete de la Soldanella alpina.
872. Soldanella Clusii. Originaire egalement de la Boheme.
Cette petite plante, qui croit egalement au Saint-Gothard, en
Suisse, nous senible une espece tres-distincte de la S. alpina,
quoique plusieurs personnes soient d'un avis contraire.
Sj'i. jllarica northiana. Da Bresil.
S'jlt.Erira alopecur()ides.T)u cap de Bonne-Esperancc.
875. TriUiuin sessile. De I'Amerique septentrionale.
876. Epacris purpurascens , var. rubra. De la Nouvelle-Gal-
les du snd.
877. Brjophyllum calycinum. Des Moluques et de I'llc-de-
France.
878. Zieria lanceolata. De la Nouvelle-Galles du Sud.
879. Hibhertia grossulariivjolia. De la Nouvelle-Hollaniie.
8S0. Grevillea sericea. De la INouvelle-Gallcs du Sud. G...N.
iSg. Memoire sur la famiixe des violacees , par F. de Gin-
ciNS DE Lassaraz. (Mc'/rt. de la societe dc physique et d'his-
toire naturclle de Geneve; 182^, t. V^., i^.. part.)
L'auteur de ce memoire ne s'cst point propose pour but de
donner au public Tine monographic complete des Violacces. II a
voulu seulement faire connaitre les diverses modifications dont
les organes des ])lautes de cetle famiJie peuvent etre susceptibles;
mais un travail de cc genre , quand il est fait avec soin , n'a guere
luoins d'ulilitc (jue les monographies propremcnt dites.
Aprvs avoir indiquc lenombre de I'iolacecs qui a etc connu
2o4 Botaniijue.
des bot.inistes a differcntes epoqims , M. de Gingins examine en
quelle proportion ces pinnies soul rt'piirties dans les differcnies
p;irtie.s du globe.
Nous ne dirons rieri des divisions qu'il propose ( Violacces ,
Jlsodinees , Saui>agee< ), (larce que des observations plus re-
ccntes ont prouve qu 'Hcs ne pouvaicnt etre admises, et M. deG.
n'eut certainement pa. indique ces divisions, s'il avait connu les
plantes qui s'opposent :i leur adoption.
Passant aux organes dela vegetation dans les viohttes, I'aii-
teur prouve que celles que I'on a appelees acaules ont une tigc
vcritiiblc, et il assure, avec raison, que leurspretentlues raeioes
portent an sommet les vestiges des feuilles de I'annee precedcnte.
(C'est par inadvertance que dans le memoire on a iinprimc /«-
dimens au lieu de vestiges. )
M. de G. lie nous aj)prend rien de nouvcau sur la forme des
feuilles et les stipules des Violeltes; inals il fait obsei vei que les
premieres prennent de la croissancc pendant la m.ituralion des
fruits, pendant que le pcdoncule reste presque toujours le
meme; fait d'une haute importance pour ceux qui diu liront des
especes du genre J^iola, et qui voudraient tirer lies caracteros
de la longueur relative des feuilles ct des pedoncules.
L'autenr donne sur les parties de la fleur des details plus oten-
dus que sur les orgaues de la vegetation. II raontre quelle est la
symetrie des verticilles qui composent la fleur des Violeltes; il
cntrevoit dans la Pensce une insertion pcrigyiie que nous avons
retrouvee plus evidemment dans une foule de Fiolactcs oxoti-
ques, enfin il ])asse au calice. Selon lui , les prolongemens pus-
terieurs de celui des Viola devraient leur naissanee au renverse-
ment de la fleur; cette idee parait ingenleuse sans doute; mais,
s'il en est ainsi, comment so fait-il que des Violaci-cs exotiques
n'ont, avec des fleurs reaversees, aucun prolongement a leur
calice ?
Laissant cet organe, M. de G. fait observer une difference <u-
riouse enire la j)r<'floraison des Violcttcx , et ceilc des loiiidiui/i.
On aura peut-ctre quelque peine a bien saisir ce que rauteur
dit sur les etaniines ; mais nous peusons qu'il est inutile que noiis
nous nppesanlissions ^urcet article du memoire, parce que tout
le monde sait que I'etaminc des Violacees est formee d'un flkt
le plus souvenf fort court, et parfaileraent continu avec le con-
Botanlque. 20 5
nectif d'une aiitbere biloculaire qui se terfnine par une mem-
brane.
L'auteur avait cru pouvoir adopter le mot de Ncctaroteca
pour designer le pctale inferieur des fioleltcs ; inais depuis il a
reconnu qu'il ^tait plus pliilosophique de ne consacrcr qu'un
seul nom a chaque organe quellesque fussent ses modifications, et
il a designe le petale dont il s'agit de la nieme maniere que tous
les autres botanistes. (V. Prodromus sjitematis , p. 287 etsuiv.>
D'apres I'inspection des fibres du pedoncule, M. de G. avait
soupconne un instrnt qu'il pcurrait y avoir dans les Violettes
avortement d'une etamine et d'une division calicinale, et que le
grand petale est compose de deux petales soudes; mais bientot
li rejette ces idees hypotbetiques, sentant parfaitement que This
toire nalurelle n'est point un exercice d'imagination , mais une
science de fails, et qu'on I'aneantirait bientot, si a I'obsei--
vation on substituait des conjectures sur ce quiaurait du etre ou
ce qui pourrait etre dans telle ou telle circonstance.
Apres avoir parle de la corolle et des etamines, l'auteur passe
au style, aux fruits et aux graines, et donne de tros-bonnes figures
de stigmate. II y a sans doute quelques exceptions aux caracteres
qu'i! attribue a la semence; mais il n'en est pas moins vrai que
jusqu'a lui personnc ne Tavait decrite d'une maniere aussi exacle.
Nous passerons sous silence ce que l'auteur dit des rapports
des Violacees , parce qu'ils ont etc discutes recemment d'une
maniere beaucoup plus etendue; mais nous ne pouvons nous
empecher d'appeler I'attention des botanistes sur les pheno-
menes que M. de G. a observes dans la dissemination des graines
des Viola. Trop souvent on a reduit la science a une nomencla-
ture aride et barbare; c'est lui rendre cette vie dont on n'aurait
jamais du la priver, que de faire connaitre les merveillcs qui s'o-
perent dans les plantcs aux differentes cpoques de leur existence
et de pelndre, commc le fait ici M. de G., leurs mreurs et leurs
habitudes,
A sou memoirc , M. de G. a joint deux planches, dont la ire.
qui lui apparticnt, est beaucoup meilleure que la -i''. , en partie
empruntce a divers auteurs.
Le tableau general de la famille des Violacees qui termine le
memoirc coniprend dix-sept genres. Si l'auteur avait eu connais-
sance des travaux qui ont etc publics plus recemment, il aurait
cerlainement modifie ce tableau, il y aurait fait entrer les genre.'t
2o6 Botanique.
ScJuveiggeria , JnlhieU'.a^ Spathulariu ; il aurait reuni le Ca-
lyjjtrion, et le Noisettia; le Pomhalla V Hjbanthiis et Vlonidiujii;
le Conohorio, le Rinorea, le Ceranthera ttY Alsoidea ; il aurait
exclus de son tableau les genres Sauvagesia , Piparea et Lnvra-
dia, etil n'eut point atlribue a ce dernier une dehiscence locu-
laire. Atjg. de S.-Hil.
i6o. Plantes usuei.lvs des Brasiliens; par M. Aug. de Saint-
Hilaire; 5*^. liv. ( Voyez le Bulletin d'aout, p. 346.)
Un rapport que M. Humboldt a lu a I'Academie des sciences,
et qui a ete insere dans ce Bulletin , a deja fait connaitre le
plan ct I'utilite de I'ouvrage public par M. Auguste de Saint-
Hilaire, sous le titre de Plantes usuelles des Brasiliens ; ainsi
nous croyons pouvoir nous contenter de passer en i-evue les di-
vers articles dont se compose cette nouvelle livraison.
Dans le premier, I'auteur traite de Ylonidliun Ipecacuanha
{Viola Ipecacuanha L.) , plante fort variable, dont la synonymic
avait ete jusqu'a present tres-incertaine. M. Auguste de Saint-
Hilaire fait voir que V Ipecacuaidia Branca de Pison , et Vllou-
bou d'Aublet doivent se rapporter a son espece. II donue
de sa plante une description detaillee , il indique I'usage que
les Brasiliens en font dans la dysenteric et la goutte ; et ,
passant ensuite a des observations sur le genre lonidium , il
prouve , par I'analyse d'un grand nombre d'especes , que Ton
doit reunir a ce genre V Hjbanthus de Jacquin, et le Pombalia
de Vandelli et de Gingins.
La seconde plante de cette livraison est un Spcrmacoce eii-
tierement nouveau, dont les Brasiliens se servent pour rempla-
cer le veritable Ipecacuanha. L'auteur appellc cette plants
S. Poaya et \?L compare avec une autre espece nouvelle, son
Spermacoce gentianoides, Dans la livraison precedente il avail
fait connaitre les veritables caracteres de la senience des Ru-
biacees a feuillcs opposees et a ovaire biloculairc. Son S. Poaya
le conduit aujourd'hui a decrirc les singularites fort remarqua-
bles de I'ovaire et du fruit des Rubiacees a feuilles vcrticillees.
C'est encore une Rubiacce nouvelle et employee , par les Bra-
siliens , comme emetique, qui forme le troisieme article de la
livraison dont nous rcndons compte aujourd'hui. Cette plante ,
que l'auteur appelle Spcr/nacoce ferruginca , lui donue lieu d'cxa-
inincr les variations que Ton observe dans le fruit du genre
Bottinique. 207
Spennacoce ; et il les ramene a un inrme type , le fruit copsu-
laire s'ouvrant par le milieu des cloisons.
Le Calyptranthes aromatica, qui vient apres le S, fcniiginea ,
est une Mjrthee que M. Auguste de Saint-Hilaire a decouverte
dans la province de Rio-de- Janeiro , et qui pent devenir tres-
importante pour les Brasiliens , puisque ses fleurs et ses boutons
ont le goiit et Todeur du clou de gerofle. L'examen de cette
plante conduit I'auteur a reformer les caracteres du genre Ca-
lyptranthes; il fait voir qu'il y existe des petales, outre I'oper-
cule ; il en conclut que celui-ci n'est pas formee par une corolle
soudee, et il discute les diverses opinions emises sur cette par-
tie singuliere de la fleur des Calyptranthes.
Li derniere plante de cette livraison est encore nouvelle, et
porte le nom de Drosera communis. A I'occasion de cette espece ,
M. de Saint-Hilaire fait connaitre la maniere defectueuse dont
les Brasiliens elevent leurs b^tes a laine. II rectifie ensuite les
caracteres du genre Drosera , dont il a trouvc plusieurs especes
perigynes. II renvoie, pour details plus etendus , a la 6^. livraison
de ses Plantes les plus remarquables du Bresil et du Paraguay.,
dont deux cahiers ont deja ete distribues; enfia il compare
son D. communis avec diverses especes deja connues. Pelletier.
161. Observations sur la nomenclature et le classement
DES ROSES, suivies du catalogue de celles cultivees; par J. P.
ViBERT, a Cheneviere-sur-Marne. Broch. in-8. de 5 f. Paris;
1824 ; M^e. Huzard.
Plusieurs causes ont concouru a embrouiller la nomenclature
des nombreuses varietes de roses. L'auteur croit les reconnaitre
dans le peu desens et d'exactitude des denominations, aussi-bien
que dans I'ignorance de la valeur des caracteres. Les Ilollandais,
amateurs zeles, mais plus occupes a faire une branche d'indus-
trie qu'a procurer une connaissance pai-faite des fleurs agreables,
onl donnc I'exemple de cette multiplicitc de mots qui expriraent
le plus souvcnt tres-mal des choses a peine differentes.
M. Vibert a cru pouvoir obvier a ces inconvcniens en imposant
des noms qui, selon lui, mettcnt en rapport la fleur et Ic personnage
auquel il I'a dediiie, cten sc servant avec discernement, j)our for-
mer ces noms, des couleurs, des formes , et d'autres caracteres.
La cultuie d'une immense quantite de roses a convaincu
M. Vibert que dans leur classement on ne pouvait pas donnir
2o8 Botanique.
une grandc importance a la forme du fruit. Mais il a eu egard,
en <ilablissanl ses classes, a la pluralite des caracteres, quoiqu'il
avoue que ces caracteres se trouvenl tellement ambigus dans
certaines varietes hybrides , qu'il aurait pu ranget indifferem-
ment celles-ci dans a classes differentes.
M. Vibert fait suivre ses observations d'avis importans relatifs
a I'expedition des rnsiers qu'on voudralt se procurer pres de
lul, et aux soins qu'il faut leur donner pendant le transport, et
.npres les avoir replantes.
Le catalogue donne les noms et les prix de 865 varietes , dis-
tribuees en 29 classes , dont la 27*^., c'est-a-dire les roses de Pro-
vins, renferme presque la moitie. G....N.
162. Oratio nE Florae mundi primigenii reliquiis in 11-
thantracum fodinis praesertim conservatis ; par J. G.' S. Van
BreGa. In-4. Gand; i823.
M. de Breda, professeur d'histoire natnrelle et de botanique a
I'Acad. de Gand, a fait par ce discours I'ouverture de ses lecons.
Les empreintes de plantes des climats cliauds qu'il a observers
dans les houilleres de plusieurs contrees sont pour I'auteur urn-
preuve que les regions que nous liabitons ont joui autrefois d'uiie
temperature bien plus chaude. Pour soutenir cette hypotliese,
I'auteur s'imagine de la maniere suivantc I'liistoire de la tcrre.
Ce corps etait d'abord une masse liquide qui , par Teffet de la
cbaleur, s'est epalssie et carbonisee a la surface, en conservant
long-temps sa clialeur interieurement. C'est alors que se sont for-
mees les roches primordiales; les vegetaux et les animaux sont
venus ensuite. Les restes des premieres plantes, ayant for-
me des depots au fond des eaux ou ils ont ete carbonises, se
sont changes en houilles. Une preuve que la temperature s'est
refroldie, c'est que les empreintes qu'on trouve au-dessotis des
plus anciennes houilleres viennent de plantes des climats tcwi-
peres , et non pas des climats tropiques comme les empreintes
inferieures.
i63. Observations sur le oenrb Couratari d'Aublct, par
M. Achllle Richard. (^Annal. des Sciences naturelL, torn, i ,
pag. 321.)
Tous ceux qui ont visite quelques collections carpologiques
.iss(>z etenducs, ont etc surprisde la forme singuliero d'un fruit do
la GuYane,auqiicl;\.ub!et a donne le noni de Couratcri, C'est une
Botimlqnc. 209
sorte de capsule ligneuse, ovaire, qui se ferme par le moyea
d un opercule a la face iaferieure diiquel adhere xxn receptacle
central, et qu'il enlraineavec lui en se detachant du fruit. Aublct
n'ayantpas donne la description de la fleur, il etait difficile de
determiner Ics affinites naturelles de I'arbre qui prodult ce fruit
remarquable. Cepcndant M. de Jussieu, avec celte sagacite ad-
mirable que Ton reconnait a cbaque page de son Genera planta-
rurn, avail indiqiie le rapprochement du genre avccle Lecythis
rapprochement dont nousallons voir la confirmation. Mais en se
demandant si le roM/«to/i d'Aublet ne serait pas lememe que le
Penarwalli de Piheede, ou Zanonia de Linne, et paraissant
donner plus d'importance a cette opinion , ii avail conduit M.
Aug, de St-. Hilaire a considerer le Couratari comme un genre
appartenant a un groupe distinct desMyrthacees, groupe que ce
dernier avait nomme Nandhirobees.
M. Achille Richard, ayant eu a sa disposition plusieursechan-
tillons de Couratari en flenrs , a ete a mume de completer I'hls-
toire de ce genre , et den fixer les affinites. Par la descrip-
tion tres-detaillee qu'il donne du Couratari guianensis, il fait
voir que cette plante est fort rapprochee des Lecythis, dont elle
offre le calice, la corolle et les etamines ; mais elle s'en eloigne
par son style assez long, et qui n'existe pas dans trois especes
de Lecythis, examinees par I'auteur. II y a encore d'aulres diffe-
rences dans le nombre des loges de I'ovalre, et dans la position
des ovules. Quoique ces caracteres paralssent fort legers a M.
A. Richard , et qu'il pense qu'en modifiant un peu le caractere
generique du Lecythis, on pourrait y faire enlrer le Couratari,
il se decide a conserverleur separation. II fait observer que sile
fruit pn'sente dans sa structure une grande difference avec I'o-
valre, c'est qti'il n'a que trois loges, par suite de Tavorteraent
d'une des loges de cclui-ci.
Un groupe tres-naturcl forme des genres Couroiipita , Lecy-
this et Gusta\'ia , avait recu de feu M. Richard pere le nom de
I-ccylhldees. M. Poiteau y rcunit ensuite le Bcrtliolletia de M. de
Humboldt, dont il fit connaiire les flours. En y faisant entrer le
Couratari , M. A. Richard (5tablil la distinction de cette petite fa-
mille d'avec ccllc des Myrthacees, et il fait voir que son adop-
tion cntraine celle du genre en question, parce qu'alors les diffe-
rences qui separcnt les genres Couratari, Lecythis , Couroupita,.
Bertholetia et Gustavia ont des valeurs sensiblemenl<'gales. Alasi
B. Tomb 111. 14
aio Botaniqiie.
le Lecythis et le Couratari ont un fniit dehiscent , tandis qu'il ne
s'ouvre pas dans les genres Berthollctia, Couroupita et Gustavia;
mais le Lecythis et le Bcrtholletia , le Couratari et le Couroupita
ont dans leurs graines des points d'an;ilogie qui lient ces genres
les uns par les autres. Blen plus, I'einbryon, dont la structure
fournit ordinairement des caracteres do premier ordre , ii'a dans
le groupe des Lccytliidees qu'une importauce ties-secondaire ,
puisqu'on y voit 3 types differens d'organisation. Voici les ca-
racteres du Couratari ^ ainsique M. lliciiard les a traces :
Calyx rnonosepalus , hasi turhinatus; limbo 6-piirtito; laciuiis
lanceolatis, erectis. Corolla 6-j)etala, has icoalita. Stamina numero-
sissima in urceolo rnagno, concavo, unilaterally apice truncato, inti/s
antherlfero , disposita. Ovarium semiinfcrum 3-4 locularc ; locu-
lis l\-ovulatis, ovulis erectis. Stylus subulatus, simplex. Pyxidium
oblonguni , obsolete trigonum, subuniloculare ; axis centralis tri~
gona , apice cum operculo com'exo cohccrens et cum illo decidua.
Semina ohlonga , cowpressa, planO-meinbranacea, marginibus
alceformibus. Embryo hippocrepicus ; radicula Ivnga, cylitidrica ;
cotyledones foliacea; ,plicat<c , incumbentes.
Lesespeces de ce genre sont au nombre de deux seulement;
savoir : 1°. Couratari gulancnsis Aublet , dont M. A. Richard
expose une description latine trcs-detaillee ; 20. et Couratari Es-
trellcnsis de Raddi ; espece du Bresil.
M. A. Richard a accompagne ses observations d'une plan die
lithographiee qui repriJsente un ramcau du Couratari en fleurs ,
etles details do Torganisatiou florale. J. A. G....N.
164. Note sur l'Agaricus tub^formis de Schcffer ; par
Alphonse Decandoli.e. (^Ann. des Sc. nat., t. I, p. 347.)
En debutant dans la carriere des sciences , M. Alphonse De-
candolle complete et rectifie la description d'un vegetal dotit sou
illustre pere nous avait, dans la Flore francaise, annonce I'exi-
stence. C'est un champignon trouve dans les bains d'eau thermalc
de St.-Didier en Picaiont , et qui avait ^te nomine Clavaria ther-
malis par IM. Decandolle.
On n'en avait I'ait aucune mention depuis celte indication, et
M. Fries [System, inycolog., 1 821}, regardait cette planlc conimc
ctrangereau genre Clavairc. Dans le cours de I'aulomne i823 M.
Alphonse Decandolle, visitant les bains de St.-Didier, relrouva le
Clavaria ihcrmalis , attache aux planches des bains contiuuelle-
Botaniqne. 211
ment imbibecs par les vapeurs de I'eau chaude. II rencontra eQ
meme temps 3 agarics dont la consistance, Ics dimensions, la dis-
tribution dcs couleurs el I'odeur etaient les memes que celles des
Clavaires. iJes rapports aussi marques entre ces clinnipi^mons fai-
salent supposer avee assez de fondement que la Clavaire n'etait
qu'une dt'generescence de formes dans I'Agarir, degenerescence
occasionce par la \apcur d'cau ct les autres circonstances. Cette
hypolliesc se convertit en certitude lorsque M. Alpli. Decandolle
eut trouve, dans les planches de I'ouvrage de Sclia?fier sur les
champignons de Ba\iere, un Agaric tout-a-faitsemblable, sous
le nom d'-Jgarici's tubcvforinis, Sowerby [English fungi, pi. 382),
admet cette denomination, et dit aussi que ce champignon est
tres-changcant ; il indique comme des avortemens de ce vegetal
le Clavarin lignosa de Dickson ( Fasc. 4 5 t. 12, f. 9 ) , et le Ra-
maiia ceratoides de Holmskiold.
En consequence M. Alpli. Decandolle propose de rayer de la
Flore francaise I'art. Clavarla tJiermalis , et de le remplacer par
I'art. suivant, place dans la division des Agaricus gymnopus.
A. TDBJjFORMis Schspff. Stipitc clongato tercti , medio sub-
gibbo, basinifo, cceteiiim cu?n pileo et latninis fluvo pallescente y
pileo juniore convexo deiniun superne concovo, laininis valde
decurrentibus ^ demiiin transverse scissis. [5. Ciavariaeformis : P/-
leo abortivo, stipite cjlindraceo, apice attcnuato. Clew, thermalis
Dec-Fl. fr.; C. lignosa Dicks., et Ramaria ceratoides Holmsk, Get
agaric croit sur les planches des eaux thermales de Salnt-Didier
en Piemont.
A cette notice est jolnte une lithographic qui fait voir I'Agaric
dans ses divers etats , et sa coupe transvcrsale. J. A. G....N.
1 65. Descriptions de ouelques plantes nocvelles on rarks,
trouvees en Kcosse par feu M. G. Don de Forhir; par David
Don. [Mem. cj the IVern. nat. hist. Soc.iet., v. 3, p. 294.)
Dans un avant-propos M. David Don expose quelqucs re-
flexions sur la geoginphie des plantes de I'Ecosse. II combat
principalement I'opinion des person ncs qui ont prctendu que
les especesalpines ne sont que dcs varictcs dc celles dcs plaines,
varielcs dont ralteration depcndrait de la hauteur du sol; il cite
a cct egard plusieurs examples qui prouvent que ces plantes sont
des especes tres-distinctes. Nous allons enumerer les plantes de-
2 1 2 J3oiani(^tie.
erites dans le in^moire tie M. Don , en ayant soln d'exposcr les
caracteres essentiels des uouvellcs especes.
1. Veronica setigera Don : Caule rcpente; racemis lateralis
bustenuijloris; pedicellis rcctis, brevibtts ; capsuld apice integer-
rimd; stylo persistente. Cette espece est tres-voisine de la J'ero-
nica officinalis, de laquelle elle ne diffeie reellement que par le
fruit entler au sommet et surmonte du style persistant. Mais ce
caractere est constant, et se conserve malgre la culture. Cette es-
pece a ete trouvee sur les paturages eleves de I'Angusshire, et
M. Hopkirk I'a dccrite el figuree dans la Flora Glottiana sous le
nom de ^'. hirsute.
a> PoA sTRicTA D.Don : Paniculd ramosd ; spiculis %-Jloris ova-
tis;glumis lanceolatis, trinen'ibus, subcequalibuSy mucronatis, cari-
natis ; paleisquinquenerviis, apice truncatis ; Jlosculis basi villosis.
Espece trouvee depuis quclques annees dans la meme localite
que la plante precedente.
S.PoALEPTOSTACHYAD.Don : Paniculd conlractd,subraccmosd;
pedicellis brevissirnis, glaberriinis;flosculis bifioris;glumis lanceo-
latis, rnucronatis, (equal ibus, "i-nervibus, apice incurvis ,palets lan-
ceolatis, apice acutiusculis. Ce Poa n'ol'fre de rcssemblance avec
aucune des especes de la Grande-Bretagne. II croit sur les rives
du Tay a I'ouest de Dundee.
4. CHjEROPfiyLLUM AROMATicuM Jacq. Sc trouve pres du vil-
lage de Guthrie, sur les bords du cbeuiin de Forfar dans I'An-
D
gusshire.
5. Orobus TENUiFOLius Rolh. Ccttc plautc , tres-voisine de
YOrobus tubcrosus, puisque "Willdenow ne la regarde que comma
nne variete de celle-ci, possede des caracteres que la culture n'.i
point changes. Elle croit pres de Kinnaird dans I'Angusshire.
6. Lychnis alpina L. Trouvee sur les hautes montagnes de
Clova dans I'Angusshire. JVI. Don observe que le norabre des
styles est toujours uniformeinent de 5 dans les individus ^cos-
sais , contradictoirement a la phrase et a la figure de la Flora
Lanica, oil ils sont seulement au nombre de quatre.
7. PoTENTiLLA oPACA Linn, et Nestler Monogr. Dccouverte
sur les collines du Perthshire , oii elle est ires-abondante.
G...K.
Botantque. 3i5
166. Note sur tK feuillagi: des CliffortXks ; pnr M. Dk-
CAKDOLLE. {^Ann. des Sc. nat., t. I, p. /)47.)
On a jusqu'a present considere les feullles des jolis arbustes
du cap de Bonne-Esperance, .nuxquels Linne a donne le nom de
Clifjortia, coinme alternes fascicnlces, ou bien comme oppos^es.
M. DecandoUe, observant que dans ce dernier cas les feuillcs sont
inserees sur le nieme point de la tige, ce qui n'a jamais lieu dans
les feuilles veritablement opposees, et que dans leurs analogues
( la fribu des Sanguisoibees de la tamiile des Rosacees ) elles sont
alternes, a petiole court, munies a leur base de 2 stipules et
formecs de 3 I'olioles, tantot libres et tantot soud^es ensemble ,
en conclut que dans les Clijfortia a feuilles dites opposees le
feuillage se compose de 1 foliolcs laterales Ires-grandes, arron-
dies et appliquees I'une contre I'autre , landis que la foliole im-
paire ou lerminale manque tout-a-fait. Cette organisation a ete
observee sur la C. pulchella, et M. DecandoUe prejuge qu'elle
existe dans les C. crenata ct cinerea.
L'examen du feuillage des autres esp6ces de Clifforties a
fourni des caracteres pour diviscr le genre en 5 sections natu-
relles , savoir :
1". Les Clijforties [multinaves). Feuilles simples en appa-
rence, portant a leius cotes 2 stipules munies a leur base de plu-
sieurs nervuies saillantes et divisees vers le sommet en 3 lubes
inegaux. M. DecandoUe considere chacune de ces feuilles corame
composee de 3 folioles soudiies jusque pres du sommet. Exera-
pies : Cliff ortia ilici folia lu.jcordifolia Lam., ruscifolia L.
2°. Cliff, {^dichoptercs). Feuilles simples en apparence, a un«
seule nervure et a stipules bilides. L'auteur ne volt dans la feuille
qii'unc foliole du milieu bien developpce, et les stipules bifides
proviennent do la soudure incomplete des stipules proprement
ditcs avec les folioles laterales. Ex. Cliff, cuneata Ait., et Cl.
odorata, serrata,ferritgirica et grauiinca L. ?
3*. Cliff. ( tenuifoliee.'i), ou Cl. fasciculees des anteurs. Feuilles
a 3 foliolcs grilles et linca ires, les 2 laterales plus court es; sti-
pules simples, soudeos dans line cs])ece; souvent les feuilles de la
tige avortent , et il ne reste que les stipules aux aisselles desquel-
les naissent des patpiets depelites feuilles, comme dansrepinc-vi-
nette. Ex. : Cl. .<.trobilifrra, juniperina , sarm^ntosa cifalcata L.
4° Cliff, {latfolices). Etat normal du feuillage des Cliffortia :
2i4 Botanxque.
3 foiioles OTales en cceui- renverse, distinctes et disseniblablcs,
les 2 laterales plus pelites et stipuliformes. Ex. Cliff, ternata,
bicordata , etc.
5o. Cliff, {bifoliolees). Especes a feullles dites opposees dont
nous avons expose plus haul I'org.inisation.
A I'aide de ces exemples curicux du jeu des adlierences et des
avortemens, I'autcur poursuit le cours de scs opinions incfinieu-
ses sur les deux grandes causes d'erreur dans la clnssificalioii na-
turelle des etres. « On y trouvcra, dit-il, un indice que ce que
» nous nppeldns feuilles simj)les pourrail bien eire reeilement
» des feuilles dont toutes les parties sout intimemcnl soudees
» ensemble, tandis que ce que ncu. nommons feuilles compo-
» sees sont celles dont les foiioles restent distinctes les unes des
»> autres. « G,..,>i.
167. Observations stjr les especes d'Utricdlaires du nord
de I'Amerique; par le Cap, J. Leconte. (^Ann. of the Lyceum
ofthenat. hist, of New-Yor/;, mai 1824, p. 72.)
Le but principal de I'auteur a etc de faire connalrre les dif-
ferences reelles qui existent entre les especes du genre Utricula-
ria. II les a tirccs principalement de la coroile, dont les modi-
fications de formes sont fres-apparentes, et il les a fait graver
(pi. VI, fig. I a 1 1 ); niais il faut avoucr qu'elles ne donnent au-
cune idee de respccc, parce qu'elles sont tiop incompletes.
Les Ulriculaires sont des jjlantes aquallqucs par excellence,
c'e^t-a-dire qu'elles croissent toutes dans I'cau ou dans des lieux
inondes. A I'exception de 'x ou i, leurs racines (feuilles selon
plusieurs auleurs) sont brancliucs, capillaires, flottantes, et ac-
compagnees d'utricules, d'ou le nom generique.
M. Leconte no donnc aucunc phrase caracterislique latine des
1 1 especes qii'il deerit en anglais sous les noms suivans :
1. Utricularin ccratopfiylln Rlicli. Se trouvc dcpuis Ne"\T-York
jusqu'a Mexico. Le nom sptcifiquc a etc change sans raison par
quelques auleurs en celui d'i/i//ata.
2. Ulricularia macrorhiza. Ilabite depuis le Canada jusqu'en
Caroline. Espece confondue avec XU. vulgaris d'Europe. L'aii-
teiir pense ()u'on pourra pcul-etre la croire identique avec V U.
foliosa de rAmeriquc niiirldionale, liguree par Plumler {^Spcc.
fasc. 6, Icon. iG5, fig. 2); mais il observe qu'on ne pourra pas
Botanique. 2i5
en tirer de conclusions positives, pnisqae les details floranx sont
Irop mal exprimes dans cette gravnre.
3. Utricularia striata. H:ibite dcpuis New- York jusqn'en Flo-
ride. C'est cette espece que Piirsli a mal a propos consideree
conime YU. cornuta Michx. Elle se rapporterait plutot a I'f/. fi-
brosa d'Elliott, et a W. bijlora de Vahl.
4. Utricularia gibba Gronov. De la Nouvelle-Jerscy.
5. Utricularia fornicata. Depuis New-York jusqn'en Georgie.
C'est YU. minor des botanistes amerieains, qui n'a d'autre res-
semblance avec la plante europeenne de ce nom que dans la
petitesse des fleurs.
6. Utricularia lougirostris. Dc la Georgie.
7. Utricularia Integra. De la mcine contree, mais principale-
ment des environs de la riviere d'Ogeecliee. Elle a pour synonyme
\'U. bipartita Elliott.
8. Utricularia purpurea. Depuis la Nouvelle- Jersey jusqu'en
Floride. Elle a aussi recu de quelques auleurs le nom d'C/.
saccata.
g. Utricularia personata. Cette espece , qui a bcaucoup de
ressemblance avec les Anthirrinmn. ou Linaria, liablte depuis
la Nouvelle-Angieterre jusqu'en Floride.
10. Utricularia setacea Mich. Croit (bns les lieux humldes de-
puis New-York jusqu'en Floride. VU. subulata de Gronovius
peut ctre rapportee a cette espece, mais non \'U. pu-nila de
Walter, qui est une tout autre plante.
11. Utricularia cornuta Michx. M. Leconte presume qu'on
aura confondu souvcnt avec cetve espece, YU. personat.i , qui
offre cependant des differences bien tranchees. G....N.
168. Analytical table of Carices ; par L. de Scnv/riNiTz.
{Annal. of the Lyceum of Na^'-York , dec. x8'23, p. 82, et
mars 182/4, p. 65. )
On salt combien les tables analyliques sont utiles pour arrlver
a la connaissancedes especcs dans les grands genres. Cette voie
dichotomique a elo employee avec beaucoup de succes par
M. dc Lamarck dans la Flore franraise; M. de Candollc I'a pcr-
fectionnce, et I'a appliquec recemmcnt a la determination de.<»-
Cruciferes. {System. Regn. Feget. riatur., to. 2.) Mais il n'est au-
cun genre pour Icquel cette metliodc fut plus indispensable que
les Carex; les c^peccs en sont si nombrcuscs, et leurs caractties
21 6 Botaniijiie.
sont tellcmcut diTersifies qu'il u'a pas ete tres-Jifiicile d'et.iblir
entre eux des coupes bifurquccs , et qui contrastent parfaitement
entre elles. C'cst ce que M. de Schweinifz vient d'executer pour
les especes de I'Amerique septentrlonale. Cetle table est faite
avec beaucoup de soin et de clarte; elle comprend a peu pres
il5 especes, pour la plupart parllculiercs au Nouveau-Mondi".
On y trouve cepondant un certain nombre de plantes alpincs
communes au nord des deux continens. Les divisions finales qui
indiquentlesspccifiquessontquclquel'ois triclioloniesjmaiscelane
cause aucune anibiguite, vu la brit-vete et le contraste des carac-
teres. L'indication des aufeurs qui ont constltue les especes, el
celle de leur habitation , meritent une entiere confiance. G....N.
169. Designation de quelques empreintes de vecetacx trou-
vees dans les houilleres de Haganees, par C. A. Agardh.
(Kongl. T'etcnsk. Acadein . HanJlin<^ar, I'ocr aar i823. 1"' part.,
p. 107.)
Parmi les empreintes remises a M. Agardh par M. NiilsoD, au-
teur d'un mcmoire sur les f'ossiles dps houilleres de Scanie, il v en
avalt de si distincles, que M. Agardh en a' reconnu, non seule-
ment la famille, mais aussl le genie ; d'aulres, au contraire, n'e-
taient pas assez marquees. II a reconnu dans celles qui I'etaient
le mieux , un Saiga ssum , qu'il dtfinlt ainsi : Saigassurn septen-
trionale vesicuUs petiolatis folia lanceolnto-elliptica integra
fvquantihus. Ce Sargassum approclie bcaucouj) du Sargassiiin Icn-
digerum ou Fuciis lendigeriis L. M. Agardh compte actuellement
plus de 70 esjieces dans le genre Sargassum, qu'il regarde a ])eu
pres comnie tropique. II est vrai que le Sarg. barciferum croit sur
les cotes d'Angleterre; mais il se trouve aussi beaucoup plus au
sud. Trois especes croissent dans la Mediterranee et sur les cotes
d'Espagne; cependant, 3 especes sur 70 ne font pas regie, et ii
en est des Sargassum comme des palmiers, qui se montrcnl
aussi en etrangers sur les cotes d'Espagne.
Une autre empreinte est un zooi)liyte, et a pu appartenir aux
Serlularia E., ou Cundlina Elms. Une troisiome empreinte a paru
h. M, Agardh cire une alguc du genie Caulerpa. On trouve ce ve-
g6la en grande quantite entre les tropiqurs, specialement au-
tour de la ISouvclle-Hollande. L'auteur dcfinit la Caulerj)a em-
preinte dans le schiste d'Uoiganees : Caulerpa scplcntrionalh ,
Zoohgie. 2 r 7
ramulis vesiculosis, ovatis, undique dense umbricatis; il le tiotive
semblable aux Caulerpa clavifera et sedoides.
Une quatrieme empreinte represente une plante qui approche
a lafoisdeszoopliyles, des algues et dcs nionocotyledones. II la
definit ainsi : Ainphibolis septentrionalis stipUe...,foliis linearibus
a cutis.
170. On voit en ce moment en pleine floraison , dans le
jardin de Mme. Gordon, a Hereford ( Grande-Bretagne ) , un
superbe indlvidu d.' Yucca glonosa,oxx aiguille d'Adam , dont la
tige, de pres de 10 pieds de hauteur, porte une touffe de grandes
feuilles gantelees, au nombre de plus de 700 , chacune d'eiles de
la grosseur dune tulipe moyenne. Celte plante est indigene de
TAmerique septentrlonale. Son aspect, quand elle est en fleurs,
est des plus magnifiques. ( The JVeeldy Register, 1 5 aoiit 1824. )
ZOOLOGIE.
171. Supplement a l'appenhice nu voyage du capit. Parry,
pour la decouverle du passage du nord-ouest, en 1819-20 ;
contenant uiie notice sur les objets d'liistoire naturelle. Vol.
in- . I.ondres; 1824.
Les articles sur les mammiferes , Ics oiseaux , les poissons et
animauxmarins invertebres, sont du capit. Sabine ; ceux sur les
animaux terrestres invertebres, du rev. W. Kirby ; ct les articles
sur les coquillages , de M. J. E. Gray.
Des 12 mammiferes designcs comme natifs des regions arcti-
ques un seul se trouve decrit corame formant une nouvelle es-
pece, savolr, le Lepus glacialis ou Lievre polaire. Get animal a
le poll blanc, les oreilles plus longues que la t(^te, les levres noi-
res, la queue ecourtec,et les ongles larges , enfonces et forls:
il est plus petit que le Lievre ordinaire et que le Lepus variabi-
lis. On en a tue un grand nombre dans McU<ille~Island.
32 especes d'oiseaux sont citees comme ayant ete vues en deca da
ccrcle arctique. On indique principalement les caracteres qui dis-
tmguent le Rock Grous, ou Tetrao rupcstris du Vtannigan, ou Te-
trao iagopus ;mah ce sui)plemcnt ne contient ia description d'au-
cuneespece nouvelle. Dcs 9 poissons dont il y est fait mention deux
sont dcsigncs comme nouveaux, et deux aulres comme doutenx,
Les deux esiKcesnouvellessont, i".lc Blenniusjyidaris : imberbis,
pinnis anali, cnudali, dorsaliquc , unitis ; dont on trouva ua
21 8 Zoologie.
individusnrles rivages de la Georgie septcntrionale. 2°. le Cof~
tus polaris : imberbis , capitc spinis duobus , opcrculis spinis qua-
tiior armatis. II parait que Ton n'a recueilll dans les liautes la-
titudes, dopuis le commencement de septembre jusqu'aux i*'".
jours d'aout , que 6 especcs d'insectes, que M. Kirby decrit comme
etant la plupart nouvellcs : ce sont, i". le Boinbyx Sabini , dont
lesailes sont en toit, de coiileur cendree; les antennes du male
st-tacees, bipectinecs a la base. « Suivant le systerae moderne , dit
M. Kirby , cette espece pourrait ctre probablement regardee
comme appartenant a un nouveau genre j mais les ccbantillons
sont trop endoraraagcs pour queje puisse me former une idee
riaire de ses palpes , qui consistent eu deux articulations. Si on
1 admeltait comme fel, 11 pourrait etre appele Psjc/iophorn. A en
jijger par la longueur de la langue , 11 scmble prendre rang entre
Ifs Boinbycides et les Noctuclites, bien que, sous le rapport du
fades etde la stature, 11 se rapprocbe des Phalccnltes. II fut de-
couvert dans un terrain mnrccageux de Metville-Islaiul. « — 2°. Le
Bombus arcticui : noir, avcc la base et le sommet du thorax et la
inoitie anterieure de I'abdomen d'un ja une pale. Longueur du
corps: celle du male, 7 Ijgncs; celle de la femclle, 11 lignes.
C'est \'y4pis alplna O. Fabr. Faun. Groenl. i55, distlncte de V^/pis
a7pina dehinne. — ?>".'LeQi'nophoraParra : noir, avec les ailcs
bruncs, ayant une taci.e blanche marglnale, surmontee d'une
noire Tcrs le bout; IVxIremlte du bord du segment abdominal
piilc. Longueur, 5 lignes -. 4"- — Le C/iironomiis polaris : noir,
U".^bdolnen velu, les aile,^ d'un blanc de lalt. Longueur, 4 lignes.
Une petite chenille et une tres-rnlnce aralgnce, ajoutees aux
cspcces decrites cl-dcssus , completeut la liste des insectes
polaires.
Le capit. Sabine fait mention de 33 animaux marins inverte-
bros, qu'il a classes suivant le sysfeme de M. de Lamarck. Les
rspeccs inconnucs qu'il a decrl;o5 sont, i». le Dlonrca glacialis :
campanulala , pisllllo ore qttarhangulare , costis qualuor cirri-
produrtis : trouve dans la b.iie de Daliin ctmers adjaccntesj mais
rare. — 2°. Aster. as polaris : pontagona , pagi/id sitpercore tesse-
into-granui'atd , vKirgin' aftirn'nlo splnoso ; on n en prit qu'un
sciil cclianlillon, au moyen d'un traiuail, sur les cotes de Mcl-
vlile- Island. — 3". Phoxichulus proboscideus : proboscidc cor-
porc duplb longiore , mandibuUs nuUis , palpis iftungulatis :
f rouv<^ au reflux sur les cotes des iles de la Georgie scptentrio-
Zoologie. 2 1 9
nale. — 4°- I-^'Idotea Baffini : linearis, antennis exlernis corpore
longioribus , do/so spinoso , caudce segmcnto ultimo elongato ,
apice subulato : peche en grnnde qii.intile, a la profondeiir de 20
brasses, sur Ja cote O. de la bale de Baffin. — 5°. G.immarus
loricalus: rostro corniformi deflexo , dorso carinato , segrncntis
postice I't acute productis : trouve dans des elangs d'eau laissee par
le reflux sur les cotes de lamer Polaire. — 6°.LeT3!itrusEdvard-
siae : rostro corniformi , antennis subccqualibus , corpore orato de-
presso , Cauda compressd , tricarinatd , spinosd : pechc sur la cote
occidentale du detroit de Davis. — 7". Le Talitrus CyancK : capite
obtusissimo y antennis sabtequalibus y corpore laliore , pcdibus
quatuor anticis inunguiculatis : parasite sur la Cyanee arctique.
— 8". Crangon septemcarinatus : thoracc septemcarinato ; cari-
nis serratis ; pedibus secimdi paris brevissimis inunguiculatis :
pris sur les cotesoccldentales du detroit de Davis. — rf. Alpheus
poIaris : thorace dimidio posteriore Icevi , anleriore carinato ,
scrrato I cliclis et unguibiis apice nigris : peclio a la prol'ondeur
de 5o brasses sur les cotes de M ehillc-Islamh II se trouve, dans
I'ouvrage dont nous donnons I'analyso, dos dessins , qui parais-
sent exacts , de la plu[)art des aniinaux marins invcrtebres etau-
tres mcntionn('s ci-dcssus.
M. Gray decrit dans cc volume pluslours nouvelles especes de
coquillagcs. La i^**. , BiiccinTlm Sabini , n'est probablcment
qu'une varietc du Buccin, corneuin.— 1°. Nucula arctica : testa
ovalielliptira, Icevis, tenuis , fragilis., flavescens ; latere antico
lato, rotundato, postice brevi, oblique truncato. — 3". Nicania
cienata : testa ovali-elliptica, virescens, conccntiicc sulcata ; lu-
nuld oblongo-lanc.colatd impressa ; mar ginc crcnulato. — 4°. Cras-
sina arctica : testa subrotundo-ovata, convcxa, nigra, concentrice
slriolata ; umbones subsulcati ; lunula imjiressa oblongn-ovata ;
marginc integerrimo. — 5". Area glacialls : testd ovali-elliplicd,
tcnui, villosd , alba , concentrice et transvershn striata; postice
rotund a td; umbonibus approximatis ; dentibus subobsoletis ;
margine integerrimo 6°. Modiola lajvigata : testa ovali-eUio-
tica , convexa, virescens, antice obsolete costostriata, postice ro^
tundata, Icevigata. — 7°. Pocten vitreus : testa orbicularis, tenuis,
/y alina , planulata , Ifevissimn , lucida , subfvquivalvis ; auriculis
subaqualibus , Itvvibus. — 8°. Balanus glacialis : testd subcjUn-
dricd, obliqud, albidd , obsolete transvcrsim stria td ; operculo
ant Ire , profunJe , transvers'tm stdcato, postice irregulariter stria-
ta ; apice acuto , inflexo.
•220 Zoologle.
Dans le Memoirc sur dcs ediantilions de roclies fournis par
M. Konig, on trouve la description d'une Douvelle espece de
Zoophyte fossile, qu'il appelle Catenipora Parrii; en voici les ca-
racleres : C. tubulis crassiusculis , compressis, collectis in lavii-
nas sinuatas varic inter sese coalitas ; tubuloruin orificiis ovatis
sxpe con/luentibus; dissepimentis conferiissimis : trouve par le
capit. Parry dans Prince Regent's Inlet, au pied d'une haute col-
line ; transformation en pierre calcaire ?
172. Voyage autour du monde, fait par ordre du rol sur les
corvettes VUranie et la P/iysicienne , sous le commaudement
dn Capitaine Fre\cinet. — Parlie Zoologique, par MM. Quoy
et Gaimard. lIlMivraison. {Foy. le n°. precedent.)
Le texte de cette IIP", llvr. apparlient au 5". chap., celui qui a
pour objet la description dcs oiseaux recueillis pendant I'expe-
ditlon.
Apres avoir fait observer quelles dlfficultes existent dans la
distinction des Oiseaux de proie, meme pour ceux de nos pays ,
MM. Quoy et Gaimard laissent entrevolr que celle des oiseaux
dont i!s vonl parler ne sera peut-etre pas excrapte d'erreur.
Les especes qu'ils decrlventsont les suivantes:
Autour cu-bianc, Falco leucorrhous (Fig. pi. i3.) F. corpora
fusco mgricanle; cerd pedU)usq:w flavis ; uropygio albo ; caudd
subtiis tribusfasciis albis or/uitd. Du Bresil.
Buse polyosome , F. poljosoina (jA l^.) F. corpora cinereo ^^
cerd pcdibusque Jlavis ; caudd albidd, fusco transverse lineatd ^
nigra ad apiccrn marginatd ; alls longis. Des iles Malouines.
Busard b.iriole. F. histrionicus. (PI. i5 et 16.) F. corpore su-
priigriseo; subtiti albo fasciis transversisfuscis cincto ; cerd pcdi-
busque flavis. Des iles Malouines.
Pie-grieche a ventre roux. Laiiius fcrrugineus^ Lath. (PI. 17.)
De I'ile de France.
Vanga rayc, Vanga striata. (PI. 18 et 19.) Vanga gris. Vieill.
Diet. hist. nut. , male et fcniclle. Du Brcsil.
Toutcs ces especes sont figurees dans cette livraison. Les sui-
vantes ne le seront que dans la prochalne, savoir:
Cassican fluteur, Darita Tibicen. Corncius Tibicen, Lath. De
la ?Jouvelle-Ilollan(lc.
Choucari vert. Gra cuius viridis. Sphecotera viridis. "Vieill.
^nn. d'Ornitho'.
ZooJngie. 221
Grive dcs Malouities. 'Junius Falchlandii. T. pectore ventre-
que rufescentiba s ; gula purtctis nigris nolata.
Loriot prince regent. Oriolus Regens. O.capite, collo supm,
alarum dimtdid parte , luteis ; pectore , ventre, cauddque , ni-
gris; rostroflavo. De la Nouv.-Holl.
BIcrion natte. Malurus text His. M. corporc toto rufulo, Ion-
gitrorsum hruneo punctata ; rostro nigra, robusto ; caudd longd.
De la bale des CLiens-Marins a la Nouvelle Hollande.
Bruant a gorge uolre. Emberiza melanodcra. E. corpore
luteo-virescente ; capite et collo supra fuscis ; guld nigrd. Des ilea
Malouines.
CaroiJge Gasqiiet Xanthorus Gasquet. {Foj. le Bull., 1 8a3 , t. 3
p. 52. )
Marlin-thasseur Gaudichaud. Dacelo Gaudichaud.{Vqy. id. ib.)
Coucou guiracantara. Cuculus Cuira. Lalh. Du Bresil.
feTriicUecrylhrop\cve.Pstttacuse7jthroptcrus.Lalh.DeTimor.
Colombe Pinon. C. rinon.{Foy. le Bull., 1823, to. 3, p. 52.)
Colombe muscadivore. C. aznea. Lath. De la Terre des Papous.
Colombe pampusan. C. painpusan. ( Foj. le Bull., 1823 , to. 3
p. 52.)
Colombe M.Acquavie. C. 3Iacquarie. C. longicaudata ; capite ^
pectore, uropygioque cinereo-ccerulcis ; oculis nudis, sub/lavis ;
alts lunuUs albidis,notnlis. De la Nouvelle-Galles du sud.
Megapode Jtreycinet. Meg. Frejcinet. De I'ile de VaigJon.
Megapode de Lapeyrouse. Meg. Lape^rouse. Des iles Ma^
"annes. Desm..st.
173. Abbildungen zurNaturgeschichte Brasiliens. Recueildc
planches coloriees d'animaux du Bresil; par le Prince Maxi-
milien deWiEo Neuwied. livr.YII. (/^. IcBull. de juin 1824,
p. 191 ,n°. i33.)
(/ette nouvelle livraison, quine le cede point aux preccdentes
par la beaute de I'exocution et I'intcret des cspeces qui y sent
decrites, renferme : 1". le Dufo Jgua, male et feraelle, de Daudin,
mentionne dans le voyage du prince .Alaximilien , t. i , p. 52 ,
et t. a , p. 241. C'est le Bufo marinus de Merrem. — • a". Coluber
vemistissimus , Var.; espece dcja liguree dans les livraisons pre-
••cdentcs. — 3". Cophias Jararaca. r,e prince Maximilien avait
d'aborJ pris ce rrptilo pour le Cophias atrn.c et I'a indique sous
212 Zoologie.
ce nom dans son A'oyage, ulnsi qu'au bas de la planche qui en
rcpresente un jeuue individu dans cede livraison. La livraison
procliaine donncra une figure de rindividu plus age de ce serpent
dangereux. — 4". Hjia I'abcr, Voyage au Bresil, t. i, p. 173 ,
t. 2 , p. 2/(1 ct 249; Schinz , Regn. aniin., II, 1G8 , et Hyla punc-
tata sont figurecs sur la nicine planclie. (D'apres une lettre de
S. A. le piince IMaximilien a M. de Ferussac, le nom de cette
derniere espece aynnt deja etc applique par Shaw a une espece
differente, M. le prince de Ps^euwied la nommc actuellcment
Hyla infuhttn.) ■ — 5". Hyla elegans, luteola et aurea sont
representees dans la planclie suivante. La denxieine et la troi-
sieme sont mentionnees dans le Voyage au Bresil, I'une vol. i ,
p. 202, I'autre p. 249. Cette derniere est indiquce dans Schinz,
Regn. aniin., pag. 1G8. — 6". Scytale coronala Merrcm. Ce su-
perbe serpent a ele appele P.vcm Joioa coionatn par Schneider. F.
174. SCR LKS FAMILLES DES MaMMIFERES ET DES OlSEADX J par
M. J. B."\ViLBRANn. [Schriften der Gescll. zur BcfiJnlcrung der
gcsamt. Natur. zu Marburg, \" . vol., i'^''. part., p. 188, 1823.)
Dans le memoire dont nous donnons ici un extrait , I'auteur
propose une nouvellc division des mammiferes et dcs oiseaux ,
et qui difl'ere notablemcnt de tous les sy.stcines de classificalion
qu'on a ctablis jusqu'a present. II pensc que les oiseaux ne doivent
])oint etrc considcres comnic faisant suite aux mammiferes, mais
plutot coinnie formantune division placee a cote d'eux au meme
degre de rechelle animale, Olant lout atissi parfaits que les mam-
niiferes quant aux diverses facultcs qu'ils possedent. En these ge-
nerale les mammiferes et les oiseaux, consideres dans leur ensem-
ble, ne forment, d'apres lui , qu'une seule et ni^me grande
famille, ou bien, un meme animal, dont les oiseaux representeut
la vie dans scs dependances avec le monde exterieur, et les mam-
miferes la vie interieurc. Cette unite de tous ces animaux ne se
manifeste pas pr<5cisement dans leur conformation exlerne, et seu-
lement en parlie dans leur structure interne; mais elle se montre
d'unc maniere evidente dans tout ce qui est j>liy!>ioIogique.
La nature des oiseaux depend enlieremeut du monde exte-
rieur , et spccialement dcs rapjiorls variables qui existent entre le
soleil et la terre, tandis que tout I'etre des mammiferes se rap-
porle entierement a la vie interieurc.
Les facultcs des mammiferes se developpcnt en partant des es-
pcccs marines, et arrivcnt surccssivcn;eiit aux tcnestres, puis a
Zoologre. 2 2^
ceux munis de mains, et enfin a I'homme, chez lequel les facullei
intellectuelles sont au plus haut degre possible.
L'homme se trouvant par-la , et par suite a cause de son indc-
pendancc, a la tete de tous les etrcs de la nature, il est evident que
Jes mammifcres, approchant plus de lul que ne le foht les oi>eaux,
ils occupent un rang superieur a ceux-ci dans I'ecLelle des ani-
maux. Mais si Ton considere exclusivement les rapports dans les-
<ju£ls les mammiferes et les oiseaux se trouvent a I'egard de la
nature entiere, on ne saurait admettre aucune subordiaation
entre eux.
En considerant la classe des mammiferes en particulier, on
trouve riiomme a I'une de ses extremites, et les baleines a ['au-
tre : celui-la presente le maximum des facultes intellectuelles, ct
celles-cl le maximum de la masse du corps.
D'apres les rapports que I'auteur trouve entre les diverscs fa-
milies de mammiferes , il les classe de la maniere suivante.
i*^*^. ORDRE. Mamm. a mains (^Mammalia manibus o/-/z«^a), qui
comprend V Homme , les Singes et les ALt'us.
7.". ORDRE. Mamm. quadrupedes [Mamm. quadrupeda) , quM
diviseen: i''*'. famille, les Volans et les Marsupiaux(/^e^/7e/-///M>,
Galeopithecus et Didelphis) ; 2*. famille , les Rongeurs et les Car-
nassiers [Glires et Ferce^&s&c exception des Phoques); 3'. famille,
les Paresseux et les Pachydermes [Brachypoda et Pachydermata
avec exception des Sorqjcdes ) ; /|*^. famille, les Ruminans et les
Solipedes [Bisulca et Solidungnla).
y. ORDRE. Mamm. marins [Mamm. marina), qui comprend i.i
famille des Phoques (P/ioca) , la famille des Morses {Trlchechus) ,
et les Cetaces {^Cetacca).
L'auteur enUe dans de grandes explications sur les raisons qui
I'ont engage a admettre ces divers rapprochemcns dans ce qu'il
appelle la meme famille.
Les oiseaux surpassent de beaucoup les mammiferes en ce qui
concerne tout ce qui a rapport au monde exterieur; Icur syslcrue
uprvcux, cl surlout leur cerveau, et les organes des sens, sont
aussi devcloppes ((ue chez les mammiferes, et si leur oreille est
anatoniiqucmcnt plus slmjjle, Icurs yeux sout par coutre plus
parfalts; kur sang est plus cLaud, leur circulation plus rapide,
la respiration plus forte; ils mangent davantage, eten general ils
out plus d'activite et plus d'indnstrlc, clc, te qui les met au-
dessus dfs mammiferes. Mais si on ne les considere j)oint sous le
rapport de tout IVnsemlile de lem- nature, et si on les compare
224 Zoologie.
seuleinent a I'liomme, ils doivcnt etre n(5cessairement places k la
suite dcs niamiuiferes.
L'auteur divise Ics oiseaux de meme que les mammifercs
en trois ordres : les tcrreslres, les oiscaiuc de rivage et les
aquatiques o\i palmipedes. II classe les oiseaux terrestres sui-
vnnt la hauteur a laquelle ils s'olevent dans le vol, et les arrange
ainsi : i°. Acclpllres [Vultur, Falco, Strix) : i°. Sylvatlcae, qu'il
divise en trois families; les Coraces ( les Lanius , Buphaga, To-
tlus, Caprbnulgus , Trogon, Crotophaga, Jiucco , Corvus , Co-
racias , Oriolus , Gracula , Rainphastos , Buceros , Psittacus ,
Scythrops, Mttwphaga, Paradisea); les V\c\ [Cuculus , JJpupa^
Certhta , Trochilus , Merops , Yunx, Jlcedo , Picus , Sitta) ; les
Passeres ( Sturnus , Hirundo , Muscicapa , Motacilla , Parus ,
Alauda, Fringilla, Ernberiza , Ampelis , Tardus , Colius, Pi-
pra? Loxia) : 3°. Gallinse [Columhn, Tetrao , Numida, Meleagris^
Crax,Phasianus, Menura, Pm'O , Olis , Psophia , Struthio.)
II divise egalement les oiseaux de rivage suivant la hauteur de
leur vol, et en fait de meme trois families : i". ceux qui appro-
chcntdes Herons com^vitiincal les Phcvnlcopterus, Jrdea, Mycte-
ria , Scopus , Platalea , Cancioma ; 2". ceux qui approchent des
Becasses, et qui sont les Tantalus, Scolopax , Tringa , Recuni-
rosira , C/iaradrius , Hcematopus ; et 3". ceux qui approchent
des Gallinacces , c'est-a-dire les Rallus , Fulica , Parra , Pala-
medea, Ql areola, Faginalis.
Enfin il divise le trolsleme ordre, ou celui des Palmipedes,
encore suivant I'etendue de leur vol , en 3 families : la 1'^*'. , qu'il
appelle Longipennes, coniprend les Pclecanus , Plotus, Phaeton,
Sterna , Rhynchops , Larus , Procellaria , Diomedea. La 2.'^. fa-
mille, ou celle des Canards, est composee des genres yinas et
Mergus; cl U 3''.fumillc, qu'il nonime Brevipenncs , se compose
des Colyinbus , des Aha et des Aptenodytes.
A regard dcs Grimpeurs il ne tient aucun coropte dela forme
des pieds, et place les Perroquets dans la familic des Pies. S. s.
175. Habitudes de la Balei:«e. [Journ. Phil. d'Fdimh., julll.
182/1 , p. 221 .)
On a prls, en octobre 189,3, une baleine a Boucherville, pres
de Montreal, dans le Canada. Le banc dc Terre-Neuve est le
lieu d'liabitation de ces animaux le plus voisin ; cette baleine a
done fait d'abord 1000 miles jusqu'a I'embouchure du Saint-
Laurent, et a remonte ensuite unc clendue de 3;')o a /(Oo nules
d'eau noa sal(5e. ^- B-
Zoologie. jiaS
176. ExTRAiT d'une lettuf. du D"". J. C. Vail Hasselt, ecrite
lie la prov. de Bantam ( ile de Java) , le I 4 mars iSaJ. ( Allg,
Konst-cn Letlcrhode 1823 , n*'. k^. )
Un mammlfeie <jiil vit sur le moiit Karang et qui est d'lme
grandeur assfz consi{ii';rable , est tres-rare et. ignore ineine dc la
plupart des insulaires. II appai'tient aiix Carnh'ores plantigradex
et particulierement a la f'amilie dcs Ours et R.atons , et je crois
qu'il est absolument inconnii en Europe (l). Trois nouvelles es-
peces de cliauves-souris ajjparliennent a un geurc que je n'avais
pas trouve jusqu'alors dans celte ile (Java).
177. Bella paktic^lare affezione che la speeie dei Cani
verso deir uomo conserva. De I'affectlon particuliere du
chicn pour riiomine; par Gio Koselli. In-8'. Venfsej iSaS.
I7S. FaTTI per service ALLA STORIA PSICOLOGICA DEL CaN'K ,
etc. Fails pour scrvir a I'hisloiie psycliologique du clilen ;
a Foccasion d'un cliien trt's-bien instruit que Ton a vti der-
nierement a Bologne. In-8". Cologne; iSaB.
179. Observations concernakt u?je espece de Rhinoceros,
rr'ccmuient decouverte; par M. Everard Horne ( iisez Home).
(^Letter/, unci. Jllagaz., ann. 1824, n**. 9.)
L'on rapporle dans cet article unc note que M. Campbell
adressa a sir Evei-ard Home , au sujet d'un Piliinoceros qu'il avait
observe en Afrique et donl il fait mention dans la relation de son
a<^. voyage dans cette contrce ( Travels in South Africa, vol. i ,
p. 2t)4)' O'l y eraprunte la description du crane de ce rhinoceros
faite par sir Everard, dans les Transactions philosophiques de
1^22, i*^ . part., p. 38, description accompagnee de la figure de
ce crane et de ccUe d'un autre crane fossile de Siberie, regarde
comrae I'analogue du premier par cet habile anatomiste. M. Cu-
vier a montre qu'ils etaient differens, dans le 4". vol. dcs Osseinens
fossiles , 2". edit., addit. , p. 49^ » et que I'espece vivantc observee
par M. Campbell ne difl'erait vraisemblablenicnt pas du ihino-
ceros bicorne d' Afrique (2).
(i) II se pourrait cejxindant que ce oianinu(V;re ne fiit pas tliliorent
du Viverra liinlurong AV;///.( Arctictis ptiniailaia Tein. ) , retini par
M. Fred. Cuvicr :"i son genre Parailuuiurus ; car cet animal , decou-
vert dans la pi csqu ile de lilalacca , a etc' rapportc aussi dc Java par
M. Kcinwardt.
(2) Serait-cc la memo espere que celle dJcritc par Kuic.'icll. ( / ',*)•.
B. TojJE III, ir,
2a6 Zoologie.
180. DissF.nTATioN SLR DEs DENTS trouvccs cn Sibcfie , conside-
rees comnie ;ivant ;ippartenu a iin grand Rumin.mt antt'dilu-
vien, jionime Merycotherium sibiricuin, par L. H. Bojanus :
avec 2 planches. ( Nov. acta Acad. Qes. Leop. Carol. Nat.
Cur. , t. XII , part. I , p. .)
Dans ce memoire, compose a Wiliia, en jan-vier 1823, M. le
D"^. Boiftnns decrit et figure avec detail Irois dents niolairesd'un
raminant de ties-grande dimension, qui ont ete troiivees avec
des osscmens de Mainmouth, dans un lieu inconnu de I.1 Sibe-
rie niais vraisemblableiuent dans la region dt-s nionts Altals.
Apres avoir comi)ulse tous les ouvrages nui iraitent des restes
fossiles des rmninans , et n'avoir trouve aucun rapprocliement
exact a faire entre ces moialres et celies quiy sont decriles, I'au-
teur s'occupe d'etablir leur comparaison avec celles des especes
vivanles de cet ordre (i).
Sur ces trois dents , deux paralssent avoir appartenu au cote
gauche de la machoire superleure du ruminant fossile , et etre ,
dans la seric de ces dents, la penultieme et l'aiit(>penultieme.
M. Bojanus les fiijure vues sur leur face interne, leur face ex-
lerne leur couronne et un de leurs cotes. La troisieme est plus
grande que celles-ci, seroblable pour la forme, niais appartient
a la machoire d'un individu different.
M. Bojanus determine que les ruminans connus peuvent elre
divises en quatre families, savoir : les especes camebnes, les ccr-
vines les ovines et les bovines. II represente aussi sous dilfe-
renles faces, les molaires antepcnultieme et penultieme de la
machoire superieure d'animaux appartenant a chacune de ces
divisions , et notamment celles de Targali , du mouton, du cha-
meau , de la chevre , de I'elan et du boiuf.
De la coniparaisoH des deux dents fossiles avec ces dernieres
il resulte qu'elles different beaucoup plus de celles de I'elan et
du bceuf ou , en generalisant, des especes bovines et cervincs,
que de celles des chameaux , des moutons , de I'argall et des
chevres , ou des especes camclines et ovines.
D'ai)res cette nicine comparaison, M. Bojanus croil done que
I'animul fossile pouvait ressenibler plutot a ces derniers qu'aux
le Jonrn tic Pin;,., aoiU 1817) H nous parait pour le moins r< itain
tiiie celle tele ct la niL-rae ilont il est fait mention dans le Btillelin ilii
mois dc mars i8a4, n". 333. ( Note du /l<:Jactcur. )
(i) M. Cu>i€r presume qu€ ce sont des dents de chameaux.
premiers; mais il nc pn'jugo ricri cii f;ivciir rl'unc resscmblancc
plus graridc, avec les clianicaux qu'avoc Ifs moulons.
II regarde cct animal commc dcvant avoir cu una laille consi-
<li'rablc , et peut-^lre <5gale a telle dc la girafe. Voici commfnt
il etiiblif. sa ronjccture a cet ('^gard,
iJ'.'ibord les deux dents ci-dessii« menlionnees devaient ocf-ii-
])er, dans le bord alveolaire, au moins urie lonf;ueijr de /| i ligncs
(■I demie , piiisque ranlep'riultienic avail ly lignes ef. dernie, el
la jieniiltiemc '/■'/. lignes d'av.-iiit en aitiere; tandis que (Jeux dents
analogues en oeeupcnt cnaciuhlr. seulement "io lignes dans le elia-
ineau , i5 dans I'argali, i /, dans la clicvre,el i''} <l.')ns le nioulon.
J)'unc autre pari , le eorps du cbameau , mcsure au garrot , a six
pieds de hauteur, eelui du inouton environ 2 pieds, celui dc la
chcvre un peu plus de deux pieds, el celui de I'argali ?> pieds et
demi. Or, si Ton etablil la proportion suivanlc : I'espaee oCf-Tjjie
par Ics deux inolaires du cbameau ( 3o lignes ) csl a la liaufeni-
du Cf)rps du clianieau au garrot ' d pieds j , comme I'esfiace
• iccupe par ies v, molaires du ruminant fossile (4i '• ' ). est a la
liauteur de cet animal, on oblieni, en lui hiijjposant des formes
a peu pres scndjiables a cellcs du cbameau, 8 jiieds pour la me-
sure de cetle baulcur .
Si Ton fait le meme raisonnemcnt en donnarit au ruminant
fossile successivemcnt lesformeg des autres cspcces vivantesaux-
quelles on le compare, on trouve cfuc s'il rcssernblail a I'argali ,
sa bauteur n'elait pas moindre dc f) pieds, et que si c'etait a
1.1 cbevre ou au mouton , clle devaii ^-tre d'environ d pieds.
M. JjDJanus , ne rapporlant son ruminant fossile a aucun des
genres qui comprenncnt les especes vivanlcs que nous venons
de nommer , en forme un jjrovisoire en <juelque sorte , sous le
nom dc Mfrjcol/icrium , genre qui devra ctrc supprinie si par
la suite les restes du squclette de cct animal sonl connus , et
s'iis doivent elre raj)porte8 a une espece de cbameau , dc cbevre
ou de mouton. Dans ce cas , M. liojanus pense que le nom sjic-
cKique dc gf'ante conviendra toujours a celte cspccc.
La girafe, que ce naluraliite n'a pu comparer a sod fossile,
est d'une taillc qui ne le cede pas a la plus grande dc cellesqn'il
lui suppose, el il y a louleprobabilite (|uc les dents de cct ani;n;il
onl un raj)port Ires-marque avce celles que decril !M. IJojanus, rln
iiioinsquant a leurs dimensions. ^Vousjicnsons qu'il convicndraii
iiijinlenantil'en examiner de nouveau Ici formes, en les confron
228 Zooh^gie.
tant avec celle* dea ilents fnssUes, ct il ne nousp:ir.iit p;ts iiiiposbihle
qu'on reconnaisse i'idenlile yciu-rique de ccs debris. Desji...st.
r3i. IVoL'VF.AU BTCUEU. DP. PLATScHES coLORiEES pour scrvir de
suite et de complement aux planrhes enluminces dc BnFFON,
T)ni- MM. TrMMiNCK et Meifiren I.al'gif.h. (V. Ic BaL'<^!i/i
ptt'ci'-ilint. )
XLIF. llv. — PI. ik^>. Colonibe a lunettes, Colmnha pcr-
SjHcHhUa i^Temminck.) Ucs IMolnques. — I'l. 5A7. Colou,be Inc-
tnose, Calum'Hi luciuosa.'^viww^^, Meiiie lieu. — PI. a.|H. Co-
Jombe Reiiiwardt, Coluniha Reinwanltii. (Temin.) He Celebe. —
PI. aiiy et a5o. Eebenilleur frangii, male et femelle ; Ctblcphrris
fmhiiatus. [Tcmm.) Ilede la Sonde. — P!. 25 1. Bee- fin galaelole
oil rubiglneux, Silvia galaclotes. (Temm.) Espagne. Bee-fin subal-
pin.iuale et femelle , >S>A'/a subalpina. (Temm.)
XI.III''. liv. — • PI- 2 52. Colombe liypogastre , I'oliiinhn
hjpogastra. (Reinvv."! He Celebe. — PI. 253. Colombe Moine, Co-
luinha Mouaclia. (Rehm.) Idem. — PI. 25^. Colombe Kiirukurii
femelle (i), Coluinha pnrparata. (Lath.) Oceanic.— PI. 255. t'o-
racine cepbaloplere, Coracina cepknloptera. (Vleill.) — PI. aSG.
Pie-griecliebridee, Lanius virgatus'. (Temm.) De J.iva. — Pie-
grleche masqnie, /M/iiuf perso/iatus. (Temm.) D'.Vrabie. — Pi. 25;.
Traquct Oreillard male, ^rt.r/ro/fl flM/-//<7. (Temm.) Europe et
Afritiue. Tr. a cjuciie noire , So.xicoln vielanura. (remm.) D'Ara-
bie.Tr. leucoine'.e, male; Saxicola leucornehi. (Temm.) D'Enropr.
XLIV«. liv. — PI. 25S. Colombe ferreslre , male, Colunt-
ba huuiilis. (Temm.) He de Lucon. — PI. 25(). Colombe terresfre
femelle. • PI. aGo. Colombe vSouris femelle , Columbn cinerea
(Temm.) du Bn'sil. — PI. 2G1. Euryl.ume a capuchon , Euijlai-
tnus cucu'ldtti.f {Temm.) de Sumatra. — Pi. 262. IMartin cliasseur
Oreillon-bloii, ailulte; Dacclo cjanotis (Temm.) de Sumatra. —
PI. 2^3. (lobp-inouclie /7rtw//j<'«, male ct femelle; Mascicapajlarn-
nit'ti. Eorst. Ilei de la Sonde. Q-v.
(1) .le crois que .M. Tomminck a i-lc mal iiifoiiiie siir le sexe dc cefic
Colombe , qii'il donne commu e'tapl la i'cmellc Kurukuru. J'ai vii .-i
Guam, line dcs itis MarianriLs, des ccntalms ilu ces oiseaiix, ct jc penx
.assurer <{ue la femelle ne dillrrc en ricn du ni^lle , pas numc dc sros-
sfiir. Tous dens ont !.■» calollc piirpiiiine qui lei Ji liiigne el (|iii
manqne a cell.-ci. Cc seiait .ilors iiiio esp.'cc noiivellc. O \.
Zoolo^ic. Z2C)
162. Galj.rie IMS ojsKAWx Ju Caliliict d liistoJre nalureUe du
Jardiii du Roi; par M. L. P. Vifm-ot, liv. xxsiv a xlix ,
in-/j. , cliaciiiio d'une fcuiUe , plus /, ou 5 planclics. Piix , 5 fi.
Paris , tliez Ai^lsud.
i83- IMfK-iof. RAPiriA Sekpkntuji HiNOARir. j aur|ni;e Einciico
l''r>ivAi,!i.->z!v\. I11-8. de Gi j). Pfsih; i823; Trattner.
Crtle inoiiograpliic dcs scipoiis de Iloiigrie est comp^irabl*
a celle dcs ophidicrjs dts clats romaiiis, par M. Metaxa, que
nous avons aniioiiccc dcriiierompnt (f oy. le Bulletin du Tnois
dc fevrier i8if\); neaninoiiis clio iiVi;t pas, comnie cetic derniere,
accompagnee do plautlics deslinces a represenlir Ics espcccs
:)ouvelles.
L'aulcur avant d'arrivci' a. la description ^c^ serpens de la
II.inj;rie, ])asse en revue, comnic M. Melaxa , les principaux
points de I'organisatioii genorale des animaux dont il va traiter.
Dans une priniierc section, il donne la definition des ser-
ijcns; il examine Ics rapports de ces reptiles avrc Ics animaux
des classes ct dcs orJrcs voiiins, et il dil (pielrjues niols de leiir
port exlerieur.
U.ins nne sccondc , intilulcc Esqid.ssc anatoinico - physiolo-r
giquf ■, il Jiasse en revue trcs-rapideinent les notions qu'on a
acqui&es sur Ics serj)ens considcres sous les differens points <le
\ue du sYslcnie osseux , du syslenic vasculairc, de la circuLition,
d€S ori^aucs de la rojjiralion , cl du mccaiusme dc cctlc fonc-
lion ; dcs orj,'anes de la digestion et de rassimilalion dcs aliincni,
<lu systeme ncrveux, du syslcnie niuseulairc, du inouvcmcut ,
de ki generation et dc scs organcs, dis sens internes et cx-
ternes, de la grandeur ct dc la force, dc rengoiirdisscincnl hi-
bcriia!, dc la durcc de la vie et dc la dcmcurc Labinu'li.-.
I, a troisienic section a pour objcl les caraclejf- (I l.i cl.i:..>di-
calioii des serpens.
Dans la quatrlcinc , l'aulcur donne la dcscnption iis^c/.
complete dc onze espcccs, toules conniics dcja et parlagces
en qualie genres , d'apres la nictliode de Mcriciii. Ces rs-
])eccs sont :
1". C.eure A^ciiis. A. frtigt/is.
2". \ U'LRA. V. .lii7ino(fjU\s.
^". pKi.iAb. P. JU'ius, ou la ^il'CIC, donl il di-.l;iiguc
25 o Zoologie.
trois vaiielcs; i'une feitugineuse avcc une baiide doisale noire,
siiiufuse et dfiilee; uiic scconde noire avec ie venire couleur
d'acier ; et une Iroisieme noire avec le ventre blanc.
4°. CoLUHER. C. Ifvvis. Morr. — C. Jlavescens. Scopoli. —
C. caspius. Lepecliin. — C. ,'Esculapu. Merr. — C. ntro virens.
Merr. — C. Elaphis. Merr. — C. Natrix. Merr. — C. tessella-
tus. Merr.
La cinqnieme section est destinee a indiquer les usages que
riiomme tire des serpens et de la signification svmboiique de ces
animaux cliez les anciens.
Enfin la sixienie renferme un extrait de ce qui a etc public-
par Fontana , Configliachi, et autres auteurs sur les serpens ve-
nimeux, sur la nature et les effets de leur poison, et sur les re-
inedes qu'il convient de lui opposer. Desm...st.
184. Sur tNii ESPECE eteinte de Crocodile non decrite, et
quelques observations sur la geologie du Jersey occidental ;
par R. Hari.an. Avec une figure. ( Journ. de I'Jcad. des Sc.
nat. de Pliilad. , juili. 1824 > !>• ^^■)
M. Say a envoye a I'auteur des fossiles des marnicres du Jer-
sey occidental , qui sont comprises entre Frenlon , la baie Dela-
ware , rOcean et la riviere Delaware. Le sol du pays est com-
pose de gravier, et rarement d'argile. On y donne le nom de
marne a une argile ferrugineusc et a pyrite; ce depot renferme
quelqiicfois des fossiles, et a une couleur noiratre ou verdatre.
M. H. Seybert a analyse I'argile de Rancocks creek , el y a Irouvc
49,83 de silice , 6,00 d'alumine, i,83 de magnesie, 10,12 de po-
tasse, g,8o d'eau, 21, 53 de protoxide de fer. Cette argile verte
contient des cailloux de qiiarlz, des Terebratules et des Huitres
fossiles qui font quelquefois des lits distincts coinme aux raonts
Mulica et a RIackwoodtown. 11 y a aussi des Belenmltes , des Favosi-
tes, des Fislulaires, des Ammonites, des Rostellaires, des Turbizio-
lies, des Arches, des Pyrules, des Pcigncs, desDonaccs,des osse-
mens de Reqtiins, de Crocodiles, de Torlues , d'un Iclitliyosaure
inconnu , et des vertebres de Celaces. On y trouvc du lignite, de
I'ambre, des phytolithes et des racines d'arbres ])yritisees. Cetlc
formation , qui nous parait repondre au gres vert , borde la cote
pendant plusieurs centaln^s de niilles depuis rexlreniile nord de
Long-Island jusqu'au golfo de Mexiquc. Elle repose sur des ro-
Zoolngie. 25 r
dies primitives. Les memes (lep6tscoquiIliers se Irouvent dans le
Maryland. L'auteur decrit ensuite une parlie de !a machoire
d'un nouveau Crocodile trouvee dansce depot pies dc Wliiteliill.
Cette partie droite de la machoire contieiit i i alveoles snr un es-
pace de 12 pouces ; I'animal avail probablement dc chaque cote
12 a i3 dents. Cette portion de machoire se distingue surtout de
celies des autres crocodiles par sa grande epaisseur en proportion
de sa longueur et par ses dents obtuses. L'auteur compare en-
suite ce fossilc aux Crocodilus acutits , Lucius et gangcticus.
A. B.
i85. CRAPAnn TROUVE dans une pierre. Un mineur anglais ou-
vrant , en mai dernier, un nouveau puits a lioiiille, aupres de
Hanghlon-le-Spring, trouva un crapaud vivant au milieu d'un
bloc solide de pierre , a une j)rofyndeur de 25 a 26 fathoms
(brasses) au-dessous de la surface de la terre. Le reptile fut poric
au grand jour, tiie quatre jours apres et examine. On trouva
qn'il avail un nombril mais point de bouche, au reste 11 ressem-
blait aux crapauds ordinaires. (^ Sheffield mercury , &\. Literary
Gazette de Londres du 22 mai 1824 , p. 333. )
186. Os DE SERPENT A soNNETTES trouves dans unc cavcrne.
( Geist. der Zcit., fev. 1823, p. 256. )
On a trouveen i7/i8ces os dans une caverne forraee dans Tar-
gile scbisleuse de Princetown , aux Elats-Unis. Les serpens a
-sonnettes s'engourdissent, ajoute-t-on dans eel article, lorsque
les feuilles du Fraxinus discolor tombent.
187. IIlSTOIRE NATURELLE PES IcnXYOUONTES , OU DcntS fos-
slics qui ont appartenu a la famille <les ])oissons, sous les
rapports zooiogiques ot gcologiques ; par M. Kourdet de
LA NiEVRE. Un vol. gr. in-/i., orne de 11 pi., donnant 42
esj)eces. {Prospectus.')
Les naluralislcs ap|)rcndront avec intercut la prochaine publi-
cation de eel ouvrage qui manquait a la science, surtout ,si
comnic on a lieu de ratlendre de son auteur, il est com])lel , el
s'il odrc le dejjouilieincnl et la synonymic de tuul ce cpiia eti- ilil
el figure par les ancicns el les modcrnes sur les Iclityodoiites.
Le prosj)Cclus (jue nous amioncons dil (jue les cspeees d'leli-
2^2 Z(;olni>['c.
O
tyodontes out t-to derrifes avec )e plus f^niiul toln; il ajoute :
Ifs dessins et Ics plaiidies qui a( coiiiji.iyneront ce volume out
etc cxtjcutes par les meilleurs liili()yrai)li('s avec niie exaclilude
uunuticuse.
\j Ht.stoin- lies Tc/itroilo/ites I'onuera i vol. gr. in-/)., de -2 p.
d'impressJon environ, orne de 11 pi. I.e prix de I'ouvrage sera
de 9 fr. sur papier ordinaire ; il n'en sera tire que 5o exeinpl. sur
papier vclin satlni5, dont le prIx sera dc i3 fr. La lisle des sou-
scripteurs sera imprimee en tele du vol. On soimcrit, pour
toute la Snisie, I'ltalie et le riemont, a Geneve et a Paris cliez
J.-J. Paidioud, iinpr.-lii).
j88. Essai d't's nouveau systkmk des nAiiiTATiojJs DKs Vers
testaces, avec XXII pi.; par Chr. Fred. Scqumacher, D.
M. hon. de I'universite de Copenhague, Prof. , chev. de
I'ordre de ])unel)r., etc. Uu vol. in-',, de aSG p. et de 22 pi.
grav. en noJr. CopciiLaj.Tic; i8i7;de I'irsiprim. du directeiir
Sdiultz.
Ua nouveau systeine de chisMnealiou pou.- Ie> (0(|uiHcs, uu
ouvrage d'ensend^le assez consick'r.djle, acconipagno de gravures
et iinpriiue en francMis a Copenhague , seinblait etre une produc-
tion assez importante, pour que la connaissance en fut repanduc
en peu de temps parnii les naturalistes, et pour que ce livre fut
aichete et etudie par les homines de tous les pays qui s'occupent
de I'bisfoire naturclle des coquilles. II n'en a point etc ainsi,
«'t cet ouvrage, quoique imprime en 1817, est prcsque aussi
nouveau pour cux que s'il sortait en ce moment des presses de
M. le directeur Schullz. Cel exen)ple , que Ton pourrait appuyer
d'une foule d'uulres fails analogues , prouve I'isolement ou se
trouvaient le- savaus de IT-urope avant que I'otablissement du
15ulietin ne vint lour oHVir un lien comniun de torrespondance,
un moyen de ( onnaiire leurs travaux rcciproques. L'ouvrage dc
M. le 1)'. Schumacher n'a ete cite jusqu'a present par aucun des
naturalistes allemands, anglais, italicns ou francais; le lia.sard
seul nous en a fait connaiire I'exisfence; et malgre les soins et
I'obligeance de quelques snvans de Coj)enhague, p;irticuliere-
iiient de M. (iiove, <e n'cst qu'iui bout d'un an d'attenle que
nous avons pn le recevoir. Kxpedlo d'abord a Leipzig pai'
M. Ueichiriiinn , librairc de Copenhague, celui auquel il fut
Zoolo^ie. 251
adrcsselui lepondlt que, nVnvoyant rien en Fr;iiice, jl leii.iit cet
ouvnige a sa disposition. M. Deiclirnnnn fut alors oblige de le
faiie revenira Copenhague et de nous Texpedicr jiar Ilambonrg.
Nous avons era devoir rapporter ces circonstantes pour mon-
trer combiea , dans I'etat de culture oil sont les sciences, il est
necessaire que les savans du nord de I'Europe s'entendent et
s'unissent avec ceux du midi pour vaincre les obstacles qui s'op-
posent encore a I'etablissement de relations plus actives entr'eux,
relations auxquelles lous ont un egal iiilcret, les uiis pour faire
connailre leurs travaiix, les autres pour profiler d;' ce que ces
Iravaux offrent de nouveaii, et eviter de publier coinmc des
decouvertes des faits observers depuis long-temps a Copcnhague,
a Gottembourg, a Stockholm, a Upsal, a Lund, a Saint-Peters -
bourg ou a Moscou. L'ouvrage de M. Siliumachcr est aussi une
preuvc de cette derniere assertion, car un assez grand nombrc
des genres qui y sont etablis ont ele faits en nienie temps ou de-
puis en Angletcrre et en France. A I'epoque ou se publiait cct
ouvrage , M. Cuvier faisait paraitre son Rcgne animal, les trois
derniers vol, des Animaux sans vcrlcbres ont ete iinpriines de
1817 a 1822, et enfin les travaux de MBI. Leach, Swainson,
Sowerby, Gray, sotiI tons posterieurs a 1817.
Apres une dedicace a Frederic VI , on trouve un discours pre-
liminaire ou I'auteur expose les diverses modifications apporlees
au systeme de Linne, la difdculte de fonder une classificalioii
bas6e sur la connaissance des animaux des coquilles, et cepen-
dant le peu de progres qu'ont fait faire a la science les natura-
listes qui, suivant la methode linneenne, sont restes attaches aux
corabinaisons artiiicielles. M. SchumacJier n'etait point alors au
courant des travaux des Anglais et des Francais sur les animaux
des mollusques , travaux qui , joints a ceux qui ont etc ejitre-
pris depuis, ont donne tons les moyeiis d'asseoir des families
naturelles dans les mollusques coinme dans les autres classes. Cc
naturaliste etait encore a I'epoque oil il publiait son ouvrage en
doute sur I'organisalion de I'animal de I'liyale, et sur ses r;'.p-
ports avec le Char dc Gioeui, chose deja bicn eclaircie alors par
Draparnaud, Ihuguicre, et les observations de M. Cuvier.
M. Schumacher ayant remarquo, dans les travaux metliodi-
ques des conchyliologistes qui ont reforau; I.inne, bcaucouj) dc
divergence, dc contradictions et une absence de regies fixes, i\
t'oulu presenter un Essai dans Icqucl tout' s les coquilici qn'd
234 Zoologie.
conniiissuit seraient classees d'apres dcs bases uniformes ct bien
detenuinees. Son ouvrage se fait remarquer par la precision des
caracteres generiques qu'il a traces; et, sous ce point de vue , ce
savant inerite certainement d'etre compare a M. de Lamarck ,
dont en general les travaux soiit des modeles sous ce rapport,
Mais I'un et I'autre fondant leurs genres sur les formes ou les
accidens des coqulllcs, ces genres se sont , en grande partie,
trouves sans appuis reels ; et I'etude de I'organisation de leurs
animaux est venue, et vient cliaque jour, prouver que la ra^-
thode artificielle rompt tons les rapports naturels des moUus-
ques. L'ouvrage que nous annoncons montre surtout le \ice de
cette methode; car, pour ^tre consequent, il fallait comma
M. Schumacher, suivre dans loute la serie descoquilles les memes
principes pour I'etablisseraent des coupes generiques, sans quoi
la mutliode devenait toute arbitraire; et, comme le but de M. Schu-
macher etait precisement de remedier a cet arbitraire qu'il re-
marquait cliez les partisans de cette methode, il a du Irancher
dans le vif ; et , puisqu'on prenait les formes et les accidens pour
distinctions generiques, partout ou il a Irouve dcs anomalies
remarquables, il a du creer des genres.
Si sa collection eut ete plus considerable , on sent qu'ii en eut
fait davantage encore ; car les combinaisons accidentelles de for-
mes (itant infinies dans les coquilles , il serait arrive a etablir une
immense serie de differences generiques. Veut-on coiinaiire oii
nienela consequence des principes admis pour les nielliodes artifi-
cielles, il faul comparer les ouvrages de Montfort pour les unival-
ves, dcMegerle pour les bivalves, etcelui de M. Schumacher pour
les unes et les autres , a l'ouvrage de M. de Lamarck , oil deja les
subdivisions ont etc poussees si loin ; et Ton trouvera des genres de
ce dern er auteur dont la phipart des especes sont devenucs des
genres particuliers che/- ces premiers auteurs, et cela a tout aussi
bon droit que pour une partie des genres de Brugniere ou de
M. de Lamarck. Dans le genre Bulla, par exemplc, de ce der-
nier savant, la Bulla ,lignaria est devenue, pour M. Schuma-
cher, le type de son genre ylssula; la Bulla Ampulla de son
genre Bulla; la Bulla naucuiit du genre Naucuin • la Bulla
I'hjsis du geiuc Uydatina; la Bulla aplustre du genre Aplus
</•«///; ainsi voila 5 genres pour 1 1 cspdccs. Les 3i especes dii
genre Triton, de M. de Lamarck, .sont partagees en 7 genres
di.Nlini'ls : Laiiij)as , Bufontirin , l.aiupuaia . Colubrai ui , li ipana,
Zoologid. 235
Distorla , et Romdmin; le genre Doriiix , adopte par M. Schu-
macher, lui fournit en outre les genres Hrcuba, Latonn , Me-
toe , etc., etc. Je pourrais citer une foule d'autres exemples;
niais on doit reconnaitre que M. Schumacher n'a eu qu'a glaner
apres les travaux de Montfort et de M. Megerle de Muhlfeld.
Du reste, quelque peu fondes que soient hi plupart des genres
de ces savans, quand on les rapproche des divisions nalurelles,
comine les differences qu'iis caracterisent ont etc signajees sou-
vent avec beaucoup de talent et de sagacite , leurs travaux
seronl fort utiles pour former , dans les genres naturels , des
coupes d'un ordre inferieur, lesquelles serviront de lil pour
arriver a la determinaison des especes.
II ne faut done chercher dans rouvrage de M. Schumacher
aucun ordre naturel. Frappe de I'analogie des Oursins et desBa-
lanes , il comprend les Echinus dans son travail; et comme par
les P ers Testaces , ce savant entend tons les animaux pourvus
d'une enveloppe calcaire , il les divise en deux sections , les Mo-
noi/ialaines (ceux dont chaque coquille univalve ou bivalve
n'cst habitee que par un seul animal), et les Polythulames \
ccux-ci sont les Polypiers, les Coraux, dont il ne s'occupe ce-
l)endant pas, et qu'il ne menlionne que pour memoirc. Certains
genres que Ton est accoutume a voir places les uns pres des autrcs,
ou bien les demembremens d'un meme genre sont dissemines
dans la serie de raaniere a changer toufes les idees d'analogie
dont on avait I'habitude. Par exemple, le G. Hydatina {Bulla
Sp.), est place entre le Sigaret et les Ncrites, lesquelles sont
suivies des Scalaires et du Bulimus Columna de Bruguiere ; le
G. Aplustrnm ( Bulla), se trouve entre les Harpes et les Tonnes ;
les autres genres demembres du G. Bulla sont places entre les
Nautlles et les Argonautes , etc. , etc. Ajoutez a cela une prodi-
gieuse quantite de noms nouveaux , ct Ton pourra alors se faire
une idee du travail auqnel nous avons du no\iS livrer pour bien
saisir res|)rit de cet ouvrage.
Un premier tableau analylique qui suit le discours prclimi-
nairc fait connaitre la nomenclature, les divisions et subdivi-
sions adoptees par M. Schumacher pour les monothalames. Un
second tableau offre I'cnsemble des genres caracterises par une
phrase latine, ensuitc vient la description plus detaillee de cos
genres ; cette descrij)fio:i offre eu outre I'indication de leur sub-
division, la citation d'une ou de piusicurs (•■^pcccs, pour chacuu
256 Zoolo^ie.
d'eux, tnlilion accompngnec de colle d'une fiyuic au nioins,
afiii de fixer l»'s idees; puis cnfin , tres-souvenl , des icmai-qurs
precleuses sur la synonymic de ces especes, ou sur les fircuis
oil soiit tonibes a leur sitjet les naturalisles qui ont devance
M. Schumaclier. Cet auteur a profite dcs travaux de Rcl-
zius et de Spengler pcu connus en France , de ceux dc Rru-
guiere, Bnso , Megerle, etc., el des ])rcniiers ouvrages de M. de
Lamarck. 11 ne parail pas avoir coiinu cclui de Monlfort , en
sorte qne bcaucoup de genres ctablis par celni-ci et par M. de
Lamarck dans sa deuxieme edition des Aniinaux sans icrtrbres ,
ou par d'aulres naturallstes , ont cle egalement proposes par lui.
Nous n'avons trouve du reste dans cet ouvrage qu'un seul
£:;enre forme ])our nne cof[iillIe qui nous sembie inconnue. Cette
cspece fort reniar<inablc nous parait appartenir a la familfc des
IVayades de BL dc Lmiarck, et se rapprocher de ITIyric el de
YUnio nlatus de 1\L Say. Peut-e'ire ne differe-t-il ])as du (i.
Dipsds du l)"^. Lead) ? Voici la phrase caracteristiqiie de ce
nouveau genre que M. Sclmmaclier a nonnne C'RisTAivr^.
Testa subinflata, sequivalvis : valvis in utraquc exlrcniilate
hiantibus.
Cardo : in utraque valva srrobiculus cardinalis reclilineus ,
linearis ; ligamenlum robiistum , externum ; callus parallclus , bi-
fidus, ramo inferiori acutiori atque longiori.
La cliarnierc scule eu est dessinee , ainsi que celle de la pln|)art
des genres de coquilles bivalves; quant aux genres d'univalves,
M. Schumacher a pense qu'il etait inutile deles f.iire figurer. Les
figures en noir comprises dans 22 pi. gravces sonl tres-purc-
inent dessinces, on voit qu'elles ont etc failes avec soin. Les
details dis cbarnieres sonl surfoat rcnJus avec beaucouj) d'in-
tclligence.
L'eludc (lu travail de SI. Sclmmaclier renilra fr^qjpanlu celle
veritc; cv^X fjii'ilfaut oplcr , dtms hi fondallon cVunt- intlhndr
de clussificalion pour les coqudics , cnlre lu tonsidrintion du
test ou cclle dc son animal. Les systenies francais ou Ton a voulu
concilier ces deux b.ises en fondant les grantles coiiih--. sur h:.s
animaux , ct ks genres sur les cocpjilles seules , out donut; nw
resullat balard tout arbitraire, ct bien nu)ins certain, i)0ur ar-
river a reconnaitre les genres, <pic celui de M. Schumatlier, qm,
plus consequent , a base Ic bicu uniqucment sur les accidfin dx
test , et qui par consequent n'a pas ilu se plier aiix coniljinaisons
mixtes des prcniicis, et dctruiie ainsi la chaine ties rapports qui
peiiverit exister entre ties corps qiiand on les examine com-
parafivemcnt. !■•
189. Les genres de coquiiles de Lamarck. [Journ.of Scietic,
Lit. and Arts, Janvier 1824 , p. 2/, i , avec fi;^. )
Cet article est la continuation et la fin de la dcs(rii)tion tics
fienres de M. de Lamarck , ilont nous avons annonce ie commen-
cement dans le Bulletin de ft-vrier dernier, n". aSg ; il comprend
les Cephalopodes et les Heteropodes, La planche qui accompagne
cclle piirtie de ce travail olfre le meme iuteret que les prece*
tlentes. t-
190. ExTRAIT u'lINE LETTRE DU D' . J. C. VAN HaSSELT AU
Prof, van Swinderen, sur les MoUusques de Java. ( traduit
de XAlgem. Konst en lettcihodc, 182 'i , n"^ 2,3,4.) Tjuringe
( lie Java), le 25 mai 1823 (i).
Je dois nies noirbrcusrs di'couvcrtcs dans celte classe a un
sejour de quelques scmaincs fail a yijijrr-haie , assez connuede
tous les marins qui Iraversent le delroit de la Sonde, ctant le
premier ou dernier lieu qui leur procure quelques rafraicliisse-
nicns. Toute la bale, quoique offraut a cpielque distance de la
terre una profondeur suifisante, meme pour les plus grands vais-
seaux , est comme ccinte de rtJcifs de coraux ; c'est sur ccs rticifs
quejeme rendais journelleraent pendant la maree basse, attendu
que c'est le seul temps ou Ton puissc atteindre ces anlmaux , en
allant seulement a deini-corps dans I'eau. C'est la oil j'ai rccueilli
un grand norabre d'objets inleressans, (jui, s'ils arrivcnt lieureu-
sement, mettrout, je I'cspere, le Musce general des Pays-Bas i»
meme de se mesurer en richesse, du moins quant a la classe des
mollusques, avcc Ics premiers ctablissemcns de I'Europe.
Voici ce tjue j'ai pu examiner , decrire el faire dcssincr.
NUDIBRANCIIES. Cuv.
Genre Doris Lin. J'en 317 especes, dont 3 appartiennent a
la i"^". division de Cuvier , « especes a mantcau ovale ; « et 4 a 1«
a'', tlivision , « especes a manteau presque aussi ctioit que le pied."
Quant a la 1'*. division, quelques especes y atimiscs me sont iti-
connucs, telles que toutcscelles de Miiller, le D. Ar(;o Bohadsch,
(1) Noin ilevons cette Iradiulioii rrrtifit-c .'i M. Boio.
S58 Zoologie.
le D. stellata de Bomnie , etc. II faiuira done comparer a ccllcs-
la mcs especes, et les noms que j'al ctablis no devront ilre con-
sidcres cpie corarac provisoircs.
Section Ire.
i) D. JAVANICA Mihi (^salt's vulgarisy
Corpore ovali, margine simplici , undidato , siiprh f unco ^ nigra
cinereoquc mannorato et maculnto ; subtits vern alhcsccnte , hnui-
neo maculalo , piresertim infra et circiim pcdem. Limho flavo-
marginoto ; dorsopustulis rotundis miniitis rugoso ; truncis hrcm-
chialibus 6, romosis. — Long, post mortem , o, i , 4 — o,3, /(.
Latit., o, 1 , 2 — o, 2 , 6.
a) D. RADiATA M. Tab. nost. (species ram. )
Corpore suhorbiculato , sujmi com'exiusculo, suhrugosn ,fus-
rcscente nigra, alhoquc mnctdato, punctata et radiato; nmculis '\
magrtis albis , serie longitudinali inter tentaculn et branchias dis-
positis. Punctis albis et nigris niixtis per totwn corpus dis'persis ;
albis punctulo nigra centrali notatis ; margine albo radiato , radiis
ramosis ; branchiarum truncis 6 , truncis et ramis albis, rainus-
<;ulis nigris , medio dorso nigra, rete angusto , albo picto ; pallia
margine postice inciso,- — 'Long., o, 2, 6. Latit., o, i, 7.
3) D. CESPiTOSA M. Tab. nostr. ( satis vulgaris.)
Corpore magna , pallia crasso , ubique plagis aut cespitibas
obtecto , ad marginem in circulis parvis seriatis distributis , me-
dio corpore latis , magnis , ad lineam dorsi mediam , secundam
lineatn angustam constituentibus. Colore olivaceo ; tentaculix
brevibus {exsertis vix foraminum marginem altitudini supe.ranti-
bus) apice incras satis ad oris latera 1. Truncis branc/ualibux G-
ramosis. — Long., o, 3 , 10. I.at. , 0,2,6.
Section IP. Toutes ces especes me paraissent nouvcllcs.
/j) D. LiNEOLATA M. Tab. nost. (satis vulgaris. )
Corpore elongato angusto , pede longiore , pastier acuta, c<i-
jute ratundato , colore tiigro Jlavoque angustissime lineolata ;
margine tarn pallii qunm pedis aurantiaco. Branchiarum truncis
pluribus simpliciter pinnatis. — Long, usque ad pedis partem
l)Ost. , o, 1,0. — pallii, o, o, 10. Lat. pallii, o, o, 5.
5) D. ALr.A M. Tab. nost. ( sp. rara. )
Parva, te.xtura tencra , colore albo puriisinia , pallio et capile
aitidntidco marginatis; pede jutllia longiore , pa\tire acuta ; bran-
Zoologie. aSg
chiis 10, lamellosis , simpUcibus ^ atirantiacoad unum latus mar-
ginato , tentaculis-i brevibus , aurantiacis, exsertis pallii inargi-
nern longitudine superantibus. — Long, pallii , 0,0, 7. — tota
usque ad pedis part, posteriorem, o, o, g. Lat. pallii, o, 0,1^.
6) D. PUNCTULATA M. Tab. nostr. [species rara.)
Parva, textura tenera , colore albo , pustuUs nigiis elevatisy
minutissimis, raris ; tentaculoruin apicibus et branchiarum nigris,
pede pallia vix longiore. Branchiis 6 , lamellosis , apice bifidis ,
margirubus dentatis. Long, pallii, o, o, 7 -^. • — usq. ad pedis
partem posteriorem , 0,0,8^. Lat. pallii, 0,0, 2.
7) D. siNDATA M. Tab. nostr. [rarissiina species.)
Pallii margine sinuato, sinihus 6 aut 7, dorso medio cari-
nato ; carina tricuspidatd , cuspidibus obtusis , posteriore bran-
chias antice obtegente, majore ; pede pallio longiore, obtusius-
culo; antennis 2 satis longis , pallium ad sinuum secundum perfo-
rantibus ; colore iiridi coeruleoque punctulato ; ocellis coeruleis ,
ocelk) sinus cuique opposito ; infra albo. — Long, usque ad pedis
apicem, o, 0,87.
Selon Peron, les Doris feraient sortir de I'ouvertiire voisinc
de I'anus une matiere filamenteuse, secretee par I'organc glandu-
leux dont M. Cuvier a donne la description. Je n'ai trouve confir-
mee cette observation de Peron dans aucune des especes obser-
vees. Elles ne conimuniquaient aucune teinte a I'eau dans Inquelle
jeles conservais vivantes. Enfin je n'ai pas vu desoi-disant yeux
ou de points noirs dans ces mollusques.
J'ai trouv6 le Boris ccspitosa pre'cisement dansle moment de
frayer : les oeufs etalent couleur d'orange et enveloppes d'un mu-
cus jaune, qui unissait les oeufs deja frayes a ceux qui ne I'etaient
pas encore.
Genre Eolidia. J'ai trouve encore 2 especes, indepcndam-
ment du leuconotus dont je vous ai parle dans ma precedentc.
i) E. ALBA M. Tab. nostr. ( Species rara.)
Colore albo subincarnato ; branchiis lamelliformibus , planis^
subaspcris,confertissimis,perplurimis; lateralibus minoribus, tne-
dianis longioribus; antennis 4 subwqualibus , posterioribus 2
utrinque branchiis circumdalis;processibus ad oris ungulos nullis;
punctis nigris nullis. — Long. 0,0,7 t*
Celte espcce avait besoin d't'tre compan'e a d'autrcs dtja dt-
a4o Zoologie.
crites ; mais la iuivantc est crrlMincmont n^tivelle, clle appartiertt
au genre Carolina Brug.
a) E. MACRORRANCHiA. Tab. i)OsU;e. ^ I'ulj^aris.)
Corpore tenia, a n gusto , tencro , olho nut subincarnato albo •
hranchiis lorigis , tercliuscuUs , per series transi.'crsas 4 clispo-
sitis; postcrioribus confertis ; omnibus inccqualibus; cxterioribus
viinoribus; interioribus longioribus; antennis \,postcrioribus bre-
i'ioribus, punctis nigris nullis; jnnrgine oris hiterali crassiusculo;
appendicibus ad oris angulos nuUis. — l.ong. 0,0,7.
Les brancliies de YE. alba sent ])Ourvucs interieuromcnl d'un
reseau vasculaire, dont les petits vaisseaux se reunissent a la base
de chaque braiichle en formant ua tronc commun, et Ics troncs
de toutes les lirancliies s'ouvrent dans un vaisseau plus consi-
derable silue longiludinalemenl sur le milieu du dos. Ces faits ne
iiaraissent jias laisser le inoindre doutc sur la fonction des pclits
aj)pendices du dos, que je regardc avec M. Cuvier comoie de
veritables brancliies , quoi qu'cn puisse croire M. Bojanus. Get
auteur ( /.v/y, 1820, call. 7 , p. 418 ), parait revoqucr en doute
que, en general, Ton puisse bicn prouver la I'onction supposec aux
organcs, que, d'aprts les recherclies excellcntes de I\I. Cuvier,
on est convenu de regarder couime des brancliies dans les
raoUu^qnes; mais tout au moins pour les EoUdics ce doute no
peut plus subsistcr.
Le sang conlenu dans les vaisseaux est un flnldc screux ou sent
suspendus de pelils globules libres d'une couleur plus foncee;
des globules blancs beaucoup phis gros claient renfermes dans
I'ovaire. Voila loutes les observations anatomiques que I'ctat de
ranimal me permcttalt de faire.
Outre les Nudibranclies enjimeres , j'ai decouvert encore
d'autres mollusques appartenant a cet ordre, sans pouvoir etre
ranges dans aucun des genres connus jusqu'alors , ce qui m'a
oblige d'cn faire de nouveaux.
CrNRE Placobhanc.hus (77).>.;, lamelle). Mihi.
Pallium li pcde non scjunctum , adnnluin, cumpedc simphcein
lominum constitucns. Latera corporis in mollusco non irritnto ,
errcta , dorsum tegentia, in irrilato conlrii, capitc siniul retracto
deprcssn ; latus supcrius seu dorsum, tunc dcnudnlum, Inmellis
Zoologie. 24 1
tenerrimls, confertis, longitudmalibus, simpUcibus, antice ex cen-
tra communi provenicntibus superficiem respiratoriam consti-
tuens; cor cum inlestinis quibusdam sub centra tmnido dorsire-
conditum et ad ejusdem latusdcxtrum duo aperta foramina, an-
terius ovarii, posterius ani; caput a later ibus sejimrtum antic^
rotundatwn ad latera bicomutum , cornubus subtus late sulcatif
seu cancans; oculiin medio capite minutissimi 1 approximati, re-
tractiles; os inferum ad latera lametlatum', lamellis 2 acutiusculis
tentaculiformibus; animal hermaphroditum , ostium masculinum
cum pcne in basi carnu dextri reconditum.
1) P. ocwLlatus M. Tab. n. {Vulgaris.)
Superficie inferiore laterum{excitorum) capiteque olivaceis,
serie ocellorum marginatis, ocellis nigroannulatis ; reliqud late-
rum parte albo ocellatd; ocellorum centra nigra; superficiei res-
piratorice lamellis seu branchiis viridibus. — Long. 0,10.
L'anatomie de I'unlque espece de ce genre m'a fait connaitre
une ouverfure de Louche sans trompe, et un canal intestinal tu-
biforme, large, et si court, qu'II ne s'efend pas plus loin que de
la bouche au cote droit du bourrelet central du dos, s y terminant
en anus superieur. L'ovaire , que je vis dilate par un grand nom-
bre d'oeufs de diverses grandeurs, et dont les plus gros etaient
les anterieurs, est situe immediatement au-dessous de la surface
respiratoire. Les tubes reservoirs des ceufs sc reunissent au bour-
relet dorsal pour former un canal comrnun, situe au-dessus de
toutes les entrailles,excepte rintestin,et s'ouvre au coto droit et
en devant du dernier.
La verge, prolongement termlne en unbouton bicuatre, cstca-
chee dans un canal qui n'est que la continuation du sillon creuse
sous les cornes laterales; un vaisseau deferent, tres-fm, s'y rend
des testicules, organe glanduleux et de forme allongee, situe au
cote droit du bourrelet central.
Le coeur, place au cote gauche du bourrelet, est prcsque rond
et d'une couleur roussatre.
Les branchies sont continuellement exposees a I'influence de
I'eau ambiante, nieme lorsque les cotes du corps sont releves jus-
qu'a se toucher par leurs bords supcrieurs ; car ces parois for-
ment alors au-dessus des branchies un canal ouvcrt aux deux
cot^s, et oil I'eau pent librement enlrcr. Ellcs rcsscmblent a dfr^
B. ToMK lU ,6
2^2 Zoologie.
I.inielles Uis-rinci. qui, sur le (levant du dos, partcnt d'un point
central, et sc perdcnt sur le hord cxtcricur. Des qu'on expose la
surface respiratoire a I'air , elle se couvre d'une liumeur blaiiclie
ct sans iicrete.
Genre Abranchls Mihi (i).
Corpus ovale, lamelliforme, planum, simplex^ dorso convexius-
culo; disjunctio pallium inter et pedern nulla ^ nee corpus inter et
caput; OS inferuin ; puncta nigra ad corporis partem anticam ex
plurimis punctulis nigris minutissimis constituta duo ; tentacula
nulla, at pAicce duce marginis corporis anterioris se^apitis^ ad
instar tentaculorum extensilcs, breves. Branchice nulla.', nee ullus
cutis processus.
i) A. GLAUCOLEUCUS M. Tab. noslrae. [Species rara.)
Corpore glabra alba, margine ct stria dorsali simplici cceruleis.
Long. 0,0,8 ^.
Le seul indlvidu de cette espece que j'al vu se trouva sur un
recif de coraux au Peperbaai ( bale au poivre) j mais comme il
ctait trop petit, je n'ai pu en faire ranalomie.
Une lanielle simple, plate et ovale, qui se i.nciJt sur le plan in-
ferleur, et dent lu longueur ne surpassc pas S lignes, voila lout
I'extcrieur de cc raollusque. Deux plis de la peau relevOe lui
tiennent lieu d'antennes , et c'cst par nn mouvement ondulant
du plan interieur que s'opere la locomotion de I'animal. II habite
dans I'eau, mais a I'aide de son pied il pent aussi s'elever a sa sur-
face, et, le corps renverse, y changer de place. Mince, jus-
qu'a etre transparent, il ne parait pas avoir eu bcsoin de bran-
cbies, parce que, sans cet appareU de respiration, son sang est
deja expose partout a I'influeuce de I'oxigene.
Genre DERMATObRANCHUs Mihi.
Caput planum, semicirculare ; os subinferum ; tentacula ca-
put inter et pallium perpendiculariter extensilia , retractilia
[nee tauten inversihilia), brevia, approximata, punctis nigris nul-
lis. Pes latiusculus a pallio dislinctissimus ; pallium tenerum ,
(i) Cct auimal ne serait-il pas voisin iles Planaires ? Dans lous les
cas il ne saurait restcr dans la section dcs mollusques Nudtbranches a
laquelle son auteur le rapporie. {.I\'ole du Pu'daclcur. )
Zoologie. 243
fitxiblle, antke latens, rotundatum, postice angusto-acutum , la-
terum marginibus rejle.ru, scepe coarctatum ; superficies superior
nut slriis aut pustulis elongatis rugosa , respiratoria ; latus dex~
trum inter pedem et pallium ostiis trihus ,piriino pone caput ee-
nitali 'an ulriusque sexus ?], secundo aniet tertio organi secretorii-
generalio hermaphrodita.
i) D. STRiATUs. Tab, nost. !' Vulgaris.^
Corpore nigro, flavo fuscoque variegatissimo ; dorso mucosa
sulcata, sulcis simplicibu.9, longiludinalibus , rectus , parallelis •
capitis ct pedis m.argineJIaio\ tentaculis apice nigris; pallio an-
tice Imarginato. — 'Long, pallii, o,on Lat., o,o3. — Corporis
totnis, 0,1.
2} D. PusTULosus. Tab nostr. [Rarior.)
Dorso e flavo , violaceo nigroque vario, marmorato , pustulis
subserialibus tecto , tentaculis subcapitatis rugrescentibus, centra
aJbo unipunctato. — Long, pallii, o,i5. Lat., 0,04. Long. corp.
totius, 0,12.
3) D. coWATOPHOEus. Tab. nostr. (Kara.)
Dorso cjusdem fere coloris ac impustuloso, pustulis tamen
nullis, sulcus obliquis, transversis^ parallelis ab utroque latere in
lineam dorsalem medianam antrorsum recto angulo confluenti-
bus, margine undulata. — Long, pallii, 0,1 3. — corporis, o,oi^. •
Lat. pallii, 0,0/1.
Le ccEur est place immediatement au-dessous du raanteau un
peu en avant du milieu du dos. L'oreillette v est situee derriere
le ventricule. L'aorte, en partant du dernier, se divise d'abord
en 1 troncs au-dcssous desquels est place I'oTaire. Un organe
qui en prend le dessous, ct dont il est presque entierement en-
toure, reinplit en meme temps la majeure partie du corps en
arriere, et comme sen parenchyme est compose de cellules vq-
luroineuses, je le pris d'abord pour le poumon, organisation
qui aurait valu a ce moUusquc unc place aupres des Ouchidies.
L)es observations repetees me firent cependant remarqiier que
ranimal vivant ne tachalt jamais de respirer Fair, et je ne
vis pas non plus que rouvcrture appartenant a cet or^ane
s'ouvrit. Jetant ensuite i'aniraa! dans I'esprit-de-vin , celui-ci en
fut colore, ct je fus convaincu que c'elait plutot un organe de
secretion dont I'ouverture sc trouve a sa partie antericure
ctant la dernicre des ouverturcs pcrpces sur le cote droit
2 44 Zoologie.
du mojlusquc , cntrc le mantcan et Ic pied. Le testiculc se troupe
dans la partie anterieure du corps a droitc , tout pros dc la par-
tie anterleurc de rovaire; Ic vaisseau dofercnt qui en sort aboutit
a la premiere ouverture du cote droit, apres s'etre insensible-
ment elargi. Deux appendices reunis et places a la fin de ce ca-
nal sont probablement de quelque usage dans I'acte de la copu-
lation. Je n'ai pu voir rouvcrture de Tovaire; serait-ce qu'ellc
flit placee si pres de celle de I'organe male, comma dans les
Doris, que la petiresse et la delicatesse memo du corps nc m'en
perraissent pas la decouverte?
L'anus est perce entre Touverture dc generation male et celle
de I'organe dc secretion, mais cependant plus rapproche du der-
nier. L'intestin ne parait faire qu'nn seul tour; il part a la fin
de I'estomac, de la face interieure d'un sac pylorique triangulairc,
qui est mnni d'une etroite plaque de corne. Une glando intime-
raent attachee k la premiere partie de l'intestin parait avoir la
fonction da foie.
INFEROBRANCHES. — Genre phyllidia, Cuvler.
i) Ph. verrucosa Tab. nostr. {Species rara. )
Corpore ovali sulcis viridibus nigrisque irregulariter erarato,
supra plagis viridibus tuberculosa, sulcis circumscriptis ; punctis
nigris nullis. s^— Long., o,i li. Lat., 0,09.
2) Ph. nigra M. Tab. nostr. ( Species rara.)
Corpore longiore , ovali , e nigro olivaceo , pedc et latere infc-
riorc e coerulco nigricantibus ; pedc rugoso, margine ad rostrum
fisso ; tentaculis infcriortbus extra pallium nan cxtensilibus ; ore
absque proboscide ; punctis nigris nullis. — Long. ,0,111. Lat.,
0,09.
TECTIBRATNCHES. Je me suls procure encore 2 cspeecs, sans
compter la Bulla dont je vous ai parle dans ma precedente.
i) DoLABF.Li.A RnuMPHii Cuv. Tab. nostr. {Species rara.')
C'cst encore au Pepcrbaai que je I'ai trouve sur un r«'cif dc
coraux. Au reste, la figure que Ruwphius a donnec de son cspecc
etant a peine reconnaissable, c'cst plutot par conjecture que par
preuve que je regarde la mienne commc identique avec ccllc-la.
Les appendices dc la peau, qui, dans la figure dc Rumpliius,
rcsscmblcnt ades vcrrues, sont veritablcment dcs prolongations
considerables, pointucs, etgarniesde branches; dies s'allongcnt,
Zoologie. . 245
se retreclssent, sout tres-sensibles, et servent comiiie iiutaiit
d'antennes. La fenle du dos renferme iateiieuremcnt une piece
calcaire , est anterleuiement et posterieurement pourvue d'une
ouverture tubiforme, et c'est par la que I'eau peut etre recue et
rejelee avec force. L'ouverture posterieure verse encore une liu-
meur de couleur violette, propriety que Pero/i ne parait pas
avoir remarqnee sur ses Dolabelles. Les yeux et les points uoirs
sont assez visibles de chaque cote, entre les a antennes.
La forme generale de ce mollusque represente un cone h base
un peu oblique, et dont la pointe est formee par la tete.
La seconde iiouvelle espece de cet ordre est du genre Bul-
hva Lam.
2) BuLL/EA ALBA. Tab. Dostr. ( Rarisairna species.)
Corpore toto albo ; capite lalissimo , piano , subflavescentc ,
reliquo aniinali subcequali; tentacidis nullis hiisi lata ilia ca-
pitis superficies pro tentaculo hubenda ); punctis nigris nullis ;
testa calcared maculis rujis pictd. — ^LoDg., o,23. Lat., 0,11.
PULMONES. J'ai ^ vous rendre compte encore de deux ob-
servations.
i) Dans I'ilot dudetroitde la Sonde, appele par les IIoILmdais
Di^'urs in den weg , j'ai trouvc un nouvel Helix que jo u'avais
jamais vu a Java.
2) Trois nouvelles especes du genre Registojia ont ete re-
cueillies au pied du mont Harang.
3) Enfiu i'aidecouvert un Suc<;ine\ qui habile los plaiitos aqua-
ti([ucs du lac situe au pied dudit Harang, vers ie N. O. C'est ini
gcnie de plus que Java a de coiumun avec I'Europe.
Mes remarques sur les Mollusques observes ayant dtja rendu
voluniineuse la presente, c'est pour la prochaine que je laisse
nion rapport sur les Actinics ct sur differens autu s gciues de
Polypiers et Radiaires.
lyi.Dr.scRiPTioN des cohuilles fossilesues environs dePakis;
parG.F. Desuaves. a*', et 3". livr. (V. lo -Bull, d'nout, n". 3oy.)
Nousavons, dans le n". precedent , indique somniaircmcnt le
contcnu de la i""". livr. de cet ouvrage : avant de passer aux sui-
vanles nous t'crons counaiire quelques heureux changeniciis ap-
jiorliis par M. Deshayes auK genres de M. de Lamarck.
Le genre Ghana dc Rcl^^ius, ou Gastroc/uirai dc Spongier,,
^46 Zoologie.
«''tabli et parfaitemcnt limiie il y a plus de 3o ans par ccs sa«
vans, avail etc nommc Fistulane par Bruguiere, qui ccrtaine-
ment I'avait empruntc dc ces deux naturalisles, puisqu'il a fait
copier les figures de Spengler dans rEncyclopcdie mttliodique.
Par une inadvertance echappee dans un si vaste travail, M. de
Lamarck, qui avail d'abord adople ce genre sous le nom impose
^ tori par Bruguiere , au lieu de lui rendre celui de Retzius on
celui de Spengler , a cru devoir reproduirc en double , dans la
a*^. edit, des Anirn. sans. vert.^\e genre Gastrochene,tout en con-
servant le genre Fistulane. M. Sowerby, qui a parfaitement repre-
sente deux especes de Gastrochenes avcc leur tube, n'a pas rcleve
cette erreur, dans laquelle n'est point tombe M. Scliumacber^
M. Deshaycs, en reunissant le Gastrochene au genre I'istulane, a
remis les choses dans Icurs rapports naturels ; mais il eut encore
mieux fait en reunissant les Fistulanes au genre Gastrochene.
IVous avons cu tort dans nos tableaux de ne point consulter les
sources au sujet de ce genre, et d'adopter I'erreur de M. de La-
marck. DI. Deshayes a aussi indique trcs-justement,avec M. Schu-
macher, la Fistulana gregata, commedevant sortir de ce genre
pour rentrer dans les Tarets ou Schrotter I'avait ires-naturelle-
ment placee , el ou Bruguiere lui-meme scmble I'avoir conscrvce.
Le Gastrochene avail etc nommc Ryxellaire par M. Flcuriau de
Bellevue.
La a", livr. commence le i*^. vol. dc I'ouvrage, mode de publica-
tion pcuusite, et desagreable pour les souscriptcurs qui ^cu!cnt
uommer les especes de leur collection. Elle offre d'abord le tableau
de la classification desMollusqucs par M. de Lamarck; puis des ge-
neralitcs sur les Ptcropodes , sur les Gasteropodes, el sur les pre-
mieres families dc ce second ordre, savoir celles des Tritoniens, des
Phyllidiens, semi-PJyllidiens et Calyptiaciens. Au sujet des Ptc-
ropodes M. Deshayes nous semble eire dans I'erreur en avan-
cant que les six genres qui composent ret ordre tie jwurent ja-
mais se trouver ii I'ctat fossilc. Pourquoi ne tronverait-on pas
des Hyales, des Clcodorcs, des Limacincs fossilcs? Ii y a jilus :
c'cst f|ue , selon toufes les apparences, ia VagineHa depressa de
Daudin et de M. Bosc est une veritable Cleodore , ce qui nous a
engage a reunir ces deux genres dans nos tableaux des Mollus-
qnes, ainsi que M. Deshayes a pu le voir. Celle petite coquille
fossile si commune a Bordeaux , a Dax, se trouvo aussi aux en-
virons de Paris , ct Ton est surpris qu'clle ait cchappii aux in-
Zoologie. 247
vestigalions de M. Deshayes , qui (Vailleurs , quaiul il ne la
connaitrait pas aux environs de Paris, n'ignoie sans doutc pas
I'exlstence de la Vaginelle de Daudin, dont nos tableaux ont du
d'ailleurs Tavertir. Dans le Dictioiin. class., au mot Cloodore,
M. Deshayes decrit cependMnt comme une espece nouvellc une
coquille qui ressemble singulierement a la Vaginelle.
Le genre Oscabrion ne rcnfcrme toujours , a ce qu'll parait ,
qu'une seule espece fossile aux environs de Paris; le pcinlie I'a
si malheureuseinent rendue , que la fig, 2 ressemble a une dent.
Quatre nouvelles especes de Patelles sortt signalces par M. Des-
hayes, les P. DuclosU, costaria, striatula et glabra; les Parma-
pliorus angustus; Emarginula clalhrata ; Fissurella costaria, squa-
mosa, patclloulcs , clcgans , opercidaris ; Calyptraea Icevignta ,
sont les autres especes nouvelles, toutes bien distinctes, que Ton
doit dans cette livraison a M. Deshayes. No»;s einetlons de nou-
veau le vceu que ce zele naturaliste etudie la methode descriptive
des bons ecrivains : nous avons aussi a lui proposer pour modele
Adanson et Bruguiere; c'est comme ce dernier surtout qu'il
laut decrire les coquilles pour produire tin ouvrage vralment
utile, et Ton regrette que M. Deshayes n'ait point pris sa ma-
niere des le principc. Cette absence de description complete et
comparative se fait d'aulant plus sentir que les figures de qiiel-
ques genres sont vraiiner.t intolerables. Je citerai entre autres
les Calyptrees, surtout la C. crepidularis qui ressemble plutot
a une Werite, et les Erycines et plusieurs Corbules qu'il est
impossible de reconnaitre.
La 3«. livraison comprend la fin du genre Crassatelie. Trois
nouvelles especes y sont signalees , les Cr. sinuosa , tenui-striaUt.
et Scutellaria; celle-ci, rapprochee de la Cr. injlata , est fort
belle et tres-distincte. Le genre Erycine, qui suit, offre plusieurs
observations justes et bien entendues, M. Deshayes I'a debarrassu
d'especes hcterogenes, et il en decrit 3 nouvelli^s , les ^/jr/wa
Wnui-strid, elcgaiis et tellinoides .
Le genre nombreux des Corbules presente conijnc especes nou-
velles les Corb. exaratu , longirostr,i , ui/d)(>ih'lla , slriarclla ,
ampulacea, mirtuta, Faha. Dans ce genx'e les especes ne nous ont
pas ])aru aussi nettemcnt determinues. Du reste M. Deshayes
presente pour chaquc genre im historique soTivcnt Ires-incom-
plet , mais utile, des rectifications bien niotlvees dans c|uclques
caractercs gcneriqucs , ct j)Iusieurs obscrvjitions utiles , qui
24 8 Zoologie.
montrent qu'il est doue d'un esprit observateur,et qu'avec I'etude
de la philosophic de la science et celle de tous les fails constatds ,
il pourra se livrer, avcc avantage pour la science, a des trayaux
imporlaQs. F.
192. Sua LE Balea, par M. John Edward Gray, (Zool. Joum.
N". I, mars 1824, p. 61; et pour les fig., N°. H, pi. VI.}
II para it , d'apres la citation donnee dans cette note, que le
genre Bulea a ete etabli par M. Prideaux , et qu'il est indique
sous ce nom dans les manuscrits qu'il a laisses. Le D^ Leach
avail deja adopte ce nom generique depuis plusieurs annees;
M. Gray ne reconnait point ce genre, et avec raison il ne le
considere que comrae un sous-genre; el en rappelant qu'il cor-
respond a noire groupe des Anomalfs du sous-genre Cochlo-
dine, ii pense qu'on doit en retirer I'espece que nous avons
nofiimce cheiniiitziana, attendu quelle a le peristome continu
des vrais Clausilies. Dans un groupe ou il n'y avail que deux es-
peces, il ne nous avail pas paru necessaire d'admeltre denouvelles
coupures; mais acluellemenl que M. Gray nous fait coiinaitre
2 nouvelles coquilles qui serapprochenl dn perversa de Lin., type
de ce groupe, on pourra indiquer cette nouvelle couj)e, (jui fa-
cililera davantage encore la determination des especes. Mais dans
tous les cas , le ^rt/«i ne nous scuible point devoir coiistiiuer
raeme un sous-genre, il ue pcut jamais faire, rationnelleiiient
du nioins, qu'un groupe du sous-genre Cochlodine, a inoiiis
qu'on ne veuille considerer ce sous-genre comme un genre; mais
alors la question change de nature , ct nous ne recommencerons
pas Ici le proces de la melhode artificielle, qui est heureusement
abandonnee par tous les naluralisles au niveau de la science.
Les deux nouvelles coquilles que M. Gray ajoute avec M. Leach
au sous-genre Bulea nous avaienl ele indl(]uees par ce i'^'. sa-
vant dans riiiteressante et malheureusement trop courle corres-
jxmdance que nous avons eiie avec lui. EUes soul nommces
dans ses manuscrits, I'une Balea tristensis , I'autre B. veiitri-
cosa: toules deux vienneut de I'ile Tristan d'A'Cunha, el toutes
deux sont au Museum britannique. Les figures qu'en donno
M. Gray soot desslnees sur la pi. VI, qui fait partie du n". a du
Zool. Joum. La i'^''. de ccs opecos, que nous ne connaissons ni
I'uiie ni I'autre, morilre qu'ellc est bieii raj)procbco dajuivcrsa. V.
Zoologie. 24"^
193. CaRACTERES UE PLDSIECas NOUVELLES COQUILLES DU GENRE
Volute be Linne, avec des obs^rvatious sur I'^lat actael de
la Conchologie; par "W. Swainson, Esq. (^Quarter. Journ. of
Scienc. and y/r^j, avril 1824, p. aiJ-)
La description des nouveaux coquillages est preccdee d'ua
preambule dans lequel M. Swainson insinue que les Conchyliolo-
gistes francais ont le tort de vouloir faire sans cesse de nouvellcs
classifications , et d'etablir de nouveaux genres qui leur font per-
dre de vue les especes inhombrables qui se trouveut dans les
collections publiques et particulieres, dont on ignore les noms ,
et qui demeurent en grande partie inedites. UHisloire natiircUe
des (inimaux sans vertebrcSy&<iM. Lamarck, continue I'auleur,
a fait beaucoup, il est vrai, pour remedier a ce mal; elle con-
tient una serie considerable de nouvelles coquillcs , et eclaircit
un grand riombre d'espcces anciennes; luals d'un autre cotu
on peut remarquer dans la classification des especes le menie
abus de raffinement [over- refinement) , qui se tiouve dans la
classification des genres; c'est ce qu'on observe particulierement
dans scs descriptions des genres Conns, OLiva et Helix. Je ne
veux point deprecier le merite de ce grand homme, dit I'auteur;
sa reputation ne peut gagner ni perdre a nos eloges ou a nos
critiques; cependant comnie il a cle oblige de recourir a la vue
d'autrul pour finir ses deriiieis volumes, il eut peut-eUe niieux
valu pour ses propres inlerets et pour ceux de la science, a la-
quelle il a vouc sa lougue vie ct ses grands lalens, que ces vo-
lumes n'eussent jamais cte publics (i). Apres ces observations.
(i) Sans doute robseivation de iJ. Swainson est viaie; il faut dcciire
les esi)eces , niais il taut le faire dans uu es[)rit de de critique , et avec
la conuaissance uoa-seuleinent de ce qui a cite public , mais aussi a vue
des esjiLCes connues , apres s'ctie assure, par uu exameu coniparalif,
si I'espece qu'on veut faire coiinaitre est re'cllement uouvelle , et si
elle u'cst point une simple varitite. Or, lorsque le systcine ()ui classe
les especes ea groupes de divers orilres , ct qui peut seul I'ournir les
moyeu.s de se reconuaitre et de s'entendre, n'cst poiut eucorc assis j
iors()u'il y a auarchie et de'soidie daus la science , paice cpie riiabitude
enipeche le plus i;rjud uonibre des concbyliologistes d'adoiiter la ijie-
thode naturelle (pa seule ol'I're des regies fixes pour le cLisseinent; il
vaut mieux s'occuper u consolider lo sysliine qu'a etudier laborieuse-
meut les dil'iereuces subliles au niuyeu des([uelles le mot ^cnic rem-
pl.icera le mot o/;ccf, celui-ci Ic mot iW.i/i/k. Noua sommes encore
aSo Zoologie.
I'auteur passe a la description des especes qu'il croit avoir ecliappti
a rattention des naturalistes raodernes. Les 3 premiers appar-
tieniientau genre i'oluta, et le resle au genre Mitra, genre au-
quel il assure avoir donne une grande attention, dans I'espoir
de Teclaircir un jour par une uionographle speciale.
Les nouvelles especes dont il s'agit dans ce travail de M. Swain-
50n, et dont il donne des descriptions detaillees, sont : Valuta
chiysostoma, qui doit etre Cguree dans la S*". livraison de V Exotic
Conchology, et qui est rapportee aves. doute a la T'^oluta lutco-
stoma de Chemnitz, PI. 177, fig. 1707 et 1708. — F. gracilis et
V. costata. — 3Iitra tessellata, guttata ,fusca, acuminata, ca-
rinata , strigata et bicolor. F.
194. Descriptions accompagnees de figures , de quelques nou-
velles especes de coquiUes ; par G. B. Sowerby , F.L. S.{Zool.
Journ.yuo. I , mars 1 824 , p. 58.)
Les coquilles dont M. Soyrerby donne ici la phrase descriptive
en latin et en anglais, sont : i". Bulimus iostomus, belle etgrande
espece de cochlogene, dont la localite est inconnue ; on peut
soupconner qu'eliehabite I'Amcrique merldionale; 2". Dul. go-
niostoma Fcrussac, Prodr. n^. 441; V. Bui. odontostoma ^
tres-belle etcurlcuse espece de cochlogene a ouverture dcntcc,
du Bresil, et qui a de I'analogie avec notre Cochlodina Gargan-
tua; 4°. Natica patula , cetle belle et rare coqullle a etc nom-
inee N. Bomitlandi par M. Valenciennes , charge de decrire les
coquilles rapporteesde I'Amerique par M. le baron de Humboldt;
elle fait partie dcla planche 54 du dcuxieme vol. des Observa-
tions zoologiques du grand ouvrage de cet illustre savant. Ce qui
d'accord sous cc point de vue, avec M. Swainson , et comme il le laisse
entrevoir, c'cst peut-utrea line certaine ecolc francaise moderne qn'oii
pout reproclier d'avoir donne cettc fausse direction a la science. Mais
les Allcmands ct meme les Anglais nous ont bien dcvance's depuis.
Du reste, quelles que soicnt les errcurs qn'on puissc renconfrer d.ins
le dernier volume du Syslimc des animau.r sans uertebres , les natura-
listes de tous les pays ne scront point de I'avis de M. Swainson , ct il
n'en est point qui ne fiit tres-fJclie pour la science que ce ilernier vo-
lume n'eOit pas paru ; il n'en est aucun qui ne doive a son ilhistre au-
teur plus de reconnaissance encore pour les dernicrs travaux d'unc vie
consacrue avec tant de Constance ;'i la science qu'il avait cree'c , et sans
aucuDc distraction d'amhilion.
Zoologie. 25 1
lui donneuninter<it particulier, c'est que MM. de Humboldt et
Eompland la rcgardent comme etant fluviatile. lis I'ont trouvee
dans la Nouvelle-Espagne; 5". Melania la^vlssimay nouvelle es-
pece de la Guaira , ville de la province de Caracas. F.
195. Entomolooie ameeicaine. — M. Say, de Philadelphie,
dont nous avons si souvent signale les importans travaux sur les
diverses brandies de la zoologie de I'Amerique septcntrionale ,
va pubiier cet automne la premiere partie de son Entomologie
qmericaine. On sait que cet habile naturaliste nous a le premier
fait connaitre les moUusques des £tats-Unis, qu'il a fait partie
des diverses excursions dans plusieurs regions peu connues qui
ont eu lieu depuis quelques ann6es aux Etats-Unis, et qui ont
tant contribue a faire connaitre la geographic et I'histoire na-
tui'elle de cette vaste contree. F.
196. The butterfly collector's vadf-mecum. Table synoptique
des papillons anglais, avec des instructions pour les recueillir
et les conserver ; I'indication du caractere particulier des ccufs ,
des chenilles et des chrysalides de chaque espece, et une des-
cription detaillee de chaque papillon. In-12. avec pi. color.
Prix, 5s. Londres; 1824 ; W. B. Whitraker.
197. Observations sur quelqtjes articles du Bulletin d'aout.
Un de nos correspondans , M. le docteur Vallot, dc Dijon ,
nous adresse les observations suivantes, que nous nous erapres-
sons de laire connaitre a nos locteurs. Nous serons toujours
egalement empresses d'accueillir toutes les notes qu'on voudra
bien nous faire parvenir sur le Bulletin , et qui , comme celle-ci,
tendent a eclairer la science ct leclifier quelques erreurs.
Art. 3oo. — Sur la statistique des Bouchcs-du-Rhone. — •
On y cite la Clochenille de I'olivier et du caprier comme n'ayant
pas etc decrite. J'ouvre mon Insectorum incunabula , et je trouvc
que la Cochenillc de I'olivier est connue dcpuis long-temps. Ber-
nard en a doniie I'lilstoire et la figure sous le nom de /.crmes ,
jjou vulgairc, dans ses Menioires, t. 2, p. 275, tab. 2, fig. 25.
C'est le Coccus olca.'. Encycl. Entom. VI, g. 95. s. g. 6.
Latreille I'a decril dans Z'^zs/. //«;., t. i2,g. 385,s. g. /i.,lc
Nouv. diet, d'hist. nat. , edit. 2, t. 7 , p. 1'^[^^, sous Ic nom dc
Cochenillc de I'olivier.
253 Zoologie.
II eaest fait mention dans les Annales de Vagr. franc. ^ 1824
torn. 21 , p. 376 ; dans la Bibliotheque physico-econom., i82'3 ,
torn. XIII, p. 190-19/,.
Plusieurs entomologlstes pensent que ce Coccus olecu est la
Cocheuille des serres Geoflr. Coccus adonidum Fabr.
On n'avait effectiveineut pas encore signale la Cochenille du
caprier; mais elle est pioljablemeut la lueine que celle de I'oli-
■vier , puisque nous voyons dans nos series des plantes de diverses
families etre ravagees parlameme espece de cochenille.
Memepage : « Acarus albus et Acarus riifus, deux especes
» presumees pour les vers qui composent presque entierenient
» una sorte de pate qu'onappelle ^>roM«/« et froiuagedeSignes. »
Je ne comprends pas ce passage : i". parce qu'on ne peut pren-
dre des larves pour des cirons ; 2". parce que broussin signifie
aussi une maladie des arbres; 3°. parce qu'on ne dit pas la na-
ture de la pate, etc. (i).
Bull, des sciences geogniph., t. 2, p. i32, i3. « On exporte
» pour la Chine une quantite de bichos de mar; c'est uiie tres-
» grande espece de ver , voisine du genre Omhydium. » Ce
iLcho demar (ver de mer) me parait etre V Ascidia pedunculatu
Gmel., § 1, p. 3x27, n". a/,, d'autaut plus que plusieurs Ascidies
sont edules,etc.
198. Anatomie des Vers intestinaux, Ascaride lomisiii-
coiDE ET EcHiNORHYNQUE GEANT ; Mcmoirc cooionnc par
I'Academie royale des Sciences, qui en avail mis Ic sujct au
concours pour I'annce 1818. Par M. Jules Ci,oyuET; iri-4". ,
avec8 graudes planches gravees en taille-douce : prix, 7 fr.
Paris ; Crevot.
I . Extrait. — L'organisatlon intime des vers intestinaux etant
peu connue, TAcadcmic des sciences proposa pour sujet du prix
de I'annee 1818 V Anatomic complete dedeux especes de cesani-
manx , savoir : I'Ascaride lombricoide et Echinorbynque geaut ,
(i) Le Broussin , d'aprcs la statistiqua cq (juestion , est uii fioni.igo
blanc qu'on laisse aigrir , et ((ui hicnlot ac coiivcrlU en une pdte blan-
che , qui n''est rpi une masse de petits uers. Le fromage de Signes est une
soitc tie p.1tc analogue. L'aiilciii- dela statislitiuudes Uouchcs-du I'llionc,
qui traite du cettu parlio dci scicucus uaturelles, rapportant par prci-
somption ccs vers a deux espoccs dc miles, en a fait les Acarui alUus et
ruj'us.
Zoologie. a55
nppartenant a des families differentes, ct pouvant tous deux
t'tre plus facllement observes que d'autres vers , a cause de leur
grande taille et de leur abondance dans les intestins des animaux
domesliques.
M. J. Cloquet se placa au noinbre des concurrens et remit
a rinstitut le travail qu'Il publie aujourd'hui accomp.igne de
nombreux dessins et de pieces prepar^es a I'appui de ses descrip-
tions. Ce travail obtint le prix propose.
L'anatomie de I'Ascaride lombricoide, beauconp plus facile a
faire que celle de I'Echinorhynque , avait deja ete entreprise ; et
les organes de plusieurs fonctions de cet entozoaire avaient et^
decrlts par plusieurs naturalistes, au nombre desquels se trou-
vent au premier rang MM. Rudolplii et de Blainville. M. Jules
Cloquet a revu el comments tout ce que ces auleurs en ont dit,
et y a joint une foule de details deseriptifs nouveaux, qui sont
le fruit de ses laborieuses recherches.
Celle de I'Echinorhynque geant appartient plus specialemenl
a M. J. Cloquet; car nos ouvr.iges d'helmintologie ne contien-
nent absolument rien de satisfaisant sur la nature et la structure
interne de cet animal.
L'ouvrage que nous annoncons est divise en deux parties, qui
traitcnt cliacune de Tun des vers que nous venons de nommer.
La division de ces parties est la meme; c'est-a-dire , que dans
Tune et dans I'autre I'auteur, suivant I'ordre physiologiquc , s'oc-
cupe d'abord des caracteres exterieurs de I'animal , et ensuite de
son organisation, c'est-a-dire, dcsa peau,des organes du mouve-
ment, de ceux de la sensibilite , de ceux de la digestion , de ceux
qui sont speciaux a la nutrition , de ceux de la circulation et de
ceux de la generation.
II serait impossible d'entrcr dans le detail de tous les faits re-
connus et observes par M. Cloquet , faits qu'il a verifies nom-
bre de fois a I'aide des moyens les plus delicats, tels que les
injections, I'emploi de divers reactlfs , etc.; mais nous nc pou-
vons nous dispenser d'indiqucr les principaux.
L'ascaride est pourvu de muscles bicn distincts , de differens
ordres; les uns circuiaires les autres longitudinanx, dorsaux ou
abdominaux; deux lignes tres-fines, blanches, longitudinale et
mediane, Tunc surledos, I'autre sous le ventre, sont, pour
M. Cloquet comme pour M. de Blainville, des troncs nerveux
principaux , analogues a la moelle nllongce des aufrcs animaux;
:254 Zoologie.
I'estomac est entoure d'unc multitude de vaisseaux absorbans ct
d'appendicesnourriclers, ent'omie de petits cot'cums renfh's dans
leur fond; ces vaisseaux en quantlte innombrable et de sembla-
bles ccecunis qui s'abouclient avec cux dans leur Irajet , sont
repandus dans tous les points du coi-ps et paraissent contcnir
un fluide nutritif en depot, a peu pres comme la graisse des
animaux superieurs se trouve en depot dans des vesicules adi-
peuses. Deux lignes blanches longltudinales qtii regnent de
chaque cole du corps de I'ascaride , considerees par M. Ru-
dolphi comme musculeuses , et par M. Cuvier comme nerveuses ,
sont regardees par M. Cloquet ( ainsi que par MM. Werner, de
Blalnville et Laennec ) , comme des organes de circulation, car
11 y a vu distinctement un vaisseau , lequel s'anastoraose avec
celui du cote oppose, pres de la bouche en avant, et au dela de
I'anus en arriere ; ces vaisseaux n'ont point de communication
avec les canaux absorbans et leurs appendices en forme de coe-
cums. Les organes des sexes etalent generalement connus,aussi
M. Cloquet n'a-t-il eu rien de tres-important a aj outer a ce que
I'on savait deja a leur egard; mais il les a decrits avec beau-
coup plus de details qu'on ne I'avait fait avant lui,
Ayant examine comparativement I'ascaride du clicval avec
celui de I'liomme et du coclion, M. Cloquet se croit fonde a
conclure qu'il appartient a une espece differente, qu'il nomme
megaloccplmla y a raison du volume considerable des trois tuber-
cules qui bordent I'ouvcrture dela boucbe. II remarque que ces
tubercules sont fortcment cchancres sur leur parlie latt'rale, au
lieu d'etre siniplement dcprimcs comme ceux du lombric de
I'homme et du coclion ; que Ic corps du ver du cheval est plus long
sans etre plus gros que ce dernier ; que la difference de longueur
et d'epaisseur, entre le male etla femclle, est moins marquee dans
I'ascaride de I'liommc et du coclion que dans celui du cheval ;
que , dans la femelle de celui-ci, la vulve de la femelle est placee
au premier quart du corps, au lieu d'etre au premier tiers, ct
que son vagin est beaucoup plus long, clc.
Les planches qui accompagncnt cette partic du travail de
M. J. Cloquet sont fort bien gravecs , d'aprcs des dessins qu'il
a faits lui-niemc et sur lesquels oa reconnait parfaitcment toutcs
les parties dont il parle.
Dans un nouvel extrait, nous rendrons compte de la sccondc
MelaT7ges. :255
partle, qui a pour objct I'anatomie dc rEchinorhynque goant.
Desmarest.
1 99. MeMOIRE SOR TJN NOnVEAU GENRE PE POLYPIER FOSSILE ,
par M. Le Sauvace. (^Mem. de la Soc. d'histolre naturellc de
Paris , t. i*^'. , part. 2 , p. 241 . )
Un polypier fossile des couches secondaires du departement
du Calvados, deja range par M. Lamouroux darts le genre As-
trea sous le nom specifique de c/("rtc//o^V/t'« , en declarant toute-
fois qu'il avait pcu d'analogie avec les autres especes de ce genre,
vient d'etre etudle dc nouveau par M. Le Sauvage.
Ce naturaliste a reconnu sur un individu d'une grande taillc
fet bien conserve , des caracteres suffisamment tranches suivant
lui, pour en former le type d'un genre nouveau dc I'ordre des
inadreporees, pour lequel il propose le nom de Thamnasteria
(buisson etoile), et dont il etablit ainsi les caracteres:
Thamnasteria. — • Polypier pierreux , raineux ; surface des
rauicaux couverte d'etoiles lamelleuses , sessiles , a lames lineai-
res arrondies.
La seule espece jusqu'a present rcconnue dans ce genre por-
tera le nom de Thamnasteria de Lamouroux , a qui M. Le Sau-
vage a cru devoir la dedier comme premier observatcur. Elle se
rencontre parmi les nombreux fossiles du terrain a Polypiersdes
environs deCaen, et le fragment considerable observe par M. Le
Sauvage a ete trouve par lui dans la falaise de BenerviUe oul
faisait partie d'une masse du meme polypier ayant plusieurs pieds
de hauteur.
Une belie planche lithographiee, representantl'ensemblede ce
nouveau polypier, reduit a raoitie, ainsi qu'une portion d'un de ses
ranieaux,de grandeur naturelle, accorapagne ce memoire. F. de R«
MELAKGKS.
200. Une lettre recentc ccrite a M. Auguste de Saint-Hllaire
parson ami, I'infatigable voyageur Scllow , et datee de Pt'/otos
pres Rio-grande do sal, peut donncr des inquietudes sur le
sort de M. Eompland. Cependant la distance ou Rio-Grande
est du Haut-Paraguay doit encore inspirer des doutcs et pcr-
met dc conscrver des espcranccs.
2 50 Melanges.
20 1. RkSUME nES TRAVAUX I)E LA SociETE PES SCIENCES d'Or-
LEANs; par M. le docteur Pelletieii, In dans la s6ance pu-
blique de 1723. {Bulletin d'Orleam; , vol. V, p. si25-3o6.)
On se plaint avee raison de ce que les speculations pollliqtics
absorbant tous les esprits, detournent de I'etude des sciences
des hoinmcs qui, pcnl-itre, les eussent cultivees avec succes.
Cependant il ne faut p;.s croire que toute emulation soit cteinte
parmi nous. De nombreux jeunes gens suivent a Paris les lecons
des maitres les plus iliustres, et il en est parmi eux qui donnent
deja de bautes esperances. Dans les departemens piusieurs So-
cietes sa-vantes propagent les decouvertes nouvelles, entretien-
nent le gout des connaissances utiles, et enseignent a en faire
une beureuse application. II serait troj) long dc citer toutes ces
Societes; nous nous contcnterons de pnrler aujourd'hui de celle
d'Orleans qui , depuis piusieurs annees , a poursuivi ses travaux
avec une activite qui merite les plus justes eloges. Le rapport
que nous annoncons la fait connaitre avec detail , et nous ne
ciaignons point de dire qu'il est redige avec une cl;ute, une
elegance et une impartialite qui peuvent scrvir de modele. M. le
Dr. Pelletier , auteur dc ce rapport , rend a chacun ce qui lui
appartient; ses extraits sont concis, et cependant rien d'intc-
ressant n'a ete neglige. C'est aux sciences naturelles que sc sont
livres principalement les membres de la Socict6 d'Orleans, et
parmi ceux qui les ont cultivees avec le plus de succes, on
coraptc des hommes tout a la fois recommandables par leur po-
sition sociale, et par les ecrits dont iis ont enrichi diffcrens re-
cueils, tcls que M. Dugaigneau, auteur d'un bon memoire siir
le Sircx Pymeux; M. de Tristan, auquels on doit d'excellens
mcmoires imprimes parmi ceux du Museum de Paris; M. dc
Morogues, qui s'est occupe avec bcaiicoup de succes de mincra-
logie et d'agriculturc , etc. A. F. C.
PARIS. —iMPr.niFr.iK de [-ain, rue RACINE, No. 4,
BULLETIN
BES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
■^X**)*!^ V \ \ \\r\%, ^
GEOLOGIE.
^.Oa. C0N.ECT.HES SUK .A r.KUMON DE La LuXE a La TpkrK
et des satelhtes en general a lenr pinnete principale, a I'aide
desquelles o„ essaye d'expliquer la cause et les effe.s da delude
Ja d.spant.on to.ale d'anciennes espeees vivantes et or«am
qnes , et la fonnation sondalne ou I'appantion d'autre e ^ : ;
"ouvelles, et de ll.on.me hu-„.^.„e sur le globe .e.restre pa"
nn ancied officieu de marine. Opuscule in-8. de 32 n ' L
I pi. Paris; Egron. « -^2 p., av.
L'auteur suppose que jadis les satellites etaient de pe.ites ph
netes tournant comme les autres autour du soleil- ZTT. T
no.breinlinideleu..sr.volutions,cen,ouveJe ;^^^^^^^^^^
qnelconcue. ,neonnues, a subi de fortes perturbrtionsou or
rapproche ces corps de quelque autre planete be.ucoup plus con
■derable, dont I'artrao.ion est devenue preponderante- ce nli ,'
iorce ces per.ts corps a quitter leur orbile p'ri.nltive po'u oi'rcu
ler autour du plus massif. C'est surtouta Tacion des comete
eet elfet est attribu.. Appli.uant cette hypotbese fla r^^r
eur pense que ce co,,sa pu, par un ev^-ne^ent du ^enr I"
oeux dont nous venons de parler, beurter notre glob: ou d,
|"o,ns sen rapprocber brusquen.nt, au point d> caus^rde
-uleversonens epouvan.ables; tels que raffaissemlnt des Ln-
.ngnes , la rupture des is.lunes, le depiacement des .ners eTc Jl
se pourra.t nu-me que les eaux de la lune et son at.nospbe,'. a L
ete e.„porteos par la terre. dont diverses r.:.gions auraient et.^
'''t W ni'"^ '" notes,lesapp.ications geologi^ues de
»7
358 Geologie.
son splenie» Nous cxtrairwis cle la iiole 3 les phrases suivantcs
' qui feront connailre les consoquencos on il aiHve. « Peut-on pen-
serque, par le cas forluit et exliaordinairc du choc ou de la ren-
contre tics-Yoislue dedeux planeteSjl'homnve, ainsi fiu'une foiile
d'animauxet deplantes, enlraiuepar ses inersou son atmosphere,
n'eut fail que dianger de <lenieure, et eiit tolalcment disparu de
I'ancienne, qui ne lui auralt plus offert sans doute les conditions
necessaires a la vie; ni aux plantes, celles de la vegetation ? Cct
evenement cut ete bien plus funeste a la lune qu'a nous. i". La
pertede ses mers et de son atmosphere; i°. le mouvement diurne
autour d'uu de ses axes, arrete et remplace par un simple mou-
vement de translation autour de La terre , de maniere a ne lui
presenter jamais que la meme face; ce qui lui donne, au lieu de
jours tres-courts, des alternatives d'absence et de presence du
soleil, qui eciuivalent a i3 ou 14 des nulres, et dolvent par con-
sequent y eieveret y abaisserla temperature a un point incompa-
tible avec notre organisation , avec celle des animaux et de ])resque
tous nos vegetaux : car, en lui suj)posant un rcste d'atmosphere,
la lune ne pourralt tout au plus entretenir que quelques grossiers
champignons [fiuigi'), ou quelques-unsde ces reptiles a qui la plus
legei-e portion d'air peut conserver la vie, et suffit pour perpetuer
leur espece. En definitive, si, comme il parait difficile d'en douter,
I'existence de I'liomme est poslerieure a ces grands evenemens
dont nous avons parle , il faut ou qu'il ait trouve spontanement lu
vie dans un nouvel ordre de choses, ou qu'il y ait ete apporte ou
jete comme un naufrage. Cetle derniere conjecture , sans doule,
est entachee de toute la defaveur du mot , toinba de la lu/ie , qui
nous deviendrait commune avec tant d'autrcs especes ; mais on
peut opter entre les deux membrcs du dilemme. »
Ce qui precede suffit pour faire conuaitre la brocliure que
nous aunoncons , dans laquelle un esprit de bonne foi et un :ielc
ardent pour les sciences se font remarquer et desarinent meme
ceux qui ne partageraient point les opinions de I'auteur. F.
2o3. Observations sur le Systkme pblczdent et sur lesCala-
clysmes de toute nature ; par M. de Ferussac.
Ce nouvcau systenie est ne, comme unc foulc d'autrcs, du
desir bien nalurcl d'expliqucr les revolutions que parait avoir
eprouvces la croute du globe que nous habitons. C'cst, en pcu dx)
mots, Ihisloire de tous les systemcsgcologiqucs, dont laplupart
Geologic. 209
sont edifies sur la snpposition dc plienonienes astronomKquos quo
les auteurs dc ces syst^mcs clierclient ajustifier, commc n'olant
pas impossibles. Ne trouvant point, faute d'un examen suffisant
ou impartial, dans I'ordre des phenomenes terrestres, do causes
assez energiques pour se rendre raison des revolutions dont il
s'agit , ces auteurs ont cherche dans les corps planetaires des per-
turbations qui, troublant I'etat naturel des cliosessur nofrepla-
nete, ont pu y causer des deluges, des bouleversemens, le depla-
cemelit desmers, etc. Ileiiteteplusrationnel d'examiner d'abord
les effets de ces revolutions supposees, de determiner les limites
qu'on peut assigner a I'influence quelconque dont ils ont etc les
rcsultats, et,par I'examcn de tous les fails constates , de prouver
qu'il est absolument necessaire de recourir a des causes exterieu-
res violentes, pour se rendre raison de ces faits. Lorsqu'un ordre
si constant parait etre la fin premiere du Crcateur, lorsque tout
dans I'univers semble n'exister que par suite de cet ordre admira-
ble , les perturbations , les cataclysnies peuvent etre commodes
pour se lendre raison de ce qu'on ne peut comprendre ; niais ils
repugnent a la saine philosophie dos sciences, et lieiu'euseraent
I'esprit d'obscrvation a fait assez de progres pour qu'ou saclie au-
jourd'hui que la nature entiere les repousse et temoigne de leur
non-existence.
Nous ne voulons pas dire poTir cela que la liiiie nc se soil pas
rcunie a la terre ; cet evenemcnt n'est pas de notre ressort, il
regarde MM. les astronomes, qui en decideront; mais nous
croyons qu'il n'cst nullement besoin de recourir a un si rude
choc pour expllquer cc qui s'est passe ici-bas. Quant an deluge ,
ies faits constates prouvent qu'il y en a eu partout, et souvent
plusieurs dans les niemes licux , avant I'existence de Tespecc Im-
raaine dans les controes encore en combat avec rclcment aqucux ,
deluges causes par la tendance des eaux a se metlre en equilibre
a mcsure que la surface des mers s'abaissait. Mais les faits prou-
vent aussi qu'il n'y en a pas eu de generaux avant cette epoque ,
puisqu'aucune cause gcnerale n'a preside aux divers depots qui
se sont formes depuis le premier sol decouvert : ainsi, pour
cette longue periode, les cataclysmes sont superflus. Le deluge ,
qui a du delruirc la pres([ue totalitc de rcspece Iiuniaine, a du
etre postorleur au depot des terrains tcrtiaires, puistjuo riiomiuc
n'existait pas inrs de la formation de ces terrains, qui n'en rece-
lent aucAin debris. Mais personnc encore n'a senti le hcsoin dc
2 Go Geologic.
^•ccoiii'ir aux cataclysmcs pniir o\])li(HU'r Ics clianf^omnns qui se
sont op(?res apres Ic depot de cos terrains : d'aillenrs en sait qu'a-
pres la dcrnlore formation dcposee sotis I'eau douce, on nc
trouve point de tiace d'uno irrni)tion marine; ainsi les cataclys-
mes, le cliangcment du lit des mers, sont encore iniitiles pour
cetle seconde periode. (Test jjnrce qu'on confondait tous les
temps, toutes les cjioqucs, et qu'on regardait tous les dcsoidres
arrives a la surface du globe conime les produits d'une cause uni-
que, qu'on a imagine celte pretcndue revolution. M. Buc-
kland et quelques auti'cs savans anglais ont senii Ic vice dc
celte maniere de prdtcder; aussi ils n'ont pas imagine des ca-
taclysmcs pour cxpliqucr le desordre des formations de la croute
lerrestre , rcais ils ont clierclie les preuves du deluge de Noe au-
dessus de toutes lesautros formations, et ont cru les trouver dans
ce qu'iis appellent \eT>/luviitrn. Notre but n'etant point d'exaini-
ner ici si Ton trouve des traces du deluge de IVoe, mais de mon-
trer qu'avant I'etablissement de I'liomme sur la terre, il n'y a
point eu de cataclysmcs, nous n'irons pas plus loin a cet egard.
Nous vovons par ce qui precede que les races de moins en moins
differcntcs des notres , dans I'ordre des temps, dont on trouve
des debris dans les terrains tcrtiaires , ont ete aneanties par d'au-
tres causes que j)ar le deluge qui a dt5truit les liommes. Les delu-
ges partiels ont contribuea Tancantissement de quelques-uncs de
ces races; mais c'est surtout le cliangement de la vegetation qui
etait en raj)port avec les animaux, par suite de I'abaissement de
la temperature du globe, qui est la vraie cause des cliangcinens
que la vie a cprouves dans les memes contrees; de meme que tous
les boulevcrsemensde la strrface sont dusaux suites de I'abaisse-
fnent du niveau des eaux et a celles du vulcanismc primitif et
general. Voila ce que Its faits prouvent Sans qu'on ait besolrl d6
faire venir nos bncufs et noA ivioutons , et I'bomme lui-meme, de
la lune ; d'autant qu*fl n'cst pas exact dc dire qu'il y a eu dispa-
rition totale des anciennes especos vivantes , puisquc bcaucoup
de celles dont les debris rcmplissent les terrains tertiaires se sont
consei'vecs , surtout parini les molius([ues et memo parmi les co-
nuillages terrestrcs ct fluviatiles. Ainsi, au lieu des cataclysmcs ,
des deludes universels (relui dc Noe exeeptc, dont il ne saurait
fctre ici ([ucstion), du cbangement de lit des mers, on ne trouve,
par I'obscrvation, qn'unc succession non interrompue de plieno-
mencs analogues, diminuant d'importancc avcc Tencrgic des
Geologic. 3.') t
c;iuses agissantes; savoir, le vulc.inisme primitif, I'abaijisement
des eaux et de la temperature, phenoinencs qui out successive-
ment produit I'etat actual des clioses ici-lvis.
204. Classification des teurains ou des materiaux de la
CAViTE minerale de LA TERUE suivatit I'ordre d'antiquite ;
exposee par M. Cordier dans son cours de 1822, et publiee
par M. Maraschini. {BibUoth. ital. ,]ax\y. iSaS.)
Ce professeur ttablit les deux classes de terrains, savoir les
terrains prlinordlauv et les terrains de sediment ou de rcmhlais.
La 1' . classe iie comprend qu'ua ordre, savoir le sol primordial,
qui n'offre que des roches agrcgecs sans ciment. Le sol primor-
dial presente neuf genres de formations. x°.l.Viformatiun<le gra-
nite independant, dans laqnclle il range en 4 sections, d'abord la
roche principale, puis les rocbes accessoires , les bancs de cai-
cure a graphite, de porpiiyre, de gneis , et les couches de gneis,
de pegmatite, diorite , ici)tinite , d'amphibole schistoide et de
quartz grenu ; apres cela vicnnent les amas stratifies de pegmatite,
de jalomicte, de diorite , de quartz grenu , de fer oligiste et car-
bonate; eteiifin les filons d'agregats regullers,de granite porphy-
roide et debasalte, et d'agregats irrcgulicrs qui comprctinent
les filons de quartz grenu et les filons mctalliferes. %'\ l.a forma-
tion de gneis indcpendant , 011 il y a aussi 4 sections : la premiere
pour le gneis independant; la seconde pour les roches acces-
soires, savoir , les bancs de granite, leptinite , amphibole hdiis-
toide , diorite a epidote, calcaire, porpiiyre et serpentine, et les
couches subordonnees de granite, micaschiste , diorite, ainphi-
bole schistoide, calcaire, porpiiyre petroslliceux, pegmatite, talc
schistoide et fer oxidule; la troisieme pour les amas stratifies de
ciiivre sulfure et de fer oxidule; et la quatrieme pour les filons,
savoir, d'un cole ceux de granite, de basalte ou de wacke , et de
I'autre ceux de quartz a epidote, de feldspath ou d'asbcste,et les
lilons mctalliferes, oil la gangue est souvent quartzeuse, et ou il
y a quelquefois de la chaux carboiiatce et de I'asbestc. 3". La/or-
mation de la sienite independante , qui a aussi 4 sections, dans
lesquelles il enumcre en bancs ou couches le feldspath grenu , le
petrosilex verdatre, la prologinc, la pClagite, I'amphibole com-
pacte; en amas le pegmatite rouge, et en filons le feldspath rouge
a epidote, ci le petroiilex vert, le feldspath, et les filons mctalli-
feres a pyrite , a ctaiii, dans uno gaiiguc de feldspath el de quarlz.
262 Geologic.
4". \j^ formation de la protoginc Indrpcndnntc (protogine scliis-
toi Je, glitndulaire ou granitokle) : bancs de talc chlorite schistoi'dc,
de pl^trosilex avec t;ilc , de diorite granitoide. Amas de for arse-
nical et dc pyrite , filons de roches granitoides a tourmaline >
filons de quartz (aasbeste, feldspnlh , clilorite , epldote), etc.,
de petrosilex a epidote. Filons metalliferes (zinc, antimoine,
plomb ) a gangue de quartz et de baryte. 5°, La formation du
talc schistoide independant. Bancs de serpentine et de talc gre-
nu; amas de serpentine, d'amphibole, d'aclinote schistoide, de
quartz grenu ou compacte, de feldspath grenu, de petrosilex,
de Icptinite, d'eclogite, de calcaire saccharoide mele de quartz et
de fer oxidule massif, et souvent titanifere. Amas stratifies dc
terpentine , de fer oxidule massif, de plomb sulfure, de cnivre
jjyritCTix et de manganese oxide. Filons de basalte , de mimosite ;
lilons de chaux carbonafee, d'asbeste , de talc ; filons metalliferes
f plomb argentifere , pyrite aurifere) , avec une gangue calcaire et
de fer carbonate. 6°. I-A formation de la serpentine independante.
Bancs d'euphotide, amas d'euphotide, de talc chlorite schistoide,
de calcaire saccharoitle, de gypsepriraitif , defer oxidule cliroroi-
fcre et dc petrosilex jadien. Amas stratifies de fer oxidule chro-
uiiferc. Amas accidentels d'asbeste, de calcali^e, de rochc d'hy-
perstene, dc grenat, de pyroxene blanc, de pyrite. Filons cal-
caire a asbeste, de grenat, de pyroxene blanc ou vert, on
d'epidote gi'ise. 7". La formation du calcaire primitif indepen-
dant, souvent magnesifere. Roches acccssoircs , bancs de py-
roxene , couches subordonnees d'amphibole schistoide et de
mica schistoide. Amas stratifies de gneis , de serpentine, de fer
oxidule et de fer sulfure. Filons dc chaux carbonatee , melee de
<{uartz et de fer carbonate. 8". "Lvi formation du mica schistoide
independant. Roches accessoires; bancs ou couches de quartz
grenu, quelqucfois atopazc, de calcaire primitif micacc, d'amphi-
bole schistoide, de leptinite a amphibole, grenat et staurotide, de
gneis , de i)ctro.silex , de gypse et dc fer oxidule. Amas stratifies
dc pyrite, de cuivre pyritcux , dc plomb ct zinc sulfure et d'e-
tain oxide. Filons de granite grossicr a tourmaline, de quartz, de
chaux carbonatee ferrifcrc oumt^luede quartz. Filons mclallileres
d'or, d'argent, de plomb, de cobalt, a gangue de quartz, ou
bicn de chaux carbonatee. y". "Ln formation du schiste pnmitij
independant. Cctte roche renfermc des cristaux conteraporains.
Rmhcs accessoires; bancs dc quartz grenu, et couches subor-
•loimoes ik granko, de gne:s, de inicaschiste, de caicaire, de
quartz, d'aniphibole schi-stoide, de jietrosilex , de schiste chlori-
teiix et de sorpenline. Ainas stratifies dc ftldspath grenu, dc
cuivre pyriteux, de pyrite, de plomb sulfure argentifere , et de
mercure sulfui u. Filons de quartz ou de cbaux carbonatee ferri-
fere. Filons motalliferes de plomb, d'argent, de cuivre oxide et
naiif, etc. , a gangue de quartz.
Les terrains de sediment se divisent en qnatre ordres, savoir
Je sol intermediaire , le sol secondaire , le sol tertiairc et le sol
inoderne. Le sol intermediaire offre i°. \a formation d'ophite et
de petrosilex fragmentaire, quia un systeme pyroxenique et un
sjsteme feldspothique. Dans le premier, la roche principale est
Vophite, avec des couches subordonnees de granite ojililtlque
de breche opliifique et de petrosilex globulaire , et des filons d'e-
pidote a veincs de pyrite. Dans le second la roche princi])ale est
\&porpliyrepi'trosiliceux, fragmentaire , globulaire ou celjulaire,
avec des bancs de pyromt^ride et de breche petrosiliceuse. 2". La
formation du psammite indcpendant , ou du gres quartzeus mi-
cace. Bancs et couches d anagenite et de schiste, et de mimosite
(ktigelfels). Amas stratifies d'anthraclte. Filons de wa le et de
mimosite, ou de quartz , de glaise, de chaux carbonatee ferri-
fere. Filons mctallileres de fer, de cuivre, a gangue de quarlz.
Fossiles vegetaux et coquiUages. 3°. l.a. formation du schiste in-
termediaire independant. Bancs de petrosilex fragmentaire , de
wacke amygdalairc, et de caicaire coquiUier. Couches subor-
donnees d'anagenilea cimentde schiste et dc psammite, de "res
quartzeux a ciment quartzocaleaire, trampclite , d'anthracite, de
phtanite, de jaspe, de caicaire, defer globulaire ou oolitique, de
petrosilex fragmentaire et d'ophite. Amas stratifies dc plomb sul-
fure, de cuivre pyriteux et de fer oiigiste. Filons de porphyre
pctrosiliccux ccllulaire, ou de quartz et de caicaire. Filons me-
t illiferes de cuivre pyriteux, de fer carbonate, de plomb sulfure
argentifere. Fossiles vegetaux , trilobites, tortues ct poissons.
4". l.a formation du caicaire intermediaire independant. Bancs et
couches subordonnees de caicaire terreux, caicaire globulaire,
de schiste subluisant et tprreux,de psammite schistoidc, de gypsj
anhydrc ct hydrate, d'anthracite, d'ophite et de wacke. Amas
stratifies de gypsc, de sel , de i)htanitc, de jaspe et d'anthracile.
Filons de wacke ct dc porphyre cellnlaire, filons de quarlz et (h;
caicaire. Filons metallifcrcs dc plomb, dc cuivre et dc fer. Fos-
264 Geologic.
silesjflustres, encrines , etc.) 5". l.3i /urination volcaniquc stipe-
rieure indcpcndante , qui a un systcmc fcldspathique et uu sjs-
teme pyroxcniquc. Dans la premiere division I'auteur distingue :
1°. la serie du Mexiqne et de la llongrie, qui ofl're pour roclie
principale le porplivre sieiiitique, avec des bancs ou couches de
porphyre sienitique aniygdaiaire, de petrosilex argillformc, de
petrosilex porphyroiide , d'obsidienne resiniformc porpliyroide,
de wacke amygdalaire et d'agglomerat feldspatliique. -i". La st-rie
de Cliristiania, oil la roche principale est le porphyre petrosili-
ceux I'ragnientaire, avec des bancs de porphyre putrosiliceux
cellulaire, de pseudoslenite zirconiferc , de granite caverneux ,
de'porphyre a base de petrosilex argilifornie, d'ophile a pyroxene
crislalJise, deAvacke, de basalte et d'agglomerat feldspatliique. Le
syslenie-pyroxenique (Oberstein) presente comme roche princi-
pale la wacke, avec des bancs d'opliile granitoide, ou granite
porphyroide; de mirnosite, de xeraslte, d'obsidienne resinifor-
me, de petrosilex argiliforiue, de porphyre tephrenique, et d'ag-
glomerat a fragmens de pyroxene. II y a quciques filons de cui-
vre natif oxide carbonate dans une gangue de chaux carbonatce.
Les terrains granitiqucs de transition nieritent un nouvel exanien.
Le second ordre on In sol sccondaire , comprend : 1°. la yo;'-
mation du vleux gres rouge indcpcndant , dont la roche princi-
pale est le i^rcs quartzeux feldspatliique avec des bancs de pou-
dingucsa fragmens de rocbes primitives, intermediaires et por-
pLyriqucs, d'argile tendre ou calcarifere, de schiste, de calcaire,
de liouille maigre, de porphyre petrosiliceux cellulaiie, de wacko
amygdalaire, de dolerile et deporphyre tephrenique ouargileux.
Amas stratiiies de calcaire rouge. Filons de Avacke amygdalaire ,
de porphyre petrosiliceux, argileux ou tephrenique, el de dolerile.
Filons de quartz et filons metallifercs (mcrcure). 2°. hi for-
mation du premier calcaire gris ou iudcpendant. Kancs couches
de calcaire argillfere , de houille maigre , de calcaire arenifere ,
de calcaire globulaii-e, de calcaire marbre, de basalte amygda-
laire et de v?acke amygdalaire. Araas stratifies de plomb, de cuivie
pyrileux et de calamine. Filons de -vvacke amygdalaire et de chaux
carbonatee. Filons metallifcres (plomb et zinc , cuivre pyriteux),
■Jl. gangue de chaux carbonatee et tluatee. Fossilcs assez abon-
dans, belemnilcs, nautlles , etc., etc. V. \a formation dc la
houille indrpendantc. Roches principales , grcs (piartzeux , leid-
spalhique, niicace ou uietaxitc, pouclingue ct schiste grossiii.
Geologie. sGS
Bancs et couches s:ibordonn6es de cliistes biluiiiineux , ])yriteux
et a cinabrc, lioiiille grasse et maigre, fcr carbonate, calcaire
gris ou iioir , niimosite , dolerite, basalte , wacke (ces quatre
dcrnieres roches sont amygdalaires), tuf enduici et pcperino-py-
roxenique enduici. Anias stratifies de houdle et de fer carbonate
massif. Filons d'arglle gr.isse et de sable, de niimosite , de dole-
rite, de basalte, de -wacke et de tuf. Bcaucoup de fossiles vege-
taux, des bivalves d'eau douce et des polssons. 4*^' \^^ formation
volcanique secondairc infviicure indejKiidante ( Ecosse ). La do-
lerite est la roclie principale, il y a des bancs ou des couches dn
j)orj)hyre cellulaire a pyroxene et linibilite, de porphyre a base
depetrosilex arglleux, de wacke aniygdalaire, d'agglomcrat , de
roches jjyroxeniques et de tuf etidurci. 5*^. La Jonnation du se-
cond grcs rouge indepcndant. Roche principale, gres rouge ar-
gilifere (rothe todliegendes et bunter sandstein). Bancs et cou-
ches subordonneesdepoudingues, d'arglle ( tendre et endurcie ),
de calcaire magnesien (compacle, globuleux, cellulaire, terreux,
arenifere ) , de schisle bitumineux , de gypse hydrate et aiihydre ,
de sel gemnie, de soufre et d'argile salifere. Ainas stratifies de
soufre et de sel gemnie. Filons <le ploinb, de fer hydrate, du
cuivre sulfure et carbonate. Sources d'eau salde. Vegetaux fos-
siles , zooj)hytcs, flustres , etc., insectes, reptiles et poissons.
L'equivalent est en Angleterre, i''. le second gres rouge avec
le calcaire magnesien , le gypse avec I'argile , le gypse et le sel;
2". en Thuringe le second gres rouge, le zechstein, le schisle
mariio-bituniineux , le gypse , le sel gemme et le gres bigarre ;
3". dans les Vosges , le second gi'es rouge a fragmens volcaniques
avec le sel gemme , le gres rouge , le sel avec I'argile endurcie ,
I'argile tendre et endurcie , le gres bigarre et le calcaire magne-
sien globulaire et cellulaire. 6". Y^a formation du second calcaire
gris indejx-ndant qui a 3 elages, le calcaire gris de fumee ou
muscliellialk , le gres argilifore et quartzeux ou quadersandstein ,
et le calcaire il gryp/iiles. Bancs et couches subordonnees, le
calcaire oolitiqne jaune , I'argile calcarilere terreux ou entlurci,
le fcr carbonate et hydrate, le inarbre rougealre, la liouIUe
pyriteuse, I'argile alumincuse bitumineuse, et le calcaire litho-
graphique. Amas stratifies, le silex pyromaque, le lignite et le
manganese hydrate barylifere. Filons de basalte, de dolerite,
de chaux caibonalee et (lualee, et de baryle. Filons nietal-
lifcres de plomb, du zinc, et a gaiigue de chaux carbonatee et
266 Geologie.
fluatce, ou bien debarytc ou de qu.irta. Fosslles vc'gclaux (Exo-
genites, Lycojiodites). Aniiniiux iiivertcbrds ct vertebras (reptiles
et poissons ).
7". La forination du calcairc oolitiquc indc pendant. Biincs et
couches subordonnees d'argile endurcie, tendre et mobile, de
calcaire argilifere, d'agglomerat coqnillier, de gres a ciment cal-
caire, d'argile pyriteuse infl:iminable, de fer liydratc oolifiqiie, de
houille maigre a coquilles d'eau douce et de calcaire crclacee
(Caen). Amas stratifies de calcaire argilifere. Filons d'origine
volcanique. Fossiles. Endogenites et aniinaux invertebres et vcr-
tebres. 8". Ya formation volcanique stipcricurc seco/idairc inde-
pendante. La roclie principale est le trachyte, dont les bancs
et les couches sont le basalte, la wacke amygdalaire, le prperino-
pyroxenique et le tuf.
JLc sol tertia ire conUent : 1". ha /or mat ion de snhle argilo-
ferrugineux. L'Angleterre ct la France nousoffrent une premiere
serie de ce terrain coinpo^fi : 1°. de sable ferrugineux a cailloux
de quartz, d'oolite , de silex , etc., et a couches d'argile mclce de
sable vert, deterre a foulonetde fer hydrate argilcux ct globulaire
ou geodiqiie; a", d'argile ordinaire, bleuatrc, a couches de
calcaire argilifere et de lignite, et a coquilles d'eau douce;
3°. de sable vert ou chlorite a couches de terre a foulon, avec
des rognons de baryte et de marne, de calcaire coqulllier, de
sable ferrugineux et de gres. Fossiles invertebres. A Valencien-
nes, il y a une serie equivalente composee de poudingue, de
glaise, de calcaire mcle d'argile, de marne argileuse, de craie
a silex et de sable vert endurci. En Allemagne , le second qua-
dersandsteln est I'equivalent de ce depot. 2". "La. formation de la
craie. On y distingue, en Angletcrrc, le sable micace argileux,
la craie a taches fcrrugineuses rougeatres, ct la craie blauche
a silex ; a Paris, la craie verte, sablonncuse et blanche a silex ; a
Maestricht , la craie friable , jaunatre et a silex ; en Allemagne, le
calcaire esquilleux ou planerkaik, le calcaire tendre et la marne ; ct
dans le Vicentin, le calcaire esquilleux rouge ou blanc. On cite
aussi les principaux fossiles des craies de diff<5rens lieux. 3 . La
formation sitrcomposee ou sablonncuse. La premiere serie est la
formation de molasse composee d'argile sablonncuse calcarilcrc
endurcie, de sable, de gres endurci, d'agglomcrat calcaiie co-
qulllier, de sable vcit , des cailloux roulcs quartzcux ct calcaircs,
de gres ccwpiiilicr , de poudiyguc t;t de lignite. La scconde serie
Geologic. 267
equivaknlc se Uouvc en Angleterre ou elle offie tie I'arglle plas-
ti(;nc avL-c de la Icrie verte et du sable, dc i'aigilc commune
coqnilliere, de la niarnc, del'argile et dela marne coqullliere, ct
do calcaire argUeux a coquilles d'eau douce. A Paris , on a : 1°. de
I'argile sablonneuse, (argile plastique, lignite); 2°. des sables,
(sable vert); 3°. des agglomerats calcaires (calcaire grossier et
des marnes a quartz pseudoinorphique ); A"- desgres quartzeux ;
5". du calcaire d'eau douce ( siliceux ou pur ) ; 6". du gypse ,
(deux bancs separes par les marnes a strontiane); 7°. I'argile
calcaril'ere; 8". des sables ; <f. le silex meuUere , en partie co-
quillier. En Auvergne la serie equivalente presente I'argile sa-
blonneuae a couches de gres feldspatliique a pisasplialte , le cal-
caire d'eau douce, le calcaire niarno-bilumineux a coqnillages
lerrestres et a oiseaux , I'argile a gypse et figullne, le luf et le
peperino a ciment calcaire, et la wacke amygdalaire. En Suisse on
a dans le terrain de raolasse , la molasse, lenagelfluh et les cad-
loux. Dans le terrain argilo-sablonneux subapennin on trouvele
gres et le sable vert, le poudingue serpentinaire a fragmens de cal-
caire intermcdiaire ct de bolsfossile, I'argile sablonneuse ou biea
le gypse et le calcaire caverneux sans coquilles , Tars^ile coqullliere
et le calcaire d'eau douce. Le Vicentin presente la strie suivante;
argile bleue a gypse, pyrile, etc.; le calcaire grossier, le peperino
coquillier, la wacke, le basalte et le tuf , le lignite, le calcaire de
Bolca, le basalte, et le peperino. 4°. I.a formation volcaniquc.
Son systeme pjroxenique comprcnd le basalte , le tuf et le pepe-
rino avec infiltrations rares ; le systeme feldspathique et pjroxe-
nique, la lave basaltine , le trachyte, le peperino basaltique, le
tufa et le trass avec des filons de basalte , de trachyte et d'alu-
nite ; et le syslcnie feldspathique , le trachyte et la domite, le
phonolite , robsidicnne , le peperino feldspathique ct le trass.
Le sol moderne contienl \:i fori nation du grand atterrissement
diluvien, savoir , des sables et des cailloux ineles d'argile. II y a
des resles d'aniniaux eleints. a". La formation post-diluvienne ,
danslaquellc M. Cordicr distingue le terrain d'eboulement, (frag-
mens de roches ); le terrain d' alluvion au pied des montagnes et
dans lesplaines, ( tourbe filamenteuse, sables et restes de vege-
taux et d'aniniaux en partie perdus ) ; terrain d'alluvion des val-
/et'i, (sable, limon, tourbcs, etc.); les concretions des sources,
(broches ossouscs); enfin les <^j!//«i70«.f /«(^''v'«<'.f, ( sables et cail-
loux de« rlvicrcrt, bancs de moUusques ct de madrqioies, etc.).
268 Geologic.
3". Les volcans eteints ou bnilans , dans Ipsqncls il (listliipfue en-
core un systcincf eldipathiqiif , (lave, obsidieiine , scorie, pon-
ce, matieres dcconipos<'es ct sublimations); un sjsteme prroxe-
nique , (lave basaltoide, xerasite , gallinacc, scorie, decomposi-
tions et sublimations) ; et un systeinc mixte , ( laves pyroxeniques
ct feldspathiques , phonolite , obsidienne , l.ipilli , cendres ,
dt'compositions et sublimations). Nous apprenons que M. Cor-
dier a modilio considerablement celte classification geolo-
gique. A. B.
2o5. MeMOIRE GEOLOGIQUE SUR les terrains ANCIEJVS ET SKCON-
DAiREs du S.-O. (le rAllemagnc au N. du Danube , par M. Ami
BouE. ( Annul, des Scienc. naturcllcs , juin 1824 , p. 173.)
Les terrains secondaires de cette partie de I'AIIemagne gisent
dans une cavite bordee d'un cote par la foret boliemienne , et
tie I'autre par I'Odenwald et la Foret Noire. La cliaine bolie-
mienne est coniposee de gnels a grands amas de weisstein , de
granite, de roclics ampliiboliques, de serpentine et de porpliyre.
Les gneis renfcrment souvent des petits filons grauitoides. Le
kaolin s'exjjloite d.ins des amas granltiques des gneis au sud de
Haffnerzell , a Wuller.idorf , Lemmersdorf, Dicndorf, etc. Le
gneis en couches liorizontales ou inclinees p;irait envelopper ou
rccouvrir ces amas. Leur kaolin et leurs petits filoris ou nids de
silex resinite paraissent deriver en partie de la decomposition de
la scapolithe, qui se trouve reunie a un peu de quartz , de mica
et de titane. Le graphite se trouve dans le meme pays dissemine
ouen nids dans les gneis tres-tendres. II y a aussl des gneis a fer
oligiste micace. Les amas granitiques sont surtout considerables
entre Passau et Kff'eriling; le granite est prismatique a Donaus-
t;.uf. L'auteur cite plusieurs filons de granite dans le gneis , \nes
de Bodenmais et Ilerzogau. C'est eux (jui renierment Tandalou-
site, le beryl, etc. Les serpentines abondent entre Ra'tz et !e
I'ichtelgebirge. Les montagnes ile la Foret Noire sont un massif
de gneis plus ou inoins granitoide ou aniphibolique et de gra-
nite. II y a des filons melalliferes. Des granites, des slenites etdcs
porphyres forraent I'Odenwald, et les porphyres s'elevent en
buttes sur les pentes de la Foret Noire. Dans cette chaine, les
poudiiigues rougeatres a cailioux de quartz ct de roches primi-
tives appartiennent au todlligciule ou grcs rouge nouveau. Les
filons miilaliiicres des roches grauitoides s'y prolongent. Ce Icr-
Geologic. 269
tain siipporte !e j^res blgarre sur Ics deux versans, et m^me la
vallee dii Rhin a Ah utrc une fois comblee en partie par ce de-
pot. L'auteiir enumere des localites de ce gres, et pense que la
vallee du Rhin a ete long-temps un lac, qui ne s'est vide par le
cote nord qu'a[>res la fm lies teirains tertiaires. Dans le AVurtem-
berg , ou plulot le long du Neeker , le gres bignrre renferme
beautoup d'anias gypscux et saliferes. Pres de Tubingue, on re-
marque dans les assises superieures des marnes brechifonnes et
des impressions de lycopodiacees. L'aufeur combat I'idee de
M. Oeynliausen, de vouloir qn'il y ait des marnes bigarrees sali-
feres aa-dessus dn muschelkalk; il pense qu'il a ete induit en
erreur par quelqncs marnes du lias ou par 1,t maniere dont il a
Vu se succeder sur sa route les masses de terrains. Cette contro-
verse route si;rtout sur Suiz et sur la AVestphalie orientale. Le
mnsclielkalk s'elend de Wurtzbourg justjue vers Seckingen, en
se relrecissant peu a peu a mesure qu'il approche du Rhin. Le
zeclistein , manqunnt dans le sud-onest de I'Allemagne, et les
geologues wurtcnibergeois ne connaissant pas bien le muschel-
kalk , on a confondu long-temps ce dernier depot avec le zeclis-
tein , et on a cru alors que le lias allemand etait le muscbelkalli.
L'auteur monire ensuite que les marnes saliferes se trouvent sur-
tout immedialemcnt sous le niuschflkaik , ou meme entre des al-
teinats du calcaire avec les marnes , ct il cite a cet etfet les
sondages de SuIz, de Hcilbronn , de Wimpfen , etc. Plus le point
de sondage est rapprochc des Alpes , pins les marnes sont sou-
vent endui'cies en calcaires, et ces calcaires gris ou noiralres, sont
quelquefois felides, non coqnilliers et rarcment a petits filons de
cuivre carbonate bleu. Plus Ics formations sont recentes , plus les
gres sont lies a leur calcaire, cfcVce vcrsd. C'est une proposition qui
devlent bien 6vidcnte dans la liaison dn quadersandstcin et du lias.
L'auteur donne les limites du terrain de quadersandstcin depuis
Ratisbonne a Cdbouig , et de la a Nuremberg, Aalen et Reutlin-
gen; il horde les deux cotes de la chaine jurassique, et se trouve
le plus souvent iminediatcment superpose au gres bigarrc du
pays delJayreulh ou dn pays entre Tianiberg ct IV'urembcrg. C'est
la ralsonpour lavjuelle on I'a si long-temps annexe au gres bigarre.
L'auteur decrit ce depot; et il fait rcniarquer pres d'Aniberg
et de Bodenwehr des couches de gres marncux a lycopodiacees et
graminees , ct une espece de roclic marneuse silicifiee a graincs
fossiles , a ra'iiiacitcs annuhitus Schl., et a coquillages. II classe
270 Geologic.
aussi dans cc terrain la Htliomarge et los amas dc plamb phos-
phate dc Vilseck. II decrit les couches ((Oi licnt Ic qiiadcrsands-
tein au lias, et prend pour exemple Rogering pres d'Amberg.
Desgres fcrrugineux y supportent des grcs marncux giLsaties a
guyphites et belemnltes , des marnes schisteuses aluniferes a luy-
litoides et ammonites, et un calcaire compacte tres-cor[ulilIer
(peignes et cardium). Le lias renferme des couches d'argilc grise
et rouge qui contiennent , pres d'Amberg, des debris de lignite ,
des rognons de baryte sulfatec radiee et de phosphorite siliceuse.
II y a aussi des ainas de fer linioneux et hydrate exploite a
I'Erzberg pres d'Amberg ; on y trouve la -wavellitc en petits filons ,
le manganese oxide et du fer phosphate quelquefois cristallise.
Le lias proprement dit abonde surtout pres d'Amberg dans le
pays deBayreuth etle Wiirtemberg , ou il renferme comme ail-
leurs des rcstes de reptiles, des gryphees arquees, des plagio-
storaes, des ammonites, etc. MM. Haussmann, Oeynhausen et
Keferstein jjlacent mal ii propos le lias sous le quadersandstein ,
car ils n'appliquent ce dernier nom qu'a une des assises arenacees
si frequentes dans le lias.
La formation jnrassique forme dans le sud-ouest de I'Alle-
magne un vaste promontoire qui s'eleve environ a 3, 000 pieds
au-dessus de la mer. Sa pente sud est la scule qui ne soil pas es-
carpee, ce qui s'explique par des courans venus du sud-ouest
et dusud, landis que les terrains tertiaircs dela plaine bavarolsc,
ont adouci la pente mt'ridionale.
Ce dej)6t parait etre rehausse au sud par unc chaine primitive
cachee; opinion que I'auleur elaye de falls. II se divise en calcaire
magnesien , en calcaire compacted oolitiquc, en calcaire schls-
leux a poissons et ecrevissesjet enmarnc argileuse a fer hydrate.
Le premier calcaire est la cause des promontoircs bizarrcs et es-
carpes de la chaine jurassique. Pres de Rchlheiui il renferme des
amas d'un calcaire compacte ou poreux blanchatre qui nest
qu'un agregat iin de fossiles. Les environs d'Amberg abondent
en pctriGcations dc la partie inferieure du terrain qui nous occupe.
Les alveoles dc belemnitcs y sont frequentes, les fossiles du lias
sonl spathiques et ceux de la dolomie sont ie plus souvcnt sili-
ceux, A Uracil les montagnes coupees a pic perraettcnl dc bien
etudier la succession des assises. Les marnes fcrrugineuses gisent
dans des cavites irregulicf es au haul du plnte-au calcaire , dies sc
Geologie. 271
licnt pre&quc a la craie, et on les exploite. Le d^pot crayeux nc pa-
raItaunor(ii!ii Danube qu'entie RatisbonncctGreisb.ich ,el entrc
Laber et Bcretsliausen. II coinj)rend des gres verts ou cliloritos ,
des craies cliloritces , des craies grossieres et des calcaires com-
pactes briinatres. Des masses d'une bonne argilefiguline separent
quelquefois Ics gres verts de la craie cliloritee, et des agglomerats
calcaires a cailloux de quartz f'orment la parlie inferieure du
gres vert au-dessus de la dolomie. La craie cliloritee presente des
rognons de silex corne, des plagiostomes, des gryp/icea spiraia
Sclil (Columba Bg.), des squelettes de poissons (Abacli) et des
ossemens de cetaccs ou de reptiles (Ivnelting). Ce terrain s'elu-
die bien a Abach. Le calcairebrun renferme des peigncs, des
terebraiules, des madrepores , etc. Onle trouve sur la monfagne
Dreifaltigkeitsbcrg au-dessus d'Unter Winzer et aux environs
d'EckmuhJ. I'.
206. Sur les principales roches qui composent le sol inter-
mediaire dans le departement du Calvados ; par M. Herault.
( Mem. de la Soc. linn, du Calvados, 1824, p. 249.)
On doit au savant auteur de ce meraoire un premier tra-
vail sur les terrains de ce departement, imprime par ordre de
I'academie royale de Caen ( voyez le Bulletin de 1823, t. IV, art.
n°. 53i). Aujourd'hui M. Herault s'occupe particulierement
des terrains intermediaires.
Le pliyllade ordinaire offre dans plusieurs endroits du Cal-
vados une variete gris jaunalre ou verdatre, qui donne de tres-
bons crayons pour ecrire sur I'ardoise. II y a aussl de bonnes
pierres a lepasser les rasoirs. Certains schistes renfennent des
feuillets siliceux et brunatres, comme pres de Conde-sur-Noi-
reau, et la roche passe souvent au pliyllade arenifere. Ce de-
partement offre des trilobites (peut-etre du genre Calimene),
nu pied du chateau de Falaise , pres de Litry. Le pliyllade sublui-
sant calcarifere est gris verdatre ou jaunatre; il alterne avec le
pliyllade arenifere, et le gres quarlzeux phylladifere , comme
sur la rive droite de la Laize, etc. Le pliyllade paillete ou rai-
cace se rencontre surtout au milieu des couches de gres quartzeux
fcldspathique ( entre Harcourt et Conde-sur-Noireau). Le phyl-
lade arenifere est compose de quartz, de feldspath, et de phyl-
!ade. II est travcrst^ de petits fllons de quartz; il est gfis verda-
272 Geologic.
tre oil gris rougeAtre, et il dome unc bonne picrre pour ia
construction des miirs. Le gres qnartzcux pliylladifirc est la nie-
me roche moins abondante en pliyllade ; il alterne avec le phyl-
lade et du raarbre entre Bretteville et la route d'Harcourt , etc.
II fournit de bonnes dalles. Le gres quartzeux feldspathique n'est
guere forme que de quartz et de feldspath; il est rongeatre ou
jaunafre, et n'est qu'une \ariete du gres rouge ancien des An-
glais. II alterne sur la rive gauclie de la Guine avec le pliyllade
et le gres quartzeux phylladifere. II occupe les sommites an niidi
d'Aulnav, jusqu'a I'Orne, et forme les points les plus eleves du
departement. Le gres feldspathique ou agglomerat porpliyrique
offre, dans une pate petro-siliceuse rouge, violette ou brune^
des grains de feldspath blanc ou rose et de quartz liyalln et des
fragmens de schiste. Cetle roche tres-dure couvre les cimes des
hauteurs moyennes , ou le penchant des plus hautes montagnes.
Le cote nord de la montagne, au sud d'Auhiay, presente de
ces gres, tandis que son sommet est forme de gres quartzeux
feldspathique et de gres ordinaire , et son pied de phyllade et
de gres quartzeux phylladifere. La meinc roche s'etend dans les
montagnes, entre Saint-Marlindon et Proucy, et forme Icsbut-
tes de Clecy.
Le quariz grenu est quelquefois en plaques minces et con-
venes de mica ; la bruyere de Jurques, et celle au sud de Falaisc
en sont formees. II forme , avec le phyllade, le rocher du cha-
teau de Falaisc. Ccs deux dernieres roches sont employees pour
charger les routes. Le gres cjuartzeux coquillier est ires-dur, le-
gercment lustre, et blanc grisAtre ou rouge violatre. II y a des
dendrites, des veines d'un argile blanchatre oujaunatrc, lachcte
de rouge, et des cerclcs conccntriques d'une matiere calcedo-
nique. On y rencontre des terebratules striees , des cypricardes
niodiolaires , des entroques, et peut-^tre des trilobiles. On I'ex-
ploite comme pave a May, a Soumtont, a Jurques, a Feuguerol-
les, etc. Le gres quartzeux micace est unc variete de la roche
precedcnte. Le poudinguc quartzeux a un ciment quartzeux qui
enveloppe des noyaux do quariz hyalin et de feldspath. II est gns
ou jaunatre, ou rougeatre; il forme des bancs au milieu des
gres fcldspathiques, des gres quartzeux phylladiferes,dc phyllade
ct de ma'rbre. II dominc surtout au-dcssus du rocher de f.nm-
paux, pres ,'<aint-Martindon. Lc poudingne feUlsi)atliiquo n'est
que lc gres feldspathique avec des noyaux de gres quartzeux 5 on
Geologic. 275
le voit prcs Fresnay-le-Puceus. Le calcairc marbrc est blanclia-
tre, rosatre, bleuiire; ou rouge tacheto de gtis, de noir, de
jauiie, etc. A Bully, la varietc bleuatre est melangee de gres
quartzeux phylladifcres ; peul-etre y a-t-il des encrines ? L'c-
paisseui- tres-variable de ces couches ne depasse jamais quelques
decimetres; mais a Vienx, et N.-D. de Laize , cette roche oc-
cupe uiie grande etendue. On en volt a Bretteville sur Laize,
Clinchamps, a Fourneaux et a Pierrefitte. On I'emploie avec
avantage corame marbre. L'ampelite grapliique a ete trouvee a
vSaint-PIerre du But, pres de Falaise; elle y forme une couche
de 4'n.,2o d'epaisseur, et renferme des pyrites et de la chaux
sulfatee trapezienne. L'ampelite alunlfere s'est trouvee dans la
bruvere du Plessis-Grimoult; elle contient des rognous de cal-
caire noiratre et des veines de pyrite. A Urville, pres de Brette-
ville sur Laize, il y a une couche de mineral de fer, en partie
oolitique et brun rougeatre ou jauuulre. Ce banc s'appuie sur un
rocher de quartz grenu, reconvert de phyllade et de grcs quart-
zeux phylladifere. II y a aussi la ua poudingue a pate ferrugi-
neuse, enveloppant des grains de quartz hyalin et de feldspath.
Les environs de Roncarap donnent aussi du mineral de fer. Le
coteau de Montmirel, pres Litry, et la Pourrie, dans la foret de
Cerisy , offrent du petrosilcx basaltoide. Cette roche est verdalre
et renferme des cristaux de feldspath , et d'autres de pyroxene
ou d'amphibole. On trouve encore dans le Calvados une roche
dure, verdatre, dont la pate est formee de cristaux, de feldspath ,
et d'une partie verte, qui est en partie de I'amphibole? et en
partie du talc chlorite. Elle est porphyrique et contient de la
])yrite et du quartz hyalin. On ne I'a trouvee qu'a Vieux et k
Pierrefitte, et on en fait des paves et des bornes. D'apres cela,
le terrain intermediaire du Calvados est done fortcomplet, et
tres-interessant a etudicr. A. B.
207. Observations sur des terrains d'eau douce recemment
decouverts dans les environs de Sete , a tres-peu de distance de
la Mediterranee, et inferieurs au niveau de cette mer, par
M. Marcel de Serres. Memoirc prcsente a VAcadeinie des
Sciences de I'lnstilut , le lundi 1 1 oct. dernier.
Ce memoire intercssant offre la description de terrains calcaires
rl'eau douce de formation la plus rccente, et qui , quoique
disposes en couches horizontales et nuUemcnt inclinees, ont ce-
B. TomkIH. 18
2 74 Geologie.
jiendiint cerlaines de leurs couches inferieurcs au niveau de la
Mtditerranee. Ces terrains calcaires offrcnt encore cela de par-
ticnlier, de n'etre eloigni's du bassin acluel de cetle mer quo
d'environ iioo foises. Nous nllons laisscr parler I\I. de Serres
lui-meme dans Ja note qu'il a lu a I'Acadrniic.
Sous le rapport de ieur rapprocliemcnt de la IMeditcrranec,
comme sous celui d'avoir leurs couches inferieurcs au niveau de
celte mer, ces terrains m^ritalentd'elre signales et decritsavec soin.
Aussi avons-nous joint a ce memoire des coupes tres-detaillees
de ces terrains d'cau douce qui se trouvent comrae eacadriis
entre des formations marines qui allerncnt avec elles.
Les terrains d'eau douce de Sete, uniquement composes de
couches calcaires , sont caracti'rises par des fossiles solt tcrrestres
soit lacustres , dont les especes paraissent differer de celies de-
crites jusqu'a present, quoiqu'elies soiont assez rapprochees de
plusieurs de celies que Draparnaud a reconnues comme elant
propres a la France mcridionale.
Les formations ou nous avons trouve des Testacelles fossiles,
genre de coquillage qu'on ne connaissait qu'a I'etat vivant , ont
encore cela de particulier,dc presenter un plus grandnorabrc dc
fossiles tcrrestres que de fossiles lacustres, tandis qu'il en est tout
le contraire dans la plupart des formations d'eau douce di'criles
jusqu'a present. En elfet les fossiles lacustres sont trcs-])cu nom-
breux en especes et en individusdans les formations de Sete, et 11
en est dilferemment des tcrrestres, qui y abondent , surlout les
especes du genre Helix. A cet egard nous ferons remarqucr qu'il
exlste dans chaque formation , et quelquefois dans un certain
nombre de couches d'une meme formation , des fossiles qui , do-
minant sur les autres par le nombre et I'iraportance des indlvi-
dus , doivent etre considercs comme les airacteristiqucx d'une
formation ou comme les cdracteristiqitcs d'une couche ou de
plusieurs, selon qu'llsse raontrcnt dans toutes les couches d'une
mtme formation, ou uniquement dans cerlaines de ces couciies;
observations (julne diniinucnten ricn I'lmportance des caracteres
zoologiques, soit par rapport aux terrains secondaires, soitrcla-
tivement aux terrains tertiaires, oil ils paraissent avoir une plus
grande valcur, puisque cette observation tend uniquement ii
falre admettre que souvent les differentes couches d'une m^me
formation n'ont pas ete dt'-posees d'une maniere instanlanee, ma is
a des opoques plus ou moins (Sloignees.
Geologie. 2j5
La presence de certains corps organises qui caract^rlsent telle
on telle formation, on tel ou tel systeme de couche, tiendrait-
elle a des causes de m^mc nature que celles qui agissent main-
tenant? c'est ce que des observations encore plus precises que
les notres permettront certainement de decider. Ce qu'Il v a
seulement de certain , c'est que les coquilles comme les zoophy-
tes et les plantes marines rejetes sur le rivage par les iners ne
sont point les memes aux diverses epoques de I'annee. Ainsi a une
cerlaine epoque les Corlthes, les CanUiim, les Mactres domineat
le long des cotes et s'y trouvent presque exclusivement, tandis
qu'a une autre epoque ces genres y sont remplaces par les So-
lens, les Venus et les Donaces, dont les especes non-seulement sont
les plusabondantes, maisparaissent presque les scales que la mer
ait rejetees.
Si done les sables qui entourent ces coquilles les empataient
ou se solidifialent et formaient des sables coquilliers , commccela
arrive encore de nos jours, il en resulterait que selon I'epoque
de i'annee de leur solidification, ils reuniraient ou des Cerithes
ou des Solens, ou enfin les genres dont les especes paralssent a
des epoques diverses et determinees. Ces exemples semblent
propres a nous faire concevoir comment cliaque formation et
quelquefois cliaque ou plusieurs couches d'une meine formation
offrent des fossiles caracteristiques ou des especes dominantes
par le nombre et I'importance des individus.
Si les epoques ou paraissent tels ou tels genres .dtaient bien
determinees , on pourrait dire par suite a quelle epoque telle
ou telle formation aurait ete deposee. On jugeaisement que nous
n'arriverons jamais a une pareille precision a I'egarddes fossiles;
mais cette observation n'est pas moins curieuse a faire, puisque
d'une part elle tend a prouver que dans chaque formation ou
dans une partie des couches d'une meme formation il y a une ou
plusieurs especes qui la caracterisent, comme dans une regioa
determin^e les etres organises marins rejetes sur le rivage ne
sont pas les memes, sulvant les diverses epoques de I'annee ou
on les observe. Ainsi dans tons les temps les lols dela nature ont
<5te aussi simples qu'universelles , et les lois admirables d'harmo-
nie etablies entre les el res crccs ont aussi-bien cxiste dans les
temps d'autrefois que dans les temps plus particuliercment soumis
a nos observations.
2^6 Geologie.
208. Sub la structure physique uc district de LizAan ,
dans le comte de Cornouailles; par le ll^v. A. Segdwick.
( Trans.de la Soc. philos. de Cambridge , vol. 9., 1821.)
L'auteui' a examine le pays depuis rembouchure de la riviere
d'Helford jusqu'a Loe Bar. Aunord d'une ligne tiree d'undeccs
points a I'autre le pays est compose de scliistes. Le district dc
Lizard est un plateau elevii de quelques centaines de pleds au-
dessus de la mcr et convert d'emincnces. Des serpentines et des
roches i^orphyriques y domlnent; I'etendue des premieres roclies
est marquee par le peu de vegetation. Des grunsteins, ou plutot
des eupliotides, sont associes a la serpentine. Vers Mawnan, les
scListes prennent un aspect plus lustre et ont un toucher niai-
"re : il y a despetits filons de quartz et d'aragonitc. Alapoinle
du Dord, il V a des agglomerats schisteux. Entre Helston, St.-
Kevern et Menucclion,il y a des masses de gres ferrugineux in-
terraediaire; letitane est assez frequent a Menacchan, et M. Ma-
gendie le fail dcriver des eupliotides. A Portlialla, on observe
beaucoup de roclies decomposees au contact des schistes et des
roches cristallines. Les premieres roches y portent des blocs dc
serpentine etd'euphotide, quldevient porphyrique. Dans le val-
lon de Porthowstock , et vis-a-vis de Manacles, sur le cote sud
de ce rivngc, la serpentine est separee de I'euphotide par une ro-
che porphyrique a base de feldspath tenace , ct par une euphotide
a amphibole. La serpentine abonde entre Coverack et la poinle
de Sednboar, et elle y contient du cuivre. Une masse cuneiforme
d'euphotide se trouve pres de la , entre deux raurs de serpentine.
Pres Kennich Cove, la serpentine est coupee par trois filons de
feldspath grcnu ou porphyrique ayant quelques pieds d'epais-
seiir. Plus loin, vers Callcan Cove, il y a des couches de grun-
stein ou d'euphotide a grains fins ct a asbeste et steatite. On croit
voir lantot des filons nombreux de porphyredanscetterochc, et
tanlot des filons d'euphotide dans un porpliyre : danscesendroits
il yaquelques grenats. En approchantde Callean Cove,la serpen-
tine reprend le dcssus et est traversee de filons d'euphotide. L'au-
tcur en conclut que tout le pays au sud de I'llolford est compose
de grandes masses non stralifiecs, cuneiformes ct melees sans or-
dre. Entre Kennich Cove et Callcan Cove, la serpentine ren-
lerme beaucoup de filons d'euphotide. Un beau grunstein schis-
teux s'ctend depuis Balk jusqu'au dela de Hot Point; on y
remarquc des masses decomposees ayant I'air de filons. On nc
Geologic. ^q",
pcut pas voir leur coatact avcc les schisles de la pointe de Lizard.
Old Lizard Head est compose de couches contournees de scliiste
cLloriteux ; mais au dela la serpentine reparait , et les schistes
se trouvent coupes par la serpentine, ou inclinent en sens op-
pose. A 3o ou 40 pieds de la jonction, une masse de grunsteia
schisteux a I'air de s'enfoncer sous les deux especes de roches
precedentes.
Le cote ouest du district de Lizard offre encore, dans ses escar-
pemens demanteles, des serpentines a filons d'eupliotide. Dans
le lieu appele Kynans Cove les rochers soiit perces et ronges
d'une manierc bizarre, et il y a des filons d'une roclie grani-
toide tres-feldspatbique , ainsi que des masses de steatite. L'eu-
photide succede a la serpentine vers Mullyan Cove , oil 11 y a du
cuivre natif, et les schistes reparaissent au nord de ce dernier
ondroit. Ces dernieres roches forment la cote entrc Bollerium et
Loe Bar; ce sont des schistes argileux, en partie soyeux, alter-
nant avec des masses areuacees ouquartzeuses.
L'auteur pense qu'une coupe faite depuis les hauteurs de Con-
sTantine , a I'embouchure de I'Helford , et de la a la pointe d'Old
Lizard Head, donnerait laserie suivante de formations : un gra-
nite tres-micacc en contact avec les schistes, des schistes argi-
leux, des schistes avec des grauwackes, des poudingues et des
gres, des serpentines surmontees d'eupliotide, une formation
porphyrlque d'euphotlde amphibolique, des masses seniblables
tres-conipactes associecs avec une belle eupliotide et alternant
avec la serpentine, une serpentine associee avec les memes ro-
ches en partie porpliyrlques et avec du feldspath grenu ct des
grunsteins schisteux, un grunstein schisteux, enfin une formation
de schistes chloriteux, talqueux, entrelaces en apparcnce avec du
grunstein schisteux et de la serpentine. L'auteur terniine ce nni-
moii'e en rapportant tons ces depots aux formations interme-
diaires. A. R.
•20«). A Geological and acuiculturai. Survky of the district
adjoining the Eric canal in the state of New-York. Description
geologique et agrlcole de la partie de I'ttat de New-York
que traverse le canal allant dc la riviere Hudson au lac Erie ,
composec sous la direction dc M, van Rensselaeu. — Partie
geologique par M. Amos Eton, acconipagnee de deux cou-
pes du terrain compris entre I'Occan atlanliquc ct le lac Erie ,
278 Geologic.
oil se trouTe anssi unepartic de I'etat dc Massachusetts. 164 p.
m-8. Albany; 1824.
ATant d'entrepren«1re do faire connaitre cet ouvrage , il con-
•vient de donner une Idee du Canal auquel il se rapporle. Nous
ferons usage a cet effet de la Description gcographique des Etats-
Vnis , -psiT John Alelish , dont il a paru, en 1822, a Philadelphie,
une nouvelle edition fort augmentee , in-8 , 5oo pp., et du Ma-
nuel topogr. et statist, de I'elat de New-York , par S. Goodenow,
1822 , 72 pp. in-8. Le canal de Touesl ( Western canal ) de I'etat
de New-York, a 40 pieds anj^lais de large dans le haut, 28 dans
le fond, et 4 pieds de profondeur. II a ete commence en 1817
et parait avoir ele aclieve en 1823. II debouclie d'un cote dans
la grande riviere Hudson, pres d'Albany; il suit d'abord le cours
de la riviere Moliawk , passe a Sbenectady, a Utica , a Rome;
tournant ensuite a rouest par les salines d'Oneida et de Roches-
ter , il trouve la riviere Genesee ; le cours d'eau nonnmc To-
nawanta-Creek , a peu de distance de la riviere de Niagara, et
aboutit a Blackrock dans le lac Erie , pres de I'exti'emlte orlen-
tale de ce nieme lac. La longueur de ce canal est d'environ j6o
milles. Le niveau du lac Erie efant cleve de 564 pieds au-dossns
du niveau de la riviere Hudson, cette pente, et 91 pieds de
mouvementde terrain dans la partie interinediuire, ont du etrc
rachetcs par 77 ecluses longues de 90 pieds et larges de i!\. On
evalue la depense totale de ce grand ouvrage a cinq millions
de dollars (plus de aS millions de notre monnaie). EUe a etc sup-
portee en entler par I'etat.
Tel est le canal dont la section gcologique est donnee par
M. Amos sur une planche longue de 1 metre 40 cent. , qui com-
prend aussi une partie de I'etut de Massachusetts,- figurec plus
en detail sur une seconde planche par le rever. E. Hitchcock.
Dans I'etat de Massachuscts, la section prcsente des terrains
primitifs. Elle n'olfre que des terrains de transition depuis Al-
bany jusqu'a un village nomme Rome , a la reserve des pctits
espaces ou il coupe le gneiss des montagnes blanches et celui des
montagnes vertcs. Le surplus du canal est creuse entierement
dans des terrains secondaircs ou bien dans les terrains d'alluvion
qui les recouvrent. Dans aucunc partie du canal on n'a rcncontrt^
de roches trappeennes ou sitjn'rincutnbcntcs , comnie RI. Eton
appcUe celles de cette classe.
Une rcmarque importante que I'auteur a eu occasion de faire,
c'est que , dans le pays qu'il decrit , Ics basslns des lacs, les lils
Geologie. 279
(les rivieres , toules les v;illut'S tie queUjue importance en gene-
ral, sonl en meme temps des iimltes de terr;iins sous le point cle
vue geologique. II n'y a d'exception que pour des fissures etroi-
fes qui merilent a peine le nom de vailees. L'ordre geograpliique
n'est pas celui que M. Eton a suivi dans cet ouvrage. II y decrit
les differentes roclies suivant l'ordre de leur superposition , qu'on
peut regarder comrae indiqiiaiit celui de leur anciennete respec-
tive ; il a soin en meme temps d'iridiqiicr le dcgre plus ou moins
grand de ferlilitc qui resultc pour la surface du sol , de la nature
des roches sur lesquelles il repose et dont la dt5composition a
contribue a former la terre cultivable. II note egalemcnt les
metaux ct les autres substances minernles appropriees au be-
soin des liommes qui se trouvent dans chnque sorte de terrain.
£nfin il cite les points ou les rocbes dont il paile se montrent
le plus evidemmcnt a decouvert.
Nous ne le suivrons pas dans I'enumeralion et la description
qu'il fait des formations (ju'il a eu occasion d'observcr Ye long
du canal; mais nous croyons devoir fixer plus particulierement
rattention des geologistes sur la disposition des roches secon-
daircs qui occiipcnt la partie occidentale de I'espace dont il s'a-
git,parce que M. Eton ne croit pas qu'on puisse les rapporler
exactement aux terrains du meme ordie observes en Europe.
En consequence de cette opinion, il a cree pour les designer les
denominations suivantes , dont l'ordre indique celui de leur su-
perposition de bas en haut, a partir du gres rouge, ou se ter-
mine suivant lui la formation de transition : JMillstonc grit, saU~
feroiis rock, greyband , ferrifcruus slate , ferriferous sandstone
calciferous slate , gcodiferoiis liinerock, cornitiferous lirnerocA
pyriliferous rock, line section jiarticuliere de la celebre cliule
de Niagara, baule de iSopicds anglais, y montre la disposition
successive des rocbes que nous venons dVnumercr, depuis la
roche salifere qui en occupc le bas,jusqu'a la rocbc pyritifere
que Ton peut observer un peu au-dessus du commencement de
la cataracte.
M. Eton pense qu'on ne trouve dans les Etals-Unis ni trapp
de transition, ni scliisle siliceux primitif, ni gypse ])rimitif ui
bassin de craie; et il ne croit pas d'un autre cote qu'on trouve
en Europe, si ce n'est sur quclf[ucs points de peu d'etenduc, la
formation fcrrlfcre qui tiont une si grande place dans les terrains
de rAuieritpjc. Au rcsle nous ai>prenons par lui-mume , p. 107
que M. Hitchcock ne p.utage pas son opinion sur la m'-cessite de
280 Geologic.
creer de nouvelles denominations pour les roches de la Nouvelle-
Anglcterre , et que, sulvant lui,au contraire, Ics noiBs admis en
Europe peuvent s'appliquer <'galenienl aux roches americaines.
Cette question ne pent nianquer d'interesser les geologistes de
tous les pays , et I'ouvrage dont nous offrons ici une courle ana-
lyse fournit d'excellens matcriaux pour ceux qui voudront la
discutcr , au moyen du soin avec lequel I'auteur a dccrit les ro-
ches dont il parle. CM.
210. Uber dolomix, als GEBiRCSART.Sur la I>olo!iiieconsIderee
comme roclic , par M. de Buch. Deux mcmoires lus a I'aca-
demie royale des sciences de Prussc, les 3i Janvier 1822 et
6 fevrier i823.In-4. Berlin; 1823.
Dans le premier de ces memoires, apres avoir rappcle brieve-
ment les observations anterieures faites par divers auteurs sur les
calcaires magnesiens, M. de Buch expose d'abord ses propres ob-
servations sur les dolomifs des terrains secondaires, c'est-a-dire,
sur un assez grand nombre de roches calcaircs dont il a reconnu
la nature raagnesienne, et qui toutes lui ontprescntc une cont'or-
initcremarquable dans Icurs caracteres , etant sensiblement plus
dures que le calcaire pur, ayant constarament une couleur jau-
natre oubrunatre, une cassure toujours grenue ou finement la-
TOcHaire, dont les lamelles ne sont pas juxtaposees I'une a I'autre
jiar leurs bords, mais se touclient en pen de points de nianiere a
laisser entre elles des intervalles visibles, Icsquels, lorsqu'ils de-
viennent plus grands, sont tapisscs de pctits cristaux prescntant
toujours le rlioiuboedre primitif. Le tout sedcsagregc lacilcinont
en une sorte de sable qu'on prendrait qnelquefoispour un sable
siliceux. Presque jamais on n'y voit d'indiccs de corps organises
ni d'lndices de stratification; on n'y reconnait ordinairenicnt que
des masses escarpces qui sont traversees de nombreuses lentes
■verticales , taplssces de cristaux , et qui renferment frcquemnient
des cavernes. Partout dans les terrains secondaires I'aiileur a vu
la doloniie sc presenter conime quelque cho;.e d'etranger a ces
terrains, cu masses qui , en general , se distingucnt mcnie de loin
par leurs formes hardies. C'est ainsi qu'il I'a reconnu pres dc
Cobourg, au pied du Thiiringerwald, superposte aux cou-
ches d'argile rouge et de gypse, designees sous le nom dc hcupw
ct paraissanl appartenir au terrain dc ^res bigarrr. C'cst de la
incuAO man iTc que cette roche sc moiilro sur les soiomites des
Geologic. 28 1
montagnes jnrassiquos dc Franconic, oil elle reiifernic les cfivcr
nrs tie Muggendorf et dc Gaylenreulli, C'est encore avec Ics
memes caraclercs que la dolomie se trouve aux environs d'Aicli-
stiidt, recouvrant le calcaire jurassique ct recouvertc elle-nieme
par les niarnes schistoides de SoIenUof'en et de Pappenlieini, ce'.e-
Lres par les nonibreuses empreintes de poissons, crustaces el
insectes qu'elles renfernient. La dolomie scule separe ces scliiste>
inarnenx des calcaircs a ammonites du Jura , et malgre i'exlreme
difference que presententles debris organiquesde ces deux calcai-
rcs , la regularite des gisemens des trois terrains porte a les coiisi-
rer comme appartenant a une seule formation.
Dans les terrains anciens du Tyrol meridional , les formes sin-
gulieres de la dolomie deviennent de plus en plus hardies et es-
carpees, et enfin aux environs de la vallee de Fassa el les surpas-
sent , dit l'au!eur , tout ce que I'imagination la plus vive peut se
rcpresenter. Mais dans cc pays Fapparition de semblables
masses parait essentiellement liee a Tapparltion du porpliyre
pyroxeiiique auquel ellessont constaminent superposees, etl'ob-
servation repetee des relations de gisement que presente toute
la contree , conduit M. Buck a penser que c'est le poipliyrc py-
roxeniquequi, en agissant sur le calcaire compact, I'a decolore,
a detruit les indices de stratification et les vestiges des corps or-
ganises, a penetre de magnesie la masse calcaire, I'a cliangee
en dolomie grenuc, enfin I'a soulevee et deposee en colosses
escarpes a des hauteurs considerables.
Dans le second memoire, appuye sur de nouvelles observa-
tions, I'autcur regard e comme /y/OHi'c' ce qu'il n'osait presenter
dans le premier que comme une hypolliesc probable , relalive-
inent a la transformation du calcaire compacte en dolomie, j)ar
Taction du porpliyre pyroxenique. Ala montagne Smita- A gutlia ,
pres deTrcnte, M. deEuch annoncequela transformation a lieu
pour alnsi dire sous les yeux de I'observateur, dans les innombra-
bles fissures qui travcrsentla sommite calcaire. C'est dans un ter-
rain de meme nature et situe dans I,i meme j)osition gi';oloi;iquc ,
que se trouvent les mines de plomb et de calamine de BIcyhcrg en
Cariutliie, de Sclnvatz en Tyrol, de Feigenstcin , de Raibel , etc. ;
el M. de Cu( li altribue la production des nombrciiscs veinnles
de mineiai qui eourent dans le calcaire magnesien , ii la meme
cause (]ui a bouleve la masse du Iciiain et y a fail arrivcr la
jiiagncsie.
aSa Geologie.
C'est encore en invoquant dcs obscrviitions nombrenses, que
M. de Bucli t'nict Topinion que presque toutes les cavernes qu'on
connait dans les terrains de calcaire secondaire, se presenlent
non dans le calcaire , mais dans la dolomie , et que leur exislence
est souvent liee auvoisinage duporphyre pyroxenique, ainsi que
cela est blen remarquablc dans le Derbyshire.
Enfiii M. de Biich voit dans le soulevement du porphyre py-
roxenique , qui lui parait avoir eu lieu sur toute la longueur de
la chaine des Alpcs, le motif de la situation actuelle, a dcs hau-
teurs souvent trcs-considerables , de teri'ains secondaires analo-
gues a ceux qui ailleurs ne se presentent que dans les plaines ; il
admet d'autant plus volontiers cette hypothcse, qu'elle lui parait
pouvoirfaire concevoir facilenicntcomment des debris d'aniniaux
inarins se trouvent aujourd'hui sur les sommitcs de hautes mon-
lagnes, sans qu'il soit besoin de chercher a se figurer comment
la mer aurait ete elevee jadis a huit ou dix mille pieds au-dessus
de son niveau actuel.
En generalisant les consequences de ses observations, M. de
Buch est porte a regarder toutes les chaines de montagnes de la
surface du globe comme le resultat d'un soulevement qui s'est
opere dans des fentes considerables, que le commencement de
ce soulevement meme a produites , a travers les terrains secon-
daires deposes auparavant d'une maniere a peu pres uniforme
sur la surface du sol primordial. II voit dans le porphyre })yroxe-
rique, qu'il regarde comme place au-dessous do tousles autres
terrains, la masse qui s'est ainsi soulevee pour produire presque
toutes les inegalites que presenle la surface acluclic de la terre ,
et quis'etant epanchee souvent cntre les terrains qu'elle avaitele-
ves, etles plaines restees dans leur position premiere, se retrouve
aujourd'hui, avec une nature uniforme, au pied d'uu grand nom-
bre de chaines des differentes parlies du globe. B — d.
211. Descriptions des couches de tourbe des environs du
Klostersee ( Holstein); par N. A. Binge. [Schriften dcr Gcsell.
iler gesamrnt. Nuturwiss. zii MarOiirg, i*^'. vol., 182''), p. 1G7.)
Cette tourbe se trouve sur la cote orientale du Hoislcin, Ic
long de la mer, eutre Gromilz ct Kcllcnhuscn. La cote est sa-
blonncuse sur un espace de quclqucs niilliers de pas; mais au
sud de Gromilz et au iiord de KellenliusiNi , le rivage est com-
pose d'une argile marneusc. Des cailloux de roches granitoic^es j
Ge'ologie. 285
porpliyriqucs et scliistcuses convrent le sable. A tine hcure de
Gromitz il y a une tourbieie de i,4oo pas de long; ie sable la
cache plus loiii au dela du debouche du lac de Kloslersee. L'au-
teur croit que les callloux proviennent de la destruction des de-
pots argileux ou marneux , et que le sable du rivage tire son
origlne des gres du fond de la nier, et que la mer n'a pas trans-
porte de blocs depuis la formation des dernlers terrains. La tour-
blere contlent des roseaux et des troncs de chcne couches hori-
zontalement, et pres de la mer elle est recoiiverte d'herbes ma-
rines en putrefaction. Comme il ne croit plus dans ces lieux que
des saules, il faut, lors de la formation de la tourbe, que la mer
alt ete a un niveau de 5 a 6 pieds plus bas, ou bien que la touibe se
soit trouvce a 5 ou 6 pieds plus haut, ou qu'elle ait etc situee plus
loin dans I'interieur du pays. L'auteur examine la probabilite de
ces differentcs suppositions ; 11 trouve que le niveau de la mer
s'eleve ou s'abaisse trop lentement pour rendre comptc de ce
fait, et il pense qu'un glissement de la tourbierc I'expllque
mieux, STJrtout si Ton suppose une petite inondation. L'auteur a
trouve sur cette cole des echinites, des belemnites, du bois pe-
Irifie. II annonce une description geologique de I'ile d'HcIgo-
land, et il rappelle son ouvrage intitule, Materiaux pour ser-
vir a I'hlstoire naturelle, et a I'economie, iniprlme en 1817 a
Altona , chez Hammerich. A. B.
212. Recherches SDR QUELQUEs FossiLEs trouvLS dans les for-
mations de houille sucdolses; par S. Nilsson. {_Ko/igl. Ve-
tensh. ncadem. handliiigarfcer aar iSaS. Stockholm; i8?.4;
i'"*. part., p. 96.)
C'est particullerement des houilleres de Scanle que s'occupe
l'auteur. II croit pouvoir prouver que la houille de cclte pro-
vince s'est forme e dans d'auli'cs temps, et sous d'aulres circon-
stances , que les houilleres qu'on irouve hors de la Suede. Les
bancs de houille les mieux examines en Scanie sont ceux de Hoe-
ganaes. La liouille y succede a du gres et du schiste , ct repose
sur un lit de schiste noir. Le banc le plus epais a 4 pieds d'e-
paisseur; au-dessus dece banc on en trouve d'autres bleu molns
epais entre les couches de schiste. Kntre les deux bancs de houille
les plus epais il y a aussi une couche d'argile ferruaineusc brunc
qui se retrouve uon-seuiement dans tons les lieux de Scanie on
il y a de la liou'lic, uiais encore dans I'ile dc Bornholm. La
284 Geologic.
houille ainsi que le schiste varient tie qiialito. II y a un scliihle
iioir dans lequel on Irouve des fossiles et des empreintes de ve-
g(5taux appartenant a la iiier. Les empreinlcs d'algues que
M. Nilsson en a retirees ont ele examinees par M. Agardli : on
y a trouve une dent de poisson. Dans les formations de craie en
vScanie on a trouve aussi des dents qui paraissent appartenir au
genre des requins.La dent trouvee a Hoeganaes a du appartenir a
un genre tout different. On y a trouve encore un fragment de
cruslace. En general tous les vcgetaux et animaux fossiles de-
couverts jusqua present dans le schiste noir, entre les bancs de
Louillea Hoegana-s, appartiennent a la mer. D'ou I'auteur cou-
clut que les bancs de houille et le schiste qu'iis renferment se
sont deposes au fond de la mer. Dans les bancs de gres qui re-
couvrent les houillcres, et qui sont evidemment plus modernes
que cette houille, mais plus anciens que le monde organise
qm les entoure, on decouvre des fossiles d'ophioglosses etd'au-
tres productions des marecages et de I'eau douce, et dans ce gres
on n'a pomt trouve jusqu'a present une trace de production ma-
rine. Dans I'argile ferrugineuse il a ete observe queiques restes de
coquillages ; mais ils n'etaient pas assez bicn conserves pour qu'oii
put decider s'ils avaient appartenu a la mer ou a I'eau douce.
21 3. SociETE GEOLOGiQCE de Loudrcs. (Voyez le Bulletin de mai,
pag- 19-)
Seance du 2 acril 1 824. — On tcrmine la lecture du meinoire
intitule : Esquisse de la geologic de la Nouvelle-Eollande et de
la Terre de Diemen , par le rev. J. H. Scott.
D'apres I'examende BI, Scott, la cote dela Nouvelle-Hollande,
depuis le cap Hovse jusqu'au port Stephens, en y comprenant
I5otany-Bay, le port Jackson, etc., consistc en une seiie continue
de terrains houillers. A Naswarro , ou les cinq iles , une veine de
diarbon se Irouve a la surface du sol ; entre Broken-Bay et le port
Hutiier une veine horizontale de houille est mise a docouvert par
Taction de la mer sur la cote. On exploite d'excellent charbon a
Newcastle, sur la riviere Hunter , a 1 1 1 pi. de la surface; la veine
a une epaisseurdc Irois pieds. Cette houille est traversee en quel-
fjucb endroits par de grands (iions de trapp , et Insdi-bris vege-
taux d'une fougere a longues fcuilles se Irouvent a la base. La
pierre cakajre alterne avec le gies , et Ton y Irouve des minerals
de fer. A Sydney I'eau des puits, qui n'out pas plus de 3o pieds
Ge'ologie. 285
de profondeur, n'cst pas bonne ; inais un puils de 8^ pieds de
profondeur, crmse dans le gies , donne de I'eau excellente. Les
terrains houiilcrs continuant dcpuis Paramatta jusqu'a Emuford,
et sent interrompus par de grands filons de trap a Nepeau. Emu-
ford est situe au pied des Montagnes Bleues. Pres du sommet de
ces montagnes, le terrain houiller repose sur le gres ancien. L'es-
carpement de cette roche, a I'E., presente I'aspect d'un murper-
pendiculaire, au pied duquel le gres ancien est en contact avec
des roches primitives, Ces dernieres se trouvent dans la chaine do
montagnes de la vallee de Clenyd et de Clarence, oil le Macqua-
rie prend sa source , et apres un corns dc 3oo milles au N.-E., se
terniine dans un marais immense, vers I'O. Des roclies porphy-
ritiques et I'argile schisteuse accompagnent les roches primitives
pres de Balhurst et de Sydmouth, jusqu'au lac George et la ri-
viere Cookbundoon, qui continue jusqu'aux prairies oiile terrain
houiller parait denouveau.
La geologie de la Terre de Diemen est conforme a celle du con-
tinent de la Nouvelle-HoUande. Hobarl-Towa et George-Town
sont toutes les deux sur le terrain houiller. Entre cette derniere et
Elisabeth-Town , on trouve un calcaire rempli de coquilles, pro-
bablement un calcaire oolitique. La meme roche exisle pres de
George-Town, dans une lie duTamar. A Bagdad, au milieu de Tile
on trouve une roche qui repond a la description du millstone grit.
On trouve aussi du sel sur le Macquarrie. A I'E. et a I'O. de la
partie habilee , entre les deux villes, on ne decouvre que des
roches primitives tres-elevces; de sorte qu'il est probable que
nie nc conticnt guere d'autrcs terrains fertiles qui puissent aui-
rcr une emigration future, ce qui n'est pas le cas avec la Nou-
vellc-IIollande.
On lit une leltre de M. J.-S. Yeats, sur le fait suivant.
Un puits de 285 pieds de profondeur ayant ete creuse a Strea-
tham, on pbserva les superpositions suivantes. Depuis 2 pieds
jusqu'a 2y pieds dc profoudeur , une argile tenace, d'un brun
fougeatrei de la, a 35 p. de profondeur, de I'argile contenant
des septaria ; de la a une profondeur de 180 pieds, une argile
bleuc, dans laquelle ,ahi profondeur de 70 a 100 pieds, on trouve
differcntps coquilles et fiagmons debois bitumincux el firsulmrc.
De 2ooa 2^0 p., de I'argile blcue,quelqucfois sablonncuse, et dans
laquelle selrouvcnt beaucoup de coquilles et de bois bitumineux.
A a3o p. on tiouvc des cailloux de quartz noir conmic ceux de
286 Gcologie.
Blackbeath, cettc profondeur paraissant etre Ic point de jonction
de I'argile de Londres et dc I'argile plaslique; ensulte une couclie
de sable , et apres des argiles de differentes couleurs. A la pro-
fondeur de 270 p. jusqu'a 285 on trouve des sables et des ar-
giles sablonneuses, dont la plus grande partle est pleine de tcrre
verte, ressemblant exactement a celle du banc d'lmitres , a Rea-
ding. Le memoire etait accompagne d'ecliantillons de ces diffe-
rentes couches.
On lit une lettre de M. Alexandre Gordon a M. D. Gordon
d'Abergeldie , donnant une description de trois forets desapin ,
ensevelies dans une tourbiere, et accompagnee d'echantillons.
La tourbiere d'Auldguissack dans I'Aberdeenshire, en Ecosse ,
presente un plan incline , ou plutot une surface inegale , ct variee
en profondeur de 18 a 10 p., depuis la par tie la plus basse de la
montagne jusqu'a la riviere.
Encreusantla tourbiere en deux endroits differens, on trouva
de grosses racines de sapins ecossais , a un pied environ au-des-
sous du niveau ordinaire de la tourbiere. Au-dessous de ces ra-
cines il y a une couche d'environ un pied et demi de tourbe, au-
dessous de laquelle on trouve encore des troncs et des racines de
sapin; et en6n, en creusant encore plus loin a une profondeur dc
6 a 7 p. au-dessous du niveau ordinaire de la tourbe , on trouva
encore des troncs et des racines.
II parut impossible a M. Gordon que ces racines pussent
avoir support^ des arbres differens croissant a la meme epoque,
car les ramifications horizontales dislinctes de ces arbres sont
ensevelies dans des couches de tourbes situees Tune au-dessus de
I'autre.
Seance du 23 avril, ■ — On lit un memoire intitule : Quelques
observations sur les lacs tlu Canada, lours hords ct leurs com-
munications, par le lieutenant Portlock, R. £.• — Dans ce memoire
I'auteur decrit la nature diverse des bords des lacs Huron , Mi-
chigan , Erie, et les autres Incs du Canada, et y joint un plan
dans Icquel il presente les differences de niveau de ces lacs, et
leurs communications I'un avcc I'autre. II observe que la couche
superieure a la cataracte de Niagara est un calcaire corapacte,
reposant sur une couche d'une nature tres-schisteuse. Ce n'est
pas par I'crosion de la surface que la cataracte parait reculer;
mais I'cau en tonibant d'unc hauteur de i5o pieds, frappe le
fond et se reduil en ecume qui est renvoyee dans I'air, bien au-
Geologie. 287
dessus du rochcr dont elle est tomb^e; cette eciime penetre les
couches argileuses les plus basses, jusqu'i ce que Ic rocher su-
perieur soit min6 et tombd.
Le lieutenant Porllock remarque qu'il y a eu un abalssement
gradual dans Ic niveau des lacs du Canada; 11 presente aussi
quelques considerations sur le voisinage des sources de plusieurs
fleuves qui coulcnt dans des directions opposees.
Seance du 7 mai. ■ — On commence la lecture A'un inemoire
sur la geologie des iles Ponces, par G. P. Scrope.
On lit une lettre de M. Thomas Botfield , membre de la So-
ciete, etaccompagnce d'os et de cornes de daim, et d'os d'liomme
et d'autres animaux, trouves dans une fente de rocher, dans
une carriere a Kimksbay (pres des anclennes mines de fer),
dans la paroisse de Dawley, comte de Shropshire. Leur adhesion
a la languc montre que la gelatine est entierement detrulte, ce
qui n'arrive que bien long-temps apres I'enterrement.
Seance du 21 mai.- — 'Oa terminc la lecture du Mcmoire sur
la geologie des lies Ponces. — Les iles Ponces sont situees sur la
cote d'ltalie, en face deTerracine etde Gaete. Elles comprennent
Ponce (anciennement Pandataria ) Palmarola, et quelques petits
ilots ; Ventotene et San Stefano les unissent avec Ischia. Le port
de Ponce est excellent. Le memoire de Dolomieu, sur les iles Pon-
ces , excita la curiosite, mais il est trop general pour la satisfaire.
Ces lies sont composees de roches trachytiques, et presentent de
belles sections sur les coles, qui ont mis I'auteur en etat d'eclair-
cir plusieurs doutes et de corriger plusieurs erreurs que les sim-
ples recheiches dans I'interieur des terres avaient fait commettre
rehitivcmcnt a cette formation.
L'ile Ponce est longue et tres-etroite, les cotes sont comme
rongces par la mer. Des masses plus dures laljsces le long des
bords prouvent que l'ile a ete plus large qu'elle ne Test a present,
et de petits promontoires font voir aussi qu'elle se joignait autre-
fois avec Quanuone et la Gabbia. Des trachytes prismatiques de
differentes conleurs et places dans diverses positions formcnt la
charpente de Tile. Ces trachytes sont accompagnes ct alternent
avec un trachyte demi-vitreux forme d'unc maticre pulvcrulonte
dans laquelle sont engage's de petits fragmens de trachyte. Le
' trachyte prismatique paiait avoir etc injccte a Iravers la matiere
pulverulente, et partout on il la louche sa base terrcuse est conver-
tie en un trachyte vilreux et quelquefois en tm trachyte ^raaille ,
^88 Mineralogic.
et renferme aussi de veritable obsidiennc. Ccs roclics se joignent
a uii Iracbyte sibceux qui rcssemble en apparence au buhrstoiie
siHceux de Paris. Snr le trachyte demi-vitreux qui forme la base
de la rnontagne della Guardia repose une roche de 3oo pieds d'e-
paisseur, que I'auteur distingue niineralogiquement du trachyte
commun , et a haquelle il propose de donner le nom de picrre
grisc. A Jammone, le trachyte repose sur le calcaire, que Broc-
chi diicrit comme calcaire de transition ; au contact ce dernier
devient dolomie. Apres avoir ainsi decrit ce groupe, I'auleur
termine son raemoire en montrant les rapports entre la structure
geologique de ces iles et celle du continent voisin de I'ltalie.
On lit un mcmoire intitule : Notes accompagnant les echan-
tillons rccueillis dans un voyage a trovers une parlie de la Perse
et de la Tartarie russe ; par M. James Fraser.
MINERALOGIE.
2i/,. Natcrgeschichte des Mineralreichs. Histoire naturellc
du regne mineral ; livre elementaire pour les gymnases et les
ecoles;par G. C. de Leonhard. Heidelberg; J. Engelmann.
(Prospectus^
Get ouvrage aura 14 a i5 feuilles in-8, d'impression ; tous les
caracteres et lesproprietesdesraineraux y serontdevcloppcs,mais
I'auteur n'y decrira que les minoraux les plus interessans ou les
plus utiles. II sera divise en deux parties : la premiere Iraitera
de I'oryclognosie, qui comprendra les caracteres des mineraux,
la classification , la denomination, la description et les series des
mineraux. La scconde partie Iraitera de la geognosie et de la
geologic: I'auteur parlera , dans dif'iercns articles, du globe ter-
restre , de sa croule, des changemens auxqucls cette croutc est
sujclte , des masses qui la constituent, des formations , des series
dc formations et des hypotheses gcogeniques. II y aura un petit
atlas geologique. Pour faciliter I'etude, le comptoir de mineraux
de Heidelberg a toujours des collections mineralogiqucs pretes.
Unepareille collection, dc 3oo a 400 morceaux,coutc, avec les
etiquettes, /|/| a GQ florins, ou de 1 10 a iCo fr. Cent inodclcs de
cristaux coutent i6 11. 3o k., ou environ /,2 iv.
Mindraloi^ie. 289
2 1 5. Sua DivEnsES locahtfs df, mineradx dk l'Am£iiique
SEPTENTRiONALE. [Aincr. Journ. ofScicncc, fiv. i8a4,p. aSi.)
Charles U.Shephard^crit qu'ila trouve iTower-IIill, en Cum-
berland, la llevrite massive et cristallisee en prisme a 4 pans,
avcc dcs angles de 112" et 68°, et avec un sonnnet pyramidal a
4 faces. Ce mineral est einpatedans un melange de quartz, d'cpi-
dote et de fer oxidule magnetlque. Le dislhene de Chesterfield
est accompagne de feldspath vert et de manganese oxide siliccux.
Le feldspath vert assocle a la chaux fluatee, s'est aussi rencon-
tre a Beverly-Mass. M. Jacob Porter annonce difftrentes localites
de mineraux, parmi lesquelles nous signalerons des tourmalines
dans du quartz a Cummington et Washington, de la scapolite
dans du quartz a Chesterfield, et du graphite a Lonesborough.
M. Steuben Taylor communique une liste semblable; il y a des
disthenes a Chatham, du granite graphique.avec de la plerre ol-
laire el de I'actinotea Barkampstead, et de la galene exploitee a
White-Creek (N.-Y).Le talc vert de Smithfield R. I. a donne des
masses pesant i5o liv. Le D"^. Eben Emmons annonce a Ches-
ter de la sienite avec du sphene, de I'argile et de I'actinote, de la
chaux phosphatee dans un agrcgat d'epidote grise, d'araphi-
bole et de quartz , du disthene,de la staurotide, et du pyroxene
amorphe dans du micaschiste; enfin un bloc d'agate pesant iSo
liv. A Bennington on trouve dumauganese oxide noir. Le mica-
schiste de Chester prcsenlc dcs petits filons tapisses de chaux
carbonatee a prismes a six pans tronques sur les angles , de
chabasie cubique, et de stilbite dodecaedre. II existe des beryls a
Norwich. A. B.
ai6. Sur les mines de terre ou nE lignite vitriolioue
des environs de Oppelsdorff , par Joh. Aug. Blume. {Schrift.
unci J'erharuU. der okonoin. Gcsflls., 1'^. livr., Dresde, 1818 ,
p. 93. )
La terre vitriolique est asscz rare dans la Lusace, car I'auteur
y a \u 3o localilcs d'aulres especes de lignite, et seulement nnQ
de celte terre. L'auteur suppose que cette dernicre est de forma-
tion plus ancicnne que le lignite ordinaire. II a employe celte
terre a ramcndement des terres, et a exploito aussi pour Ic
meme usage unc couche puissautc de lignite a Olbcrsdorf, prcs
de Zittau. Prcs Tiirchau il y a une couche de lignite de 80 pieds
B. Tome IH. 19
ago Muieralogie.
de puissance qui se trouve sous une couche de terrc do i4 a i8
pieds. Ce lignite repand en brulant I'odeur d'ambre.
217. NouvELLEs 1.0CALITJS MiN^RALES dans I'Am^rlque sepfen-
trionale ; par BT. J. W. Webster, D. M. [Boston Journ, of Phil,
and the Arts, n". 6 , mai i8a/|.)
Le feldspath \ert de Beverly se trouve en petits filons dans
line sienite, et y est associe avec du zircon prisme. Le plus grand
de ces cristaux pese 3o,5 grains; leur pesanteur sjxJcifique est
de 4,06. L'amphibole et le feldspath de la sienite ressemblent a ccs
mineraux de la sienite zirconienne de Norwege. Rarement le
feldspath vert est cristallisu. Pres de Stow (Mass. ) 11 existe de
I'apatite prisme, du beryl, et dc la tourmaline, dans des blocs de
granite. L'andalousite en prisme a 4 pans se trouve dans du
quartz pres de Lancaster. Le triphane est abondant dans une
roche de Sterling composee de quartz, de mica, de triphane;
I'auteur assure que ce compose forme un rocher pesant environ
3o tonneaux. La cleavelandite se trouve en petite quantite dans
la merae localite. A. B.
218. SUR niTERSES tOCALITES DE MINERAUX DE l'AmERIQUE
sEPTENTRioNALE. ( The Arncr. Journal of Science , novembre
1823, p. 54.)
M. T. Webb presentc d'abord une noticesur lespath fluor, qu'on
trouve pres du mont DIamond-Hill , sur la route de "Wrenlham,
dans le Cumberland. II y est dans un petit filon de quartz traver-
sant une roche granitoide.M. Webb a decouvert des tournalincs
en partie cristallisees dans du quartz, et des roches granitiqucs
de Perton (Mass.) Un talc jaunaire , blanchatre ou noiratre forme
une masse pres de Worcester ^Mass.) L'auteur lui doiine le nom
de Vcrmiculitc,parce qu'il prcnd au chalumeau des formes sem-
blaulcs a des vers. M. If. N. Tenn a decouvert un banc de
bonne houillc bitumineusc, a 8 millcs du Genesee. Ce lit, dc 6
pouces 5 d't'pai'iseur, se trouve dans un escarpement calcaire
schisleux, au-dcssus du vallon de Quiscguagh. II y a de la sclc-
nite rose dans des coquillagcs bivalves , au-dcssous des chutes a
Rochester, et pres de la il y a aussi de la baryte sulfatee dans un
gres rouge. M. Robert Mair a Irouve surle mont Brinstone-Ilill,
pres Stamford ( Connect. ), un bloc de granite qui rcnfcrme du
SQufrc provcnu de la decomposition des pyrites. Le D"^. Culbush
Mineralo'^ie. an i
flniionce, prrs de Westpoint, les localites nouvciles stiivantcs de
iiiineraux : le molybdcne siilfure dans le granite ct le gneis ; le
caolin, la grammatite dans la sienite; le scliorl et I'adulaire dans
le granite; les grenats dans le gneis et le micascliite; I'epidote ,
la coccolite,le diallage, la serpentine, dans le comte de Putnam ;
du sable f'errugineux , ressemblant a de la grauwackc decorapo-
see, et contenant des cliainas , des gryphees, des Imitres, des
peignes, des terebratules , etc. A 4 milles de Westpoint, vers
Newburgh, la grauwacke renferme des orthoceratites. Le D*^. J.
Porter annonce du raolybdine sulfure a Chesterfield, etdu rutile
a Cunimington. Le prof. T. Hall ecrit que le calcaire sccondaire de
Cvownpoint (N. Y.), offre des ammonites.il y a des carrieres con-
siderables de gres ronge entre les villages de St. -Albans et le lac
Champlain. A Chester, il y a de I'epidote et des grenals nielcs de
I'er oxidule octaedre. A Swanton , il y a deux especes de mar-
bre; I'un noir, et provenant de la baie Mlssisque en Canada, ct
I'aulre brunatre d'Inde -S. de Swanton. II y a du fluor a Belle-
rosl'alls, et des favosites sur le lac Champlain. A. D.
9.i(). Sdr le sel; par leD''. Van Rensselaer. [The /liner. Jonrn.
of Science , fcvr. 182/1, p. 3()o.)
Ce savant a public recemment un Essaisur le sel, 0:1 i! traite ce
sujet sous le point de vue geologique et cconomique. Lc redact cur
du journal aniericain releve un article de cet ouvrage, dans Iccjuel
I'auteur avait cru devoir anncxcr an depot salifcre lc grcs rouge
du pied des montagnes rochcuses. II montre qu'en cet cndroit se
trouve le gres rouge , puis des masses de gres gris, d'argile schis-
teuse et de trapp , et enfin le gres rouge friable saliferc. Le nicnic
arrangement a lieu dans I'lnde. La jiartie occidentale de New- York
parait offrir la nieme succession de depots que certaincs parties
dd'AnglcterrcLe terrain superieur est un calcaire horizontal a si-
Icx cornc, madrepores, coraux, univalves et bivalves. L'niitenr v
trouve I'equivalent da grand dej)6t o(jiitique anglais, en y com-
prenant lc coralrag, etc. Leliasscrait reprcsente au-dcssous par
des couches d'argile et de uiarnes de diffcrentcs teintes, rouges ,
bleues, etc. Plus bas est lc gres rouge avec le sel, le gypsc el la
baryle suifalec nodulalre. De belles couj)es semblables sc voient
a Rochester et a Lewiston. En traversaut le pays depuis le lac
Seneca, aux monts Cat^kill , on trouve, apres avoir quitte le
calcaire, des scliisles argileux horizontaTix a bivalves, qui for-
392 Alineralogie.
ment les rives dcs lac Cnyaxa et Sonera. En alhint a I'esI nilx
brandies superioiiics dii Siisquchannafi , on ohserve un sdiistc
brun et janne semblable an premier , mais il devicnt ronge a IVsf,
et enfin Ton arrive au gres des Catskill. A Test de cette chaine le
pays est intermediairc et presente snrtout du calcaire a encrine
anglais, avec des silcx cornes et beaucoup de coqnillages. Le
terrain houiller est represente par les roches schisteuses entre
les deux lacs et les Cafskill. A. R.
220. NOTICR SUR T.F.S BAINS SITUES PRKS DE HIcSKAU , HANS LA
Lusacesiiperif.ure; par D. Ki.EEMANN.(iV^eMej Lau.iitz.Mag.y
3*^. vol., i<\ call., 1824 > p- 237. J
Le sol des environs de Muskau (Det. Liegnitz) est compose
d'argilc, de sable, de marnes, de minerals de fpr, de couches de
lignite et de terre vitrioliqne. Le bain se trouvc au pied de !a ma-
nufacture d'alun, sur la Neiss. En 1822 on construlsit le bain, ct
on I'agrandit en 1823, La source contient, dans 10000 parlies ,
0,0022 de carbonate de fer, o,oo23 de sulfate de magnesie ,
rt,ooo.'i de sulfate de cliaux, o,ooo3 de silice, et une quaulitti
nondeterminee d'acide carboniquc.
221. NOUVELLE I.OCALITE DE I'LUSIEURS FOSSILES REMARQUABLES
dans les pays du Rhin; parlSoGCERATH. {Das Gcbirgein lihein.
fVcstph., 3". vol., p. 284.)
Des hyacintlies se rencontrent dansle busalte decompose ef le
basalte a fragmens deschiste altere de 'VVintermuhlendorf , dans
les sept montagnes. Le peridot cristalHs^ se trouve dans les bou-
les d'ollvine de Dreiser Weihers, pres Dorkweiler (Eifel). L'an-
thopliyllite ou bronzite existe dans I'olivinedu basalte d'Unkel,
pres Oberwinter ; il resseinble a celui de Kujiferberg, dans le
Bayreutli. Le para deMendcbcrg, pres Linz, renformc des druses
de mesotype ft d'harmotome dodccacdrc. Le conlierite primiiif
se trouve nicle avec du fcldspalh vitreux et du mica ou des gre-
nats au lac de Laach. On y voit aussi des druses d'apatitc. La
haiiyne est disseminee dans les Louies composees de feldsj)atli et
de mica de Rockeskyll, dans I'Eifel. Le bois opaliseasbestiforme
d'Oberkassel a ete relrouve dans une couclic dc lignite de Lci-
mersdorf, non loin d'Abriverler sur I'Alir. Le quartz offre du
minium, en dehors des mines, a Bleialf, d«ns le ccrcle de Prtim ,
district de Treves.
Miner, ilo^ie. aqS
aaa. Note sue les mineraitx pes environs du lac Supe-
KiEuu ; par Joseph Delafield. (^Annals of the Lye. of Nat.
History of New-YorA , mars 1824 > P> 79-)
M. Delafield a examine avec attention les promontoircs situes
la long (le la cote nord du lac Superieur, et la chaine de nion-
lagnes qui s'y rattachent; il y a trouve le granite sienitlque, le
gneiss, et le griinstein alternant ensemble. Celui-ci est frequem-
ment amygdaloide ; ilrenferme des cristaux d'epidote aciculaire,
des veines d'epidote compacte, du calcaire spathlque brun et
blanc, du spath satine, de la hornblende fibreuse , de la chlorite
lerreuse, de la zeolithe radif^e et de la jjrehnite. Le meme sa-
vant a observe du sulfure de fer en cristaux cubiqnes dans le
granite si^nilique des Petits Merits, et des staurotides dans le ml-
cuschiste du lac de la Croix , sur le territoire Indien. G. Del.
aaS. Description d'uke nouvelle forme de CHRTsoBEiiyL •
par le D". Troost. { Journ. of the Acad, ofnat. Sc. of Phila-
delphia, mars i8a4, p. 293.)
La cymophane n'existe pas seuleinent aux £tafs-Unis dans le
voisinage de Haddam , le D''. Steel I'a receniment dccouverte U
Saratoga, dans I'etal de New-York, M. Troost, en examinant
ses cristaux, a reconnu qu'ils presentaientune nouvelle forme,
compobc-e des faces primitives, et des plans /, s determines par
I'abbe Haiiy. Ces cristaux sont engages dans une pegmatite subor-
donnee au gneiss, qui rcnfernie aussi des tourmalines isogones,
<Us beryls peridodecaedres, des grenats trapezoidaux , et de la
miemite lamellaire. G. Del.
a'i/j. Description pk la Colombite de Haddam (en Con-
necticut ) avec des remarques sur quelqucs autres mineraux
de I'Amerique du Nord; par John Torrey. {Annals 0/ Lye.
of Nat. Hist, of New'York , mars 1824 , p. 89.)
En examinant quclnues echantilions de la roche dc Haddam ,
le D"". Torrcy a remarquu des petites masses d'une substance
noiratre qui s'y Irouvaicnt dissemitiees, et qui avaient I'appa-
renie d'un mineral de manganese. II decouvrlt en mtJmc temps
un nombre considerable de pclils cristaux qui appartenaient
(ividemment a la m^me espece. II lui vint dans I'esprit que ce
j)ouvait etre la Tantalite dc Rtrzclius, ct I'cssai chimique qu'il
en iit, lui laissa j)cu de doutcs sur cc rapprochement. La coloni-
^94 Mindralogie. ,
bite se presciite en pelitcs masses amorphes , et en petits cristaux
clans une roclic granitoide coniposee do quartz , d'albite , de talc,
dc grenat magnesien friable, de beryl, de cymophane, etc. ; ia
couleur est dun noir grisatre : elle est opaque. Sa structure
est imparfaitement lamellaire; sa cassure un peu conchoidale.
Elle ne donne point de signes de magnelisrac. Sa duretc est suf-
fisante pour qu 'die puisse rayer le verre , maiselle ne fait point
feu sous le briquet. Sa poussiere est d'un brun tres-sorabre,elle
pese spccifiqucinciit ^,90. Au clialumeau elle est prcsque infu-
sible, les petits fragmens n'etant que legeremcnt arrondis sur
les bords. Le borax la dissout tres-lentenient, et forme avcc elle
un verre d'un jaune pale. Quelques-uns dcs cristaux observes
par M. Torrey etaient d'une grande perfection. Leur forme est
celle d'un prisma rectangulaire comprime, ordinairement tron-
que sur les aretes laterales, et tcrmine par une pyramide a qua-
Ire faces, dont deux prennent souvciit une etendue conside-
rable.
M. Torrey ajoute a sa notice quelques observations sur trois
substances decouvertes dans I'Amerique du Nord , savoir : le
phosphate de manganese , qui se trouve engage en petites masses
imparfaitement laminaires dans un granite, a New-Water-Works,
aux environs de Philadelphie; le sulfure d'antimoine , observe
dans les cavites d'un quartz, ou il s'associe au sulfate de fer; et
le carbonate de fer, trouve comme le precedent en petits cris-
taux drusiqucs dans un quartz caverneux avcc le Icr micace.
G. Del.
225. Notice sur une vauiete ue Lazulite qui se trouve en
Styrie, par le prof. Avkhh. {Steyerm. Zeitschr.y Gratz, 1824 »
tail. V, p. 164.)
Lc lazulite se trouve uniquement dans la montagne alpine de
Fischbach, sur la limite scptcntrionale du cercle de Gratz, au lieu
appele Giessibler Holzschlag. II s'y trouve dissemine dans des lits
puissans de quartz subordonne au micaschiste. On trouve dc
ces blocs de quartz sur la pente S.-E. de ccttc montagne. Pres
AValdbach, non loin de Vorau, le micaschiste ne contient que
du cuivrc carbon.'itu bleu et dn cuivre pyritcnx. Lc blauspath de
Werner se trouve en cailloiix au mont Stickelberg ; niais il n'est
pas si beau <pie cciiii de Krieslach.
Le savant autcur a trouve le lazulite cristallisu cu uu prisme
Mmeralogic. 2r)5
oblique a 4 cotes , dont le somiuet est formii par qualre faces
placees sur les aretes laterales. II decrit ensulte cetle substance
qui presente uii clivage difficile, parallele aux pans du prisme,
et quelques traces d'un clivage jarallelement aux faces des som-
mets. II a la durele de I'apatite, et une pesanteur sjxjcifique de
3,042 , a la temperature de I'eau de j6 |" R.
'J.26. Notice adbitionnelle sur l'Argentine, par le Prof.
Dewey. [Ainer. Journal of Sciences, V. 7 ; fev. 1824, p. 248.)
Ce mineral estgris; il est phosphorescent sur les charbons,
se divise devant le chalumeau en fi-agmens rhoinboidaux , et
renferme presque la meme quantite de sllice que le quartz ;
la chaleur rouge en degage 3 p ^ d'eau. II se trouve en masses
laniinaii-es a Williamsburg et a Southampton.
'22y. MoLYBDENE ET SiLLiMANiTE , ctc. ( AiHcric Journ, of
Sciences , V. 8 , p. 194 et 198. )
Le molybdene se trouve pres de I'eglise de Pettipang, noii
loiu de Saybrook , et la sillimanlte existc dans des filons de
quartz d'un micascliistc de la paroisse de Chester. Le cobalt ar-
senical octaedre a etc decovivert a Franconia , et I'aniethyste a
Bristol (Rhode-Island) ou plutot sur le bord de la baie de
Morent-Hope. Ce mineral est dans une roche granltoide surtout
i'eldspathique. II y a aussi, en ce lieu, du fer micace et de la pyrite
cubique dans un schiste argileux. Dcpuis Narraganselt a la baie
de Massachusetts le pays est inbermediaire , et le primitif ne res-
sort que ca et la comme a Morent-IIopc.
228. Sur IE NouTEAU Marteau mineralogique du Rev. L.
Hitchcock.. ( Amer. Journ. of Scienc. , nov. 1823, p. 175. I
Ce marteau a un cote en forme de tranchant aigu vertical, et
I'autre est a surface faiblcment arrondlc. Le manche contient
une cavite pour un ciscau qui y est retenu par un ressort.
228 bis. JoH. ScHUSTERiTzscn , marchand de mineraux, a
Tciplitz en Boheme, a rapporte beaucoup de beaux mineraux
d'un voyage qu'il vient de faire dans les ctals allemands meri-
dionaux de Tempirc aulrichien.
2g6 Bo/anique.
BOTANJQUE.
■I'ig. Observatbons MicnoscopiQVEs sur diverses especes de
plantes ; par M. J.-B. Amici , professcur de mathcmatiques
a Modene. [Jnn. des Scieric. natur., mai 182/1 , p. 4i-)
L'invenleur d'un excellent microscope, a I'alde duquel on
pcut obsprver la surface des objets opaques en lour donnant ua
grossissemcnt considerable, a porle son attention sur I'anatomie
veyetale; ctil a obtenu des resultats qui doivent rcpandre beau-
<oup de luiniere sur la science si obscure jusqu'a ce jour de la
pliysiologie vegetale. I\I. Amici avait dcja fait connaitre, dans le
Tolume XVllI des Actes de la societe italienne, les circonstanccs
qui accompagnent la circulation du sue <ians le Chara vulgaris;
il a voulu savoir si les autres vegetaux possedaient une sembia-
ble circulation , et pour cela il lui a fallu i'e])eter les experiences
de Corti sur les m^mes plantes que ce savant nvait employees
poiir etablir I'existence de la circulation cans Irs vegciaux. S'e-
tant assure cpie la planle de Corti clait le Cnul.'nuifragilis'SWWd.,
il en a decrit dansce memoire la structure intcrieure et ia circu-
lation du sue.
La coupe transversale du tronc, vuc avec un grossisseinent
tres-fort, presente, vers la partie centrale, un tissu tres-(in qii'au
premier aspect. Ton prendraitpour le tissu raedullaire. Ilentoure
un tuyau large , cylindrique , qui occupe precisement le centre.
On y voit aussi des lacunes considerables , variables en nombre ,
et dont on compte sept dans qiielqiies troncs , liuit dans d'autres,
et rarement neuf. Si on execute ia section longltudinalcmcnt , le
tissu dont nous venons de parler est compose d'une reunion de
tubes paralleles trcs-etrolts traverse's par des diaphragmes pla-
ces a distance, et Ires-difficiles a apercevoir.
Le9 lacunes ne contiennent aucun fluide , si ce n'est de I'air
atmosphOrique qui s'ecliappe sous forme de bulles cbaque fois
que la ^section est executeesous I'eau.Toutesles autres ouvcrtures
que Ton apercoit dans la coupe transversale sont les orilices des
vaisseaux du sue. Ceux-ci sont ctrangles par dos nocuds ou dia-
phragmes situcs a des distances plus ou moins ccart^es. l.es
racines ainsi que les nervurcs des feuillcs oflVent la meme struc-
ture analouiique que Ic tronc; mais, dans ces dcrniercs, le
nombri- des lacunes est rcd'iit a deux sculement. Afin que I'on
Botanique. 397
put mieuxconnaitre la composition anatomiqueci-dcssusexposee,
M. Ainici a accompagne son meinoiie de figures qui representent
plusieurs coupes tant longitudinales que transversales, I'aspect
des cellules, des tubes , etc., vus avec divers grosslssemens.
Malgre la inultiplicite de scs experiences , I'auleur n'a pu dc-
couvrir dans le Caulinia fragilis aucune trachee ou tube poreux.
11 se trouve a cet egard en contradiction avec M. le professeur
Pollini , qui pense avoir vu dans cette plante des tubes compo-
ses d'une membrane entiere , autour de laquelle une spire de
trachee serait enroulee. Selon M. Amici, I'illusion de ce savant
atira ete occasionee par les plis qui se forment dans la mem-
brane delicate des tubes qui separent une lacune de I'autre , et
qui , lorsqu'ils sont dclaires au moyen d'un faisceau de lumiere
etroit , peuvent resscnibler assez bien aux spires d'une trachee.
I-a structure anatomique du CauVmia fragilis ayant ete bleu
determin<5e, I'auteur a examine le plienomene de la circulation
du sue. II a remarquc que ce phenoiuene a lieu dans chaque cavite
dontla superposition bout a bout constltue Ics tubes, sur laquelle
on ne decouvre aucun vestige de pore ou de fente qui la mette en
communication avec ses voisines; cette cavite est par consequent
un organe absolument distinct. Quoique la transparence des vais-
seaux et leur union intime fassent eprouver plus de dif'ficulte dans
I'observation de la circulation, elle est parfaitement analogue
a celle qui existe dansle Chara vulgaris. Mais heureusement que
tons les vaisseaux du Caulinia fiagilis sont rem})lis de concre-
tions visibles, qui tracent le cours du sue qui les transporte, et
donnent un moyen de mesurer les degres de sa rapidite. Les cor-
puscules dont la forme est gener.alement ronde, et qui ne diffe-
rent pas de grandeur, se meuvent en tournant le long des pa-
rois de chaque cavite. Quelques-uns ne rasent pas ces parois ;
ils marchent en s'en ecarlant plus ou moins, et I'auteur a ob-
serve que Icur vclocite pent elre raUntie d'autant plus qu'ils sc
trouvent plus rapproches d'un ])lan ideal qui serait place longi-
tudinaleuicnt dans le tube, sur le point de contact eiilre le cou-
rant ascendant ct le couranl descendant. I^a direction du mouve-
ment dans chaque vaisseau n'a aucun rapport avec cclle du
mouvenient qui s'execute dans les cavites circonvoisines. Dans
les unes , les corpuscules circulent de droitc a gauche; dans les
aulres,c'est prccisement en sens contiaire. I^eur v;';locite est
aussi trcs-variablo; niais elle depend de la longueur et dit dia-
2g8 Botanique.
jnotre des tuyaux. M. Amici a cxprimc par des figures les di-
■verses circonslances de celle circulation, et il a cvalue la duree
de la marchc des globules ; cclte duree dans le Caulinia fragilis ,
est a peu pres un tiers de ce (ju'elle est dans le Cham vulgaris.
Le tissu cellulaire offre les iiieines plienoraenes. On pent les
observer dans les cellules des feuilles , oil cepcndant elles pre-
.sentent quelquefois des anomalies. Ainsi , par exemple , il se
forme au centre de certaines cellules des amas de globules qui
tournent corame autour d'un pivot , ct il arrive que les globules
ne rasent plus les parois.
La membrane qui compose les diaphragmes est absolumenl la
meme que celle qui circonscrit les tubes dansleur longueur , ct
ne presente cgalement aucun pore ni aucune fissure.
Les pelits tubes qui occupeut le centre du Caulinia fragilis
ressemblent aux filets ligneux des feuilles ; ils sont si pelits et si
appliques les uiis centre les autres qu'il a ete impossible de s'as-
surer du mode de leur circulation. Le seul fait que M. Amici ail
bicn constate, c'est que la circulation est beaucoup plus rapidc
ct plus durable dans ces petits tubes que dans les grands.
L'auleur , s'etant assure de I'existence des chapelels qui tapis-
sent les parois internes des grands vaisseaux , quoiqu'il cut d'a-
bord doute de leur presence, allribuea leur action le mouvement
du sue. La force motrice, dit-il, emane de la parol du tube et
preciseraent de la partie ou sont fixes les chapelels. C'est la qu'on
observe la plus grande vitesse du courant, eton la voit diminuer
graduellcmcnt jusqu'a ce qu'cllc devienne stationnaire en sc
rai)procliant du plan dans lequel les actions des deux parois op-
posees se contrarient et deviennent I'galcs. Mais ca dehors dc
chaque cavite, Taction de la parol membraneuse est lout-a-fait
nulle, puisque la direction des globules de chaque tube n'a jioint
de rapiiort avec celle des globules qui circulenl dans les tubes
tirconvoisins. Cclte theorie est contraire a celle qui admet que
I'acension du sue dans les vegetaux depend de I'irrilabilite de la
fibre. II est vrai que chaque tube est circonscrit par une mem-
brane parlicuiiere , mais les membranes adjacentes sont tellement
rcunies que la moindre vibration dc Tune imprimerait neccssai-
rement un mouvement a I'autre et devrait influer sur les globules
qui circulcnt pres de son autre surface.
Malgre toule I'altention que M. Amici a ap|)ortce dans scs ob-
servations , il n'a jamai'< pu voir aucun globule mobile passer
Boianiqiic. 299
(I'une cavlto dans unc autre; cepend:int il ne pretend point que
]c sue renfcrrae dans un -vaisseau ne ])enelrc pas dans ses voisins,
mais celte transfusion n'est ni continue ni abondante, et elle doit
avoir lieu par des trous invisibles a I'oeil meme arme dn meilleur
microscope.
Independamment du sue blanc contenu dans les tubes, on en
decouvre un autre , rouge de corail , et qui est contenu dans
des valsseaux dont la forme et la disposition n'ont rien de par-
ticulier.
La couleur verte de la totalite de la planteest entlerement due
aux globules que le sue transporte en tournoyant, lesquels ne
changent point de volume par Taction de I'eau bouillante, de
I'huile et de I'alcolioi qui cependant leur enlevent la partie co-
lorante. II y a cette difference entre le sue du Caulinia j'ragilis
et celni du Chara vulgaris, que d;insle premier les globules sont
verts ctles grains des cbapelets jaunatres ot Iransparens , tandis
que dans I'autre les globules sont blancs, ctlcs grains des chape-
lets qui donnenl a la plante s.i teinte gclnerale, sont d'une couleur
verte.
L'auteur a ensuite observe la structure anatomique du Chara
flexilis. Dans cette plante la transparence de tous les vaisseaux
sur lesquels onapercolt seulement plusicurs series de grains verts,
la simplicite de leur organisation et I'ubsence de eet encroiileraenl
decarbonate dechaux qui couvre les rameauxdu Chara vulgaris ,
sont des conditions favorablcs pour observer la circulation du
sue sans operation prcparatoire. Cette circulation est assujettie
aux memes lois qui regissent le mouvement dusuc du Chara vul-
garis , et qui ont cte publiees dans les memoires cites plus haut.
Au moyen de plusieurs figures, M. Amicl devoile la structure
des bourgeons, des feuilles et des diverses parties des fleurs de la
plante. Passant i I'examen du phenoinene de la circulation, il
fait voir que, dans les bourgeons, c'cst un mouvement rotatoire;
dans les feuilles coniques c'est un mouvement conlinucl d'ascen-
sion et de descentc; dans les cinq tubes qui, courbt's en spirales
constituent la base du pistil ou I'ovaire, la circulation se fait
comme dans les tubes de la branclie; dans les cinq stigmates le
mouvement est le meme que dans les folioles conhjucs ; cnfin ces
circulations dans les differens vaisseaux sont independantes les
(iues dus autrcs,de manierc que la lesion d'un vaisseau n'cmi>e-
3oo Botanuiue.
eke pas les auties de conserver plus ouiuuins long-temps lu vie.
M. Aniici termine ses recherclies sur le Churajlexilis par uno
observationbotaiiique assez impoi tante , c'est que le friiil renfei-
me une seule graine adiiorcnte au pericarpe; oti croyail au con-
traire que le fruit offrait une capacitc coutenant plusieurs
graines.
Dans un trolsieme article I'auteur a fail des recherclies sur la
jnaniere dont le pollen des fleurs se comporte avec le stigniate
pour introduire Yaura scminalis qu'il conlieut.
En observant la circulation du sue dans les polls du stigmate
du Portulaca oleracea , il vit un poll au sommct duquel se trou-
vait attache un grain de pollen qui cclata en lancant au dehors
une espece de boyau transparent; et celui-cl s'etendant le long
du poil vint s'y unir lali'ralement. Dans rintcrieiir dc cctte mcm-
branedclicate il rcinarqua unequantite innonibruble dc globules
(jui se niouvaient conf'usemenl et de la uieme nianiere que les
globules renferraes dans le poil. Ce phenomene dura penihuit
pres de trois heures et se terinlna par ia disparition des globules
sans que I'auteur put s'assurer s'ils etaient rentres dans le grain
de pollen ou s'ils avaient trouve acces dans les cellules du stig-
mate, ou bien enfin si, apres s'^lre dissous , ils avaient penetro
au travers de la incmbiane et s'etaient melanges au iiquide contenu
dans le poil.
Apres I'Luraectalion du pollen de In courge [Cuciirbita pepo) ,
M. Ainici a observe qu'en divers points de la superficie on voit
fiauter dehors de petitcs vessies ayautla forme de cloches et sur le
sonimot desquelles est (ixee une espece de couvercle opaque avec
une epinc dans le centre. Le pollen dela chicoreesauvage [Cic/io-
riiim intybus] est dodecaedrique.Mis dans reau,une de ses faces se
rompt et il s'en echappeun sue qui se dirige en droite ligne ; quel-
ques-unes des nutres faces se gonflent et laissent sortir de petites
vessies semblablcs a celles du pollen de la courge niais privees dc
couvercle.
L'intrlligence de ces curleuses experiences est facilitec j)ar des
figures qui laissent cependant quclquecboseadesircr surloiit pour
les vessies et le pollen dc la courge. J. B. A. Guillemin.
Jjofn/u'<j7ie. 5oi
2*^0, Coup i/okil sue la vkg*!.tatiok de i/Ailkmacke, rap-
porttje .-mx families naturelles; par Wii.bp.and. i'"'^. .supplem.
de la Flora oder botan. Zvit., t. I, i82/(.
Linne avail fait sentir rpie la decouverte des rapports natiirels
dcvait elre Ic but dcs reclierchcs des hotanistes. CVstce butque
sc sont propose Bernard et Laurent dc Jussieu, Adanson, Ri-
chard et leurs principaux disciples. L'Anglais Robert Brown a
marclie sur les traces de ces hoinmes illustres, etplusieurs de ses
compatriotes ont suivi son cxemple. Les AUemands sont eiitres
pins tard dans la meme carriere; ne nous etonnons done point
s'ils y avancent d'un pas moins assure, et applaudissons a leurs
e fforts.
Jusqu'ici les plantcs dc TAIlemagne n'avaicnt point etc rap-
portees, du inoins a notre conn;iissancc, a rcnsenible dcs families
naturelles. Ce travail M. AVilbrand I'cntreprend aujourd'hui, et il
fait precedcr cliaque article de son opuscule, de quelques consi-
derations generalcs un peu metapliysiques sur les oiodiCcations
de forme rpie les plantes eprouvent dans les diffcrens groupes.
Ccux qui ont etudic? les ouvrages dcs Jussieu, des Richard et dcs
Brown, seront peut-etre un peu etonncs de voir YHippuris , le
Callilriche , le Myrioph.yllum rcportes parmi les Arotjlcdones ;
de voir les CMf,w/-6'/<actV'.y placces entre les Campanulacrcs ct \cs
Arixio'ochcs ; les Onagraires et les Groseill/crs entre les Elea.
gm'PS et les Polygonc'es ; les Conifrrcs a cote des Amaranlhacees •
les Thymclees entreles Plumhciginees etles Porlulncrcs ;\es Gen-
tianrcs pres dcs C(ir)'ophylLces ; les Euphorhiacri's entre les Cras-
suLecs et les Rhodnracees ; les Salicariccs entre les tiricacces et
les Ilfperuecx , etc., etc. Mais, commc I'auteur ne raj)porle a
I'appui de ces rapprochemens aucune observation veritablement
botanique; qu'il ne passe point en revue les divers organcs dcs
])lantes dans les diffcirentcs families; qu'il ne parle jamais de la
position dc I'ovulc dans le fruif , ni dc I'embryon dans la graine
il c^t bien clair que lui-mume n'a attache aiiruno importance
aux rapj)rof.hemens qu'il indique. Son vt'rilablc but elait comme
nousl'avons dit, de nous faire coniiaiire dans quelle proportion
les planles dcs dlvcrses families ont etc repartics sur le sol de
I'Allemagne, et ce but il a su Ic rcmplir. II nous apprcnd done,
par exemple, qu'il existe en Allcmagne /,9 Orchidecs, dent 7
appartienncnt aux regions alpines, 2o3 G ra'ninccs T^vo^remtnl
3o2 Butanique.
ditcs, l\ yiro'idces , i8 Coprijoliaci'es , id Poljgonccs , 87 Clu'-no-
podi'i'S , 6 Urlicecs, 5 Ainaranthac.rcs , \\ Planla^iiicex , etc.
A la suite de I'opuscule de M. AVilbrand se trouve, dans le
cahler que nous annonrons , uiie rcplique a la reponse de M. C.
Trattinnick sur le synode bolaniquc. II n'est question dans cette
replique que d'une discussion etrangere a la science, et qui ne
saurait avoir d'interet que pour I'auteur et M. Trattinnick. Les
disputes qui s'elevent entre ceux qui cultivent les sciences font
gemir ceux qui les aiment sincerement ; trop souvent elles soiit
pour les gens du monde un objet d'amusement : elles font perdre
un temps prccleux a ceux qui s'y livrent, et nous croyons que
nos lecteurs nous sauront gre de menager le leur, en ne les eii-
tretcnant pas davantage de celle a laquelle a donne lieu la propo-
sition du Synode botaniquc. P. S.
23 1. FroRE DU MONT Lantsch en Styrie; par le D'^. Vest.
( Sleyerm'drh. Zeitschr. Gratz , 1824 > call. 5 , p. i58.)
Le mont Lantscb, qui u'est pas tres-cloigne de Gratz, est couvert
de vegetaux, excepte du cote deBahreneck,ou les rochersformenl
des precipices affreux,berisses d'aiguilleset de cretes. On y trouve
beaucoup de plantes interessantes. Dans les foss(5s et sur les pen-
tes croit la Peltaria nlUacca, qu'ou n'a trouvee encore a I'etat sau-
vage, que sur cette montagne; car les individus qu'on apercoit
quelquefois sur le bord de la mer sont accidentcls et no ])rovien-
ncnt que dessemences entrainecs par les torrens. Dans les boison
trouve le Dclphinaun intcnnediuin , superbe plante qui atteiiit la
bauteur derbomme, avec des fleurs bleues. Le bolaniste et nicdccin
de I'empereur d'Autricbe, M. de Hostjl'avait cueillie sur la mon-
tagne de Seetbal, au dela de Judenbourg; mais on ne la voit plus
dans ce lieu; en sorte que le Lanlsch est actuellement le seullieu
connu ou elle croit. Voici les autres plantes recueillics par le doc-
teur Vest : Aconitum neoinonlanum et caininaruin ; Urc/iis mris-
cula Jacq., probablenient difl'erenledcia plante appelee ainsipar
Linnee. BI. Vest la designe sous le noiu de O. signifcra. EuphoiHa
rablensis Wulf. ; Arabis coryinbij/ora V. ( rupestris Hoi'I'k ) ,
Cardaminc trifoUa ; Corlusa MalhiolisMt les bauteurs; Andro-
snce lactea et A. villosa ; Arabis alpi/ia ; Arenaiia vcrna , A.
austriaca Gt.R\RD. ; Ata/nanthaYiLsr ; Campanula pulla ; Cistu\
celandLcu.i ; Draba stellata ; PolenlUla clusiana; Mespilus coto-
rieastcr; Salix Jaquiniana ; Suxifroga Aizoon ; Veronica apli) lla
BotaTiique. 5o5
etsdxatilis; Rhododendron ferrugineum ct hirsutum; Hippocrepis
comosd; Mellttis brachyanthn espece encore douteuse ; Roan
cretica Trattin.
On recorinait sur le Lantsch la flore des regions inferieures
des montagnes calcaires septentrionales de I'Autriche meridionale.
Cependant le Lantsch a ses particularites comma la plupart des
montagnes de cette chaine. D'apres les observations barometri-
ques faites par M. Vest, ce inont a 780 toises viennoises de
haul.
282. Journal d'un voyage sur la cote de la mer Adriatique et
aux montagnes de Carniole, Carintliie , Tyrol, Salzbourg el
Boheme, entrepris pour connaitre la Botanique et I'Entorao-
logic de ces contrees; par H. Hoppe et D. F. Hornschuch.
{Edin. Phil. Journ., avril 1824 , p. sSg.
C'est un voyage botanique qui offre peu d'interet , puisque
ces messieurs se contentent de citer quelques plantes qu'ils ont
recueillies ca et la , et de donner quelques niaigres details sur les
montagnes arides de la Carniole, sur la belle villede Trieste etc.
Nous signalerons leur description du bois de Lippiza , qui est
forme de groupes d'arbrisseaux, et qui renferme beaucoup de jo-
lies plantes. Ilscitent comme plantes rares la Veronica austriacaeX.
la Campanula spicata. Le Silcne nutans lepand une odeur arrreable
pendant la nuit. Le Rhamnus pumilus se trouve a Aschou, ainsi
que le Pistacia terebinthus. Dans ce pays il y a beaucoup de
legumineuses, d'orchidees, de cytises , de genets, de lotus, de
trifolium, de latliyrus, de medicago, d'cuphorbia , delablces, de
crucil'eres et de composees.
Les auteurs donnent une liste de plantes dont les genres se re-
Irouvent dans ce pays et dans TAlIemagne centrale, mais dont
les especes sont differentes. Ainsi, par exemple, YJrum maculntum
est remplace ici parl'y/. italicum. Voicicc tableau comparatif :
Carniole. Allemagne centralc.
Arum italicum. A. maculatum.
Ecliium italicum. E, vulf^are.
Cynoglossum cheirifolium C. officinale.
Aristolochia longa. A. CIcmatitis,
Mercurialis ovata. M. perennis.
Fraxinus ornus. F. excelsior.
5o4 Botanique.
Quercus pubescens. Q. robur
Carpinus Ostrya.
Adianthum capillns Veneris.
Ceterach officinale.
Rhaninus rupcstris.
Cratcegus monogyna.
Lonicera Capritolium.
Prunus Mahaleb.
Spartiuin jiinceum.
Evonynius latifolius.
Sorbus domestica.
Clematis viticella.
Pulsatilla intermedia.
Leucoium aestivum.
Primula ocaulis.
Hellcborus viridis.
Carex Schaenoides.
— extensa.
— alpcstris.
Lolium tcnue.
Trltlcum junceum.
Bromus squarrosus.
Scorzouera austriaca.
Valeriana tuberosa.
Plantago capltata.
C. Betulus.
Asplenium tricbomancs.
Aspidium fragile.
R.Frangula.
C. osyacantha.
L. xylosteium.
P. spinosa.
S. scoparium.
E. Enropseus.
S. aucuparin.
C. vitalba.
P. vulgaris.
L. vernum.
P. elatior.
H. niger.
C. Sclireberi.
— flava.
•— < roontana.
L. perenne.
T. repens.
R. mollis.
.S. Immilis.
V. dioica.
P. Janceolala.
lis onl aussi visite une partie de I'ltalte oil ils ont recueilll
beaucoup de plaiites. Ce mcmoire se tcrmine par la liste des
plantes dessecbees cpii forment la premiere centurie que ces bota-
nistes ont publiee.
233. Descriptiott de la cote de YarmoTilh ct de ses planles.
(^Mont/i. Magaz., avril 1824 >P- ^'9-)
La c6te de Yarmoutb a environ 1 milles en long el en large ;
c'est uneplaine de sable de 2 a 3 verges au-dessus dc la liaute ma-
rcc. Les jilus hautcs marees n'y ont que 6 pieds. L'auteur cite
ensuite 9 plantes niaritinics de cette plaine, el donnc le catalogue
de quclqiics ]>lantcs rarcs du Norlolk.
Botanique. 3o5
a34. Descriptions de plusif.urs Plantes nouvelles du Ne-
PAUL, faites d'apres des ochantillons conserves dans I'lierbier
(Ic Ijouhke Lambert , coinnmniqiiees par M. David Don.
( Mem. of ff-^erner. Soc.of Eclinbuigh, v. 3, p. 407.)
Les plantes du Nepaul , decrites avec beaucoup de soin dans
ce memoire, sont au nombre de neuf. Nous nous contenterons
de donner icl les phrases specifiques de chacune d'elles , et d'ex-
primer les caracteres de quelques especes deja connues, et qui
ont avec elles de la ressemblance.
1. Rhododendron setosum : lamidis undique setosis ; Jbliis
ovalihits, obtusissimis , subtiis marginibusque setosis ; pedicellis
glamlidosn-sctaceis ; caljcinls brevissimis, nudis. II croit, ainsi que
les Ericinees suivantes, sur les Alpes du Nepaul couverties de neige,
et nominees Gossaignstan. Le Rhododendron hirsutum en differe
parses rameauxun peu velus dans leur jeunesse, par ses feuilles
ovees, mucronulees, cilices et glabres en dessus ; par ses pedoncules
phis allonges; par ses divisions calicinales, linealres, aristees et
ciliecb ; par ses petales oves et aigus; enfin par son style velu et
son stiginate creux.
2. Rhododendron anthopogon: ramulis dense pubigeris ; foliis
OK'alibus, subtiis dense tomentosis ; floribus capitatis ; corolla subhy-
pocrateriformi , fauce barbato; genitalibus inclusis. Le R. dauri-
cum s'en eloigne parses feuilles pins moUes, caduques, nues et
tachetees de toutes parts de points resineux; par ses fleurs peu
nonibreuses, laterales; par ses corolles, presqu'en roue, a tube a
peine visible , et dont I'entree est nue ; par ses organes sexuels
saillans, et par son stigmate capite.
3. Rhododendron campanulatum : ramulis glabris ; foliis ellip-
ticis, mucronulatis, suprci glabris, subtiis tornentosis ; petiolis pe~
dunculisque glabris ; corolla campanulatd ; laciniis planis , intc-
gcrrimis ; ger/ninibus glabris. Le R. arboreum en differe par ses
feuilles lanceolees, blanches en dessous et aigues; par ses fleurs
agglonierees , ses pedoncules et calices tres-cotonncux; par ses
corolles plus grandes , i divisions echancrees et crenelles sur les
bords, et par ses ovaires cotonneux.
l\. Andromeda cufiessUorm'is : procumbens; foliis quadrifario-
imbricatis, ocatis, trigonis, margine scarioso-mcmbranaceo.apice
diaphano - aristatis ; pedunculis fillosis , scgmentis calycinis
oblongis , aristatis. Lesramcauxde V Andromeda tetragonn sont
plus courts et obtus ; ses feuilles sont obluscs et nues sur les
B. Tome IH. 20
5o6 Botanique.
"• bords; ses pedoncules plus longs et glabres; ses divisions calicl-
nales ovees, aiguos, niuliques , deux fois plus courtes que la corolle.
5. Lilium Nepalense : cattle siinplicissimo, urti/Ioro, scabriuscido ;
folds lanceolatis , sparsis, acuminatis ,/loralibus i'erticillatis;Jlore
campanulato ,cernuo;pctalis sulmnguiculatis . Cetteplante est tit-s-
voisine du Lilium J aponicum , qui en differe par sa tige glabra,
toutes ses feuilles eparses, lineaires, ai^ues et plus longues , et
par ses fleurs dressees et ses petales sessiles.
6. Delpliiniuin scabriflonini : /'t'//o//.v lotigissimis, hasi non di-
latalis \foliis hasi cordatis, ^-lobo-palinatis ; segmentis cuneatis,
inciso-lobatisyhirsutis ;bracteolis, pedicellis, calycibusque scabro-
pilosis; calcaribus cun>atis, obtusis , pedicellis longioribus ; cap-
sulis glabris.Cettees-pecen'esl pasmentionnee dans le Prodromus
de M. Decandolle.
7.Leontodoneriopodum:_/b//« linearibus, ruricinatis, glabris,
intra folia dense lanigeris; scnpo fnliis breviore, undique Uinigc-
ro ; pappo tenuissimo, serrulato , hrcvissune stipitato.
8. Tragopogon gracile: caule erecto, fle.Tuoso, unijloro ; foliis
superne angustc linearibus^ carinatis , basi dilatalis ; anthodiis
sexphyllis ; pappo incequali, breve, stipitato.
9. Saussurea gossypiphora [Cnicus gossypinus Wallich): caule
simplici; lanigero; foliis lineari-lanccolatis, acutis, dentatis, land
occultis \floribus aggregato-capitatis, sessilibus, involucratis, land
longissimd velatis. G....N.
235. Description d'une nouvelle espece de Fucus tronee a
Torbay dans le Devonshire, par R. R. Greville. ( Mem. of
the IVerner. Soc. of Edinburgh, \o\. 3, p. 396.}
Ce Fucus a bcaucoup d'affinite avee le F. Norvegicus : M. Gre-
ville I'a nommc F. Devoniensis. Voici la phrase sp^cifique qu'il a
placee en lete de la description :
F. Devoniensis : fronde cartilagined, encrvi, dichotomy; ramis
linearibus ^ integerrimis , apice rotundatis ; tuberculis sphivricis ,
ad apices immcrsis. G....N.
a3G. SuR les feuilles, la capsdle et les racines du Bux-
EACMiA aphylla; par R. Raye Greville. [Mem. of ff'crncr.
Soc, vol. 3 , p. ltf^2.)
En 18 18 M. Stewart avait observe, snr quclques efhaiilillous
de cette singtdicrc mousse, des feuilles petites, reticulecs, ct si-
Boiamque. Soy
tuecs sur le coie et sur Ic sommet du bulbe. En repliant cetle
observation M. Gieville a leconnu deux sortes de feuilles. Les unes
sont forraees de filets articules comine ceus d'une conferve , et
reunis inferieurement. Les autres feuilles, que Ton trouve plus
frequemment que les premieres , composent a leur base une mem-
brane irregulierenient reticulee, et se divisant superieurement
en filets , dont quelqucs-uns sont articules. La couleur de ces
feuilles est grise diaphane; mais elles deviennent brunes en vieil-
lissant. Ces formes singulieres de feuilles sont figurees dans une
}ilanche qui accompagne la notice de M. Greville. II a en outre
dccrit et represenle I'interienr de la capsule, ainsi que la racine
et le mode d'exertion de la jeune plante. G....N.
237. Description d'une nouvelle espece de Potentille de
la cote ouest du Groenland, avec une notice sur la Flore des
regions arctiques ; par A. Kaye Greville. ( Mem. of Soc.
Werner, of Ediiib., v. 3, p. 4iG.)
Une gravure sur cuivre accompagne la description de cette
espece nouvelle, a laquelle I'auteur donne le nom de Potentilla
Jamesoninna, et dont voici la phrase specifique : P.foliis terna~
tis , apice incisis , utrinque sericeis; caule siwplici, ercctiusculo ,
subbifloro ; calycis segmciitis incequalibus .
M. Greville, voulant eclaircir I'bistoire des plantes des regions
arctiques , donne plusieurs catalogues de celles qui ont etc recol-
tees par le capitaine Scoresby dans son voyage au Spitzberg , par
M. Jameson , sur la cote ouest du Groeuland , et par les officiers
de I'expedition du capitaine Ross. C'est a M. R. Brown qu'on doit
la nomination et I'arrangemcnt des plantes rccueillies dans les
voyages de Scoresby et de Ross. Celles de M. Jameson sont cnu-
merees suivant le systcme sexuel , et I'auteur y a joint les details
de Icur synonymic, ainsi que les indications des divers pays du
globe oil ces plantes croissent naturcllemenl. On remarque dans
I'avant-propos une notice de M. Jameson qui interesse la geo-
grapliie botanique. II y indique les principales especes qui se
trouvent sur la cote du Groiinland , et sur les plateaux de plus
en plHsclev6s,a mesure qu'on s'avance dans Tin tcrieur des terras.
G....N.
r»oS Botanique.
■j?)?>. Notice sur quelques Pi.ANtES Cryptogames du De-
vonshire, par M. R. K. Greville. [Memoir, of the fVer-
ner. Societ.., vol. 3 , p. 35 1.)
Dans le conil»5 de Devon, tout concourt a faiie vaiier la ve-
getation : I'elevation des montagnes, la chaleiir qui regno pen-
dant I'ete dans le fond des vallees , sa situation geographique
pres des cotes de I'Occan, les varietes de son sol granitique, cal-
cairc, siliceux , etc., sont des causes qui influent considerable-
ment sur la nature et la physionomie des plantes.
Apres avoir cite quelques pbanerogamcs particulieres a cette
contree, M. Greville donne une liste de 212 cryptogames recol-
tees par lui-meme , savoir : 117 mousses, 11 jungermannes , 9
fougeres, 66 fucus, et 9 ulves. Voici un extrait succinct des ob-
sei-vations qui suivent cette liste, et qui eclaircissent I'liistoire
de quelques mousses et fucus remarquables.
I. Gymnostomum truncalulum . Ordinairement cette petite
mousse a une tige simple ; M. Greville en a trouve une variete a
plusieurs ramifications, chacune portant une capsule, et il pro-
pose de la nommer G. truncatulum, var. ramosum.
1. Schistostega pennata. I.a fructification de cette plante
microscopique , est encore peu connuc; on I'a decrite comme
avant un opercule lacinie. Elle doit ^tre placce a la suite du genre
Gymnostomum , dont elle a ete separee par Molir.
3. Polytrichum. nanum. D'apres un examen bien refleclii,
M. Greville adopte I'opiiiion des auteurs de la Miiscologic bri-
tannique, qui regardent les Polytrichum alokles et iinnum com-
me la meme espece. Celui-ci ne serait qu'une variete remarqua-
ble par sa capsule sub-globuleuse , son peristome plus grand,
et sa coiffe plus petite.
4. Ptcrogonium Smithii. Cette belle espece est abondante dans
le comt6 de Devon, mais elle y est limitt5e dans certalnes lo-
calitcs.
5. Orlhotrichum Lyellii. Celle-ci est, au contrairc, tres-rarc
dans le Devonshire , tandis quelle se rencontre asscz commund-
ment en plusieurs autres contrees.
6. Fontuialis squammosa. On a long-temps mis en doute si cette
plante apparlenait rcellement au genre Fontinalis. Mais coininc
elle n'est pas aussi rare qu'on I'avait d'abord imagine, cette ques-
tion deviendra facile a resoudre. Elle abonde dans le Devonshi-
re ; cependant on ne I'y a pas encore trouvee en fructification.
Bolanique. 3 09
7. Barthramla (ucuata. Cotte belle ospece, particulieic a la con-
tiee, fructifie en abondance sm- le cott'; g.iuche de la route cjui
conduit du village de Lidford a la Ciscaile.
8. Fucus hypoglossutn. M. Turner aviiit indicjur, eiitre autres
caracleres qui distinguent ce I'ucus du ruscifolius , qu'il ne pa-
raissait seulement que depuis le niois de juin jusqu'en septerabre.
C'est une erreur, selon M. Greville, qui I'a recueilli en decem-
bre, Janvier et fevrier, a Exinouth et a Torquay.
9. Fucus mcmbranaceus . Co fucus a une racine si)ongieuse
comnie celle dcs F. tomentosus et Bursa , mais il s'en oloigne par
la nature de sa fronde. Le rapport qui exlste cntre la racine de
ces deux algues avait engage Olivi a en constitucr un genre par-
ticulier sous le noni de Lainarcfiia.
10. Fucux laciniatus. L'auteur donne ici une tres-eleganle fi-
gure de cet hydrophyte, ou M. Griffiths a observe deux modes de
fructification. Dans le mode ordinaire les semiuales sont conte-
nues dans des tubercules situes sur des processus luarginaux;
mais quelquefois elles sont immergees dans la substance ineine
de la fronde , et alors elles y sont a peine visibles.
1 1 . Fucus ruhens. Ce fucus est fort I'emarquable par les petils
corps pedoncules qui sc trouvent sur la fronde , ct qui ressem-
blent a des champignons microscopiques.
M. Greville a accorapagne la description de cette plante d'une
figure ou sont reprcsentcs, la plante, une portion de la fronde
amplifiee, et les petits corps pedoncules dont nous venons de
parler. G....N.
239. Sur une Truffe trouvek. dans les environs de Caen ;
par M. Eudes-Deslongchamps. ( Mem. de la Soc. Linn, du
Cahados, 182/,, p. 42.)
L'auteur expose les caractcres des 5 especcs de truffes con-
nues , pour arriver a la distinction d'une nouvelle especc d'au-
tant plus rcmarquable que jusqu'a present on n'avait jamais
mentionnede ces cryptogames dans le departement du Calvados.
(Nomine elle pourrait etre confondue avec le Tuber ei/xtnum ,
M. Eudes-Dcslongchamps examine scs rapports avec Ics 4 va-
rietes de ce comestible, indiquees par BuUiard, et il en conclut
que les botanistes ont probablement confondu en une seule es-
pecc loutes les truffes comestibles , a cause de leurs peaux ru-
gueuscs. CcUe qui fait le sujet dc cette note est decritc ici
5io Botanique.
comme nouvellc espece, et elle est iiguree avec quelques details
d'organisation.
L'auteur I'a nominee Tuber Blotii, et lui a donnc pourcarac-
leres essentials : T. verrucosurn , verrucis maximis, pofygonatis,
suhregularibus transverse striatis ; intiis fuscum , vcriis Jlavis va-
riegatum. G....N.
240. Observations sur l'origine, la culture, kt l'usack pe
QUELQUES PLANTES DU Bessin ( Nomiandie ) ; par M. F. Plu-
quet. i^Mein. de la Soc. Linn, du Calvados, 182/1, p. 27'2.)
C'est une liste alphabctique des mots patois qui de?.igncnt en
Normandie un certain nombre de plantes uies, et oil Ton
trouve plusieurs renseigneinens sur les usages de celles-ci dans
le moyen age. Ces observations n'ayant qu'un inleret purement
local , nous croyons inutile d'en entretenir nos lecteurs. Cepen-
liant nous donnerons ici cette synonymie patoisc, seulement
pour quelques plantes les plus connues. Bouis [Buxus semper-
i'crcns L.); Canivicre (^Cannabis sativa L. ); Clielets (varietc du
Brassica oleracea L. j; Chinelles ( fruit acerbe du Primus spi-
nosa); Feugiere i^Polfpodiiitn /ilex mas L. ); Gadellicr (/{/-
bes rubrum h.) ; Herbe Saint- Jean (-^^/<?ff^w^'a vulgaris L.);Po-
rion (Narcissus pseudo-narcissus L.); Tieloque {^Brassica eru-
castrum L. ) ; Vert de pommier Yi ou Gui ( Viscuin album L. ) ;
Vauboire (les especes communes Ac fucus)\ ct Vignot ( TJlex
EuropcEUS L. ). G....N.
241. Sur le Bromus arenarics, nouvelle espece de Graminee
trouv«5e dans les dunes deSallenelles( Calvados), en juin 1817;
par M. Ch. Thomine-Desmasures. [Mem. de la Soc. Linn, du
Calvados , annce 18245 P- 4o-)
Cette plante nouvelle a un aspect qui la place enlrc le Bro-
mus mollis et le Bromus secalinus , et pcut-^lre n'est-elle qu'une
"variete du premier. Voici sa phrase specifique : B. repens , pa-
niculd erectd , strictd j spiels ovatis , glabris ; arislis Jlexuosis ; ra-
dicibus foliisquc mollissiine villosis. La description est accom-
pagnce d'une litLograpliie reprcsentant la plante entiere. G....N.
242. Ad catalocum plantarum horti regii Neapolitan
Append, prima et scconda. Editio altera. ■ — Synopsis nova-
rum PLANTARUM quae in Vrodromo Florae iieapoli(anae descri-
buntur. Auctore Mich. Tenore. Broch. in-8. Naples; 18 ly.
Boinnique. 5 1 1
Cettc seconde edition du catalogue dcs ])lantes du Jardia de
Naples a ete augmentue de plus de 1,200 especes, que M. Tenore
a dues a la libcralite des plus dislingues botanistes de I'Europe.
II y a joint un catalogue de cellos qui croissent naturellement
dans le royanme de Naples et qui cependant ne sont pas encore
cultivees dans le Jardin royal. Enfin cet ouvrage est termine par
le Synopsis des plantes nouvelles decrites dans le prodiome de la
Flore napolitaine. Outre la phrase caracteristique et la localite,
on trouve pour un grand nombre d'especes, des notes critiques
qui en etablissent clairement la distinction. Les plantes qui y
sont contenues rentrent toutes dans les anciens genres connus ,
et leur nombre s'eleve a 182. G....N.
243. Cincui.AiEE DE C. S. Rafinesque, a ses amis et coiTes-
pondans en Amerique et en Europe. In-8. de24p., en an-
glais et en francais. Lexington; 1824.
M. Rafincstjue, professeur a I'universite Transylvanicnne (Ame-
rique scptentrionale) annonce I'etablissemcnt d'un jardin de bo-
tanique a Lexington , dans I'ctat de Kentucky. II deniande pria-
tipaleracnt pour cette annee des semences et racines vivaces de
plantes utiles, medicales, tinctorialcs, econoraiques, odorantes
ou remarquables par leur beaute; et il prie d'adresser les en-
vois soit a la Nouvelle-Orleans , aux soins de MJI. Gordon et
Grant ; soit a Philadelpliie , anx soins de MM. Vezin et Letj-
GE.'^KE. II offre en retour les vegetaux du Kentucky dont il a
dresse un catalogue.
Ayant I'intention d'etablir un Bluseum d'histoire naturelle dans
la uieme ville, ]M. Rafinesque rccevra avcc reconnaissance tous
les ecliantilions d'aniraaux , de plantes et de mincraux qu'on
^oudra bien lui envoyer. En retour il enverra uu nombre egal
d'objets de sa collection qui sc couij)ose principalement de co-
quillesfluviatiles terrestres et fossil es du Kentucky, despolypiers
fossiles, d'un lierbler contenant plus de 10,000 especes, etc.
Le rests de la circulaire est relatif aux decouvertes creologi-
ques , botaniques et zoologiques de M. Rafinesque , mais il se
borne sculement a une annonce generalc qui ne fait pas connai-
tre precisenient les objets de ces decouvertes.
Lc catalogue des especes nouvelles ou races d'arbres, arbris-
seaux et plantes du Kentucky , sous le titrc de Florida Kcntuc-
kemis y est divise en deux parties. La premiere comprend les
3 1 2 Zoologie.
arbres et les arbrisseaux au nombre de 45 especes; il y a deux
nouveaux genres sous les noms de Cardiolepis et de CUidrastis-.
Nous ne pouvons en dire davantage sur ces genres ainsi que sur
les especes nouvelles, atlendu qu'il n'y a seulemcnt que les noms.
La seconde partie , ou celle des plantes herb;icees, renfenne un
grand nombre de genres nouveaux rt une foule d'especes aussi
nouvelles, pour lesquelles il se borne egalcment a la simple indi-
cation. M. Rafinesque donne une liste des plantes utiles, des ar-
bres et arbustes employes en medecine, dans les arts et I'agri-
culture, dcmandes pour le jardin de botanique de Lexington.
Enfin une ar. liste donne les noms des plantes, arbustes et arbres
d'ornement, odorans ou remarquables par leur beaute, que
M. Rafinesque prie d'envoyer en quantite. G....N.
244- Un journal americain fait mention d'un Sycoraore qui
surpasse peut-etre en grandeur et en grosseur tous les arbres des
Etats-Unis. II a 72 pleds de circonference, mais il estcreux , et
I'interieur, qui a 18 pieds dediametre, a contenu dans cet es-
pace 7 hommes a clieval. Cet enorme vegetal se trouve pres du
lac d'Howell, dans la Caroline du sud, sur les bords du Broad-
River, du cote d'York. La tradition porte que cet arbre a offert
un asile a plusieurs families pendant la revolution americaine.
[New-Times Gt Monitcur du 5 octobre 1824.)
ZOOLOGIF.
245. OEdvres completes de Buffon, avec les descriptions ana-
tomiques de Daubenton. Nouv. edit, dirigee par M. Lamou-
Boux. Tom. Ill et IV de I'llistoire naturelle des niammiferes;
ou 18". et 19''. de la collection, avec les 4*^. et 5*^. cahiers de
planches. (Voyez Ic n". de juin 1824 , p. 192.)
La publication de cette belle edition se continue avec la plus
ponctuelle rcgularite , et son execution typographique presentc
toujours la perfection que nous avons remarquec dans les pre-
miers volumes.
Le troisieme de I'histoire des mammifercs comprend les arti-
cles suivans : chat, cerf, daim, chevreuil, licvrc, lapin, loup,
loup noir et loup du Mexique, ainsi que les deux discerns ge-
ncraux sur les animaux sauvages et les animaiix carnassiers.
Vw»,., Zoologie. 3i5
Le quatrieme contient les descriplions du renard , de I'alco,
du blaireau, du kinkajou , de la loutre, de la Ibuine, de la
marte, duputois, du furet, do la beletle, de I'hermine, du pe-
rouasca , de I'ecureuil, du petit-gris, de recureuil de Madagascar,
du rat , de la souris , du niulot, du rat d'eau, du rat perchal , du
schermaus, du campagnol, du coclion d'Inde , de I'aperea, du
lierisson et de diverses especes de musaraignes et de taupes.
Les planclies lithographlees des caJiiers qui sont joints a ces
deux volumes nous ont paru d'une execution plus egale et plus
franche que les premieres, et atteindre, autant qu'il est possible,
le degre de perfection qu'on pcut desirer pour ce genre de gra-
vure appliquee a I'histoire naturelle. La figure du chat sauvage
seulcmcnt nous a semble trop pale et ne pas rendre d'une nia-
niere assez tranchee, les bandes obscures transversales quiornent
le pelage de cet animal. Desmarest.
246. HiSTOiRE NATURELtE DE BuFFON. Edition publiec d'apres
celles de I'imprimerie royale; mise en ordre et continuce par
M. le C**^. de Lacepede, et precedce de I'eloge de Buffon par
Condorcet. 7G vol. in-i8, ernes de 900 figures gravees par
Pauquet. Cette edition se compose de : Matieres gencrales,
24 vol.; Quadrupedes, i4 vol.; Oiseaux, 18 vol. ; par Buffon.
Ovipares et serpens, 4 vol.;Poissons, i4 vol.;Cetacees, 2 vol.;
par M. de Lacepede. Total, 76 vol. Paris; Tournachon-
Molin.
L'edition que Ton offre aujourd'hui par souscription n'cst pas
une entreprise nouvelle, elle est achevee depuis long-temps et
il n'en reste au libraire qu'un petit nombre d'exemplaires. Ea
la faisant reparaitre de cette maniere, il a, dit-il , pour but d'en
faciliter Tacquisition a beaucoup de personnes et surtout aux
jeunes gens.
Les 76 vol. dont se compose cet ouvrage seront publies en 12
llvraisons de 6 vol. cliacune ( a I'exception de la derniere qui
aura 10 vol., et qui cepcndant ne se paicra pas plus chore
que les autrcs.) Chaque volume sera orne d'une couverture ele-
gante imprimee sur papier velin dc couleur. Le prix de chaque
livr. est fixe a 14 fr. 5o c. et 3 fr. 5o c. de plus pour \e port franc.
La premiere elait annoncee pour le \^^. septembre , et les autres
pourparaitrc dc mois en mois. Les personnes quiprendront I'ou-
5i4 Zoologie.
vrage complet en une seule livraison obtiendront une remise de 6
pour cent. — Quelques exempl. avec fig. color. Prix, a6 fr. la livr.
247. Systems dentaire des mammiferes et des oiseaux, sous
le point de vue de la composition et de la determination de
chaque sorte de ses parlies, embrassant sous de nouveauxiap-
ports, Ics principaux faits de I'organlsation dentaire chez
riiomrae; par E. Geoffroy-St.-Hilaire. Broch. in-8. Pa-
ris; 182/,.
M. Geoffroy-S'.-Hilaire, poursuivant ses travaux sur Torga-
nisation animale, donne au public les recherches qu'il a faites
et lues a I'academie des sciences en juin 1821 sur le systeme
dentaire des oiseaux. Les anatomistes qui ne sont point accou-
tumcs a entendre dire que les oiseaux ont des dents trouveront
peut-etre paradoxal le titre de cet opuscule; mais ceux qui sont
au couranl des belles decouvertes du professeur du Jardin-du-
Roi, toucliant I'analogie de I'organisation dans les animaux ver-
tebres, s'cmprcsseront de verifier ces nouvelles recherches, pour
les confirmer, si la theorie est vraie, ou pour les rejeter si elle
est fautive.
D'apressa doctrine des analogues, 1\T. Geoffrey devaitetre con-
duit a rechercher si; rcellement et anatomiqucmcnt parlant, les
oiseaux ctaient depourvus de dents; pour cela il a d'abord exa-
mine des foetus de perroqucts, et il a vu que tout le pourtour
des machoircsdschacun des demi-becsetait garni decorpsbIanc<,
rouds et si reguliercment places, qu'en jetant un coup d'cuil sur
la gravure qui accompagne I'ouvrage que nous analysons,il sem-
ble voir le systeme dentaire d'un mammifere. A chaque maclio'rc
une de ces dents occupe la ligne mediane, de sorle qu'elles sont
impaires. On en compte 17 en haut et i3 en bas. Les anlerieures
plus pressees entre elles ressemblent a des incisives, tandls que
les postcrieures plus espacees et raoins gcuces dans leur deve-
]()p[)iinent, sont arrondies en tubercule. Celte disposition est sui"-
tout reraarquablc a la maiidibiile supcricure.
Voila leresultat d'un premier cxanieii qui fut de suite reprc-
senle par un dessin. II s'agissait dc savoir si ce n'elait i)oint une
fausse apparence. M. Geoffroy ayant enlevc ces corps ronds
trouva au-dessousd'eux les veritablcs germes dentaires munis clia-
cun d'un cordon forme de vaisseaux et de nerfs, qui permetlait
de les raouvoir sans les faire sorlir dc Icur place respective. Ainsi
Zoologie. 5i5
done, les perroquets a I'etat de foetus ont des dents, dont la
forme disparait a mesure que I'aniraal prend plus d'accroisse-
ment pour neplus offiir qu'une masse cornee, mais dont on re-
trouve encore des traces sur le perroquet adulte, lorsqu'on pro-
cede avec attention. Pour cela il faut amincir la portion cornee
du bee alin de decouvrir la rangee de tubes pleins d'une nialiere
brunatre, qui, selon M, Geoffroi, sont les restes d'un nouibre
semblable de noyaux pulpeux.
Si le perroquet a I'cfat foetal reunlt les conditions propres au
developpement des dents, c'est-a-dire des germes aliracntes par
des vaisseaux et des nerfs , on peut dire aussi qu'il les perd a me-
t>ure qu'avancant en age la matiere cornee prend davantage d'ac-
croissemeut pour un but special, celui. de la manducation et la
formation des bees qui enveloppent les maxillaires. Cliaque demi-
bec n'est plus alors qu'une seule dent produite par tous les ger-
mes dont nousvenons de parler, de meme que les dents com-
posees des mammiferes ont pour origine plusieurs germes. C'est
dans I'elephant surtout qu'il est facile d'etudier ce dernier me-
canisme , et de voir tous ces elemens dentaires reunis, presses,
aplalispour ne former qu'une seule masse. Les kanguroos , quel-
ques rongeurs, etc. , offrent egaleraent ce phenomene, quoique
plus en petit. II n'est pas sans exemple qu'on I'ait rencontre
dans riiomme. On dit m^me avoir vu des indlvidus cliez lesquels
I'arcade dentaire ne presentait qii'uu seul os par la reunion de
toutes les couronnes.
En anatomic generale comparee , la disposition et la forme
doivent etre assez souvent negligees, lorsqu'on cherchc a dcmon-
trer I'analogie qu'ont ontrc eux certains organes dans la serie
animate; il en est de meme de leur nature qui varie scion tel ou
tel but. C'est ainsi que ]VL Geoffroy ayant successivemcnt etudie
<l'autres oiseaux comme I'autruclie, le casoar, I'oie, le canard, la
j)Oule, le toucan, le harle, etc., a retrouve chez tous un syslemc
dentaire qui fournira probablcment un jour des caracti'ics pro-
pres a faeiiilcr la classification des oiseaux. Q — v.
3 1 6 Zoologie.
248. Des geans de Visos; liar M. VM.\f>sov. (Noiw. AJemoircs
pour sen'ir a I'Hist. nat. dcs Pyrenees. Pan , 1823 , p. 1 13.)
M. Piilassou insere Ja lettic de (laiitoiinet, cure de Luz, qui
ecrivit en 1777 qae, sur la demande de M. d'Herouville, coiii-
niandant de Guienne, qui travaillaita V Encjclopedie , ii fit creu-
ser dans une rue du village de Visos, d'apres I'indication des
anciens du pays , et qu'il y trouva des os (\\}\, par Icur longueur,
nc ltd la is St' rent pas de doute quils nc f assent dc personncs
dune taille gigantesque.W croit se rappeler que la clavicule avail
pres de 12 pouces (Pasumot dlt, environ 10), et le tibia 20 a 2/,
pouces; ce qui est un peu vague. On ne dit pas si, outre le gar-
con chirurgien qui assista aux f'ouilles, quelque liominc de I'artlcs
a examines. Pasumot assure (?'oj. Phjs. dans les Pjren., p. 'iil\.\
que la famille des Prousous on Esprousous, a Visos, avait une taille
d'environ 8 pieds , et que le dernier de cette race , le vieux Barri-
quc, mort a I'agede 108a 1 10 ans, avait dans sa jeunesse 6 pieds.
249. Sur l'ane sauvage. (^Isis , 7*^. livr. , 1823, p. 764.)
Dans les deserts qui s'etendent entre Cattuvar et Cut/i en Asie,
el que les habilans appellenl Nun^ on rencontre souvent des trou-
peaux tres-considerables d'une espece d'ane sauvage , connu dans
le pays sous le nora de KJiur ( nom pei'san de ces animaux). Sa con-
leur est d'un gris cendre, qui se perd en dessous dans le gris
sale. Les oreilles et I'avant-main paraissent rcsscmblcr beaucoup
a ceux de I'espece ordinaire; la tete est ccpendant un peu plus
longue et les mcnibres sont plus forts. lis liabitent pendant rcte
les collines salines de la Nun, et dans le mois de novcmbre ils
descendcnt dans les plaines : leur cri ne parait etre qu'un simple
gi'ognemcnt. Les habilans pretendent que les vieux males cha-
lrent,avec leurs dents, les anons males aussitot apres leur nais-
sance : aussi est-il tres-rare de tuer un male entier. S. s.
25o. Parmi les phenomenes d'histoire naturelle remarquables,
nous croyons devoir citcr celui d'une femelle de perroquet gris
{ Psiitacus erjt/iacus 'iAnne] qui, apres avoir ete transportoe, en
i8i8, de St.-George d'Elraina (coted'Afriquc) dans les Pays-Bas,
el apres y etre demeuree isolce dcpuis tout ce temps, a pondu,
le 18 aout dernier, un ceuf, et le 21 du meme mois un autre. Ces
renfs sont blancs et de la gro.sscur d'un (cuf de pigeon. (Jig.
i\ oust en Letlerbode, i824,u". 37.)
Zoologie. 3 1 7
•25l. SUR QUELQUES PHENOJliNES VITAUX ItES AsciDIES ; p.ir le
D"". Eysenhardt: ;iv. ■?, pi. (iVoc. Jet. Acad. Cccs. Leap. Carol.,
To. XI, p. 2 , p. 1.)
C'est un long raemoire sur I'organisation d'une Ascidie de la
division des phallusies de M. Savigny.
L'individu qui fait le sujet de ce travail etait compose dc deux
masses separees par nne pedicule, et dont I'une , que I'auteur
nomine ia souclie, n'etait autre chose qu'une vicille ascidie qui
commencait deja a se deformer en se racornissant; et la seconde,
une ascidie dans son etat parfait, et la jeune de la precedente.
Elleavait la forme d'une poire, dont la partie retrecie forraait le
pedicule; I'autre extremite du corps presentait deux ouvcrtures,
dont I'uiie conduisait dans le sac respiratoire , et dont la seconde
c'tait I'anus: il n'a pas pu apercevoir la bouche. Le ganglion prin-
cipal du systeme nerveux se trouvait dans la peau entre rorifice
branchial et I'anus.
L'auteur entre encore dans beauconp d'autres details sur I'or-
ganisation de ces animaux ; mais il les decrit d'une maniere assez
vague; l'individu dont il donne la description avait d'ailleurs se-
journeplusd'unandans I'esprit-de-vin avanlqu'ii n'aitessaye de
le decrire, et il est plus que probable qu'il etait fortemcnt de-
forme, et que sa description ne peut gucrc etrc exacte. S. s.
252. Sur l'Helix nemorahs, animal carnivore. (Zoo/. 7o«/7?.,
n". 2 , juin 1824 , p. 284.)
Get article, quiparait etre I'extrait d'une lettre, a pour but de
faire connaitre qu'un individu de YHelix ncinoralis qui se trou-
vait en hiver dans un appartemenl, et auquel on avait presente
plusieurs plantes auxquelles il refusait de touclier, mangea avec
avidite d'un morceau de moulon cuit; en sorte qu'on peut le
croire carnivore. Nous avons cite dans notre Hlstoirc tiatitrclte de
la famillc des Lintaces plusieurs faits analogues ; nous avons
meme fait mention de Limaccs mangeant le corps encore vivant
d'autres individusde leur espece places pres d'elles: mais, en ge-
neral, les Limaces ct les Helices sontspecialement herbivores. F.
253. Description de deux coquilles fluviatiles nouvclies ct
remarquables, Melania sctosn et Vnio Gigas , par W. Swain-
son. [Quart. Journ. ofScienc. , avril 1824, p. i3.)
5i8 Zoologie.
254. StJR LA STRUCTURE DE LA Melania sExqsA , par M. J. E.
Grat. [Zoolog. Joum., n°. 2 , 1824 > P- ^53 , pi. 8 , f. 6 a 8.)
M. Swainson donne la description d<5taillee non d'une espece
nouvelle, comme il le pense, car la coquilledont il traile, etqu'il
a appelee Melania setosa , est connue depuis fort long-temps ,
mais de la variat. A du Bulimus amarula de Bruguiere, dont il
auralt pu se borner a proposer la separation d'avee Yamarula. II
signale et decrit la conformation des tubercules epineux de cette
espece, comme une chose des plus singulieies et sans exemple
dans les coquilles, conformation qui I'a porte a lui donner le
nom de setosa.
L'individu observe par M. Swainson vient de I'ile de F" ranee,
ou il a ete recueilli par M. Warwich qui n'a pu en trouver
d'autres.
M. Gray, auteur du 2*^. article cite, donne deux bonnes fi-
gures de cette Melanie dont il exlste deux autres exemplaires au
Museum britannlque. II represente un des tubercules epineux
grossi pour montrersa conformation, et observe avec raisonquela
singularite qu'il presente est semblable a ce qu'on voit dans les
epines tubuleuses de la Nerita Corona, des Murcx tublfer, triplex
etc. M. Gray aurait pu ajouter de la Melania amarula elle-
raeme , car les tubercules de celle-ci offrent les memes circon-
slances. Ce naturaliste propose une explication fort simple deces
tubulures ; explication qui, du reste , a deja etc donnce a I'egard
de la Nerita Corona , par plusieurs auteurs. Nous possedons
aussi deux individus de la M. setosa. L'un de ccux du museum
britannique faisait partie de la collection de M. Craclierodc, et
a ete nomme par Humphrey Spirilla spinosa; il vcnait de I'ile
de I'Amiraute sur la cote de la Nouvelle-Guinee, M. Gray I'a
nomme Melania spinosa.
C'est avec raison que M. Gray croit pouvoir y rapporter la
^g. 8 dcla pi. io55 des mantissa de Lister, copiee par Favanne.
Favart d'llerbigny I'a signalec dans son dictionnaire; enfin Bru-
guiere en a fait la var. A de son Bui. amarula, en y rapportant
la^^'. ^ dela tab.6 deGualtieri, ellesy?g. 1220 et 1221 deClicm-
nitz ; celles-ci appartiennent sans doute a une variele de I'especc
qui nous occupe.
La 2". coquilledecritcparM.Svrainson, sous le nom iVUnio Gi-
gas, parail fort rare. Elle fait partie de la collection de M. Mawe,
Zoologie. 5ig
ft vient de celle de Humphrey , qui parait avoir su qu'elle vit
dansl'Orenoque. Cette espece est tres-remarquable par sa taille,
ayant 8 ^ po. de long, sur 5 p. -^ dans son diametre transversal
du sommet an bord oppose. II serait a dcsirer que M. Swainson
donnat une bonne flgure de cette belle coquille.
Nous possedons une espece d'Unio, que nous aurions regardee
comme idenlique a celle-ci, et qui presente a peu pres les memes
dimensions, si M. Swainson ne disait point dente laterali[utrius-
que \'ah>ce\ solitario. Dans notre espece la dent laterale d'une
des valves est recue entre deux lames laterales elevies de la valve
opposee. F.
255. NuNciUM PRO CoNCHYLioLOGis ET Entomologisj par Ad.
Fr. Lang. [Isis, i823, cah. IX, p. 43o.)
D'apres cette annonee on peut s'adrcsser a M. Adolplie-Fran-
cois Lang, maitre en pbarmacie, place Vacziensi, n°. 38, a Pesth
en Hongrie, pour avoir des coquilles terrestres et fluviatiles de
son pays. Parmi les cspcces ([u'il indique on remarque Helix co--
noidea Lang (qui n'est done pas celie de Draparnaud); Mytilus
iVolgCE ; Paludina neritoidca Lang ; Melanopsis pyramidalis
Lang; Ncritina radiata, Lang, especes dont les noras, a I'ex-
ception du Mytilus J Pol gee, sonX. inconnus aux naturalistes. F.
a56. Introduction to Entomology, etc. Introduction a I'En-
tomologie, on Elemens de Thistoire naturelle desinsectes; par
W. KiRBY et W. Spence. In-8. Vol. 3 et 4- Londres; 1824 J
Longman. — Ces 2 vol. complelent I'ouvrage.
257. Du PAPiLLON DE l'Asclepiade ; description de M. Gaetano
Maria Gagliardi , secretaire perpetuel de I'lnstitut royal
d'encouragcment de Naples pour les sciences natureiles. ( Atti
del real Islituto di NnpoU, etc. , i8n , to. I, p. 55).
M. Gagliardi rend compte dans ce memoire de I'apparition
d'un papillon nouveau pour ces contrees , ace qu'il pense, qu'il
Irouva pendant les annees 180G et 1807 , dans sa maison de cam-
pagnc, apres un sejour qu'y fircnt des troupes anglalses en i8o5.
Quelque ressemblancc que M. Gagliardi trouve entre ce papillon
et le Papimo Chrysippus ]"ab. Danaide Chrysippe, Encycl. me-
thod., il ne parait point dispose a lesconsidcrcr comme une seule
espece , et lui donne le nom de Papillon de l'Asclepiade. Nous ne
pouvons partagcr en cela I'opinlon de I'auleur, et nous pensons
320 Zoologie.
avcc le savant qui a dccrit cette cspocc dans Touvnige francals
que nous vcnons de citor , que la Uanaide Chrysippe se Irouve
aux Indcs orientalcs, en Kpypte, ct queiqucfois peut-etre mtme
accidentcllcmcnt dans le royaunie de Naples. Du rcste nous ne
pouvons nous dispenser de louer ici I'exactitude avec laquelle
M.Gagliardi a decrit la clieniile, la chrysalide et I'insecte parfait,
puisque c'est a cette exactitude que nous devons de n'avoir aucun
doute sur I'identite d'cspeces des individus qu'd a cu avec ceux
qui nous viennent des Indes orientales. Du reste ce papilion varie
beaucoup, meme dans une seule des localites qu'il liabite , et
I'autcur le dit lui-meme de ceux qu'il trouva dans sa maison de
campagne , et il ajoute qui! a disparu les annces suivantcs.
A. D. S. F.
258. Sur la Sauterelle appelee vulgairement Bruchi; par
Gaetano de Lucretiis. [Atti del real Istituto di NapoU, 1 8 1 1 ,
io. I, p. a33).
Dans ce meraoire I'auteur s'alfaclie principalement a decrirc
les ravages occasiom's par le Giyllus migratorius Linn. Fab.
'^Acridium rnigrdturium Oliv. Lntr.), ct il engage le gouvernenient
napolitain a prendre des mesurcs generales de precaution pour
en empeclicr le retour , et en borner Tetendue. Peut-etre est-il
a regretter qu'il n'ait point decrit I'espece qui causa la destruc-
tion des recoltes dont il se plaint. En effet il n'est pas Ires-ccrtain
que ces funestes cvenemens soient dus a la meme espece dans des
pays difterens, ni meme que diversrs espcces ne ravagent pas le
meme pays , soit ensemble , soit successivenient. A. D. S. F.
aGg. Note sur les Physalides , et particulierement sur la
Physalide pelagique { Phjsalia pelagica) , Lam.; par M. de
Freminville. [Bull, de la Soc. Philoin., mars 18245 P- 4*. )
TVous avons donne dans notre dernier numero I'int^ressante
lettre de TJ. Yan-Hasselt sur les Physalides. On ])eut en rap-
j)rocher les observations de M. de Freminville dont voici I'aper-
cu, copiant litteraleraent et presque en enticr la note iuserec
dans le Bullelin de la Societc philomathique par ce naturaliste.
Beaucoup de voyageurs et de naturalistcs ont parlc des Pliy-
salides et les ont figurces, mais on Irouve autant de confusion
dans leurs descriptions que d'inexactitude dans leurs figures.
La partie la plus apparcnlc des Physalides pelagiques esbun
bac vcsiculcux, poinlu aux deux bouts et allonge, ayant presque
Zoolosie. 32 1
'G
la figure d'une cornemuse; cet organc, long de 7 a 8 pouccs,
est transparent, bleuatre, surmonto d'une crete pareillement
transparcnte, legerement festonnee et bordee d'un rose vif. L'a-
niraal la contracte et la dilate a volonto , et s'en sort absolu-
ment comme d'une petite voile pour voguer a la surface des
iners. La partie anterieure du sac est en forme de trompe courte
et de couleur bleue, et de sa face inferieure pendent plusieurs
cirrlies ou tentacules violets, au moyen desquels il est probable
que la Physalide absorbe les substances dont elle se nourrit.
De dcssous le tiers anterieur du sac , pendent une multitude
de frangcs tentaculaires et des especes de vesicules allongees,
auxquelles adherent les organes que M. de Freminville rcgarde
comme les brancliies et qui consistent en filamens tres-longs,
tres-entortilles et linement stries transversalement.La couleur de
tous ces appendices est d'un bleu souvent nuance de verdatre
et quelquefois de violet. La partie superieure du grand sac, au
moyen duquel I'animal flotte sur I'eau, est terminee en une
pointe d'un bleu violet au-dessus de laquelle est un point blanc,
transparent et un peu foncc. Au premier aspect cc point remar-
quable semblerait etre I'orifice de quelque organc interieur, raais
il ne presente pas d'ouverture.
M, de Freminville a constale que ces animaux perdent leurs
belles couleurs apres un scjour d'une heure dans I'eau de mer.
lis sont enduits d'une mucosite extreraement acre, surtout les
appendices bleus, laquelle cause, par le contact, une douleup
assez vive.
II y a eu jusqu'ici une grande confusion dans les descriptions
que les naturalistes ont donnees de cet animal , et surtout dans
la synonymic des auteurs qui en ont parle. Elle est fort bien
decrite par M- Bosc, mais tre«-mal figuree dans le supplement a
Buffon , in-18, edition de Detervillc. C'est encore la mcme Pliy-
salidc qui sc trouve decrite et figuree dans le voyage de la Pc-
rouse ; mais M.Bosc la lApportc a Vllulot/iuna VliysaUa de Linne
ce qui parait etre douteux, selon ce qu'il en dit. La description
que I'illustre naturall^tc suedois fait de sa Medusa Caravclla
convient bien davantage a la Pliysalide.
Au surplus, la Physalide pelagi((ue de M. do Lamarck, la Medusa
Utrieulus dc la Marlinicrc [Journal de Physique, nov. 1-8'^
p. 365, fig. i3 et 14 ; et atlas du Voyui^e de la Pemuse\ , I'Hn-
tothuria Thalia ct la Medusa Caravcllu dcLiunc, sembleat efre le
B. Tome III. ai
S 22 Zoologie.
iDC'ine animal observe a divers ages; leurscouieurs scales en foni
la difference : or ellc est tres-sujelte a varier. M. de Freniinville
n pris de petites Physalides qui ii'avaient guere qu'un pouce de
long, et quietaiententierementbleuatres, sans avoir la jolic crete
a frange rose qui decore si bien lesgrandes. Surdes individusde
nioyenne dimension, il a vu le bord de la crete se colorer lege-
rement en rose, et cctte teinte avail toujours un degre d'inten-
site de plus dans les individus graduellement plus grands.
L'espece de Physalide figuree par M. Lesueur dans les plan-
ches du Voyage de Eaudin a la Nouvelle-Hollande, espece que
M. Peron a nonimee Megalista , parait bien distincte de layj^*-
lagica ; vs\?i\i cette figure, dont les coulcurs sont d'ailieurs fcr-
cees, est-elle bien exacte ? Le dessinateur lui a d'abord donne
une attitude que ne pent jamais prendre I'animal, en lui faisant
relever verticalement la partie superieure.
Outre la Pliysalide Tlialle, qui est la plus commune , et qui ,
comme il vient d'etre dit, se rencontre dans les parties cliaudes
de rOcean atlanllque, M. de FreminviUe a encore observe tiois
cspeces du meme genre , qui lui paraissent nouvelles, et dont il
donne les descriptions suivantes :
1 ". La Physalide Thalie [Physalia Thalia) est constaniment plus
i^etite qucla pelagiquc;ellea un sac vesiculeux legerement nuance
d'un bleu verdatre; sa crete, au lieu d'une bordurerose , en a une
u'un b'.eu fonce, et ses appendices inferieurs sont d'un gros vert;
il nVa qu'un seul de ces appendices qui soit fort long, tandis
qu'il y en a toujours deux dans la Physalide pelagique. Cette
espece a cte Irouvee dans le grand Ocean equatorial a la haii-
teur de Sierra-Leone, et a pres de loo lieues au large de ce point
de la cote d'Afrique. Peut-Cire est-ce celic-ci que Linne a de-
critc sous le nom d'Holotliuria Thalia : sa description s'y rap-
porte assez; c'est pourquoi le nom de thalie lui a ete applique.
2". La Physalide cristallinc [Physalia cristallina). C'est la plus
petite de ce genre : elle n'est pas plus grosse qu'une noisette. Le
sac vesiculeux et la crete quile surraontc sont transparcns coranic
du cristal, ct sans nuance d'aucunc couleur, a I'cxception de la
pointc posterieure du sac, qui est blcue. Les filamens inferieurs
sont aiissi d'un bleu fonce ; il y en a un beaucoiq> phis long que
les autres.
Elle a ele trouvee sur le rivage de la Grande-Ansc, aux ilcs
Zoologie. 0 2^
des Saintes, pros de la Guadeloupe: c'otait apres un roup dc
vent, et elle avait ele jetee en gninde qaantite sur la plage.
^°. La Physalide vitree iPhjsalia hyalina). Si la precedente
est la plus petite espece du genre, celle-ci est assuremeut la plus
grande ; son sac a pres d'un pied de longueur ; toutes ses parties
«ont blanches , transparentes et vitrees. Beaucoup plus rare que
toutes les autres, elle n'habite pas non plus les memes parages :
on ne la trouve pas dans la zone torrlde ; elle evite les mers bni-
lantes, et prefere des climats temperes. M, de Freminville I'a rcn-
contree,niais en petit nombre, a environ t5o lieues dans Test
des lies Acores, et il I'a vue meme jusque vers le quarantieine pa-
rallele.
260. PoLYPiERs FossiLEs trouvcs 3 Rosicrs, prcs Grandpre
( Ardennes. ) — Une production fossile de la classe des polypiers
Tient d'etre trouvee en abondance a la surface d'une terre
dite des Rosiers , appartenant a M. Becliet. Cette production
semble de nature pierreuse ; elle a pour dimensions de 4 a 8pou-
ces de longueur sur 6 a 9 de circonl'crence ; sa forme est tanfot
ovale allongee , tantoL turbinee avec un rebord circulaire sail-
lant ; des pores tres-petits et nombreux en couvrent la surface
exterieure ; rextreniite superieure est comme tronquee , I'iufe-
rieurc se termine en une sorte de pedicule. La decouverte de cette
production, que nouscroyons itrel'Jlcjonum mutabile de M.De-
france , est due a M. le chevalier TrauUe, lieutenant du roi en re-
traite a Sedan , ancien commandant de cette ville , et frere de
M. Traulle , correspondant de I'Academie des inscriptions et
belles-lettres, a Abbeville. Ccs deux freres, zules pour les scien-
ces naturelles , nous ont donnc sur le gisenieat de ces polypiers
des details que nous livrons a I'exameu des naturalistcs. La
terre des Piosicrs oii git la masse des polypiers trouvee , est
voisine de la terre des Froids - Fosses, situee dans un bas-
fond, oil etalt autrefois un lac. Dans celte terre se trouve
aussi le meme polypier ; sur la croupe opposec il s'y retrouve
encore ,ct M. le chev. Traulle pense qu'il exisfe dans le fond de
cet ancien lac, sur une circonference deplusde 3 lieues. M. Traulle,
d' Abbeville , regardc cette production comme descendue du
massif des falaises qui entourent le bassin de cet ancien lac. Les
terres calcaires qui composent ces falaises, sonl friables , moins
dures que les craics de Picardie. Le bassin qu'elles torment etait
524 Melanges.
autrefois un lac augmenlo p;ir VAisni' , ftraiit que cctte riviere
wit pris son cours par Soissons , et ii est probable que les craics
flissoutes par cet agent ont laisse a nu les alcyons fossUes qu'elles
tontenaicnl , lesqticls par leur durete ont du et dolvent survivrc.
La tcrre dcs Rosiers oil sc trouve la masse aboudantedeces po-
lypiers rcmarques par M. le chev.TraulIe fortifie I'opinion de
son frcre, pulsqu'elle offre une premiere conche de terra grl-
satrc, el quelqucfoi* noire commc celles des tourbes, ensuite une
terrc bl'ancue marneuse, semblable a celle du fond des rivieres
(ies Ardennes, laquclle M. Traulle regarde comme le rcsidu
des terres dissoutes qui , en disparaissant , ont fait place an
bassin. {Rev. Encjc, fev. 1824 , p. l\%%.) B- <"»•
MELANGES.
26 1 .Parmi les curiositc'S qu'offrait cette annee la foire de Salnt-
Lazare, a Marseille, il faut distinguer le geant Martin Ruboga.
Sa taille est de -7 pieds a pouces ; sa poitrine, ses mains , ses cuis-
ses sont proporlionnees a sa baute stature, et tout contribue a
en faire un liomrae e:«traordinaire. En le voyant, on reconnait
qu'il doit etre doue d'une force prodigicuse; ce qu'il execute
sous les veux des spectateursne saurait plus trouver d'incrcdules
q'le ceux quin'en ont pas tite temoins. Les choscs les plus sur-
prenantes semblent olre pour lui simples et faciles : alnsi, d'un
seul coup de poing et a main nue, il met en morccaux un pave
de raarbre , et deux doigts lui suffisent pour relever et tenir en
cquilibre une cannc dont la pomme peso plusieurs llvres. Martin
Ruboga, ne en Italic , est un descendant du fameux Gigli , a qui
Buffon a daigne consacrer un article aussi interessant que cu-
rieux dans son Histoire naturelle. ( Constitutionncl du 7 scp-
tembre 182/1. )
262. EXTRAIT d'une I.ETTRK PK M. DE FrEMIN VILLK, licut. de
\alsseau. ( Voyez pour la partie geologique de cctte lettre le
Bulletin d'avril , n". 398. )
M. de Freminvllle s'est livre, h. la Martinique, a I'etude dcs
Cruslaces, qu'il regarde comme pcu connus, et pouvant pre-
senter , par consequent, un grand nombrc d'esptccs et miime de
"enres nouveaux. Parmi ceux-ci il en a dccrit un sous le nora de
Loscea ; il a trouve res cruslaces d plu-s de six licucs au large ,
Melanges. 535
vlyans et flottuns sur reau;ils n'approchent jamais tks cotes , c-r
offrent des particularltes remarquables; M. de Frerninville dit que
ce genre devra etre place entre les Cymotlioees et Jcs Idotues.
3VT. de Fremlnville s'est aussi be.iucoup occupd des reptiles si
communs a la Martinique; il a rencontre des vlperes fer-de-
lance de sept a huit pieds de long , et dont les crocliels avaient
pres d'un pouce. II en a depose un individu de la plus grande
taille au musce de Brest ; cet officier naturaliste dIt avoir verifie
sur ces viperes Fer-de-lancc , le fait important annonce par
MM. Palisot deBeauvois, concernant la femelle du Crotale
boiquite. II assure que, corame cefte derniere, celle du ler-de-
lance recoit dans sa gueule ses petits , qui vont s'y refugier a
rapprocbe de quelques dangers, et quelle les y tient caches jus-
qu'a ce que le danger soit passe. [Ann. des Sc. natur., janv.
1814, pag. y2. )
263. LetTUE BT fragment de LETTRE de M. BrOCCHI , SUR
l'Arabik et la S\rie. ( Giorn. di Fis., Chim., etc., mars et
avril 1824, p. i36 et i37.)
Ces lettres sont datees de Baalbeck en Syrie, le i5 novem-
bre 1823. M. Brocchi y annonce qu'il a passe une grande partie
de I'annee dans les montagnes de la Thebaide et sur les cotes de
la mer Rouge, jusqu'aux fionticres de la Nubie. II y a la des de-
serts immenses oil il n'a pas plu depuls 4 ans, et ou Ton ne
voit que quelques Arabes Bedouins. La clialeur y est de 3o a
31°, et elle va a 35" par Ic vent kamsin.
Notre voyngeur a toujours joui des memes oommodites qu'eii
Europe, au nioyen d'une caravane de 120 cbameaux.
II est alle ensuiteen Syrie pour examiner certains bancs liouil-
leJs du mont Liban, et a visile aussi, dans les montagnes de I'An-
ti-Liban, les restesd'Heliopolis.Il ira peutetre aux mines de cuivre
du mont Sinai, et ne sera de retour dans sa patrie qua la lin de
J 825. M. Brocchi a rccoltii beaucoup de plantcs rares el nouvelles
en Egypte, mais la florc du Liban lui a paru prcsquc la memo
que ccllc de la Sicile et de la Calabre meridionale. A. B.
264. Notice sur M. Sace.
M. Sage, doyen de reception de la scoonde classe de riii-,titur,
a Paris, est niort le 10 seplembre, a I'age de 84 ans. 11 a fonde
en France la premiere ecole d»s mines, et public plusienrs ou-
326 Melanges.
vniges de mineraiogie. Aitssi son busfe a cle place aux frais de
ses (ileves au cabinet mineralogique de I'hotel des Monnales.
Void quclques passages du discours jn-ononce sur sa tombe par
M. Cordier, son confrere a I'academie. « A son debut, M. Sage
avait pressenti la puissante influence que les arts chimiques
exerceraient un jour sur toutes les industries; il a cle infatigable
pour prepager ces connaissances ; il n'a rien neglige pour en
faire lui-meme des applications multipli«5es aux arts et aux be-
soins de la societe. C'est ainsi qu'il a notablement contribue aux
progres d'un art qui etait bien peu avunce, il y a un demi-sie-
cle, celui d'extraireet d'essayer les substances metalliques; c'est
aiusi qu'anime d'un -vif sentiraent de philantbropie, il a ete plus
d'une fois ingenieux et heureux dans les recbercbes qu'il n'a
cesse de tenter dans la vue d'augmenter les ressources de I'art
de guerir. Tant de Iravaux utiles suffiraient pour recoinmander
Ml memoire; il s'y joint un titre plus lionorable encore, c'est
d'avoir reussi, a I'aidc d'une perseverance admirable, a fonder,
t.ii J 783, I'ecole royale des mines , institution importante qui
manquaita la France, et dont on n'a pas tardo d'apprecier les
rosultats. tine vie si bien employee aurait du s'ecouler sans trou-
ble et sans infortunes; mais la revolution ne I'a point permis.
INotre venerable confrere a ete eprouve par des persecutions qui
ont pense lui etre fatales. Justeraent exaspiire, prive de la vue
a la suite de sa detention dans les cacbots , il a eu besoin de quel-
que courage pour supporter les inconveniens qui naissalent de
la diminution de sa fortune. II est vrai de dire que, s'il a regrette
ks avaiitagcs dont il avait joui, c'est parce qu'il ne j)ouvait plus,
comme auparavant , satisfaircla lonj^ue habitude qu'il avait con-
tzv.ctee de faire du bien autour de lui. u
On peut voir la liste de tons ses ouvragcs , au nonibre de 73 ,
dans les n"*. (\[\ et 45 du Journal dc la librairie , 1824.
265. La Societe linneenne du Calvados a tenu sa seance
solennelle etpublique, le 24 mai i83'.4.
M. Robcrge, president, a ouvert la seance par un discours
dans lequel il a rappele le but dc la Societe et les engagemens
que lesmembresavaieut contractes, enacceptant d'cn faire j)arlie.
M. de Clauniont, secretaire, a fait ensuite I'analyse des travaux
de la Societe dcpuis rorigine;celte analyse etait precedce du rocil
dc la mnnierc dont elle s'est formcc. On a reniarque avec clon-
Mciiuii^es. 5-^7 ^
nement la quantite de memoires intt":essaiis que celte CGmpagnie,
, qui ne compte pas encore un an d'existence, a recu de ses cor-
respondans ou de ses membres. Quclques-uns seront imprimt-s
et formeront un volume erne de planclies qui paraitra dans lo
mois d'aout ou de septembre(/^'oj. ci-apres) ; les autres iravaux
sont analyses dans le rapport du secretaire.
On a enlendu un memoire de M. Pluquet, correspondant a
, Bayeux , sur quelques plantes interessantes du Bessin , et sur
leiir synonymie en patois du pays.
M. Eudes Deslongchamps, D. C, a lu, au nom de M. I'abbe de
la Rue, correspondant de I'lnstitut royal de France, diretteur
de la Societe des antiquaires de Normandie, un memoire tres-
interessant sur I'etude de la botanique a Caen, depuis Ics temps
les plus rccules jusqu'a nos jours.
M. Hardouin, D. M., a succede a M. Deslongchamps et a lu
une notice de M. Defrance, correspondant a Sceaux, pres P.iris,
sur les Reptiles que Ton dit avoir ete trouves dans les pierres et
dans les substances ligueuses de certains arbres. D. C.
266, Memoires de la. Societe linneenne du Calvados , annee
1824. 3oo p. in-8, avecpl. lithogr. Caen; 1824; Cliapolin.
Nous avons tenu nos lecteurs au courant des progres de cette
Societe, fondee par M. Lamouroux, prof, d'liistoire naturelle a
Caen et correspondant de I'lnstitut. Nous en avons annonce la
formation avec tout I'inter^t qu'inspire le but de ces travaux
qui est de falre connaitre la geologic et I'histoire nalurelle du
departcmcnt ou ellc reside, (/oj. le Bulletin, iSaS, to. 3, n".
75o, el celui de juillet 1824 , n°. 2G6.) Le i""". vol. de ses me-
moires vienl de paraitre, et justiBe I'espoir qu'avait fait conce-
voir une reunion de savans voucs a I'etudc de leur sol, et dont
plusieurs ctaient deja connus par de bons memoires. Les natu-
ralistes et les geologues residans sur les lieux auront toujours
I'avantagesur ceux qui viennent les visiter souvent en courant :
aussi I'exemple de la Societe deCaen se propagera certainement
et les Societes des divers departemens de France scntiront que
si elles vculent prendre un rang honorable parnii leurs sfx;urs et
etrc reellenieat utiles, c'est en sc bornant a I'etudc de leur ter-
ritoire ct a Ic fairc connaiire par une seric de bons memoires.
Deja plusieurs des memoires que contient ce vohuue out t-te an;;-
Jyscs dans le Bulletin, grace a lobligeancc et au zele de leur
52»S Melanges.
anteurs qui onl Lien vouln nous Ics communiquer i mesuic
qu'ils etaient imprimes. Voici I'indicalion de ceux qui ont ete
ex traits :
Premiere course geologique dans le depariemcnt de la Man~
rhe, par M. de Caumont. — Extrait d'un memoire sur la geolo-
gic de I'arrondisscrnent de Bayeux , par le mcme. ( Voycz le
Bulletin de mai 1824 , no'. 4 et 5.) Ce dernier memoire est ac-
compagne de deux planches, rcpresentant les coupes des terrains
de diverses localites de cet arrondisscment. — Mrrnoire sur les
Coquillcs du genre Gervillcc , par M. Eudes Dcslongcliamp.s. (V.
le Bulletin de juin , n". 169.) 5 pi. tres-bien dessinces et litliogr.,
represenlant les 5 especcs de Gervillies decrites pour la premiere
fois par M. Deslongchamps, excepte celle qui a servi a I'clablis-
sement du genre par M. Defrance. — Obser\fations sur la cause
de la coloration dcs Huitrcs, par M. Benjamin G\illon. {for. le
i'ulletin de juillet , n". 260.) — ■ Rechcrches sur I'ctude de la bota-
nique a Cacn,^aT M. I'abbe de Lakue. {^yoj. le Bulletin dc sept.,
If. 5i.) Nous rendrons successivement compte des autres me-
moires dont nous n'avons point encore parle. F.
267. La SociIiTE ACADEMlyUK HE GEOLOGIE , MINER ALOGIE
ET BOTANiQUE d'Auvergne a tcnu sa prcmicrc seance guncrale
ammelle le mercrcdi 1''''. scpicmbre.
Elle a ct^ ouvcrte par un discours de M. I'abbc Croizet , se-
cretaire de la Societe, dans lequel, apres avoir analyse les
principaux syst^mes des geologues sur la cause des volcans,et
avoir preseftte les objections qui , selon lui, les rendent inadmis-
bibles, il a expose unc theorie nouvelle qu'il considere comme
une explication simple et nalurelle dcs phi'-nomencs volcaniques.
M. le comte de Laizer, colonel en disponibillle , president
de la Societe , a cnsuite rendu compte des travaux de ce corps ,
dnrant cette premiere annee de son existence. Un commence-
ment d'herbicr, une petite blbliotheque, des mineraux du pays ,
et surtout 5 a 600 echantillons de mineraux etrangers, ranges
dans des armoires et soigneusement etlquetes, prouvent le zele
qui anime MM. les membres de cette honorable et utile Societe.
M. de Lalzer a enlretenu I'assemblce des rccherches entrepri-
ses par lui sur la pcnte Est dcs Monts-d'Or , dans les valleos de la
Veyre, de la Monc, dcs trois Couzes, el sur les rives de I'Allier,
dc Brassac jusqu'aux Martres-dc-Vcyre.
Melanges. 529
S'occupant d'abord de la parlie utile et industrielle, il a decrit
iionibre de filons ct de gisemens iiietalliqucs, et a presentc les
echantillons de sept differentes mines de fcr, decouvertcs par
lui sur les bojds de TAUier et de I'Allagnon ( fer oxide brun et fer
oxldii rouge quartzlfere, fer carbonate, fer oxide brun hydrate,
ler en grain, et fer oxide rouge granitique). Ccs minerals cs-
sayes par lui et par M. Eurdin, ingenieur des mines, ont ete re-
connus plus riches que nombre de ceux qui sont en ce moment
cxploites dans les departemens environnans. Les plus eloignes ne
sont qu'a i ^ lieue des riches houillcres de Brassac , et a 2 lieues
du couis de I'Allier.
Les Clons de basaltes d'Auvergne n'ayant encore cte decrits ni
probablement observes par per^onne, M. de Laizer en a signale
plusieurs,dont quelques-uns sont tres-eloignesde touteslcsautres
substances volcaniques. Dans sa description, il a expreschoisipour
excmplcs , des filons silues dans le granit et le gneiss, dans le ter-
rain houiller et dans le calcairc; il a termine cet article de son
I'apport par des details sur un petit systeme de filons de laves ba-
saltiques, divergens enlre eux, et paraissant se rattacher a un
centre commun, qui est un culot isole de basalte, lequel s'eleve
a travers et au-dessus d'unc psamile calcaire, et que M. de Laizer
a consideree comme un petit volcan partiel.
11 a presente a I'assemblee une carte geognostique du terrain
liouiller des environs de Brassac, levee et desslnce avccbeaucoup
de soin , s.x\v laquclie il a figure plusieurs de ces filons.
II a expose nombre de faits ou de circonstances gcognostiques,
observes tant par lui que par M. A. Bravard et quelques autres
personnes ; il a presente une quantite d'echanlillons divers _
enlre lesquels on a remarque, i". la mcsotype cristallisee dans
le calcaire coquiller; 2°. du bois et de la racine de palmier aga-
tisiis, trouvt's avcc d'autrcs bois petrifies, par M. dc Chazelles,
dans sa propriclc dc la Canicrc, canton d'Aigueperse, oii M. de
Laizer suppose que cet arbre a autrefois vegete.
II a cnsuiie In un rapport succinct sur une excursion qu'il a
faitc a la mine antique de Saurier, dans laquclie il a trouve le cui-
vre^'arsenie argentifeie, le cuivre pyritcux, le plorab argentifcrc ,
ranlimoine ct le zinc. Cctle mine a etc reconnuc pour la pre-
miere fois cette annce, ct il n'existe dans le pays aucune iradi-
lion sur Tcpocjiie de son exploitation.
11 a presente une coupe dc la monlagne dc Boularcssc , oil
35o Melanges.
siir le sol primordial est une couche de lave poreuse, a gros frag-
mens remanies par les eaux , entremeles de bois conservant sa
contexture et sa couleur : au-dessus est une couche de veritable
lignite, autrefois exploitee comme combustible, et recouvertepar
un immense plateau de basaltesprismatiques ; fait int^res-
sant et qui n'avait point encore ete signale.
Nous ne suivi'ons point I'orateur dans ses recherclies et ses
opinions sur les divers tufs volcaniques; nous avohs seulement
remarque qu'il en a extrait, i". du calcaire coquillier ; a", des bois
simplement conserves, d'autres carbonises, et d'autres enfin
completement passes a I'ctat de quartz resinite.
L' opinion emise i)ar M. de Laizer, que jamais la mcr n'a se-
journe sur le sol actuel de I'Auvergne, a trouve une forte oppo-
sition de la part de MM. Lacoste et Croizet , sans que cependant
ces messieurs aient cite dans la vallee de rAllicr aucune formation
sous-marine.
M. le comic de Laizer est enfin arrive a la partie la plus
importante de son rapport; il a produit un plan et trois cou-
pes en profil du grand plateau ou coulee de basalte et de tuf
qui rcgne entre les deux rivieres de Couze , depuis Ciiampeix
jusque vers Issoire; il les a accorapagnes de nombreux ecliantil-
lons. De ce tuf enliereinent compose de morceaux de pierres
])onoes et de tracbiles diverses, il a extrait, i". des os de trcs-
gros animaux, completeraent petrifies et transfonnes en cliaux
carbonatee, sans avoir perdu ni leur forme ni leur contexture ;
2°. un morceau de corne, ou d'ardillon d'une corne de cert,
transforme en agate ; enfin , il a trouve et ii a retire d'une cou-
che de sable ponccux qui est sous le tuf, des dents , une machoire,
et deux cornes appartenant a deux especes de cerfs , actuelle-
mentperdues, etdoplus,un ci'ane avcc ses deux corwes, appar-
tenant a nne grandc cspece de cerf ou d'elan, variete qui de nieme
n'exisle plus. . . . — ■ Avec ces objcts et une grande ([uantite d'au-
tres OS fossilcs, M. de Laizer a aussi produit une dent molaire de
niastodonte ou mammout , trouvee un pcu plus bas dans le cal-
caire coquillier lacustre, qui rcgne cnlre le tuf volcanique et le
terrain primordial.
Nous croyons que c'est la premiere fois qu'il a etc rencontre
des corps organiques tcrrestres sous les tufs et les basaltes an-
cicns. Cctte imporlante decouvertc, due au zele actif et eclaire
tie M. le C^''". de Laizer, porlcra une giaude lumierc sur Tage
Melanges, ^)5i
relatif de nos volcans ancLens lis sont done postciieurs aux
dernieres formations, pulsqu'ils les recouvrenl; et cependant i!s
sontcontemporainsdesanimauxqu'ilsontentrainesouensevelis?...
II y avail encore sur le bureau un memoire sur les terrains
primordiaux d'Auvergne, par M. A. Bravardj mals le tempi
na pas perrais d'en donner la lecture.
La Societe s'est ensuite formee en comite pour nommer, con-
formement a son rcglement , aux places vacantes dans son sein.
M. Guillon, recteur de I'Academie universitaire , a cte nomtnu
membre Iionoraire; M. Deveze de Chabriol, membre residant ;
et M. A. Bravard, correspondant. (Extrait du Joitrn. du Ptiy-
de-D6me , 7 septembre 1824.)
268. MemORIE dell I. R. ISTITDTO DEL REGNO LoMRARUO-Ve-
NETO. Memoires de I'institut Imp. et R. Lonibardo-Venitien.
Vol. i,annees iSiaet i8i3 ; vol. 2 , an. 1814 et 181 5: Milan;
1819 et 1821 ; a Timprimerie I. et R.
Nous donnerons ici la liste des memoires sur les sciences na-
turelles qui se trouvent dans les 2 vol. annonces ; i. un me-
moire du prof. Renieri de Padoue , sur ^Attinia costolata ma-
dreporigena, nouvelle espece que I'auteur a decouverte dans la
Mediterranee ; — 2.un autre du D' . Marzari, presente par M. Pa-
letta, membre de I'institut lombardo-vcnitien, sur la Pallngra.
3. La description geologique de la collinc d'Arona , par Scipion
Breislak. 4. Quelques nouvelles reclierches sur le jaspe et autrcs
pierres pr(5cieuses , par Louis Bossi , ecrites aprcs la publication
de louvrage de M. Hager , sur une pierre precieuse de la robe
pontificale d'Aaron. 5.Surl'originede laterrcetsur lesideesavan-
cees sur ce sujet , par M. Smillison Tennant, d'apres les theories
de sir Hum. Davy, par le prof. Breislak. G. Observations sur I'e-
migration des oiseaux, par C. Anioretti. 7. Memoire sur Ic refroi-
dissement et la consolidation dc notrc globe , par ic prof. Brcis-
lalv. 8. Sur diverses espcces de vipures, par Pierre Configliiicl.i.
0- Observations sur la formation des rocbcs siliceuses, par Breis-
lak. 10. Observations sur diverses plantcs qu'on sui)posc nou-
velles, maisquietaient connucs au.. ancieus , par Jean Brignoli.
2G9. Riii]NioN DES NATURALisTES et dcs medccins allemands a
Leipzig, le 18 septembre 1822. (/«>, 1823, 6'-. tali., p. 554. )
L'autcur fait remarqucr que les savans allemands so trl-
liquent amcrement les uns les autrcs, et nc prodnls-nt nns an
332 Melanges.
jour d'ouvrages encyclopediques. II oppose au ton , quelqiiefois
grossier , des censeurs allemands, ruibanite francaise, et 11 pre-
tend que cela cliangerait , si les savars allemands avaient aussi les
inoyens de so connaitreet de so mettre en contact lesuns avec les
autres. lis n'apportent pas, des universites, ramenitc des mceurs
qui sied aux savans; ils vlvent isolement et travaillent de ineine,
au lieu de se reunir et cooperer a de grandes entreprises litteraires
comme on fait en France et en Angleterre. La reunion annuelle
des naturalistes et des raedecins allemands a done ete instituee
surtout pour que ces savans ])uissent se connaitre les uns les au-
tres. En 1823, la Societe s'est tenue a Leipzig. M. Formey a
propose qu'on se reunit pour faire un Dictionnaire des sciences
naturelles et medicates. M. Froriep propose dcpuis long- temps
un vocabulaire d'liisloire naturelle. La Societe voudrait se char-
ger de la publication de tous les ouvrages pcriodiqucs des diffc-
rentes societes savantes d'AUcmagne, et s'entendre pour cela
avec les editeurs des mernoires de I'academie leopoldine. M. Rei-
chenbach a lu un memoire sur un Systeme naturel des plantes.
La societe d'histoire naturelle d'Altenburga presentedcs monies
de gypse de Schottin , et una petite dissertation sur le bras de la
nommee Rosenheicrich, ou le sang passe immediatcment d'une
artere dans une velne. M. Cams a montro plusieurs St'j>i(i;
M. Thledemann, des figures de cbiensmarins dessinees par lui en
Islande, et M. Froriep, des desslns colorles de parties humalnes.
En 1824 , la Societe a du se reunir a llalle.
270. Sur le museum Bresilies de Vien?!E. (/i^i>, 1823, cah. G.
Suppl/tnent. )
Cette supcrbe collection est arrangce dans 12 salles; il est
inutile de repetcr les noms des savans qui I'ont formec. M. Mi-
kan a cte au Bresil 1 an. M. Pohl, botaniste et mineralogistc,
y est reste 4 ans et demi; le D"^. Natterer, zoologiste, y est en-
core au moins pour 1 an. M. Scholt a cullive les plantes a Rlo-
de-Janelro et M. Kuder a fait 2,000 dessins. La premiere salle
contlent 35o ccbantilions de 80 especes de maminifLres; il y a
dans d'autres chambres 4,200 eclianliilons d'olseaux de 570 es-
j)eces, dont 100 sont nouvcllcs. 11 y a 44 especes d'oiseaux
de prole et 780 echantillons d'amplilbies appartenant a 100
especes; 36o poissons de 100 especes; 5o,ooo inscctes, dont
12,000 sont des papiilons appartenant a 2,000 especes; quel-
Melanges. 555
quescentaines de crabes, d'ecrevisses, dccoquilles; 600 bocaux
de vers intestinaux, et 100 squelelles. Une salle contient toutes
les ariues et ustensiles employes par les habitans civilises et sau-
vages du Bresll. La collection mineralogique occupe 4 chambres,
elle comprend plus de 1,000 especes, L'berbier de M. Pohl con-
tient 4:.ooo especes avec beaucoup de doubles. M. Mikan a re-
cueilli 2,400 echanlillons de goo especes de plantes , et M. Scholt
environ 3, 000 especes. II y a une collection de graines de fruits
et de parties de fleurs conservees dans de I'esprit-de-Tin; et en-
fin une cdllection de differcns bois avec le nom qu'ils ont dans
les pays ou ils croissent. Nous ajouterons qu'il est bien a re-
grelter que ces bols ne portent pas aussi le nom botanique des
arbres dont ils proviennent. A. B.
271. Le capitaine Franklin, dans son Voyage autour du
monde, assure que pendant le rude hiver qu'il passa pres de
Coppermine River, le poisson gelait a fur et a mesure qu'on le
retirait des filets ; en un instant il se convertissait maJeriellement
en glacon, et, d'un ou de deux coups de liache, on le fcndait
facilcment. Si, dans I'etat de congelation complet, onlefaisait
degeler au feu, le poisson se ranimait. Ce fait prouve jusqu'a
quel point le inouvement de la vie pent se trouver suspendu
dans les animaux qui ont le sang froid. Le capitaine Franklin
ajoute qu'une carpe, gelee depuls 9,4 heures, se ranima par le
meme moyen, et reprit ses forces au point de bondir avec au-
tant devigueur qu'auparavant(i).(^ef//yiJeg^jjfe/-, 8aouti824.)
272. Conrad Gessner, ein Beitrag zur Geschichte des wissens-
chaftlichcn Strcbens. Conrad Gessner, notice biograplilque pou-
vantservir a I'hisloire des eludes scientifiques et de la reforme
religieuse au 16*^. siecle; par Jean Hanhart. 355 p. in- 8.,
Winterthur; 1824 ; Sleiner.
Conrad Gessner, liomme vraimcnt ctonnant pour son siecle,
a ete un des fondateurs de la science de I'hlstoire naturelle. Son
application a bien connaitre et a distinguer les plantes etait ex-
treme; il inettait le plus grand soin a les fairc dcssiner exacte-
nient. II adniettait conune marques caracteristiqucs des vegetaux
les pctak'S et les calices des fleurs; on cntrcvoit lucme dans ses
ouvrages, un gcrme dc division en families , genres et classes. II
(1) Comcnius rapportc avoir vii rappelcr a la vie un homme gele
tlcpiiis fjiiiitrc joins dans nnc for(?t de Moravie. ( Disquisitio de ca/oris
ct frissons natiivii. p. 5'!. ) CM. P.
554 Melanges.
Jaissa a sa mort des dessins de 1 5oo plantes qui ne furent publiees
que 1 5o ans apres. Dans son ouvrage snr los jardins d'Allemagne,
Gcssner decrit les jardins de botanique de son temps. On n'ad-
inire pas molns son erudition et son application infatigable dans
son grand ouvrage sur I'liistoire naturelle des animaux , et dans
fees editions des autenrs anciens qui traitent de cette science.
Son nouveau biographe, M. Hanhart, a surtout profite des
lettres isnpriinees et inedites, pour faire connaitre nne foule de
particuiarites deIaTiedeGessner.il a fait reimprimer a la fin de
sa biographie le quatrieme llvre des leltres de Gessne?, dont la
premiere edition a presque entierement disparu ; il y a joint
quelques leltres inedites, ainsi quun fac simile d'un billet auto-
graphe du grand naturaliste et medecin de Zuricli. Dans la prc-
liice , M. Hanhart annonce le projet de publier un jour toute la
correspondance de Gessner , dans le cas ou il serait soutenu dans
cette entreprise. D-g.
273. Lettres du D'. Oudney, de M. BowDicn et du capi-
TAiNE Parry a M.Jameson. {^Edinb. P/iiios. /ourn. ,n°.i2,
aout 1824 ,p. 38o. )
M. Oiidney marque que dans le Fezzan la chaleur ne va pas
au mols de juin au dela de 90°. F. , et ne descend pas au dela
de 8o'\ a 78". L'air est sec; I'hygromelre de Kater est a 38<^. ou
3S , 5. Le barometre varie dans la journee a 11 h., et de 8 a
9 h. du soir; la depression du mercure est de la lo*^. ou 20".
partie d'un pouce. Les vents sud depriment la colonne de mer-
cure. Elle s'eleve environ a 28,5oo pouces a une temperature de
80". F. L'eaubout a 207 F. Toulle pays recele, a quelques j)ieds
dc profondeur , des sources tres-abondantes qui viennent pro-
bablcment desmontagnesau sud. II se forme sans ccsse du selsur
lesable. A. Ghraalilya une populationbravcet liospltaliere. Lelac
Frona est au milieu de liautes colllnes de sables qui s'etendent a
i'ouest i-cndant plusleurs cenlaines de milles, et sont entre Wa-
dies Shiati et Ghrurbi. Ce lac est dans une valli'e elroite courant
d'p;. S. E. a O. N. O. Les collines ont 400 pieds de haut. Le lac
a un {- niille dc long, 200 verges de largeur, et est tres-peu
pro fond. Le natron se depose au fond du lac , et sur ses bords il
y a des cristaux cubiques de muriate de sonde. Le sol du lac est
un sable brun fonce, et olfrc du bitume. Le natron est meilleur
au commencement de I'liiver. I>c Ln; a beaucoup diminue , mais
on cxporte cependant annnel!cinciit environ 1600 a '/ooo quin-
Melanges. 355
aux de natron. II y a beaucoup de sources dans le Wadey
Shiati et les AVadies autour du Ghraat. La plus grande clialeur
de Murzouk est i5o°. F. La plus grande variation diurne de
temperature est de iS". L'liygrometre ne varie que de 36o°.
a l^lo'>.
M. Bowdich ocrlt de Madere qu'il a visite la parlieEst de File,
oil il a trouve du tuf , du basalte et du sable fixe par beaucoup de
branches d'arbres fossiles dont quelques-unes etaient changees
en tubes et etaient devenues siliceuses. II a trouve a Madere la
Delphimda sulcata de Lamk. II decrit plusieurs Helices du
sous-genre Helicostjla qui sont tres-distinctes de YHelixfossilis
de Madere. Le sable est calcaire, et derive ou du calcaire de
transition sous le basalte de Saint - Vincent , ou de debris de
coquillages. Le tuf rouge produit du sable ferrugineux. II y a
des boules de basaltes. L'auteur conclut que le melange de co-
quilles terrestres et marines , et la position verticale des arbres
fossiles indiquent une irruption de la mer. De plus, cet eve-
nement a du arriver apres que I'Atlantique avait perdu le ni-
veau eleve qu'elle avait lors du depot des huitres , etc. , trouve
dans les montagnes Bleues d'Amerique a 3oo milles du rivage.
Les sables de Madere sont domines par des monts de tuf
eleves de aSo picds, ou plus.
Quelques portions du tuf se seraient-elles abaissees ? L'irrup-
lion a du a^ oir lieu du N. au .S. Les escarpemens du tuf de la
partie nord de I'ile presentent des inclinaisons au sud comme
s'jl y avait eu la une rupture. La Icttre du capit. Parry est datee
de Davises Straits, lat. 69, le 1*"^. juill. 1824.
274. Quelques observations sur la distribution naturelle de la
Nature animee, par nn membre de la Societii Linneenne. (Phil.
Magaz., sept. 182!, p. 200, et octobrei824)
L'auteur admct deux principes, I'esprit et la matiere: la place
de leur existence est I'espacc , la pcriode en est le temps, et lci:r
eontinuite constitue reternitc.
L'auteur croit que priniitivemcnt les objets naturels ont etc
distribues deux a deux. En remontant rechellc des etres, le nom-
bre 5 parait aussi une des combinaisons frequentes. L'esprit est
un ct indivisible, la matiere est inorganir|ue, cristallisee ou or-
ganisee. Cette derniere coraprend les animaux et les vegetaux.
II donneensuite son plan de division binaire de la matiere. Aiusi
par excmple il oppose les cryptoga.tics aux agamcs, les mono-
556 Melanges.
potales aux polypt-tales , les animaux vertcbres anx invcrtt'-
bres, etc. Dans le second memoire il expose sa distribution des
animaux: il oppose les vers aux insectes, les olseaux aux mam-
miferes, les carnivores aux herbivores, les crabes aux arai-
gnees, etc., etc.
ayS. Travaux de la societe cantonmale de Berne , du i 7 aoiic
i8i2 au i5 Janvier i823. {Uebersicht der T'crhondl. der AUg.
Schweizer Gesellschaft, Aarau 1823.)
M. Brunner lit une relation de sc^ voyage aux Alpes meri-
dionales. (Elle a ete depuis inseree dans VJlpenrose.) —
M. Studer a fait des recherches sur le terrain de la nouvelle
route de Simraentbal. Ce sont des terras d'alluvion venant en
partie de la foret Noire, et en partie des Alpes, surtout celles
qui sont de formation modcrnc. Un banc de coquillages au pied
de la collinedc Strettling parait etre aussi de nouvelle formation.
Le professeur Meisner annonce qu'on a trouve a Kocpfnarli ,
sur le lac de Zurich, un tete de mastodonte tres-bicn conservee.
— Le merae presente une lettre du directeur Schreiber, a Vienne,
annoncant qu'un lizard vert [Laccrta juargcritata), que M. Meis-
ner lul avait envoye en 1812, n'estmort de vieillesse qu'cn 1822.
II s'etait toujours bien porte sans dormir pendant I'hiver, et de-
puis 9 ans et demi il n'avait plus cru ; la queue, qui avail tte
ccourtoe, ne s't5lait pas non plus reproduite. — Le niembre du
conseil. Ilaller communique une lettre de M. Deluc, de Geneve,
sur les glacicres naturellcs de plusicursraonlagncs. — Le profes-
seur Brunner expose la theorlc dc M. Ampere sur I't-lectro-magne-
tisme. Le meme fait connaitre ses essais sur la preparation
des mctaux alcalins. Son apparell est , pour le fond , celui de
Bucholz et Trommsdorf , mais avec quelques modifications, etant
plus durable, et fournissant neanraoins autant de metal. — Le
professeur Studer s'occupc de I'instlnct de la Libellula, de VAsi-
lus , du Philutithui, dc la guepe et de la Xylocapa \iolacea. —
M. Bourdcl lit un memoire sur les tortues fossilcs.
EI'.UATA.
K". d'Octobre, p. aSi , 1. 16, au lieu de nombiil, lisw narines.
PAI'.IS. — IMPKlMEr.ir^ DE FAIN, liL'E RACINI- , ^o- 4,
PLACE DB I'ontON.
BULLETIN
DES SCIENCES NATURELLES
ET DE GEOLOGIE.
«V^^«^i%rV^^V«<%4M%%^/^V1<
'«'V\%«i i^vt/v^/^ a
IjLOLOGIE.
276. Sua LA CONTREE OU LA ViLLE PETRIFIEE DE LA Cyrewaique.
{Nouv.Jnn. de.i Foj., 1824, to. 19, p. 406.) —Sua la Ville
PETRIFIEE. {Isis, iSaS, IV^ cah., pag. 382.) — Sur la Yille
PEi-viFiEE DE LA Cyrenaique , cn Afiiquc. {Petites Affiches de
iarroml.de Dijon, 16 mai 1824.)
Dans son Precis de la Geographic universelle , M. Malte-Bnm
a wionce la conjecture que les rapports des Arabes sur une ville
petrifiee dans I'interleur de ]a Cyrenaique, n'efaient pas flibu-
leux , ma.s qu'.Is vollaient un fait reel , defignre ou exagere
Dans les Annales des Voyages que nous citons, M. Malte-
Brunessale de jusfHier sa conjecture, et de dcmonlrer que
les ouragans de sable ont pu couvrir une ville entiere avec
ses hablfans, et que les arbres , les hommes et les animanx ont
pu ^-tre conserves par dessiccalion , ou petrifies par inflltralion
II cite d'abord les auteurs qui ont parle de caravanes enlieres
englouties sous des montagnes roulantes de sables; il rappeJle
la catastrophe de la tribu de Psilles et celle de I'annee de Cam-
byse; il renvoie aussi a la description de rcnsevelissement sous
les sables d'nne ville de la Tartaric, description inseree par
M. Abel Remusat dans son Histoire de la ville de Kljolan et
qui semble etre la nii-rae que celle dont parle Hel.nont comrae
etant situee pres du lac Kitaja en Tartaric.
M. Malte-Brun cite, dapres Jielzoni, MM. Co.staz , IJemne-
rich et Ehremberg , la maniere dont les arbres sont red. its , .ans
perdre leur forme ,a un etat cendreux par la dialeur <'ei sables
ou petrifies par Taction des caux pluviales sous Icurs torabeauV
B. Tome III.
•XI.
5j8 (icoio^ic.
t.abloiinou\ ; oiifin il cite textiullenient Ic recit de P. Sicdiil sur
la iietrification de la \allre drs lacs de Natron, el une leltre dc
M. Le Maire, consul Crancais a Tripoli, inserce dans \e Merc it re
de France dc Janvier 1729. Celte lettre forme le seul document
important sur la ville ou la contree petrifiee de la Cyienaique?
et elleappuie fortement les conjectures de M. Malte-Brun.
L'article de VIsis rappelle quelques-uns des faits rapporles
par M. Malte-Brun. Outre la ville de la Tartaric, cet article
nientionne, d'ajirts Rirchcr ct ?"rancisci, i.n lieu nowme Bidob/o,
pres dc Tripoli, cgalenieni enseveji el petrifie, et enfin une ville
dans le menie ])ays , dont parle Ritchie. Suivanl I'auteur de cet
article, ce seraient des mines d'ancienries villes, ornees de sculp-
tures, ou des rochers bizarres semblables a ccux du quadersand-
stein du nord de la Boheme.
La note inseree dans fes Petiles Jffiches de Dijon pose d'a-
bord los priiicipes qui doivenl guider la raison avant I'adoptiou
de tel outdfnit; elle rapporte les passages des divers auteurs iii-
diques duns les Annales et Xlsis , uials I'auteur pense q.r'on a
pris des statues pour des individus petrifies , des pointes d'oui'-
sins pour des olives pctrifiees, etc. , ct ronsidere tous les recits
faits au sujet des villes ou contrecs pelrifiees comme de pures
fables. D.
277. SOCIETE CEOLOCIQUE DE LoNDRES. ■ — Seaficc du l\ juitt.
• — On lit un niemoire intitule : Description d'unc collection d!e-
chantillons^faitc pendant un voyage dans la province de Khorasan
en Perse, par M. Fraser.
En quittant Telieian la route passe au pied dc la cliaine d( i
montMgnes d'Ebidiz , a travers Gurdunce, Sirdara , Scninouit
et .Shahroud, siir des niontagiies sablonneuses, ayant au niidi uii
desert, et offiant du sel de tous les cotes; de la, elle se dirige p.ir
Mey-Omoud , Abbassabad, Muheenoun et Subliawar, surNisha-
pour. C'est a 40 niilles et a I'ouest de cette derniere ville que se
trouvent les fameuses mines de turquoises , que Ton exploite le
long des bords d'une vallee etroite; la mine principalese nomme
Abdoul-Rasakec. I>a calaite se Irouve di-'seminee dans une picrrc
iaune lendre,et dans une rocherougcatrepulverulentc,ainsi que
dans une roche d'une texture beaucoup plus compacte , et res-
scmblant a une rocLe quartzeuse grise tachce de rouge, et qui
conlient du fer oligiste. Une roche congloraerce semontre dans
Geologie. 55g
Ic voisinage. Cette substance minerale se Iroiive quelquefois en
veines, d'autres fois en petits mamelons dans les fissures , etaussi
disseminee irregullerentent dans la roche. L'auleur decrit toutes
les mines actuellement exploitees : elles apparliennent a la cou-
ronne; et quand M. Fraser les visita, leur produit etait lvalue a
2000 tomans de Khorasan, ou environ 35oo I. sterl. Elles sent ,
affermees auplus offrant. A Derroad , a 25 miiles de Nisliapour,
les roches primitives d'Elbron parurent semblables a celles de la
chaine elevee qui existe entre Ispahan et Cachan.
On lit un memoire intitule : Observations geologiqucs sur les
rochers qui bordent la mer a Hastings, avec quelques re-
marques sur les couches imm^diatement au - dessous de la
craie, par J. Webster , secret, de la Society. Ce memoiic com-
mence parune description geographique des cotes de la vllle de
Hastings, depuis le rocher Blanc a I'ouest, jusqu'a la fin de
Fairlec, ce qui forme une section naturelle tres-instructive du
terrain de Sussex , entoure et sortant de I'argile des wealds.
Ces rOches consistent en couches allernes de gres, d'argile ,
plus ou moins charg^es d'oxide de fer, et de maliere vegetale
carbonisee. C'est dans la parlie la plus basse que le fer est plus
abondant, ct Ton y voit des couches de deux a trois pouces d'e-
paisseur d'un minerai de fer argileux tres-riche, et qui efait
exploite avant que le charbon de terre devint cher dans le pays.
Les couches du milieu contiennent beaucoup moins de fer :
la plus grande partie consiste en un gres bhmc tres-friable. Dans
la partie suptirieure, il y a plusieurs masses d'un gres calcifcre
gris, dont la surface est mamelonnee. Cette roche peut etre con-
sid^ree comme une variete de la chaux carbonatee qtiarfzifere de
Haiiy, ayant beaucoup d'analogie avcc le gres de Fontaiuebleau.
L'apparence mamelonnee se voit tres-bien au rocher Blanc et
a ete attribuee a Taction de la uier; mais c'est une erreur.
Les fossiles que Ton trouve a Hastings ne sont pas nombreux •
on ny rencontre que deux ou trois cspeces de petites coquilles
bivalves, etune univalve qui ressemble a cclle qui a ete IrouTee
dansle inarbre dePenlworth.On y voit quelques petites couches
de lignite, et des fragmens d'un bois siiicifie tres-singulier du
genre des monocotyledons, dont les cavites sontremplies de petits
cristaux transparens de quartz. On y voit aussi des 09 d'ani-
maux d'un genre de sauricn , ct plus rarement quelques os
d'oiseau avec des <5cailles de poisson.
54() Geologic.
1,'aiitfur a observe qiu- la rotlie ralcaire grise n'a pasete bien
decrite dans aucune pai tie de la formation enlre la craie et Pur-
bek exceple dans ce district. Et comme elle a peu d'etendue
avec le resle de la serie des gres ferrugineux, el qu'il y a peu de
continuite et de correspondance dans la pluparl des couches, il
remarquc que freqiiemment il peut etre plus correct de consi-
derer Ics sous-divisions de quelques formations comme des
masses Icnticulairesirregulicres que comme des masses tabulaires.
l8 juin. — On lit un niemoire intitule, Aotrs sur une partie
de la cote cpposec de la Manche , depuis Denljusquh Bti^hton,
el depuis Calais a Treport, par ^Y. Henry Fltlon.
Ce memoirc etait accompagne d'une serie de vues ou eleva-
tions des cotes, dessinees par M. Webster, depuis I'endroitoula
craie se montrc pres de Calais jusqu'a celui ou, apres avoir ele
inlerrompue pres de Blanc-Nez, la craie reparait de nouveau
sur le bord pres de Treport , et sur la cote d'Angleterre depuis
Deal jusqw'a Bri^liton.
L'auteurex])rime sa reconnaissance envers M.le baron Cuvier,
par le moycn duquel ilobtint la permission des autorites francai-
ses de passer le long de la cote par mer ; 11 fut parlout I'oljjet
des plus grandes attentions de la part des offuiers des douancs. Le
memoirc decrit brlevement les principaux trails geologiques de la
cote rcsumanl les descriptions particlles qui ont deja ete publiees,
et se referant, pour la cote pres d'llastings, au memoirc de M.AYeb-
ster lu dans la precedente seance; et pour un detail des cnuclies
qui formen t la cote depuis Gris-Nez jusqu'a Equihen, a un memoirc
sur leBoulonais qu'on doit lire dans une des seances procliaines.
Depuis Equihen jusqu'a rembouchure de la Somme, la cote
est enllcrement formce de dunes de sable, les montagnes de
ercs etunt dans quelques cndroits, et principalenient dans le
voisinaoe d'Etaplcs, de plus de loo pieds de haul; ccs montagnes
ont en general a peu pres la forme d'un croissant, tourne vers le
vent dominant (qu'on ne desiguepas }, et lapenle duc6teoj)pose
etant beaucoup plus rapide.
La base inimedialedes dunes parait «5tre une espece de fourbe
nui se trouve de I'autre cote de la cote, au niveau de la mer, et
en (luclques endroits au-dessous du niveau de la marec. Jusqu'Ici
on n'a pas encore decouvert de roches au-dessous des dunes.
line liste de hauteurs obtenues par le barometre est jointe a
ce memoire, et aussi quelques vucs geologiques infcrcssanfes
■nrises 4"r les c6tc3 dc Fiance.
Mindralogie. 34 1
MINERALOGIE.
278. Introduction a la. mineralogie, ou Expose des principes
de cette science et de certaines propftetes des mineraux, cori-
siderees principalement dans la valeur qu'on peut leur atlii-
buer coinine caracteres ; par Al. Buongniart, meinbre de
I'Acad. des sciences, ln-8. de i58 p. av. i pi. Paris; 1824 ; Le-
vraiilt. ( Extr. du T. XXXI dii Diction, des Sciences natu-
relies, au mol Mineralogie.)
Ce n'esl pas uii simple article de dictionnaire que nous annon-
rons ici , mais un ouvrage philosophique d'un haut interet ,
dans lequel sont exposes les principes et Ics generalites qu'on doit
irgarder cornme les fondemens de la mineralogie. Le savant pro-
Icsseur y discute,avec beaucoup de francliise,riniportance relative
des ditterens caracteres des mineraux, et la valeur qu'il convient
de leur attribuer pour la distinction des especes et des varietes.
Apres avoir fait connaitre I'objet et le but de la mineralogie, il
annonce qu'il considerera les mineraux sous deux points de vue
principaux ; celui de leur bistoire naturelle, qui se compose de
la mineralogie scientifique, et de la mineralogie geognostique ;
et celui de leur histoire proprement dite, qui se compose de la
mineralogie historique et de la mineralogie technologique. II de-
fiait le mineral et etablit les differences qui le distiiiguent de
I'etre organi(jue; il recherche en quoi consiste I'individu miuera-
logique, quelles sont les proprietes qui lui sont esseniielles , et
celles qui appartieuiient aux masses, ou qui ne sont qu'acces-
soires. II examine successivement ces differentes proprietes, et
fixe la valeur comparative des caracteres ((ui s'en deduisent. Au
premier rang se montrent le caraetei-e tire de la ooinoos'tion
chimique, et les differens essais au chalumeau par lesquels le na-
turaliste supplee a I'op^ration si longue et si difficile de I'analyse.
I/.iuteur est enlre dans beaucoup dc details sur rein,jloi de cet
instrument, devenu si precieux depuis les recherches de Gahn et
(le Berzelius. L'autcur examine ensuite les proprietes physiques
qui peuvent apparlenir a I'individii miner.ilogique , telles que. la
forme , la durete, la densite , Taction sur la lumiere , etc.; puis
il paase a celles qui ne peuvent appartenir qu'anx masses, coinme
la structure, la texture, la cassure, etc. L'article suivunl reu-
fenne des notions fort claires et fort importantes sur respece mi-
542 Mineralogie.
nerale et sur la classification que M. Brongniart adopte dans j'e-
tat actuel de la science. Ces principes sunt en parfaitc harinonie
avec ceux dont M. Berzelius a fait la base de son systeme : aussi
le tableau methodique des especes , donne par le savant francais,
n'est autre que ce systeme, modifie dans plusieurs de ses parties ;
les cliangemens qu'i! a cru devoir y apporter sont d'autant plus
heureux, qu'ils se confirment de jour en jour par les Iravaux
memes du chimlste suedois. On trouve dans ce tableau , a cote
du noin equivoque de chaque espece , sa denomination chimi-
qne, sa formule mineralogique, et I'indication de ses principaux
caracteres. — Vient ensuite un dernier ordre de considerations
qui se rapportcnt au giseraent des mineraux , a leur mode de
formation, a leur raaniere d'etre dans le sein de la terre, et enfin
aux diverses connaissances liisloriques et technologiques qui for-
ment comme le complement de leur etude. G. Del.
279. Sue la formation he la Calcedoine; par sir G. S.
Mackenzie. ( Transact, of the roy. Soc. of Edinburgh , 1824^
vol. X, p. 82.)
La calc6doine se presente sous 4 formes, que I'auteur appelle
massive, parallcle ou en bandes paralleles , botryoide, et pen-
dante ou en stalactite ; et il expose a la Societe royale des echan-
tillons comme exemples. II fait remarquer la difficulte de donner
une explication des calcedoines composees de plusieurs enveloppes
botryoideset des calcedoines stalactiformes.
A I'hypothese de la formation aqueuse des couches concen-
triques , I'auteur oppose ceile de la production par la fusion ; ce
qui montre que c'est un proccde de cristallisalion. I) trouve que
la fusion seule peut espliquer les calcedoines zonees. Dans plu-
sieurs calcedoines la partiezoneea etc formeedansla cavite de bas
en haul, et a envelopp6 des stalactites deja existantes.L'auteur a
unecliantillou oil les stalactites neparaissaienta I'oeil que toucher
les couches horizontales ; neanmoins, en plongeant le morceau
dans I'huile, et en le chauffant , il a decouvert que chaque cou-
che siliceusc des stalactites est intimement lice a une des couches
hori/.ontales. II en deduit que la calcedoine a etefluide, et qu'cllc
s'est consolidce comme la cire et le suif. II a des echantillons
semblablfs au precedent , mais oii une matierc blanche elran-
gere scparc chaque couche de calcedoine. Les stalactites calccdo-
niques ont quelquefois pour noyau des substances clr.-vngeres. II
Botaniiine. ^45
y a (les calcedoines zonefs doiit la couclie inteiiuuic n'esi pas
parallele a la superieure, et ou rinteiinediaire a la I'orine d'lm
cone. Des calcedoines stalactifoniics indiquent un fluidc vis-
queux , en offrant dos parties pendanles avec une extremile
Ires-gi'osse. L'aufeur a plusieurs echantillons ou il est clair que
les cavites ont eteen niouvement avant la consolidation de la ma-
tiere siliceuse : dans Tun, ies stalactites sont dans trois positions;
dans un autre elies divergent d'un centre ; dans un troisieme elles
sont tordues oucourbees, et meme courbees jusqu'a toucher la
cavite vers leur extremite. Ue pareilles positions prouvent que la
fluidite de ces nialieres doit avoir ele une fluiditeignee, etnon pas
tnie fluidite partaite ou aqueuse,et que les stalactites siliceuses out
ele tonnees d'un coup, et non pas par des d<Sp6ts successifs.L'eau
(|ui decoule le long des plantes pendant le froid prend , par la
congelation, la meme forme que les calcedoines. La cire coulee
dans un moule affecte aussi les merues formes. L'auteur suppose
que la calcedoine a pu retourner tres-vile a I'etat fluide par des
circonslances inconnues jusqu'ici. On n'a pas trouve d'eau dans
les calcedoines; Klaproth n'ea a trouve 2,5 que dans I'heliotrope.
Le degre de chaleur pour la fusion de la calcedoine ne doit pas
etre grand , puisque la calcedoine recouvre quelquefois des cris-
taux calcaires. Neanmoins les depots suocessifs de la matiere si-
liceuse et caicaire sont bien embarrassans pour la theorie proposee.
L'auteur a recours a la sup[)Osition d'une formation contempo-
raine de ces depots. La formation de matieres stalactifornies par
sublimation, a du rapport avec celle de la calcedoine. L'auteur
oroit que I'eau et la chaleur ont ete en jeu dans la formation de
ce dernier mineral. A. B.
DOTANIQUE.
280. SUK LE MOUVEMENT yUE l'oN APERCOIT AU MICROSCOPE
dans les feuiiles de la grande Cheiidoine (^ChcUdo/iUan tncijus];
par M. DuTRocHi-,T, corresp. de I'lnst. de France, etc. ( Joitrii.
complern. du did. di's Scienc. tm'dkales, X. 19, p. 290. )
Dans le tome socond , page 3o de ce Bulletin, nous avons
donnc un expose sommaire des decouvertes du docteur Schultz
sur les mouveniens qui se nianifesteut dans la circulation
du sue jaunc de la cliolidoine. liCs resultals annonces par le
savant de Berlin ne pouvaicnt rester indifft^rens aux persounes
544 Boianique.
qui s'inlcifbsctit a U physiolojiie vegetale; aussi avons-nous
vu M. Dutrodiet s'eiiipresier de les verifier, et presenter
aussiiot son opinion sur Ic nouveau phenomena observe. Dans
)e menie temps , c'est-a-dire dans le cours de I'ete de 1824 , nous
avons aussi voulu voir cette circulation , avec toutes les circon-
slanccs qu'indiquait M. Schullz. C'erait de notre part unc affaire
de pure curiosite; mais nous en profitons aujourd'liui j)our
certifier ce qui est contenu dans le memoire de 2.1. Dutrochet , en
ce qui concerne la realite des observations. Pour ce qui est de
I'explication du phenoniene, nous n'.ivons pas cherchca nous en
former nne idee semblable a celle que presente ce celebre obser-
vateur. M. Dutroclict a reconnu rexislence d'un tremblotement
tr«s-rapide dans les nervures transuarentes des feuilles de la che-
lidoine , lorsqu'on les esawine par transparence, au raoyen de la
lumiere solaire reflechiepar le miroir. Mais il n'a vu aucnne pro-
gression d'un fluide et a plus forte raison aucuns courans ascen-
dans et dcscendans. Le Ircnibloteiuent ne ccsse que par I'en-
tieredessiccationdela feuilleot reparaitsion la plonge dansl'eau.
La lumiere diffuse, quelque intensite qu'on lui donne, ne peut
aucunement faire distinguer ce mouvcment, et M. Dutrochet a
varie beaucoup srs experiences pour se convaincre de ce rcsulfat.
II avoue que, rlans le ae.Tiblotemcnt, on apcrcoit des corps qui
paraissLUt etre des globules, mais ils ne peuvent etre les memes
queceux dusucjaune de la plante, puisque ceux-ci ont uneVx-
cessive petitesse et sont tout-a-fait inapercevables avec un gros-
sissement mediocre, lequel suffit cependaat pour voir les pre-
tendus globules trcmblotans. S'il nous est permis d'exprimer no-
tre opinion personnelle, nous ajouterons aux remarques de
M. Dutrochet que dans le tremblotement on ne distingue meme
pas de globules distinctb. Pour donner une idee facile a saiiir de
ce mouvemei.t apparent, nous le comparerons a Tagitation d'une
eau courante, a celle d'un fleuve tumultueux que Ton regarderait
sous un treillage. Le tissu reticule du parenchymc qui unit les
vaisseaux des nervures est pour nous le treillage sous lequel le
mouvement p..rait s'exccutcr. Nous croyonspouvoir ajouter que
cen'est point le sue jaune dont on observe le mouvement, mais
bicn celui d'une seve limpide et diaphane; car Ic tremblotement
est visible dans ([uelques plantes depourvues de sues propres.
M. Dutrochet conclutdc ces observations cl deplusieursautres
fondees sur raniitomic niinuticuse des nervures des feuilles de la
Botnnique. 545
chelidoinc, ainsi que de pliisieurs experiences faites a I'aide du mi-
croscope solaire , qu'il n'y a point de niouvcment I'eel dans le sue
de la clu'lidoine, et il rappelle a cette occasion les remarques faiies
par M. Savi sur I'infidelite des observations faites avec la luniiere
des rayons solaires, remarques dont il a etedonneun extrait dans
le Bulletin , section des sciences matheniatiques et physiques , avril
1824, p. 232. Voici en abrege comment M. Dutrocliet expli-
que le tremblolement apparent du sue de la plante. Les rayons
lumineux, en traversant les pclits intervalles qui se irouvent en-
tre les parties opaques formees par les parois des vaisseaux on
des cellules, eprouvent une refraction , de laquelle resultent des
franges luniineuses qui se coupent entre elles , attendu la proxi.
mite des mailles ou parties opaques du reseau. D'un autre cote,
I'oeil de I'observateur est dans un etal de ti'emblotenient conti-
iiuel, parce que la contraction de ses muscles antagonistes ne peut
lui procurer une parfaiteimmobilite. On concoit que le fremisse-
nient oscillatoire des muscles de I'oeil fait varier a chaque instant
I'angled'incidencesous lequel lui parviennentlcs rayonslumineux,
et change egalement la position des interferences des franges lu-
niineuses dont il vient d'etre question. Enfin M. Dutrochet com-
j)are le pht'nomene d'optique quia cause la meprlsedeM. Schultz
au jeu de luniiere d'un diamant , et il pretend qu'il y a enlre eux
une parfaite identlte.
De ce que le tremblolement s'observe seulement dans les
parlies qui conservent un certain etat de fraicheur , on ne
pourra pas conclure qu'il se passe ici un phenomene vital,
mais que certaines conditions de structure organique ou de reple-
tion dts vaisseaux sont necessaires , conditions qui disparaissent
par le dessechement et qui manciuent dans les vegctaux oil ron
n'aperroit pas le mouvement apparent. Bl. Dutrochet releve a la
la suite de ses observations, une erreur de 31. Schultz sur I'exis-
tence des trachecs dans les racines de la chelidoinc. Ces tubes ne
sont en effet que des fausses Iracluvs (Mirbel), c'esl-a-dire des
tubes couverts de lignes opaques transversales qui leur donneut
I'apparence de trachees.
Enfin il termine par une note que nous transcrirons en cn-
lier, vu sa brieveto et la gravite du sujet dont die traite : « De-
u puis la publication de son memoire sur la circulation du sue
« propre observiic dans la chclidoine, le docteur ScLultz en a
>- public un autre sur les p/iciioincues clc la \'ic dans le sang , de-
S/f > Botmiiijnc.
» inonlri'n par Ics obsetvations microscopiqius. J'ai repi'le ces
" nouvelles observations du docteur ScliuUz, et j'ai vu qu'eiie»
>' n'avaieiU, coiiime Ics precedenles, de fondemens que sur des il-
V lusions d'optique, resultant de remploi des rayons solaires
« pour I'observation snicroscopique. » J. A. Guillemin.
281. HiSTOIRE DES PLANTKS LES PLUS REMAHQUABLES du Bresil
et du Paraguay; par M. A. de Saint- Hilaire. i""®. et
•1^. liv. in-4. de Lxvii et 79 p., av. 8 pi. Paris; 1824.
Dans un ouvrage special dont M. Auguste de St.-Hilaire a
di'ja public plusieurs cahiers sous le titre de Planles usuelles
des Brasdiens , il a fait connaitre les vegetaux que les hahilans du
liresil cmpioient , s:iit comme alimens , soit comine rcmedes. Non-
seulement ce livre doit inleresser le medecin et le geograj)lic,
niais encore I'auteur a su le rendre important pour la scietice, en
y rattachant une foule d'observations nouvelles sur I'organisation
des fruits et des seiuences , sur les caracteres des genres et des
families , et leurs affinites.
Cependant, il faut en convenir, Ic cadre qu'a clioisi M. de
St.-IIilaire pour son livre des Plantes usuelles lui a ete en quel-
que sorte trace d'avance; pour le rempllr il est oblige de se
borner aux plantes dont les Brasiliens font usage, ct , dans les
pays qu'il a visites avec tant de fruit, il est une foule d'especes
qui, sans etre precisement usuelles, ])resentent. cependant un
tres-haut interet, soit par la siugularite de leurs formes, soit
par leur histoire , soit paries luraieres qu'elles repandent sur I'or-
.'^anisation vegetale, soit enfin par les nouvelles idees qu'elles
peuvent faire naiire sur les rapports naturcls,
Ce sont ces vegetaux que I'auteur sc propose de faire connaitre
successivement dans le nouvel ouvrage dont nous annoncotis los
deux premieres iivraisons. Ici il est entierement maitre (h- son
clioix; et dans cc nombre prodigieux de plantes qu'il a rappor-
tees du Bresil, conibien n'en est-il pas qui out du fournir des ob-
servations imporiantes a un liomme qui, disciple des Jussieu et
des Richard, s'etait accoutume, long-temps avant ses voyages ,
a scrutcr ce que I'organisation vegetale prcsente de plus delicat
oi de plus curieux !
Les deux livraii^ons qui font I'objet de eel article repondeni
entierement a I'idec qucl'onavait deja de la inanierede Iravailler,
silogiquc, si scriq)ulcusement cxaclr , dc M. de Sl.-liilairc , ef
Botaniqiie. 547
peuvent faire espercr .mx amis fie I'liistoire iKilurelle un excel-
lent livre qui leur manquait encore.
Avant de frailer des plantes les plus remarquablcs du BresiL
et du Paraguay , il etait nature! que I'auteur donnat une idee
genernle de la vegetation de ces contrees consideree dans son
ensemble ; et e'est ce qu'il a fait dans une introduction ou les
charmes du style ajoulent un nierite de plus a la justesse des ob-
servations. L'auteur decrit les forni'^s vegctales des bords de la
raer, et celles du sommet des montagnes; il peint rapidcineiit
ces forets gigantesques qui offrent tant de pompe et de variele,
ces prairies naturelles tantot decouvertes et tantot parsemecs
d'arbres tortueux, ces bois qui perdent leur feuillage pendant la
secheresse , ces forcis naines qui se composent d'elegans arbris-
seaux; il indique les changemens extraordinaires qu'eprouve la
vegetation a la suite des defricheniens; enfin il montre les degra-
dations successives qu'eprouve la flore des contrees equinoxiales
pour se rapprocher de celles de I'Europe. Dans cette introduc-
tion I'auteur ne s'adrcsse pas seulement aux botanistes ; plusieurs
de ses tableaux auront de I'interct mtnne pour les gens du raonde,
et nous citerons cntre autres le raorceau ou il dtcrit les mceurs
des sauvages du Rio Bonito , celui ou il parle de son sejour cbez
lesBotocudos, le passage enfin ou il represente la triste situation
des missions du Paraguay, pays sur lequel on n'avait ricn ecrit
depuis Azzara.
A la suite de cette introduction on trouve une monographie
des Sauvagesia et des Lavradia , genres fort curieux par la struc-
ture de leurs fleurs, et qui jusqu'a present etaient a peine con-
nus. Les monographes qui ont traite des plantes exotlques ont
presque toujours ee obliges de faire leurs descriptions d'apres
des echantillons sees; aussi ont-iis ordinaireinent neglige ce qu'il
y a de plus important dans les vegetaux , la structure de I'ovaire
et celle du fruit. M. de St.-Hilaire s'cst trouve dans une position
plus favorable; il a observe les plantes qu'il decrit dans les lieux -
raemes oil clles croissent, et c'est sur des individus vivans qu'il
a trace leurs caracteres.
II commence par j)asser en revue tous les organes des Sauvage-
sia et des Lavradia. II compare la structure de I'ovaire et du
fruit dans les difCerenlos cspeces; il moiilrela singulicre organi-
sation de ces parties, et nc laisse echapper aucunc occasion dap-
pliqucr scs observations a rcnsemblc de la science.
548 Botanique.
Apres ce tableau general dcs organes, 11 trace avec elegance
niistoire des deux genres qui font lObjet de sa inonogjaphic.il
Iraite ensuite des usages du Sfiuvagesia e/vcta, et cherclie a de-
couvrir ce qu'iis ont de reel. Un article sur la geographic des
deux genres vient ensuite : I'auteiir y monlre que le Sauvagesia
crecta, contre I'opinion generale du plus illustre des savans , est
comraun aux deux niondes; qu'il s'etend dans le sens des raerl-
diens, depuis le nord du Mexique jiisqu'a la province de Sainte-
Catherine; qu'entre les Iropiqucs il fait le tour du globe, ct qu'cn
meme temps, par un contrasle fort singulier, plusleurs especes
du merae genre sont limilees a qtielques montagnes de la pro-
vince des Mines.
Le dernier chapitre de cette monographic a plus d'importance
encore, c'est celuL ou sont discutcs les rapports des Sam-agesia
et des Lavradia. Ce n'est pas seulement a I'examen de ces gen-
res que se borne I'auleur, il passe en revue les groupes qui ont
avec eux le plus d'affinite , savoir , les Droseracees , les ViolaceeSy
les Cislees et les Franhtniecs. II compare les caracteres de ces fa-
milies; il fait voir dans quel ordre elles doivent etre rangees; il
trace leur diagnostic , et partout il raontre cette sagacite doiit il
avait deja donne autrefois tant de preuves dans son menioire sur
les CaryophjUeex. Le paragraphe dont nous parlons ici contient
des observations tellenienl iioinbreuses que Ton aurait j)u facile-
ment y trouver la matiere de plusieurs racmoires; mais I'auteur
a si convenablement dispose les parties de son travail , il les a si
bien enchainees par ses raisonnemens, que lelecteur ne se {)lain-
dra pas d'une surabondance de richesse , qui montre ce qu'il doit
esperer pour les autres livraisons.
31. A. de St. Hilaire proiiiet dans son avant-propos la rela-
tion d'un enipoisonnement par le nilel de ia guepe Lechcguana ,
un niemoire sur le Gjnobasc , \\n autre sur VHerbe du Paraguay,
des niorceaux sur I'origine du Mais et de la Poinine-de-terre ,
une dissertation sur le fruit dcs Lablces, etc. On voit que les li-
vraisons qui suivront celles que nous venous d'analyser doivent
presenter une plus grande variete , et qu'elles pourront interes-
5er plusieurs classes delectcurs. Puisse I'auteur ne pas tarder a en
f.iire jouir le public, qui ne saurait raauquer d'accueillJr un re-
cucil aussi precieux !
Nouo ne terminerons pas cet article sans dire que I'ouvragc
est impriiue avec beaucoup dc soin et sur de beau papier; que
' Zoologic. 549
les planches sont gravees au burin, coloriees avec goiit , et que ,
sous le rapport tie rexecution , I'ouvragc peut elrc place dans les
hibliotheques des amateurs les plus difficiles. D. le Salv.
ZOOLOGIE.
1S1. HiSTOIRE NATCRELLE DES MaMMIFERES , aVCC dcS flgUrCS
originales, coloriees, dessinees d'apres des animaux vivans,
publiiie sous I'autorile de I'administration du Museum d'liis-
toire naturelle ; par MM. GeoffroySt.-Hilaire ct Frederic
CuviER. liv. /(i". el !iof. in-f'ol. , chez Belin, rue des Malliurins
St.-Jacques, 11". x4-
Le grand nonibre de faits nouveaux et iinportans pour I'his-
tolre nalurelle des manimiferes, que renferme la i'^*'. partie de
crt ouvrage, nous faisaitdcsircr \ivcment qu'il fut continue. Au-
jourd'hui nous voyons avec satisfaction nos esperances remplies,
et nous recorinaissons que les auteurs ont mis a profit le temps
pendant leqnel ils ontsuspendu leur publication, pour recueillir
une grande masse de documens precieiix dont ils vont enrichir la
science.
La 41*'. livraison contient la description et la figure de six qua-
drupedes, savoir : 1°, le Mandrill, male, vieux; 2". le Rcnard
rouge d'Atnerique de Palisot de Bcauvois, notre Pienard fauve C.
fulvus, (voy. la liliiinrnologic) ; j". le I'lioque commun, aupres du-
quel M. Fr. Cuvier reconnait trois espects nouvelles jusqu'alors
confondues avec la sienne; 4"- I'Ours du Tliibet, espece nouvelle
intertncdiaire pour la faille a deux autres espcces des memes con-
trees ; ccllcs de I'Ourj jongleur, Fr. Cuvier, et de I'Ours de Malacca
deM. Piafflrs. Elle est particulierement remarquable par la '^ros-
seur de son cou etla direction de son chanfrein , qui est telle que
le front et le museau formcntpresqucunelignedroite; son T)ela£je
est lisse exceptc autour du cou et de la tute, et il est entie-
rement noir, sice n'est sur la Icvre infcricure qui a du blanc,
et sur la poitrine, ou il cxiste une tache en forme d'Y egale-
ment blanche; 5°. le Boutjuclin des montagncs du Ncpaul , ani-
mal qui parait se rapporler au genie des Anlilopes et qui est ca-
racterise par des corncs assez courtcs unifonnement courbees en
arriere, marquees d'anneaux Iransvcrsaux a leur tiers inferieur; v.n
mufle; le chanfrein creux , de pellts larmiers, le poll long et
rude, generalemcnt d'un brun marron niele dc noir sur le clian-
'">K) Zoolagie.
frein , les opaules , ki ligne doi'sale, tout blanc sons Ic nienlon et
la gorge, fauve sur le ventre et a la face inierne des incinbrcs,
noir sur la queue , qui est assez longue pour un animal du genre
des Antilopes. Cc ruminant a 6t6 decouvert par M. Wallich.
G". l;i figure seuleraent de la femelle du Bceuf sauvage do I'lnde,
appelo Jungii gau.
La l\-i.^. liv. 56 compose des animaux suiv.-ms : i". L'Orang-ou-
tang feraelle, decrit d'apres un indivldu qui a vccu a Paris en
1 808, et que M. Frederic Cuvier a pu ctudler a loisir ; 2°. I'Ounko
male, espece d'orang qui parait avoir de grands rapports avec
ie grand gibbon de Buffon et que M. Duvaucel , qui I'a decou-
vert a Sumatra, distingue du siamang et du wouwou ; savoir du
premier, en ce que le male de cette nouvelle espece n'a pas le
medius ft I'index du pied de derriere reunis , et du second par
sa taille plus petite et son pelage d'un noir fonce , et enfin de
tons deux par la presence d'une paire de cotes de plus. M. Du-
vaucel a reconnu que I'unlon des deux doigts que nous venons
d'indiquer etait un caraclere coraraun aux femelles de ces trois
especes, et queseulement le male du siamang le presente egale-
ment ; 3°. la Guenon Diane femelle, assez differente du Cercopl-
thecits Diana de Llnne et du Roloway d'AUamand , pour que
M. Frederic Cuvier hesile a les considerer comme d'espece ideu'
tique; [\°. I'Ours de Slberie, Ursus coUaris , espece nouvelle as-
sez voisine de noire Ours brun par la nature de son pelage etses
cou:eurs generales , mais ayant un large collier blanc , qui passe
sur le haut du dos, sur les epaules et se termine a la poitrme;
5». la figure seulementduCerfCochon, Ccnus porcinus , male;
6". le Jungly gau, espece de Boeuf a cornes moyennes, rondes,
ensuite un peu comprimees a la base, relevees en arc, sans cn-
niere, a poil ras; en un mot, assez rapproclie par I'ensemble de
ses caracleres de notre Boeuf ordinaire, mais en differant par la
presence d'une loupe graisseusse peu saillante, qui s'etend jus-
qu'au milieu du dos, et qui est recouvcrte, ainsi que la tete, d'un
poil grlsatre et laineux , tandis que tout le reste du corps
est rcvetu de polls noirs ; les jambes sont blanches et la queue
termince par un grand flocon de polls noirs. La femelle a les cor-
nes beaucoup plus petites que celles du male, et ses couleurs sont
moins foncees. Cette espece est sauvage vers le pied des monta-
gnes du Sylhet ; on I'apprivoise facilement et son lalt passe pour
itre plus abondant et plus substanticl que celui des boeufs
Zooiogle. 55 1
iiomesluiues tie I'lnclc. M. Frederic Cuvier lui tlonne Ifi noni
sysleniatique de Bos sjlhftanus.^ Dksui.
283. iNTaonucTioN to Entomology. Introduction a I'Entomo-
loyie, on Elenieus de I'histoire naturelle des insectes ; par
William IviRBV. In-8. orne de planches coloriees et du por-
trait de I'auteur. Vol. Ill et IV.
•i84. IcoNEs Hklminthum, Syslema Rudolpliii Entozoologicuna
illustrantes; curA .1. G. Bremser. In-fol. , fasciculus 11, conti-
nens tab. 2,5, 8 , 9 ; cum explicalione tabularum a lab. i ad
X. Prix, 12 thalers color., et 9 th. en noir. Vienne; i8'i/| ;
Schaumburg. ( Voy. le Bulletin de i823, to. 4> n". 342. 1
On a deja rendu compte dans le Bulletin de la 1^'^. livraison
de ce bel ouvrage, qui est destine, comme I'indique son litre,
a representer, dans des planches exactes, les genres de vers in-
testinaux qu'a si bien decrits le professeur Rudolplii , de Berlin.
La 2°. livraison ne contient que 4 planches avec 2 feuilles de texte.
Ces planches sont gravees sur un fond d'un ti'es-beau noir, ce qui
fait ressortir d'une maniere admirable toutes les parties blanches
et transparentes qu'on y a menagees. On a oblenu par ceprocede
une nettete inconcevable et le moyen d'ajouter au pinceau des
couleurs transparentes telles qu'on croit avoir les meilleurs des-
sins sous les yeux. Nous n'hesitons pas a declarer que ce travail
est un des plus beaux qui puisse orner les riches bibliotheques ,
quoique le prix auquel les librairea le livrent ae s'elevc en tota-
liteponr les 3 livraisons, qui comprendront 18 planches, qu'a la
modique somme de 4^ fr. La 2". pi. est destinee a representer
quelques-uns des vers inlestinaux qui ont la forme d'un fil ( Ne-
inatoidea ), tels que les Oxyures , les Cuculans et les Spiropleres.
Les especes sont representees de grandeur naturelle , le plus sou-
vent le male et la femeile, et toujours avec les parties grossics.
La 5'. pi. donne les figures de trois especes d' Ascaridcs , d'mi
Ophiostome trouve dans \e& inlcstins de I'estuigeon , et d'un Lio-
r/iinque proyennnl de I'estomac d'une anguille. Dans la 8*^. pi. on
a les figures coloriees de 5 especes de treinntode du genre Mo-
noslome, et de 6 du genre Amphistoine. Cette planche est su-
perieurement executee pour son fini et ses details. La fig. 9, et
eu particulier le Monostoine lineairc du vanneau, sont d'une
transparence et d'un precis de details si regulier, que rillusion
552 Zuologie.
est complete pour toute personne qui s'est occupee de I'ana-
toinie des vers. II en est de meme de la fig. 29 , qui represente
YJmpkistome a ckapeau , trouve par Rudolphi dans les intes-
tins de I'liirondelle de rner. D'ailleurs toutes les figures de celte
planche sont superieurement rendues. La 10''. planche est aussi
tres-belle et parfaitement coloriee. EUe represente 8 especes des
genres Distoine , T/istoine , Pentastorne et Pofysto/fte. Nous avons
surlout remarque les fig. 20 et 26, qui, par la diffisulte vaincue
de rendre a travers une teinte rouge ou verdatre des organes
interieurs tres-delicats et d'une tenuite extreme, parait avoir
alteint le plus haut degre de perfection, pour exprimer les plus
petits details de I'anatomie. La science doit savoir gre an
J)"". Bremser des soins qu'il a du donner a I'execution d'un pareil
ouvrage, qui lui fait beaucoup d'honneur. C. Dumeril.
ERRATA.
En donnant Textrail du me'moire de M- de Chamisso sur des images
de cetace's exe'cutees par des insulaires ale'outes, nous avoiisdit ( sept,
tome 111, p. 71, lig. 27 ) que le Kaliomoch avail six bosselures sur le
dos. C'est une erreur involontaire ou nous avons ete' conduits par une
faute du tcxte original , dans lequel les mots sen pinnattim sont rem-
placcs par sex-pinnatum. M. de Chamisso, en nous envoyant les figures
que nous n'avions pas lorsque nous avons redige notre article, nous a
avertis lui-meme de Tesistence de cet e faute dans son trxte. 11 faut
comprendre maiiitcnant ce passage de cette maniere : dos presentant
une gibhosite' et assez semblable a une nag<;oire.
U s'est de plus glisse urte faute grave dans le nume'rotage des figures
du me'moire original : Tordre des trois premieres a e'te intervcrti.
M. de Chamisso nous prie de signaler cette erreur.
La figure III de la planche 17 doit ctre numerotee I, c'c«t le Bala-na
KuliomocJi.
La fig. I de la pi. 16 doit etre numerotee II, c'est le Balcena ylbn-
gulich.
Enfin la fig. II de la meme pi. 16 doit ctre cote'e 111, c'est le Bala;na
Mangiduch.
. ''-' ■ FIN Dtr' TRlbJsT^I^IE VOLUME.
PARIS. — IMPRIMERIE f)E FAIN , RUE RA.C1NE, N°. 4
PLACE HE l'oDEON.